Latest / Le Café du Sport Business / Les défis de la FFF pour l’organsiation de la finale de la Coupe de France
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- 0:03Le café du sport business on parle pas des scores du weekend
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:14Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:16Bonjour. Aujourd'hui, nous explorons les
- 0:18coulisses d'un véritable défi d'organisation.
- 0:21Un dossier particulièrement riche, ouais.
- 0:24Exactement. C'est un c'est quoi illustré
- 0:26parfaitement comment le sport de haut niveau se retrouve
- 0:29régulièrement bousculé par des forces économiques, urbaines et
- 0:33même logistiques. Des forces qui bien souvent le
- 0:35dépassent totalement. Tout à fait, la thématique de
- 0:38notre discussion se concentre sur le casse-tête stratégique
- 0:41entourant la programmation de la finale de la Coupe de France de
- 0:44football. Un sujet brûlant en ce moment.
- 0:47Absolument. C'est une plongée au cœur des
- 0:49rouages d'une grande fédération sportive qui se retrouve
- 0:52confrontée à des impératifs extérieurs majeurs.
- 0:55Et c'est là qu'on voit que l'organisation d'un seul match,
- 0:58un match de 90 Min, ça repose sur un équilibre extrêmement
- 1:02fragile. Un équilibre entre des travaux
- 1:04d'infrastructures publics colossaux, des calendriers de
- 1:07compétition européenne et des rivalités régionales très
- 1:11ancrées décortiquons tout cela. Ouais, il y a une mécanique
- 1:14fascinante derrière ce genre d'événement.
- 1:16C'est le moins qu'on puisse dire.
- 1:17En fait, nous sommes face à un pas d'école très concret.
- 1:20Le terrain de jeu n'est plus seulement le rectangle vert.
- 1:23Non, ça débordé largement. Voilà le terrain de jeu, c'est
- 1:27l'agenda d'une métropole entière, les grilles de
- 1:30diffusion télévisuelle et même la géographie sportive d'un
- 1:34pays. Et la gestion d'une telle finale
- 1:36demande de jongler avec des paramètres qui n'ont absolument
- 1:38rien à voir avec le football. À première vue, c'est exactement
- 1:41ça. Entrons directement dans le vif
- 1:43du sujet avec la racine du problème.
- 1:46La finale de cette édition de la Coupe de France était
- 1:49initialement programmée le samedi 23 mai.
- 1:51Une date fixée de longue date. Et très logiquement, au Stade de
- 1:55France, à Saint Denis, c'est la tradition.
- 1:58Ouais, c'est le calendrier classique.
- 2:00Mais un obstacle majeur s'est dressé sur la route de la
- 2:03Fédération française de football.
- 2:05Les immenses travaux liés au projet du Grand Paris, ce qui
- 2:08est fascinant. Ici, c'est l'échelle de cet
- 2:11obstacle. On parle d'une fermeture
- 2:13programmée des lignes B et D du RER pour ce fameux weekend du 23
- 2:18mai. C'est ça les 2 artères
- 2:20principales. La question qui se pose
- 2:22immédiatement pour comprendre le contexte, c'est de savoir
- 2:25comment une fédération peut se retrouver bloquée par des
- 2:28travaux de cette nature ? Des travaux planifiés des années
- 2:31à l'avance, oui. N'est ce pas un défaut
- 2:33d'anticipation de la part des instances ?
- 2:35C'est une lecture légitime, on pourrait le penser, mais la
- 2:38réalité de la planification urbaine est beaucoup plus
- 2:40nuancée. C'est à dire ?
- 2:42Les travaux du Grand Paris sont effectivement prévus sur des
- 2:44décennies seulement. Les dates exactes de coupure
- 2:47totale des réseaux de transport lourds sont souvent confirmées
- 2:50où ajustées assez tard. Ça dépend de l'avancée technique
- 2:53des chantiers sur le terrain. Exactement et pour bien saisir
- 2:56l'enjeu, il faut détailler ce que représentent ces
- 2:58infrastructures en île de France.
- 3:00Parce que le RER, ce n'est pas un simple métro classique.
- 3:03Pas du tout. C'est un réseau ferroviaire
- 3:05lourd à très haute capacité. Les lignes B et D, CE sont les 2
- 3:09seules voix géantes capables de drainer et d évacuer une masse
- 3:12de 80000 spectateurs. En un temps record en plus,
- 3:16c'est l'équivalent d'une ville moyenne qui se déplace en
- 3:18quelques heures. Absolument l'équivalent d'une
- 3:21ville moyenne. Donc organiser un événement de
- 3:23l'envergure d'une finale sans ces 2 lignes, c'est tout
- 3:26bonnement inenvisageable. Surtout d'un point de vue de la
- 3:29gestion des foules. Et de la sécurité publique ?
- 3:31Oui, sans le RERB et D ? Le risque d'engorgement aux
- 3:35abords du stade est énorme, sans.
- 3:36Compter la saturation des solutions de transport
- 3:39alternative, c'est. Beaucoup trop élevé comme
- 3:41risque. Face à cela, la position des
- 3:43pouvoirs publics est inflexible, le planning des travaux du Grand
- 3:46Paris ne peut pas être décalé. Parce que ces chantiers
- 3:49s'inscrivent dans une planification millimétrée.
- 3:51Exactement, ça implique des milliers d'ouvriers, des
- 3:55contrats faramineux. Et une coordination à l'échelle
- 3:57d'une mégalopole entière. Une mégalopole en pleine
- 4:00mutation, voilà. L'agenda d'une transformation
- 4:03urbaine de cette ampleur prime inévitablement sur
- 4:05l'organisation d'un événement sportif, même si cet événement
- 4:08est historique. Le sport doit donc s'effacer
- 4:10devant le développement et les impératifs de la cité.
- 4:13C'est la dure réalité. Face à cette impossibilité
- 4:15matérielle de jouer le samedi 23 mai à Saint Denis, la Fédération
- 4:19a dû élaborer des scénarios alternatifs.
- 4:21Il le fallait bien. La première solution, c'est le
- 4:23plan a assumé par la Fédération, cela consiste.
- 4:26Et t'as avancé le match d'une journée ?
- 4:28Pour le faire jouer le vendredi 22 mai.
- 4:30Toujours au Stade de France, juste avant le début de ces
- 4:32fameux travaux du weekend. C'est là que ça devient vraiment
- 4:35passionnant. Ah.
- 4:36Oui, la mécanique sportive entre en jeu.
- 4:38Parce que là validation de ce plan AA été littéralement
- 4:41suspendue au résultat d'un autre match, le récent affrontement
- 4:44entre l'Olympique lyonnais et le Racing Club de Lens.
- 4:47Et ce match à totalement redistribué les cartes.
- 4:49C'est une dynamique très intéressante.
- 4:51Cela démontre à quel point l'écosystème du football moderne
- 4:53est interconnecté. L'organisation nationale se
- 4:56retrouve prise en otage par le calendrier européen.
- 4:59Pour bien comprendre ce lien de cause à effet, il faut observer
- 5:02la trajectoire de l'Olympique lyonnais.
- 5:04Tout à fait, si Lyon s'était qualifié face à Lens et était
- 5:07donc resté en lice dans cette Coupe de France, l'option d'une
- 5:10finale décalée au vendredi 22 mai aurait été impossible.
- 5:13Impossible mathématiquement et physiologiquement.
- 5:16Et même réglementairement. En raison de leur parcours
- 5:19parallèle en Coupe d'Europe. C'est le nœud du problème.
- 5:21Les lyonnais étaient engagés dans un parcours susceptible de
- 5:24les mener jusqu'à la finale de la Ligue Europa.
- 5:26Et cette date là est intouchable.
- 5:28Gravé dans le marbré par l'u. EFA oui, c'est le mercredi 20
- 5:30mai donc. On avait une finale européenne
- 5:32le mercredi 20. Exactement, et on ne peut
- 5:35décemment pas imposer à des athlètes professionnels de
- 5:38disputer une finale européenne un mercredi soir,
- 5:40potentiellement avec 120 min de jeu en pas de prolongation.
- 5:43Puis de voyager. De voyager et de disputer une
- 5:47finale de coupe nationale moins de 48 h plus tard.
- 5:51Le vendredi 22. Le temps de récupération minimal
- 5:55n'est absolument pas respecté dans ce cas de figure.
- 5:58Le risque de blessure est décuplé et au-delà de la santé,
- 6:02l'équité sportive est complètement bafouée.
- 6:04Le destin logistique d'une finale nationale s'est donc joué
- 6:08sur le terrain lors de ce match précis entre Lyon et Lens.
- 6:12Un match d'une importance capitale pour la Fédération,
- 6:15oui. Une rencontre extrêmement
- 6:16disputée d'ailleurs, qui s'est terminée sur un score de 2
- 6:19partout. Et qui a vu lance s'imposer
- 6:21finalement aux tirs au but 5 à 4.
- 6:23Un dénouement incroyable. Au-delà de l'élimination de
- 6:26Lyon, l'effet domino dans les bureaux de la Fédération a dû
- 6:29être immédiat. On imagine le soulagement, la
- 6:33menace d'un conflit de calendrier avec l'u.
- 6:35EF à s'évaporant. Avec la sortie de l'o.
- 6:37L, la date du vendredi 22 mai redevenait soudainement la piste
- 6:41principale. C'est l'illustration parfaite de
- 6:44la fragilité des plannings sportifs, hein ?
- 6:47Absolument toute l'organisation institutionnelle impliquant des
- 6:51réservations de stades, des contrats de sécurité, des
- 6:53accords télévisuels, tout cela est soumis à la glorieuse
- 6:57incertitude du sport. Un seul tir au but raté par un
- 7:00joueur lyonnais redessine la carte des possibles.
- 7:03C'est fou quand. On y pense avec Lyon hors de
- 7:05l'équation, la Fédération dispose d'une fenêtre de tir
- 7:08clair pour activer son plan à. Et sauver sa finale au Stade de
- 7:12France. Ce plan à est d'ailleurs défendu
- 7:14avec une grande fermeté par les instances dirigeantes.
- 7:17Ouais, ils n'en démordent pas. Philippe Diallo, le président de
- 7:19la FFFA pris la parole publiquement, il a affirmé que
- 7:23l'option de jouer le 22 mai dans l'enceinte de Saint Denis reste
- 7:27de loin l'hypothèse privilégiée. Il maintient une pression
- 7:30constante pour conserver la finale dans ce stade spécifique.
- 7:33Malgré les complications évidentes liées au vendredi si
- 7:37l'on analyse cette position. On perçoit une volonté farouche
- 7:40de ne pas céder sur la portée symbolique de l'enceinte.
- 7:43C'est un enjeu d'images fort, mais.
- 7:44On peut légitimement se demander si un terrain de football n'est
- 7:48finalement pas qu'un terrain de football, peu importe la ville.
- 7:51Cette vision pragmatique se heurté à la nature même de la
- 7:54compétition. Si l'on relie cela au contexte
- 7:56global, on comprend l'insistance du président de la Fédération.
- 7:59Elle repose sur des piliers fondamentaux de l'identité de la
- 8:02Coupe de France. Exactement, le Stade de France
- 8:05n'est pas qu'une simple infrastructure d'accueil, c'est
- 8:07la maison de l'équipe nationale. Le théâtre naturel et historique
- 8:11de cette finale. Jouer dans ce stade offre un
- 8:13prestige institutionnel indispensable à la valorisation
- 8:16de l'événement. C'est certain.
- 8:18Cependant, l'argument massue de Philippe Diallo dépasse la
- 8:21simple tradition. Il parle beaucoup d'éthique
- 8:24sportive et de neutralité absolue.
- 8:26C'est un concept central pour cette compétition en
- 8:28particulier, qui mélange les divisions.
- 8:30C'est même l'a DN de la Coupe de France, la magie de ce tournoi
- 8:33rigide dans la possibilité de voir de petits clubs amateurs
- 8:36gravir les échelons. Et affronter des géants
- 8:38professionnels. Voilà, dans ce contexte, la
- 8:41neutralité du lieu de la finale est une composante essentielle
- 8:44de l'équité, le Stade de France offre une arène impartiale.
- 8:47Une arène dénudée d'attache avec les clubs de l'élite du
- 8:50championnat. C'est tout le problème de la
- 8:51délocalisation si vous déplacez la finale dans le stade d'un
- 8:55grand club de Ligue un et que ce même club se qualifié pour la
- 8:58finale. Vous lui offrez un avantage
- 8:59psychologique et territorial immense.
- 9:02C'est évident, les équipes tout comme les supporters s attendent
- 9:06à se retrouver sur un terrain neutre, loin des fiefs
- 9:08régionaux. Garantir cette impartialité
- 9:11légitime la compétition entière. C'est la raison pour laquelle le
- 9:13maintien à Saint Denis justifie aux yeux de la Fédération.
- 9:16L'effort monumental de décaler la date au vendredi.
- 9:19La logistique commande néanmoins d'avoir toujours une solution de
- 9:22repli sérieuse. Il faut toujours un filet de
- 9:23sécurité. Si cet.
- 9:25Aménagement du calendrier S avérait finalement irréalisable
- 9:28et que le vendredi 22 mai tomba à l'eau.
- 9:31La fédération à structuré un plan B.
- 9:33D'une alternative assumée. Cette alternative consisterait à
- 9:36conserver la date originale du samedi 23 mai pour respecter le
- 9:40rythme du weekend, mais en déplaçant le match en province.
- 9:43Et l'enceinte désignée pour ce scénario de secours ?
- 9:46Et le Groupama Stadium ? Situé à Décines, dans
- 9:49l'agglomération Lyonnaise, ce jouet nous amène à examiner les
- 9:52précédents récents, car la délocalisation d'une finale
- 9:55n'est plus du tout un tabou. Non, nous avons effectivement un
- 9:58cas d'études très frais avec l'édition de 2024.
- 10:02Le contexte était exceptionnel à l'époque.
- 10:04Le Stade de France était réquisitionné pour la
- 10:06préparation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris.
- 10:08Il a donc fallu trouver une alternative crédible capable
- 10:11d'absorber une influence similaire avec des standards de
- 10:14sécurité et de diffusion optimaux.
- 10:16Et cette finale qui avait opposé le Paris Saint Germain à
- 10:19l'Olympique lyonnais. Avec une victoire parisienne 2
- 10:22buts à un. Tout à fait, elle s'était tenue
- 10:24au stade Pierre Mauroy à Lille et cette expérience à prouvé
- 10:28qu'une délocalisation en province pouvait être un succès
- 10:31populaire et organisationnel. Ce qui soulève une question très
- 10:35direct puisque le stade Pierre Mauroy à démontré sa capacité à
- 10:39gérer cet événement de manière fluide il y a si peu de temps,
- 10:42pourquoi ne pas avoir sélectionné Lille comme plan B
- 10:45pour cette année ? C'est une excellente question.
- 10:47Pourquoi se tourner vers Lyon alors que le Nord offre une
- 10:50infrastructure déjà éprouvée pour cette finale spécifique ?
- 10:54La réponse, nécessité de se plonger dans la dimension
- 10:57psychologique, culturelle et sécuritaire du football
- 11:00français. Le paramètre bloquant pour le
- 11:02stade lillois porte un nom, c'est le Racing club de Lens.
- 11:06Exactement comme nous l'avons souligné, les lensois sont
- 11:09toujours en course dans cette compétition.
- 11:11Ils ont une demi finale prévue face à Toulouse le 21 avril et
- 11:14c'est. Ici, que l'histoire régionale
- 11:17entre en jeu. Là rivalité entre l'ans et
- 11:19l'île, le fameux Derby du Nord, c'est l'un des antagonismes les
- 11:23plus profonds et les plus passionnels du sport français.
- 11:26Elle dépassé le simple cadre sportif pour toucher à des
- 11:29identités sociologiques et historiques très marquées.
- 11:31On parle d'un niveau d animosité qui rend la cohabitation
- 11:35extrêmement complexe. C'est un euphémisme.
- 11:38Imaginons un instant le scénario où l'on se qualifie pour la
- 11:41finale. D'accord ?
- 11:43Obliger cette équipe et des dizaines de milliers de ses
- 11:45supporters à se rendre sur le territoire de leurs rivales
- 11:48absolus ? À jouer le match le plus
- 11:50important de leur décennie dans le stade du LOSC.
- 11:52Ça créerait une atmosphère totalement insoutenable.
- 11:55Du point de vue des forces de l'ordre, organiser le
- 11:58déplacement massif de fans lensois dans les rues de Lille
- 12:01pour une finale de coupe relève du cauchemar logistique et
- 12:04sécuritaire. Et sur le plan de l'équité
- 12:06perçue, les lensois se sentiraient lésés.
- 12:09Bien sûr, jouer un match censé être neutre dans un
- 12:13environnement profondément hostile, c'est impensable.
- 12:15Cela démontre à quel point il est périlleux de verrouiller une
- 12:19ville haute comme plan de secours quand on ignore
- 12:22l'identité des finalistes. C'est tout le problème.
- 12:25Le choix du groupe Amastadium offre aujourd'hui, surtout avec
- 12:28l'élimination de Lyon dont on a parlé des garanties de
- 12:31neutralité et de sérénité publique bien plus solides que
- 12:34l'option lilloise. Le choix du lieu et de la date
- 12:37est donc conditionné par une multitude de contraintes
- 12:40croisées. Un vrai puzzle.
- 12:42Mais il reste une dernière pièce à ce grand puzzle, un acteur
- 12:45décisionnaire incontournable pour que le plan à a du vendredi
- 12:4922 mai au Stade de France soit définitivement acté.
- 12:52La fameuse validation finale. Diallo à précisé que la décision
- 12:55interviendrait très prochainement, sous 8 à 10 jours
- 12:58maximum. Au fond, qu'est ce que tout cela
- 13:01signifie pour la suite des opérations ?
- 13:03Ça signifie que le dernier verrou est purement médiatique
- 13:06et financier. Il s'agit d'obtenir l'accord
- 13:08ferme des diffuseurs télévisuels, les.
- 13:10Détenteurs des droits de la compétition, à savoir France
- 13:13Télévision et bein sports. Parce que la Fédération à beau
- 13:16aligner tous ses arguments sur la neutralité et le prestige du
- 13:20Stade de France, elle ne dispose pas du pouvoir de modifier la
- 13:23programmation de manière unilatérale.
- 13:25Impossible ? Déplacer un événement qui
- 13:27rassemble plusieurs 1000000 de téléspectateurs d'un samedi soir
- 13:31à un vendredi soir, c'est une manœuvre qui implique des
- 13:33conséquences économiques lourdes.
- 13:35Concrètement, la différence entre un vendredi soir et un
- 13:38samedi soir justifie-t-elle des négociations aussi serrées ?
- 13:41L'impact est colossal sur l'économie d'une chaîne de
- 13:44télévision. À cause de l'audience ?
- 13:45Exactement le samedi soir, c'est la case de grande écoute par
- 13:48excellence, le prime time familial.
- 13:51Une finale en samedi garantit une audience de rassemblement.
- 13:54Ce qui permet de commercialiser les espaces publicitaires à des
- 13:57tarifs très élevés. Et le vendredi, c'est différent.
- 14:00À l'inverse, le vendredi soir présente une sociologie
- 14:02d'audience bien différente, une partie du public potentielle est
- 14:06dans les transports par en weekend.
- 14:08Ou n'est tout simplement pas encore disponible devant l'écran
- 14:11alors du coup d'envoi ? C'est ça la valeur du point
- 14:13d'audience chute. La Fédération demande donc.
- 14:16En substance, aux chaînes de réorganiser complètement leur
- 14:19grille de programmation. De déplacer d'autres émissions
- 14:21prévues de longue. Date et potentiellement
- 14:23d'accepter une baisse mécanique de leurs revenus publicitaires.
- 14:26C'est un sacrifice financier et organisationnel très important
- 14:30qu'on leur demande d assumer simplement pour pallier un
- 14:32problème de travaux publics. C'est toute la difficulté de la
- 14:35négociation actuelle. Les diffuseurs m'ont acheté un
- 14:37produit événementiel basé sur des standards de diffusion
- 14:40précis. Dont le jour de diffusion fait
- 14:43partie intégrante de la valeur. Leur accord est la condition
- 14:46indispensable pour que le changement de date s'opère.
- 14:48Cela met en lumière la réalité du sport professionnel
- 14:51contemporain. Le pouvoir médiatique agit comme
- 14:54l'ultime instance de validation des agendas sportifs.
- 14:58La Fédération propose une solution pour s'extraire de son
- 15:00labyrinthe logistique, mais c'est la télévision, en évaluant
- 15:03ses propres impératifs commerciaux, qui disposent du
- 15:05mot de la fin. Avec le Grand Paris qui imposent
- 15:08leur calendrier sans aucun compromis possible.
- 15:11De l'autre ? Des compétitions sportives
- 15:13européennes qui cadenassent les dates disponibles sous peine de
- 15:16mettre en danger la santé des joueurs au milieu.
- 15:17De tout cela, une volonté politique forte de préserver
- 15:21l'éthique et là neutralité d'un stade mythique.
- 15:23Et pour couronner le tout, là nécessité vitale d'obtenir la
- 15:27bénédiction des géants de la diffusion télévisuelle.
- 15:30L'organisation de ce match ressemble moins à de la gestion
- 15:32sportive qu à de la diplomatie de haut niveau, cela.
- 15:35Soulève une question cruciale, une réflexion plus large, plus
- 15:38que philosophique. Sur la place du sport dans nos
- 15:40sociétés modernes. C'est vrai que la perspective
- 15:42changer. Pendant longtemps, les grands
- 15:44événements sportifs traditionnels semblaient
- 15:46intouchables, la vie des villes s'arrêtait où s'adaptait pour
- 15:50laisser place aux compétitions. On l'a vu à de maintes reprises.
- 15:53Mais aujourd'hui, avec la multiplication des chantiers
- 15:56urbains d'envergure dictés par des enjeux climatiques,
- 15:59économiques ou de transport à l'échelle des métropoles, cette
- 16:02hiérarchie est remise en question.
- 16:03Le sport professionnel, malgré sa puissance médiatique.
- 16:07Est-il en train d'être rétrogradé au rang de simple
- 16:10variable d'ajustement ? C'est la grande question.
- 16:13Il est fort probable que dans un avenir proche, les grandes
- 16:16fédérations devront concevoir leur calendrier et leurs
- 16:19événements en s'adaptant de manière systémique au plan
- 16:22d'urbanisme et aux contraintes territoriales.
- 16:24Et non plus l'inverse, les infrastructures publiques
- 16:26dictent désormais le tempo. Et le sport de haut niveau va
- 16:29devoir apprendre à danser sur ce nouveau rythme.
- 16:32À très vite pour un nouveau podcast du café du sport
- 16:34business.