Latest / True Crime : L'Heure du Crime / Gurmeet Singh Dhinsa : La Chute d'un Magnat de l'Escroquerie
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- 0:09Speaker 2: Dans les années 90 à New York, une communauté d'immigrants indiens
- 0:12Speaker 2: est terrorisée par l'un des siens. Ceux qui osent parler
- 0:17Speaker 2: à la police sont menacés et même tués. Malgré tout,
- 0:23Speaker 2: deux hommes refusent de plier les
- 0:24Speaker 3: chines.
- 0:26Speaker 2: Leur témoignage aidera à faire cesser le carnage et permettra
- 0:29Speaker 2: à des agents du FBI d'exposer au grand jour les
- 0:32Speaker 2: opérations frauduleuses du coupable. Le 9 juillet 1995. Kulwansin, l'employé d'une station-service,
- 1:21Speaker 2: se rendait à son travail dans le Bronx pour le
- 1:22Speaker 2: dernier quart de travail de la journée. Moins d'un an
- 1:28Speaker 2: plus tôt, il était arrivé à New York en provenance
- 1:30Speaker 2: d'une petite ville de l'Inde dans l'espoir d'améliorer son sort
- 1:33Speaker 2: et celui de sa famille. Il disparut au cours de
- 1:41Speaker 2: la nuit. En octobre, son frère, Manmohan Singh, fit le
- 2:00Speaker 2: voyage de l'Inde pour tenter de retrouver Kulwant. Il n'avait
- 2:06Speaker 2: pas eu de ces nouvelles depuis plusieurs mois. Pourtant, d'habitude,
- 2:13Speaker 2: Kulwant lui écrivait et l'appelait régulièrement. Manmohan commença par se
- 2:20Speaker 2: rendre chez un des amis de son frère dans le Queens.
- 2:27Speaker 2: Ce dernier s'appelait Satinderjitsing. Sa famille était originaire du même
- 2:33Speaker 2: village que lui. Bien qu'ils aient le même nom de famille,
- 2:38Speaker 2: ils n'avaient aucun lien de parenté. Comme de nombreux adeptes
- 2:46Speaker 2: de la religion sikh, Satyenderjit avait adopté le nom de Singh,
- 2:50Speaker 2: qui signifie lion en penjabi. Il apprit à Manmohan qu'il
- 2:57Speaker 2: avait signalé la disparition de son frère, mais que les
- 3:00Speaker 2: policiers n'avaient trouvé aucune trace de lui. Satyenderjit incita ensuite
- 3:05Speaker 2: Manmohan à être très prudent et à ne pas parler
- 3:07Speaker 2: de cette affaire à n'importe qui. A son avis, il
- 3:12Speaker 2: pouvait être dangereux de se mettre à la recherche de Kulwant.
- 3:20Speaker 2: Man Mohan se rendit ensuite à la station service où
- 3:23Speaker 2: son frère avait travaillé dans le bronze. Il interroge un
- 3:29Speaker 2: comique qui, à l'évidence, était très mal à l'aise. Le
- 3:41Speaker 2: superviseur l'intima de cesser de le harceler. Il ordonna ensuite
- 3:48Speaker 2: à l'employé de ne pas répondre. Manmohan persista. Quelques jours
- 3:59Speaker 2: plus tard, il réussit à convaincre le commis de le
- 4:02Speaker 2: rejoindre dans un
- 4:02Speaker 4: restaurant.
- 4:05Speaker 2: Le commis lui confia alors que son frère avait été
- 4:07Speaker 2: accusé de vol. Il ignorait si ces allégations étaient vraies.
- 4:12Speaker 2: Tout ce qu'il savait, c'était que le propriétaire de la
- 4:14Speaker 2: station avait été furieux en apprenant la
- 4:16Speaker 3: nouvelle.
- 4:19Speaker 2: Selon le commis, Kulwant avait été enlevé et sans doute tué.
- 4:31Speaker 2: En mars 1997, soit un an et demi après la disparition
- 4:34Speaker 2: de son frère, Manmohan se mit à son tour à
- 4:36Speaker 2: travailler dans une station-service de New York. Comme il travaillait
- 4:41Speaker 2: de nuit, il pouvait secrètement continuer à recueillir des renseignements
- 4:44Speaker 2: de jour. Il croyait maintenant connaître l'identité de celui qui
- 4:51Speaker 2: avait enlevé son frère et il était prêt à rencontrer
- 4:53Speaker 2: la police. Mais dans la nuit du 16 mars 1997, On ne
- 5:10Speaker 2: le fitera jamais. Les détectives affectés aux homicides de Brooklyn
- 5:19Speaker 2: North reçurent l'appel du client qui avait trouvé le
- 5:21Speaker 5: corps
- 5:32Speaker 2: Ils photographièrent la scène du crime, puis ils recueillirent les indices.
- 5:39Speaker 2: Parmi eux, deux douilles de projectiles provenant d'un rougueur de 9 mm.
- 5:47Speaker 2: Les détectives constatèrent que le tiroir caisse avait été ouvert
- 5:50Speaker 2: de force, mais ils furent étonnés de voir que le
- 5:52Speaker 2: voleur y avait laissé des billets de banque. Ils ne
- 5:59Speaker 2: trouvèrent aucune empreinte digitale. Le détective Tony Brozzotta a conclu
- 6:04Speaker 2: que le vol n'était pas le mobile principal de ce meurtre.
- 6:08Speaker 6: En examinant la scène, nous avons d'abord cru qu'il s'agissait
- 6:11Speaker 6: d'un vol de station-service. Mais en regardant les indices de
- 6:14Speaker 6: plus près, nous avons plutôt cru à la thèse de l'assassinat.
- 6:17Speaker 6: On voulait s'en prendre à cette personne, car on l'avait
- 6:19Speaker 6: fait mettre à genoux avant de lui tirer une balle
- 6:21Speaker 6: à bout portant
- 6:24Speaker 2: Les enquêteurs se rendirent ensuite au temple Sikh où se
- 6:27Speaker 2: tenaient les obsèques de la victime. Ils n'étaient pas sans
- 6:32Speaker 2: savoir que cette communauté d'immigrants était méfiante face aux inconnus.
- 6:36Speaker 2: Ils espéraient tout de même trouver des amis de la
- 6:37Speaker 2: victime prêts à
- 6:38Speaker 3: parler.
- 6:42Speaker 2: Satin Derjit Singh s'approcha d'eux. Il déclara aux détectives qu'il
- 6:47Speaker 2: connaissait la victime. Les policiers lui confièrent que sans aide,
- 6:52Speaker 2: il ne pourrait sans doute jamais arrêter le tueur. Malgré
- 6:57Speaker 2: le fait qu'il mettait sciemment sa propre vie en danger,
- 7:00Speaker 2: Satinderjit promit aux détectives de les aider du mieux qu'ils
- 7:03Speaker 2: le pouvaient. Le lendemain, tel que promis, il se rendit
- 7:08Speaker 2: au poste de police. Il était accompagné de Sarjit, un ami,
- 7:12Speaker 2: qui désirait lui aussi
- 7:13Speaker 3: parler à la police.
- 7:19Speaker 2: Selon les deux hommes, le meurtre de Manmottan et l'enlèvement
- 7:21Speaker 2: de son frère avaient été commandés par Dinza, un homme
- 7:24Speaker 2: riche et puissant. Tous les membres de la communauté Sikh
- 7:30Speaker 2: connaissaient cet homme d'affaires corrompu et impitoyable. Comme tant d'autres,
- 7:37Speaker 2: il était arrivé aux Etats-Unis au milieu des années 80 avec
- 7:40Speaker 2: seulement quelques billets en poche. Mais contrairement aux autres Sikhs
- 7:45Speaker 2: de New York, il était rapidement devenu riche. Il s'était
- 7:47Speaker 2: construit un empire en faisant l'acquisition de plus de 50 stations-service
- 7:51Speaker 2: dans la métropole et ses banlieues
- 7:55Speaker 2: Les témoins connaissaient de nombreux employés de Dinza, Ils confièrent
- 7:58Speaker 2: au détective Teddy Brown qu'à leur avis, le millionnaire était
- 8:00Speaker 2: prêt à tout dès qu'il s'agissait de protéger ses affaires.
- 8:05Speaker 7: Il misait sur la peur. Il terrorisait la communauté. Il
- 8:09Speaker 7: était si puissant qu'il pouvait entrer quelque part, commettre un
- 8:12Speaker 7: crime devant des centaines de personnes et repartir sans que
- 8:15Speaker 7: quiconque n'ose dire quoi que ce soit
- 8:18Speaker 2: Les policiers découvrirent bientôt que Dinsa n'était pas étranger au
- 8:21Speaker 2: monde du crime. Ses antécédents judiciaires incluaient des enlèvements, des
- 8:25Speaker 2: vols et la possession illégale d'armes à feu. On l'avait
- 8:29Speaker 2: aussi accusé de fraude et d'avoir trafiqué ses pompes à essence.
- 8:32Speaker 2: Bien qu'il ait déjà été incarcéré, Dinza réussissait toujours à
- 8:36Speaker 2: diriger ses affaires comme un chef de la mafia. D'ailleurs,
- 8:39Speaker 2: les membres de la communauté Sikh l'avaient surnommé le parrain indien.
- 8:44Speaker 2: Les deux témoins ajoutèrent que d'autres membres de la famille
- 8:46Speaker 2: de Dinza travaillaient pour lui, notamment son frère, qui faisait
- 8:49Speaker 2: partie de ses adjoints immédiats. Il faisait respecter les règles
- 8:52Speaker 2: au sein de l'organisation. En 1993, Sarjit eut l'occasion de voir
- 8:57Speaker 2: lui-même à quel point il était impitoyable. Devant un restaurant
- 9:03Speaker 2: du Queens, il l'aperçut en train de se disputer avec
- 9:06Speaker 2: un autre homme. Le frère de Dinza mit un terme
- 9:11Speaker 2: à la discussion en tirant sur l'homme à bout portant.
- 9:16Speaker 2: Sarjit accourut immédiatement auprès de la victime, mais il était
- 9:19Speaker 2: déjà trop tard. Le frère de Dinza quitta alors le
- 9:24Speaker 2: pays pour entrer en Inde. Il n'avait jamais été arrêté.
- 9:34Speaker 2: Les deux témoins déclarèrent aux détectives qu'ils avaient entendu dire
- 9:37Speaker 2: qu'ils devaient bientôt revenir aux Etats-Unis
- 9:41Speaker 7: Ils devaient rentrer au pays parce que l'entreprise de Dinza
- 9:44Speaker 7: ne cessait de croître et que ce dernier avait besoin
- 9:46Speaker 7: d'un bras droit. Quand il s'agissait de protéger ses intérêts
- 9:50Speaker 7: Dinza préférait les confier à des membres de sa famille
- 9:52Speaker 7: plutôt qu'à des inconnus
- 9:57Speaker 2: En mai 1997, les deux témoins, fidèles à leurs promesses, apprirent
- 10:01Speaker 2: à la police que le frère de Dinza était revenu
- 10:03Speaker 2: à New York. Les policiers se rendirent devant le bureau
- 10:08Speaker 2: de Dinza à Brooklyn pour l'y attendre. De la camionnette
- 10:13Speaker 2: de surveillance, Satin Dergit aperçut le frère de Dinza qui
- 10:17Speaker 2: se dirigeait vers la porte d'entrée principale. Quelques instants plus tard,
- 10:22Speaker 2: des policiers signalèrent avoir entendu des coups de feu à
- 10:24Speaker 2: l'intérieur du bâtiment. Dès qu'ils en eurent l'autorisation, ils forcèrent
- 10:34Speaker 2: la porte de l'entrée principale. Ils sortirent ensuite par la
- 10:39Speaker 2: porte arrière en maintenant solidement trois hommes. Il s'agissait du
- 10:43Speaker 2: frère de Dinza, de son cousin ainsi que de son neveu.
- 10:49Speaker 2: On procéda à leur arrestation. Après avoir obtenu un mandat
- 10:59Speaker 2: de perquisition, les policiers confisquèrent sept pistolets, un fusil de
- 11:03Speaker 2: chasse et une mitraillette équipée d'un silencieux. Ils étaient en
- 11:08Speaker 2: train de mettre ses armes dans la voiture de police
- 11:11Speaker 2: lorsque Dinza arriva sur les lieux. Il protesta contre cette saisie,
- 11:17Speaker 2: affirmant que le bâtiment et les armes lui appartenaient. Comme
- 11:26Speaker 2: ces armes étaient illégales, les policiers purent le mettre en
- 11:29Speaker 2: état d'arrestation. Après son interrogatoire, Dinsa fut mis en garde
- 11:43Speaker 2: à vue au bureau des services correctionnels de Brooklyn... dans
- 11:45Speaker 2: l'attente de sa mise en liberté sous caution. Mais cet
- 11:48Speaker 2: emprisonnement ne l'empêchait en rien de diriger son empire. Pour
- 11:55Speaker 2: éviter que les gardes ne le comprennent, il s'adressait à
- 11:58Speaker 2: ses employés et ses relations en Punjabi. Il leur ordonna
- 12:00Speaker 2: de découvrir qui étaient les deux hommes prêts à témoigner
- 12:03Speaker 2: contre lui et son frère. Hormis ces témoignages, les policiers
- 12:09Speaker 2: avaient peu de preuves contre eux. Dinza serait bientôt remis
- 12:13Speaker 2: en liberté. S'ils découvraient l'identité des témoins, ils prendraient les
- 12:18Speaker 2: moyens pour les réduire au silence. On serait alors forcé
- 12:22Speaker 2: d'abandonner les accusations de meurtre et de possession illégale d'armes
- 12:26Speaker 2: à feu contre les deux frères. En mai 1997, les policiers
- 12:33Speaker 2: de New York avaient arrêté deux frères d'origine indienne qui
- 12:36Speaker 2: maintenaient leur communauté sous un régime de terreur depuis plusieurs années.
- 12:42Speaker 2: Hormis les témoignages de deux hommes, les enquêteurs avaient peu
- 12:45Speaker 2: de preuves contre Dinsa et son frère. Ils avaient toutefois
- 12:49Speaker 2: de bonnes raisons de croire qu'il dirigeait une organisation criminelle
- 12:52Speaker 2: et qu'il avait commandé deux meurtres et un enlèvement. Dinsa
- 12:57Speaker 2: paya sa caution le 4 mai 1997, soit quelques jours seulement après
- 13:01Speaker 2: son arrestation. Son frère toutefois était toujours en détention provisoire
- 13:08Speaker 2: à la prison de Rikers Island de la ville de
- 13:10Speaker 2: New York pour une accusation de meurtre. Grâce à des informateurs,
- 13:17Speaker 2: Dinsa découvrit l'identité des deux hommes prêts à témoigner contre lui.
- 13:24Speaker 2: Il craignait que leur coopération avec la police ne mette
- 13:26Speaker 2: en péril son empire de plusieurs millions de dollars. L'un
- 13:34Speaker 2: des témoins, Satin Dergit, avait des liens étroits avec plusieurs
- 13:37Speaker 2: employés du présumé meurtrier. Il en savait beaucoup sur la
- 13:43Speaker 2: façon dont Dinsa dirigeait son entreprise de 60 millions de
- 13:46Speaker 3: dollars.
- 13:51Speaker 2: Selon lui, Dinsa trafiquait ses pompes à essence, ne déclarait
- 13:55Speaker 2: pas tous ses profits et réduisait au silence toute personne
- 13:58Speaker 2: qui avait osé parler de ses opérations frauduleuses. Les détectives
- 14:02Speaker 2: avaient la certitude que ces révélations avaient assez de poids
- 14:05Speaker 2: pour justifier une mise en accusation. Au début de juin 1997,
- 14:10Speaker 2: ils rencontrèrent l'assistant du procureur pour trouver le meilleur moyen
- 14:14Speaker 2: de faire la lumière sur les activités illicites de
- 14:16Speaker 8: Dinsa.
- 14:19Speaker 2: Teddy Brown se rappelle comment le suspect s'y prenait pour
- 14:21Speaker 2: fausser le débit d'essence de ses
- 14:23Speaker 4: pompes.
- 14:27Speaker 7: Dinsa possédait environ 53 stations-service et il avait mis au point
- 14:30Speaker 7: un système unique
- 14:33Speaker 4: Ce
- 14:33Speaker 7: système modifiait la quantité d'essence versée dans un véhicule. Par exemple,
- 14:39Speaker 7: si l'on achetait 10 dollars d'essence, la pompe ne versait que 80
- 14:43Speaker 7: ou 90% de carburant, selon ce qu'en avait décidé Dinsa,
- 14:46Speaker 7: qui du reste empochait la différence de 20 ou 10%.
- 14:52Speaker 2: Ben Campbell, l'assistant du procureur, apprit que non seulement l'empire
- 14:55Speaker 2: de Dinsa était corrompu, mais qu'il ne cessait de s'étendre
- 15:01Speaker 6: Le service de police de New York nous informait que
- 15:03Speaker 6: Dinsa dirigeait entre autres une organisation basée sur la fraude
- 15:06Speaker 6: de vente d'essence.
- 15:08Speaker 8: Il
- 15:08Speaker 6: volait les clients de ses nombreux stations-service partout à New
- 15:11Speaker 6: York et au New Jersey et touchait ainsi des millions
- 15:13Speaker 6: de dollars. On nous a aussi révélé qu'il n'hésitait pas
- 15:17Speaker 6: à recourir à la violence et au meurtre pour protéger
- 15:19Speaker 6: ce racket
- 15:22Speaker 2: Le 18 juin, au moment où les autorités fédérales commençaient l'enquête,
- 15:26Speaker 2: le témoin Satinder Jitsing fut abattu dans Queens. C'était la
- 15:36Speaker 2: veille de l'audience prévue du frère de Dinza accusé de
- 15:38Speaker 3: meurtre.
- 15:45Speaker 2: Sur la scène du crime, un voisin déclara à la
- 15:47Speaker 2: police qu'il avait assisté au meurtre. Il était dehors, sur
- 15:52Speaker 2: son balcon, quand la fusillade avait eu
- 15:54Speaker 3: lieu.
- 15:55Speaker 2: Comme il faisait très chaud et que son appartement n'était
- 15:57Speaker 2: pas climatisé, il s'était installé sur le balcon pour regarder
- 16:00Speaker 2: une partie de baseball à la télévision. Il fut dérangé
- 16:05Speaker 2: par ce qui semblait être une dispute entre automobilistes. Selon lui,
- 16:26Speaker 2: le tireur était un homme de race noire, plutôt grand.
- 16:29Speaker 2: Il n'avait toutefois pas vu son visage.
- 16:32Speaker 6: Le
- 16:33Speaker 2: cousin de Satine Dergit se trouvait avec lui dans la
- 16:35Speaker 2: voiture au moment du meurtre. Il déclara à la police
- 16:40Speaker 2: que tout était arrivé très vite. Il était trop secoué
- 16:44Speaker 2: pour se rappeler des
- 16:45Speaker 8: détails.
- 16:51Speaker 2: Les techniciens photographièrent la scène du crime. Ils recueillirent des
- 16:58Speaker 2: douilles de projectiles. Elles provenaient d'un pistolet de calibre 9 mm.
- 17:05Speaker 2: On ne trouva aucun autre indice, en tout cas rien
- 17:08Speaker 2: qui prouverait que Dinsa était responsable de l'affaire. Les enquêteurs
- 17:13Speaker 2: croyaient toutefois que ce dernier n'hésiterait pas à tout faire
- 17:16Speaker 2: pour protéger sa fortune. Il fallait trouver un moyen de l'arrêter.
- 17:25Speaker 2: Les détectives de la police de New York s'adressèrent à
- 17:27Speaker 2: l'assistant du procureur Ben Campbell en vue de trouver la
- 17:30Speaker 2: meilleure stratégie pour coffrer Dinsa. Campbell eut alors l'idée de
- 17:35Speaker 2: modifier l'enquête de façon à prendre avantage des lois RICO,
- 17:38Speaker 2: loi fédérale mise au point pour poursuivre en justice le
- 17:40Speaker 2: crime organisé
- 17:43Speaker 6: Cette affaire avait toutes les apparences d'un racket. Nous étions
- 17:46Speaker 6: en présence d'une organisation criminelle avec un chef. Les activités
- 17:50Speaker 6: frauduleuses de l'organisation généraient des revenus. Ces activités s'échelonnaient sur
- 17:54Speaker 6: plusieurs années, presque dix ans
- 17:59Speaker 2: Cette stratégie élargissait considérablement la marge de manœuvre des enquêteurs.
- 18:04Speaker 2: L'assistant du procureur demanda ensuite l'aide du FBI. L'agent spécial
- 18:09Speaker 2: chargé de l'enquête, Kevin Donovan, du bureau du FBI de
- 18:12Speaker 2: New York, se rappelle
- 18:15Speaker 9: Le FBI projetait de mener une enquête conventionnelle sur le
- 18:19Speaker 9: crime organisé. C'est-à-dire que nous devions trouver des témoins prêts
- 18:23Speaker 9: à collaborer, examiner tous les documents existants et obtenir des
- 18:28Speaker 9: mandats de perquisition pour chercher des preuves d'actes de violence
- 18:31Speaker 9: et de fraude.
- 18:36Speaker 2: C'était une opération d'importance. Pour trouver des témoins, les agents
- 18:40Speaker 2: devaient leur assurer une sécurité absolue
- 18:45Speaker 9: Tant que Dinsa Singh était capable d'intimider les témoins par
- 18:48Speaker 9: des menaces, en ayant recours à la violence ou en tuant,
- 18:51Speaker 9: notre pouvoir était très limité. Nous devions d'abord nous assurer
- 18:55Speaker 9: que tous nos informateurs ne seraient pas la cible de
- 18:57Speaker 9: Dinsa Singh
- 18:59Speaker 2: La nouvelle du meurtre de Satinderjit se propagea rapidement au
- 19:02Speaker 2: sein de la communauté Sikh. L'autre témoin, Sarjit, se préparait
- 19:07Speaker 2: à quitter la ville avec sa famille. Malgré les demandes
- 19:11Speaker 2: insistantes du FBI et l'assurance qu'il serait protégé en tout temps,
- 19:15Speaker 2: Sarjit ne changea pas d'avis. Il partit avec sa femme
- 19:19Speaker 2: et ses deux jeunes enfants. Les efforts des enquêteurs ne
- 19:25Speaker 2: faisaient pas le poids devant les manœuvres d'intimidation de Dinza.
- 19:31Speaker 9: Dès le début de l'enquête, le principal obstacle que le
- 19:34Speaker 9: FBI et la police de New York devaient surmonter, c'était
- 19:37Speaker 9: la difficulté de trouver des témoins et des informateurs en
- 19:40Speaker 9: raison des contraintes pour communiquer dans leur langue. De plus,
- 19:44Speaker 9: la majorité des employés des stations-service étaient hésitants à nous
- 19:47Speaker 9: parler en raison des menaces de Dinsassing à leur égard.
- 19:51Speaker 9: Ces actes de violence étaient bien connus au sein de
- 19:54Speaker 9: la communauté.
- 19:59Speaker 2: Le suspect menaça alors un autre membre de la communauté sikh,
- 20:02Speaker 2: Balwad Singh, un ami proche du témoin qui avait quitté
- 20:05Speaker 2: la ville avec sa famille. Il était terrifié car Dinsa
- 20:12Speaker 2: le pressait de trouver ce deuxième témoin. Il se terra
- 20:16Speaker 2: chez lui pendant trois jours avec sa femme et sa
- 20:18Speaker 2: fille avant de se décider à appeler la police. Il
- 20:23Speaker 2: rejoignit le service des homicides du Queens qui enquêtait sur
- 20:26Speaker 2: le meurtre de Satinderjit Singh. Balwan déclara à la police
- 20:35Speaker 2: qu'il avait été approché par un des hommes de main
- 20:37Speaker 2: de Dinza lors des funérailles de la victime. L'homme lui
- 20:46Speaker 2: avait demandé de lui dire où était parti l'autre témoin.
- 20:51Speaker 2: Il lui avait également dit que Dinza voulait rencontrer ce
- 20:53Speaker 2: témoin et discuter avec lui de son témoignage. Balwant lui
- 20:59Speaker 2: répondit qu'il n'en savait rien, mais maintenant il craignait pour
- 21:02Speaker 2: sa
- 21:02Speaker 5: propre vie
- 21:12Speaker 2: Les policiers étaient prêts à négocier une entente avec lui
- 21:14Speaker 2: et à assurer la protection de sa famille. Ils lui
- 21:19Speaker 2: dirent que deux détectives étaient en route vers son appartement.
- 21:21Speaker 2: Monsieur Singh
- 21:23Speaker 5: s'il vous plaît. Oui, monsieur Singh, vous avez besoin
- 21:28Speaker 3: de...
- 21:28Speaker 2: Un de ses employés l'appela alors pour lui demander de
- 21:30Speaker 2: faire une course urgente. Il accepta. Il quitta sa famille
- 21:36Speaker 2: effrayée en promettant de revenir le plus vite possible. Il
- 21:43Speaker 2: connaissait la réputation de Dinza. Il lui serait difficile de
- 22:00Speaker 2: l'éviter pendant encore très longtemps. Quelques minutes après avoir démarré,
- 22:17Speaker 2: il remarqua qu'une voiture l'avait pris en filature. Dinza était
- 22:35Speaker 2: au volant. Comme Balwant ne voulait pas courir de risques inutiles,
- 22:47Speaker 2: il reprit la route en direction de la maison. Dinza
- 22:51Speaker 2: accéléra et disparut. Le lendemain, sa femme en proie à
- 22:56Speaker 2: une vive inquiétude appela la police. Balwant s'était réfugié à
- 23:01Speaker 2: la station service d'un de ses amis. Il attendait leur
- 23:05Speaker 2: arrivée avec anxiété. Il fut soulagé de les voir se
- 23:07Speaker 2: garer devant la station. Les policiers allèrent chercher sa femme
- 23:19Speaker 2: et sa fille quelques minutes plus tard. On les conduisit
- 23:27Speaker 2: à un hôtel situé à l'extérieur de New York. Ils
- 23:33Speaker 2: y resteraient et serait protégé par la police jusqu'à l'arrestation
- 23:37Speaker 2: de
- 23:37Speaker 3: Dinza.
- 23:42Speaker 2: Les détectives apprirent alors à Balwant qu'ils avaient remarqué la
- 23:45Speaker 2: présence du suspect dans son quartier
- 23:48Speaker 2: Ils lui demandèrent s'ils pouvaient l'identifier à partir d'une
- 23:51Speaker 5: photo.
- 23:53Speaker 2: Balwant le reconnut sans hésitation. Je
- 23:55Speaker 5: suis 100% positif
- 23:56Speaker 8: c'est le même homme.
- 24:02Speaker 2: Les enquêteurs disposaient d'un nouveau témoin contre Dinsa. Il leur
- 24:05Speaker 2: manquait toutefois des preuves pour procéder à l'arrestation de cet
- 24:08Speaker 2: homme d'affaires corrompu. En juillet 1997, des agents du FBI et
- 24:17Speaker 2: des détectives de New York croyaient que le riche propriétaire
- 24:20Speaker 2: de station d'essence Dinsa Singh avait joué un rôle dans
- 24:23Speaker 2: le meurtre de deux immigrants indiens et la disparition d'un
- 24:26Speaker 2: troisième homme. Il disposait cependant de peu d'indices pour soutenir
- 24:29Speaker 2: cette thèse. De plus, par intimidation, Dinsa avait réussi à
- 24:34Speaker 2: faire taire de nombreux témoins éventuels. Plusieurs membres de la
- 24:37Speaker 2: communauté Sikh en avaient assez de vivre dans la terreur.
- 24:40Speaker 2: A la fin de juillet, le détective Tony Brodzota du
- 24:43Speaker 2: service des homicides de Brooklyn North interrogea quelqu'un de l'entourage
- 24:46Speaker 2: immédiat de Dinsa. Teddy Brown nous raconte
- 24:51Speaker 7: Au cours de l'entretien de mon collègue Tony Brodzota avec
- 24:53Speaker 7: un informateur, ce dernier lui a parlé d'un certain Marvin,
- 24:56Speaker 7: un des hommes de main de Dinsa Singh.
- 25:01Speaker 2: L'individu en question, Marvin Dodson, était un homme de race
- 25:04Speaker 2: noire de 35 ans. Les détectives découvrirent qu'on l'avait déjà arrêté
- 25:09Speaker 2: pour possession illégale d'armes à
- 25:11Speaker 5: feu.
- 25:13Speaker 2: On montra sa photo parmi d'autres au cousin du témoin
- 25:16Speaker 2: abattu qui se trouvait dans la voiture au moment du
- 25:17Speaker 5: meurtre
- 25:23Speaker 2: Sans hésitation, il identifia Dodson. Le détective Tony Brozzotta se
- 25:30Speaker 2: mit alors à la recherche de ce suspect.
- 25:34Speaker 6: Mon collègue et moi avons dressé la liste des 7 ou 8
- 25:37Speaker 6: endroits qu'il fréquentait, en plus d'avoir identifié son lieu de
- 25:40Speaker 6: résidence et celui de ses
- 25:41Speaker 3: parents.
- 25:46Speaker 2: Le 4 juillet, les policiers traquèrent Dodson dans un quartier du Queens.«
- 25:52Speaker 2: Arrêtez
- 25:53Speaker 3: votre ignition!»« Mettez vos clés dans le verre!» Ils
- 26:05Speaker 2: l'arrêtèrent et le conduisirent au poste de police. Dotson accepta
- 26:20Speaker 2: de témoigner contre Dinsa en échange d'une peine réduite. Le
- 26:25Speaker 2: matin du dimanche 6 juillet, accompagné de son avocat, il rencontra
- 26:29Speaker 2: les enquêteurs du service des homicides, l'assistant du procureur et
- 26:32Speaker 2: des agents du FBI. Dodson reconnut avoir été engagé par
- 26:39Speaker 2: Dinsa pour tuer quelqu'un. Il ajouta que tout avait commencé
- 26:45Speaker 2: le 18 mai 1997. Dinsa venait alors tout juste d'être mis en
- 26:52Speaker 2: liberté sous caution. Il engagea Dodson pour tuer l'homme qui
- 27:01Speaker 2: devait témoigner contre lui et son frère. Dinza et Dodson
- 27:09Speaker 2: commencèrent par se munir de l'arme du crime, un Ruger
- 27:12Speaker 2: de calibre 9. C'était le même calibre que celui des douilles
- 27:18Speaker 2: de projectiles trouvées plus tard sur la scène du crime.
- 27:23Speaker 2: Dodson déclara aux enquêteurs que Dinza lui avait ensuite donné
- 27:26Speaker 2: l'ordre d'embaucher un chauffeur. Dinsa mit ensuite sur pied une
- 27:34Speaker 2: opération de surveillance des témoins. L'assistant du procureur, Ben Campbell,
- 27:41Speaker 2: nous raconte comment Dinsa a fourni à Dodson toutes les
- 27:43Speaker 2: informations dont il avait besoin pour trouver Satinderjit Singh et
- 27:47Speaker 2: l'abattre
- 27:51Speaker 6: Il a donné à Dodson l'adresse de Satinderjit et le
- 27:53Speaker 6: numéro de plaque d'immatriculation de sa voiture. Il lui a
- 27:56Speaker 6: ensuite donné l'ordre de le surveiller et de le tuer
- 27:58Speaker 6: à la première occasion. Qu'est-ce
- 27:59Speaker 8: que vous faites avec le couteau?
- 28:03Speaker 2: Le 18 juin 1997, Dinza appela Dodson pour lui dire que le
- 28:07Speaker 2: témoin devait absolument être mort avant la tombée de la nuit.
- 28:14Speaker 2: L'audience du frère de Dinza devait avoir lieu le lendemain.
- 28:18Speaker 2: Cet assassinat lancerait un message très clair à tous ceux
- 28:21Speaker 2: qui comptaient témoigner contre eux
- 28:26Speaker 2: Dodson et son chauffeur, Walter Jazz Samuels, rencontrèrent Dinza à
- 28:30Speaker 2: l'une de ses stations-service. Ce dernier leur fournit une mini-fourgonnette blanche.
- 28:40Speaker 2: Ils surveillèrent la maison de Satin Dergit jusqu'à ce qu'il
- 28:43Speaker 2: sorte de chez lui. Il était accompagné de son cousin.
- 29:05Speaker 2: Dodson avait mis un plan au point, créé un incident
- 29:07Speaker 2: qui gênerait la circulation, de sorte que Satine Dergide se
- 29:11Speaker 2: range pour le laisser passer. Dodson lui bloqua le passage
- 29:16Speaker 2: avec la mini-fourgonnette. Dodson tira sur l'homme à bout portant
- 29:27Speaker 2: à huit reprises. La description des événements qu'avait fourni le
- 29:33Speaker 2: tueur à gage corroborait la déposition d'un voisin à la police.
- 29:38Speaker 2: Dodson déclara également aux enquêteurs qu'après le meurtre, il retourna
- 29:42Speaker 2: la mini-fourgonnette à la station-service de Dinsa sur l'avenue Roosevelt.
- 29:47Speaker 2: Il lui remit l'arme du crime. Dinsa lui donna alors
- 29:49Speaker 2: à lui et au chauffeur 20 000 dollars. Le 6 juillet 1997, les policiers
- 29:58Speaker 2: s'approchèrent de la maison de Walter J. Samuels à Brooklyn,
- 30:01Speaker 2: l'homme qui, selon Dodson, avait conduit la mini-fourgonnette. Il n'opposa
- 30:09Speaker 2: aucune résistance. Samuels avait déjà été arrêté par le passé.
- 30:23Speaker 2: Maintenant qu'il était détenu, les enquêteurs pouvaient se concentrer sur Dinsa.
- 30:30Speaker 2: L'assistant du procureur croyait que les agents et les détectives
- 30:33Speaker 2: détenaient suffisamment de preuves pour faire accuser Dinsa de raquette.
- 30:37Speaker 2: L'agent spécial chargé de l'enquête, Kevin Donovan, nous raconte de
- 30:40Speaker 2: quelle façon les agents se sont dispersés dans la ville
- 30:43Speaker 2: pour le trouver.
- 30:46Speaker 9: Les agents du FBI et les détectives du service de
- 30:48Speaker 9: police de New York ont établi un réseau de surveillance
- 30:51Speaker 9: des stations-service où Dinsa allait le plus
- 30:53Speaker 5: souvent
- 30:57Speaker 2: À 17h, le 7 juillet 1997, des agents et des policiers prirent
- 31:02Speaker 2: Dinsa en filature jusqu'à sa station-service de Foster Avenue. Dès
- 31:10Speaker 2: qu'il arriva, ils l'arrêtèrent pour meurtre, enlèvement, fraude et obstruction
- 31:14Speaker 2: à la justice pour avoir dirigé une organisation criminelle. L'enquête
- 31:20Speaker 2: reposait en totalité sur le témoignage du tuer à gage
- 31:23Speaker 2: de Dinsa, Marvin Dodson. Cependant, comme ce dernier était un
- 31:28Speaker 2: meurtrier avoué, la partie du procureur devait étayer ses déclarations
- 31:32Speaker 2: avec des preuves solides et d'autres témoignages. Les autorités espéraient
- 31:44Speaker 2: tirer quelque chose de Walter J. Samuels, le complice de
- 31:47Speaker 2: Dodson lors du meurtre de Satinderjit Singh
- 31:52Speaker 2: Samuels nia avoir conduit la mini-fourgonnette au moment de la fusillade.
- 31:57Speaker 2: Il déclara qu'il se trouvait dans un restaurant du même quartier.
- 32:01Speaker 2: On corrobora son alibi. Mais il y avait fort à
- 32:05Speaker 2: parier que Samuels connaissait l'identité de celui qui avait fait
- 32:08Speaker 2: le boulot à sa place. Malheureusement, Dodson restait sur sa position.
- 32:12Speaker 2: Et Samuels refusait de parler. Pour aller de l'avant, on
- 32:19Speaker 2: devait trouver des preuves de ce qu'avançait le tueur à gage.
- 32:24Speaker 2: Les détectives obtintent un mandat de perquisition de la station-service
- 32:27Speaker 2: de Dinsa sur Roosevelt Avenue, l'endroit où Dodson avait vraisemblablement
- 32:30Speaker 2: laissé la mini-forgonnette blanche après le meurtre. On fouilla minutieusement
- 32:35Speaker 2: les lieux, mais on ne trouva rien d'autre que quelques
- 32:37Speaker 2: plaques d'immatriculation volées. Ces plaques servaient sans doute aux voitures
- 32:41Speaker 2: que l'on utilisait lors des
- 32:42Speaker 3: crimes.
- 32:45Speaker 2: Mais encore une fois, on ne disposait d'aucune preuve. Rien
- 32:49Speaker 2: n'étayait les déclarations de Dodson ni ne démontrait l'implication de
- 32:52Speaker 2: Dinsa dans le meurtre. Le FBI et les policiers étaient
- 32:58Speaker 2: à la recherche d'indices pendant la détention provisoire de Dinsa
- 33:01Speaker 2: jusqu'à son audience préliminaire fixée pour le 14 juillet. Ils espéraient
- 33:06Speaker 2: que du fait que Dinsa était derrière les barreaux, des
- 33:09Speaker 2: témoins éventuels se présenteraient. Mais ce ne fut pas le cas.
- 33:14Speaker 2: Comme toujours, Dinsa continuait de diriger son empire d'une main
- 33:17Speaker 2: de fer
- 33:21Speaker 9: Malheureusement, comme Dinsa Singh avait l'autorisation de faire des appels
- 33:24Speaker 9: téléphoniques à partir de sa cellule, Ils pouvaient ainsi continuer
- 33:28Speaker 9: à diriger ces affaires et à menacer tous ceux qui
- 33:30Speaker 9: étaient tentés de coopérer avec le FBI et la police
- 33:34Speaker 9: de New York
- 33:39Speaker 2: Pour la deuxième fois en trois mois, les autorités détenaient
- 33:41Speaker 2: le présumé meurtrier. On espérait qu'il resterait derrière les barreaux
- 33:46Speaker 2: de façon définitive. Malheureusement, la défense du millionnaire était assurée
- 33:51Speaker 2: par une équipe d'avocats chevronnés et l'issue de l'affaire ne
- 33:54Speaker 2: reposait que sur le témoignage d'un meurtrier avoué. En juillet 1997,
- 34:06Speaker 2: les autorités avaient arrêté Dinsassigne sur présomption de raquette incluant
- 34:10Speaker 2: un meurtre et un enlèvement en vue de protéger son
- 34:13Speaker 2: empire corrompu. C'était la deuxième fois qu'on l'arrêtait en trois mois.
- 34:19Speaker 2: Comme il l'avait fait lors de sa première garde à vue,
- 34:22Speaker 2: Dinza dirigeait son organisation de sa cellule. Il avait même
- 34:25Speaker 2: eu le culot de proférer des menaces de mort à
- 34:27Speaker 2: partir du téléphone de la prison. Mais cette fois-ci, les
- 34:31Speaker 2: enquêteurs écoutaient ces conversations. L'assistant du procureur, Ben Campbell, était
- 34:35Speaker 2: bien décidé à ne pas laisser Dinza lui glisser des
- 34:37Speaker 2: mains encore une fois.
- 34:42Speaker 6: Tout d'abord, il parlait le Punjabi, un dialecte assez rare.
- 34:47Speaker 6: Cela nous a pris un certain temps pour trouver un
- 34:49Speaker 6: interprète qui pouvait nous traduire ses appels téléphoniques. Deuxièmement, il
- 34:54Speaker 6: était très prudent et parlait en code avec ses
- 34:56Speaker 8: associés.
- 35:03Speaker 2: La traduction des appels permit aux enquêteurs de constater à
- 35:05Speaker 2: quel point Dinsa tenait solidement les rênes de son empire.
- 35:10Speaker 2: Il attirait la clientèle en annonçant les prix d'essence les
- 35:13Speaker 2: plus bas de New York. Mais ces pompes ne donnaient
- 35:19Speaker 2: pas la quantité d'essence
- 35:23Speaker 8: indiquée
- 35:23Speaker 6: Il continuait à donner les consignes habituelles à ses employés
- 35:26Speaker 6: relativement au prix de l'essence à la pompe et à
- 35:28Speaker 6: l'approvisionnement des stations-service en
- 35:30Speaker 8: carburant.
- 35:33Speaker 6: De plus, il leur donnait des indications à retransmettre à
- 35:35Speaker 6: ses avocats en vue de sa libération sous caution.
- 35:41Speaker 2: Pendant que Campbell luttait contre la montre pour trouver des
- 35:43Speaker 2: preuves contre Dinsa et l'empêcher d'être remis en liberté, des
- 35:46Speaker 2: policiers fouillèrent la voiture du suspect. Ils y trouvèrent des
- 35:51Speaker 2: cartes de visite qui établissaient un lien entre lui et
- 35:53Speaker 2: le tueur à gage Marvin Dunson et son complice Walter
- 35:56Speaker 2: Jazz Samuels. Les policiers trouvèrent également une liste de noms
- 36:01Speaker 2: et d'adresses qui semblaient être d'éventuelles cibles. S'y trouvait notamment
- 36:06Speaker 2: le nom de Sarjit Singh, le témoin qui avait quitté
- 36:09Speaker 2: la ville avec sa famille. Le nom de Balwant Singh,
- 36:14Speaker 2: qui était sous la protection de la police, figurait également
- 36:17Speaker 2: sur la liste, de même que 7 autres hommes au nom
- 36:20Speaker 2: d'origine penjabi. C'était exactement le genre d'indice que les détectives
- 36:24Speaker 2: espéraient trouver pour empêcher Dinza d'être remis en liberté. Ils
- 36:28Speaker 2: ignoraient qui de ces hommes était encore en vie, mais
- 36:31Speaker 2: ils connaissaient cependant l'homme qui pourrait le leur dire, Walter Samuels.
- 36:36Speaker 2: Ils lui parlèrent de cette liste pour lui rafraîchir la mémoire.
- 36:39Speaker 8: Il parla
- 36:43Speaker 2: enfin. Il déclara que Dinsa projetait de tuer ses 9 hommes.
- 36:49Speaker 2: Deux d'entre eux, Balwant et Sarfjit, étaient des témoins dans
- 36:52Speaker 2: l'enquête du FBI. Les 7 autres hommes, qui vivaient encore, étaient
- 36:57Speaker 2: des membres de la famille de Balwant. Maintenant, les agents
- 37:02Speaker 2: devaient corroborer la déclaration de Samuels. Confiné dans la pièce voisine,
- 37:08Speaker 2: Marvin Dodson et son avocat attendaient d'être interrogés. Dodson confirma
- 37:13Speaker 2: ce que Samuels avait dit en ajoutant autre chose. Le 3 juillet,
- 37:18Speaker 2: soit seulement quelques jours avant la dernière arrestation de Dinsa,
- 37:21Speaker 2: ce dernier avait fait l'acquisition de deux voitures de police
- 37:24Speaker 2: d'occasion pour mener son projet d'assassinat à terme. Dodson disposait
- 37:30Speaker 2: des copies des papiers d'immatriculation. Son avocat les déposa à
- 37:33Speaker 2: titre de preuve.
- 37:36Speaker 6: Dinsa désirait que Dodson et Samuels se fassent passer pour
- 37:40Speaker 6: des policiers pour arrêter Balawant Singh et les autres membres
- 37:43Speaker 6: de sa famille. Le tueur à gages et son complice
- 37:46Speaker 6: devaient les enlever et les conduire à un endroit secret
- 37:48Speaker 6: où Dinsa les
- 37:49Speaker 8: attendrait.
- 37:53Speaker 2: On exerça de plus en plus de pression sur Samuels.
- 37:56Speaker 2: Ce dernier, qui espérait obtenir une peine réduite, révéla enfin
- 37:59Speaker 2: le nom de l'homme qui conduisait la mini-forgonnette au moment
- 38:01Speaker 2: du meurtre. Il s'appelait Evans Alonzo Powell. Comme il n'avait
- 38:06Speaker 2: pas de casier judiciaire, Dodson le protégeait. Sous la menace,
- 38:10Speaker 2: il avait contraint Samuels à ne jamais révéler son nom.
- 38:14Speaker 2: Le 19 juillet 1997, les policiers arrêtèrent Powell dans une rue de Brooklyn.
- 38:20Speaker 2: Il accepta de coopérer avec la police. Il reconnut qu'il
- 38:24Speaker 2: était derrière le volant de la mini-fourgonnette lors du meurtre
- 38:26Speaker 2: dans le Queens. Les enquêteurs détenaient enfin un témoin qui
- 38:30Speaker 2: pouvait corroborer les aveux de Dodson
- 38:34Speaker 2: Powell leur parla également d'un autre crime.
- 38:38Speaker 5: Selon
- 38:39Speaker 2: lui, Dinsa avait commandé le meurtre d'un Indien venu en
- 38:41Speaker 2: Amérique pour retrouver son frère
- 38:43Speaker 3: disparu.
- 38:49Speaker 2: Powell était présent lorsque Dodson avait tué l'employé d'une station-service
- 38:52Speaker 2: de Brooklyn dans la nuit du 16 mars. Le détective Tony
- 39:00Speaker 2: Brozzotta se rappelle de ce moment où Dodson est passé
- 39:02Speaker 2: aux aveux.
- 39:05Speaker 6: Il a reconnu avoir fait feu sur lui à la
- 39:07Speaker 6: tête à deux reprises après l'avoir fait mettre à genoux
- 39:12Speaker 3: Il
- 39:12Speaker 6: nous a dit que Dinza l'avait payé pour tuer cet homme.
- 39:16Speaker 6: Dinza ne lui a jamais dit pourquoi il fallait le
- 39:17Speaker 6: tuer
- 39:18Speaker 3: cependant
- 39:22Speaker 2: Le parrain indien remit 4000 dollars à Dodson pour avoir tué
- 39:25Speaker 2: cet homme embarrassant. Dodson vola ensuite de l'argent dans la
- 39:28Speaker 2: station service pour payer Powell qui faisait le guet lors
- 39:31Speaker 2: de l'opération. L'agent spécial Kevin Donovan recueillait de plus en
- 39:45Speaker 2: plus de preuves des activités frauduleuses de Dinsa
- 39:51Speaker 9: Le FBI et le service de police de New York
- 39:53Speaker 9: ont fouillé la station de Foster Avenue suite à l'obtention
- 39:56Speaker 9: d'un mandat de perquisition. Le but de ces recherches était
- 40:00Speaker 9: d'établir qu'il y avait eu fraude relativement aux pompes à
- 40:02Speaker 9: essence et d'obtenir des
- 40:04Speaker 5: preuves.
- 40:06Speaker 9: Nous avons mis au jour un dispositif électronique caché dans
- 40:09Speaker 9: une boîte qui contrôlait le système de débit des pompes.
- 40:14Speaker 2: Les enquêteurs purent ainsi prouver que Dinsa ne vendait pas
- 40:17Speaker 2: la quantité de carburant affichée sur les pompes grâce à
- 40:19Speaker 2: des appareils télécommandés. Le système était relié aux pompes sous terre.
- 40:26Speaker 2: On pouvait le mettre en fonction ou l'éteindre à loisir.
- 40:29Speaker 2: Le détective Teddy Brown nous raconte comment Dinsa s'y prenait
- 40:32Speaker 2: pour montrer à ses employés de quelle façon utiliser le dispositif.
- 40:37Speaker 4: Il
- 40:38Speaker 7: leur montrait comment se servir de la commande à
- 40:40Speaker 4: distance. Par exemple,
- 40:43Speaker 7: si un client se présentait pour n'acheter que quelques litres
- 40:46Speaker 7: d'essence pour sa tondeuse, le commis pressait le bouton de
- 40:49Speaker 7: la commande à distance, un peu comme pour un système
- 40:51Speaker 7: d'alarme d'auto, ce qui mettait le dispositif de fraude de
- 40:54Speaker 7: la pompe
- 40:54Speaker 4: hors-circuit. Elle fonctionnait alors à la perfection. Ainsi, le
- 41:02Speaker 7: client
- 41:11Speaker 2: Vers la fin de juillet 1997, le FBI mena des recherches
- 41:15Speaker 2: exhaustives dans l'entrepôt de Dinsa à Brooklyn. On y trouva
- 41:20Speaker 2: ses vrais livres comptables
- 41:25Speaker 6: Nous avons trouvé des documents qui démontraient qu'il avait corrompu
- 41:27Speaker 6: avec de l'argent l'inspecteur du service de protection des consommateurs.
- 41:31Speaker 6: Nous avons estimé les fraudes de M. Dinsa à environ 40
- 41:34Speaker 6: millions de dollars sur une période d'un peu plus de 10 ans.
- 41:40Speaker 2: En septembre 1998, on n'avait toujours pas retrouvé l'homme disparu d'une
- 41:45Speaker 2: station d'essence dans le Bronx en 1995. En se basant sur
- 41:53Speaker 2: les dossiers de construction au moment de sa disparition, les
- 41:56Speaker 2: agents avaient de bonnes raisons de croire que Dinsa avait
- 41:58Speaker 2: enterré son employé sous l'une de ses stations-service.
- 42:05Speaker 9: Selon nous, l'endroit le plus probable était la station en
- 42:08Speaker 9: construction à l'angle de Farragut et Flatbush
- 42:14Speaker 2: Le 16 septembre 1998, les enquêteurs se rendirent à la station avec
- 42:19Speaker 2: tout l'équipement nécessaire. A l'aide d'un radar, ils se mirent
- 42:25Speaker 2: à la recherche du corps. Deux sites pouvaient avoir servi
- 42:30Speaker 2: de tombe à l'employé.
- 42:35Speaker 9: Après que les ouvriers aient retiré les dalles de béton,
- 42:38Speaker 9: les agents du FBI et de la police de New
- 42:40Speaker 9: York ont examiné les deux sites indiqués par le radar.
- 42:46Speaker 2: Il n'y avait aucune trace du corps. Bien que cette
- 42:52Speaker 2: nouvelle fût décevante, les enquêteurs eurent un peu plus de
- 42:54Speaker 2: chance avec une autre piste. L'assistant du procureur Ben Campbell
- 42:59Speaker 2: avait obtenu les relevés téléphoniques de Dinsa. Ces derniers indiquaient
- 43:05Speaker 2: que Dinsa était au même endroit que Satinder Jitsing au
- 43:07Speaker 2: moment de son assassinat. Lors du procès de Dinsa à
- 43:13Speaker 2: la cour fédérale de Brooklyn, la partie du procureur était
- 43:16Speaker 2: bien préparée. On espérait le faire condamner pour les 29 chefs
- 43:21Speaker 2: d'accusation qui pesaient contre lui, incluant celui de meurtre au
- 43:25Speaker 2: premier degré. Sarjit Singh, qui avait collaboré avec la police
- 43:28Speaker 2: malgré les menaces de mort proférées à son endroit, témoigna
- 43:31Speaker 2: contre l'homme accusé d'avoir tué ses amis. Le 2 mars 1999, après
- 43:39Speaker 2: deux jours et demi de délibération, le jury trouva Dinsa
- 43:42Speaker 2: coupable de 21 des 29 chefs d'accusation. Cela incluait notamment un meurtre,
- 43:50Speaker 2: une tentative de meurtre et des opérations frauduleuses
- 43:54Speaker 2: Dinsa a été acquitté de l'enlèvement de l'homme dont le
- 43:56Speaker 2: corps n'a jamais été retrouvé. Le 5 octobre 1999, il a écopé
- 44:04Speaker 2: de 8 peines d'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
- 44:09Speaker 2: Il a toutefois échappé à la peine de mort. Plus tard,
- 44:13Speaker 2: au cours du mois, le même juge a condamné le
- 44:15Speaker 2: tueur à gages et son complice pour leur rôle dans
- 44:17Speaker 2: le meurtre. Comme tous deux avaient collaboré avec la police
- 44:21Speaker 2: pour faire inculper Dinsa, leurs peines ont été considérablement réduites.
- 44:26Speaker 2: Powell a écopé d'une peine de 10 ans d'emprisonnement, Samuels de 12 ans,
- 44:30Speaker 2: et Dodson de 18 ans d'incarcération. C'est la condamnation de Dinsa
- 44:35Speaker 2: qui était la plus satisfaisante pour le procureur
- 44:40Speaker 6: Pour moi, l'inculpation de Dinsa a constitué une expérience très
- 44:42Speaker 6: enrichissante
- 44:44Speaker 6: Cela nous a permis de faire une incursion au sein
- 44:46Speaker 6: d'une communauté qui est plutôt réfractaire au service de police.
- 44:50Speaker 6: Nous leur avons rendu un service appréciable en les débarrassant
- 44:53Speaker 6: d'un individu qui était à défaut d'un meilleur terme, une
- 44:55Speaker 6: véritable plaie pour eux.
- 45:00Speaker 2: Comme beaucoup d'immigrants avant lui, Dinsa était pauvre à son
- 45:03Speaker 2: arrivée aux Etats-Unis. Ses compatriotes l'ont accueilli à bras ouverts.
- 45:08Speaker 2: Il a répondu à leur bonté à coups d'escroquerie et
- 45:10Speaker 2: de meurtre. A cause de son impitoyable cupidité, il ne
- 45:15Speaker 2: recouvrera jamais la liberté.