Latest / Archives / L’APPARTEMENT qui a HORRIFIÉ l’Amérique (Affaire Jeffrey Dahmer)
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- 0:14Milwaukee, 22 juillet 1991, 2 policiers montent dans un petit
- 0:17appartement situé au 2e étage de l'Immeuble Oxford, au Nine
- 0:20twenty fort North twenty Fifth Street, dans un quartier
- 0:24populaire du northside, dès qu'ils franchissent la porte du
- 0:29numéro two One, three, une odeur lourde.
- 0:33Les frappes dans la cuisine, ils ouvrent le réfrigérateur.
- 0:38À l'intérieur, une tête humaine soigneusement posée sur
- 0:42l'étagère du bas, à côté de quelques canettes de bière.
- 0:46Sur une commode, 3 crânes blanchis dans une armoire, des
- 0:51bocaux contenant des organes, des photographies, montres,
- 0:54décor démembrés et un baril rempli d'acide.
- 0:58Trône dans un coin de la chambre, un fauteuil, un lit,
- 1:01quelques meubles. Dehors, la ville continue de
- 1:05vivre normalement. Le locataire vit seul, il
- 1:09travaille dans une chocolaterie du centre ville et ne parle
- 1:13quasiment à personne. Et pourtant, pendant plus d'une
- 1:16décennie, il a attiré chez lui des jeunes hommes qui le
- 1:19Droguaient, Étranglaient, découpaient, parfois
- 1:22conservaient, souvent photographiés.
- 1:26Ce que la police découvre ce jour-là dépasse le cadre d'un
- 1:29simple fait divers. Ce qu'il trouve, c'est une
- 1:32faille. Une brèche dans tout ce qu'on
- 1:35croit savoir sur le mal. Il ne portait ni masque ni arme,
- 1:39il vivait au milieu des autres, il payait son loyer, il faisait
- 1:43ses courses, il s'appelait Jeffrey damer et pendant 13 ans,
- 1:48personne ne l'a empêché de tuer. Avant de commencer, petite
- 2:16parenthèse rapide, si la vidéo vous plaît, pensez à vous
- 2:19abonner. C'est ultra important, j'en
- 2:21parle pas souvent, c'est gratuit et ça permet de pas rater les
- 2:24prochaines enquêtes. Et au passage je vous remercie
- 2:26parce que je vous vois vous abonner chaque mois et
- 2:29franchement bah ça me va droit au cœur.
- 2:30Sachant que j'ai passé quand même pas mal de temps à l'époque
- 2:33à stagner sur Youtube. Et je profite aussi de ce moment
- 2:36pour remercier Nord VPN qui me permet de créer cette vidéo en
- 2:39la sponsorisant. Nord VPN c'est un outil qui sert
- 2:41avant tout à sécuriser ce qu'on fait sur Internet.
- 2:44Il chiffre entièrement la connexion, votre activité n'est
- 2:47plus visible, votre adresse IP est masquée et même sur un wifi
- 2:50public, les hôtels, les gares, les cafés ou ce genre d'endroit,
- 2:54bah personne ne peut intercepter vos données ou voir ce que vous
- 2:56consultez. Dans notre cas pour l'équipe, on
- 2:59s'en sert aussi en amont du travail.
- 3:00Et d'écriture pour préparer ? Bah ce genre de vidéo, on
- 3:04consulte énormément de documentaires, d'archives ou de
- 3:07plateformes étrangères auxquelles on n'a pas accès
- 3:09depuis la France par exemple. Bah il y a certaines enquêtes
- 3:12qui ont fait l'objet de reportages uniquement diffusés
- 3:15en Amérique du Nord ou en Asie. Bah avec Nord VPN, il suffit de
- 3:19sélectionner un serveur dans ce pays et on est connecté en 2
- 3:22secondes. On débloque immédiatement ces
- 3:24contenus comme si on y était physiquement, et c'est aussi
- 3:27valable dans l'autre sens. Si vous voyagez, Bah vous pouvez
- 3:30vous reconnecter virtuellement en France pour retrouver les
- 3:33catalogues français ou certains sites qui sont restreints hors
- 3:36du territoire. Nord VPN fonctionne jusqu'à 10
- 3:39appareils simultanément, donc ordinateur, téléphone, tablette,
- 3:42voire. Même télé connecté, ce qui rend
- 3:44pratique à la fois pour un usage personnel et pour tout un foyer.
- 3:48Il intègre aussi une protection anti menace qui va venir bloquer
- 3:52les sites dangereux, empêcher les trackers publicitaires, qui
- 3:56va supprimer les pubs intrusives et aussi analyser
- 3:59automatiquement les fichiers téléchargés pour détecter les
- 4:02malwares avant qu'ils ne s'installent.
- 4:04Avec le lien en description ou en commentaire épinglé, vous
- 4:06pouvez obtenir jusqu'à 4 mois offerts sur un abonnement de 2
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- 4:14garantie satisfait ou remboursé. Pour tester sans risque, merci
- 4:17encore à Nord VPN de rendre cette vidéo possible.
- 4:41Tout commence bien loin du cauchemar.
- 4:44Jeffrey Lionel Dameur, né le 21 mai 1960 à Milwaukee dans le
- 4:47Wisconsin. Un bébé blond, grand regard
- 4:51clair dans une famille de la classe moyenne.
- 4:56Son père, Lionel, est chimiste, sa mère, Joyce, est femme au
- 5:00foyer. En apparence, tout va bien, une
- 5:03maison tranquille, un jardin, un chien, des balades en forêt,
- 5:07bref, une enfance ordinaire. Mais derrière les murs, ça se
- 5:15fissure. Pendant la grossesse, Joyce
- 5:17souffre de problèmes sévères, nausées permanentes,
- 5:21hypersensibilité aux bruits et aux odeurs, crise de tétanie qui
- 5:24paralyse tout son corps. Les médecins ne comprennent pas.
- 5:28Ils parlent vaguement d'un État nerveux avec des symptômes
- 5:32évoquant l'épilepsie sans parvenir à poser un diagnostic
- 5:35clair. Pour la soulager, on lui
- 5:38prescrit ce qui est alors courant.
- 5:39À cette époque là, barbiturique, morphine, phénobarbital parfois
- 5:43jusqu'à 26 comprimés par jour. Aujourd'hui, on sait que ces
- 5:47substances sont fortement déconseillées pendant la
- 5:50grossesse. Les barbituriques notamment,
- 5:52passent la barrière du placenta. Et peuvent influencer la façon
- 5:57dont le cerveau du fœtus se construit.
- 5:59Ce qui peut fragiliser son équilibre émotionnel, altérer
- 6:03certaines fonctions cognitives ou provoquer, dans les cas les
- 6:07plus graves, des malformations à la naissance.
- 6:10Mais dans les années 60, ces dangers ne sont pas encore bien
- 6:14documentés. Ce n'est qu'à partir de la fin
- 6:16de la décennie que les recherches médicales
- 6:18commenceront à les mettre en lumière.
- 6:20Pourtant, Jeffrey nait sans signe visible de problème.
- 6:23Les premières années sont paisibles.
- 6:25Il court dans le jardin, grimpe aux arbres, sourit sur les
- 6:28photos. Il est curieux, gentil, aime les
- 6:31animaux. A 6 ans, il choisit lui même le
- 6:34prénom de son petit frère, David.
- 6:42Son père dit de lui qu'il a été un enfant aimé.
- 6:45Puis, petit à petit, il devient discret, rêveur, souvent
- 6:50silencieux, il regarde le monde sans vraiment en faire partie.
- 6:59Vers 8 ou 9 ans, Lionel partage avec lui sa passion pour la
- 7:03science. Ensemble, il dissèque de petits
- 7:06animaux morts. Il nettoie les os, les trempe
- 7:10dans des produits chimiques. Pour son père, c'est une simple
- 7:13curiosité. Pour Jeffrey, c'est peut être
- 7:17déjà autre chose. Dans le jardin, il installe un
- 7:32petit cabanon. C'est là qu'il fait ses
- 7:34expériences. Il y passe des heures, obsédé
- 7:37par les restes d'animaux, les os, les viscères.
- 7:40Son père sent que ça devient trop, alors il finit par
- 7:43l'éloigner de tout ça. À l'école, Jeffrey reste à part.
- 7:47Les autres élèves le trouvent étrange, imprévisible, mais
- 7:51certains le trouvent aussi drôle à sa manière.
- 7:54Il imite les cris, les tics de personnes handicapées, se met à
- 7:58danser ou à simuler des crises dans les couloirs pour faire
- 8:01rire ses camarades des années plus tard.
- 8:04Ils appelleront ça le damor show.
- 8:15Sur le moment, personne n'y voit autre chose qu'un ADO
- 8:18excentrique un peu paumé. Mais dans sa tête, quelque chose
- 8:23s'assombrit. Joyce, sa mère, va de plus en
- 8:26plus mal. Diagnostiquée avec une maladie
- 8:28mentale, elle alterne entre crise d'angoisse et période de
- 8:32repli. Et Lionel, souvent absent, ne
- 8:34voit pas l'étendue de la détresse, ni de sa femme, ni de
- 8:38son fils. Jeffrey, au milieu de tout ça,
- 8:41s'enfonce. C'est au lycée qu'il bascule
- 8:44vraiment. Il commence à boire de la bière,
- 8:48du whisky, parfois dès le matin, dans les toilettes ou entre les
- 8:53cours. Il arrive ivre en classe,
- 8:56planque ses bouteilles dans son casier.
- 8:58Les profs le remarquent, mais personne ne fait rien.
- 9:01Dans ce chaos intérieur, Jeffrey développe une fascination pour
- 9:05le contrôle absolu. Il invente un jeu imaginaire
- 9:09qu'il appelle infinityland, où il règne sur des personnages
- 9:13fictifs, les domine totalement. Un jour, il vole aussi un
- 9:38mannequin de vitrine, sans savoir vraiment expliquer
- 9:41pourquoi à son père, si ce n'est qu'il voulait savoir qu'il en
- 9:45était capable. Il collectionne des objets
- 9:47insolites, dérangeants, et il commence à ressentir ses
- 9:51premières pulsions sexuelles qu'il ne comprend pas et qu'il
- 9:55n'assume pas. À cette époque, il est attiré
- 9:58par les garçons mais ne s'autorise pas à l'exprimer.
- 10:01Le Wisconsin de la fin des années 70 n'est pas tendre avec
- 10:04les jeunes homosexuels. Alors il garde tout pour lui,
- 10:08entre honte et frustration. Et dans ce contexte de solitude,
- 10:12le malaise s'aggrave. Un jour, à 16 ans, il repère un
- 10:16joggeur qui passe chaque matin devant chez lui.
- 10:19Jeffrey est fasciné. Il le suit du regard jour après
- 10:23jour, jusqu'à ce qu'une idée prenne forme.
- 10:26Un matin, il l'a tant cachée dans les buissons, une batte de
- 10:30base, Ball à la main, il a tout prévu, l'attaquer, le ramener
- 10:35chez lui, le garder. Mais ce jour-là, le joggeur ne
- 10:39vient pas. Alors Jeffrey rentre sans un
- 10:48mot, sans jamais en reparler. Mais cette scène, c'est sa
- 10:51première tentative, son premier passage à l'acte.
- 10:55Même s'il a échoué. Puis vient 1978, 2 ans après cet
- 10:59événement, Lionel annonce à Jeffrey et à son petit frère que
- 11:03leur mère veut divorcer. Jeffrey ne dit rien.
- 11:05Il se lève, sort dans le jardin et commence à frapper les arbres
- 11:11avec une branche encore et encore, sans un mot, comme s'il
- 11:16essayait de reprendre le contrôle, de canaliser quelque
- 11:19chose qu'il ne comprend pas. Son père dira plus tard qu'il a
- 11:24peut être eu cette réaction parce que l'idée de perdre le
- 11:28contrôle lui était insupportable.
- 11:30Ce jour-là, quelque chose se fissure et rien ne sera plus
- 11:35comme avant. Joyce quitte la maison et part
- 11:38en Californie avec son petit frère David.
- 11:41Lionel, lui, est temporairement installé ailleurs.
- 11:44Le divorce est en cours et personne ne semble vraiment
- 11:47savoir où est Jeffrey ni ce qu'il fait.
- 11:50Personne ne s'imagine que dans cette maison vide, l'histoire
- 11:54est déjà en train de basculer. L'été est lourd sur l'Ohio.
- 12:12Le 18 juin 1978, Jeffrey prend sa voiture.
- 12:17Il roule sans but précis avec une bouteille à la main.
- 12:21Sur la route, il croise un auto stoppeur, Steven X108 ans.
- 12:25Cheveux longs, look de rocker, il rentre d'un concert et tend
- 12:29le pouce pour rentrer chez ses parents.
- 12:31Jeffrey lui propose une bière et un peu de musique.
- 12:35Alors Steven accepte avec plaisir et monte dans la voiture
- 12:39comme prévu une fois arrivé chez Jeffrey.
- 12:43Ils discutent, boivent, écoute du rock et passent l'après 12h00
- 12:47ensemble. Au bout de quelques heures,
- 12:49Stevens s'apprête à rentrer chez lui.
- 12:52Mais Jeffrey n'a pas vraiment envie.
- 12:55Pas encore, pas maintenant. Il ne supporte pas l'idée d'être
- 12:59de nouveau abandonné. Alors dans un moment de panique
- 13:01ou peut être de désespoir, il agit.
- 13:05Il attrape un haltère, le frappe à l'arrière du crâne, puis
- 13:09l'étrangle. C'est le premier meurtre.
- 13:18Le lendemain, il découvre l'horreur de ce qu'il a fait.
- 13:22Le corps est là, dans la maison, on est en plein été, il fait une
- 13:27chaleur accablante et l'odeur devient vite insoutenable.
- 13:30Il essaie d'abord de cacher le cadavre sous la maison, mais le
- 13:34processus de décomposition s'accélère.
- 13:36Alors il le découpe, il démonte le corps morceau par morceau, la
- 13:42tête, les membres, les os, tout est mis dans des sacs poubelle
- 13:45noirs, puis. Tard dans la nuit, Jeffrey Monte
- 13:49tout ça dans sa voiture, mais sur le chemin, il est arrêté par
- 13:54une patrouille de police. Simple contrôle de routine, il
- 13:58est nerveux, les policiers lui demandent ce qu'il transporte.
- 14:01Il répond qu'il vient de se disputer avec ses parents et
- 14:04qu'ils lui ont demandé de sortir les poubelles de la maison.
- 14:07Les agents le regardent, il n'a pas d'antécédents.
- 14:10Il est jeune, calme, poli, pas d'agressivité, un visage banal,
- 14:14une allure sans histoire alors ? Il le laisse partir.
- 14:19Ce moment aurait pu tout arrêter, mais il passe entre les
- 14:24mailles. Pendant près de 9 ans, damer se
- 14:27tait. Il vit avec ce secret, ce
- 14:30fardeau. Il part à l'université, mais au
- 14:33lieu de se remettre sur ses rails, la fac le fait décrocher
- 14:36encore plus. Il sèche les cours, boit encore
- 14:39davantage, s'enfonce dans les rangs rapidement.
- 14:43Il abandonne ses études, alors Lionel tente une dernière carte
- 14:47pour le secouer, lui redonner une structure.
- 14:50Il l'inscrit de force dans l'armée.
- 14:52Jeffrey est donc envoyé au Texas à San Antonio pour y suivre une
- 14:57formation de technicien médical. Puis à l'automne 1979, il est
- 15:08affecté dans une base en Allemagne de l'Ouest à
- 15:10Bomholder, au sein du 2nd bataillon du 60 8e régiment
- 15:14blindé. Et au début, ça fonctionne.
- 15:19Il se tient à carreau. Obéissant, appliqué, silencieux,
- 15:24il suit les ordres, fait son travail, soigne les soldats.
- 15:28Mais rapidement, les vieux démons reviennent, l'alcool
- 15:32toujours. Dès 1980, ses supérieurs
- 15:34remarquent son comportement instable.
- 15:36Et surtout, plusieurs soldats avec qui il partage sa chambre
- 15:40commencent à se plaindre. L'un d'eux affirmera plus tard
- 15:44qu'il l'a drogué et agressé sexuellement pendant la nuit.
- 15:49Un autre évoquera des attouchements.
- 15:51Mais à l'époque, aucune plainte officielle n'est déposée.
- 15:54Ce qui est sûr, c'est que damer devient ingérable.
- 15:57Son comportement est de plus en plus chaotique, violent et les
- 16:01problèmes d'alcool s'aggravent. L'armée décide donc de le
- 16:05renvoyer discrètement, sans faire de vagues.
- 16:08En mars 1981, il est démobilisé pour inaptitude au service mais
- 16:11conserve une sortie honorable. En clair, on ne veut plus de
- 16:16lui, mais on ne veut pas non plus salir son dossier.
- 16:19Jeffrey ne veut pas rentrer chez son père, il a honte, il dit
- 16:23qu'il en a marre du froid. Alors avec son billet retour, il
- 16:26choisit Miami, mais là-bas non plus rien ne change.
- 16:32Il décroche un petit boulot dans un hôpital, mais ça ne dure pas.
- 16:37Il passe ses journées à boire, dort à moitié conscient dans des
- 16:41foyers ou sur les plages. Un jour, par curiosité morbide,
- 16:44il tente même de boire une poche de sang juste pour voir, mais il
- 16:50recrachera aussitôt. Il dira plus tard que le goût
- 16:53était insupportable. Rapidement, il est expulsé de
- 16:57son logement pour non-paiement. Il traîne dans les rues, dort
- 17:01dehors, se lave dans des toilettes publiques.
- 17:03Une errance psale triste. Désespéré.
- 17:07Et quand il n'a plus d'autre option, il rentre à bath chez
- 17:10son père, comme un chien battu. Et le vide continue de grandir.
- 17:21Jeffrey à 21 ans. Son père accepte de le reprendre
- 17:25quelques semaines, mais très vite, l'ambiance devient
- 17:27pesante. Jeffrey est mou, ne fait rien de
- 17:31ses journées. Boit sans arrêt.
- 17:33Lionel, dépassé, lui propose une solution, aller vivre chez sa
- 17:38grand-mère à West Alice, dans la banlieue de Milwaukee.
- 17:41C'est un changement d'ambiance, la maison est propre, calme.
- 17:45Sa grand-mère, Catherine, est aimante et très croyante.
- 17:48Elle espère que ce cadre plus stable pourra remettre son
- 17:51petit-fils sur le droit chemin. Et pendant quelques mois, tout
- 17:55semble aller mieux. Jeffrey se montre respectueux et
- 17:58discret. Il cherche du travail, trouve un
- 18:01poste à la Chocolaterie ambrosia.
- 18:03Il aide à la maison, accompagne par moments sa grand-mère à
- 18:07l'Église. Mais derrière cette façade
- 18:10paisible, les démons sont toujours là et ils s'enracinent
- 18:15doucement. D'abord, il y a l'obsession des
- 18:21corps. Jeffrey commence à fréquenter
- 18:23des bibliothèques, des parcs, des bars à la recherche de
- 18:26jeunes hommes. Il aborde, il flatte, parfois il
- 18:30propose de l'argent en échange de photos.
- 18:32Quand certains acceptent, il les ramène chez sa grand-mère.
- 18:35Mais ça ne s'arrête pas là. Un jour, Catherine trouve un
- 18:38revolver caché sous son lit, un autre jour, elle tombe sur des
- 18:42magazines pornographiques. Elle ne comprend pas ce que son
- 18:46petit-fils devient-il reste enfermé, fait parfois des bruits
- 18:49bizarres, marmonne, rit seul. Et surtout, il disparaît des
- 18:54heures, voire des nuits entières.
- 18:56Mais ce qu'elle ignore, c'est que la frontière entre fantasme
- 18:59et passage à l'acte est en train de disparaître.
- 19:02Entre 1982 et 86, Jeffrey est arrêté 2 fois pour des
- 19:05exhibitions sexuelles. La première fois, il expose ses
- 19:08parties génitales à 2 adolescents dans un parc.
- 19:10La 2e, il est surpris en train de se masturber devant des
- 19:14enfants. Il est condamné à des amendes,
- 19:16des travaux d'intérêt général. Mais aucune mesure de suivi
- 19:22n'est mise en place. Pourtant, personne ne fait le
- 19:25lien, personne ne creuse plus loin et damer, lui continue sa
- 19:29quête chez sa grand-mère. Les tensions montent, elle voit
- 19:32les inconnus qu'il ramène à la maison, des hommes souvent plus
- 19:35jeunes que lui, mais au début, elle ne dit rien.
- 19:38Puis un soir, elle l'aperçoit avec un jeune homme dans le
- 19:41salon, visiblement mal en point. Elle ne comprend pas bien ce qui
- 19:45se passe, mais sans que quelque chose cloche, elle demande à
- 19:49Jeffrey de le faire partir. Le garçon s'en va et ne
- 19:53reviendra jamais. Tout le monde se doute
- 19:56aujourd'hui que ce geste a sauvé une vie.
- 19:59L'année suivante, en 1000, 91871 soir de novembre, il se rend
- 20:02dans un bar du centre ville de Milwaukee, le club to nineteen.
- 20:05Il y rencontre Steven Tuomi, 25 ans.
- 20:08Ils passent la soirée ensemble et prennent une chambre d'hôtel.
- 20:12Damer dit qu'il s'est réveillé au matin, sans souvenir.
- 20:18Le corps de Steven inerte à ses côtés, le torse creusé. 9 ans
- 20:24après, c'est son 2e meurtre et cette fois, c'est trop tard, la
- 20:29machine est relancée, il panique, achète une valise, il
- 20:33place le corps et rentre chez sa grand-mère.
- 20:35Dans la cave, il recommence les gestes qu'il connaît.
- 20:39Après thiomi, tout s'accélère, la cave devient son refuge.
- 20:43Il y passe du temps, parfois des heures, sans qu'on sache ce
- 20:47qu'il fait. Les choses s'enchaînent, des
- 20:50odeurs étranges commencent à se répandre dans la maison.
- 20:52Un jour, il explique à son père que l'odeur dans la cave vient
- 20:55d'un écureuil qui la dissout dans des produits chimiques.
- 20:58Il dit ça avec détachement, presque fièrement.
- 21:02Lionel commence à s'inquiéter. Il comprend que Jeffrey n'a
- 21:05jamais vraiment lâché ses obsessions morbides.
- 21:07L'alcool, l'isolement, la solitude, tout ça l'enferme dans
- 21:11un cycle de plus en plus sombre. En 1988, il attire 2 nouvelles
- 21:14victimes, James Dockstator, 14 ans, et Richard Guerrero, 22
- 21:19ans. Tous 2 disparaissent sans
- 21:21laisser de traces. Dans cette maison tranquille de
- 21:24banlieue, tout semble normal, mais au sous-sol, c'est
- 21:27l'horreur silencieuse. Un jour, Catherine lui demande
- 21:30de partir. Les odeurs, les bruits, la nuit,
- 21:34les objets trouvés, elle n'en peut plus.
- 21:37Elle aime son petit-fils. Mais elle a peur.
- 21:56Jeffrey trouve alors un petit appartement pas très loin de la
- 21:59chocolaterie, où il emménage le 25 septembre.
- 22:02Le 26 septembre 1988. Donc, le lendemain, il est
- 22:07arrêté pour agression sexuelle sur somsak sin sasumphon, un
- 22:12jeune garçon laotien de 13 ans. Il l'avait attiré chez lui avec
- 22:16la promesse de 50$ pour des photos, avant de le droguer et
- 22:21de l'abuser. Il plaide coupable.
- 22:23Le procès s'ouvre en janvier 1989.
- 22:25Il se montre comme toujours calme, poli, plein de remords.
- 22:28Il explique au juge qu'il cherche à changer.
- 22:35Qu'il veut simplement avoir une vie normale.
- 22:38Et il parvient à convaincre tout le monde.
- 22:40Ces délits, quelques années plus tôt, sont complètement ignorés.
- 22:45Le 23 mars 1989, damer est condamné à un an de prison en
- 22:49semi liberté. La décision tombe, il devra
- 22:50dormir dans un centre de détention mais pourra continuer
- 22:54à travailler la journée. Une forme d'aménagement censée
- 22:57l'aider à se réinsérer sous contrôle.
- 23:02Mais voilà, entre le jugement et le début effectif de cette
- 23:06peine, il YA1 délai où damer reste entièrement libre, le
- 23:09temps que la peine soit mise en place.
- 23:11Et dans cette courte fenêtre, à peine 2 jours plus tard, il
- 23:15rencontre un jeune homme dans un bar de Milwaukee.
- 23:17Il sait qu'il va bientôt partir en détention, mais il agit comme
- 23:21si c'était une dernière permission.
- 23:22Jeffrey damer, déjà condamné, déjà reconnu coupable, croise
- 23:27malheureusement la route d'ANTHONY Searce, 24 ans.
- 23:33Damer l'invite chez lui. Ce soir-là, Anthony ne repartira
- 23:37jamais et devient sa 5e victime. Ce sera le premier jour où
- 23:42Jeffrey garde volontairement les restes.
- 23:45Il dira plus tard qu'il s'était attaché à lui.
- 23:49Une forme de connexion inhabituelle.
- 24:02Il conserve ses organes génitaux soigneusement rangés dans une
- 24:06boîte, une boîte qu'il gardera tout au long de sa peine cachée
- 24:10dans son casier au travail. Il va donc purger sa peine en
- 24:14semi liberté avec des restes humains à quelques mètres de
- 24:17lui, planqué dans une boîte, dans un endroit où personne ne
- 24:21se doute de rien. Et c'est ça le plus fou dans
- 24:23cette histoire, c'est qu'il est condamné pour des faits déjà
- 24:26graves. Récidiviste.
- 24:28Et pourtant, la peine, elle est légère.
- 24:30Ce qu'on sait de lui devrait déjà alerter.
- 24:33Mais personne n'imagine la vérité, la vraie, qui est encore
- 24:36bien plus terrifiante. Pendant 10 mois, Jeffrey damer
- 24:48suit une routine banale en apparence.
- 24:50Le jour, il travaille à la Chocolaterie Ambrosia.
- 24:53Le soir, il dort au centre de semi liberté.
- 24:57Mais derrière cette façade disciplinée, il manque
- 25:00l'essentiel. À aucun moment un traitement
- 25:03psychologique n'est mis en place.
- 25:05Pas de thérapie, pas de suivi, rien.
- 25:08Son père, Lionel, sent que quelque chose cloche.
- 25:11Il envoie une lettre au juge William Gardner, le suppliant
- 25:15d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard.
- 25:17Il y parle d'un fils fragile, perturbé.
- 25:21Dont les démons intérieurs n'ont jamais été soignés.
- 25:24Ils terminent par une phrase terrible, vous avez les clés en
- 25:28main. Mais la lettre reste lettre
- 25:30morte. En mars 1990, damer est libéré.
- 25:32Officiellement réhabilité, techniquement encore sous
- 25:35surveillance mais dans les faits totalement libres, il s'installe
- 25:39dans un petit appartement discret au rez-de-chaussée du
- 25:43Nine twenty Four Now, twenty fifth streets à Milwaukee. 2
- 25:50pièces. Un immeuble vétuste, peu
- 25:52entretenu, peu surveillé ? Personne ne le sait encore, mais
- 25:56ce logement va devenir l'un des lieux les plus sinistres de
- 25:59l'histoire criminelle américaine, voire de l'histoire
- 26:03criminelle tout court. À partir du printemps, Jeffrey
- 26:06damer devient une machine. Ce qu'il faisait parfois, il va
- 26:10désormais le faire tout le temps, à une fréquence presque
- 26:13mécanique. En mai 1990, Raymond Smith
- 26:16disparaît. En juin, Edward Smith, en
- 26:20septembre, Ernest Miller puis David Thomas.
- 26:24Les meurtres s'enchaînent, le rythme s'intensifie en surface,
- 26:29rien ne change, damer travaille, pointe à l'heure, croise ses
- 26:33collègues, passe inaperçu. Mais dès que la nuit tombe, il
- 26:37arpente les rues, les centres commerciaux, les clubs gays de
- 26:40miyoki. Il repère toujours les mêmes
- 26:43profils, les jeunes hommes, souvent racisés, souvent
- 26:46précaires. Parfois sans domicile, il les
- 26:49approche avec douceur, propose 20, 50$ pour quelques photos ou
- 26:56un simple moment à 2. Il montre un polaroid pour
- 26:59gagner leur confiance. Le scénario ne varie jamais, il
- 27:03les attire chez lui, les endort, les tue puis les conserve.
- 27:09Maintenant, damer ne veut plus seulement tuer, il veut garder
- 27:14posséder. Empêcher ces victimes de partir.
- 27:18Ils gardent leurs crânes, nettoient leurs os,
- 27:22photographient chaque étape du processus.
- 27:24Il repeint certains crânes comme des objets de collection, garde
- 27:28des mains, des cœurs, des têtes dans son frigo, son congélateur
- 27:32ou des bocaux remplis de formole.
- 27:35Il dira plus tard qu'il a mangé des morceaux non pas par goût,
- 27:40mais parce qu'il voulait les garder en lui.
- 27:42Une logique. Tordu, sans rituel, sans
- 27:45croyance, juste une impulsion qu'il n'a pas freiné.
- 27:49Et tout ça, ça se passe presque à la vue de tous.
- 27:53L'immeuble est mal isolé, délabré, les voisins se
- 27:56plaignent des odeurs, des bruits, mais rien n'est vraiment
- 27:59fait. Les autorités interviennent
- 28:01rarement et jamais jusqu'au bout.
- 28:04Et pourtant, un soir, tout aurait pu s'arrêter, le 27 mai
- 28:081991, peu après 00h00. Glenda Cleveland, qui vit dans
- 28:13l'immeuble voisin, voit par la fenêtre un jeune garçon nu, erré
- 28:16dans la rue, visiblement désorienté, blessé, drogué, le
- 28:32garçon titube, saigne. Tente de parler mais n'arrive
- 28:41pas à s'exprimer. Quelques minutes plus tard,
- 28:43dameur arrive sur les lieux. Il explique que c'est son
- 28:47compagnon, qu'il a trop bu, que ce n'est rien. 2 policiers sont
- 28:51envoyés, John Balzersac et Joseph Gabrich.
- 28:54Les voisins leur disent que le garçon ne semble pas majeur,
- 28:58qu'il est blessé, qu'il ne parle pas anglais.
- 29:00Mais damer, souriant affirme que le jeune homme A109 ans et qu'il
- 29:04veut juste rentrer dormir. Les agents décident de
- 29:08raccompagner les 2 hommes chez damer.
- 29:11Dans l'appartement, l'odeur est étrange.
- 29:14Dans la Chambre, un cadavre en décomposition, Tony Hughes, tué
- 29:183 jours plus tôt. Mais les policiers ne fouillent
- 29:21pas. Ils plaisantent, repartent et
- 29:24classent l'affaire comme une dispute domestique.
- 29:27Le jeune garçon s'appelle Konrack Sintasomphone, n'a que
- 29:3114 ans et ne survivra pas ce soir-là.
- 29:35Il était le frère cadet de Somsak Sintasomphon, que damer
- 29:39avait agressé 3 ans plus tôt. Un nom que la police aurait dû
- 29:44reconnaître. Mais ce soir-là, il ne vérifie
- 29:47rien. Une fois la porte refermée, le
- 29:50garçon est encore en vie, sonné, incapable de se défendre.
- 29:56C'est alors que damer tente ce qu'il appelle ses expériences.
- 30:01Il perce le crâne de l'adolescent avec une perceuse,
- 30:04puis injecte de l'acide chlorhydrique dans son cerveau.
- 30:08Konrac meurt, probablement dans une douleur inimaginable.
- 30:12Damer conservera son crâne et nettoiera son squelette pour en
- 30:16faire un souvenir. Konrac devient la 13e victime
- 30:20est le symbole tragique d'un système qui n'a pas su écouter
- 30:23glenda. Cleveland continue d'alerter,
- 30:26d'appeler la police, de signaler les bruits, les cris, les
- 30:29odeurs. Mais ces appels resteront sans
- 30:31suite. Rien ne l'arrête, ni les
- 30:33voisins, ni les arrestations passées pour exhibition, ni même
- 30:37les plaintes pour troubles à l'ordre public.
- 30:39Dahmer est transparent, invisible, il vit seul, enfermé
- 30:44dans une boucle morbide. Et dans ce petit appartement du
- 30:48Night twenty Four North twenty Fifth Street, devenu un
- 30:52véritable sanctuaire de l'horreur, les restes de ses
- 30:55victimes s'empilent, crânes, organes, eau.
- 30:59Rangés, étiquetés, conservés, comme s'ils refusaient
- 31:03d'admettre qu'ils étaient partis.
- 31:16En juillet 1991, la frénésie atteint un point de non-retour.
- 31:19En à peine 3 semaines, 4 nouvelles victimes
- 31:22disparaissent. Matt Turner, Jeremya Wine
- 31:24Burger. Oliver Lacy et enfin Joseph
- 31:32Bradhoff, 4 meurtres en 19 jours.
- 31:35Le rythme est insoutenable et dans ce petit appartement de
- 31:38Milwaukee, les restes des 11 corps s'entassent, désormais
- 31:42disséminés dans chaque pièce. Rien ne bouge, rien ne parle,
- 31:48mais tout est là, figé, conservé et froid.
- 31:52Et pourtant, damer continue sans interruption, sans relâche.
- 31:57Il sort, il cherche, il séduit toujours ce même besoin de
- 32:01possession, cette obsession de contrôle, cette idée fixe,
- 32:06garder l'autre à tout prix jusqu'au soir du 22 juillet
- 32:101991. Ce soir-là, peu après 23 h, il
- 32:13sort une fois encore pour chasser.
- 32:16Il entre dans un bar, repère un petit groupe.
- 32:19Parmi eux, Tracy Edwards, 31 ans.
- 32:30Il l'aborde, il lui propose de l'argent pour quelques photos,
- 32:34l'invite à boire une bière, lui parle calmement comme à tous les
- 32:38autres. Les amis de Tracy sont censés le
- 32:41retrouver chez Jeffrey un peu plus tard, mais il leur donne
- 32:44une mauvaise adresse. Une fois dans l'appartement,
- 32:47Tracy remarque tout de suite l'odeur.
- 32:50Elle est forte, prenante, presque étouffante.
- 32:54Damer lui, parle d'un problème de canalisation, explique que le
- 32:58plombier doit passer, qu'il ne faut pas s'inquiéter.
- 33:01Tracy reste sur ses gardes mais ne s'alarme pas.
- 33:04L'ambiance est étrange et Tracy ne sait pas encore s'il va faire
- 33:07les photos. Puis une conversation banale
- 33:09autour d'une bière démarre près de l'aquarium.
- 33:13Et c'est à ce moment-là, quand Tracy détourne la tête, que
- 33:17damer change. Il devient nerveux, sort un
- 33:20couteau et menotte Tracy à un poignet.
- 33:23Tracy lui demande ce qui lui prend.
- 33:25Jeffrey tourne en rond, parle tout seul, change de ton en
- 33:29permanence. Il devient agité, imprévisible.
- 33:34À la télévision, un film passe l'exorciste damer le regarde
- 33:39fixement. Fasciné, il demande à Tracy de
- 33:43s'allonger par terre, s'approche, écoute son cœur,
- 33:47puis lui souffle à voix basse qu'il va le manger.
- 33:51Mais Tracy Edwards ? Garde son calme pour survivre.
- 33:55Il observe, il attend-il parvient à le convaincre de le
- 33:59laisser aller aux toilettes. Une fois, 2 fois, il cherche la
- 34:05faille et au bon moment, dans une 2nde de relâchement, il
- 34:09frappe, il s'échappe, il court torse nu dans la rue, toujours
- 34:14menotté, et croise 2 policiers à qui il raconte tout.
- 34:17Au départ, ils hésitent. L'histoire semble étrange.
- 34:21Un homme menotté qui parle d'un fou, de couteaux, d'odeur.
- 34:25Mais il décide tout de même de le suivre jusqu'à l'appartement.
- 34:29Damer ouvre la porte. Il est calme, presque cordial.
- 34:33Il parle d'une dispute entre amis, il n'élève pas la voix, il
- 34:36garde le contrôle. Mais quand les agents fouillent,
- 34:39tout bascule. Dans un tiroir, il trouve des
- 34:42photos polaroid, des images insoutenables, des corps
- 34:47mutilés, découpés, mis en scène. L'un des policiers recule.
- 34:53Blêmi hurle à son collègue de passer les menottes.
- 34:56Immédiatement, l'appartement est bouclé et là, tout s'enchaîne.
- 35:06Dans une armoire, 3 crânes, sur une étagère, 2 cœurs, un foie.
- 35:12Dans des bocaux, des organes conservés dans la Chambre, un
- 35:15baril rempli d'acide avec à l'intérieur 2 torses en train de
- 35:18se dissoudre. Sur une commode, des dizaines de
- 35:22photos classées, rangées, documentées.
- 35:25Le lieu ressemble à un musée morbide organisé avec méthode.
- 35:30Chaque pièce est un fragment d'horreur soigneusement archivé.
- 35:34Et enfin le frigo à l'intérieur, soigneusement placé à côté d'une
- 35:39canette de bière. Une tête humaine parfaitement
- 35:42reconnaissable, celle de Joseph Braderhoft, jeune père de 3
- 35:46enfants. Son corps est retrouvé
- 35:48partiellement décomposé dans la baignoire.
- 35:51Dans ces affaires, on a également retrouvé un croquis.
- 35:54Un projet précis que damer avait en tête.
- 35:56Dessiné en novembre 91, il voulait construire un autel.
- 36:00Pas un symbole religieux, mais un sanctuaire intime réservé à
- 36:04ses souvenirs les plus noirs. Une étagère noire sur laquelle
- 36:07il comptait allier soigneusement les crânes de ses victimes, tous
- 36:10blanchit à la main devant une lampe bleue pour créer une
- 36:15lumière douce. Presque sacré.
- 36:18Et face à cet alignement macabre, une chaise pour
- 36:22s'asseoir, méditer et se souvenir, il avait tout
- 36:26planifié. Il avait même fait des croquis
- 36:28datés du 14 novembre 91 parce que ses corps, une fois
- 36:32neutralisés, ne le jugeaient plus.
- 36:34Il ne le repoussait plus. Il restait là entièrement à lui.
- 36:39L'hôtel n'a jamais été construit, mais dans son esprit,
- 36:42il existait déjà. Au milieu de tout ça, Jeffrey
- 36:53immobile, il ne tente pas de fuir, il ne résiste pas, il ne
- 36:57nie rien, au contraire. Au Poste, il parle pendant des
- 37:01heures et avoue tout, chaque nom, chaque geste, chaque
- 37:05meurtre. Il décrit avec précision les
- 37:07détails les plus glaçants. Et pendant qu'il parle, les
- 37:11enquêteurs découvrent l'ampleur du désastre.
- 37:14Jeffrey damer. Est enfin arrêté.
- 37:41L'arrestation de Jeffrey ammer fait l'effet d'un séisme.
- 37:45Dès la première nuit, les images tournent en boucle,
- 37:48l'appartement sordide, les frigos remplis de restes
- 37:51humains, les beaucoup d'organes alignés, les polaroïd
- 37:55insoutenables, les détails de ces expériences, la Chambre
- 37:59transformée en salle d'opération.
- 38:01Et tout ça dans un immeuble où vivaient des familles, des
- 38:05enfants, des voisins qui, pendant des mois, ont vécu à
- 38:08quelques mètres de l'horreur, sans jamais imaginer ce qui se
- 38:12passait derrière ces murs. Son visage, son calme presque
- 38:16banal ne colle pas à ce que l'on imagine d'un monstre dans les
- 38:19médias. Il parle avec douceur, sans
- 38:22jamais hausser la voix. Il explique, il décrit, il
- 38:25avoue. Et c'est justement ce calme, ce
- 38:27détachement qui glace le sang. l'Amérique découvre alors non
- 38:32seulement l'ampleur des crimes 17 meurtres sur 13 ans, mais
- 38:37surtout la manière dont tout cela a pu se produire dans
- 38:41l'indifférence quasi générale. Les signaux étaient là, les
- 38:45alertes aussi, mais personne n'a bougé et les victimes ont
- 38:48longtemps été invisibles. Certaines familles découvrent la
- 38:51mort de leur fils en voyant sa photo à la télévision, d'autres
- 38:55n'auront même pas de corps à enterrer.
- 38:57Les noms de Konrack, Tony, Joseph, Jeremias ou Oliver
- 39:02commencent à émerger. Mais pendant longtemps, ils
- 39:06étaient juste des disparus, des oubliés.
- 39:21Le procès s'ouvre en janvier 1992.
- 39:23Milwaukee est envahi de journalistes.
- 39:25Tout le pays regarde et dans le box des accusés, Jeffrey damer
- 39:30ne nie rien. Il plaide coupable pour 15
- 39:33meurtres. 2 autres ne sont pas jugés ici.
- 40:14Le premier, celui de Steven Hicks, a été commis dans l'état
- 40:17de l'Ohio et sera traité séparément plus tard.
- 40:21Le 2nd, celui de Steven Tuomi, n'a jamais pu être prouvé
- 40:25matériellement. Aucun corps n'a été trouvé,
- 40:28aucune trace ADN, seulement ses aveux.
- 40:30Il reconnaît chaque fait. Parfois, il entre dans les
- 40:34détails les plus crus, sans la moindre émotion, ni colère, ni
- 40:37remords. Juste une sorte de lassitude.
- 40:42Il dit qu'il ne comprend pas ce qui l'a poussé à agir ainsi,
- 40:45qu'il ne voulait pas faire de mal, qu'il voulait juste que les
- 40:48gens restent avec lui et que le plus dur, c'était le lendemain,
- 40:52le réveil, le silence, l'absence.
- 40:55Il a d'ailleurs volontairement retiré ses lunettes durant le
- 40:58procès. Il expliquera qu'il ne
- 41:00supportait pas l'idée de croiser le regard des familles comme si
- 41:03affrontaient leurs yeux. C'était affronter la réalité de
- 41:06ce qu'il avait fait. Les experts psychiatres, eux,
- 41:08sont partagés. Certains parlent de troubles
- 41:11mentaux profonds, de pulsions impossibles à contrôler.
- 41:15D'autres affirment qu'ils savaient parfaitement ce qu'ils
- 41:17faisaient. Qu'il avait planifié, nettoyé,
- 41:21dissimulé et qu'il était donc pleinement responsable de ces
- 41:25actes. La Cour le juge responsable de
- 41:27ces crimes. Il est condamné à 15 peines de
- 41:30prison à vie, soit 957 ans derrière les barreaux.
- 41:34Il sera incarcéré au Columbia Correctional institution.
- 41:38À portage dans le Wisconsin. J'ai fait ce que j'ai fait, non,
- 41:42pour des raisons de haine. Je ne hais personne.
- 41:44Je crois que j'étais malade ou fou, ou laid. 2 je crois
- 41:47vraiment que je suis malade. Les médecins m'ont parlé de
- 41:50cette maladie. Maintenant, je suis en paix.
- 41:52D'ailleurs, après sa condamnation à Milwaukee, l'état
- 41:55de l'Ohio a engagé une procédure séparée pour le meurtre de
- 41:58Steven X même si damer avait déjà été condamné à la prison à
- 42:03vie, il a plaidé coupable là aussi.
- 42:05Mais ça n'a rien changé à sa peine.
- 42:07À la sortie du verdict, les chaînes d'info repassent en
- 42:10boucle les mêmes images, dameur, assis, impassable, les visages
- 42:16bouleversés des familles, les cris, les larmes.
- 42:37La vidéo de la sœur d'Ehroll Lindsey, qui explose de colère
- 42:40dans la salle d'audience devient virale.
- 42:42Et pendant que les médias se disputent les scoops, pendant
- 42:45que certains exploitent déjà l'affaire pour vendre des
- 42:48livres, des films, des interviews, les familles, elles,
- 42:52attendent des réponses. Pourquoi la police n'a pas réagi
- 42:56plus tôt ? Pourquoi on n'a pas cru les
- 42:58voisins ? Pourquoi un garçon de 14 ans ?
- 43:01A été rendu à son agresseur malgré les alertes.
- 43:05Pourquoi il a fallu 17 morts pour que quelqu'un se lève
- 43:08enfin. Face à tout cela, Jeffrey damer
- 43:12ne s'est jamais défendu. Il n'a pas crié, il n'a pas
- 43:15pleuré, il n'a pas supplié, il n'a même pas vraiment expliqué.
- 43:20Il est resté figé, comme absent, comme s'il avait déjà quitté le
- 43:25monde. Après son procès, Jeffrey damer
- 43:35devient l'un des détenus les plus surveillés du pays.
- 43:39Les gardiens craignent qu'il mette fin à ses jours ou qu'un
- 43:42autre prisonnier s'en charge à sa place.
- 43:44Il est donc placé à l'isolement. Il passe ses journées à lire la
- 43:49Bible, parle avec des pasteurs, finit même par se faire
- 43:53baptiser. Il dit qu'il veut changer ou du
- 43:55moins trouver un peu de paix, mais c'est flou.
- 43:59On sait pas ce qu'il cherche, ni si c'est vraiment sincère.
- 44:02Petit à petit, il reçoit du courrier, des lettres de haine
- 44:05bien sûr, mais aussi d'étranges messages d'admiration.
- 44:08Des gens lui envoient de l'argent, des photos, des petits
- 44:12cadeaux. Certains le voient comme un
- 44:15monstre, d'autres comme une âme torturée.
- 44:18Et à l'extérieur, l'affaire continue de faire parler.
- 44:21Les infos tournent en boucle, des films sont en préparation,
- 44:25le marché noir s'emballe. Des collectionneurs cherchent à
- 44:28acheter n'importe quel objet lié à damer.
- 44:30Même l'immeuble où ils vivaient est complètement démoli.
- 44:34Il est rasé, comme si on voulait effacer ce qui s'était passé là.
- 44:38En 1994, damer est transféré dans une autre unité, un peu
- 44:41moins sécurisée. Il commence à travailler au
- 44:44ménage avec 2 autres détenus. Le 28 novembre, à 08h00 du
- 44:48matin, les 3 hommes sont envoyés nettoyer les douches communes,
- 44:51sans surveillance. 15 Min plus tard, les gardiens retrouvent
- 44:59damer au sol. Il a été frappé à la tête avec
- 45:03une barre en métal. Il est emmené à l'hôpital,
- 45:07inconscient. Il meurt 1 h plus tard, à 34
- 45:11ans. Jessie
- 45:23Anderson, le 3e homme, est lui aussi grièvement blessé.
- 45:26Il mourra peu après. Celui qui l'a tué s'appelait
- 45:31Christopher Scarver. Un détenu déjà incarcéré à vie
- 45:35pour meurtre. Il dira avoir agi seul, mais pas
- 45:38sur un coup de tête. Il dira plus tard qu'il ne
- 45:41regrette rien, que tout s'ait joué dans cette salle de bain en
- 45:44quelques minutes, selon ses propres mots, damer l'agaçait
- 45:48profondément. Il raconte que dans les semaines
- 45:51qui ont précédé le drame, damer s'était mis à faire des blagues.
- 45:54Look, il modelait des faux bras avec de la purée.
- 45:59Les recouvrais de ketchup imitaient, les cris de ses
- 46:01victimes rigolaient tout seuls. Des gestes jugés choquants par
- 46:05plusieurs autres détenus mais que les surveillants semblaient
- 46:09ignorer. Scarver racontera que damer
- 46:12avait l'air protégé. Il disait même que certains
- 46:15gardiens le traitaient différemment comme une
- 46:18curiosité. Un tueur célèbre mais au fond,
- 46:22ce qui l'a vraiment poussé à agir, c'est ce qu'il appelait
- 46:25l'injustice permanente. Scarver était noir et comme
- 46:29beaucoup d'autres détenus, il avait remarqué que la majorité
- 46:32des victimes de damer étaient issues de minorités.
- 46:35Il dira plus tard dans une interview, il n'y avait aucune
- 46:38justice pour ces familles. C'était comme si ces vies ne
- 46:41comptaient pas. Il parle aussi de sa foi
- 46:44religieuse, d'un besoin de faire payer quelqu'un qui, selon lui,
- 46:48n'avait jamais vraiment été puni.
- 46:50À ce jour, la version de Scarver reste la seule officiellement
- 46:54connue. La prison n'a jamais confirmé
- 46:56les détails. L'enquête a été rapidement
- 46:59classée. On ne saura jamais s'il a
- 47:01vraiment agi seul, ni si les gardiens ont fermé les yeux.
- 47:04Mais ce qui est sûr, c'est que cette mort a relancé toutes les
- 47:07questions sur le traitement médiatique de damer, sur sa
- 47:11place en prison et sur ce que sa célébrité disait d'une société
- 47:15fascinée par les monstres mais bien moins attentive à ceux
- 47:18qu'ils ont détruit. Même après sa mort, l'affaire
- 47:28damer continue de faire scandale.
- 47:30Car au-delà de l'horreur des crimes, c'est toute une chaîne
- 47:32de dysfonctionnements qui refait surface. 2 policiers, John
- 47:36Balzersac et Joseph Gavrischt, sont au cœur de la polémique.
- 47:40Ce sont eux qui, en mai 91, avaient rendu Konrak
- 47:42sintasomphon à son agresseur alors que plusieurs témoins
- 47:46alertaient sur son État. Les 2 agents sont renvoyés pour
- 47:49faute grave après l'affaire. Mais seront réintégrés quelques
- 47:54années plus tard. Après appel, balzarzac ira même
- 47:57jusqu'à devenir président du syndicat de police de Milwaukee.
- 48:00Un enregistrement de leur intervention est diffusé dans
- 48:03les médias. On y entend les 2 agents
- 48:05plaisanter à la radio sur la dispute de couples gays en se
- 48:09moquant de ce qu'ils viennent de vivre.
- 48:10Des propos jugés homophobes par de nombreuses associations qui
- 48:14parlent alors d'un échec institutionnel dramatique.
- 48:17Parce que, au fil des semaines, la colère monte.
- 48:20Des militants LGBTQ plus et afro-américains dénoncent un
- 48:22système qui n'a pas su protéger les victimes, en grande majorité
- 48:25noir, hispanique ou asiatique, souvent jeune, parfois sans
- 48:30domicile, souvent marginalisé. Une phrase revient dans
- 48:35plusieurs tribunes, si ces garçons avaient été blancs,
- 48:37issus de bons quartiers, on les aurait écoutés.
- 48:39Un ancien élu local de Milwaukee déclara même dans un journal, Ce
- 48:44n'est pas seulement une affaire de Serial killer, c'est une
- 48:47affaire de négligence. De racisme et d'homophobie
- 48:52institutionnelle. Jeffrey Amer est incinéré, ses
- 48:56cendres sont partagées entre ses parents, mais même après sa
- 48:59mort, les tensions continuent. Sa mère veut faire don de son
- 49:03cerveau à la science pour qu'on essaie de comprendre ce qui a pu
- 49:06se passer dans sa tête. Son père lui refuse
- 49:09catégoriquement, il veut qu'on laisse son fils reposer en paix.
- 49:12Un juge tranche, le cerveau est incinéré, pas de tombes, pas de
- 49:17plaques, pas de lieu de mémoire. Juste l'envie d'oublier ou de
- 49:21comprendre et pour beaucoup, les 2 à la
- 49:45fois. Mais c'est entre 90 et 91 que
- 49:50tout s'emballe. Une spirale de violence
- 49:52incontrôlable. 17 victimes, toutes jeunes, presque toutes
- 49:56issues de minorités. Beaucoup venaient juste pour
- 49:59quelques photos, un billet, mais aucun ne savait ce qu'il
- 50:03attendait. Pas de mystère, pas de mobile,
- 50:06pas d'énigme, juste l'horreur pure.
- 50:07Une série de crimes qui fait de Jeffrey damer l'un des tueurs en
- 50:12série Les plus terrifiants de l'histoire contemporaine.
- 50:20Je vous remercie de m'avoir suivi sur cette histoire.
- 50:22Je pense que c'est l'une des plus connues du monde criminel,
- 50:25du moins l'une des plus sordides et terrifiantes.
- 50:28C'est pas l'une des plus simples que ça soit pour l'écriture et
- 50:31même je pense pour la regarder parce que c'est quand même assez
- 50:34dur, mais elle est quand même importante.
- 50:36Et encore une fois, ça nous permet de nous replonger dans
- 50:38les années dans dans dans l'époque en fait.
- 50:40Et de de de comprendre un petit peu ce qui a pu se passer.
- 50:42J'espère que cette vidéo vous aura plu.
- 50:44Le meilleur soutien pour me le faire comprendre, c'est de vous
- 50:46abonner à la chaîne bien évidemment.
- 50:47Merci à ceux qui nous écoutent en format Podcast, je vous le
- 50:50rappelle sur Deezer sur Apple Podcast sur Spotify et je vous
- 50:53le rappelle en description, vous avez un lien pour pouvoir
- 50:55profiter de l'offre de nord VPN ?
- 50:57Merci encore une fois, à eux de sponsoriser la vidéo.
- 50:59On se retrouve pour une prochaine enquête, c'était
- 51:01néoxy.