Latest / Lemedia.immo / Comprendre les enjeux économiques et immobiliers en 2025 – Table ronde avec Paul Cholet
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- 0:02fans de crédit en partenariat avec la fédération du courtage en crédit bonjour à toutes et à tous bienvenue sur cette nouvelle table ronde des fans du crédit organisé
- 0:16en partenariat avec le média immo par la fédération du courtage en crédit aujourd'hui on va parler économie alors pourquoi économie parce que l'économie est à la base aussi de la finance d'ailleurs on est partie intégrante totale.
- 0:29Et puis parce que la culture économique parfois échappe aussi aux intermédiaires,
- 0:36mais également à beaucoup de la personne de la population française.
- 0:41On a une vraie carence sur cette dimension et cette connaissance.
- 0:45Pour en parler avec moi,
- 0:47j'ai le plaisir,
- 0:48mais vraiment le grand plaisir d'accueillir Paul Cholet,
- 0:51chef économiste sur Arkea.
- 0:53Bonjour Bruno.
- 0:56Crédit Mutuel aussi,
- 0:57c'est le groupe.
- 0:59et donc Paul va se présenter un peu plus et puis je vais vraiment profiter de sa présence pour pouvoir effectivement vous donner quelques tips quelques repères sur la période actuelle qui est loin d'être facile alors effectivement les événements depuis ces dernières années on en vit dans tous les sens des choses inconnues inédites Covid guerre qui reprennent la porte
- 1:22un peu la déstabilisation économique et on rebat les cartes du monde économique international dans tous ces éléments-là.
- 1:31Et 2024,
- 1:32on a l'impression que ça s'intensifie.
- 1:34Donc,
- 1:36beaucoup de ces sujets se télescopent.
- 1:37Paul,
- 1:39il faut bien en commencer par un.
- 1:40Où est-ce qu'on en est sur les sujets de croissance en France,
- 1:44en Europe ?
- 1:45Et dans le monde.
- 1:46Et dans le monde.
- 1:47Finalement,
- 1:48ce qu'on constate aujourd'hui,
- 1:49Bruno,
- 1:49c'est que les marchés financiers sont,
- 1:51on le sait,
- 1:52mais principalement dictés par la politique américaine.
- 1:55Et avec Donald Trump,
- 1:56on est servi,
- 1:57évidemment,
- 1:57puisqu'on a du mal,
- 1:59en tous les cas,
- 1:59à lire à moyen terme ce que veut le président Trump.
- 2:02Et donc,
- 2:03les marchés réagissent.
- 2:04Les marchés réagissent à la baisse de manière peu classique,
- 2:07et je vais y revenir.
- 2:09Mais ce qui est sûr,
- 2:10c'est que ça crée quoi ?
- 2:10Ça crée de l'incertitude.
- 2:11Ça crée de l'incertitude pour...
- 2:13les investisseurs,
- 2:14mais aussi pour les ménages,
- 2:15les particuliers et puis pour les entreprises.
- 2:17Donc,
- 2:18dans ce contexte-là,
- 2:19en général,
- 2:20qu'est-ce qui se passe face à l'incertitude ?
- 2:22Eh bien,
- 2:23on reporte ces achats.
- 2:26Et donc,
- 2:26si on prend beaucoup de recul,
- 2:28quelles sont les dernières institutions qui ont délivré leur prévision de croissance mondiale ?
- 2:32Le FMI,
- 2:33l'OCDE et encore récemment la Banque mondiale.
- 2:36Et ces trois institutions ont massivement révisé à la baisse leur perspective de croissance mondiale.
- 2:42Pour 2025.
- 2:43Donc finalement,
- 2:43ce n'est pas autour de 3%
- 2:45de croissance mondiale qu'on aura en 2025,
- 2:47mais plutôt autour de 2,5%.
- 2:49Et 2,5%,
- 2:51quand est-ce qu'on a eu un si mauvais chiffre ces dernières années ?
- 2:53Eh bien,
- 2:54pendant le Covid et pendant la crise de Lehman.
- 2:57Donc en fait,
- 2:57depuis 25 ans,
- 2:59on a eu seulement deux années de pire croissance que celle qui est prévue par le FMI cette année,
- 3:03donc en dessous de 3%.
- 3:05Et ça,
- 3:06c'est évidemment un signe qu'aujourd'hui,
- 3:09il y a énormément de turbulences.
- 3:11Donc je rappelle,
- 3:12quand le président Trump annonce des droits de douane réciproques pour l'ensemble de la planète et que quelques jours plus tard,
- 3:17il rétropédale,
- 3:18ça rassure les marchés financiers,
- 3:20mais aucunement les investisseurs qui ont besoin de visibilité.
- 3:24Alors oui,
- 3:25on a parlé de ce dictat,
- 3:28même s'il est dans les fêtes seulement des États-Unis.
- 3:33On a quand même des puissances qui aujourd'hui veulent émerger et peser lourdement sur le secteur économique.
- 3:39La Chine,
- 3:40première puissance mondiale théorique,
- 3:42en tout cas dans l'économie,
- 3:44on voit son incidence.
- 3:45Et puis des anciens grands qui essayent de se réveiller,
- 3:48qui avaient été rétrogradés dans l'échelle mondiale et qui veulent essayer de nouveau de peser.
- 3:55Est-ce que c'est vraiment encore les États-Unis,
- 3:57par leur position et la force,
- 3:59y compris militaire,
- 4:00qui peuvent imposer ?
- 4:01Ou est-ce que vraiment on est en train de vivre une bascule du rapport de force économique mondial ?
- 4:08On a un rapport de force qui a déjà commencé à basculer depuis 20 ans avec le poids de la Chine dans l'économie mondiale qui ne cesse de progresser.
- 4:15Aujourd'hui,
- 4:16en jugé par la capacité militaire de la Chine,
- 4:19et c'est bien ce qui inquiète quelque part,
- 4:20on a un fort rapprochement avec les États-Unis et finalement une menace sur l'OTAN notamment.
- 4:25Et on a aussi ce rapprochement entre la Russie et la Chine qui inquiète.
- 4:29Donc les États-Unis...
- 4:31Avec finalement le développement du commerce mondial,
- 4:34cette montée de la Chine mais aussi de ses voisins et plus proches idéologiquement,
- 4:40on a bien un président Donald Trump qui cherche à contrecarrer un petit peu ces avancées-là et qui annonce donc des draps de douane sur les pays émergents principalement.
- 4:49Puisque finalement,
- 4:50les pays émergents,
- 4:51c'est vrai,
- 4:51profitent de leur statut et imposent des droits de douane aux pays avancés qui sont largement plus importants que la réciproque.
- 4:58Mais le président Trump en profite pour balayer tout le spectre de ses partenaires commerciaux,
- 5:03y compris les pays avancés et y compris la zone euro.
- 5:06Là,
- 5:06on est plutôt dans la géopolitique et géoéconomie politique.
- 5:12Il y a un sujet quand même qui revient,
- 5:14qui semble être un petit peu maltraité en ce moment parce qu'il y a des urgences.
- 5:17de préoccupation,
- 5:18mais c'est toute l'évolution et des incidences du climat.
- 5:24Est-ce qu'au niveau de l'économie mondiale,
- 5:28les économies émergentes,
- 5:29on va les appeler comme ça,
- 5:31elles en bénéficient ou au contraire,
- 5:33elles sont à la traîne et elles essayent de compenser dans le deal qu'elles passent avec les grandes puissances ?
- 5:39Non,
- 5:39malheureusement,
- 5:39les économies émergentes dépendent des économies avancées en matière de climat,
- 5:43tout simplement parce que les pays avancés ce sont
- 5:46engagé à reverser chaque année un montant relativement important à ces économies émergentes de manière à ce qu'elles se décarbonent.
- 5:56Et le président Trump étant arrivé au pouvoir,
- 5:58vous le savez,
- 5:58mais a mis fin à cette aide internationale américaine,
- 6:02ce qui rend les pays émergents encore plus dépendants des autres partenaires.
- 6:05Mais ces mêmes partenaires aujourd'hui ont des contraintes,
- 6:08notamment l'Europe de dette publique.
- 6:09On peut penser à la France.
- 6:11Et finalement,
- 6:11on se retrouve aujourd'hui avec des pays émergents qui,
- 6:13face au réchauffement climatique.
- 6:15ont moins de moyens que ce qu'on pouvait espérer.
- 6:18Et donc ça,
- 6:18évidemment,
- 6:19in fine,
- 6:19c'est mauvais pour la planète,
- 6:21puisque ça va conduire à un risque de transition plus élevé dans les années à venir.
- 6:25Oui,
- 6:26parce qu'effectivement,
- 6:26il va y avoir des urgences là,
- 6:27pour le coup,
- 6:28on ne pourra pas passer à côté.
- 6:30Alors,
- 6:30avec ces sujets de changement climatique,
- 6:32on va associer aussi une autre donnée économique qu'on oublie souvent,
- 6:36en tout cas dans l'esprit,
- 6:38parce que l'économie,
- 6:39c'est souvent la finance dans la tête des gens,
- 6:41c'est la partie emploi.
- 6:44on a parlé de ces migrations potentielles ou en tout cas on les a sous-entendues la dépendance des uns et des autres est-ce qu'on peut vraiment toujours lier croissance emploi dans ce contexte qui est une fois encore inédit ?
- 6:59Alors à l'échelle globale effectivement ça a quand même plutôt tendance à fonctionner quand on prend un peu de recul il y a une loi théorique c'est la loi de Kuhn qui va relier l'évolution de l'activité
- 7:10et le chômage,
- 7:10et quand l'activité évolue,
- 7:12donc quand la croissance est là en général,
- 7:14le chômage a plutôt tendance à baisser.
- 7:16La question c'est quelles sont les dynamiques jointes de la croissance et de l'emploi.
- 7:20Si la croissance croît plus vite que l'emploi,
- 7:23on fait des gains de productivité,
- 7:24si c'est l'inverse,
- 7:25on a plutôt une perte de productivité,
- 7:28c'est ce qui s'est passé en zone euro,
- 7:30et particulièrement en France ces dernières années,
- 7:33puisqu'on a plutôt eu tendance à perdre de la productivité par rapport à la tendance 2010-2019.
- 7:39Donc finalement le contenu en emploi de notre croissance ces dernières années était un peu trop fort et dans ce contexte là c'est plutôt normal qu'en 2025 et probablement en 2026-2027 on ait une sorte de correction,
- 7:51à savoir une croissance dont le contenu en emploi est un petit peu moins fort mais finalement des gains de productivité et des tensions inflationnistes qui devraient être un petit peu moins fortes donc dans les années à venir.
- 8:02Mais finalement,
- 8:02ce qu'on fait là,
- 8:03c'est qu'on est en train de se rapprocher de la zone euro et sur les perspectives de croissance en zone euro.
- 8:08Eh bien,
- 8:08le message sur le premier semestre,
- 8:10il est assez compliqué en tous les cas à lire parce que Donald Trump,
- 8:14avec ses droits de douane annoncés,
- 8:16a créé une forte distorsion du commerce international.
- 8:19Et quand on regarde dans le détail les chiffres de croissance du premier semestre,
- 8:23on a des exportations qui ont été très vigoureuses de la part des pays de la zone euro vers les États-Unis.
- 8:29Aux États-Unis,
- 8:29c'est complètement l'inverse.
- 8:30On n'a jamais eu autant d'importations qu'au premier trimestre.
- 8:33Et puis,
- 8:33ça va encore se répéter au début du deuxième trimestre.
- 8:37Et finalement,
- 8:38ce qui crée une contraction,
- 8:41une récession,
- 8:42pas une récession,
- 8:43mais une contraction de l'activité au premier trimestre aux États-Unis.
- 8:45Et puis,
- 8:46un premier trimestre assez exceptionnel en zone euro,
- 8:47puisque la croissance au premier trimestre a été de 0,6%,
- 8:51un rythme de croissance qu'on n'avait pas connu depuis 2022.
- 8:54Mais en fait,
- 8:54dans le détail,
- 8:55c'est tiré,
- 8:56je le redis,
- 8:56par le commerce extérieur et quelques pays à l'image de l'Irlande.
- 8:59Donc on sent bien que les chiffres aujourd'hui sont difficiles à lire.
- 9:02Mais la réalité,
- 9:03c'est que ça va du coup corriger dans les trimestres à venir,
- 9:07puisque ces exportations n'auront pas lieu dans les trimestres à venir,
- 9:10puisqu'elles ont déjà été réalisées.
- 9:13Donc la question,
- 9:13c'est plutôt la confiance.
- 9:15Est-ce que les agents ont confiance dans l'avenir ?
- 9:17Est-ce qu'ils sont aujourd'hui en capacité d'investir et de consommer ?
- 9:22Et là,
- 9:22le constat est plutôt assez décevant,
- 9:24si je puis dire,
- 9:25puisque la consommation de biens en France,
- 9:27par exemple,
- 9:28recule.
- 9:29Je dis bien recule depuis 2019,
- 9:31c'est bien la consommation de services qui vient un petit peu tirer la consommation dans son ensemble.
- 9:36Et puis du côté de l'investissement,
- 9:38il y a une crise immobilière qui est forte.
- 9:41Et les entreprises,
- 9:42elles aussi,
- 9:43investissent un peu moins qu'à l'accoutumée.
- 9:45Donc,
- 9:46est-ce que les baisses de taux de Christine Lagarde vont suffire à redynamiser l'économie européenne dans son ensemble au deuxième semestre ?
- 9:54Sur la zone euro,
- 9:55il y a des signes qui laissent penser que,
- 9:57plutôt oui,
- 9:58on a un redémarrage du crédit.
- 10:00Sur la France,
- 10:00malheureusement,
- 10:01ces signes sont moins évidents,
- 10:03puisque en parallèle de cette incertitude internationale,
- 10:07on a une crise politique qui a été très forte en 2024.
- 10:10Qui reste à se déclare en 2025,
- 10:13évidemment un budget à faire voter pour 2026 qui s'annonce plutôt pas évident.
- 10:18Plutôt chaud effectivement en discussion.
- 10:20Alors tu as commencé à l'aborder sur la connexion et le rapprochement sur la zone euro,
- 10:26etc.
- 10:28Bien évidemment,
- 10:29on a vu que ces histoires de confiance,
- 10:32elles sont indispensables,
- 10:34notamment pour l'investissement.
- 10:35Après,
- 10:36il y a aussi un impact consommation.
- 10:40On peut aussi rapprocher peut-être d'un phénomène de bascule.
- 10:44On a toute une génération qui commence à prendre conscience de circuits courts,
- 10:49d'éco-responsabilité par rapport à ça.
- 10:51On voit bien le bashing qui est fait sur le fast fashion et tout ça.
- 10:55Donc,
- 10:56est-ce que de ton point de vue ou de ce que vous remarquez,
- 10:59vous les économistes,
- 11:01on a une tendance lourde ou ça peut éventuellement s'apparenter à un épiphénomène ?
- 11:06Non,
- 11:06on a une tendance de déconsommation,
- 11:08notamment de viande,
- 11:09on le sait structurellement depuis plusieurs années.
- 11:12En cycling ?
- 11:13Voilà,
- 11:13exactement,
- 11:15et c'est plutôt bien,
- 11:16puisque là pour le coup,
- 11:17quand on regarde le contenu de la croissance en carbone et non pas en emploi,
- 11:20on a une croissance qui globalement tend à se décarboner,
- 11:22donc c'est plutôt bien,
- 11:24juste ça ne va pas assez vite par rapport à notre engagement qu'on a pris en 2015 lors des accords de Paris,
- 11:29je rappelle,
- 11:30mais horizon 2100,
- 11:31limiter le réchauffement de la planète à 2°C et si possible
- 11:351,5°C.
- 11:35Malheureusement,
- 11:36aujourd'hui,
- 11:37on est déjà très proche de 1,5,
- 11:38donc on sait bien qu'on n'atteindra pas cet objectif-là.
- 11:41Mais toujours est-il qu'on a un changement de comportement de consommation,
- 11:44des véhicules électriques qui sont évidemment en forte croissance,
- 11:48malgré le contexte international et la position de Tesla qui est un petit peu moins bonne qu'est-ce qu'elle n'était il y a quelques temps.
- 11:54Globalement,
- 11:55tout ça va quand même plutôt dans le bon sens.
- 11:58Mais cette trajectoire,
- 11:59je le redis,
- 12:00est remise en cause par le président Trump.
- 12:04Et nous,
- 12:04en Europe...
- 12:05Pour le moment,
- 12:06on tient la barre,
- 12:06mais on est une des dernières économies qui ne change pas ses objectifs.
- 12:11On aura d'ailleurs en novembre 2025,
- 12:14donc à la fin de l'année,
- 12:17les rencontres de Rio.
- 12:19Donc à nouveau une COP qui est très attendue,
- 12:22puisque c'est à cette occasion-là que les pays qui ont ratifié les accords de Paris,
- 12:27tous les cinq ans... ...
- 12:28ont aménagé leurs engagements.
- 12:30Voilà,
- 12:31tous les...
- 12:31tous les cinq ans,
- 12:32donc 2015,
- 12:332020,
- 12:332025.
- 12:34Donc de nouveau,
- 12:35on peut revoir ces engagements,
- 12:37mais toujours de manière à rapprocher nos économies d'un réchauffement qui se limite à 2 degrés.
- 12:42Est-ce qu'une économie,
- 12:44et on passera après plus sur le sujet financier,
- 12:47parce qu'il y a des intermédiaires bancaires,
- 12:49donc ils vont être plus intéressés par le sujet financier,
- 12:51mais pour en finir avec ça,
- 12:52est-ce que dans cette économie européenne qui s'est largement désindustrialisée au sens large,
- 12:59la France est un exemple caricatural,
- 13:00mais
- 13:01pas que,
- 13:02par rapport à des grands consommateurs d'industrie que sont l'Asie du Sud-Est ou les États-Unis,
- 13:09le sujet climatique,
- 13:10on voit bien que les États-Unis sont sortis des accords,
- 13:13la Chine menacée éventuellement aussi,
- 13:15même s'ils font des efforts en interne.
- 13:18Est-ce que ça,
- 13:18c'est de nature à pouvoir accélérer,
- 13:21comme on le disait,
- 13:22une bascule ?
- 13:24Alors,
- 13:24soit un clivage,
- 13:25soit une bascule avec la création de blocs.
- 13:29qui seront presque belliqueux entre eux.
- 13:34Oui,
- 13:34je le pense sincèrement.
- 13:35Effectivement,
- 13:36on a des pays tels que la Chine qui est aujourd'hui au niveau international,
- 13:40sans vouloir prendre le lead,
- 13:41et d'ailleurs dénonce auprès de l'OMC ce que le président Donald Trump fait actuellement sur les droits de douane.
- 13:47On a un peu la même chose sur le climat.
- 13:49Donc là aussi,
- 13:50on retrouve des blocs.
- 13:51Et finalement,
- 13:52la composition de ces blocs est assez mouvante.
- 13:55L'intérêt des pays du Sud est évidemment aujourd'hui plutôt d'obtenir des financements de la part des pays du Nord.
- 14:02Et finalement,
- 14:02il y a plutôt une convergence de ces pays pour avoir une position qui est plutôt anti-américaine.
- 14:09Et sur le climat,
- 14:10on retrouve finalement ces positions-là également.
- 14:12Donc on a vraiment une mouvance de ces blocs internationaux.
- 14:17Et la position des Européens est parfois assez difficile à lire.
- 14:22Oui,
- 14:22parce que...
- 14:2327 personnes et 27 pays à manipuler,
- 14:26ce n'est pas toujours évident.
- 14:28Donc,
- 14:28comme je l'ai dit,
- 14:29on va plutôt se recentrer à partir de la bulle financière,
- 14:34bien qu'elle soit directement impactable et impactée par le sujet économique et géopolitique.
- 14:42On parlait de taux.
- 14:43La Banque centrale,
- 14:44effectivement,
- 14:45Christine Lagarde et le comité des gouverneurs de Banque centrale Ah
- 14:51ont prononcé tout récemment la huitième baisse consécutive.
- 14:55On est à 2%,
- 14:56si je me souviens bien,
- 14:57de taux de directeur principal.
- 15:01On entend dire que ça pourrait être la fin d'une série.
- 15:07C'est vrai qu'aujourd'hui,
- 15:07on est sur ce fameux point mort dont Ville-le-Roi-de-Gallo parlait à un moment.
- 15:13C'est-à-dire inflation toute proche de 2,
- 15:15et d'ailleurs,
- 15:15je pense qu'elle doit être à 2,
- 15:17et les 2%
- 15:18de taux de refi.
- 15:19donc
- 15:20Voilà,
- 15:21on étale la mission.
- 15:23Je l'ai commenté il n'y a pas longtemps dans un article,
- 15:25j'ai dit un peu vulgairement,
- 15:27j'ai dit la Banque Centrale a décidé qu'elle avait fait le job et maintenant au marché de faire le suite.
- 15:32C'est un peu ça qui se présente ?
- 15:34C'est un peu ça.
- 15:34Alors la Banque Centrale se montre aussi prudente puisque
- 15:37Christine Lagarde déjà dans ses projections en décembre puis en mars encore de manière plus significative avait mis en avant l'extraordinaire incertitude qui régne aujourd'hui sur les marchés.
- 15:48et mis en avant la capacité de la Banque Centrale Européenne face à cette incertitude à réagir vite.
- 15:54Donc ces mots de mars aujourd'hui résonnent encore.
- 15:57On sait bien que si le président Trump d'ici début juillet finalement réannonçait des droits de douane vis-à-vis de l'Europe,
- 16:05puisqu'on rappelle que la date du 9 juillet doit être ancrée quand même dans les esprits,
- 16:09et on pourrait avoir une bascule à nouveau des marchés après ce 9 juillet si finalement peu ou pas d'accords étaient trouvés entre Européens et Américains.
- 16:17On aurait une remontée des droits de douane à priori immédiate à 20%
- 16:21des États-Unis vis-à-vis de l'Union européenne.
- 16:24Et donc ça,
- 16:25ça générerait quoi ?
- 16:26Des effets sur les prix et probablement même des effets sur les taux.
- 16:31Et du coup,
- 16:32Christine Lagarde ne serait pas insensible à ça lors de sa réunion de juillet.
- 16:35Donc voilà pourquoi,
- 16:37certes,
- 16:38elle annonce une pause,
- 16:38elle cherche à rassurer tout le monde,
- 16:40mais elle reste très attentive à deux choses,
- 16:42ce qui va se passer du côté des droits de douane.
- 16:44Et ce que fera aussi son homologue Jérôme Powell du côté de la réserve fédérale américaine,
- 16:49puisque si Jérôme Powell commence à baisser ses taux,
- 16:52ce qu'il devrait faire lui aussi au deuxième semestre,
- 16:54on attend 4 baisses de taux dans le marché de 25 points de base.
- 16:57Donc le taux directeur américain,
- 16:59la fourchette haute,
- 17:00va passer de 4,5 à 3,5 d'ici un an selon le marché.
- 17:04Donc si Jérôme Powell fait ça,
- 17:05ça va redonner un petit peu de capacité à la BCE éventuellement à refaire une voire deux baisses de taux au deuxième semestre.
- 17:12mais après ce qui est possible aussi
- 17:14Et ce qu'on commence normalement,
- 17:16les études démontrent que du côté des États-Unis,
- 17:19on devrait avoir un retour de l'inflation avec les droits de douane.
- 17:22Donc une capacité de Jérôme Powell à baisser ses taux qui va peut-être être très limitée.
- 17:27Et dans ce contexte-là,
- 17:28peut-être que Christine Lagarde sera prudente dans ces nouvelles baisses de taux.
- 17:33Même si le président Trump,
- 17:34visiblement,
- 17:35piaffe et tape du pied devant le siège de la Fed pour qu'enfin on se décide à baisser les taux.
- 17:43On se ressent un peu plus sur la France.
- 17:47Normalement,
- 17:48j'ai beaucoup lu,
- 17:49je ne suis pas toujours d'accord,
- 17:50mais on a beaucoup lu que si la Banque centrale européenne a baissé à 2%,
- 17:55normalement,
- 17:55c'est un bon signe pour les investissements,
- 17:57etc.
- 17:58Alors oui,
- 17:59sur le refi,
- 18:00avec une particularité pour la France,
- 18:01c'est qu'on prête largement,
- 18:03en tout cas pour les particuliers à taux fixe.
- 18:06Et là,
- 18:06on a un deuxième curseur qu'on surveille tous,
- 18:09c'est la dette souveraine.
- 18:11Et l'OAT 10 ans,
- 18:13le TEC 10 ans,
- 18:14dans tous les cas,
- 18:15pour pouvoir regarder un peu ce qui se passe.
- 18:19Est-ce que les économistes,
- 18:21qui ne sont pas décideurs de la stratégie des banques,
- 18:23mais est-ce que dans leur impact et dans leurs recommandations,
- 18:27il y a une notion de prudence qui continue de prévaloir ?
- 18:31sur,
- 18:32ben voilà,
- 18:33moi je m'engage et je prête sur 20 ans,
- 18:34même si on sait que la duration moyenne,
- 18:36elle est de l'ordre de 7-8 ans,
- 18:38sur les prêts immobiliers en résidence principale en tout cas.
- 18:41Mais en l'occurrence,
- 18:42est-ce qu'on est plutôt serein ?
- 18:44Est-ce que ça redonne confiance ?
- 18:46Ou on reste très très attentif ?
- 18:49Les pièces de taux de la Banque Centrale Européenne,
- 18:51elles étaient nécessaires de manière déjà un petit peu dégripper le marché,
- 18:55puisque notamment sur les taux immobiliers,
- 18:57on est passé de taux autour de 4,2%
- 19:00à...
- 19:003%,
- 19:02donc baisse de 200 points de base finalement des taux courts,
- 19:05répercussion de 120 points de base sur les taux longs,
- 19:08donc ça c'était quand même plutôt positif.
- 19:11Mais ce qui est vrai c'est qu'aujourd'hui nous on est prudent,
- 19:14d'abord parce que quand on se refinance sur les marchés il y a aussi la valeur intrinsèque du secteur bancaire dans son ensemble,
- 19:23et lui il est plutôt challengé par le contexte conjoncturel.
- 19:28européen français qui est pas si bon que cela on sait bien que les faillites d'entreprises notamment en france ont plutôt explosé on peut le dire puisqu'on a un niveau record en ce moment de dire que le coût du risque augmente et mécaniquement et bien les banques ont besoin aussi de répercuter une partie de cette hausse du coût du risque et bien dans les noms les taux qu'elle qu'elle qu'elle s'octroie aux entreprises aux particuliers c'est tout à fait logique et du Du coup,
- 19:55du point de vue des taux longs,
- 19:56la question qui se pose,
- 19:57c'est est-ce que les taux...
- 19:58vont baisser un petit peu avec ces toutes dernières baisses de taux de Christine Lagarde,
- 20:02ou est-ce qu'au contraire,
- 20:04on va stagner,
- 20:05voire remonter ?
- 20:07Et nous,
- 20:08notre sentiment,
- 20:09c'est que l'OAT aujourd'hui est à 3,2%.
- 20:13Notre sentiment,
- 20:13c'est qu'elle devrait légèrement s'apprécier dans les mois à venir et non pas baisser.
- 20:18Pourquoi ?
- 20:19Parce que les émissions de dette souveraine au niveau de la zone euro explosent.
- 20:23On a des plans qui sont annoncés.
- 20:24Des plans de réarmement,
- 20:26de transition écologique.
- 20:28De transition,
- 20:30de réindustrialisation.
- 20:32Donc ça c'est déjà annoncé en Allemagne,
- 20:34on sait que de toute façon on en aura aussi à un bout en France,
- 20:37même si on va chercher à limiter et voire réduire le déficit public.
- 20:42Le besoin de se financer va continuer d'être très fort dans les années à venir,
- 20:46et on a un acteur qui n'est plus là depuis le 1er janvier,
- 20:48c'est la Banque Centrale Européenne.
- 20:50La Banque Centrale Européenne a racheté jusque-là près de 20%
- 20:52des dettes souveraines européennes,
- 20:54elle n'est plus là.
- 20:55Et donc dans ce contexte-là,
- 20:56on a forcément une pression à la hausse sur les taux longs.
- 21:00Donc certes,
- 21:01moins de croissance.
- 21:02certes un peu moins d'inflation,
- 21:03puisqu'on a la thématique de la déflation revient,
- 21:05donc ça,
- 21:05ça joue à la baisse.
- 21:06Oui,
- 21:06parce que la France,
- 21:07l'inflation est encore moindre que la zone euro.
- 21:10Nous,
- 21:10on tire à la baisse,
- 21:11aujourd'hui,
- 21:11on est plus...
- 21:12On est à 0,6 en France.
- 21:13Oui,
- 21:13c'est ça.
- 21:14Donc une inflation effectivement très basse,
- 21:16et si on se fiait que à la France,
- 21:18du coup la BCE devrait encore drastiquement baisser ses taux pour redynamiser l'actif.
- 21:22Sauf qu'elle a un bilan qui explose,
- 21:23quoi.
- 21:23Mais voilà,
- 21:24elle ne fait pas ça,
- 21:25et puis pour l'ensemble de la zone euro,
- 21:27tu le disais,
- 21:27on est à 1,9%.
- 21:29Non,
- 21:29mais c'est important.
- 21:31Cette OAT,
- 21:33moi j'ai une question qui me préoccupe,
- 21:35c'est que comment on va financer tout ce réarmement,
- 21:39cette réindustrialisation,
- 21:41cette transition ?
- 21:42C'est principalement les banques qui vont être sollicitées.
- 21:44Je ne vois pas l'État avec le poids de la dette qu'elle a actuellement remettre des fonds publics.
- 21:50Est-ce que ça ne va pas assécher le marché ?
- 21:54on se targue plutôt en France d'avoir des banques solides avec des ratios Tercor et tout ça qui sont plutôt très favorables.
- 22:01Mais comme on prête à taux fixe,
- 22:03est-ce qu'on ne va pas assécher cette capacité de prêt et du coup délaisser celui qui paierait au final les frais ?
- 22:12C'est le consommateur particulier.
- 22:14Alors,
- 22:15du côté du financement de la transition des plans militaires du réarmement européen...
- 22:23On a quelque part aujourd'hui la chance d'avoir un petit point de bascule sur le fléchage de l'épargne.
- 22:29Pourquoi ?
- 22:29Parce que le président Trump aujourd'hui met tellement à mal le système financier international que la demande de dollars qui est toujours forte,
- 22:38mais un peu moins forte que ce qu'elle était auparavant.
- 22:40Et finalement,
- 22:40on est en train de remarquer qu'on a des investisseurs internationaux,
- 22:43des institutionnels qui souhaitent davantage diversifier,
- 22:47ça ne veut pas dire quitter le dollar,
- 22:48mais diversifier leur placement qu'auparavant.
- 22:51et nous
- 22:52En Europe,
- 22:53du coup,
- 22:53on a tout intérêt,
- 22:54évidemment,
- 22:55à accueillir l'union des capitaux et accueillir cette épargne.
- 23:00Et du coup,
- 23:01on pourrait avoir un financement privé,
- 23:03du coup,
- 23:04qui serait un petit peu plus fort que lors des années passées.
- 23:08Évidemment,
- 23:09probablement aussi un petit renforcement de l'euro qui irait avec.
- 23:12Et finalement,
- 23:12un peu moins d'inflation,
- 23:14puisque plus l'euro se renforce et moins les produits qu'on importe,
- 23:17à commencer par le pétrole,
- 23:19mais globalement.
- 23:21les matières premières,
- 23:23ces matières premières pèseront moins dans le panier inflationniste.
- 23:26Donc ça c'est plutôt une bonne nouvelle parce que ça voudrait dire que Christine Lagarde,
- 23:29si on a bien cela qui se met en place,
- 23:31aura peut-être un taux d'équilibre qui serait un petit peu moins élevé que ce qu'on pouvait imaginer il y a 2-3 ans.
- 23:36Et c'est très important dans le cadre de la transition notamment.
- 23:39Je venais d'évoquer le sujet des transferts sur le marché du prêt entre le marché de l'entreprise avec le taux de défaillance que tu évoquais qui monte.
- 23:49Alors oui,
- 23:49c'est vrai que c'est des taux importants.
- 23:53Je rappelle quand même qu'on compare souvent à un passé très proche et qu'on avait exceptionnellement des taux de défaillance très bas avec les soutiens liés au Covid.
- 24:04On est aujourd'hui dans une moyenne haute,
- 24:06mais reste malgré tout dans une moyenne haute de ces 20 dernières années.
- 24:10Par contre,
- 24:11il y a l'esprit de création d'entreprise qui arrive là,
- 24:13il y a les changements de comportement avec l'intra-entreprise et tout ça.
- 24:17mais je reviens sur le sujet du...
- 24:18particulier ?
- 24:19Est-ce que la banque aujourd'hui est tout le temps en train de se dire,
- 24:24je prête sur un marché,
- 24:26attention,
- 24:27c'est pas toujours évident que les deux marchés fonctionnent à la même vitesse.
- 24:30On a souvent des phénomènes de bascule ou de contrepoids qui se mettent en place.
- 24:35Toi,
- 24:35tu le vois comment l'immobilier résidentiel,
- 24:38par rapport à ces sujets de politique de logement,
- 24:41une fois encore,
- 24:41la politique est un vrai sujet,
- 24:44en France en tout cas.
- 24:46Sur l'immobilier résidentiel,
- 24:48ce qui est un peu décevant à date,
- 24:50sur la fin du premier semestre 2025,
- 24:53c'est que ce qu'on a constaté fin 2024,
- 24:55début 2025,
- 24:56c'est qu'on avait un rebond de la demande.
- 24:58On voyait que les particuliers déclaraient vouloir réinvestir à 12 mois dans le logement.
- 25:05Et donc,
- 25:06ça a créé,
- 25:07on l'a vu sur le premier trimestre d'ailleurs,
- 25:09plutôt un rebond des ventes dans l'ancien.
- 25:13et...
- 25:15est venue malheureusement s'ajouter à cela l'incertitude mondiale et donc les mouvements un peu de panique qu'on a eu sur les marchés.
- 25:23Et quand on regarde ces mêmes enquêtes aujourd'hui,
- 25:26au milieu du deuxième trimestre,
- 25:27elles sont très dégradées,
- 25:29elles sont revenues sur les niveaux de 2023.
- 25:32Sur le logement,
- 25:33on avait jusqu'ici le sentiment qu'on allait avoir un rebond,
- 25:38le début,
- 25:39l'amorce plutôt d'un rebond en 2025.
- 25:42et puis avec
- 25:45Finalement,
- 25:45des taux qui repartent légèrement à la hausse et cette incertitude,
- 25:50il est à craindre que la fin d'année 2025 soit plutôt une année de morose stagnation.
- 25:57Et alors pire,
- 25:58parce que du coup,
- 25:59ce qu'on martelait,
- 26:00c'est que dans le neuf,
- 26:01ça allait rebondir,
- 26:02mais après l'ancien,
- 26:03parce qu'il fallait avoir des effets prix qui laissent penser du coup,
- 26:06qui fassent retourner les particuliers vers le neuf.
- 26:09Ou alors,
- 26:09évidemment,
- 26:10une politique...
- 26:12avantageuse,
- 26:13soit du point de vue de la fiscalité,
- 26:14en tous les cas,
- 26:15un pilotage politique,
- 26:18et on ne l'a pas non plus,
- 26:19en tous les cas,
- 26:19pas suffisamment de ce côté-là,
- 26:21donc le 9 viendra ensuite.
- 26:22Donc ce qui veut dire,
- 26:23potentiel rebond en 2026,
- 26:25et pour le 9,
- 26:26plutôt encore à attendre fin 2026,
- 26:28voire 2027.
- 26:29C'est le sentiment que nous avons aujourd'hui,
- 26:32et ce sentiment est très lié à deux choses,
- 26:35l'incertitude et le pouvoir d'achat.
- 26:37Alors,
- 26:37je suis même plus pessimiste que toi sur le rebond du 9,
- 26:40puisque...
- 26:41Autant effectivement la construction peut bénéficier assez rapidement de l'élargissement du PTZ,
- 26:46même si cet élargissement n'est pas acquis ad vitam,
- 26:49c'est des durées qui sont révisées au niveau des plans des projets de loi de finances.
- 26:53Mais par contre sur la promotion,
- 26:55on sait que ce sont des cycles longs,
- 26:56ce sont des cycles de 3-4 ans minimum.
- 26:59Et aujourd'hui,
- 27:00en plus avec la proximité des élections municipales en 2026,
- 27:08Et après,
- 27:09derrière,
- 27:09à 2027,
- 27:10les présidentielles.
- 27:11Mais effectivement,
- 27:12on peut s'interroger sur la capacité du neuf à relayer et surtout à donner le diapason sur l'ancien.
- 27:19Et aujourd'hui,
- 27:19d'ailleurs,
- 27:20on le voit bien.
- 27:20Ça fait 3-4 mois.
- 27:22On le savait,
- 27:22on le regardait,
- 27:23on le constatait.
- 27:24Mais depuis 3-4 mois,
- 27:25c'est avéré.
- 27:27Les prix rebondissent aussi.
- 27:29Ça veut dire qu'on n'a pas eu de choc d'offre sur le logement.
- 27:32Et du coup,
- 27:33tu évoquais la pétance ou le maintien des envies ou des intentions.
- 27:38elle se traduit malgré tout,
- 27:40mais elle est quand même bloquée.
- 27:41Alors,
- 27:41elle est bloquée par les prix,
- 27:42elle est bloquée par l'absence d'offres.
- 27:44Et puis,
- 27:44elle est bloquée aussi par les incertitudes politiques avec l'éthergiversation sur les obligations de rénovation,
- 27:51avec ma prime rénovée,
- 27:52même si on est obligé d'éteindre les feux,
- 27:55politiquement et médiatiquement.
- 27:56Le point que je souligne aussi,
- 27:57c'est l'évolution du pouvoir d'achat.
- 27:59Les ménages,
- 28:00s'ils retrouvent du pouvoir d'achat,
- 28:01finalement,
- 28:02peuvent laisser les prix remonter un petit peu.
- 28:05Ils seront là s'ils ont confiance.
- 28:06et ce pouvoir d'achat qui rebondit.
- 28:09Or,
- 28:09le pouvoir d'achat,
- 28:09il avait rebondi en 2024,
- 28:11de près de 2%,
- 28:13ce qui était pas mal,
- 28:14et ça avait accompagné du coup ce rebond au premier trimestre.
- 28:17Et le constat pour 2025,
- 28:18c'est que de nouveau,
- 28:19on a un pouvoir d'achat qui,
- 28:20certes,
- 28:21progresse,
- 28:21mais très modérément.
- 28:23En fait,
- 28:23on va avoir des hausses de salaire,
- 28:24selon les enquêtes de la Banque de France,
- 28:26de l'ordre de 2%
- 28:27pour cette année,
- 28:29une inflation de l'ordre de
- 28:311%, mais en parallèle,
- 28:32donc un effet salaire réel,
- 28:34donc de plus un point.
- 28:35mais des destructions d'emplois avec ces faillites.
- 28:39Probablement que les retraites ne vont pas évoluer aussi vite que l'inflation dans les années à venir,
- 28:45avec ces budgets qui vont être votés,
- 28:47qui vont être de plus en plus contraints.
- 28:48Et donc,
- 28:49les projections sur le pouvoir d'achat ne sont pas très bonnes pour 2025.
- 28:52Très légère progression.
- 28:54Et en 2026-2027,
- 28:55il est probable que le pouvoir d'achat ne progresse plus.
- 28:58Donc,
- 28:59là aussi,
- 28:59tu parlais des prix.
- 29:00Il est important que les prix ne s'ajustent pas trop vite à la hausse.
- 29:04Parce que sinon,
- 29:05on va avoir une deuxième chute du marché immobilier,
- 29:07c'est quasiment certain,
- 29:09à cause de cet effet prix,
- 29:11avec du coup des ménages qui vont renoncer à acheter.
- 29:15Oui,
- 29:15c'est l'incertitude,
- 29:17je crois,
- 29:18qu'on a utilisé comme terminologie à plusieurs reprises.
- 29:21C'est vraiment le maître mot de cette période.
- 29:23Je répète,
- 29:24moi aussi,
- 29:25je trouve que c'est mon grand âge me permet de dire que c'est des scénarios que je n'ai jamais connus,
- 29:32même pas approchants,
- 29:32parce qu'on dit que l'histoire ne se répète pas,
- 29:34mais elle peut avoir des hoquets.
- 29:36Donc,
- 29:37c'est des situations qui sont totalement inédites.
- 29:41et puis...
- 29:43peut-être aussi des habitudes de consommation par rapport à ça,
- 29:46aussi bien l'immobilier.
- 29:47Et du coup,
- 29:48on va peut-être aussi provoquer ces changements de consommation avec des occupations partagées.
- 29:58On voit bien que les pouvoirs publics sont aussi en mal de traiter le sujet de la vieillissement de la population,
- 30:04des accompagnements,
- 30:05etc.
- 30:06Donc,
- 30:07des sujets économiques qui sont multiples.
- 30:11dans les différentes strates que ça touche.
- 30:14Toi,
- 30:15si tu devais un petit peu résumer la situation en quelques phrases,
- 30:21en quelques paroles,
- 30:22comment tu la qualifierais ?
- 30:26La situation aujourd'hui pour un ménage,
- 30:28c'est le contexte,
- 30:30je le rappelle,
- 30:31incertain.
- 30:32Malheureusement,
- 30:33on a la quasi-certitude que les pouvoirs publics vont...
- 30:39diminuer le déficit public,
- 30:42diminuer les dépenses,
- 30:43probablement taxer un petit peu davantage,
- 30:45parce que le cocktail sera forcément une baisse des dépenses et un petit peu de hausse de la fiscalité,
- 30:51notamment pour les ménages les plus riches.
- 30:55Du côté de la transition environnementale,
- 30:57là aussi on a une pression qui est très forte,
- 31:00de manière à ce que l'économie se décarbone.
- 31:02Donc du côté de l'immobilier,
- 31:04mais comme du côté des habitudes de consommation,
- 31:07Les pouvoirs publics vont faire le nécessaire.
- 31:09soit par de la réglementation,
- 31:11soit par de l'incitation,
- 31:12mais probablement davantage par de la réglementation dans le contexte fiscal que tu décris,
- 31:17vont faire le nécessaire pour que ce monde-là cohabite et,
- 31:21je l'espère,
- 31:22se rapproche du coup du mandat que la France s'est donné lors des accords de Paris.
- 31:29Nous,
- 31:29du côté bancaire,
- 31:30évidemment,
- 31:30on a des solutions d'accompagnement.
- 31:34C'est bien important de l'avoir en tête.
- 31:38puisque
- 31:38Le sujet de la transition est particulièrement au crédit mutuel Arkea,
- 31:42ça fait déjà plusieurs années qu'on le porte.
- 31:44Et du coup,
- 31:44on est là pour accompagner à la fois les collectivités,
- 31:47les entreprises et les particuliers dans cette volonté de se décarboner.
- 31:52Et s'il faut aménager,
- 31:54mettre en place des financements structurés avec plusieurs partenaires de manière à atteindre ces objectifs de décarbonation,
- 32:02on sera aussi là pour le faire.
- 32:04Oui,
- 32:04sachant que...
- 32:06Voilà,
- 32:06pour le coup,
- 32:06c'est un avis personnel,
- 32:07mais que je me permets d'émettre.
- 32:09C'est qu'à un moment,
- 32:11il y a certains blocages,
- 32:12certains freins,
- 32:13tels que certains critères HCSF,
- 32:15qui mériteraient d'être aménagés justement pour accompagner ce sujet-là et qui,
- 32:20pour l'instant,
- 32:20ne sont pas envisagés par notre autorité de régulation dans tous les cas.
- 32:27Si tu avais deux,
- 32:28trois derniers sujets que tu voulais évoquer,
- 32:31peut-être...
- 32:34Écoute...
- 32:35Sur les cycles bancaires aussi,
- 32:36peut-être aussi,
- 32:36parce qu'il y a des grosses mutations dans les organisations bancaires.
- 32:40Alors il y a d'un côté les mutualistes et puis il y a les nationaux,
- 32:44sachant qu'on a parlé tout à l'heure de profits,
- 32:48etc.,
- 32:48ou du système bancaire.
- 32:50Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de banques ont des investissements à l'étranger.
- 32:54Certaines grandes banques françaises font d'ailleurs l'essentiel de leurs produits nationals bruts à l'extérieur,
- 33:00donc pas en PN mais en PIB.
- 33:03Non pas en PIB mais en PN.
- 33:06C'est quoi la tendance,
- 33:07parce que c'est chacun indépendant,
- 33:09mais il y a quand même des éléments communs qui vous arrivent d'échanger ou de regarder,
- 33:15ne serait-ce que dans des conventions ?
- 33:18La tendance à très court terme c'est l'arrivée de l'euro numérique,
- 33:21ça c'est un sujet qui sera celui du deuxième semestre et qui vient.
- 33:26En tous les cas,
- 33:26qui n'est pas reçu pour le moment très positivement par les banques,
- 33:29puisque c'est une partie de dépôt qui potentiellement va quitter les banques.
- 33:33Donc on regarde cela très attentivement.
- 33:37Les crypto-actifs,
- 33:40c'est un sujet global.
- 33:43C'est à chaque banque de choisir sa stratégie en matière d'accompagnement des cryptos.
- 33:49Il y a évidemment une population jeune qui est de plus en plus consommatrice.
- 33:53Et donc des banques qui sont très inclines à accompagner cela,
- 33:55mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de risque derrière.
- 33:58Donc ça,
- 33:58c'est des choix de stratégie bancaire qui se comprennent.
- 34:02Il y a le sujet de la transition.
- 34:04On voit qu'il y a des banques qui rétropédalent,
- 34:06notamment des banques américaines et puis des banques européennes qui,
- 34:10elles,
- 34:10se sont emparées de ce sujet et continuent de militer pour,
- 34:15je le redis,
- 34:15cette décarbonation.
- 34:17Et puis après,
- 34:17il y a des acteurs qui sont sensibles à l'évolution.
- 34:21des marchés internationaux.
- 34:23Les grandes banques françaises,
- 34:24on le sait bien,
- 34:25sont assez exposées à cette croissance mondiale et à ces enjeux mondiaux.
- 34:31Puis il y a des banques mutualistes qui sont beaucoup plus des banques de territoire.
- 34:36Le crédit mutuel Arkea s'inscrit plutôt,
- 34:38évidemment,
- 34:39complètement dans celle-ci,
- 34:40donc accompagne les transitions,
- 34:41accompagne les territoires.
- 34:43Dans un contexte conjoncturel aujourd'hui qui est plutôt morose,
- 34:46on garde ce cap-là.
- 34:48et je crois que c'est plutôt le...
- 34:50le meilleur des choix si on veut réussir cette transition.
- 34:56Eh bien,
- 34:56merci beaucoup,
- 34:57Paul,
- 34:57pour toutes ces informations.
- 34:59Alors,
- 35:00certains éléments seront peut-être un petit peu trop puissants en termes de réflexion ou de connaissances.
- 35:08Je sais que Paul fait toujours l'essentiel pour pouvoir essayer de les rendre digérables pour chacun d'entre nous.
- 35:15Merci de ta venue.
- 35:17J'espère que ça vous aura aussi éclairé un petit peu sur ce qui peut se passer potentiellement.
- 35:21Ça ne reste que des prévisions.
- 35:23potentiellement sur les prochains mois.
- 35:24Et puis,
- 35:25quant à moi,
- 35:25je vous souhaite une très bonne fin de journée et puis l'occasion de vous retrouver sur une prochaine table ronde avec le Média IMO et la Fédération du Courtage en Crédit.
- 35:34Merci Bruno.
- 35:35À bientôt.
- 35:38Fan de crédit,
- 35:39en partenariat avec la Fédération du Courtage en Crédit.