Latest / DSI et des Hommes / Quand l'art rencontre le numérique : Explorer la créativité avec Jean-Noël Lafargue
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- 0:00Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Décis des Hommes.
- 0:04Aujourd'hui,
- 0:05on va explorer un domaine à la croisée des chemins entre l'art et le numérique.
- 0:09Notre invité est Jean-Noël Lafargue,
- 0:12chercheur,
- 0:12auteur,
- 0:13artiste,
- 0:13enseignant.
- 0:14Il a contribué à tout un tas de projets qui va nous expliquer,
- 0:18autant des ouvrages de vulgarisation sur l'informatique,
- 0:21bandes dessinées,
- 0:22œuvres,
- 0:22etc.
- 0:24Jean-Noël,
- 0:24merci de vous joindre à nous.
- 0:27Merci de m'accueillir.
- 0:29Pour commencer,
- 0:30je pose toujours la même question à mes invités,
- 0:33c'est quel est votre tout premier souvenir de numérique ?
- 0:37Oui,
- 0:38alors ça,
- 0:38ce n'est pas très dur de se rappeler.
- 0:42Pour moi,
- 0:42le premier souvenir,
- 0:43alors ça ne s'appelait pas numérique à l'époque,
- 0:46on n'avait pas l'idée de ce mot,
- 0:49c'était de l'ordinateur.
- 0:51C'est ce que je voyais dans les séries télévisées,
- 0:53et notamment une qui s'appelait L'Homme Invisible.
- 0:56Et donc,
- 0:57on voyait des grosses armoires avec...
- 0:59des dérouleurs de bandes magnétiques qui tournaient en permanence.
- 1:04Quand on posait une question à la machine,
- 1:07les bandes magnétiques se mettaient à tourner et on entendait des cliquetis étranges.
- 1:12Ça me fascinait.
- 1:13Je trouvais ça génial,
- 1:16une espèce de machine à penser un petit peu.
- 1:20Enfant assez petit,
- 1:22je m'intéressais à ça bien avant que les gens aient un ordinateur chez eux.
- 1:29Puis un petit peu plus tard,
- 1:30je me rappelle aussi,
- 1:31et là c'est un moment important,
- 1:35d'une image sur papier listing,
- 1:37donc un papier avec des picots sur le côté,
- 1:40et puis en vert et blanc,
- 1:42avec des lignes vertes et blanches,
- 1:44qui représentait le visage de Jésus,
- 1:47écrit avec des caractères,
- 1:49avec des lettres,
- 1:50et puis avec des nombres,
- 1:53avec des chiffres.
- 1:55Et le curé de ma vie adorait cette image.
- 1:57Pour lui,
- 1:57ça voulait dire que c'était la preuve que Dieu n'était pas l'ennemi de la science ou que la science n'était pas l'ennemi de Dieu.
- 2:03Et pour moi,
- 2:03ça voulait dire qu'on pouvait faire des images avec des lettres.
- 2:06Et je trouvais ça super aussi.
- 2:08C'est un autre souvenir de l'ordinateur.
- 2:12Mon troisième vrai souvenir,
- 2:13c'est 1982,
- 2:16où j'ai eu mon premier ordinateur.
- 2:18C'était...
- 2:19C'était quoi comme ordinateur,
- 2:20la marque
- 2:21Sipo ? C'était un Sinclair ZX81.
- 2:24C'était un tout petit ordinateur qu'on branchait sur la télé.
- 2:28C'était un petit boîtier en plastique.
- 2:31Il avait un kilo-octet de mémoire vive.
- 2:34On pouvait rentrer juste une page de code et on ne pouvait faire que coder.
- 2:38Il n'y avait pas de programme,
- 2:39il n'y avait pas d'interface,
- 2:40il n'y avait pas de souris.
- 2:43La seule interface,
- 2:43disons,
- 2:44c'était un prompt où on pouvait commencer à écrire.
- 2:49un programme en basique et puis quand on avait fini on écrivait run et ça lançait le programme.
- 2:56Donc début des années 80 on parlait déjà de prompt.
- 3:00Oui,
- 3:01non,
- 3:01ça c'est venu avec Linux,
- 3:04le mot prompt,
- 3:05je ne le connaissais pas en tout cas à l'époque.
- 3:08Pas qu'on disait l'invite.
- 3:10Oui sûrement,
- 3:10c'était l'invite,
- 3:11c'était sur du style DOS ou des choses comme ça.
- 3:13Mais bien sûr.
- 3:18Oui,
- 3:19bien avant.
- 3:21Parfait,
- 3:22parfait.
- 3:22On va rentrer un peu plus dans votre parcours,
- 3:24parce que votre parcours,
- 3:27il y a plusieurs facettes.
- 3:28L'enseignement des nouveaux médias dans des écoles,
- 3:35dans des beaux-arts,
- 3:36d'après ce que j'ai pu voir,
- 3:38à différentes contributions littéraires,
- 3:40avec aussi des collaborations à des artistes.
- 3:43Qu'est-ce qui vous a conduit à arriver à ce croisement entre l'art numérique ?
- 3:47et aussi la pédagogie,
- 3:48parce que vous avez beaucoup de livres qui permettent de vulgariser l'informatique.
- 3:59Tout à fait,
- 4:00c'est un petit peu le hasard en fait.
- 4:03Je suis entré au Beaux-Arts avec l'idée de devenir peintre,
- 4:06j'étais peintre réaliste,
- 4:08je voulais faire des...
- 4:09à une époque où ça ne se faisait plus trop d'ailleurs,
- 4:11il n'y avait pas tellement de peinture figurative,
- 4:15c'était mal vu.
- 4:16J'aimais beaucoup l'ordinateur,
- 4:17j'aimais le jeu vidéo à l'époque,
- 4:19mais pour moi,
- 4:20ce n'était pas lié,
- 4:21il n'y avait aucun rapport entre les deux.
- 4:23Et puis,
- 4:23j'ai dû faire mon service national,
- 4:26qui a duré deux ans.
- 4:27C'était un service d'objecteur de conscience,
- 4:31un service civil.
- 4:33Et j'étais dans un ministère où j'ai appris l'informatique,
- 4:37que je connaissais déjà un petit peu,
- 4:39mais là,
- 4:40j'ai vu l'informatique dans le monde du travail,
- 4:43pas juste comme jouet.
- 4:45parce que pour moi avant ça c'était un jouet.
- 4:47Je n'ai toujours pas cru que ça avait un rapport avec l'art,
- 4:52mais par contre j'ai commencé à bien connaître.
- 4:55Et puis j'ai quitté les Beaux-Arts pour rentrer à l'université avec l'idée de devenir prof de collège ou quelque chose comme ça.
- 5:03en art plastique.
- 5:05J'étais un jeune papa,
- 5:06donc il fallait que je sois un peu responsable.
- 5:10Et puis,
- 5:11ce n'est pas ce qui s'est passé.
- 5:12Je suis tombé sur une équipe incroyable en art plastique qui faisait des CD-ROM.
- 5:17C'était la grande époque du CD-ROM.
- 5:19Elle était vraiment très créative.
- 5:23J'ai compris qu'on pouvait faire de l'art avec l'ordinateur.
- 5:27Ça m'a passionné.
- 5:28Je me suis lancé là-dedans.
- 5:30Comme j'étais finalement assez bon pour l'art.
- 5:34pour aider les autres étudiants.
- 5:36Très,
- 5:37très vite,
- 5:37on m'a proposé une charge de cours.
- 5:39Et puis,
- 5:39de fil en aiguille,
- 5:40je suis devenu prof en école d'art.
- 5:43C'est très bizarre,
- 5:44mais ça s'est passé comme ça,
- 5:46par le hasard et puis le goût.
- 5:48Il n'y avait pas de plan.
- 5:50Il n'y avait pas de plan.
- 5:52Ça arrivait là,
- 5:54comme ça,
- 5:54par hasard.
- 5:57Parce que vous l'avez dit,
- 5:58vous avez été très tôt dans le...
- 6:00la partie informatique enfin vous avez déjà été attiré par ça puis sûrement par le côté art aussi et finalement vous avez réussi à lier les deux c'est ça qui est aussi intéressant quoi sans penser que ça se passerait mais oui c'est exactement ce qui s'est passé et donc c'est le hasard le goût et puis aussi les personnes je suis tombé sur tout un tas de gens qui
- 6:21ont cru en moi
- 6:25Oui et puis j'avais écouté dans un TEDx que vous avez fait
- 6:30sur le fait aussi que très tôt vous avez été sensibilisés au fait que dans vos cours vos cours que le numérique allait prendre une place voilà je crois que au début vous étiez sur la partie retouche photo retouche photo et tout de suite vos
- 6:46profs disaient que bientôt les machines vont arriver bientôt enfin voilà que c'était trop tôt au moment où vous avez des études mais il fallait s'y préparer c'était un peu tout à fait mais ça c'est la même avant les beaux arbres
- 6:58J'ai fait un lycée professionnel de retouche photo.
- 7:02Et c'était la retouche photo sans Photoshop,
- 7:04au pinceau,
- 7:05au crayon.
- 7:06Donc un métier qui n'existe plus.
- 7:08J'ai été formé trois ans à un métier qui a disparu complètement.
- 7:12Mais ce qui m'a appris quand même beaucoup de choses,
- 7:15bien sûr.
- 7:16Et c'est très bien pour ça.
- 7:18Mais voilà,
- 7:20là j'ai pu voir de près ce que fait le changement numérique.
- 7:26C'est-à-dire le fait que...
- 7:28un métier puisse complètement disparaître ou alors se transformer à un point incroyable.
- 7:36Je me rappelle que sous Photoshop,
- 7:38par exemple,
- 7:39alors que moi j'avais été formé très longtemps,
- 7:41mon épouse était plutôt meilleure que moi en très peu de temps.
- 7:47Alors qu'elle n'avait pas été spécialement formée à la retouche,
- 7:49mais l'outil avait changé le...
- 7:54Il obligeait toujours à avoir un œil,
- 7:55etc.
- 7:56Mais il y a tout un tas de savoir-faire dont il n'y avait plus besoin,
- 7:58comme savoir tailler ses crayons et nettoyer ses pinceaux,
- 8:02etc.
- 8:05Justement,
- 8:08vous avez vu vraiment ce métier changer.
- 8:10Ce n'était pas vraiment votre métier au final.
- 8:15Vous avez,
- 8:15comme on dirait dans le monde de la start-up,
- 8:17pivoté.
- 8:18Vous avez pivoté.
- 8:21Et justement...
- 8:23pour aller dans cet échange-là.
- 8:26Pour vous,
- 8:28le numérique est en train de changer le monde,
- 8:30mais comment il est en train de changer la partie art et culture au sens large ?
- 8:37Parce que désormais,
- 8:38les artistes peuvent partager leurs œuvres en ligne,
- 8:41ils peuvent forcément aussi atteindre un public beaucoup plus large,
- 8:43ils utilisent aussi des outils innovants comme la réalité virtuelle et peut-être d'autres choses pour avancer.
- 8:50Comment vous voyez ça,
- 8:51vous,
- 8:52de ce côté-là ?
- 8:53Comment ça fait évoluer le métier ?
- 8:54Est-ce que aussi,
- 8:56dans les beaux-arts,
- 8:56ça fait évoluer les cours ?
- 8:58Enfin,
- 8:58voilà,
- 8:58tous ces choses-là.
- 9:00Oui,
- 9:00oui,
- 9:00ça fait évoluer les cours.
- 9:02Chaque année,
- 9:03c'est une des choses qui est intéressante avec le numérique.
- 9:06Donc,
- 9:06ça fait presque 30 ans que je l'enseigne.
- 9:09Et en fait,
- 9:10chaque année,
- 9:11il y a des choses nouvelles qui se passent.
- 9:13Quand j'ai démarré,
- 9:14on faisait des CD-ROP,
- 9:16et puis on s'est intéressé aux possibilités du web.
- 9:19Ce qui,
- 9:19bien sûr,
- 9:22a fait exploser tout un tas de choses.
- 9:24Et puis,
- 9:24il y a régulièrement des sujets nouveaux.
- 9:27Par exemple,
- 9:28la géolocalisation,
- 9:29le GPS,
- 9:29qui a été un sujet intéressant pour les artistes.
- 9:35Les réseaux sociaux,
- 9:36un sujet,
- 9:37puis un support de diffusion et de promotion intéressant pour les artistes.
- 9:43Et puis là,
- 9:43dernièrement,
- 9:44l'IA,
- 9:44évidemment,
- 9:46le métaverse peut-être,
- 9:47etc.
- 9:48Ce sont des nouveaux sujets qui parfois ne décollent pas vraiment et qui parfois rentrent dans la palette des outils des artistes ou dans les sujets.
- 10:02sur lesquels ils travaillent.
- 10:04Donc voilà,
- 10:05on ne s'ennuie jamais,
- 10:06il se passe toujours quelque chose avec le numérique,
- 10:08ça c'est le bon côté.
- 10:11Et puis voilà,
- 10:12ce qui change bien sûr tout le temps aussi,
- 10:14c'est le rapport de nos étudiants et puis du monde,
- 10:19pas du monde de l'art mais du public,
- 10:23le rapport de nos étudiants au numérique,
- 10:26puisque eux-mêmes en ont un,
- 10:27ils sont sur des réseaux sociaux,
- 10:29ils s'intéressent,
- 10:30ils ont leurs propres pratiques.
- 10:32parfois ils sont en avance sur nous,
- 10:34sur telle ou telle chose,
- 10:36ils connaissent tel support bien avant nous.
- 10:42C'est assez intéressant de voir qu'on ne peut pas du tout s'ennuyer avec ça.
- 10:47Et puis le public a changé.
- 10:50Oui,
- 10:50le public.
- 10:51Oui,
- 10:51on en reparlera peut-être plus tard,
- 10:53mais il y a une époque,
- 10:54disons il y a 30 ans,
- 10:56l'idée de faire une œuvre avec un ordinateur,
- 11:00il y a beaucoup de gens que ça a rebuté.
- 11:03beaucoup.
- 11:04Il disait,
- 11:05un ordinateur n'a pas de cœur,
- 11:07un ordinateur n'a pas d'âme,
- 11:08un ordinateur n'a pas de sentiments,
- 11:10ce qui est tout à fait vrai.
- 11:12Mais en même temps,
- 11:13si on y pense,
- 11:13un tube de peinture non plus n'a pas de cœur,
- 11:16n'a pas de sentiments.
- 11:18Et pourtant,
- 11:20c'est plutôt l'artiste.
- 11:21Et ce qui fait que l'outil...
- 11:24Mais les outils ont quand même une influence sur les œuvres,
- 11:27et c'est toujours important de...
- 11:29Mais ça,
- 11:30on va en reparler.
- 11:30C'est toujours important.
- 11:32de l'avoir en tête.
- 11:34Et justement,
- 11:36dans les technologies qui émergent,
- 11:38qui sont utilisées dans l'art,
- 11:40c'est lesquelles en ce moment ?
- 11:43Qu'est-ce que vous voyez qui devient de plus en plus prenant et important ?
- 11:48En ce moment,
- 11:49vraiment,
- 11:50et je croyais que ça passerait un petit peu plus vite,
- 11:52mais pas du tout,
- 11:54c'est quand même l'IA.
- 11:56Les IA génératives sont vraiment un gros sujet qui change beaucoup.
- 12:01beaucoup,
- 12:01y compris le marché de l'art,
- 12:05puisque mes étudiants ne sont pas forcément amenés à être des artistes,
- 12:09beaucoup vont être des designers graphiques,
- 12:15des illustrateurs,
- 12:16etc.
- 12:19Et certains se sentent en concurrence directe avec les machines,
- 12:26puisque maintenant,
- 12:28un commanditaire...
- 12:30qui s'abonnent à Mille Journées peut être un peu pénant et se dire,
- 12:33bon,
- 12:33ben voilà,
- 12:34pour 20 euros par mois,
- 12:35ça me coûte beaucoup moins cher que de demander une illustration à 400 euros à quelqu'un.
- 12:42Et donc,
- 12:43voilà.
- 12:44Et puis,
- 12:44en plus,
- 12:45le public ne va pas forcément voir la différence et tout.
- 12:48Donc,
- 12:48il y a vraiment un sujet de métier,
- 12:51là.
- 12:53Une transformation du métier.
- 12:55Mais c'est aussi un bon sujet d'exploration artistique.
- 12:58Il y a des artistes qui s'amusent
- 13:00très très bien avec l'IA et qu'ils en tirent des choses.
- 13:02Et ce qui est drôle,
- 13:03c'est qu'eux aussi sont abonnés à Midjournal,
- 13:05mais ils perdent plutôt plus de temps à travailler leur compte et tout que quelque chose.
- 13:16Ça ne leur fait pas gagner du temps ni de l'argent.
- 13:19Ça leur fait au contraire perdre du temps et c'est plutôt rigolo.
- 13:23C'est ce que vous voyez.
- 13:25C'est que ça leur fait perdre plus de temps et qu'ils iraient presque plus vite.
- 13:29à faire leurs oeuvres de la manière,
- 13:32alors je vais pas dire à l'ancienne parce que c'est pas ça ce qui met de la faire sans l'aide de l'IA que de faire leurs promptes oui ?
- 13:39Tout à fait c'est pas ce que je vois c'est ce que eux disent
- 13:43Eric Tabuchy qui est un super photographe qui a réalisé avec Nelly Monnier l'Atlas des Régions Naturelles où il va prendre des photos un petit peu partout en France et il a sorti
- 13:59Un petit peu plus tard,
- 14:00un autre atlas qui s'appelle le troisième atlas,
- 14:03dans lequel les photos ressemblent beaucoup à ce qu'il fait déjà,
- 14:08mais sont toutes faites par hier.
- 14:10Donc il fait des photos qui ressemblent beaucoup.
- 14:14Il y a des gens qui ont pris ça pour une vraie trahison,
- 14:17puisque c'est plus documentaire.
- 14:20Mais il ne fait pas ça pour gagner du temps.
- 14:23Il le disait lui-même,
- 14:23il perdait un temps fou.
- 14:25Par exemple,
- 14:25la couverture de son livre,
- 14:28qui est un graphisme assez simple qu'on pourrait programmer en deux minutes avec un langage de programmation tout bête,
- 14:38ou alors faire en deux minutes avec Illustrator.
- 14:42Lui,
- 14:42il a passé trois jours pour arriver à avoir exactement ce qu'il voulait.
- 14:46Mais il fallait que ce soit la machine qui le produise.
- 14:49Et donc,
- 14:50il s'est battu avec la machine.
- 14:52Il passe beaucoup de temps à se battre contre la machine.
- 14:54Et ce n'est pas le seul.
- 14:55Beaucoup font ça.
- 14:59C'est intéressant d'entendre ça et c'est vrai qu'avec l'arrivée de ces outils,
- 15:04ces outils Midjourney,
- 15:05Dali,
- 15:05Adobe Firefly,
- 15:07qui permettent de pouvoir être potentiellement autonomes,
- 15:11je mets des guillemets autour de tout ça,
- 15:15parce que c'est aussi,
- 15:16moi ce que je veux faire passer,
- 15:17c'est que l'IA dans ces cas-là est un partenaire de création et non un simple outil.
- 15:22Parce que,
- 15:23comme vous le dites,
- 15:24c'est du temps à créer un bleu,
- 15:25bon prompt,
- 15:25etc.
- 15:27Tout le monde n'est pas spécialiste de ces outils-là.
- 15:29Et je trouve que c'est important d'avoir ce retour d'artistes.
- 15:32Ils disent qu'ils y passent beaucoup trop de temps finalement.
- 15:34Mais après,
- 15:36au bout d'un moment,
- 15:37ils vont quand même réussir à les apprivoiser,
- 15:39à les utiliser pour que ça devienne un partenaire.
- 15:42Mais c'est important aussi de le dire que l'intelligence artificielle,
- 15:47c'est au service de nous et des artistes.
- 15:51Tout à fait.
- 15:52Et les bons artistes qui utilisent l'IA,
- 15:53quand je vois apparaître leur partenaire,
- 15:55production sur mon fil Instagram,
- 15:58par exemple,
- 15:58je vois tout de suite quel artiste c'est.
- 16:03Le style de la personne,
- 16:04etc.
- 16:04Ce n'est pas le style de mes journées.
- 16:07Et c'est pareil avec
- 16:08ChatGPT, par exemple.
- 16:11Nos étudiants doivent écrire,
- 16:12ils doivent produire des mémoires,
- 16:14des devoirs,
- 16:15etc.
- 16:15Et ils n'aiment pas tous ça,
- 16:19d'ailleurs.
- 16:20Il y en a plusieurs qui utilisent ChatGPT.
- 16:23Certains le font très bien.
- 16:24et d'autres très mal.
- 16:25Ceux qui le font très mal,
- 16:26on voit tout de suite des longues listes à points avec un propos un peu plat et sans aucun intérêt,
- 16:34etc.
- 16:35Alors qu'il y en a d'autres qui prennent ChatGPT pour un collaborateur.
- 16:39Pour eux,
- 16:40c'est une machine qui travaille avec eux,
- 16:42avec qui ils travaillent,
- 16:44à qui ils veulent faire dire ce qu'ils ont envie de dire,
- 16:46mais ils profitent de l'orthographe impeccable.
- 16:50Ouais,
- 16:50de la bonne tournure de phrase,
- 16:52voilà.
- 16:53Voilà,
- 16:54mais il ne se laisse pas diriger par les machines,
- 16:56c'est ça.
- 16:58C'est là où demain on verra la différence aussi.
- 17:02Moi j'ai aussi ce cas-là dans la partie développement,
- 17:06par exemple,
- 17:06d'applications,
- 17:07où beaucoup utilisent l'IA pour développer,
- 17:12pour écrire des lignes de code,
- 17:14mais on part du principe que déjà,
- 17:16si le dev ne sait pas l'expliquer,
- 17:18ne sait pas l'analyser,
- 17:19et...
- 17:20ne sait pas le faire,
- 17:21pour nous c'est pas utile parce que demain il va falloir faire un debug,
- 17:24s'il l'a pas compris il trouvera pas.
- 17:26Voilà et donc
- 17:31Nous on programme beaucoup et donc pareil on a exactement le même,
- 17:37la même analyse c'est à dire que si jamais on sait pas ce qu'on fait on aura un résultat assez piteux et puis et puis voilà
- 17:49Après,
- 17:49il y a un vrai danger avec le développement informatique avec
- 17:52TGPT. Ce n'est pas seulement ça.
- 17:58C'est aussi le fait que ces IA se basent quand même sur un corpus qu'ils ont été prendre à Stack Overflow,
- 18:06etc.
- 18:08Et un jour,
- 18:09personne n'aimentera plus tous ces forums.
- 18:12Et qu'est-ce qui va se passer ?
- 18:16et quoi est-ce que ces outils génératifs vont être nourris.
- 18:20Et c'est aussi le problème en art.
- 18:24Beaucoup d'artistes n'ont rien de loin comme ça contre l'IA,
- 18:30sauf qu'ils savent que ce sont leurs œuvres qui sont à l'intérieur,
- 18:35qui ont été aspirées sur Internet,
- 18:37et ils ont l'impression de se faire avoir,
- 18:40parce que leurs œuvres servent à créer d'autres œuvres discount.
- 18:47et donc voilà ils ont l'impression qu'il y a une escroquerie j'en connais beaucoup c'est sûr que sur l'impact du digital sur l'art il va y avoir un enjeu autour de la propriété intellectuelle mais ça on le sait au sens large du terme,
- 19:01on n'est pas que sur l'art et les artistes il y a aussi tout ce qui est autour des sources,
- 19:07comment,
- 19:08où je vais chercher,
- 19:10comment je réutilise etc.
- 19:12Et ça,
- 19:13c'est un vrai sujet.
- 19:16Pour l'instant,
- 19:17on ne sait pas trop.
- 19:18Il n'y a pas forcément de loi autour de tout ça,
- 19:21même si à l'heure où on enregistre,
- 19:23je crois que c'est cette semaine ou la semaine prochaine qu'on va avoir le décret européen sur l'IA qui va être porté sur le droit français.
- 19:35temporalité qui est un peu compliquée en ce moment sur la partie politique en France mais voilà il y a tous ces sujets là parce que c'est vrai qu'il perd la notion de son oeuvre et comme vous dites demain un promptia peut dire est-ce que tu peux me reproduire l'oeuvre de telle personne et
- 19:53la mettre de telle manière sur du pixart ou autre ou du style d'Andy Warhol ou des choses comme ça et là il perd un peu sa notion oui oui
- 20:04Les réponses pour le moment ne sont pas très bonnes.
- 20:06Il y a des artistes qui ont réussi à obtenir,
- 20:09enfin,
- 20:11qui réclament et qui obtiennent l'opt-out.
- 20:13C'est-à-dire que,
- 20:14par exemple,
- 20:14si on demande à avoir une œuvre à la manière de Stark,
- 20:20le designer,
- 20:21on ne peut pas,
- 20:23à la mi-journée,
- 20:24dire Ah non,
- 20:24je n'ai pas le droit de faire du Stark Mais par contre,
- 20:26si on lui demande,
- 20:27on veut un press-agrumes futuriste en métal,
- 20:31etc.,
- 20:32il va nous faire celui de Stark.
- 20:35parce qu'ils peuvent juste enlever le nom dans les promptes,
- 20:39mais pour le reste,
- 20:40personne n'est capable d'enlever des images du corpus qui a servi à entraîner Midjourney ou autre.
- 20:49Déjà,
- 20:49il est déjà entraîné,
- 20:51et puis il y a des milliards d'images,
- 20:53personne ne sait même complètement ce qu'il y a dedans.
- 20:57C'est assez intéressant.
- 20:59Mais là,
- 20:59je vois que les sociétés de droit,
- 21:01comme l'Assassin,
- 21:02ont...
- 21:03ou les DAGP,
- 21:05etc.
- 21:06Leur idée,
- 21:07c'est plutôt de régler tout ça avec des taxes à nouveau sur l'IA,
- 21:16comme on a déjà.
- 21:16Quand on achète une clé USB,
- 21:18il y a 2 euros dedans qui vont à la SACEM et autres,
- 21:22ce qui fait que tous ces gens ne râlent plus.
- 21:25Je ne sais pas si c'est la bonne solution,
- 21:28parce que...
- 21:29elle n'est pas forcément juste,
- 21:30à chaque fois l'argent est redistribué plutôt à ceux qui vendent déjà beaucoup.
- 21:36Quand on a une clé USB,
- 21:37les 2 euros,
- 21:38il y en a un qui va à la famille de Johnny Hallyday,
- 21:41etc.
- 21:42Mais pas forcément aux artistes,
- 21:46à tous les artistes,
- 21:47c'est pas équitable.
- 21:52Et justement,
- 21:53toujours en continuant sur tout ce qui est rémunération,
- 21:56etc.,
- 21:57on voit apparaître depuis quelques années l'essor du crypto art,
- 22:02la partie NFT,
- 22:03la montée en puissance qui a révolutionné le marché de l'art depuis 2020.
- 22:08Je crois même que ça atteint une valeur de 41 milliards de dollars.
- 22:13Ça rivalise quasiment avec le marché de l'art traditionnel,
- 22:16d'après ce que j'ai pu trouver dans les sources.
- 22:19Alors,
- 22:19la première question,
- 22:20c'est...
- 22:21Je sais que vous aimez vulgariser,
- 22:22est-ce que vous pouvez expliquer à nos auditeurs ce que c'est le NFT ?
- 22:26Le NFT,
- 22:28pour ce que j'ai compris,
- 22:29parce que ce n'est pas si simple,
- 22:30je ne pratique pas et je ne comprends pas bien les plateformes,
- 22:33leurs règles et tout,
- 22:34et je n'ai pas envie de trop me lancer dedans,
- 22:38mais j'ai l'impression que ce sont des certificats de propriété qui,
- 22:43en général,
- 22:44certifient avant tout eux-mêmes.
- 22:46C'est-à-dire que le certificat est authentique,
- 22:48mais ça ne veut pas dire...
- 22:50Enfin,
- 22:50on pourrait faire un certificat authentique qui porte sur une offre qui n'appartient pas à celui qui a fait le certificat.
- 22:56Je ne sais pas si ça se fait.
- 22:59Mais voilà,
- 23:01ce sont des certificats qui sont inviolables et qui sont répliqués de manière cryptée sur des serveurs.
- 23:13Et tant qu'il y a des gens qui ont un programme en basique,
- 23:17et puis...
- 23:18Quand on avait fini,
- 23:19on écrivait run et ça lançait le programme.
- 23:23Donc,
- 23:23à début des années 80,
- 23:24on parlait déjà de prompt.
- 23:26Oui,
- 23:28c'est plutôt venu avec Linux,
- 23:31le mot prompt.
- 23:32Je ne le connaissais pas,
- 23:33en tout cas à l'époque.
- 23:34Je crois qu'on disait l'invite.
- 23:37Oui,
- 23:37sûrement.
- 23:37C'était l'invite.
- 23:38C'était sur du style DOS ou les choses comme ça.
- 23:40Mais bien avant.
- 23:45Oui,
- 23:46bien avant.
- 23:47Parfait,
- 23:48parfait,
- 23:48parfait.
- 23:49On va rentrer un peu plus dans votre parcours parce que votre parcours,
- 23:53il y a plusieurs facettes.
- 23:55L'enseignement des nouveaux médias dans des écoles,
- 24:02dans des beaux-arts,
- 24:02d'après ce que j'ai pu voir,
- 24:04à différentes contributions littéraires,
- 24:07avec aussi des collaborations à des artistes.
- 24:09Qu'est-ce qui vous a conduit à arriver à ce croisement entre l'art numérique et aussi la pédagogie ?
- 24:16Beaucoup de livres qui permettent de vulgariser l'informatique.
- 24:25Tout à fait.
- 24:26C'est un petit peu le hasard en fait.
- 24:29Je suis entré au Beaux-Arts.
- 24:32Avec l'idée de devenir peintre,
- 24:33j'étais peintre réaliste.
- 24:34Je voulais faire des...
- 24:36À une époque où ça ne se faisait plus trop,
- 24:37d'ailleurs.
- 24:38Il n'y avait pas tellement de peinture figurative.
- 24:41C'était mal vu.
- 24:43J'aimais beaucoup l'ordinateur.
- 24:44J'aimais le jeu vidéo à l'époque.
- 24:46Mais pour moi,
- 24:47ce n'était pas lié.
- 24:47Il n'y avait aucun rapport entre les deux.
- 24:49Et puis,
- 24:50j'ai dû faire mon service national,
- 24:53qui a duré deux ans.
- 24:54C'était un service d'objecteur de conscience,
- 24:57un service civil.
- 25:00Et...
- 25:01J'étais dans un ministère où j'ai appris l'informatique,
- 25:04que je connaissais déjà un petit peu,
- 25:06mais là j'ai vu l'informatique dans le monde du travail,
- 25:09pas juste comme jouet,
- 25:12puisque pour moi avant ça c'était un jouet.
- 25:16Je n'ai toujours pas cru que ça avait un rapport avec l'art,
- 25:18mais par contre j'ai commencé à bien connaître.
- 25:22Et puis j'ai quitté les Beaux-Arts pour rentrer à l'université avec l'idée de devenir prof de collège ou quelque chose comme ça.
- 25:30en art plastique.
- 25:32J'étais un jeune papa,
- 25:33donc il fallait que je sois un peu responsable.
- 25:37Et puis,
- 25:38ce n'est pas ce qui s'est passé.
- 25:39Je suis tombé sur une équipe incroyable en art plastique qui faisait des CD-ROM.
- 25:44C'était la grande époque du CD-ROM et qui était vraiment très créative.
- 25:49Et donc,
- 25:50j'ai compris qu'on pouvait faire de l'art avec l'ordinateur et ça m'a passionné.
- 25:55Je me suis lancé là-dedans.
- 25:57Comme j'étais finalement assez bon pour l'art.
- 26:01pour aider les autres étudiants.
- 26:03Très,
- 26:03très vite,
- 26:04on m'a proposé une charge de cours.
- 26:06Et puis,
- 26:06de fil en aiguille,
- 26:07je suis devenu prof en école d'art.
- 26:10C'est très bizarre,
- 26:11mais ça s'est passé comme ça,
- 26:13par le hasard et puis le goût.
- 26:14Il n'y avait pas de plan.
- 26:17Il n'y avait pas de plan,
- 26:18voilà.
- 26:19Ça arrivait là,
- 26:20comme ça,
- 26:21par hasard.
- 26:24Parce que vous l'avez dit,
- 26:25vous avez été très tôt dans le...
- 26:27la partie informatique enfin vous avez déjà été attiré par ça puis sûrement par le côté art aussi et finalement vous avez réussi à lier les deux c'est ça qui est aussi intéressant quoi c'est que ça se passerait mais oui s'il s'est passé et donc c'est le hasard le goût et puis aussi les personnes je suis tombé sur tout un tas de gens qui
- 26:48ont cru en moi
- 26:50Oui et puis je vais écouter dans un TEDx que vous avez fait
- 26:57sur le fait aussi que très tôt vous avez été sensibilisés au fait que dans vos cours au cours que le numérique allait prendre une place voilà je crois que au début vous étiez sur la partie retouche photo retouche photo et tout de suite vos
- 27:13profs disaient que bientôt les machines vont arriver bientôt enfin voilà que c'était trop tôt au moment où vous avez des études mais il fallait s'y préparer c'est un peu tout à fait mais ça c'est la même avant les beaux arbres
- 27:25J'ai fait un lycée professionnel de retouche photo.
- 27:29Et c'était la retouche photo sans Photoshop,
- 27:31au pinceau,
- 27:31au crayon.
- 27:33Donc un métier qui n'existe plus.
- 27:34J'ai été formé trois ans à un métier qui a disparu complètement.
- 27:39Mais ce qui m'a appris quand même beaucoup de choses,
- 27:41bien sûr.
- 27:43Et c'est très bien pour ça.
- 27:45Mais voilà,
- 27:47là j'ai pu voir de près ce que fait le changement numérique.
- 27:53C'est-à-dire le fait que...
- 27:55un métier puisse complètement disparaître ou alors se transformer à un point incroyable.
- 28:03Je me rappelle que sous Photoshop,
- 28:05par exemple,
- 28:05alors que moi j'avais été formé très longtemps,
- 28:08mon épouse était plutôt meilleure que moi en très peu de temps.
- 28:13Alors qu'elle n'avait pas été spécialement formée à la retouche,
- 28:16mais l'outil avait changé.
- 28:20Il obligeait toujours à avoir un œil,
- 28:22etc.
- 28:22Mais il y a tout un tas de savoir-faire dont il n'y avait plus besoin,
- 28:25comme savoir tailler ses crayons et nettoyer ses pinceaux,
- 28:29etc.
- 28:32Justement,
- 28:35vous avez vu vraiment ce métier changer.
- 28:37Ce n'était pas vraiment votre métier au final.
- 28:41Vous avez,
- 28:42comme on dirait dans le monde de la startup,
- 28:43pivoté.
- 28:45Vous avez pivoté.
- 28:48Et justement...
- 28:50pour aller dans cet échange-là.
- 28:53Pour vous,
- 28:55le numérique est en train de changer le monde,
- 28:57mais comment il est en train de changer la partie art et culture au sens large ?
- 29:04Parce que désormais,
- 29:05les artistes peuvent partager leurs œuvres en ligne,
- 29:07ils peuvent forcément aussi atteindre un public beaucoup plus large,
- 29:10ils utilisent aussi des outils innovants comme la réalité virtuelle et peut-être d'autres choses pour avancer.
- 29:16Comment vous voyez ça,
- 29:18vous,
- 29:18de ce côté-là ?
- 29:19Comment ça fait évoluer le métier ?
- 29:21Est-ce que aussi,
- 29:22dans les beaux-arts,
- 29:23ça fait évoluer les cours ?
- 29:25Enfin,
- 29:25voilà,
- 29:25tous ces choses-là.
- 29:26Oui,
- 29:27oui,
- 29:27ça fait évoluer les cours.
- 29:29Chaque année,
- 29:29c'est une des choses qui est intéressante avec le numérique.
- 29:33Donc ça fait presque 30 ans que je l'enseigne.
- 29:36Et en fait,
- 29:37chaque année,
- 29:38il y a des choses nouvelles qui se passent.
- 29:40Quand j'ai démarré,
- 29:41on faisait des CD-ROP,
- 29:43et puis on s'est intéressé aux possibilités du web,
- 29:46ce qui bien sûr a fait exploser tout un tas de choses.
- 29:52Régulièrement des sujets nouveaux,
- 29:53par exemple la géolocalisation,
- 29:55le GPS,
- 29:56qui a été un sujet intéressant pour les artistes.
- 30:01Les réseaux sociaux,
- 30:03un sujet et un support de diffusion et de promotion intéressants pour les artistes.
- 30:09Et puis là,
- 30:10dernièrement,
- 30:11l'IA,
- 30:11évidemment,
- 30:12le métaverse peut-être,
- 30:14etc.
- 30:14Ce sont des nouveaux sujets qui parfois ne dé...
- 30:20et parfois rentrent dans la palette des outils des artistes ou dans les sujets sur lesquels ils travaillent.
- 30:31Donc voilà,
- 30:32on ne s'ennuie jamais,
- 30:33il se passe toujours quelque chose avec le numérique,
- 30:35ça c'est le bon côté.
- 30:37Et puis voilà,
- 30:39ce qui change bien sûr tout le temps aussi,
- 30:40c'est le rapport de nos étudiants et du monde de l'art,
- 30:47mais du public.
- 30:49le rapport de nos étudiants au numérique,
- 30:53puisque eux-mêmes en ont un,
- 30:54ils sont sur des réseaux sociaux,
- 30:57ils ont leurs propres pratiques,
- 30:58parfois ils sont en avance sur nous,
- 31:01sur telle ou telle chose,
- 31:02ils connaissent tel support bien avant nous.
- 31:09C'est assez intéressant de voir qu'on ne peut pas du tout s'ennuyer avec ça.
- 31:13Et puis le public a changé.
- 31:16Oui,
- 31:17le public.
- 31:18Oui,
- 31:18on en reparlera peut-être plus tard,
- 31:19mais il y a une époque,
- 31:21disons il y a 30 ans,
- 31:23l'idée de faire une œuvre avec un ordinateur,
- 31:26il y a beaucoup de gens que ça rebutait.
- 31:29Beaucoup.
- 31:31Ils disaient,
- 31:32un ordinateur n'a pas de cœur,
- 31:33un ordinateur n'a pas d'âme,
- 31:35un ordinateur n'a pas de sentiments,
- 31:37ce qui est tout à fait vrai.
- 31:39Mais en même temps,
- 31:39si on y pense,
- 31:40un tube de peinture non plus n'a pas de cœur,
- 31:43n'a pas de sentiments.
- 31:46L'important c'est plutôt l'artiste et ce qui fait que l'outil,
- 31:51mais les outils ont quand même une influence sur les œuvres et c'est toujours important de l'avoir en tête.
- 32:01Et justement,
- 32:03dans les technologies qui émergent,
- 32:04qui sont utilisées dans l'art,
- 32:07c'est lesquelles en ce moment,
- 32:10qu'est-ce que vous voyez qui devient de plus en plus prenant et important ?
- 32:15En ce moment,
- 32:16vraiment,
- 32:16et je croyais que ça passerait un petit peu plus vite,
- 32:19mais pas du tout,
- 32:20c'est quand même l'IA.
- 32:22Les IA génératives sont vraiment un gros,
- 32:25gros sujet qui change beaucoup,
- 32:28y compris le marché de...
- 32:29Enfin,
- 32:30pas le marché de l'art,
- 32:30mais...
- 32:32Parce que mes étudiants ne sont pas forcément amenés à être des artistes.
- 32:36Beaucoup vont être juste des...
- 32:37Enfin,
- 32:38pas juste.
- 32:39Beaucoup vont être des designers graphiques et des illustrateurs,
- 32:43etc.
- 32:45et certains se sentent en concurrence directe avec les machines puisque maintenant un commanditaire qui s'abonne à mi-journée peut être un peu pénant et se dire pour 20 euros par mois ça me coûte beaucoup moins cher que de demander une illustration à 400 euros à quelqu'un et
- 33:09donc
- 33:10Et puis en plus,
- 33:12le public ne va pas forcément voir la différence.
- 33:15Donc il y a vraiment un sujet de métier,
- 33:20une transformation du métier.
- 33:22Mais c'est aussi un bon sujet d'exploration artistique.
- 33:24Il y a des artistes qui s'amusent très bien avec l'IA et qui en tirent des choses.
- 33:29Et ce qui est drôle,
- 33:30c'est qu'eux aussi sont abonnés à Midjournal,
- 33:32mais ils perdent plutôt plus de temps à travailler leur prompte.
- 33:40que quelque chose ça leur fait pas gagner du temps ni de l'argent ça leur fait au contraire perdre du temps et c'est plutôt rigolo c'est ce que vous voyez c'est que ça leur fait perdre plus de temps et qu'ils iraient presque plus vite à
- 33:56faire leurs oeuvres de la manière,
- 33:59je vais pas dire à l'ancienne parce que c'est pas ça ce qui met de la faire sans l'aide de l'IA que de faire leur prompte tout à fait,
- 34:06c'est pas ce que je vois c'est ce que eux disent...
- 34:09Je me rappelle par exemple d'Eric Tabuchy,
- 34:11qui est un super photographe,
- 34:15qui a réalisé avec Nelly Monnier l'Atlas des régions naturelles,
- 34:21où il va prendre des photos un petit peu partout en France.
- 34:23Et il a sorti un petit peu plus tard un autre atlas qui s'appelle le troisième atlas,
- 34:30dans lequel les photos ressemblent beaucoup à ce qu'il fait déjà,
- 34:35mais sont toutes faites par hier.
- 34:38Il fait des photos qui ressemblent beaucoup.
- 34:40Il y a des gens qui ont pris ça pour une vraie trahison,
- 34:43puisque c'est plus documentaire.
- 34:47Mais il ne fait pas ça pour gagner du temps.
- 34:49Il le disait lui-même,
- 34:50il perdait un temps fou.
- 34:52Par exemple,
- 34:52la couverture de son livre...
- 34:55qui est un graphisme assez simple qu'on pourrait programmer en deux minutes avec un langage de programmation tout bête,
- 35:05ou alors faire en deux minutes avec Illustrator.
- 35:09Lui,
- 35:09il a passé trois jours pour arriver à avoir exactement ce qu'il voulait.
- 35:13Mais il fallait que ce soit la machine qui le produise,
- 35:16et donc il s'est battu avec la machine.
- 35:19Il passe beaucoup de temps à se battre contre la machine,
- 35:21et ce n'est pas le seul,
- 35:22beaucoup font ça.
- 35:26C'est intéressant d'entendre ça et c'est vrai qu'avec l'arrivée de ces outils,
- 35:30ces outils Midjourney,
- 35:31Dali,
- 35:32Adobe Firefly,
- 35:34qui permettent de pouvoir être potentiellement autonome,
- 35:38je mets des guillemets autour de tout ça,
- 35:41parce que c'est aussi,
- 35:42moi ce que je veux faire passer,
- 35:44c'est que l'IA dans ces cas-là est un partenaire de création et non un simple outil.
- 35:49Parce que,
- 35:50comme vous le dites,
- 35:50c'est du temps à créer un bleu,
- 35:52bon prompt,
- 35:52etc.
- 35:53Tout le monde n'est pas spécialiste de ces outils-là.
- 35:55Et je trouve que c'est important d'avoir ce retour d'artistes.
- 35:58Ils disent qu'ils y passent beaucoup trop de temps finalement.
- 36:01Mais après,
- 36:03au bout d'un moment,
- 36:03ils vont quand même réussir à les apprivoiser,
- 36:06à les utiliser pour que ça devienne un partenaire.
- 36:08Mais c'est important aussi de le dire que l'intelligence artificielle,
- 36:14c'est au service de nous et des artistes.
- 36:18Tout à fait.
- 36:18Et les bons artistes qui utilisent l'IA,
- 36:20quand je vois apparaître leur production sur mon fil Instagram,
- 36:24par exemple,
- 36:25je vois tout de suite quel artiste c'est.
- 36:28Je reconnais le style de la personne,
- 36:30etc.
- 36:31Ce n'est pas le style de mes journées.
- 36:34Et c'est pareil avec
- 36:35TGPT, par exemple.
- 36:37Nos étudiants doivent écrire,
- 36:39ils doivent produire des mémoires,
- 36:41des devoirs,
- 36:41etc.
- 36:42Et ils n'aiment pas tous ça,
- 36:45d'ailleurs.
- 36:47Il y en a plusieurs qui utilisent ChatGPT,
- 36:50certains le font très bien et d'autres très mal.
- 36:52Ceux qui le font très mal,
- 36:53on voit tout de suite des longues listes à points avec un propos un peu plat et sans aucun intérêt,
- 37:01etc.
- 37:02Alors qu'il y en a d'autres qui prennent ChatGPT pour un collaborateur.
- 37:06Pour eux,
- 37:06c'est une machine qui travaille avec eux,
- 37:09avec qui ils travaillent,
- 37:10à qui ils veulent faire dire ce qu'ils ont envie de dire,
- 37:13mais ils profitent de l'orthographe impeccable.
- 37:17de la bonne tournure de phrase voilà mais il ne se laisse pas diriger par les méchis c'est ça c'est là où demain on verra la différence aussi moi j'ai aussi ce cas là dans la partie développement
- 37:33par exemple d'application où beaucoup utilisent beaucoup utilisent l'IA pour développer pour écrire des lignes de code mais on part du principe que déjà si le dev ne sait pas l'expliquer ne sait pas l'analyser...
- 37:46ne sait pas le faire,
- 37:48pour nous c'est pas utile parce que demain il va falloir faire un debug,
- 37:50s'il l'a pas compris il trouvera pas.
- 37:52Voilà et donc Nous on programme beaucoup et donc pareil on a exactement le même,
- 38:04la même analyse c'est à dire que si jamais on sait pas ce qu'on fait on aura un résultat assez piteux et puis voilà.
- 38:15Après,
- 38:16il y a un vrai danger avec le développement informatique avec
- 38:19TGPT. Ce n'est pas seulement ça.
- 38:22C'est aussi le fait que ces IA se basent quand même sur un corpus qu'ils ont été prendre à Stack Overflow,
- 38:33etc.
- 38:35Et un jour,
- 38:36personne n'aimentera plus tous ces forums.
- 38:38Et qu'est-ce qui va se passer ?
- 38:43et quoi est-ce que ces outils génératifs vont être nourris.
- 38:48Et c'est aussi le problème en art.
- 38:51Beaucoup d'artistes n'ont rien de loin comme ça contre l'IA,
- 38:57sauf qu'ils savent que ce sont leurs œuvres qui sont à l'intérieur,
- 39:01qui ont été aspirées sur Internet,
- 39:04et ils ont l'impression de se faire avoir,
- 39:07parce que leurs œuvres servent à créer d'autres œuvres discount.
- 39:14et donc voilà ils ont l'impression qu'il y a une escroquerie j'en connais beaucoup c'est sûr que sur l'impact du digital sur l'art il va y avoir un enjeu autour de la propriété intellectuelle mais ça on le sait au sens large du terme on n'est pas que
- 39:30sur l'art et les artistes il y a aussi tout ce qui est autour des sources où je vais chercher comment je réutilise etc.
- 39:39Et ça,
- 39:39c'est un vrai sujet.
- 39:42Pour l'instant,
- 39:43on ne sait pas trop.
- 39:45Il n'y a pas forcément de loi autour de tout ça,
- 39:48même si à l'heure où on enregistre,
- 39:50je crois que c'est cette semaine ou la semaine prochaine qu'on va avoir le décret européen sur l'IA qui va être porté sur le droit français.
- 39:59Normalement,
- 40:00après...
- 40:01temporalité qui est un peu compliquée en ce moment sur la partie politique en France,
- 40:07mais voilà il y a tous ces sujets là,
- 40:09parce que c'est vrai qu'il perd la notion de son oeuvre,
- 40:13et comme vous dites demain,
- 40:14il peut dire un promptia peut dire,
- 40:16est-ce que tu peux me reproduire l'oeuvre de telle personne et la mettre de telle manière,
- 40:21sur du pixart ou autre,
- 40:22ou du style d'Andy Warhol,
- 40:24ou des choses comme ça et là,
- 40:25il perd un peu sa notion oui,
- 40:30oui
- 40:31Les réponses pour le moment ne sont pas très bonnes.
- 40:33Il y a des artistes qui ont réussi à obtenir,
- 40:36enfin,
- 40:37qui réclament et qui obtiennent l'opt-out.
- 40:40C'est-à-dire que,
- 40:40par exemple,
- 40:41si on demande d'avoir une œuvre à la manière de Stark,
- 40:47le designer,
- 40:48on ne peut pas.
- 40:50Mid-journée,
- 40:50il va dire Ah non,
- 40:51je n'ai pas le droit de faire du Stark Mais par contre,
- 40:53si on lui demande,
- 40:54on veut un press-agrumes futuriste en métal,
- 40:58etc.,
- 40:58il va nous faire celui de Stark.
- 41:02parce qu'ils peuvent juste enlever le nom dans les promptes,
- 41:05mais pour le reste,
- 41:07personne n'est capable d'enlever des images du corpus qui a servi à entraîner Midjourney ou autre.
- 41:15Déjà,
- 41:16il est déjà entraîné,
- 41:18et puis il y a des milliards d'images,
- 41:19personne ne sait même complètement ce qu'il y a dedans.
- 41:24C'est assez intéressant.
- 41:26Mais là,
- 41:26je vois que les sociétés de droit,
- 41:28comme l'Assassin,
- 41:29ont...
- 41:30ou les DAGP,
- 41:31etc.
- 41:32Leur idée,
- 41:33c'est plutôt de régler tout ça avec des taxes à nouveau,
- 41:42comme on a déjà.
- 41:43Quand on achète une clé USB,
- 41:45il y a 2 euros dedans qui vont à la SACEM et autres,
- 41:49ce qui fait que tous ces gens ne râlent plus.
- 41:52Je ne sais pas si c'est la bonne solution,
- 41:55parce que...
- 41:56elle n'est pas forcément juste.
- 41:57À chaque fois,
- 41:58l'argent est redistribué plutôt à ceux qui vendent déjà beaucoup.
- 42:03Quand on a une clé USB,
- 42:04les 2 euros,
- 42:05il y en a un qui va à la famille de Johnny Hallyday,
- 42:09mais pas forcément aux...
- 42:11Oui,
- 42:12aux artistes,
- 42:13à tous les artistes.
- 42:14Ce n'est pas équitable.
- 42:15Ce n'est pas équitable.
- 42:19Et justement,
- 42:20toujours en continuant sur tout ce qui est rémunération,
- 42:24on voit apparaître...
- 42:25depuis quelques années,
- 42:26l'essor du crypto art,
- 42:29la partie NFT,
- 42:30la montée en puissance qui a révolutionné le marché de l'art depuis 2020.
- 42:35Je crois même que ça atteint une valeur de 41 milliards de dollars.
- 42:40Ça rivalise quasiment avec le marché de l'art traditionnel,
- 42:42d'après ce que j'ai pu trouver dans les sources.
- 42:46Alors,
- 42:46la première question,
- 42:47je sais que vous aimez vulgariser,
- 42:49c'est est-ce que vous pouvez expliquer à nos auditeurs ce que c'est le NFT ?
- 42:53Voilà.
- 42:55pour ce que j'ai compris,
- 42:56parce que ce n'est pas si simple.
- 42:57Je ne frappule pas et je ne comprends pas bien les plateformes,
- 43:00leurs règles et tout,
- 43:01et je n'ai pas envie de trop me lancer dedans.
- 43:05Mais j'ai l'impression que ce sont des certificats de propriété qui,
- 43:10en général,
- 43:10certifient avant tout eux-mêmes.
- 43:13C'est-à-dire que le certificat est authentique,
- 43:15mais ça ne veut pas dire…
- 43:16Enfin, on pourrait faire un certificat authentique qui porte sur une offre qui n'appartient pas à celui qui a fait le certificat.
- 43:23Je ne sais pas si ça se fait.
- 43:27Mais voilà,
- 43:27ce sont des certificats qui sont inviolables et qui sont répliqués de manière cryptée sur des serveurs.
- 43:40Et tant qu'il y a des gens pour maintenir les serveurs en question,
- 43:45ces certificats sont authentiques.
- 43:50Mais ils ne contiennent pas forcément l'œuvre,
- 43:52même s'il y en a dans lesquels on peut mettre du texte et on pourrait mettre le code,
- 43:55etc.
- 43:59Mais voilà,
- 43:59j'étais un petit peu réservé sur le principe parce que je ne comprends pas bien l'économie,
- 44:03etc.
- 44:04Et puis surtout,
- 44:05je vois une économie qui repose vraiment sur des serveurs allumés en permanence,
- 44:10etc.
- 44:11Je ne sais pas si c'est bien,
- 44:14mais après,
- 44:15il n'y a pas que ça.
- 44:19c'est forcément un vrai sujet c'est qu'il y a le côté aussi environnement qui pose question parce que on le voit que ce soit sur l'IA la blockchain et donc les NFT forcément ça consomme beaucoup et c'est
- 44:32là où des industries comme Nvidia pour ne pas les citer parce que c'est quand même eux qui sont
- 44:40principalement sur le marché je pense qu'il doit avoir quasi tout le marché tout le marché de tout ça on a vu leur progression au niveau de la bourse qui est assez incroyable même et ben ça consomme tout ça ça consomme c'est des grosses consommations et et derrière voilà ça pose question sur le nft aussi a toujours toujours
- 45:00un peu le côté le côté qu'est ce que ça va enfin est ce que ça va durer c'est quand même assez volatile aussi
- 45:08Mais il y a quand même des choses qui se sont vendues assez cher.
- 45:15Je crois,
- 45:15là,
- 45:15j'ai des exemples d'une œuvre qui s'appelle The Merge de l'artiste Pac,
- 45:21qui a été vendue 91,9 millions de dollars en 2021 sur une plateforme d'enchaire.
- 45:28C'est quand même assez énorme.
- 45:29Il a été acheté par,
- 45:32j'ai les chiffres là devant moi,
- 45:34quasiment 29 000 personnes.
- 45:36qui ont acheté 266 000 unités d'oeuvre.
- 45:39Donc en fait,
- 45:39ce que vous expliquez,
- 45:40c'est que le NFT,
- 45:41on va acheter une partie de l'oeuvre.
- 45:44Voilà.
- 45:45Et surtout,
- 45:47on achète le certificat.
- 45:49Mais le truc avec ça,
- 45:53c'est plutôt qui m'embête,
- 45:54c'est pas tellement l'énergie,
- 45:56au sens où si l'énergie,
- 45:58bien sûr c'est un problème,
- 45:59mais on peut dire ça aussi avec l'IA,
- 46:01on peut dire ça aussi avec tous nos serveurs.
- 46:05On utilise beaucoup d'énergie de toute façon.
- 46:07Donc le NFT,
- 46:08oui,
- 46:09mais je ne sais pas s'il faut se focaliser dessus.
- 46:11Bien que ce soit vraiment très gourmand,
- 46:13mais je vois qu'il y a des NFT maintenant qui sont censés consommer beaucoup moins ou des monnaies qui sont censées être beaucoup plus économes en énergie.
- 46:26Je ne sais pas si ça se réglera.
- 46:28Mais il y a aussi la pérennité.
- 46:30J'ai réalisé une douzaine de CD-ROM dans les années…
- 46:351990 et à l'époque on disait que c'est des roms allait remplacer le livre
- 46:42C'était vraiment une il y avait une fois est ce qu'on se disait déjà c'est immortel c'est des roms puisque c'est numérique on peut le recopier tant qu'on veut et puis première chose et deuxième chose et ben ça
- 46:58va beaucoup plus loin que le livre puisqu'on peut mettre
- 47:01beaucoup plus de texte,
- 47:02on peut mettre d'autres genres de médias,
- 47:04etc.
- 47:06De loin,
- 47:06ça avait l'air vrai.
- 47:08Et puis dans la pratique,
- 47:09il n'y a aucun déciderum que j'ai fait que je pourrais voir maintenant.
- 47:13Je ne peux pas émettre.
- 47:14Je suis 25 ans plus tard,
- 47:16tout est mort.
- 47:17Et c'est pareil avec les NFT,
- 47:19enfin,
- 47:19ce n'est pas que c'est pareil avec les NFT,
- 47:21mais si jamais tel système de blockchain est abandonné par ceux qui le maintiennent,
- 47:28eh bien,
- 47:29les...
- 47:31les certificats en question n'auront plus aucune valeur particulière.
- 47:37Donc,
- 47:37il y a un petit risque d'obsolescence.
- 47:42Ça,
- 47:42c'est une chose à laquelle je n'avais pas pensé il y a 30 ans,
- 47:45quand j'ai commencé.
- 47:47Ce n'était pas un sujet.
- 47:48Et maintenant,
- 47:49j'y suis relativement attentif.
- 47:52Donc,
- 47:52voilà.
- 47:53Mais est-ce que ça,
- 47:55ça commence à faire ses enseignées,
- 47:56c'est expliqué par le store ?
- 47:59Oui,
- 48:00oui.
- 48:01On parle beaucoup de ça aux étudiants.
- 48:04Mais pour revenir au NFT d'une manière beaucoup plus positive,
- 48:07ce que j'ai trouvé vraiment intéressant,
- 48:09pour moi qui aime le code créatif,
- 48:11comme on dit,
- 48:12donc l'utilisation du code pour produire des œuvres plastiques,
- 48:16c'est que pour la première fois,
- 48:17ça a créé une sorte de business model pour le code créatif,
- 48:23qui jusqu'ici,
- 48:24on n'avait pas.
- 48:26Et voilà.
- 48:27Et puis,
- 48:28il y a...
- 48:28tout un tas de gens qui vendent des œuvres sur des plateformes.
- 48:32Il n'y avait jusqu'ici pas de moyens.
- 48:35Évidemment,
- 48:36il y avait des expositions où on pouvait acheter des impressions,
- 48:42des choses au traceur et tout.
- 48:43D'ailleurs,
- 48:44le traceur marche bien maintenant.
- 48:47Mais les NFT ont donné quelque chose d'assez cohérent puisque c'est de l'art numérique sur un support numérique.
- 48:58Et donc ça c'est la partie positive des
- 49:01NFT. Mais je ne me suis pas lancé dedans du tout,
- 49:04ni comme acheteur,
- 49:05ni comme producteur.
- 49:06D'accord.
- 49:07Moi non plus,
- 49:08j'ai un peu du mal,
- 49:09enfin producteur c'est sûr que non,
- 49:10mais en tant qu'acheteur non,
- 49:11j'ai encore un peu de mal à avoir,
- 49:14enfin avoir,
- 49:17pas l'intérêt,
- 49:17parce que bon je pense qu'il y a un intérêt,
- 49:19il y a quelque chose,
- 49:19mais voilà,
- 49:21c'est aussi du placement,
- 49:22enfin c'est aussi du placement,
- 49:23enfin c'est...
- 49:24C'est clairement considéré de façon comme du placement.
- 49:28Oui,
- 49:28oui.
- 49:28Et puis,
- 49:29pas que.
- 49:30En fait,
- 49:31la question avec l'art,
- 49:32c'est que depuis toujours,
- 49:33il y a l'idée de l'original.
- 49:35L'originalité.
- 49:36On achète...
- 49:37Disons,
- 49:38ça nous arrive à tous,
- 49:40peut-être,
- 49:40d'acheter un poster de...
- 49:43d'un beau tableau qu'on aime,
- 49:46mais on ne le paierait pas plusieurs millions.
- 49:49Par contre,
- 49:50une œuvre qui est complètement unique,
- 49:52un tableau qui n'existe qu'un exemplaire,
- 49:56on comprend qu'il ait une valeur importante.
- 50:01On peut discuter de sa valeur et se dire que c'est exagéré,
- 50:03etc.
- 50:05C'est de la spéculation ou autre.
- 50:07Mais l'idée de l'œuvre qui n'existe qu'en un exemplaire,
- 50:12où les œuvres multiples mais avec des exemplaires numérotés,
- 50:18on comprend tous l'idée,
- 50:20et donc les NFT ont permis ça,
- 50:22ont permis de rendre peut-être un peu artificiellement des œuvres numériques uniques,
- 50:30en particulier sous forme de multiples.
- 50:33Et donc c'était intéressant.
- 50:35Ça permet aussi finalement à l'artiste de se faire rémunérer.
- 50:40Peut-être...
- 50:42Plus rapidement,
- 50:43finalement.
- 50:45Peut-être plus rapidement.
- 50:46Après,
- 50:46il faut voir aussi ce que ça va devenir dans le futur.
- 50:50Comme vous l'avez dit,
- 50:50il faut voir tout ce qui est autour de la législation et aussi de la pérennité et de la durabilité de tout ça.
- 50:57Il faut des gens pour maintenir ces serveurs.
- 50:59Il faut des serveurs qui soient de plus en plus aussi responsables,
- 51:02etc.
- 51:05L'avenir nous le dira sur ce sujet-là.
- 51:07Et moi,
- 51:08je voulais revenir sur un sujet,
- 51:10vous avez dit,
- 51:11c'est aussi toujours pareil par rapport,
- 51:13vous avez dit que les étudiants apprennent à coder,
- 51:16à programmer.
- 51:17Et donc,
- 51:18ils utilisent des logiciels,
- 51:19l'intelligence artificielle pour créer leurs œuvres,
- 51:22pour aller beaucoup plus loin dans leur créativité.
- 51:26Et justement,
- 51:27vous aviez écrit en 2010 un livre sur ça,
- 51:33qui s'appelait Processing,
- 51:34le code informatique comme outil de création.
- 51:372010,
- 51:38c'était il y a 15 ans déjà,
- 51:42vous étiez déjà dans les prémices de l'usage de l'algo.
- 51:46Comment ça se concrétise,
- 51:47comment ça fonctionne pour un artiste d'utiliser la programmation ?
- 51:53Juste sur l'histoire,
- 51:55je ne suis vraiment pas dans les débuts,
- 51:57les débuts c'est les années 60,
- 52:00donc là je n'étais même pas né.
- 52:04Mais donc il y a des artistes comme Vera Molnar,
- 52:06qui est morte il n'y a pas très longtemps,
- 52:07ou
- 52:08Manfred Mohr,
- 52:09et puis tout un tas d'autres,
- 52:11qui ont eu l'idée,
- 52:15souvent ils étaient eux-mêmes un peu ingénieurs,
- 52:17ou même beaucoup ingénieurs parfois,
- 52:19mais qui ont eu l'idée qu'on pourrait utiliser le code et les mathématiques pour produire de l'art.
- 52:25Donc ça c'est relativement ancien,
- 52:27mais c'était quand même vraiment une niche.
- 52:34Petit à petit avec la démocratisation de l'ordinateur,
- 52:37l'ordinateur est devenu à la fois un outil et aussi un média,
- 52:41puisque maintenant on regarde aussi les œuvres sur internet par exemple,
- 52:46où avec le CD-ROM il fallait un ordinateur pour regarder le
- 52:51CD-ROM.
- 52:54Et donc voilà,
- 52:54ça se démocratise tout à fait,
- 52:58et les outils aussi se démocratisent.
- 53:01les artistes dont je parlais des années 60,
- 53:04il fallait qu'ils aient accès à des laboratoires universitaires et on leur donnait quelques minutes de temps de calcul pour faire des choses.
- 53:15Maintenant tout le monde a un ordinateur chez lui ou tout le monde a un ordinateur dans la poche,
- 53:18en tout cas en le sachant ou pas,
- 53:21enfin en sachant ou pas que c'est un ordinateur,
- 53:24mais c'est tellement répandu.
- 53:30Et donc là,
- 53:32les étudiants utilisent des outils de création,
- 53:35enfin vous leur apprenez à utiliser des outils de création.
- 53:39Voilà,
- 53:39c'est comme quoi par exemple,
- 53:42concrètement ?
- 53:42C'est vraiment processing,
- 53:45pour une raison,
- 53:46qui est le traumatisme de l'époque du CD-ROM.
- 53:49J'étais directeur,
- 53:51qui était un logiciel propriétaire,
- 53:53et un jour,
- 53:53directeur a été racheté dans un pack,
- 53:55parce que ça ne les intéressait pas,
- 53:57mais ils ont acheté toute la boîte Macromedia.
- 54:00ce qui les intéressait c'était Flash.
- 54:03Ils l'ont acheté,
- 54:04enfin Adobe l'a acheté,
- 54:05et puis n'en a rien fait.
- 54:07Le logiciel est mort,
- 54:09et donc tout le temps investi à apprendre et à enseigner,
- 54:12d'ailleurs le directeur était un peu perdu.
- 54:15Donc là,
- 54:16je me suis dit quand même qu'il fallait se rabattre sur des outils libres,
- 54:20obligatoires.
- 54:22Donc
- 54:23Processing, parce que je l'aime beaucoup,
- 54:25c'est un petit peu...
- 54:27Il y a une interface assez intéressante pour apprendre de manière progressive.
- 54:31On a juste une fenêtre,
- 54:32on tape du code,
- 54:33on appuie sur play et ça nous lance le tabac.
- 54:36Ce n'est pas comme les IDE un petit peu sérieuses où il faut…
- 54:45où il faut dire qu'on veut charger telle librairie,
- 54:48etc.
- 54:48Là aussi,
- 54:49d'ailleurs,
- 54:49il y a des librairies.
- 54:51Mais disons que,
- 54:53contrairement à des langages un petit peu généralistes,
- 54:56Processing sert à faire de la création visuelle.
- 54:58Donc,
- 54:59il sait déjà qu'on veut afficher des choses.
- 55:01On n'a pas besoin de lui expliquer tout un tas de trucs.
- 55:06Mais en revanche,
- 55:07c'est une très bonne initiation au code,
- 55:11à l'algorithme,
- 55:12etc.
- 55:12Il y en a d'autres.
- 55:14Par exemple Scratch,
- 55:15même pour des adultes c'est assez intéressant.
- 55:18Il y a après ça
- 55:20Python qui est très à la mode et qui là aussi est ouvert,
- 55:25ce n'est pas propriétaire.
- 55:29Et puis tous les langages du web sont intéressants aussi,
- 55:33JavaScript par exemple.
- 55:35Moi j'aime beaucoup Processing,
- 55:36je suis vraiment habitué à ça et je l'enseigne depuis très très longtemps.
- 55:41Peut-être qu'un jour,
- 55:42il faudra que je change et que je passe à d'autres outils.
- 55:45Mais tant qu'il fonctionne bien,
- 55:49je trouve que c'est un bon compromis entre le temps d'apprentissage et la qualité des choses qu'on peut faire.
- 55:57Et voilà.
- 55:57Et quoi qu'il arrive,
- 55:59ça reste qu'un outil.
- 56:01Ça permet au moins d'amener aux étudiants la manière de travailler sur ces outils et après à eux de se faire leur...
- 56:10leurs propres idées.
- 56:12Ça ne veut pas dire que s'ils changent un jour d'outil,
- 56:15qu'ils ne sauront pas l'utiliser.
- 56:16Il faudra qu'ils s'adaptent.
- 56:17Mais la manière dont on travaille reste à l'oeuvre.
- 56:21Ils comprennent la logique,
- 56:24l'idée.
- 56:24Ils comprennent un peu les maths.
- 56:26Je leur fais faire un peu de mathématiques à mon niveau.
- 56:29Je n'ai pas le bac.
- 56:31Mon niveau est faible.
- 56:32J'ai un niveau troisième.
- 56:33Mais n'empêche,
- 56:36eux,
- 56:37souvent un petit peu oublié ces matelas alors que qui sont très pratiques pour produire des images et puis et puis voilà donc les cours que je leur donne basse et en première année je leur montre les choses très progressivement et tape la même chose que moi ils font des petites variantes et puis voilà et
- 56:57ensuite pendant trois quatre ans beaucoup d'étudiants ne font plus de code du tout et c'est au moment de leur diplôme en cinquième année que souvent ils
- 57:06ils viennent me voir en disant je suis sûr que telle ou telle chose on pourrait le faire avec du code et ils ont raison et on le fait ensemble et c'est bien et puis il y a chaque année 2-3 geeks qui sont à fond dans le code et qui eux ont à peine besoin des profs ils se débrouillent très très bien oui il y en a certains qui ont plus d'appétence que d'autres voilà ce que je veux en tout cas c'est que pour tous les autres qu'ils aient vraiment une idée de ce qui
- 57:35peuvent faire,
- 57:35de ce qu'ils pourraient faire.
- 57:36Je ne leur demande pas de devenir ingénieur,
- 57:38ce n'est pas du tout ça.
- 57:41Je ne pourrais pas,
- 57:42d'ailleurs.
- 57:44Mais voilà,
- 57:44je leur demande d'avoir une idée de ce qu'ils pourraient faire,
- 57:46une idée des possibilités.
- 57:50Et justement,
- 57:52par rapport à ça,
- 57:53un étudiant des Beaux-Arts,
- 57:57derrière,
- 57:57il ne sait pas bien quoi,
- 57:59mais quels sont ses métiers qu'il va avoir ?
- 58:01Parce que...
- 58:03Tout le monde pense que les beaux-arts,
- 58:04on sort et on devient artiste et on vit de tout ça,
- 58:08mais je pense que c'est qu'une minorité.
- 58:13Sur des métiers où ils vont utiliser le numérique,
- 58:15qu'est-ce que va être leur métier derrière ?
- 58:18C'est une vraie question qui n'est pas si facile à résoudre,
- 58:23parce que nous-mêmes,
- 58:25on fait des études régulièrement pour voir ce que deviennent nos étudiants.
- 58:29C'est plutôt intéressant.
- 58:30On voit que souvent...
- 58:32ils arrivent à rester dans le champ artistique au sens large,
- 58:40bien qu'il y en ait qui finalement ont appris à plus s'intéresser à l'art grâce à l'école.
- 58:48Ils quittent l'école,
- 58:49il y en a qui ont un papier et tout.
- 58:52Et c'est peut-être notre faute ou peut-être que c'est bien même.
- 58:55De toute façon,
- 58:57tout le monde ne doit pas forcément être artiste.
- 59:01Et on en aide plusieurs gens.
- 59:03Ce qu'on apprend en école d'art,
- 59:05d'abord,
- 59:06c'est à être un peu débrouillard,
- 59:07à fabriquer ses propres outils.
- 59:13J'ai retrouvé un étudiant il y a quelques jours.
- 59:16Lui,
- 59:16il est devenu scénographe d'exposition.
- 59:18Il est un peu artiste,
- 59:19mais lui-même n'a pas forcément d'œuvres qu'il montre beaucoup.
- 59:26Mais il montre les expositions pour tout un tas d'artistes.
- 59:31Donc,
- 59:32des musées l'embauchent pour faire de la scénographie.
- 59:35Il n'a pas fait une formation de scénographie.
- 59:38Il a fait juste une formation d'art.
- 59:39Et puis...
- 59:41et il est débrouillard.
- 59:43C'est très souvent le cas,
- 59:45on en a beaucoup qui font ça,
- 59:46qui travaillent dans des métiers autour de la création artistique,
- 59:51qui sont embauchés par des centres d'art ou des choses comme ça.
- 59:56Évidemment,
- 59:57certains deviennent artistes et évidemment,
- 59:59c'est une minorité qui arrivera à en vivre vraiment.
- 1:00:04Ce n'est pas si facile de vivre de l'art.
- 1:00:09Et puis nous,
- 1:00:09on est en design,
- 1:00:10design numérique,
- 1:00:12enfin pas design numérique,
- 1:00:13design graphique et design numérique.
- 1:00:16Et nos étudiants vont devenir graphistes,
- 1:00:22éditer des livres,
- 1:00:23faire des choses comme ça.
- 1:00:26Ou pour ceux qui étaient vraiment spécialisés dans le numérique,
- 1:00:30faire des bornes numériques pour des musées ou des choses comme ça.
- 1:00:34Tout est possible,
- 1:00:35ou du web design évidemment.
- 1:00:39Ouais,
- 1:00:39un peu du XUI peut-être,
- 1:00:41ceux qui vont spécialiser dedans,
- 1:00:43l'expérience,
- 1:00:43enfin tout ce qui est autour de l'expérience utilisateur,
- 1:00:45des choses comme ça.
- 1:00:46Tout à fait,
- 1:00:47voilà,
- 1:00:48là c'est la mentalité du design,
- 1:00:50le design c'est à la fois devoir répondre à des problèmes,
- 1:00:54mais pas juste comme prestataire,
- 1:00:56il faut vraiment réfléchir à ces problèmes,
- 1:00:58et par exemple réfléchir à la manière dont on utilise les objets,
- 1:01:04leur but,
- 1:01:04etc.,
- 1:01:05objets au sens large,
- 1:01:06un site web étant un objet.
- 1:01:09en design et donc voilà c'est une mentalité qui est particulière et voilà nos étudiants trouvent des emplois dans ce registre justement
- 1:01:25lors de la prochaine biennale du design à Saint-Etienne il y aura une partie sur l'IA et le design,
- 1:01:31une grosse partie autour de tout ça
- 1:01:34pour échanger sur ce qu'apporte l'IA dans le design ou vice versa,
- 1:01:39comment on design aussi l'IA.
- 1:01:44Ce sont toujours très bien les expéditions à Saint-Etienne du design,
- 1:01:48je suis patient de voir ce qu'ils vont faire sur l'IA.
- 1:01:52Ils ont sorti déjà une revue à Saint-Etienne,
- 1:01:55les imuts sur l'IA en design.
- 1:01:58C'est vrai,
- 1:01:59c'est vrai,
- 1:01:59donc ce sera l'occasion de se voir alors Jean-Paul à Saint-Etienne.
- 1:02:05Donc ça sera l'occasion de se voir.
- 1:02:08Et donc,
- 1:02:09ok.
- 1:02:09Et moi,
- 1:02:10je voulais revenir aussi sur un autre pan de vos activités au sens large.
- 1:02:16C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup et c'est ce qui m'a amené aussi à vouloir échanger avec vous.
- 1:02:23C'est un peu l'art et la vulgarisation scientifique.
- 1:02:27Parce que c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup.
- 1:02:29Je suis déessayer des hommes et là aussi pour...
- 1:02:32vulgariser,
- 1:02:33simplifier,
- 1:02:34montrer un petit peu ce qu'est le numérique et un peu le décrypter.
- 1:02:38Moi aussi,
- 1:02:38j'aime enseigner.
- 1:02:40Je suis même allé essayer d'aller dans des écoles primaires pour parler cybersécurité,
- 1:02:47risques numériques,
- 1:02:48etc.
- 1:02:50Je trouve qu'en France,
- 1:02:53on est un tout petit peu en retard sur ces sujets-là.
- 1:02:55Je trouve qu'on forme trop tard nos élèves et nos étudiants.
- 1:02:59Donc,
- 1:03:00voilà,
- 1:03:00j'essaye de donner un petit peu des fois de mon temps pour y aller.
- 1:03:04Et vous,
- 1:03:05vous avez contribué à la petite BDTech des savoirs avec des titres comme Internet ou l'intelligence artificielle.
- 1:03:12Et vous,
- 1:03:13comment vous abordez ce défi de rendre ces sujets complexes accessibles dans un format en plus bande dessinée,
- 1:03:20donc qui va être très lisible par tout le monde ?
- 1:03:23Comment vous abordez ça ?
- 1:03:25Alors,
- 1:03:27c'est assez intéressant.
- 1:03:28Bon.
- 1:03:29La petite Bénéthèque des savoirs,
- 1:03:30ça a été monté par
- 1:03:32David Van Der Molen et Nathalie Van Kampenout,
- 1:03:35qui sont en Belgique et qui ont voulu créer une espèce de que sais-je en bande dessinée.
- 1:03:41C'était un petit peu ça le pitch de départ,
- 1:03:44avec l'idée à chaque fois d'avoir des spécialistes vraiment sérieux,
- 1:03:48comme Hubert Reeves pour l'astrophysique par exemple,
- 1:03:52ou Bernard Serret pour les requins,
- 1:03:54un super requinologue,
- 1:03:56enfin le plus célèbre requinologue du monde.
- 1:03:59donc des gens quand même importants dans leur domaine et ils les mettent avec des auteurs de bande dessinée eux-mêmes sérieux,
- 1:04:05des très bons auteurs
- 1:04:07Voilà,
- 1:04:08alors moi je suis un peu un escroc,
- 1:04:10puisque je ne suis pas scientifique,
- 1:04:12ni même un spécialiste finalement,
- 1:04:15mais
- 1:04:16David Van Der Molen avait vraiment confiance en moi sur les sujets liés au numérique,
- 1:04:24et donc il m'a fait travailler avec des gens super,
- 1:04:30comme Mathieu Bourgnat,
- 1:04:31avec qui j'ai réalisé la bande dessinée Internet,
- 1:04:34et puis avec Marion Montaigne.
- 1:04:36avec qui j'ai réalisé la bande dessinée sur l'intelligence artificielle,
- 1:04:39qui parle un petit peu de toute l'IA d'avant les IA génératives.
- 1:04:43Donc,
- 1:04:44c'est assez amusant qu'on ait sorti ça.
- 1:04:48Avant,
- 1:04:48c'est une autre IA,
- 1:04:49finalement.
- 1:04:49Ce n'est pas tellement celle qui nous fait parler en ce moment.
- 1:04:52Mais l'histoire est quand même intéressante.
- 1:04:55Je me suis toujours intéressé à l'histoire des techniques.
- 1:04:59Et puis,
- 1:05:01à l'histoire des techniques et en même temps à les comprendre,
- 1:05:05finalement.
- 1:05:05Donc,
- 1:05:06voilà,
- 1:05:08l'idée m'a plu.
- 1:05:12J'ai travaillé de manière différente avec les deux auteurs.
- 1:05:15Marion Montaigne,
- 1:05:16c'est à la fois une super humoriste et puis,
- 1:05:19je ne vais pas dire une chercheuse,
- 1:05:21parce que ce n'est pas le mot,
- 1:05:23mais disons qu'elle travaille vraiment avec le principe de l'enquête.
- 1:05:28Elle va voir des scientifiques,
- 1:05:30elle discute avec eux,
- 1:05:31etc.
- 1:05:33Donc moi,
- 1:05:33en tant que co-scénariste,
- 1:05:34je n'allais pas écrire des gags pour elle,
- 1:05:37même si j'en ai un dans le livre.
- 1:05:39Mais disons que c'est elle qui sait faire rire les gens,
- 1:05:43ce n'est pas moi.
- 1:05:44Et puis,
- 1:05:46je n'allais pas non plus lui imposer un texte monolithique.
- 1:05:51Au contraire,
- 1:05:51on est partis tous les deux,
- 1:05:52on est allés rencontrer des chercheurs qui nous ont raconté ce sur quoi ils travaillaient,
- 1:05:57etc.
- 1:05:57Donc j'ai plutôt suivi Marion Lonteng,
- 1:06:01que était son...
- 1:06:02son scénariste au sens où tu lui aurais donné un texte qu'elle devait illustrer ça ne s'est pas passé du tout comme ça et puis le deuxième,
- 1:06:11Mathieu Bourgnat je lui ai donné un texte tout fait donc je ne faisais que 5 pages mais qui expliquait vraiment un petit peu tous les enjeux d'internet et tout,
- 1:06:22il l'a adapté vraiment dans l'ordre où c'était écrit avec le fil de ma pensée mais en ayant une idée lui-même
- 1:06:32très très bonne au départ,
- 1:06:33qui est le prétexte.
- 1:06:34C'est-à-dire qu'on utilise une vieille dame qui découvre Internet et qui existe.
- 1:06:40C'est Ayasten Chakarian,
- 1:06:41qui est une dame en Géorgie,
- 1:06:45qui a cassé un câble et qui a coupé Internet pour tout le Moyen-Orient,
- 1:06:52juste d'un coup de pioche.
- 1:06:54C'est elle qu'on utilise comme héroïne,
- 1:06:57et qui se fait expliquer par un câble de fibre optique.
- 1:07:02internet et ce qui était intéressant là c'était l'échange parce que même si Mathieu est plus jeune que moi et que en théorie il est un digital native il connaissait pas si bien internet donc et par contre il adore comprendre lui même il
- 1:07:19a fait un super livre sur la physique quantique par exemple et donc dans l'échange il fallait que j'arrive à lui expliquer les choses et donc la vulgarisation s'est fait comme ça fallait déjà que j'explique les choses au dessinateur
- 1:07:31pour qu'ils puissent ensuite leur donner une forme qui fonctionne.
- 1:07:39Super intéressant.
- 1:07:40Moi,
- 1:07:40je trouve qu'avoir ce type de format un peu différent pour sensibiliser un large public,
- 1:07:47d'autres publics,
- 1:07:48parce que tout le monde n'est pas sensible à des livres,
- 1:07:50il y en a qui aiment les BD,
- 1:07:51il y en a qui aiment écouter,
- 1:07:53il y en a qui aiment...
- 1:07:54Et je trouve que c'est assez intéressant parce que c'est des sujets qui peuvent permettre de...
- 1:07:59de sensibiliser sur les enjeux du numérique.
- 1:08:01On peut prendre l'exemple aussi du livre sur l'environnement de Marc
- 1:08:06Giancovici. Ça y est,
- 1:08:09j'ai oublié le nom.
- 1:08:12L'histoire de la fin du monde.
- 1:08:13Un monde sans fin,
- 1:08:14voilà.
- 1:08:14Un monde sans fin qui permet d'illustrer différemment certains sujets.
- 1:08:18Je trouve que pour moi,
- 1:08:20c'est important d'arriver à trouver d'autres manières de sensibiliser sur des enjeux actuels.
- 1:08:26Parce que...
- 1:08:27Et comme vous l'avez dit,
- 1:08:28vous avez fait l'intelligence artificielle avant que ChatGPT et autres arrivent.
- 1:08:38C'est intéressant d'utiliser l'image,
- 1:08:40d'utiliser la narration.
- 1:08:42La bande dessinée,
- 1:08:43c'est de la séquence et de la narration.
- 1:08:45Ça amène d'autres choses.
- 1:08:48Moi,
- 1:08:48j'aime beaucoup lire les essais,
- 1:08:49même un peu secs et tout.
- 1:08:51C'est intéressant,
- 1:08:52mais il y a d'autres choses où finalement d'autres formats sont intéressants.
- 1:08:57Je vois par exemple mes étudiants,
- 1:08:59souvent je leur dis que je vais les aider à faire telle ou telle chose,
- 1:09:01et ils me disent Oh non,
- 1:09:02t'inquiète,
- 1:09:03je vais aller regarder un tuto sur YouTube
- 1:09:07Parce que c'est leur manière d'apprendre pour beaucoup de choses,
- 1:09:11et puis ça marche assez bien en fait.
- 1:09:14Donc voilà,
- 1:09:15on a une palette qui augmente.
- 1:09:17Et la bande dessinée didactique,
- 1:09:20instructive,
- 1:09:21etc.,
- 1:09:22c'est devenu un vrai truc.
- 1:09:24C'est 15% des bandes dessinées maintenant.
- 1:09:27C'est énorme.
- 1:09:28Notamment toutes les bandes dessinées qui font l'histoire de quelque chose.
- 1:09:31Il y en a énormément.
- 1:09:33Et puis parfois,
- 1:09:36on y gagne vraiment quelque chose.
- 1:09:39C'est vraiment bien.
- 1:09:42On arrive tout doucement à la fin de l'épisode.
- 1:09:46Je voulais juste revenir sur certaines de vos œuvres,
- 1:09:49comme les fins du monde de l'Antiquité à nos jours.
- 1:09:55Parce que pour moi,
- 1:09:58je pense qu'on peut explorer le numérique à travers différentes œuvres.
- 1:10:02J'ai relu dernièrement
- 1:10:04Le Meilleur des Mondes,
- 1:10:06ou
- 1:10:07Daldos Huxley.
- 1:10:08J'ai relu aussi 1984.
- 1:10:111984,
- 1:10:13voilà des sujets avec qui ont été écrits il y a déjà quelques années,
- 1:10:16où on voit qu'on y est en plein dedans.
- 1:10:19Et à votre avis,
- 1:10:20dans votre livre Les fins du monde de l'Antiquité à nos jours est-ce qu'on peut y voir un parallèle entre ce que vous avez imaginé et nos préoccupations qu'on a aujourd'hui face aux avancées technologiques ?
- 1:10:31Parce que je suis en train de retrouver,
- 1:10:33il avait été écrit en 2012.
- 1:10:37Oui,
- 1:10:37tout à fait.
- 1:10:39Donc très longtemps après Le meilleur des mondes qui est de 1932 et puis 1984 qui est de 1959.
- 1:10:49Donc on est plus loin.
- 1:10:52Donc là c'est assez amusant,
- 1:10:53c'est un projet d'école d'art au départ.
- 1:10:56Chaque année je dois trouver des sujets de workshop.
- 1:10:59Donc un workshop,
- 1:11:00on travaille une semaine sur quelque chose.
- 1:11:03Et puis on parlait un petit peu partout de la fin du monde des mayas.
- 1:11:08C'était un truc,
- 1:11:09une espèce de gag,
- 1:11:11le calendrier Maya qui annonçait la fin du monde.
- 1:11:15Mais comme ça faisait beaucoup de bruit et que le sujet m'avait toujours intéressé,
- 1:11:19je me suis dit que c'était un bon prétexte et j'ai organisé un workshop avec mes étudiants là-dessus.
- 1:11:25Ils ont proposé plein de choses sur la fin du monde.
- 1:11:29Pendant que j'étais en train de les accompagner,
- 1:11:32j'ai monté un petit blog qui s'appelait Fin du monde
- 1:11:36sur lequel je mettais de la documentation,
- 1:11:38je parlais de films,
- 1:11:39de choses comme ça.
- 1:11:41Et une éditrice,
- 1:11:43Amélie Petit,
- 1:11:45m'a proposé d'en faire un livre,
- 1:11:48et même un beau livre,
- 1:11:49donc c'est un livre qui fait 2 kilos en fait,
- 1:11:51il est très illustré.
- 1:11:54Et voilà,
- 1:11:55et donc je me suis intéressé à toutes les histoires de fin du monde,
- 1:11:59d'abord mythologiques et puis religieuses,
- 1:12:02puisque au départ c'est ça la fin du monde,
- 1:12:04c'est...
- 1:12:06Tout va changer.
- 1:12:08Et puis,
- 1:12:08enfin,
- 1:12:09tout va changer parce que Dieu va revenir,
- 1:12:12les morts vont renaître,
- 1:12:13etc.
- 1:12:15C'est ça la fin du monde de l'Apocalypse,
- 1:12:17par exemple.
- 1:12:19Et puis,
- 1:12:19je me suis intéressé après,
- 1:12:22aux fins du monde moderne,
- 1:12:23celle où on pense que c'est l'humain qui va tout détruire.
- 1:12:27Donc,
- 1:12:27on pense qu'avec la bombe atomique,
- 1:12:29avec l'écologie,
- 1:12:30avec l'ordinateur aussi,
- 1:12:32eh bien,
- 1:12:33on va être la cause de notre propre...
- 1:12:35properte.
- 1:12:38Et ce qui est intéressant,
- 1:12:38quand j'ai écrit le livre,
- 1:12:39on ne parlait pas encore beaucoup de collapsologie,
- 1:12:42etc.,
- 1:12:42mais c'est là que j'ai rencontré les gens qui sont là-dedans et qui s'intéressent à l'effondrement.
- 1:12:48Et donc,
- 1:12:49ce sont des sujets d'aujourd'hui,
- 1:12:51et eux-mêmes ont un rapport assez intéressant en numérique,
- 1:12:54justement,
- 1:12:54et à l'idée que le numérique tel qu'il est,
- 1:13:01dirigé par des grandes sociétés,
- 1:13:03etc.,
- 1:13:03nous amène un petit peu à...
- 1:13:05à notre perte.
- 1:13:08Donc il y a une réflexion là dessus.
- 1:13:10Et puis là depuis les idées génératives,
- 1:13:12on est aussi dans une espèce d'idée de fin du monde.
- 1:13:15On a en fait des collapsologues,
- 1:13:18comment ils s'appellent,
- 1:13:19des transhumanistes,
- 1:13:21donc qui sont persuadés que à un moment l'ordinateur va devenir plus,
- 1:13:26pas seulement plus intelligent,
- 1:13:28mais plus,
- 1:13:28enfin va devenir conscient et va pouvoir nous supplanter ou nous absorber.
- 1:13:35C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens qui croient qu'on va devenir immortel parce qu'on va transférer nos pensées,
- 1:13:43notre personnalité,
- 1:13:44etc.
- 1:13:46sur des supports numériques.
- 1:13:48Et finalement,
- 1:13:48c'est un petit peu pareil que l'apocalypse religieuse d'il y a 2000 ans,
- 1:13:55où il y avait l'idée que la fin du monde,
- 1:13:57c'était le passage à un autre état de l'existence,
- 1:14:01où finalement les morts renaissent,
- 1:14:02etc.
- 1:14:03Ça m'amuse de faire le parallèle,
- 1:14:05jouer un parallèle entre l'apocalypse numérique actuelle et le...
- 1:14:13Dans toutes ces dimensions,
- 1:14:14il y a beaucoup de choses.
- 1:14:16Et puis les apocalypses religieuses.
- 1:14:18Voilà,
- 1:14:19ça c'est le lien que je fais,
- 1:14:20mais que je ne fais pas spécialement dans le livre.
- 1:14:22C'est le lien que je fais depuis.
- 1:14:25Après,
- 1:14:25comme on a pu le voir avec 1984 ou Le Meilleur des Mondes.
- 1:14:32Ok,
- 1:14:32on arrive à la fin.
- 1:14:33J'ai encore deux questions à vous poser.
- 1:14:37Les questions habituelles,
- 1:14:38c'est...
- 1:14:41Est-ce que vous avez une œuvre...
- 1:14:43Un livre,
- 1:14:43une série,
- 1:14:44un film,
- 1:14:44peu importe,
- 1:14:45que vous recommandez à nos auditeurs,
- 1:14:47soit pour approfondir la réflexion sur le lien entre un numérique ou totalement autre chose,
- 1:14:53quelque chose qui vous inspire,
- 1:14:54il n'y a pas de règle.
- 1:14:56Oui,
- 1:14:56alors,
- 1:14:58ce n'est pas si facile,
- 1:14:59évidemment,
- 1:15:00puisqu'il y en a des milliers.
- 1:15:02Il y a beaucoup de choses qui m'intéressent,
- 1:15:03ça dépend un petit peu de ce à quoi on s'intéresse.
- 1:15:07Toutes les semaines,
- 1:15:07je vois des étudiants,
- 1:15:08par exemple,
- 1:15:08qui sont en train de travailler sur leur mémoire et qui ont besoin de...
- 1:15:12de références,
- 1:15:13etc.
- 1:15:14Je peux retrouver des dizaines de livres,
- 1:15:16de films,
- 1:15:17moi ou mes collègues.
- 1:15:19On passe notre temps à ça.
- 1:15:21Alors,
- 1:15:21par facilité,
- 1:15:22je vais plutôt choisir un livre qui vient de sortir ou plutôt qui fait l'actualité.
- 1:15:28C'est pour ça qu'il est intéressant.
- 1:15:29Une actualité pas si populaire.
- 1:15:34Je ne pense pas qu'on en parle partout.
- 1:15:37Mais c'est un livre qui s'appelle Persistance du Merveilleux par Nicolas Nova.
- 1:15:42qui est sorti en novembre dernier chez Premier Parallèle et il est vraiment intéressant donc je commence à ce livre parce que Nicolas Nova,
- 1:15:52l'auteur est mort il y a quelques semaines très jeune de un arrêt de valeur j'avais vu passer l'info et c'était un type passionnant
- 1:16:07un anthropologue du numérique et donc dans
- 1:16:10Persistant du Merveilleux,
- 1:16:11il s'intéresse à l'idée de ce qu'on appelle le petit peuple chez les Nordiques,
- 1:16:17c'est-à-dire les elfes,
- 1:16:18les trolls,
- 1:16:19etc.
- 1:16:22Et il dit que tous ces lutins,
- 1:16:24les fantômes,
- 1:16:25etc.
- 1:16:25ont un petit peu disparu de nos vies.
- 1:16:27Il n'y a plus de lutins dans les sous-bois,
- 1:16:30on ne parle plus de fantômes,
- 1:16:31de maisons hantées,
- 1:16:32etc.
- 1:16:33Et ils sont maintenant sur nos ordinateurs.
- 1:16:36s'intéresse pour ça au vocabulaire par exemple en disant voilà on parle de troll on parle de démon pour les programmes qui font tourner nos systèmes d'exploitation et puis il y a tout un tas de genre de fantômes sur les ordinateurs et
- 1:16:53donc le livre est là dessus c'est sur l'idée que le merveilleux maintenant est en partie dans l'ordinateur je n'ai pas fini j'ai à peine commencé
- 1:17:06Mais j'ai très confiance dans le contenu,
- 1:17:09puisque Nicolas Nova ne m'a jamais su dans ses livres.
- 1:17:13C'était vraiment quelqu'un de brillant.
- 1:17:17J'en ai entendu parler,
- 1:17:18parce que forcément,
- 1:17:19étant ligérien,
- 1:17:20lui d'origine,
- 1:17:22ça a forcément fait bien raisonner sur le territoire.
- 1:17:27Et puis voilà,
- 1:17:28par rapport à ce qu'il était aussi,
- 1:17:30moi je ne le connaissais pas avant ça,
- 1:17:31et ça m'a permis d'y intéresser,
- 1:17:33de regarder ce qu'il avait fait.
- 1:17:35ce qu'il avait fait.
- 1:17:36Je note bien le livre,
- 1:17:37je mettrai le lien aussi pour les auditeurs et puis je le note bien pour moi,
- 1:17:41le lire après.
- 1:17:43Et dernière question,
- 1:17:44un petit passage de témoin,
- 1:17:45un invité à me conseiller,
- 1:17:48qu'il pourrait me parler de numérique,
- 1:17:50que ce soit en lien avec l'art ou autre chose.
- 1:17:53Oui,
- 1:17:53je n'ai pas complètement pensé,
- 1:17:55il y a plein de gens,
- 1:17:57il y a plein,
- 1:17:57plein de gens.
- 1:17:57Je n'ai pas parlé tout à l'heure de Jean-Michel Géridan,
- 1:18:02qui est la personne avec qui j'ai écrit le livre sur...
- 1:18:04processus.
- 1:18:05On en a fait trois éditions ensemble.
- 1:18:08Et lui,
- 1:18:10maintenant,
- 1:18:11il est directeur du Centre National du Graphisme à Chaumont.
- 1:18:15Et il s'est toujours beaucoup intéressé au numérique.
- 1:18:18Et en même temps,
- 1:18:18il est dans le design graphique.
- 1:18:21Ça peut être quelqu'un d'intéressant.
- 1:18:22Donc,
- 1:18:22Jean-Michel Géridan.
- 1:18:25Sinon,
- 1:18:26je ne sais pas.
- 1:18:28J'ai envie de dire dans quel domaine précis.
- 1:18:32Il n'y a pas de domaine.
- 1:18:33Voilà.
- 1:18:34Il m'a donné un nom,
- 1:18:35ça me va.
- 1:18:40Il est très amusant et très bien.
- 1:18:44Ça marche,
- 1:18:45ça marche.
- 1:18:46Merci beaucoup Jean-Noël pour cet échange très riche.
- 1:18:50J'ai bien aimé parce que c'était un pan que je n'avais pas trouvé,
- 1:18:54que je n'avais pas pu explorer sur la partie art.
- 1:18:56Je trouve que vous avez offert un beau regard sur les interactions entre art et numérique.
- 1:19:04C'était top.
- 1:19:06Merci beaucoup.
- 1:19:08et chers auditeurs si cet épisode vous a plu n'oubliez pas de nous suivre,
- 1:19:13de partager le podcast et de nous laisser la meilleure des notes je vous mettrai tout dans la bio pour retrouver les ouvrages de Jean-Noël et tout ce qui a pu être cité aussi dans la description de l'épisode Jean-Noël on peut vous retrouver sur LinkedIn et peut-être aussi ailleurs non ?
- 1:19:29Oui,
- 1:19:30en ce moment tout le monde se pose la question de s'il faut quitter certains réseaux sociaux et tout je suis sur tous les réseaux sociaux et complètement
- 1:19:37pris ceux du fait divers,
- 1:19:40donc les mastodontes,
- 1:19:42etc.
- 1:19:44Mais donc,
- 1:19:46je suis un petit peu partout pour le moment.
- 1:19:48Et voilà.
- 1:19:49Alors,
- 1:19:49à vrai dire,
- 1:19:50j'en quitterai sans doute aucun.
- 1:19:51Mais par contre,
- 1:19:53je vais peut-être moins m'investir sur certains.
- 1:19:57Par exemple,
- 1:19:58Twitter est devenu assez insupportable.
- 1:20:01Pas tellement pour les raisons qu'on dit,
- 1:20:04si je peux finir là-dessus.
- 1:20:07Il y a beaucoup de gens pour qui ce qui n'est pas bien sur Instagram,
- 1:20:10sur
- 1:20:11Twitter, c'est que ce n'est pas modéré.
- 1:20:13Mais ce n'est pas vrai,
- 1:20:13c'est complètement modéré,
- 1:20:15c'est plutôt ça le problème.
- 1:20:17Moi,
- 1:20:17je n'ai rien contre la liberté,
- 1:20:19mais je vois sur Twitter qu'un post sur deux,
- 1:20:22c'est quelqu'un à qui je ne me suis pas abonné,
- 1:20:24qu'on m'impose,
- 1:20:25et qui m'amène un discours que je n'ai pas envie spécialement de lire.
- 1:20:30C'est sûr qu'on pourrait relancer la belle discussion.
- 1:20:35je crois qu'il ya eu un test qui a été fait dernièrement par une journaliste et a recréé un compte n'a rien publié qui n'a rien mis en centre d'intérêt et lui est remonté certaines choses voilà voilà que sur des gens qui ne sont pas connectés et sur certaines idées surtout voilà
- 1:20:51donc c'est ça qui pose question mais ça on rentre dans la manipulation aussi des réseaux sociaux je crois qu'on peut
- 1:20:58On peut reciter le film Netflix derrière les écrans de fumée qui montre bien que nous sommes manipulés sur ces sujets et qu'il faut en reprendre le contrôle.
- 1:21:09Mais voilà,
- 1:21:09ça pourrait être l'objet d'une autre discussion,
- 1:21:11je pense,
- 1:21:12Jean-Noël.
- 1:21:12Je le cite souvent parce qu'il dit bien qu'on croit qu'on va sur Internet,
- 1:21:17mais en fait,
- 1:21:17c'est Internet qui nous regarde et c'est ça qui est intéressant.
- 1:21:20C'est vrai,
- 1:21:21c'est vrai,
- 1:21:21c'est vrai.
- 1:21:22Non,
- 1:21:22mais top !
- 1:21:23Merci beaucoup encore Jean-Noël et puis à très bientôt pour un nouvel épisode de DSI et des hommes