Latest / Africa Fashion Tour / Kadia Sylla Moisson, fondatrice du club des diasporas africaines de France
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- 0:00On voit que l'Afrique se développe,
- 0:02il y a énormément de croissance dans les pays,
- 0:06il y a certains pays qui ont des croissances à deux chiffres,
- 0:09il y a des politiques publiques qui ont décidé dans certains pays de vraiment mettre toute leur énergie sur le développement des infrastructures,
- 0:18sur le développement des industries,
- 0:20que ce soit culturelles,
- 0:22créatives,
- 0:22et aussi sur tout ce qui est industrie des nouvelles technologies.
- 0:29qui sont en pleine croissance.
- 0:31Ce qui fait qu'on a vu un changement d'attitude,
- 0:35si je peux dire ainsi,
- 0:36chez les personnes de la diaspora.
- 0:41Face à cette africanisation des bornes,
- 0:44on a vu arriver des personnes quittant l'Occident vers l'Afrique,
- 0:50avec des niveaux de vie plus ou moins confortables.
- 0:55parce que les salaires sont importants,
- 0:57parce que les prises en charge des familles sont importantes,
- 1:01etc.
- 1:02Et puis,
- 1:04il y a eu aussi ce sentiment vis-à-vis des gens de la diaspora de se dire,
- 1:08j'aimerais finalement participer à ce développement,
- 1:12j'aimerais apporter ma pierre à l'édifice.
- 1:17Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:20Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:25Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:27Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:31responsables et ambitieux.
- 1:33Au fil des interviews,
- 1:34je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:41Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:48de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:52Je suis Ramata Diallo.
- 1:53Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 2:02En 2017,
- 2:03j'ai accepté ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 2:07je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:13Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:21Aujourd'hui,
- 2:21je suis en compagnie de Kadia Silla-Moisson.
- 2:24Kadia est directrice Afrique chez Grand Alexander,
- 2:26un groupe de chasse de têtes qui accompagne la performance des dirigeants.
- 2:30Elle est également entrepreneur engagée et a fondé la Maison Muller et le Club des Diasporas Africaines de France.
- 2:36Elle a également cofondé le Salon des Industries Africaines.
- 2:40Les industries culturelles et créatives ont une place particulière dans ces différentes initiatives.
- 2:44Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes actions de promotion.
- 2:49du continent aux 54 pays.
- 2:51Bienvenue Kadia,
- 2:52comment vas-tu ?
- 2:54Merci beaucoup Ramar,
- 2:55écoute,
- 2:55je vais très bien,
- 2:56on se dimanche ensoleillé à Paris,
- 2:59et toi,
- 2:59comment vas-tu ?
- 3:00Eh bien écoute,
- 3:00ça va très bien,
- 3:01je suis ravie de pouvoir échanger avec une compatriote guinéenne dans le cadre du podcast Africa Fashion Tour et je vais commencer cette interview comme je le fais toujours,
- 3:10je vais te demander de te présenter.
- 3:12Merci beaucoup Ramar,
- 3:13et puis ravie aussi d'être aux côtés d'une compatriote dans le cadre de ce podcast.
- 3:18Alors donc,
- 3:18tu l'as dit,
- 3:19effectivement,
- 3:19je suis guinéenne.
- 3:21Aujourd'hui,
- 3:21j'ai bientôt 53 ans.
- 3:23Je suis maman de quatre enfants.
- 3:25Je suis née en Guinée et j'ai grandi jusqu'à l'âge de 9 ans.
- 3:29Et je suis partie à l'étranger comme beaucoup de gens dont les parents partaient travailler ailleurs.
- 3:35Je ne suis arrivée qu'en France qu'à l'âge de
- 3:3817 ans pour faire mon lycée.
- 3:41Et je dirais que j'ai plutôt un parcours assez classique.
- 3:47comme la plupart des gens de la diaspora africaine de France.
- 3:50J'ai fait des études de droit,
- 3:52j'ai un bac plus 5 de droit et
- 3:54DEA, droit international.
- 3:57Et je me suis orientée vers des métiers RH,
- 4:00où j'ai travaillé pendant plus de 17 ans.
- 4:03Et aujourd'hui,
- 4:05je dirais que,
- 4:06comme beaucoup de femmes,
- 4:07à partir de la quarantaine,
- 4:09on a l'effet,
- 4:11on a envie de faire autre chose.
- 4:12Je ne sais pas si c'est le cas pour des gens que vous avez eus à...
- 4:15Avoir en interview Rama,
- 4:16mais voilà,
- 4:17moi en 2015 à peu près,
- 4:18j'ai eu envie de me lancer dans l'entrepreneuriat et en créant la Maison Muller,
- 4:23enfin en reprenant une entreprise,
- 4:25la Maison Muller,
- 4:26et en mettant en place d'autres initiatives jusqu'en 2018,
- 4:30où j'ai rejoint le groupe de chasse de tête Grand Alexander pour accompagner le développement du groupe sur le continent africain,
- 4:37puisque j'occupe le poste de directrice afrique.
- 4:41Et depuis bientôt sept ans,
- 4:43j'exerce cette fonction-là,
- 4:45tout en gardant aussi cette passion et cette appétence sur des sujets liés au développement du continent africain,
- 4:54et plus spécifiquement de la Guinée,
- 4:55de mon pays,
- 4:56en créant des liens,
- 4:58autant que faire se peut,
- 4:59entre le pays d'accueil,
- 5:02qui est la France,
- 5:03puisque je me définis comme guinéenne et française,
- 5:07pour créer des ponts,
- 5:08des initiatives,
- 5:10des synergies communes et pour développer le business,
- 5:13ce que c'est aussi ce que je m'assigne comme responsabilité.
- 5:16Voilà,
- 5:17c'est un peu condensé,
- 5:18mais ça me permet un peu de voir aujourd'hui qui je suis en partie.
- 5:24Très bien,
- 5:25mais le but,
- 5:25c'est qu'on a une heure devant nous pour pouvoir te donner l'opportunité de nous donner plus d'informations sur ton parcours.
- 5:34Donc,
- 5:34ce que tu expliques,
- 5:35c'est qu'il y a eu un tournant dans ta carrière à partir de 40 ans
- 5:40tu as décidé de fonder la Maison Muller.
- 5:42Est-ce que tu peux nous parler de cette entreprise ?
- 5:44Enfin,
- 5:45de reprendre la Maison Muller.
- 5:47Oui,
- 5:47effectivement.
- 5:48En fait,
- 5:49comme je le disais au départ,
- 5:50c'est vrai que j'ai travaillé dans des entreprises comme RH pendant longtemps.
- 5:56Et je voyais aussi,
- 5:57il y a eu en fait un élément d'écrancheur.
- 6:01C'était,
- 6:02à l'époque,
- 6:02j'étais responsable des relations sociales dans une association en tant que salarié.
- 6:09une association qui se trouvait à Bobigny et j'accompagnais les salariés de cette entreprise,
- 6:14de cette association qui était un ESAT.
- 6:17Un ESAT,
- 6:17c'est ceux qui s'occupent de l'insertion professionnelle des travailleurs souvent détachés de l'emploi.
- 6:23Là,
- 6:23c'était des travailleurs handicapés psychiques.
- 6:26Et travailler dans le milieu associatif,
- 6:28donc salariés pour moi,
- 6:29c'était une première.
- 6:31Ça fait appel à...
- 6:33ça touche vos émotions et souvent vous avez des...
- 6:37Vous êtes face à des personnes qui ont parfois des comportements débordants et il faut faire face.
- 6:43Et je pense que ça a été un élément déclencheur où c'est arrivé un moment de ma vie où je souhaitais vraiment me reconnecter,
- 6:49j'ai envie de dire,
- 6:50avec le continent africain et avec la Guinée.
- 6:52Puis je voyais aussi mes parents qui prenaient de l'âge et puis je me disais mais il faut absolument que je fasse quelque chose.
- 6:59J'avais l'impression de ne pas être totalement finie,
- 7:02qu'il me manquait quelque chose,
- 7:03que j'étais loin.
- 7:04un peu de mes racines.
- 7:05Et je pense que le fait d'avoir été dans cette association où nos émotions sont mises à l'épreuve,
- 7:12eh bien,
- 7:13je pense que ça a un peu réveillé tout ça.
- 7:14Donc là-dessus,
- 7:16j'ai eu une opportunité.
- 7:18Sauf que j'ai un mari qui est entrepreneur.
- 7:20Et à ce moment-là,
- 7:21il y avait une entreprise qui était gérée par un membre de sa famille,
- 7:25par mon beau-frère.
- 7:26Et il m'a dit,
- 7:26écoute,
- 7:27tu sais,
- 7:27on va peut-être changer de concept.
- 7:29Il y a cette entreprise à Montmartre qui était à l'époque un haut lieu de la créativité.
- 7:33Et on...
- 7:34française qui est un lieu de résidence et d'artiste,
- 7:37mais qui est un peu en désuétude.
- 7:39Et puis,
- 7:39elle m'a proposé de reprendre cette entreprise et je l'ai reprise avec des amis pour en faire un espace de coworking et d'événementiel.
- 7:47Et très tôt,
- 7:49j'ai souhaité y mettre ma touche africaine.
- 7:52Donc,
- 7:52j'ai ouvert cette maison.
- 7:55C'est une maison à Montmartre qui fait à peu près 350 mètres carrés,
- 7:58donc un hôtel particulier.
- 8:00et qui entre,
- 8:01souvent je dis que ce qui est sur la rue Muller,
- 8:03souvent je dis que je suis le pont entre la France et l'Afrique,
- 8:06parce que quand vous descendez un peu plus bas,
- 8:08vous arrivez sur la rue de Clignancourt,
- 8:10le boulevard Barbès,
- 8:12vous êtes à Bamako,
- 8:13souvent j'aime à le dire,
- 8:14c'est pas du tout par condescendance,
- 8:15mais c'est que vous arrivez vraiment au cœur de l'Afrique,
- 8:18vous qui êtes en France,
- 8:19vous savez ce que c'est,
- 8:21et quand vous montez un petit peu,
- 8:23vous arrivez sur les marches du Sacré-Cœur,
- 8:24donc c'est drôle parce que cette rue Muller,
- 8:26elle est vraiment au milieu de tout ça,
- 8:28donc souvent j'aime à le dire que je suis le pont,
- 8:30entre ces deux pays,
- 8:32la Guinée et la France,
- 8:33que j'aime tant.
- 8:35Et donc très vite,
- 8:37j'ai voulu mettre cette touche africaine,
- 8:38comme je le disais,
- 8:40j'ai ouvert aux jeunes femmes,
- 8:42notamment africaines ou afrodescendantes,
- 8:46et aux jeunes entrepreneurs d'une manière générale,
- 8:48parce que nous appliquons des prix assez abordables pour des locations de bureaux,
- 8:53et nous faisions,
- 8:54en force de l'expérience de ce lieu parisien,
- 8:57on a pu effectivement plus attirer.
- 8:59d'autres catégories d'entrepreneurs,
- 9:01notamment les gens de la diaspora.
- 9:03Et très vite,
- 9:03ça a été un lieu assez connu et reconnu par des entrepreneurs issus de cette diaspora,
- 9:10souvent des femmes d'ailleurs,
- 9:11qui venaient exposer leurs produits,
- 9:14qui venaient exposer leurs œuvres d'art.
- 9:17Il y avait souvent des expositions artistiques ou qui venaient tout simplement faire des formations,
- 9:23des ateliers pianètes.
- 9:25On a eu vraiment des événements...
- 9:28divers et variés.
- 9:30Donc aujourd'hui,
- 9:31cette maison existe encore.
- 9:33Alors on a été un peu impacté par le Covid,
- 9:37puisque vous savez que ça a touché beaucoup de gens,
- 9:39la restauration,
- 9:41tout le milieu événementiel.
- 9:43Et l'année dernière,
- 9:46on l'a transformée en hébergement,
- 9:48puisque sa destination est mixte à la fois professionnelle,
- 9:52on peut faire aussi l'hébergement professionnel.
- 9:55Donc on l'a transformée en Airbnb,
- 9:57ça marche plus.
- 9:58plutôt bien,
- 9:58grâce à Dieu.
- 10:00Et quand c'est pas loué pour les Airbnbs,
- 10:02c'est loué pour des événements.
- 10:05Récemment,
- 10:06d'ailleurs,
- 10:06j'étais à un événement,
- 10:07c'était dimanche dernier,
- 10:09organisé par...
- 10:11par une femme camerounaise de la diaspora africaine de France qui a organisé son atelier de formation.
- 10:18Et j'ai eu l'opportunité d'être invitée par elle.
- 10:22Et donc,
- 10:22on a pu recevoir ses invités.
- 10:25Nous étions à peu près une trentaine,
- 10:26une quarantaine de personnes.
- 10:28Et voilà,
- 10:29la Maison Mulaire,
- 10:30c'est ça.
- 10:30Donc,
- 10:30c'est un lieu d'événement et un lieu aussi pour éveiller des talents.
- 10:34Et c'est ce que je m'efforce de faire depuis sa création en 2016.
- 10:39Très bien,
- 10:39merci pour cette overview assez claire de ce qu'est la Maison Muller.
- 10:44Je réalise que ce n'est pas du tout loin de où j'habite,
- 10:47puisque moi aussi j'habite un peu au carrefour.
- 10:49Je suis au
- 10:5118e et très proche du 17e,
- 10:52donc c'est vraiment entre les deux.
- 10:53Je ne comprends pas plus cette expression de pont entre la France et l'Afrique,
- 10:58parce que quand on traverse certaines rues à Paris,
- 11:00on a vraiment ce sentiment de voyager et de se retrouver dans certains quartiers africains,
- 11:05comme aussi dans certains villages typiquement.
- 11:09Donc,
- 11:10ça me parle et je vais très prochainement voir la végétation.
- 11:14Avec grand plaisir.
- 11:16Avec grand plaisir.
- 11:18Je voulais revenir également sur le poste que tu occupes chez Grand Alexander,
- 11:24puisque tu es la direction Afrique au niveau de la chasse de tête.
- 11:28Et on parle souvent parfois d'une déperdition peut-être de talent en Afrique où les personnes les plus éduquées,
- 11:35les plus brillantes,
- 11:37elles sortent du continent.
- 11:38Et on parle aussi en même temps aujourd'hui de plus en plus d'un phénomène de repas où il y a des personnes qualifiées qui retournent sur le continent.
- 11:46Donc je pense que c'est intéressant d'avoir ta vision d'experte des ressources humaines sur aujourd'hui quand une entreprise,
- 11:53d'où qu'elle soit,
- 11:53elle est basée en Afrique,
- 11:54quand elle cherche des profils compétents et qualifiés,
- 11:59on a pu souvent penser pendant longtemps qu'elle allait chercher plutôt des gens,
- 12:03des occidentaux.
- 12:05Je pense qu'il y a une évolution par rapport à ça et ce sera intéressant que tu puisses un petit peu nous dire,
- 12:09toi,
- 12:10quelle est ta perspective sur ces sujets-là.
- 12:13Oui,
- 12:14absolument.
- 12:15Ramatha,
- 12:15il y a une véritable évolution quand on travaille avec la recherche de talents,
- 12:23la recherche et la sélection de talents,
- 12:26surtout pour les talents africains.
- 12:27C'est vrai que pendant de nombreuses années,
- 12:29il y avait effectivement cette chute des cerveaux,
- 12:31c'est-à-dire que les personnes,
- 12:33les Africains...
- 12:34ils étudiaient dans des pays,
- 12:36pas forcément la France,
- 12:38mais dans d'autres pays,
- 12:39ils aspiraient plus à se former,
- 12:42à aller dans d'autres pays européens,
- 12:44occidentaux,
- 12:45etc.,
- 12:47pour parfaire leur formation,
- 12:49pour trouver du travail et pour vraiment valoriser leur diplôme.
- 12:52Donc personne ne pensait en fait à
- 12:56« je vais retourner en Afrique » .
- 12:57Il y avait très peu de gens,
- 12:59même nous.
- 13:01On étudiait,
- 13:01une fois qu'on avait nos formations,
- 13:03nos diplômes,
- 13:04on n'avait pas tout de suite ce réflexe de se dire nous allons retourner travailler chez nous en Afrique parce qu'il y avait des problématiques,
- 13:13on va dire,
- 13:14ça dépend des pays,
- 13:15mais il y avait quand même des problématiques politiques,
- 13:17il y avait des problématiques de stabilité,
- 13:18etc.
- 13:19Donc ce n'était pas le premier réflexe que nous avions.
- 13:22Et puis,
- 13:23par ailleurs,
- 13:25je dirais il y a une trentaine d'années,
- 13:26les entreprises ne pensaient pas forcément
- 13:29à recruter des talents,
- 13:32notamment à des grands postes,
- 13:33des postes à responsabilité,
- 13:35puisque l'ADN des grands Alexandres,
- 13:36nous,
- 13:36nous recrutons des cadres dirigeants.
- 13:38Donc souvent,
- 13:39c'était un peu l'ère des expatriés,
- 13:43des expatriés européens qui étaient dans des grandes entreprises,
- 13:46qui occupaient des postes de direction au sein des filiales d'entreprises européennes ou d'autres nationalités.
- 13:56Et je dirais qu'il y a une quinzaine d'années à peu près,
- 13:59il y a eu un véritable changement de paradigme tout d'abord,
- 14:03c'est que les entreprises ont commencé à africaniser leurs bords,
- 14:08ont commencé à recruter,
- 14:09pas forcément de l'expatrié,
- 14:11mais plus des gens qui avaient des talents,
- 14:14qui avaient des diplômes de très bon niveau,
- 14:16qui avaient des compétences,
- 14:17qui avaient de l'expérience,
- 14:20au sein de leur entreprise.
- 14:21Et ce phénomène,
- 14:22je dirais,
- 14:23a été accéléré.
- 14:24Par le Covid,
- 14:27parce que pendant le Covid,
- 14:29les DRH des grands groupes se sont rendus compte,
- 14:34enfin en tout cas ont eu à gérer tout le phénomène,
- 14:36le management du risque,
- 14:38parce qu'on a vu arriver l'exfiltration,
- 14:42je ne sais pas comment dire ça,
- 14:43mais en tout cas le rapatriement de tous les cadres expatriés vers leur pays d'origine,
- 14:49vers la France,
- 14:51et tout ça,
- 14:51ça a coûté.
- 14:53de l'argent,
- 14:54ça a coûté beaucoup d'argent en assurance,
- 14:56etc.
- 14:57Donc ce management du risque a été assez important.
- 15:01Et ça fait réfléchir aussi les entreprises,
- 15:03parce que pendant ce moment-là,
- 15:06en fait,
- 15:06il y a eu des locaux qui ont pallié à cette absence.
- 15:09Et les boîtes,
- 15:10pour la plupart,
- 15:11ont continué à tourner.
- 15:13Donc ce phénomène d'africanisation,
- 15:15on va dire,
- 15:16s'accélère de plus en plus.
- 15:19Et en parallèle,
- 15:20nous voyons aussi une dynamique sur le continent africain qui ne date pas d'aujourd'hui,
- 15:25mais qui a commencé depuis,
- 15:28je dirais,
- 15:28une quinzaine,
- 15:29oui.
- 15:30ou à plus d'une quinzaine d'années,
- 15:33on voit que l'Afrique se développe.
- 15:35Il y a énormément de croissance dans les pays.
- 15:39Il y a certains pays qui ont des croissances à deux chiffres.
- 15:42Il y a des politiques publiques qui ont décidé,
- 15:45dans certains pays,
- 15:46de vraiment mettre toute leur énergie sur le développement des infrastructures,
- 15:51sur le développement des industries,
- 15:53que ce soit...
- 15:54culturelles,
- 15:55créatives,
- 15:56et aussi sur tout ce qui est industrie des nouvelles technologies qui sont en pleine croissance.
- 16:04Ce qui fait qu'on a vu un changement d'attitude,
- 16:08si je peux dire ainsi,
- 16:10chez les personnes de la diaspora.
- 16:15Face à cette africanisation des bornes,
- 16:17on a vu arriver des personnes quittant l'Occident vers l'Afrique.
- 16:23avec des niveaux de vie plus ou moins plutôt confortables,
- 16:27on va dire,
- 16:28parce que les salaires sont importants,
- 16:30parce que les prises en charge des familles sont importantes,
- 16:34etc.
- 16:35Et puis,
- 16:37il y a eu aussi ce sentiment vis-à-vis des gens de l'adresse pour un,
- 16:40de se dire,
- 16:41j'aimerais finalement participer à ce développement,
- 16:45j'aimerais apporter ma pierre à l'édifice.
- 16:48On a vu,
- 16:49en tout cas moi j'ai vu,
- 16:50depuis que je suis chez Quentin Alexandre,
- 16:52et je le constate tout le temps,
- 16:53ce besoin de revenir.
- 16:55Ce besoin,
- 16:56on parlait de repas tout à l'heure,
- 16:57effectivement ce besoin de revenir.
- 16:59Encouragé d'ailleurs par certaines personnalités politiques.
- 17:05Ce n'est pas pour rien qu'en 2019,
- 17:07que le président,
- 17:08l'ancien président du Ghana,
- 17:10Nana Akufo,
- 17:11a décrété que l'année 2019 serait l'année du retour.
- 17:15Donc,
- 17:16je dirais qu'il y a eu des signaux,
- 17:17il y a eu des indices,
- 17:18il y a eu des faisceaux d'indices qui ont fait qu'on s'est rendu compte que finalement,
- 17:25en fait,
- 17:26il y a un changement de paradigme.
- 17:28En même temps,
- 17:29il y a un retour inversé avec cette population,
- 17:32cette diaspora africaine qui,
- 17:35aujourd'hui,
- 17:35a envie de vraiment retourner.
- 17:38Moi,
- 17:39tous les jours,
- 17:40j'ai des connexions LinkedIn de personnes de différentes nationalités,
- 17:44Sénégal,
- 17:45Côte d'Ivoire,
- 17:45de Divoire,
- 17:46Guinée,
- 17:47même en Afrique anglophone,
- 17:50qui me demandent si j'ai dans le pipe des offres,
- 17:54des missions,
- 17:55etc.
- 17:56pour le continent.
- 17:57Donc ça,
- 17:58c'est réel.
- 17:59Et ça va continuer à s'accélérer,
- 18:01très clairement.
- 18:02C'est plutôt une bonne nouvelle,
- 18:04je dirais.
- 18:05Et ça me fait penser en tout cas à un sujet de base.
- 18:09qui me semble important quand même d'aborder,
- 18:11c'est que d'un côté,
- 18:12on a ce phénomène-là où on se rend compte que,
- 18:14véritablement,
- 18:15il va y avoir une population éduquée qui va vouloir retourner au pays.
- 18:19Et de l'autre,
- 18:20on a aussi un mouvement qui va dans le sens contraire,
- 18:24aussi de populations qui sont en souffrance en Afrique et qui vont,
- 18:28dans des conditions compliquées,
- 18:30vouloir rejoindre l'Occident en étant dans le sens logique que c'est vers l'Occident qu'il y a des opportunités de meilleure vie pour les gens.
- 18:41Quel est ton analyse,
- 18:41ton sentiment par rapport à ces deux mouvements qui sont parallèles en fait et qui sont un peu contradictoires quelque part ?
- 18:48C'est tout à fait juste ce que tu dis,
- 18:53c'est totalement des deux mouvements et ça paraît assez complexe comme réflexion de se dire que ce passe de notre sens,
- 19:00on a effectivement ces gens qui veulent aller en Afrique et puis d'un côté on a cette population.
- 19:08en déperdition,
- 19:10qui prend les bateaux vers un supposé Eldorado,
- 19:13j'ai envie de dire,
- 19:14et qui,
- 19:14vraiment,
- 19:15vont au risque de leur vie,
- 19:16et on constate ça quasiment tous les jours en allumant sa télé ou en lisant les journaux.
- 19:23C'est vrai.
- 19:24Mais,
- 19:25quand on regarde,
- 19:25ce n'est pas la même population,
- 19:27déjà,
- 19:27en fait.
- 19:28Des gens qui vont dans l'autre sens,
- 19:30c'est-à-dire qui décident d'aller...
- 19:31C'est souvent des cadres dirigeants,
- 19:33c'est souvent des gens diplômés,
- 19:34c'est souvent des gens...
- 19:36qui ont des réelles compétences et qui ont déjà un bagage,
- 19:40on va dire,
- 19:40intellectuel,
- 19:41qui sont formés et qui vont en
- 19:44Afrique, pas pour prendre la place des locaux,
- 19:47parce que les locaux aussi qui ont des formations,
- 19:50etc.,
- 19:50qui travaillent dans les entreprises ou ailleurs ou dans l'industrie,
- 19:53il y en a qui sont formés,
- 19:55qui dirigent les entreprises actuellement.
- 19:58Mais je dirais qu'en fait...
- 20:01ces jeunes-là,
- 20:02parce que c'est la plupart ce sont des jeunes qui partent aujourd'hui en Afrique,
- 20:07les gens quittent leur pays parce que souvent ils sont dans des régions où ils sont quasiment perdus de l'espoir parce qu'ils ne trouvent pas d'emploi,
- 20:20ils ne savent pas comment venir aux besoins de leur famille,
- 20:22etc.
- 20:23Ils se disent,
- 20:24on va regarder ailleurs et l'être humain,
- 20:26on sait ce que l'être humain fait partie de son
- 20:30de son essence même,
- 20:31quand on n'arrive pas à subvenir à ses besoins,
- 20:35quand on n'a pas d'issue,
- 20:36etc.,
- 20:37on va voir ailleurs.
- 20:38Il n'y a qu'à prendre l'histoire de l'humanité,
- 20:40ça a toujours été comme ça.
- 20:42Et je dirais que oui,
- 20:44c'est vrai,
- 20:46cette jeunesse qui quitte l'Afrique,
- 20:48qui est au prix de sa vie et qui subit des conditions atroces,
- 20:53parfois dans certains pays où ils sont emprisonnés,
- 20:56je parle de tous ces...
- 20:58tous ces jeunes qui se retrouvent dans des pays comme la Libye,
- 21:01etc.,
- 21:01on en a entendu qui se retrouvent parfois même en esclavage,
- 21:04je ne sais même pas parfois,
- 21:05mais qui se retrouvent en esclavage,
- 21:07je pense qu'on a tous une responsabilité,
- 21:10surtout que nos dirigeants ont une responsabilité à avoir pour aussi trouver des mécanismes pour pouvoir maintenir leurs jeunes,
- 21:20ou en tout cas leur offrir la possibilité de pouvoir trouver les moyens de subsistance et pas avoir comme seule solution pour
- 21:28l'embarcation sur des bateaux de fortune pour aller chercher un mieux-vivre ailleurs.
- 21:33Ce qui est très clair aujourd'hui,
- 21:35en mon sens,
- 21:36c'est que je pense que beaucoup de pays d'Afrique commencent à prendre ce point.
- 21:40De toutes les façons,
- 21:41ils sont obligés de faire,
- 21:43parce que nous savons tous que un jeune sur quatre demain sera africain.
- 21:47L'Afrique,
- 21:47aujourd'hui,
- 21:48c'est le continent qui a le plus gros niveau de démographie,
- 21:54le plus élevé.
- 21:56Et donc,
- 21:57toute cette jeunesse,
- 21:58il va bien falloir la mettre au travail,
- 22:01en tout cas,
- 22:01lui donner les possibilités de pouvoir se développer,
- 22:05parce qu'aujourd'hui,
- 22:06le nombre d'emplois produits,
- 22:13qui permet d'emplois disponibles,
- 22:18les derniers chiffres,
- 22:19si je me souviens,
- 22:20c'est qu'il y a...
- 22:22Tous les ans,
- 22:22il y a presque 20 à 22 millions de jeunes qui arrivent sur le marché du travail,
- 22:27alors qu'il n'y a que
- 22:293 à 4 millions d'emplois disponibles.
- 22:31Donc on voit bien qu'il y a un gap,
- 22:33et qu'est-ce qu'on fait de ceux qui n'arrivent pas à trouver de l'emploi ?
- 22:36Donc il y a effectivement des politiques publiques qui réfléchissent à comment imaginer des formations,
- 22:43comment imaginer des formations professionnelles,
- 22:47techniques,
- 22:48pour armer ces jeunes.
- 22:51Parce que tout le monde ne va pas être sociologue,
- 22:54banquier,
- 22:55etc.
- 22:56C'est l'ère du travail,
- 22:59de la main,
- 22:59c'est l'ère de la réflexion sur comment mettre en place des formations techniques professionnelles pour pouvoir permettre à cette jeunesse de ne pas risquer sa vie vers des contrées difficiles.
- 23:16Un exemple...
- 23:17Quand tu me parles de cette question,
- 23:19ça me fait penser à une actualité assez récente,
- 23:22l'histoire de ce jeune à Boussangaré qui vient d'être primé,
- 23:27d'avoir le César de l'espoir masculin,
- 23:31avec le film Suleymane,
- 23:32que je n'ai pas encore vu,
- 23:33mais que je vais m'empresser d'aller voir.
- 23:36Moi,
- 23:37j'ai écouté son intervention au César,
- 23:39parce que mes enfants ont poussé à regarder la cérémonie,
- 23:43puisqu'ils aiment bien qu'on regarde ensemble.
- 23:46J'étais très émue.
- 23:47par cette histoire,
- 23:47mais l'histoire de Suleymane,
- 23:49c'est une histoire particulière,
- 23:51singulière,
- 23:52c'est une histoire de destin presque.
- 23:55Ça ne doit pas pousser nos jeunes africains aujourd'hui à se dire « Ah ben voilà,
- 24:01Suleymane,
- 24:03il a pu être acteur,
- 24:07il a eu un prix d'interprétation reconnu à Cannes,
- 24:09il a un prix là,
- 24:10aujourd'hui,
- 24:11avec les Césars. »
- 24:13Il faut que je prenne le bateau.
- 24:16En France,
- 24:16on peut réussir.
- 24:17Alors que la manière,
- 24:19tout le cheminement qu'il a effectué entre 2015 jusqu'à aujourd'hui,
- 24:24ça n'a pas été très facile.
- 24:27Oui,
- 24:28j'ai envie de vous dire,
- 24:29c'est vrai que c'est contradictoire,
- 24:30mais en même temps,
- 24:30nous ne sommes pas face à la même population.
- 24:35dont on parle.
- 24:36Oui,
- 24:37c'est vrai que c'est contradictoire.
- 24:39Oui,
- 24:39je pense qu'on a une responsabilité.
- 24:41Les pouvoirs publics,
- 24:42les États ont une responsabilité aussi pour s'occuper de leur jeunesse parce que l'Afrique,
- 24:47c'est une population immense,
- 24:49c'est une démographie galopante et qu'il est important aussi pour ces pays-là de prendre en charge ces jeunes-là parce que c'est aussi un risque pour l'Europe.
- 25:00On voit bien aujourd'hui,
- 25:02quand on voit toute cette radicalisation qui se passe aujourd'hui dans certains pays européens avec la montée du populisme,
- 25:09etc.
- 25:09C'est qu'on est face à des temps qui sont en train de changer.
- 25:14Donc il y a aussi cette réflexion à avoir à l'autre niveau,
- 25:20en tant que personne,
- 25:23on va dire société civile,
- 25:24mais aussi dans nos...
- 25:27dans nos actions,
- 25:28dans nos initiatives,
- 25:29etc.,
- 25:30dans nos prises de parole,
- 25:32et aussi pour les personnes qui nous dirigent dans nos États,
- 25:35de pouvoir justement prendre ces points-là,
- 25:38parce qu'on est face aujourd'hui à un nouvel ère qui est en train d'émerger aujourd'hui dans les différentes régions du monde,
- 25:47et je pense que chacun doit prendre ses responsabilités là.
- 25:50J'ai été un peu longue,
- 25:52c'est un peu bifurqué.
- 25:55J'espère que ça répond en tout cas à votre question.
- 25:58Oui,
- 26:00ça répond complètement à la question.
- 26:01Il faut être complètement à l'aise au fait d'être long dans les réponses,
- 26:05parce que le temps du podcast est un temps long,
- 26:07au contraire de TikTok et autres réseaux sociaux où on n'a pas le temps de s'exprimer.
- 26:13Tu as tout le loisir de t'exprimer et de faire des longues...
- 26:18On est chez nos ancêtres,
- 26:20ce sont des griots.
- 26:21Oui,
- 26:21absolument.
- 26:22Donc c'est naturellement que...
- 26:25plein de chemins,
- 26:25on raconte des histoires.
- 26:28J'ai beaucoup aimé ton parallèle avec effectivement l'histoire d'Abu Sangaré et c'est intéressant que tu précises comment ça peut être perçu cet exemple-là.
- 26:36Il ne faudrait pas le voir perçu comme finalement l'exemple à suivre parce que ce n'est pas le genre de modèle qu'on a forcément envie de mettre en avant même si c'est une superbe histoire et que on est fiers que ce soit encore un compatriote guinéen.
- 26:49Oui absolument,
- 26:51il est guinéen,
- 26:51c'est exactement ça.
- 26:53Mais en même temps,
- 26:54on n'a pas envie que ce soit cristallisé comme c'est le chemin qu'on doit tous prendre si on veut arriver quelque part.
- 27:00On a envie d'avoir aussi des exemples mis en avant de repas et de locaux qui sont sur le continent et qui ont des carrières exceptionnelles.
- 27:09Et c'est ça toute la complexité quand on parle d'Afrique et qu'on a tendance à vouloir généraliser,
- 27:15c'est qu'en fait on ne peut pas.
- 27:17Et c'est ça qui parfois dans les analyses fait défaut,
- 27:20c'est que...
- 27:21On n'a pas toujours les experts métiers pour s'exprimer sur les sujets.
- 27:24Et puis,
- 27:25on a tendance à tomber dans la facilité de la généralisation qui ne traduit pas la complexité et la diversité des différents profils sur le continent.
- 27:35J'ai envie maintenant que tu nous parles de ton initiative,
- 27:38le Club des diasporas africaines.
- 27:41Du coup,
- 27:42comment t'es venue cette idée ?
- 27:45Et aujourd'hui,
- 27:45en fait...
- 27:47c'est un peu pourquoi rejoindre le club et quelles sont les différentes initiatives du club ?
- 27:52Oui,
- 27:53merci Rama.
- 27:53Oui,
- 27:54effectivement,
- 27:54alors comme je te disais au départ,
- 27:59la Maison Muller est très vite devenue,
- 28:01je commence par là parce que tu vas comprendre pourquoi,
- 28:03la Maison Muller est devenue très vite un lieu vraiment d'expression,
- 28:07on va dire,
- 28:08des initiatives de cette diaspora africaine de France,
- 28:11et notamment des entrepreneurs et entrepreneuses africaines.
- 28:15Et...
- 28:17Et progressivement,
- 28:18au fil de l'eau,
- 28:19je me suis dit,
- 28:19mais je rencontrais,
- 28:21j'étais face à des histoires,
- 28:22en fait,
- 28:22des histoires de vie,
- 28:25des femmes africaines qui étaient parfois salariées dans des entreprises ou alors qui avaient fait des reconversions pour lancer leur business.
- 28:31Et je voyais qu'elles avaient quand même du mal pour beaucoup à développer leur entreprise,
- 28:39qu'elles avaient du mal pour beaucoup à gagner plus en confiance,
- 28:43à être soutenues,
- 28:44à développer.
- 28:45leur réseau,
- 28:46etc.
- 28:46Donc il manquait un certain nombre de clés de réussite pour beaucoup d'entre elles et je me suis dit,
- 28:53puisque je vivais dans un écosystème par ma belle famille et notamment par les différentes entreprises de mon mari,
- 29:00où je voyais la manière dont il faisait la promotion des talents,
- 29:05notamment des talents issus de la gastronomie française,
- 29:11qu'il révélait vraiment.
- 29:13Et ça me donnait des idées,
- 29:14je me disais mais il faudrait qu'à un moment je puisse réfléchir à un écosystème ou à une plateforme d'entraide où on pourrait effectivement permettre aux uns et aux autres de pouvoir se développer,
- 29:30de pouvoir être connecté à la bonne personne,
- 29:33de pouvoir trouver un financement pour accélérer son développement entrepreneurial ou alors tout simplement...
- 29:42être mieux armé pour gagner en confiance,
- 29:44etc.
- 29:45Donc en fait...
- 29:47Tout est né de ce constat et de cette observation,
- 29:50parce qu'il faut observer,
- 29:51c'est important,
- 29:52il faut écouter,
- 29:53c'est aussi très important pour avancer.
- 29:56Et il y a trois ans,
- 30:00j'avais déjà une entreprise,
- 30:02parallèlement à la Maison Muller,
- 30:03j'avais une entreprise de conseil,
- 30:05j'appelais des entreprises,
- 30:09notamment des PME,
- 30:10sur du conseil en développement Afrique.
- 30:15Et je me suis dit,
- 30:16il faudrait que je puisse mettre en place cette plateforme business qui marche sous forme d'adhésion pour justement soutenir les membres de ce club pour les connecter à des réseaux intéressants
- 30:31ou à des personnes intéressantes qui peuvent les aider.
- 30:35Donc ça a commencé comme ça,
- 30:36j'en ai parlé à quelques amis,
- 30:38des gens que je côtoyais notamment au sein de ces initiatives.
- 30:43d'entrepreneuses au sein de la maison
- 30:45Muller et très vite des personnes ont rejoint cette initiative et c'est tombé à un moment où j'avais en fait repéré une jeune femme qui
- 31:01était chef cuisinier,
- 31:03qui est de nationalité française d'origine togolaise,
- 31:08qui avait travaillé dans un de nos ...
- 31:13dans notre écosystème,
- 31:14et qui avait envie d'avoir un restaurant pour pouvoir développer son entreprise de cuisson,
- 31:24de restauration.
- 31:26Et cette femme s'appelle Agnès,
- 31:29son nom de chef c'est Agnès.
- 31:32On a échangé longuement cet été parce qu'elle réfléchissait à reprendre un restaurant.
- 31:37Il se trouve que dans notre écosystème,
- 31:39familiales.
- 31:40On a un restaurant aujourd'hui qui existe depuis une dizaine d'années et qui a vu passer pas mal de chefs,
- 31:49pas africains,
- 31:50mais des chefs français,
- 31:52etc.,
- 31:54qui pendant très longtemps a été un lieu qui révélait des talents.
- 31:59Notamment l'un des chefs qui est passé par ce lieu-là,
- 32:03c'est Guillaume Sanchez,
- 32:05qui a été plus ou moins révélé,
- 32:07j'ai envie de dire,
- 32:07par...
- 32:08par mon beau-frère,
- 32:12Adrien.
- 32:13Et donc,
- 32:15ce restaurant était aussi connu pour ça,
- 32:17pour vraiment donner la possibilité à des personnes qui avaient des talents culinaires de pouvoir s'exprimer,
- 32:25exprimer leur art.
- 32:27Donc,
- 32:28il s'est trouvé qu'en fait,
- 32:29les planètes étaient un peu alignées.
- 32:31C'était aussi des concours de circonstances que l'année...
- 32:36L'été dernier,
- 32:37en discutant avec cette femme à Guinness,
- 32:39elle me dit « je veux reprendre un restaurant » .
- 32:41Je lui dis « écoute,
- 32:42nous avons le restaurant
- 32:44Sarté, qui n'est pas loin de la Maison Muller,
- 32:46qui a deux pâtés de maison.
- 32:49Nous cherchons un chef.
- 32:50Si tu veux,
- 32:51on peut s'associer et tu prends le restaurant,
- 32:54etc. »
- 32:55Les choses se sont faites assez rapidement.
- 32:58Cette femme à Guinness a du coup repris ce restaurant récemment.
- 33:03Elle a changé le nom et se l'a approprié.
- 33:06Elle a réussi à avoir du financement pour pouvoir justement faire tous les travaux nécessaires.
- 33:12Donc nous sommes en partenariat avec elle,
- 33:14nous sommes associés dans cette initiative.
- 33:16Donc c'est une personne qui fait partie de notre écosystème.
- 33:19C'est un exemple pour vous dire pourquoi je vous dis tout ça.
- 33:23C'est pour vous démontrer qu'en fait,
- 33:25quand on arrive effectivement à se mettre ensemble,
- 33:29quand on arrive à...
- 33:31à donner la chance à d'autres personnes de pouvoir se développer,
- 33:37de pouvoir réaliser leurs rêves,
- 33:41c'est la chose la plus merveilleuse qui soit.
- 33:44Et le Club des Diasporas Africaines de France,
- 33:47c'est ça l'idée.
- 33:48L'idée,
- 33:49c'est de dire,
- 33:50nous pouvons créer ensemble cette culture du possible,
- 33:53en se parlant,
- 33:54en essayant de voir comment s'entraider.
- 33:59pour finalement avancer,
- 34:00parce qu'il y a énormément de talent aujourd'hui au sein de la diaspora,
- 34:04et c'est très compliqué de trouver les bonnes personnes au bon moment,
- 34:09les bonnes personnes qui peuvent effectivement vous aider à tout simplement aller vers un objectif que vous vous êtes fixé.
- 34:16Donc je dirais que c'est une plateforme d'entraide,
- 34:20c'est une plateforme aussi qui permet de trouver des pépites.
- 34:26qui ont besoin d'être accompagnés financièrement pour développer leur entreprise.
- 34:32C'est une plateforme qui est très business,
- 34:35ce n'est pas une association,
- 34:36c'est un club d'affaires.
- 34:41qui a aujourd'hui 3 ans,
- 34:43qui est soutenue,
- 34:44je tiens à le dire,
- 34:45par le groupe Orange Monnaie Europe,
- 34:48puisque depuis toutes ces années,
- 34:50enfin depuis 2 ans et demi,
- 34:51on a
- 34:53Orange Monnaie Europe qui soutient toutes nos initiatives événementielles,
- 34:57notamment,
- 34:59donc qui apporte un appui à la fois financier,
- 35:02et nous permet aussi de pouvoir avoir de la visibilité dans nos différentes initiatives.
- 35:08Donc j'en profite pour saluer
- 35:10Orange Money Europe qui soutient pas mal d'initiatives de la diaspora.
- 35:14En tout cas,
- 35:14nous,
- 35:14ils nous ont fait confiance.
- 35:16Et du coup,
- 35:16ça nous donne du courage pour pouvoir justement continuer à développer ce club d'entraide aussi,
- 35:24mais aussi d'accompagnement des entrepreneurs de la diaspora.
- 35:29À l'intérieur de ce club,
- 35:30on a développé une initiative qui est l'organisation de conférences,
- 35:34parce que l'objectif,
- 35:35c'est aussi de faire des liens transcontinentaux.
- 35:38C'est aussi de créer du lien.
- 35:40avec l'Afrique,
- 35:41puisque les personnes qui composent ce club,
- 35:43il y a des Français français,
- 35:44mais il y a aussi des gens issus de la diaspora africaine de France,
- 35:50pour la plupart,
- 35:50c'est la majorité.
- 35:53Et donc l'objectif,
- 35:54c'est aussi au travers des conférences que nous organisons,
- 35:57c'est de pouvoir justement se connecter et se reconnecter avec le continent africain.
- 36:03Nous avons lancé l'année dernière une initiative
- 36:08qui est le Salon des industries africaines de France.
- 36:12La première édition a eu lieu à Gavaud.
- 36:14Nous avons réussi à réunir presque 250 personnes avec des entreprises,
- 36:19avec des banques,
- 36:21avec des industriels.
- 36:22C'est un événement qui a suscité beaucoup d'engouement et qui a été salué par pas mal de gens présents,
- 36:30même sur le continent,
- 36:32qui ont marqué leur sentiment de satisfaction et de satisfaction.
- 36:37parce que premièrement,
- 36:38c'est une initiative qui est portée par des femmes africaines,
- 36:43puisqu'il y a moi,
- 36:44il y a aussi une amie,
- 36:47Léa Ausha,
- 36:48qui m'accompagne sur ce projet.
- 36:50Et c'est une initiative aussi qui a pour vocation d'attirer aussi d'autres réseaux,
- 36:56comme le réseau des forces françaises de l'industrie,
- 36:59pour justement avoir de l'impact et créer cet effet de croissance partagée avec le continent africain.
- 37:06C'est aussi une plateforme qui nous a permis aussi de faire des conférences sur le continent africain,
- 37:15comme les tables rondes du capital humain africain,
- 37:18puisque l'année dernière en Guinée,
- 37:20on a eu la chance de participer au 72 heures du livre,
- 37:26avec des amis de la diaspora,
- 37:31pour certaines qui n'avaient jamais mis le PPP en Guinée.
- 37:35Donc ils sont venus avec moi,
- 37:36où nous avons effectivement animé une table ronde sur le capital humain africain,
- 37:41et des masterclass autour des femmes dans les boards,
- 37:46autour de comment je travaille mon pitch,
- 37:48etc.
- 37:49Donc en profitant et en prenant l'opportunité de cet événement majeur en Guinée,
- 37:55qui est le 72 heures du livre,
- 37:59c'est aussi au travers de cette plateforme,
- 38:01au travers de cette dynamique,
- 38:03on va dire,
- 38:05de clubs,
- 38:05d'entraide et aussi de rencontres d'affaires que nous avons pu aussi,
- 38:10que j'ai été sollicité par cette année,
- 38:12c'était le 7 février dernier,
- 38:15par l'ex-ambassadeur du Gabon en France qui s'appelle
- 38:19Liliane Maramala
- 38:21Massala, qui dans le cadre du lancement de son fonds d'investissement agricole et de son cabinet d'accompagnement des investissements en Afrique,
- 38:30notamment...
- 38:31en Afrique en général et plus particulièrement en Afrique centrale,
- 38:34Gabon,
- 38:34RDC,
- 38:35etc.,
- 38:36m'a sollicité pour être chargée de mission pour organiser cette conférence.
- 38:41Nous travaillons,
- 38:42donc ça a été un vrai succès aussi,
- 38:44l'un grâce à ce travail collectif,
- 38:47puisque cette conférence a réuni presque 250 personnes,
- 38:51plus de 250 personnes en présentiel et 500 personnes en distanciel qui suivaient en direct via les plateformes de réseaux sociaux la conférence.
- 39:00avec un parterre de personnalités importantes,
- 39:03publiques et en même temps des acteurs économiques.
- 39:06Donc tout ça pour vous dire que cette plateforme,
- 39:08si je devais la résumer,
- 39:10c'est non seulement un lieu d'entraide pour soutenir des entrepreneurs des diasporas africaines de France,
- 39:16puisque ces diasporas sont assez diverses,
- 39:18pour les mettre en lumière,
- 39:20pour leur donner une visibilité au travers de nos plateformes de communication,
- 39:24pour en même temps identifier celles et ceux qui ont des...
- 39:29on va dire des projets entrepreneuriaux ou des entreprises déjà qui ont besoin d'être accélérées et qui peuvent bénéficier des réseaux de financement que nous avons aujourd'hui,
- 39:42parce que nous sommes connectés à des réseaux.
- 39:45pour aussi permettre à cette diaspora de se relocaliser ou de se connecter,
- 39:52reconnecter,
- 39:53si vous voulez,
- 39:54avec le continent africain.
- 39:56Parce que beaucoup,
- 39:57parfois,
- 39:58ne connaissent pas le continent,
- 40:00soit leur pays d'origine,
- 40:01soit ils ont été une fois,
- 40:02deux fois,
- 40:03mais ils ne le connaissent pas toujours.
- 40:05C'est aussi de dire,
- 40:06au travers de ces conférences,
- 40:08au travers de ces échanges...
- 40:10au travers de ces déplacements que nous faisons sur le continent,
- 40:13nous créons du lien,
- 40:14nous arrivons à nous développer ensemble,
- 40:16à grandir ensemble,
- 40:18à nous entraider.
- 40:19Et donc,
- 40:22voilà,
- 40:23on voit ce que,
- 40:25si je pouvais résumer,
- 40:26en tout cas l'objectif et les ambitions de cette plateforme aujourd'hui.
- 40:31Très bien,
- 40:32on sent qu'il y a vraiment une interconnection entre,
- 40:35en fait,
- 40:36parce qu'on pourrait se dire,
- 40:37mais tu interviens sur différents...
- 40:39sujets très différents,
- 40:40tu as beaucoup d'initiatives et d'entreprises différentes,
- 40:43mais on sent bien qu'en fait tout est connecté,
- 40:45et que finalement il y a un lien entre la Maison Muller,
- 40:47le Club des D'Aspora,
- 40:49et puis ton travail chez Grand Alexander.
- 40:53Donc ça c'est assez intéressant de voir ça,
- 40:55parce que parfois moi je peux être confrontée à des étudiants aux différents profils qui n'osent pas tenter plusieurs choses en se disant « ça ne va pas être audible,
- 41:04ça ne va pas être compréhensible » .
- 41:06Donc,
- 41:06il faut que je choisisse une voie.
- 41:08Et puis,
- 41:09c'est celle-là par laquelle je vais m'exprimer.
- 41:13Donc,
- 41:13c'est intéressant,
- 41:14à travers ce que tu nous racontes là,
- 41:16de voir finalement qu'une ligne directrice,
- 41:19elle peut avoir plusieurs piliers qui vont venir la soutenir.
- 41:23Complètement.
- 41:23Et c'est très bien dit.
- 41:25Tu le dis encore mieux que moi.
- 41:28C'est exactement ça,
- 41:29parce que ça surprend beaucoup de gens,
- 41:32parfois des amis,
- 41:33qui me disent
- 41:34« Mais oui,
- 41:34mais tu fais trop de choses,
- 41:35comment tu trouves le temps ? »
- 41:36temps avec tes enfants,
- 41:38mais je dis,
- 41:38mais en fait,
- 41:39d'abord,
- 41:40il y a une histoire de passion,
- 41:41en fait.
- 41:41Quand on n'est pas passionné par des choses,
- 41:43ça ne marche pas.
- 41:45Il y a aussi l'authenticité,
- 41:46le fait d'être vrai dans tout ce que vous faites et d'avoir vraiment à cœur de faire bouger les lignes et de faire avancer les choses,
- 41:52ça c'est important.
- 41:54Et en fait,
- 41:55oui,
- 41:55il y a cette ligne directrice.
- 41:56Il y a l'Afrique,
- 41:58bien sûr,
- 41:58parce que je suis passionnée par l'Afrique.
- 42:00Il y a l'Europe,
- 42:01la France et on la retrouve.
- 42:03Et finalement,
- 42:04c'est vraiment...
- 42:06Tout est interconnecté,
- 42:10tout est lié.
- 42:10Donc,
- 42:10je n'ai pas l'impression de m'éparpiller,
- 42:13comme certains semblent le dire ou le croire.
- 42:17En fait,
- 42:17tout est lié.
- 42:18Et donc,
- 42:18tu le résumes très bien.
- 42:19Et c'est exactement ça.
- 42:21Très intéressant.
- 42:22Maintenant,
- 42:22je voudrais que tu nous parles du Salon des industries.
- 42:26Il a été organisé,
- 42:27il me semble,
- 42:28l'année dernière.
- 42:30Ça fait partie d'encore une nouvelle initiative de Kadia Moissias.
- 42:35Du coup,
- 42:36les gens vont se dire mais en fait,
- 42:38toutes les 10 minutes,
- 42:40c'est un nouveau sujet de fond.
- 42:43En tout cas,
- 42:44moi,
- 42:45je te suivais sur LinkedIn et c'est par cet événement-là que j'ai pu découvrir l'une de tes initiatives et qui m'a menée après à te suivre davantage et puis à te proposer une interview.
- 42:57Donc,
- 42:57j'aimerais que tu nous parles de ce sujet-là et ensuite,
- 42:59on en revient aux industries culturelles et créatives.
- 43:02Alors,
- 43:02parle-nous de ce sac.
- 43:03Oui,
- 43:03les différents événements.
- 43:05Oui,
- 43:05merci.
- 43:06Merci beaucoup,
- 43:07Rafa.
- 43:08En fait,
- 43:08c'est aussi une question d'histoire,
- 43:12de vie,
- 43:13d'histoire de famille,
- 43:14etc.
- 43:16Après,
- 43:16mon mari va me dire,
- 43:17mais tu parles toujours de moi.
- 43:19En fait,
- 43:20voilà,
- 43:21j'ai un mari qui est entrepreneur,
- 43:22comme on l'a dit aux élus,
- 43:23et qui est l'un des fondateurs des forces françaises de l'industrie depuis bientôt six ans.
- 43:29Les forces françaises de l'industrie,
- 43:30c'est un regroupement d'entrepreneurs français passionnés,
- 43:37qui se battent pour la réindustrialisation de la France.
- 43:42Ils sont partis du constat que la France s'est désindustrialisée,
- 43:45qui a un peu lâché ses industries.
- 43:47Alors qu'on dirait l'un de ses associés,
- 43:50Gilles Attaf,
- 43:50que j'aime beaucoup,
- 43:51l'industrie c'est la vie,
- 43:52l'industrie c'est ce qui permet de travailler les ressources naturelles,
- 43:56de les transformer,
- 43:56de nous nourrir,
- 43:57si on parle de l'agriculture.
- 43:59de transformer,
- 44:00de créer des produits,
- 44:01on parle de l'industrie par exemple l'hiver etc.
- 44:05Donc l'industrie c'est la vie et donc je me suis retrouvée effectivement au cœur du réacteur au moment de toutes ces réflexions là autour des industries au sein de ma famille depuis bientôt
- 44:196-7 ans où j'entendais des sujets divers et variés sur comment se battre,
- 44:27comment trouver les moyens. …
- 44:28pour qu'on puisse mettre au goût du jour,
- 44:33ou mettre à l'honneur le produit,
- 44:35la production locale.
- 44:38Le travail de la main,
- 44:39le travail du savoir-faire,
- 44:40le travail du faire,
- 44:42F-A-I-R-E,
- 44:43et comment mettre en valeur toute cette créativité,
- 44:46j'ai envie de dire,
- 44:48qui fait...
- 44:50le succès de la France,
- 44:51quand on parle de l'industrie créative,
- 44:54et qui fait aussi l'image de la France quand on parle de la gastronomie,
- 44:58etc.
- 44:58Parce que tout ça,
- 44:59on est dans une industrie,
- 45:00c'est quelque chose d'assez pluriel.
- 45:03Et je voyais vraiment le début de ces initiatives,
- 45:09et je voyais toutes ces personnes qui venaient chez nous,
- 45:15discuter,
- 45:16échanger,
- 45:17et toute cette réflexion et ce dynamisme.
- 45:20et ce mouvement,
- 45:21et étant une personne d'engagement,
- 45:24vous l'aurez compris,
- 45:27d'engagement,
- 45:29j'ai toujours à cœur finalement d'avoir une réflexion profonde de qu'est-ce qu'il en est,
- 45:37qu'en est-il sur le continent africain,
- 45:39et comment ça se passe aussi chez nous,
- 45:43et en lisant,
- 45:43en allant sur place,
- 45:44je voyais bien qu'effectivement il y avait,
- 45:47comment dirais-je,
- 45:48un...
- 45:49parallèle à faire à ce niveau-là.
- 45:50Et d'ailleurs,
- 45:50dans les discussions,
- 45:52souvent,
- 45:52c'est ce que je laissais entendre.
- 45:55Je voyais,
- 45:56d'un côté,
- 45:58toutes ces personnes de très bonne volonté,
- 46:01assez patriotes,
- 46:03qui se battent sur la réindustrialisation de la France.
- 46:06Je me disais,
- 46:06mais en fait,
- 46:07quand ce combat,
- 46:09il peut être mis en lien avec cette quête,
- 46:13finalement,
- 46:13que nous avons aujourd'hui sur le continent africain,
- 46:16cette quête d'industrialisation.
- 46:18Et c'est assez lié avec tout ce qu'on dit depuis aujourd'hui,
- 46:22ce mouvement de talent qui revient en Afrique,
- 46:25ce mouvement d'experts,
- 46:27de compétences qui veulent transformer l'Afrique,
- 46:32qui veulent aussi utiliser les ressources de l'Afrique pour en faire de la transformation locale.
- 46:38Je crois que je n'ai jamais vu autant de forums,
- 46:41de rencontres autour du
- 46:43Made in...
- 46:45Africa,
- 46:45soit du Made in Benin,
- 46:46Made in Guinée,
- 46:47Made in Mali,
- 46:48il y a eu une espèce de développement accéléré depuis une dizaine d'années,
- 46:54de cette volonté,
- 46:55de cette envie de beaucoup de pays,
- 46:58beaucoup de communautés,
- 47:00ça se faisait déjà,
- 47:01je ne dis pas que ça devient comme ça,
- 47:02comme un cheveu sur la soupe,
- 47:04mais on voit bien que c'est aussi ça l'avenir,
- 47:09c'est aussi utiliser le
- 47:13contenu local,
- 47:14c'est aussi utiliser ce que nous produisons au niveau local pour créer de l'emploi,
- 47:20pour créer de la main d'œuvre,
- 47:21pour faire de la transformation et créer des véritables chaînes de valeur.
- 47:27C'est aussi des volontés,
- 47:30des envies des acteurs en présence de faire moins d'importations puisque nous avons quand même,
- 47:38quand on regarde,
- 47:39la plupart de nos pays,
- 47:40nous avons des sols.
- 47:42certains ne sont pas exploités puisqu'on estime aujourd'hui que l'Afrique,
- 47:49presque 60%
- 47:50des terres arables sont sur le continent africain,
- 47:52si je ne m'abuse.
- 47:54Et donc il y a quand même une véritable quête aujourd'hui.
- 47:58Donc quand on met en parallèle ces initiatives que je voyais en France,
- 48:03notamment au sein des forces françaises de l'industrie,
- 48:07on pouvait verser cette quête.
- 48:10quête d'individualisation de l'Afrique,
- 48:12je me suis dit,
- 48:12mais il faut qu'on fasse quelque chose,
- 48:14il faut qu'on essaie de réunir les personnes intéressées sur ce sujet-là,
- 48:19créer comme une plateforme d'échange qui peut être aussi une plateforme de rencontres,
- 48:26d'échanges,
- 48:26de bons procédés,
- 48:28pourquoi pas,
- 48:29de transferts de compétences,
- 48:31de création de liens,
- 48:33de valorisation aussi de nos histoires communes,
- 48:36puisque...
- 48:39C'est aussi là une démonstration de ce que je fais au quotidien,
- 48:43avec cette volonté de toujours créer ce lien,
- 48:47ce pont,
- 48:47cette relation entre ces deux côtés de mon identité que je valorise,
- 48:54la fois l'Afrique,
- 48:55la Guinée,
- 48:56et l'Europe,
- 48:58la France,
- 48:59le pays où je vis aujourd'hui,
- 49:01où je suis installée,
- 49:04entre parenthèses,
- 49:05je suis dans un couple mixte,
- 49:06avec quatre enfants métis.
- 49:08Ça fait partie aussi de son identité.
- 49:10Donc cette réflexion,
- 49:11elle est née,
- 49:13elle a été renforcée,
- 49:14j'ai envie de dire,
- 49:15à partir de ces échanges que j'avais,
- 49:18à partir de ces parcours de vie que je rencontrais dans différentes régions de France,
- 49:25en me déplaçant,
- 49:29en allant dans des régions.
- 49:31Ma belle-famille vient de la région d'Auvergne,
- 49:32c'est une région que je fréquente depuis presque une trentaine d'années maintenant.
- 49:36Et je voyais aussi cette dynamique.
- 49:39et l'idée c'est de dire mais comment peut-on créer de la croissance partagée comment peut-on créer des ponts entre ces deux entre ces différents acteurs qui ne se connaissent pas
- 49:49pas toujours,
- 49:50et puis voilà,
- 49:52et comment finalement créer ce temps de rencontre,
- 49:56de débat pour faire avancer les choses.
- 50:00Le 7 février dernier,
- 50:03on était sur la thématique de l'industrie,
- 50:06de la thématique de l'agriculture,
- 50:07il y a eu beaucoup de sujets,
- 50:09beaucoup d'éléments de recommandations,
- 50:12de choses concrètes qui se passent aujourd'hui sur le continent africain,
- 50:17des entreprises qui transforment
- 50:20des ressources agricoles,
- 50:23des entreprises qui créent des usines,
- 50:25etc.
- 50:25Donc c'était important de pouvoir témoigner de cela,
- 50:30créer des connexions,
- 50:32aussi valoriser ces initiatives et ces acteurs économiques qui font des choses en Afrique auprès de cette diaspora qui participait à cette conférence.
- 50:45Donc oui,
- 50:46c'est une initiative nouvelle,
- 50:47certes,
- 50:48mais...
- 50:49Mais finalement,
- 50:50elle s'inscrit aussi dans un alignement,
- 50:54dans une dynamique.
- 50:56Donc pour moi,
- 50:58elle vient presque naturellement.
- 51:01La deuxième édition,
- 51:02on est en train d'ailleurs de la préparer,
- 51:04puisque l'un de nos partenaires et de nos sponsors de l'édition l'année dernière,
- 51:09et d'origine sénégalaise,
- 51:10nous a poussé plus ou moins à organiser la deuxième édition au Sénégal.
- 51:16Et on est en train de travailler dessus.
- 51:18qu'on a programmé ça sur le mois de...
- 51:20On l'avait programmé au départ sur avril,
- 51:21mais on n'est pas du tout prêts.
- 51:22Et donc là,
- 51:23on est sur le 17 mai,
- 51:26Inch'Allah,
- 51:26si tout va bien,
- 51:28pour faire cette deuxième édition au Sénégal et pour pouvoir aussi voir tout ce que le Sénégal a montré aussi dans cette transformation industrielle.
- 51:39Je voyais récemment dans la presse un jeune Français qui est parti au Sénégal cher...
- 51:48il a été financé,
- 51:49etc.,
- 51:50qui a créé une usine de transformation de l'oignon.
- 51:54Enfin,
- 51:54je crois que c'est...
- 51:56Le produit fini,
- 51:57c'est en fait des oignons séchés.
- 51:59Et c'est un français.
- 52:01C'est aussi de dire aussi aux industries françaises,
- 52:05enfin aux PME qui sont dans l'industrie,
- 52:07etc.,
- 52:08ou des entreprises françaises,
- 52:09de dire il y a des pays sur lesquels vous pouvez créer des liens,
- 52:13il y a des pays dans lesquels vous pouvez investir,
- 52:17parce que...
- 52:18beaucoup se plaignent aujourd'hui de l'économie française,
- 52:20qu'on a des dettes,
- 52:21etc.,
- 52:21que ça va pas.
- 52:22C'est aussi de se dire,
- 52:23vous voyez,
- 52:23vous avez un continent qui est en croissance,
- 52:25il y a des pays qui ont des croissances presque à deux chiffres,
- 52:29c'est aussi des territoires sur lesquels il peut y avoir des relais de croissance,
- 52:33c'est aussi des territoires avec lesquels vous pouvez créer des partenariats stratégiques.
- 52:38Et moi,
- 52:38je crois beaucoup en l'économie,
- 52:39je crois beaucoup en l'entreprise.
- 52:41Je pense que l'entreprise,
- 52:42c'est un acteur économique fondamental qui...
- 52:47qui arrive,
- 52:48même si on lui met aussi beaucoup la pression,
- 52:50qui arrive à résoudre aussi pas mal de maux de nos sociétés actuelles.
- 52:55Et l'un des principaux talents,
- 52:59entre guillemets,
- 52:59d'entreprise,
- 53:00c'est d'arriver à créer de l'emploi,
- 53:02à transformer les sociétés et à faire en sorte qu'on se reconnecte au travers de la création économique.
- 53:11Très bien,
- 53:11beaucoup d'initiatives en perspective.
- 53:13Merci,
- 53:13et écoute,
- 53:13au mois de mai,
- 53:14on...
- 53:16On attend avec impatience cette seconde édition au Sénégal,
- 53:20où il y a eu l'annonce récente de l'ouverture d'un musée,
- 53:25il y a également le raffinement du pétrole qui a commencé au Sénégal.
- 53:29On sent qu'on est au début d'une nouvelle ère au Sénégal,
- 53:34donc je pense que c'est vraiment intéressant qu'il y ait ce genre d'initiative,
- 53:36à la fois en Occident,
- 53:38mais aussi directement sur le continent africain,
- 53:41puisque quand on parle d'industrie africaine,
- 53:43c'est...
- 53:44Ça paraît légitime et logique d'être sur le continent pour en parler le mieux.
- 53:49Bien sûr,
- 53:49bien sûr.
- 53:50Et ce sera le Sénégal,
- 53:51si tout va bien.
- 53:52Et on a pris la Guinée comme pays invité de neuf.
- 53:55La Guinée n'est pas loin.
- 53:57Et la Guinée aussi,
- 53:59on voit qu'il y a une vraie volonté de transformer,
- 54:03de créer des plateformes d'échange,
- 54:05en tout cas autour de l'industrie.
- 54:08Et je crois que l'année dernière,
- 54:09ou il y a deux ans,
- 54:10il y avait eu le salon de l'industrie.
- 54:12ou du produire local.
- 54:14Et donc,
- 54:14ça,
- 54:14c'est aussi des bonnes initiatives à encourager.
- 54:17Et donc,
- 54:18j'en profite,
- 54:19je suis guinéenne.
- 54:21Donc,
- 54:22j'ai vu avec les équipes que la Guinée sera un pays invité d'honneur.
- 54:25Voilà.
- 54:26Très bien.
- 54:26Non,
- 54:26mais il faut être un peu souverain.
- 54:28Il faut avoir un bon espace.
- 54:32Là,
- 54:32moi,
- 54:32je voulais en tenir aux industries culturelles et créatives.
- 54:36La notion de soft power.
- 54:38Je me rends compte,
- 54:39aujourd'hui,
- 54:40À travers la musique,
- 54:41à travers le cinéma,
- 54:44à travers...
- 54:46travers la musique cinéma,
- 54:47vers l'art contemporain,
- 54:48qui a vraiment un essor d'artistes africains sur le devant de la scène,
- 54:54que c'est reconnu et que,
- 54:56quelque part,
- 54:56c'est aussi un moyen d'étendre,
- 54:59en fait,
- 54:59une forme de,
- 55:01je ne vais pas dire de notoriété africaine,
- 55:02mais une meilleure connaissance de ce qui vient du continent et un peu libérée d'une espèce de,
- 55:08comment dire,
- 55:09là,
- 55:10on vient nous chercher pour nos compétences et notre originalité.
- 55:13On n'est pas sous la coupe,
- 55:14en fait,
- 55:15d'un regard occidental qui nous dicterait les bonnes façons de faire.
- 55:19Absolument.
- 55:21Quel est ton avis par rapport à ça ?
- 55:25Déjà,
- 55:26ce que tu dis,
- 55:26Rama,
- 55:27c'est totalement juste.
- 55:29Et on voit bien qu'effectivement,
- 55:30sur les industries culturelles et créatives,
- 55:34l'Afrique a envie de prendre sa place.
- 55:38Et on voit bien qu'effectivement,
- 55:40il y a aujourd'hui sur le continent...
- 55:44tous ces talents artistiques qui sont aujourd'hui en train de s'exprimer au travers de cette jeunesse.
- 55:50Et je pense que l'avènement des nouvelles technologies,
- 55:53les réseaux sociaux sont en train de l'accélérer et ont mis en valeur,
- 55:56on va dire,
- 55:58cette créativité africaine et cette puissance culturelle africaine.
- 56:04Et chacun est en train de se l'approprier à sa manière,
- 56:08quel que soit le pays où on se trouve.
- 56:11Et ça,
- 56:13je pense que c'est aussi la chance de beaucoup de...
- 56:17En tout cas,
- 56:17c'est un secteur qui va permettre à l'Afrique dans les années à venir de compter sur la scène internationale.
- 56:26Et ça a commencé.
- 56:28Quand on voit aujourd'hui une grande star comme Beyoncé pour son dernier opus,
- 56:35où elle...
- 56:36Je crois que le titre c'était...
- 56:39Je ne me rappelle plus de son titre.
- 56:40Elle a fait appel à des artistes comme Imane Aïssi en tant qu'habilleur de tous ces danseurs et danseuses dans cet opus.
- 56:51Le nom m'échappe,
- 56:52je ne sais plus.
- 56:52C'était Beyoncé qui avait...
- 56:54Où elle fait appel à la culture africaine pour...
- 57:00Dans tout le processus de cette manifestation artistique,
- 57:06ça veut dire beaucoup.
- 57:09Quand on voit récemment le Bénin mettre au goût du jour la religion du vaudou,
- 57:15avec les vaudoudés,
- 57:16ce qui a fait venir des milliers de personnes de partout,
- 57:22et qui utilisent cette puissance,
- 57:25cette richesse culturelle,
- 57:27spirituelle,
- 57:28pour valoriser le Bénin,
- 57:30on est vraiment dans du soft power,
- 57:32et dans ce soft power orchestré vraiment intelligemment.
- 57:37Quand on voit aujourd'hui des chefs cuisiniers qui sont primés et qui gagnent des étoiles en France et qui maintenant arrivent,
- 57:49par ce travail gastronomique culinaire,
- 57:52à régaler des grands chefs d'État comme Sacco,
- 57:56qui a fait un grand dîner,
- 57:58je ne sais plus pour quelle réception,
- 57:59à l'Ilysée,
- 58:01qui a fait le dîner d'accueil des personnalités politiques,
- 58:06les exemples ne manquent pas.
- 58:07pas.
- 58:08Et moi,
- 58:09j'ai une amie qui s'appelle Absa Tou Douro,
- 58:12qui est d'origine sénégalaise,
- 58:14qui a lancé l'école des...
- 58:18ça s'appelle l'école du luxe au Sénégal.
- 58:21Et l'école des métiers d'art,
- 58:23c'est une initiative qu'elle a lancée il y a 3-4 ans.
- 58:28Justement,
- 58:29en partant de l'idée qu'effectivement,
- 58:31il faut valoriser ces talents africains,
- 58:34parce que nous,
- 58:34on les voit sur Instagram,
- 58:35sur les réseaux sociaux,
- 58:36etc.
- 58:37et qui a pris justement cette initiative de porter aux yeux du monde cette créativité africaine qui n'a rien à envier à certaines maisons de luxe,
- 58:51par le raffinement,
- 58:52par la beauté et par toute la complexité de la création.
- 58:57Et c'est quelque chose qui a démarré petitement aujourd'hui,
- 59:01c'est vraiment,
- 59:01il y a une vraie école avec cette possibilité aussi
- 59:06d'entraîner cette jeunesse,
- 59:10ce gisement de talent,
- 59:11puisque c'est une jeunesse nombreuse,
- 59:13vers ces secteurs de savoir-faire,
- 59:17de création,
- 59:21pour en faire demain des métiers.
- 59:23Parce que quand on prend...
- 59:24On parle de l'industrie créative,
- 59:27de l'industrie culturelle,
- 59:29c'est tellement de métiers qu'on peut intégrer dedans.
- 59:34Vous avez parlé de la musique,
- 59:35on peut parler de la confection,
- 59:37du textile,
- 59:38on peut parler de cuisine,
- 59:44de l'aspect culinaire,
- 59:45on peut même y mettre tous les éléments du sport,
- 59:50de la danse,
- 59:52etc.
- 59:54Donc oui,
- 59:55l'Afrique est en train de vraiment prendre sa part dans cette industrie parce qu'on a aussi,
- 1:00:00surtout,
- 1:00:02un patrimoine culturel qui est extrêmement riche.
- 1:00:05Moi,
- 1:00:06je suis née en Guinée,
- 1:00:08j'ai des souvenirs de contes,
- 1:00:10d'histoires que ma grand-mère,
- 1:00:12paix à son âme,
- 1:00:13nous racontait avant qu'on aille se coucher.
- 1:00:15Parce que ma grand-mère paternelle vivait avec nous,
- 1:00:19donc elle était à domicile,
- 1:00:20et on ne se couchait pas avant.
- 1:00:23d'avoir l'histoire,
- 1:00:24on appelle ça les kinis,
- 1:00:26ou sous-sous,
- 1:00:27avant d'avoir l'histoire,
- 1:00:29ce conte qui éveillait nos sens,
- 1:00:33notre imaginaire,
- 1:00:34etc.
- 1:00:35D'avoir tous ces errants qui ont façonné l'histoire avec un grand H de l'Afrique,
- 1:00:44pas que l'homme africain n'ait pas assez rentré dans l'histoire,
- 1:00:48ça me permet de faire une petite parenthèse,
- 1:00:50d'aller au-delà des...
- 1:00:52les siècles et les siècles de l'histoire africaine,
- 1:00:55qui est une histoire fabuleuse.
- 1:00:58Donc,
- 1:00:58je dirais qu'aujourd'hui,
- 1:00:59oui,
- 1:01:00on peut parler d'industrie.
- 1:01:01Et je pense que beaucoup de pays l'ont compris.
- 1:01:03Je vous parlais du Bénin tout à l'heure.
- 1:01:07Le Sénégal,
- 1:01:09au mois de juin,
- 1:01:10il va y avoir le Festival des Arts à Saint-Louis.
- 1:01:14Voilà,
- 1:01:14moi,
- 1:01:14c'est des choses qui m'intéressent.
- 1:01:16Et d'ailleurs,
- 1:01:17on les a mis en valeur lors de notre...
- 1:01:21Le dernier salon des industries africaines,
- 1:01:23le 24 juin 2024 à Gavau,
- 1:01:26il y avait tout un panel,
- 1:01:27en tout cas de grands témoins,
- 1:01:29avec des personnes comme Mohamed Zoglami,
- 1:01:32qui au travers des jeux vidéo arrivent à faire des plateformes de jeux avec des héros africains,
- 1:01:40des Sujata Keita,
- 1:01:41les Renzinga,
- 1:01:42etc.
- 1:01:47Ou encore,
- 1:01:47je ne sais plus,
- 1:01:48le nom m'échappe,
- 1:01:52Je ne sais plus.
- 1:01:52Mais bon,
- 1:01:53un exemple pour vous dire qu'effectivement,
- 1:01:58c'est des secteurs d'activité aujourd'hui qu'il ne faut pas négliger.
- 1:02:02Et je pense que beaucoup de pays l'ont compris,
- 1:02:05que mettre la culture au cœur des réflexions de développement,
- 1:02:08de transformation de l'Afrique,
- 1:02:11c'est quelque chose de vraiment fondamental.
- 1:02:13Complètement alignée avec cette réflexion,
- 1:02:16toi,
- 1:02:16à travers ta position,
- 1:02:18comme tu le disais,
- 1:02:18tu as...
- 1:02:20dans une situation où tu te situes un peu sur ce pont entre la France et l'Afrique.
- 1:02:25Est-ce que tu vois des changements d'un point de vue...
- 1:02:28Toi,
- 1:02:28tu vas être dans des initiatives qui sont le Club de la Diaspora,
- 1:02:31la Maison Muller,
- 1:02:32qui sont des entreprises privées et personnelles.
- 1:02:36Est-ce que toi,
- 1:02:36tu vois des engagements des gouvernements à soutenir ce type d'entreprise et d'initiatives ?
- 1:02:44Est-ce que tu sens que...
- 1:02:45Parce qu'on parle beaucoup d'initiatives privées,
- 1:02:47de repas,
- 1:02:48mais peut-être en fait de...
- 1:02:49individuellement qui mènent des actions,
- 1:02:51mais derrière,
- 1:02:52c'est vrai que on a besoin aussi d'initiatives de gouvernement qui vont soutenir,
- 1:02:59en fait,
- 1:03:00le privé.
- 1:03:01Est-ce que tu sens qu'il y a des changements par rapport à ça ?
- 1:03:05Quel est ton avis en tout cas sur les interventions et les initiatives des gouvernements africains ?
- 1:03:11Bon,
- 1:03:12alors,
- 1:03:12je n'ai pas la prétention aujourd'hui de connaître toutes les initiatives aujourd'hui,
- 1:03:17mais je peux déjà...
- 1:03:18témoigner de choses que je vois,
- 1:03:21que j'ai vues sur le terrain,
- 1:03:23que je constate parce que je vis,
- 1:03:24parce que je me renseigne et que je suis curieuse.
- 1:03:28Par exemple,
- 1:03:29je vous ai parlé du Vaudou d'Esa au Bénin.
- 1:03:32Le Bénin,
- 1:03:32c'est un pays que je connais bien,
- 1:03:33je suis allée trois fois.
- 1:03:34C'est un pays que j'aime beaucoup.
- 1:03:36Ils font beaucoup de choses là-dessus pour accompagner notamment des artistes,
- 1:03:42des street arts.
- 1:03:43Si vous voyez aujourd'hui,
- 1:03:44il y a tout un boulevard aujourd'hui à Cotonou.
- 1:03:48avec des fresques absolument incroyables d'artistes street art.
- 1:03:52Je crois que ça fait genre 5 ou 10 kilomètres,
- 1:03:54je ne vais pas me tromper,
- 1:03:55mais j'ai vu constater que c'est une volonté publique,
- 1:04:02gouvernementale,
- 1:04:03de vraiment soutenir la créativité artistique.
- 1:04:05Donc ça,
- 1:04:06c'est très clair et je l'ai vu au Bénin.
- 1:04:08Je l'ai vu aussi au Sénégal,
- 1:04:11puisque c'est un pays où je vais assez régulièrement,
- 1:04:14notamment de toutes les...
- 1:04:17dans le cadre du Festival de l'Art et aussi ce qu'est en train de faire l'Abstat Ludoro avec les métiers de la main,
- 1:04:24les métiers du luxe,
- 1:04:24etc.
- 1:04:25C'est quelque chose de formidable.
- 1:04:27Je l'ai vu aussi en Guinée.
- 1:04:29notamment dans le cadre des 72 heures du livre,
- 1:04:32où là il y a pas mal de choses qui se font en termes d'accompagnement des auteurs,
- 1:04:40en termes aussi de création d'initiatives pour valoriser des talents régionaux.
- 1:04:49Je ne sais pas si vous avez été une fois aux 72 heures du livre,
- 1:04:53moi c'était une première l'année dernière,
- 1:04:57mais au-delà de...
- 1:04:59De l'aspect culturel,
- 1:05:00il y a aussi cette volonté de mettre en valeur des auteurs,
- 1:05:04des auteurs sur différents sujets,
- 1:05:07des Guinéens,
- 1:05:09qui peuvent écrire sur la culture,
- 1:05:12sur l'histoire de la Guinée,
- 1:05:15qui écrivent sur des sujets de société,
- 1:05:17comme par exemple les violences faites aux femmes,
- 1:05:20comme par exemple l'excision,
- 1:05:21qui sont des fléaux qui touchent nos communautés au niveau national.
- 1:05:27pas que la Guinée d'ailleurs,
- 1:05:28mais qui sont des sujets absolument fondamentaux à mettre,
- 1:05:31à écrire et aussi éduquer les jeunes générations.
- 1:05:35Il y a à chaque fois la mise en valeur d'un territoire,
- 1:05:39d'une ville.
- 1:05:41L'année dernière,
- 1:05:41c'était la ville de Dingirei qui était à l'honneur,
- 1:05:44avec toute sa dimension culturelle,
- 1:05:48artistique,
- 1:05:49etc.
- 1:05:50Et cette année,
- 1:05:50si je ne me trompe pas,
- 1:05:52je crois que c'est Gekedou qui est à l'honneur cette année.
- 1:05:56Donc...
- 1:05:57Je vous donne ces trois exemples parce que je pense qu'ils sont parlants de ces initiatives publiques,
- 1:06:03en tout cas de cette volonté publique des États,
- 1:06:07des gouvernements,
- 1:06:08de vraiment mettre au cœur aussi des dispositifs gouvernementaux,
- 1:06:14cette volonté de valoriser la culture.
- 1:06:17Il se trouve que j'ai été témoin de ça,
- 1:06:19donc je peux le dire.
- 1:06:22Je ne sais pas pour les autres pays,
- 1:06:23mais je suis plutôt...
- 1:06:25connectée avec pas mal de gens de la diaspora.
- 1:06:28Je peux raconter en tout cas ce que j'entends.
- 1:06:31Je suis très amie avec pas mal de femmes du Nigeria.
- 1:06:36Et le Nigeria,
- 1:06:37c'est un pays où j'ai recruté d'ailleurs avec Grant Alexander.
- 1:06:40Donc,
- 1:06:41pourtant,
- 1:06:41je ne l'ai pas encore été à Lagos ou à Bougéra,
- 1:06:43mais c'est un pays pour avoir fréquenté des personnes ici.
- 1:06:47Je vois,
- 1:06:48par exemple,
- 1:06:49tout ce soutien de la France.
- 1:06:52de la fashion,
- 1:06:52ils appellent ça,
- 1:06:53je crois,
- 1:06:53c'est la fashion week,
- 1:06:54ou la fashion,
- 1:06:55enfin,
- 1:06:56c'est l'industrie de la couture,
- 1:06:57du luxe,
- 1:06:58etc.,
- 1:06:59qui est soutenue quand même par les pouvoirs publics pour faire aujourd'hui de Abuja quand même une place incontournable de la mode africaine.
- 1:07:07Enfin,
- 1:07:07c'est hallucinant ce qui se passe aujourd'hui.
- 1:07:10Donc,
- 1:07:10je pense que chacun à sa manière,
- 1:07:12pour certains,
- 1:07:13ça va être le culinaire,
- 1:07:18les livres.
- 1:07:20le travail de la main,
- 1:07:21etc.
- 1:07:21Mais je sens qu'il y a vraiment un bouillonnement culturel en Afrique.
- 1:07:30Et que ce mouvement,
- 1:07:33ce dynamisme,
- 1:07:34il est en train de s'accélérer de plus en plus.
- 1:07:37Il y a certes les initiatives,
- 1:07:38les artistes,
- 1:07:39etc.
- 1:07:40La société civique dans sa dimension,
- 1:07:43dans sa grande diversité,
- 1:07:44qui fait des choses.
- 1:07:45Mais il y a aussi cette volonté des pays.
- 1:07:48de créer,
- 1:07:49comme vous dites,
- 1:07:49ce soft power,
- 1:07:51de faire de leur pays des leviers de destination en mettant en valeur la créativité,
- 1:07:57leur patrimoine culturel et leur patrimoine touristique.
- 1:08:02Très bientôt,
- 1:08:03la Guinée va organiser,
- 1:08:05je crois que c'est le 20 avril,
- 1:08:06à Paris,
- 1:08:08un forum autour de la culture et du tourisme en valorisant...
- 1:08:15ce patrimoine culturel,
- 1:08:16en valorisant aussi ce patrimoine touristique,
- 1:08:20créatif,
- 1:08:21pour faire aussi de la Guinée une destination intéressante pour des investisseurs,
- 1:08:27pour des acteurs de la diaspora,
- 1:08:29pour des gens qui viennent d'ailleurs.
- 1:08:35Mais c'est tellement bouillonnant qu'aujourd'hui,
- 1:08:38j'ai des amis qui viennent des Outre-mer.
- 1:08:42qui sont des afrodescendants,
- 1:08:43qui parfois me disent « Ah ben tu sais,
- 1:08:45je visite Abidjan,
- 1:08:47qui n'ont jamais mis les pieds en Afrique,
- 1:08:50qui sont attirés aussi par tout ce dynamisme et qui veulent aussi se reconnecter aujourd'hui avec ce continent qui ouvre ses bras en fait à toute cette diaspora. »
- 1:09:03Donc ça c'est intéressant et je pense qu'il faut l'encourager,
- 1:09:07il faut le saluer.
- 1:09:10Et donc,
- 1:09:10c'est ce témoignage que je peux apporter à partir de mes expériences,
- 1:09:14à partir de mon vécu.
- 1:09:16Très bien.
- 1:09:17Écoute,
- 1:09:18merci beaucoup.
- 1:09:18On arrive à la fin de notre échange.
- 1:09:21On a pu prendre le temps de balayer tes différentes entreprises et initiatives et tu nous as aussi partagé ton expertise,
- 1:09:28ton regard.
- 1:09:29Et c'est ça le but à chaque fois.
- 1:09:31Je comprends tout à fait qu'on n'est pas forcément savants et sachants sur tous les sujets,
- 1:09:35mais en tout cas,
- 1:09:36de par ta position et de par les différentes initiatives que tu entreprends,
- 1:09:40tu vas avoir un regard et une perspective qui peut être intéressante pour notre audience,
- 1:09:44un regard qui va leur éclairer.
- 1:09:46Donc moi,
- 1:09:46j'ai été ravie d'avoir eu l'opportunité d'échanger avec toi assez longuement pour mieux connaître tes différents périmètres d'intervention et puis inviter mon audience à rejoindre le club et participer à tes différents événements.
- 1:10:00Donc,
- 1:10:00écoute,
- 1:10:01merci beaucoup.
- 1:10:03Merci à toi,
- 1:10:04Romain.
- 1:10:04Vraiment,
- 1:10:06c'est passé vite,
- 1:10:07je t'avoue.
- 1:10:08Merci aussi,
- 1:10:09bravo à toi pour cette initiative,
- 1:10:12parce que c'est aussi par ces biais-là qu'on arrive à mieux se connaître.
- 1:10:18Donc ça,
- 1:10:19c'est bien.
- 1:10:20Et je ne savais pas,
- 1:10:21quand j'ai découvert ton profil,
- 1:10:22que tu étais guinéenne.
- 1:10:24Je me disais,
- 1:10:24oui,
- 1:10:24c'est plutôt Afrique de l'Ouest,
- 1:10:25parce que Diallo,
- 1:10:27ma mère est une Diallo,
- 1:10:28donc je me suis dit,
- 1:10:28tiens,
- 1:10:29ça doit être...
- 1:10:29soit du Mali ou du Sénégal.
- 1:10:33Donc,
- 1:10:33merci aussi.
- 1:10:34Je t'encourage aussi à continuer à développer.
- 1:10:37Et si tu as besoin de profils aussi,
- 1:10:41je pourrais te recommander au sein de mon réseau.
- 1:10:43Ce sera avec un grand plaisir.
- 1:10:45Écoute,
- 1:10:46avec plaisir.
- 1:10:47Écoute,
- 1:10:47je te dis à très bientôt en Afrique ou ailleurs.
- 1:10:50Oui,
- 1:10:50merci,
- 1:10:50Rama.
- 1:10:51À bientôt.
- 1:10:55Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:10:57Je vous invite à pratiquer.
- 1:10:58quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:11:03Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 1:11:06Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify.
- 1:11:10Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force.
- 1:11:14Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.