Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / Efficacité opérationnelle : le rôle clé de la GMAO en usine
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- 0:00Salut à tous et bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- 0:03Moi,
- 0:03c'est Perrine Thiebaud,
- 0:04passionnée d'optimisation et de performance depuis plus de 10 ans et fondatrice de Digitik.
- 0:09J'en ai marre de voir des processus qui patinent,
- 0:11des pertes de temps récurrentes,
- 0:13des empilements d'outils irréfléchis.
- 0:15On met des pansements partout,
- 0:16alors qu'un check-up général serait plus que nécessaire.
- 0:19Dans ce podcast,
- 0:20je partage avec vous mes outils,
- 0:22méthodes et analyses pour simplifier,
- 0:24améliorer et booster vos performances.
- 0:27Seul ou avec mes invités ?
- 0:28On explore comment rendre vos processus plus efficaces et adaptés à vos besoins.
- 0:32Et quand la base est bien saine,
- 0:34on parle aussi d'outils numériques.
- 0:35Alors,
- 0:36et à oser l'efficacité et à vraiment faire la différence,
- 0:39c'est parti !
- 0:45Dans l'épisode du jour,
- 0:46on retrouve Dominique Wieser et si vous ne l'avez pas encore écouté,
- 0:48je vous invite à aller écouter l'épisode de la semaine dernière où il nous parle du métier d'auditeur de ligne et de pourquoi auditer sa ligne.
- 0:55Mais cette semaine,
- 0:55on va creuser un autre sujet qu'il a occupé pendant 25 ans de sa carrière.
- 0:59A l'aube des années 90,
- 1:01Dominique Wieser rejoint une usine de pâte à papier pour réaliser un projet de transformation de l'usine pour qu'elle puisse à l'avenir également produire du papier journal.
- 1:10A l'époque,
- 1:11c'était un projet assez stratégique,
- 1:12même si on sait qu'aujourd'hui,
- 1:13le papier journal,
- 1:14ça n'a plus tout à fait le vent en poupe.
- 1:16Pendant sa carrière,
- 1:17il a participé à pas moins de deux implémentations de logiciels de gestion de la maintenance assistée par ordinateur.
- 1:24Et c'est ça que je veux creuser aujourd'hui,
- 1:26parce que clairement,
- 1:26le contexte du numérique dans les années 90,
- 1:29c'est pas du tout celui d'aujourd'hui.
- 1:30Et ça nous fait vraiment réfléchir à la chance qu'on a.
- 1:33Je vous laisse sur ces mots et place à l'épisode.
- 1:36Bonjour Dominique.
- 1:37Bonjour Périne.
- 1:38Aujourd'hui,
- 1:38je voudrais qu'on parle de ta plus longue expérience pro chez Stracell.
- 1:41Est-ce que tu peux nous parler un peu du contexte de ta prise de poste dans cette usine et ce pourquoi tu l'as rejoint au départ ?
- 1:49J'ai démarré ma carrière diplôme en poche,
- 1:51diplôme
- 1:52Bac plus 2 dans l'électrotechnique.
- 1:54Diplôme en poche,
- 1:55j'ai d'abord voulu apprendre le métier.
- 1:57J'ai passé trois ans dans une société de prestations de services électrotechniques qui m'a fait découvrir pas mal d'industries différentes,
- 2:04que ce soit de l'industrie chimique,
- 2:06l'industrie agroalimentaire.
- 2:07Alors...
- 2:07Tout ça basé globalement dans le nord de l'Alsace.
- 2:10Ça m'a permis un petit peu de voir tout ce que nos clients fabriquaient,
- 2:13comment c'était fabriqué et ça m'a permis d'apprendre le métier.
- 2:18Ensuite,
- 2:19Stracell,
- 2:20la société dans laquelle j'ai travaillé pendant 23 à 25 ans,
- 2:24a été rachetée par un groupe finlandais qui prévoyait d'installer une nouvelle machine à papier.
- 2:28Quand on parle de machine à papier,
- 2:30ce n'est pas un photocopieur,
- 2:32c'est bien plus gros que ça,
- 2:33c'est vraiment une usine,
- 2:34c'est de l'industrie lourde,
- 2:36à feu continu.
- 2:37Et le projet à l'époque qui valait,
- 2:40en euros d'aujourd'hui,
- 2:41300 millions d'euros,
- 2:42était considéré comme le plus gros projet industriel de la décennie.
- 2:46Que ce soit en génie civil,
- 2:48en électrotechnique,
- 2:49en instrumentation,
- 2:50en informatique,
- 2:51c'était un très gros projet.
- 2:52Donc un projet très intéressant.
- 2:54J'étais très au courant de ce que ce projet allait faire et une offre d'emploi.
- 2:58Pour un assistant chef de projet électrotechnique a été publié.
- 3:02J'ai postulé et j'y suis allé pour...
- 3:05essentiellement faire ce projet pendant un an,
- 3:07un an et demi,
- 3:08le temps de construire cette machine,
- 3:11cette usine plutôt,
- 3:12et de démarrer cette usine.
- 3:13À la fin du projet,
- 3:14le chef de projet a été nommé responsable de maintenance électrotechnique du site.
- 3:20Il m'a proposé un poste de superviseur de maintenance,
- 3:22à encadrer les techniciens avec lesquels on avait travaillé pour mettre en route cette usine.
- 3:27Poste que j'ai accepté,
- 3:29car entre-temps,
- 3:30j'ai découvert ce que c'était que de travailler pour un groupe international.
- 3:33Je n'avais pas dit,
- 3:33mais le racheteur...
- 3:35de Strassel était un groupe finlandais et j'ai eu la grande chance de faire un projet pendant un an et demi qui s'est passé totalement en anglais,
- 3:42ce qui m'a permis,
- 3:43entre autres,
- 3:43de passer d'un niveau d'anglais très scolaire à un niveau d'anglais qui me sert beaucoup aujourd'hui.
- 3:49La meilleure des écoles.
- 3:52Du coup,
- 3:53post-projet,
- 3:53tu deviens superviseur de maintenance.
- 3:56C'est quoi les premiers défis que tu rencontres pour la gestion de la maintenance ?
- 3:59C'est un métier qui est nouveau pour toi à ce moment-là.
- 4:01Alors en effet,
- 4:02c'est un métier qui est totalement nouveau.
- 4:04Et le premier souci que je rencontre,
- 4:06c'est que la machine tombe en panne,
- 4:08l'outil de production s'arrête,
- 4:10et je n'ai,
- 4:11comme l'usine est tout à fait neuve,
- 4:13je n'ai aucun historique,
- 4:14aucune connaissance,
- 4:15je ne sais pas d'où peuvent venir les problèmes.
- 4:18On n'a ni historique d'incidents qui se sont passés avant,
- 4:21vu que c'est tout neuf,
- 4:22et on n'a pas de données numériques enregistrées qui nous permettent a posteriori d'analyser ce qui s'est passé sur la machine.
- 4:29Donc on est totalement nu devant ces phénomènes-là.
- 4:32Donc très compliqué.
- 4:34J'ai ressenti une certaine frustration du fait que l'usine avait démarré,
- 4:39un certain nombre de prestataires sont restés sur cette machine pendant 3,
- 4:434,
- 4:435,
- 4:436 mois pour nous aider,
- 4:45pour nous former,
- 4:46mais assez vite ces personnes ont disparu du site et on a été confronté à des difficultés parce qu'on n'avait à peu près aucun outil numérique,
- 4:54aucun outil,
- 4:55après on verra que numérique c'est bien.
- 4:58On n'avait aucun outil de collecte de données,
- 5:00d'enregistrement qui nous permettait de nous baser sur ce qui s'est passé dans le passé pour voir un petit peu.
- 5:04par où il fallait commencer pour essayer de dépanner.
- 5:06Gros défi.
- 5:07Ok.
- 5:07Parce que là,
- 5:09on a quand même bien replacé le contexte.
- 5:11On est dans les années 90.
- 5:14Un logiciel,
- 5:14ça se démarre sous disquette à l'époque.
- 5:17Un ordinateur,
- 5:18tout le monde n'en a pas un à la maison,
- 5:20loin de là.
- 5:21À partir de quand tu te dis que le numérique est potentiellement une voie intéressante pour justement garder des données,
- 5:28les réutiliser toujours ?
- 5:29C'est la première idée qui te vient en tête pour que tu ne te retrouves pas dans la même situation.
- 5:34à partir du moment où la machine aura tourné un certain temps,
- 5:37ou tu envisages d'autres choses avant et le numérique vient dans un second temps ?
- 5:40Ça se passe comment ?
- 5:41Début des années 90,
- 5:44l'automatisation était déjà passée par là.
- 5:46Beaucoup d'usines,
- 5:46beaucoup de lignes ont déjà été modifiées,
- 5:49d'anciens systèmes électro-techniques vers des systèmes avec des automates programmables.
- 5:53Donc,
- 5:54ce n'était quand même pas la préhistoire,
- 5:56même si ça remonte maintenant à
- 5:5840 ans presque.
- 5:59Doucement,
- 6:00doucement.
- 6:01Pardon ?
- 6:02Doucement.
- 6:02Doucement,
- 6:03oui,
- 6:0535 ans.
- 6:07Ça remonte maintenant à 35 ans.
- 6:08Il existait déjà des solutions d'acquisition de données,
- 6:11mais la donnée à collecter était excessivement chère.
- 6:14Bien sûr,
- 6:15on pouvait déjà communiquer avec les machines pour en extraire des données,
- 6:18mais les logiciels n'étaient pas développés et en tout cas pas simples ni faciles d'accès.
- 6:25Mon souci principal était qu'à chaque fois qu'il arrivait une panne dans l'usine,
- 6:30on mettait en place des enregistreurs.
- 6:32Alors au début,
- 6:33c'était des enregistreurs papier qui tournaient,
- 6:35qui défilaient du papier à longueur de journée.
- 6:37Et on espérait que quand le problème allait se reproduire,
- 6:40qu'on pouvait enregistrer les données et voir quelles données avaient bougé en premier pour essayer de comprendre quelle était l'origine du problème.
- 6:47Bien sûr,
- 6:48le problème ne revenait pas dans les heures ni dans les semaines qui suivaient.
- 6:51Donc on avait d'autres soucis,
- 6:53donc on réaffectait ces enregistreurs à d'autres événements.
- 6:56Et en fait,
- 6:57on ne trouvait jamais rien.
- 6:59Dans les années 90,
- 7:00des produits...
- 7:01Je n'allais pas dire grand public,
- 7:02mais des produits assez intéressants sont apparus et on m'a donné les moyens parce que c'est un des points clés.
- 7:09Il faut avoir les moyens d'investir dans cette acquisition de données qui à l'époque était excessivement chère.
- 7:15Mais nous avons commencé à enregistrer systématiquement les données les plus importantes qui pouvaient nous donner des informations sur les causes éventuellement des pannes.
- 7:24Ce qui permettait,
- 7:26post-panne,
- 7:27La panne est arrivée dans la nuit.
- 7:28Le lendemain matin,
- 7:29on prenait nos ordinateurs,
- 7:31même si c'était des ordinateurs pas très rapides,
- 7:33mais ça nous permettait d'aller consulter l'historique et de commencer tout doucement à construire une stratégie de quelles sont nos données qui nous manquaient pour les enregistrer,
- 7:41pour faire de l'acquisition et ensuite de traiter l'information.
- 7:44Et ça,
- 7:44ça nous a beaucoup aidé.
- 7:45Donc à ce moment-là,
- 7:46vous avez déjà au moins un ordinateur au bureau qui est accessible pour tout le monde pour faire ses saisies ?
- 7:52Technologiquement,
- 7:52on n'était pas en retard.
- 7:54Ok.
- 7:54On a démarré dans les années 90,
- 7:56on n'avait pas un ordinateur par personne,
- 7:58mais très rapidement,
- 8:00chaque superviseur d'équipe avait un ordinateur.
- 8:03Nos techniciens n'étaient pas tous dotés d'un ordinateur,
- 8:06mais avant 1995,
- 8:09l'ensemble des techniciens a été doté d'un PC.
- 8:12De manière à,
- 8:13et là on va y arriver,
- 8:14d'implémenter notre stratégie de GMAO.
- 8:17Si vous voulez faire de la GMAO,
- 8:18si vous voulez demander aux opérateurs de saisir des incidents et des rapports d'incidents,
- 8:22il faut qu'ils aient...
- 8:23systématiquement accès à un outil qui leur permette de saisir ça.
- 8:28Du coup tu parlais d'enregistrer les données,
- 8:30ça c'était avant GMAO,
- 8:32ça veut dire quoi enregistrer au départ ?
- 8:34Alors il y a deux besoins,
- 8:35j'avais deux besoins.
- 8:36Le premier besoin c'était les mesures industrielles,
- 8:39des mesures de vitesse,
- 8:40de température,
- 8:41de pression,
- 8:42qui nous permettent de comprendre pourquoi le process a mal fonctionné ou s'est arrêté de fonctionner.
- 8:47Donc ça c'est de l'enregistrement automatique de valeurs et de données industrielles.
- 8:51De l'autre côté,
- 8:52on a besoin aussi de données factuelles de ce qui s'est passé.
- 8:56Il y a eu une panne,
- 8:57le technicien a dépanné,
- 8:59le technicien va vous dire,
- 9:00voilà,
- 9:00il s'est passé ça,
- 9:01j'ai fait ça pour résoudre tel problème.
- 9:03N'ayant pas de GMAO,
- 9:05ou du moins ne renseignant pas la GMAO avec ces événements-là,
- 9:10quand il arrivait quelque chose,
- 9:11on ne pouvait pas se remettre sur ce code objet ou sur cette machine pour savoir que s'est-il passé avant,
- 9:16est-ce que j'ai déjà eu ce problème,
- 9:18est-ce que ça peut m'aider à trouver la solution.
- 9:21J'avais deux soucis principaux,
- 9:22c'est qu'on ne collectait pas les données industrielles,
- 9:25les données de production,
- 9:26les données de qualité,
- 9:28pour nous permettre d'avoir un historique de variation et des raisons des stops.
- 9:32Et de l'autre côté,
- 9:33je n'avais pas d'historique de ce qui s'était passé pour nous aider à dépanner plus vite.
- 9:38Tout début 90,
- 9:40le projet de GMAO était déjà en cours avant que le rachat du groupe finlandais ne s'était fait.
- 9:46Le projet de GMAO n'a pas démarré avec la nouvelle usine,
- 9:49mais c'était déjà quelque chose qui était en cours.
- 9:52Mais les seuls points qui ont été implémentés,
- 9:55c'était essentiellement la gestion du magasin avec les entrées-sorties magasins,
- 9:58des pièces nécessaires pour faire les différents travaux.
- 10:01Donc on travaillait à l'époque avec des OTs,
- 10:03des ordres de travail,
- 10:05sur lesquels on pointait les heures.
- 10:07ont pointé le matériel nécessaire,
- 10:10le magasin en était bien sûr informé et les achats ont été développés en même temps,
- 10:15de manière à ce que toute la partie achat,
- 10:17stockage et utilisation du matériel soit fonctionnelle.
- 10:20C'était le but premier de cette GMAO et ça,
- 10:24ça a fonctionné quand même relativement vite.
- 10:26Donc pour résumer,
- 10:26quand tu rejoins l'usine,
- 10:28il y a un outil de GMAO mais sur une vision assez financière de la maintenance,
- 10:32de savoir ce qui a été consommé entre sorties et des gens qui ont passé du temps.
- 10:36Oui.
- 10:37La maintenance en tant que telle sur le terrain n'est pas implémentée,
- 10:40mais quelque part l'outil existe et il n'y a que,
- 10:43je mets des guillemets,
- 10:44mais il n'y a que à pousser les process pour qu'on puisse l'intégrer à ce logiciel et faire tout fonctionner ensemble.
- 10:50Ou il y a une refonte complète du logiciel à prévoir et c'est pas...
- 10:53Alors absolument pas.
- 10:55Ce logiciel était prévu et dans mon approche de la GMO,
- 10:59j'ai eu deux hasards qui m'ont beaucoup aidé.
- 11:02Le premier hasard était,
- 11:04et j'ai presque découvert par hasard...
- 11:06le fait que le rapport d'incident était une fonctionnalité intégrée dans la GMAO.
- 11:13Donc du jour au lendemain,
- 11:14je découvre qu'il suffit de montrer au technicien de trouver le code objet ou le numéro de la machine sur laquelle il a travaillé pour que le soir,
- 11:24avant de quitter le lieu ou après son intervention,
- 11:26qu'il aille sur son ordinateur et qu'il dise sur cette machine,
- 11:29il m'est arrivé ça,
- 11:31j'ai fait ça,
- 11:31ça a résolu ça,
- 11:33pour plus que ça arrive,
- 11:34il faudrait faire ça.
- 11:35Donc j'ai demandé aux techniciens de mon équipe de systématiquement,
- 11:39quelles que soient les opérations qu'ils fassent dans la journée,
- 11:41de faire des rapports d'incidents.
- 11:43Ça fait plus de boulot ça,
- 11:44non ?
- 11:44Ah ça fait plus de boulot !
- 11:46Et ça oblige le technicien à se dévoiler quand même un petit peu.
- 11:50Ça a complètement changé bien sûr le rapport entre deux portes.
- 11:54Je te dis ce qui s'est passé aujourd'hui,
- 11:56on n'a rien écrit,
- 11:57j'ai compris à moitié,
- 11:59j'ai pas bien expliqué,
- 12:01j'en déduis pas forcément les bonnes conclusions.
- 12:04On passe de ça à j'ai écrit quelque chose et si le lendemain ou le surlendemain,
- 12:09je veux relire ce qui s'est passé,
- 12:11je me dis c'est très bien,
- 12:12j'ai compris.
- 12:13Ou alors sur ce que tu m'as écrit là,
- 12:15je n'ai rien compris,
- 12:16donc on en reparle.
- 12:18Ça a démarré,
- 12:19surtout dans mon équipe.
- 12:20Ça a été compliqué parce que ce n'était pas la culture des techniciens.
- 12:25J'avais la chance que la majorité des techniciens de l'équipe étaient nouveaux et on avançait ensemble.
- 12:31Par contre,
- 12:31la réticence des anciens...
- 12:33de la boîte qui n'avait depuis 10,
- 12:3515 ans,
- 12:3620 ans,
- 12:37pas eu l'habitude d'écrire une seule fois leur compte rendu d'activité,
- 12:41c'était plus compliqué.
- 12:42Mais voyant que ça fonctionne,
- 12:45voyant que le fait d'écrire ces rapports d'incidents fonctionnait,
- 12:48qu'on pouvait aller analyser à posteriori,
- 12:51c'est devenu dans le service,
- 12:52parce que je n'étais pas le seul superviseur de maintenance,
- 12:54on était quatre superviseurs de maintenance à se répartir les différents secteurs de l'usine,
- 12:59c'est devenu une obligation de travailler de cette façon-là.
- 13:03Je ne me suis pas fait que des copains à cette époque,
- 13:05mais c'est comme ça.
- 13:07C'est ce que tu disais,
- 13:08au départ c'est perçu comme ça fait plus de boulot,
- 13:12et puis finalement quand ils envoient la valeur,
- 13:14tout le monde s'y est mis un peu,
- 13:15un petit peu chacun à son rythme,
- 13:17mais au final la valeur elle est perceptible pour tout le monde.
- 13:20C'est ce que je répète assez régulièrement,
- 13:21quand on veut mettre en place un accompagnement numérique,
- 13:24il faut avant tout que ce que tu vas mettre en place ait de la valeur pour les gens qui l'utilisent.
- 13:29Parce que si c'est juste pour mettre...
- 13:31Un logiciel en place de faire rentrer des données à des gens mais qu'ils n'ont jamais de retour sur les données qu'ils notent,
- 13:37il y a très peu de chances que ce soit fait,
- 13:39ou même fait correctement si c'est fait.
- 13:41Alors tout à fait,
- 13:42il faut bien montrer à ceux à qui tu demandes un effort supplémentaire que ça va leur servir.
- 13:48Malheureusement,
- 13:49ça ne va pas leur servir au bout de deux mois,
- 13:51trois mois.
- 13:51C'est deux ans,
- 13:52trois ans plus tard,
- 13:54quand on aura acquis suffisamment de données,
- 13:56suffisamment d'expérience.
- 13:58Qu'il suffit simplement à la machine de demander,
- 14:00tiens,
- 14:00que s'est-il passé sur cette machine ?
- 14:02Et ah tiens,
- 14:02ça ressemble beaucoup à ce que j'ai maintenant,
- 14:04qui permet de dépanner plus vite.
- 14:06C'est pas simple à faire adhérer tout le monde.
- 14:08Et d'ailleurs,
- 14:09je dois être franc,
- 14:09tout le monde n'y a pas adhéré.
- 14:11Certains sont partis à leur traite en n'ayant pas adhéré du tout au projet.
- 14:15En n'ayant pas saisi une ligne dans le logiciel,
- 14:17jamais.
- 14:18Jamais.
- 14:19Voilà.
- 14:20Et qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là pour les gens qui ne veulent pas du tout saisir ?
- 14:23On fait à leur place ou on laisse faire ?
- 14:25Alors à l'époque,
- 14:26j'étais un peu égoïste dans l'équipe.
- 14:28J'ai réussi à faire adhérer tout le monde.
- 14:30Donc c'était d'une bonne chose.
- 14:32D'autres techniciens qui ne se servaient pas trop.
- 14:35ou qui ne voyaient pas l'utilité de systématiquement écrire ce qu'ils faisaient,
- 14:41quand ils ont rejoint l'équipe un peu après,
- 14:43parce que comme dans toute bonne société moderne qui se respecte,
- 14:46il y a des réductions du nombre de personnels.
- 14:48Donc des postes de responsables,
- 14:50de superviseurs de maintenance,
- 14:51ont été réduits de 4 à 2.
- 14:53Donc certains techniciens ont rejoint mon équipe.
- 14:56Tous n'étaient pas satisfaits de devoir rejoindre une équipe dans laquelle il fallait travailler un peu différemment.
- 15:02J'ai un exemple d'un collègue qui,
- 15:04effectivement,
- 15:05quand il est revenu,
- 15:05il a dit Oh là là,
- 15:06avec lui,
- 15:06ça va être compliqué de travailler
- 15:08Il a quand même travaillé,
- 15:09il a fait des efforts pour aller dans ce sens-là.
- 15:12La satisfaction est venue sur un moment de 10 secondes,
- 15:15deux ans après,
- 15:16où cette personne a pu me dire Ah,
- 15:19là,
- 15:20cette machine,
- 15:20on pourrait la remplacer parce que regarde toutes les heures que j'ai passées là-dessus.
- 15:24Cette machine,
- 15:24on pourrait la remplacer par une machine beaucoup plus moderne qui nous prendrait beaucoup moins de temps.
- 15:31Dans le système,
- 15:32tout ce qu'il a fait,
- 15:33quand on a pu voir les heures passer,
- 15:35les pièces consommées,
- 15:36et le fait d'utiliser la GMAO telle qu'elle était conçue,
- 15:40ont permis,
- 15:40au bout de 2-3 ans,
- 15:41de montrer que cette machine était chronophage,
- 15:43qu'elle était coûteuse,
- 15:44et qu'il fallait la remplacer par une autre machine.
- 15:46Mais l'avantage,
- 15:47c'est que c'est lui qui est venu en me disant,
- 15:49grâce à son travail,
- 15:50il réussit à prouver ça.
- 15:52Je ne demandais pas plus.
- 15:54Donc voilà.
- 15:55Petite fierté personnelle,
- 15:56mais ça a marché.
- 15:57C'est clair.
- 15:58Je comprends.
- 15:59Quand les gens s'approprient l'outil et en deviennent sponsors en disant c'est génial et je trouve des choses c'est là où c'est super,
- 16:06parce qu'après,
- 16:07quand on est sur des outils qui se développent,
- 16:10ils deviennent les premiers forces de proposition de ce qu'on peut ajouter.
- 16:14Je vais revenir un petit peu sur le contexte,
- 16:16parce qu'on en a un peu discuté en off de ça.
- 16:20Préparer un projet numérique,
- 16:22à l'époque,
- 16:23on n'est pas sur les ordinateurs les plus rapides,
- 16:25on n'a pas encore un Excel.
- 16:27qui nous permet de préparer des données,
- 16:29de faire des listes,
- 16:30de faire du nettoyage.
- 16:32Comment ça se passe à l'époque ?
- 16:34Alors ça se passe par un investissement personnel assez conséquent,
- 16:40du fait que l'implémentation de cette GMAO en 1990,
- 16:44c'est deux personnes qu'on alimentait par des listes de matériel pour qu'elles créent l'arborescence des nomenclatures,
- 16:52ce qui veut dire,
- 16:52grosso modo,
- 16:54mettre sous forme de nomenclature cette...
- 16:56l'ensemble des machines de l'usine.
- 16:58L'ensemble des machines de l'usine,
- 17:00une usine de ce style-là,
- 17:01ça représente des milliers de moteurs,
- 17:03des dizaines de milliers de capteurs,
- 17:04donc c'est vraiment un très gros process.
- 17:07Et effectivement,
- 17:08le projet tel qu'il était prévu,
- 17:10c'était deux personnes pendant deux ans à faire de la saisie manuelle de tout ce qu'on leur donnait.
- 17:15En tant que boulot à plein temps ?
- 17:16En tant que boulot à plein temps.
- 17:18Ça faisait partie du projet,
- 17:19c'était des équipes.
- 17:20C'était deux personnes mises en place par le prestataire et voilà.
- 17:23Donc on s'est vite rendu compte que...
- 17:25Deux personnes pendant deux ans qui,
- 17:27en fait,
- 17:28ne faisaient que taper dans l'outil par des écrans d'interface de saisie,
- 17:32saisissaient les codes objets,
- 17:33les descriptions,
- 17:34les familles auxquelles ça appartenait,
- 17:36le lien avec la pièce magasin si elle existait.
- 17:38Tout ça,
- 17:39c'était fait à la main.
- 17:40Ça fait envie.
- 17:41Ça fait envie et surtout,
- 17:42on s'est rendu compte que la partie électrotechnique que je supervisais,
- 17:46c'était des dizaines de milliers de codes et de liens vers des pièces magasins à créer et qu'on n'y arriverait jamais comme ça.
- 17:54Et par le plus heureux des hasards,
- 17:55et c'est le deuxième hasard,
- 17:58a fait que,
- 17:59au détour d'une machine à café,
- 18:01en prenant un café avec un informaticien,
- 18:04je lui disais que je passais un temps fou,
- 18:07que ça n'avançait pas,
- 18:08qu'on n'arrivait pas à faire rentrer les données.
- 18:10Et il m'a dit,
- 18:10mais tu fais ça sur quoi ?
- 18:12J'ai un tableau Excel où j'ai le code objet,
- 18:15sa description,
- 18:16où il devait rattacher vers le niveau N plus 1,
- 18:18vers où il devait rattacher par le niveau N moins 1 ou à une pièce magasin.
- 18:22Il m'a dit tu me mets ça sous format Excel et moi je fais un transfert dans la...
- 18:27Pour moi l'informatique de 90 c'était pas pensable.
- 18:31Du jour au lendemain,
- 18:32on a fait nos listes de matériel sur Excel,
- 18:34on les a vérifiées,
- 18:35on les a transmises au service informatique qui,
- 18:37sur un petit script,
- 18:39nous a rempli en moins d'une seconde l'ensemble des données qu'on voulait.
- 18:43Ça a mis du temps,
- 18:442-3 ans,
- 18:45mais on a eu au bout de 2-3 ans la totalité de nos équipements électriques que nous supervisions.
- 18:52Ces éléments étaient dans la GMAO,
- 18:54donc on a pu faire des rapports d'incident directement au plus proche de l'équipement et ça nous permettait d'avoir un lien vers l'ensemble des pièces du magasin.
- 19:01Ça nous a permis de définir aussi toutes les pièces critiques de la ligne qui n'avaient pas de lien magasin,
- 19:06c'est-à-dire que si elles tombaient en panne,
- 19:07nous n'avons pas la pièce de rechange.
- 19:09Et ça nous a permis d'étoffer le magasin avec tout le matériel nécessaire,
- 19:12dans la limite de la valeur des pièces et des moyens qu'on avait.
- 19:15Tu parlais des deux personnes qui saisissent les pièces.
- 19:17Au moment où tu te retrouves à le faire un peu seul,
- 19:20c'est la fin de mission de ces deux personnes ?
- 19:22C'est ce que tu m'avais dit.
- 19:23C'était après leur mission déjà.
- 19:24Elles ne sont pas gardées parce que le projet est fini.
- 19:26Pourtant,
- 19:26le besoin de saisir des pièces,
- 19:28il est toujours là.
- 19:29Sauf qu'il n'y a plus de personnes à plein temps pour le faire.
- 19:30Voilà.
- 19:31Alors,
- 19:31le besoin vu de la direction,
- 19:33les machines principales,
- 19:35surtout les machines mécaniques,
- 19:36les grosses machines qui coûtent très cher,
- 19:39tout ça,
- 19:39c'était fait.
- 19:40Mais on n'est pas allé,
- 19:41de mon avis,
- 19:42on n'est pas allé dans le détail de l'ensemble du matériel.
- 19:45Aujourd'hui,
- 19:45je veux dire,
- 19:46on est peut-être allé un peu trop loin,
- 19:47on a peut-être mis des choses qui n'étaient pas utiles,
- 19:50mais au bout d'un moment,
- 19:50c'était tellement simple de faire des copiés-collés parce que beaucoup de machines se ressemblaient qu'on se disait,
- 19:55autant les avoir numérisées quelque part.
- 19:57Tu as tout mis,
- 19:58du coup,
- 19:58au quotidien,
- 19:59tu peux exactement pointer sur la machine,
- 20:02la pièce dont tu as besoin.
- 20:03Tout à fait.
- 20:03Et l'information,
- 20:04tu l'as.
- 20:05Peut-être qu'elle ne sera pas utile,
- 20:07mais en tout cas,
- 20:07elle est là et tu ne vas pas la rater,
- 20:09en tout cas.
- 20:09On ne va pas la rater.
- 20:10Ça marche.
- 20:11Tu m'en as déjà un peu parlé,
- 20:12mais une fois que la GMAO est en place,
- 20:14que c'est fini,
- 20:15que t'es passé à ça,
- 20:17les premières satisfactions qui arrivent,
- 20:19tu nous en as parlé d'une qui est arrivée assez tard finalement,
- 20:22mais est-ce qu'il y a quand même des satisfactions qui arrivent assez immédiatement,
- 20:25où tout a forcément pris du temps jusqu'à ce qu'une panne se reproduise et qu'on puisse se servir des données ?
- 20:30Il y a des choses plus immédiates quand même.
- 20:32Alors,
- 20:33des industries lourdes comme cette papeterie dans laquelle j'ai travaillé,
- 20:38c'est du temps long,
- 20:39forcément.
- 20:41J'ai un chiffre qui me revient,
- 20:42on avait déjà à l'époque l'habitude de saucissonner nos journées en
- 20:461440 minutes,
- 20:48parce que 24 heures de 60 minutes,
- 20:49ça fait 1440 minutes,
- 20:51et en fait chaque jour était décortiqué en
- 20:54X minutes de production,
- 20:56X minutes de panne par manque de matière première,
- 20:59X minutes de panne du fait d'un souci mécanique,
- 21:02X minutes de panne du fait d'un problème électrotechnique.
- 21:05Donc on connaissait exactement notre TRS,
- 21:08on le connaissait bien,
- 21:09taux de rentement synthétique.
- 21:10pour ceux qui n'auraient pas suivi l'épisode suivant.
- 21:14Pour les autres,
- 21:15je vous ramène aussi à l'épisode 2,
- 21:16il me semble,
- 21:17de la chaîne où on décortique complètement le TRS.
- 21:20Je vous mettrai le lien en description.
- 21:22Vas-y,
- 21:22continue.
- 21:23Donc,
- 21:23le TRS,
- 21:24nous ne l'appelions pas comme ça à l'époque.
- 21:26Aujourd'hui,
- 21:26on appelle ça le TRS.
- 21:28Donc,
- 21:28on connaissait nos performances et je connaissais les performances de mon équipe.
- 21:33Et nous étions à près de 8 à 9 d'arrêt de production du fait d'un problème électrotechnique dans la première année.
- 21:40où nous avons produit une fois que la machine avait démarré.
- 21:43Le fait d'avoir une GMAO,
- 21:46d'y inscrire tous les incidents,
- 21:49de les analyser,
- 21:50de savoir ce qui s'est passé,
- 21:51de se dire,
- 21:53c'est arrivé une fois,
- 21:54on analyse,
- 21:55qu'est-ce qu'il faut faire pour que ça n'arrive plus ?
- 21:57De mettre en place des plans de maintenance préventive qui n'étaient pas gérés par cette GMAO,
- 22:01parce que je crois,
- 22:02ça fait un moment,
- 22:03que l'outil de gestion de maintenance préventive n'était pas implémenté,
- 22:06en tout cas,
- 22:07on ne l'avait pas démarré.
- 22:09Le fait de mettre en place des systèmes d'acquisition de données avec les années de plus en plus performants ont permis de résoudre ce taux de panne de 8-9% du fait de la technologie électrotechnique.
- 22:20Nous l'avons réduite en 10 ans,
- 22:21donc je parle effectivement de temps long,
- 22:23à 3%.
- 22:25Donc une amélioration de 5 à 6%,
- 22:27c'est énorme.
- 22:28Oui,
- 22:28c'est énorme.
- 22:29Une heure de perte de production à l'époque était estimée à 50 à 60 000 francs,
- 22:34donc on va dire grosso modo
- 22:3510 000 euros aujourd'hui.
- 22:375 à 6% d'amélioration de TRS sur une usine à feu continu,
- 22:41365 jours par an,
- 22:443 postes par jour.
- 22:45Je crois que si je fais un calcul rapide,
- 22:47c'est 5 millions d'euros par an.
- 22:49Je ne dis pas que le service maintenance,
- 22:52ou du moins le service dans lequel j'ai travaillé à l'époque,
- 22:54je ne connais plus nos coûts de fonctionnement,
- 22:57mais on est presque arrivé à montrer qu'un service maintenance pouvait être une source de gains,
- 23:03plutôt qu'un centre de coûts.
- 23:05C'est pas évident,
- 23:06hein ?
- 23:06On nous a retrouvés,
- 23:07mais j'en étais pas loin.
- 23:09Donc voilà.
- 23:11Le fait de travailler de cette manière-là m'a aussi permis de montrer qu'on progressait.
- 23:17D'année en année,
- 23:18le TRS s'améliorait du fait de notre travail.
- 23:21Et je n'ai jamais eu à subir de réduction de nombre de personnes,
- 23:25ni de réduction de budget de maintenance.
- 23:27Bien sûr,
- 23:27les budgets de maintenance devaient toujours être limités,
- 23:30mais on n'a jamais subi des réductions de nombre de personnes drastiques.
- 23:33voire des réductions de budget drastiques parce qu'on savait ce que nous faisions de l'argent qu'on mettait dedans.
- 23:38Ce n'était pas vraiment considéré comme un centre de coût.
- 23:41C'était ce qui m'a fait rester d'ailleurs pendant 25 ans dans la même société et que le travail était très intéressant et était valorisé.
- 23:48En final,
- 23:48vous aviez vos objectifs,
- 23:49vous aviez les mêmes objectifs que la production,
- 23:51donc on pouvait évaluer vos performances tout le temps.
- 23:53Tout à fait.
- 23:54Et on avait aussi réussi à établir un dialogue de confiance avec la production.
- 23:58J'ai trop souvent vu dans mes expériences après où la maintenance et la production s'affrontaient à longueur de journée et le fait d'avoir mis en place cette relation de confiance avec une totale transparence entre les deux services a toujours permis de travailler sur des choses efficacement.
- 24:14On était arrivé à un point où l'opérateur pensait
- 24:18que le fait qu'on enregistrait de plus en plus de données,
- 24:20ils pensaient qu'on enregistrait tout ce qui se passait sur la ligne.
- 24:23Ce qu'on enregistrait entre autres,
- 24:24c'est les boutons.
- 24:25Quand un opérateur appuyait sur un bouton,
- 24:27marche,
- 24:28arrêt,
- 24:28un certain nombre de données,
- 24:30on les avait,
- 24:30elles étaient enregistrées.
- 24:31Donc on pouvait dire à un moment,
- 24:33oui,
- 24:33la machine s'est arrêtée,
- 24:34mais en même temps,
- 24:35un opérateur a appuyé sur ce bouton-là.
- 24:37La première fois que c'est sorti,
- 24:39j'ai demandé à mon supérieur,
- 24:40qu'est-ce qu'on fait ?
- 24:41J'ai vu que l'opérateur a fait une bêtise,
- 24:43il ne devait pas appuyer sur ce bouton,
- 24:45il l'a fait.
- 24:46L'outil est là pour ça.
- 24:47on est en parfaite transparence,
- 24:49on y va.
- 24:49À partir de ce jour-là,
- 24:51l'ensemble de la production pensait qu'on enregistrait tout en permanence et qu'il y avait tout intérêt à dire oui,
- 24:57j'ai fait une bêtise,
- 24:58désolé et nous,
- 24:59ça nous évitait de chercher pendant des heures des problèmes qui n'en étaient pas.
- 25:03Je crois que c'est le plus gros gain d'efficacité qu'on a réussi à faire.
- 25:06Dans ma vie professionnelle,
- 25:07c'était le plus gros gain d'efficacité.
- 25:09La confiance et de dire que ce n'est pas la peine de vouloir tricher,
- 25:12on sait.
- 25:14Grosse satisfaction.
- 25:16Du coup,
- 25:16la réaction est faite sur je me dévoile
- 25:22plutôt que de créer en plus de défiance,
- 25:23oh là là tu m'espionnes.
- 25:25C'est bien que ça ait tourné dans ce sens-là.
- 25:28Voilà,
- 25:28la limite est fine,
- 25:30tout à fait.
- 25:32C'est vachement intéressant.
- 25:34Du coup,
- 25:34dans la GMAO,
- 25:35est-ce qu'il y a des fonctionnalités qui t'ont un peu déçu ?
- 25:38Des choses,
- 25:40tu nous as dit que le module de maintenance préventive n'a pas forcément été mis en place.
- 25:44Alors le module de maintenance préventive,
- 25:46je crois,
- 25:47n'existait pas.
- 25:48Et je me débrouillais,
- 25:49seul,
- 25:50dans mon coin.
- 25:51à basculer du fichier Excel de suivi de maintenance préventive à un logiciel de gestion de base de données qui me permettait de faire des plannings de maintenance préventive qui étaient distribués aux techniciens,
- 26:02qui faisaient le travail et qui ensuite,
- 26:04par un retour,
- 26:04mettaient à jour le fichier Excel.
- 26:07C'était un peu...
- 26:08Oui,
- 26:09ce n'était pas intégré.
- 26:10Il me semble que si ça avait été intégré dans la GMAO de l'époque,
- 26:13je pense que je m'en serais servi.
- 26:14Je n'ai pas le souvenir que ça l'était.
- 26:16C'est très intéressant ce que tu dis parce que...
- 26:18C'est quelque chose que je mets souvent en avant aussi.
- 26:21Quand tu veux te faire assister par le numérique,
- 26:23finalement,
- 26:24là,
- 26:25vous avez numérisé toute une partie acquisition de données,
- 26:28un processus que vous maîtrisiez parfaitement,
- 26:30même si ça a rajouté un peu de travail aux gens d'éviter de dire à la machine à café J'ai fait ci,
- 26:35j'ai fait ça,
- 26:35là,
- 26:36il fallait le renseigner dans le logiciel.
- 26:39Derrière,
- 26:40ça,
- 26:40ça te dégage du temps parce que tu n'as plus à fliquer ça,
- 26:43tu n'as plus à savoir,
- 26:44à chercher par toi-même ce qui s'est passé sur ceci ou cela.
- 26:46Mais du coup,
- 26:46tu as le temps.
- 26:47pour faire tes plannings de maintenance préventive.
- 26:49Tout à fait.
- 26:50Derrière,
- 26:50quand tu avances sur ta maintenance préventive,
- 26:53tu peux te dire un peu plus tard,
- 26:55Ok,
- 26:56maintenant je maîtrise parfaitement comment je fais mes plannings,
- 26:58je peux me faire aider par le numérique.
- 26:59Et on peut itérer comme ça.
- 27:00Mais effectivement,
- 27:01si on ne commence jamais,
- 27:02on ne se dégage jamais le temps pour détricoter la plotte,
- 27:05finalement.
- 27:06Ça nécessite effectivement au début un investissement personnel,
- 27:09peut-être supérieur à ce qui est demandé à la fonction maintenance basique.
- 27:13Mais oui,
- 27:14je me répète peut-être,
- 27:16ma philosophie de vie,
- 27:17c'est qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui pour être moins embêté demain.
- 27:22Bon,
- 27:23il est vrai que le lendemain,
- 27:23j'arrive toujours à me reposer la même question,
- 27:25de continuer à essayer de m'améliorer.
- 27:28Mais c'est un principe qui,
- 27:30j'ai bien aimé ça et j'ai toujours fonctionné comme ça.
- 27:32Je vous le disais dans le premier épisode,
- 27:34mais
- 27:35Dominique, c'est mon papa.
- 27:36Et effectivement,
- 27:37j'ai grandi avec cette idée de savoir perdre du temps aujourd'hui pour en gagner X fois plus demain.
- 27:42Alors.
- 27:43C'est hyper important.
- 27:44Donc,
- 27:44ce n'est pas pour rien que je fais le métier que je fais aujourd'hui.
- 27:48Je pense que je peux dire merci papa.
- 27:51Au niveau des équipes,
- 27:53est-ce que tu as eu des gens qui ont été tout de suite convaincus par l'outil ?
- 27:57Ou est-ce que globalement,
- 27:58ça a été quand même plutôt résistant ?
- 28:00Globalement,
- 28:00dans mon équipe,
- 28:01j'ai été bien suivi.
- 28:02Parce qu'on est arrivé lors du projet d'installation de l'usine,
- 28:05donc de la machine à papier.
- 28:07On est arrivé tous ensemble,
- 28:09du même âge,
- 28:10d'une même culture.
- 28:12On a tous connu une autre expérience professionnelle à l'extérieur avant,
- 28:17moins intéressante.
- 28:18Généralement,
- 28:19on dit je sais d'où je viens,
- 28:20donc je sais ce que j'ai maintenant
- 28:24Notre entrepreneur à l'époque nous proposait des conditions de travail intéressantes.
- 28:28Ça reste de l'industrie,
- 28:29mais c'était bruyant,
- 28:31effectivement.
- 28:31De temps en temps,
- 28:32peut-être un peu salissant,
- 28:34peut-être un peu chaud aussi.
- 28:35Donc ça reste de l'industrie,
- 28:36mais on savait d'où on est,
- 28:38on connaissait les conditions d'emploi.
- 28:40Chez cet employeur,
- 28:42les rémunérations étaient correctes,
- 28:43donc l'investissement personnel n'était pas un problème.
- 28:48Et j'ai réussi à emmener mon équipe dans mon envie d'amélioration continue.
- 28:53Et donc je n'ai pas eu vraiment de soucis d'emmener mon équipe là où je voulais.
- 28:5725 ans après,
- 28:58quand la société a fermé et que j'ai dû me réorienter dans d'autres sociétés,
- 29:03je me suis rendu compte que ce qu'il me semblait être un standard normal de ce qu'on avait réussi à mettre en place ensemble,
- 29:08pas moi tout seul parce qu'on est une équipe,
- 29:11que même 25 ans après,
- 29:12ce n'est absolument pas la normalité et que la maintenance préventive,
- 29:16la maintenance conditionnelle et faire mieux toujours le lendemain,
- 29:20ce n'est pas quelque chose d'acquis et même,
- 29:23je dirais,
- 29:24très peu acquis,
- 29:25trop souvent.
- 29:26J'ai eu des réfractaires,
- 29:28effectivement,
- 29:28dans d'autres équipes qui ne voyaient pas l'intérêt de travailler comme ça.
- 29:33Et j'ai une autre petite anecdote où un technicien de mon équipe,
- 29:36un jour,
- 29:36m'a dit
- 29:37Tu vois,
- 29:38les mécaniciens,
- 29:38ils fonctionnent pas comme ça.
- 29:40On les félicite régulièrement le matin parce qu'ils ont fait 24 heures de boulot non-stop pour réparer quelque chose.
- 29:45Donc on les félicite.
- 29:47Nous,
- 29:47on fait notre travail dans l'ombre.
- 29:48On fait notre maintenance préventive.
- 29:50Ça ne tombe plus en panne.
- 29:51Donc on n'a pas cette reconnaissance.
- 29:53Donc là,
- 29:54il faut se méfier parce que le technicien de maintenance,
- 29:57version pompier de service,
- 29:59je ne fais pas trop de maintenance préventive.
- 30:02J'attends que ça casse,
- 30:03je répare et je me fais féliciter.
- 30:05il passe un peu devant le gars qui,
- 30:07effectivement,
- 30:08dans l'ombre,
- 30:08fait son travail pour que l'usine continue à tourner.
- 30:11Il faut faire attention à ça.
- 30:12Ce n'est pas simple.
- 30:13C'est là où il faut trouver des moyens d'effectivement féliciter des taux de panne qui s'améliorent sur l'année et ne pas juste féliciter le one-shot.
- 30:21Le pompier de service.
- 30:21Oui,
- 30:22le pompier de service qui va faire son travail.
- 30:24Et ça peut être un bon conseil à donner aux entreprises sur trouver des moyens d'évaluer la performance de chacun et pas celle qui est juste visible et immédiate et qui répond à la douleur.
- 30:35qu'on ressent puisque la ligne s'est arrêtée.
- 30:37Tout à fait.
- 30:38Oui,
- 30:38intéressant.
- 30:40En 2010,
- 30:41le groupe auquel appartient ton usine décide de passer sous SAP.
- 30:46Donc,
- 30:46au revoir votre outil de GMA au actuel,
- 30:49tout le monde passe sous SAP.
- 30:51Bon,
- 30:51ça fait quand même 20 ans que l'outil est en place,
- 30:53c'est une très belle longévité.
- 30:55Comment tu perçois ce changement dès le départ ?
- 30:59Parce que c'est clairement une décision extérieure,
- 31:00tu n'es pas moteur là-dedans,
- 31:02on a un nouvel outil pour le groupe et tout doit fonctionner ensemble.
- 31:05C'est quoi ton ressenti à ce moment-là ?
- 31:08L'outil SAP existait déjà dans le groupe,
- 31:11les ressources humaines étaient déjà sous SAP,
- 31:13un certain nombre d'autres logiciels,
- 31:15d'autres fonctions étaient déjà couvertes par SAP.
- 31:17L'objectif du groupe était de passer l'ensemble des outils sous la suite,
- 31:22je ne sais pas si on appelle ça une suite,
- 31:23sous la suite SAP,
- 31:24et donc le
- 31:26Plant Maintenance PM,
- 31:28et même Material Management,
- 31:30ainsi que les achats.
- 31:32Il était prévu que ce qu'on gérait par la GMAO Multi Maintenance,
- 31:35comme elle s'appelait,
- 31:36devaient être transférés,
- 31:37migrés vers ce nouveau outil.
- 31:39Je partais du principe qu'un nouvel outil,
- 31:41de nouvelles interfaces,
- 31:43plus modernes,
- 31:44c'est sûrement mieux.
- 31:45Pardon,
- 31:46je rigole,
- 31:46mais c'est parce que je me souviens des premières interfaces SAP.
- 31:50Voilà.
- 31:50Donc ça n'a pas d'appréhension.
- 31:52C'était une volonté groupe.
- 31:54Les usines françaises du groupe étaient les dernières à être migrées.
- 31:58On avait une seule contrainte,
- 31:59c'est que les autres pays,
- 32:01que ce soit la Finlande,
- 32:04l'Angleterre,
- 32:04l'Allemagne,
- 32:05la Chine,
- 32:06ont déjà toutes été migrées sous SAP.
- 32:08Donc,
- 32:09le logiciel fonctionne.
- 32:10Donc,
- 32:11vous n'aurez pas d'adaptation spécifique à votre besoin.
- 32:14S'il y a des adaptations à faire parce que la loi française l'impose,
- 32:18bien sûr,
- 32:18on le fera.
- 32:19Mais sur la partie fonctionnalité,
- 32:21il a été prouvé que ça fonctionne dans les autres usines.
- 32:23Donc,
- 32:23vous resterez comme ça.
- 32:24Je ne vais pas m'étendre sur le sujet,
- 32:27mais mon petit cœur saigne d'entendre ça.
- 32:30C'est clairement le métier au service du numérique plutôt que le numérique au service du métier.
- 32:35quelque chose auquel je n'adhère pas du tout,
- 32:36mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui,
- 32:37donc on va continuer sur l'implémentation.
- 32:41Comment se déroule le projet en tant que tel,
- 32:44le passage ?
- 32:46Est-ce qu'il y a eu des étapes,
- 32:47des moments un peu critiques qui t'ont particulièrement marqué ?
- 32:49Qu'est-ce qui a tendu de vous ?
- 32:50Comment ça se déroule ?
- 32:52Dans l'absolu,
- 32:52en tant qu'équipe de maintenance,
- 32:54on ne devait être que très peu impliqués dans le projet.
- 32:57Il y avait une équipe d'un prestataire,
- 33:00si mes souvenirs sont bons,
- 33:01c'était Vipro,
- 33:02boîte d'origine indienne.
- 33:04qui gérait l'ensemble du projet et qui devait transposer,
- 33:08parce que pour moi,
- 33:09pour la partie
- 33:11Plant Maintenance PM,
- 33:13c'était simplement transposer des bases existantes d'un logiciel dans une autre.
- 33:20Pour moi,
- 33:20c'était à peu près le seul boulot.
- 33:22Pendant tout le projet SAP,
- 33:23j'ai vu une seule carte de visite qui était marquée SAP.
- 33:28Toutes les autres cartes de visite étaient soit de chez Siemens,
- 33:31soit de chez Vipro.
- 33:32Donc pour moi,
- 33:33SAP,
- 33:34je n'ai pas de contact avec des gens de SAP.
- 33:36Ce qu'on nous a demandé de faire,
- 33:37ou ce qu'on s'est forcé à faire,
- 33:39on s'est dit,
- 33:40si déjà on part d'une
- 33:42GMAO vers une autre,
- 33:44on va en profiter pour nettoyer tout ce qui a été fait pendant 20 ans.
- 33:47Parce que pendant 20 ans,
- 33:49l'usine a été modifiée X fois,
- 33:50des choses ont été rajoutées,
- 33:51des choses ont été modifiées.
- 33:53La GMAO n'a pas été forcément mise à jour,
- 33:55donc on s'est imposé le travail de nettoyer la base de données qui allait être transférée dans SAP.
- 34:00Ça a été un travail assez conséquent.
- 34:02Là aussi,
- 34:03j'ai été beaucoup aidé pour mon secteur d'activité par notre ingénieur mécanicien qui était assez férue d'informatique et a réussi à m'expliquer en assez peu de temps comment,
- 34:15avec quelques requêtes SQL,
- 34:17on pouvait exporter sous format Excel la base de données avec différents critères de recherche et qui pouvaient m'aider à lister ce qui devait être amélioré et que je pouvais transmettre.
- 34:30au gars de mon équipe,
- 34:32de manière à ce que,
- 34:33au gars de mon équipe ou d'autres équipes,
- 34:34parce que j'avais une fonction effectivement de support pour l'ensemble du projet,
- 34:38de soumettre ça à l'ensemble des techniciens de maintenance,
- 34:41de manière à ce que tous les jours ou toutes les semaines,
- 34:43ils passent 2-3 heures à vérifier des nomenclatures si c'était encore juste et à les corriger de manière à ce que la base à transférer soit propre.
- 34:51C'était un bel exercice,
- 34:53surtout que SAP nous imposait aussi de passer sur
- 34:5640 caractères,
- 34:57sachant que l'ancien système,
- 34:58nous avions 60 caractères,
- 34:59par exemple,
- 35:00pour la description de l'objet.
- 35:02Et que ces 60 caractères,
- 35:03nous avions l'habitude de les utiliser.
- 35:04Quand on a de la place,
- 35:05on la prend.
- 35:07Voilà,
- 35:07donc on avait des dizaines,
- 35:08voire des centaines de milliers de codes objets qu'il fallait trinquer,
- 35:13on va dire,
- 35:13dans un bon français,
- 35:14qu'il fallait raccourcir,
- 35:16tout en faisant en sorte que ça reste compréhensible.
- 35:19Donc voilà,
- 35:19c'était un travail,
- 35:21ma contribution du projet Migration SAP.
- 35:24était vraiment d'assainir la base de données,
- 35:26que ce soit pour les nomenclatures,
- 35:28que pour tous les ordres de travail et tous les rapports d'incidents qui avaient déjà existé dans l'ancien système.
- 35:34Tout a été transféré d'un ancien système à l'autre.
- 35:37Les bases de données n'étaient pas fondamentalement différentes,
- 35:39donc technologiquement,
- 35:42ça n'a pas été un gros souci.
- 35:43Et il se trouve qu'en 2010,
- 35:45tu as une fille qui est en école d'ingénieur à ce moment-là et qui a besoin d'un stage d'un mois.
- 35:50Et tu te dis que ce serait pas mal de la faire bosser sur le sujet.
- 35:53Petite anecdote,
- 35:53c'est comme ça que j'ai découvert vraiment l'informatique au service de l'industrie et qui a posé les premiers briques de ce qu'allait faire mon métier plus tard.
- 36:01Je referme la parenthèse.
- 36:04Voilà,
- 36:04sur le projet,
- 36:05donc le projet s'est relativement bien passé.
- 36:06Alors effectivement,
- 36:08ça a été du travail en plus.
- 36:10L'usine continuait forcément à tourner,
- 36:12les travaux de maintenance devaient être faits.
- 36:15Donc on a pris effectivement sur notre temps,
- 36:18on s'est organisé de manière à ce que ce projet arrive à bout.
- 36:22Et on a eu la satisfaction qu'un vendredi après-midi,
- 36:25on a dit maintenant on ne touche plus à l'ancienne GMAO.
- 36:28On nettoie encore un petit peu la base de données le samedi et le dimanche et le lundi matin.
- 36:34On va redémarrer avec le,
- 36:36parce qu'on appelait ça un avis,
- 36:37et puis un rapport d'incident.
- 36:38SAP dit c'est un avis.
- 36:40Nous avons créé notre premier avis qui est rentré dans la
- 36:44GMAO, donc SAP,
- 36:46qui a généré une première demande d'intervention,
- 36:48qui est devenue un premier ordre de travail.
- 36:50Ça s'est passé très facilement.
- 36:52On a eu pas mal de temps,
- 36:54on a eu de la formation,
- 36:55on a pu former nos collaborateurs.
- 36:58La formation n'était pas très très difficile.
- 37:00Ils avaient tous l'habitude de faire des rapports d'incident.
- 37:02Finalement,
- 37:03de renseigner des textes associés,
- 37:05comme on appelait ça,
- 37:06à des incidents,
- 37:07à des heures de travail.
- 37:09Ils avaient l'habitude de pointer des heures.
- 37:11SAP était simplement des interfaces différentes pour faire à peu près la même chose.
- 37:15Donc de passer de multimaintenance à SAP,
- 37:18techniquement,
- 37:19ça n'a pas été très compliqué.
- 37:20On a réussi à gérer assez facilement la formation des techniciens pour passer d'un logiciel à l'autre.
- 37:26Mais on était assez matures au niveau de l'utilisation d'une GMO.
- 37:29Ok.
- 37:30Et le changement de logiciel,
- 37:32il vous a apporté des choses en plus par rapport à votre ancienne gestion de maintenance ?
- 37:37Parce que j'espère qu'en 20 ans,
- 37:38il y a quand même des choses qui ont bougé sur le sujet.
- 37:40On utilisait beaucoup notre ancienne GMAO.
- 37:45J'attendais beaucoup du module de maintenance préventive de SAP,
- 37:49qui,
- 37:50une fois qu'on avait démarré,
- 37:51parce qu'on n'a pas décidé,
- 37:52sachant que l'ancienne GMAO ne gérait pas la maintenance préventive,
- 37:56on n'avait pas des bases de données de maintenance préventive.
- 37:59Tout.
- 37:59toute prête à être implémentée dans SAP.
- 38:02Donc,
- 38:02il avait été décidé de,
- 38:04on transfère,
- 38:05on migre tout ce qui doit être migré et on remettra en place tous nos fichiers Excel,
- 38:10toute notre maintenance préventive qui était gérée en dehors de la GMAO.
- 38:14On avait décidé de l'implémenter ensuite.
- 38:17Là,
- 38:17c'était une déception.
- 38:19Les modules de maintenance préventive SAP 2010,
- 38:21aujourd'hui,
- 38:22je ne sais pas parce que j'ai malheureusement assez vite abandonné
- 38:27SAP ensuite.
- 38:28L'outil de maintenance préventive n'était pas d'une convivialité extrême.
- 38:32On a fait quelques tests pendant quelques mois de mettre en place sur quelques machines la maintenance préventive telle qu'elle était prévue par SAP.
- 38:43On n'a pas trop insisté parce qu'à peine 18 mois après la migration,
- 38:48le groupe a décidé de fermer l'usine.
- 38:50Donc voilà,
- 38:51j'ai une petite expérience finalement de SAP de 18 mois.
- 38:56Au niveau...
- 38:57Plant maintenance,
- 38:58très bien,
- 38:59mais il y a la partie maintenance préventive que je ne connais pas,
- 39:02qui a peut-être évolué depuis,
- 39:04mais je ne la connais pas.
- 39:05La décision du groupe de ne pas refaire de développement spécifique pour vos besoins et vos process,
- 39:12est-ce que ça a eu un impact finalement ?
- 39:14Parce que ça,
- 39:14on vous l'annonce au début sans même savoir comment vous travaillez et si ça va rentrer dans les processus.
- 39:18Est-ce que vous vous en êtes sorti ou est-ce qu'il y a eu des choses où vous avez dû revoir vos processus ?
- 39:23Ça remonte à presque 15 ans.
- 39:25Il y a eu des discussions longues.
- 39:26où effectivement on dit si ça ne fait pas ça,
- 39:28on ne peut plus travailler.
- 39:29Bien sûr,
- 39:30on l'a dit.
- 39:31Il y a eu des adaptations,
- 39:32il y en a eu quelques-unes de faites et on s'est rendu compte que notre partenaire indien qui a implémenté localement toutes ces petites modifications qui devaient nous permettre de fonctionner,
- 39:45lors de la première grosse mise à jour,
- 39:47tout a disparu.
- 39:48Donc,
- 39:48je n'ai pas essayé de comprendre d'où venait la chose.
- 39:52Mais a priori,
- 39:52ils avaient fait de l'implémentation locale de quelques besoins locaux et qui ont disparu.
- 39:58La première grosse mise à jour était quelques mois après le go live.
- 40:03L'usine était déjà prête à être abandonnée par le groupe.
- 40:07Ça,
- 40:07on l'a appris quelques mois après.
- 40:09Donc,
- 40:09il n'y a pas eu vraiment d'effort de fait pour revenir en arrière.
- 40:13Je me souviens de ça,
- 40:13de cet exemple-là.
- 40:15Je me souviens moins de quel était l'impact réel du fait qu'on n'ait pas fait les ajustements de nos besoins locaux.
- 40:21Il y a une histoire que tu me racontais en off aussi,
- 40:25le
- 40:26SAP.
- 40:27Vous voulez,
- 40:28je ne sais pas si c'est SAP ou l'intégrateur,
- 40:29mais vous voulez que vous revoyez toutes vos codifications de nomenclature pour correspondre à l'environnement SAP,
- 40:35alors que c'est des nomenclatures qui vous parlaient à vous,
- 40:37et vous vous êtes battu pour ça,
- 40:38vous avez eu gain de cause ?
- 40:40Oui,
- 40:40tout à fait,
- 40:41on a eu gain de cause sur ce point-là.
- 40:43Officiellement,
- 40:45l'organisation SAP nous obligeait de renommer,
- 40:47par des systèmes alphanumériques,
- 40:49d'une suite de nombres et de lettres,
- 40:52l'ensemble de nos machines,
- 40:55l'ensemble de nos objets.
- 40:56Oui.
- 40:56devait être renuméroté par un nouveau code,
- 40:59qui n'était absolument pas parlant,
- 41:01vu que les machines s'appelaient toutes par un nom,
- 41:04qui commençait par un numéro d'atelier,
- 41:06par une lettre qui disait déjà ce que c'était comme type de machine,
- 41:10ensuite un numéro d'ordre,
- 41:12et au bout de 20 ans,
- 41:13ces numéros-là,
- 41:14on les connaissait par cœur.
- 41:15Et du jour au lendemain,
- 41:16SAP demandait à ce que toute cette nomenclature soit revue par un système de numérotation très peu lisible.
- 41:23Il y a eu beaucoup de discussions,
- 41:24on a eu gain de cause,
- 41:25On a pu rester sur les nomenclatures d'origine.
- 41:29Je n'ai pas vraiment compris le pourquoi du comment on devait changer toute cette nomenclature.
- 41:33Probablement pour des raisons financières,
- 41:35parce que tout ce qui était sous la même racine pouvait financièrement passer sous un cost code bien précis.
- 41:43Donc voilà,
- 41:44on a eu gain de cause,
- 41:45c'était l'essentiel pour nous,
- 41:46en tant que technicien de tous les jours.
- 41:48Voilà,
- 41:48c'était un gros sujet.
- 41:49On a longtemps,
- 41:50longtemps discuté là-dessus et finalement on a continué comme avant.
- 41:54C'est un sujet qui est important quand on choisit un logiciel.
- 41:56L'exemple,
- 41:57c'est la maintenance,
- 41:58mais on peut souvent avoir des logiciels qui vont répondre à un point précis,
- 42:01mais qui sont dépendants d'un logiciel maître.
- 42:03Clairement,
- 42:04chez SAP,
- 42:04le côté financier domine un peu et finalement,
- 42:07toutes les fonctions autres vont répondre aux besoins de reporting de la finance.
- 42:13C'est bien parce que tout est coordonné et tout va au même endroit.
- 42:16A l'inverse,
- 42:16si je prends un exemple d'un logiciel de notes de frais,
- 42:19il peut aussi bien être lié à un logiciel RH.
- 42:23Si on raisonne beaucoup à une dépense,
- 42:25une personne et je rembourge cette personne.
- 42:27Ou alors à un logiciel de gestion des clients ou de gestion des projets,
- 42:31si les notes de frais sont plus souvent à refacturer avec les clients.
- 42:34Donc ça,
- 42:34ça peut faire partie de la réflexion de comment on choisit un outil.
- 42:37Qu'est-ce qui domine en fait ?
- 42:38Qu'est-ce qui est le plus important ?
- 42:40Est-ce qu'on veut avoir une maintenance très orientée maintenance ou est-ce que finalement la maintenance est pilotée par la gestion financière ?
- 42:46Ou par un autre organe de l'entreprise.
- 42:49Ça peut permettre de savoir comment les logiciels vont être interconnectés entre eux
- 42:54qui est le logiciel maître,
- 42:55finalement.
- 42:56Effectivement,
- 42:57chez SAP,
- 42:57il y a plutôt le côté financier.
- 42:59Et c'est sûrement pour ça que tu l'as ressenti comme ça aussi sur ton logiciel.
- 43:02C'est probablement.
- 43:04Je te remercie pour toutes ces informations.
- 43:07C'était très intéressant.
- 43:08Je suis contente de l'avoir partagé avec toi ici.
- 43:12Pour finir,
- 43:12est-ce que tu aurais un conseil pour quelqu'un qui hésite à se lancer dans l'implémentation d'une GMAO ?
- 43:19S'il y a un truc à dire sur le sujet.
- 43:22Grâce à une GMAO ou à cause d'une GMAO,
- 43:25vous allez obliger l'ensemble du personnel de l'usine,
- 43:28que ce soit le technicien de maintenance ou l'opérateur de production,
- 43:32à écrire ce qu'il a vu,
- 43:34ce qu'il a ressenti.
- 43:35Non seulement ça va être tracé,
- 43:37ça va rester et on pourra s'y référer pour prendre des décisions,
- 43:40mais surtout quand on écrit,
- 43:43quand on essaye d'expliquer quelque chose par écrit,
- 43:46ça nous fait réfléchir à ce qu'on est en train d'écrire.
- 43:48Pendant qu'on écrit,
- 43:49on se dit,
- 43:50ça c'est peut-être...
- 43:51pas passer tout à fait comme ça.
- 43:52Alors quand on fait simplement un compte-rendu à l'oral,
- 43:55on peut en trois quatre mots dire voilà j'ai fait ça,
- 43:57ça,
- 43:58ça et ça et c'est parti.
- 44:00L'information écrite est pour moi beaucoup plus juste.
- 44:03Le souci qu'on a,
- 44:05c'est qu'on a encore trop de techniciens qui n'aiment pas écrire et le souci que peut représenter une GMAO et c'est vraiment la chose qu'il faut bien avoir en tête au début,
- 44:15c'est qu'il faudra faire écrire les opérateurs et les techniciens de maintenance.
- 44:20Il faut les faire écrire ce qu'ils vivent au jour le jour.
- 44:22C'est ça la matière première d'une GMAO.
- 44:25Une GMAO vide ne sert à rien.
- 44:28Si elle n'est pas renseignée,
- 44:29ça ne servira pas à grand-chose.
- 44:30Donc c'est vraiment remplir,
- 44:32remplir,
- 44:32remplir.
- 44:33Je ne me fais rien de répondre là-dessus parce que je vois souvent des résistances sur le fait de demander à écrire à des gens qui ne sont pas forcément à l'aise avec l'écriture,
- 44:41parfois même avec la lecture.
- 44:42Aujourd'hui,
- 44:43il existe énormément de solutions pour faire des vocaux qui donnent lieu à des transcripts derrière où on a quand même cette...
- 44:49notion d'écriture.
- 44:50Donc derrière,
- 44:51on n'est pas limité par la fonction de recherche qu'on a sur l'écriture et qu'on n'a pas sur le vocal.
- 44:56Et derrière,
- 44:57si vraiment la personne est mal à l'aise avec l'écriture,
- 45:00on peut avoir repassé sur le transcript et l'améliorer un peu.
- 45:04Mais en tout cas,
- 45:06si c'est vraiment le problème,
- 45:07il y a toujours des solutions pour capter l'information là où elle est,
- 45:10même si l'écriture c'est compliqué.
- 45:12J'imagine assez facilement que des listes déroulantes pour répondre à certains problèmes peuvent résoudre la question.
- 45:17Quand une machine s'est arrêtée et que la personne sait pourquoi,
- 45:20il y a peut-être une dizaine de raisons,
- 45:22elle choisira dans ces dix raisons,
- 45:23on aura toujours la raison,
- 45:24même si ce n'est pas parfait,
- 45:25ça sera toujours plus proche que rien.
- 45:26C'est ça.
- 45:27Le but,
- 45:28c'est de toujours trouver une manière pour que la saisie d'informations soit la plus simple possible et plus elle est simple,
- 45:33plus elle est fiable.
- 45:34Je n'ai pas été confronté à ça à l'époque.
- 45:36Les techniciens avaient envie d'écrire.
- 45:38J'avais réussi à les convaincre de m'accompagner dans ce projet,
- 45:40donc ça a été assez facile.
- 45:42Aujourd'hui,
- 45:42le recrutement dans l'industrie,
- 45:43c'est beaucoup plus compliqué.
- 45:46Et donner envie à tout le monde,
- 45:47c'est aussi passer par des interfaces qui sont simples et conviviales pour des générations qui sont de plus en plus nées avec le numérique dans la main.
- 45:53Donc,
- 45:54proposer du papier-crayon ou d'écrire beaucoup de choses,
- 45:56ce n'est plus très cohérent non plus avec ça.
- 45:58Mais on a des solutions et on s'améliore tous les jours.
- 46:01Je te remercie.
- 46:02Merci à toi.
- 46:03de m'avoir invité.
- 46:05Je t'en prie,
- 46:06c'était avec plaisir.
- 46:07Quant à vous,
- 46:08je vous laisse sur ces bonnes paroles et je vous dis à la semaine prochaine.
- 46:11Et voilà,
- 46:12c'est la fin de cet épisode d'Osez l'Efficacité.
- 46:14Je serais curieuse de savoir ce que tu en as pensé.
- 46:16En tout cas,
- 46:17si cet épisode t'a plu,
- 46:18n'hésite pas à laisser un commentaire et à donner un avis 5 étoiles.
- 46:21Ça m'aide énormément.
- 46:22Tu peux aussi me suivre et me contacter sur LinkedIn et Instagram pour continuer la discussion.
- 46:27Je serais ravie d'échanger avec toi.
- 46:29Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode plein de conseils et d'astuces.
- 46:33pour oser l'efficacité.
- 46:35A très vite !