Latest / Cap sur Ikigai / De la tour de contrôle au lâcher-prise
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- Violaine: avec le recul je vois que c'était la compensation beaucoup d'ailleurs à partir du où j'ai démissionné j'ai arrêté le parce que c'est ce qui me faisait tenir en fait, je n'avais pas conscience de ça, de au lieu de vivre. Et depuis, j'ai l'impression vraiment d'être devenue vivante, alors qu'avant, j'étais un peu mort vivante. Cela s'est décidé en trois SMS. Bénédicte est libre de main pour venir raconter son chemin vers son La dernière fois que nous avons échangé, nous avions évoqué son burn-out, sa reconstruction progressive, son projet d'école différent autogéré par plusieurs parents engagés vers un même objectif de faire grandir des enfants dans le respect des différences. à leur rythme, de manière autonome et dans un vrai esprit de coopération. C'était environ il y a trois ans. Aujourd'hui, je m'apprête à parler donc de ce mode alternatif d'enseignement et me félicite de pouvoir placer un article de Dietzeit repris par un numéro spécial de courrier international dans lequel la journaliste fait du système scolaire français fondé sur la compétition. une des causes de ce qu'elle appelle le sentiment d'humiliation français, lequel expliquerait la montée du RN. Enfin, c'est là toute sa démonstration. Sans aller jusque là, j'ai hâte de comprendre les tenants et aboutissants de son engagement pour l'éducation bienveillante que je crois partager. En prenant un petit café avant d'enregistrer, je me rends vite compte que l'essentiel n'est pas là. La raison d'être de Benedict Marie est bien plus simple. et en même temps bien plus subtile qu'une énième école Freineis-Steiner au Montessori. Si la transmission est bien au cœur de son Ickigai, elle concerne certes les enfants, mais aussi et surtout les adultes qu'elle souhaite accompagner le dépassement de leurs peurs et de leurs pensées limitantes. Ça a l'air assez bateau, voire perché, dit comme ça, mais la réalité, elle est tout autre quand on la sent vibrer sincèrement. de cette liberté qu'elle a rencontrée pour elle et qu'elle souhaite faire découvrir maintenant aux autres. Bonjour Bénédict, est-ce que tu peux commencer par te présenter et nous à quelle période se situent les premières questions que tu te poses, dans quel contexte tu es, tu te trouves, comment ça se passe pour toi. Bonjour Violaine ! Alors vaste question pour commencer. Je suis donc Bénédict. Moi j'ai été contrôleur aérien pendant 15 ans à la tour de contrôle de Bordeaux-Mérignac et j'ai eu l'audace d'émissionner il y a six ans. Et je ne regrette pas du tout ce choix-là. bien qu'on ait tout fait pour m'en dissuader, évidemment, parce que j'avais une situation qui semblait être une situation de et bien des égards elle l'était, mais ça ne vivrait plus pour moi, je mourrais intérieurement, j'avais vraiment besoin d'autres choses, et j'ai découvert que je suis quelqu'un qui a vraiment besoin d'être dans la recherche, d'être, découvrir. qui a besoin de nouveautés. donc, je me suis mise en fait à faire ce que j'aime, à suivre mes envies, à suivre mon enthousiasme depuis. je fais aujourd'hui pas mal de Souvent, on me demande si je suis en vacances, mais j'ai l'impression de ne jamais être en vacances ou d'être toujours en vacances. Ce mot-là a complètement perdu du sens. tout le temps ce qui me plaît. J'ai l'impression d'être tout le temps à ma place dans mes différentes Donc aujourd'hui, quelles sont mes activités ? C'est question à laquelle j'ai beaucoup de mal à répondre tellement ça évolue, tellement elles sont nombreuses mes Donc il a deux ans j'ai créé une école, une école un style très très novateur qu'on nulle part ailleurs je crois, en France en tout cas. C'est une école parentale coopérative, vraiment les parents sont des membres autant que les enfants dans l'école et chacun participe à la hauteur de ses possibilités, de ses envies. Donc il n'y a pas vraiment d'ailleurs de notion de parents, d'enfants, les plus grands, ça va de 2 à... Pour les enfants quoi, de 2 à 12 ans. Donc déjà les enfants entre eux s'apprennent énormément. Les petits, les grands, les grands inspirent les petits. Ils apprennent les petits copies ou même apprennent aux grands. Et chez les adultes, pareil, y a énormément de... du coup de soutien mutuel, d'échanges de partage de pratique et aussi au niveau émotionnel vraiment une écoute, une coécoute hyper soutenante qui nous permet de dire qu'aujourd'hui, au bout de deux ans de fonctionnement, je suis vraiment fière de dire qu'on n'a jamais eu de conflits, qu'on ne fait jamais de réunions. Ça c'est une performance. Et j'en suis consciente vraiment. qu'il n'y a pas d'argent. L'argent n'est pas un sujet, que c'est gratuit. Chacun participe surtout au niveau matériel en abonnant des feuilles de papier, du liquide vaisselle. Et ça se fait de manière extrêmement fluide et naturelle et c'est que du Donc voilà pour mon projet d'école. Et à côté de ça, j'accompagne des personnes de différents profils pour se libérer de leurs blocages, de leur contiditionnement. Je le fais aussi dans l'école parce que j'ai remarqué que les enfants, tous les problèmes d'apprentissage qu'ils peuvent avoir, c'est juste des pensées limitantes qu'ils ont souvent sur eux-mêmes, ou des blocages, des dégouts. ont été créés stress ou dans l'école publique mais parfois aussi par les parents qui mettent la pression, ont eux-mêmes des peurs, qui viennent de même de leur enfance. on travaille là-dessus avec une méthode que j'ai développée qui est extrêmement joyeuse et agréable à utiliser. que j'appelais la méthode sublime. dans les grandes lignes. Merci, merci. Alors, ce que je voudrais dire pour nos auditeurs, c'est que démissionner quand on est contre l'aérien, Bénédic, tu l'as dit, c'est hyper, hyper rare et c'est quand même un grand saut. On démissionne de la fonction publique, la DGAC, c'est fonction publique d'État, c'est ça ? faut avoir un petit peu de courage quoi, et savoir ce qu'on veut faire et savoir s'écouter. Donc peut-être que je le souligne ici plus précisément. Ensuite, on va avoir l'occasion d'en reparler, Dans la structure que tu as mise en place, il y a vraiment une super originalité. On n'est pas juste dans du freiné ou du Montessori, on est dans un... un apprentissage de l'enfant parallèle à celui du parent. Et on a discuté un tout petit peu avant de faire le podcast. Le parent a énormément à y gagner aussi. À se demander si vraiment il faut appeler ça une école. C'est peut-être autant une école pour les enfants que pour les parents, même s'ils ne le savent pas forcément au début, s'ils savent écouter. Donc ouais, merci beaucoup beaucoup. Est-ce que tu peux nous... dire ce qui a fait qu'à un moment, voilà, il y avait quelque chose qui mourait en toi, qu'est-ce qui voulait vivre, qu'est-ce qui voulait exister, dans quelle contradiction tu étais enfermé, qu'est-ce qu'il y avait besoin de respirer, c'était quoi le non-sens et comment est-ce que tu as voulu le reconstruire Oui, quand j'étais contre l'arrière, j'ai cru pouvoir m'épanouir par le temps libre en fait. J'imaginais que ça serait suffisant parce que j'avais quand même beaucoup de temps pour développer des projets personnels. Je faisais beaucoup d'associatifs à l'époque, je voyagais beaucoup aussi du sport. passionné par le kitesurf, j'ai participé vraiment à la structuration du sport au niveau fédéral et ça me nourrissait beaucoup mais ce n'était pas suffisant et vraiment maintenant avec le recul je vois que c'était la compensation beaucoup d'ailleurs à partir du où j'ai démissionné j'ai arrêté le kitesurf parce que c'est ce qui me faisait tenir en fait, je n'avais pas conscience de ça, de au lieu de vivre. Et depuis, j'ai l'impression vraiment d'être devenue vivante, alors qu'avant, j'étais un peu mort vivante. Mort vivante. en fait, j'ai dû passer par un burn-out. Je pense que je suis fait partie de la génération burn-out. C'est un peu l'étape obligatoire parce que le mental tient tellement fort que c'est le corps qui a besoin de se mettre en grève pour que le changement s'opère, j'ai l'impression. Donc pour moi, burn-out, ça a été une Ça a été le moment où j'ai arrêté les conneries, j'ai arrêté de passer à côté de ma vie. Et j'ai en plus, à ce moment-là, vécu des expériences de lâcher prise qui ensuite nourrit après ma recherche pour comprendre quel est ce mode d'emploi du lâcher prise. Parce que je me suis rendu compte que c'était un peu ça, mon ikigai, ma raison d'être. Quand j'étais enfant, à moment à 10 ans, je me suis fait attaquer par un chien. Et après, j'avais très très peur des chiens évidemment. Et j'avais remarqué que cette peur des chiens attirait à moi des chiens agressifs qui m'aboyaient dessus. Ma mère, dans son enfance, aussi faite mordre par un chien et je voyais que les chiens lui aboyaient toujours aussi dessus. je me rappelle, à 10 ans déjà, je me suis dit non, je veux me libérer de cette peur parce que je ne pas me refaire mordre. J'avais vraiment senti à quel point la peur attire. La peur, et les problèmes, ce qu'on craint. Et je ne sais pas comment j'ai fait, mais je me suis libérée de ça. Et de la même manière, chaque année en fait, m'arrivait un catastrophe, donc une année, donc je me suis fait mordre par ce chien. Une autre année, j'ai eu un accident de vélo, j'ai eu une triple fracture, luxation du coude. et voilà. Un jour j'ai pris conscience que ça faisait cinq ans que chaque année il m'arrivait un accident et mon père m'appelait Miss Catastrophe. Et c'est pareil, je me suis dit un jour, à 11 ans, je me suis dit je ne veux plus être Miss Catastrophe, je veux m'enlever cette étiquette et je ne sais pas comment j'ai fait mais elle s'est enlevée. je sens que le reste de ma vie ça a été cette recherche du mode d'emploi, du lâcher prise, comment se libérer. de la peur, comment se libérer des schémas, des étiquettes, des blocages, des conditionnements. Et au fur et mesure de ma vie, grâce à ce burn-out également, osé me lancer dans une psychanalyse, ce dont je rêvais depuis que j'étais adolescente, j'étais passionnée par le travail de Freud au lycée, je me souviens. Donc ça m'a conduit à explorer ma vie intérieure, explorer mes conditionnements. Et depuis, ça fait plus de 10 ans que je chemine toujours à la recherche d'une méthode précise, d'un mode d'emploi précis du lâcher prise que je pense avoir trouvé, que j'ai trouvé, j'ai trouvé ma façon en tout cas de lâcher prise, je pense qu'il y a plein de façons. Et j'accompagne les enfants, les adultes. pour acquérir ce petit mode d'emploi tout simple, mais ce qui est simple n'est pas facile. Bien au contraire. Petit mode d'emploi mais avec un immense bénéfice. Tu dis petit mais pour toi ça a été la chose la plus grande en fait que tu as pu rencontrer. vraiment l'idée c'est de parvenir à une méthode qui te permette d'être bien, d'être proche de toi, de ne pas être soumise à une... à une peur irrépressible que tu n'as pas à convoquer, fait, peut-être faisait sens pour ta maman, peut-être beaucoup moins pour toi, mais dont tu as hérité, et se déconstruire de tout ce qui est imposé pour comprendre en qui tu es, qui tu as envie de et du coup de le proposer aussi aux autres. Parce que c'est vrai que dans cette école, il a cette envie aussi de, il me semble, de pouvoir grandir, s'épanouir, s'autonomiser, loin des schémas qui se répètent génération après génération sur la peur d'échouer, la peur de ne trouver le bon je ne sais pas si ça existe encore mais je me souviens d'une parole très très dure d'un prof qui disait « il y les dominants, il y a les dominés », enfin une vision du monde absolument apocalyptique. de s'épanouir quand on parle de ce postulat-là, qui est quand même très anxiogène mais qui se répète sous plein d'autres formes. Tu finiras à caissière. Chacun dans ses familles, alors que bon voilà, tous les métiers peuvent être intéressants, ils peuvent être tellement différemment incarnés. Je pense que dans l'éducatif, dans l'éducation, y a un nombre de chamars vraiment... très très très important, ce qui touche à la sécurité, qui touche à l'identité, qui touche à tellement de choses. pour revenir à ce que je disais au début, cette envie de trouver ta propre méthode qui fonctionne sur toi et puis de la diffuser petit à à ceux qui se posent les mêmes questions ou ceux qui ont envie de grandir dans une forme de respect, qui est le nom de l'école que tu as créé. que tu peux nous en dire un peu plus Oui, oui. Et d'ailleurs, longtemps, j'étais bloquée parce que je voulais... que ce soit une façon de gagner ma vie aussi, que je voulais que ma raison d'être, ma passion soit aussi ce qui me rémunère. Et j'ai dû lâcher aussi ça pendant quelques temps. Et la vie, en fait, m'a apporté de l'argent par d'autres que moi, ce qui me convient beaucoup, c'est la gratuité, le bénévolat. Je me sens beaucoup plus libre d'explorer. dans cette voie-là. Donc longtemps, j'ai fonctionné comme ça. Mais je aussi qu'il peut aussi avoir des blocages chez des conditionnements par rapport à l'argent, rapport au fait de gagner soi-même, rapport au fait d'avoir le droit de gagner de l'argent. C'est pas si simple aussi. Donc comme tu dis, en fait, on est de petits blocages ou des grands blocages. Et la bonne nouvelle, c'est que extrêmement simple de s'en défaire. Extrêmement simple. Moi, ma méthode, ça prend vraiment quelques secondes ou quelques minutes de visualisation agréable pour changer un événement du passé. Par exemple, ton professeur, le discours de ton professeur, le dominant dominé, dans ma méthode, il suffit de s'imaginer d'avoir eu un autre professeur ou une autre école. que ce professeur dise quelque chose de différent, de faire une visualisation comme ça en s'imaginant pleinement revivre le moment. ça suffit vraiment à désactiver le schéma. Donc moi, j'ai pratiqué ça, je pense, j'ai fait une estimation, j'ai dû le faire 6000 fois en cinq ans. 6000 schémas qui se sont envolés et ça rend la vie vraiment légère et fluide. n'a vraiment plus rien à voir. C'est vraiment extraordinaire. Et en fait, ça me permet juste d'être moi. J'aime rien que ça. Mais tout cela. Et dans l'instant présent, ça marche très bien avec les enfants parce que les enfants, c'est champion de l'imagination. C'est plus dur pour les adultes, mais petit à petit, comme une pelote de laine emmêlée, on prend le bout et puis on démêle petit à petit. Et c'est ça que je fais aussi avec les parents, avec mes proches, avec les personnes qui ont envie que je les accompagne. Ces dernières années, j'ai pas mal accompagné des artistes, fait. C'est ça qui me faisait pas mal vibrer de leur permettre de développer leur art vraiment, pense que l'important, c'est de sentir l'enthousiasme. C'est vraiment le meilleur guide qu'on puisse avoir pour être dans le bon chemin. Décourant sans la peur, il suffit d'appliquer ma petite méthode en se demandant qu'est-ce que ça me rappelle cette peur ? Quand est-ce qu'elle a commencé ? Depuis quand est-ce que j'ai peur comme ça ? Et de s'imaginer un autre scénario dans notre passé. C'est aussi simple Merci. oui, alors je rebondis vraiment sur ta méthode. Non pas pour dire que je l'utilise aussi, parce qu'en fait je ne sais pas... tous les... Et parfois on est un monsieur Jourdain sans le savoir aussi, qui fait de la prose sans le savoir. C'est vrai que moi j'aime bien travailler sur les néagrammes, parce que c'est un... Après un motif de discussion intéressant, et justement travailler sur ces schémas. L'idée pour moi c'est de, je pense que tu d'accord, de gagner de la liberté. Quand on comprend quel est son schéma, on a la possibilité d'imaginer autre chose et donc du coup on gagne une forme de liberté. Et c'est vrai que quand j'arrive à ce qui est proposé comme une forme de blessure originale par rapport à ce schéma-là, je propose souvent aux personnes que j'accompagne d'essayer de penser. qu'ils n'ont pas à se protéger d'une peur. exemple, j'imagine que je suis aimée parce que je fais quelque chose, donc ça j'en ai beaucoup moi, personnes qui sont comme ça, que pendant très longtemps j'en ai fait partie. fait je n'ai de la valeur que si je fais, en plus c'est supraféminin ça, et c'est impossible d'imaginer que je puisse être aimée. ou reconnu si je ne fais rien. Enfin, il a quelque chose qui vient nous bloquer, voire moi qui me mettais très en colère. C'est-à-dire qu'en fait, j'ai fait tout ça pour rien et en fait si j'étais une plante verte sur un canapé, ce serait tout aussi bien. C'est comme ça que je l'entendais en fait. Alors qu'il s'agit pas de ça, il s'agit de savoir si on a de la valeur de toute façon et puis on la met en exercice ou pas en fait. Et puis on a le droit un jour de passer devant... un SDF et puis ça ne nous dit rien de lui laisser quelque chose parce que voilà, on n'est pas dans ce mood-là ce jour-là. Pour autant, on n'est pas une mauvaise personne si le lendemain, il y a une autre chose qui arrive et que, je ne pas, une vieille dame va être sur notre chemin et qu'on va l'aider à traverser la route. ça, correspond beaucoup plus à ce qui résonne en soi, ce qui est juste pour soi, en fait. Et ça c'est compliqué quand on a toujours été éduqué dans le faire plaisir, etc. Et alors je propose ça aux personnes que j'accompagne, je pense que ça vaudra vraiment le coup que pour les personnes que j'accompagne et qui trouvent un bénéfice là-dedans, qu'ils puissent être accompagnés par toi éventuellement en parallèle, vois, parce que c'est vrai qu'on... Qu'est-ce qui fait qu'on bute à chaque fois ? Parce qu'on a ces fameuses croyances limitantes, parce qu'on a ces peurs, etc. Et donc je pense que oui, ça pourrait être hyper intéressant de travailler ça en parallèle. Et quand tu parles de l'argent, c'est aussi évidemment une question qu'on aborde. Et Dieu sait que l'argent est truffé de tellement de symboles, de tellement, pour le coup, de schémas familiaux qui nous résistent, c'est tellement tabou aussi. Enfin, je veux dire, en France, on est quand même les champions de ça. Je pense qu'il manque de personnes pour travailler sur ces questions-là, parce que quand on traverse ça avec les personnes que j'accompagne. Bon bah voilà, ça prend une bonne grosse séance, mais voilà, on va passer cinq heures, dont deux en autonomie, puis deux en présentiel, et puis une autre qui interviendra pendant tout le parcours parce que tout le temps cette question reviendra, parce que le cerveau, il est fait comme ça malheureusement. Donc bah je suis contente d'entendre ça vraiment. C'est... Ouais, nous sommes là un outil super intéressant qui peut être hyper complémentaire. Et ce que tu dis par rapport aux artistes, je trouve ça très très intéressant aussi. Parce je pense que dans l'imaginaire, être un vrai artiste, c'est être quelqu'un de pauvre, qui ne pas de son vivant, qui a besoin de se couper l'oreille, qui a besoin de traverser des épisodes atroces où il va purser, du coup, dans l'intensité de son imaginaire pour nous rendre quelque chose de passionné, passionnel. Ouais, c'est pour ça que j'aime bien le peintre Mathis qui était un bon bourgeois et qui avait l'air assez heureux. Mais ça, c'est aussi une problématique qu'on traverse avec les personnes que j'accompagne et le côté artiste, le statut artiste auteur là, où ça correspond dans le cerveau à « waouh, je vais me sacrifier, je vais faire quelque chose de dur » et c'est tellement dommage en fait, c'est tellement dommage. Et par rapport aux artistes, il a quelque chose d'un peu particulier justement quand tu me dis que tu t'es un peu focalisée ou un peu concentrée là-dessus. en tout cas, il a une joie particulière. Est-ce que c'est parce qu'ils rendent la vie plus belle avec leur poésie, avec leur vision du monde ? Ils ont déjà déconstruit en fait ce que nous on a du mal à déconstruire. pense que dans l'avenir, dans l'espoir, il a les artistes pour demain. C'est quelque chose qui met très cher cette notion de gratuité, non pas que... ils ne pas vivre en étant rémunérés, mais l'idée que ce n'est pas forcément directement rentable, c'est quelque chose d'hyper-original qui est proposé. En fait, je trouve que c'est ça qui fait valeur, c'est ça qui devrait être, fait, c'est des gens-là qui devraient être le plus payés finalement, d'une certaine manière, quand on redéconstruit ce qui ne va pas dans ce monde. Enfin, c'est vision très personnelle, mais je te laisse exprimer là-dessus. Oui. Alors, je pense que... les artistes sont réceptifs à ma méthode parce qu'ils ont déjà déconstruit énormément, il y a une grande part de liberté déjà en eux. Et je pense qu'en fait, plus la méthode est simple et plus en fait il faut avoir cheminé pour se l'approprier. Moi au début, j'ai commencé par une psychanalyse, donc c'est un accompagnement long, j'avais besoin d'énormément d'écoute. Et puis après, j'ai pu passer à des méthodes où il y avait un accompagnement plus léger. Et puis après, l'autonomie est arrivée petit à petit. Mais pour moi, Voilà, chacun, on ne pas brûler les étapes et passer tout de suite à une méthode très simple. a aussi l'approche de Ramana Maharshi aussi. C'est juste une question, la question qui suis-je ? Pour moi, c'est vraiment ce qui peut se faire encore de plus simple, mais c'est très peu accessible pour nous occidentaux. Il y a vraiment une montagne. Je pense que nous occidentaux avons énormément de conditionnements. On vit dans un monde extrêmement artificiel avec beaucoup de violence en France. Il énormément de violence auprès des enfants, que ce soit dans la petite enfance. Les méthodes d'éducation françaises sont terribles. Et le système... d'école, ça continue, c'est dans la continuité, pour moi c'est très grave ce qui se passe. Mais la bonne nouvelle c'est qu'on peut petit à petit reprendre du pouvoir et se libérer pas après pas. C'est ça que je trouve important d'avoir en tête, c'est que ça va se faire. Moi, la conclusion à laquelle j'arrive, c'est que tout est parfait, que le chemin est parfait. Tout arrive au bon moment. Tout arrive à point nommé. Et l'important, c'est de ne pas nager à contre-courant, juste suivre le flot de la rivière. les solutions arrivent. on se fait notre petite popote pour établir notre méthode de libération. Est-ce que c'est nous qui la faisons d'ailleurs ou est-ce qu'on la reçoit ? Est-ce que c'est la vie qui s'en charge ? Parce que c'était déjà prévu d'avance, on ne pas. Mais en tout cas, tout est parfait et il a des solutions pour tout monde. Il y a une grande diversité et c'est normal du coup qu'il une grande diversité de méthodes aussi. Moi je ne pas qu'il une méthode universelle. Donc c'est vraiment important de d'expérimenter, de tester, d'être curieux et d'essayer quoi. Le pire c'est de rien faire. Et à partir du moment où on se met en route, tout se débloque. Le tapis rouge se déroule devant nous. Il a une petite phrase qui me revient aussi quand tu parlais de la fameuse question « qui je suis ? C'est évidemment une question qu'on aborde avec les personnes que j'accompagne. Du coup, on se concentre aussi sur qui j'ai envie d'être. Parce qu'à un moment, c'est trop lourd, donc on passe d'abord par ça. Et il a une autre petite question que je trouve qui est intéressante. Peut-être qui est d'au début, je ne pas ce que tu en pensais, mais c'est quand on prend conscience qu'on est tendu. Et c'est contre quoi je lutte. Parfois c'est difficile de savoir. Quand on sent qu'on force quelque chose, c'est finalement contre quoi je lutte. Et déjà de prendre conscience, je lutte contre ma fatigue, je lutte contre une forme de pression que je ressens. Je sais pas comment est-ce que tu l'entends cette petite phrase, moi je sais qu'elle est super importante pour moi. Oui. Moi je me souviens du jour où j'ai entendu l'expression « lâcher prise ». C'était pendant mon burn-out d'ailleurs, pense qu'avant je n'en avais jamais trop entendu parler. En tout cas là ça m'a vraiment résonné dans mon esprit et je me suis dit mais oui, mais qu'est-ce que je prends quoi ? Quelle est ma prise ? Qu'est-ce qui agrippé entre mes doigts là ? Que je ne lâche pas ? Et c'est vrai que moi c'est souvent cette question équivalente à la tienne. Qu'est-ce que je retiens ? À quoi je m'agrippe ? Qu'est-ce qu'il y aurait besoin de... ou laisser partir, laisser s'envoler. Et c'est juste ça, en fait. Dès qu'on prend conscience qu'on lutte, c'est gagné. Une grande partie du chemin est en route. Le plus dur est fait. Sachant que quand on ne connaît pas le chemin, c'est extrêmement difficile. Moi je sais que je suis passée par des années de formation, MBCT, MBSR, enfin tout ce qui méditation, de pleine conscience, etc. Il y a eu un moment, mais je ne pouvais plus entendre ce mot. Je pense que ça me rendait dingue. Les gens qui me parlaient de la chéprise, j'avais juste envie de les tuer. Enfin tu vois ce que je veux dire, ça m'apaisait pas vraiment en fait. En fait c'était encore une injonction. Tu vois ce que je veux dire. Et en fait, dans le monde dans lequel je vivais, c'était une injonction de plus. Et c'était impossible à atteindre parce qu'en fait il fallait déconstruire le monde dans lequel j'étais. Dans le monde dans lequel j'étais à l'époque, ça correspondait à une heure de pilates, bon c'est ça, ou je prends un quart d'heure, je vais dans ma librairie préférée, puis je vais un peu rêver sur des choses, mais c'est pas ça du tout en fait, ça correspond à un moment, c'est du diversitisement pascalien quoi, voilà, je fais une autre activité qui me détend un petit peu mais... mais le lâcher prise tel que toi tu en parles, ce n'est pas ce mot qui galvaudait, qu'on entend partout. C'est un immense travail sur soi d'abord, Enfin, pas dans le sens acharné, parce que c'est ça aussi qui est compliqué, c'est qu'on pense qu'il faut lutter pour aller l'avoir. C'est exactement le contraire. Mais donc, on prend tous nos paramètres qu'on redisconstruit complètement à l'inverse de ce... On redéboulonne quoi, on déboulonne à l'inverse quoi. Oui, tout à fait. Oui, c'est sûr que c'est pour moi une libération, mais on a tendance à croire aussi que la libération, c'est clac, un déclic et ça y on est libéré alors que c'est un chemin et c'est le chemin qui est magnifique. Mais voilà, il a des injonctions partout. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut appliquer des super méthodes efficaces sur tous les sortes d'injonctions. Il suffit de reconnaître, ça me... Même la phrase « Tout est parfait », je connais des gens qui... Ça tend. Pour eux, c'est dur à entendre, voilà, il suffit de travailler sur cette phrase, de jouer. Pour moi, c'est venu vraiment un jeu, Comme dans un jeu vidéo, j'ai l'impression d'être le personnage Mario, là, qui saute les obstacles et qui tape dans les cases et à chaque fois, il a des surprises. et ce qu'on considère comme des obstacles, c'est ce qui fait le piment de la vie. S'il n'y avait aucun obstacle dans le jeu de Mario, ça serait nul. Et quand on voit la vie de cette façon, comme un jeu vidéo, tout devient merveilleux. Vraiment. J'ai une petite question par rapport à ça. Que dirais-tu aux gens qui voient... Alors, je vais mettre le mot. mais peut-être que toi c'est pas du tout le nom qui convient, mais qui considère que le développement personnel est un outil utilisé par les libéraux ultra capitalistes pour ne pas, comment dirais-je, pour mettre peu de la poudre aux yeux ou pour en tout cas, pour cacher une société qui... qui dysfonctionne vraiment, dans lequel il a une lutte, dans laquelle il a plus de solidarité, dans laquelle... Et en gros, toute cette responsabilité sur l'humain qui doit travailler sur lui, et puisque tout est parfait après tout, bah... voilà, il a qu'à prendre la responsabilité de soi, le SDF dont je parlais tout à l'heure, ben enlève-toi et marche, tout est parfait, enfin, etc. Comment est-ce que tu prends ce type de remarque, sachant que je sais que t'as évidemment pas dû toutes tes valeurs, et que... pour toi la contribution de tous et chacun, l'entrée de la coopération c'est vraiment donc la gratuité, ce modèle d'école que tu as créé qui est unique au monde. Voilà donc je sais que justement ça n'est absolument pas tes valeurs ce que je dis là mais comment est-ce que tu peux répondre à ça quand on te parle de « ouais bon tout est parfait pour toi » mais... Mais en fait non, parce que la société structurellement exclut les plus pauvres, l'ascenseur social ne fonctionne pas, etc. Vaste question, je suis désolée de poser ça à la fin. qui est bien avec moi, c'est que c'est toujours extrêmement simple ma réponse. Violette, j'ai envie de te dire, qu'est-ce que ça te rappelle ces pensées ? Pour moi, quand on pense que le monde est mal fait, c'est qu'on a quelque chose à l'intérieur de nous qui... Qui agrippe cette... Oui voilà, il a une irritation en nous. en fait, peut-être que dans ton enfance, t'aurais eu besoin que le monde soit parfait. Et juste en s'imaginant un monde parfait, monde... Si toi tu dis le développement personnel et au service du capitalisme pour nous exploiter encore plus... Il suffit de s'imaginer que dans ton enfance, il n'y avait pas tout ça, il avait pas de capitalisme, avait que de l'entraide, de la coopération, de l'amour, de la solidarité. Moi je n'ai plus d'avis, je pose juste la question, qu'est-ce que ça te rappelle, de quoi tu aurais besoin. La conversation avec moi est peut-être un peu ennuyeuse, mais c'est tout ce que je fais, moi. Moi, de titre personnel, je ne peux que poser ça. Bon, là, c'est mon côté très politique, puisque je suis une personne assez engagée et c'est vrai que je ne pas m'empêcher de penser le monde. Mais finalement, comme dirait beaucoup de personnes qui ont raison, c'est pas ça qui change la donne en même temps quoi. Voilà, il y a des choses sur lesquelles on peut agir et des choses sur lesquelles on peut moins agir et je pense que la clé c'est vraiment de comprendre la différence entre les deux aussi. Après je me changerai pas, je fais comme ça. Mais effectivement je pense que de toute façon les deux sont intéressantes et ne s'exclient pas bien au contraire. Un petit mot pour les auditeurs qui nous écoutent, où est-ce qu'on peut trouver ? De toute façon je mettrai toutes... Voilà tous les liens que tu souhaites mettre à notre disposition sous ce podcast. Un petit mot pour ceux qui nous écoutent, où trouver et puis avec quoi tu auras envie qu'ils repartent. Oui alors je suis assez dure à trouver. Ça se mérite. Non parce que c'est vrai que ne plus... Pour l'instant, je ne pas si c'est un choix, si c'est les choses qui se sont passées comme ça d'elles-mêmes mais j'ai fait le choix d'assez peu communiquer. je vais essayer d'être un peu plus visible. et de faire un peu plus d'efforts pour aussi transmettre à plus de gens, essayer d'atteindre vraiment beaucoup plus de monde parce que j'ai vraiment en moi l'envie de contribuer à grande échelle pour une vie meilleure pour tous. Et donc j'ai un site internet qui s'appelle méthode-sublime.com. C'est ça que je t'ai pas trouvée. Il est en cours de lancement. Et donc là vous êtes, vous savez ça, en avant-première, Charles Auditoris. Et je ne pas très réseau socio non plus. Mais j'ai des idées, voilà, j'ai des idées novatrices, pas comme tout le monde. là c'est pareil, j'ai une idée en ce moment que je suis en train de développer. J'espère que vous entendrez parler parce que le but c'est vraiment d'atteindre beaucoup beaucoup de monde. Donc il quelque chose qui fait un peu boule de neige avec une croissance exponentielle. Voilà, Donc retenez bien méthode sublime. Vous devriez peut-être en entendre parler rapidement. Génial, merci. Merci beaucoup pour cet échange. J'espère que ça vous aura inspiré. J'espère que... Oui, que ça vous donnera envie d'aller plus loin et peut-être que ça permet de mieux comprendre tout ce long chemin qu'il faut parcourir, mais qui est vachement chouette, je pense que tu d'accord avec moi, pour un peu plus faire raisonner qui vous êtes dans le monde dans lequel vous avez envie d'évoluer, de vivre, de vous épanouir. Bonne fin de journée à tous et à bientôt !