Latest / Québécois et Canadien / Patrick Déry : Le bilan de la CAQ
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien. On discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Patrick Derry, analyste
- 0:06en politique publique. On a discuté du bilan
- 0:09du gouvernement Legault et des enjeux qu 'on
- 0:11a avec le système électoral actuel. Bon épisode.
- 0:30Des fois, je vois tes publications en ligne,
- 0:32pis je vois que des fois, ça va pas toujours
- 0:33dans le même sens que tout le monde, pis c 'est
- 0:34le fun d 'avoir des gens qui pensent différemment
- 0:36des fois. Alors, pis j 'ai vu une publication
- 0:40que t 'avais faite dernièrement, justement, sur
- 0:41le mandat logo. Là, tout le monde était dans
- 0:43le mode lancer des fleurs. Ça fait huit ans qu
- 0:46'on a un premier ministre dont on a fait pour
- 0:48le Québec. Je pense que toi, t 'avais certaines
- 0:50réserves là -dessus, fait que explique -moi un
- 0:52peu, c 'était quoi tes réserves par rapport à...
- 0:53Les réserves, c 'est une façon polie de le dire.
- 0:55Là, je te dirais que ce matin -là, je suis d
- 0:59'un naturel plutôt calme. Il y a comme un gasket
- 1:01qui a sauté. Puis, juste expliquer, c 'est pas
- 1:05partisan. Dans le sens, moi, j 'ai... C 'est
- 1:07pas que j 'aime... Tu sais, j 'ai rien contre
- 1:10n 'importe quel parti, mais il y a des politiques
- 1:12que j 'aime pas, puis il y a des politiques de
- 1:14la CAQ que je n 'aime pas. On va avoir l 'occasion
- 1:16d 'en parler. J 'ai déjà voté pour la CAQ, moi,
- 1:19au tout début, avant le virage identitaire, de
- 1:22briser un peu le verrou entre l 'espèce de duopole
- 1:25libéralo -péquiste qui était là, puis qui faisait
- 1:28qu 'on promettait un référendum, puis après ça,
- 1:29on promettait qu 'on n 'en ferait pas. Tu sais,
- 1:31je trouvais que c 'était une grosse distraction.
- 1:32Bref. Puis évidemment, il est arrivé ce qui est
- 1:35arrivé par la suite, mais... Là, je me suis dit,
- 1:37attends un peu, c 'est parce qu 'être premier
- 1:40ministre, c 'est pas un prix de présence. Si
- 1:42quelqu 'un prend sa retraite, le travail dans
- 1:44une shop, n 'importe quelle entreprise, dans
- 1:47une salle de nouvelles au bout de 20 -25 ans,
- 1:49puis tu te dis, c 'est beau, 25 -30 années de
- 1:51service, c 'est correct. Là, il y a des hautes
- 1:53exigences en politique, j 'aimerais ça qu 'on
- 1:55regarde le bilan. Puis quand on regarde une tonne
- 1:56d 'indicateurs, on est vraiment moins bien qu
- 1:59'à 8 ans, puis on est moins bien de façon...
- 2:02très spécifique sur des choses que M. Legault
- 2:05avait promis, c 'est avec beaucoup d 'enthousiasme
- 2:09et d 'assurance. Alors, on va tout régler ça,
- 2:11il n 'y en aura pas de problème. Huit ans plus
- 2:13tard, on n 'est pas tout à fait à la même place,
- 2:15et je trouvais que c 'était quand même important
- 2:16de le souligner. C 'est quoi les grands points
- 2:18des promesses non réalisées? On a juste une heure.
- 2:22Mais par exemple, une des promesses fortes de
- 2:25François Legault, c 'était le système de santé.
- 2:29C 'est un ancien ministre de la Santé, M. Legault,
- 2:31il avait dit... Une heure et demie d 'attente
- 2:33aux urgences, tout le monde doit avoir un médecin
- 2:35de famille. C 'est pas arrivé dans un cas ou
- 2:38dans l 'autre. Une heure et demie, moi je me
- 2:40rappelle à l 'époque, je travaillais déjà sur
- 2:42les politiques publiques en santé à ce moment
- 2:44-là, et c 'était vraiment une promesse qui était
- 2:47sortie de nulle part pour dire, ça se peut en
- 2:49Europe, on va le faire ici. OK? Mais c 'est parce
- 2:53qu 'ils ont plus de médecins, ils ont plus d
- 2:54'hyparabitants, ils ont plus d 'appareils d 'imagerie
- 2:57généralement, puis ils ont toutes sortes de ressources
- 2:59qu 'ils ont plus. Ils ont des incitations dans
- 3:01le système qui sont différentes aussi, ils ont
- 3:03des façons de fonctionner qui sont différentes.
- 3:05Fait que c 'est une promesse qui est un petit
- 3:06peu mal barrée, puis évidemment, bien, tu sais,
- 3:08c 'est pas arrivé. Même chose pour les médecins
- 3:10de famille. Ça avait aucune chance d 'arriver,
- 3:14ça a été promis. Fait qu 'évidemment, c 'est
- 3:15un échec. Ça mérite d 'être souligné. Le Québec
- 3:18avait... avait encore le plus haut taux de décrochage
- 3:22scolaire. L 'éducation, c 'était sa priorité.
- 3:25C 'était sa priorité, M. Legault. Il y a raison,
- 3:28parce que, dans le fond, quand tu règles l 'éducation,
- 3:30il y a un paquet d 'affaires qui se règlent d
- 3:32'elles -mêmes. M. Legault en a fait sa priorité.
- 3:34C 'est aussi un ancien ministre de l 'Éducation.
- 3:37Changer le taux de décrochage en huit ans, ce
- 3:40n 'est pas facile à faire, sauf qu 'il y a des
- 3:41mesures structurantes qui n 'auraient pas été
- 3:43prises. Il y en a plusieurs qui n 'ont pas été
- 3:44prises non plus. Une autre priorité, l 'économie.
- 3:49Nord -Vaude, Lyon électrique, Namaskar -Lithium,
- 3:54je peux en nommer plein d 'autres, c 'est un
- 3:56désastre, c 'est un désastre. Et là, M. Legault
- 3:58va dire, ah bien oui, bien ça s 'est resserré
- 4:00un petit peu l 'écart avec l 'Ontario. L 'Ontario,
- 4:03si on regarde le PIB par habitant, bien l 'Ontario
- 4:05a un peu plus d 'immigration que nous, fait que
- 4:07c 'est sûr que ça fait une différence. Puis sur
- 4:09la productivité, bien le Québec a une population
- 4:11qui est vieillissante, c 'est -à -dire que...
- 4:13des travailleurs à aller chercher, il y en a
- 4:15quasiment un peu. Ça fait que c 'est des entreprises
- 4:16qui ont trouvé des façons de presser le citron
- 4:18depuis quelques années parce qu 'il y avait...
- 4:21on n 'a pas le choix finalement puisqu 'on a
- 4:22une pénurie de personnel dans à peu près tous
- 4:25les secteurs, pas juste dans le secteur public,
- 4:27dans le secteur privé, je vous dirais, manque
- 4:28de mécaniciens, de travailleurs de la construction,
- 4:30de vétérinaires. Ça fait que c 'est des entreprises
- 4:32qui ont fait le travail, c 'est pas le gouvernement.
- 4:34Puis, M. Legault a continué. En fait, M. Legault
- 4:37a pris de l 'expansion sur une sorte d 'interventionniste
- 4:41économique que... tous les économistes savent,
- 4:45ne fonctionnent pas, et on continue. Puis ça,
- 4:48c 'est pas une affaire de gauche et de droite.
- 4:49Je veux juste être clair, tu sais, on peut être
- 4:51extrêmement socio -démocrate, vouloir des services
- 4:54publics qui sont pérennes, et ne pas souhaiter
- 4:56que le gouvernement brûle des milliards dans
- 4:59des multinationales qui... Northvolt, c 'est
- 5:01un cas d 'école absolument phénoménal, mais il
- 5:03y en a eu d 'autres aussi. C 'est pas une bonne
- 5:04façon de stimuler l 'économie. Ça, c 'est un
- 5:08autre échec. Bon, il y a la troisième voie, il
- 5:12y avait promis des avancées dans l 'intérieur
- 5:15de la fédération, puis là, il y en a qui vont
- 5:17dire, bon, « it takes two to tango », mais M.
- 5:19Legault a beaucoup tenu à un discours qui est
- 5:20extrêmement revanchard. Oui, il n 'y a pas eu
- 5:22tant de tentatives de négocier les ententes avec
- 5:25Ottawa. Il y a un peu de revendications. Il y
- 5:28a un peu de revendications. Il y a beaucoup,
- 5:29dans bien des cas, c 'était de servir du fédéral
- 5:32comme « punching bag » pour garder un petit peu
- 5:33les piquesses et les libéraux à part, là, tu
- 5:35sais, d 'une certaine façon. C 'était pas toujours
- 5:39très, très... et surtout il y a eu beaucoup de
- 5:43symbolisme, c 'est -à -dire avec les lois 21,
- 5:46les lois 96 où on a essayé de brandir l 'étendard
- 5:51de laïcité, mais le Québec c 'est un état laïque
- 5:53depuis 60 ans. Je veux juste rappeler quand il
- 5:56y a eu l 'achat des valeurs, Jacques Parisot,
- 5:59Lucien Bouchard, Bernard Landry étaient tous
- 6:00contre. Il y a des raisons pour ça. Ils ont contraint
- 6:03pas. Il n 'y avait rien. Il n 'y avait aucune
- 6:05urgence. Un hijab, ce n 'est pas quelque chose
- 6:07qui est contagieux. Il n 'y a jamais eu le début
- 6:13du commencement d 'une preuve que ça pouvait
- 6:15influencer les esprits ou d 'une preuve de prosélytise
- 6:19de la part des musulmanes québécoises. En fait,
- 6:21c 'est tout le contraire. Le problème... c 'est
- 6:23du côté des hommes, généralement. On le vit avec
- 6:25l 'école Bedford. Et d 'ailleurs, c 'est intéressant
- 6:28parce que quelle a été la réponse de la CAQ face
- 6:30à l 'école Bedford? Bien, ça a pris trois ans
- 6:33avant qu 'on congédie les profs. Ça vient d 'être
- 6:36fait. Par contre, on agit très, très vite pour
- 6:39interdire les jambes à tous les employés dans
- 6:42des services scolaires. Ça fait que, tu sais,
- 6:43moi, le lien entre la laïcité... puis le signe
- 6:46religieux qu 'une personne qui travaille à Cafeteria
- 6:48de l 'école, j 'ai un petit peu de la misère
- 6:49à le faire. Mais on a été là -dessus, ça a été
- 6:51populaire. Il y a eu la loi 96. Tu sais, la loi
- 6:55101, c 'est une loi que même les anglophones
- 6:59qui sont ici aujourd 'hui acceptent, puis pas
- 7:03juste acceptent, comprennent, parce que, d 'abord,
- 7:06la plupart des anglophones qui sont ici parlent
- 7:07français. Il faut le rappeler. La plupart des
- 7:11anglophones qui sont ici envoient leurs enfants
- 7:13à l 'école française, c 'est -à -dire que soit
- 7:15c 'est à l 'école anglaise, mais en immersion
- 7:17française, parce qu 'à peu près toutes les écoles
- 7:19anglophones au Québec maintenant, la grande majorité,
- 7:22ils ont de l 'immersion française, c 'est -à
- 7:23-dire qu 'ils vont faire peut -être moitié -moitié.
- 7:25Puis il y en a carrément qui sortent du système
- 7:27scolaire anglais. Il y a beaucoup moins d 'enfants
- 7:29qu 'avant dans le système scolaire anglais. Ils
- 7:30envoient directement en français. Je connais
- 7:32plusieurs personnes dans cette situation -là,
- 7:33des anglophones historiques qui avaient le choix.
- 7:35Donc, on n 'est plus dans... On est loin de la
- 7:38vieille maudite anglaise de Sheaton pour reprendre
- 7:40une espèce de personnage caricatural qu 'on avait
- 7:43avant. Ils ne parlent pas français. C 'est ça,
- 7:45puis c 'est qu 'ils vont dire « speak white ».
- 7:46On est plus là, les anglophones le comprennent.
- 7:48Mais là, dans la loi 96, qu 'est -ce qu 'on a
- 7:49fait? On a fait beaucoup de mesures qui étaient
- 7:52vexatoires envers les anglophones, parfois problématiques
- 7:55pour les entreprises. Puis la démonstration reste
- 7:58vraiment à faire pour savoir qu 'est -ce que
- 7:59ça va faire de plus pour le français. Ça fait
- 8:02que c 'est des mesures qui sont un peu, je vais
- 8:03donner un exemple par exemple. d 'interdire aux
- 8:06représentants de l 'État de parler une autre
- 8:09langue que le français avec un nouvel arrivant
- 8:11au bout de six mois. Il n 'y a personne qui va
- 8:14apprendre le français plus vite pour ça, sauf
- 8:16que le pauvre père ou la pauvre mère qui est
- 8:17arrivé ici avec les enfants et qui en est par
- 8:19-dessus la tête à essayer de s 'installer ici,
- 8:21d 'apprendre un autre emploi, ça se peut qu 'à
- 8:2335 -40 ans, tu n 'apprends pas le français instantanément.
- 8:26Ces enfants vont être à l 'école en français,
- 8:28par exemple. Oui, puis j 'imagine que la personne
- 8:30ne dit pas... La seule raison pourquoi j 'apprends
- 8:32le français, c 'est parce que quand je m 'envoie
- 8:34S -A -A -Q, ça parle juste en français. Exactement.
- 8:36Il y a d 'autres considérations. Tu fais juste
- 8:38écurer du monde. C 'est -à -dire que tu ne peux
- 8:40pas donner l 'obligation évidemment à tous les
- 8:42employés de la fonction publique de connaître
- 8:44l 'anglais ou toute autre langue. Quand quelqu
- 8:46'un est capable d 'accommoder, tu sais, on devrait
- 8:47le faire. Ça, c 'est un exemple. La fin de l
- 8:51'exigence pour les juges. C 'est quelque chose
- 8:53dont on n 'a pas beaucoup parlé, mais les juges
- 8:55à Longueuil, à Montréal, en Outaouais, dans certaines
- 8:59régions du Québec, je pense dans les Cantons
- 9:00-de -l 'Est, je ne veux pas dire dans Niézerie,
- 9:01mais en tout cas, là, il y a une présence anglophone.
- 9:03Les juges devaient être bilingues. Il y a des
- 9:06raisons qui sont faciles à comprendre. Il y en
- 9:07a une population anglophone historique. C 'est
- 9:09des Québécois, là. C 'est pas des envahisseurs,
- 9:11c 'est des Québécois. Et si tu ramasses devant
- 9:15les tribunaux tes tabacas, tu sais, c 'est pas
- 9:18la même chose d 'avoir un interprète, puis répondre
- 9:20aux questions du juge dans ta langue, puis te
- 9:23faire poser les questions dans ta langue, puis
- 9:25des fois, quand c 'est dans ta liberté qui est
- 9:26en jeu. Fait qu 'on a toujours protégé ça. Et
- 9:28là, le ministre Jolain Barrette a décidé de faire
- 9:30sauter ça. Et encore là, il y a aucun anglophone
- 9:36qui va apprendre le français ou en ce cas qui
- 9:38va faire des efforts pour le maîtriser encore
- 9:40plus parfaitement. parce qu 'on va le priver
- 9:44du droit à un juge dans sa langue. Ça a été suspendu
- 9:48en vertu de 130. Trois de la Constitution, mais
- 9:50ça a été attaqué devant les tribunaux. Je pense
- 9:54que c 'est encore dans la loi et le gouvernement
- 9:59n 'a pas l 'intention de reculer. Ça, c 'est
- 10:02une chose que tu ne peux pas... Puis on va en
- 10:03parler après de la clause dérogatoire, mais tu
- 10:05ne peux pas déranger au droit linguistique avec
- 10:07la clause dérogatoire. C 'est ça. Mais de toute
- 10:09façon aussi, au -delà de l 'argument juridique,
- 10:11qu 'est -ce qu 'on cherche à faire? Est -ce qu
- 10:13'on cherche à promouvoir le français? ou à écœurer
- 10:16les Anglais. Puis, il y a une certaine perception
- 10:18dans la population qui est entretue par les politiciens
- 10:21à l 'effet que le Québec, on est en train de
- 10:23s 'éteindre. Vous savez, M. Legault, il a parlé
- 10:24de louisianisation. La Louisiane, il y a cent
- 10:28ans, il y a cent ans, tu avais quelque chose
- 10:30comme 2 % de la population qui parlait français.
- 10:34C 'est pas beaucoup mieux aujourd 'hui. Le Québec,
- 10:37on est à 94 % de la population qui est capable
- 10:40d 'avoir une conversation en français, puis on
- 10:42est... très proche d 'un sommet historique. On
- 10:45a été un petit peu plus élevé par quelques dixièmes
- 10:46de points il y a quelques années. Ça a baissé
- 10:49essentiellement parce qu 'on a eu beaucoup d
- 10:50'immigration temporaire. L 'immigration temporaire
- 10:52a tendance à être un peu moins francophone qu
- 10:55'une immigration permanente. Peut -être que c
- 10:57'est en train de changer, mais je veux dire,
- 10:58c 'est sûr que si t 'ouvres les vannes puis tu
- 10:59rentres 500 000 immigrants en dedans de quelques
- 11:02années, ça va affecter un peu ta photographie
- 11:05pour le français. Mais la tendance, ça va assez
- 11:08bien. Puis on voit que le français, pardon, le
- 11:11français comme langue maternelle... fléchis très
- 11:14légèrement, puis j 'emploie les mots avec circonscription.
- 11:17Je dis pas que ça baisse un tout petit peu, mais
- 11:20on n 'est pas passé, genre, de 98 à 12, ou même
- 11:23à 80. Québec francophone, 100 % francophone,
- 11:27ça n 'a jamais existé. On se maintient autour
- 11:30de 80 % de francophones de langue maternelle
- 11:33depuis des décennies. Et ce qui baisse, c 'est
- 11:36les Anglais de langue maternelle. C 'est ça qui
- 11:39baisse. On a une augmentation d 'autres. Ces
- 11:43statistiques -là sont disponibles. Les politiciens
- 11:45les emploient pas. Ils essayent de faire toutes
- 11:47sortes de peurs épouvantables en disant, regardez
- 11:48à la maison, parle -moi en français. Mais la
- 11:50loi 101 n 'a jamais été à propos de la langue
- 11:55parlée à la maison. Non, c 'est pas pour les
- 11:56enfants, pour assurer la scolarisation en français.
- 11:59Ben, c 'était pour l 'espace public, pour qu
- 12:01'on garde une langue commune, parce qu 'évidemment,
- 12:02tu peux pas avoir une société fracturée. Ce côté
- 12:04-là a assez bien marché avec la scolarisation.
- 12:07Mais tu sais, moi, j 'ai un de mes... Mon ancien
- 12:09coloc, il est arrivé du Chili à quatre ans. sa
- 12:11langue maternelle, c 'est l 'espagnol. Quand
- 12:13il était chez lui, il parlait... En fait, je
- 12:15n 'ai jamais trop su s 'il parlait espagnol ou
- 12:17français parce que lui -même ne le sait pas parce
- 12:18qu 'il basculait d 'une langue à l 'autre, mais
- 12:20sauf qu 'il parle... Aujourd 'hui, son espagnol,
- 12:23c 'est un espagnol d 'enfant. C 'est quand il
- 12:26retourne au Chili. Il n 'a pas été à l 'école
- 12:27en espagnol. Il n 'a pas été à l 'école en espagnol,
- 12:28donc c 'est drôle quand il retourne au Chili
- 12:30voir des membres de sa famille. Il parle comme
- 12:32un enfant alors qu 'il a 50 ans, donc c 'est
- 12:33un peu particulier. Mais c 'est un francophone
- 12:36comme toi puis moi. Il a grandi à Warwick, il
- 12:38a fait son hockey mineur, je veux dire... auditivement,
- 12:41il est absolument impossible, parce que c 'est
- 12:43normal de grandir ici, mais dans les statistiques,
- 12:46il fait baisser le français. C 'est un allophone.
- 12:48C 'est un allophone. Puis il y a beaucoup, beaucoup
- 12:50de gens dans cette situation -là. Fait que t'sais,
- 12:52il y a toutes sortes de nuances qui se perdent,
- 12:53fait qu 'on agite des symboles. Moi, j 'en veux
- 12:55beaucoup à M. Legault pour ça, parce que t'sais,
- 12:56il est allé plus loin. Il est allé plus loin
- 12:57que le bilan, mais bref, tout ça pour dire, pour
- 12:59ramener à ta question. Mais attends, avant qu
- 13:00'on revienne sur le bilan, je veux parler rapidement
- 13:01de 96, parce que t 'as apporté des bons points.
- 13:04Moi, je pense que ce que je reproche au gouvernement
- 13:06Legault, c 'est pas l 'objectif. Puis t'sais,
- 13:07on a reçu Éric Poirier ici. qui a travaillé sur
- 13:10l 'élaboration de la loi. Je pense que les gens
- 13:13qui voulaient implanter la loi 96, les architectes
- 13:17derrière ça, avaient des bonnes intentions. Moi,
- 13:19ce que je reproche, c 'est la polarisation. Je
- 13:23ne pense pas que c 'était nécessaire de polariser
- 13:25la population, de blâmer les immigrants ou de
- 13:28blâmer les anglophones s 'il y avait des lacunes
- 13:31dans la loi 86. Je pense qu 'on aurait pu avoir
- 13:33un exercice apolitique, que ce soit autour de
- 13:36la table, essayer de voir... qu 'est -ce que
- 13:38les CHIP disent, comment est -ce qu 'on peut
- 13:40protéger le français, puis après ça, expliquer
- 13:42aux différentes communautés pourquoi il faut
- 13:44implanter ça, plutôt que d 'essayer de faire
- 13:47de la petite politique en disant, le Parti libéral
- 13:49est ici ou ça, le Parti libéral, son objectif,
- 13:51c 'est que tout le monde devienne anglophone,
- 13:54ce qui est totalement ridicule. Mais à place,
- 13:56on a décidé d 'utiliser ça comme un enjeu pour
- 13:58diviser. Puis là, la communauté anglophone est
- 14:01en maudit, les immigrants se sentent attaquer.
- 14:05On sait pas plus si on protège ou pas le français.
- 14:07Fait que je pense que c 'est plus le processus
- 14:09que les objectifs parce que je... Je pense que
- 14:11n 'importe quel Québécois, si on lui avait dit
- 14:13garde, là, dans tel secteur, on a un problème
- 14:15avec l 'anglais, puis le français est pas bien
- 14:18protégé. Voici les démarches logiques qu 'on
- 14:20va implanter pour faire ça. Je pense qu 'il y
- 14:22aurait une acceptation. Écoute, c 'est sûr que
- 14:24ça aurait été mieux, mais là -dessus, je te dirais,
- 14:25il y a deux choses. Un, je doute pas qu 'il y
- 14:27ait des gens qui ont travaillé là -dessus qui
- 14:28étaient de bonne foi. Je pense qu 'à un moment
- 14:31donné, à y aller à morceau, à la pièce... par
- 14:36morceaux à la pièce, on tend à perdre la vue
- 14:38d 'ensemble. Puis là, là, 96, moi, je suis même
- 14:41pas sûr que c 'était nécessaire. C 'est -à -dire
- 14:43que quand tu regardes la tendance, là, ça va
- 14:46assez bien. Puis à un moment donné, la photographie
- 14:48peut changer à cause, par exemple, d 'un gros
- 14:51flux d 'immigrants qui sont un peu moins anglophones.
- 14:52Mais la tendance de fond, si les gens... Les
- 14:55temporaires, par définition, sont temporaires.
- 14:58Fait que s 'ils restent pas, ils restent pas.
- 15:00Puis s 'ils restent, leurs enfants vont apprendre
- 15:01le français. Fait que là, évidemment, c 'est
- 15:02une question de volume. Parce que si on a eu...
- 15:0412 millions d 'immigrants qui rentrent l 'année
- 15:06prochaine. Évidemment, c 'est complètement farfelu,
- 15:08là. Mais là, c 'est sûr que ça va changer le
- 15:11mix un peu. Je ne suis pas sûr que c 'est nécessaire.
- 15:14L 'autre chose, c 'est... Est -ce que le cégep
- 15:18devrait se passer en français, par exemple? Est
- 15:20-ce qu 'on devrait étendre la loi 101 pour la
- 15:21fréquentation au cégep? Moi, j 'ai de la difficulté
- 15:23à imposer. parentaises encore, j 'ai de la difficulté
- 15:27à imposer les obligations à des adultes. Cette
- 15:30personne -là peut déménager en Ontario, peut
- 15:32déménager en Alberta, peut décider d 'aller en
- 15:34anglais ailleurs, elle peut fumer, elle peut
- 15:36boire, elle peut consommer de la marijuana, elle
- 15:38peut voter, choisir son gouvernement, mais on
- 15:40va lui dire, je m 'excuse, moi, le gouvernement,
- 15:42je vais décider dans quelle langue tu vas utiliser.
- 15:44Moi, je trouve que l 'idée d 'imposer les obligations
- 15:46à des adultes sur qu 'est -ce qu 'ils devraient
- 15:48faire de leur vie sur leur langue, je trouve
- 15:50que c 'est totalement ridicule. Moi, je t 'écoute,
- 15:51j 'étais 100 % à la même place que toi, puis...
- 15:54Là, je me demande si j 'ai pas nuancé un peu
- 15:58dans le sens. Un, c 'est des demi -adultes, puisque
- 15:59la première année, c 'est 17 ans. Oui, non, c
- 16:01'est ça. Mais je suis d 'accord sur le principe
- 16:03général aussi, la mobilité, tout ça est là. Après
- 16:06ça, par contre, c 'est quand même... c 'est le
- 16:10financement public. Puis, t'sais, nous, notre
- 16:14secondaire, il dure 5 ans, ailleurs, il dure
- 16:166 ans, il y a une année de plus. Ça fait que
- 16:19solidifié... la maîtrise de la langue, tu sais,
- 16:22je pense qu 'il y a un argument à faire pour
- 16:23ça. Mais évidemment, il y a des arguments contraires
- 16:24en disant, écoute, qu 'il y a des gens qui l
- 16:26'ont appris le français quand même, au primaire
- 16:27ou secondaire. Là, quand même, leur première
- 16:29langue, ça reste l 'anglais, pour toutes sortes
- 16:31de raisons. Normalement, on ne parle pas des
- 16:33anglophones historiques, fait qu 'on parle d
- 16:34'immigrants, mais en ce cas, bref, c 'est pour
- 16:35moi quelqu 'un qui est arrivé dingue, par exemple.
- 16:38Et là, en vue de la préparation à l 'université,
- 16:41les notes, des fois, ça peut faire une différence,
- 16:42tu sais. Ce que je veux dire, c 'est que ça se
- 16:45discute. Mais sauf que le politique, le politique
- 16:48n 'a pas fait ça. le politique, puis il y a beaucoup
- 16:50de gens à la CAQ qui sont des opérateurs politiques
- 16:54redoutables. Je pense notamment à Jean -François
- 16:58Roberge, je pense à Simon -Janet Barrette, et
- 17:01eux, se servir de dossier pour polariser, puis
- 17:05politiser, puis tenser dans un coin un parti
- 17:07ou l 'autre, faire de la manœuvre, ils sont très,
- 17:10très bons, Bernard -Andre Inville, ils sont très,
- 17:12très bons là -dedans, et je pense que ça a été
- 17:13plus une opération politique qu 'une opération
- 17:17de... de meilleure politique ou de politique.
- 17:20C 'est le marketing politique. Exactement. Pour
- 17:23revenir au bilan, la loi 96, je pense que j 'entends
- 17:26les points que tu me dis et je pense que c 'est
- 17:28une des choses qui m 'ont marqué. Pareil, comme
- 17:29ils ont réussi à faire croire à tout le monde
- 17:33que la loi 21, c 'est la laïcité. Tu es contre
- 17:35la loi 21, tu es contre la laïcité. Exactement.
- 17:37Alors que c 'est un consensus, je pense, qui
- 17:39est là. Mais ce que je vais leur donner pour
- 17:41avoir eu des discussions avec du monde comme
- 17:43justement Guillaume Rousseau ou d 'autres personnes
- 17:45dans l 'entourage de la CAQ, c 'est que ils ont
- 17:48quand même amené un point qui est intéressant.
- 17:49C 'est que, tu sais, là, il y a beaucoup de gens
- 17:50qui déchirent leur chemise sur, exemple, le droit
- 17:52à la religion. Puis ils disent, ça donne même
- 17:54pas d 'allure, on respecte pas le droit à la
- 17:55religion. Mais je pense que, comme Québécois,
- 17:59la notion de droit à la religion, on est libre,
- 18:01on devrait être libre de le définir parce que
- 18:04c 'est pas vrai que c 'est universel, tu sais.
- 18:06Il y a des pays à travers le monde qui ont un
- 18:07droit de la religion X, il y en a d 'autres qui
- 18:09ont Y. La place des signes religieux dans la
- 18:11religion... dans la fonction publique, c 'est
- 18:14quelque chose qui peut être débattu. Encore une
- 18:16fois, on aurait pu avoir une discussion logique
- 18:19là -dessus, une discussion transpartisane pour
- 18:21essayer de définir qu 'est -ce que nous, on considère
- 18:24comme étant le droit de la religion que les Québécois
- 18:27devraient avoir. Puis après ça, au besoin d 'utiliser
- 18:29la clause dérogatoire, s 'il y a un consensus
- 18:31transpartisan sur ça, puis que la Cour suprême
- 18:34ne nous permet pas de le faire, ça, c 'est d
- 18:35'autres choses. Mais à la place, ce qu 'on a
- 18:37fait, c 'est qu 'on a mis la clause dérogatoire.
- 18:39On a dit essentiellement, moi, je me fous du
- 18:40droit à la religion des gens. on va imposer d
- 18:43'office, on va vous enlever d 'office le droit
- 18:46de même invoquer le droit de la religion. C 'est
- 18:48parce que je suis un bon Québécois que je fais
- 18:50ça. Si quelqu 'un pense qu 'on ne devrait pas
- 18:52avoir la clause dérogatoire, ou quelqu 'un pense
- 18:54qu 'on devrait demander l 'avis à la Cour suprême
- 18:56sur cette question -là, ben c 'est un anti -Québécois
- 18:58ou un anti -laïcité. C 'est drôle parce que c
- 19:00'est juste le point où je voulais aller, c 'est
- 19:02exactement ça. C 'est -à -dire que c 'est vrai
- 19:04qu 'il y a d 'autres pays dans le monde où ils
- 19:05ont, on peut penser à la France par exemple,
- 19:07et d 'autres pays en Europe aussi, où il y a
- 19:09une définition plus stricte. de la laïcité. Moi,
- 19:12je pense quand même que ça doit, avant de recopier
- 19:16les politiques qui sont ailleurs, on doit se
- 19:18demander... Ça marche. Y a -tu un objectif rationnel
- 19:21où c 'est juste une réaction presque primaire
- 19:25de dire une objection fondamentale? Je pense
- 19:28à une entrevue de Parizeau qui avait donné peut
- 19:30-être un an ou deux avant son décès, c 'était
- 19:33à l 'époque de la Charte des valeurs, c 'était
- 19:35avec Anne -Marie Dussault. C 'est drôle parce
- 19:36que le clip a refait surface récemment, mais
- 19:39moi j 'ai ça en tête depuis des années. Puis
- 19:41Monsieur Parizeau, quand tu lui dis, tu lui parles,
- 19:44bien c 'est sûr qu 'à l 'école, idéalement, tu
- 19:45sais, on aimerait mieux que les enseignants n
- 19:47'aient pas eu déjà, mais il dit, on a déjà eu
- 19:51cet enjeu -là avec l 'autre époque quand l 'enseignement
- 19:54était donné par les religieux puis les religieux,
- 19:56tu sais, on n 'a jamais forcé personne. Ça s
- 19:58'est fait naturellement. Il y a personne qui
- 20:00peut soupçonner Jacques Parizeau de ne pas être...
- 20:03pro -laïcité, pro -nationaliste. Et c 'est un
- 20:08peu ça qu 'on a perdu, c 'est que là, on a décidé
- 20:11de faire ça pour identifier des bons puis des
- 20:13mauvais Québécois. Monsieur Legault le dit à
- 20:14un moment donné, il y a des défenseurs de la
- 20:16nation puis les autres, c 'est des woke. Ça fait
- 20:17que là, on est, je sais pas, 35 -40 % de woke
- 20:19au Québec, ce qui est quand même un petit peu
- 20:21drôle. Puis tu parlais de Guillaume Rousseau
- 20:23tantôt, puis je trouve ça intéressant parce que,
- 20:25tu sais, moi, bon, je veux pas personnaliser,
- 20:28mais juste, tu sais, noter un exemple de certaines
- 20:31contradictions. Tu sais, il y a quelqu 'un ici
- 20:32qui... manifestement très très remonté contre
- 20:35la présence, la présence religieuse, mais c 'est
- 20:38quelqu 'un aussi qui s 'est été dans les nouvelles,
- 20:39qui a accepté un voyage d 'un, de l 'association,
- 20:44de six gens en ce cas, c 'est une association
- 20:46de le Béjuif, et puis il est allé en Israël,
- 20:49s 'il s 'est fait son droit, puis et là tu dis
- 20:52ok, mais c 'est parce que ça marche pas là, je
- 20:54veux dire, si t 'es dans des questions religieuses,
- 20:58des proximités avec un groupe ou tu es contre
- 21:01un autre. Il y a une espèce de conflit d 'intérêt
- 21:02un peu. C 'est ça que je vois là -dedans, c 'est
- 21:06qu 'il y a une sorte d 'incohérence qui est un
- 21:09petit peu militante. Je ne prends pas parti sur
- 21:13le conflit en Israël ou ainsi de suite. Ce n
- 21:16'est pas ça ma question, c 'est de voir... les
- 21:18agents qui sont derrière les mesures du gouvernement.
- 21:21C 'est comme on dit, on place des experts, mais
- 21:24c 'est des experts où les conclusions peuvent
- 21:26être assez prévisibles. C 'est un peu le même
- 21:29cas pour le commissariat de la langue française,
- 21:31qui est un poste qu 'on a créé en plus de l 'Office
- 21:33québécois de langue française. Ça semble servir
- 21:36des idées politiques. Ça fait qu 'il y a un rapport
- 21:38qui est sorti, je pense, qu 'il y a un an ou
- 21:39deux qui calculait les coûts de la francisation
- 21:42pour l 'ensemble de la population québécoise
- 21:44qui parlait pas français et qui établissait en
- 21:46milliards. Là, tu t 'attends un petit peu, là.
- 21:49Il n 'y a jamais personne qui a dit qu 'il fallait
- 21:51franciser 100 % de la population au Québec. Ça
- 21:54n 'existe pas, ça. Mais sûr que tu calcules,
- 21:57tu mets dans les nouvelles. Là, ça passe qu 'effectivement,
- 21:59regardez, ça va coûter cher, il va falloir mettre
- 22:01des ressources. Mais ensuite, ça n 'a jamais
- 22:02été un objectif. On veut pérenniser le français.
- 22:05On ne veut pas effacer les anglophones. Il y
- 22:07a quand même une différence qui est importante.
- 22:09On n 'est pas dans une taxe. Puis, revient le
- 22:12modèle d 'intégration des immigrants. Je pense
- 22:15qu 'il y avait un consensus social jusqu 'à tout
- 22:17à récemment sur l 'interculturalisme, sur le
- 22:20fait que tu as une communauté majoritaire francophone
- 22:23historique qui est impactée par l 'arrivée d
- 22:27'une nouvelle personne avec des nouvelles valeurs.
- 22:29Puis ça... Ça nous fait évoluer. Puis là, l 'exemple
- 22:32que je donnais dans un de mes épisodes, c 'est
- 22:33un peu caricatural, mais tu sais... On ne mange
- 22:36pas juste de la tourtière. On va manger de la
- 22:38nourriture de toutes sortes d 'origine ethnique.
- 22:40Attention, si tout le monde à Monsieur Bacoté
- 22:42va dire attention, nos assiettes sont envahies
- 22:44par les communautés, c 'est une invasion. C 'est
- 22:47une invasion de nos valeurs dans nos assiettes.
- 22:48Mais c 'est une contribution. Puis au théâtre
- 22:51ou dans la culture, on va avoir des impacts.
- 22:53Qui me tue? Qui me tue apporte son bagage historique,
- 22:57puis ça devient de la culture québécoise quand
- 22:58même. Moi, je pense que c 'est positif, ça. Mais
- 23:02là, on a... C 'est une question de survie aussi
- 23:04parce que la population du Québec diminue sans
- 23:06l 'immigration. Je pense que si le fil conducteur
- 23:10demeure québécois, si ce qui se rajoute vient
- 23:13de l 'extérieur, puis des nouveaux Québécois,
- 23:15des nouveaux arrivants, des gens qui ont une
- 23:16vision différente, je pense que ça nous renforcit
- 23:18collectivement. Ça d 'habitude, je pense que
- 23:20c 'est un modèle qui est assez bien accepté au
- 23:22Québec. avec le modèle d 'intégration nationale,
- 23:25j 'ai l 'impression qu 'on commence tranquillement
- 23:27pas vite à tendre vers ce qu 'on a toujours reproché
- 23:29aux Anglais, essentiellement une tentative d
- 23:31'assimilation. Alors, puis ça, je pense que c
- 23:33'est un jeu dangereux. Parce que quand tu dis
- 23:35à des gens, tu sais, puis on l 'a toujours entendu,
- 23:37puis c 'était vrai à l 'époque, la Commission
- 23:38Bouchard -Taylor, c 'est pas aujourd 'hui. Ah,
- 23:40t 'arrives ici, tu fais comme nous autres. Je
- 23:41suis allé en Arabie Saoudite, je fais comme eux
- 23:43autres. Ben, les gens décident de venir au Canada,
- 23:45puis les gens décident de venir au Québec. parce
- 23:47qu 'on n 'est pas l 'Arabie saoudite, parce qu
- 23:49'on offre des droits fondamentaux, parce qu 'on
- 23:51leur donne un milieu, c 'est pas vrai que les
- 23:53gens sont comme bon j 'ai le choix entre l 'Iran
- 23:55puis le Canada, ben je m 'en vais au Canada puis
- 23:58je m 'attends à me faire traiter comme si j 'étais
- 24:00en Iran, c 'est pas ça le contexte. La raison
- 24:03pour qu 'on ait un pays accueillant, je pense,
- 24:04c 'est parce qu 'on offre ces droits fondamentaux
- 24:06-là, puis oui, des fois, ça peut rendre inconfortable
- 24:08certaines personnes, mais c 'est vrai dans tous
- 24:10les pays du monde. Quelqu 'un qui arrive avec
- 24:11une culture différente, une vision, puis comment
- 24:13tu vas l 'accueillir, c 'est ça qui va nous stagner,
- 24:15je pense. Absolument. Mais pour ça, moi, je pense
- 24:16qu 'il y a beaucoup des mesures, il y a au moins...
- 24:19L 'objectif premier, moi, je pense, qui était
- 24:21politique. parce qu 'un parti politique, ça cherche
- 24:24à se maintenir au pouvoir, puis je pense que,
- 24:28tu sais, la professionnalisation de la politique
- 24:31s 'est accentuée beaucoup depuis, je sais pas
- 24:33moi, 10, 20, 30, 40, 50 ans. C 'est une tendance
- 24:35qui est très, très forte. Et donc, le niveau
- 24:38de sophistication des tactiques, puis aussi,
- 24:40je te dirais, l 'espèce de retenue que certains
- 24:43politiciens pouvaient avoir en disant, bien,
- 24:45écoute... On respecte les institutions quand
- 24:47même. Il y a des choses qu 'on va faire, des
- 24:49choses qu 'on ne fera pas. Par exemple, la charte
- 24:51québécoise des droits et libertés avant la CAQ,
- 24:53ça avait été de 1975, sous Bourassa, à travers
- 24:57le gouvernement Lévesque et les autres qui ont
- 24:59suivi jusqu 'à Charest et Couillard, ça n 'avait
- 25:01été modifié qu 'à l 'unanimité des partis représentés
- 25:04à l 'Assemblée nationale. Ça ne veut pas dire
- 25:07que c 'était facile chaque fois. Il y a des efforts
- 25:09qui ont été faits, il y a des très grosses discussions,
- 25:10mais chaque fois qu 'on a modifié la charte...
- 25:12Tout le monde était d 'accord. Entre tous les
- 25:13partis, il y a eu quelques exceptions individuelles,
- 25:16mais des députés par exemple, des fois un député
- 25:19qui s 'abstient, un autre qui vote contre, mais
- 25:20je pense qu 'il y en a deux ou trois dans toute
- 25:21l 'histoire, c 'est rien. Les partis, c 'était
- 25:23toujours unanime. C 'était important. Et chaque
- 25:26fois, c 'était pour ajouter des droits, pas pour
- 25:28en enlever. Et là, tout d 'un coup, la CAQ arrive.
- 25:32Pouf! C 'est fini. Nous autres, on modifie. Ce
- 25:34qu 'on a le plus proche d 'une constitution du
- 25:35Québec, on le modifie avec... avec un vote de
- 25:40majorité simple. D 'ailleurs, il y a de la suite
- 25:41dans les idées parce que la Constitution du Québec
- 25:43pourrait être aussi adoptée par un vote à majorité
- 25:46simple. C 'est pas juste ça. On le modifie, mais
- 25:48on le modifie sous le bâillon. Ça veut dire qu
- 25:49'on veut même pas entendre. C 'est quoi les autres
- 25:51arguments? Et là, on brise toutes sortes de conventions
- 25:54en faisant ça parce qu 'on cherche à mobiliser.
- 25:58En fait, moi, j 'appelle ça un peu en bon français
- 26:00du « rage farming », à fâcher suffisamment une
- 26:02base militante pour aller chercher un 35 -40
- 26:04% de vote. Puis avec ça... on peut contrôler
- 26:07tous les leviers du pouvoir. Puis ça, ça va nous
- 26:10mener à une autre partie de la... C 'est intéressant
- 26:12que tu parles de ça, parce que le début juillet,
- 26:14j 'ai un épisode qui sort avec Thierry Géasson,
- 26:17qui est professeur à l 'Université Laval, puis
- 26:19il parlait du fait que justement, la CAQ avait
- 26:23comme pas de plan, puis ils font comme du marketing
- 26:25politique. Puis ça, c 'est quelque chose qui
- 26:27me préoccupait, puis je veux pas me répéter avec
- 26:29l 'autre épisode qu 'on a fait, mais... Comme
- 26:31que quelqu 'un puisse faire une stratégie, puis
- 26:33là je veux pas prêter des intentions à la CAQ,
- 26:35mais qu 'un parti politique en général puisse
- 26:38décider, moi je fais pas de plateforme, j 'ai
- 26:40pas de plan. La seule affaire que je vais faire,
- 26:42c 'est que je vais trouver assez de monde en
- 26:43maudit, par exemple. En faisant des mesures divisées,
- 26:46je vais trouver assez de monde qui vont être
- 26:47en maudit pour voter pour moi, pour avoir une
- 26:50majorité ou avoir un gouvernement. Puis que ce
- 26:53gouvernement -là est élu seulement par des gens
- 26:55qui sont fâchés contre des affaires qui se passent
- 26:58dans la société. Moi, je trouve que c 'est extrêmement
- 27:00dangereux pour notre démocratie. Puis après ça,
- 27:02ça fait des situations où le gouvernement, c
- 27:04'est sûr qu 'il va décevoir. Parce que toi, t
- 27:05'as voté pour le parti X parce que t 'étais fâché
- 27:09sur le troisième lien, peu importe. Fait que
- 27:12là, t 'as voté pour ça, parfait. Mais jour un,
- 27:14c 'est pas ça qui se passe. Il n 'y a pas de
- 27:15pompe qui apparaît. qui parle de politique de
- 27:18tous les jours, le gouvernement prend des décisions,
- 27:20fait des coupures investies, puis là, soudainement,
- 27:22tu n 'avais aucune idée que c 'est ça qu 'ils
- 27:23voulaient faire. Fait que là, on ne fait plus
- 27:25confiance aux élus, puis on dit qu 'ils nous
- 27:26ont ennacés. Mais tu sais, il y a quelque chose
- 27:29qu 'on a perdu de vue, parce que tu sais, c 'est
- 27:31un peu comme la grenouille, l 'eau chaude, puis
- 27:33elle finit par... En fait, en réalité, la grenouille
- 27:35a sort, semble -t -il. Tout le monde connaît
- 27:37l 'image de la grenouille qui se laisse bouillir
- 27:38parce que c 'est ralenti. Mais tu sais, jusqu
- 27:40'en 1962, quand tu avais une élection au Québec,
- 27:43tu avais... Le gouvernement qui avait la majorité
- 27:47des sièges, presque toujours, il y avait la majorité
- 27:50du vote. Il y avait donc en haut de 50 % du vote.
- 27:52Pour une raison simple, il y avait deux parties.
- 27:54la plupart du temps. C 'est ça, mais c 'est généralement,
- 27:59c 'est 22 fois sur 27 jusqu 'en 1962, tu avais
- 28:01plus que 50 % des votes. Le système fonctionnait
- 28:04bien. C 'est un vieux système. On oublie le Québec,
- 28:06c 'est une vieille démocratie. En Europe, il
- 28:09y a plusieurs pays. L 'Italie s 'est formée dans
- 28:11les années 1850, graduellement, puis d 'autres
- 28:13démocraties sont arrivées tard. Mais nous, nos
- 28:15premières élections ont lieu en 1792. C 'était
- 28:18pas comme aujourd 'hui. Evidemment, tu avais
- 28:19un gouverneur. Mais sauf que tu avais quand même
- 28:22des élections à ce moment -là. c 'était simple.
- 28:24T 'avais un candidat qui était, mettons, un conservateur,
- 28:27puis dans ce temps, c 'était les Whigs, les libéraux,
- 28:30puis c 'était un des deux qui gagnait, puis c
- 28:31'était tout. Là, le paysage s 'est complexifié.
- 28:34Mais là, le problème, c 'est que les partis sont
- 28:35ajoutés. Puis là, depuis 1962, écoute, c 'est
- 28:38arrivé seulement quatre fois qu 'un gouvernement
- 28:39a une majorité à, je pense, 16 ou 17 élections.
- 28:43La dernière fois qu 'un gouvernement a une majorité
- 28:46de sièges, qui était aussi une majorité de voix,
- 28:49Guy Lafleur jouant encore au hockey. C 'est capoté.
- 28:53C 'est pas pour les Nordiques, c 'était pour
- 28:54les Canadiens. En fait, ils venaient juste de
- 28:57prendre sa première retraite. C 'était à l 'automne
- 28:581985. C 'est surbourré à ça. Quand tu sais, il
- 29:01y a quelque chose qui ne marche plus parce qu
- 29:03'avant, pour avoir une majorité, tu avais, je
- 29:04sais pas, 50, 52, 55 % des voix. Des fois, tu
- 29:07vas avoir 47, mais tu sais, tu avais plus de
- 29:10voix que le deuxième. Puis tu avais peut -être,
- 29:13je sais pas, un troisième parti à 3 %. Puis là,
- 29:14l 'année, c 'est 47, 46, 45, 43. 42, 41. Le gouvernement
- 29:21Lévesque en 1976, qui est un gouvernement transformationnel
- 29:24et dont tout le monde reconnaît la compétence
- 29:26et l 'apport aujourd 'hui, juste au 41 % des
- 29:28voix. Il y avait une division du vote. Après
- 29:30ça, ça remontait un petit peu, mais tu redescends.
- 29:33Puis là, en 2018, la CAQ, 37 %. Wow! 63 % des
- 29:39gens votent contre. Il y a un gouvernement majoritaire.
- 29:42Il y a un gouvernement majoritaire. 2022... 41
- 29:45% des voix, c 'est quand même presque 60 % du
- 29:47monde qui vote contre. Puis là, ils ont 90 sièges.
- 29:49C 'est une majorité écrasante. Et là, on se dirige
- 29:53vers un nouveau territoire où, s 'il y avait
- 29:56des élections demain matin, si le PQ avait 32
- 30:00% ou 33 % des voix, il y aurait probablement
- 30:02une majorité. C 'est fourré. Ça, c 'est aberrant.
- 30:05C 'est complètement fourré. Tu as les deux tiers
- 30:08de la population qui vote contre. Et ça, c 'est
- 30:10un gros problème. Tu parlais de cynisme tantôt.
- 30:13Depuis 60 ans... Au Québec, le lendemain d 'une
- 30:16élection, chaque fois, presque, la majorité,
- 30:21on a perdu. C 'est sûr que tu finis par penser
- 30:24que ça ne fonctionne pas. Je vais boucler la
- 30:27boucle pour le bilan de M. Legault. Ça, c 'est
- 30:30la promesse la plus fondamentale. C 'est une
- 30:35trahison. Ce n 'est pas juste une promesse brisée
- 30:37parce que tu fais des promesses dans des élections.
- 30:40Généralement, c 'est vrai que la plupart des
- 30:42promesses, quand tu regardes la liste, si je
- 30:44pense qu 'il y a un taux de 60 -70%, c 'est quand
- 30:46même pas si pire. Moi, si je regarde, c 'est
- 30:47des problèmes, des promesses structurantes, puis
- 30:50des promesses réalisables. Fait que, je sais,
- 30:52j 'ai... Je reproche un peu à Monsieur... Je
- 30:53reproche plus à Monsieur Legault d 'avoir promis
- 30:5590 % à l 'urgence que... 90... Voyons, 90 %.
- 30:5990 minutes à l 'urgence d 'attendre que de...
- 31:02que de ne pas l 'avoir réalisée parce que c 'était
- 31:04complètement irréalisable. Il y aurait dû le
- 31:05savoir, par exemple. Mais là, écoute, on revient
- 31:08à mai 2018. Il est à l 'Assemblée nationale,
- 31:11et là, ça fait un bout de temps qu 'on demande
- 31:13une réforme du scrutin, parce qu 'on n 'est pas
- 31:15contents, parce que les bureaux ont pris le pouvoir
- 31:16autour de 42 % avec M. Charest une première fois,
- 31:19après ça, avec M. Couillard. Et Québec solidaire,
- 31:23le PQ, Jean -François Lize est là, Gabriel Nadeau
- 31:25-Dubois est là, t 'as le leader du Parti vert
- 31:27qui est Alex Tirel, puis t 'as M. Legault. Et
- 31:30là, tout le monde signe un beau papier, puis
- 31:32M. Legault, à ce moment -là, il est vraiment
- 31:33remonté contre le mode de scrutin, parce qu 'il
- 31:35y a des élections 2012 -2014 derrière lui qui
- 31:37sont pas allées comme il pensait. Tout le monde
- 31:40prend l 'engagement solennel. Puis, M. Legault,
- 31:42écoute, il dit des choses, là. C 'est, vous pouvez
- 31:44nous faire confiance. Je vous promets, c 'est
- 31:45la dernière fois. C 'est certain qu 'on va le
- 31:46changer. Ça, c 'est une chute après son élection,
- 31:49ça. Avant. Avant son élection, c 'était en mai,
- 31:52puis c 'est important. Le cynisme, on le comprend.
- 31:54Écoute, il y a des citations absolument extraordinaires.
- 31:55Là, c 'est quelque part sur mon site aussi. Et
- 31:59qu 'est -ce qu 'il fait quelques mois plus tard?
- 32:02Il remporte une majorité avec 37 %. Il dit, hey!
- 32:05Ça fonctionne. Ça fait que je vais laisser ça
- 32:06comme ça. Et moi, je me rappelle, c 'est infomattre.
- 32:08Je pense que c 'est cet automne -là. Il y a une
- 32:10discussion à l 'épisode de fin d 'année où Jean
- 32:13-René Dufour, il disait à François Legault, je
- 32:15vous parie sans pièce que vous ne le changerez
- 32:17pas. Vous diriez, pourquoi? C 'est sûr, on va
- 32:19changer le mode de scrutin. Et effectivement,
- 32:21il ne change pas. Et ça, tu vois, moi, j 'espérais
- 32:25l 'homme d 'État de dire, moi, je suis rentré
- 32:28au pouvoir à cause d 'un système qui ne fonctionnait
- 32:30pas nécessairement. En passant, ça va être le
- 32:32premier ministre d 'un seul mandat, M. Legault.
- 32:34La monnaie était prête à se présenter pour un
- 32:36troisième. Il y a tout un volet psychologique,
- 32:39presque psychiatrique, à développer sur l 'attrait
- 32:41du pouvoir, ce que ça fait et comment ça corrompt.
- 32:44Mais il y a eu l 'occasion de débloquer ça, de
- 32:47dire écoute, le Québec fonctionne mieux quand
- 32:50on est capable d 'additionner plutôt que de diviser.
- 32:53On ne sera pas toujours d 'accord, mais si on
- 32:54est capable de mettre... deux, trois partis ensemble
- 32:58pour développer une solution, bien, ça va être
- 33:00plus durable, ça va être plus pérenne, il va
- 33:01y avoir moins de déchirage de chemise. Qu 'est
- 33:03-ce qu 'il a fait, M. Legault? Il est allé all
- 33:06-in pour protéger sa majorité. Tant pis pour
- 33:09le reste, puis on est en train de ramasser les
- 33:10pots cassés aujourd 'hui. Oui, puis c 'est particulier
- 33:13parce qu 'on peut avoir un scénario où, par exemple,
- 33:17un parti québécois qui promet un référendum.
- 33:21vous attirez l 'ensemble des souverainistes,
- 33:22à peu près ça, des gens qui va tréouer un référendum
- 33:24à peu près de 30, 32, comment t 'as vu, il y
- 33:26a eu un sondage de 29. C 'est pas assez pour
- 33:29la majorité, mais c 'est assez pour gagner. Ben
- 33:31c 'est ça, il pourrait systématiquement faire
- 33:33juste une promesse électorale, dire on va faire
- 33:35un référendum, tous les souverainistes se coalisent,
- 33:38il y a un gouvernement minoritaire ou majoritaire.
- 33:41On fait le référendum, ça marche pas. La prochaine
- 33:43année, on va refaire un référendum. Ça pourrait
- 33:45être comme un gouvernement d 'une seule promesse,
- 33:46même si deux tiers des gens voudraient pas ça.
- 33:50Le référendum peut changer d 'idée, mais il va
- 33:52avoir déjà le pouvoir. Tu parlais des institutions
- 33:55tantôt, tu sais, c 'est un peu technique, mais
- 33:57c 'est important à rappeler. Parce qu 'il y a
- 33:59beaucoup de sophistes qu 'on entend, par exemple,
- 34:01si on en parle, on parle de gouvernement des
- 34:03juges. Puis maintenant, on ne parle plus de clause
- 34:05dérogatoire, parce que c 'est une clause dérogatoire,
- 34:07c 'est pour déroger aux droits garantis par les
- 34:10châques. Souveraineté parlementaire. Souveraineté
- 34:11parlementaire, un peu là. Ça n 'a jamais existé,
- 34:15la souveraineté parlementaire, en tout cas pas
- 34:16au sens où il l 'entend. Le Parlement est toujours
- 34:18souverain, mais t 'as l 'exécutif, t 'as le législatif,
- 34:22puis t 'as le judiciaire. Donc t 'as le conseil
- 34:24des ministres. Après ça, les députés à l 'Assemblée
- 34:27nationale, qui sont des législateurs, qui ne
- 34:29sont pas supposés des plans de vertes ou de faire
- 34:30valoir pour le gouvernement, sont supposés poser
- 34:33des questions. Même les députés du gouvernement,
- 34:36ça se fait dans d 'autres démocraties, posent
- 34:38des questions aux députés du pouvoir. Ici, ce
- 34:41qu 'on a vu pendant la CAQ, des attachés politiques
- 34:43qui s 'en vont porter des questions en commission
- 34:46parlementaire pour que la députée... lise la
- 34:50question à son excellent et formidable ministre.
- 34:52Claire Sanson a donné des exemples de ça, par
- 34:54exemple. Puis, tu as les juges. Les juges sont
- 34:58là pour contrer les abus du pouvoir exécutif.
- 35:02Ça remonte à la Magna Carta. Ça remonte à 7,
- 35:05800 ans. C 'est le premier gain des droits fondamentaux
- 35:11qu 'on a fait. C 'est important. Et là, aujourd
- 35:14'hui, on dit, oh non, c 'est le gouvernement
- 35:15des juges, la souveraineté parlementaire. Non,
- 35:17c 'est important qu 'il y ait des limites parce
- 35:18que ce qui différencie une démocratie, c 'est
- 35:20pas comment la volonté de la majorité est respectée,
- 35:24c 'est comment les minorités... C 'est l 'état
- 35:25de droit. Parce que c 'est facile de faire des
- 35:29politiques qui sont populaires pour la majorité.
- 35:31Je pense que quand on regarde... Je ne sais pas
- 35:32qu 'on est dans un régime autoritaire, mais dans
- 35:35plusieurs régimes autoritaires... C 'est pas
- 35:37la majorité qui était le problème. C 'est les
- 35:40groupes minoritaires qu 'on a décidé d 'encercler
- 35:42et de mettre dans des prisons ou des exéctifs.
- 35:44Exactement. Un dictateur n 'arrive pas au pouvoir
- 35:46sans le soutien d 'une majorité. Puis je veux
- 35:48dire, on est absolument pas dans une dictature,
- 35:52mais on a commencé à quitter le territoire d
- 35:55'une démocratie parlementaire qui fonctionnait
- 35:59selon les idéaux qu 'on s 'était donné quand
- 36:01on a fait ça. Parce qu 'on a d 'abord une majorité...
- 36:05qui n 'est plus vraiment une majorité, c 'est
- 36:08-à -dire qu 'avec 40 %, on peut contrôler la
- 36:09législature. On a une ligne de parti qui est
- 36:11imposée qui fait que, dans le fond, ce n 'est
- 36:14pas super gentil pour les députés qui n 'aimeront
- 36:17pas s 'entendre ça, mais l 'Assemblée nationale,
- 36:20il y a une grosse partie qui ne sert plus à rien
- 36:22parce que quand les ministres ont décidé que
- 36:25ça va être ça le projet de loi, Il n 'y a pas
- 36:27beaucoup de doute. Il va y avoir quelques aménagements.
- 36:29Surtout s 'ils contrôlent les comités et tout
- 36:31ça. Ils ne font pas mal de ce qu 'ils veulent.
- 36:34Si le gouvernement est prêt à discuter d 'un
- 36:36projet de loi, il va y avoir des améliorations,
- 36:38puis il va y avoir une discussion, puis il n
- 36:39'y a pas de problème. Si le gouvernement a déjà
- 36:40fait son lit d 'avance, puis le projet de loi
- 36:42a été écrit, puis rédigé, puis c 'est comme ça
- 36:44qu 'on va l 'adopter. Mais la Constitution, c
- 36:45'est un bon exemple. Exactement, la Constitution.
- 36:47Mais la loi 21 et la loi 86, il n 'y a pas énormément
- 36:49d 'aménagements non plus. Ils l 'ont mis sur
- 36:51le bâillon. À ce moment -là, tu pourrais ne pas
- 36:53avoir d 'Assemblée nationale, tu pourrais ne
- 36:55pas avoir de député. Et le résultat serait à
- 36:58peu près pareil. C 'est pas une bonne chose.
- 37:00Et si, en plus, dans le cas de la loi 21 puis
- 37:0496, on a parlé des chartes, on a beaucoup parlé
- 37:07de la charte canadienne. C 'est vrai que la charte
- 37:09canadienne, c 'est une charte qui nous a été
- 37:10imposée. Le Québec n 'a pas voté pour qu 'il
- 37:12y ait aucun parti, à ce jour, qui veut signer
- 37:16la constitution de 1982. Donc, utiliser la clause
- 37:19dérogatoire, alors que l 'arbitre a changé les
- 37:22règles du jeu en plein milieu de parti, moi,
- 37:24j 'ai aucun problème avec ça. On peut dire, écoute,
- 37:26on va... dérogée à tous les articles de la Constitution,
- 37:29de la Charte canadienne de 1982 pour toujours.
- 37:34Mais, il faut se rappeler, la Charte québécoise
- 37:36des droits et libertés, c 'est une précurseur
- 37:39à la Charte canadienne à date de 1975. C 'est
- 37:42un héritage de Bourassa qui a été célébré par
- 37:45René Levesque comme une des plus grandes fiertés
- 37:47qu 'il y avait. Et cette Charte -là, elle est
- 37:50même plus étendue à plusieurs égards que la Charte
- 37:53canadienne parce que, comme tu le sais, elle
- 37:55ne gère pas juste les rapports entre l 'État
- 37:57et les individus, elle gère aussi des rapports
- 38:00privés. Cette charte -là, c 'est notre charte
- 38:04à nous. Et on devrait respecter cette charte
- 38:06-là. Et qu 'est -ce que le gouvernement actuel
- 38:09a fait de façon préemptive dans le projet de
- 38:13loi? Il a dit que la loi 21 va s 'appliquer malgré
- 38:16les articles 1 à 38. de la charte québécoise
- 38:20des Trois États -Unis. On déroge notre propre
- 38:21charte. On déroge notre propre charte, puis là,
- 38:23je veux dire, c 'est vraiment, c 'est le bas
- 38:24du cas législatif qu 'on sort parce que, écoute,
- 38:27le droit à une fouille abusive est suspendu pour
- 38:30la protection du français. Fait que là, tu dis,
- 38:32OK, on prend vraiment pas de chance à ce moment
- 38:33-là, puis il y en a plusieurs autres, on pourrait
- 38:34les émunérer, là. Fait qu 'on est rendu dans
- 38:37un autre territoire. Fait que t'sais, des élections,
- 38:39une démocratie, c 'est pas juste des élections
- 38:40aux quatre ans. Puis là, on est rendu dans quelque
- 38:42chose qui commence à une espèce de... prise de
- 38:44pouvoir en soft. Évidemment, il va y avoir des
- 38:46élections, puis la CAQ risque de les perdre,
- 38:48puis il va y avoir un autre parti, mais tu sais,
- 38:49que ce soit le Parti québécois, que ce soit le
- 38:51Parti libéral, que ce soit, bon, le Parti conservateur,
- 38:54ce n 'est pas très probable, mais pas importe
- 38:55le parti, ce n 'est pas simple si après ça, avec
- 38:5835 -36 % du vote, tu fais ce que tu veux pendant
- 39:01quatre ans, l 'Assemblée législative n 'a rien
- 39:03à dire, les juges n 'ont absolument rien à dire.
- 39:07Moi, je ne trouve pas ça simple. C 'est parce
- 39:08qu 'on est un peu dans un balancier dans le sens
- 39:10que si on regarde historiquement, quand il y
- 39:12avait Duplessis, je pense qu 'il mettait beaucoup,
- 39:14je suis pas un spécialiste de l 'époque Duplessis,
- 39:16mais de ce que j 'en connais, il mettait beaucoup
- 39:18la volonté collective, la majorité de l 'avant,
- 39:24au détriment, la loi des cadenas. Oui, absolument.
- 39:28On cherchait les communistes dans les syndicats.
- 39:31Ça, puis les témoins de Jéhovah, puis Ron Carelli
- 39:34contre Duplessis, il s 'est fait enlever sa licence
- 39:36de bord parce qu 'il payait la... la caution
- 39:39des témoins de Jovox se faisait arrêter pour
- 39:41aucune raison. Alors... Puis la pression, on
- 39:43est sorti de la fameuse grande noirceur, puis
- 39:45on a décidé de mettre d 'avant la révolution
- 39:47tranquille, décidé de mettre l 'avant les droits
- 39:49individuels. Puis je pense que c 'est dangereux
- 39:51pour un peuple, puis je dis pas que c 'est grand
- 39:53d 'arriver, mais c 'est un risque qu 'on a. C
- 39:55'est dangereux pour un peuple de revenir à une
- 39:56logique collectiviste où l 'individu puis les
- 39:59libertés individuelles des minorités est plus
- 40:00importante. Parce que justement, les Québécois
- 40:03pensent que comme si on était un bloc monolithique
- 40:05avec une seule vision de ça, puis surtout quand
- 40:09c 'est un gouvernement à 30. quelques pourcents
- 40:11qui fait ça. C 'est un peu de la politique qui
- 40:16tourne à vide. Moi, j 'ai regardé ça de l 'extérieur.
- 40:18Tu sais, c 'est parce que maintenant, tout le
- 40:20monde doit être nationaliste, puis tout le monde
- 40:22doit être nationaliste. Ça veut dire faire une
- 40:24promotion du français à tout crâne. Je veux dire,
- 40:26n 'importe quel bémol que tu vas amener après
- 40:28ça, tu es presque un traître. Fait que là, tu
- 40:32n 'as presque plus le droit de dire... pas nationaliste,
- 40:36mais tu sais, il y a différentes sortes de nationalistes.
- 40:37Il y a un nationaliste civique, il y a un nationaliste
- 40:39qui est un petit peu plus identitaire aussi.
- 40:43Et il y a quelque chose qui est en train de se
- 40:46passer. Tu sais, d 'abord, il y a une immense
- 40:48distraction parce que tu sais, Jacques Parisot,
- 40:50moi... que j 'adore. En passant, tu sais, je
- 40:54cadre un peu. Moi, j 'ai voté oui en 95. Je voterai
- 40:56probablement pas oui aujourd 'hui pour d 'autres
- 40:57raisons, mais je veux dire, tu sais, Lise Bissonnette
- 40:59a déjà dit, tous les Québécois sont souverainistes.
- 41:01C 'est pas Lise Bissonnette, c 'est... Je me
- 41:02trompe, je ne veux pas attribuer la citation
- 41:04à ma personne. Bref, il y a quelqu 'un connu,
- 41:06de sage et célèbre, qui a dit, tous les Québécois
- 41:07sont souverainistes à peu près une heure par
- 41:08jour. Tu sais, la plupart des contenus sont nuancés
- 41:11là -dessus. Puis, tu sais, de temps en temps,
- 41:12il y a des choses qu 'on trouve qui... Mais globalement,
- 41:14la volonté du Québec est assez claire là -dessus.
- 41:18Mais Jacques Parisot a... Le Québec est assez
- 41:21clair là -dessus dans le sens, il n 'y a absolument
- 41:23pas de scénario dans lequel, à moins d 'une crise
- 41:27constitutionnelle majeure, ponctuelle, avec un
- 41:30référendum dans la même fenêtre, ça ne passera
- 41:32pas. L 'appui à la souveraineté est autour de
- 41:3530 -35 % présentement, et c 'est 40 % au moins
- 41:37depuis 20 ans. Historiquement, depuis 50 ans,
- 41:40c 'est presque jamais passé à haut de 50 %. Ça,
- 41:42il faut le reconnaître, il n 'y a pas de vague
- 41:45de fond. Mais Jacques Parisot a déjà dit fameusement
- 41:47qu 'on peut marcher et marcher de la gomme en
- 41:49même temps. voulant dire qu 'on peut avoir un
- 41:51projet, un projet gouvernemental très élaboré
- 41:56et faire poursuivre le projet vers la souveraineté
- 42:01du Québec. Moi, mon opinion, avec l 'immense
- 42:04respect que je vois à Monsieur Parizeau, c 'est
- 42:06que la démonstration des 50 dernières années
- 42:08montre que c 'est peut -être pas le cas. puis
- 42:11que c 'est une immense, une immense distraction,
- 42:14et je dis pas que le débat doit pas avoir lieu,
- 42:16mais quand ça fait deux fois que la population
- 42:18se prononce, quand on voit que, manifestement,
- 42:21pas d 'appétit, puis je suis pas en train de
- 42:22dire que c 'est pas impossible que ça passe à
- 42:2550%, plus un, momentanément, mais si à un moment
- 42:30donné, il faut construire toutes sortes de stratégies,
- 42:32espérer un momentum, espérer une crise, espérer
- 42:34qu 'Ottawa fasse vraiment des conneries pour
- 42:36être capable de passer pendant une courte fenêtre
- 42:38en haut de 50%, Alors que, quand on regarde sur
- 42:42l 'horizon temporel depuis 50 ans, il n 'y a
- 42:44jamais eu d 'appétit pour ça. On se prépare des
- 42:46lendemains qui sont peut -être difficiles, puis
- 42:47on ne travaille peut -être pas pour les bonnes
- 42:48choses. Puis on l 'a vu dans le Brexit, là, où
- 42:51l 'appui pour... Tout le monde a eu comme un
- 42:52gros lendemain de brosse l 'appui pour la séparation
- 42:55a baissé. Puis là, ils ont mis dehors leur gouvernement,
- 42:58parce que ce sont... Le hangover est assez fort.
- 43:00Ils ont mis un gouvernement pro -Union européenne
- 43:03pour négocier la cessation. Puis là, aujourd
- 43:05'hui, économiquement, les preuves ont... sont
- 43:08là. C 'était pas une bonne décision. Absolument.
- 43:10Le plus caricatural là -dedans, c 'est que l
- 43:12'immigration a augmenté depuis la sortie du Brexit.
- 43:16C 'est même pas proche. Ça fait que tous les
- 43:18agitateurs qui faisaient juste alimenter des
- 43:20peurs, finalement, on se ramasse avec un résultat
- 43:23qui est pire que ce qu 'on voulait. C 'est -à
- 43:24-dire qu 'on voulait faire le Brexit pour éviter
- 43:26l 'immigration. Là, on a coupé tous les liens
- 43:27d 'affaires avec l 'Europe qu 'on essaye de rétablir
- 43:29un par un, puis on a plus d 'immigration quand
- 43:31même. Je pense que l 'immigration, l 'Union européenne
- 43:34a aussi monté. Ça vient avec d 'autres enjeux.
- 43:36à ce niveau -là. Fait que, tu sais, on clôt sur
- 43:40M. Legault. Est -ce que c 'est un des pires premiers
- 43:44ministres qu 'on a eu de l 'histoire récente?
- 43:46Moi, je sais qu 'il y a des gens qui me l 'ont
- 43:48reproché, qui seront pas heureux, mais quand
- 43:52on regarde les résultats en termes de politique
- 43:54et d 'avancement, puis là, des gens vont dire,
- 43:56oui, mais attends un peu, avant ça, il y a les
- 43:57libéraux, avant ça, les péquistes, puis avant
- 43:58ça, les libéraux, puis les péquistes, puis encore.
- 44:00Je dis oui, mais il y a une différence entre
- 44:03prendre le gouvernement en 2018 puis prend le
- 44:06gouvernement en 1976, par exemple, ou en 1984,
- 44:10c 'est -à -dire que c 'est passé 20 puis 30 ans,
- 44:12tu as eu le temps d 'y penser. Puis, M. Legault,
- 44:13il a été ministre de la Santé et de l 'Éducation
- 44:15dans un cabinet. Il a eu plusieurs années pour
- 44:18penser à ce qu 'il allait faire. Il aurait dû
- 44:21savoir, tu sais, j 'étais un exemple. Par exemple,
- 44:24ça a pris cinq ans avant que la CAQ décide d
- 44:28'ouvrir les vannes pour les admissions en médecine.
- 44:32On a fait une petite augmentation quelques années
- 44:35avant, mais avant de dire OK, on a vraiment un
- 44:37problème au Québec, on a moins de médecins qu
- 44:38'ailleurs, on va augmenter les admissions le
- 44:41plus possible puisque les facultés de médecine,
- 44:43ça a pris cinq ans. Et ça, c 'est vraiment, c
- 44:45'est une question de compétence. Moi, j 'ai écrit
- 44:47là -dessus en 2018, parce qu 'à l 'époque, M.
- 44:49Barret, il avait diminué les admissions à médecine
- 44:51parce qu 'il disait qu 'il y avait 2000 médecins
- 44:52de trop au Québec, ce qui était complètement
- 44:54fourré, tu sais. Puis on le voit, c 'est quelque
- 44:57chose qui est issu depuis longtemps, que quand
- 44:58tu compares le Québec à l 'ensemble des pays
- 45:00développés, on a moins de médecins que la plupart
- 45:02des pays d 'Europe, par exemple. Puis le Canada
- 45:04est dans la même situation non plus, il n 'y
- 45:05a pas plus de médecins dans le reste de la province.
- 45:07Et là, c 'est vraiment, c 'est une question de
- 45:09compétence. C 'est une question de compétences.
- 45:12Il y a des gens qui sont arrivés qui auraient
- 45:13dû être prêts puis qui savaient absolument pas
- 45:15qu 'est -ce qu 'il y a à faire. Ça a été la même
- 45:17chose en éducation. On a fait des choses pour
- 45:19les infirmières. En fait, on a augmenté le salaire
- 45:22des infirmières et des enseignantes. Puis je
- 45:24dis enseignantes parce que c 'est majoritairement
- 45:28des filles. Puis c 'est très bien. Il y a personne
- 45:30qui peut être contre ça. On avait des enseignantes
- 45:31qui étaient les moins payées au pays. Mais c
- 45:34'était pas ça la première demande. Un des gros
- 45:36gros gros problèmes de notre système. de santé,
- 45:38un des gros problèmes de notre système d 'éducation,
- 45:40c 'est qu 'il y a un gros, gros décrochage de
- 45:42ces professions -là qui sont essentielles. Puis
- 45:45les raisons sont les mêmes, c 'est -à -dire que
- 45:46les premières années, c 'est beaucoup d 'instabilité.
- 45:48Dans le cas des enseignantes, c 'est qu 'ils
- 45:49vont avoir des, qu 'on appelle des demi -charges
- 45:52ou des tiers de charges. Ils vont avoir une charge
- 45:54d 'enseignement dans une école, une autre charge
- 45:56dans une autre école. Ça va ou ça va pas arriver
- 45:58à une charge complète. C 'est souvent ce que,
- 46:00à la dernière minute, des fois... L 'école est
- 46:03commencée. La rentrée scolaire est faite. Ils
- 46:06ont la confirmation. Ça reste comme ça pendant
- 46:07des années. Qu 'est -ce qu 'ils font avant qu
- 46:09'ils disent, OK, je vais aller faire autre chose
- 46:10parce que c 'est complètement fou. Tu peux pas
- 46:12vivre comme ça. Les infirmières, c 'est le temps
- 46:14supplémentaire obligatoire. Il y a des solutions
- 46:16pour ça dans le réseau anglophone, puis dans
- 46:18le reste du pays, puis en Europe aussi. Il y
- 46:21a souvent des quarts de 12 heures. C 'est fait
- 46:22les soirs et les fins de semaine. Ils sont faits
- 46:24en rotation aussi. Il y a moyen de faire des
- 46:27choses comme ça. En huit ans, on n 'a absolument
- 46:31pas touché à ça. Fait qu 'on se ramasse, les
- 46:33causes fondamentales, les plus profondes qui
- 46:36font qu 'on ait des problèmes dans ces domaines
- 46:38-là, soit un roulement de personnel, puis même
- 46:40un manque de personnel, on a rien fait pour.
- 46:44En fait, on n 'a pas fait les bonnes choses.
- 46:46Fait que pas un bilan très positif pour M. Legault.
- 46:49Ben écoute, moi, je regarde les résultats. Après
- 46:51ça, on peut avoir nos préférences. Quand le Canadien,
- 46:55en quelques années, a fait une saison de 55 points,
- 46:57puis on avait encore... Moi, j 'ai encore mon
- 46:58chandail de Masnassloune, t'sais. Pas de problème,
- 47:01on avait encore le Canadien pour ça, mais t'sais,
- 47:03il fallait reconnaître que c 'était pas une grosse
- 47:04saison. Bien là, si tu regardes ça, ça va pas
- 47:07mieux dans le système de santé, ça va pas mieux
- 47:08dans le système d 'éducation. On a dépensé énormément
- 47:11d 'argent, fait que l 'économie, ce qui s 'est
- 47:12amélioré, c 'est pas nécessairement la faute
- 47:14du gouvernement. Les finances publiques, ça va
- 47:17pas super bien non plus, t'sais. Les budgets
- 47:19qui sont dans le rouge. Le déficit d 'infrastructure...
- 47:22C 'est une hémorragie, je ne sais pas comment
- 47:25on va faire pour remonter ça. La démographie
- 47:29est extrêmement défavorable pour les prochaines
- 47:31années. D 'ici 2034, la population de 75 ans
- 47:37et plus va augmenter de 40 %. Qu 'est -ce que
- 47:40ça va faire à notre système de santé? qu 'est
- 47:43-ce que ça va faire aussi à notre société, parce
- 47:44que... Je vais prendre l 'avance un peu, puisque
- 47:47je sais que c 'est quelque chose que tu veux
- 47:48parler aussi, mais si on regarde, par exemple,
- 47:51les 65 ans et plus sur les 20 ans et plus. Donc,
- 47:54je compte pas les enfants, parce que c 'est une
- 47:57bande moins de soins, évidemment, que les personnes
- 47:59âgées. Mais donc, les inactifs, les retraités
- 48:03par rapport aux actifs. Ce ratio -là, on est
- 48:06déjà passé de 7 pour 1 à 5 pour 1 à 4 pour 1
- 48:09à 3... Là, on est rendu à quelque chose comme
- 48:112 .6, ma mémoire est bonne, pour un. Donc 2 .6,
- 48:16toi et moi, mettons, sur des inactifs. Donc mon
- 48:18beau -père qui est à retraite depuis 57 ans et
- 48:20qui fait du vélo. Puis on va passer autour de
- 48:232 .2. Ça continue à descendre. Et là, on voit
- 48:26que ça coince partout. On voit que ça coince
- 48:28dans le système de santé, notamment parce qu
- 48:30'on a plus de personnes âgées. L 'attente dans
- 48:33les CHSLD est dure à résoudre. On a construit
- 48:35des maisons des années qui ne sont pas occupées
- 48:37présentement parce qu 'on manque de personnel.
- 48:38Ça fait que c 'est un problème aussi. Les soins
- 48:41à domicile, il y a des affaires qui ont été faites
- 48:43par... Mais on est encore très, très loin de
- 48:45pouvoir fournir à tout ça. On a ce problème -là,
- 48:48mais c 'est pas juste le système de santé. C
- 48:51'est sûr qu 'avoir plein de personnes âgées sur...
- 48:55les cancers, les chirurgies de la hanche, des
- 48:57genoux, tout ce que tu voudras, ça va être...
- 48:58Je ne veux pas dire fardeau parce que ma mère
- 49:01n 'est pas un fardeau. Ça va être plus compliqué.
- 49:02Mais ça va être difficile. Mais ce n 'est pas
- 49:05juste ça, c 'est le fonctionnement général de
- 49:06la société parce que ça veut dire qu 'on perd
- 49:09aussi, on perd des infirmières qui vont en retraite,
- 49:11on perd des médecins, on perd des mécaniciens,
- 49:14on perd des dentistes, on perd toutes sortes
- 49:15de professions, des manufacturiers spécialisés,
- 49:18ainsi de suite. Tout ce qui fait qu 'une société
- 49:21peut fonctionner, on va avoir... Pour une population
- 49:24semblable, on va avoir une plus grande partie
- 49:26d 'inactifs que d 'actifs. Ça va coincer. C 'est
- 49:32un problème qui est énorme. C 'est un problème
- 49:34qui est prévisible. C 'est un problème qui est
- 49:36issu depuis des décennies. Et encore là, on n
- 49:42'a pas fait grand -chose pour se rapprocher d
- 49:43'une solution. Moi, ce qui me... Je m 'interroge
- 49:47parce que là, on va avoir une campagne électorale
- 49:48bientôt. Puis là, c 'est sûr qu 'on essaie de
- 49:50faire des épisodes qui ne sont pas trop temporels
- 49:52parce que... On ne peut pas regarder ça dans
- 49:54six mois ou dans un an. Ça va, madame. Il y a
- 49:56des bonnes parties qui vont être bonnes dans
- 49:57cinq ou dix ans, je pense. Mais j 'espère qu
- 50:01'on va être capables. J 'espère qu 'on va être
- 50:05capables d 'attirer des jeunes qualités pour
- 50:06la prochaine campagne électorale parce qu 'on
- 50:07a beaucoup de défis. Je pense que le Parti québécois
- 50:11a de l 'astiguer sur le référendum, puis moi,
- 50:13ça me... Ça me fascine à quel point chaque réponse,
- 50:16peu importe c 'est quoi le problème, c 'est le
- 50:19fédéral le problème. Comme les routes, ils ont
- 50:20des nids de poules à cause du fédéral. Le système
- 50:23de santé, ça marche pas à cause du fédéral, le
- 50:25provincial. Ça fait qu 'à un moment donné, il
- 50:26va falloir qu 'ils travaillent sur une plateforme
- 50:28autre que juste Blamy -Ottawa. Mais disons qu
- 50:32'on oublie le Parti québécois avec son projet
- 50:33principal, c 'est le référendum. J 'espère que
- 50:36la CAQ et le Parti libéral vont être capable
- 50:38de présenter des équipes solides parce qu 'il
- 50:39va y avoir beaucoup de défis. en termes de gestion,
- 50:43puis je ne sais pas à quel point la classe politique
- 50:45va être capable d 'attirer des gens de qualité.
- 50:47Moi, je ne sais pas, je vais prendre une direction
- 50:50un peu différente, si tu permets, dans le sens
- 50:52où, évidemment, on ne peut pas être en désaccord
- 50:56avec l 'objectif d 'avoir des bonnes candidatures
- 50:59en politique, c 'est important, puis ce n 'est
- 51:00pas nécessairement attirant de la politique,
- 51:02mais il faudrait peut -être redéfinir c 'est
- 51:03quoi une bonne candidature. Une bonne candidature
- 51:06en politique, ça a souvent été, je ne sais pas
- 51:07moi... quelqu 'un qui était maire ou mairesse,
- 51:10puis lui devient député, parce que c 'est quelqu
- 51:12'un qui est facile à élire. Puis, des fois, des
- 51:15gens ont convictions qui sont assez soupes. Le
- 51:17pragmatisme, c 'est une bonne chose, mais si
- 51:19tu magasines ton parti plus en fonction de l
- 51:21'opportunité électorale, tu sais, c 'est un peu
- 51:24un problème. Mais, tu sais, tu regardes le Parti
- 51:27Québécois... Effectivement, le discours public
- 51:29est beaucoup sûr. Fassez -vous après Ottawa,
- 51:32puis c 'est pour ça qu 'on va avoir un référendum.
- 51:33Ils ont quand même des propositions qui sont
- 51:35intéressantes dans une foule de domaines. Malheureusement,
- 51:38on n 'en entend pas autant parler qu 'on devrait,
- 51:40puis c 'est pas sûr de toute façon qu 'il va
- 51:41les amener au pouvoir. Moi, je me serais attendu
- 51:44à ce que, bon, c 'est sûr que la CAQ, c 'est
- 51:47un parti qui est en perdition, puis en tout cas,
- 51:51on peut se tromper, il peut avoir des prévues,
- 51:53mais une résurrection est à peu près impossible.
- 51:55Ça pourrait être la fin de ça, à moins qu 'elle
- 51:57obtienne... 28 -30 % des voix aux prochaines
- 52:00élections, là, si ce sont dans le coin de 15
- 52:02à 20 %, ils vont être rayés de la carte à cause
- 52:04du système électoral qu 'ils n 'ont pas réformé
- 52:06eux -mêmes, fait que c 'est un peu... Il y a
- 52:07quelque chose... C 'est un peu ironique. Ça,
- 52:09c 'est le karma. Mais moi, je me serais attendu
- 52:11à ce que le Parti libéral soit... T'sais, j 'espère
- 52:13qu 'il va être meilleur, parce que pour l 'instant...
- 52:15Puis là, je dis ça en partisannerie. Moi, je
- 52:17veux que chaque parti soit la meilleure version
- 52:19d 'eux -mêmes. T'sais, je veux que Québec se
- 52:20solidaire. soit meilleur aussi, parce que c 'est
- 52:23notre conscience sociale, c 'est important. Mais
- 52:25la solution, c 'est pas de faire des épiceries
- 52:27d 'État. Ça ne fonctionnera pas. On peut pas
- 52:30tout nationaliser tout le temps non plus. Puis
- 52:33t 'es pas riche parce que t 'as un duplex pour
- 52:36tes vieux jours. Ça faudrait en revenir de ça,
- 52:38mais je veux dire, un parti de gauche, c 'est
- 52:40important aussi. Mais là, ce que je vois, moi,
- 52:42dans le Parti libéral, c 'est, OK, il n 'y a
- 52:45pas eu de courses, ça fait que ça n 'a peut -être
- 52:46pas forcé des débats d 'idées aussi forts, mais
- 52:49on se retrouve avec un chef qui a des qualités
- 52:50personnelles évidentes, tu sais. Il y a un parcours
- 52:53qui est intéressant, ça semble être une bonne
- 52:54personne. C 'est sans doute, Charles Milleur
- 52:56est sans doute quelqu 'un d 'intelligent. Il
- 52:58arrive en disant, moi, je suis nationaliste,
- 53:03régionaliste, je suis pour le troisième lien,
- 53:06puis je suis fédéraliste. Et pour les PME. Ça
- 53:10correspond aussi pas mal au contour du parti
- 53:14que gouvernait le Québec pour les huit dernières
- 53:17années. J 'étais en journaliste longtemps, et
- 53:19je me rappelle, j 'avais un cadre dans une salle
- 53:22de nouvelles qui disait, si tu veux battre TVA,
- 53:25tu fais pas du TVB. Puis là, dans ce cas -ci,
- 53:28c 'est... Il y a peut -être des choses... On
- 53:30a vu comment M. Milliard, il a trébuché un petit
- 53:33peu sur les questions linguistiques. C 'est un
- 53:36scientifique de formation, c 'est pas un constitutionnaliste.
- 53:38C 'est correct qu 'il maîtrise pas tout. Je me
- 53:40serais attendu quand même parce qu 'il a passé
- 53:41un petit peu de temps là -dessus. Mais... C 'est
- 53:43quand même deux ans qu 'il s 'est fait parler
- 53:45de ça. Oui, c 'est ça. Puis je vous disais, ça
- 53:47fait deux ans qu 'on s 'en fait parler, nous
- 53:48autres aussi, qu 'on le veuille ou non, si c
- 53:50'est dans les médias tout le temps. Ça, ça serait
- 53:52important. Puis après ça, c 'est d 'avoir une
- 53:53question claire. Puis je pense de pas avoir peur
- 53:56de déplaire. Puis, par exemple, une chose qu
- 53:59'on pourrait dire, et je sais que ça va dans
- 54:01le contre -sens du narratif qui est dominant
- 54:03présentement, c 'est, c 'est pas vrai que le
- 54:06français est en déclin. Le français n 'est pas
- 54:09en déclin. D 'ailleurs, il y a un livre qui a
- 54:11été écrit par quelqu 'un qui était responsable
- 54:12des statistiques linguistiques à Radio -Canada.
- 54:15Il y a un statistique Canada, Jean -Pierre Corbeil,
- 54:17le français quel déclin, quelque chose comme
- 54:19ça. Puis, c 'est super intéressant parce que
- 54:21le gars, il connaît les chiffres et... T'sais,
- 54:24l 'Office de la langue française, c 'était l
- 54:26'institut de la Statistique du Québec, Statistique
- 54:27Canada, ils ne parlent pas de déclin. Ils vont
- 54:30parler de diminution, ils vont parler de variation,
- 54:32ils vont parler de baisse, ils vont parler de
- 54:33tout ça, mais t'sais, le déclin, c 'est un terme
- 54:35qui est quand même assez fort. Fait que le français,
- 54:37quand tu le regardes sur une perspective historique,
- 54:39moi j 'invite les gens à les voir sur mon site.
- 54:41Avez -vous voté pour ça sur ce obstacle ou avez
- 54:44-vous voté pour .ca? J 'ai un article qui fait
- 54:46le détail de tous les indicateurs. Tu me pardonneras
- 54:49la plug, mais tous les indicateurs linguistiques
- 54:51sur d 'une période de 50 à 100 ans. Et quand
- 54:54tu regardes ça, tu dis OK, mais c 'est parce
- 54:57que le nombre de francophones est en qui parle
- 55:02en public, à la maison, la première langue parlée,
- 55:06la compréhension est en hausse, le nombre absolu,
- 55:08puis quand tu regardes les pourcentages, c 'est
- 55:10en hausse ou stable, puis quand il y a une diminution,
- 55:12c 'est très récent, parce que l 'anglais, c 'est
- 55:14encore plus que le français. C 'est un portrait
- 55:16très, très, très grossier. Ça, je pense qu 'il
- 55:18faudrait le dire. Il faudrait arrêter d 'avoir
- 55:19peur. La loi 101 fonctionne. Là, ces dernières
- 55:23années, on a eu beaucoup d 'immigration temporaire,
- 55:25puis peut -être un peu plus d 'immigration qui
- 55:26est moins francotrope que ce qu 'on avait. Mais
- 55:29ces gens -là, ils vont l 'apprendre, le français,
- 55:32si on les encourage. Leurs enfants vont l 'apprendre
- 55:35parce qu 'ils n 'auront pas le choix. Ils n 'auront
- 55:38pas le choix. Et qu 'on le dise, qu 'on l 'assume.
- 55:42Puis la loi 96, il y a beaucoup de mesures qui
- 55:44sont vexatoires là -dedans. Ce n 'était pas nécessaire.
- 55:46Puis moi, je vois vraiment un danger de traiter
- 55:48le français comme une punition à infliger aux
- 55:51nouveaux arrivants. Ce n 'est pas comme ça que
- 55:53tu vas chercher la désir. Et ça, peut -être qu
- 55:57'il y aurait une réflexion sur le discours que
- 55:58le Parti libéral a vis -à -vis ça, de dire, peut
- 56:00-être, il y a quand même beaucoup de gens qui
- 56:02se reconnaîtraient dans ce discours -là, puis
- 56:03il y a beaucoup de gens qui seraient peut -être
- 56:04surpris d 'apprendre, OK, bien, c 'est parce
- 56:06que, donc, la Louisiana n 'est pas vraie, puis
- 56:08le Québec n 'est pas en train de devenir un autre
- 56:11Nouveau -Brunswick, tu sais. La laïcité, la même
- 56:14chose, tu sais. C 'est pas d 'être contre la
- 56:16laïcité, de respecter les croyances religieuses
- 56:19des gens. C 'est tout à fait, tout à fait...
- 56:23conciliable. Puis il y avait un compromis avec
- 56:27Bouchard Taylor. On peut se demander si c 'est
- 56:30nécessaire d 'interdire au juge parce que dans
- 56:33bien d 'autres juridictions, ça n 'a jamais causé
- 56:35de problème. Mais là, ce qu 'on a décidé, c 'est
- 56:37qu 'on a décidé de faire de la politique. Puis
- 56:40moi, à l 'école de mon garçon, il y en a des
- 56:45musulmanes qui sont soit enseignantes ou soit
- 56:48qui sont éducatrices, qui offrent du support.
- 56:53Il y a des cours d 'éducation à la sexualité
- 56:56dans le cours de CCQ, c 'est culture et citoyenneté
- 57:00québécoise. Il y a des volets sur l 'éducation
- 57:04à la sexualité, OK? Il y a des parents qui sont
- 57:10levés comme ça de toutes les communautés, incluant
- 57:13des gens qui sont nés ici. Il y a des éducatrices
- 57:16avec les jabs puis l 'enseignante avec les jabs
- 57:18qui l 'ont défendu. Ça, c 'est des affaires qu
- 57:21'on oublie aussi. dans le grand portrait des
- 57:23choses, là, on se resimplifie, on y va sur nos
- 57:27peurs. Et je pense que ce genre de discours -là,
- 57:31qui rétablit les faits, qui est plus optimiste,
- 57:35qui fait confiance, qui ne va pas sur les peurs,
- 57:38ce n 'est pas un discours qu 'on entend. Et moi,
- 57:41je pense que c 'est une opportunité qui est à
- 57:43saisir. On l 'a vu avec Barack Obama, on l 'a
- 57:46vu avec Jack Layton chez nous, on l 'avait même
- 57:49vu à un certain degré, mettons, première campagne
- 57:52électorale de Justin Trudeau. Ça s 'est un petit
- 57:54peu gâché par la suite parce que Monsieur Trudeau,
- 57:57le contenu des politiques, ça semble pas toujours
- 57:59l 'intéresser. Mais l 'optimisme, il y a un potentiel
- 58:04pour ça en politique. Au Québec, présentement,
- 58:06je le vois pas. Moi, ce que je souhaite en terminale,
- 58:08c 'est qu 'on puisse, à la prochaine campagne
- 58:11électorale, faire un choix en différentes plateformes
- 58:14parce que tout ce marketing politique -là où
- 58:16on sait pas trop, les partis le jouent, je trouve
- 58:18que c 'est pas notre avantage à nous. On n 'est
- 58:20pas obligé de voter pour Québec solidaire, mais
- 58:22Québec solidaire pourrait avoir une plateforme,
- 58:23le Parti libéral pourrait avoir une plateforme,
- 58:26le PQ puis la CAQ pourrait avoir des plateformes
- 58:28qui sont distinctes. Après ça, les gens peuvent
- 58:30donner le trouble de passer à travers puis regarder
- 58:32quelles plateformes répond le mieux à leur valeur.
- 58:36Mais si on a tout du pragmatisme brossé puis
- 58:40que finalement on est prêt de distinguer un parti
- 58:42de l 'autre, je pense pas que c 'est l 'avantage
- 58:43de personne. Merci beaucoup pour le temps, c
- 58:46'est vraiment apprécié et ça a été une perspective
- 58:48intéressante. Merci à toi pour l 'évitation.
- 58:51Merci d 'avoir été avec nous. Si vous avez aimé
- 58:52l 'épisode, abonnez -vous et laissez -nous vos
- 58:54commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 58:55À la semaine prochaine.