Latest / JUNKO - Explorer sa vie professionnelle, sa carrière et ouvrir le champ des possibles de son évolution professionnelle. / #18 - Joël Dupuch : "Je suis un aventureux de la vie "
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- 0:09Bienvenue sur Junko,
- 0:11je suis Florence Verdière,
- 0:12future coach professionnelle et je suis ravie de vous accueillir sur le podcast.
- 0:16Ici,
- 0:16vous entendrez tout ce qu'il vous faut pour vous inspirer,
- 0:19vous autoriser à penser que tout est imaginable et pourquoi pas même vous autoriser à oser.
- 0:24Votre soutien est le seul et meilleur moyen de faire grandir Junko.
- 0:28Alors n'attendez plus,
- 0:29allez nous mettre un joli avis de 5 étoiles sur Apple Podcast Spotify et venez nous suivre sur le compte Instagram Junko-Coaching.
- 0:38Allez,
- 0:38maintenant,
- 0:38tenez-vous prêts,
- 0:39installez-vous,
- 0:40c'est parti pour le prochain épisode d'une coupe.
- 0:48Bienvenue sur le nouvel épisode de Junko.
- 0:51Aujourd'hui,
- 0:52j'ai le plaisir d'accueillir le plus célèbre ostréiculteur de France,
- 0:57Joël Dupuch.
- 0:59Joël,
- 0:59je vous ai invité aujourd'hui pour ce que vous dégagez,
- 1:02une force tranquille,
- 1:04un charisme,
- 1:05une présence,
- 1:06et surtout cette authenticité qui m'impressionne et que j'admire beaucoup.
- 1:11Je trouve qu'il n'y a pas de parasites,
- 1:12qu'il n'y a pas de superflux,
- 1:13qu'il n'y a pas de jeux de rôle.
- 1:16Quand vous prenez la parole,
- 1:17c'est sincère,
- 1:18on a accès directement à qui vous êtes,
- 1:21à votre cœur.
- 1:22Et voilà,
- 1:22je vous remercie beaucoup,
- 1:23beaucoup d'être là avec nous aujourd'hui.
- 1:25C'est super gentil.
- 1:26Alors déjà,
- 1:27Joël,
- 1:28de quoi vous avez besoin pour qu'on passe un bon moment ensemble ?
- 1:32De sincérité,
- 1:33ça m'ia bien.
- 1:35Ok,
- 1:35top donc on vous connait comme comme ostréiculteur comme acteur,
- 1:41vous avez fait énormément de choses en guise de présentation est-ce que vous pouvez nous expliquer qui vous êtes aujourd'hui ?
- 1:48Je suis toujours un ostréiculteur parce que mon activité principale c'est vraiment l'ostréiculture et puis après je dirais que je suis un j'allais dire un aventurier de la vie mais je dirais un aventureux de la vie
- 2:02parce qu'en fait,
- 2:04j'adore les expériences nouvelles,
- 2:06j'adore les terrains inconnus,
- 2:08les endroits qui ne sont pas défrichés.
- 2:11En fait,
- 2:11j'aime me perdre.
- 2:12Il y a une très belle phrase que je crois que j'ai dite l'autre soir d'un rabbin qui dit
- 2:16Ne demande pas ton chemin à celui qui le connaît,
- 2:20tu pourrais ne pas t'égarer
- 2:23et moi j'adore mes garés et je trouve que dans la vie quand on s'égare on découvre les autres on découvre d'autres choses,
- 2:31on découvre d'autres endroits et donc j'aime me perdre donc c'est pour ça que je dis aventureux parce que l'aventurier c'est comme
- 2:40Indiana Jones,
- 2:41à la fin ça finit toujours bien,
- 2:43aventureux des fois le final est moins beau que ce qu'on aurait espéré,
- 2:47mais le chemin a toujours été beau,
- 2:49c'est ça qui est intéressant
- 2:51Et qu'est-ce que ça vous représente dans votre vie,
- 2:53le fait d'oser,
- 2:54justement ?
- 2:56Ça représente tout.
- 2:57Depuis tout petit,
- 2:58ma grand-mère,
- 2:58quand j'étais petit,
- 2:59elle me disait Toi,
- 2:59t'es fou,
- 3:01on ne sait pas ce que tu peux faire
- 3:02Mais en fait,
- 3:03cette femme avait du discernement.
- 3:05Et moi,
- 3:05je suis content d'être un peu fou et d'être…
- 3:09de ne pas être orthodoxe,
- 3:11de ne pas être dans les clous.
- 3:13Je respecte l'ordre,
- 3:15je suis très ami avec les militaires,
- 3:17et les militaires,
- 3:19c'est une hiérarchie,
- 3:20c'est très hiérarchisé,
- 3:21c'est une structure pyramidale avec un chef et où il faut se plier aux règles.
- 3:27Donc à partir du moment où je choisis de m'engager,
- 3:30je joue avec les règles de l'engagement.
- 3:33Mais si je ne suis pas engagé et que je ne suis pas tenu à des règles,
- 3:37j'adore me promener,
- 3:39j'adore me laisser porter par le courant.
- 3:43Et comment vous l'entretenez,
- 3:44cette folie-là ?
- 3:46Alors,
- 3:46je n'ai aucun travail.
- 3:48C'est naturel ?
- 3:50Oui,
- 3:50il n'y a pas de démarche.
- 3:51Je pense que c'est inhérent à ma personnalité.
- 3:53Je pense qu'on a...
- 3:55Après,
- 3:56sûrement,
- 3:56à mon éducation,
- 3:58j'ai été levé sans peur.
- 4:00On ne m'a jamais créé de peur imaginaire.
- 4:02On ne m'a jamais dit Attention,
- 4:04ne fais pas ça,
- 4:04il va t'arriver
- 4:06donc moi j'ai eu des peurs réelles j'ai eu je suis tombé sur un serpent je me suis cassé la gueule d'un bateau donc j'ai eu des peurs mais c'était toujours des vraies peurs j'ai héros peur imaginaire zéro l'autre
- 4:22soir puisqu'on s'est croisé à Rennes c'était la première fois que je montais sur scène comme ça j'avais aucune appréhension vraiment de manière qu'on rencontre une personne ou qu'on en rencontre mille
- 4:35c'est une rencontre.
- 4:37Et donc,
- 4:37ben,
- 4:38voilà.
- 4:39Après,
- 4:39ce qu'ils peuvent faire impression,
- 4:40c'est la masse.
- 4:41Se dire,
- 4:41ouh là là,
- 4:42il y a une masse,
- 4:42mais là,
- 4:43je n'étais pas là pour me battre avec vous,
- 4:44j'étais là pour vous parler,
- 4:45donc,
- 4:46voilà.
- 4:48Donc,
- 4:48première fois que vous montiez sur scène la semaine dernière.
- 4:50J'avais fait un TEDx de 13 minutes,
- 4:53de 12 minutes,
- 4:55mais là,
- 4:55je ne sais pas,
- 4:56j'ai dû faire entre 30 et 45 minutes.
- 4:59c'était la première fois que je faisais ce genre d'exercice devant autant de personnes,
- 5:03dans un théâtre,
- 5:04sur un truc organisé,
- 5:06où les gens m'attendaient pour une prestation.
- 5:11Donc,
- 5:11tu as dit que ça a pris,
- 5:13a priori,
- 5:13personne ne vous attend pour raconter ce que vous voulez,
- 5:15comme vous voulez.
- 5:17Donc là,
- 5:18c'était une première expérience,
- 5:20mais où j'y étais très serein.
- 5:24J'avais essayé de structurer,
- 5:26j'avais mon ordinateur à un mois,
- 5:27je me suis dit,
- 5:28mes grandes lignes,
- 5:28je les connais,
- 5:29puisque je raconte ma vie globalement.
- 5:32Mais je m'étais dit,
- 5:33à un moment,
- 5:33si tu as un trou,
- 5:34tu vas peut-être...
- 5:36Puis en fait,
- 5:36je n'ai jamais été le voir.
- 5:39j'ai passé un bon moment avec votre compagnie c'était ça et comment ça se passe quand vous faites justement vous avez fait beaucoup de choses nouvelles en fait dans votre vie si je comprends bien c'est ce qui m'amuse c'est ça qui vous amuse c'est la découverte je pense que on pourrait avoir une vie je sais pas on pourrait être super congé on
- 5:56est prédisposé à être mis dans une case dans une boîte et à vivre toute sa vie comme ça
- 6:03après il y a des gens à qui ça convient parce qu'il y a des gens qui sont rassurés par l'orthodoxie par le fait que tout soit bien en place que tout soit bien rangé moi ça me stresse quand tout est bien rangé donc il faut que je me casse dans le bordel j'aime bien le bordel en fait
- 6:20D'accord.
- 6:22Vous avez monté pas mal d'entreprises,
- 6:24vous avez fait pas mal d'aventures entrepreneuriales.
- 6:26Vous avez déjà été salarié,
- 6:27d'ailleurs ?
- 6:28Oui.
- 6:29Oui,
- 6:29OK.
- 6:29Et justement,
- 6:30de rentrer dans ce cadre-là du salariat,
- 6:32ça peut être… Ça s'est toujours très bien passé.
- 6:33En fait,
- 6:33j'étais salarié à la Martinique.
- 6:35Là,
- 6:35je suis salarié de ma société.
- 6:37Donc,
- 6:38mais moi,
- 6:39salarié ou entrepreneur,
- 6:42pour moi,
- 6:42je…
- 6:43je ne fais pas de différence,
- 6:44c'est parce que quand j'étais salarié,
- 6:46je bossais comme pour moi.
- 6:47Je pense qu'après,
- 6:48c'est un état d'esprit.
- 6:50Et je pense qu'il y a des salariés qui sont prêts à monter des entreprises alors qu'ils n'ont pas les moyens,
- 6:55qu'ils n'ont pas la envie,
- 6:56qu'ils peuvent avoir la peur de le faire parce que la femme,
- 7:01les enfants,
- 7:02les crédits,
- 7:02le truc,
- 7:03et ne pas oser se foutre à l'eau.
- 7:05Mais je pense qu'il y a plein de salariés qui bossent dans des entreprises comme s'ils étaient...
- 7:10leur patron.
- 7:12Vous savez,
- 7:13il y a un directeur d'exploitation dans des gros groupes.
- 7:16Moi,
- 7:17j'ai siégé à la Chambre de Commerce de Bordeaux.
- 7:19On avait des directeurs de site.
- 7:22Mais c'était même pour des très grosses entreprises.
- 7:25De très grosses entreprises,
- 7:26un directeur de site,
- 7:27il ne décide pas de la stratégie.
- 7:29Il ne décide pas des financements.
- 7:31en fait c'est un DRH qui s'occupe de la paix sociale dans l'endroit et qui essaye de mettre en place des stratégies données par le siège mais ça dépasse d'un stratège et il fonctionne comme un chef d'entreprise dans sa tête à lui c'est un chef d'entreprise mais heureusement d'ailleurs donc
- 7:48c'est un directeur d'entreprise donc moi le salarié directeur je pense que il y a des gens qui ont une mentalité qui font que si on fait on fait et on va au bout des choses
- 8:01Et puis,
- 8:02il y en a d'autres.
- 8:05C'est l'histoire.
- 8:06Vous connaissez l'histoire des trois tailleurs de pierre ?
- 8:08Il y a trois tailleurs de pierre qui sont assis.
- 8:10Ils font le même travail.
- 8:10Les trois font le même travail.
- 8:12Ils ont une pierre,
- 8:13un marteau,
- 8:13un burin et ils taillent une pierre.
- 8:15Ils font exactement le même job assis,
- 8:17côte à côte.
- 8:18Le premier,
- 8:18on lui dit Qu'est-ce que tu fais ?
- 8:20Il dit Moi,
- 8:20je travaille.
- 8:22Le deuxième,
- 8:22on lui dit Qu'est-ce que tu fais ?
- 8:23Il dit Moi,
- 8:23je taille une pierre.
- 8:25Et le troisième,
- 8:26on lui dit Qu'est-ce que tu fais ?
- 8:27Il dit Moi,
- 8:28je bâtis une cathédrale.
- 8:30Et...
- 8:31ils font la même chose.
- 8:32La différence,
- 8:33c'est que le troisième,
- 8:35ça va être un mec très heureux.
- 8:37Parce que c'est pas ce qu'il fait qui est important.
- 8:41C'est la vision,
- 8:42c'est le dessin de ce qu'il va faire et pourquoi il le fait.
- 8:45Et que ça,
- 8:47ça rend toutes les tâches,
- 8:49même les plus pénibles,
- 8:50ça les rend belles.
- 8:51Parce qu'on est inscrit avec une...
- 8:53avec une espérance de réalisation et qu'on n'est pas comme un con à faire son truc,
- 8:59juste dire je prends mon salaire et je me casse.
- 9:02Parce que ça,
- 9:03il y a des entrepreneurs qui essayent de fonctionner comme ça,
- 9:05qui ne veulent que le blé.
- 9:07Il y a Townsend,
- 9:08un mec qui était,
- 9:09je pense,
- 9:09le PDG d'Avis ou le créateur,
- 9:11qui disait l'argent n'est que le sous-produit de la réussite.
- 9:15Et la réussite,
- 9:16c'est la réalisation de sa vie,
- 9:17c'est la réalisation de ses rêves.
- 9:19Ça,
- 9:19c'est réussir.
- 9:20Ce n'est pas gagner de l'argent,
- 9:21réussir.
- 9:23parce qu'on peut être milliardaire et con comme une malle et s'ennuyer à mourir,
- 9:27et d'ailleurs j'en connais beaucoup qui s'ennuient,
- 9:30qui n'ont pas d'amis,
- 9:31alors ils sont blindés,
- 9:32ils sont gavés,
- 9:32ils en ont jusqu'à avoir des oreilles mais ils sont comme des cons alors ceux-là ils me font vraiment pas rêver je les plaque en fait,
- 9:43j'ai plus de compassion pour eux que d'admiration c'est presque triste
- 9:49et donc le plaisir c'est de faire un truc qui nous satisfait,
- 9:53mais quel que soit notre statut,
- 9:55qu'on soit salarié qu'on soit PDG
- 9:58c'est notre aspiration qui est jolie.
- 10:00Et si le matin,
- 10:00on se lève en disant
- 10:02Putain, je vais faire un truc génial aujourd'hui et que ce soit pour qu'on travaille pour soi ou pour les autres,
- 10:08c'est pareil.
- 10:09Je vais faire un truc génial.
- 10:10C'est moi qui m'engage.
- 10:13Ok.
- 10:13Voilà.
- 10:15Super.
- 10:15Super intéressant.
- 10:16Quel rêve vous avez réalisé,
- 10:18vous,
- 10:18Joël ?
- 10:20Pour tous ceux que j'ai eus,
- 10:22j'aurais aimé voler sans avion,
- 10:24comme ça,
- 10:25comme Superman.
- 10:26Mais non,
- 10:26parce que quand j'étais petit,
- 10:27je lisais des bandes dessinées.
- 10:30J'aurais aimé être un super-héros comme cela.
- 10:33Mais non,
- 10:35je pense que j'ai été...
- 10:38Je pense que j'ai à peu près été au bout de toutes mes aspirations.
- 10:41Je ne pense pas avoir vu un train passer que j'ai eu envie de prendre et que je n'ai pas pris.
- 10:47Et souvent,
- 10:47les arrivées n'étaient pas terribles,
- 10:49parce que c'est comme quand on fait un choix,
- 10:52des fois on fait le mauvais choix.
- 10:54Mais les voyages ont toujours été beaux,
- 10:55et ce qui est important,
- 10:57c'est ce qu'on vit,
- 10:58ce n'est pas ce qu'on gagne.
- 11:01Vous avez eu des déceptions du coup ?
- 11:03Comment vous gérez ça,
- 11:04les déceptions ?
- 11:05Non,
- 11:05j'ai eu des échecs.
- 11:07J'ai eu des échecs fabuleux.
- 11:10J'ai fermé une entreprise familiale qui avait...
- 11:13Ça faisait sept générations.
- 11:15C'est moi qui l'ai fermée.
- 11:16C'est moi qui ai mis la clé sous la porte et qui ai booké...
- 11:20C'est moi qui ai arrêté l'histoire.
- 11:22Je ne fermais pas une entreprise.
- 11:25J'arrêtais une histoire.
- 11:29Donc,
- 11:30finalement,
- 11:30oui,
- 11:30j'ai eu plein de déceptions,
- 11:32mais on s'en remet,
- 11:32on s'en remet.
- 11:33Et puis,
- 11:33on s'en remet de tout.
- 11:38Il suffit de vouloir.
- 11:39J'avais une mère extraordinaire qui disait On a deux bras,
- 11:41deux jambes,
- 11:41une tête,
- 11:42le monde nous appartient.
- 11:44Et si on veut,
- 11:44on peut.
- 11:45Et bien voilà,
- 11:46je pense que si on veut,
- 11:47on peut.
- 11:48Donc,
- 11:48vous êtes resté dans ce guide-là de vous dire...
- 11:54on y va,
- 11:54je le sens,
- 11:55ça me fait vibrer,
- 11:56ça me fait plaisir.
- 11:59Et demain sera beau.
- 12:01J'ai des potes qui sont toujours inquiets de ce qui va se passer.
- 12:03Je dis mais demain sera beau,
- 12:06arrête déjà de le noircir avant d'y être.
- 12:08Moi,
- 12:09la vie,
- 12:09c'est de l'espérance,
- 12:10c'est toujours de la découverte,
- 12:13c'est des...
- 12:14c'est que positif.
- 12:15Ça ne peut être que positif.
- 12:18Vous vous rendez compte quand même,
- 12:19Joël,
- 12:19que c'est un état d'esprit que peu de gens ont et que vous avez peut-être un énorme rôle à jouer pour ces personnes qui,
- 12:28justement,
- 12:29ont du mal à...
- 12:31qui n'ont peut-être pas eu la même éducation,
- 12:33qui n'ont pas eu peut-être le même discours d'une maman qui est hyper encourageante et hyper stimulante,
- 12:39quelque part.
- 12:41et qu'il y a quelque chose avec ça quand même ?
- 12:44Vous vous rendez bien compte que vous avez quelque chose d'assez puissant dans votre discours ?
- 12:50Alors,
- 12:50je ne pense pas.
- 12:51Je ne pense pas du tout.
- 12:54C'est un peu gourou ce que vous dites.
- 12:56Ce n'est pas gourou.
- 12:57Oui,
- 12:57ce que je veux dire.
- 12:59Je ne pense pas du tout ça.
- 13:02Je pense qu'il faut...
- 13:04Je pense d'abord qu'il faut parler beaucoup avec les gens parce qu'il y a beaucoup de gens qui vivent
- 13:09Alors il y a un truc Quand vous me parlez tout à l'heure je pensais à deux trucs Vous voyez quand il y a eu le Covid qui est tombé
- 13:15Au début on vous a dit Attention ne sortez pas
- 13:19Parce que vous allez mourir
- 13:21Donc on a joué sur la peur
- 13:23Et après comme ça suffisait pas On vous a dit attention
- 13:27Ne sortez pas parce que vous allez tuer les autres
- 13:29Vous allez les rendre malades
- 13:31Là on a joué sur la culpabilité
- 13:33Et en fait on a deux choses Dans la vie qui nous inhibent
- 13:37Mais totalement
- 13:39c'est la peur et le sentiment de culpabilité il faut arrêter avec ça et quand vous ouvrez la presse le matin il n'y a que de ça,
- 13:47il n'y a que de la peur mais ça n'est pas après la presse c'est que globalement les gens sont demandeurs de ça ils ont envie de se faire peur et je pense que très souvent la vie que peuvent avoir certains est justement tellement monotone qu'ils vont chercher ailleurs
- 14:05de l'émotion
- 14:07sauf que l'émotion qu'on leur vend c'est pas de l'émotion positive c'est de l'émotion négative et que s'ils allaient chercher voilà moi ce matin j'ai fait un lever de soleil et deux photos du soleil parce
- 14:21que moi ça c'est un cadeau et quand je regarde ça je pourrais regarder une merde de chien sur la plage et puis je pourrais photographier que les merdes de chien sur la plage c'est au même endroit,
- 14:31c'est le même jour,
- 14:32c'est en même temps mais moi mon choix c'est plutôt de photographier le soleil
- 14:36que de photographier la merde du chien caché sur la plage et où je vais dire,
- 14:40regardez quand même ce conte de chien caché sur ma plage.
- 14:43Non,
- 14:43je préfère regarder mon lever de soleil et oublier la merde du chien.
- 14:47Et globalement,
- 14:47je pense qu'un des secrets du bonheur,
- 14:51c'est regarder ce qui est beau et pas se polariser sur ce qui est négatif.
- 14:57J'ai une personne que j'aime beaucoup qui des fois rentre...
- 15:02il me dit Oh putain,
- 15:03j'ai passé une journée de merde !
- 15:08Et quand il me raconte sa journée de merde,
- 15:11je dis Mais c'est la même journée de merde qu'hier !
- 15:14C'est-à-dire qu'à un moment,
- 15:15quand tu rentres dans un bureau,
- 15:17t'as une gueule de con à droite,
- 15:19et t'as des mecs sympas à gauche.
- 15:21Si quand le matin t'arrives et que tu regardes la gueule de con,
- 15:24tu te conditionnes à être de moins humeur toute la journée.
- 15:28Si quand tu rentres,
- 15:29tu vois que les mecs sympas,
- 15:30tu vas passer une belle journée.
- 15:32Donc,
- 15:34il y a des trucs,
- 15:35ça ne sert à rien de les regarder.
- 15:38C'est inhibant,
- 15:41c'est déprimant,
- 15:42mais regardons ce qui est bon.
- 15:46Concentrons notre acuité pour voir ce qu'il y a de joli chez les personnes et dans les choses.
- 15:51Voilà,
- 15:52c'est pas...
- 15:52Regardez le lever de soleil,
- 15:54oubliez la merde de chien.
- 15:55Voilà,
- 15:55c'est...
- 15:57C'est une belle conclusion.
- 15:58Non,
- 15:58mais c'est vrai.
- 15:59Mais c'est clair.
- 16:01Je crois que c'est Confucius qui disait pour qu'un éléphant n'existe pas,
- 16:04il suffit de ne pas le regarder.
- 16:07c'est tellement vrai il faut garder ça ces phrases c'est vrai que ça peut permettre de garder un petit cap qu'ont des fois le quotidien alors c'est marrant parce que moi j'aime beaucoup les aphorismes et les proverbes il y a des gens très intellectuels qui
- 16:23disent la connerie c'est réducteur
- 16:27et bien non c'est pas réducteur c'est réduit c'est à dire qu'à un moment depuis depuis quelques siècles il y a des gens qui ont une pensée et ils ont réussi à la réduire et à la formaliser en quelques mots pour la rendre audible par tout le monde c'est à dire que moi
- 16:42j'adore la musique et on dit qu'en musique c'est la bonne note au bon moment il y a plein de bons musiciens qui ont de la technique la technique que ça permet de faire beaucoup de notes et de jouer très vite
- 16:53mais parfois la technique ça sert à rien parce qu'on est pas là pour que le mec nous montre sa technique on est là pour qu'il utilise sa technique au service de l'art et le service de l'art c'est toujours minimaliste plus on réduit plus c'est beau
- 17:09Dans votre parcours professionnel,
- 17:12vous avez commencé quand vous avez quitté le bassin,
- 17:17vous aviez quel âge quand vous avez commencé ?
- 17:20J'ai toujours commencé,
- 17:21j'ai une photo sur mon bureau,
- 17:22je dois avoir
- 17:2413 ans.
- 17:25Parce qu'en fait,
- 17:26quand on vit dans les milieux agricoles et nos amis paysans que l'on voit aujourd'hui,
- 17:33quand on est fils de paysan ou fils d'agriculteur ou fils d'ostriculteur,
- 17:38dès qu'on a 5 ans,
- 17:38on travaille.
- 17:40Alors,
- 17:40on ne travaille pas sur des choses éreintantes,
- 17:43mais on participe à l'activité globale du milieu.
- 17:48Et l'activité globale du milieu,
- 17:49dans le milieu agricole,
- 17:50c'est l'agriculture.
- 17:51Donc,
- 17:51on travaille là-dedans depuis qu'on est...
- 17:53Enfin,
- 17:53on travaille.
- 17:55On participe à l'action depuis que l'on est.
- 17:59Ça démarre tout petit,
- 18:00mais vraiment tout petit.
- 18:02Et donc,
- 18:04j'ai toujours vécu là-dedans.
- 18:06mon lycée,
- 18:07j'ai plutôt été...
- 18:09Je crois que j'avais quelques facilités à apprendre,
- 18:11mais il fallait que ce que j'apprenne m'intéresse.
- 18:14C'est-à-dire que globalement,
- 18:15si vous me filez un rapport de 40 pages qui me passionne,
- 18:18je peux le lire une fois et vous faire une conférence dessus.
- 18:22Si vous me faites lire 200 fois un truc qui ne m'intéresse pas,
- 18:25je ne vous sortirai pas un mot dessus parce que l'éléphant n'existe plus.
- 18:29Voilà,
- 18:29c'est...
- 18:30En fait,
- 18:32je me passionne pour ce qui m'intéresse.
- 18:34et je me détache beaucoup de ce qui ne m'intéresse pas.
- 18:40Et donc,
- 18:41j'en étais où ?
- 18:42Sur quoi on parlait ?
- 18:43Sur le lycée,
- 18:44et ensuite ?
- 18:44Sur le lycée,
- 18:45oui,
- 18:45c'est ça.
- 18:45Donc,
- 18:45le lycée,
- 18:46je n'ai pas eu des résultats très brillants.
- 18:49J'ai fait beaucoup d'établissements,
- 18:51je restais peu.
- 18:53et puis je suis parti à l'armée parce que finalement j'avais raté l'examen j'étais pas là,
- 18:58j'étais en bateau quand l'examen s'est passé donc c'est pour vous dire la concentration que j'avais sur le sujet quel examen ?
- 19:04le bac ?
- 19:04vous étiez sur un bateau ?
- 19:05je devais passer mon
- 19:07BEP d'électronique j'étais parti,
- 19:10moi j'ai pas redoublé,
- 19:12j'ai rétrogradé c'est à dire que j'ai fait troisième,
- 19:16seconde,
- 19:16première et ils m'ont renvoyé après la troisième donc j'ai rétrogradé deux ans
- 19:23et donc alors là pour le coup j'avais des facilités parce que c'était en termes de niveau j'avais acquis d'autres niveaux et donc je faisais tout ça facilement il y avait un passage obligé qui était de passer un examen mais
- 19:36comme moi ça me préoccupait peu ce jour là j'étais en bateau et donc je n'ai pas pu aller passer l'examen donc j'ai cherché un job de poids lourd un job de chauffeur poids lourd puisque j'avais mon permis
- 19:47et pour ne pas prendre une branlée par mon père,
- 19:51je me suis dit,
- 19:51je vais rentrer,
- 19:52comme je me suis trompé de date,
- 19:53il va me dézanguer.
- 19:55Et en fait,
- 19:55quand je l'ai appelé en lui disant,
- 19:57ça y est,
- 19:57j'ai trouvé du boulot,
- 19:58t'inquiète pas,
- 19:58j'ai raté l'examen,
- 19:59mais voilà.
- 20:00il m'a dit écoute tu pars à l'armée puis tu viens travailler avec nous donc je suis parti à l'armée où là j'ai découvert un univers complètement différent du mien de gens qui arrivaient de partout,
- 20:12qui ne vivaient pas comme moi qui n'avaient pas les mêmes valeurs,
- 20:14pas la même culture pas les mêmes codes
- 20:18et que je ne pouvais regarder qui me ressemblait quand j'étais à l'armée puisqu'on avait tous le même uniforme le même look et qu'on marchait tous au pas avec les autres et qu'on chantait tous ensemble donc globalement on
- 20:32était devenu une communauté et dans cette communauté j'ai découvert du feeling avec des gens qui quand j'ai connu quand on a pris le temps de parler de ce qu'on était avant en fait ça aurait été mes voisins,
- 20:45j'en aurais jamais parlé
- 20:48parce que dès que la différence s'exprime,
- 20:50d'abord,
- 20:51on reste un peu enfermé dans son monde qu'on connaît,
- 20:55qui nous rassure,
- 20:56parce que c'est une espèce de cocon,
- 20:58et dont on ne sort pas.
- 20:59Là,
- 20:59on était obligé de sortir,
- 21:00puisqu'on était confronté à une masse de gens différents de nous,
- 21:05mais habillés comme nous,
- 21:06donc qui nous ressemblaient.
- 21:08Rassurant.
- 21:09Et donc,
- 21:10après service militaire...
- 21:11Après service,
- 21:12je suis rentré dans l'activité huître.
- 21:14Là,
- 21:15j'ai bossé vraiment...
- 21:18Là,
- 21:18j'ai bossé comme ouvrier au Strykhol pendant deux ans ou trois ans.
- 21:27C'était rude physiquement,
- 21:30il faisait froid.
- 21:31On travaillait,
- 21:34on avait une entreprise où on était une douzaine d'hommes.
- 21:38Dans l'entreprise,
- 21:39plus les femmes qui étaient à terre,
- 21:40mais donc sur les parcs à huîtres.
- 21:42On partait avec l'équipage de gars.
- 21:47et c'était rude quoi,
- 21:48c'était vraiment du travail physique,
- 21:49on train de balader des tonnes d'huîtres,
- 21:52on travaillait à la fourche,
- 21:53on était dans l'eau,
- 21:54le matin à 5 heures,
- 21:56qu'il pleuve,
- 21:57qu'il gèle,
- 21:57qu'il vente,
- 21:58on était sur l'eau,
- 22:00là ça a vraiment été une période rude physiquement,
- 22:03mais on survit,
- 22:06et on survit très bien,
- 22:07j'étais en pleine forme physique,
- 22:09j'étais au top.
- 22:11et fatigué,
- 22:13certes,
- 22:13éreinté même,
- 22:14je dirais.
- 22:15J'ai connu,
- 22:16à cette période-là,
- 22:16quand on dit avoir froid dans les eaux,
- 22:19moi,
- 22:19j'ai eu froid aux eaux.
- 22:22On partait travailler,
- 22:23donc on n'avait pas de bâtiment technique,
- 22:25comme il y a aujourd'hui.
- 22:26Là,
- 22:27aujourd'hui,
- 22:27j'ai une polaire,
- 22:28moi,
- 22:29j'ai une polaire et un pullover.
- 22:33Si j'en avais été il y a 10 ans,
- 22:34j'aurais trois t-shirts,
- 22:35une chemise et deux pullovers pour ne pas avoir froid.
- 22:39Là,
- 22:39aujourd'hui,
- 22:40on est super technique,
- 22:41donc léger,
- 22:42donc pas de transpiration.
- 22:44À l'époque,
- 22:44on partait,
- 22:45on mettait deux t-shirts,
- 22:45trois t-shirts,
- 22:47sauf que quand on avait transpiré,
- 22:48c'était trompe,
- 22:49on avait le levé.
- 22:51Et quand on revenait au froid et quand il fait négatif,
- 22:54c'était affreux.
- 22:57Voilà,
- 22:57on souffrait.
- 22:58On souffrait physiquement.
- 23:01mais bon,
- 23:02de surpasser cette souffrance,
- 23:03c'était une espèce de satisfaction qui nous rendait tous heureux,
- 23:08parce que même les salariés de base chez moi,
- 23:13quand on avait fini,
- 23:14on avait la satisfaction du travail accompli dans des conditions difficiles,
- 23:18donc c'était un peu les coulisses de l'exploit pour nous tous les jours.
- 23:22On faisait des choses avanturiers.
- 23:27Et donc là,
- 23:27vous êtes avec vos parents ?
- 23:29Oui,
- 23:29je bosse en famille.
- 23:30Je bosse dans un groupe familial.
- 23:33Père,
- 23:34mère,
- 23:34soeur,
- 23:35frère,
- 23:35grand-mère,
- 23:36grand-père.
- 23:37Et puis,
- 23:38à l'époque,
- 23:39on devait avoir 30 ou 40 salariés.
- 23:41Ah oui.
- 23:43Donc voilà,
- 23:44je suis là-dedans.
- 23:45Là,
- 23:45après,
- 23:45je pars parce qu'on a des problèmes de commercialisation.
- 23:50Donc,
- 23:50je me déguise en BRP et j'essaye d'aller vendre mes huîtres à des restaurants.
- 23:55Après,
- 23:55je trouve un magasin à racheter,
- 23:57qu'on rachète à
- 23:59Bordeaux, où on fait un peu la roche des magasins d'huîtres de Bordeaux.
- 24:05Donc,
- 24:07on développe activement ce magasin.
- 24:12Après,
- 24:13de ce magasin,
- 24:14on monte une dégustation d'huîtres,
- 24:15donc un concept de bistrot d'huîtres.
- 24:18Et on développe ça bien.
- 24:21Avec un autre magasin dans notre centre commercial,
- 24:23c'est le début.
- 24:24C'est vraiment le début des centres commerciaux où globalement,
- 24:29tous les chefs d'entreprises performants devaient aller s'installer dans les centres commerciaux.
- 24:33C'était comme ça.
- 24:35Donc voilà,
- 24:35on a fait un magasin dans un centre commercial,
- 24:38mais qui m'a servi parce qu'en fait,
- 24:39j'avais fait un magasin pur de vente.
- 24:41Et comme ça ne marchait pas,
- 24:43il a fallu que j'adapte ce magasin.
- 24:45Donc du coup,
- 24:46j'ai mis un comptoir de vente.
- 24:49sur ce comptoir j'ai commencé à faire des dégustations et puis à faire beaucoup de dégustations et je me suis dit tiens mais il y a un créneau,
- 24:54dégustation et donc ça m'a permis de monter derrière un concept de bar à huit
- 25:01qui a assez bien marché pendant quelques années et puis voilà,
- 25:05après je me suis engueulé avec mon père très fort parce que c'était un personnage merveilleux mais c'était le boss,
- 25:13c'était un pater familias et un jour il est arrivé il m'a dit j'ai décidé que et je lui ai dit il n'y a personne qui décide pour moi,
- 25:21c'est ou statu quo ou je m'en vais il m'a dit c'est moi le patron,
- 25:23si t'es pas content tu te tires,
- 25:24j'ai dit tiens voilà les clés,
- 25:25au revoir et je suis parti
- 25:27et je suis parti,
- 25:28et là j'ai remonté un bar à huîtres,
- 25:30puisque je savais faire que les huîtres,
- 25:31et je ne connaissais que ça,
- 25:33et comme j'étais assez connu à Bordeaux,
- 25:37ce bar à huîtres a très bien marché,
- 25:39je l'ai tenu pendant deux ou trois ans,
- 25:42et puis après je suis parti,
- 25:44j'ai croisé une dame qui m'a dit je pars aux Antilles,
- 25:48et je lui ai dit je pars avec toi,
- 25:50et donc je suis parti à la Martinique,
- 25:52là j'ai fait deux ans et quelques à la Martinique,
- 25:56j'ai bossé dans le Rhum,
- 25:58donc j'étais directeur commercial des Rhum Trois-Rivières,
- 26:02ce qui me passionnait,
- 26:03parce qu'en fait,
- 26:04le Rhum à la Martinique,
- 26:05c'était comme les huîtres sur le bassin d'Arcachon,
- 26:07c'était vraiment le produit,
- 26:10c'est le produit du terroir,
- 26:12un des produits principaux de l'activité économique du pays.
- 26:18Et puis là,
- 26:19j'ai repris l'affaire que j'avais laissée à Bordeaux,
- 26:21que j'avais laissée en gérance.
- 26:24je l'ai reprise parce qu'elle se cassait la gueule et puis là une fois que j'étais reparti après j'en ai monté d'autres j'ai monté Dijon,
- 26:31Paris
- 26:33Bayonne, Biarritz puis après j'ai continué à développer les activités d'huîtres donc on avait à cette époque là une activité en Bretagne,
- 26:41une activité au Cap Ferré des barres à huîtres après j'ai monté une grosse brasserie qui s'appelait le Port de la Lune qui était une affaire splendide avec deux copains à moi
- 26:53et puis après il y a eu la crise de la souris en 2005 alors la crise de la souris c'est pas la souris qui était ennuyée,
- 26:59c'était moi en fait on piquait les huîtres on piquait les souris avec des extraits des pâtes au pancréabite pour tester si les huîtres étaient toxiques
- 27:11Et en fait,
- 27:12comme ce test était bison,
- 27:14on a été fermé 2005,
- 27:152007,
- 27:162008,
- 27:172009,
- 27:182010.
- 27:19On était à peu près fermé tous les ans,
- 27:20comme on a eu la fermeture des huîtres cette année,
- 27:23comme le Covid.
- 27:24C'était l'équivalent du Covid,
- 27:25donc on ne pouvait plus vendre,
- 27:26on ne pouvait plus vendre une huître.
- 27:29Mais nous,
- 27:31quand on est dans la production...
- 27:33c'est pas parce qu'on ne vend pas que les travaux de production s'arrêtent.
- 27:37Donc,
- 27:37toutes nos charges d'entreprise continuent à courir,
- 27:39mais on rentrait zéro dessus de l'affaire.
- 27:43Je savais qu'on était morts.
- 27:44C'est là que j'ai fermé l'entreprise familiale.
- 27:47Donc,
- 27:48suite à cette crise de 2005.
- 27:53Et d'ailleurs,
- 27:54cette année,
- 27:55avec les problèmes qu'il y a eu sur les huîtres,
- 27:57je pense qu'il y a beaucoup d'entreprises qui vont flancher.
- 28:02et puis donc là je savais que mon entreprise était morte avec ce test de la souris donc j'ai préparé la disparition de l'entreprise familiale dont j'ai mis la clé sous la porte et
- 28:16j'ai préparé la reprise avec deux partenaires de l'entreprise donc ma liquidation a été prononcée le 31 mai
- 28:242008
- 28:26et les Parcs de l'Impératrice ont démarré le 1er juin 2008,
- 28:30c'est-à-dire on a fermé la boîte à minuit et on a ouvert l'autre à 8h du matin.
- 28:36On a assuré le transfert donc de...
- 28:40C'était bien planifié,
- 28:41j'ai fait 3 ans de sortie de l'activité pour faire une reprise de boîte.
- 28:47Et depuis aujourd'hui,
- 28:48ça fait 2008,
- 28:492024,
- 28:50ça fait 16 ans que les Parcs de l'Impératrice sont une entreprise qui marche pas mal.
- 28:54Voilà.
- 28:56d'accord vous avez quand même bien rebondi tout en préparant bien la sortie j'ai rebondi j'avais perdu des plumes dans les rebonds chaud mais bon pour ça que je vous dis plé d'argent n'est pas mortel et je pense que si en plus on trouve du plaisir à ce qu'on fait c'est
- 29:16une sorte de rémunération c'est vraiment je pense que la joie qu'on trouve à faire qu'on trouve à faire quelque chose
- 29:27ça compense ce qu'on ne gagne pas financièrement.
- 29:31Vous savez,
- 29:31quand j'étais à l'armée,
- 29:32on nous faisait faire du footing tous les matins.
- 29:33Moi,
- 29:34j'avais horreur de courir.
- 29:35Je jouais au rugby,
- 29:38j'étais sportif,
- 29:39mais pour moi,
- 29:40courir,
- 29:40c'était pour attraper quelqu'un,
- 29:41attraper un ballon,
- 29:42c'était pour...
- 29:45Mais courir pour courir,
- 29:46je trouvais ça d'une connerie phénoménale.
- 29:49Et donc,
- 29:50je m'étais trouvé des raccourcis pour ne pas me faire chier à faire le cross tous les matins.
- 29:56Et...
- 29:57je n'aimais pas courir,
- 29:58pour moi c'était un calvaire,
- 29:59c'était une souffrance,
- 30:00alors là pour le coup c'était vraiment une souffrance,
- 30:04et puis à 40 ans je me suis mis à courir,
- 30:10parce qu'à un moment je grossissais,
- 30:11je maigrissais,
- 30:12donc à force de faire des régimes,
- 30:13j'avais perdu 600 tonnes que j'avais regagnées,
- 30:17et je me suis dit,
- 30:18bon tu faisais beaucoup de sport,
- 30:19il n'y a qu'un truc c'est de faire du sport,
- 30:20donc tous les soirs je me suis calé dans une salle de gym,
- 30:23et tous les soirs j'allais faire une heure de...
- 30:26d'exercice physique.
- 30:27Et j'ai commencé sur les tapis roulants,
- 30:29et j'ai commencé à courir.
- 30:30Et en fait,
- 30:31j'ai pris le goût de la course.
- 30:32Et j'ai commencé à trouver de l'intérêt à la course.
- 30:35Et ce qui,
- 30:35à 20 ans,
- 30:36me faisait gerber,
- 30:39à 40 ans,
- 30:40ça me faisait plaisir.
- 30:41Et comme quoi,
- 30:42ce n'est pas l'action qui compte,
- 30:43c'est la manière dont on la vit.
- 30:44Et que si,
- 30:45dans une entreprise,
- 30:46on est heureux,
- 30:48on se réalise,
- 30:49on se fait plaisir,
- 30:52on est capable de gagner peu.
- 30:53Il y a plein de mecs qui ont monté des entreprises qui gagnaient peu d'argent,
- 30:57mais qui s'éclataient parce qu'ils allaient au bout de ses rêves.
- 31:00Ils allaient au bout de leurs rêves.
- 31:01Et d'aller au bout de ses rêves,
- 31:02c'est beaucoup mieux que de gagner au loto.
- 31:07Parce que quelqu'un qui gagne au loto,
- 31:09le gros lot,
- 31:10ne fait pas du mec qui a gagné au loto un prix Nobel.
- 31:12Il peut être con comme une malle et milliardaire du jour au lendemain.
- 31:16Donc,
- 31:17ce n'est pas un référentiel.
- 31:20et qu'est-ce qui vous fait plaisir aujourd'hui ?
- 31:24tout une rencontre,
- 31:26je suis content d'être avec vous là je passe un très joli moment avec vous et je vous remercie c'est vrai c'est une surprise pour moi l'aventure et la surprise sont au coin du chemin moi je regarde toujours le monde avec un émerveillement absolu
- 31:44aujourd'hui je ne sais pas très bien ce que je veux parce que j'espère toujours que le
- 31:50que l'instant,
- 31:51que le moment va me surprendre,
- 31:52que les gens vont me surprendre.
- 31:54Par contre,
- 31:55je sais bien ce que je ne veux plus.
- 31:57C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
- 31:57je suis très déterminé sur ce que je ne veux pas,
- 32:00mais ce que je veux,
- 32:01j'espère toujours être surpris et garder un regard d'enfant sur tout et avoir la surprise à chaque coin de rue.
- 32:10Mais je suis très déterminé quand je ne veux pas.
- 32:13C'est-à-dire que pour moi,
- 32:15le fait de dire je n'ai pas envie
- 32:18c'est la meilleure des explications pour ne pas faire.
- 32:22Parce que si on fait quelque chose sans envie,
- 32:24on va le faire mal.
- 32:26Et que je me suis aperçu depuis tout petit que quand un truc part à la merde,
- 32:30ça finit à la merde.
- 32:31Alors autant ne pas y aller.
- 32:33Autant clôturer de suite,
- 32:34dire non,
- 32:34c'est bon,
- 32:34on s'arrête.
- 32:37Et quel est votre rapport aux relations amicales,
- 32:42à l'amour,
- 32:42aux autres,
- 32:43comme ça ?
- 32:44Comment c'est dans votre vie ?
- 32:46Mais je pense qu'on ne peut pas vivre sans les autres.
- 32:50Alors,
- 32:50il y a tout.
- 32:52J'ai une phrase que j'ai adorée un jour,
- 32:54je ne sais plus ce qu'il a dit,
- 32:56il a dit il n'est d'amitié que d'instant
- 32:59Moi, je crois qu'il y a des instants de partage,
- 33:01il y a des instants d'émotion avec des gens qui resteront gravés jamais dans notre mémoire.
- 33:05Enfin...
- 33:07familiales,
- 33:08dans notre mémoire personnelle,
- 33:11et que de ces instants est né ce qu'on peut qualifier d'amitié.
- 33:17C'est-à-dire que en permanence,
- 33:19on pense à cette personne ou à cette chose-là avec amitié,
- 33:28avec amour,
- 33:29avec envie,
- 33:30avec désir,
- 33:31peu importe.
- 33:33mais il n'y a pas de quotidien dedans.
- 33:35Donc,
- 33:35il y a des gens pour qui l'amitié,
- 33:36il faut que ça soit un quotidien,
- 33:37qu'on se voit tous les jours,
- 33:38qu'on se parle tous les jours.
- 33:40Je ne crois pas.
- 33:41Je crois que c'est l'habitude.
- 33:42Ce n'est pas de l'amitié.
- 33:44D'ailleurs,
- 33:44des fois,
- 33:45quand ça s'arrête,
- 33:45parce qu'il y a des bouleversements de vie,
- 33:48on s'aperçoit que sur le groupe de 10,
- 33:50il y en a peut-être un qui nous manque et puis les autres,
- 33:53les autres,
- 33:54ils passent aux abonnés.
- 33:55On ne les voit pas,
- 33:56mais ils ne nous manquent pas.
- 33:58Et maintenant,
- 33:58je crois que...
- 33:59Le deuxième.
- 34:01je crois vraiment que la relation et l'amitié,
- 34:04c'est les instants qu'on partage.
- 34:06Ce n'est pas du tout une sorte de répétition permanente,
- 34:14de déclaration d'affection,
- 34:17non.
- 34:18On partage quelque chose dans un domaine et on le partage fort,
- 34:23pour moi c'est une amitié.
- 34:26voilà et puis après il y a des gens alors moi après je classe les gens avec ceux avec qui je gênais la guerre et puis ceux avec qui je gênais pas et il y a des gens s'ils me disaient on va se battre là je sais que je vais pas aller avec eux parce que je sais que je vais me battre tout seul c'est un il
- 34:42y a des voilà il y a des techniciens voilà il y a des gens qui ont pas de burnes les gens qui ont pas de burnes ça se sent et qui sont prêts à vous envoyer au combat n'importe quoi
- 34:56alors si je suis assez con pour y aller parce que je n'aurai pas manqué de discernement sur l'individu qui me rend moyen il faut qu'il espère qu'un truc c'est que je ne revienne pas parce que je vais être dangereux pour lui et les déceptions justement les
- 35:13déceptions on oublie la déception ça sert à rien alors je parle du principe que les gens ne nous trompent pas on se trompe sur les gens
- 35:24C'est nous qui nous proposons.
- 35:27Vous faites un recrutement.
- 35:29Vous avez au début 20 mecs.
- 35:30Sur les 20,
- 35:31vous en sélectionnez 6,
- 35:328 ou 10.
- 35:34Sur les 10,
- 35:35vous faites une shortlist de 5.
- 35:37Et puis dans ces 5,
- 35:38vous les voyez.
- 35:41Et en fait,
- 35:41il n'y en a aucun qui correspond 100% à ce que vous demandez.
- 35:45Il correspond à
- 35:4680, 90,
- 35:4875.
- 35:50Sauf que vous,
- 35:50vous avez besoin de quelqu'un.
- 35:52Il faut absolument que vous ayez quelqu'un.
- 35:54Donc vous vous contentez sciemment de 80% de ce dont vous avez besoin mais en pensant intérieurement que de toute manière vous allez arriver à faire 100% parce que je
- 36:08vais arriver à le...
- 36:10Non,
- 36:11en fait l'individu il est comme il est.
- 36:13Sauf qu'on l'a recruté en espérant qu'on allait,
- 36:15en espérant nous qu'on allait en faire autre chose ou la mener ailleurs et que lui même s'il nous donne tout il pourra pas aller ailleurs.
- 36:24parce que si un mec ne court pas le 100 mètres en 11 secondes s'il le court en 15 secondes on va pouvoir l'entraîner beaucoup il ne courra pas en 11 secondes et en fait on peut se prendre le bouillie en disant mais le mec il ne répond pas au bout d'un moment à la demande mais
- 36:40s'il ne répond pas à la demande c'est notre faute c'est parce qu'on l'a recruté alors qu'il était à 80% de ce dont on avait besoin mais qu'on n'avait pas le choix parce qu'il n'y en avait pas d'autre et que donc on a pris celui-là en dépit
- 36:52mais c'est un choix que nous on a fait,
- 36:55c'est pas lui qui l'a fait,
- 36:56et donc j'ai pas le droit d'en vouloir à ce gars,
- 36:58de pas avoir la compétence 100%,
- 37:01puisque c'est moi qui l'ai recruté à 75,
- 37:04et donc moi je ne suis,
- 37:10j'ai lu une jolie phrase l'autre jour,
- 37:11un peu courte,
- 37:12qui disait l'homme faible se venge,
- 37:15l'homme fort pardonne,
- 37:17et l'homme sage oublie,
- 37:20moi j'ai tendance à oublier,
- 37:22c'est qu'à un moment,
- 37:23une fois que c'est passé,
- 37:24c'est passé c'est fini,
- 37:25on va pas réécrire l'histoire il faut pas essayer moi ce qui m'intéresse c'est toujours ce qu'il y a devant,
- 37:29ce qu'il y a derrière il y a une très belle phrase du Dalai Lama qui dit les hommes espèrent leur avenir regrettent leur passé et oublient de vivre le présent ils vivent en ayant peur de mourir et ils meurent en ayant oublié de vivre alors
- 37:46moi,
- 37:46vous pouvez pas me la coller celle-là ça ne colle pas du tout à ma vie
- 37:50ça n'arrivera jamais voilà vous avez l'air de vachement suivre vos intuitions vous êtes vachement dans le la vie,
- 38:01l'expérience vous a amené à être très déterminé sur ce que vous ne voulez plus une fois qu'on a déterminé ce qu'on ne veut plus la vie est vachement plus simple parce que je disais ça à mes fils vous
- 38:16voulez,
- 38:17vous voulez,
- 38:17vous voulez d'accord
- 38:19mais si vous voulez être virtuose au violon il faut que tous les matins vous fassiez des gammes pendant 4 heures pour améliorer votre technique et peut-être pouvoir penser à accéder un jour à un certain niveau musical,
- 38:34peut-être mais si vous ne voulez pas faire 4 heures de travail fondamental tous les matins
- 38:45oubliez,
- 38:46n'espérez même pas rentrer dans cet univers-là.
- 38:48Il n'y aura pas votre place.
- 38:49Donc très souvent,
- 38:50il y a des gens qui disent j'aimerais,
- 38:51j'aimerais,
- 38:52j'aimerais,
- 38:55sans forcément apporter les contraintes de ce que donnerait leur choix.
- 39:01et puis que s'ils réfléchissent bien à leur choix,
- 39:03ils se disent non,
- 39:04mais comme ça je ne veux pas,
- 39:05enfin comme la partie qui m'a même posé ce choix,
- 39:08je n'en veux pas,
- 39:09mais ce choix,
- 39:10c'est même plus la peine qu'ils y pensent.
- 39:12Et que je pense que pour faire des gens qui ne soient pas frustrés,
- 39:17je pense qu'il faut qu'ils réfléchissent plus à ce qu'ils ne veulent pas pour commencer.
- 39:22plutôt que de réfléchir à ce qu'ils aimeraient.
- 39:24Parce qu'on aimerait,
- 39:25si vous me dites,
- 39:26t'aimerais quoi ?
- 39:27Moi,
- 39:27j'aimerais être chef d'orchestre et diriger un orchestre symphonique.
- 39:31Voilà,
- 39:32j'adorerais ça.
- 39:33J'aimerais être pilote de chasse,
- 39:35j'aimerais être pilote d'hélicoptère.
- 39:38J'aimerais plein de trucs.
- 39:40Sauf que c'est pas la peine de prendre le chou,
- 39:43ça sert à rien.
- 39:44Ça ne sera pas.
- 39:44Donc,
- 39:45il faut...
- 39:48J'aime l'impossible,
- 39:49mais il faut réfléchir au plausible,
- 39:51voilà,
- 39:51et pas se perdre comme des...
- 39:56quand j'étais à la Martinique on appelait ça des plans caraïbes il y avait toujours des mecs qui avaient des plans extraordinaires et puis à la fin il y avait toujours un lézard,
- 40:04ça ne marchait pas quels sont vos modèles vous ?
- 40:11c'est qui les personnes qui vous inspirent ?
- 40:12vous avez des gens comme ça ?
- 40:14depuis tout petit je me suis construit avec des modèles je croisais des gens
- 40:22en disant tiens quand j'aurai leur âge j'aimerais quasiment être lui ou comme lui et en fait ça c'est comme le recrutement c'est à dire qu'à un moment on ne juge qu'avec le regard qu'on a à un instant T on juge la personne aussi
- 40:38à un instant T mais le problème c'est qu'on avance on court pas tous à la même vitesse on évolue pas tous de la même manière
- 40:46et puis que très souvent il y a des gens on se dit ah ben j'aimerais être comme on est en dessous on se dit ah ben j'aimerais être lui et puis à un moment on le dépasse et on se dit oh putain j'ai eu de la chance je veux pas être lui donc je crois qu'on se construit tous un peu comme ça avec des modèles quand on est gamin
- 41:05voilà il y avait je sais pas quand j'étais ado il y avait des mecs qui me faisaient rêver parce qu'ils avaient une mobilette mal agutie ils avaient des pantalons pas d'éléphant comme les mecs modernes ils avaient les cheveux longs ils
- 41:18plaisaient aux filles parce qu'ils étaient décalés et je me dis ah putain j'aimerais être comme lui mais j'avais 11 ans et puis quand je suis arrivé à 15 ans j'ai eu du bol de pas être comme lui voilà c'est et puis après il y a des gens qui m'ont dit
- 41:33il y a des gens qui m'ont marqué par leur...
- 41:37En fait,
- 41:38ce qui m'a marqué le plus,
- 41:39c'est que chez tous les grands,
- 41:41toutes les personnes,
- 41:42et j'ai eu la chance,
- 41:45c'est une chance,
- 41:46de croiser des gens extraordinaires.
- 41:49Et ce qui m'a le plus marqué chez tous ces gens-là,
- 41:52c'est l'humilité.
- 41:54Tous les grands sont des gens humbles.
- 41:57Ils sont humbles,
- 41:58ils sont accessibles,
- 41:59ils sont simples.
- 42:02Ils transmettent avec grand plaisir.
- 42:09Et voilà,
- 42:09c'est leur marque.
- 42:10L'humilité.
- 42:12Et dès qu'un mec n'est pas humble,
- 42:16à éviter.
- 42:17Vous n'emmerdez même pas avec.
- 42:18Passez votre route.
- 42:20On ne part pas à la guerre avec.
- 42:22Ah non,
- 42:22ça c'est sûr.
- 42:25Vous avez parlé de chance.
- 42:27Oui,
- 42:27la chance existe.
- 42:29La chance existe.
- 42:30Enfin,
- 42:30la chance existe.
- 42:33je pense que si on n'ose pas,
- 42:34on ne sera jamais confronté à la chance ou à la malchance.
- 42:37Et je crois que les deux existent,
- 42:39chance et malchance.
- 42:41Mais pour les croiser,
- 42:42il faut se mettre en situation de prendre le risque de les croiser.
- 42:47C'est-à-dire que si c'est le mec qui dit,
- 42:50mon Dieu,
- 42:51je n'ai jamais gagné au loto,
- 42:52et la voix de Dieu lui dit,
- 42:53mais il faudrait que tu joues.
- 42:55Mais voilà,
- 42:55je pense que pour être confronté à la chance,
- 42:58à la réussite ou à l'échec,
- 42:59il faut essayer.
- 43:00Et si on n'essaye pas,
- 43:01effectivement,
- 43:03on est à l'abri des emmerdes,
- 43:04mais on est à l'abri de l'émotion.
- 43:05Et pour moi,
- 43:06une des choses les plus importantes du monde,
- 43:08c'est l'émotion.
- 43:09Parce que vivre sans émotion,
- 43:12c'est bouffer un truc totalement fade,
- 43:15insipide et qui n'a aucun goût,
- 43:16donc ça ne m'intéresse pas.
- 43:19Alors la chance,
- 43:20oui,
- 43:20je pense que la chance existe et moi,
- 43:21j'ai déjà...
- 43:24Je pense que parfois,
- 43:25on est au bon endroit au bon moment,
- 43:26avec les bonnes personnes et que...
- 43:28Et que c'est...
- 43:30Alors bien sûr qu'on s'est mis au bon endroit,
- 43:32bien sûr qu'on a osé aller avec les bonnes personnes ou les mauvaises personnes,
- 43:35bien sûr qu'on a osé à ce moment-là y aller.
- 43:39Donc il y a tout un tas de facteurs,
- 43:41mais moi j'ai ouvert une affaire en 82 de mémoire.
- 43:45Je m'étais engueulé avec mon père,
- 43:47donc j'avais vraiment plus un rond.
- 43:49J'étais à la rue,
- 43:50mais quand je dis plus un rond,
- 43:51plus un rond.
- 43:54et je vois un bail à louer que je loue à la course à une vieille dame,
- 43:57je lui file un choc de 50 000 balles que je n'ai pas,
- 44:01je vais voir mon banquier à l'époque qui était un mec génial,
- 44:03et je lui dis écoute où je suis ruiné,
- 44:06où j'ai gagné un fonds de commerce que je n'ai pas payé.
- 44:10il me dit mais bon t'as tiré 50 000 voilà je lui dis ou tu m'as fait gagner 500 000 balles ou je suis interdit bancaire et il me dit mais écoute considère que t'as gagné 500 000 balles et que je t'accorde en plus tu peux tirer 10 000 de plus donc voilà plutôt extraordinairement sympathique et
- 44:28donc j'ouvre cette affaire donc sans un rond avec mes 15 000 balles de découvert et je démarre cette affaire et les premiers mois je cartonne
- 44:39plein pot,
- 44:40mais vraiment plein pot,
- 44:41premier mois,
- 44:42je cartonne,
- 44:43deuxième mois,
- 44:44je cartonne,
- 44:44troisième mois,
- 44:45je cartonne,
- 44:46je ne sais pas,
- 44:47je suis à l'équivalent de 250 000 euros,
- 44:51à l'époque c'était des francs,
- 44:52mais l'équivalent de 250 000 euros de trésorerie.
- 44:55dans ma boîte,
- 44:56au bout de 3 mois,
- 44:58et je commence à payer mes fournisseurs,
- 45:00puisqu'à l'époque,
- 45:01on arrivait à payer les fournisseurs à 90 jours,
- 45:05et là,
- 45:05je monte un crédit bancaire qu'on me fait,
- 45:07bien entendu,
- 45:08puisque par rapport à ce que tourne ma boîte,
- 45:11c'est ridicule ce que je demande,
- 45:14et donc,
- 45:14tout se passe bien.
- 45:16Vraiment,
- 45:17ça se déroule,
- 45:17et je joue,
- 45:20j'ose,
- 45:20et ça marche,
- 45:21et comme ça marche,
- 45:22tout va bien.
- 45:23L'année d'après,
- 45:24à Bordeaux,
- 45:24il fait moins 22 ou moins 23 degrés.
- 45:28Et là,
- 45:28je ne fais pas 80 000 par mois.
- 45:31Là,
- 45:31je fais
- 45:321 000 par mois.
- 45:34Eh bien,
- 45:34si j'avais démarré l'année d'après,
- 45:38les mêmes compétences,
- 45:39les mêmes moyens,
- 45:40tout pareil,
- 45:42la température qui était juste inférieure de
- 45:4635 degrés à ce que c'était l'année d'avant,
- 45:49eh bien,
- 45:49j'aurais plongé.
- 45:51Enfin,
- 45:51j'aurais probablement plongé.
- 45:54et donc c'est pour ça que je dis c'est pas moi qui ai décidé de la météo voilà et donc la chance,
- 46:02je pense que la chance et la malchance existent mais après il faut aller solliciter les deux c'est à dire que pour solliciter il faut oser celui qui n'ose pas c'est sûr qu'il ne sera jamais on en revient à l'orthodoxie du début,
- 46:15si on ne s'égare pas si on ne s'égare pas on ne risque pas de découvrir des endroits merveilleux et des gens merveilleux hum
- 46:25Merci beaucoup Joël est-ce que pour cette fin d'échange vous avez autre chose dont vous voulez parler qu'on n'a pas abordé dans cet échange ensemble aujourd'hui ?
- 46:38Non,
- 46:38non,
- 46:38non regardez le livre La Jungle il en faut peu pour être vraiment très peu écoutez,
- 46:45c'est exactement ça Ah,
- 46:46je vais le regarder avec mes filles ça fait longtemps que je n'ai pas vu
- 46:51c'est un de vos films fétiches ?
- 46:54non mais c'est une chanson fétiche pour être heureux vous avez des films ou des bouquins qui vous ont plu ?
- 47:03mon bouquin fétiche c'est un bouquin qui s'appelle Sauveterre de Jean Lartegui il y a un livre qui a été écrit en 1965
- 47:11Jean Lartegui c'est un auteur qui à mon avis n'a pas été aimé parce que je pense qu'il était un peu OAS
- 47:19un peu connoté extrême droite pro-militaire mais qui a écrit un bouquin qui s'appelle Sauveterre qui est merveilleux je pense que c'est le seul il a écrit les centurions,
- 47:31les mercenaires c'était ces périodes après-guerre où il y avait une littérature de guerre un peu forte et ce livre Sauveterre c'est très beau c'est des destins croisés de gens complètement différents donc vraiment très beau très inspirant
- 47:47Après,
- 47:47j'adore Sapiens,
- 47:49qui est un bouquin qui décrite un peu les sociologies diverses.
- 47:55J'ai les œuvres complètes d'Albert Londres,
- 48:00qui était un immense journaliste dans les années
- 48:031920-1930, qui a écrit des trucs fabuleux et qui sont très intéressants à lire aujourd'hui parce que ça remet les choses en perspective.
- 48:14chose qu'on n'a pas toujours parce qu'aujourd'hui on a une culture du zapping en fait parce qu'on a vu les informations avant-hier on croit qu'on connait l'histoire de France alors que ça évolue beaucoup plus doucement que ça voilà
- 48:29et puis non mais j'aime la musique,
- 48:30le cinéma le film qui m'a le plus bouleversé c'est Voyage au bout de l'enfer après
- 48:39Bolo de Sudanie de Coucou m'a beaucoup remué
- 48:45en musique alors en musique la musique j'adore le jazz et le classique donc il y en a vraiment beaucoup beaucoup et puis après en chanteur affectif mais il y a ceux que j'aime parce que je les connais c'est Jean-Louis Aubert c'est Mathieu Chédid voilà
- 49:02qui sont mais
- 49:04mais je ne sais même pas si j'aime c'est nouveau donc c'est eux que j'aime non mais Mathieu je t'ai dit je l'ai vu 4-5 fois je pense au concert je pense que c'est l'un des plus grands guitaristes du monde c'est folie il est extraordinaire là sur le plan des émotions il y a du ressenti c'est fort en
- 49:21fait Mathieu c'est un mec immensément doux qui est qui est qui est qui est qui est en recherche permanente du mieux qui est vraiment incroyable
- 49:32qui aime la philosophie qui aime mais pas quand il a sa guitare c'est un loup c'est incroyable il est fabuleux ouais c'est magnifique ceux qui n'ont pas encore vu en concert c'est très puissant et
- 49:48moi j'y vais pour sa musique mais j'y vais surtout pour ressentir c'est un showman extraordinaire et puis il y a une guitare c'est un...
- 49:57ouais
- 50:01Est-ce que vous avez des projets pour cette année à nous partager ?
- 50:06Non,
- 50:07non,
- 50:07non,
- 50:07non.
- 50:07J'ai des émissions de télé qui passent sur France 3 le dimanche,
- 50:11je crois.
- 50:12Oui.
- 50:13Ils sont venus vous voir sur le bassin ?
- 50:15Oui.
- 50:16En fait,
- 50:17c'est une émission où j'invite des gens.
- 50:20Ça passe sur France 3 à Kitane ou sur
- 50:23NOA qui est la chaîne je ne sais pas comment ça s'appelle là.
- 50:29les chaînes comment monter les chaînes je sais pas ok sur France 3 Aquitaine ça s'appelle Chez Joël c'est très facile à faire ah oui mais c'est votre émission alors ouais et je fais une émission où j'invite une star nationale
- 50:44donc là l'émission qui va passer j'ai eu Philippe Lavigne qui est venu et je le présente à des gens de chez nous de la Grande Aquitaine
- 50:55qui font des trucs un peu originaux,
- 50:56qu'ils soient associatifs,
- 50:58qu'ils soient industriels,
- 51:00qu'ils soient artisans.
- 51:03Mais des gens...
- 51:04Voilà,
- 51:04j'ai une femme que j'aime beaucoup qui a monté une association qui s'appelle Life is Rose.
- 51:11qui s'occupe du traitement social des gens qui ont eu le cancer et qui sont un peu désocialisés.
- 51:16Je vous la fais simple.
- 51:18Globalement,
- 51:18une nana qui a le cancer,
- 51:20son mari se casse,
- 51:21elle perd son boulot et elle se retrouve dans la merde.
- 51:23D'accord.
- 51:24Pour faire simple.
- 51:25Oui.
- 51:25Ce qui n'est pas forcément le cas,
- 51:27mais hypothèse,
- 51:29ça se passe comme ça.
- 51:30Elle va se retrouver en lourde difficulté.
- 51:34cette dame donc
- 51:36Nathalie Lauti-Savario a monté une association qui s'appelle Life is Rose et qui s'occupe de leur trouver des apparts de leur filer un coup de main de leur faire des joints financiers pour qu'elles qui en plus de combattre la maladie elles ne combattent pas la vie sociale quoi c'est
- 51:53ça c'est un gros sujet ça on reçoit donc des gens comme ça une jeune femme qui avait
- 52:02vous savez que les gens qui font pondre les poules pondeuses,
- 52:04quand elles baissent en rendement,
- 52:06on les envoie à l'abattoir c'est comme ça,
- 52:09c'est la règle et en fait il y en a qui a monté une association qui récupère les poules pondeuses qui n'ont plus de rendement et qui les fourgue dans des familles à droite à gauche,
- 52:18donc qui les recycle donc après j'ai reçu un porcelainier de Limoges qui a réussi à faire entrer la porcelaine dans les écoles,
- 52:27qui est pour remplacer le plastique
- 52:30j'ai reçu Justine Dupont qui est une surfeuse qui surfe les plus grandes vagues puisqu'elle surfe à Nazaré au Portugal où les vagues font 32 mètres de haut donc je ne sais pas si vous imaginez le
- 52:46truc mais je pense qu'on n'imagine pas vraiment voilà et puis après j'ai reçu j'ai reçu Chico des Gypsy King j'ai reçu voilà
- 52:57Gaëtan Roussel de Louise Attaque qui est un mec merveilleux voilà après donc dans cette émission on reçoit ça et puis en fait l'idée c'est quasiment un repas de copains avec un chef cuisinier du coin un peu connu donc
- 53:11il va nous travailler des produits il nous parle des produits du coin ensuite il nous les cuisine donc il nous parle de son plat
- 53:18et en fait il nous sert à table on est 4 ou 5 et en fait c'est un repas de copains ou des gens c'est comme si on recevait un ami ou qu'on recevait une table d'amis et qu'ils ne se connaissent pas et qu'ils se présentent les uns les autres c'est comme ça se passe dans la vraie vie c'est
- 53:34ça l'émission c'est ça
- 53:37Ouais sympa sympa et bien on ira voir ça super donc là vous avez des potes célèbres maintenant mais vous enfin donc là vous les prenez à votre table comme si c'était moi quoi mais c'est exactement ça mais si vous passez d'ailleurs on mangera à ma table voilà mais c'est une invitation je vais vous je vais vous non
- 53:56mais si vous passez alors moi j'ai jamais d'invité alors je suis incapable vous savez que si on me dit on vit l'ensemble en trois semaines
- 54:02je dirais à la personne,
- 54:03oublie,
- 54:03ça n'arrivera pas.
- 54:05Parce que j'ai l'impression d'avoir un collier jusqu'à ce repas.
- 54:09Et en fait,
- 54:10comme je vous ai dit que l'aventure est au coin du chemin,
- 54:12j'aime être libre jusqu'au coin du chemin.
- 54:15Et très souvent,
- 54:16j'ai des copains que je n'appelle pas quand je vais à Paris ou que je vais ailleurs,
- 54:21mais là,
- 54:22je suis venu à Rennes.
- 54:23j'étais dans la voiture avant d'arriver à Rennes la veille au soir.
- 54:28J'ai appelé deux copains de Rennes en disant,
- 54:30voilà,
- 54:30je suis à Rennes ce soir.
- 54:31Si vous n'avez rien,
- 54:32on dit dans le salle.
- 54:33Oui.
- 54:34Voilà.
- 54:35Ça,
- 54:35j'aime,
- 54:36c'est que spontané.
- 54:37Si j'avais dit à mon copain trois semaines avant,
- 54:40je viens à Rennes tel jour,
- 54:42je lui foutais la pression.
- 54:44Parce que si ça se trouve,
- 54:46ce soir-là,
- 54:46il n'aurait pas pu.
- 54:48mais que comme je venais qu'une fois dans la reine j'aurais créé une merde et c'était pas terrible alors que là on s'est retrouvé les deux que j'ai appelé pouvés,
- 54:57on a bouffé tous les trois ensemble,
- 54:59c'était top
- 55:01voilà ouais bon bah si je passe dans le coin je vous et bah voilà vous m'appelez vous avez tout maintenant vous avez mon téléphone et bah alors j'ai tout j'ai le mail j'ai tout ouais c'est parfait et bah écoutez merci beaucoup c'était c'était génial vraiment je je
- 55:16me suis je vous l'ai dit je me suis vraiment privilégiée de d'avoir cet échange avec vous dans le sens où en fait
- 55:25j'ai osé j'ai osé me contacter voilà c'est ça et du coup je suis vraiment trop contente de
- 55:32d'avoir pu parler avec vous et franchement,
- 55:35déjà que je suis du genre à me dire oui,
- 55:37tout est possible et puis si on a envie,
- 55:39on le fait et puis on verra bien.
- 55:41Mais alors là,
- 55:42franchement,
- 55:42d'avoir pu parler avec vous,
- 55:44je me dis,
- 55:45ça ouvre des vannes.
- 55:46Tant mieux.
- 55:47Franchement,
- 55:48ça ouvre des vannes.
- 55:49Donc,
- 55:50voilà.
- 55:50Merci beaucoup,
- 55:51Joël.
- 55:51Merci et à très vite et bonne chance.
- 55:54Merci.
- 55:54Ciao.
- 55:55Salut.
- 55:56Ciao.
- 56:06Merci d'avoir écouté le podcast et j'espère que cet épisode vous a plu.
- 56:11Si c'est le cas,
- 56:11n'hésitez pas à nous laisser un 5 étoiles et un joli commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 56:17Vous pouvez suivre toutes les aventures de Junco sur Instagram,
- 56:20sur le compte junco-coaching.
- 56:23À très bientôt !