Latest / Le Déclic | Podcast par Alec Henry / 50M€ de CA sans études : les 5 erreurs qui coulent une boîte (et comment les éviter) | Anthony Brice | Déclic 343
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- 0:00Depuis 2017,
- 0:01j'accompagne et côtoie des entrepreneurs à succès.
- 0:03Chaque rencontre est unique et permet d'identifier ce qui crée la réussite.
- 0:07Je suis Alec Henry,
- 0:08l'initiateur du mouvement Entrepreneurs.com.
- 0:10Et dans ce podcast,
- 0:11j'ai l'opportunité d'échanger avec des personnalités inspirantes qui ont su créer la différence.
- 0:16Avec Le Déclic,
- 0:17je vous offre une perspective unique afin que vous puissiez,
- 0:20à votre tour,
- 0:21faire la différence.
- 0:22Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Le Déclic.
- 0:25Encore une fois,
- 0:25bien accompagné,
- 0:26je suis avec Anthony Brice.
- 0:27Comment tu vas ?
- 0:28Salut,
- 0:28ça va et toi ?
- 0:29Eh bien,
- 0:29écoute,
- 0:29ça va super bien.
- 0:30Je suis hyper content de t'avoir sur le Déclic.
- 0:33En plus de ça,
- 0:34tu m'as fait le plaisir de me dire que tu es toi aussi auditeur du Déclic.
- 0:39Donc,
- 0:40on va pouvoir creuser sur pas mal de sujets parce que tu as un sacré parcours.
- 0:44J'ai plein de questions à te poser.
- 0:46Rapidement,
- 0:47je te présente,
- 0:47tu es serial entrepreneur autodidacte.
- 0:50Tu as bâti un groupe,
- 0:51le groupe 39.
- 0:52Un chiffre qui te suit,
- 0:53on en parlait tout à l'heure,
- 0:55un écosystème autour de l'insertion et de la restructuration d'entreprises.
- 0:59Groupe Tante Meuf que tu as fondé il y a maintenant 10 ans,
- 1:03consolide aujourd'hui 41 millions d'euros de chiffre d'affaires en propre,
- 1:0850 millions en consolidé et rassemble plus de 250 collaborateurs.
- 1:12Depuis 2020,
- 1:13tu as piloté une quinzaine de reprises d'entreprises transformant des structures en difficultés en modèles rentables,
- 1:20sans bagages scolaires.
- 1:21à la base,
- 1:21tu as tout appris sur le terrain.
- 1:23En parallèle,
- 1:24tu as épaulé des PME à l'ETI dans des phases de transformation ou de retournement en apportant une approche à la fois stratégique,
- 1:32humaine et opérationnelle.
- 1:33On t'invite aujourd'hui pour comprendre la mécanique réelle de la restructuration,
- 1:37de la structuration d'entreprises sur le terrain,
- 1:40dans le concret.
- 1:41Bienvenue sur le Déclic,
- 1:42Anthony.
- 1:43Merci beaucoup.
- 1:44Rapidement,
- 1:44j'ai envie de tout de suite démarrer et rentrer dans le vif.
- 1:47Tu viens d'un parcours atypique,
- 1:49sans diplôme prestigieux ni réseau quelconque au départ.
- 1:52Qu'est-ce qui t'a donné envie ou plutôt t'a poussé à entreprendre ?
- 1:56Écoute,
- 1:56l'orientation chez moi,
- 1:58ça a été un vrai sujet.
- 2:00Je crois qu'au départ,
- 2:02c'était un mauvais sentiment,
- 2:04celui de la revanche.
- 2:06Et je dis mauvais sentiment parce que souvent,
- 2:09les gens disent qu'ils ne croyaient pas en moi.
- 2:11Alors,
- 2:12du coup,
- 2:12j'ai œuvré et je vais leur montrer.
- 2:15Au contraire,
- 2:15je crois vraiment que ce manque d'orientation,
- 2:18au final,
- 2:19a été une orientation fantastique parce que je n'avais pas d'autre choix.
- 2:23Je me suis retrouvé à avoir le choix entre,
- 2:26au final,
- 2:27avoir une vie juste normale,
- 2:29sans bagage scolaire,
- 2:30donc assez cantonnée,
- 2:33ou alors le choix de l'entrepreneuriat et de la débrouille au départ.
- 2:36Donc voilà,
- 2:38ça a été ça le déclic pour moi au départ.
- 2:42Et quand tu penses à tes débuts ?
- 2:43C'était quoi la plus grande erreur,
- 2:46la plus grosse erreur qui t'a appris la chose la plus importante pour la suite ?
- 2:50Parce que quand tu n'as pas forcément de bagage,
- 2:52que tu entreprends sur le tas,
- 2:54au début,
- 2:54on n'a pas de mode d'emploi qui plus est,
- 2:55ce n'était pas aussi populaire que ça l'est aujourd'hui.
- 2:57Le déclic n'existait pas encore,
- 2:59par exemple,
- 2:59et pas de l'autre chose.
- 3:03Qu'est-ce qui t'a permis en termes d'erreur d'éviter de les reproduire ou tout du moins la plus grande leçon lorsque tu as démarré ?
- 3:10Si on passe directement au moment où j'ai déjà entrepris,
- 3:14la plus grosse erreur a été de sous-estimer l'impact de la trésorerie.
- 3:19La première boîte que j'ai fondée,
- 3:21c'était un modèle d'intermédiation entre des écoles,
- 3:25des organismes de formation et des formateurs.
- 3:29Je me suis retrouvé dans une quête d'être aimé par mes fournisseurs qui étaient les formateurs.
- 3:35Je me suis retrouvé à devoir avancer la trésorerie de mes clients.
- 3:38Ils ont me payé entre le...
- 3:3915 et le 30.
- 3:41Et moi,
- 3:42vraiment,
- 3:42je mettais un point d'orgue à ce que mes formateurs soient payés le 30 de chaque mois,
- 3:47mais le premier mois.
- 3:48Donc,
- 3:49quand tu as une,
- 3:51deux,
- 3:51trois,
- 3:51quatre prestats,
- 3:52ça va.
- 3:53Mais l'entreprise a très,
- 3:55très vite grossi et on s'est retrouvé à avoir des flux négatifs de trésorerie au demi-million d'euros assez rapidement.
- 4:03Et moi,
- 4:04je n'avais pas de culture financière.
- 4:05À ce moment-là,
- 4:06pour moi,
- 4:06la trésor,
- 4:07ça rentre,
- 4:07ça sort.
- 4:08Je gagne de l'argent sur le papier,
- 4:09donc forcément,
- 4:10ça va payer à un moment donné.
- 4:12Et il n'y a qu'à ce moment où on a commencé à projeter la trésor pour de vrai,
- 4:17qu'on a vu qu'il y avait un réel problème et qu'il fallait tout de suite transformer le modèle financier.
- 4:21La trésor,
- 4:22ça tue.
- 4:22C'est aussi simple que ça.
- 4:23Surtout quand tu n'as pas de filet de sécurité,
- 4:26la trésorerie,
- 4:26ça te tue.
- 4:27Complètement.
- 4:27Et à ce moment-là,
- 4:30quand tu te rends compte de cette problématique,
- 4:34comment tu le vis ?
- 4:35comment tu réagis est-ce que tu as une pression je te pose cette question parce que la plupart des auditeurs du déclic sont des entrepreneurs et souvent on va avoir tendance à relier directement son identité personnelle à son entreprise donc quand ça marche on a une haute estime de nous
- 4:50Mais quand ça ne marche pas,
- 4:51on a une faible estime de nous,
- 4:53on le voit comme un échec,
- 4:54encore plus en France,
- 4:56malheureusement,
- 4:56où la culture de l'échec n'est pas forcément quelque chose qui nous fait évoluer,
- 4:59mais plutôt quelque chose qui nous fait en général régresser.
- 5:02Toi,
- 5:02est-ce que tu as eu à un moment une phase de doute,
- 5:05de peur,
- 5:06de crainte ?
- 5:07Ou typiquement,
- 5:08est-ce qu'à ce moment-là,
- 5:09tu te dis,
- 5:10remise en question,
- 5:12on doit pivoter le modèle,
- 5:13ce n'est pas possible ?
- 5:14Comment tu le vis ?
- 5:15Clairement,
- 5:15tu as bien mis les mots parce que...
- 5:17Le premier truc,
- 5:18d'abord,
- 5:18c'est de la déception parce que quand tu poses le constat,
- 5:24tu es sur un truc,
- 5:24mais en fait,
- 5:25c'était devant mes yeux.
- 5:26Il fallait être débile à ce moment-là pour ne pas le voir.
- 5:30À un moment donné,
- 5:31tu peux avancer à 10 000 euros parce que tu as fait du bénéfice sur les mois d'avant,
- 5:35mais à partir du moment où la structure commence à faire 300,
- 5:38400 000 euros par mois,
- 5:39il fallait être bête pour ne pas le voir.
- 5:41Et donc,
- 5:42moi,
- 5:42quand je m'en suis aperçu,
- 5:43c'est le premier truc,
- 5:44c'est de dire,
- 5:44OK,
- 5:44tu n'es pas à la hauteur.
- 5:46Après ça,
- 5:47je suis quelqu'un qui va très vite dans les émotions comme dans l'action.
- 5:52Et du coup,
- 5:53le premier truc qu'on a fait ensuite,
- 5:55c'est qu'on a restructuré le modèle financier immédiatement.
- 5:58À ce moment-là,
- 5:59on s'est rapproché de partenaires financiers classiques,
- 6:02les BPI,
- 6:03les banques,
- 6:03etc.
- 6:04On a mis en place un modèle d'infracturage.
- 6:07Du coup,
- 6:07sans renier sur les principes,
- 6:08parce que c'est là où je veux en venir,
- 6:10on met en place le modèle d'infracturage.
- 6:12On obtient du coup la trésor immédiatement après l'infracturation.
- 6:15ce qui nous permet de continuer à payer nos fournisseurs comptants au moment de la facture.
- 6:20Et après,
- 6:21les problèmes continuent d'arriver parce que tu fais
- 6:24400 000 par mois,
- 6:25la banque te suit,
- 6:26tu commences à faire 2 millions l'encours d'un facturage et plus même.
- 6:31Et donc,
- 6:31au fur et à mesure,
- 6:32là,
- 6:32ça fait 10 ans maintenant,
- 6:34les process de paiement ont été un petit peu décalés.
- 6:37On reste dans la fourchette très basse des délais de paiement,
- 6:40mais il n'en demeure pas moins qu'on ne pouvait pas survivre.
- 6:44sans pivoter sur la partie financière.
- 6:46Ce n'était pas possible.
- 6:47Complètement.
- 6:47Pour ceux qui nous écoutent,
- 6:48de façon à ce qu'ils comprennent ton modèle économique,
- 6:50comment ça fonctionne,
- 6:51qu'est-ce qui fait qu'il y a eu ces besoins,
- 6:54est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est
- 6:57Groupe 39 ?
- 6:58Oui,
- 6:58bien sûr.
- 6:59Là,
- 7:00en particulier,
- 7:01je parlais de la structure Tutozmi,
- 7:02mais le Groupe 39,
- 7:04c'est le nom du groupe qui détient aujourd'hui six structures liées à la formation professionnelle.
- 7:11Et au sein de ces six structures,
- 7:13il y en a une qui s'appelle Tutosmi.
- 7:14Tutosmi,
- 7:15c'est un collectif de formateurs qui regroupe aujourd'hui
- 7:1923 000 intervenants.
- 7:20Donc ça va du formateur en français jusqu'au formateur en marketing.
- 7:25Il y a 300 secteurs d'activité qui sont représentés.
- 7:28Et les écoles passent par Tutosmi pour pouvoir déployer des moyens pédagogiques en face de leurs demandes.
- 7:36Lorsqu'elles ouvrent un groupe en maintenance industrielle,
- 7:39vont avoir besoin de 5,
- 7:416,
- 7:4110 formateurs sur tout le long du parcours.
- 7:43Et donc,
- 7:44elles ont des formateurs en interne qui peuvent faire les troncs communs ou même des petites parties de la formation.
- 7:49Et sinon,
- 7:49pour le reste du temps,
- 7:50elles passent par tutos.
- 7:51Et c'est cette structure-là qui nous a posé souci sur la partie financière parce qu'elle repose vraiment sur de l'intermédiation.
- 7:58Alors,
- 7:58on s'est toujours activé pour proposer des services complémentaires à nos clients.
- 8:05Il n'en demeure pas moins que le fonds du business,
- 8:08ça a été...
- 8:09Tu as besoin d'un formateur,
- 8:10je t'envoie le formateur,
- 8:11je te facture le formateur et moi,
- 8:13je paye le formateur.
- 8:14Sauf que le « je paye le formateur »
- 8:16intervient,
- 8:17intervenait souvent avant le client qui me payait.
- 8:20Et aujourd'hui,
- 8:2123 000 intervenants sur des factures moyennes à 2 000,
- 8:243 000,
- 8:254 000 euros par mois,
- 8:26ça peut vite créer un énorme trou.
- 8:29Surtout que,
- 8:29comme je te disais,
- 8:30la facturage,
- 8:31ça va jusqu'à un certain montant,
- 8:33mais vous avez toujours des plafonds de garantie qui vous bloquent dans votre croissance.
- 8:36Oui,
- 8:38complètement.
- 8:39Et justement,
- 8:40comment tu as constitué ce groupe ?
- 8:42Parce qu'aujourd'hui,
- 8:43tu l'évoques,
- 8:43il y a six entreprises.
- 8:45Est-ce qu'il y a vocation à développer le groupe sur de nouvelles transversales ?
- 8:50Est-ce que tout de suite,
- 8:51tu avais cette vision de ces différentes transversales ?
- 8:53Est-ce que ça s'est fait naturellement par opportunité liée à des reprises,
- 8:58à des rachats ou autre ?
- 8:59Pourquoi je te pose cette question ?
- 9:00C'est parce que tout entrepreneur a dans son ADN de l'ambition et la volonté d'évoluer.
- 9:06mais parfois la vie fait que tu vas évoluer d'une façon complètement différente pour certains.
- 9:10Pour d'autres,
- 9:10ça va déjà être écrit et dès le départ,
- 9:13on a un plan clair qui va être déployé dans un écosystème cadré.
- 9:17Est-ce que ça a été ton cas ou est-ce que ça s'est plutôt fait sur le fil ?
- 9:21Si c'est le cas,
- 9:22comment ça s'est déroulé ?
- 9:24C'est vraiment drôle que tu me poses cette question parce que dans le cadre de ce que je fais aujourd'hui avec le groupe 39 ou avec le pilotage de restructuration ou de transformation,
- 9:33j'agis vraiment de manière différente.
- 9:35Le groupe 39,
- 9:37certains diront que c'est un syndrome de l'imposteur,
- 9:39mais moi je crois en cette chance dont je vais te parler.
- 9:41Le groupe 39,
- 9:42ça a été une succession soit d'opportunités,
- 9:46soit de chances,
- 9:47mais qui ont été complètement invraisemblables.
- 9:50Je te parle peut-être de la première structure.
- 9:53Donc,
- 9:53Tutosmi est créé,
- 9:54on est en 2015.
- 9:56J'habite dans une chambre de bonne avec mon gamin qui a quelques mois.
- 10:02Enfin,
- 10:02les toilettes sur le palier,
- 10:03etc.
- 10:04Je te passe sur le tableau un peu pathétique de ma situation à ce moment-là.
- 10:09On arrive en 2016.
- 10:12Il faut pivoter de modèle parce que,
- 10:14du coup,
- 10:15la structure,
- 10:15initialement,
- 10:16c'est pour des particuliers.
- 10:17Et on tombe sur une annonce Facebook d'un centre de formation.
- 10:22perdu au fin fond de la campagne qui a besoin d'un formateur en bureautique.
- 10:26On tente notre chance en disant,
- 10:28écoutez,
- 10:28on a des formateurs en bureautique chez nous,
- 10:29ce n'était pas le cas à ce moment-là.
- 10:31Le type nous dit OK,
- 10:33et donc on lui envoie un formateur,
- 10:34ça se passe super bien,
- 10:35et donc on se retrouve à avoir un super contrat.
- 10:38Donc le premier contrat,
- 10:39c'est celui-ci.
- 10:40Le client nous adore parce qu'on lui résout énormément de problèmes,
- 10:44et il vient me présenter un copain à lui.
- 10:46Moi,
- 10:46je débarque au rendez-vous avec toute ma jeunesse et ma fougue.
- 10:51Il y a ça.
- 10:52Et le client me dit,
- 10:53écoutez,
- 10:55je vais avoir besoin de 40 formateurs le mois prochain.
- 10:59Et donc,
- 10:59du coup,
- 10:59je passe de 4 formateurs à 40 formateurs avec ce client-là.
- 11:04Ça a été extraordinaire,
- 11:05mais surtout,
- 11:062020,
- 11:07ce client-là est en difficulté,
- 11:10en redressement judiciaire,
- 11:11et donc,
- 11:12c'est mon plus gros client.
- 11:13Il fait 70 %
- 11:15de mon chiffre d'affaires.
- 11:17Je reprends ce client.
- 11:20avant une potentielle liquidation et aujourd'hui c'est devenu la plus grosse boîte de mon groupe et donc ça a été vraiment extraordinaire parce que t'imagines ça part d'un post Facebook d'une recommandation et surtout d'un peu de je
- 11:35dirais de fougue parce que ce qui lui a plu à lui ce dirigeant là c'était le fait que je pouvais lui résoudre un problème qui était insoluble même pour une grosse boîte d'apérim et je lui ai résolu en l'espace de quelques semaines parce que je savais que ma vie en dépendait et puis au final
- 11:49Ils font partie du groupe aujourd'hui et c'est une super boîte.
- 11:52Alors,
- 11:53je vais me permettre de creuser un peu sur le sujet et c'est incroyable cette histoire.
- 11:58Comment tu fais pour en quelques semaines transformer une boîte qui est un partenaire clé pour toi,
- 12:05mais qui est en difficulté,
- 12:06en une boîte qui va être rentable et en plus de ça,
- 12:11dans le même temps,
- 12:12la reprendre ?
- 12:13Ça peut être vraiment intéressant parce que déjà,
- 12:15il y a plein de questions là-dedans.
- 12:17Comment on fait un diagnostic d'entreprise ?
- 12:19Comment on reprend une entreprise ?
- 12:21Comment on redresse une entreprise ?
- 12:24Comment on fait pour minimiser les probabilités aussi d'échec ?
- 12:28Parce qu'il y a un enjeu important pour toi à ce moment-là,
- 12:31vu que c'est un partenaire clé et que tu n'as pas le choix,
- 12:33tu le dis presque,
- 12:34ta vie en dépend.
- 12:36Raconte-nous cette phase,
- 12:37parce que je pense qu'au travers de celle-ci,
- 12:39ça mérite de creuser,
- 12:40il y a plein d'enseignements qu'on peut en tirer.
- 12:43Je vais te raconter la reprise.
- 12:45Effectivement,
- 12:46elle se passe pendant le Covid.
- 12:48Et on reprend cette boîte pour pas grand-chose.
- 12:53Le dirigeant me la cède pour,
- 12:55entre guillemets,
- 12:56quasi rien.
- 12:57Et il se trouve qu'en parallèle,
- 12:59il y a un gros appel d'offres au sein d'une région qui est représentée par la structure.
- 13:08On répond à cet appel d'offres et on le remporte.
- 13:11Alors,
- 13:11ça a été énormément de travail.
- 13:12J'ai rédigé cet appel d'offres avec la directrice de l'époque de la région,
- 13:17c'est la région Centre-Val-de-Loire.
- 13:19On gagne cet appel d'offres et la structure qui faisait 3 millions de chiffres d'affaires et qui perdait 1,5 millions se retrouve à faire 8 millions de chiffres d'affaires et de gagner,
- 13:28on gagne 700 000 euros sur la première année.
- 13:31Donc,
- 13:31c'est pour ça que je te parle de chance,
- 13:32mais aussi je vais te parler du diagnostic juste ensuite.
- 13:36Elle avait absolument envie d'écrire,
- 13:38cette directrice-là.
- 13:40moi j'avais besoin que ça fonctionne donc je m'y suis mis corps et âme et on reprend en juin on gagne la paix de l'offre en juillet donc voilà on passe sur cette chance qui a été extraordinaire mais plutôt sur la suite parce que tu imagines bien que quand ça perd autant d'argent il
- 13:56y avait besoin de faire quelque chose et moi je commence j'ai toujours appliqué la même recette sauf quand elle ne fonctionnait pas et où il fallait changer mais la première chose que je regarde dans une structure c'est le cash Merci.
- 14:07Le cash parce qu'il faut savoir est-ce que la structure a besoin d'une restructuration ou est-ce qu'elle a besoin d'une transformation ?
- 14:14La transformation,
- 14:16c'est quand elle est essoufflée sur un marché et qu'elle a besoin de changer des choses,
- 14:21que ce soit son produit,
- 14:23sa manière de vendre,
- 14:23etc.
- 14:24Je ne parle pas de juste digitaliser les process.
- 14:26Je parle vraiment de changer quelque chose dans son âme.
- 14:29Donc déjà,
- 14:31à partir du moment où je sais s'il faut restructurer ou transformer,
- 14:35Je vais ensuite m'aventurer sur un terrain ou sur l'autre.
- 14:39La deuxième chose,
- 14:41je regarde les marges,
- 14:42parce que produit par produit,
- 14:45client par client,
- 14:46la plupart du temps,
- 14:47on se rend compte que tu as des lignes de produit que tu fais à perte.
- 14:51Et là,
- 14:52tu as toute une ribambelle d'excuses qui revient souvent.
- 14:54C'est que oui,
- 14:56mais ça m'amortit mes charges fixes.
- 14:57Oui,
- 14:58mais le client,
- 14:58il est historique.
- 14:59Non,
- 14:59si tu perds de l'argent sur cette ligne de produit,
- 15:03arrête cette ligne de produit et concentre-toi là où tu as ta marge,
- 15:06surtout si tu es en grande période de restructuration.
- 15:09J'allais dire le troisième jour,
- 15:11mais en tout cas,
- 15:12l'étape 3,
- 15:13c'est les hommes.
- 15:14Je ne parle pas de la direction.
- 15:16Moi,
- 15:16je ne parle pas avec la direction au départ des restructurations que je fais ou des transformations.
- 15:20Je parle toujours avec le terrain.
- 15:22Je crois que le problème,
- 15:24il n'est jamais dans les bureaux vitrés.
- 15:26Tu entends beaucoup plus les problèmes à la machine à café qu'au sein des salles de rue.
- 15:34Donc,
- 15:35les hommes,
- 15:3630 minutes pour moi avec un chef d'atelier ou un commercial,
- 15:40et j'apprends plus que deux heures avec les cadres.
- 15:41Et vraiment,
- 15:42c'est une vraie expérience.
- 15:45la quatrième,
- 15:46la structure est-ce que les responsabilités sont claires est-ce que les process existent vraiment ou est-ce que c'est des powerpoints qui sont dans des clouds que personne n'ouvre en fait tant que il y a des organigrammes hiérarchiques tant que l'organigramme
- 16:02opérationnel n'est pas clair souvent la structure derrière elle n'est pas claire le sens évidemment c'est la dernière étape Mais évidemment,
- 16:11elle est...
- 16:12elle transcende tout le reste.
- 16:15Si les gens ne savent pas pourquoi ils font ce qu'ils font,
- 16:16ça se voit dans le résultat.
- 16:18Et au final,
- 16:19sur cette reprise de structure où on a eu ce petit coup de pouce du destin où on remporte l'appel d'offres au départ,
- 16:25il y a tout ce que je viens de te citer qui a été vu.
- 16:29Et au final,
- 16:30il s'avère que cette structure-là n'avait pas forcément besoin d'une restructuration.
- 16:34On en déplaise à tous les cabinets d'audit et compagnie qui voulaient absolument mener cette restructuration.
- 16:43On a transformé la boîte.
- 16:45On a coupé énormément de dispositifs de formation qui étaient des dispositifs à perte,
- 16:51ce qu'on appelle en compensation de budget dans le jargon.
- 16:54Et c'est à partir de ce moment-là où la structure,
- 16:57aujourd'hui,
- 16:57elle fait,
- 16:58comparée à 2020,
- 16:59elle fait x6 sur son chiffre d'affaires et x20 sur son EBITDA.
- 17:03Waouh !
- 17:03Ah oui !
- 17:04Oui,
- 17:04ça a été costaud.
- 17:06Et là,
- 17:06est-ce qu'on parle d'une exception à la règle dans le cadre des...
- 17:11différentes reprises que tu as pu faire ou que tu as pu suivre ou restructurations que tu as pu faire ou que tu as pu suivre ou c'est quelque chose d'assez courant dans le milieu que tu peux voir,
- 17:24côtoyer ou échanger dans le sens où parfois,
- 17:26tu vois,
- 17:27nous,
- 17:27on le voit dans d'autres proportions parce qu'avec entreprenance.com,
- 17:32on ne fait pas de la reprise,
- 17:33on fait de l'accompagnement qui est très proche de la formation sauf que nous,
- 17:38c'est vraiment de l'accompagnement.
- 17:39Donc,
- 17:39on n'est pas sur...
- 17:40de la formation professionnelle.
- 17:42Et on constate que beaucoup de dirigeants,
- 17:45parfois,
- 17:45n'ont pas mis en place plein de stratégies qui sont aujourd'hui au bout du jour,
- 17:48mais qui ne l'étaient pas forcément il y a 3 ans ou il y a 5 ans.
- 17:51Et dès lors qu'ils intègrent de la publicité digitale,
- 17:54des process beaucoup plus lean au niveau de leur recrutement,
- 17:57de l'intelligence artificielle,
- 17:59ou un repositionnement à l'égard du marketing de leurs offres,
- 18:02tout de suite,
- 18:03ils ont des résultats assez dingues,
- 18:05et ce,
- 18:06presque de manière instantanée.
- 18:07Est-ce que c'est quelque chose que...
- 18:09Toi,
- 18:09tu identifies aussi parce que des fois,
- 18:11il y a une sorte de narrative ou rétention du dirigeant initial au changement ou parce qu'il y a une incapacité à pouvoir lire clairement dans des bilans ou voir la data qui paraît évidente pour toi,
- 18:29mais qui ne l'est pas pour d'autres.
- 18:30Typiquement,
- 18:31les business units qui coûtent de l'argent plutôt que d'en rapporter,
- 18:34toutes ces choses,
- 18:36ça peut être intéressant parce que finalement,
- 18:38Peut-être que même des gens qui nous écoutent,
- 18:39sans parler de reprise ou sans parler de restructuration,
- 18:42mais perdent de l'argent tous les mois parce qu'ils ont en fait le nez sur le mauvais focus et sur le mauvais élément dans leur boîte.
- 18:50Oui,
- 18:51mais je te suis complètement là-dessus.
- 18:54Et tu vois,
- 18:54ce que tu cites,
- 18:56c'est toujours de la transformation.
- 18:57Et ce n'est pas le plus difficile,
- 19:00mais dans le cadre de restructuration,
- 19:02le dirigeant ou la dirigeante,
- 19:04ils sont au bord du dépôt de bilan.
- 19:06et en fait c'est soit
- 19:07il change soit il meurt donc c'est entre guillemets plus facile de faire accepter à un dirigeant de modifier quelque chose quand tu fais de la restructuration mais dans la transformation c'est à dire que l'entreprise a encore un peu de cash et pas complètement morte,
- 19:22c'est plus compliqué parce que soit tu mets le dirigeant en face d'une erreur manifeste,
- 19:28soit tu as un dirigeant qui a trop d'ego pour reconnaître que ce qu'il fait ne fonctionne pas et c'est vraiment difficile mais tu vois Merci.
- 19:38La majorité des structures que j'accompagne,
- 19:40ce ne sont pas des structures que je reprends.
- 19:43Je ne les reprends pas toutes,
- 19:44sinon je ne pourrais pas suivre.
- 19:47J'ai un exemple d'un...
- 19:50Un monsieur qui est devenu un ami ensuite,
- 19:53il a une boîte qui fait de l'impression textile et objet publicitaire.
- 19:59Et elle me fait rire cette transformation parce que c'est une de mes plus belles réussites,
- 20:04mais c'est aussi la plus absurde et il ne m'en voudra pas s'il m'écoute.
- 20:08Donc cette PME-là,
- 20:11au départ on doit l'accompagner parce qu'il fait une demande de formation pour son service financier.
- 20:16Sauf que lors de l'audit avec l'INGPEDA chez nous,
- 20:21l'AGPDA me transfère le dossier parce qu'il sent qu'il y a quelque chose et au final il a raison j'appelle le dirigeant c'est une boîte de 25 salariés qui est en décroissance depuis 3 ans mais qui continue à gagner des sous donc ils sont pas au bord de la faillite mais ils
- 20:36perdent 10%
- 20:37par an le dirigeant il est fatigué il a plus de vision,
- 20:40plus d'équipe commerciale il a la cinquantaine bref c'est le cliché vraiment de la boîte à bout de souffle on arrive au moment de
- 20:49du diagnostic et le type avait plus de service commercial parce qu'il n'aimait pas les vendeurs.
- 20:55Il avait viré les deux derniers l'année d'avant.
- 20:58Il a décrété que le bouche-oreille,
- 21:00il suffirait.
- 21:00Bref,
- 21:00il n'y a plus d'appel chez lui,
- 21:02il n'y a plus de client,
- 21:02il n'y a plus de cash.
- 21:03Mais surtout,
- 21:04quand tu es allé sur son site web,
- 21:06tu avais une erreur
- 21:07404 d'OVH.
- 21:08Tu vois la page blanche avec le petit fil qui dit que le site n'est pas connecté.
- 21:13Donc,
- 21:14on signe un accompagnement d'un an à la base.
- 21:16Au final,
- 21:17le premier mois,
- 21:18on recrute le commercial.
- 21:19On lance un CRM très simple,
- 21:22on fait un script d'appel.
- 21:24Je crois qu'on a fait son site avec,
- 21:25je ne sais pas si tu connais,
- 21:26Loveable qui est un outil
- 21:27IA pour créer des sites web qui est super.
- 21:30Bref,
- 21:31franchement,
- 21:31on n'a pas fait grand-chose.
- 21:32Trois semaines après qu'on ait fait ça,
- 21:34le type avait enregistré plus de commandes que N-1.
- 21:39Du coup,
- 21:39ce n'est pas que j'ai perdu le consulting,
- 21:41mais du coup,
- 21:42j'ai perdu de l'argent là-dedans parce qu'au bout de deux mois,
- 21:44le type n'avait plus besoin de moi.
- 21:47mais au final on a fini par le convaincre de continuer et notamment pour développer le truc il a monté un système de franchise et au final il est devenu à la fois il marquait les vêtements et les produits publicitaires mais il vendait aussi ses machines à présent à tous ses franchisés mais
- 22:04en fait tout ça pour dire que parfois comme tu le disais juste avant il faut du bon sens parce qu'il faut vivre avec son époque,
- 22:11tu parlais de l'IA
- 22:13toute entreprise aujourd'hui qui n'intègre pas l'IA dans ses process,
- 22:17soit perd du temps ou soit va dans le mur.
- 22:19C'est aussi simple que ça.
- 22:21Du bon sens,
- 22:21parfois,
- 22:22ça suffit.
- 22:23Oui,
- 22:24complètement.
- 22:25Je te rejoins.
- 22:25C'est un superbe exemple parce que finalement,
- 22:27là,
- 22:27c'est vraiment un exemple qui est assez gros où tu as une erreur 404,
- 22:33tu mets un vrai truc,
- 22:34un vrai site qui convertit,
- 22:35un vrai sales et puis ça repart.
- 22:38donc finalement c'est pas si compliqué alors j'imagine qu'il y a eu aussi eu quelques petites nuances et puis des choses qui ont été améliorées mais qui font une vraie différence tu dis souvent faut parfois casser avec un très juste exemple que tu as évoqué tout à l'heure où
- 22:55tu casses une business unit parce qu'elle n'est même plus rentable c'est quoi toi les 3 trucs à virer entre guillemets en premier,
- 23:03est-ce que c'est un produit est-ce que c'est
- 23:06des gens potentiellement ?
- 23:07Est-ce que c'est des habitudes ?
- 23:08Est-ce que c'est des choses qu'on devrait faire qu'on ne fait pas ?
- 23:11D'expérience,
- 23:12de ce que tu as vu,
- 23:13c'est quoi les trois premières choses que tu vas regarder en te disant « Ok,
- 23:18est-ce qu'au moins ça,
- 23:19ça a été optimisé,
- 23:21ça a été fait,
- 23:21est-ce que c'est en place ou pas ? »
- 23:23Déjà,
- 23:24quelque chose d'immatériel.
- 23:27Pour moi,
- 23:27la première chose que je vis,
- 23:29c'est les illusions.
- 23:30Désolé,
- 23:31c'est un peu métaphorique.
- 23:33Mais en fait,
- 23:33ça se traduit derrière surtout,
- 23:35on en parlait tout à l'heure,
- 23:36le produit qui ne marche pas,
- 23:38le client qui ne paye pas ou le projet qu'on maintient pour l'image,
- 23:42pour moi,
- 23:42c'est le premier truc à virer.
- 23:44On nettoie la fiction.
- 23:46En fait,
- 23:47si tu veux sauver ta boîte,
- 23:47il faut d'abord arrêter de te mentir.
- 23:49Donc,
- 23:50pour moi,
- 23:51le déni,
- 23:52c'est vraiment la première ligne du passif sur le bilan que tu ne vois pas.
- 23:56Derrière,
- 23:57pour moi,
- 23:57il y a les activités parasites.
- 23:59Alors,
- 24:00quand je parle des activités...
- 24:01Parasite,
- 24:02on ne parle pas d'humains.
- 24:03On parle vraiment de produits qui sont là.
- 24:07J'en ai parlé tout à l'heure.
- 24:09Soit parce qu'il y a un client historique derrière.
- 24:11Et donc,
- 24:11du coup,
- 24:12on est venu créer un produit dédié pour un client.
- 24:16Le client qui ne cesse de faire des itérations sur itérations,
- 24:19à qui on ne fait pas payer ces itérations et qui,
- 24:23au final,
- 24:23nous troue la trésorerie parce que soit tu as une agence,
- 24:26soit tu as des devs,
- 24:27soit tu as...
- 24:29C'est de la dépense,
- 24:29en fait.
- 24:29Et à partir de ce moment-là,
- 24:32c'est difficile,
- 24:33mais c'est plus facile pour moi parce que je ne connais pas le client quand j'arrive au sein d'une structure.
- 24:38C'est le truc vraiment que je coupe.
- 24:41Les humains,
- 24:42c'est vraiment la dernière chose que je vais couper,
- 24:45sauf s'il y a une décorrélation.
- 24:48Complète entre le ratio de masse salariale avec le chiffre d'affaires.
- 24:53Quand tu restructures,
- 24:55c'est vraiment pour moi le truc le plus touchy.
- 24:59Surtout quand tu arrives dans des vieilles organisations,
- 25:02que les gens sont là depuis 1990.
- 25:05Il faut faire vraiment très attention à comment tu le fais au niveau de l'humain.
- 25:10Et puis,
- 25:10je vais te donner un truc un peu bateau,
- 25:12mais c'est super important parce que les gens ne le voient pas.
- 25:15Il y a des...
- 25:16structures qui ont du
- 25:1825 m² par salarié en termes d'immobilier ou qui vont garder un local parce que potentiellement ils vont gagner un futur marché.
- 25:28L'immobilier ça va vite parce que tu regardes ton loyer mais regarde aussi les charges locatives que tu as derrière.
- 25:34Regarde l'entretien,
- 25:35regarde les consommables etc.
- 25:39Je pense que je n'ai pas à réinventer quoi que ce soit en te disant cela mais...
- 25:44Les gens sont souvent dénis vis-à-vis de ces charges-là.
- 25:47Finalement,
- 25:47est-ce que ce n'est pas aussi dû au fait que les gens ne prennent pas suffisamment conscience de l'importance de leurs chiffres ?
- 25:55Les chiffres financiers,
- 25:56les chiffres marketing,
- 25:57tous les indicateurs clés de performance de leur boîte qui font que tu peux vraiment piloter parce que si tu ne viens pas mesurer,
- 26:03tu es en difficulté pour pouvoir améliorer et piloter réellement.
- 26:07J'imagine qu'aujourd'hui,
- 26:09une grande partie de ton quotidien,
- 26:11et ça peut être intéressant que tu nous partages à quel point
- 26:14Ça a changé entre le moment où tu t'es lancé,
- 26:19la phase 2020 et puis aujourd'hui,
- 26:23ton quotidien.
- 26:24Mais pour en revenir à la base,
- 26:27est-ce que finalement l'important,
- 26:28ce n'est pas de maîtriser pour mieux piloter ?
- 26:33Tu sais,
- 26:33il y a un adage,
- 26:34je ne sais pas si tu le connais,
- 26:36qui dit que le chiffre d'affaires,
- 26:38c'est de la vanité,
- 26:39le profit,
- 26:39c'est le bon sens et l'argent est roi.
- 26:42À partir du moment où j'entends un dirigeant parler en chiffre d'affaires,
- 26:47d'ores et déjà,
- 26:48il y a un premier problème.
- 26:50Les marges,
- 26:51ensuite,
- 26:52il faut plonger dans le produit pour ne pas avoir une moyenne et il faut absolument que l'ensemble de tes produits viennent générer de la marge.
- 27:00Je mettrais juste l'exception sur les produits d'appel qui viennent générer la marge juste ensuite.
- 27:05Et derrière,
- 27:06la trésor,
- 27:06si tu ne monitors pas ta trésor et que tu restes…
- 27:10sur ton bas de bilan avec
- 27:13EBITDA, chiffre d'affaires.
- 27:14Enfin,
- 27:15ça ne peut pas fonctionner.
- 27:16Tu as besoin d'avoir des circuits financiers qui sont importants.
- 27:19Et le monitoring du cash,
- 27:22c'est pour moi la première chose.
- 27:24Vraiment,
- 27:25surtout quand tu vas mal,
- 27:26c'est la première chose à faire.
- 27:29Certains dirigeants préfèrent être dans l'action.
- 27:32Et je le comprends fortement.
- 27:33Ils préfèrent être en clientèle.
- 27:35Ils préfèrent être avec leurs salariés.
- 27:37seulement assure-toi de pouvoir payer tes salariés à la fin du mois et après va passer du temps avec eux mais tant que t'es pas sûr de ça il faut que tu restes concentré sur ce qui fait que t'as du carburant dans ta machine complètement je suis 100%
- 27:52animé et j'en reviens à ma question également aujourd'hui c'est quoi ton quotidien toi parce que j'entends j'entends cette compétence de restructurer
- 28:05de voir là où il y a potentiellement des choses à ajuster,
- 28:09les goulots d'étranglement,
- 28:10la vision stratégique,
- 28:11mais 360,
- 28:12que ce soit pour ton propre groupe,
- 28:13mais aussi pour des sociétés que tu vas venir accompagner à certains égards.
- 28:19Pour autant,
- 28:19tu restes un chef d'entreprise.
- 28:21Aujourd'hui,
- 28:21c'est plus de 250 collaborateurs.
- 28:24Il y a une vision de développement.
- 28:26J'ai l'impression que l'évolution,
- 28:27ça fait vraiment partie de ton ADN.
- 28:30Donc,
- 28:30il faut être assez ambivalent en fait.
- 28:32Sur le fait de piloter,
- 28:33de diriger,
- 28:34d'avoir de la vision,
- 28:36de croître,
- 28:36mais aussi pouvoir le faire bien pour les autres parce que c'est un peu ta zone de génie.
- 28:40Comment tu gères tous ces différents postes et toutes ces différentes casquettes au quotidien ?
- 28:46J'ai un côté un peu ambivalent sur le sujet parce que j'ai des moments forts et des moments faibles dans l'année que j'arrive à bien cartographier.
- 28:58et lors des moments forts,
- 29:00je vais pouvoir notamment être...
- 29:02beaucoup sur le terrain,
- 29:03être très souvent avec mes équipes ou celles des structures que j'accompagne.
- 29:10Et à ce moment-là,
- 29:10je suis en quête de tout.
- 29:12Je regarde les fuites d'énergie,
- 29:14les coûts cachés,
- 29:15les problèmes de culture qui ne se voient pas au bilan.
- 29:17Je suis vraiment dans un truc où...
- 29:20Je ne sais pas si...
- 29:21Quand j'étais plus jeune,
- 29:22il y avait un truc,
- 29:23c'était la trilogie du samedi,
- 29:25je crois que c'était The Sentinel,
- 29:27qui avait les sens qui étaient ultra développés.
- 29:30J'ai l'impression d'être ce type.
- 29:31là quand je suis en entreprise en période forte et du coup ça me permet vraiment d'avoir la température de l'entreprise aujourd'hui le groupe 39 tu as une centaine de sites en France donc j'essaye d'être sur tous les sites au moins deux fois par an ce qui fait que
- 29:49Je suis énormément sur la route.
- 29:52Après,
- 29:52tu peux me voir comme un...
- 29:54comme un fou en train de changer une lampe qui clignote et qui m'exaspère.
- 29:58Ou alors,
- 29:59tu peux me voir avec les équipes en essayant d'insuffler ce truc parce qu'au sein du groupe 39,
- 30:04vu que c'est très éclaté en termes de géographie,
- 30:09le site le plus haut est à Creil dans le nord et le site le plus bas est à Marseille dans le sud.
- 30:14C'est très éclaté,
- 30:15tu as vraiment intérêt d'être proche de tes équipes,
- 30:18de discuter avec elles.
- 30:20Il n'y a rien de pire pour moi quand j'arrive sur un site.
- 30:23et qu'on ne me reconnaît pas.
- 30:24Non pas par ego,
- 30:25mais ça veut juste dire que j'ai mal fait mon job et que si la personne ne me connaît même pas,
- 30:32comment elle va savoir ce que j'ai envie pour la structure,
- 30:35ce que j'imagine pour elle et pour eux.
- 30:39Après,
- 30:40il y a aussi les DG qui sont là,
- 30:42puisque chacune des structures du groupe 39 a son directeur ou sa directrice.
- 30:47Et du coup,
- 30:48c'est les relais.
- 30:49Alors,
- 30:49tu vois,
- 30:50je suis peut-être parfois...
- 30:52pas très bon avec eux parce que dans ces périodes-là,
- 30:55je prends beaucoup de place et du coup,
- 30:58je ne suis pas forcément le meilleur communicant mais je suis toujours vrai.
- 31:03Donc,
- 31:04ça aide beaucoup.
- 31:06Derrière,
- 31:07je te parlais des moments forts et des moments faibles.
- 31:10J'en ai,
- 31:11évidemment.
- 31:11Je ne suis pas à 300 km heure pendant 365 jours et dans les moments faibles,
- 31:18je suis quelqu'un qui apprécie et...
- 31:20beaucoup la littérature,
- 31:22littérature dans tous les sens du terme.
- 31:24Je me forme beaucoup,
- 31:26j'écris beaucoup,
- 31:27je lis beaucoup,
- 31:27j'écoute que ce soit tes podcasts ou ceux de tes confrères.
- 31:33Donc,
- 31:34il y a un truc qui est sûr,
- 31:34c'est que je ne suis jamais à l'arrêt.
- 31:36J'ai cinq enfants à la maison,
- 31:38qui plus est,
- 31:38donc je ne sais pas m'arrêter.
- 31:40Je dors six,
- 31:41sept heures par nuit,
- 31:42les journées commencent à cinq heures,
- 31:43elles finissent à 21,
- 31:4422,
- 31:46mais vraiment,
- 31:47j'alterne entre périodes fortes.
- 31:49et période faible et il faut écouter ces trucs-là parce qu'en période faible,
- 31:54ton travail,
- 31:55il n'est pas de la même qualité.
- 31:57Je n'accompagne personne en période faible,
- 31:59par exemple.
- 32:00J'entends.
- 32:01Je rebondis sur un point et c'est super intéressant.
- 32:05tu dis que vous avez une centaine de sites.
- 32:07Tu dis que tu essaies d'être présent dans chacun d'entre eux au moins deux fois dans l'année et donc,
- 32:15la conséquence,
- 32:16c'est que tu passes beaucoup de temps à te déplacer.
- 32:19je n'arrive pas à me rendre compte combien de temps,
- 32:21mais j'imagine plusieurs heures par semaine,
- 32:24peut-être plusieurs dizaines d'heures par semaine cumulées.
- 32:27Et on ne cesse de répéter partout,
- 32:32aux entrepreneurs en général,
- 32:34parce qu'on le sait et parce que c'est nécessaire,
- 32:36d'essayer de se concentrer uniquement sur sa zone de génie et sur des tâches à haute valeur ajoutée et de délayer ou de supprimer tout ce qui pourrait nous faire...
- 32:44perdre du temps.
- 32:45Je mets des guillemets,
- 32:46on ne me voit pas là,
- 32:46mais je mets des grandes guillemets avec les doigts.
- 32:50Le déplacement,
- 32:51par exemple,
- 32:51dans une voiture,
- 32:52en train,
- 32:54en avion,
- 32:54on pourrait considérer que ça fait perdre du temps.
- 32:57Pour autant,
- 32:59avec cette volonté de croissance,
- 33:00avec cette maîtrise,
- 33:02avec cette évolution,
- 33:03avec ces responsabilités,
- 33:04cette vision,
- 33:05et en plus de ça,
- 33:06tu le dis,
- 33:06tu as cinq enfants aussi à la maison,
- 33:08donc j'imagine que tu as envie de passer un maximum de temps avec eux,
- 33:11tu prends la décision de quand même
- 33:14privilégier le présentiel et être présent au moins une fois,
- 33:17voire deux fois dans l'année auprès de toutes ces structures du groupe.
- 33:23Je trouve que c'est suffisamment intéressant pour rebondir dessus et l'évoquer.
- 33:26Qu'est-ce qui fait que selon toi,
- 33:29le physique,
- 33:29le présentiel et cette proximité qui plus est avec le terrain,
- 33:34et je rebondis aussi sur un élément que tu as évoqué tout à l'heure,
- 33:37je ne sais plus quelle analogie tu as évoqué,
- 33:39mais tu disais que ce n'est pas forcément dans les bureaux avec les grandes fenêtres.
- 33:43que c'est là qu'on prend les meilleures décisions mais c'est aussi en voyant le terrain et je suis assez d'accord avec toi pour ceux qui nous écoutent qu'est-ce qui fait selon toi que tu estimes que cet investissement finalement en temps en vaut tellement la chandelle que tu continues à le faire délibérément parce que tu aurais très bien pu le déléguer par exemple.
- 34:00Oui,
- 34:00c'est sûr après si tu parlais de zone de génie ma zone de génie à moi en dehors de ces moments faibles où je peux être
- 34:10derrière un bureau à vraiment travailler,
- 34:12produire,
- 34:13écrire.
- 34:14Ma zone de génie,
- 34:15moi,
- 34:15ce n'est pas d'être derrière un bureau dans ses moments forts,
- 34:17c'est d'aller sentir les boîtes.
- 34:19Quand j'arrive sur un site,
- 34:20je ne viens pas pour contrôler,
- 34:21je viens pour comprendre l'énergie.
- 34:23Est-ce que ça tourne ?
- 34:24Est-ce que les gens savent pourquoi ils sont là ?
- 34:26Est-ce que la machine respire ?
- 34:29Est-ce que les salariés se sentent bien ?
- 34:33Tu parlais du train tout à l'heure.
- 34:36C'est des moments aussi où tu peux produire.
- 34:39c'est
- 34:39peut-être un peu d'attente dans les gares,
- 34:42quand on voit bien,
- 34:43où beaucoup d'attente et de galère et d'insultes intérieures quand ça ne va pas.
- 34:48Et puis pour ce qui est de l'Île-de-France...
- 34:51En voiture,
- 34:52généralement,
- 34:52on est en covoiturage et ce n'est pas moi qui conduis.
- 34:55Donc,
- 34:55j'ai l'ordi,
- 34:56j'ai le téléphone avec moi.
- 34:58Quand je te dis que je ne peux pas être immobile,
- 35:02ça vaut aussi dans mes moments où je me déplace.
- 35:06Je véhicule des choses à l'intérieur même de mon véhicule.
- 35:09Donc,
- 35:09au contraire,
- 35:10je crois vraiment que ma présence sur site,
- 35:14c'est peut-être une espèce d'exemple un peu stéréotype,
- 35:19mais tu sais quand t'as des gens qui
- 35:21ton vue deux fois dans l'année,
- 35:22mais quand tu arrives sur site,
- 35:24tu files un coup de main pour réparer la table qui est dévissée et que le mec du service technique n'a pas pu passer aujourd'hui,
- 35:32je crois que tu as plus de valeur qu'un type que tu vois en visio une fois par an et qui te dit à quel point c'est génial ce que tu fais.
- 35:39Après,
- 35:39je me trompe peut-être,
- 35:40il y a peut-être aussi une espèce de culture de l'âge où je suis relativement jeune,
- 35:46donc pas encore trop fatigué sur les déplacements.
- 35:50Mais pour moi,
- 35:52un dirigeant doit être sur place.
- 35:53Et peu importe que ce soit un petit site,
- 35:55un gros site,
- 35:56tu me vois autant sur le gros site de Montreuil que sur le petit site de Nice ou même en région Centre-Val-de-Loire.
- 36:06D'ailleurs,
- 36:06j'y vais lundi prochain pour tout te dire.
- 36:09J'ai rebondi sur un point.
- 36:10Tu as évoqué à plusieurs reprises le mot culture.
- 36:12Donc,
- 36:12culture d'entreprise,
- 36:13en l'occurrence,
- 36:15c'est clé,
- 36:16c'est capital.
- 36:17Quand on veut…
- 36:18grandir,
- 36:19quand on veut évoluer,
- 36:19quand on veut avancer.
- 36:22Aujourd'hui,
- 36:22toi,
- 36:22dans tes reprises,
- 36:25restructurations,
- 36:26etc.,
- 36:26comment tu as fait pour maintenir une culture,
- 36:31en tout cas faire adopter la culture globale du groupe à des entreprises qui les intégraient ?
- 36:37Parce que lorsque tu intègres une entreprise parce que tu as été recruté,
- 36:41c'est différent,
- 36:41c'est assez rapide,
- 36:42tu vas être unbordé et puis en général,
- 36:45tu vas te...
- 36:47tu vas t'ajuster ou alors ça ne va pas fonctionner et du coup,
- 36:51ça va être compliqué de continuer à avancer.
- 36:54Par contre,
- 36:55en cas de reprise ou de consolidation ou de joint venture,
- 36:58c'est un vrai sujet en général,
- 36:59le fait de casser une culture existante pour réussir à faire adopter une nouvelle.
- 37:05Comment tu mets en place ça ?
- 37:07Tu vois,
- 37:08moi,
- 37:09je prends le truc dans l'autre sens et je dis ça parce que quand j'arrive dans une structure,
- 37:15alors,
- 37:16Là,
- 37:16on parle de reprise.
- 37:17Donc,
- 37:17on parle des structures qui intègrent le groupe 39.
- 37:21Quand je reprends ces structures,
- 37:23je n'impose pas la culture du groupe 39.
- 37:26Parce qu'en fait,
- 37:27si tu fais ça,
- 37:28et du coup,
- 37:29je te raconterai une anecdote ensuite sur un foirage complet à ce niveau-là,
- 37:33mais quand tu fais ça,
- 37:34en fait,
- 37:34tu arrives avec tes grandes théories,
- 37:36tes jolis mots,
- 37:37les équipes t'écoutent poliment et continuent de faire comme avant.
- 37:40Donc,
- 37:40la première chose que je fais,
- 37:42c'est d'observer.
- 37:43C'est ce que je te disais tout à l'heure dans la recette,
- 37:45entre guillemets.
- 37:46que je pratique.
- 37:47Donc,
- 37:48moi,
- 37:48je ne cherche pas à effacer.
- 37:49Je cherche à comprendre ce qui est déjà en place,
- 37:51ce qui est déjà vivant.
- 37:53Je ne parle pas de ce qui est écrit.
- 37:54Je suis vraiment...
- 37:55OK,
- 37:56c'est quoi chez vous qu'on ne doit surtout pas perdre ?
- 37:58Une fois que tu enlèves les process,
- 38:02la partie commerciale,
- 38:03la contact,
- 38:04etc.,
- 38:04qu'est-ce qui reste ?
- 38:05C'est la culture.
- 38:07À partir du moment où je sais ce qui anime ces gens-là,
- 38:09je regarde qu'est-ce qui peut rassembler au sein du groupe 39.
- 38:13Qu'est-ce qu'on a de commun,
- 38:13déjà ?
- 38:14Parce qu'on reste quand même dans un même secteur.
- 38:16Donc,
- 38:17tu vois,
- 38:17notamment l'insertion professionnelle,
- 38:18la formation.
- 38:20Tu vois,
- 38:20si tu arrives dans une structure qui n'a pas d'ores et déjà la valeur du partage,
- 38:24bon,
- 38:24c'est que tu t'es quand même un peu trompé de cible,
- 38:26tu vois.
- 38:26Donc,
- 38:27déjà,
- 38:27le partage et la transmission,
- 38:29le servir l'autre,
- 38:31généralement,
- 38:32c'est des valeurs qui sont communes aux entreprises du groupe 39 et dans la formation professionnelle en règle générale.
- 38:39Mais du coup,
- 38:39à partir de ce moment-là où tu as les points communs,
- 38:42après,
- 38:42tu bâtis la culture ensemble.
- 38:44Tu gardes ce qui marche,
- 38:45tu supprimes ce qui détruit.
- 38:47Et là,
- 38:47les gens ne sont pas avares de supprimer ça.
- 38:50En revanche,
- 38:51là où ça peut poser un sujet,
- 38:53c'est quand tu as des différences territoriales où des fois,
- 38:58ça peut un peu s'entrechoquer.
- 39:01Et donc,
- 39:02l'humour est un bon rempart à tout ça.
- 39:05Mais en tout cas,
- 39:06une culture,
- 39:07pour moi,
- 39:07ça ne s'écrit pas,
- 39:08ça se répète.
- 39:08Donc,
- 39:10la cohérence,
- 39:11la transparence.
- 39:13et surtout le fait de l'incarner.
- 39:16C'est bien beau d'écrire bienveillance,
- 39:18partage et respect de l'autre sur le mur de ta boîte,
- 39:21au-dessus de la machine à café,
- 39:23mais si tu n'incarnes pas ce truc-là,
- 39:25si le dirigeant n'est pas lui-même là-dedans,
- 39:29ça n'a pas grand sens et les équipes arrêtent de se dire qu'il y a une culture d'entreprise et commencent plutôt à dire que le dirigeant est la sienne et que les salariés ont la leur.
- 39:40En fait,
- 39:40tu gagnes à partir du moment où
- 39:42où c'est les salariés qui parlent de notre culture d'entreprise et pas le dirigeant.
- 39:46Le dirigeant,
- 39:47à chaque fois qu'il le répète,
- 39:48c'est que la culture n'est pas assez...
- 39:51elle n'est pas assez au sein des organisations.
- 39:53Je t'ai fait un peu une réponse de normand.
- 39:55J'espère que tu as saisi et que les auditeurs saisiront ce que j'ai dit sur le sujet de la culture.
- 40:01Mais vu que c'est un sujet très touchy,
- 40:03tu ne peux pas avoir de réponse ferme et définitive sur le sujet.
- 40:08Oui,
- 40:08complètement.
- 40:08Moi,
- 40:09ce que je retiens,
- 40:10et c'est peut-être une des premières fois que je l'entends et je trouve ça hyper intéressant.
- 40:16c'est que la culture,
- 40:18ce n'est pas forcément celle que le dirigeant évoque tous les jours,
- 40:20mais plutôt celle qui est évoquée par les collaborateurs,
- 40:22ceux qui travaillent dans la boîte.
- 40:25Et ça,
- 40:26c'est hyper important,
- 40:27parce que souvent,
- 40:29on peut avoir tendance à se convaincre ou on se fourvoie en se disant que plus on la répète,
- 40:34plus elle va être incarnée,
- 40:36alors qu'en réalité,
- 40:37on devrait plutôt créer des situations propices à l'incarner et puis la faire exprimer finalement par les collaborateurs dans les faits.
- 40:45mais aussi à terme dans les propos parce que c'est eux qui sont le porte-drapeau et qui sont au quotidien avec les autres.
- 40:52Et nous,
- 40:52on n'a que 24 heures dans une journée en tant qu'entrepreneur.
- 40:55Donc,
- 40:56hyper intéressant comme point.
- 40:58Je passe du coq à l'âne entre des fois la reprise,
- 41:02la restructuration,
- 41:03etc.
- 41:03Mais il y a tellement de choses à évoquer dans cet épisode,
- 41:05j'en profite.
- 41:07Tu dis que quand tu restructures une boîte,
- 41:10tu la restructures en pensant à la revente.
- 41:14c'est quoi les
- 41:16Les quelques piliers,
- 41:17c'est 5 piliers d'une boîte qui se revend bien.
- 41:22Quand tu penses à la restructuration,
- 41:24c'est quoi s'il y avait 5 points,
- 41:26les points qu'il faut absolument prioriser dans le cadre d'une revente potentielle ou même si on ne veut pas la revendre,
- 41:33mais qui va permettre de pérenniser l'entreprise ?
- 41:35Alors là,
- 41:36il y a un vrai truc parce qu'effectivement,
- 41:39il y a sur la quinzaine de structures que j'ai accompagnées dans le cadre de restructuration.
- 41:45Il y avait souvent des sujets de « ok,
- 41:47tu viens restructurer parce que les actionnaires historiques doivent revendre la structure,
- 41:52c'est leur clause de sortie à ce moment-là,
- 41:54sauf que la boîte ne va pas super bien et donc il y a une moins-value,
- 41:57donc il faut quelqu'un pour faire en sorte que ça fonctionne » .
- 42:02Si je devais te donner cinq critères,
- 42:06je pense que le premier,
- 42:07du coup c'est vraiment de l'impro parce que je n'ai pas de critères en tête,
- 42:12en tout cas qui sont gravés dans le marbre,
- 42:14mais le premier…
- 42:15Quoi qu'il arrive,
- 42:15c'est la lisibilité.
- 42:17Parce que si un acheteur arrive et doit racheter la boîte,
- 42:24ce qu'il faut,
- 42:24c'est qu'il ne passe pas trois semaines à comprendre comment la boîte gagne de l'argent.
- 42:28Parce que si jamais tu passes trois semaines à comprendre comment la boîte gagne de l'argent,
- 42:31c'est qu'elle ne vaut rien.
- 42:32Une entreprise qui est revendable,
- 42:35c'est une entreprise où le business model se lit en deux slides.
- 42:38Je n'ai pas trop PowerPoint,
- 42:40mais c'est pour l'image.
- 42:42Deuxième pilier,
- 42:43je dirais...
- 42:44La rentabilité saine,
- 42:46évidemment.
- 42:47Alors,
- 42:48je dis saine parce que je l'ai vu dans beaucoup de structures qui essayaient de se faire plus belle qu'elles ne l'étaient.
- 42:56Tout ce qui est lié aux provisions,
- 42:58du one-shot,
- 43:01de la marge qui n'est pas récurrente,
- 43:02etc.
- 43:04Pour moi,
- 43:04c'est une entreprise qui n'est pas saine.
- 43:08Pour moi,
- 43:09c'est l'inverse.
- 43:10Il faut de la marge récurrente,
- 43:12de la marge qui soit maîtrisée.
- 43:14et un pilotage du cash.
- 43:15Je préfère une boîte qui fait 3 millions et qui fait 500 000 de résultats qu'une boîte qui fait
- 43:2125 millions et qui a un coût de provision et de FAE.
- 43:26FAE,
- 43:26c'est des factures à émettre,
- 43:27donc c'est la même chose qu'une provision.
- 43:28Ça te dit que la boîte est rentable.
- 43:31Après,
- 43:33la dépendance,
- 43:33je crois que c'est un critère important.
- 43:36Si la boîte repose sur un seul client ou un seul produit,
- 43:40ou pire,
- 43:40si elle repose sur une seule personne,
- 43:42tu n'as pas une entreprise.
- 43:43tu as une espèce de bombe à retardement donc là à ce moment là il faut crever l'ego et faire en sorte que la valeur se déplace c'est pas toujours facile mais en tout cas une boîte qui se revend bien c'est une boîte qui peut tourner sans son créateur ou sans son patron je pense que c'est essentiel évidemment
- 44:02les humains limite le mettre en premier parce que je crois que si tu n'as pas un middle management solide,
- 44:10des gens qui sont formés et qui ont en tête une culture
- 44:12claire d'entreprise,
- 44:14l'acheteur en fait,
- 44:15il achète une équipe,
- 44:16il n'achète pas un fichier Excel,
- 44:18à moins que il achète juste un fichier client,
- 44:21mais c'est rarement le cas.
- 44:25Et puis,
- 44:27toutes les personnes qui ont déjà vendu une boîte ou racheté une boîte ne pourront absolument pas me contredire sur ce point-là.
- 44:32Et je crois que la clarté documentaire,
- 44:35parce que je ne sais pas si tu as déjà fait,
- 44:38mais je pense que oui,
- 44:39des due diligence.
- 44:41C'est le truc,
- 44:42quand tu n'es pas organisé,
- 44:43qui est le plus horrible à faire.
- 44:46Les comptes,
- 44:46les process,
- 44:47les contrats,
- 44:48tout doit être au sein d'un drive propre,
- 44:51carré,
- 44:52bien nommé.
- 44:54tu peux avoir une super boîte si ta data room elle est bordélique,
- 44:59tu peux perdre énormément de valorisation et pour le coup ça fait partie d'un des foirages que moi j'ai effectué en perso qui plus est,
- 45:08qui m'a fait perdre beaucoup d'argent parce que j'ai pas mis la barre assez haute dans mes due diligence et leur data room était complètement pourri et l'ego m'a poussé à agir Mais bon,
- 45:21voilà,
- 45:21en tout cas,
- 45:22t'as mes 5...
- 45:22si je devais des 5 piliers ce serait ça ok donc typiquement je rebondis sur le dernier point une due diligence mal faite ou en tout cas pas suffisamment approfondie à l'égard de la data room c'est ce que tu évoques t'as fait prendre une mauvaise décision à l'égard d'un rachat c'est ça ?
- 45:38oui une catastrophe industrielle de très grande ampleur du coup je pourrais pas citer le nom sur le nom de l'entreprise parce que j'hésite encore à me retourner contre ces gens là
- 45:53Je vais te donner l'anecdote.
- 45:56Même format que la première entreprise que j'ai reprise,
- 46:00client de l'une de mes structures.
- 46:02Pas un client important,
- 46:03mais client quand même.
- 46:05La boîte va très mal.
- 46:07Le dirigeant m'approche en m'expliquant la situation et m'explique pourquoi il ne pourra pas me payer,
- 46:12mais qu'ils entament un plan de cession.
- 46:16La boîte est censée faire
- 46:1912 millions de chiffre d'affaires.
- 46:22Ce chiffre d'affaires a été certifié,
- 46:25ultra certifié à coups de cabinets de transition qui du coup n'ont pas beaucoup de respect de ma part aujourd'hui.
- 46:35Donc 12 millions de chiffre d'affaires,
- 46:37une perte de 3 millions d'euros,
- 46:40mais par contre une marque magnifique.
- 46:42Et je me dis,
- 46:44la marque,
- 46:45dans ce cas de figure-là,
- 46:46la marque est tout.
- 46:48Donc si jamais ils font vraiment 12 millions...
- 46:50et 3 millions de pertes,
- 46:53ça peut le faire.
- 46:53J'avais ces 3 millions à ce moment-là.
- 46:56Je me dis,
- 46:57on injecte un petit peu d'argent,
- 46:59on restructure.
- 47:00Là,
- 47:00pour le coup,
- 47:01il y avait de l'humain,
- 47:03mais il y avait surtout beaucoup d'immobilier parce que c'était pas mal de marché public.
- 47:07Il fallait pouvoir déployer et reployer facilement.
- 47:10Sauf que je reprends la structure
- 47:16Une semaine plus tard,
- 47:18je décide de mettre la boîte en R&J pour pouvoir restructurer la dette.
- 47:23Et quand tu mets une boîte en R&J,
- 47:25tu dois déposer les dettes de la boîte et tu as un appel à tous les créanciers pour qu'ils puissent déposer également leurs dettes.
- 47:35Et là,
- 47:35ce n'est pas 3 millions de dettes,
- 47:39c'est
- 47:4018 millions exactement de dettes de la structure.
- 47:45Tout en sachant qu'il y avait un peu de dette interne,
- 47:47mais même beaucoup,
- 47:49il y avait 6 millions de dette interne.
- 47:51Mais du coup,
- 47:51tu te retrouves avec un truc,
- 47:53et ça ne rentre plus dans rien.
- 47:54Il n'y a plus de plan,
- 47:55en fait.
- 47:56La boîte,
- 47:56il n'y a plus rien à faire.
- 47:58Et au final,
- 48:00je me rends compte que le CA inexistant,
- 48:04en gros,
- 48:04potentiellement,
- 48:06tu peux faire 1 million,
- 48:082 millions avec ce qui reste de commandes,
- 48:10et tout le reste,
- 48:11c'est du prospectif.
- 48:12C'est-à-dire que...
- 48:13on peut faire 12 millions.
- 48:15Sauf qu'en fait,
- 48:18un mec intelligent,
- 48:19à ce moment-là,
- 48:20j'eus aimé l'être.
- 48:21J'étais assez jeune,
- 48:22c'était il y a un moment.
- 48:25J'eus aimé être intelligent à ce moment-là parce que du coup,
- 48:28du deal beaucoup plus poussé m'aurait permis à la fois de voir que le CA,
- 48:33du coup,
- 48:34c'était pas le CA qu'il y avait dans les bons de commande parce que les bons de commande,
- 48:38les pouvoirs publics les avaient stoppés parce que la boîte délivrait pas correctement.
- 48:42Et surtout,
- 48:44les types avaient intégré en chiffre d'affaires le chiffre d'affaires de leurs sous-traitants sans intégrer la charge de leurs sous-traitants.
- 48:52Est-ce que tu vois ou tu veux que j'approfondisse sur ce dernier point ?
- 48:54Parce que ça peut être peut-être bizarre.
- 48:58Non,
- 48:58c'est hyper clair,
- 48:59mais tu peux effectivement donner un petit peu plus de contexte pour ceux qui nous écoutent,
- 49:03mais c'est assez dingue.
- 49:04Et du coup,
- 49:05ça met en lumière à quel point il faut être vigilant dans ce type de cas.
- 49:09Et je comprends effectivement ta posture.
- 49:13En gros,
- 49:14moi,
- 49:14ce que j'ai fait à ce moment-là,
- 49:15c'est que j'ai évidemment lu les
- 49:1870 slides du cabinet d'audit.
- 49:21Et qui plus est,
- 49:22il y avait un fond dans l'histoire.
- 49:24Donc,
- 49:25je me suis dit que c'était assez sérieux.
- 49:26Mais si tu fais un parallèle,
- 49:28c'est comme si tu reprenais une boîte dans le bâtiment,
- 49:30que cette boîte-là répondait à un appel d'offres où elle gagne 10 millions avec l'appel d'offres.
- 49:35Sur ces 10 millions,
- 49:36elle va venir sous-traiter
- 49:389 millions de l'activité parce qu'elle n'a pas les compétences.
- 49:42Mais du coup,
- 49:43elle vient déclarer son chiffre d'affaires de 10 millions.
- 49:44Elle n'intègre pas la charge de son sous-traitant.
- 49:47Donc,
- 49:48les 9 millions de marge,
- 49:49qui en plus étaient bouffés par les charges de la structure et donc,
- 49:52du coup,
- 49:52ne montraient même pas un résultat.
- 49:54En fait,
- 49:54ils sont venus se rajouter au passif de la structure.
- 49:58Politiquement,
- 49:59ça a été compliqué.
- 50:00En termes d'image,
- 50:01ça a été compliqué.
- 50:03Mais ce que je retiens,
- 50:04c'est qu'en fait,
- 50:07vous n'ayez pas l'impression d'être chiant à ce moment-là.
- 50:10Et les conseils,
- 50:12je parle des conseils type avocat,
- 50:14cabinet,
- 50:14etc.,
- 50:15sont très,
- 50:15très importants.
- 50:17Mais l'instinct et la vérification par soi-même,
- 50:20quand votre structure,
- 50:22votre vie en dépend,
- 50:23il faut...
- 50:23Il faut y aller.
- 50:24Il ne faut pas avoir peur de poser des questions bêtes.
- 50:28Ce truc-là,
- 50:28j'aurais pu le voir à des kilomètres si j'avais eu un peu plus de courage à aller un peu plus loin et à ne pas me laisser dicter par le tempo.
- 50:37Parce qu'évidemment,
- 50:37c'était un truc urgent.
- 50:40Deux semaines plus tard,
- 50:40la structure aurait pu mourir.
- 50:42Je me suis laissé absorber par ce truc-là.
- 50:46Après,
- 50:46il y a eu des dizaines d'autres reprises qui ont fonctionné.
- 50:50Heureusement.
- 50:53Sinon,
- 50:53je ne serais plus là aujourd'hui.
- 50:54Enfin,
- 50:54je serais vivant,
- 50:55mais économiquement,
- 50:56pas en chemin.
- 50:57Complètement.
- 50:58Complètement hyper clair.
- 50:59Merci pour ces éléments.
- 51:00Et tu fais bien de le spécifier.
- 51:01C'est souvent dans les galères ou dans les épreuves ou échecs qu'on apprend le plus et qui nous permettent après de rebondir et d'aller chercher des succès.
- 51:11Un autre point,
- 51:12j'ai encore deux questions pour toi.
- 51:14Oui.
- 51:15On l'entend,
- 51:15tu es un homme de terrain.
- 51:18Tu te déplaces,
- 51:19tu vois les choses,
- 51:20tu creuses.
- 51:21tu n'as pas peur de mettre les mains dans le combouis quelle que soit la tâche et puis en plus on l'a évoqué en début d'épisode tu es complètement autodidacte tu as démarré de zéro tu n'avais pas forcément un grand bagage scolaire au départ et pourtant tu
- 51:39es aujourd'hui en train de faire un MBA à l'EM Lyon après
- 51:4410 ans ou plus de 10 ans sur le terrain aujourd'hui à diriger un groupe à 50 millions d'euros
- 51:50Qu'est-ce que tu viens chercher là-bas finalement que le terrain ne t'a pas appris ?
- 51:55Ça peut être intéressant pour les entrepreneurs qui nous écoutent parce qu'également,
- 52:01et je rebondis sur ça et je te laisse me partager ta réponse,
- 52:05mais en début d'épisode,
- 52:06sauf erreur,
- 52:07tu évoquais le fait qu'au fur et à mesure du temps,
- 52:12l'entrepreneur évolue et chaque fois passe des niveaux.
- 52:16C'est peut-être en lien avec cette volonté d'aller chercher ce...
- 52:20ce MBA ou d'apprendre de nouvelles choses pour pouvoir aller encore plus loin,
- 52:23je ne sais pas,
- 52:24ça peut être intéressant.
- 52:26Pour moi,
- 52:26ça a été un truc ultra réfléchi et pourtant,
- 52:31je suis quelqu'un qui fonctionne quand même pas mal à l'instinct et tu vois,
- 52:36la première session lors de ce MBA,
- 52:39évidemment,
- 52:40ils ont posé la question,
- 52:42pourquoi vous êtes là ?
- 52:44Il y a pas mal de profils,
- 52:45il y a des gens géniaux,
- 52:47mais ne serait-ce que le campus est juste fantastique.
- 52:50Mais moi,
- 52:51j'ai appris le business sur le terrain.
- 52:52J'ai les bilans rouges,
- 52:54les fins de mois tendues,
- 52:55les nuits blanches à chercher des solutions.
- 52:57Ça,
- 52:57c'est ma vraie école.
- 52:59Mais à un moment,
- 53:00j'ai compris un autre truc,
- 53:01c'est que ce que tu apprends dans la douleur,
- 53:03ça te fait survivre.
- 53:05Mais à un moment donné,
- 53:07tu as aussi besoin de vivre.
- 53:09Et aujourd'hui,
- 53:10je suis dans une phase où je veux structurer tout ce que j'ai appris.
- 53:14Alors peut-être qu'il y a,
- 53:16et je vais être sincère avec toi,
- 53:18je ne suis pas encore au...
- 53:19au point de ne plus avoir d'égo comme un moins de zen.
- 53:23Mais il y a peut-être un peu d'égo là-dedans,
- 53:25de faire valider évidemment un diplôme et pourquoi pas d'aller plus loin ensuite avec de la recherche scientifique sur du doctorat ou quoi.
- 53:33Mais moi,
- 53:34je voulais mettre des mots et des cadres sur les intuitions que j'ai pu développer sur le terrain et sur les expériences que j'ai pu vivre.
- 53:41Et même si je pense,
- 53:44je crois être un bon leader,
- 53:48ce MBA et notamment le M Lyon,
- 53:51j'espère,
- 53:52va me permettre de devenir un grand leader.
- 53:54Pas un bon leader,
- 53:55un grand leader.
- 53:56J'ai envie de passer du faire au faire-faire,
- 53:59mais d'être capable de traduire mon expérience en méthode,
- 54:02en transmission.
- 54:03Et ça,
- 54:03à mon avis,
- 54:04ça passe par un peu de recul,
- 54:05de théorie,
- 54:06de confrontation aussi,
- 54:07parce qu'il y a des top profils là-bas qui permettent de te remettre à ta place aussi,
- 54:11dans ta manière de voir les choses.
- 54:15Au fond,
- 54:15l'NBA,
- 54:18c'était une manière de ne pas te concrétiser parce que ça a une consonance de fin,
- 54:25mais plutôt d'entamer un renouveau dans le leadership pour grandir.
- 54:30Le plafond de verre des 50 millions en propre,
- 54:36je crois qu'il va pouvoir être brisé avec un leadership plus puissant.
- 54:41peut-être une capacité à insuffler le leadership à d'autres leaders qui peuvent prendre le relais et multiplier tout ça très clair merci pour tous ces éléments franchement Anthony c'était un plaisir d'avoir cette conversation avec toi et de faire cet épisode d'ailleurs si vous avez eu autant de plaisir à écouter cet épisode que je n'en ai eu à l'anime et bien comme à chaque fois faites-le nous savoir en likant le
- 55:01post LinkedIn lié à cet épisode surtout en mettant 5 étoiles
- 55:04sur votre plateforme de streaming préférée en partageant cet épisode.
- 55:08Et Anthony,
- 55:08j'ai une toute dernière question pour toi que je pose à chacun de nos invités.
- 55:12Est-ce que tu peux nous partager le déclic qui a fait toute la différence pour toi,
- 55:17que ce soit professionnel comme personnel ?
- 55:18Ça peut être une situation,
- 55:20une frustration,
- 55:21une simple anecdote,
- 55:22quelque chose de positif,
- 55:23moins positif,
- 55:24peu importe,
- 55:25mais que tu n'as pas encore partagé dans cette émission.
- 55:27Peut-être que tu n'as jamais partagé dans aucune interview.
- 55:29Tu as carte blanche pour le mot de la fin.
- 55:31Écoute,
- 55:33j'ai peur d'être,
- 55:34entre guillemets,
- 55:34pathétique avec ce déclic,
- 55:37mais le jour où j'ai pris la décision de monter ma boîte,
- 55:44comme je t'ai dit,
- 55:44j'avais un gamin avec moi dans
- 55:489 mètres carrés,
- 55:49on était à Strasbourg-Saint-Denis,
- 55:517ème étage,
- 55:53pas d'ascenseur,
- 55:54évidemment,
- 55:54pas de toilette,
- 55:56et je me retrouve là avec mon gamin qui ne peut pas évoluer,
- 56:01qui ne peut pas bouger,
- 56:02qui ne peut pas marcher,
- 56:03et à ce moment-là...
- 56:05vraiment j'ai eu cette sensation où je me dis mais en fait l'existence là qui va arriver pour moi mais surtout pour lui elle ne mérite pas d'être vécue et tu vois c'est peut-être un caprice on est en France on a un
- 56:21écosystème en ce moment il est un peu compliqué l'écosystème mais on est dans un pays où quand même on est ultra privilégié comparé à d'autres pays mais à ce moment là j'avais en fait j'avais plus envie de vivre et j'avais pas envie de faire vivre ça à mon gamin
- 56:35Et je prends cette décision-là,
- 56:37complètement invraisemblable,
- 56:39et qui ne serait rentrée dans aucun tableau Excel si je l'avais monitorée.
- 56:44Et ce déclic,
- 56:45en fait,
- 56:46il a changé complètement mon existence.
- 56:49Et ça a été le déclic du désespoir qui fait qu'aujourd'hui,
- 56:53la vie est merveilleuse et que je peux transmettre ce truc-là à plein de gens parce qu'on forme des milliers de personnes chaque année.
- 57:00Et voilà,
- 57:02c'est un peu mélandro-dramatique,
- 57:04Alec,
- 57:04mais...
- 57:05Mais c'est vraiment le truc qui a fait que je suis vivant aujourd'hui.
- 57:08Ça a été cette décision.
- 57:09Merci,
- 57:09Anthony.
- 57:10Avec plaisir.