Latest / À propos / Après le nazisme, comment l’extrême droite peut-elle gagner en Allemagne ? - « À propos », le podcast du Soir
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- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre quotidien.
- 0:09Bonjour, vous écoutez à propos le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:14Tous les jours,
- 0:14c'est l'expertise de notre rédaction dans vos oreilles.
- 0:25Comment le
- 0:26pays qui a fait de la lutte contre son passé nazi un
- 0:28pilier de sa démocratie peut-il aujourd'hui voter massivement pour l'extrême droite ?
- 0:32À propos se rend en Allemagne.
- 0:33Aujourd'hui, on va revenir sur la victoire électorale de l'a.
- 0:36fd en Saxahnalt.
- 0:38Je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:40à propos.
- 0:41Voici l'actualité comme vous l'entendez.
- 0:44L'AFD a remporté ce dimanche une victoire spectaculaire
- 0:49en Saxahnalt avec près de 44% des voix.
- 0:52Un succès régional,
- 0:53mais qui pose une question bien plus large :
- 0:55comment l'Allemagne,
- 0:56pays hanté par le passé nazi,
- 0:58peut-il aujourd'hui voter massivement pour l'extrême droite ?
- 1:01Pour comprendre le succès de l'AFD,
- 1:03il faut regarder au-delà de ce scrutin et
- 1:06s'interroger sur les profondes transformations de la société,
- 1:09de la politique allemande.
- 1:10On en parle
- 1:11Benjamin Billard,
- 1:12politologue au Crisp et expert de l'extrême droite.
- 1:15Bonjour Benjamin Billard,
- 1:16bonjour. Avec la victoire électorale de l'a fd en Saxe Annalte,
- 1:19on voulait prendre un petit peu de hauteur pour expliquer
- 1:21le succès de ce parti dans l'Allemagne du 21e siècle.
- 1:24Première chose,
- 1:25histoire de bien poser les bases,
- 1:26on est d'accord que on peut définir l'a fd comme
- 1:29un parti d'extrême droite et pourquoi à ce moment-là ?
- 1:31Très certainement,
- 1:32c'est un parti d'extrême droite
- 1:34qui coche toutes les
- 1:35cases, d'une certaine manière,
- 1:36de la définition d'un parti d'extrême droite
- 1:39sur le plan idéologique,
- 1:40que ce soit
- 1:41le côté inégalitariste,
- 1:43son projet nationaliste
- 1:45et son rapport ambigu,
- 1:46voire franchement problématique à l'égard de la démocratie.
- 1:49qui fait d'ailleurs qu'il est suivi,
- 1:51classé comme extrémiste de droite
- 1:52et donc suivi avec des moyens renforcés
- 1:54par les services de renseignement intérieur
- 1:56depuis 2025 en tant que parti,
- 1:58depuis 2023,
- 1:59à travers son organisation de jeunesse d'ailleurs,
- 2:01qui s'est auto-dissoute
- 2:02en 2025
- 2:03également. Donc certainement une formation d'extrême droite.
- 2:05Et j'ajouterais,
- 2:06particulièrement radical,
- 2:08au regard d'autres formations d'extrême droite qui,
- 2:10elles, comme le RN en France
- 2:11ou le Vlaams Belang,
- 2:12même en Belgique,
- 2:13empruntent la voie de la dédiabolisation.
- 2:15Le but
- 2:16étant de se présenter comme plus respectable,
- 2:18plus présentable,
- 2:19de se normaliser d'une certaine manière pour gagner en légitimité
- 2:22et se
- 2:22rapprocher des lieux de pouvoir.
- 2:23Avec l'AFD,
- 2:24on a un parti qui ne s'est pas créé,
- 2:26d'abord comme parti d'extrême droite,
- 2:27créé en 2013
- 2:28comme franchement eurosceptique,
- 2:30voire europhobe,
- 2:31qui rassemblait toute une série de professeurs d'université notamment,
- 2:34d'économistes aussi,
- 2:35et qui progressivement,
- 2:36et surtout à la faveur de la crise
- 2:38des réfugiés syriens qui a connu son pic
- 2:40en 2015-2016,
- 2:42s'est radicalisée et est devenue clairement une formation
- 2:45D'extrême droite
- 2:46et qui continue
- 2:47à se maintenir dans cette radicalité à travers le temps.
- 2:50On sait qui vote AFD aujourd'hui,
- 2:52on en sait un peu plus sur la sociologie des votants AFD.
- 2:56Pour ceux qui concernent l'élection du dimanche
- 2:586 septembre,
- 2:59c'est évidemment un peu tôt puisqu'il faudrait pouvoir analyser déjà les données
- 3:02issues des sondages sortis des urnes
- 3:05dont je ne bénéficie pas.
- 3:06Donc je ne peux pas vous donner beaucoup plus d'éléments.
- 3:07Mais pour ce qui concerne l'électorat AFD de manière générale
- 3:11et plus globalement aussi
- 3:13l'électorat de déformation d'extrême
- 3:15droite, on a plusieurs
- 3:16caractéristiques qui classiquement sont sont distinguées par la Science
- 3:19Po. Le premier,
- 3:20c'est la question du genre.
- 3:20On a davantage d'hommes
- 3:22que de
- 3:22femmes qui votent pour cette formation,
- 3:23même si
- 3:24dans le cas de l'AFD,
- 3:25formation codirigée
- 3:27par Lise Weidel,
- 3:28par une femme,
- 3:28ça peut paraître
- 3:30paradoxal, mais on retrouve la même situation en France avec Marine
- 3:33Le Pen,
- 3:33en Italie,
- 3:34Giorgia Meloni par exemple.
- 3:35Deuxième élément,
- 3:36c'est la question de
- 3:37l'âge où un nombre de personnes
- 3:40particulièrement jeunes,
- 3:41important, qui votent.
- 3:42pour cette formation.
- 3:43Ça ne veut pas dire que tous les jeunes votent
- 3:45nécessairement et uniquement pour l'extrême droite.
- 3:47On en trouve beaucoup aussi pour les partis écologistes,
- 3:49par exemple,
- 3:50mais c'est singulièrement le cas de l'AFD.
- 3:53Et troisième élément,
- 3:54c'est la question du niveau de
- 3:56diplôme, du capital socio-éducatif,
- 3:58où on observe que ce capital est beaucoup plus faible,
- 4:00généralement, pour ce qui concerne les électeurs de formation d'extrême droite que
- 4:04des électeurs
- 4:05d'autres formations politiques
- 4:08traditionnelles, si je puis dire,
- 4:09notamment. Vous
- 4:10allez me dire qu'il y a un petit peu de tout,
- 4:11mais est-ce
- 4:12Que On
- 4:13peut, en ce qui concerne
- 4:14les électeurs de l'O fd,
- 4:16parler d'un vote
- 4:16idéologique ou d'un vote de protestation.
- 4:19On sait qu'il y a souvent ce cette
- 4:20explication qui vient avec les formations d'extrême droite.
- 4:23est-ce que
- 4:24c'est une
- 4:25un un vote de
- 4:25rejet des partis traditionnels ou y a vraiment une question d'idéologie?
- 4:29? Alors je ne pense pas qu'on puisse opposer
- 4:30nécessairement le vote d'adhésion au vote de protestation.
- 4:33Je pense que les 2 existent.
- 4:34Pour certains,
- 4:34c'est uniquement l'un,
- 4:36pour d'autres,
- 4:36c'est uniquement l'autre.
- 4:37Et en réalité,
- 4:38pour la grande majorité,
- 4:38on a un vote qui s'exprime
- 4:41à la fois de manière protestataire,
- 4:42à la fois de manière idéologique.
- 4:43D'un point de vue idéologique,
- 4:44c'est clair que la question migratoire notamment,
- 4:46peut-être de manière paradoxale,
- 4:48puisque l'est de l'Allemagne,
- 4:49qui est celle
- 4:49où l'AFD est la plus
- 4:51forte, certainement historiquement,
- 4:52on le voit encore ici récemment,
- 4:54par rapport à l'Allemagne de manière générale,
- 4:56même si elle ne progresse pas trop mal
- 4:58à l'ouest également,
- 4:59n'est pas la partie de l'Allemagne qui est la plus confrontée,
- 5:01ou de manière la plus directe en tout cas,
- 5:03à l'immigration
- 5:04et à la diversification
- 5:06ethnique de manière générale.
- 5:07Donc on a ici peut-être un paradoxe,
- 5:10mais c'est très clair que les questions
- 5:12socio-économiques, migratoires sécuritaires peut-être aussi
- 5:16interviennent dans le cadre du vote pour l'AFD.
- 5:19Lorsque vous avez des faits divers qui mettent en évidence
- 5:22que voilà
- 5:22une personne d'origine étrangère a commis
- 5:25un acte
- 5:25criminel ou terroriste,
- 5:27évidemment, l'AFD s'y engouffre,
- 5:29monte le fait divers en épingle
- 5:30et réussit ainsi à capter,
- 5:32dans un contexte particulier,
- 5:34le vote
- 5:34d'un certain type
- 5:36d'électeurs. Ce n'est pas
- 5:37propre à l'Allemagne,
- 5:37on peut le remarquer de manière plus générale.
- 5:40Deuxième élément,
- 5:41c'est effectivement un vote de protestation,
- 5:42un vote
- 5:43nourri par un profond sentiment de
- 5:45méfiance politique en réalité,
- 5:46par une crise de la démocratie représentative,
- 5:48comme on la qualifie aussi,
- 5:50sur laquelle surfent évidemment les formations extrêmes,
- 5:53et particulièrement dans ce cas-ci,
- 5:55FD on sait que les
- 5:56élections en Saxon étaient ici un scrutin effectivement très
- 6:00important par rapport à l'AFD mais
- 6:01aussi considéré comme un scrutin test d'une certaine manière
- 6:04pour le gouvernement fédéral de Friedrich
- 6:06Mert on
- 6:07voit ici que évidemment le symbole et le signal des électeurs est très fort
- 6:11à l'égard de ce gouvernement tant de la CDU
- 6:13que du Parti social-démocrate
- 6:15D'ailleurs, on a ici un signal très fort de méfiance à l'égard
- 6:19du fonctionnement du système démocratique,
- 6:20à l'égard plus largement
- 6:22des formations traditionnelles en Allemagne.
- 6:24Vous avez évoqué l'importance de la question migratoire,
- 6:27les difficultés économiques,
- 6:28la désindustrialisation,
- 6:29le sentiment de déclassement.
- 6:30Ça peut aussi jouer un un rôle comparable
- 6:33de vecteur de vote,
- 6:34entre guillemets.
- 6:35Très certainement.
- 6:36Et le sentiment de déclassement,
- 6:37je pense d'ailleurs,
- 6:38est aussi important,
- 6:39d'une part par rapport à l'Allemagne,
- 6:41notamment le fait
- 6:41pour certains segments,
- 6:42notamment à l'Est,
- 6:44de sentir ou d'avoir ce sentiment,
- 6:45avoir ce ressentiment
- 6:47finalement d'être
- 6:48les perdants de
- 6:49la réunification il y a un peu plus
- 6:51de 30 ans maintenant.
- 6:52Donc un ressentiment
- 6:53par rapport
- 6:54au sein de l'Allemagne d'abord,
- 6:56mais aussi
- 6:57plus globalement,
- 6:58et comme on le retrouve dans bon nombre de pays,
- 6:59un ressentiment
- 7:00par rapport
- 7:01À la mondialisation de manière générale,
- 7:04le fait de se sentir perdant de la mondialisation,
- 7:06si je puis dire,
- 7:07et effectivement ne pas
- 7:09d'avoir le sentiment de ne
- 7:10pas avoir sa place
- 7:11ou de ne pas en tout cas être
- 7:13suffisamment pris
- 7:15en compte
- 7:15par des décideurs
- 7:17et les politiques publiques qu'ils
- 7:18adoptent et contribuent à mettre en
- 7:19œuvre. Aujourd'hui,
- 7:21quelle place occupe également la question de l'identité allemande?
- 7:24? Parce que
- 7:24l'a. FD ne parle pas uniquement d'immigration et d'économie,
- 7:26elle parle aussi nation,
- 7:28culture, valeurs,
- 7:29rapport au passé allemand.
- 7:30Y a aussi une corde sensible sur laquelle l'a.
- 7:32fd joue à ce niveau-là.
- 7:34Très certainement.
- 7:34C'est fondamental,
- 7:35effectivement. Et d'ailleurs,
- 7:36l'AFD a aussi ceci de
- 7:37particulier que
- 7:38ce n'est pas un
- 7:39parti d'extrême droite nécessairement comme les
- 7:41autres. Je l'ai dit,
- 7:42il est particulièrement radical.
- 7:43Deuxième élément,
- 7:44c'est qu'il s'inscrit dans un paysage politique qui,
- 7:47depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale,
- 7:48semblait immunisé face à l'extrême droite.
- 7:50On se doute pourquoi,
- 7:51en se disant les plaies sont encore ouvertes
- 7:54à ces difficiles à refermer.
- 7:56Donc ça aussi
- 7:56est un élément
- 7:58à prendre en compte dans l'analyse,
- 7:59bien sûr.
- 8:00Et puis,
- 8:01troisième élément,
- 8:01c'est qu'on a quand même
- 8:02une sorte de filiation
- 8:04néofasciste, certainement,
- 8:05qui existe au sein de
- 8:06ce parti,
- 8:07avec plusieurs exemples d'ailleurs,
- 8:09qui illustrent chez Bjorn
- 8:10Höcke, par exemple,
- 8:11l'usage à des slogans de type
- 8:13nazi, par exemple des slogans utilisés par
- 8:16la SA,
- 8:17et pour lesquels,
- 8:17en l'occurrence,
- 8:18il a été condamné à deux reprises
- 8:20en 2024,
- 8:20par exemple.
- 8:21On a eu d'autres déclarations,
- 8:22par exemple de Maximilian Krach,
- 8:24qui tirait
- 8:25la liste AFD pour les élections européennes
- 8:27en 2024.
- 8:28et qui avait déclaré tous les SS ne doivent pas être
- 8:30automatiquement considérés
- 8:31comme des criminels.
- 8:32On a ici une déclaration d'ailleurs qui avait scellé le sort de la relation entre
- 8:36l'AFD et le RN français,
- 8:37puisque rapidement Jordan Bardella
- 8:39et Marine Le Pen avaient annoncé leur volonté de rompre
- 8:42avec l'AFD
- 8:43qui partageait le même groupe politique,
- 8:44Identité et démocratie à cette époque.
- 8:46On était à quelques
- 8:47encablures du
- 8:48scrutin européen
- 8:51du 9 juin 2024 et donc évidemment,
- 8:53on était ici
- 8:55dans des déclarations et dans des contre-déclarations très fortes
- 8:57dans dans ce qui était de leur relation l'un par rapport à l'autre.
- 9:00Et il s'est passé quoi alors pour que,
- 9:02en Allemagne,
- 9:02le tabou de l'extrême droite soit moins puissant qu'il n'a pu l'être par le passé ?
- 9:07Alors, c'est évidemment extrêmement particulier
- 9:09et on a
- 9:10une spécificité ici,
- 9:12comme je disais,
- 9:13où la radicalité n'empêche pas nécessairement,
- 9:15malgré l'histoire vécue
- 9:17ou celle dont on se souvient particulièrement chez les plus jeunes,
- 9:20ne réussit plus cette fois à résister
- 9:22à la croissance de ce type de formation.
- 9:25Alors, à quoi est-ce dû en particulier ?
- 9:26Ce n'est pas évident
- 9:27à mais
- 9:28on peut évidemment penser peut-être un affaiblissement de certains mécanismes
- 9:32qui, historiquement,
- 9:33veillaient au sein de la société civile,
- 9:35au sein de certains
- 9:36organes de
- 9:36presse ou les médias de manière générale,
- 9:38sans doute aussi,
- 9:39à veiller à mieux
- 9:40encadrer d'une certaine manière,
- 9:42soit ce qui pouvait être dit,
- 9:43soit ce qui pouvait être fait
- 9:44par l'extrême
- 9:45droite. Ça l'est toujours d'ailleurs,
- 9:47je pense qu'on a toujours,
- 9:49et c'est un fait,
- 9:50une mobilisation antifasciste par exemple très forte
- 9:53en Allemagne face à l'extrême droite,
- 9:54même si quand on voit ce type de résultat,
- 9:56ça peut paraître
- 9:57difficile à croire bien sûr,
- 9:58mais cette mobilisation est existante,
- 10:01cette mobilisation est très forte.
- 10:02On a encore une très grande
- 10:03manifestation en juillet dernier lorsque
- 10:06Alice Weidel
- 10:07et son co-président ont été réélus à la tête du
- 10:09parti d'extrême droite.
- 10:11Et donc très clairement,
- 10:11on voit que la mobilisation
- 10:13ne faiblit pas,
- 10:14elle est présente,
- 10:15mais visiblement elle ne
- 10:16suffit plus aujourd'hui
- 10:17et peut-être d'ailleurs qu'elle permet aux partis,
- 10:20à ses principaux cadres,
- 10:21de se victimiser aussi,
- 10:22de dire regardez la population où certains
- 10:24segments de gauche
- 10:25ne veulent pas nous laisser nous
- 10:26exprimer. C'est
- 10:28un problème en termes de liberté d'expression.
- 10:30Certains médias,
- 10:31peut-être, veulent aussi appliquer une forme
- 10:33de cordon médiatique,
- 10:34peut-être inspiré en partie,
- 10:35en tout cas,
- 10:36de ce qu'on
- 10:37réalise en Belgique francophone.
- 10:39De dire aussi que
- 10:40certains partis,
- 10:41par exemple les sociaux-démocrates,
- 10:42ont déjà
- 10:43avancé pour tenter de faire interdire
- 10:46ce parti.
- 10:46sur base de ce que prévoit la Constitution allemande d'ailleurs.
- 10:48Donc on a une série d'éléments à partir desquels
- 10:51cette formation entend se victimiser aussi.
- 10:53Ce n'est pas propre à l'AFD,
- 10:54mais peut-être
- 10:55que c'est un des ressorts qui explique qu'aujourd'hui il a réussi
- 10:58davantage que
- 10:59d'autres à se faire entendre
- 11:02à ce scrutin.
- 11:02Juste pour terminer,
- 11:03je sais bien que vous ne disposez pas de boule de cristal,
- 11:04mais ici on parlait d'une élection régionale.
- 11:08Est-ce qu'un jour l'AFD pourrait gouverner l'Allemagne ?
- 11:10C'est évidemment très difficile d'anticiper
- 11:12ce type
- 11:14de scénario,
- 11:14mais ce qui est un fait,
- 11:15c'est que c'est
- 11:16un parti qui
- 11:17a réussi à s'imposer dans un laps de temps très court.
- 11:20Il a été créé en 2013,
- 11:21il s'est radicalisé surtout à partir de 2015,
- 11:24mais très rapidement,
- 11:25il a réussi
- 11:26à s'imposer
- 11:27électoralement, à devenir un parti avec lequel
- 11:29il faut désormais
- 11:30compter depuis l'opposition,
- 11:32certes, mais
- 11:33dans les différentes assemblées,
- 11:34tant au niveau fédéral que
- 11:36régional. C'est un parti qui progressivement aussi réussi à
- 11:39intégrer certains
- 11:40exécutifs, au niveau local particulièrement,
- 11:42y compris
- 11:43de certaines villes importantes,
- 11:44de plus de 40 000 habitants,
- 11:46Je pense à une en particulier,
- 11:47en Saxe
- 11:48par exemple,
- 11:49il y a déjà
- 11:50quelques années.
- 11:52Donc on voit que
- 11:53cette formation réussit à progresser.
- 11:55Elle s'est approchée de
- 11:57peu, finalement,
- 11:58d'une majorité absolue en Saxe-Anralt
- 12:00ce 6 septembre.
- 12:01Effectivement, on peut
- 12:02anticiper une progression encore plus importante
- 12:04dans l'avenir,
- 12:05tout en restant évidemment très prudent
- 12:07par rapport à
- 12:09toute anticipation,
- 12:11quelle qu'elle soit.
- 12:12Alors, on sort un tout petit peu de la question de la politique allemande,
- 12:14mais il y a des liens à faire
- 12:16et des échos qui peuvent être
- 12:18intéressants aussi.
- 12:20Là, d'ici quelques jours,
- 12:21il y a des élections législatives en Suède où là aussi,
- 12:24un parti
- 12:25qui était encore
- 12:26classé comme néonazi jusque il y a peu
- 12:28pourrait réaliser une percée.
- 12:30Tout à fait.
- 12:30C'est un cas extrêmement intéressant à analyser puisqu'on a là,
- 12:32alors sans doute de manière un peu différente,
- 12:34un parti qui effectivement a été fondé
- 12:36par des néonazis au début des
- 12:38années 80,
- 12:38ce sont les Démocrates de
- 12:39Suède, un
- 12:40parti qui avait
- 12:41une forme de...
- 12:42le suprématisme blanc,
- 12:43très vivant en interne aussi à l'époque,
- 12:45qui s'est
- 12:46modéré dans les années nonante et certainement suite à
- 12:50la succession à la présidence par Monsieur Akesson
- 12:53au début des années 2000,
- 12:54qui a tenté de se dédiaboliser,
- 12:56parti qui néanmoins est toujours resté en marge du système
- 12:59et n'a jamais réussi à intégrer un exécutif
- 13:01en Suède.
- 13:02Il y a quelques
- 13:03années, lorsque
- 13:05lors du dernier scrutin,
- 13:07les démocrates de Suède ont remporté une nouvelle fois un très bon score électoral,
- 13:10ils n'ont pas rejoint un exécutif parce que quand même,
- 13:12il y a
- 13:13cette forme
- 13:14assez informelle,
- 13:14mais de cordon sanitaire.
- 13:16qui persistent,
- 13:17les démocrates de Suède ont quand même soutenu,
- 13:19et c'est toujours le cas d'ailleurs aujourd'hui,
- 13:20depuis les bancs de l'opposition,
- 13:22un gouvernement minoritaire,
- 13:24plutôt de centre-droit,
- 13:26dirigé par Monsieur Christersson.
- 13:28Et ce qui est intéressant,
- 13:29c'est que,
- 13:29en dépit de cette tradition
- 13:31déjà ancienne de ne
- 13:32pas travailler avec l'extrême droite,
- 13:33et en dépit de cette évolution par laquelle,
- 13:36malgré tout,
- 13:36ce qu'on
- 13:37soutient depuis l'opposition un gouvernement minoritaire.
- 13:39on est une forme
- 13:41de poids
- 13:42malgré tout,
- 13:42puisqu'on peut
- 13:43être une force de chantage,
- 13:44par exemple,
- 13:45ou de négociation,
- 13:46certainement sur les thèmes migratoires,
- 13:48par exemple.
- 13:49On voit qu'ici,
- 13:50le 1er avril dernier,
- 13:51le Premier ministre suédois conservateur a indiqué que cette fois-ci,
- 13:55il ne refusait pas d'emblée d'intégrer,
- 13:58si les résultats le permettent,
- 14:00les démocrates de Suède dans son gouvernement et qu'il était prêt,
- 14:02cette fois,
- 14:03à nommer des ministres
- 14:05issus de
- 14:06cette formation
- 14:07à des postes même importants.
- 14:07Et donc on voit qu'ici on
- 14:09rapproche d'une participation effective
- 14:12au pouvoir d'un parti qui pourtant,
- 14:14il n'y a pas encore longtemps,
- 14:15subissait de manière peut-être informelle,
- 14:17mais un cordon sanitaire politique.
- 14:19Donc une tendance en tout cas qui
- 14:21montre qu'on a une progression toujours plus importante de l'extrême droite
- 14:24dans les
- 14:24urnes, mais aussi dans son rapport au pouvoir.
- 14:26Et on y restera évidemment extrêmement attentif.
- 14:28Merci beaucoup Benjamin Biard.
- 14:29Avec plaisir.
- 14:34À propos,
- 14:35c'est fini pour aujourd'hui,
- 14:36mais on revient demain matin.
- 14:37Merci de votre écoute.
- 14:39Si vous en voulez encore,
- 14:40tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 14:44Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 14:46ou de votre tablette pour la télécharger.
- 14:48À demain.