Latest / Brandiiing / #135 - La stratégie de marque de Solvay pour réinventer la chimie B2B, avec Anne-Solenne Chapuis
Transcript
- 0:00C'est vrai qu'on a l'immense chance d'avoir non seulement une marque qui fonctionne très bien,
- 0:03mais aussi parce qu'elle est portée par des tonnes de personnes qui sont vraiment super cool.
- 0:07On a un problème qui est assez rigolo chez Solvay,
- 0:09on a un taux de rétention qui est trop élevé.
- 0:11Quand on se balade dans une usine où tout le monde est habillé en bleu,
- 0:13parce que c'est nos bleus de travail,
- 0:14avec des casques de couleurs dans tous les sens,
- 0:17donc oui,
- 0:17on ressemble un peu à des mignons,
- 0:18ok,
- 0:19mais c'est pour des raisons de sécurité qui font partie des valeurs essentielles chez Solvay.
- 0:30Bonjour à toutes et à tous,
- 0:31bienvenue dans Branding,
- 0:32le podcast qui vous plonge dans l'univers des marques.
- 0:35Un format proposé par G1Pod dans la com,
- 0:36le premier média B2B des nouveaux décideurs marketing et communication.
- 0:40Je suis Laurent,
- 0:41le fondateur du média,
- 0:42et à travers ce podcast,
- 0:43nous partirons à la rencontre des plus grandes marques pour découvrir leur histoire,
- 0:47analyser leur stratégie,
- 0:48mais également comprendre leur transformation.
- 0:52Dans cet épisode,
- 0:53je reçois Anne-Solène Chapuis,
- 0:54Corporate Communication and Marketing Director chez Solvay.
- 0:57Bonjour Anne-Solène.
- 0:58Bonjour.
- 0:59Alors aujourd'hui,
- 1:00on va parler de cette entreprise fondée en 1863 en Belgique par les frères
- 1:05Ernest et Alfred Solvay.
- 1:07Solvay s'impose rapidement comme l'un des pionniers de l'industrie chimique mondiale grâce à un procédé innovant de fabrication de carbonate de sodium.
- 1:15En plus de 160 ans d'histoire,
- 1:17Solvay n'a cessé d'évoluer et de se transformer.
- 1:20D'abord spécialisé dans la chimie lourde,
- 1:22l'entreprise s'est progressivement diversifiée.
- 1:26Guerre mondiale,
- 1:27crise économique,
- 1:27mondialisation ou encore transition écologique Solvay a traversé les grandes mutations industrielles en adaptant continuellement sa stratégie.
- 1:36Aujourd'hui,
- 1:36le groupe se positionne comme un acteur majeur de la chimie essentielle et après un spin-off en 2023,
- 1:41Solvay poursuit son développement en se recentrant sur ses activités historiques.
- 1:46j'espère Anne Solène que cette cette
- 1:49introduction et fidèle à la marque.
- 1:50Tout à fait.
- 1:51Et pour continuer,
- 1:52est-ce que tu pourrais me citer trois dates clés dans l'histoire de Solvay ?
- 1:57La première,
- 1:57je pense que tu l'as donnée,
- 1:58c'est 1863.
- 1:59On est une société qui a plus de 160 ans.
- 2:01Ce qui est à la fois une immense force et évidemment un énorme inconvénient.
- 2:06Énorme force parce qu'on est des vieux de la vieille et qu'on a l'habitude et qu'on a le réseau et qu'on a l'expérience.
- 2:13Voilà.
- 2:14Et on a aussi un truc qui est assez particulier.
- 2:16On a des...
- 2:18Les shareholders,
- 2:20des investisseurs,
- 2:21des investisseurs historiques,
- 2:23familiaux.
- 2:2440%
- 2:24de nos actionnaires sont des actionnaires familiaux.
- 2:27Donc 1863,
- 2:28première date à laquelle l'amitié Ernesto a créé le procédé de carbonate de soude.
- 2:33Et une autre date qui fonctionne pas mal en France en tout cas,
- 2:37et puis là je vois qu'il y a un exemplaire donc ça me fait marrer.
- 2:39En 2011,
- 2:41Solvay rachète
- 2:43Rodia, Rumpoulenc,
- 2:45comme on les appelle en France.
- 2:46C'est une croissance externe majeure.
- 2:49Ils viennent chercher en réalité
- 2:50Jean-Pierre Clamadieu,
- 2:51qui est le CEO,
- 2:52et toutes ses équipes.
- 2:53Et donc,
- 2:54on a aujourd'hui dans les business,
- 2:55des business qui sont,
- 2:56pareil,
- 2:56historiques,
- 2:57parce que Rune Poulenc a été créé à peu près dans les mêmes années.
- 2:59Et les business se solvaient.
- 3:02Et puis,
- 3:02dernière date phare,
- 3:032023.
- 3:05Spin-off du groupe.
- 3:08On était une société qui faisait 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
- 3:1325 000 employés,
- 3:15145 sites.
- 3:17Aujourd'hui,
- 3:17Solvay,
- 3:18c'est
- 3:1945 sites,
- 3:219000 employés et 4 milliards.
- 3:24Donc,
- 3:24plus du tout la même taille.
- 3:26Et donc,
- 3:26en termes de branding et d'histoire,
- 3:28on a dû changer pas mal de choses.
- 3:30Oui,
- 3:30je pense que ça doit avoir quelques impacts quand on divise par trois.
- 3:35Alors,
- 3:35pas forcément tous les chiffres,
- 3:36mais effectivement,
- 3:37quand on passe de 12 milliards à 4 milliards,
- 3:39je pense que ça a des impacts,
- 3:40évidemment,
- 3:40sur l'entreprise,
- 3:42ses activités,
- 3:43les collaborateurs,
- 3:44la brand.
- 3:45et l'histoire à raconter.
- 3:46En tout cas,
- 3:47tu disais,
- 3:47c'est une marque historique,
- 3:49donc ça veut dire qu'on a un bagage.
- 3:51Est-ce qu'on se sépare d'une partie du bagage ou comment est-ce qu'on raconte et qu'on continue de raconter cette histoire ?
- 3:57Si tu devais résumer en trois mots-clés,
- 4:00trois valeurs,
- 4:00l'histoire de Solvay,
- 4:01ce serait quoi ?
- 4:03Essentiel for generations.
- 4:07C'est la tagline !
- 4:10essentiel,
- 4:11c'est vraiment les produits de base.
- 4:13Le carbonate de soude,
- 4:14c'est une vite sur cinq dans le monde.
- 4:15Donc,
- 4:16dans une vite sur cinq dans le monde,
- 4:17il y a du carbonate solvay.
- 4:20C'est aussi l'inventeur du coup du dérivé,
- 4:22le bicarbonate de soude,
- 4:23que tout le monde connaît.
- 4:25On pense que c'est un truc qui existe depuis la nuit du temps.
- 4:27Pas du tout.
- 4:28Ça existe depuis 160 ans,
- 4:30en réalité.
- 4:31Donc,
- 4:31c'est les recettes de nos grands-mères,
- 4:32mais pas de nos arrière-arrière-arrière-arrière- arrière-grand-mères.
- 4:35Ça,
- 4:35c'est pas vrai.
- 4:36Donc voilà,
- 4:37ça c'est vraiment un truc qui est hyper important.
- 4:40Forbes,
- 4:40c'est vraiment une boîte qui est tournée vers l'extérieur,
- 4:43qui est tournée vers les autres,
- 4:45qui est tournée vers la société,
- 4:46qui est tournée vers énormément de choses et qui sert en fait.
- 4:49On fait des produits qui vont servir à.
- 4:51On est vraiment des passeurs d'essentiels et de valeurs ajoutées.
- 4:55Et puis la partie Generations qui est donc liée au fait que la boîte a 160 ans d'histoire.
- 5:00Et qu'on en est à la septième génération de Solvay,
- 5:03parce qu'il y a toujours des descendants Solvay.
- 5:06J'en ai vu un peu plus tard qu'il y a un mois et demi à l'Assemblée Générale du groupe.
- 5:11Et évidemment,
- 5:11à ceux qui vont continuer par la suite,
- 5:12parce qu'ils ont vraiment à cœur,
- 5:14et on a tous à cœur,
- 5:15que la boîte continue d'avancer,
- 5:17et qu'elle soit là pour quelques générations de plus.
- 5:19Et ça fait partie,
- 5:20tu l'as dit,
- 5:21de ce type d'entreprise,
- 5:22on peut dire,
- 5:23oui,
- 5:23des passeurs,
- 5:23ou en tout cas peut-être des raw materials,
- 5:25d'autres,
- 5:26ou en tout cas une base,
- 5:27une source qui sert à...
- 5:30tu citais les vitres,
- 5:31les fenêtres du coup,
- 5:33quel autre type de produit pour ceux qui nous écoutent,
- 5:35pour qu'on arrive à se dire ok,
- 5:36Solvay,
- 5:36dans mon quotidien finalement,
- 5:37j'ai pas qu'une interaction mais j'en ai potentiellement plusieurs avec des produits qui sont à base de ou grâce à alors un des grands produits en ce moment et qui est très connu c'est les semi-conducteurs,
- 5:49on fait un produit qui s'appelle du péroxyde d'hydrogène qui permet en fait à chaque fois qu'un semi-conducteur est posé de nettoyer à 99,9%
- 5:58pour cent de toutes les impuretés.
- 6:00Toutes les impuretés qu'il y a là-dessus.
- 6:01Donc,
- 6:02plus l'entreprise des semi-conducteurs grandit,
- 6:04plus on grandit avec eux.
- 6:05Et a priori,
- 6:06je crois qu'avec l'IA et toutes ces choses-là...
- 6:08On n'est pas à tant mal.
- 6:09Ça fait partie des méga-trends qui ne sont pas désagréables.
- 6:13On est dans un produit qui est un peu plus planqué,
- 6:17mais qui sont les pneus.
- 6:20On produit,
- 6:20donc c'est un produit de l'héritage
- 6:23Rodia, mais qui est pareil,
- 6:24qui a un héritage très long.
- 6:26C'est de la silice,
- 6:27la plus grande usine de silice au monde,
- 6:28elle est en France,
- 6:29elle est à Colonge-aux-Monts-d'Or,
- 6:30à côté de Lyon.
- 6:32Et la silice permet en fait d'augmenter la résistance et l'adhérence sur la route.
- 6:39Donc plus de sécurité,
- 6:41moins de mouvements supplémentaires,
- 6:44moins de merde comme ça,
- 6:45et donc nécessairement tu dépenses moins d'essence.
- 6:49Des économies tous les jours grâce au pneu.
- 6:51Des économies grâce au pneu vert,
- 6:53grâce à la silice.
- 6:54Comment est-ce que,
- 6:55je suppose que dans cette industrie,
- 6:57vous n'êtes pas seul,
- 6:58même si vous faites partie peut-être des plus anciennes sociétés présentes.
- 7:02Tu le disais tout à l'heure,
- 7:03contrairement à ce qu'on peut penser,
- 7:04le bicarbonate de soude notamment n'a pas plus de
- 7:08300 ans,
- 7:09c'est 160 ans.
- 7:09Et tout à fait.
- 7:11Comment est-ce que vous vous distinguez de la concurrence ?
- 7:14Et pour ceux qui nous écoutent,
- 7:15est-ce que tu peux déjà essayer de définir un peu le périmètre des concurrents ?
- 7:18Parce que je suppose qu'il y a des concurrents sur les semi-conducteurs exclusivement.
- 7:22Il y en a d'autres peut-être sur d'autres BU ou verticales ou types de produits que vous avez.
- 7:25C'est une partie de ces entreprises où,
- 7:27comme je le disais,
- 7:28les produits servent à en produire d'autres.
- 7:30En tout cas,
- 7:31vous êtes la base de production pour certains autres produits du quotidien ou même pour les entreprises et des choses qu'on ne voit pas.
- 7:37Est-ce que tu peux nous aider à cerner un peu le périmètre de la concurrence ?
- 7:40Est-ce que c'est des industries spécifiques ?
- 7:43Et comment est-ce que vous faites pour qu'on préfère se lever ?
- 7:46Déjà,
- 7:46on a une immense chance parce que,
- 7:47comme on a 160 ans et qu'on est hyper cool,
- 7:49on est une marque que les gens adorent.
- 7:51alors quand ils ne la connaissent pas,
- 7:52non mais quand ils la connaissent,
- 7:54ils l'adorent donc ça c'est quand même super cool le plus grand défi aujourd'hui c'est que on est des chimistes et que la chimie ça pue,
- 8:01c'est polluant et c'est chiant c'est pas moi qui le dit,
- 8:04c'est le grand public moi je trouve ça formidable ce qu'on fait mais en l'occurrence,
- 8:08c'est vrai que pendant très longtemps les chimistes se sont cachés un peu derrière leurs petits doigts,
- 8:12circulaient,
- 8:12il n'y a rien à voir ça c'est des trucs qui ne fonctionnent plus c'est des trucs qui ne fonctionnent plus depuis une dizaine d'années donc aujourd'hui on va vraiment
- 8:19à la rencontre de tout le monde et en particulier du grand public.
- 8:22Et donc sur la manière dont la marque existe,
- 8:24ce qui est intéressant,
- 8:25c'est de raconter ce qui se passe derrière.
- 8:27On est une marque qui est hyper aimée en Belgique,
- 8:29particulièrement parce que c'est une entreprise belge,
- 8:31mais qui est aussi énormément aimée par tous ses clients et tous ses fournisseurs.
- 8:35C'est un peu plus tard qu'il y a
- 8:3615 jours,
- 8:37j'étais à un apéro avec des copains.
- 8:39Et l'un d'entre eux me disait,
- 8:40« Mais tu sais que moi j'ai été grand compte pour vous,
- 8:43j'étais acheteur pour vous de XYZ. »
- 8:46Je crois qu'en 5 ans où j'ai été grand compte pour vous,
- 8:48j'ai pas rencontré une seule personne qui était désagréable ou pas sympathique ou pas smart dans cette boîte.
- 8:53Et donc c'est vrai qu'on a l'immense chance d'avoir non seulement une marque qui fonctionne très bien,
- 8:57mais aussi parce qu'elle est portée par des tonnes de personnes qui sont vraiment super cool.
- 9:01On a un problème qui est assez rigolo chez Solvay,
- 9:04on a un taux de rétention qui est trop élevé.
- 9:06Ah les gens partent pas.
- 9:06Non.
- 9:07C'est quand même...
- 9:08Il y a peut-être des boîtes qui ont des conseils là-dessus.
- 9:10Il y a effectivement,
- 9:11et ce qu'on va faire,
- 9:12c'est qu'on va pas les prendre,
- 9:13voilà.
- 9:14Donc voilà,
- 9:14la plupart des gens rentrent en se disant,
- 9:16je vais rester deux ans,
- 9:17trois ans et puis on verra bien.
- 9:19Et puis la moyenne,
- 9:21je crois,
- 9:21chez Solvay,
- 9:22c'est
- 9:2321 ans.
- 9:24C'est pas mal.
- 9:24Ouais,
- 9:24c'est pas mal.
- 9:25Donc on est une marque qui est hyper aimée.
- 9:27La grande problématique,
- 9:28c'est comment est-ce qu'on existe aujourd'hui et comment est-ce qu'on existe alors que,
- 9:31en fait,
- 9:32notre périmètre a changé tant de fois.
- 9:34Donc tu le disais en introduction,
- 9:35c'est une entreprise qui a absolument tout vécu.
- 9:38La Première Guerre mondiale,
- 9:39la Deuxième Guerre mondiale,
- 9:41le mur de Berlin.
- 9:42la crise des années 70,
- 9:44la crise de la pharma et des stock options,
- 9:46la totale.
- 9:47Donc on s'est inventé et réinventé un certain nombre de fois.
- 9:51Aujourd'hui,
- 9:51on est vraiment centré sur un périmètre qui est très particulier,
- 9:55qui s'appelle la chimie essentielle.
- 9:56Donc globalement dans la chimie,
- 9:57il y a la chimie de commodité,
- 9:58ça veut dire que tu fais des tonnes,
- 10:00des tonnes,
- 10:00des tonnes,
- 10:01des tonnes,
- 10:01pas cher.
- 10:02Et il y a la chimie de spécialité,
- 10:03donc ça c'est les matériaux composites,
- 10:05les trucs hyper pointus,
- 10:06c'est ce qui envoie Artemis sur la lune,
- 10:09tu vois.
- 10:10Et puis au milieu,
- 10:10il y a nous,
- 10:11il y a la chimie essentielle.
- 10:12Et alors cette espèce de territoire de marque un peu étrange,
- 10:16le principe c'est demain tu veux monter une entreprise.
- 10:19de pompe parce que t'es fan de chaussures,
- 10:20etc.,
- 10:21bon,
- 10:21bah,
- 10:22tu vas avoir n'importe quel manufacturier et tu dis,
- 10:23bah,
- 10:23je veux monter une usine au Portugal,
- 10:25en Roumanie,
- 10:26en France,
- 10:27voilà,
- 10:27et tu crées ta marque de sneakers.
- 10:29Si tu veux faire ça avec une usine de carbonate,
- 10:31tu peux pas.
- 10:33T'as besoin de nous,
- 10:33globalement.
- 10:34Donc,
- 10:35on a des procédés technologiques et des procédés d'innovation qui sont tellement pointus que c'est ça notre barrière à l'entrée,
- 10:41en fait.
- 10:41La chimie essentielle,
- 10:42c'est vraiment comment est-ce que tu crées des usines qui ont une forte valeur ajoutée grâce à tes procédés.
- 10:48Donc c'est de l'ingénierie de procédé.
- 10:49Donc les trois quarts des meufs et des mecs avec qui je bosse en interne,
- 10:53c'est des petits malins.
- 10:54C'est ceux qui aiment les capelas,
- 10:55les Legos et ce genre de trucs.
- 10:57C'est péter,
- 10:58redémonter,
- 10:59refaire,
- 10:59etc.
- 11:00Et aujourd'hui,
- 11:01la nouvelle
- 11:02« contrainte » , mais en tout cas le nouveau paramètre qui est ultra nécessaire,
- 11:07c'est comment est-ce qu'on fait ça en étant moins crade qu'avant.
- 11:10Parce qu'on reste quand même,
- 11:11en particulier sur les usines de carbonate et de bicarbonate,
- 11:14des énormes émetteurs de CO2.
- 11:16Et donc,
- 11:16ça,
- 11:16c'est un vrai sujet sur comment est-ce qu'on avance là-dessus.
- 11:20Donc ça,
- 11:20c'est un peu les problématiques qu'on a chez Solvay aujourd'hui.
- 11:22C'est vraiment tout ce qui est lié à la décarbonation.
- 11:24On a un CEO qui s'appelle Philippe Keren,
- 11:26que j'appelle tendrement le zadiste de la cantine,
- 11:29parce que c'est un type qui est d'une humilité et d'une ambition incroyables.
- 11:35Donc,
- 11:36les deux ensemble sont assez passionnantes.
- 11:38C'est un industriel fondamentalement convaincu qu'il faut que la Chine soit verte.
- 11:44Mais vraiment.
- 11:45Donc,
- 11:46c'est hyper intéressant de bosser avec lui,
- 11:47ce qui est très pragmatique.
- 11:48Et en même temps,
- 11:49il a questionné en permanence sur comment est-ce qu'on refait ça,
- 11:52comment est-ce qu'on remet ça en question.
- 11:53Il l'a fait plusieurs fois dans sa carrière.
- 11:55Donc,
- 11:55voilà,
- 11:55c'est un peu mon green dealer.
- 11:59Et ça,
- 11:59c'est assez cool.
- 12:01Nos concurrents sont les mêmes que dans la plupart de la chimie.
- 12:04C'est un de mes anciens collègues qui disait que le monde de la chimie était un monde un peu incestueux.
- 12:08C'est vrai.
- 12:09Il y a quelques très,
- 12:10très grosses boîtes qui se mangent entre elles,
- 12:12qui se spin-off,
- 12:13qui se rachètent.
- 12:14Il y a très peu de nouveaux entrants sur le marché.
- 12:17Le plus grand et le plus gros,
- 12:19dernièrement,
- 12:19c'est Ineos.
- 12:21Et même avec eux,
- 12:21on a eu une joint venture il n'y a pas très longtemps.
- 12:24Il y a certains marchés sur lesquels les grandes forces s'allient.
- 12:27Exactement.
- 12:28Donc,
- 12:28on est assez...
- 12:30Les grands concurrents vont être à la fois nos concurrents et souvent nos clients.
- 12:33Donc,
- 12:33ça va être BASF,
- 12:35Evonik,
- 12:36PPG.
- 12:38Arkema,
- 12:39en fonction des produits on est toujours un peu sur la même chose sauf sur le carbonate et le bicarbonate où là on est sur une concurrence qui est turque et américaine donc c'est des noms qui sont très peu connus du grand public on va pas aller là dessus mais voilà sinon c'est d'autres boîtes de chimie hyper intéressant et très intéressant de voir comment est-ce que tu approches en
- 12:58disant que voilà c'est une industrie pour reprendre tes mots à priori un peu sale,
- 13:02dortie mais avec cette conscience de le dire et puis d'avoir quand même
- 13:07à la tête,
- 13:07comme tu le disais,
- 13:08quelqu'un qui veut changer ça ou en tout cas qui est convaincu de se dire qu'il faut aller.
- 13:15Et juste pour préciser,
- 13:16je ne suis pas un expert,
- 13:17mais tu disais tout à l'heure que vous vendiez du procédé du coup pour avoir une barrière à l'entrée.
- 13:22Moi,
- 13:22c'est vrai qu'a priori,
- 13:23quand on parle de chimie,
- 13:23je me dis qu'on vend de la molécule ou je ne sais pas.
- 13:25C'est les mêmes molécules qu'on utilise depuis toujours.
- 13:27C'est des molécules,
- 13:28les mêmes molécules qu'on utilise.
- 13:29Elles étaient déjà là,
- 13:30elles seront là après.
- 13:31Mais vous vendez de la molécule et où ?
- 13:33On vend des produits à la fin qui vont être réutilisés par d'autres dans leur propre procédé.
- 13:38Typiquement,
- 13:39un des plus...
- 13:40On est en France,
- 13:41donc je vais prendre ça comme exemple.
- 13:42Un des plus grands clients de carbonate de soude,
- 13:45c'est Saint-Gobain.
- 13:46L'histoire est hyper drôle.
- 13:47Je ne sais pas si tu connais l'histoire de Saint-Gobain.
- 13:49Pas plus que ça.
- 13:50Il faut qu'on l'ait...
- 13:51C'est ce que j'allais dire.
- 13:52À mon avis,
- 13:53ça va être fantastique.
- 13:54Donc,
- 13:54l'histoire est assez rigolote.
- 13:55Louis XIV,
- 13:56notre petit père bien-aimé,
- 13:57se demande comment est-ce qu'il va pouvoir éblouir le monde et montrer que c'est lui le patron
- 14:01Forever.
- 14:02Et donc,
- 14:02il construit Versailles.
- 14:03Et il se dit,
- 14:04comment est-ce que je peux être encore plus un éclateur ?
- 14:06Et là,
- 14:07il se tourne vers les Vénitiens qui ont inventé le verre.
- 14:09Et il se dit,
- 14:10moi,
- 14:10j'aimerais bien en avoir encore plus.
- 14:12Avoir le plus de verre possible.
- 14:13Et qu'est-ce qu'il fait ?
- 14:14Il fait la galerie des glaces.
- 14:16Et donc,
- 14:16pour avoir la galerie des glaces,
- 14:17qu'est-ce qu'il fait ?
- 14:17Il monte les manufactures royales de verre et de glace qui s'appellent Saint-Gobain.
- 14:23Donc,
- 14:23il fait ça pendant des années.
- 14:25Et Saint-Gobain crée ses vitres et ses glaces avec un procédé qui s'appelle le procédé Leblanc.
- 14:30qui fonctionne très bien,
- 14:32avec ce petit détail que c'est hyper toxique et polluant.
- 14:35Donc il y a des pluies acides à 30 km autour de toutes les usines,
- 14:39de toutes les manufactures.
- 14:41Donc,
- 14:42pas fifou-fifou.
- 14:43On aime bien,
- 14:44mais personne n'a envie d'être trop près,
- 14:46c'est pas terrible.
- 14:47Exactement.
- 14:49Et même pour le roi,
- 14:50c'est pas pratique pour lui,
- 14:51parce que s'il veut pouvoir s'équiper,
- 14:52il faut que ce soit à la fois pas trop loin,
- 14:54parce que c'est quand même galère à transporter,
- 14:55et en même temps pas trop près,
- 14:56parce que ça pue.
- 14:58Arrive notre ami Ernesto.
- 14:59qui,
- 14:59lui,
- 15:00dans son petit coin à Skirbeck,
- 15:03dans son petit atelier.
- 15:04« Ingénierise,
- 15:05industrialise le procédé. »
- 15:07Pour faire ça,
- 15:08« industrialise le procédé Leblanc. »
- 15:09Il va voir Saint-Gobain,
- 15:10il leur dit « Eh les gars,
- 15:11regardez,
- 15:11j'ai fait ce procédé Saint-Gobain. »
- 15:12Il dit « Ecoute,
- 15:13gentil Michel,
- 15:13ça ne nous intéresse pas forcément.
- 15:15Nous,
- 15:15on fait ça depuis déjà un petit moment,
- 15:17on ne t'a pas attendu.
- 15:18Donc,
- 15:18ça va aller. »
- 15:19Il dit « Ok,
- 15:19très bien,
- 15:19moi,
- 15:20je vais faire ça tout seul dans mon coin,
- 15:21pas de problème. »
- 15:22Et donc,
- 15:22il monte,
- 15:22il trouve d'autres clients,
- 15:23etc.
- 15:23Il galère,
- 15:24il monte d'autres boîtes,
- 15:25il recommence,
- 15:25il fait ça avec son frère.
- 15:27Son frère lui dit « Bon,
- 15:27écoute,
- 15:27t'es vraiment relou,
- 15:28parce que je crois qu'il t'es quand même assez relou. »
- 15:30Il y a des lettres qui le prouvent,
- 15:31c'est pour ça que je dis ça.
- 15:32Il était complètement obsédé par son truc.
- 15:35Et
- 15:36Ernest Solvay,
- 15:36il avait un côté un peu thug.
- 15:38C'était un libre penseur à plein de niveaux.
- 15:40C'est pour ça qu'il a aussi inventé ce procédé,
- 15:42qu'il a déposé du coup en 1863.
- 15:44Et il invente le procédé de carbonate de soude.
- 15:46Très peu de temps après,
- 15:48Saint-Gobain revient le voir en lui disant « En fait,
- 15:50c'est pas mal ton truc ! »
- 15:51Et il dit « Non,
- 15:52non,
- 15:52les gars.
- 15:52Alors,
- 15:53en fait,
- 15:53figurez-vous que j'ai trouvé.
- 15:54Je n'ai pas besoin de vous. »
- 15:56Mais ça restera quand même du coup un de nos grands clients.
- 15:58C'est toujours un de nos grands clients historiques et institutionnels.
- 16:01Donc aujourd'hui,
- 16:02on travaille aussi avec les concurrents de Saint-Gobain,
- 16:04mais c'est un peu ça l'histoire à la base d'Ernest Solvay.
- 16:06Et Ernest Solvay fait ça,
- 16:08et ça fonctionne,
- 16:09ça fonctionne,
- 16:09ça fonctionne,
- 16:10ça monte.
- 16:11Il l'ouvre une de ses toutes premières usines en France,
- 16:13à Dombasle,
- 16:14en Alsace-Lorraine.
- 16:18Donc c'est pareil,
- 16:18une usine qui va traverser les différentes guerres,
- 16:21les bombardements,
- 16:22elle va être pétée je ne sais pas combien de fois,
- 16:23refaite je ne sais pas combien de fois,
- 16:24etc.
- 16:25Elle est toujours sur pied.
- 16:26Et on est en train de réinventer le procédé.
- 16:28Pour cette fois,
- 16:29le faire.
- 16:30électriquement parce que sinon le procédé encore une fois émet trop de CO2.
- 16:35Donc voilà,
- 16:35il fait tout ça avec,
- 16:37et c'est pour ça que c'est lié aussi au branding et au fait qu'on soit aussi aimé en Belgique et puis ailleurs,
- 16:43c'est un des tout premiers à avoir cette vision sociale et humaniste de se dire,
- 16:47il faut respecter les employés.
- 16:49Donc il va faire en sorte qu'il mette des limites de temps pour ses ouvriers.
- 16:55Il va installer systématiquement ses contre-maîtres à côté.
- 16:58Et son but à lui,
- 16:59c'est que les ouvriers puissent s'élever dans la hiérarchie.
- 17:02Donc on a chez Solvay des histoires.
- 17:04Enfin moi,
- 17:04honnêtement,
- 17:05ça me file des frissons,
- 17:06je trouve ça dingue.
- 17:07On en est à la sixième ou septième génération d'employés Solvay.
- 17:10Les tout premiers ont commencé blue collar,
- 17:12donc ouvriers en bas de la chaîne.
- 17:14Et aujourd'hui,
- 17:14on a des ingénieurs chargés d'usines.
- 17:17Qui sont issus de cette génération.
- 17:18C'est une fille en l'occurrence,
- 17:20qui sont petites filles de ça.
- 17:22Excellent.
- 17:23Donc,
- 17:23c'est vraiment une boîte qui est très tournée vers l'autre.
- 17:27On a des fonds de philanthropie qui datent depuis l'après-guerre,
- 17:29etc.
- 17:30Donc,
- 17:30lui,
- 17:30il avait cette vision-là,
- 17:32vraiment très humaniste,
- 17:33très tournée vers l'autre et très scientifique.
- 17:37Je crois qu'il avait dit un truc du type,
- 17:40c'est à travers le progrès scientifique que l'humanité réussira à grandir et à être meilleure.
- 17:46Donc,
- 17:46on a un petit programme de branding qui est sympa,
- 17:48tu vois.
- 17:50Merci pour cette parenthèse historique.
- 17:52Bien sûr.
- 17:53On en apprend sur plein de marques finalement au sein d'un même épisode.
- 17:56Aujourd'hui,
- 17:57vos clients sont essentiellement des industriels du coup,
- 18:00je suppose.
- 18:01Quel type de retour tu aimerais entendre ou avoir de la part des équipes sur l'expérience que ces industriels ont de vos services,
- 18:10de vos produits ?
- 18:12Si on allait voir,
- 18:12tu le disais tout à l'heure,
- 18:14dans tes amis,
- 18:15il y avait quelqu'un qui était un grand compte Solvay.
- 18:18Est-ce que le retour,
- 18:18il est sur...
- 18:21la qualité des échanges avec les collaborateurs.
- 18:23Tu disais,
- 18:24tu as pris l'exemple tout à l'heure,
- 18:25où il est sur les différentes offres,
- 18:27services et les différentes BU qui vont répondre à plein de besoins différents.
- 18:31C'est quoi le retour un peu client ?
- 18:33L'excellence.
- 18:34L'excellence.
- 18:35Oui,
- 18:36j'ai fait ce
- 18:37360 là au moment où justement on est allé créer ce territoire de marque de la chimie essentielle,
- 18:43qui est un territoire qui n'existe pas.
- 18:45Pour les investisseurs,
- 18:46pour les marchés financiers.
- 18:48On fait soit de la communauté,
- 18:49soit de la spécialité.
- 18:50Et nous,
- 18:50on est en train de leur expliquer que ce n'est pas possible.
- 18:51Ça ne fonctionne pas.
- 18:52Nous,
- 18:52on ne peut pas rentrer dans cette case-là.
- 18:54Donc,
- 18:54on a créé ce marché qui est la chimie essentielle.
- 18:57OK.
- 18:57C'est vous qui avez créé cette case de chimie essentielle.
- 19:00Donc,
- 19:00qui répond à un certain nombre de paramètres et qui sont désormais audités,
- 19:05validés.
- 19:06Et ça y est,
- 19:07on commence enfin à avoir des investisseurs,
- 19:10des journalistes,
- 19:10etc.
- 19:11qui nous le donnent sans plus trop de problèmes.
- 19:14Donc,
- 19:14pour créer ce territoire de marque-là,
- 19:16Réussir qu'on...
- 19:17On ne racontait pas trop de conneries non plus,
- 19:19et qu'on n'était pas à côté de notre marque,
- 19:20justement.
- 19:22On a demandé aux employés en interne,
- 19:23donc on a fait énormément de travail sur un vrai bottom-up auprès de plus de 4000 personnes dans la boîte.
- 19:31On a fait ça avec le management aussi,
- 19:32on a fait ça avec nos investisseurs,
- 19:34et on a fait ça avec nos clients.
- 19:36Et donc,
- 19:36quand on a demandé aux clients,
- 19:37qu'est-ce que vous pensez de Solvay ?
- 19:38Qu'est-ce que la marque vous évoque ?
- 19:40Qu'est-ce que vous appréciez chez nous ?
- 19:42Le premier truc qui vient,
- 19:43systématiquement,
- 19:44c'est trop marrant,
- 19:44j'en ai interviewé...
- 19:47Un à
- 19:51Singapour, un en Pologne,
- 19:52Italie,
- 19:53France,
- 19:54US,
- 19:54Brésil.
- 19:54J'avais six ou sept clients que j'ai interviewés.
- 19:57Le premier mot qu'ils donnent,
- 19:58c'est ça.
- 19:59C'est excellence.
- 20:00On sait qu'on peut compter sur vous,
- 20:01vos produits sont toujours nickels.
- 20:02Vous êtes d'une fiabilité,
- 20:04d'une sécurité tant financière que pratique absolue.
- 20:10Et quand on crée sa propre case,
- 20:13comment est-ce qu'on fait la promotion,
- 20:15la publicité ?
- 20:17Comment est-ce que tu communiques ?
- 20:19Sur quels leviers ?
- 20:20Dans la mesure où,
- 20:22comme c'est un marché ou une dénomination créée par vos soins,
- 20:27Comment les gens arrivent à comprendre sans que tu aies l'occasion de leur expliquer comment on fait de la publicité d'un marché nouveau ou d'une catégorie nouvelle ?
- 20:36Parce que les gens,
- 20:37tu vois,
- 20:37tu le dis,
- 20:38pour le positionner,
- 20:39il faut le situer par rapport à deux références historiques que les gens ont,
- 20:43la spécialisation ou le mass,
- 20:45je ne sais plus comment est-ce que tu l'appelais,
- 20:47les commodités,
- 20:48pardon,
- 20:49et les grands volumes.
- 20:50Et c'est en disant cela qu'on comprend là où vous vous positionnez.
- 20:53Comment tu fais aujourd'hui ?
- 20:54Comment vous faites ?
- 20:56la publicité de cette nouvelle catégorie et de votre positionnement ?
- 21:02On a évidemment retravaillé la marque,
- 21:04la tagline,
- 21:05etc.
- 21:05Et c'est là où la force du branding arrive aussi.
- 21:09Comment est-ce qu'on travaille une campagne de communication autour de ça ?
- 21:12Moi,
- 21:12un de mes premiers instincts,
- 21:13c'était,
- 21:14il faut qu'on ouvre le sujet.
- 21:17On a un nouveau périmètre,
- 21:18on a rechangé à nouveau depuis 2023.
- 21:20Les gens ont l'impression de nous connaître depuis toujours.
- 21:22En fait,
- 21:22on a vachement changé.
- 21:23Et il faut qu'on puisse parler de ce changement,
- 21:25il faut qu'on puisse aller raconter cette histoire-là.
- 21:27Et donc,
- 21:29pour le faire,
- 21:30on a fait une première campagne corporate qui s'appelait Mastering the Essential,
- 21:35qui était une campagne qui nous avait été un peu donnée pour se positionner sur la partie Essential.
- 21:45On n'aimait pas trop le côté mastering.
- 21:48Ok.
- 21:48Ouais.
- 21:49C'est pour ça qu'on a changé,
- 21:50qu'on est parti sur Essential for Generations,
- 21:51parce que la partie mastering,
- 21:53il y avait un côté un peu condescendant,
- 21:54qui n'est pas du tout dans l'ADN Solvay.
- 21:57Les gens chez Solvay,
- 21:58peut-être parce que c'est une boîte belge et qu'on est coincés entre trois grosses puissances,
- 22:02peut-être parce que c'est leur mentalité,
- 22:04mais c'est une boîte de gens très humbles,
- 22:07hyper bons dans ce qu'ils font,
- 22:08mais qui ne vont pas se faire raconter.
- 22:09Tu n'as pas besoin de le dire dans la tagline.
- 22:11Exactement.
- 22:11C'était en
- 22:132024, c'est ça ?
- 22:14Ça,
- 22:14c'était en 2024,
- 22:15oui.
- 22:15Donc la campagne a assez bien marché.
- 22:17Elle était...
- 22:18On a changé.
- 22:18Donc le branding a changé.
- 22:21Moi,
- 22:21un des trucs que je kiffe le plus dans mon métier,
- 22:23c'est être en usine.
- 22:24Les gens sont là.
- 22:25Oui,
- 22:25vraiment.
- 22:26Si,
- 22:26si,
- 22:26je vous jure.
- 22:27Déjà,
- 22:27je trouve ça hyper beau visuellement.
- 22:29On aurait pu refaire le studio.
- 22:29Désolé,
- 22:30c'est vrai qu'on l'a laissé comme tel.
- 22:32Non,
- 22:32mais alors,
- 22:33j'aime bien.
- 22:33Il y a des câbles,
- 22:34il y a des tubes,
- 22:34il y a des machins.
- 22:36Donc je m'y retrouve.
- 22:37Ça me plaît.
- 22:37Ça,
- 22:38ça me parle.
- 22:39Il y a ce truc-là dans les usines qui est hyper fort visuellement.
- 22:41En fait,
- 22:42il fallait,
- 22:43au moment où on a shifté et on est devenu essentiel,
- 22:46il fallait qu'on raconte cette histoire justement de on n'est plus des chimistes,
- 22:50on est des industriels.
- 22:52Et ça,
- 22:52c'est un énorme changement.
- 22:53Bien sûr qu'on est toujours des chimistes et qu'on a ça dans le sang,
- 22:57enfin dans l'ADN depuis le début,
- 22:59mais néanmoins,
- 23:00ce qu'on fait,
- 23:00c'est qu'on est des industriels.
- 23:02On fait vraiment ça,
- 23:02on est vraiment des ingénieurs et des industriels.
- 23:05Donc là,
- 23:05ça,
- 23:05c'est un des tout premiers shifts,
- 23:06puisqu'on ne crée plus de solutions comme on le faisait avant.
- 23:09dans notre ancien périmètre,
- 23:10où on avait toute une partie de chimie de spécialité,
- 23:13où là,
- 23:13tu crées des molécules,
- 23:14tu inventes des choses,
- 23:15etc.
- 23:16Nous,
- 23:16aujourd'hui,
- 23:16on est juste des passeurs.
- 23:18Juste,
- 23:18très humblement,
- 23:19on est des passeurs.
- 23:20Donc,
- 23:21il fallait qu'on raconte absolument cette histoire-là.
- 23:24Mastering the Essential nous permettait de commencer à positionner le Essential.
- 23:29Donc,
- 23:29ça a été une première porte.
- 23:31On a beaucoup travaillé avec le branding et avec l'agence aussi sur le fait que moi,
- 23:34j'avais envie que ça reflète les codes des usines.
- 23:36Donc,
- 23:36que ce soit plus lumineux,
- 23:38plus coloré.
- 23:39Parce que quand on le voit de l'extérieur,
- 23:41vous avez tous en tête un paysage industriel.
- 23:43Voilà,
- 23:43le premier truc auquel on pense,
- 23:44c'est pas de jour,
- 23:45c'est de nuit.
- 23:46Toutes les lumières qui sont allumées,
- 23:47les structures,
- 23:48etc.
- 23:48Il y a un côté hyper graphique là-dedans.
- 23:51Et ça l'est.
- 23:52Quand on se balade dans une usine où tout le monde est habillé en bleu,
- 23:54parce que c'est nos bleus de travail,
- 23:55voilà,
- 23:56avec des casques de couleurs dans tous les sens.
- 23:58Donc oui,
- 23:58on ressemble un peu à des mignons,
- 23:59ok.
- 24:00Mais c'est pour des raisons de sécurité qui font partie des valeurs essentielles chez Solvay.
- 24:05Il y a énormément de couleurs.
- 24:07De couleur hyper bright,
- 24:08parce que justement,
- 24:08il faut que ce soit visible,
- 24:09parce que c'est des EPI,
- 24:11parce que c'est des EPI,
- 24:12parce que voilà.
- 24:13Donc moi,
- 24:13j'avais vraiment envie qu'on reprenne ces codes-là,
- 24:14beaucoup plus indus,
- 24:15mais beaucoup plus réels.
- 24:17La réalité aussi,
- 24:17c'est que très souvent,
- 24:18les sites industriels sont des endroits qui sont extrêmement dégagés et souvent enchassés dans la nature.
- 24:23Ce qui peut paraître très antinomique,
- 24:25mais c'est le cas en réalité.
- 24:26Les sites industriels,
- 24:27aujourd'hui,
- 24:28à chaque fois que,
- 24:29malheureusement,
- 24:30quand il y a des problèmes,
- 24:30les gens sont là.
- 24:31Mais en fait,
- 24:31il était en pleine ville,
- 24:32le site.
- 24:33Et ouais,
- 24:33les gars,
- 24:33les sites,
- 24:33ils sont en général en pleine ville.
- 24:35Ils sont ou alors,
- 24:35ils sont vraiment aux portes.
- 24:37Donc,
- 24:37voilà.
- 24:38Donc,
- 24:38c'est un des...
- 24:39La sécurité est un des codes premiers de la chimie.
- 24:44Ça fait marrer toutes les agences avec qui je bosse parce qu'on est obsédé par la sécurité.
- 24:47Et donc,
- 24:48je passe ma vie à répéter aux gens qui viennent au bureau,
- 24:49tiens la rampe.
- 24:51C'est pas parce que les gens la lâchent.
- 24:53C'est parce que la première mesure de sécurité en usine,
- 24:55c'est de tenir la rampe.
- 24:57Voilà.
- 24:57D'avoir ses EPI et de tenir la rampe.
- 24:58Parce que la plupart des accidents,
- 25:00c'est ça.
- 25:01Donc,
- 25:01on voulait reprendre les codes graphiques un peu nouveaux,
- 25:03on voulait rapporter un peu plus de lumière,
- 25:06et moi je voulais qu'on remette un peu plus d'industriel et d'humain.
- 25:08Parce que c'est vraiment ça qui nous constitue principalement.
- 25:11Donc Mastering C'est Essential a été vraiment cette campagne-là de on se réapproprie nos connes,
- 25:16on re-raconte à nouveau qui on est.
- 25:18Et aujourd'hui,
- 25:18qui on est,
- 25:19c'est des indices.
- 25:20Et est-ce que ça ne vous rapproche pas ?
- 25:22Parce que je ne sais pas comment est-ce que,
- 25:23quand on est chimiste,
- 25:25comment on est perçu par ses clients industriels,
- 25:29est-ce que ça ne vous rapproche pas finalement de vos propres clients ?
- 25:31De dire en fait,
- 25:32on parle d'industriel à industriel.
- 25:35Ou est-ce que non ?
- 25:35On est dans une chaîne de valeur.
- 25:38On est dans une chaîne de valeur.
- 25:39Donc,
- 25:39c'était ça qui était intéressant aussi,
- 25:40encore une fois.
- 25:41Et c'est pour ça qu'on aimait moins Mastering the Essential et qu'on avait envie de le faire fort.
- 25:46C'était vraiment ce côté,
- 25:47on ne travaillait jamais seul.
- 25:48Donc,
- 25:48oui,
- 25:49ça reprenait aussi des codes du milieu et du secteur.
- 25:52Et rappeler qu'on était un dans une chaîne.
- 25:55Donc,
- 25:56ça,
- 25:56c'était la première campagne qu'il y a eu en 2024,
- 25:58après le spin-off.
- 26:00Ça nous a permis d'ancrer ce...
- 26:04première visuelle,
- 26:05cette première tendance,
- 26:06cette première manière plus simple,
- 26:08plus allégée,
- 26:09plus lumineuse,
- 26:09un peu comme notre nouveau périmètre finalement,
- 26:12ce qui était cool.
- 26:14Mais ce n'était pas assez.
- 26:15On avait quand même un territoire de marque à aller chercher et pour moi,
- 26:18la meilleure manière de le faire,
- 26:20c'est de forcer la conversation.
- 26:23Et donc,
- 26:23pour forcer un peu la conversation,
- 26:24il y a plein de manières de le faire.
- 26:25La manière qu'on a choisie,
- 26:27on a travaillé avec WPP,
- 26:29avec VML.
- 26:31et avec Mindshare là-dessus.
- 26:33Et je leur ai donné le brief en leur disant,
- 26:36voilà,
- 26:36on va refaire une campagne
- 26:38Essential for Generations,
- 26:41mais j'aimerais bien un truc un peu plus créatif.
- 26:43Ils m'ont dit,
- 26:43ouais,
- 26:45les boîtes disent toujours ça,
- 26:47et en fait,
- 26:48à la fin,
- 26:49vous prenez pas.
- 26:51J'en ai qui sont joueurs,
- 26:52donc allons-y,
- 26:53on peut y aller.
- 26:54Ouais,
- 26:55mais...
- 26:55Je leur ai redonné le brief,
- 26:57on a changé la tagline.
- 26:58On n'est plus mastering des essentials,
- 27:00on est essential for generations.
- 27:02On veut reprendre ces codes,
- 27:03le bleu solvay,
- 27:04avec un fond blanc qui est essentiel et qui existe depuis 1863,
- 27:08parce que le logo a été inventé en 1864.
- 27:11Il a changé quand même le logo.
- 27:13Le logo a changé neuf fois depuis 1863.
- 27:19On a l'évolution d'ailleurs du logo qui existe et qui est très ancré,
- 27:22puisqu'il est littéralement gravé dans les murs de certaines usines qui datent de 1800 et des brouettes.
- 27:28On a les tout vieux logos qui existent,
- 27:29comme quoi le branding,
- 27:30c'est quand même assez fantastique.
- 27:32Et donc,
- 27:32on a commencé à jouer avec eux et je leur ai dit,
- 27:34allez-y,
- 27:35poussez un petit peu plus.
- 27:36Allons-y dans la créativité,
- 27:37parce qu'il va falloir qu'on fasse un petit électrochoc sur le marché,
- 27:40parce que les gens nous connaissent,
- 27:41mais ils ne nous connaissent plus.
- 27:42Ils ne savent pas qui on est devenu,
- 27:43ils ne savent pas qui on est.
- 27:44On a besoin de raconter cette histoire.
- 27:46Est-ce que c'était lié,
- 27:47excuse-moi de te couper,
- 27:48à pas assez satisfait de mastering des essentials ?
- 27:52C'était bien,
- 27:53ça a mis un premier pas vers l'essential finalement.
- 27:55Exactement.
- 27:55Mais vous vous êtes dit,
- 27:56on n'est pas allé assez loin,
- 27:57on n'est pas allé dans la bonne direction.
- 27:59Ouais.
- 27:59Ou rien à voir avec la phase 1 de 2014.
- 28:03Non,
- 28:03on avait testé des choses qu'on était content de valider,
- 28:06mais il y avait quand même cette problématique de,
- 28:07on ne voulait pas mastering the essential,
- 28:09on voulait essential for generations.
- 28:10Et donc ça,
- 28:10c'était vraiment,
- 28:12il fallait qu'on puisse l'ancrer et qu'on puisse le faire vivre et le continuer.
- 28:17Et donc c'était vraiment ce but-là.
- 28:20encore une fois,
- 28:20ancrer ça sur un territoire de marque.
- 28:23Donc on discute avec l'agence.
- 28:24Bon,
- 28:25ok,
- 28:25on prend ton brief,
- 28:26très bien,
- 28:26allons-y.
- 28:28Et puis ils reviennent avec trois campagnes,
- 28:30trois propositions.
- 28:32Je pense que j'aurais été fière de sortir les trois.
- 28:33Honnêtement,
- 28:33ils avaient fait un travail qui était fantastique,
- 28:35big up les mecs.
- 28:36Et il y en avait une qui était géniale,
- 28:38qui était complètement barrée,
- 28:40un peu trop,
- 28:41dans le sens où c'était quelqu'un qui sautait d'un avion et je leur disais,
- 28:43alors,
- 28:43je vous adore,
- 28:45mais la valeur numéro un chez Solvay,
- 28:46c'est la sécurité.
- 28:48Et là,
- 28:48il n'a pas d'EPI quand il saute de l'avion.
- 28:51Donc le parachute,
- 28:52tout ce que vous voulez.
- 28:53On garde le concept,
- 28:55mais on va faire ça différemment,
- 28:56s'il vous plaît.
- 28:57Parce que ça ne va pas fonctionner.
- 29:00Et puis,
- 29:00je leur raconte une anecdote en leur disant,
- 29:02il y a un truc qui nous est arrivé de fou,
- 29:03les gars,
- 29:03il n'y a pas très longtemps.
- 29:05On a un de nos actionnaires américains qui a passé 30 minutes en réunion investisseur à New York à parler de Solvay.
- 29:11Donc,
- 29:11je te laisse imaginer la gueule du cours de bourse le lendemain matin.
- 29:14Plus 25.
- 29:15Et il a commencé tout son speech sur Solvay en disant « It's a boring company,
- 29:19but a boring company that you want to invest in.
- 29:21Because it's stable,
- 29:23because it's a dividend aristocrat. »
- 29:25L'aristocrate du dividend,
- 29:27la boîte stable,
- 29:28tranquille,
- 29:28majestat.
- 29:28La boîte de bon père de famille.
- 29:29Exactement,
- 29:30la boîte de bon père de famille.
- 29:32Un peu plan-plan,
- 29:33un peu chiante,
- 29:34mais ça fonctionne.
- 29:36Et je leur ai dit « Moi,
- 29:37je trouve ça fantastique.
- 29:39Parce que c'est vrai qu'on est boring,
- 29:42mais pas quand t'es à l'interne. »
- 29:44On est not boring,
- 29:46vraiment.
- 29:46Et donc,
- 29:47ça les a fait marrer.
- 29:48Et sur les trois pistes,
- 29:49il y avait une des pistes qui était liée à ça,
- 29:51qui s'appelait donc la boring campaign.
- 29:54On la voit la première fois avec mon boss,
- 29:57qui est le chief people officer,
- 29:59donc il est le DRH groupe,
- 30:00qui est au COMEX.
- 30:01Et il me dit,
- 30:02moi,
- 30:02je l'adore,
- 30:02mais les autres ne vont jamais vouloir.
- 30:04Et donc,
- 30:05ce que j'ai fait,
- 30:05c'est que je suis allée voir chacun,
- 30:06individuellement,
- 30:07des membres du COMEX,
- 30:08en lui disant,
- 30:09le présentant les trois campagnes,
- 30:10en lui disant,
- 30:10laquelle tu préfères.
- 30:12Et à chaque fois,
- 30:13c'était celle-là qui préférait.
- 30:14Donc je suis revenue en réunion de Comex en leur disant en fait,
- 30:17vous préférez tous celle-là,
- 30:19mais vous avez tous dit que les autres n'oseraient jamais.
- 30:21Alors on ose ou on n'ose pas ?
- 30:23Donc ça veut dire que vous vous connaissez mal ?
- 30:25Non,
- 30:25ça veut dire qu'individuellement,
- 30:27s'ils l'avaient fait collectivement,
- 30:29ils auraient pris un choix plus consensuel.
- 30:31Ils auraient eu peur d'aller aussi loin.
- 30:33Là,
- 30:33c'était plus facile quand je leur ai donné leur ranking à tous.
- 30:36Et encore une fois,
- 30:36les trois campagnes étaient cool,
- 30:37j'aurais été fière de sortir les trois.
- 30:40Mais celle-là était vraiment rigolote.
- 30:41Elle avait un truc en plus.
- 30:44Elle était décalée et c'est ce qui correspond vachement au mindset Solvay.
- 30:48Enfin voilà,
- 30:49à ce côté belge un peu déjanté,
- 30:51un peu voilà.
- 30:53Et donc
- 30:54Lucie au réfléchi,
- 30:56Philippe est là,
- 30:57je ne sais pas,
- 30:58est-ce qu'on y va,
- 30:58est-ce qu'on n'y va pas ?
- 31:00Il me dit tu vas me faire planter mon cours de bourse,
- 31:02j'étais là,
- 31:02alors je doute que de faire planter ton cours de bourse avec une campagne.
- 31:06Et si ça ne marche pas,
- 31:07on la retirera et puis basta,
- 31:10on se sera planté,
- 31:10on aura appris.
- 31:12Bon alors c'est une erreur qui coûte un peu cher.
- 31:16mais je pense qu'il faut qu'on l'attente franchement je pense que ça va fonctionner bon il finit je t'épargne les 14 discussions internes qui ont suivi le fait qu'ils ont failli retirer débrancher le budget nanana vraiment le cauchemar dans
- 31:32un moment de doute et de crise et puis on la lance on fait le tournage on part sur ce concept du coup de not boring où on voit une personne qui est chez elle
- 31:42Et qui raconte à quel point tous nos produits sont chiants.
- 31:46C'est chiant.
- 31:48Et puis elle raconte aussi comment le fait que ces effets chimiques fonctionnent entre eux,
- 31:53c'est quand même dingue,
- 31:54non ?
- 31:54On ne voit rien,
- 31:55c'est totalement invisible,
- 31:57mais pourtant c'est essentiel.
- 32:00Et donc,
- 32:00à quel point est-ce que l'essentiel est invisible,
- 32:03mais présent partout ?
- 32:05Ce qui est évidemment
- 32:06Solvay.
- 32:07Et comme beaucoup de chimistes,
- 32:08c'est des trucs qu'on ne voit pas,
- 32:09qu'on ne se rend pas compte et qui est là absolument partout autour de nous,
- 32:12dans le studio maintenant.
- 32:14Comment est-ce qu'on reprend cet angle-là sans re-raconter pour la centième fois qu'on est invisible mais essentiel ?
- 32:21Et sans re-rentrer dans le fait que...
- 32:23Parce que pour de la chimie,
- 32:23dire qu'on est invisible mais qu'on est partout dans votre corps,
- 32:25ça angoisse légèrement les gens.
- 32:28Donc comment est-ce qu'on casse ce truc-là ?
- 32:30Comment est-ce qu'on prend un peu de recul ?
- 32:33C'est ce qu'on s'est dit,
- 32:33en fait,
- 32:33on a 160 ans,
- 32:34on peut se moquer de nous-mêmes un peu.
- 32:35Oui,
- 32:35c'est un peu d'auto-dérision.
- 32:37Exactement.
- 32:37Et tout le monde le pense,
- 32:38ou peut-être que dans l'industrie,
- 32:39on essaie de trouver comment est-ce qu'on n'est pas boring.
- 32:42Et le truc qui est génial,
- 32:44je finis par avoir une discussion avec...
- 32:47Non,
- 32:47d'ailleurs,
- 32:48on me l'a raconté la discussion.
- 32:50Le CEO re-regarde la vidéo une quatrième fois et il se marre.
- 32:54Il dit,
- 32:55tu sais quoi,
- 32:56les autres seront les Avengers et nous,
- 32:58on sera Dick Haneck.
- 33:00Et c'était exactement ça.
- 33:01Et quand on a sorti la campagne en mars l'année dernière,
- 33:05donc il y a un an,
- 33:07ça a cartonné.
- 33:09Mais ça a cartonné à un point qu'en fait,
- 33:11on s'est retrouvés avec des chiffres qui s'approchent des campagnes B2C,
- 33:15pas des campagnes B2B,
- 33:17pour une marque qui est loin en règle générale.
- 33:21Donc,
- 33:21nos grandes audiences étaient évidemment le grand public,
- 33:24les clients et les investisseurs.
- 33:28Et ça a surperformé partout,
- 33:29en fait.
- 33:31À tel point que du coup,
- 33:32c'est devenu un gimmick en interne.
- 33:34Les gens vont sortir de là,
- 33:35quand il s'est passé un moment un peu sympa ou un truc comme ça,
- 33:37ils vont dire « Ah,
- 33:38it was not boring » .
- 33:40Donc,
- 33:41c'est vraiment,
- 33:42ça nous a permis d'avoir ça,
- 33:43et ça nous a permis de relancer les discussions avec énormément de gens qu'on connaît depuis très longtemps.
- 33:48Nos clients qui sont là depuis 160 ans,
- 33:52parce qu'ils l'ont vu,
- 33:53parce qu'ils ont vu passer les campagnes et les trucs comme ça,
- 33:56ça les a fait marrer aussi.
- 33:58Donc on a pu re...
- 33:59Pourquoi est-ce que vous avez lancé ça ?
- 34:01Ça a fait parler...
- 34:01Ça a fait discuter.
- 34:02Ça a fait discuter,
- 34:03ça nous a permis de reparler de notre périmètre,
- 34:05ça nous a permis de discuter de ce qui était essentiel ou pas.
- 34:09Voilà,
- 34:09donc c'était vraiment...
- 34:10Ça,
- 34:11ça a été le gros succès,
- 34:12oui.
- 34:12Est-ce que tu penses que ce succès,
- 34:14justement,
- 34:15il est dû au fait d'avoir eu,
- 34:18moi je l'appelle phase 1,
- 34:19mais en tout cas la partie mastering des essentials que vous avez voulu...
- 34:22remodeler,
- 34:23retravailler,
- 34:24en gardant un peu la partie essential,
- 34:25mais en vous disant on n'est pas satisfait d'une partie,
- 34:27on va la switcher.
- 34:29Est-ce que tu penses que ça aurait eu le même succès s'il n'y avait pas eu cette première phase en 2024 ?
- 34:36Je pense que 2024 nous a déjà ouvert le chemin.
- 34:39Le fait qu'on ait nous-mêmes pu tester,
- 34:41aller vérifier un certain nombre d'hypothèses qu'on avait,
- 34:44de perceptions du marché,
- 34:45de fonctionnement.
- 34:46Qui fait que vous y êtes allé peut-être plus fort.
- 34:48Exactement.
- 34:48Parce que vous avez fait ce travail introspectif une première fois.
- 34:51Qui fait que la deuxième fois,
- 34:52vous y allez,
- 34:53le COMEX y va aussi.
- 34:55Oui,
- 34:55exactement.
- 34:55All-in.
- 34:57Tu penses que cette phase 1 a été importante dans le succès de...
- 35:02En tout cas,
- 35:02ça a permis encore une fois de faire le lit de la suite.
- 35:07Les fondations.
- 35:08Exactement.
- 35:10Tu l'as dit,
- 35:10vous êtes accompagnée d'agences.
- 35:13Comment est-ce que tu travailles avec ces acteurs ?
- 35:16Est-ce qu'il y a un gros travail fait d'abord en interne par vos équipes ?
- 35:21Parce que qui mieux que vous pour incarner,
- 35:23comprendre et trouver des idées ?
- 35:26Ou alors au contraire,
- 35:27tu te dis ça,
- 35:28c'est le travail d'une agence et je délègue.
- 35:31L'intégralité de ce travail de création,
- 35:33d'idéation à l'agence,
- 35:36où est-ce que tu places le curseur du
- 35:38« on doit être involved »
- 35:39et « ça doit venir de nous »
- 35:40et « on doit avoir des idées qu'on vient présenter à l'agence et elle doit tirer le fil »
- 35:44ou alors au contraire,
- 35:44tu t'appuies à 100%
- 35:45pour dire
- 35:47« on doit faire une campagne,
- 35:48on doit changer notre signature,
- 35:50on doit faire un travail,
- 35:52proposez-moi des choses » .
- 35:53Je suis une fervente croyante dans la collaboration.
- 35:58Donc,
- 35:59c'est vraiment...
- 36:01Et c'est ça que j'adore,
- 36:03justement,
- 36:04avec les équipes avec lesquelles on travaille chez
- 36:07WPP, autant chez VML que chez Mindshare,
- 36:10c'est qu'on est dans une team.
- 36:13On va travailler tout ensemble.
- 36:15Donc,
- 36:15la manière dont je fonctionne,
- 36:17c'est moi,
- 36:17je viens avec la strat.
- 36:19Je leur explique quelles sont les problématiques,
- 36:22les besoins,
- 36:24les codes.
- 36:25Et ensuite...
- 36:27typiquement pour notre brawling c'est moi qui ai planté du doigt le fait que ça me ferait marrer d'avoir un truc autour de ça et qu'ils pouvaient y aller et ensuite j'ai une confiance totale dans leur expertise,
- 36:38si je les ai pris si je les ai choisis c'est parce qu'ils ont une expertise que je n'ai pas et donc il y a un moment où il faut que j'accepte aussi de lâcher la rampe et que ce soit eux qui le prennent et voilà.
- 36:47Lâcher la rampe attention uniquement de manière sécure ok
- 36:54Ok,
- 36:54donc tu as vraiment cette volonté de leur donner ce périmètre intégral de créativité.
- 37:01Ça doit être de leur côté,
- 37:02une fois que toi tu as donné un peu la direction et peut-être l'endroit où tu souhaites atterrir.
- 37:07Nous,
- 37:07on n'a pas les compétences en interne pour faire ça aussi bien,
- 37:10déjà d'une.
- 37:11C'est qu'un sans métier en même temps.
- 37:12Exactement,
- 37:13et ils le font extrêmement bien.
- 37:15Donc non,
- 37:16pour moi,
- 37:16c'est une vraie collaboration,
- 37:18une vraie discussion.
- 37:19Il y a des moments où je vais pousser un petit peu plus.
- 37:21Il y a des moments où ils vont me dire,
- 37:23meuf,
- 37:24c'est gentil ce que tu nous demandes,
- 37:25mais en fait,
- 37:26si on va vers cette direction-là,
- 37:28voilà les risques A et B.
- 37:30Et donc,
- 37:30tu prends les choix en conscience.
- 37:32Exactement.
- 37:34Ou à l'inverse,
- 37:34ils vont me dire,
- 37:35tiens,
- 37:35c'est marrant,
- 37:36vous n'allez pas dans cette direction-là.
- 37:38C'est dommage,
- 37:39parce que de ce qu'on peut voir,
- 37:41il y a un espace à prendre là.
- 37:43Oui.
- 37:44Et donc,
- 37:45en fonction de si on a le temps,
- 37:46le budget,
- 37:46les ventes passantes en interne.
- 37:49Je vais suivre leurs recommandations aussi.
- 37:50Donc,
- 37:50on est vraiment,
- 37:51pour moi,
- 37:51dans un accompagnement stratégique et opérationnel derrière.
- 37:56Ok.
- 37:57Eh bien,
- 37:57écoute,
- 37:58très clair.
- 37:58Merci,
- 37:58Anne Solène.
- 37:59On arrive maintenant à la fin de cet épisode.
- 38:01J'espère qu'on a tout parcouru.
- 38:02Est-ce qu'il y a encore une dernière chose à savoir sur Solveig qu'on n'aurait pas abordé ?
- 38:06Non,
- 38:07je pense que le truc qui est peut-être effectivement invisible aussi,
- 38:09c'est l'impact de l'industrie en général et de la chimie.
- 38:13On dit que la chimie est la mère de toutes les industries et on est en train de le voir en ce moment.
- 38:18On est dans un moment,
- 38:19je pense que tu dois l'entendre,
- 38:21d'autres remarques,
- 38:21je l'ai entendu en écoutant d'autres épisodes.
- 38:23On a un moment hyper critique,
- 38:24dans le sens où,
- 38:27là on est sur des,
- 38:28en tout cas depuis la France,
- 38:29et depuis l'Europe,
- 38:30on est sur des problématiques de souveraineté industrielle,
- 38:34très très fort aujourd'hui.
- 38:35Donc ce qui est fantastique dans le travail qu'on fait aujourd'hui en branding,
- 38:39et dans tout ce qu'on fait avec,
- 38:40c'est qu'il y a une vraie dimension géopolitique et stratégique,
- 38:45où on se pose vraiment la question de...
- 38:47Quels sont les marchés qu'on va accompagner ?
- 38:48Qu'est-ce qu'on va couvrir ?
- 38:49Quels sont les messages qu'on va envoyer ?
- 38:52Parce qu'on sait aujourd'hui que si maintenant,
- 38:55si maintenant les gouvernements et l'Union européenne ne bougent pas,
- 39:00la marque disparaît dans 3 à 5 ans.
- 39:02Parce que c'est la mer noire.
- 39:06Donc ça c'est la partie je trouve du branding qu'on oublie un petit peu parfois qui est que oui on part de la strat mais c'est aussi parce que dans des entreprises comme celle de l'industrie en particulier de la chimie on est sur des enjeux géopolitiques qui sont dingues donc c'est fantastique de pouvoir allier à la fois la créativité et
- 39:28la rigueur du branding avec servir une stratégie
- 39:34à des niveaux assez élevés.
- 39:35Écoute,
- 39:37c'est très clair et c'est vrai que c'est des industries qui peuvent aussi se faire challenger.
- 39:41Tu le disais,
- 39:42c'est à l'échelle mondiale et donc il y a des enjeux économiques,
- 39:47politiques et de souveraineté derrière.
- 39:49Écoute,
- 39:50merci d'avoir pris le temps déjà de répondre à toutes mes questions.
- 39:52Avec grand plaisir.
- 39:54J'espère que les gens qui nous auront écoutés auront appris plein de choses sur l'entreprise Solvay.
- 39:58Merci.
- 39:58Ça aurait pas été trop boring.
- 40:00Non,
- 40:00ben non,
- 40:00justement.
- 40:02Merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés on se retrouve très vite dans un prochain épisode à bientôt