Latest / Africa Fashion Tour / Serge Noukoué, fondateur de la Nollywood Week
Transcript
- 0:00Non,
- 0:00effectivement,
- 0:00l'idée,
- 0:00c'est d'être à temps plein.
- 0:03Pas que le festival,
- 0:04pour le coup,
- 0:04parce que le festival,
- 0:05c'est une porte d'entrée,
- 0:05mais j'ai fait aussi d'autres choses qui sont liées,
- 0:08des activités connexes.
- 0:10Par exemple,
- 0:10je suis aussi dans la distribution audiovisuelle.
- 0:12Donc,
- 0:12ça veut dire qu'aujourd'hui,
- 0:15je vends des films à des chaînes de télé ou à des plateformes,
- 0:18etc.
- 0:20Je suis aussi producteur.
- 0:22J'ai aussi produit des longs-métrages.
- 0:26Et on travaille...
- 0:27Ma structure travaille aussi dans tout ce qui est accompagnement de l'écosystème,
- 0:32ça veut dire accompagnement d'acteurs,
- 0:34de réalisateurs,
- 0:36de scénaristes,
- 0:37etc.
- 0:37Donc on a cette partie qu'on appelle le talent management.
- 0:40Et donc voilà un peu nos différentes activités,
- 0:42avec évidemment le festival qui sert un peu de vitrine par rapport à notre univers,
- 0:47qui est centré autour des contenus afro,
- 0:50donc africains évidemment,
- 0:51mais aussi afro-diastoriques.
- 0:55Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:58Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 1:06Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:08Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:12responsables et ambitieux.
- 1:14Au fil des interviews,
- 1:15je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:22Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus,
- 1:29de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:33C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:38éthiques et performants.
- 1:40Je suis Amatalia Lowe,
- 1:41je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes.
- 1:44Je suis également consultante en marketing et communication.
- 1:47J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 1:51En 2017,
- 1:52j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 1:55je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:02Au-delà de la mode,
- 2:03je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 2:07Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 2:16Aujourd'hui,
- 2:16je suis en compagnie de Serge Nukwe.
- 2:18Serge est le fondateur de la Nollywood Week,
- 2:21un festival dont l'ambition est de faciliter l'accès en France à des films et des productions made in Africa.
- 2:28Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de son parcours et de son festival.
- 2:32Bienvenue Serge,
- 2:33comment vas-tu ?
- 2:34Bonjour Amata,
- 2:35merci beaucoup et très content d'être dans ce podcast.
- 2:39Écoute,
- 2:39c'est moi qui te remercie d'avoir accepté mon invitation.
- 2:43Moi,
- 2:43j'ai déjà eu l'occasion d'assister à plusieurs reprises à la Nollywood Week,
- 2:47donc je suis ravie de rencontrer son fondateur.
- 2:50Mais avant d'aller dans les détails de la présentation du festival,
- 2:55j'aimerais bien que tu puisses nous parler un peu de toi.
- 2:57Et on va commencer cette interview comme je le fais toujours.
- 3:00Je vais te demander de te présenter.
- 3:02D'accord,
- 3:03merci beaucoup.
- 3:04Écoute,
- 3:04c'est jamais facile de se présenter en quelques mots comme ça rapidement,
- 3:08mais en gros,
- 3:09je suis,
- 3:10je vais me définir comme une sorte d'entrepreneur culturel,
- 3:13entrepreneur culturel,
- 3:15passionné par le continent africain dans son ensemble.
- 3:21Et donc,
- 3:21ce festival,
- 3:22la No Limit Week,
- 3:23représente un peu tout ça,
- 3:24elle est un peu à l'intersection de tout ça.
- 3:27Je suis évidemment cinéphile aussi.
- 3:29Mais au-delà de l'aspect cinéphile,
- 3:32l'idée c'était vraiment de pouvoir créer des nouveaux narratifs autour de l'Afrique,
- 3:37de manière générale.
- 3:40Et je pense qu'il n'y a rien de mieux que l'image pour façonner la manière dont un peuple se voit et la manière dont un peuple peut se projeter à l'international.
- 3:54Donc voilà un peu les éléments en quelques lignes qui m'ont...
- 4:00a créé un festival comme l'Hollywood Week avec l'idée en ligne de fond vraiment de changer l'image qu'on a de l'Afrique à l'extérieur et que l'Afrique a d'elle-même.
- 4:11Très bien.
- 4:12Je pense qu'on est un petit peu sur le même registre.
- 4:14Moi,
- 4:14l'idée du podcast Africa Fashion Tour,
- 4:16c'était vraiment aussi cette volonté de changer les narratifs sur la mode africaine et de faire en sorte de mettre en lumière,
- 4:23de promouvoir.
- 4:24Donc au départ,
- 4:26j'étais vraiment concentrée sur la mode.
- 4:27Et puis au fur et à mesure,
- 4:28je me suis intéressée de manière plus large aux industries culturelles et créatives africaines.
- 4:32Et c'est la raison pour laquelle j'ai pris l'opportunité de t'interviewer pour pouvoir parler de cinéma.
- 4:40Mais avant ça,
- 4:41tu te définis comme étant un entrepreneur culturel.
- 4:44J'aimerais bien que tu nous parles un petit peu des débuts de ta carrière.
- 4:47Est-ce que tu as toujours été entrepreneur ou est-ce que tu as eu un parcours de salarié et puis à un moment donné,
- 4:52tu es devenu entrepreneur ?
- 4:53Oui,
- 4:53c'est une bonne question.
- 4:54En fait,
- 4:55j'ai...
- 4:57J'ai fait un peu des deux.
- 4:58C'est clair que j'ai connu un peu le parcours classique aussi,
- 5:02c'est-à-dire avec des emplois beaucoup plus traditionnels et classiques.
- 5:09Mais ce projet est arrivé assez tôt dans ma carrière et du coup,
- 5:14j'ai dû un petit peu jongler.
- 5:16Ça veut dire qu'il y a eu des moments où j'étais uniquement focus sur ce projet et d'autres où j'avais un travail à côté et que je devais...
- 5:24si je les ai également à accomplir,
- 5:26etc.
- 5:29C'est toujours difficile de se lancer complètement dans une démarche entrepreneuriale,
- 5:35surtout quand on n'est pas d'un milieu ou d'une famille qui baigne dans ça.
- 5:40Et ce n'était pas mon cas.
- 5:43Donc voilà,
- 5:45il y a certains codes,
- 5:46etc.
- 5:47On est un peu à...
- 5:49contre-courant de ce qui se fait et donc il y a tout un tas de difficultés avec ça.
- 5:54Mais au fil des années,
- 5:56je dirais que j'ai réussi à affirmer cette vision-là et j'ai réussi surtout à trouver,
- 6:05bon an,
- 6:05mal an,
- 6:06des modèles économiques qui pouvaient fonctionner.
- 6:07Parce que ça aussi c'est une réalité dont il faudra parler,
- 6:10mais on est sur un modèle qui est quand même assez fragile ou précaire.
- 6:15C'est comme on voit les choses.
- 6:17Et donc euh...
- 6:19Il faut pouvoir assez rapidement trouver le modèle économique,
- 6:25il faut pouvoir peut-être adapter certaines choses pour pouvoir véritablement vivre d'activités comme celle-là.
- 6:33Donc ce n'est pas évident,
- 6:34si je devais résumer.
- 6:37J'ai dû faire un parcours hybride et assez atypique pour arriver là où j'en suis aujourd'hui.
- 6:42Et aujourd'hui,
- 6:43l'idée,
- 6:43c'est que tu es entrepreneur culturel à temps plein.
- 6:45C'est comme ça que tu te définis.
- 6:46Donc,
- 6:47tu n'as plus ce statut d'hybride ou est-ce que tu le gardes toujours ?
- 6:51Non,
- 6:51effectivement,
- 6:51l'idée,
- 6:52c'est d'être à temps plein.
- 6:54Pas que le festival pour le coup,
- 6:55parce que le festival,
- 6:56c'est une porte d'entrée.
- 6:57Mais je fais aussi d'autres choses qui sont liées,
- 7:00des activités connexes.
- 7:01Par exemple,
- 7:02je suis aussi dans la distribution audiovisuelle.
- 7:03Ça veut dire qu'aujourd'hui,
- 7:06je vends des films à des chaînes de télé ou à des plateformes,
- 7:09etc.
- 7:11je suis aussi producteur je suis produit des longs métrages et ma structure travaille aussi dans tout ce qui est accompagnement de l'écosystème accompagnement d'acteurs,
- 7:25de réalisateurs de scénaristes etc.
- 7:28donc on a cette partie qu'on appelle le talent management et donc voilà un peu nos différentes activités avec évidemment le festival qui sert un peu de vitrine par rapport à notre univers qui est centré autour des contenus afro Merci.
- 7:41donc africains évidemment,
- 7:42mais aussi afro-diasporiques.
- 7:44Alors ce que tu évoques,
- 7:45c'est que toi tu es cinéphile à la base,
- 7:48donc j'imagine que c'est pour ça que tu en es venu à créer la
- 7:51Nollywood Week.
- 7:53Est-ce que tu peux nous parler de tes premiers souvenirs,
- 7:57les premiers films qui t'ont interpellé et qui ont fait peut-être...
- 8:01Déjà,
- 8:01premiers souvenirs aussi,
- 8:02à quel moment est-ce que tu t'es dit c'est vraiment un domaine dans lequel j'ai envie de travailler,
- 8:07Ce n'est pas juste une passion,
- 8:09c'est vraiment...
- 8:12Comment dire ?
- 8:13C'est vraiment une vocation.
- 8:13Je ne sais pas s'il y a un déclic.
- 8:14Je pense qu'il y a un moment...
- 8:17Je ne me souviens pas forcément de la première fois que j'ai été au cinéma à l'enfance,
- 8:20etc.
- 8:21C'est quelque chose dont je ne me souviens pas.
- 8:22C'est assez paradoxal.
- 8:25Mais ce qui est sûr,
- 8:26c'est que j'ai toujours été curieux.
- 8:29J'ai toujours été très,
- 8:30très,
- 8:30très avide d'images et d'imaginaires sans forcément,
- 8:36au départ,
- 8:37avoir toutes les clés pour...
- 8:39pour démystifier ça,
- 8:40pour analyser,
- 8:41etc.
- 8:41Ça,
- 8:42c'est des choses qui sont venues plus tard.
- 8:45Mais en tout cas,
- 8:46je me souviens quand même d'avoir compris,
- 8:48encore une fois,
- 8:48c'est par rapport à l'Afrique,
- 8:49d'avoir compris à quel point...
- 8:51Parce qu'une des choses aussi dans mon parcours,
- 8:53c'est que j'ai eu l'occasion assez tôt,
- 8:55donc en termes d'âge,
- 8:56quand j'étais encore à l'école primaire,
- 8:58etc.,
- 8:58j'ai eu l'occasion de voyager sur le continent africain assez régulièrement,
- 9:02alors que j'ai grandi en France,
- 9:04je suis né à Paris,
- 9:04etc.
- 9:05Mais j'ai eu des...
- 9:07des occasions comme ça de me rendre sur le continent.
- 9:11Et ce qui me frappait,
- 9:13c'était à quel point il y avait un gap,
- 9:17un fossé entre les réalités de ce continent et la manière dont ce continent était perçu quand je rentrais ensuite en France,
- 9:25dans ma commune,
- 9:25avec mes voisins,
- 9:26etc.,
- 9:27les différents échanges que j'avais,
- 9:28où pour eux,
- 9:29le fait d'aller en Afrique,
- 9:31c'était sur une autre planète.
- 9:32Ils n'avaient pas de repères,
- 9:35que ça a été tout à l'heure
- 9:36Ils ne savaient pas à quoi ça pouvait ressembler.
- 9:38Leurs images étaient très,
- 9:39très,
- 9:40très stéréotypées.
- 9:41Et donc,
- 9:42je me suis...
- 9:43C'est quelque chose qui est vite rentré dans ma tête et qui est vite devenu...
- 9:47Comment dire ?
- 9:49Peut-être pas une obsession,
- 9:49mais j'avais envie de corriger ça.
- 9:51J'avais envie de corriger ce narratif et de pouvoir montrer l'Afrique telle qu'elle l'était,
- 9:58telle qu'elle l'est véritablement.
- 10:02C'est comme ça un petit peu que cette mission,
- 10:05entre guillemets,
- 10:06est née en ce qui me concerne.
- 10:07Très bien.
- 10:08Et du coup,
- 10:10comment est-ce que de cette passion,
- 10:13de cette mission,
- 10:13de cette vocation,
- 10:15Tu as...
- 10:17Tu en viens à l'idée de créer un festival,
- 10:20parce que du coup,
- 10:20il y a plein d'options qui sont possibles.
- 10:22Tu aurais pu te dire,
- 10:23je vais devenir réalisateur ou acteur.
- 10:26Enfin,
- 10:26il y a plein finalement.
- 10:27Le champ des possibles,
- 10:28quand on est passionné des industries culturelles et créatives,
- 10:31il est assez large.
- 10:33Toi,
- 10:33aujourd'hui,
- 10:34il y a le festival,
- 10:35mais ce que tu évoquais aussi tout à l'heure,
- 10:36c'est que quelque part,
- 10:37c'est une partie de ce que tu fais,
- 10:39puisque tu fais de la distribution et de la production.
- 10:41Donc,
- 10:42comment est-ce que ces différentes missions liées au cinéma
- 10:49elles se sont révélées.
- 10:50Comment est-ce que tu as organisé ton parcours ?
- 10:52Est-ce que ça s'est fait spontanément ?
- 10:54Ou est-ce qu'il y avait un plan de je vais d'abord faire ma production,
- 10:56la distribution,
- 10:57puis ensuite il y aura un festival ?
- 10:59Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu la genèse de ton parcours d'entrepreneur culturel ?
- 11:04Oui,
- 11:05en fait,
- 11:05c'est vrai qu'il y a eu une envie ou un besoin de...
- 11:10Parce que tu as parlé tout à l'heure des narratifs et à quel point c'est...
- 11:14les narratifs qui concernent l'Afrique sont très loin d'être exacts.
- 11:22Il y a un point aussi qui est vite devenu évident pour moi,
- 11:26c'est qu'en fait,
- 11:27les films mènent sur le continent africain ou sur des pays d'Afrique,
- 11:31etc.
- 11:32étaient souvent des prismes venant de l'extérieur.
- 11:39Je pense qu'il y a eu très rapidement en moi une envie de pouvoir contrôler,
- 11:42une envie de pouvoir jouer un rôle dans cette espèce-là et de pouvoir partager des choses qui,
- 11:53moi,
- 11:53me semblaient importantes et en même temps que je ne voyais pas sur la place publique comme ça.
- 11:59Et donc,
- 12:01voilà,
- 12:01l'idée du festival,
- 12:02c'est ça.
- 12:02Mais c'est aussi,
- 12:04je dis souvent que je suis un peu comme un DJ.
- 12:07un DJ qui a simplement envie de partager avec la foule avec le public les morceaux qu'il aime le plus,
- 12:14les morceaux qu'il faut qu'il fait c'est cette énergie là aussi qui a permis à tout ça de se mettre en place créer un festival,
- 12:22monter un festival ça implique énormément de travail derrière mais on était vraiment avec mon partenaire guidé par l'idée de pouvoir faire découvrir des choses aux gens de pouvoir ouvrir un peu là
- 12:37le champ des possibles justement et de pouvoir montrer autre chose une autre image etc.
- 12:42du continent africain donc ça c'est vraiment ce qui nous a guidés et c'est vrai quand même assez rapidement on s'est dit et on s'est rendu compte qu'un festival c'est bien mais qu'il fallait aller encore plus loin et qu'il fallait pouvoir aussi contribuer à la circulation de ces films-là derrière donc l'idée de la distribution est aussi venue très rapidement dans
- 13:00le plan si j'ai envie de dire dans le programme
- 13:02Il y a payé le festival et puis il fallait distribuer.
- 13:05Ensuite,
- 13:06on s'est mis nous-mêmes à produire aussi parce qu'on s'est rendu compte qu'il y avait de la place pour et qu'il y avait...
- 13:17Parce que quand on est distributeur,
- 13:18on est aussi dépendant de ce qui se fait.
- 13:20Pareil,
- 13:21quand on est en position d'organisateur de festival,
- 13:23de curateur,
- 13:24de sélectionneur,
- 13:25de programmateur,
- 13:26on est toujours dépendant de...
- 13:28ce qui existe,
- 13:29en fait.
- 13:29Et à un moment donné,
- 13:30on a envie aussi de contribuer,
- 13:31de pouvoir apporter quelque chose,
- 13:34que ce soit au niveau du narratif,
- 13:35au niveau du style,
- 13:36au niveau de l'esthétique,
- 13:39etc.
- 13:39On a envie d'apporter quelque chose.
- 13:41Et voilà,
- 13:43c'est comme ça qu'on en est arrivé là.
- 13:46Donc,
- 13:46dans ce que tu racontes,
- 13:46on sent en fait que les choses,
- 13:47elles se sont faites un peu par briques.
- 13:50Et c'est un peu...
- 13:51À chaque...
- 13:52Vous êtes à...
- 13:54Comment dire ?
- 13:56Vous avez avancé sur cette notion festival et à un moment donné,
- 13:59vous vous êtes dit,
- 13:59tiens,
- 14:00on a envie d'aller plus loin,
- 14:00donc on va distribuer.
- 14:01Tiens,
- 14:02on a envie d'aller plus loin,
- 14:03donc on va produire.
- 14:05Et à un moment donné,
- 14:05tu évoquais le fait que tu n'étais pas seule dans cette aventure.
- 14:11Donc,
- 14:11en termes d'équipe,
- 14:12est-ce que tu peux nous parler de comment tu t'organises justement pour pouvoir gérer à la fois le festival,
- 14:18la production et la distribution ?
- 14:22Merci pour cette question.
- 14:22transition,
- 14:23parce que c'est le moment où je vais faire mon appel au don.
- 14:26Non,
- 14:26je rigole,
- 14:27mais en fait,
- 14:28juste pour dire qu'on est une équipe,
- 14:30effectivement,
- 14:31mais on est particulièrement sous-staffés.
- 14:35On est chacun obligé d'avoir un peu plusieurs casquettes,
- 14:38etc.,
- 14:40parce que pour l'instant,
- 14:41on n'a pas encore les moyens de...
- 14:44de nos ambitions,
- 14:45c'est-à-dire qu'on a des soutiens,
- 14:47etc.,
- 14:48et on remercie tous les partenaires qu'on a,
- 14:50notamment sur les festivals,
- 14:52les sponsors,
- 14:52etc.
- 14:53Mais c'est vrai que pour la partie plus business en tant que telle,
- 14:58c'est-à-dire la distribution,
- 14:59la production,
- 15:00on se rend compte aussi qu'il est vraiment important de pouvoir être soutenu financièrement,
- 15:07donc de pouvoir être accompagné,
- 15:08que ce soit à travers des investisseurs,
- 15:11à travers...
- 15:12Voilà.
- 15:13toutes formes de contributions financières qui permettent de grandir.
- 15:17Et ça,
- 15:18c'est quelque chose qui est important et qui,
- 15:21pour l'instant,
- 15:21reste un petit peu lacunaire dans le domaine,
- 15:24dans tout ce qui est afro.
- 15:26Ça veut dire qu'il y a énormément d'entrepreneurs culturels comme moi,
- 15:30etc.
- 15:30Mais il y a un dénominateur commun,
- 15:33c'est que l'accompagnement financier dont on bénéficie n'est pas le même que d'autres euh
- 15:42d'autres secteurs ou d'autres populations,
- 15:43etc.
- 15:44Donc il y a un peu de travail à faire dans ce domaine-là.
- 15:48Et donc parmi tes auditeurs,
- 15:51s'il y a des business angels,
- 15:53des investisseurs,
- 15:54des mécènes,
- 15:55des personnes qui tout simplement ont envie de contribuer au rayonnement des ICC,
- 16:00des cultures du continent africain,
- 16:03de tout ça,
- 16:05à un moment donné,
- 16:06il faut passer un peu la main à la poche parce que c'est important et c'est comme ça.
- 16:11que se construisent les narratives dont on parlait tout à l'heure.
- 16:14Il n'y a pas de magie.
- 16:18Tout ça,
- 16:18c'est de l'ingénierie,
- 16:21c'est de l'expertise,
- 16:21etc.
- 16:22Et s'il n'est pas rémunéré tel qu'il doit l'être,
- 16:27c'est très compliqué parfois de continuer.
- 16:29Je te rejoins tout à fait sur les difficultés des entrepreneurs culturels à trouver des fonds.
- 16:36Il y a tout un intérêt qui est lié...
- 16:38à l'Afrique et on parle beaucoup de la Côte d'Ivoire,
- 16:42du Nigeria,
- 16:43comme des hubs avec des opportunités extrêmement intéressantes.
- 16:48Mais c'est vrai qu'on sent qu'il y a des investisseurs qui vont aller vers l'agriculture,
- 16:53vers la finance,
- 16:53vers plein de domaines différents.
- 16:55Mais dès qu'on parle d'industrie culturelle et créative,
- 16:58c'est un petit peu le parent pauvre de l'investissement.
- 17:01Ce n'est pas à quoi on va penser en priorité,
- 17:04alors que c'est un véritable soft power et que...
- 17:08Et que par ailleurs,
- 17:11en Occident,
- 17:11ce n'est pas du tout considéré comme un parent pauvre.
- 17:14Il y a vraiment des fonds qui sont vraiment dédiés à tout ce qui est lié aux industries culturelles et créatives et qui permettent d'avoir une forme d'hégémonie en termes de discours.
- 17:25Le fait de permettre aux industries culturelles et créatives africaines de se développer,
- 17:32c'est aussi un moyen...
- 17:35d'avoir sa voix,
- 17:36d'avoir son récit et d'avoir l'opportunité,
- 17:38d'avoir sa propre manière de raconter les choses.
- 17:40Donc c'est aussi pour ça que c'est important de trouver des fonds pour pouvoir créer des initiatives fortes et qui perdurent dans le temps.
- 17:49Aujourd'hui,
- 17:50le festival,
- 17:50c'est la combienième édition sur laquelle tu travailles ?
- 17:55C'est déjà la treizième édition.
- 17:57C'est la treizième édition,
- 17:58on a commencé en 2013.
- 18:00Ça devrait être la quatorzième édition,
- 18:02puisqu'il y a eu une édition qui n'a pas eu lieu,
- 18:04c'est en 2020,
- 18:04avec le fameux confinement qu'on a tous connu.
- 18:09Mais donc oui,
- 18:09c'est la treizième édition aujourd'hui.
- 18:11Et c'est vrai que malgré cette ancienneté qui n'est pas négligeable à mon sens,
- 18:18puisque c'est depuis une décennie,
- 18:20on continue aujourd'hui d'avoir des difficultés d'un point de vue levée de fond,
- 18:25etc.
- 18:28Donc ça montre que le chemin est long et ça montre que ça reste effectivement pas évident.
- 18:41Et en même temps,
- 18:42comme tu le disais juste à l'instant,
- 18:43il y a énormément d'opportunités dans ces secteurs.
- 18:46Après,
- 18:48les choses évoluent aussi,
- 18:49il y a de plus en plus d'organismes et d'organisations internationales qui regardent les ICC,
- 18:54notamment les ICC africaines.
- 18:56plusieurs raisons,
- 18:57du fait que l'Afrique a la population la plus jeune du monde,
- 19:03qui dit jeunesse dit créativité,
- 19:05etc.
- 19:05Donc il y a des opportunités qui sont là.
- 19:07On voit aussi certaines succès historiques,
- 19:10comme celle de la musique,
- 19:11notamment la musique afro-bint ou alors à ma piano en Afrique du Sud,
- 19:14on voit à quel point ce sont des industries,
- 19:17enfin ce sont des disciplines artistiques qui aujourd'hui génèrent pas mal d'argent.
- 19:25et qui arrivent à s'imposer sur la scène internationale,
- 19:27etc.
- 19:27Donc on voit qu'il y a du potentiel,
- 19:30mais encore un besoin de plus de structuration,
- 19:32il y a un besoin de plus d'efficacité aussi,
- 19:36peut-être dans les mécanismes qui permettent d'accéder à ces fonds.
- 19:42Beaucoup d'initiatives,
- 19:43beaucoup de discours,
- 19:44beaucoup de discours de bonne volonté,
- 19:46etc.
- 19:47Mais la réalité,
- 19:48pour l'instant,
- 19:48reste quand même un petit peu en dessin de tout ça.
- 19:51Est-ce que tu peux nous expliquer maintenant comment s'organise le festival ?
- 19:55C'est quoi le programme ?
- 19:56C'est sur plusieurs jours,
- 19:57c'est à Paris.
- 19:58Est-ce que tu peux nous dire concrètement,
- 20:01qu'est-ce que l'on va découvrir si on va au festival cette année à Paris ?
- 20:10Oui,
- 20:10alors bien sûr,
- 20:11on est sur cinq jours.
- 20:13On commence le mercredi 6 et on termine le dimanche 10 mai.
- 20:17Donc il y a évidemment un programme de films assez conséquent.
- 20:22Essentiellement des longs métrages,
- 20:25avec des films qui sont en compétition,
- 20:26d'autres qui sont hors compétition.
- 20:29La compétition aussi,
- 20:30comment ça se passe ?
- 20:30Il faut en dire un mot.
- 20:32Il y aura un film à la fin qui sera élu le meilleur long métrage.
- 20:37Il y a le prix du jury,
- 20:39parce qu'il y a un jury long-métrage et un jury court-métrage.
- 20:41Et il y a aussi le prix du public.
- 20:43Donc le prix du public,
- 20:45comme son nom l'indique,
- 20:46c'est le public qui décide.
- 20:47À la fin de chaque séance,
- 20:48il y a des votes qui se font.
- 20:52Et ensuite,
- 20:53tout ça,
- 20:53c'est compilé le dimanche soir pour annoncer le vainqueur.
- 20:57Donc le prix du public,
- 20:57par contre,
- 20:58ne concerne que les longs-métrages et pas les courts-métrages.
- 21:01Donc les courts-métrages sont éligibles qu'aux...
- 21:06du jury pour les courts-métrages.
- 21:08Ensuite,
- 21:08au-delà des longs et des courts,
- 21:10il y a aussi une session sur les séries.
- 21:15C'est surtout l'occasion d'échanger énormément avec les créateurs de contenu,
- 21:20avec les réalisateurs,
- 21:22les producteurs,
- 21:23les scénaristes,
- 21:23etc.
- 21:24qui font le déplacement et qui sont là pour rencontrer leur public.
- 21:28Et ça,
- 21:28ce sont des moments à chaque fois privilégiés,
- 21:30des moments vraiment très intéressants après chaque séance.
- 21:33Il y a cette possibilité d'échanger sur des films.
- 21:37Nous avons également,
- 21:38au-delà de ça,
- 21:38une partie un peu plus professionnelle,
- 21:40mais pas que,
- 21:40c'est-à-dire que c'est ouvert à tous,
- 21:42et notamment aux curieux,
- 21:43des panels sur différentes thématiques.
- 21:47Il y a une des thématiques qui est impossible d'ignorer actuellement,
- 21:50c'est l'intelligence artificielle.
- 21:51On a un talk sur l'influence et l'impact et la manière dont est désigée l'intelligence artificielle en Afrique actuellement.
- 22:02où on essaie aussi de se projeter sur l'avenir,
- 22:04etc.
- 22:05Et on a fait venir des spécialistes de premier plan sur ces questions-là,
- 22:10avec notamment un Nigérian qui s'appelle Malik Assegboa,
- 22:14qui sera présent et qui fait un travail remarquable,
- 22:16notamment sur ce qu'on pourrait appeler la décolonisation de l'IA,
- 22:19parce que l'IA est très,
- 22:21très biaisée de la manière dont elle fonctionne.
- 22:25Et donc,
- 22:25lui,
- 22:26il fait un travail pour remettre un peu tout ça à plat et pour que l'Afrique,
- 22:29les Africains...
- 22:30où les peuples non-européens soient aussi bien représentés que les autres.
- 22:36Donc il y a ça,
- 22:36il y a aussi toute une session sur les diasporas et la représentation des diasporas dans les séries télévisées.
- 22:44Donc on a deux séries avec un échange derrière.
- 22:50J'ai oublié les thématiques,
- 22:51on a une thématique sur la musique,
- 22:53la musique et le cinéma,
- 22:54on partage avec l'assassin,
- 22:55donc on a vraiment pas mal de choses.
- 22:58Et je pense que pour Alors...
- 23:00pour toi et pour ton public qui s'intéresse aux industries créatives dans leur ensemble,
- 23:07on en a vraiment pour tous les goûts et pour tout le monde.
- 23:10Parce qu'on va parler musique,
- 23:11on va parler technologie,
- 23:13on va parler des nouveaux formats aussi.
- 23:15Par exemple,
- 23:16aujourd'hui,
- 23:16il y a un nouveau format comme les micro-dramas qui marchent très bien.
- 23:19Ce sont des formats verticaux de création de contenu,
- 23:24qu'est-ce que ça implique,
- 23:25qu'est-ce que ça veut dire pour l'avenir,
- 23:28etc.
- 23:29Des discussions riches,
- 23:31des projections,
- 23:33et puis une ambiance aussi.
- 23:34Quand ils disaient qu'ils étaient déjà venus au festival,
- 23:36c'est vrai qu'il y a une ambiance qu'on essaie de créer,
- 23:40qui permet en fait de sortir de Paris tout en restant à Paris.
- 23:44Quand on est à la Nollywood Vic,
- 23:46on n'est plus à Paris d'une certaine manière.
- 23:48Donc au niveau de la nourriture,
- 23:49au niveau de la musique,
- 23:50etc.,
- 23:50on est vraiment ailleurs.
- 23:53Et on a une ambiance très conviviale où le public peut rencontrer assez facilement.
- 23:59les stars,
- 23:59les réalisateurs,
- 24:00etc.
- 24:01Cette année,
- 24:02on est aussi servi de ce côté-là puisqu'on aura Thomas N'Gisole comme parent.
- 24:06Thomas N'Gisole qui sera présent à plusieurs moments du festival et qui va aussi présenter son film qu'il a sorti l'année dernière,
- 24:14Indomptable,
- 24:15qui est un peu son film le plus personnel de ce qu'il a pu faire jusqu'à présent.
- 24:20Donc,
- 24:21si vous voulez aussi un échange privilégié avec...
- 24:24avec Thomas N'Gisole,
- 24:26c'est l'occasion,
- 24:26ça se passera le samedi 9 mai,
- 24:30avec non seulement cette projection,
- 24:31mais également un débat avec lui.
- 24:34Et donc voilà,
- 24:36en quelques mots,
- 24:37c'est...
- 24:40une ambiance à la fois studieuse et festive parce qu'il y a des choses à apprendre,
- 24:45il y a des thématiques à évoquer,
- 24:46etc.
- 24:46Mais en même temps,
- 24:48c'est la fête.
- 24:50Et d'ailleurs,
- 24:50ça se termine par une soirée à Afro-Bout le dimanche soir,
- 24:55juste après la couture.
- 24:56Donc,
- 24:57j'espère avoir donné quelques raisons de venir à tes auditeurs.
- 25:02Nul doute,
- 25:03mais je pense que dans mon audience,
- 25:04il y a déjà des gens qui avaient prévu d'aller au Festival Nollywood.
- 25:08Donc,
- 25:10j'ai une audience quand même,
- 25:12une partie de mon audience en tout cas,
- 25:13qui est basée à Paris et très au fait de tout ce qu'il peut y avoir comme actualité sur les industries culturelles et créatives.
- 25:21Donc,
- 25:21l'idée,
- 25:21c'est de toucher cette audience-là,
- 25:22mais aussi de toucher les personnes qui découvriraient ce festival.
- 25:27Alors,
- 25:27le festival,
- 25:28il s'appelle Nollywood.
- 25:30« Nollywood » ,
- 25:31ça fait référence à toute l'industrie du cinéma au Nigeria.
- 25:38Est-ce que tu peux nous expliquer comment est-ce que c'est venu le nom de ton festival ?
- 25:44Pourquoi « Nollywood » ?
- 25:46J'imagine qu'il n'y a pas que des films du Nigeria qui sont projetés de présenter.
- 25:52Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce choix de nom ?
- 25:57C'est une très bonne question.
- 25:58C'est vrai qu'au départ,
- 25:58on était essentiellement sur l'industrie du Nigeria,
- 26:00parce que c'est une industrie qu'on a considérée comme révolutionnaire.
- 26:04Dans le sens où ce que cette industrie a apporté,
- 26:07c'est qu'elle a redonné le pouvoir au peuple,
- 26:11d'une certaine manière,
- 26:11parce que pendant très longtemps,
- 26:13les films africains étaient vraiment un peu commandités par l'extérieur,
- 26:18puisque financés par l'extérieur,
- 26:21représentés par l'extérieur,
- 26:22etc.
- 26:24avec notamment un rôle important joué par la France,
- 26:26mais par l'Europe de manière générale.
- 26:29Et donc il y avait une déconnexion assez importante,
- 26:31notamment en Afrique francophone,
- 26:33entre ces films qui étaient produits par des Africains,
- 26:37mais les aspirations et ce que voulait voir le public africain de ces pays-là.
- 26:42Et ces publics-là se désintéressaient assez massivement de ces films un peu élitistes,
- 26:48qui n'étaient pas faits pour une consommation locale.
- 26:50Et Nollywood est venu un peu rabattu les cartes.
- 26:54avec une vision beaucoup plus...
- 26:58déjà viable économiquement,
- 26:59mais vraiment aux antipodes d'un point de vue philosophique,
- 27:03qui était de se dire,
- 27:03on va faire des films pour nous et par nous.
- 27:06Et voilà,
- 27:07c'est pas pour l'extérieur,
- 27:08c'est vraiment pour les populations locales.
- 27:13Et je pense que c'est une des raisons principales de son succès,
- 27:17parce qu'on parle ici des populations qui ont grandi en...
- 27:22en regardant les autres,
- 27:23en regardant les films chinois,
- 27:24les films américains,
- 27:25les films indiens,
- 27:26etc.,
- 27:27à aucun moment,
- 27:29ils n'avaient l'occasion de se voir un homme à l'écran.
- 27:31Et cet aspect de représentation,
- 27:33cette représentativité,
- 27:35est un aspect extrêmement important.
- 27:36C'est juste humain.
- 27:37On a envie,
- 27:38à un moment donné,
- 27:38de se joindre,
- 27:39de s'identifier,
- 27:41on a besoin d'avoir des rôles modèles.
- 27:43Et
- 27:43Hollywood a permis tout ça.
- 27:45Et du coup,
- 27:47ça a été vraiment ce que j'appelle une sorte de révolution culturelle qui ensuite
- 27:52a créé des émules et a permis à d'autres non-négériens,
- 27:57mais des Camerounais,
- 27:58des Ivoiriens,
- 27:59c'est d'autres,
- 28:01de s'insérer dans ce cheminement qui avait été créé et qui montrait qu'il était aussi possible de rentabiliser une industrie comme le cinéma à partir de marchés locaux.
- 28:12Donc c'est vraiment,
- 28:13encore une fois,
- 28:15une évolution philosophique que je trouve extrêmement intéressante.
- 28:21qui est à la base du phénomène de Hollywood.
- 28:23Et donc,
- 28:24voilà,
- 28:24on a commencé avec Hollywood,
- 28:26mais il était important pour nous d'élargir,
- 28:28pour montrer ce qui se passe à travers le continent,
- 28:31et pour créer aussi des fenêtres d'échange entre les créateurs,
- 28:36les créatifs nigérians et les autres.
- 28:39Et on voulait aussi mettre ensemble les francophones,
- 28:43les anglophones,
- 28:43etc.
- 28:45Et je pense que c'est ce qu'on a réussi à faire au fil des années.
- 28:49Il y a encore de la place pour
- 28:50plus de collaborations,
- 28:52plus d'échanges et véritablement sortir de cette logique de silo dans laquelle on peut être sur le continent africain qui dessert au final l'Afrique et la créativité africaine.
- 29:03Très intéressant.
- 29:05Aujourd'hui,
- 29:06en fait,
- 29:06ce que tu évoques,
- 29:07tu parles de silos et tu parles effectivement de silos déjà entre les différentes productions et propositions qu'il peut y avoir en Afrique.
- 29:18Est-ce que toi,
- 29:19aujourd'hui,
- 29:20tu fais un travail autour de ça pour effectivement sortir de ces silos ?
- 29:24Mais il y a un autre silo que je vois qui est l'Afrique par rapport,
- 29:29en tout cas les productions africaines et ce Festival Hollywood.
- 29:32Et ce qui peut se passer en dehors,
- 29:33c'est-à-dire,
- 29:34est-ce que demain,
- 29:35tu te dis,
- 29:36ces films-là auxquels on a accès au Festival
- 29:39Nollywood, est-ce que demain,
- 29:41avec Pathé,
- 29:42avec d'autres cinémas qui distribuent des films
- 29:48X ou Y,
- 29:48est-ce que demain,
- 29:50il y aurait une opportunité que ce soit moins en silo et qu'il y ait des ouvertures pour que davantage de films africains,
- 29:58on puisse les voir dans des salles ?
- 30:01comment dire,
- 30:02classique,
- 30:03j'ai envie de dire.
- 30:04Est-ce que toi,
- 30:05tu imagines qu'il y a des choses comme ça qui peuvent évoluer ?
- 30:09Alors,
- 30:09il y a toujours des cinémas indépendants qui vont proposer des projections.
- 30:13Et si on est bien informé,
- 30:15on a accès à ces opportunités d'aller visionner des films africains.
- 30:23Mais est-ce que demain,
- 30:24toi,
- 30:24tu imagines une ouverture beaucoup plus large ?
- 30:29des cinémas vers quelque chose qui culturellement serait plus représentatif finalement de la population française.
- 30:37Je parle de l'Afrique parce que je suis africaine mais à la limite même,
- 30:41finalement,
- 30:41un film asiatique et un film indien,
- 30:43un film africain,
- 30:44quelque chose de plus ouvert.
- 30:45Est-ce que toi tu imagines une industrie du cinéma français qui irait vers davantage d'ouverture et qui serait peut-être moins en silo ?
- 30:52C'est le rêve,
- 30:54c'est l'idée,
- 30:55c'est l'objectif.
- 30:59On en est encore loin.
- 31:01Je crois que je disais l'année dernière,
- 31:04c'était dans le cadre du catalogue,
- 31:06c'est-à-dire que chaque année,
- 31:06on édite aussi un catalogue dans le cadre du festival.
- 31:10Et en début de catalogue,
- 31:11j'ai une salle d'édito dans laquelle je partage quelques pensées.
- 31:16Et j'avais évoqué la possibilité que sur France 2,
- 31:20sur TF1,
- 31:22ou même sur Canal,
- 31:23en prime time,
- 31:24en France,
- 31:24on puisse avoir un film de Hollywood ou un film non.
- 31:28C'est une Afrique.
- 31:32C'est quelque chose qui,
- 31:32aujourd'hui,
- 31:33on est en 2026,
- 31:34et malgré toutes les évolutions qu'on peut évoquer,
- 31:38resterait complètement inédit,
- 31:40complètement...
- 31:44Ça serait du jamais vu.
- 31:46Et donc,
- 31:49à part,
- 31:50évidemment,
- 31:51ce qui peut arriver,
- 31:52c'est qu'un très grand succès vient,
- 31:54je ne sais pas,
- 31:54à une prime.
- 31:55un prix au Festival de Cannes,
- 31:57etc.,
- 31:57que l'année d'après,
- 31:58évidemment,
- 31:59ils puissent être sur Canal et autres.
- 32:01Mais on a besoin de banaliser ces réalités-là.
- 32:03On a besoin non seulement déjà de cultiver une certaine ouverture d'esprit au niveau des populations françaises et européennes,
- 32:13etc.
- 32:14Puisque ça,
- 32:16c'est quelque chose qui est déjà un premier point.
- 32:19Et ensuite...
- 32:21Être moi,
- 32:22juste à se regarder soi et avoir une ouverture sur le monde.
- 32:27Alors évidemment,
- 32:28il y a des chaînes comme Arte dont c'est un peu l'ADN et la raison d'être.
- 32:34Mais je pense qu'on est encore très très loin aujourd'hui d'avoir vraiment cette ouverture.
- 32:38Ça se voit au niveau du tag de Tiana et ça se voit encore plus à la télévision qui reste malgré tout,
- 32:43malgré l'essor d'Internet,
- 32:44etc.
- 32:45qui reste un média,
- 32:46qui reste le média de proximité par excellence.
- 32:49si
- 32:50et qui ont dit long finalement sur nos habitudes de consommation.
- 32:53Donc en France,
- 32:55on est très curieux,
- 32:58de manière générale.
- 33:01Et même dans un pays comme la France,
- 33:06on n'arrive pas finalement à embrasser toute cette diversité culturelle,
- 33:10à s'intéresser à d'autres narratives,
- 33:12à d'autres histoires,
- 33:13à d'autres réalités.
- 33:15Donc ça montre encore une fois à quel point le chemin est long à parcourir.
- 33:17Je pense que...
- 33:19Encore une fois,
- 33:19l'objectif final,
- 33:21c'est ça.
- 33:22On travaille à cette initiative,
- 33:25qui pour l'instant est une initiative sur cinq jours,
- 33:27etc.
- 33:27Donc,
- 33:28c'est évidemment pas suffisant.
- 33:30Mais l'idée,
- 33:30c'est qu'à terme,
- 33:31on puisse permettre aux gens de se rendre compte qu'il y a des films de qualité partout dans le monde.
- 33:40Et à un moment donné,
- 33:41il faudrait que ces films puissent avoir aussi leur chance vis-à-vis du plus large possible en France,
- 33:47en Europe et au-delà.
- 33:49Je rajouterais juste un petit point pour dire que cette réalité,
- 33:52cette difficulté-là,
- 33:54elle existe aussi sur le continent.
- 33:55Parce que même sur le continent africain,
- 33:57la domination des continents américains,
- 34:01par exemple,
- 34:02est réelle.
- 34:03Et c'est que...
- 34:04les œuvres locales ou les œuvres africaines ont plus de mal à circuler que les œuvres qui viennent d'ailleurs.
- 34:11Donc il y a un travail qui est amené sur le long terme,
- 34:15sur le long cours et sur les deux terrains,
- 34:18pas uniquement en dehors de l'Afrique,
- 34:20mais aussi sur le continent africain.
- 34:22Très bien,
- 34:22c'est un véritable enjeu que,
- 34:24quelque part,
- 34:26il y a un discours dominant installé de,
- 34:29effectivement,
- 34:30grosses...
- 34:30productions américaines qui vont être vues par tout le monde dans le monde entier et un cinéma indépendant africain,
- 34:40ça fait un peu David contre Goliath,
- 34:42on essaie de se faire sa place dans un environnement dans lequel il y a quand même toute une organisation qui est installée et qui est faite au service des grosses productions ce qui rend l'accès à des films africains difficiles mais ça reste pour moi un sujet aussi
- 34:58important d'avoir accès Et...
- 35:01À nos propres histoires et à nos propres films,
- 35:03parce qu'il s'agisse de lecture ou de film,
- 35:05le fait de se retrouver dans des personnages,
- 35:08d'avoir des personnages qui ont les mêmes prénoms que nous,
- 35:11qui ont les mêmes histoires,
- 35:12les mêmes origines,
- 35:14c'est aussi quelque chose d'important.
- 35:15Et je pense qu'on se rend compte,
- 35:17d'autant plus que ça manque,
- 35:19que c'est quand on voit un film avec des personnages qui nous ressemblent,
- 35:23et là on se dit,
- 35:24c'est vrai qu'en réalité,
- 35:25avec toutes ces séries que je regarde,
- 35:27tous ces films auxquels je peux avoir accès,
- 35:29Je ne me rends même pas compte qu'il y a un manque,
- 35:32en fait,
- 35:32mais parce que je n'avais pas jusqu'ici eu accès à des histoires d'amour toutes simples où finalement les personnages principaux sont des personnages africains.
- 35:42Exactement.
- 35:44Et c'est important,
- 35:46encore une fois,
- 35:46de pouvoir se reconnaître,
- 35:48de pouvoir s'identifier,
- 35:50parce que ça valorise et ça apporte une certaine fierté,
- 35:55une certaine confiance en soi,
- 35:56etc.
- 35:57qui très souvent fait défaut,
- 36:01notamment si on veut parler des populations françaises,
- 36:06mais qui sont d'origine africaine,
- 36:07etc.
- 36:10Pour se sentir complètement valorisé,
- 36:16on a besoin de ces représentations-là.
- 36:17Ce n'est pas du luxe,
- 36:19c'est vraiment quelque chose qui est indispensable pour le développement de soi.
- 36:23On a parlé du programme du festival.
- 36:24Tu m'as dit que tu faisais de la distribution et de la production.
- 36:27Est-ce que tu peux nous parler plus précisément de ces deux missions et potentiellement de films de production sur lesquels tu as pu travailler ou sur lesquels tu as travaillé sur la production et la distribution ?
- 36:39Oui,
- 36:39on a un catalogue au niveau de la distribution qui est un peu à l'image de ce qu'ont fait les festivals,
- 36:46qui est panafricain.
- 36:49un petit peu de titres aussi qui viennent des diasporas africaines.
- 36:56Et vraiment,
- 36:56la distribution,
- 36:57on voit ça comme une sorte de continuité de la mission qu'on a avec le festival,
- 37:01c'est-à-dire qu'on est engagé sur l'idée de donner une autre image du continent africain.
- 37:07Donc on a beaucoup de films plutôt légers,
- 37:09plutôt des films positifs,
- 37:11des comédies,
- 37:11des comédies romantiques,
- 37:12etc.
- 37:14Voilà,
- 37:14ça c'est un peu notre...
- 37:17c'est quelque chose qui nous tient à cœur et pour lequel on aimerait qu'il y ait plus d'espace qu'il y ait plus de...
- 37:28Voilà,
- 37:29quand on parle d'Afrique ça ne soit pas à chaque fois un drame social pour nous c'est quelque chose d'important et on a continué cette mission au niveau de la production aussi donc on a fait notamment une comédie romantique qui avait pas mal circulé sur
- 37:44les plateformes notamment avec Netflix c'est...
- 37:47qui était une comédie romantique qui avait été tournée à Zanzibar qui s'appelait Married to Work donc voilà ça c'était vraiment notre tout premier film ensuite on en a fait une autre qui était une comédie de Noël et là on est sur plusieurs projets qui
- 38:03mettent du temps en fait c'est quelque chose qui met pas mal de temps avant de se matérialiser mais voilà en gros on est un
- 38:13On met sur une ligne éditoriale vraiment similaire à celle de notre festival,
- 38:20sur une ambition aussi qui est similaire.
- 38:23On a envie de faire bouger les lignes,
- 38:25on a envie de produire davantage et toujours,
- 38:30encore une fois,
- 38:30à des niveaux de qualité qui ne nous rendent pas à rougir face à des productions occidentales.
- 38:42ou d'autres pays un peu plus établis dans le domaine du cinéma.
- 38:45Donc voilà un peu notre ambition,
- 38:50nos objectifs et ce qu'on a envie de faire sur les années à venir.
- 38:53Très bien.
- 38:54Et toi,
- 38:54du coup,
- 38:55tu fais partie de ces...
- 38:57Alors,
- 38:57je ne vais pas dire hommes de l'ouvre,
- 38:58mais en tout cas,
- 39:01en fait,
- 39:01ma question,
- 39:02c'est toi,
- 39:02est-ce que tu avais envie d'être acteur ?
- 39:04Est-ce que tu avais envie d'être,
- 39:05soit devant la caméra ou de réaliser ton propre film ?
- 39:08Ou est-ce que tu es vraiment plutôt,
- 39:10comment dire,
- 39:11Quand je parle d'homme de l'ombre,
- 39:12c'est celui qui va organiser un festival,
- 39:14celui qui va mettre en avant les acteurs et le travail des autres,
- 39:18mais qui ne va pas forcément avoir une envie d'être face à la caméra ou de prendre lui-même la caméra.
- 39:24Oui,
- 39:24c'est une bonne question.
- 39:26C'est vrai que cette mise en avant des autres et du travail des autres,
- 39:30c'est quelque chose que j'ai assez naturellement.
- 39:35Je ne sais pas d'où ça vient à la base,
- 39:38mais c'est quelque chose qui est assez naturel pour moi.
- 39:43Ça ne veut pas dire...
- 39:43Après,
- 39:43je ne m'interdis pas ce que tu évoquais tout à l'heure,
- 39:46c'est-à-dire que ce soit la réalisation...
- 39:51De faire ensuite des œuvres plus personnelles,
- 39:53etc.
- 39:54Je n'existe pas que lorsque je m'interdis,
- 39:56mais c'est vrai que pour l'instant,
- 39:57il y a encore pas mal de choses à faire dans mon domaine de prédilection.
- 40:02On va l'appeler comme ça.
- 40:03Je ne suis pas non plus pressé et je ne sais pas si j'ai nécessairement envie d'être devant la caméra.
- 40:11Ce qui compte pour moi,
- 40:13ce sont les œuvres et l'impact qui peuvent...
- 40:15qu'ils peuvent avoir,
- 40:17mais le fait qu'elles puissent déjà exister,
- 40:18etc.,
- 40:18ça c'est vraiment quelque chose qui me semble plus important,
- 40:22faire en sorte qu'elles circulent ensuite,
- 40:24c'est évidemment la mission principale.
- 40:29Donc voilà,
- 40:30mais en tout cas,
- 40:34l'idée de se mettre en avant,
- 40:36etc.,
- 40:36n'est pas une priorité.
- 40:39Mais ce que j'aime,
- 40:40ce qui m'attire,
- 40:41c'est le talent et...
- 40:45Et c'est important pour moi que les talents puissent être rendus visibles autant qu'ils le méritent.
- 40:54Parce qu'on sait comment c'est.
- 40:56Et que dans ce milieu,
- 40:58finalement,
- 40:58parfois,
- 40:59ce ne sont pas les plus talentueux qui s'en sortent,
- 41:01mais c'est parfois les plus connectés,
- 41:02etc.
- 41:03Et j'aimerais,
- 41:05à ma manière à moi et à la hauteur de ce que je peux contribuer,
- 41:11faire en sorte que...
- 41:13que ce qui le mérite,
- 41:15le plus méritant,
- 41:16soit le plus mis en avant,
- 41:18d'une certaine manière.
- 41:19Et est-ce que le Festival d'Hollywood a vocation à être dans d'autres villes,
- 41:26à être dans d'autres endroits ?
- 41:28Si je pense au Festival de Cannes,
- 41:29le Festival de Cannes,
- 41:30c'est Cannes,
- 41:31et en général,
- 41:31les festivals de cinéma,
- 41:32le Festival de Deauville,
- 41:33c'est vraiment associé à un lieu très spécifique et pendant des années,
- 41:36c'est au même endroit.
- 41:37Mais est-ce que le Festival d'Hollywood a vocation à...
- 41:42avoir une édition ailleurs capable ?
- 41:46Oui,
- 41:46ça c'est une question qu'on se pose avec mon équipe régulièrement et c'est vrai que comme on est plutôt un festival lié à une thématique qu'un festival lié à l'endroit en tant que tel,
- 42:02on n'est pas le festival de Paris.
- 42:04Donc c'est vrai qu'on a un peu cette latitude,
- 42:07cette marge des manœuvres et on regarde les possibilités dans ce domaine-là.
- 42:12On a eu à faire des choses déjà dans ce domaine-là,
- 42:16mais un peu des one-shots.
- 42:17Par exemple,
- 42:17on a eu une édition à Marseille,
- 42:21mais qui était vraiment liée à des circonstances qui nous ont permis de le faire.
- 42:29Mais à l'avenir,
- 42:32je ne fermerai pas la porte à des possibilités,
- 42:36peut-être qu'il y ait plusieurs même d'Hollywood Week dans l'année,
- 42:38dont peut-être...
- 42:41Paris qui serait accompagné d'autres éditions.
- 42:44Ça fait partie des possibilités.
- 42:47Ça fait partie des choses qu'on regarde.
- 42:48Mais pour l'instant,
- 42:49c'est difficile d'avoir une réponse complètement ferme par rapport à ça.
- 42:53En tout cas,
- 42:54on sait que ça reste ouvert.
- 42:57Donc toi,
- 42:57aujourd'hui,
- 42:58tu es cinéphile.
- 43:00Est-ce que tu as des recommandations au film à nous faire ?
- 43:04Peut-être pas ceux qui sont en compétition pendant le festival,
- 43:07mais peut-être des éditions précédentes.
- 43:09Et puis après,
- 43:09si tu as envie de...
- 43:10partager des recommandations qui vont être projetées avec plaisir.
- 43:14Mais l'idée,
- 43:15c'est de ne pas se mettre en porte-à-faux.
- 43:17Donc,
- 43:18voilà.
- 43:18Est-ce qu'il y a des films que tu nous recommandes ?
- 43:20C'est pour ça que si je me dis que c'est les éditions précédentes,
- 43:22au moins,
- 43:23il n'y a pas de problème.
- 43:24Tu peux citer.
- 43:26Donc,
- 43:27voilà.
- 43:27Quelqu'un qui a envie de se faire sa culture,
- 43:29tu vois,
- 43:29de films,
- 43:31de productions africaines.
- 43:34Si tu as trois films à nous recommander,
- 43:37qu'est-ce que tu nous recommandes ?
- 43:39C'est intéressant,
- 43:41je cite souvent le film qui a gagné la première édition du festival,
- 43:48enfin le prix du public de la première édition,
- 43:52parce qu'encore une fois c'est cette comédie qui est très légère,
- 43:56mais qui permet de voir l'Afrique différemment,
- 44:00et donc c'est un film qui nous a un peu tous marqués dans l'équipe,
- 44:05donc c'est un film qui s'appelle
- 44:07Front Swap.
- 44:11c'est un film léger qui se regarde facilement etc un autre film qui a
- 44:22qui a gagné le jury l'année dernière.
- 44:29Il a un nom extrêmement long,
- 44:32et je ne sais pas d'ailleurs lorsqu'on peut le trouver à l'heure actuelle.
- 44:37Il s'appelle The Legend of the Vagabond Queen of Piccadilly.
- 44:40Peut-être que tu pourras mettre des liens à la fin,
- 44:42je t'enverrai tout ce qui est nécessaire.
- 44:46C'est un film très intéressant dans sa conception aussi,
- 44:50qui a été...
- 44:52qui a été fait par un collectif de réalisateurs.
- 44:55Donc,
- 44:55ce n'était pas juste un ou deux réalisateurs ensemble,
- 44:56mais ils étaient sept.
- 44:58Et c'est un film qui a puisé son inspiration des histoires de quartier,
- 45:04au Nigeria,
- 45:05à Lagos.
- 45:08C'est une thématique assez dure,
- 45:09en fait,
- 45:10avec les personnes qui ont été déplacées,
- 45:13vous savez,
- 45:13les personnes qui sont déplacées parce qu'ils habitent dans des bidons vides ou des quartiers un peu précaires,
- 45:17comme ça.
- 45:18et que du jour au lendemain,
- 45:19il y a un projet immobilier ou autre,
- 45:21et qu'il faut déguerpir les personnes.
- 45:26Ils ont réussi à travers cette trame à monter une histoire assez incroyable.
- 45:32C'est un résultat vraiment très beau film,
- 45:35qui d'ailleurs a fait plein de festivals à travers le monde,
- 45:37au-delà de la même nuit,
- 45:38qui est passé aussi à Berlin,
- 45:40à Toronto,
- 45:41dans d'autres grands festivals.
- 45:42Donc un film que je recommande vivement.
- 45:46Et il me faut un troisième.
- 45:49Un troisième film...
- 45:53Il y en a tellement,
- 45:54mais je nommerais un film de diaspora qui se passe à Londres,
- 46:02qui est le...
- 46:04Comment dire ?
- 46:05Les retrouvailles entre deux frères.
- 46:07Il y en a un qui a grandi à Londres et un autre qui a grandi au Nigeria et ils se retrouvent après des années et des années.
- 46:15à Londres et donc à toute la partie un peu choc culturelle,
- 46:18etc.
- 46:19qui est exploité,
- 46:21exploré de manière comique.
- 46:23Et du coup,
- 46:24en termes de résultats,
- 46:25ça donne quelque chose de drôle et à la fois profond par rapport à ce qui est exploré avec cette thématique.
- 46:35Voilà mon top 3.
- 46:36Super,
- 46:37effectivement,
- 46:37je mettrai les liens en note de l'épisode,
- 46:41je mettrai les liens de ces différents...
- 46:44de ces trois films,
- 46:44de ces trois recommandations.
- 46:47Donc là,
- 46:47en fait,
- 46:48on arrive à la fin de l'interview.
- 46:49Moi,
- 46:49j'étais ravie de pouvoir échanger avec toi,
- 46:52d'en découvrir plus sur ton parcours et sur le festival Nollywood,
- 46:57qui va proposer sa
- 46:5913e édition.
- 47:00Là,
- 47:00c'est la 14e ou c'est la 13e qui va arriver ?
- 47:02J'ai un doute,
- 47:02du coup.
- 47:03La 13e.
- 47:04OK.
- 47:05Donc,
- 47:05du coup,
- 47:06dont la
- 47:0613e édition aura lieu en mai 2019.
- 47:1126 au cinéma L'Art Lequin à Paris.
- 47:14Je mettrai bien les liens de l'article que je vais partager pour qu'on puisse prendre sa place et assister au festival.
- 47:25Et j'ai envie de te dire à très vite.
- 47:26Souvent,
- 47:27je finis par en Afrique ou ailleurs,
- 47:28mais là,
- 47:28ce sera plutôt au festival L'Art Lequin la semaine prochaine qu'en Afrique ou ailleurs.
- 47:35Merci beaucoup.
- 47:36Merci à toi et avec plaisir.
- 47:39J'aurai le plaisir aussi de vous rencontrer plus des auditeurs.
- 47:42À très bientôt.
- 47:46Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 47:48Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 47:55Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 47:57Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 48:01Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 48:05Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.