Latest / L'état d'esprit / Éric Dournes, fondateur de CréaSud Communication : faut-il moins parler et mieux écouter ?
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- 0:01Bonjour et bienvenue dans l'état d'esprit.
- 0:04A travers chaque rencontre avec mon invité,
- 0:07nous explorons le pouvoir de la parole.
- 0:10Une parole qui éclaire,
- 0:11qui engage et qui parfois répare.
- 0:15Qu'est-ce qui donne à une parole le pouvoir de capter une salle,
- 0:19de créer une émotion et de rassembler ?
- 0:21Dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit,
- 0:24je reçois Eric Dournes,
- 0:25fondateur et dirigeant du groupe Créasud Communication.
- 0:28Depuis plus de 30 ans,
- 0:30il évolue dans le monde.
- 0:30dans les univers de l'événementiel,
- 0:32de l'animation,
- 0:33de l'audiovisuel et de la communication.
- 0:36Un parcours construit autour d'une conviction,
- 0:39les mots ne servent pas seulement à informer,
- 0:41ils peuvent donner du rythme,
- 0:43mettre en valeur une idée,
- 0:44créer du lien et entraîner un public.
- 0:47Bonjour Eric Dourness et bienvenue dans ce podcast.
- 0:50Bonjour Olivier.
- 0:52Alors Eric,
- 0:53question toute simple,
- 0:54on va se tutoyer cette canne plus simple.
- 0:56Qu'est-ce qui t'a donné envie de prendre le micro ?
- 0:59Il y a maintenant quelques années.
- 1:01Oui,
- 1:01il y a de très très longues années.
- 1:03Alors j'ai deux versions et deux réponses.
- 1:05La première,
- 1:07drôle,
- 1:08mais pas très loin de la vérité.
- 1:10C'est parce que je ne savais pas ni danser,
- 1:12ni chanter dans la kermesse d'école qu'il fallait bien arriver à faire faire quelque chose au personnage que j'étais,
- 1:17à l'élève que j'étais,
- 1:18et plus sérieusement,
- 1:20une certaine envie de transmettre à la fois des émotions,
- 1:24des informations.
- 1:26Et ça,
- 1:27ça s'est fait parfois en regardant.
- 1:29la télévision et en écoutant surtout la radio,
- 1:32à une époque où c'était un média qui donnait beaucoup de place à la parole,
- 1:37au témoignage et au dialogue.
- 1:39À quel moment tu as compris que les mots avaient un impact ?
- 1:43À ça par contre,
- 1:44très tôt.
- 1:45J'ai presque envie de dire,
- 1:48dès que j'ai su en prononcer quelques-uns.
- 1:51Moi,
- 1:51j'ai été élevé par mes grands-parents et par ma grand-mère en particulier,
- 1:55qui,
- 1:56tout en disant qu'elle n'avait pas un grand niveau scolaire...
- 1:58C'est-à-dire qu'on s'est arrêté très très tôt,
- 2:00accordé beaucoup d'importance au dialogue,
- 2:02à la communication sans se prouver du terme,
- 2:04à la relation,
- 2:06à la discussion.
- 2:07Et j'ai compris très tôt que les mots avaient de l'impact à tout point de vue.
- 2:12Je fais partie de ceux qui ont sans doute appris à lire en public en allant dans une église tout petit et en prononçant des mots dont tu te rendais bien compte que chacun avait un sens et avait justement une...
- 2:27Une interprétation qui pouvait être différente sur la façon dont tu les prononçais,
- 2:31sur l'accent que tu pouvais donner à telle ou telle phrase.
- 2:35Donc très très tôt,
- 2:36et je pense que c'est ce qui m'a permis d'ailleurs scolairement ou autre de faire parfois un petit peu la différence.
- 2:43Et au quotidien maintenant ?
- 2:44Et au quotidien c'est encore vrai et c'est toujours vrai,
- 2:48même si,
- 2:50et c'est un petit peu ma peur,
- 2:51en tout cas pas ma peur mais en tout cas un constat,
- 2:54Même si aujourd'hui,
- 2:55les mots,
- 2:55on les utilise parfois beaucoup plus.
- 2:57pour et où s'affronter,
- 2:59où se justifier,
- 3:00et où se donner finalement à l'écrit,
- 3:05avec parfois des aides qui sont là pour enlever de la sincérité.
- 3:10Les mots deviennent beaucoup moins l'outil de dialogue et de conversation,
- 3:15et beaucoup plus un outil d'opposition.
- 3:17Qu'est-ce qui fait qu'une personne que tu interviews a une bonne prise de parole ?
- 3:24C'est une question que je me suis souvent posée et sur laquelle je me suis toujours trouvé assez illégitime à répondre,
- 3:30ce qui a fait d'ailleurs que les fois où j'étais sollicité pour faire de la formation de prise de parole en public ou autre,
- 3:35j'ai souvent eu le syndrome de l'imposteur à cause justement de cette question-là.
- 3:41Je vais dire sans doute,
- 3:42c'est un slogan que je trouve plutôt juste,
- 3:47ce qui fait une bonne prise de parole,
- 3:48c'est quand tu as quelque chose à dire.
- 3:52avec authenticité ou que tu es pertinent pour commenter une information ou en tout cas une situation.
- 4:00Donc quand tu peux délivrer une information ou que tu es pertinent pour la commenter.
- 4:04Ça fait 30 ans que tu as créé
- 4:06CréaSud. Et hors-taxe.
- 4:07Comment est venue l'idée de CréaSud à la base ?
- 4:10J'ai presque envie de dire par défaut.
- 4:12L'idée ça a été à un moment donné de pouvoir simplement facturer une prestation ou facturer une intervention que je faisais.
- 4:21Moi,
- 4:21je démarrais très jeune.
- 4:22Je commençais à faire de la radio et de l'animation quand j'avais 16 ans dans la région toulousaine.
- 4:29C'était une façon de gagner aussi un peu d'argent dans un moment où une famille n'était pas forcément très argentée.
- 4:36Et puis surtout d'exercer la passion qui justement commençait à naître et d'essayer de rendre réelles les idées que l'on avait.
- 4:45Et quand je suis arrivé ici à Pau pour terminer une année étudiante,
- 4:49qui a duré.
- 4:50Enfin,
- 4:50qui a duré l'année,
- 4:51c'est bien passé.
- 4:51Mais en tout cas,
- 4:52la période d'impôt a duré.
- 4:54J'avais 18 ans.
- 4:55Et j'ai très vite été embauché en radio dans des établissements...
- 5:01Vous fréquentiez à l'époque,
- 5:02cher Olivier,
- 5:03et plus sérieusement,
- 5:06est arrivé un moment où il fallait facturer,
- 5:09tarifer un petit peu la prestation,
- 5:12et où il n'y avait rien qui existait à l'époque.
- 5:14On était au milieu des années 90,
- 5:16au début des années 90,
- 5:18et l'événementiel,
- 5:20la communication dite parlée,
- 5:21la prestation,
- 5:22tout ça,
- 5:23c'est finalement à l'état...
- 5:26des sonorisateurs,
- 5:27des dinosaures de l'époque,
- 5:28de quelques intermittents,
- 5:29de quelques grandes figures.
- 5:31Et ce n'était pas une prestation aboutie.
- 5:33Alors c'était soit du talent,
- 5:34quelqu'un au talent qui venait,
- 5:36soit à l'inverse,
- 5:38quelqu'un qu'on mettait derrière le micro pour faire la foire ou pour commenter.
- 5:43Et moi je suis arrivé avec une idée,
- 5:45on pouvait aller un peu plus loin,
- 5:46packager un petit peu les choses et offrir aux gens qui étaient là ponctuellement sur des lieux d'événements,
- 5:52des lieux d'animation,
- 5:53des lieux de réception.
- 5:55Une prestation qui avait un début,
- 5:56un milieu,
- 5:57une fin,
- 5:57et que l'animation pouvait en soi être un élément important de ce moment événementiel.
- 6:04Et ensuite,
- 6:05est arrivée la question de,
- 6:06oui,
- 6:07mais à ce moment-là,
- 6:08qu'est-ce qu'il faut faire pour bien sonoriser ?
- 6:10Qu'est-ce qu'il faut faire pour bien diffuser ?
- 6:12Et donc,
- 6:12à chaque fois,
- 6:12en trouvant des réponses,
- 6:14est arrivée une prestation qui est en main.
- 6:16Mais comment vend-on cette prestation qui est en main ?
- 6:18Point d'interrogation,
- 6:19en créant une société.
- 6:21J'ai toujours eu un certain appétit pour la partie économique,
- 6:26c'est un fil rouge qui me passionnait aussi,
- 6:29et donc en additionnant l'envie de communiquer et d'organiser,
- 6:34surtout d'organiser,
- 6:35et ce que je savais un petit peu de l'économie,
- 6:38est venue l'idée de faire un défi de société,
- 6:40dont je me suis dit,
- 6:42elle me permettra de faire 2-3 années,
- 6:45et puis ensuite je ferai autre chose.
- 6:46Bon,
- 6:47et là aussi j'ai un peu redoublé finalement avec le temps.
- 6:49Justement,
- 6:50quelle différence y a-t-il entre l'époque que tu décris et maintenant ?
- 6:55Ce sont des différences,
- 6:56au pluriel d'ailleurs,
- 6:58énormes.
- 7:00Moi je dis souvent que j'ai eu la chance,
- 7:01il n'y a pas de nostalgie dans ce que je dis,
- 7:02il y a plutôt de la reconnaissance.
- 7:04J'ai eu la chance de connaître l'époque où tout se construisait.
- 7:07Et donc il y avait une forme de liberté dans la façon d'organiser,
- 7:11qui était aussi une liberté due au fait qu'il y avait moins de questions autour de la sécurité,
- 7:19T'es ou...
- 7:19autour de l'impact que pouvait avoir le fait de rassembler les gens au même endroit.
- 7:23Parce que la société,
- 7:25et notamment la société française,
- 7:26avait aussi une autre capacité à se rassembler,
- 7:31alors qu'aujourd'hui elle est beaucoup plus dans une logique d'opposition.
- 7:35Et donc,
- 7:37je ne dis pas que c'était mieux ou c'est moins bien,
- 7:38en tout cas c'est un constat là-dessus.
- 7:40Et donc avant,
- 7:41on avait une sorte de carte blanche pour fabriquer,
- 7:44imaginer,
- 7:45proposer.
- 7:46tester en grandeur nature ce qui pouvait se faire.
- 7:49Et cette liberté,
- 7:52et j'emploie volontairement le mot,
- 7:53cette liberté avait une valeur terrible.
- 7:56Aujourd'hui,
- 7:57paradoxalement,
- 7:58si on choisit nos prestations,
- 7:59si on nous choisit,
- 8:01j'ai souvent l'habitude de dire c'est peut-être pas parce qu'on est les plus créatifs,
- 8:05peut-être pas parce qu'on est les plus talentueux,
- 8:06peut-être pas parce qu'on est les plus foufous,
- 8:08ou le plus effet waouh,
- 8:09c'est parce qu'au contraire,
- 8:10on assure une forme de garantie,
- 8:12de sorte...
- 8:13d'obligation de résultat,
- 8:15une sorte de confiance dans le fait que,
- 8:18quoi qu'il en soit,
- 8:20quelle que soit la façon dont ça va se passer,
- 8:22ça va bien se passer à l'arrivée.
- 8:23La dernière évolution la plus grande et la plus profonde,
- 8:27c'est que jadis,
- 8:27un événement,
- 8:28c'était quelque chose qui se vivait à un instant T,
- 8:31pour un public donné et dans un lieu donné.
- 8:34L'unité de temps,
- 8:35l'unité de lieu qu'il y avait dans les romans aujourd'hui,
- 8:39ou dans le théâtre aujourd'hui,
- 8:40les réseaux sociaux.
- 8:42Le smartphone,
- 8:43la capacité à tout diffuser à l'extérieur,
- 8:46transforme tout.
- 8:47Aujourd'hui,
- 8:48il faut se dire qu'est-ce que les gens vont garder et retenir,
- 8:52certes,
- 8:52mais surtout qu'est-ce qui va être diffusé,
- 8:54qu'est-ce qui va nous échapper.
- 8:56Et donc ça change tout.
- 8:57La fameuse liberté dont je parlais tout à l'heure,
- 8:59qui était synonyme aussi de sincérité,
- 9:01de vérité de l'instant,
- 9:03elle devient aujourd'hui quelque chose qui fait peur,
- 9:06parce qu'on se dit que tout ce qui peut être dit,
- 9:08entendu,
- 9:10pour murmurer,
- 9:10voire même suggérer,
- 9:11les arrières coulisses ont plus de force,
- 9:15récemment plus d'impact négatif que positif à cause d'une diffusion qui nous échappe.
- 9:20Justement comment,
- 9:20parce que vous organisez et vous animez beaucoup de tables rondes,
- 9:24de débats,
- 9:25justement comment on passe au-delà de ça ?
- 9:27Moi ce qui m'inquiète,
- 9:28c'est la façon dont justement aujourd'hui la prise de parole devient un sujet de communication qui presque inquiète plus.
- 9:39qu'elle ne facilite ou qu'elle ne libère.
- 9:40Et c'est une évolution dans notre job qui,
- 9:42d'une façon générale,
- 9:44m'inquiète et me soucie.
- 9:45Moi,
- 9:45je fais partie d'une école où j'ai toujours pensé qu'on pouvait mêler authenticité et objectif de communication.
- 9:52Je prends souvent cet exemple,
- 9:54vous regardez un verre,
- 9:55on n'en a pas un face à nous,
- 9:56mais si on en avait un,
- 9:57je vous ferais le même exemple,
- 9:58vous regardez un verre,
- 9:58il est à moitié plein...
- 10:00Il est écrit de telle ou telle façon publicitairement,
- 10:02vous imaginez le pot de moutarde avant par exemple,
- 10:05et notre job a souvent été de dire comment on incline le mieux possible le verre,
- 10:08quelle est la partie du verre que l'on met en avant,
- 10:11est-ce que c'est la marque dessus,
- 10:13est-ce que c'est la hauteur du liquide,
- 10:15mais ce n'est jamais en tout cas de dire que c'est la meilleure boisson qu'on ait jamais bue,
- 10:19ce n'est jamais de dire que le verre est totalement plein alors qu'il est vide,
- 10:22ce n'est jamais de dire que c'est telle marque alors que ça n'est une autre,
- 10:24etc.
- 10:24Donc on peut être authentique tout en choisissant de faire de la communication,
- 10:28c'est-à-dire d'orienter le regard.
- 10:29d'orienter ce qui doit être mémorisé vers un angle donné.
- 10:34Aujourd'hui,
- 10:36la prise de parole fait peur,
- 10:38l'impact que peut avoir une parole donnée fait peur,
- 10:41donc on a beaucoup l'impression aujourd'hui qu'il faut corseter les choses,
- 10:45beaucoup de communicants survendent l'idée que tu dois maîtriser la parole.
- 10:50D'ailleurs,
- 10:50les prises de parole publiques sont devenues des formations de maîtrise de la parole en public.
- 10:55Maîtrise de la parole en public.
- 10:56public,
- 10:56ce n'est pas tout à fait la même chose.
- 10:59Et donc,
- 10:59dans mon job,
- 11:00où je suis un peu l'ancienne,
- 11:02en disant il faut conserver l'authenticité parce que,
- 11:05encore une fois,
- 11:06la pertinence vient aussi de la vérité du regard,
- 11:08de la vérité de la façon dont une interview est faite,
- 11:11dont une parole est donnée,
- 11:12dont une réaction est provoquée.
- 11:15Elle se trouve confrontée à ça.
- 11:17Et à la question comment est-ce qu'on fait,
- 11:19j'ai envie de dire il n'y a pas une solution,
- 11:21c'est au cas par cas.
- 11:23Mais c'est vrai que cette question-là,
- 11:24on ne se la posait pas avant.
- 11:26Question un peu bizarre,
- 11:27mais est-ce qu'on parle trop ou finalement on n'écoute pas assez ?
- 11:34Ah,
- 11:34on n'écoute pas assez.
- 11:36Je suis persuadé que la qualité d'un débatteur,
- 11:41d'un interviewer,
- 11:43etc.,
- 11:44c'est l'écoute.
- 11:45Et pour deux raisons.
- 11:46D'abord,
- 11:47parce que je le dis souvent,
- 11:48ce qui est important,
- 11:48ce n'est pas ce qu'on dit,
- 11:50ce qu'on pense,
- 11:51ce qu'on écrit ou ce qu'on filme.
- 11:53L'important,
- 11:54c'est ce que la personne en face ou les personnes en face ont capacité d'entendre,
- 11:58de lire,
- 11:59de voir,
- 12:00etc.
- 12:00Et donc,
- 12:00ça se comprend résumé par l'écoute d'une façon un peu large.
- 12:04Donc,
- 12:04l'écoute,
- 12:04c'est primordial.
- 12:06Mais c'est primordial aussi dans une interview parce qu'en réalité,
- 12:09vous êtes dans une table ronde.
- 12:11L'écoute,
- 12:12c'est ce que l'on entend comme réaction,
- 12:15enfin ce que l'on entend comme mot,
- 12:16mais ce que l'on perçoit comme réaction aussi.
- 12:18L'écoute,
- 12:19c'est être totalement attentif à la fois celui qui parle.
- 12:22mais celui qui est dans la salle,
- 12:25reçoit l'information.
- 12:26Moi,
- 12:26je me sers souvent,
- 12:28tu le sais,
- 12:28d'outils d'interactivité,
- 12:30non pas pour le gadget,
- 12:32mais pour finalement avoir le pouls en temps réel de ce que pense une salle.
- 12:37Et ça permet de réorienter la façon.
- 12:39Mais tout ça,
- 12:39c'est de l'écoute,
- 12:41au sens près du terme.
- 12:42Beaucoup plus important pour moi qu'en effet ce qu'on dit,
- 12:46ou le nombre,
- 12:46ou le volume de mots,
- 12:47et alors surtout,
- 12:49ou les phrases toutes faites.
- 12:51que l'on veut absolument donner en éléments de réponse.
- 12:55Ça c'est un truc qui est apparu ces dernières années.
- 12:57Alors il y a eu une première vague,
- 12:59c'est la vague des communicants surpuissants.
- 13:01Bon,
- 13:01on s'est bien rendu compte que ça finalement,
- 13:03ça faisait trip-sheet.
- 13:05Mais là aujourd'hui,
- 13:06c'est la deuxième vague à cause de ce que je disais,
- 13:08non pas du poids de la communication dans le sens,
- 13:11si je dis quelque chose bien dit,
- 13:13tout le monde va le croire.
- 13:14C'est devenu,
- 13:15attention à ce que je dis,
- 13:17parce que ça peut me porter préjudice.
- 13:19Je ne te demanderai pas de nom,
- 13:21mais y a-t-il une interview,
- 13:23une table ronde,
- 13:24qui t'a le plus impressionné justement par la qualité de l'échange et la qualité des réponses ?
- 13:30Et si oui,
- 13:31pourquoi ?
- 13:32Et à l'inverse,
- 13:33quelle est l'interview où tu t'es dit,
- 13:35ça va être long ?
- 13:36Le portrait type de l'interview où ça va être long,
- 13:38c'est...
- 13:39Je dirais,
- 13:40il y en a deux.
- 13:40Il y a celui qui,
- 13:42en effet,
- 13:42va être long parce qu'il peut être embrouillé dans ses propos.
- 13:45Parce qu'il peut mettre des parenthèses partout,
- 13:47parce qu'il peut mettre des virgules partout,
- 13:49parce qu'avant de répondre à la question,
- 13:51il va passer par 14 détours.
- 13:53J'ai plutôt de la sympathie presque pour ce genre de personnes.
- 13:56Mon job étant de les aider à aller au bout et arriver à synthétiser l'idée une fois qu'il l'aura donnée,
- 14:03refaire un travail de synthèse.
- 14:05Mais par contre,
- 14:05justement,
- 14:05ça peut être très long,
- 14:06parce que vous en avez plusieurs comme ça.
- 14:08Ça peut être très très très très long.
- 14:10Et en matière d'élus,
- 14:11il y en a pas mal dans ce domaine-là.
- 14:13Mais encore une fois,
- 14:13j'ai plutôt de la sympathie là-dessus.
- 14:15Là où j'ai plutôt des mauvaises expériences,
- 14:18c'est quand on veut corseter la prise de parole à un point qui devient caricatural.
- 14:22C'est-à-dire faire de la prise de parole,
- 14:24je prends un élément de théâtre,
- 14:26le discours est fait pour ça,
- 14:27le discours au pupitre est fait pour ça.
- 14:29Tu l'écris,
- 14:30tu le penses,
- 14:31tu l'articules,
- 14:32tu le maîtrises,
- 14:33etc.
- 14:34L'interview,
- 14:35la table ronde,
- 14:36la discussion,
- 14:37c'est un autre exercice.
- 14:39et c'est un exercice qui,
- 14:41objectivement...
- 14:42nécessite une part de sincérité et d'authenticité.
- 14:45Alors qu'on aide les personnes à préparer leur aide à vous,
- 14:47c'est archi normal.
- 14:49On vous caractérise souvent en disant,
- 14:51mais vous ne posez jamais les questions que vous avez annoncées.
- 14:54Oui,
- 14:55oui,
- 14:55ça je revendique.
- 14:56Par contre,
- 14:57vous ne me prendrez jamais à défaut dans une table ronde où on est...
- 15:00payé pour organiser encore une fois tout ça,
- 15:02vous ne prendrez jamais à défaut d'interroger sur un sujet qu'on n'a pas prévu.
- 15:06Donc la façon d'amener la question,
- 15:08oui,
- 15:09j'avoue que ce n'est pas par concréterie,
- 15:11c'est encore une fois par esprit de sincérité.
- 15:14De l'autre côté,
- 15:14par contre,
- 15:15l'idée ce n'est pas piéger les gens,
- 15:16de leur donner les clés pour répondre,
- 15:19et donc d'avoir préparé de quoi va-t-on parler.
- 15:23Ça c'est important,
- 15:23préordial.
- 15:24Et donc la mauvaise ou la bonne table ronde,
- 15:27c'est souvent celle où...
- 15:29des choses se disent ou des informations sont véhiculées,
- 15:32s'apprennent,
- 15:32etc.
- 15:33Qu'est-ce que toutes ces rencontres professionnelles t'ont appris des hommes et des femmes que tu côtoies,
- 15:40d'un point de vue professionnel,
- 15:41j'entends ?
- 15:42Très souvent,
- 15:43on pouvait être surpris de ses capacités personnelles à expliquer,
- 15:49à convaincre ou à démontrer.
- 15:52J'ai un nombre de personnes incroyables qui m'ont expliqué avant de répondre à une question qu'elles n'étaient pas bonnes.
- 15:59pour parler,
- 16:00qu'elles détestaient leur voix,
- 16:01qu'elles n'étaient pas à l'aise,
- 16:04etc.
- 16:06Ça a souvent été vrai dans les discours,
- 16:08ça a souvent été vrai dans la façon de lire,
- 16:11on n'est pas tous égaux par rapport à ça,
- 16:13même corporellement,
- 16:14etc.
- 16:15Là où la table ronde,
- 16:16l'interview,
- 16:17je trouve,
- 16:17est assez intéressante,
- 16:18c'est qu'elle permet aux personnes d'être beaucoup plus dans ce qu'ils sont eux-mêmes.
- 16:22C'est pas vouloir les transformer,
- 16:23mais plutôt juste,
- 16:24encore une fois,
- 16:25essayer de limiter ce qui ne marche pas bien.
- 16:27Ce qui ne fonctionne pas bien,
- 16:28la façon de se tenir,
- 16:29d'être,
- 16:30de se comporter,
- 16:31mais par contre d'être dans une forme de sincérité et d'aller chercher ce qu'il y avait de meilleur dans la prise de parole.
- 16:37C'est-à-dire enlever tout ce qui était parfois un peu superflu,
- 16:40le protocole,
- 16:41les articulations,
- 16:42les effets de langage.
- 16:43Vous savez le fameux silence que l'on décrit dans les discours,
- 16:46quand on fait des discours pour les uns ou les autres,
- 16:48beaucoup pour des élus,
- 16:49on décrit les moments où silence,
- 16:51respiration,
- 16:52regard vers ceci.
- 16:54si je vous disais le nombre de...
- 16:56Prompteur ou de discours dans lequel il y a ce genre d'annotation de la part du communicant pour quelqu'un qui lit parfois pour la première fois son discours,
- 17:03vous serez surpris.
- 17:04Dans une table ronde,
- 17:05finalement,
- 17:06il y a un format seul sur scène.
- 17:07Donc ça veut dire qu'il y a aussi une part d'audace.
- 17:09Ça veut dire qu'il faut une forme de maîtrise.
- 17:11Et c'est un moment qui est,
- 17:12j'ai presque envie de dire,
- 17:13beaucoup plus véridique.
- 17:15Alors moi,
- 17:15je dis souvent,
- 17:16il faut arriver avec ses fiches.
- 17:17Moi,
- 17:17à la preuve,
- 17:17j'ai des tonnes de fiches.
- 17:18On ne pense pas des...
- 17:20J'ai des tonnes de fiches,
- 17:21j'ai des tonnes d'aides-mémoires,
- 17:23etc.
- 17:23Ce qui n'empêche qu'ensuite,
- 17:24tu peux avoir tes fiches.
- 17:25Il faut que les mots sortent avec la sincérité qui va avec et avec encore une fois la pertinence qui va avec.
- 17:32Quel conseil tu donnerais justement à un jeune qui voudrait se lancer dans les métiers de la communication qui sont beaucoup remis en question,
- 17:41notamment avec l'apparition de l'intelligence artificielle ?
- 17:44Je lui dirais,
- 17:45vas-y,
- 17:45fonce,
- 17:46mais réfléchis.
- 17:48Pas réfléchis pas,
- 17:49réfléchis.
- 17:50À quoi tu peux être utile ?
- 17:51Je pense que ce mot,
- 17:52c'est un mot que j'adore.
- 17:54qui m'a servi toute ma vie et qui fait que,
- 17:57à des moments donnés d'ailleurs,
- 17:58ça a été le seul moteur que j'ai trouvé intéressant à la fois professionnellement et même personnellement.
- 18:03À quoi tu es utile ?
- 18:04C'est plus difficile de démarrer aujourd'hui qu'hier,
- 18:07d'abord parce qu'il y a beaucoup plus de monde,
- 18:09voire même il y a trop de monde.
- 18:10On a fait miroiter que les métiers de la com pouvaient accueillir tout le monde.
- 18:14C'est faux,
- 18:15c'est archi faux.
- 18:16Tout comme à un moment donné,
- 18:17on a fait miroiter qu'on faisait une école de commerce,
- 18:19enfin une école de management,
- 18:21vous étiez manager,
- 18:22c'est faux.
- 18:23c'est archi faux,
- 18:25il y a des métiers,
- 18:26ces métiers comme tous les autres,
- 18:29il y a une offre et une demande.
- 18:31Et aujourd'hui,
- 18:32je pense qu'il y a une décorrélation entre les deux.
- 18:35Ce podcast s'appelle « L'état d'esprit » ,
- 18:37qu'est-ce qui t'anime au quotidien ?
- 18:39De continuer à me demander où,
- 18:42comment,
- 18:43de quelle façon je peux être utile.
- 18:45Ce mot finalement,
- 18:46ce qualificatif dont j'ai voulu faire des...
- 18:49des slogans,
- 18:49mais pas pour le slogan,
- 18:50pour ça,
- 18:51c'était même le secours du pauvre,
- 18:52je n'en avais pas trouvé de mieux.
- 18:55C'est ça qui m'anime au quotidien,
- 18:56comment être utile.
- 18:57Alors je ne sais pas si ça sera au sein de cette entreprise,
- 19:00moi je...
- 19:02Paradoxalement,
- 19:02CréaSuite,
- 19:03ça fait plus de 30 ans à défier,
- 19:04mais ce n'est pas le bébé,
- 19:06en tout cas je ne me sens pas très...
- 19:08Je ne dis pas que je m'en fous,
- 19:10les gens vont croire qu'eux,
- 19:11mais globalement ce qui est intéressant c'est ce que fait CréaSuite,
- 19:13ce n'est pas ce qu'est CréaSuite.
- 19:15Et de la même façon,
- 19:16je ne sais pas si ça sera demain ou l'avenir pour être utile dans une entreprise,
- 19:21dans une entreprise de cette taille,
- 19:23ailleurs,
- 19:24dans d'autres engagements,
- 19:25mais en tout cas être utile.
- 19:26Ça,
- 19:26c'est le seul petit truc qu'on continue à m'admettre.
- 19:28Merci beaucoup Eric.
- 19:29Avec plaisir,
- 19:30merci Olivier.
- 19:32Merci d'avoir écouté l'État d'esprit.
- 19:33Retrouvez prochainement une nouvelle rencontre autour d'une parole qui est claire,
- 19:38qui engage ou qui répare.
- 19:40En attendant,
- 19:41Réécoutez sur les bonnes plateformes de podcast d'autres épisodes de l'état d'esprit.