Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E171 Pierre-Louis Guillo : Comment mettre davantage en lumière la couleur végétale dans la bioéconomie ?
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- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre,
- 0:06structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel.
- 0:11Je suis Pauline Leroux,
- 0:12ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans,
- 0:16chaque jeudi,
- 0:17je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant.
- 0:20On part de la graine à la couleur finale.
- 0:23On parle plantes et autres sources tanctoriales,
- 0:26usages concrets,
- 0:28filières,
- 0:29santé.
- 0:29environnement,
- 0:30innovation et biotechnologie.
- 0:33Du textile à la cosmétique,
- 0:35de l'artisanat à l'industrie,
- 0:37du design aux fibres naturelles,
- 0:40une seule approche,
- 0:41relier la couleur du vivant aux usages réels.
- 0:45L'objectif est clair,
- 0:46fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous.
- 0:52Belle écoute !
- 1:00Bonjour à tous,
- 1:01je suis ravie de recevoir sur le podcast Aréco Vert Pierre-Louis Guillo.
- 1:06Bonjour Pierre-Louis.
- 1:07Bonjour.
- 1:08Alors Pierre-Louis,
- 1:09je suis ravie de vous avoir parce qu'on va parler d'un terme qu'il faut clarifier,
- 1:14la bioéconomie.
- 1:15Et on va voir avec vous les liens qu'il peut y avoir avec la couleur végétale et c'est tout l'objet de notre épisode du jour.
- 1:23Mais avant ça,
- 1:23j'aimerais bien que vous puissiez vous présenter pour nos auditeurs qui vous êtes.
- 1:28de parcours et comment vous en êtes arrivé à ce sujet de la bioéconomie,
- 1:31entre l'écologie,
- 1:32la recherche et les fameux conseils.
- 1:35Donc,
- 1:35si vous pouvez vous présenter,
- 1:36s'il vous plaît.
- 1:38Donc,
- 1:39par le bio,
- 1:39j'ai une formation d'ingénieur en biotechnologie,
- 1:42à l'origine d'ingénieur biologique,
- 1:45et que j'ai poursuivi ensuite par un master spécialisé plutôt sur des sujets de management de l'innovation,
- 1:50justement dans les bio-industries agroactivités.
- 1:53Et après,
- 1:53plusieurs expériences plutôt dans le domaine de la recherche fondamentale,
- 1:57la recherche...
- 1:57appliquée notamment en biotechnologie végétale,
- 2:01dans la spécificité cosmétique.
- 2:03Et puis à l'université,
- 2:04je me suis orienté vers le secteur du conseil en rejoignant une structure qui s'appelle Bioéconomy for Change,
- 2:11qui est le groupe de compétitivité de la bioéconomie en France.
- 2:15Je travaille chez Ducorci depuis un peu plus de six ans maintenant.
- 2:19D'accord,
- 2:19ok.
- 2:21On va commencer par reposer la définition,
- 2:24si vous voulez bien,
- 2:24pour que ce soit clair pour tout le monde et pour moi aussi.
- 2:27Parce que moi,
- 2:28je pense que je mets trop de trucs dans la bioéconomie.
- 2:30Mais donc,
- 2:30la bioéconomie,
- 2:31c'est quoi si on voulait résumer simplement ?
- 2:35Alors,
- 2:35c'est un concept qui n'est pas si nouveau,
- 2:38qui a énergé plutôt dans la littérature économique à l'origine,
- 2:41dans les années 70.
- 2:43Et c'est un concept dont la définition a beaucoup évolué avec les années.
- 2:47Donc,
- 2:47en fait,
- 2:47dans les années 70,
- 2:49c'est un des pères fondateurs du...
- 2:50concept,
- 2:50c'était l'économiste et mathématicien,
- 2:53au moins Nicolas Georgescou-Rogan,
- 2:56qui en parlait et qui proposait en fait,
- 2:58qui invitait à une réforme assez profonde des sciences économiques pour que,
- 3:04à l'opposé de la pensée néoclassique notamment,
- 3:06qu'enfin on prenne en compte la limite de disponibilité des ressources naturelles dans les modèles économiques et que finalement l'économie rentre.
- 3:19dans les lois de la physique et de la nature.
- 3:22Autrement dit,
- 3:23la vision de J.S.K.
- 3:24Hogan à l'origine,
- 3:25c'était une vision proche des idées de décroissance,
- 3:29d'économie écologique et un idéal de sobriété forte pour que l'économie rentre dans les limites planétaires et éviter d'être en violation des lois de la thermodynamie.
- 3:43C'était un peu son idée à l'origine.
- 3:46Aujourd'hui,
- 3:46dans la vision un peu plus moderne du concept,
- 3:49je ne prends pas celle qui est proposée par l'UNRRAE en France,
- 3:53c'est l'économie des bioressources,
- 3:56donc toute l'économie qui dérive de la production par la photosynthèse.
- 4:01Donc comment remplacer les matériaux,
- 4:07l'énergie d'origine pétrosourcée par des équivalents issus de la biomasse renouvelable,
- 4:12que ce soit de la biomasse agricole,
- 4:14forestière,
- 4:15marine ?
- 4:15Et les finalités,
- 4:16ça reste les mêmes,
- 4:18c'est d'atténuer les effets du changement climatique,
- 4:20d'assurer la sécurité alimentaire,
- 4:22énergétique et de bien-être des populations.
- 4:24Alors,
- 4:25ce que je voudrais comprendre avec vous aujourd'hui,
- 4:28c'est quoi les grandes filières qui composent la bioéconomie chez nous en France ?
- 4:32Et est-ce qu'il y a une dynamique ?
- 4:34Est-ce qu'avec ce qui se passe en Iran,
- 4:37les problématiques du pétrole,
- 4:39etc.,
- 4:39ça s'active à fond ?
- 4:40Parce que nous,
- 4:40sur les colorants végétaux,
- 4:42avec ça,
- 4:43ça s'active vraiment beaucoup.
- 4:44vu qu'on est,
- 4:45entre guillemets,
- 4:46face au coulant de synthèse,
- 4:47est-ce que pour la bioéconomie,
- 4:48c'est la même chose ?
- 4:49Il y a un gros moment,
- 4:51quoi.
- 4:52Oui,
- 4:53exactement.
- 4:54Ça s'est vraiment construit,
- 4:56la bioéconomie,
- 4:58avec un...
- 4:59Un enjeu initial qui était de substituer les produits issus de l'exploitation des ressources fossiles,
- 5:06pétrole,
- 5:07gaz,
- 5:07charbon,
- 5:08et de les substituer par des ressources renouvelables,
- 5:10c'était vraiment la logique.
- 5:12Et donc finalement,
- 5:14on a calqué des concepts aussi en bioéconomie qui se basent sur les concepts issus de l'économie pétro-sourcée finalement.
- 5:24Et notamment par exemple,
- 5:25quand on pense à une raffinerie pétrolière.
- 5:28Le principe,
- 5:29c'est qu'on fait rentrer du pétrole,
- 5:31on le craque et on fractionne pour en extraire toute une multitude de molécules pour la chimie et l'énergie.
- 5:38Et là,
- 5:39l'idée avec la bioéconomie,
- 5:40c'est au contraire de développer des bio-raffineries dans les territoires qui valorisent la biomasse produite localement avec une approche un peu similaire de chercher à exploiter toutes les fractions possibles de cette biomasse pour en faire tout un tas de produits.
- 5:57soit à destination de l'alimentaire et aussi des marchés d'acheter la cosmétique,
- 6:02des colorants et puis éventuellement aussi pour les applications énergétiques.
- 6:06Et donc du coup,
- 6:07est-ce qu'aujourd'hui,
- 6:08ils ont réussi à substituer tout ce qui était dérivé du pétrole par des solutions biosourcées issues de la bioéconomie ou il y a encore des filières où globalement on n'y arrive pas ?
- 6:20Alors non,
- 6:22clairement,
- 6:23c'est le début de...
- 6:24de l'histoire sur le développement de la bioéconomie et on est très loin aujourd'hui de réussir à défossiliser,
- 6:32comme on utilise généralement ce terme-là,
- 6:34de défossiliser l'économie,
- 6:36de remplacer le pétrole dans les carburants.
- 6:39C'est assez criant.
- 6:40Par exemple,
- 6:41la production aujourd'hui de carburants d'aviation durable,
- 6:44par exemple,
- 6:45elle est plus que marginale par rapport aux besoins des sociétés humaines.
- 6:51De même sur le gaz.
- 6:54À la guerre en Ukraine,
- 6:55par exemple,
- 6:57depuis le début de la guerre en Ukraine,
- 6:59il y a un enjeu fort de souveraineté énergétique et de produire du gaz alternatif au gaz qu'on importe de Russie,
- 7:06par exemple.
- 7:07Donc,
- 7:07on développe la filière biométhane,
- 7:09notamment.
- 7:10Là encore,
- 7:11on est très,
- 7:11très loin de subvenir à nos besoins.
- 7:15Voilà,
- 7:16ça y est,
- 7:16il y a des personnes comme Jean-Marc Jancovici qui en parlent très bien sur notre dépendance aux ressources fossiles.
- 7:22Et dans la chimie,
- 7:23c'est pareil.
- 7:23Aujourd'hui,
- 7:24pour donner un chiffre,
- 7:26il y a à peu près 5,5%
- 7:30du carbone qui est utilisé dans la chimie aujourd'hui,
- 7:33qui est biosourcé.
- 7:33Il y a plus de 88%
- 7:36dans le pétro-sourcé et le reste,
- 7:38un peu de recyclage et un peu de chimie,
- 7:41du CO2.
- 7:42Mais voilà,
- 7:43il y a encore beaucoup à faire pour développer les tirs.
- 7:46D'accord.
- 7:47Et alors,
- 7:47qu'est-ce qui fait,
- 7:48alors je rentre peut-être un peu trop vite dans le sujet,
- 7:50mais qu'est-ce qui fait que c'est si mou,
- 7:52en fait ?
- 7:53Est-ce que c'est parce qu'on a pensé notre économie qu'autour du pétrole et du coup,
- 7:57on a oublié un peu tout ce qui se faisait avant de manière alternative ?
- 8:02Par exemple,
- 8:03je pense aux colorants végétaux.
- 8:05C'était ce qui était utilisé avant les colorants de synthèse.
- 8:08Clairement,
- 8:08on a fait un vrai reset.
- 8:12Et en fait,
- 8:13est-ce que c'est ça ?
- 8:13Est-ce qu'on s'est trop focalisé sur le pétrole et du coup,
- 8:18on perd les savoirs,
- 8:19on perd les connaissances ?
- 8:20Peut-être qu'il y a une partie un peu de perte de connaissances parce que ça fait depuis un siècle et demi qu'on utilise massivement les ressources.
- 8:30Mais surtout,
- 8:31si on a transitionné d'une économie qui était en fait une bioéconomie avant 1850 à une économie pétro-sourcée,
- 8:39c'est parce que le...
- 8:41le pétrole et le gaz permettent de produire ces composés d'une manière très économique.
- 8:48Et voilà,
- 8:49en fait,
- 8:51aujourd'hui,
- 8:51il y a des enjeux à faire en sorte que la production biosourcée,
- 8:57elle ait une sorte de parité prix par rapport à ce qui peut être produit à partir du pétrole.
- 9:01Et c'est là que le bas blesse souvent.
- 9:03Parce que si on est sorti de même,
- 9:04si on est sorti des énergies renouvelables,
- 9:06c'est que,
- 9:08voilà,
- 9:09en fait,
- 9:09c'était moins efficient.
- 9:15Ce qui invitait Georges Skourogan,
- 9:17c'était de revenir à une économie beaucoup plus sobre aussi dans l'utilisation,
- 9:21la consommation des ressources.
- 9:25En fait,
- 9:25c'est parce qu'on ne peut pas assurer ni les volumes,
- 9:28ni le prix bas,
- 9:29on va dire,
- 9:30avec des solutions naturelles.
- 9:32Aujourd'hui,
- 9:33ce n'est pas encore possible.
- 9:35C'est un peu ça,
- 9:35quoi.
- 9:37Oui,
- 9:37c'est possible sur certains marchés,
- 9:40certaines molécules,
- 9:41par exemple.
- 9:42où le biosourcé a des avantages intrinsèques,
- 9:45mais c'est assez rare.
- 9:46Et généralement,
- 9:47c'est un vrai défi pour les industriels de réussir à produire une molécule,
- 9:52je crois un tridoron,
- 9:53un arône,
- 9:53par exemple,
- 9:54par voie biotech,
- 9:55imaginons.
- 9:56avec un coût de production qui soit aussi bas que les produits de trois partiels de l'étoile.
- 10:03D'accord,
- 10:03donc on en revient toujours au prix finalement.
- 10:06On a les mêmes problèmes sur la couleur.
- 10:09Moi,
- 10:09je voulais savoir aussi en quoi la bioéconomie se distinguait de ce qu'on a beaucoup entendu,
- 10:14l'économie circulaire,
- 10:15la chimie verte,
- 10:16etc.
- 10:17Est-ce que c'est intégré ?
- 10:18Est-ce que c'est un tout ?
- 10:20Comment ça se place en fait ?
- 10:22Oui,
- 10:22alors on peut dire que c'est intégré dans...
- 10:25En fait,
- 10:25la bioéconomie,
- 10:26c'est une partie de l'économie verte.
- 10:30Donc voilà,
- 10:32l'économie verte,
- 10:33on peut dire que l'objectif,
- 10:35c'est d'améliorer le bien-être des populations humaines,
- 10:38travailler sur des sujets d'équité sociale aussi,
- 10:40réduire surtout l'empreinte écologique globale des sociétés.
- 10:45Et la bioéconomie,
- 10:46c'est une de l'économie verte qui s'intéresse justement à tout le monde.
- 10:50valorisant les bioressources.
- 10:54Et en fait,
- 10:55la bioéconomie,
- 10:56de plus en plus,
- 10:57elle est associée au concept d'économie circulaire aussi,
- 11:01puisque un des enjeux de la bioéconomie,
- 11:03c'est de sortir de schémas vraiment linéaires,
- 11:06où la ressource est extraite du sol,
- 11:09transformée,
- 11:10consommée,
- 11:10jetée,
- 11:11ce qui génère des externalités négatives,
- 11:14des pollutions,
- 11:14etc.
- 11:15Là,
- 11:15l'idée avec la bioéconomie,
- 11:16c'est vraiment de circulariser les flux.
- 11:19de valoriser au maximum tous les coproduits générés par les différentes industries.
- 11:24Donc,
- 11:25en fait,
- 11:25c'est enchâssé aussi dans l'économie circulaire.
- 11:28La limite,
- 11:29c'est juste qu'en bioéconomie,
- 11:30par exemple,
- 11:30on ne va pas strictement s'intéresser,
- 11:32par exemple,
- 11:33au recyclage des métaux.
- 11:36Donc,
- 11:36c'est qu'un pan,
- 11:37on va dire,
- 11:37de l'économie circulaire.
- 11:40Mais c'est vraiment un style.
- 11:41D'accord.
- 11:42Alors là...
- 11:45J'ai regardé sur LinkedIn ce que vous faisiez exactement pour bien tout comprendre.
- 11:50Et votre rôle chez Bioéconomy for Change,
- 11:54c'est B for C,
- 11:55le raccourci.
- 11:58J'ai vu que vous aidiez,
- 12:01vous accompagnez les toutes tailles d'entreprises possibles,
- 12:05dans des stratégies d'approvisionnement de ces fameuses ressources,
- 12:09de ces sources.
- 12:10Non,
- 12:10c'est ressources biosourcées.
- 12:11Vous avez fait aussi l'état de l'art,
- 12:12il y a des études de marché,
- 12:13j'ai vu le soutien à l'industrialisation.
- 12:15Donc,
- 12:16c'est peut-être aussi ça la nuance avec la bioéconomie,
- 12:18c'est que vraiment l'idée,
- 12:19c'est de monter en échelle,
- 12:21d'ancrer dans le territoire et que ce soit viable économiquement,
- 12:23si je comprends bien.
- 12:25C'est ça.
- 12:26En fait,
- 12:28B4C,
- 12:28c'est un pôle de compétitivité.
- 12:31C'est une association,
- 12:34il y a une cinquantaine de pôles de compétitivité en France.
- 12:36ont été créés au début des années 2000 avec
- 12:39une ambition de dynamiser l'innovation en France dans des secteurs technologiques clés.
- 12:45Vous avez des pôles de compétitivité dans l'aéronautique,
- 12:48la cosmétique,
- 12:49l'agroalimentaire,
- 12:50la robotique,
- 12:51la chimie,
- 12:52etc.
- 12:52Il faut aussi s'exprimera plutôt dans les régions Hauts-de-France,
- 12:55Grand-Est,
- 12:56sur des besoins qui étaient à l'origine plutôt des manettes agro-industrielles,
- 13:01de coopératives,
- 13:02qui avaient des sujets justement sur la valorisation de leurs produits,
- 13:05les sucriers par exemple,
- 13:06ce qu'ils tenaient sur.
- 13:07comment améliorer la valorisation des pubs de betteraves ou des amis de doniers qui travaillaient sur les valorisations de différents produits.
- 13:16Et donc voilà,
- 13:16c'est comme ça que PNM est forcée.
- 13:19Et le cœur de métier d'un pôle de compétitivité,
- 13:21effectivement,
- 13:22c'est d'agir comme un catalyseur d'innovation,
- 13:26donc de mettre en relation différents acteurs sur la chaîne de valeur pour monter des projets d'innovation collaborative.
- 13:34Et là,
- 13:35avec les dénominateurs...
- 13:36commun qui est vraiment centré sur la valorisation de bioresources pour servir différents marchés.
- 13:43D'accord,
- 13:44ok.
- 13:44Et alors,
- 13:46du coup,
- 13:46je ne savais pas que vous êtes basé dans les Hauts-de-France,
- 13:48du coup ?
- 13:49Le siège est à Lens,
- 13:50dans l'Aisne,
- 13:52et on est financé en partie par les régions
- 13:55Grand Est et Hauts-de-France.
- 13:56D'accord,
- 13:57ok.
- 13:58Parce que j'ai quelques projets dans les Hauts-de-France dont je voulais échanger avec vous pour voir.
- 14:03Est-ce que vous êtes spécialisé dans des filières en particulier ?
- 14:08Ou ces coproduits,
- 14:10pulpe de betterave,
- 14:11amidon ?
- 14:12En fait,
- 14:13en fonction des entreprises que vous avez dans votre secteur,
- 14:16j'ai l'impression ?
- 14:18Oui,
- 14:19alors on travaille sur tout type de valorisation de biomasse.
- 14:26les biomasques quels qu'ils soient,
- 14:28donc à la fois des biomasques d'origine agricole,
- 14:31forestière,
- 14:31marine,
- 14:32aquacole.
- 14:32Pour prendre quelques exemples,
- 14:36ça peut être sur des coproduits de l'agriculture,
- 14:38des pailles de blé,
- 14:39ça peut être aussi sur des sueurs de bois,
- 14:41des coproduits de l'industrie forestière,
- 14:43ou sur les ressources marines,
- 14:44des coproduits coquilliers ou des micro-algues.
- 14:47Voilà,
- 14:48donc vraiment tout type de ressources.
- 14:50Et ensuite,
- 14:51c'est vrai que nos adhérents,
- 14:52ils se regroupent en différents...
- 14:54on les met dans différentes communautés qui correspondent un peu au type de valorisation de la biomasse.
- 14:59Donc,
- 15:00on a en fait quatre grands pôles.
- 15:01Le pôle bioresource,
- 15:03c'est comment produire et cultiver la biomasse durablement avec des alternatives aux produits phytosanitaires,
- 15:08par exemple,
- 15:09développer des méthodes d'agriculture régénératrice.
- 15:13Et puis,
- 15:14on travaille sur tous les débouchés alimentaires de la biomasse,
- 15:17donc tous les ingrédients durables pour l'alimentaire.
- 15:19Ça peut être des colorants,
- 15:21des protéines alternatives,
- 15:22des sujets fibres aussi,
- 15:24microbiotes,
- 15:26voilà.
- 15:26Et toutes les applications non alimentaires.
- 15:29Donc,
- 15:29il y a toute la chimie biosphobisée,
- 15:31les biotech,
- 15:32les polymères,
- 15:34les applications textiles aussi dans la construction et énergétique.
- 15:40Est-ce que vous avez des genres d'associations aussi ou pas ?
- 15:43Alors oui,
- 15:44le réseau est vraiment très diversifié.
- 15:46On a à peu près 500 adhérents aujourd'hui sur toute la chaîne de valeur des filières de valorisation de biomasse.
- 15:52Donc,
- 15:52en amont,
- 15:53on trouve beaucoup de coopératives,
- 15:55de groupes agro-industriels.
- 15:58On a également des groupes ou des PME dans le secteur de la cosmétique,
- 16:01des ingrédientistes,
- 16:03des formulateurs de produits finis cosmétiques.
- 16:06On a des acteurs du monde de la chimie,
- 16:08des matériaux.
- 16:09Pour donner quelques exemples,
- 16:10des groupes comme L'Oréal,
- 16:11comme Michelin,
- 16:13comme Bell sont à Bébran chez nous.
- 16:15Et puis à côté de ça,
- 16:16on a tout un vivier aussi de startups innovantes qui proposent des solutions en cours de développement,
- 16:21mais c'est une montée à l'échelle.
- 16:24avant une mise sur le marché assez longue.
- 16:25Mais en tout cas,
- 16:26c'est un vivier de startups dans lequel les groupes peuvent venir aussi soit chercher de l'inspiration ou construire des partenariats.
- 16:33Et puis,
- 16:34direct,
- 16:34le reste du réseau,
- 16:35c'est beaucoup de laboratoires de recherche,
- 16:38des centres techniques aussi,
- 16:39des centres qui permettent d'assurer ce qu'on appelle le scale-up des technologies,
- 16:43c'est-à-dire la montée en échelle.
- 16:45Donc,
- 16:45passer en gros de l'invention au laboratoire à l'innovation à taille réelle avec des usines qui tournent.
- 16:52pour mettre sur le marché les produits.
- 16:56J'ai un peu l'impression à ce stade,
- 16:58Pierre-Louis,
- 16:58qu'on fait la même chose,
- 16:59dans le sens où je ne savais même pas que ça s'appelait un pôle de compétitivité,
- 17:03mais j'ai l'impression que je fais la même chose que vous.
- 17:05Parce qu'en fait,
- 17:05moi,
- 17:05je rassemble tous les acteurs de la couleur végétale par maillon de l'agriculture jusqu'aux produits finis.
- 17:12Je travaille tous les métiers de la couleur végétale,
- 17:15que ce soit la savonnerie,
- 17:17la coloration capillaire végétale.
- 17:20l'alimentaire,
- 17:21les bioplastiques,
- 17:23j'en oublie à chaque fois,
- 17:23textiles,
- 17:24beaux-arts,
- 17:24etc.
- 17:25De l'agriculture jusqu'à la couleur finale,
- 17:28on ne se prive pas d'écouter justement les sujets de valorisation de coproduits,
- 17:32que ce soit,
- 17:33enfin,
- 17:34beaucoup de gens qui ont commencé dans la couleur végétale ont commencé avec leurs déchets ménagers,
- 17:37les pots d'avocats,
- 17:39les fannes de carottes,
- 17:40etc.
- 17:41pour des fois se rendre compte qu'on était dépendant du pH et de choses,
- 17:45et aller vers des sources plus solides,
- 17:47donc qui tiennent plus à la lumière,
- 17:49au lavage,
- 17:49etc.
- 17:50Et pareil,
- 17:50je travaille beaucoup avec les marques,
- 17:52les chercheurs.
- 17:53Et en fait,
- 17:53je me dis,
- 17:54mais en fait,
- 17:55c'est un pôle de compétitivité.
- 17:56Je découvre avec vous.
- 17:58Et donc,
- 17:58du coup,
- 17:59comment vous vous êtes financé ?
- 18:00Vous avez dit que vous vous êtes financé par les deux régions que vous couvrez et les adhésions de vos membres.
- 18:05C'est ça.
- 18:05Essentiellement,
- 18:06il y a un financement,
- 18:07une subvention des adhésions chaque année.
- 18:11Et en parallèle,
- 18:12on a des leviers de financement privés aussi via les cotisations de nos membres et également par les prestations.
- 18:20ça peut être on organise une cinquantaine d'événements par an,
- 18:24des journées techniques des webinaires des ateliers,
- 18:28des conférences et pour ma part je suis responsable du service études conseils chez Uniforcee et là on fonctionne un petit peu plus comme une petite cellule ou un petit cabinet de conseils en interne principalement pour nos adhérents et pour réaliser plutôt des missions d'études de marché d'études de
- 18:46sourcing en biomasse
- 18:47construction de filières d'approvisionnement responsable ou soutien à l'industrialisation.
- 18:52Bien.
- 18:52Donc du coup,
- 18:53là,
- 18:54vous vous focalisez sur vos membres,
- 18:55vous déflichez avec eux les possibilités de ce qu'ils pourraient trouver,
- 19:00comment les valoriser par rapport à leur domaine,
- 19:02s'ils sont dans l'alimentaire,
- 19:03la cosmétique,
- 19:04etc.
- 19:04Et vous les guidez.
- 19:05Et ils passent à l'acte ou c'est des trucs qui sont en réflexion pour plus tard,
- 19:10vu qu'économiquement,
- 19:13des fois,
- 19:13ça coûte un rein.
- 19:14Donc,
- 19:14est-ce qu'ils y vont tout de suite ?
- 19:15Est-ce qu'ils vont chercher des subventions ?
- 19:16Comment ça se passe ?
- 19:18Alors,
- 19:19souvent,
- 19:19quand on nous demande une étude de marché,
- 19:23par exemple,
- 19:23ou d'opportunité,
- 19:24c'est que c'est déjà un projet qui a un certain niveau de maturité.
- 19:28Ça arrive qu'on travaille aussi,
- 19:29par exemple,
- 19:29dans des laboratoires où c'est très,
- 19:31très amont et la valorisation n'est pas encore étudiée.
- 19:34Ça va être par le biais d'une spin-off ou d'un d'abord de projet de R&D,
- 19:39puis ensuite,
- 19:40potentiellement,
- 19:40une valorisation externe.
- 19:41Oui,
- 19:42c'est très varié d'un client à un autre,
- 19:43mais en général,
- 19:44c'est les études qu'on peut faire.
- 19:47Justement,
- 19:47elles ont pour but d'éclairer un peu leur prise de décision et de les aider à saisir un peu les bonnes opportunités ou de cibler les segments de marché à adresser.
- 19:58pour essayer de maximiser les chances de succès.
- 20:00Parce que c'est vrai que dans la bioéconomie ou dans les biotech,
- 20:04il y a des taux d'échec aussi très importants.
- 20:06On l'a vu récemment avec pas mal de cas récents,
- 20:10que ce soit sur les protéines,
- 20:11sur de la chimie,
- 20:13où les startups,
- 20:14après avoir levé des dizaines de millions d'euros parfois,
- 20:17ne parviennent pas à aller jusqu'au bout.
- 20:20Ça,
- 20:20c'est un concept qui est assez connu,
- 20:22qui s'applique bien au cas des biotech.
- 20:23C'est la traversée de la vallée de la mort de l'innovation,
- 20:26on appelle ça.
- 20:28Et c'est le fait qu'en fait,
- 20:29on est sur des technologies vraiment de rupture en général,
- 20:32des choses très innovantes,
- 20:33mais avec un risque technologique très élevé.
- 20:35Et donc,
- 20:35il y a un fossé entre réussir à démontrer la faisabilité au laboratoire,
- 20:40dans des conditions bien contrôlées,
- 20:43sur des tout petits volumes,
- 20:44et réussir à passer à l'échelle avec des coûts de production cohérents avec les besoins de l'industrie,
- 20:50faire face aussi aux verrous réglementaires qu'il peut y avoir,
- 20:53aux verrous sociétaux,
- 20:55aussi d'acceptabilité sociétale ou économique.
- 20:59Et c'est hyper intéressant parce que du coup,
- 21:02ça me fait penser à plein d'autres choses pour échanger tout à l'heure.
- 21:05Mais est-ce que,
- 21:07par exemple,
- 21:07des organismes comme l'ADEME,
- 21:10l'INRAE,
- 21:10etc.,
- 21:11est-ce qu'ils soutiennent tous les pôles de compétitivité dont vous avez parlé tout à l'heure ?
- 21:15Est-ce que vous avez un soutien de leur part pour pousser certaines recherches,
- 21:18pour avoir des subventions,
- 21:20pour avoir des aides de quelque manière que ce soit ?
- 21:23Oui.
- 21:26On travaille beaucoup avec l'ADEME sur différents sujets.
- 21:29Donc,
- 21:29ça peut être sur les appels à projets,
- 21:34par exemple,
- 21:34d'innovation.
- 21:37Ils ont à l'ADEME,
- 21:37par exemple,
- 21:38une section aussi d'experts sur ces sujets de filières biosourcées.
- 21:43Et donc,
- 21:44on a pu aussi d'ailleurs faire des études de marché pour eux.
- 21:48en partenariat avec deux autres cabinets,
- 21:50notamment il y en a une en 2025,
- 21:52c'était l'étude de marché des produits biosourcés en France.
- 21:55Trop bien,
- 21:56donc cartographie ?
- 21:58Oui,
- 21:58c'est ça.
- 21:58C'était de quantifier les marchés des produits biosourcés en France,
- 22:02savoir à quel point ils étaient développés,
- 22:03suivant les applications,
- 22:05suivant les types de produits,
- 22:06d'ingrédients,
- 22:07et aussi d'avoir une quantification de l'impact environnemental et du bénéfice environnemental de ces produits par rapport aux produits pétrosourcés qu'ils ont remplacés.
- 22:18Et ça,
- 22:18c'est accessible pour le commun des mortels de savoir quels sont les...
- 22:22Oui,
- 22:23alors cette étude-là,
- 22:24elle est publique et effectivement,
- 22:26on peut la trouver sur le site librairie ADEME.
- 22:29Je la mettrai en descriptif parce que je suis sûre que ça va intéresser plein de gens.
- 22:33Donc,
- 22:34une cartographie des ressources,
- 22:36des usages du coup par domaine d'application.
- 22:39Donc,
- 22:39l'ADEME vous soutient.
- 22:42Vous avez un large réseau de parties prenantes,
- 22:45d'aides,
- 22:45et vous vous adressez à toutes les entreprises.
- 22:47ça.
- 22:47C'est hyper clair.
- 22:50Alors,
- 22:50ce que je voulais voir avec vous,
- 22:51c'est est-ce que vous avez,
- 22:52qu'on arrive à notre sujet,
- 22:54des exemples de bioéconomie dans la couleur ?
- 22:56Moi,
- 22:56je me suis remémoré plein de choses pour qu'on en échange.
- 22:59Est-ce qu'aujourd'hui,
- 23:01vous avez des exemples ?
- 23:02Est-ce que c'est quelque chose qui progresse aussi ou pas trop ?
- 23:07Alors,
- 23:07c'est assez dynamique.
- 23:08J'ai fait une petite veille.
- 23:10Ça me fait plaisir.
- 23:13J'ai fait une petite veille sur notre plateforme de veille tremplin,
- 23:16d'ailleurs.
- 23:17qu'on m'a développé au pôle pour trouver quelques exemples de faits marquants récents sur le développement de colorants ou pigments biosourcés.
- 23:25J'ai connaissance d'une startup que je ne connaissais pas,
- 23:29Phytolon,
- 23:30qui a levé 21 millions d'euros récemment pour lancer des colorants issus de fermentation de précision.
- 23:36C'est produit dans des levures génétiquement modifiées.
- 23:40Et là,
- 23:40leur premier cas d'étude,
- 23:41c'est le rouge betterave à base de bétanine en alternative au red.
- 23:46taille numéro 3,
- 23:48RET
- 23:4940. Qui a été supprimé aux États-Unis.
- 23:54Je crois que ça date de janvier.
- 23:56Les États-Unis ont supprimé quelques colorants dans l'alimentaire et ça vient chez nous plus vite que prévu.
- 24:03Oui,
- 24:04je trouve que c'est un bon exemple.
- 24:06J'en ai trouvé un dans le même esprit de partenariat entre un des leaders mondiaux sur le secteur,
- 24:11Ausha,
- 24:11et la startup de Biotech,
- 24:13Début Bio,
- 24:13pour produire aussi...
- 24:15une alternative au rouge 40 par fermentation de précision.
- 24:19Et donc,
- 24:19on voit bien que parfois,
- 24:20des drivers réglementaires peuvent vraiment accélérer la mise sur le marché de ce genre d'alternative.
- 24:28Quand vous dites fermentation par précision,
- 24:30vous pouvez nous expliquer un petit peu ?
- 24:32Oui.
- 24:34Donc,
- 24:34ce n'est pas un terme scientifique,
- 24:36c'est plutôt dans le langage,
- 24:37dans le jargon,
- 24:38management de l'innovation,
- 24:39plutôt qu'on parle de fermentation de précision.
- 24:41Mais en fait,
- 24:42c'est de la fermentation.
- 24:44Donc le but,
- 24:45c'est de faire produire par des micro-organismes cultivés dans des bioréacteurs des molécules d'intérêt.
- 24:52Et là,
- 24:52on parle de précision parce que souvent,
- 24:55on vise justement une molécule que la bactérie ou la levure va produire.
- 25:00et derrière,
- 25:00on va l'extraire et la purifier.
- 25:05Donc,
- 25:05c'est un peu différent de ce qu'on appelle la fermentation de biomasse,
- 25:08où l'objectif,
- 25:09ça va être de récupérer à la fin la biomasse microbienne,
- 25:12par exemple,
- 25:13pour en faire des protéines alternatives à la viande.
- 25:16D'accord,
- 25:17ok.
- 25:18Pour Phytolon,
- 25:19par l'aide de production en modèle levure.
- 25:22D'accord.
- 25:24Et puis,
- 25:24il y avait d'autres choses également,
- 25:25je trouvais assez innovantes.
- 25:27Dans la littérature récemment,
- 25:29Seedize,
- 25:30par exemple,
- 25:30en Écosse,
- 25:31produit des colorants textiles plutôt à base d'algues.
- 25:35Ils n'ont pas précisé quelles souches.
- 25:38Fermentail,
- 25:39dans la même veine aussi,
- 25:40qui est en France,
- 25:41donc un beau projet,
- 25:42ils ont obtenu un avis favorable de l'EFSA pour un extrait d'une micro-algue extrémophile pour produire de la phycocyanine.
- 25:52Et ça,
- 25:52c'est une alternative plutôt au bleu brillant dans l'alimentaire,
- 25:55les boissons.
- 25:56Et puis une startup que j'ai rencontrée lors d'un congrès récemment,
- 25:59Ceprify en Suisse,
- 26:01qui travaille avec Ausha aussi.
- 26:03Et eux,
- 26:03c'est pour produire un colorant blanc à partir de cellulose,
- 26:08ce qui est assez rare et à ma connaissance,
- 26:11c'est un des premiers projets que je connaissais dans cet aspect-là.
- 26:14Oui,
- 26:14carrément,
- 26:15colorant blanc,
- 26:16cellulose.
- 26:16Est-ce que ce n'est pas pour remplacer,
- 26:19je ne dis pas de bêtises,
- 26:19le tryptophan ?
- 26:21Non,
- 26:21le triclosan ?
- 26:26Je crois que c'était pour remplacer le dioxyde de titane.
- 26:28Le dioxyde de titane.
- 26:29Ça y est,
- 26:29je suis perdue.
- 26:30OK,
- 26:31c'était ça que je voulais dire,
- 26:31mais je ne retrouverai plus mes petits.
- 26:33Oui,
- 26:33parce que pareil,
- 26:34ça,
- 26:34c'est controversé.
- 26:36Et moi,
- 26:36c'était plutôt dans la partie cosmétique que j'avais découvert ce problème.
- 26:40Mais en fait,
- 26:40il est partout.
- 26:41Il est dans tous les secteurs.
- 26:43Et en fait,
- 26:43on ne trouve pas forcément d'alternative.
- 26:46Et donc,
- 26:46c'est pour ça que je suis surprise.
- 26:47Mais top qu'il y ait une entreprise.
- 26:49Donc ça,
- 26:49c'est en Suisse,
- 26:50vous avez dit.
- 26:51Je crois que Oui,
- 26:51c'est Prefice,
- 26:52c'est en Suisse.
- 26:54Et là,
- 26:54la grosse...
- 26:55Ils ont levé un certain nombre de leviers technologiques importants parce que le dioxyde de titane a quand même des performances aujourd'hui qui sont dures à remplacer.
- 27:05L'effet blanchissant,
- 27:06l'opacité,
- 27:07etc.
- 27:08Et donc,
- 27:08Ceprify apparemment a réussi à travailler sur tous ces aspects-là avec en plus un impact environnemental avec lui par rapport au dioxyde de titane.
- 27:15Et l'autre gros avantage,
- 27:18c'est sur l'impact santé et toxicologique puisque c'est une molécule qui a la cède controversée.
- 27:25C'est souvent ça,
- 27:25en fait,
- 27:27la couleur végétale.
- 27:29Pourquoi on arrive à argumenter dessus ?
- 27:31C'est parce que pour la santé et pour l'environnement,
- 27:33c'est bien meilleur.
- 27:34Et elle est renouvelable puisqu'une plante,
- 27:37ça se replante.
- 27:38Alors que nos colorants de synthèse,
- 27:39c'est 95%
- 27:41des colorants de synthèse qui sont dérivés du pétrole,
- 27:44en fait.
- 27:44Donc,
- 27:44il n'y a pas grand place.
- 27:45Et je ne suis même pas sûre que ce ne soit pas 99%.
- 27:47J'ai un doute d'un coup,
- 27:48mais il n'y a rien à voir entre la synthèse et les colorants alternatifs.
- 27:53Donc là,
- 27:54on est plutôt sur des biotech.
- 27:56On n'est pas sur des réemplois de coproduits,
- 27:59pas trop.
- 28:00Alors,
- 28:02pour Phytolon,
- 28:03Ausha ou Fermental,
- 28:04c'est clairement de la biotech.
- 28:05Pour Seprify,
- 28:07sur le colorant blanc,
- 28:09là,
- 28:11c'est plutôt une valorisation de coproduits papetiers,
- 28:14je crois.
- 28:15Donc,
- 28:15c'est à partir de cellulose,
- 28:16en fait.
- 28:17Ah,
- 28:17la pulpe de papier,
- 28:18peut-être ?
- 28:18Ah,
- 28:18génial !
- 28:19Je crois que c'est...
- 28:20Voilà.
- 28:21C'est l'esprit,
- 28:22en tout cas,
- 28:22de valoriser des coproduits pas petits et de la cellulose qui est dedans.
- 28:27Alors,
- 28:28du coup,
- 28:28est-ce que vous en avez d'autres ?
- 28:29Ou je vous fais moi la même petite recherche ?
- 28:32Le dernier,
- 28:33c'est un adhérent chez B4C,
- 28:35qu'on accompagne depuis aussi plusieurs années,
- 28:37c'est la startup Pili.
- 28:39Oui,
- 28:39j'allais dire si on en parle.
- 28:42Oui,
- 28:43qui est un des fleurons sur le sujet en France et puis même en Europe.
- 28:49probablement à une échelle aujourd'hui du démonstrateur industriel.
- 28:53Donc,
- 28:53plus si loin que ça de la réalité de marché,
- 28:58finalement.
- 28:59Et eux,
- 28:59ils s'étaient intéressés en premier lieu plutôt à l'indigo biosourcé,
- 29:06plutôt avec un objectif de cibler l'industrie des textiles et jeans.
- 29:12Les dénimes.
- 29:14Et eux,
- 29:14c'est donc des bactéries,
- 29:16c'est fermentation de bactéries.
- 29:18Oui.
- 29:18OK.
- 29:20Donc on a beaucoup de bleu,
- 29:21on a beaucoup de rouge.
- 29:23Il n'y a pas beaucoup de choses sur le jaune ?
- 29:25Alors sur le jaune ou brun,
- 29:27j'avais vu passer un projet,
- 29:29moi ça remonte à il y a quelques années,
- 29:30plutôt porté par une coopérative qui s'intéressait à valoriser les pelures d'oignons,
- 29:35notamment pour un exemple la quercétine.
- 29:39C'est l'exemple que j'allais vous dire.
- 29:42Moi j'ai essayé de rassembler les acteurs que j'avais eus.
- 29:44Il y a le projet Pâle-Col-Bio dans les Hauts-de-France.
- 29:47porté par Patrick Martin que j'ai eu sur le podcast et avec qui je co-organise un événement sur les couleurs naturelles en novembre.
- 29:55Donc c'est l'épisode 63 pour les gens qui veulent aller le réécouter.
- 29:59Et en fait,
- 29:59là,
- 29:59l'idée,
- 30:00pas le col bio,
- 30:00c'est pour palette de colorants biosourcés.
- 30:02Et il avait commencé avec la quercétine,
- 30:04justement,
- 30:05de la pelure d'oignon,
- 30:06qui était juste déposée sur les champs en attendant qu'il y ait un coup de vent,
- 30:09clairement.
- 30:10Et donc là,
- 30:11ils ont réussi à la valoriser plutôt pour la cosmétique.
- 30:14Il y a aussi eu une thèse sur la valorisation totale de l'isatis tanctoria,
- 30:19donc du pastel des teinturiers.
- 30:21Et donc là,
- 30:21j'avais été à la soutenance de la thèse de Romain Vauclin.
- 30:24Et en fait,
- 30:25là,
- 30:25ce qui était génial aussi,
- 30:26c'était qu'ils valorisaient tout.
- 30:28Les racines,
- 30:29les tiges,
- 30:30les feuilles,
- 30:31les graines pour l'huile en cosmétique.
- 30:33Ils obtenaient de la couleur et des propriétés bioactives.
- 30:36Donc,
- 30:37trop bien.
- 30:38Je vous ai mis aussi comme exemple,
- 30:39j'y ai repensé,
- 30:40franchement,
- 30:40j'ai dû aller rechercher dans mes archives,
- 30:42parce que c'est les premiers épisodes du podcast.
- 30:44On avait donc la société Greening,
- 30:46je ne sais pas si vous connaissez,
- 30:49qui travaille…
- 30:50gros acteurs à connaître sur les colorants biosourcés en végétal,
- 30:55eux,
- 30:55ils travaillaient à partir des résidus,
- 30:58les sous-produits de la distillation pour les plantes à parfum aromatiques et médicinales.
- 31:03Et en fait,
- 31:04ils récupéraient les tiges de thym après distillation et eux réussissaient à en extraire encore de la couleur.
- 31:11Donc dans les orangés,
- 31:12en plus,
- 31:13c'était assez...
- 31:15Et donc ça,
- 31:16c'était un des exemples qu'ils avaient cités.
- 31:18Ils étaient très proches aussi de la filière vigne,
- 31:21de faire des ponts entre la vigne et les couleurs.
- 31:23Et ils avaient produit un colorant à base de pépins de raisin.
- 31:28Et donc,
- 31:29c'était un des colorants de mémoire qui était un des moins chers du marché.
- 31:33Parce que du coup,
- 31:34issu d'un coproduit où on ne sait pas trop quoi faire des pépins de raisin.
- 31:38J'avais noté ça,
- 31:39j'avais noté aussi,
- 31:41alors je ne sais pas si ça rentre dans la bioéconomie,
- 31:43mais la valorisation d'arbres,
- 31:45donc de châtaigniers qui étaient malades.
- 31:48pour en faire des extraits,
- 31:50donc des extraits de châtaigniers qui sont très utilisés dans la teinture historiquement et qui aujourd'hui remplacent le chrome dans la filière cuir.
- 31:57Parce qu'en fait,
- 31:59ils ont vite utilisé du chrome pour les cuirs,
- 32:03sauf que déjà,
- 32:04c'est hyper mauvais pour la santé,
- 32:06c'est hyper mauvais pour l'environnement.
- 32:07Et en plus,
- 32:08les résultats,
- 32:09ils n'étaient pas toujours...
- 32:10Enfin bref,
- 32:12il y a quelqu'un qui va passer sur le podcast bientôt sur ce sujet-là,
- 32:14il l'expliquera beaucoup mieux que moi,
- 32:15mais je pensais à ça.
- 32:16Donc c'est l'entreprise...
- 32:17Kingtree en France aussi.
- 32:18Ah oui,
- 32:19Kingtree.
- 32:19D'accord.
- 32:20Et donc là,
- 32:22extrait des châtaigniers.
- 32:23Dans d'autres sujets où j'essaye d'avoir des invités,
- 32:26c'était la valorisation des cuirs de poisson.
- 32:30Alors,
- 32:30je ne me souviens plus de l'entreprise,
- 32:31mais l'idée,
- 32:31c'était de valider si la teinture végétale pouvait fonctionner sur les cuirs de poisson.
- 32:36Et en fait,
- 32:37oui.
- 32:39Donc,
- 32:39trop bien.
- 32:40Le truc,
- 32:41c'est que...
- 32:41Voilà.
- 32:42Donc,
- 32:42en fait,
- 32:42je pense que je tournais un petit peu quand même autour de la bioéconomie sans mettre le bon mot.
- 32:47Donc on est pile là-dedans.
- 32:49On est dedans.
- 32:50J'ai noté aussi,
- 32:51alors un truc un peu surprenant,
- 32:52mais les invendus des fleuristes et de la floriculture qui sont récupérés par des teinturières qui en fait en extraient les colorants tout simplement.
- 33:02Donc ça évite aux fleuristes de jeter des bouquets,
- 33:04de jeter des fleurs,
- 33:05clairement,
- 33:06et c'est valorisé.
- 33:07Donc elles ont une matière première.
- 33:09Et il y avait aussi,
- 33:10mais ça c'est beaucoup plus rare,
- 33:11c'est les fabricants d'instruments de musique qui utilisent des bois tropicaux.
- 33:16qui sont des bois tangutorios.
- 33:18Et en fait,
- 33:19les copeaux des luthiers,
- 33:20on les récupérait pour faire de l'extraction de colorants.
- 33:23Bon,
- 33:23c'est un peu moins...
- 33:24Il y a beaucoup moins de luthiers en France,
- 33:25on ne va pas se mentir,
- 33:26mais c'était des petits exemples que je voulais citer.
- 33:32Et puis dire qu'on n'a pas attendu le mot bioéconomie,
- 33:34en fait,
- 33:34ils faisaient ça avant pour des questions financières.
- 33:37Clairement,
- 33:39on récupérait les...
- 33:40Maintenant,
- 33:41on ne peut plus dire déchets,
- 33:42mais on récupérait les déchets pour les valoriser.
- 33:44On est d'accord ?
- 33:45Oui.
- 33:47Et alors ensuite,
- 33:47j'avais fait un...
- 33:49Alors ça,
- 33:49c'est quand j'étais plus jeune.
- 33:50J'avais travaillé chez Le Saffre pour les levures.
- 33:53Et je me souviens,
- 33:54j'avais une partie de mon mémoire sur la valorisation des molasses.
- 33:57Et à l'époque,
- 33:58je n'étais pas encore tombée dans la couleur végétale ou de la valorisation de la couleur.
- 34:02Mais ce que je me dis,
- 34:04c'est qu'on a quand même pas mal d'entreprises dans les Hauts-de-France type Roquette,
- 34:07Le Saffre,
- 34:08etc.
- 34:11Là,
- 34:11pour moi,
- 34:11il y a une mine d'or.
- 34:13J'aimerais bien savoir s'il y a des projets couleur par rapport à ça ou pas du tout.
- 34:18Est-ce que ces entreprises-là...
- 34:20Je sais que Roquette avait fait une poudre libre à base d'amidon et elle aurait pu intégrer des pigments.
- 34:27Je m'étais dit qu'il faut absolument que je les contacte pour qu'on matche avec des pigments végétaux.
- 34:32Mais je me dis que c'est fou parce qu'on a quand même pas mal d'entreprises hyper actives chez nous et je n'ai pas l'impression que la couleur,
- 34:38ce soit un sujet qui soit vraiment traité.
- 34:42Oui,
- 34:42non,
- 34:43c'est vrai que je n'ai pas connaissance de projet de cette nature-là chez Le Saf ou Rocket.
- 34:47Et pourtant,
- 34:49avec les gisements de coproduits dont ils disposent...
- 34:55qui valorisent déjà pour de la fermentation,
- 34:58ça pourrait être des projets d'ampleur.
- 35:02J'imagine plutôt par des approches de biotech pour le coup de fermentation de précision,
- 35:06mais ça pourrait être aussi par de l'extraction directement à partir de certains coproduits.
- 35:14En tout cas,
- 35:14je vois peu d'annonces passer dans la presse spécialisée à ce sujet.
- 35:20Chez les gros avants industriels,
- 35:21on va dire.
- 35:24Il y a peut-être encore quelque chose à faire.
- 35:26Globalement,
- 35:26on vient de voir ensemble qu'il y avait tout secteur qui était concerné.
- 35:29En fait,
- 35:29on peut faire de la couleur dans tous les secteurs,
- 35:32soit par biotech,
- 35:34soit par couleur végétale et valorisation des déchets.
- 35:37Je mets des guillemets parce que pour ceux qui nous écoutent juste,
- 35:40je fais des guillemets avec mes doigts.
- 35:43Qu'est-ce que j'allais dire ?
- 35:44Il y a des sujets de recherche là,
- 35:47dans les sujets de bioéconomie.
- 35:49Vous avez dit que la recherche autour de la couleur,
- 35:51elle était quand même active.
- 35:53Est-ce que c'est essentiellement dû à ce qui s'est annoncé là,
- 35:57fin d'année 2025,
- 35:58début 2026,
- 35:59sur l'arrêt des colorants aux États-Unis ?
- 36:01Ou est-ce que ça fait plus longtemps et dans ce cas-là,
- 36:03on peut dire que ce n'est pas vraiment dû à la réglementation américaine ?
- 36:07Alors ça,
- 36:08je serais moins à l'aise pour répondre.
- 36:11C'est vrai que ce n'est pas un sujet qu'on traite si souvent que ça.
- 36:15Par exemple,
- 36:15dans des demandes d'études,
- 36:16missions de conseil.
- 36:21Donc...
- 36:23Oui,
- 36:24on voit quand même que c'est une tendance d'innovation qui se poursuit avec des annonces assez récurrentes,
- 36:32régulièrement.
- 36:34Mais je ne saurais pas dire si c'est poussé plus par des actualités très récentes ou autres.
- 36:40D'accord,
- 36:42ok.
- 36:42Est-ce que vous travaillez aussi avec les territoires d'outre-mer par hasard ?
- 36:46Ou est-ce qu'il y a un pôle de compétitivité qui travaille avec les territoires d'outre-mer ?
- 36:49Parce que nous,
- 36:49clairement,
- 36:50les territoires d'outre-mer,
- 36:51pour nous,
- 36:52c'est...
- 36:52Eux qui complètent notre palette de plantes tinctoriales,
- 36:55notre palette de couleurs,
- 36:56on va dire,
- 36:57par rapport à tous leurs bois tropicaux,
- 36:59leurs plantes incroyables,
- 37:00etc.
- 37:01On essaye de beaucoup travailler avec eux.
- 37:02Est-ce qu'il y a des pôles de compétitivité ?
- 37:05Je ne sais pas si vous en connaissez,
- 37:06s'il y a des gens chez qui on pourrait,
- 37:08pareil,
- 37:09enregistrer un épisode pour voir ce qui se passe pour les territoires d'Outre-mer.
- 37:14Oui,
- 37:14alors il y avait le pôle
- 37:16Cagny-Tropique qui était un peu l'équivalent,
- 37:19le pendant de...
- 37:22de B4C à La Réunion,
- 37:24sur la bioéconomie tropicale.
- 37:27C'est très probable qu'ils aient des activités sur ces sujets-là.
- 37:33Je connais moins sur le territoire d'outre-mer.
- 37:39Ok.
- 37:40Est-ce que les biotech,
- 37:41c'est vraiment la majorité des projets où,
- 37:44en fait,
- 37:45il y a un vrai équilibre entre des ressources,
- 37:48des biodéchets,
- 37:49des coproduits et la biotech ?
- 37:51où aujourd'hui,
- 37:52c'est quand même vachement la biotech qui tient la couverture ?
- 37:55C'est vraiment très équilibré.
- 37:56Et c'est vrai que,
- 37:57quand on trace un peu l'historique des biotechnologies industrielles sur les 20 dernières années,
- 38:04le potentiel transformateur des biotech n'a pas forcément été...
- 38:10Ce qui était annoncé,
- 38:11il y a un décalage clair par rapport à la réalité aujourd'hui.
- 38:15Son caricature,
- 38:16il y a une vingtaine d'années...
- 38:18ou de cabinets de conseil ou autres étaient très optimistes sur le potentiel de déploiement des biotech.
- 38:23C'était un peu le discours,
- 38:24on va sauver le monde avec les biotechnologies industrielles.
- 38:27Et c'est vrai que la réalité aujourd'hui,
- 38:29c'est plus que les applications majeures,
- 38:33c'est beaucoup pour les biocarburants en termes de volume,
- 38:39de l'éthanol,
- 38:40des acides aminés.
- 38:43tout petit peu de chimie de commodité,
- 38:45mais sinon,
- 38:47ça reste sur des marchés à très haute valeur ajoutée,
- 38:50plutôt pour faire des antibiotiques,
- 38:53des vitamines,
- 38:55des enzymes,
- 38:57mais très peu sur des marchés de commodité parce qu'on n'a pas les gains,
- 39:02les coûts de production restent souvent assez prohibitifs pour imaginer concurrencer des molécules sur des marchés à gros volumes et faibles valeurs.
- 39:14En gros,
- 39:14ce que je comprends,
- 39:15c'est qu'il y a eu quand même beaucoup de volume en euros alloués pour les biotech et pas forcément de transformation à la fin des comptes.
- 39:23Pas autant qu'attendu.
- 39:25Ou des transformations en cosmétique,
- 39:27par exemple.
- 39:30C'est un peu au moteur de la biotech aujourd'hui.
- 39:33Ça reste quand même pour les applications cosmétiques,
- 39:35ultra-sotiques ou vraiment des applications de spécialité en alimentaire,
- 39:40par exemple.
- 39:43Mais oui,
- 39:44ça n'a pas eu le potentiel transformateur de l'économie comme ce qu'on en attendait au départ.
- 39:49Et alors attention,
- 39:50du coup,
- 39:51je vais poser la question parce que je sais que j'ai des auditeurs qui vont me dire « T'aurais dû la poser,
- 39:54c'est tout cet argent qui a été mis pour les biotech,
- 39:57etc.
- 39:59Qui choisit de mettre...
- 40:02Est-ce que c'est l'État qui décide d'allouer des enveloppes pour les start-up,
- 40:06pour la biotech,
- 40:06etc. ? »
- 40:07En fait,
- 40:08ma question derrière,
- 40:09c'est,
- 40:10par exemple,
- 40:10nous,
- 40:10sur les couleurs végétales.
- 40:12on aurait besoin de recherche.
- 40:14On a de plus en plus de chercheurs qui s'y penchent puisqu'on s'est rendu compte que couleur végétale et bioactivité,
- 40:19c'était lié.
- 40:20On s'est rendu compte qu'il y avait quand même des choses qui fonctionnaient,
- 40:23qu'on a quand même pris du temps pour lever les préjugés qui nous collaient à la peau.
- 40:27Ce que je veux dire,
- 40:28c'est avec tout l'argent qui a été mis dans les biotech,
- 40:32je pense qu'on aurait pu aussi avancer,
- 40:33nous,
- 40:34en parallèle sur les couleurs végétales,
- 40:36sur des sujets très praticaux.
- 40:38Ma question,
- 40:38c'est comment est allouée justement ces...
- 40:41ces appels à projets,
- 40:42ces subventions,
- 40:43et comment on pourrait,
- 40:45nous,
- 40:46donc toute notre communauté,
- 40:48on est quand même plus de 1200 en France,
- 40:50tout confondu,
- 40:51comment on pourrait,
- 40:52nous,
- 40:53obtenir des subventions ou des aides ?
- 40:57Est-ce qu'on rentre,
- 40:58clairement,
- 40:58nous,
- 40:58dans la bioéconomie ou non ?
- 41:00Et comment,
- 41:01en fait,
- 41:01on pourrait être aidé ?
- 41:03Parce qu'il y a des recherches sur les solidités,
- 41:05des recherches sur certaines plantes tectoriales qu'on ne peut pas se payer individuellement,
- 41:10mais...
- 41:10Comment on pourrait faire collectivement ?
- 41:12C'est une question complexe parce que...
- 41:14Elle n'était pas prévue celle-là.
- 41:16La question des budgets de recherche,
- 41:19quelle sorte de projet sont financés,
- 41:21sur quel sujet,
- 41:22c'est une volonté politique aussi.
- 41:26Par exemple,
- 41:26dans la biotech,
- 41:27ce qui a été énormément poussé au début des années 2000 jusqu'à 2015 à peu près,
- 41:32c'était les applications biocarburants par exemple.
- 41:35On a travaillé sur...
- 41:36Le CEA,
- 41:37par exemple,
- 41:37à Kadarach,
- 41:38avait des projets d'ampleur énorme pour essayer de développer des biocarburants à base de microalques,
- 41:43par exemple.
- 41:44Et puis,
- 41:45parce qu'il y avait des enjeux derrière de souveraineté énergétique,
- 41:49les espoirs sont un peu retombés là-dessus.
- 41:51Donc maintenant,
- 41:52on se concentre plutôt sur des marchés de spécialité.
- 41:55Et alors,
- 41:56c'est quoi cette volonté politique ?
- 41:57Elle est portée,
- 41:58alors sans jugement de quoi que ce soit,
- 42:00mais est-ce qu'elle est portée par des lobbies,
- 42:02des gens qui ont de l'argent et qui,
- 42:03du coup,
- 42:03arrivent à mobiliser les pouvoirs publics en disant « si,
- 42:06si,
- 42:08c'est prometteur » ?
- 42:08Ou est-ce que,
- 42:09je ne sais pas,
- 42:09c'est des pétitions qui sont lancées et on se dit « allez,
- 42:12tout sur la biotech » .
- 42:13En fait,
- 42:13moi,
- 42:13j'aimerais comprendre comment nous,
- 42:15on pourrait sortir du bois,
- 42:16entre guillemets,
- 42:17comment on pourrait dire que nous,
- 42:19on a des applications concrètes.
- 42:21je viens d'y repenser après,
- 42:22mais par exemple,
- 42:23les feuilles d'artichaut en Bretagne.
- 42:25qui sont jetés,
- 42:26puisqu'on ne mange que la fleur,
- 42:27qu'on ne mange que l'artichaut,
- 42:29on a trouvé qu'il y avait un jaune solide à l'intérieur.
- 42:32Je fais un petit clin d'œil à Michel Garcia.
- 42:35Comment on pourrait,
- 42:36nous,
- 42:37avoir plus de parts de voix et montrer que concrètement,
- 42:40on a des applications,
- 42:41on valorise déjà plein de choses,
- 42:44mais en fait,
- 42:45on n'est pas audibles.
- 42:46C'est ça ma problématique et ma question en même temps.
- 42:49Oui,
- 42:51c'est ce que je déploie un peu aussi.
- 42:55Ou alors c'est jugé pas sexy comme débouché par rapport aux priorités du moment.
- 43:00On voit l'argent qui est investi dans l'intelligence artificielle,
- 43:03etc.
- 43:06Ce qui peut faire mouche quand même,
- 43:08c'est d'insister sur des enjeux de relocalisation,
- 43:12de souveraineté.
- 43:14Pour moi,
- 43:14c'est un peu l'argument,
- 43:17par exemple,
- 43:17de bénéfice environnemental seul.
- 43:19L'argument,
- 43:19malheureusement,
- 43:20il n'est plus suffisant.
- 43:21Parce que juste pour vous dire,
- 43:22que ce soit pas sexy,
- 43:23ça je l'entends.
- 43:24Il y a un gros travail à faire pour rendre ça sexy.
- 43:26Et il y a plein d'artistes,
- 43:28plein d'artisans,
- 43:28plein d'entreprises,
- 43:29plein de chercheurs qui bossent là-dessus.
- 43:31Que ce soit dans la relocalisation,
- 43:33en fait,
- 43:34on est complètement ancré dans le territoire.
- 43:36Nous,
- 43:36on a réussi à faire une cartographie des acteurs par région.
- 43:40Donc,
- 43:41même des mini-filières qui se font par région.
- 43:43Donc,
- 43:43on est vraiment ancré territoire.
- 43:45Souveraineté,
- 43:46c'est ce qu'on porte.
- 43:46On se dit,
- 43:47nous,
- 43:48notre souhait,
- 43:48c'est de...
- 43:49Alors,
- 43:49on sait que ça ne remplacera pas les colorants de synthèse.
- 43:52On est lucide.
- 43:54On sait que la biotech,
- 43:55pour nous,
- 43:55on ne la voit pas comme un ennemi,
- 43:57mais comme une solution plutôt grande échelle,
- 44:00et nous plutôt moyenne petite échelle.
- 44:02Donc ça,
- 44:02dans nos têtes,
- 44:03c'est clair.
- 44:05Mon objectif est le même,
- 44:06c'est-à-dire retrouver de la souveraineté sur la couleur du vivant.
- 44:11Ce que je n'arrive pas à comprendre,
- 44:13c'est que,
- 44:13pareil,
- 44:14on a plein d'arguments environnementaux,
- 44:16notamment comme on est des plantes cultivées,
- 44:19qu'elles stockent du carbone,
- 44:20qu'elles augmentent la biodiversité.
- 44:22que ce sont des plantes rares,
- 44:24qui ne nécessitent pas.
- 44:24Rares dans le sens,
- 44:25ce n'est pas très connu,
- 44:27mais ça pousse sur des sols qui ne sont pas en compétition avec des sols agricoles pour la bouffe.
- 44:32Et je me dis,
- 44:32mais tous ces arguments-là,
- 44:35en fait,
- 44:35on n'est pas audibles,
- 44:37pas visibles,
- 44:38pas entendus.
- 44:41C'est mon petit coup de gueule.
- 44:42Mais donc,
- 44:43du coup,
- 44:43je ne sais pas,
- 44:44qu'est-ce qu'on pourrait faire ?
- 44:47Qui il faudrait aller voir ?
- 44:48Est-ce qu'il faut contacter l'ADEME ?
- 44:49Est-ce qu'il faut aller faire des présentations ?
- 44:52Je ne sais où.
- 44:52Qu'est-ce qu'il faut faire,
- 44:53selon vous ?
- 44:55Alors,
- 44:55je ne suis pas forcément expert sur ces sujets-là d'influence,
- 44:59de lobbying.
- 45:02Je pense que l'ADEME,
- 45:04par exemple,
- 45:04peut être un bon porte-voix.
- 45:10Même si on voit en ce moment aussi que l'agence est menacée par des discours rationnels,
- 45:15qui nous donnent de l'efficacité,
- 45:17des moyens mis en place par l'ADEME,
- 45:19etc.
- 45:19C'est un peu dramatique,
- 45:21je trouve.
- 45:22Mais pourtant,
- 45:22ils font un travail qui est colossal d'appel à projets sur le développement des filières biosourcées,
- 45:31en insistant sur les bénéfices environnementaux.
- 45:33Ils sont très sensibles aussi à justement le...
- 45:37au fait qu'il n'y ait pas de concurrence d'usage par rapport à l'alimentaire,
- 45:41les enjeux environnementaux globalement derrière ces projets.
- 45:47Donc ça peut être un bon porte-voix,
- 45:50je pense.
- 45:52Je vais essayer.
- 45:53En tout cas,
- 45:53ce n'était pas prévu tous ces coups de gueule,
- 45:55mais est-ce que vous avez des livres que vous recommanderiez sur la bioéconomie,
- 45:59la biotech ?
- 46:00Est-ce que vous,
- 46:00vous avez même des ressources dans votre entreprise ?
- 46:05qui sont consultables pour les gens qui veulent creuser ou pour aller plus loin ?
- 46:11Alors,
- 46:12sur la bioéconomie en elle-même,
- 46:14il n'y a pas tant que ça de littérature,
- 46:16enfin en tout cas grand public.
- 46:19Moi,
- 46:20ce que je conseillerais,
- 46:20c'est les lectures de chercheurs ou de spécialistes en économie écologique.
- 46:26Un de ceux qui m'a le plus marqué dans les dernières années,
- 46:29c'était « Ralentir ou périr »
- 46:30de Timothée Parry.
- 46:32Donc ça,
- 46:33c'est un pas de côté,
- 46:33mais plutôt sur les...
- 46:35l'impératif de la post-croissance et l'incompatibilité de la poursuite de croissance continue d'économie avec le respect de l'économie planétaire.
- 46:47Sur les questions un peu plus liées avec la nature et de bio-inspiration,
- 46:52etc.
- 46:53Le dernier ouvrage de Marc-André Sélos,
- 46:55j'ai trouvé passionnant aussi.
- 46:58Alors,
- 46:58il avait écrit déjà sur les tannins,
- 47:00sur les sols.
- 47:00Oui,
- 47:00on l'a reçu pour ça,
- 47:02on l'a reçu pour les tannins.
- 47:04Donc vraiment des bibles en termes scientifiques pour comprendre les sujets.
- 47:09Et là,
- 47:09son dernier,
- 47:09c'est Nature et préjugés.
- 47:12C'est plutôt déconstruire les préjugés qu'on peut avoir et l'anthropomorphisme aussi.
- 47:18Enfin,
- 47:20le fait qu'en étant anthropocentré,
- 47:22on comprend mal les mécanismes de la nature.
- 47:26Voilà,
- 47:26donc c'est des discussions que je trouve assez passionnantes.
- 47:30Carrément.
- 47:31On va voir si on peut pas le réinviter pour celui-là.
- 47:33Faudrait que je lise d'abord.
- 47:35Est-ce que vous avez dans votre pôle de compétitivité des projets ?
- 47:41C'est quoi la suite pour vous ?
- 47:45Sur quoi vous allez mettre l'accent chez B4C pour la suite ?
- 47:50Est-ce qu'il y a une grande thématique,
- 47:53un grand sujet ?
- 47:56Non,
- 47:57dans le sens où on accompagne l'ensemble des projets pour valoriser des biomasses.
- 48:04que quels que soient les marchés aussi.
- 48:06Donc,
- 48:06on travaille vraiment sur tous les sujets à la fois.
- 48:09Sur la partie un peu plus conseil,
- 48:10sur les exemples de missions récentes,
- 48:12mais qui m'intéressent et j'espère en prendre de plus en plus d'ampleur,
- 48:17c'est sur la construction de filières et de chaînes de valeur,
- 48:21filières d'approvisionnement responsables en matière première biosourcée.
- 48:25Et donc,
- 48:26ça passe par notamment la mise en place en amont de pratiques agricoles régénératrices.
- 48:35de revenir à un sens agronomique en quelque sorte,
- 48:38pouvoir stocker plus de carbone dans les sols,
- 48:41améliorer la biodiversité des sols et maximiser les services écosystémiques,
- 48:45aussi réduire l'usage des produits phytosanitaires.
- 48:49Et ça,
- 48:49on voit qu'on a de plus en plus de sujets autour de ça,
- 48:52ça devient enfin une préoccupation.
- 48:54Je pense qu'on ne pourra pas faire de bioéconomie soutenable sans se soucier davantage des modèles agricoles en amont.
- 49:01Du coup,
- 49:03Moi,
- 49:03c'était mon démarrage.
- 49:04Je suis un Géagro à la base et donc j'ai d'abord été chercher les agris,
- 49:09comprendre,
- 49:10m'intéresser,
- 49:12creuser,
- 49:12etc.
- 49:12Et aujourd'hui,
- 49:13on est peut-être une quarantaine d'agriculteurs connus parce qu'on a une toute petite filière.
- 49:18Mais finalement,
- 49:19on voit qu'on touche un peu partout et finalement,
- 49:21il y a quand même pas mal d'acteurs.
- 49:22Bref,
- 49:23il faut qu'on se batte,
- 49:24il faut qu'on se rende sexy et audible.
- 49:26J'irai taper à la porte de l'ADEME pour voir comment on peut avancer.
- 49:30Est-ce que vous avez des sujets,
- 49:32Pierre-Louis,
- 49:33qu'on n'a pas abordés sur la bioéconomie,
- 49:35sur le travail de B4C que vous voulez rappeler ici ?
- 49:39Parce que je sais que comme on part dans une conversation,
- 49:42des fois on oublie des choses.
- 49:45Est-ce qu'il y a quelque chose que vous aimeriez appuyer ou sur lequel vous voudriez insister ?
- 49:51Non,
- 49:51peut-être simplement rappeler que la bioéconomie,
- 49:54même si j'expliquais que c'est un concept au début qui était plutôt scientifique,
- 49:59porté par les économistes,
- 50:00aujourd'hui quand même ça se transcrit dans la société par la mise en place de stratégies dédiées.
- 50:06Donc en France par exemple,
- 50:07il y a une stratégie en matière de bioéconomie et à l'échelle de l'Union européenne,
- 50:11là encore la Commission européenne a publié la version actualisée de la stratégie de bioéconomie européenne.
- 50:17Donc c'est un concept quand même qui prend de l'ampleur.
- 50:20et qui s'articulent de mieux en mieux,
- 50:23même si ça reste encore insuffisant,
- 50:24avec les stratégies en matière de climat,
- 50:26de biodiversité.
- 50:27Parce qu'évidemment,
- 50:28il y a des synergies à toutes les étapes.
- 50:34L'avenir de la bioéconomie dépend vraiment de la capacité à gérer de manière parcimonieuse et durable la ressource en biomasse,
- 50:40ce qui n'est pas illimité du tout.
- 50:42Et aujourd'hui,
- 50:43c'est un gros travail,
- 50:44notamment,
- 50:44qui est mené par l'ADEME aussi,
- 50:45de réussir à faire des études.
- 50:47plus fines de bouclage de la biomasse pour savoir si on pourra avoir assez de biomasse pour nourrir tous les usagers.
- 50:54Et donc ça crée la question aussi des hiérarchies des usages,
- 50:58de revoir les priorités entre ce qu'on dédie par exemple pour l'alimentation animale,
- 51:03ce qu'on dédie pour les biocarburants versus ce qui pourrait servir pour des filières d'avenir et importantes en fait.
- 51:11Et du coup ça me fait penser à un sujet,
- 51:13les plantes envahissantes.
- 51:15Vous avez regardé ça un petit peu,
- 51:16les plantes envahissantes terrestres ou dans les zones aquatiques ?
- 51:21En fait,
- 51:22je sais qu'il y a eu plusieurs tests d'extraire de la couleur de ces plantes aussi.
- 51:26Je crois qu'il y a 100 plantes envahissantes,
- 51:29une centaine de plantes envahissantes reconnues en France.
- 51:32Je n'ai plus le chiffre,
- 51:33mais je sais que je l'avais regardé il y a quelques temps.
- 51:37Ça rentre dans les biomasses,
- 51:38les quantités qu'il y a,
- 51:40même le jeûner sur les autoroutes.
- 51:42Je ne sais pas si vous êtes au courant de ce projet,
- 51:44ils ramassent les genets sur les autoroutes pour en faire de la fibre et de la couleur.
- 51:49D'accord,
- 51:49je ne savais pas.
- 51:50C'est ce type-là aussi ?
- 51:53Oui,
- 51:53et c'est des modèles qui peuvent être intéressants justement aussi en innovation.
- 51:58Bon,
- 51:58il y a de quoi faire.
- 52:00C'est ça la conclusion.
- 52:01Bon,
- 52:02écoutez,
- 52:03si c'est bon pour vous,
- 52:04Pierre-Louis,
- 52:05je n'ai plus qu'à vous remercier de nous avoir posé les bases et d'avoir échangé.
- 52:10sur ces sujets.
- 52:11Je vois qu'on a,
- 52:11nous aussi,
- 52:12du boulot à faire,
- 52:13mais que
- 52:14Bioéconomie, c'est quand même porteur d'espoir,
- 52:17en tout cas,
- 52:18pour la suite.
- 52:18Merci beaucoup.
- 52:19Merci à vous.
- 52:20Merci beaucoup.
- 52:24Merci pour votre écoute.
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