Latest / Québécois et Canadien / Valérie Lapointe Gagnon : Le bilinguisme au Canada
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:01Canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Valérie Lapoint -Gagnon,
- 0:06professeure d 'histoire au campus Saint -Jean
- 0:08à l 'Université d 'Alberta. On a discuté notamment
- 0:11de l 'histoire du bilinguisme au Canada et de
- 0:13la loi sur les langues officielles. Bon épisode!
- 0:27Valérie Lapoint -Gagnon, bonjour. Bonjour. Merci
- 0:29d 'avoir accepté l 'invitation. Ça fait plaisir.
- 0:31Est -ce que c 'est correct si on suit soi? Oui.
- 0:33Parfait. Il n 'y a pas de problème. Alors, considérant
- 0:37ton expertise un peu au niveau du bilinguisme
- 0:39et de l 'histoire du Canada et de son bilinguisme,
- 0:41j 'aimerais commencer par la question suivante.
- 0:43Est -ce que le Canada a toujours été bilingue?
- 0:46Est -ce que le Canada a toujours été bilingue?
- 0:47C 'est une grande question, mais la réponse,
- 0:49c 'est non. Le Canada n 'a pas toujours été officiellement
- 0:52bilingue parce que si on remonte à la création
- 0:55du Canada, à 1867, c 'est quoi les protections
- 0:59pour le français? C 'est quoi les protections
- 1:01pour le bilinguisme? Il y en a très peu, hein?
- 1:03On a l 'article 133 qui protège le bilinguisme
- 1:07au Parlement, aux tribunaux qui en découlent,
- 1:10puis... Pour le Québec. Oui, exactement, pour
- 1:12le Québec. Puis on a l 'article 93 sur... écoles
- 1:16séparées, mais même là, c 'est pas la langue
- 1:18qu 'on protège, c 'est la religion, c 'est les
- 1:20écoles catholiques et protestantes. Et quand
- 1:22on regarde ce qui va se passer par la suite avec
- 1:25toutes les lois qu 'on va voir être passées dans
- 1:28les provinces pour réduire l 'enseignement catholique
- 1:30et français, mais on se rend compte que l 'article
- 1:3393 n 'a pas été efficace pour protéger l 'éducation
- 1:38en français parce que les crises scolaires vont
- 1:40balayer le pays d 'un océan à l 'autre, puis
- 1:43l 'éducation en français, sauf au Québec, va
- 1:46être réduite à presque rien. Les francophones
- 1:49vont tout de suite devoir se battre. on y croit.
- 1:53Si on regarde un des pères de la Fédération canadienne,
- 1:57George -Etienne Cartier, lui, il y croit. à la
- 2:00présence du français au Canada. Mais c 'est sûr
- 2:03qu 'il va prêcher pour le principe de fédéralisme
- 2:06parce qu 'au sein d 'une province, le Québec,
- 2:09bien là, il va avoir le contrôle sur des éléments
- 2:12essentiels comme l 'éducation, comme la culture,
- 2:15pour faire en sorte que le français continue
- 2:17de vivre. Mais à l 'extérieur du Québec qui,
- 2:21à l 'origine, est bilingue... Il y a très peu
- 2:24de protection pour les francophones. Et quand
- 2:27on regarde aussi qui était assis à la table,
- 2:29qui sont les pères de la Fédération canadienne,
- 2:32bien, il y a des exclus. Évidemment, les Premières
- 2:34Nations n 'y sont pas, mais les Acadiens ne sont
- 2:37pas là, les francophones du reste du pays ne
- 2:41sont pas là. Et même s 'il y a une vie en français
- 2:44qui se fait ailleurs, il y a tellement peu de
- 2:46protection qu 'on ne peut pas parler de bilinguisme
- 2:49officiel avant la Loi sur les langues officielles
- 2:51de 1960. Puis, Carter va faire confiance au Fair
- 2:55Play britannique pour le maintien d 'une certaine
- 2:58diversité linguistique. Mais c 'est pas du tout
- 3:01ça qui va arriver et ce qu 'on va voir, c 'est
- 3:03plutôt ce sentiment de supériorité britannique
- 3:07qui va s 'affirmer et qui va passer comme un
- 3:09rouleau compresseur sur toute forme de diversité.
- 3:13Puis on va vouloir qu 'il y ait une seule langue
- 3:16qui domine l 'anglais, une seule religion, le
- 3:18protestantisme, et toute autre langue, toute
- 3:23autre culture va être vue comme étant inférieure
- 3:26et éventuellement à éliminer. C 'est particulier
- 3:30parce que quand on regarde, je suis pas un grand
- 3:33spécialiste de 1867 d 'histoire en général, je
- 3:36pense que c 'est des gens qui consacrent leur
- 3:38vie, qui en connaissent plus que moi, mais les
- 3:41discussions qu 'ils ont eu autour du modèle fédératif
- 3:43par exemple en 1867, il y avait une volonté je
- 3:46pense de quartier d 'avoir un modèle fédératif
- 3:48pour assurer une protection du français via le
- 3:51Québec. Mais il y avait une volonté aussi des
- 3:56gens comme McDonald puis d 'autres de dire ben
- 3:58non, on va avoir un état unitaire comme si on
- 3:59pourrait imposer notre volonté et éventuellement
- 4:01assimiler les francophones puis même... À l 'époque,
- 4:05je pense que les rouges s 'étaient opposés aux
- 4:07projets. Ah oui, avec Antoine et Médorion. C
- 4:10'est un projet d 'assimilation, essentiellement.
- 4:12Un projet élitiste, les discussions tellement
- 4:15importantes qui se passent derrière des portes
- 4:17closes, dans des conférences fastueuses où le
- 4:20commun des mortels n 'est pas le bienvenu. Donc
- 4:23évidemment, dès le départ, il y a des critiques
- 4:25de ce qui est en train de se passer. Puis c 'est
- 4:27sûr que l 'artisan principal, c 'est Johnny McDonald,
- 4:32c 'est lui qui rédige... les principaux articles
- 4:35de ce qui va devenir notre Constitution. Puis
- 4:37lui, il ne croit pas aux principes fédératifs.
- 4:40Il veut vraiment une union très forte, très centralisée.
- 4:44Le pouvoir doit appartenir au gouvernement central
- 4:46et non aux provinces. Et c 'est là qu 'on va
- 4:49créer des compétences comme la compétence de
- 4:53désaveu pour faire en sorte que le gouvernement
- 4:57fédéral puisse invalider des lois provinciales.
- 5:01Donc, on garde des éléments... centralisateur
- 5:05des outils qu 'on va pouvoir utiliser par la
- 5:08suite. Je pense que l 'histoire leur a un peu
- 5:11joué un tour parce qu 'on le voit je pense dans
- 5:14les discours que MacDonald faisait à la communauté
- 5:16anglophone à l 'époque. La fédération c 'était
- 5:19comme une théorie, ils ne pensaient pas que ça
- 5:21allait avoir une application pratique, puis dans
- 5:22les faits il y a vraiment eu une décentralisation
- 5:25des pouvoirs, enfin une répartition des pouvoirs.
- 5:27Il y a quand même un certain niveau de pouvoir
- 5:28qui sont concentrés à Ottawa. Il y a eu une division
- 5:32des pouvoirs qui a été appliquée par les tribunaux
- 5:34à travers le temps. Je ne pense pas que c 'était
- 5:36ça qui était anticipé. Je pense qu 'on se disait,
- 5:38on va lui donner sa fédération, puis dans les
- 5:40faits, on va juste tout faire à Ottawa. Fait
- 5:42que les tribunaux ont, comme un joueur, un tour
- 5:44à ce niveau -là. Oui, mais les tribunaux ont
- 5:46pas toujours été efficaces, par contre, pour
- 5:48protéger les droits des francophones. Parce que
- 5:50si on revient à ce qui s 'est passé au lendemain
- 5:53de 1867, bien, du côté du Nouveau -Brunswick,
- 5:55on va avoir la loi King qui va, elle, faire en
- 5:59sorte de brimer l 'éducation catholique et francophone.
- 6:04Ça va créer tout un émoi. Puis c 'est pas juste
- 6:06au Nouveau -Brunswick que ça va se passer. À
- 6:08peu près dans toutes les provinces, on va avoir
- 6:09des lois qui vont... réduire l 'éducation en
- 6:13français, puis quand les francophones vont se
- 6:15tourner vers les tribunaux pour les protéger.
- 6:18Mais ça va être complètement inefficace. On va
- 6:20le voir en Ontario. On va le voir au Manitoba.
- 6:22Ce qui est intéressant aussi de se rappeler,
- 6:25c 'est que le Manitoba, quand il est créé en
- 6:261870, c 'est une province bilingue. Je pense
- 6:30qu 'il y a quasiment 50 % de francophones à l
- 6:32'époque. Est -ce qu 'il y a une proportion quand
- 6:33même significative? Je ne sais pas si c 'est
- 6:35quoi le pourcentage exact. Je n 'ai pas le pourcentage
- 6:37exact en tête. Je ne suis pas certaine que c
- 6:39'est 50 %. Ce serait à vérifier. Mais... les
- 6:43Métis, la communauté Métis à l 'époque s 'est
- 6:45battue fermement pour ne pas que l 'anglais soit
- 6:49dominant. Donc, on va reproduire un peu les protections
- 6:53constitutionnelles qu 'on a au Québec. La loi
- 6:56de création du Manitoba ressemble un peu à ce
- 6:58qu 'on a fait pour le Québec. Et là, on pensait
- 7:00qu 'on était en sécurité. Là, c 'est dans la
- 7:03loi de la création de la province. Mais non,
- 7:0620 ans plus tard, on arrive en 1890 avec une
- 7:10loi qui va faire de l 'anglais la langue principale.
- 7:12la langue officielle du Manitoba et ont reni
- 7:15la loi de 1870. Bon, plus tard dans les années
- 7:1970, les tribunaux vont montrer que la loi de
- 7:211890 n 'était pas constitutionnelle, mais entre
- 7:25-temps, il y a tellement de dommages qui ont
- 7:27été faits, puis le français a perdu sa légitimité,
- 7:31a perdu aussi de crédibilité dans l 'espace public.
- 7:35Donc, ça va devenir une langue de l 'espace privé,
- 7:37ça va devenir la langue qu 'on peut parler à
- 7:40l 'église, qu 'on peut parler avec... la famille,
- 7:43mais dans le domaine d 'éducation, dans le domaine
- 7:44politique, ça se referme énormément. Donc on
- 7:48a un déclassement de la francophonie qui se fait
- 7:52dès le lendemain de 1867. Puis c 'est ça, moi
- 7:55je me souviens qu 'il y avait une décision, quand
- 7:57j 'étais étudiant en droit, qu 'on avait vu,
- 7:58qui était une décision quand même assez récente,
- 8:00le 20e siècle, où quelqu 'un avait eu une infraction
- 8:03de la route. Puis là, c 'était rendu, je pense,
- 8:05jusqu 'à la Cour suprême pour invalider toutes
- 8:06les lois du Manitoba en disant que... Oui, c
- 8:09'est l 'affaire forêt. C 'est ça qui devait être
- 8:11bilingue depuis sa constitution, puis qui avait
- 8:13juste décidé d 'ignorer. Donc, finalement, je
- 8:15pense qu 'il y a un exercice de réécriture. Parce
- 8:16qu 'en ce moment, les provinces bilingues, il
- 8:19y a le Manitoba dans son acte de création, sur
- 8:22papier, là. Et il y a le Nouveau -Brunswick qui
- 8:25a demandé à avoir un statut bilingue. Oui, dans
- 8:27le sillage de la Commission royale d 'enquête
- 8:29sur le bilinguisme et le culturelisme. Exact.
- 8:31Et le Québec... Et à cause de 133, essentiellement
- 8:35une province blingue. Je pense que nous, comme
- 8:37Québécois, on s 'est affirmé comme une province,
- 8:39une langue francophone. Oui, c 'était nécessaire
- 8:41dans l 'espace nord -américain avec la force
- 8:45de l 'anglais. T 'as pas le choix d 'avoir des
- 8:49îlots d 'unilinguisme pour préserver le bilinguisme.
- 8:52C 'est un peu aussi un des constats de la Commission
- 8:54royale d 'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.
- 8:57Le bilinguisme, avec des forces aussi variables
- 8:59entre les deux langues officielles, ne peut pas
- 9:02vivre sans espace très, très fort d 'unilinguisme
- 9:06des poches de français. Le Québec, c 'est une
- 9:07immense poche de français, mais ça en prend d
- 9:10'autres ailleurs pour que les deux langues puissent
- 9:14continuer de coexister. On m 'en parlait bientôt
- 9:17de la Commission royale. Je pense que c 'est
- 9:21un passage... très important, que moi j 'avais
- 9:24pas connaissance, j 'ai appris ça assez récemment.
- 9:27Fait que j 'aimerais juste qu 'on fasse, qu 'on
- 9:28continue d 'attendre ça. Fait que là, en 1870,
- 9:30il y a le Manitoba qui est créé, il y a un engagement
- 9:34de bilinguisme qui est finalement pas respecté.
- 9:36Après ça arrive, bon, au début du 20e siècle,
- 9:391905, puis pas très longtemps après la Saskatchewan.
- 9:421905, les deux. Les deux, OK. Fait qu 'Alberta
- 9:45et Saskatchewan sont créés. Le territoire du
- 9:47Nord -Ouest est un territoire bilingue, mais
- 9:49quand on crée l 'Alberta puis la Saskatchewan,
- 9:52c 'est assez clair dès le début que c 'est une
- 9:53langue anglophone. Pas si clair que ça. Non,
- 9:55c 'est pas si clair que c 'est une langue anglophone.
- 9:57C 'est clair dans l 'esprit des responsables
- 10:01politiques de l 'époque, mais dans la loi...
- 10:04Dans la loi des territoires du Nord -Ouest, on
- 10:06a l 'article 110 de l 'acte des territoires du
- 10:08Nord -Ouest de 1877 qui, lui, reproduit un peu
- 10:13ce qu 'on a fait au Manitoba et au Québec. Il
- 10:15fait en sorte que la législature et les tribunaux
- 10:18qui en découlent sont bilingues. Donc, il y a
- 10:20un bilinguisme officiel dans les territoires
- 10:22du Nord -Ouest et ce bilinguisme -là n 'est pas
- 10:24plaqué. Il existe parce qu 'il y a une vie en
- 10:27français. Il y a des tribunaux qui exercent dans
- 10:32les deux langues. Donc... Cet article 110 -là
- 10:36est important, puis il n 'a pas été abrogé au
- 10:38moment de la création de l 'Alberta et de la
- 10:40Saskatchewan. Mais on le voit, ces droits -là
- 10:45ne vont pas être respectés. Dès la fin du 19e
- 10:47siècle, ces droits -là ne sont plus vraiment
- 10:49respectés. Donc, on a l 'impression qu 'on est
- 10:52dans une province unilingue anglophone, alors
- 10:56qu 'il y a des protections qui auraient dû persister,
- 10:59qu 'on n 'a pas appliquées. J 'ai fait une publication,
- 11:04je disais des passages des politiciens de l 'époque,
- 11:07les années 40, 50, 60. où on parlait justement
- 11:11de la possibilité d 'avoir une commission sur
- 11:13le biculturalisme et le bilinguisme. Et essentiellement,
- 11:16on voyait dans le bilinguisme une tentative du
- 11:20Québec de dominer les provinces de l 'Ouest.
- 11:23C 'est assez... Oui. C 'est vraiment ça. Donc,
- 11:25essentiellement, la logique, c 'est ils veulent
- 11:26nous forcer à apprendre le français pour avoir
- 11:27des avantages commerciaux sur nous. Absolument.
- 11:30On va très vite oublier. On va avoir une amnésie
- 11:32collective très forte. On va très vite oublier
- 11:33que le français... est une langue de l 'Ouest.
- 11:36C 'est la première langue européenne parlée dans
- 11:38l 'Ouest. C 'était la langue du commerce des
- 11:40fourrures pendant très longtemps. Ça va rester
- 11:41une langue d 'affaires pendant plusieurs années.
- 11:44Il y a des experts qui s 'entendent pour dire
- 11:46que le 19e siècle, c 'est l 'âge d 'or du français
- 11:49dans l 'Ouest. Sauf les dernières décennies,
- 11:51peut -être les deux dernières décennies, mais
- 11:52en 1870, avec le gain qu 'on a au Manitoba, avec
- 11:56l 'article 110 des territoires du Nord -Ouest,
- 11:58on a une reconnaissance officielle du français
- 12:00presque dans tout le territoire de l 'Ouest canadien.
- 12:03Mais très vite, on va oublier ça. Et le fait
- 12:06qu 'on va s 'attaquer aussi à l 'école, qu 'on
- 12:09va faire en sorte que les francophones n 'aient
- 12:10plus d 'espace pour éduquer leurs enfants, on
- 12:13va créer une école publique qu 'on veut rassembleuse,
- 12:15mais elle va être assimilatrice. Et dans ces
- 12:18écoles publiques -là, on va pas enseigner l 'histoire
- 12:21de l 'élément francophone, pas du tout. On va
- 12:25enseigner l 'histoire des grandeurs de l 'empire
- 12:27britannique. On va enseigner l 'histoire post
- 12:30-Nouvelle -France. On va enseigner la conquête.
- 12:33Mais tout ce qui est de la richesse du français,
- 12:36de la langue politique, langue de culture, langue
- 12:40des tribunaux, on n 'en parle pas de ça. Donc,
- 12:45les petites Canadiennes, les petits Canadiens
- 12:47qui vont fréquenter cette école -là n 'auront
- 12:50aucune conscience de la présence de ce français
- 12:54-là. Et très rapidement, les francophones vont
- 12:58être assimilés, puis le français va disparaître
- 13:00de l 'espace public. on en vient à penser que
- 13:03c 'est une anomalie dans l 'Ouest canadien et
- 13:06que le seul espace où le français a une légitimité,
- 13:10c 'est au Québec. Et là, quand on arrive dans
- 13:12les années 60 et qu 'on commence à parler sérieusement
- 13:16de faire du Canada un pays officiellement bilingue
- 13:20pour différentes raisons qu 'on pourra explorer...
- 13:23bien, on n 'a pas l 'impression qu 'on doit faire
- 13:27partie de cette conversation -là, parce que pour
- 13:30plusieurs, puis pour les premiers ministres de
- 13:32l 'Alberta notamment, c 'est une tentative de
- 13:35l 'Est de prendre encore plus de contrôle d 'un
- 13:38gouvernement fédéral qui nous méprise, qui nous
- 13:41ignore depuis la création de l 'Alberta. Parce
- 13:43que moi, j 'ai vu ça des passages qui disaient
- 13:45le Canada centre est bilingue, c 'est comme le
- 13:48Canada, le centre est bilingue, mais pas nous.
- 13:53ça ne nous concernait pas. On a complètement
- 13:56oublié ce qui s 'était passé en 1877 quand on
- 14:00a reconnu dans l 'acte des territoires du nord
- 14:02-ouest le français. Donc c 'est un peu... les
- 14:07dommages de cette amnésie collective -là, puis
- 14:10aussi du contexte intellectuel, politique de
- 14:14l 'époque, où on a un empire britannique tellement
- 14:18victorieux qui est un peu sous de ses victoires
- 14:21et qui n 'a pas de considération pour d 'autres
- 14:26cultures, d 'autres langues, puis on se dit,
- 14:28mais quoi de mieux que de donner comme cadeau
- 14:31la langue anglaise à tous, comme langue de communication,
- 14:35comme langue des affaires. parce qu 'on pense
- 14:36que c 'est une langue supérieure en tout. Petite
- 14:39parenthèse, je sais pas si c 'est la réponse.
- 14:41Est -ce qu 'aujourd 'hui, quand on enseigne l
- 14:43'histoire en Alberta puis en Saskatchewan, est
- 14:46-ce que ça commence avec la Nouvelle -France
- 14:47ou on commence directement après la Conquête?
- 14:50On en parle un peu, mais il y a énormément de
- 14:52lacunes. Puis je connais la réponse parce que
- 14:54j 'enseigne cette histoire -là à l 'université,
- 14:58puis... Ce que j 'ai comme commentaire de la
- 15:01part des personnes étudiantes qui suivent mes
- 15:04cours, c 'est pourquoi je n 'ai jamais entendu
- 15:06parler de ça. Pourquoi c 'est la première fois
- 15:09à l 'Université que j 'entends parler de l 'acte
- 15:12des territoires du Nord -Ouest, des droits qui
- 15:13étaient reconnus, des métis qui ont chassé un
- 15:17juge anglophone dans les années 1850 parce qu
- 15:19'ils ne pouvaient pas appliquer la loi dans les
- 15:21deux langues? du fait qu 'on a commandé une presse
- 15:25avec des accents en 1851 pour le conseil d 'Asini
- 15:29Boya dans l 'ouest parce qu 'on avait besoin
- 15:31de rendre les jugements dans les deux langues,
- 15:34pourquoi est -ce que c 'est pas davantage présent
- 15:36dans les programmes d 'études sociales au secondaire
- 15:39puis au primaire? Donc c 'est encore une histoire
- 15:42qui mérite d 'être documentée. Parce que on n
- 15:45'a pas aussi... former un contingent d 'historiens
- 15:49professionnels francophones dans l 'Ouest. On
- 15:52en a eu en eau des polythéologues, des historiens
- 15:54formidables qui ont défriché l 'histoire, mais
- 15:57encore énormément de travail de défrichage à
- 16:00faire, de mise en valeur aussi de ce défrichage
- 16:02-là, de vulgarisation pour que ça se retrouve
- 16:05dans les programmes scolaires. Donc, même s 'il
- 16:07y a eu des améliorations entre le début du 20e
- 16:10siècle et la période d 'aujourd 'hui, ça reste
- 16:13que c 'est encore lacunaire. C 'est particulier
- 16:16parce que moi, ce que j 'ai remarqué à travers
- 16:18le podcast et des lectures personnelles aussi,
- 16:21c 'est à quel point, c 'est un peu le propre
- 16:23d 'avoir une éducation qui est provinciale, c
- 16:27'est à quel point il y a des différences assez
- 16:29importantes. Juste si on regarde l 'histoire
- 16:32du Québec, je pense que dans le cadre de l 'histoire,
- 16:35c 'est correct. qu 'il y a eu beaucoup d 'attention
- 16:37qui s 'est mis là -dessus, mais on met beaucoup
- 16:38d 'attention sur la conquête, par exemple, les
- 16:41impacts, les patriotes, la difficulté que les
- 16:46Canadiens -Français ont eu à s 'affranchir un
- 16:50peu de la couronne britannique. Ça, c 'est très
- 16:53très... On met beaucoup d 'accent là -dessus,
- 16:56puis si vous ne le voulez pas, ça développe tout
- 16:57notre petit sentiment nationaliste de «on s 'est
- 16:59fait avoir» et tout ça. Mais il y a des affaires
- 17:01comme, exemple, la Fontaine Baldwin, le gouvernement
- 17:04responsable, des affaires comme ça qui ne sont
- 17:06pas vraiment abordées, en tout cas qui n 'étaient
- 17:07pas à mon époque là -dedans. Puis également toutes
- 17:11les frustrations que d 'autres provinces canadiennes
- 17:13avaient par rapport à la couronne britannique.
- 17:16Si on regarde l 'abération, je pense que c 'est
- 17:17du Prince -Édouard, qui ont juste comme tiré
- 17:19des terrains à la tripe, les gens n 'étaient
- 17:21même pas prioritaires à leur terre. Puis il y
- 17:24a eu des frustrations en Ontario aussi, un peu
- 17:25partout. C 'est sûr que l 'histoire est... on
- 17:28met une loupe sur une partie de l 'histoire.
- 17:31Puis après ça, même chose si dans l 'Ouest canadien,
- 17:33on fait comme juste négliger le français. Et
- 17:35puis on a l 'impression qu 'on a toujours été
- 17:36anglophone en Alberta, puis qu 'il n 'y a jamais
- 17:38eu de francophones qui ont habité là. Alors qu
- 17:40'il y a des journaux francophones depuis la fin
- 17:42du 19e siècle, il y a des communautés vivantes,
- 17:46il y a des villages francophones, on va avoir
- 17:48des écoles avant qu 'on passe des lois pour les
- 17:52faire fermer. Les écoles vont rester, il va y
- 17:55avoir des écoles francophones, mais ça va être
- 17:56des écoles privées. Donc il va falloir payer
- 17:58à la fois les taxes scolaires pour les francophones,
- 18:01mais repayés par la suite. Donc c 'est pas à
- 18:03la portée de tous d 'avoir... ces écoles -là.
- 18:05Donc l 'enseignement va se faire clandestinement
- 18:08à l 'abri du regard des inspecteurs. Quand l
- 18:12'inspecteur va arriver à l 'école, on va trouver
- 18:14la personne la plus à l 'aise en anglais, puis
- 18:16on va faire en sorte que ce soit elle qui répond
- 18:19aux questions de l 'inspecteur. Donc on va développer
- 18:22plein de trucs de survie. Mais c 'est ça, on
- 18:25est en mode survie très rapidement. On n 'est
- 18:28plus du tout dans le rêve d 'un Henri Bourassa
- 18:30qui a cru qu 'il y aurait du français d 'un océan
- 18:32à l 'autre au XIXe siècle. Bon, là arrive les
- 18:36années 60. Là, je me souviens bien, c 'est Laurent
- 18:40Daud -Dunton, non? Oui, Laurent Daud -Dunton.
- 18:44l 'émergence pas agressive d 'un mouvement souverainiste
- 18:46au Québec. L 'Aurando, à l 'époque, est, je pense,
- 18:50au devoir. Tu dis comme, là, il faudrait faire
- 18:51quelque chose, là. On peut pas laisser ça. Ça
- 18:54va finir par nous monter. Pis visiblement, il
- 18:56y a eu raison. Il y a eu deux référendums par
- 18:58la suite. Mais là, on dit ça. Pearson, si je
- 19:01me rappelle bien, fait une promesse électorale
- 19:03de faire une commission d 'enquête, rentre minoritaire,
- 19:06mais décide de la faire quand même. Rapidement.
- 19:09C 'est quoi cette commission -là, la commission
- 19:11L 'Aurando -Dunton? C 'est une commission royale
- 19:14d 'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.
- 19:17On l 'adoua à André Laurendeau, qui était à l
- 19:19'époque éditorialiste au Devoir, qui voyait la
- 19:23situation aller puis qui se disait, oui, on ne
- 19:26peut pas laisser ça dégénérer. On s 'inquiétait
- 19:29beaucoup dans les milieux intellectuels de l
- 19:31'époque sur la pérennité du projet canadien.
- 19:34Parce qu 'on voyait le premier centenaire arriver,
- 19:361967, puis on se disait... peut -être que le
- 19:40document, le Lac de l 'Amérique du Nord britannique
- 19:42de 1867, ça ne peut plus nous représenter en
- 19:471967. Il y a des faims majeurs, notamment pour
- 19:50la protection du français. On doit réviser ce
- 19:54document -là. André Lorando n 'est pas le seul.
- 19:56Dans les milieux intellectuels anglophones aussi,
- 19:58on a une inquiétude. Il y a des gens Charles
- 20:00Bonenfant aussi qui vont s 'inquiéter, des Léon
- 20:04Dion. Donc, c 'est très clair que... pour plusieurs,
- 20:10il faut passer à l 'action puis réfléchir au
- 20:13Canada qu 'on souhaite se donner, aussi dans
- 20:15le contexte où le Canada est beaucoup plus indépendant
- 20:18qu 'il ne l 'était à l 'origine et plus dans
- 20:22l 'orbite de sa mère patrie. Donc, il doit trouver
- 20:27sa personnalité sur la scène internationale.
- 20:30Puis là, on a Lester B. Pearson qui a gagné le
- 20:32prix Nobel de la paix pour le règlement de la
- 20:35crise du canal de Suez, puis qui se dit... C
- 20:38'est pas très crédible d 'avoir cette réputation
- 20:41-là de gardien de la paix si, au sein même de
- 20:44nos frontières, on a deux communautés qui sont
- 20:48pas capables de cohabiter. Comment faire en sorte
- 20:50que la cohabitation soit plus saine? Comment
- 20:53reconnaître une communauté qui se sent brimée
- 20:56avec raison? Comment rapprocher les éléments
- 21:00anglophones et francophones? Donc ça, c 'est
- 21:03vraiment présent à l 'époque. de plus en plus
- 21:06au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale,
- 21:07on va avoir ces questionnements -là. Puis on
- 21:10a peur aussi pour l 'identité canadienne. On
- 21:13a un voisin à côté de nous qui devient de plus
- 21:17en plus puissant. Après la Deuxième Guerre mondiale.
- 21:19Oui, après la Deuxième Guerre mondiale, puis...
- 21:22aussi l 'impact de la culture états -unienne,
- 21:25on se demande c 'est quoi la nature canadienne,
- 21:28est -ce qu 'on en a même une? Alors que dans
- 21:31les cinémas ce sont des films états -unien qu
- 21:33'on présente à la radio, c 'est des programmes
- 21:36états -unien qu 'on écoute, donc il va avoir
- 21:38toute une réflexion aussi canadienne sur ce qu
- 21:42'est être canadien. Donc tout ça mis ensemble,
- 21:46ça crée un contexte pertinent pour se demander
- 21:49s 'il n 'y aurait pas dans la canadianité un
- 21:52élément comme la francophonie qu 'on devrait
- 21:55mieux connaître et qui nous servirait aussi à
- 21:58l 'international pour nous distinguer et de dire
- 22:01que si on est capable nous de conjuguer avec
- 22:04deux langues, deux cultures. deux langues officielles,
- 22:08bien peut -être qu 'on peut devenir le modèle
- 22:10pour d 'autres nations qui se questionnent aussi
- 22:14sur leur devenir. Donc, André Lorando va toucher
- 22:18à quelque chose, puis il va appeler dans des
- 22:21éditoriaux à la création d 'une enquête sur le
- 22:25bilinguisme. Et Pearson, dès qu 'il va être élu,
- 22:29va donner vie à cette commission -là en 1963.
- 22:33On est en juillet 1963 quand la commission...
- 22:36est créé. Puis, on va mettre ensemble 10 commissaires
- 22:41qui sont supposés représenter la diversité canadienne.
- 22:45Mais à l 'époque, on a une conception de la diversité
- 22:48qui est relativement limitée. Il y a une femme,
- 22:53Gertrude Lengue. Ce ne sera pas toujours facile
- 22:56pour elle d 'être une femme dans cette commission
- 22:59d 'hommes. Elle va souvent même par les médias
- 23:02se faire ramener à sa condition de femme. On
- 23:04lui demande quels sont ses idées sur le bilinguisme,
- 23:08sur le biculturalisme, on lui demande qu 'est
- 23:10-ce que ça fait d 'être une femme dans cette
- 23:12commission -là, mais aussi, mais vous avez abandonné
- 23:15votre mari, comment est -ce même possible de
- 23:19mener cette carrière publique alors que votre
- 23:22mari vous attend à Calgary? Donc, oui, c 'est
- 23:27une autre époque, quoique, des fois, des Rolands
- 23:30de cette époque -là encore aujourd 'hui, c 'est
- 23:34pas toujours... dans certains milieux pour les
- 23:36femmes, mais là, elle était la seule femme, puis
- 23:38évidemment, on n 'est pas non plus de membres
- 23:41des nations autochtones qui sont représentées.
- 23:45La diversité culturelle, elle passe par la nomination
- 23:48d 'un commissaire polonais et d 'un commissaire
- 23:50ukrainien. OK, parce qu 'à l 'époque, j 'imagine,
- 23:52c 'est des grandes communautés. Oui, il va y
- 23:55avoir un gros lobby ukrainien pour faire nommer
- 23:58un commissaire. On va vouloir aussi tout de suite
- 24:00transformer les termes de la commission, passer
- 24:03du biculturalisme au multiculturalisme. Est -ce
- 24:05que c 'est déjà la pression des ukrainiens? En
- 24:08partie, oui. Le lobby ukrainien est très bien
- 24:10organisé. Puis ils veulent aussi une reconnaissance
- 24:15officielle pour leur langue, parce que pour eux,
- 24:17ce sont des pionniers, des défricheurs de l 'Ouest
- 24:19canadien. Ils sont aussi l 'un des peuples fondateurs
- 24:23et à ce titre devraient voir leur langue reconnue
- 24:28officiellement. Est -ce que le bilingue, le multiculturalisme
- 24:32canadien vient de là, essentiellement, ou est
- 24:34-ce que c 'est une idée qui précède? Ça précède
- 24:37la création de la Commission, ça va s 'affirmer
- 24:40pendant la Commission, puis Pierre Trudeau va
- 24:44reprendre ça pour dire, bien nous, ce qu 'il
- 24:45nous représente, c 'est pas l 'idée de biculturalisme,
- 24:49c 'est le multiculturalisme, donc il va se servir
- 24:52de la Commission pour propulser cette idée -là
- 24:55à l 'avant -plan de la scène politique, puis
- 24:58ça va fonctionner. Je viens d 'apprendre quelque
- 25:00chose de plus. Alors, là, les travaux de la Commission,
- 25:04ils font le tour des grandes villes canadiennes.
- 25:06Oui. On parle de quoi? On parle, bien, la première
- 25:10question, parce que c 'est vraiment un épisode
- 25:13de démocratie forte. On va à la rencontre des
- 25:17Canadiennes et des Canadiens. On va rencontrer,
- 25:21oui, les premiers ministres, on va rencontrer
- 25:23des chefs d 'entreprise, tout ça. Mais ce qu
- 25:26'on veut, c 'est sonder les Canadiennes et les
- 25:28Canadiens. Puis la première question dans les
- 25:30assemblées populaires qu 'on va poser, c 'est,
- 25:34Canadien francophone, Canadien anglophone, voulez
- 25:37-vous vivre ensemble? Oui. Et si oui, à quelles
- 25:42conditions? Donc c 'est vraiment ça qu 'on va
- 25:46poser comme question. on va voir les mentalités
- 25:51progressivement évoluer. Ce qu 'on se dit à l
- 25:55'époque, c 'est que le pays est extrêmement vaste,
- 25:58puis on n 'a pas conscience dans l 'Ouest de
- 26:00ce qui est en train de se passer dans l 'Est.
- 26:03Puis dans certaines assemblées, les rencontres
- 26:05régionales qu 'on appelle, dans certaines rencontres
- 26:07régionales, ça va se corser. Au Québec, à Chicoutimi
- 26:11notamment, l 'assemblée va être prise d 'assaut
- 26:15par ce qu 'on appelle à l 'époque les séparatistes.
- 26:18Donc, ils vont empêcher tout le monde de s 'exprimer.
- 26:22Ça va beaucoup marquer l 'imaginaire des commissaires
- 26:24qui vont se dire, mais là, on ne peut pas laisser
- 26:27les choses aller comme ça. Il y a quelque chose,
- 26:30il y a de la tension dans l 'air tellement forte.
- 26:33Il faut alerter le pays et c 'est là qu 'on va
- 26:36publier le rapport préliminaire en 1965 qui va
- 26:40dire que le Canada traverse l 'une des pires
- 26:42crises de son histoire et cette crise -là trouve
- 26:46son origine dans le Québec. du Québec, mais aussi
- 26:50dans un certain provincialisme ambiant qui fait
- 26:53en sorte qu 'on n 'est pas capable de se projeter
- 26:56dans un tout, qu 'on est trop centré sur son
- 26:59petit monde et qu 'on ne pense pas assez à l
- 27:02'unité canadienne. On est essentiellement des
- 27:05gens qui sont nommés par Ottawa pour faire le
- 27:07tour des provinces pour leur dire qu 'ils sont
- 27:08trop provincialistes. Il n 'y a pas juste ça!
- 27:14C 'est plus complexe que ça, mais il y a une
- 27:19volonté de créer un électrochoc, de réveiller
- 27:22les gens, de leur dire... C 'est quoi, non seulement
- 27:26bâtir une identité canadienne, mais respecter
- 27:31mieux les droits des minorités. C 'est ça aussi,
- 27:34le Canada est dysfonctionnel et... Il n 'y a
- 27:39pas de raison que les francophones soient dans
- 27:42la situation dans laquelle ils se retrouvent.
- 27:44On va commander! Ça va être un super laboratoire
- 27:47intellectuel, la Commission Laurendeau -Dunton.
- 27:49Là, on parle de centaines d 'études. On parle
- 27:52d 'historiens, de sociologues, de géographes,
- 27:54de juristes. Toutes les disciplines des sciences
- 27:56humaines et sociales qui commencent vraiment
- 27:58à exploser à l 'époque vont être mobilisées pour
- 28:00trouver des réponses à nos questions. On va envoyer
- 28:03aussi, on va faire des commandes à des économistes
- 28:05et là, les études en économie vont rentrer. Notamment,
- 28:08une étude d 'André Reynaud qui va montrer que
- 28:11les... francophones sont au bas de l 'échelle
- 28:14socio -économique, au niveau du salaire, au niveau
- 28:18des conditions. Donc ça aussi, ça va créer un
- 28:22choc puis de dire, mais il faut renverser cette
- 28:26situation -là et transmettre aussi cette information
- 28:30-là au public, mieux documenter la situation.
- 28:34Le Canada, on connaissait... pas si bien que
- 28:36ça en termes de données, en termes de chiffres.
- 28:40Donc, il y a eu un énorme rattrapage à faire
- 28:43pour créer des données, pour bien comprendre
- 28:46la situation. Puis quand les données vont commencer
- 28:48à arriver, on va voir que le portrait est sombre
- 28:52et qu 'il faut agir vite, sans quoi, bien, l
- 28:56'assimilation va poursuivre son oeuvre, puis
- 28:59le Canada qu 'on souhaite se donner va pas pouvoir
- 29:03exister. Dans le contexte où un des objectifs
- 29:08de la demande de cette commission -là, notamment
- 29:10par M. Leurando, c 'était de pallier la problématique
- 29:15qu 'il voyait avec un mouvement séparatiste qui
- 29:17augmentait. J 'imagine qu 'un rapport d 'enquête
- 29:20sur le multiculturalisme et le bilinguisme national
- 29:23n 'a pas nécessairement fait le travail à ce
- 29:25niveau -là. Comment ça a été reçu par les nationalistes
- 29:29québécois ou les séparatistes québécois? C 'est
- 29:31intéressant de regarder un peu parce que... Comme
- 29:35historienne, je suis allée dans les archives
- 29:36de la Commission. Puis c 'est un peu l 'éléphant
- 29:38qui accouche d 'une souris. La Commission, elle
- 29:40a été bloquée parce que André Lorando va mourir
- 29:44en 1968 alors que les travaux ne sont pas finis.
- 29:47C 'est l 'âme de la Commission. Donc la Commission
- 29:49va se retrouver en déroute. On souhaitait faire
- 29:51un rapport sur des solutions politiques. Puis
- 29:54on le voit dans le premier volume du rapport
- 29:57final, consacré aux langues officielles. Il y
- 30:01a le testament de Lorando là -dedans. Ce sont
- 30:03les pages blanches. elles sont littéralement
- 30:05bleues, dans ce premier volume -là, et on dit
- 30:08que toutes les options sont sur la table. Est
- 30:11-ce que c 'est de créer deux États associés?
- 30:13Est -ce que c 'est un Québec séparé? Est -ce
- 30:16que c 'est de revoir complètement le partage
- 30:19des compétences? Tout est sur la table, mais...
- 30:23de la commission. Il y a eu des blocages au sein
- 30:24de la commission. Ce ne sont pas tous les commissaires
- 30:27qui vont vouloir entreprendre ce régime, ce traitement
- 30:32chocle. Pour le Canada, il y en a, je pense,
- 30:36au commissaire anglo - québécois Frank Scott,
- 30:38qui est un des mentors de Pierre Trudeau, qui,
- 30:41lui, croit en la constitution telle qu 'elle
- 30:44est et qui ne veut pas la transformer de manière
- 30:48fondamentale, alors qu 'on a un loin. Puis on
- 30:53pourrait penser que la ligne de fracture, c 'est
- 30:56entre anglophones et francophones, c 'est pas
- 30:58du tout ça. Là, je mène que les gens à l 'ouest,
- 30:59par exemple, qui viennent prendre un peu plus
- 31:01de décentralisation. Ben oui, puis la commissaire
- 31:03de l 'ouest, Jatrouling, va se ranger du côté
- 31:05d 'André Laurendeau. Pas tant pour la décentralisation
- 31:09de l 'ouest, oui, en partie évidemment, mais
- 31:11parce qu 'elle y croit, elle, au respect des
- 31:15francophones, puis à donner plus de compétences
- 31:18au Québec pour que le Québec se sente plus épanoui
- 31:21dans la fédération. canadienne. Donc c 'est pas
- 31:25entre francophone et anglophone que la ligne
- 31:27de fracture va se faire. Léon Dion parlait de...
- 31:32théoriciens d 'un côté et de l 'autre côté les
- 31:37plus pratiques, qui veulent des réformes mineures,
- 31:41alors que les théoriciens, eux, veulent rentrer
- 31:43dans une réforme beaucoup plus majeure de la
- 31:47Fédération canadienne. Donc, finalement, le rapport
- 31:52sur les solutions politiques... ne va jamais
- 31:55sortir. On n 'a jamais eu de conclusions officielles
- 32:00de la commission. Et ce qu 'on va en tirer, c
- 32:05'est la loi sur les langues officielles de 1969.
- 32:09Parce que là, il y a le gouvernement de Pearson.
- 32:13Pearson va céder sa place en 68 à Trudeau. Donc
- 32:17là aussi, André Lerando meurt. Trudeau arrive
- 32:21pour remplacer Pearson. Trudeau... Il était dans
- 32:26le gouvernement de Pearson. Oui, il était dans
- 32:27les trois Colombes qui sont allés à Ottawa en
- 32:301965 pour apporter un visage francophone, québécois
- 32:37à Ottawa. Pearson déclenche la commission, en
- 32:401965 Trudeau arrive, en 1968 il devient chef
- 32:45et lui il croit pas au processus. Elle finit
- 32:48jamais vraiment. Elle finit en queue de poisson,
- 32:50la Commission. On en trouve des traces de la
- 32:53conclusion de la Commission dans les archives,
- 32:55mais ce ne sera pas publié. Il y a des commissaires,
- 32:58Paul Lacosse qui va remplacer Jean Marchand,
- 33:01qui lui se lance en politique aux côtés de Trudeau
- 33:02en 1965. Paul Lacosse, Gère Trudeleing, André
- 33:07Lorando vont tenter vraiment, bien André Lorando
- 33:09avant sa mort, de donner vie à ces mesures qui
- 33:14transformeraient le Canada de manière significative.
- 33:18d 'une certaine façon, il y a eu des décisions
- 33:24qu 'on a prises, on a voté pour avoir un livre
- 33:30sur les solutions politiques, sur les solutions
- 33:32constitutionnelles. Il faut revenir à cet esprit
- 33:35-là. Et pour pas Lacoste, il fallait une réforme
- 33:38en profondeur. Tout ce qui était signe du passé
- 33:42colonial, britannique, il fallait effacer ça.
- 33:45Gouverneur général. l 'appellation de province
- 33:48pour lui, ça n 'avait plus de raison d 'être
- 33:50dans les années 1960. Il fallait se moderniser
- 33:53complètement. Puis on va en produire des études
- 33:56aussi sur un meilleur partage des compétences.
- 33:59Il y a Marc Brière qui va produire une de ces
- 34:02études -là. Donc on en a de la matière pour réfléchir
- 34:06à ça. Tout ce qui ne fonctionne pas dans le partage
- 34:09des compétences, tout ce qui devrait être revu,
- 34:12mais on ne pourra pas l 'intégrer entièrement
- 34:14parce que... On est empêchés de le faire, mais
- 34:17aussi parce que ça traîne depuis le début de
- 34:19la décennie. Puis entre 1963 puis 1971, les choses
- 34:24évoluent à un rythme fou. On a René Lévesque
- 34:28claquer la porte du Parti libéral pour fonder
- 34:31le Parti québécois. Donc la loi sur les langues
- 34:35officielles, quand elle va arriver en 1969, ce
- 34:39sera pas assez pour maintenir la colle ensemble.
- 34:44Est -ce qu 'il y a un lien entre... Je ne sais
- 34:48pas si ça a déjà été dit ouvertement, mais est
- 34:50-ce qu 'il y a un lien entre la création du Parti
- 34:51Québécois et la Commission? Est -ce que ça fait
- 34:54partie des frustrations qui amènent Renée Lévesque
- 34:56à quitter? Ce serait intéressant de voir, mais
- 34:59je n 'ai pas l 'impression que le lien est si
- 35:01fort que ça. Mais c 'est sûr que André Lorando...
- 35:05a pendant longtemps été un modèle pour la jeunesse
- 35:09qui croyait à un Québec séparé. Puis à partir
- 35:12du moment où il va entrer dans la Commission,
- 35:16il va être vu comme un traître. Mais lui, il
- 35:18croyait... à un autre Canada qui respecte très
- 35:23mieux le Québec. C 'est là qu 'on va penser à
- 35:25des notions qui vont avoir une portée significative
- 35:29dans l 'histoire canadienne, comme un statut
- 35:30spécial, un statut particulier pour le Québec.
- 35:34C 'est là qu 'on imagine concrètement qu 'on
- 35:36détaille de manière très poussée ce que ça signifie,
- 35:41ça, d 'avoir un statut particulier pour une province
- 35:44au sein d 'une fédération. Alors... La Commission
- 35:48a fini en queue de poisson. Pierre Trudeau rentre.
- 35:52Qu 'est -ce qui entraîne l 'adoption de la loi
- 35:54sur les langues officielles? Comment ça se passe?
- 35:57Est -ce qu 'il y a une connexion directe avec
- 35:59la Commission? Il y a une connexion directe avec
- 36:00la Commission parce qu 'en 1967, on va sortir
- 36:04le premier volume de la Commission sur les langues
- 36:07officielles. Puis les Commissaires vont dire
- 36:09que ce n 'est pas un ordre de priorité. Ce n
- 36:10'est pas parce que c 'est l 'enjeu principal,
- 36:13c 'est important, on ne se le cachera pas, mais
- 36:16c 'est là où on a le plus de données. C 'est
- 36:18là qu 'on est prêt, parce qu 'en 1965 ils ont
- 36:21sorti un rapport préliminaire basé sur les émotions.
- 36:25basé sur ce qu 'ils ont ressenti dans certaines
- 36:28rencontres régionales au Québec quand ceux, comme
- 36:31je le mentionnais, qui appellent les séparatistes
- 36:33vont empêcher d 'autres de s 'exprimer. Quand
- 36:35ça va tourner au vinaigre dans certaines rencontres,
- 36:37c 'est là qu 'on va publier le rapport préliminaire,
- 36:40mais c 'est basé beaucoup sur ces rencontres
- 36:41régionales -là et sur les témoignages. Puis ils
- 36:43vont se faire attaquer par des universitaires
- 36:46pour dire, mais c 'est pas une méthode, ça, de
- 36:49se baser sur... C 'est pas une méthode scientifique.
- 36:55On pourrait en discuter longtemps, parce que
- 36:57les entrevues, c 'est une méthode scientifique.
- 37:00Les focus groups aussi, c 'est une méthode scientifique,
- 37:03mais il y en a plusieurs qui vont attaquer la
- 37:05crédibilité de la commission de dire que ces
- 37:08grandes têtes -là auraient pu avoir une méthode
- 37:11scientifique beaucoup plus solide. Donc, ils
- 37:13ne veulent pas refaire la même erreur. Ils ne
- 37:16veulent pas se prononcer sur des dossiers où
- 37:18ils n 'ont pas assez de données. Donc là, on
- 37:20a récolté beaucoup de données sur les langues
- 37:21officielles. On sort le premier volume. sur les
- 37:24langues officielles en 1967 et en 1969, on a
- 37:28la loi sur les langues officielles qui est inspirée
- 37:31directement de ce qu 'on recommande dans le premier
- 37:33volume, même si ce n 'est pas tout à fait la
- 37:35même chose. Dans la première mouture de la loi
- 37:39de 1969, on parle de la création de districts
- 37:42bilingues, qui était une des recommandations
- 37:45fortes de la Commission. On créait plus d 'une
- 37:48cinquantaine de districts bilingues à travers
- 37:51le Canada, là où il y avait une concentration
- 37:54significative de francophones. Et à l 'intérieur
- 37:56de ces districts -là, tous les services municipaux,
- 37:58provinciaux, fédéraux étaient donnés dans les
- 38:01deux langues. OK, quand même. Ça aurait donné
- 38:03une obligation, par exemple, aux provinces. Oui.
- 38:05dans une communauté rurale de l 'Alberta d 'offrir
- 38:08l 'ensemble des services en français? Voilà,
- 38:09parce qu 'en Alberta, on en avait un district
- 38:11bilingue. C 'était dans le nord de la province.
- 38:13Il y a une concentration plus forte de francophones.
- 38:18Donc ça a été un assez vaste district bilingue
- 38:20en Alberta. J 'imagine qu 'il y a eu des enjeux
- 38:22de compétences provinciales fédérales en lien
- 38:24avec ça. Oui, il y a un livre de Daniel Bourgeois
- 38:28qui a été écrit sur la naissance et la mort des
- 38:31districts bilingues. On va l 'étudier, mais c
- 38:32'est sûr que pour Trudeau, Ça n 'a jamais fait
- 38:36partie de ses priorités d 'aller vers les districts
- 38:39bilingues parce que pour lui, c 'était balcaniser,
- 38:42diviser le Canada. On voulait 10 provinces égales.
- 38:45On voulait la protection des droits individuels.
- 38:48Mais pour quelqu 'un comme Laurent Daud, c 'est
- 38:49vraiment les droits collectifs qui devaient primer.
- 38:52Et donc, l 'égalité réelle, l 'équité passait
- 38:56par une reconnaissance particulière pour une
- 39:00province. C 'est intéressant que tu mentionne
- 39:02ça parce que justement, j 'ai fait une épouse...
- 39:04J 'enregistre hier, qui va sortir avant ton épisode,
- 39:07avec Antoine Dionne Charest. Puis on parlait
- 39:09de ça justement, de conjuguer ou de trouver l
- 39:11'équilibre entre les droits collectifs et les
- 39:13droits individuels. Parce que les droits individuels,
- 39:15ça peut être très intéressant au niveau personnel,
- 39:18mais il peut avoir un impact sur la collectivité
- 39:20quand tu fais juste regarder les droits individuels.
- 39:22Notamment quand on parle de français ou de préservation
- 39:24de la langue. Tu sais, tout le monde a le droit
- 39:26de parler français. Mais si il n 'y a pas de
- 39:27services en français. Ça ne fonctionne pas. C
- 39:32'est pas vraiment une priorité pour lui, mais
- 39:33décide, bon, on va faire une loi. La loi va être
- 39:37une priorité pour lui parce que ça donne un caractère
- 39:42au Canada. Le Canada veut s 'affirmer officiellement
- 39:46bilingue, mais dans les faits, la vie des gens
- 39:49sur le terrain, elle n 'est pas transformée par
- 39:52la loi sur les langues officielles. On ne se
- 39:54retrouve pas du jour au lendemain avec des services
- 39:56en français en Alberta. Non, c 'est pas ça. Les
- 40:00districts sont écartés. Les districts vont être
- 40:02écartés. On a peur aussi. Cette loi -là, elle
- 40:06est contestée avant même sa naissance du côté
- 40:08de l 'Alberta, notamment. C 'est toujours la
- 40:10même ranguaine. Vous viendrez pas m 'enfoncer
- 40:12le français dans la gorge. Les commissaires vont
- 40:14entendre des choses extraordinaires sur le terrain.
- 40:17Par exemple, Frank Scott qui se remémore une
- 40:20de ses rencontres avec un fermier albertain qui
- 40:23lui dit, bon, c 'est un adage quand même bien
- 40:24connu, je crois, mais si l 'anglais est assez
- 40:27bon pour Jésus -Christ, c 'est assez bon pour
- 40:29moi. Donc ici, le français, on veut pas... C
- 40:39'est compliqué de rassembler tout le monde autour
- 40:43de ce projet -là. Il y a une forte résistance
- 40:45qui va se faire, même si globalement, la population
- 40:49canadienne va se ranger derrière la loi sur les
- 40:52langues officielles. Qu 'est -ce qu 'on protège?
- 40:55dans la mouture finale de la Loi sur les langues
- 40:59officielles? Mais c 'est les services du gouvernement
- 41:02fédéral. Le gouvernement fédéral est bilingue.
- 41:05Il doit fonctionner dans les deux langues. C
- 41:08'est vraiment ça qu 'on veut faire, mais... Il
- 41:11y a aussi un saut officiel qu 'on veut donner
- 41:13aux Français. Donc, ça va redonner de la fierté.
- 41:16Puis, on le voit, encore une fois, pour avoir
- 41:20travaillé dans les archives, en Alberta, on a
- 41:22eu des déblocages majeurs avec cette reconnaissance
- 41:25officielle -là. Parce que même si ça n 'a pas
- 41:28nécessairement de conséquences sur le milieu
- 41:29de l 'éducation, bien, dans les faits, on veut,
- 41:32en 1968, permettre d 'avoir 50 % de Français
- 41:37par jour dans les écoles. Ce qu 'on n 'avait
- 41:39pas auparavant. Donc là, il y a une ouverture.
- 41:43Cette conversation nationale -là va porter fruit.
- 41:47Donc dans les années 60, un peu avant 69, aussi
- 41:51après, le français va gagner en légitimité et
- 41:56il va avoir des déblocages. Même si l 'exemple
- 41:59que j 'ai donné, c 'est avant même la loi, mais
- 42:02c 'est l 'impact de ces conversations -là. Le
- 42:06fait de dire que... Il y a des conséquences à
- 42:10ne pas reconnaître le français, à faire du français
- 42:13une langue mineure. Il y a une population francophone,
- 42:17oui, au Québec, mais il y a des francophones
- 42:18partout au pays qui ont perdu leur langue, qui
- 42:21ont perdu leur culture, qui méritent d 'être
- 42:24reconnus, qui méritent de reconnecter avec cette
- 42:27langue et cette culture -là. Puis ça va cheminer
- 42:30et ça va donner naissance à des nouvelles lois,
- 42:34à des nouvelles politiques qui vont être beaucoup
- 42:36plus progressistes. de reconnaissance du français.
- 42:39Donc, malgré une certaine résistance, un certain
- 42:41braquage, il y a une évolution qui se fait tranquillement.
- 42:45Donc, la loi, même si elle ne va pas transformer
- 42:48le quotidien des gens, même si on parle des possibilités
- 42:52d 'entrer en contact dans la langue de son choix
- 42:54avec le gouvernement puis avec les organismes
- 42:57fédéraux, ça va quand même donner de la visibilité,
- 43:01de la légitimité au français. C 'est intéressant,
- 43:04puis on peut imaginer... que si, exemple, il
- 43:07y a un certain nombre de postes en Alberta ou
- 43:09en Saskatchewan, peu importe la province, qui
- 43:11offrent des services en français, c 'est -à -dire
- 43:12que les gens qui les occupent doivent parler
- 43:14deux langues, ça veut dire qu 'il y a un incitatif
- 43:17pour les gens de la communauté à apprendre le
- 43:19français pour s 'ouvrir de nouvelles perspectives,
- 43:21souvent sur les emplois bien payés dans la fonction
- 43:22publique fédérale. Fait que là, soudainement,
- 43:25bien là, le français n 'est pas totalement inutile
- 43:26parce que tu peux minimalement le traiter pour
- 43:28la fonction publique dans le bureau local de
- 43:30ta ville. Exactement. Donc s 'il y a une plus
- 43:33-value à parler français, puis... Éventuellement,
- 43:37on va connaître aussi d 'autres déblocages avec
- 43:40la Charte canadienne de 1982. Là, on va obtenir
- 43:44le droit à l 'éducation. On va tenter de réparer
- 43:47les dommages causés par les crises scolaires.
- 43:49Donc, on va transformer le paysage scolaire dans
- 43:54les années 80. Mais déjà dans les années 60,
- 43:57on s 'aime quelque chose qui va pouvoir fleurir
- 44:00éventuellement. C 'est intéressant parce que...
- 44:05Encore aujourd 'hui, puis c 'est rare que je
- 44:07fais des débats en ligne avec des gens. J 'ai
- 44:09eu un débat sur, je pense que c 'était LinkedIn,
- 44:11puis quelqu 'un faisait un pause, puis disait,
- 44:13il prenait une offre d 'empoids de la fonction
- 44:15publique fédérale, puis disait, ça n 'a même
- 44:16pas d 'allure, il demande à quelqu 'un qui est
- 44:18bilingue, moi je parle anglais et mandarin, je
- 44:21suis bilingue, je devrais être reconnu comme
- 44:23ça, pourquoi est -ce que... Tu sais, les gens,
- 44:26je pense qu 'ils ne comprennent pas le bagage
- 44:28historique, puis tout ça. Mais aujourd 'hui,
- 44:30c 'est comme, ben, là, c 'est toujours quelqu
- 44:31'un de bilingue. Moi, je parle espagnol, anglais,
- 44:33c 'est bilingue, tu sais. Puis encore aujourd
- 44:36'hui, même si ça fait 60 ans que cette loi -là
- 44:39a été implantée, quasiment, là, 50 coqs. On a
- 44:43peut -être perdu la raison pourquoi cette loi
- 44:45-là existe. Oui, parce que c 'est le contexte
- 44:47historique qui est intéressant, qui est très
- 44:50riche à l 'époque. Puis c 'est une façon aussi
- 44:53de se distinguer du voisin étasinien et de dire,
- 44:56nous, on n 'est pas un melting pot. Nous, on
- 44:59reconnaît deux langues officielles. Donc c 'était
- 45:04une façon pour le Canada de faire les choses
- 45:06autrement puis d 'avoir sa personnalité, de ne
- 45:10pas être écrasé complètement puis d 'être constamment
- 45:13dans l 'ombre de son voisin. Parce que le bilinguisme,
- 45:17c 'est peut -être pas le seul point, mais ça
- 45:21demeure un outil qui empêche l 'assimilation
- 45:24américaine parce que ce qui nous distingue...
- 45:27d 'abord et avant tout de la culture américaine,
- 45:30c 'est notre notion bilingue, parce qu 'on écoute
- 45:32des émissions américaines, comme tu expliquais
- 45:37tantôt, l 'espace américain. La crainte qu 'on
- 45:40avait dans les années de l 'après -guerre, elle
- 45:42est encore là aujourd 'hui, mais à ce moment
- 45:44-là, quand on s 'est rassemblé, qu 'on a consulté,
- 45:48on s 'est dit, il faudrait peut -être miser là
- 45:50-dessus, si on veut se distinguer dans le concert
- 45:53des nations. C 'est encore vrai, aujourd 'hui,
- 45:55le français, c 'est... c 'est une langue de diplomatie,
- 45:58c 'est une langue d 'affaires, c 'est une langue
- 46:00scientifique. Le fait de brimer le français dans
- 46:04tous ces espaces -là s 'annuie à l 'épanouissement
- 46:07global du pays. Puis les obstacles sont majeurs.
- 46:10Moi, j 'ai fait partie d 'un groupe nommé par
- 46:12Patrimoine Canada. On vient de déposer notre
- 46:15rapport. Pas de déposer, mais le rapport vient
- 46:17d 'être rendu public le 10 mai dernier. C 'est
- 46:19un groupe sur la création et la diffusion des
- 46:21informations scientifiques en français. On a
- 46:23vu des obstacles structurels majeurs pour les
- 46:26chefs... et les chercheurs qui souhaitent faire
- 46:28de la science peu importe le domaine, dans la
- 46:30langue officielle de leur choix, les chercheurs
- 46:32francophones sont brimés. Dès le départ, ils
- 46:37ne sont pas reconnus. C 'est vu comme étant une
- 46:39langue mineure en recherche et on perd un potentiel
- 46:42fou en n 'ayant pas soutenu ces gens -là parce
- 46:46qu 'on est des milliers à travers le pays. Moi,
- 46:48je suis installée en Alberta, mais on a une communauté
- 46:49scientifique francophone très riche en Alberta.
- 46:52C 'est juste qu 'elle est cachée. Mais si on
- 46:54se met à la soutenir, imaginez la recherche qu
- 46:57'on pourrait faire, par exemple sur les rapports
- 47:00à la francophonie de la province aux mouvements
- 47:03séparatistes. Il n 'y a pas d 'ancrage historique
- 47:06dans le cas de l 'Alberta, le séparatisme, c
- 47:09'est contre le bilinguisme. D 'ailleurs, c 'est
- 47:13intéressant de noter ça parce que dans les années
- 47:1560, au moment où on parle de créer la loi sur
- 47:19les langues officielles, c 'est là qu 'on va
- 47:20voir émerger des groupes en faveur de la séparatisme.
- 47:23parce qu 'on ne veut pas... Pour lequel on devrait
- 47:28se séparer? Pour lequel on devrait se séparer.
- 47:30En 1969, le McLean va faire un dossier sur le
- 47:34séparatisme albertain. C 'est comme nous ne pouvons
- 47:36pas apprendre l 'anglais. Oui, on ne veut pas
- 47:40se faire imposer le français, donc c 'est intéressant.
- 47:45Mais ça prend des chercheurs qui vont avoir cette
- 47:47lentille -là pour pouvoir faire cette recherche
- 47:50-là. Puis en ce moment, on ne la connaît pas
- 47:52assez, cette communauté de recherche -là, puis
- 47:54on ne la soutient pas assez. Grosse commission,
- 47:59petits résultats. Ou est -ce qu 'il y a un résultat
- 48:02partiel? Résultat par la hauteur des ambitions
- 48:04initiales. De quasiment une décennie de travail
- 48:07là -dessus. L 'Ouest sur les langues officielles
- 48:09qui légitimisent le français dans certaines régions.
- 48:13Il y a définitivement un impact hors Québec.
- 48:15Absolument. Mais en même temps, il y a une montée
- 48:18du mouvement souverainiste au Québec. Puis là,
- 48:20on parle pour la première fois d 'un référendum
- 48:22sur la cessation. Comment est -ce que les...
- 48:25les langues officielles vont évoluer à travers
- 48:28le Canada en parallèle des efforts en 80 et en
- 48:3295 de séparer le Québec. Mais c 'est intéressant
- 48:36de voir, puis il y a un très bon livre de Kenneth
- 48:38MacRoberts sur la question des langues officielles,
- 48:42sur un peu l 'efficacité de la loi de 1969. Ce
- 48:46qu 'on voit, c 'est que les gens qui sont de
- 48:49plus en plus bilingues, ce sont les francophones.
- 48:53Ce sont les francophones du Canada et les francophones
- 48:55du Québec. C 'est intéressant parce que je voyais
- 48:59ça en révisant les chiffres dernièrement. Un
- 49:02sondage en 2022 qui avait été commandé par Statistique
- 49:05Canada montrait que 58 % de la population canadienne
- 49:10appuie le bilinguisme officiel. Donc, il y a
- 49:14quand même un appui relativement fort. Mais dans
- 49:17les faits, quand on parle de ces questions -là...
- 49:19Ça devient extrêmement tendu. Et puis là, si
- 49:25on ramène ça au référendum, c 'est sûr que ça
- 49:28crée des tensions, puis ça crée des tensions
- 49:30aussi au sein de la communauté francophone au
- 49:32pays. Parce que, oui, le Québec veut faire bande
- 49:36à part, mais il y a plein de francophones à l
- 49:40'extérieur qui craignent les retombées négatives
- 49:43d 'un Québec souverain. C 'est une huit million
- 49:45de francophones qui quittent le Canada. Oui,
- 49:48qu 'est -ce qui se passe avec les protections
- 49:51qu 'on a au fédéral pour le français? Ça va être
- 49:54remis en question dès le départ du Québec. Le
- 49:58Québec reste le fort de la francophonie au pays,
- 50:04mais aussi en Amérique. C 'est le pouvoir politique
- 50:06de la francophonie en Amérique du Nord. Exactement.
- 50:10Donc, c 'est sûr qu 'il va y avoir beaucoup de
- 50:11craintes qui vont être suscitées par ça. Puis,
- 50:16évidemment... du côté politique, on va faire
- 50:21des associations aussi qui n 'ont pas toujours
- 50:25lieu d 'être. Donc, du côté de l 'Alberta, il
- 50:27va y avoir une diabolisation du fait français
- 50:31qui va émerger de ça, même si les francophones
- 50:34en Alberta ne sont pas pour la souveraineté du
- 50:39Québec. C 'est pas que t 'apprends le français
- 50:41puis tu deviens souverainiste. Non, pas du tout,
- 50:43évidemment. Je veux dire, il y en a toujours,
- 50:46mais... beaucoup de francophones vont être fédéralistes
- 50:51parce que les protections, ils les ont eu en
- 50:541969, ils les ont eu en 1982, c 'est pas la province
- 50:58qui leur donne une protection. En tout cas, c
- 51:00'est pas l 'Albertel à Saskatchewan, c 'est pas
- 51:02la Colombie -Britannique qui va protéger les
- 51:04francophones. Côté du Manitoba, c 'est intéressant
- 51:06parce qu 'en ce moment... Il y a comme un regain,
- 51:08là... Il y a un regain, on le voit, depuis l
- 51:10'élection de Wabkinew. Il y a une réflexion sur
- 51:15comment redonner à la province son caractère
- 51:19bilingue, une consultation publique. C 'est vraiment
- 51:21rafraîchissant de voir ça arriver du côté du
- 51:24Manitoba. J 'ai vérifié le ministre du français.
- 51:27Parler français, c 'était déjà un bon début.
- 51:28Oui, c 'est pas le cas chez nous. Ça l 'a déjà
- 51:32été le cas, mais c 'est très variable. Puis on
- 51:35a eu aussi des premiers ministres qui étaient...
- 51:37Ils vont toujours se dire qu 'ils ne sont pas
- 51:38contre le français, mais ils sont contre les
- 51:41protections du français. Alberta à un état non
- 51:45interventionniste, mais... C 'est assez cocasse
- 51:49de voir à quel point cet État devient très interventionniste
- 51:52lorsqu 'on veut protéger le français. Il devient
- 51:55interventionniste pour bloquer cette protection
- 51:57-là. Pas plus tard qu 'en 2020, on a eu des compressions
- 52:02majeures dans le domaine post -secondaire. Puis
- 52:05le campus où je travaille, le campus Saint -Jean,
- 52:07a été sévèrement touché. Ça a été une année terrible.
- 52:14Puis les compressions pour nous... c 'était un
- 52:17montant qui était autour de 1 ,5 million, qui
- 52:19nous amenait à devoir couper un peu plus d 'une
- 52:23centaine de cours. Pour un petit campus comme
- 52:25le nôtre, qui dessert un milieu d 'étudiants,
- 52:28un millier d 'étudiants, couper 100 cours, c
- 52:30'est beaucoup. Ça l 'affecte les programmes,
- 52:34ça l 'affecte la qualité des programmes. plutôt
- 52:37que de ramener ce 1 ,5 million -là dans l 'éducation
- 52:40des francophones parce qu 'on en voit la pertinence,
- 52:43le gouvernement de l 'Alberta a décidé d 'embaucher
- 52:46une firme d 'avocat pour se défendre dans une
- 52:48poursuite que l 'Association canadienne française
- 52:50de l 'Alberta avait intentée contre l 'université
- 52:54et contre la province. C 'est ça. Donc, pour
- 52:58un État qui ne veut pas intervenir, bien là,
- 53:01tout à coup, là, on est prêt à sortir l 'argent
- 53:04pour embaucher des avocats pour intervenir contre
- 53:08le français. Donc, on est interventionniste quand
- 53:10ça nous sert, mais dès qu 'il y a des questions
- 53:13de protection du français, là, on n 'hésite pas
- 53:16à investir beaucoup d 'argent pour empêcher une
- 53:19progression du français. Je vais sortir un peu
- 53:22du script, juste une petite question de curiosité.
- 53:25La communauté francophone en Alberta, quand il
- 53:28y a des nominations... unilingue anglophone,
- 53:31comme il y a eu la gouverneure générale, comme
- 53:32ça, est -ce qu 'on le sentait au Québec un genre
- 53:34de sentiment de frustration en lien avec l 'absence
- 53:36de bilinguisme? Est -ce que ce sentiment -là
- 53:38est partagé dans les communautés francophones
- 53:40hors Québec? Oui, c 'est sûr qu 'on veut se voir
- 53:42dans les postes officiels, donc absolument, ce
- 53:45sentiment -là est partagé dans les communautés
- 53:47francophones. C 'est pas juste le Québec qui
- 53:49s 'est insurgé, disons. C 'est sûr que ça apparaît
- 53:52toujours plus quand c 'est le Québec, mais...
- 53:56Les communautés sont quand même bien organisées,
- 53:58mais elles ont aussi leurs bâtans à mener sur
- 54:02le plan provincial. Je pense à l 'Alberta. Ce
- 54:05n 'est pas un contexte qui est toujours facile.
- 54:08Oui, on a une politique sur les services en français,
- 54:11mais il faut que la politique soit bien appliquée.
- 54:14On n 'a pas assez de données sur les communautés
- 54:17francophones, sur les besoins. Donc, notre association,
- 54:21l 'Association canadienne française de l 'Alberta,
- 54:24elle a des experts au sein de l 'association
- 54:27qui documentent ces enjeux -là. Donc, on doit
- 54:30créer de la recherche. C 'est énormément de poids.
- 54:33ces petites associations -là. Donc, des fois,
- 54:35il manque de jus aussi pour se faire entendre
- 54:38à l 'échelle nationale parce que c 'est des petites
- 54:40équipes qui mènent des batailles très importantes
- 54:43à l 'échelle locale, à l 'échelle provinciale.
- 54:46Je me souviens, il y a eu une décision il n 'y
- 54:48a pas très longtemps, quelques années, je pense,
- 54:50dans la Colombie -Britannique pour... les écoles
- 54:53en français, puis il avait fait une analyse en
- 54:55profondeur, il avait regardé le réseau d 'écoles
- 54:58francophones, le réseau d 'écoles anglophones,
- 55:01puis il avait déterminé qu 'il y avait un manque
- 55:02d 'égalité parce qu 'il était largement sous
- 55:05-financé, c 'était des études... Puis je pense
- 55:07que c 'est des millions et des millions de dollars
- 55:09qui ont investi pour remettre le niveau... Oui,
- 55:11puis c 'est toujours à refaire ces batailles
- 55:14-là. Il y a eu une des causes principales dans
- 55:17le domaine d 'éducation, ça vient de l 'Alberta,
- 55:19c 'est la cause Maï, un groupe de parents qui
- 55:22s 'est mobilisé et qui a été jusqu 'en cours
- 55:25suprême parce que l 'Alberta n 'appliquait pas
- 55:29l 'article 23 de la charte qui donne le droit
- 55:31à des écoles. On pensait que les écoles qu 'on
- 55:34avait, les écoles bilingues, étaient suffisantes
- 55:37pour répondre à l 'article 23, mais non, ce n
- 55:40'était pas assez. Donc il y avait encore beaucoup
- 55:43de bâtons dans les roues. pour celles et ceux
- 55:46qui voulaient avoir accès à l 'éducation en français.
- 55:49Donc, il a fallu attendre le jugement en 90,
- 55:52puis là, on a réitéré que non seulement on a
- 55:54le droit à des écoles, mais on a le droit à la
- 55:56gestion scolaire. Donc, il a fallu créer aussi
- 55:59des conseils scolaires francophones, puis administrer
- 56:01ces écoles -là, ce qui est un gain majeur, parce
- 56:03que le part et pour en francophonie canadienne,
- 56:06c 'est essentiel. Si ce sont les anglophones
- 56:09qui gèrent les conseils scolaires, puis le contenu
- 56:11aussi des programmes... Bien là, ça vient souvent
- 56:15avec des biais également. Donc, d 'avoir le contrôle
- 56:18sur les conseils scolaires, d 'avoir le contrôle
- 56:19sur les programmes, c 'est majeur. Ça prend ça.
- 56:22Puis là, il y a eu la décision de la Cour suprême,
- 56:24puis on pensait que la jurisprudence allait être
- 56:26très solide, mais partout ailleurs, on l 'a vu
- 56:28à l 'île du Prince -Édouard, on l 'a vu dans
- 56:29les territoires du Nord -Ouest, on l 'a vu en
- 56:32Colombie -Britannique. Il faut toujours recommencer
- 56:34la bataille pour obtenir un service équivalent.
- 56:39à la majorité. Oui, puis quand on fait une décision
- 56:42de la Cour suprême, c 'est une décennie qui est
- 56:43perdue des fois plus. Fait que toi, tu veux envoyer
- 56:46ton enfant dans une école francophone, il rentre
- 56:48à l 'école, il est quasiment rendu au secondaire,
- 56:51ou c 'est fini le secondaire quand il y a une
- 56:53décision que tu dis finalement. Fait que ça prend
- 56:54une couple d 'années pour injecter l 'argent
- 56:56qui a dû être injecté. C 'est des générations
- 56:58qui perdent leurs doigts en l 'école française.
- 57:00C 'est trop long. Puis c 'est les porteurs de
- 57:02cause aussi. le poids sur les épaules des porteurs
- 57:06de cause. Tout apparemment, vous allez amener
- 57:09le dossier jusqu 'à cause suprême pour que ton
- 57:10enfant, plutôt que d 'autres enfants, puisse
- 57:13aller en français. C 'est ça, parce que Noéla
- 57:17Arsenault, du côté de l 'île du Prince -Édouard,
- 57:21a eu sa vie complètement chamboulée par ça. Elle
- 57:25ne pouvait plus aller faire l 'épicerie à des
- 57:26heures régulières. C 'est vu comme des fauteurs
- 57:29de troubles dans les provinces, dans les communautés.
- 57:33Donc c 'est pas évident, elle parlait même dans
- 57:36un reportage à Radio -Canada à un moment donné
- 57:38que ça a été dur. pour sa relation avec ses enfants,
- 57:42parce qu 'elle portait la cause du français,
- 57:46mais pour eux, il était la cible, puis la cible
- 57:49de la crée. Ça les a éloignés de leur langue,
- 57:52ça les a éloignés du français. Donc, l 'effet
- 57:54a été pour les générations futures, mais pour
- 57:58sa propre famille, ça n 'a pas été facile. Donc,
- 58:03les porteurs de cause en ont très lourd sur les
- 58:06épaules, les coûts, la durée avant d 'avoir réparation.
- 58:09Donc, on ne l 'a pas, l 'égalité réelle. Même
- 58:12si c 'était une des grandes ambitions de la Commission
- 58:15Laurendeau -Dunton, si on veut y revenir, l 'esprit,
- 58:17c 'est de faire en sorte que les francophones,
- 58:19peu importe où ils se situent d 'un océan à l
- 58:21'autre, ils ne soient pas brimés dans leur évolution,
- 58:24dans leur progression, dans leur désir, dans
- 58:26leurs ambitions. On se rend compte qu 'on n 'est
- 58:30pas arrivé à ça, puis que c 'est difficile aussi
- 58:32d 'arriver à ça, même si on a eu des gains majeurs.
- 58:35La loi, c 'est une chose. Les écoles, c 'en est
- 58:38une autre. très significative, on n 'est pas
- 58:41encore là, pis on en parlait un peu, le dossier
- 58:43du bilinguisme est terriblement épineux. Parler
- 58:46de ça, là, c 'est être la cible d 'attaque, parce
- 58:49que il y a tellement de gens qui n 'y croient
- 58:51pas, qui voient ça comme étant une tord, comme
- 58:54étant une complexité de trop, pourquoi promouvoir
- 58:59pis officialiser plus d 'une langue, c 'est tout
- 59:02si... attaqué? C 'est ça qui est difficile à
- 59:07comprendre, là. Puis là, je veux me permettre
- 59:09un petit commentaire personnel, mais si on regarde
- 59:11ce qui se passe en Alberta, dernière semaine,
- 59:14il n 'y a aucun problème à sortir puis dire,
- 59:16ah ben là, il faut écouter les séparatistes,
- 59:17c 'est des Albertains, ils ont leur opinion,
- 59:20ils ont des préoccupations qui sont réelles,
- 59:23mais je suis convaincu qu 'il y avait une sortie
- 59:24de l 'association francophone demain sur le fait
- 59:25que les écoles francophones étaient sous -financées
- 59:28et qu 'il n 'y avait pas de services en français.
- 59:30Je ne pense pas que Daniela Smith ferait une
- 59:32sortie pour des fois écouter les Albertains et
- 59:34leurs préoccupations. Oui, les francophones de
- 59:37l 'Alberta, c 'est peut -être pas au même...
- 59:41C 'est deux fois deux mesures parce que pour
- 59:43elle, il y a plus de gains politiques à faire
- 59:46à exploiter le mouvement séparatiste pour obtenir
- 59:49ce qu 'elle souhaite de la part d 'Étahwa qu
- 59:52'à défendre le français dans une province où
- 59:54c 'est vu comme étant une anomalie. Avec une
- 59:57langue que personne dans son cabinet parle. —
- 1:00:00Ah oui, il y en a qui parlent. — Ah oui, il y
- 1:00:01en a qui parlent. Ah oui, ok. Au moins, ils auraient
- 1:00:03peut -être pu les mettre... — C 'est juste qu
- 1:00:04'ils n 'ont pas été... — Les affaires francophones.
- 1:00:07— Non. — Merci pour cette clarification. Alors
- 1:00:12là, puis là, on n 'aura pas le temps d 'en parler,
- 1:00:13mais il y a eu une réforme de la loi sur le langue
- 1:00:14officielle, je pense en 2023. Ça sera pour une
- 1:00:17autre fois. Merci beaucoup d 'avoir pris le temps
- 1:00:19de nous expliquer tout ça. — Ça m 'a fait plaisir.
- 1:00:21À la prochaine. — À la prochaine. Merci d 'avoir
- 1:00:35été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 1:00:37abonnez -vous, laissez -nous vos commentaires
- 1:00:38pour qu 'on puisse s 'améliorer. À la semaine
- 1:00:39prochaine!