Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Cyril : le pas de côté pour gagner en sérénité !
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- « Cyril : le pas de côté pour gagner en sérénité » Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’inviterai un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invité, Cyril Cousin obtient un bac pro Maintenance des Systèmes Mécaniques Automatisés suite à un CAP et un BEP électrotechnique. Après quelques années comme monteur électricien dans des entreprises industrielles, il rejoint le groupe dans lequel il évolue durant ses 17 années de présence jusqu’à devenir agent de maîtrise, chef de chantier. Puis, Cyril marque un temps d’arrêt pour se consacrer à son intérêt pour le sport en tant qu’éducateur socio-sportif. Aujourd’hui, enrichi par cette expérience, il choisit de revenir dans le secteur de l’électricité industrielle et imagine les modalités de son retour. Comment Cyril a-t-il abordé ses changements professionnels ? Comment a-t-il fait ses choix ? Sur qui, sur quoi s'est-il appuyé ? Nous nous rencontrons dans les locaux du tiers lieu le Tunnel, situé dans son quartier d’enfance. Lila : Bonjour Cyril ! Cyril : Bonjour! Lila : Merci d'avoir accepté de nous raconter votre expérience. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse. Cyril : Moi, je suis fils de gendarme. J'ai grandi à Caen, dans le quartier de la Grâce de Dieu avec un père quand même qui est qui est assez sévère. Faut tout le temps réussir. On n’a pas trop le droit à l'erreur. C'est assez strict en fait. C'est un peu une éducation militaire. Donc entre l'éducation militaire et un petit peu le quartier, ça me fait un peu deux cultures. En fait, je suis pas du tout assidu à l'école. Je n'aime pas trop l'école. Après j'ai quand même fait un BEP, CAP en électrotechnique, donc c'est électricien puis un bac pro. Mais au bac pro, j'ai décidé de me mettre dans le monde du travail. Ce n'est pas forcément moi qui ai décidé d'aller faire de l'électricité en fait. Pour moi, on m'a mis dans cette case-là. Enfin, je ne me suis pas vraiment posé la question. Je ne pense pas. Après, j'aimais beaucoup le sport quand j'étais jeune. J'en ai fait pas mal. Natation, ça c'est mon sport de prédilection, du foot, du basket. J'ai vraiment touché un petit peu à tout et j'aimais bien aussi bricoler avec ma mère. Elle a toujours bricolé à la maison, fait des choses et j'aimais bien faire ça avec elle. Intermède musical Lila : Et après cette formation, quel est votre parcours ? Cyril : Donc mon père déménage à l'Aigle en fait pour prendre un poste. Du coup, je suis un petit peu le mouvement parce que je viens de finir mes études et puis je vais travailler à l'Aigle pendant 1 an de CDI et après je décide de partir sur Chartres où il y a mon frère qui est chez mes grands-parents. Je vais travailler pendant peut-être 2 ans en tout sur deux grosses entreprises différentes et au bout de ces 2 ans là, je retourne sur Caen parce que j'ai ma copine et on décide de se mettre vraiment ensemble et puis de s'installer. Alors, j'ai fait un peu d'intérim quand je suis revenu, puis je suis rentré à Cegelec. A l'époque c'était une grande entreprise d'électricité. On pouvait faire l'électricité du bâtiment, de l'industrie, un peu des lignes aussi. Enfin, on faisait vraiment un peu de tout. Puis, je suis resté pendant 17 ans chez eux. Donc, j'ai commencé simple monteur et puis j'ai gravi petit à petit les échelons jusqu'à devenir chef de chantier. Lila : Mais vous décidez de changer de métier en 2023. Pour quelle raison ? Donc, je n'étais pas assidu à l'école, mais j'ai découvert une valeur travail, c'est-à-dire que j'étais quelqu'un qui essayait toujours de faire les choses comme il faut. Je voulais toujours tout réussir. Je voulais que ce soit toujours bien fait. Donc ça veut dire que je me mettais quand même une grosse pression par rapport à ça. Donc, j'avais un manque de confiance en moi, ça c'est sûr, indéniable. Et du coup, ça mettait une forme de pression, de peur de l'échec. Au début, bon, tu n’as pas trop de stress parce que tu n’as pas trop de responsabilité. Et puis au fur et à mesure que les responsabilités sont arrivées, la pression, en fait, elle a un petit peu augmenté. Au début, on lutte, on combat ce stress en fait parce qu’il faut vivre, c'est le boulot, c'est comme ça et puis il faut continuer à travailler et puis à un moment donné à force de lutter un peu, on le fait, on le fait, on le fait puis à un moment on a plus envie de le faire. J'avais besoin d'arrêter en fait et puis de voir autre chose quoi. Il y avait une forme de lassitude et puis ça s'est décidé comme ça, un weekend où je suis parti sur un chantier. Donc faire une coupure, on appelle ça des coupures d'usine, nous. C'est une maintenance en fait sur la haute tension. Et toujours ce stress forcément, de réfléchir aux choses, à la journée que je vais passer et cetera. Et ben, je pense que c'était la fois de trop, parce que bon, il y a la sécurité des gens, il y a comment je vais faire mes manœuvres et en fait je suis descendu du camion, j'ai décidé d'arrêter en fait. Alors, j'ai fait ma journée et le lundi, j'ai dit que j'arrêtais. Alors, je ne savais pas forcément ce que j'allais faire mais en tout cas je savais que j'allais arrêter quoi. Lila : Mais vous n'aviez pas de plan B ? Cyril : Non, je n'avais pas de plan B encore mais je me disais que peut-être que j'allais refaire de l'intérim, faire autre chose. Je ne sais pas, je n’avais pas forcément d'idée. J’étais sur un projet. L’idée c’était de finir ce projet-là. J’étais un peu gêné aussi par rapport à mon patron il a cru en moi, il m’a donné des responsabilités. Il m’a fait évoluer dans l’entreprise. Je me suis un peu gêné parce que bon, des profils dans ces métiers-là, c’est quand même des profils où la formation est très longue. Mais bon, il fallait vraiment que j'aille voir autre chose. Donc j'ai fixé une date. Eux, ça leur a laissé aussi le temps peut-être de trouver quelqu'un et puis que le projet se termine et puis voilà quoi. Donc du coup, j'ai cherché et je me suis dit bah qu'est-ce qui pourrait me plaire ? parce que du coup à partir de ce moment-là, c'est un peu une forme de liberté quoi. C'est-à-dire que je ne me suis jamais vraiment posé la question de ce que j'allais faire. Enfin, moi je n'ai jamais vraiment décidé à un moment donné, fallait travailler. On me disait bah faut aller là-bas ou là-bas. Je n'ai jamais vraiment choisi. Et là en fait du jour au lendemain, j'ai le choix en fait de faire autre chose. Alors moi j'adore le sport, c'est une opportunité. Ma fille veut jouer au rugby puis je me retrouve à l'emmener et puis ils cherchent des éducateurs. Alors bénévole forcément au début parce que comme je travaille, enfin je travaillais encore et puis je me dis, éducateur sportif pourquoi pas quoi ça peut être un truc sympa. Donc j'ai entamé les démarches. J'ai déjà demandé au club de l'Ovalie si ça les intéressait d'avoir un alternant parce qu’il faut repasser un diplôme forcément pour avoir le droit d'être rémunéré. On appelle ça un BPJEPS. Et donc je trouve l'Ovalie est plus ou moins d'accord disant "Mais attends, tu as quand même un travail, là tu changes de vie." Alors bon, je me dis de toute façon, j'ai annoncé ma démission donc il n’y a pas de raison. Et puis après, faut réussir à se faire rémunérer, il faut trouver l'organisme de formation qui t'accepte, il faut aussi payer la formation. Donc en fait, c'est tout un processus qui se met en place et puis on se rend compte qu'en fait pour les reconversions, en fait il y a plein d'organismes en fait. Il y a la Région qui aide beaucoup, il y a Transitions Pro aussi qui nous accompagne pour valider les projets pour qu'on puisse bénéficier aussi des indemnités France Travail maintenant, les indemnités chômage en fait. Et puis, je passe mes examens physiques aussi d'entrée parce qu'il y avait des examens physiques. Donc j'y vais à fond quoi et puis ça marche en fait. Donc je fais mon année d'alternant. Par contre, il y a le fait de passer de « sachant » à « apprenant » parce que bon, j'étais quand même agent de maîtrise dans mon métier et là du coup, je redécouvre un métier et je me repositionne en tant qu’apprenant. Et c'est là aussi que j'ai découvert que je n'avais pas confiance en moi, notamment sur les premiers oraux, complètement déstabilisé. Donc, il a fallu aussi travailler là-dessus et tout le long de la formation, le fait de me confronter justement aux oraux, le fait de me confronter à un public parce qu’en tant qu'éducateur sportif, on n’a pas que des publics jeunes, on a aussi des publics adultes et du coup ça m'a amené une confiance en moi énorme en fait et je me suis vraiment senti à ma place et vraiment à l'aise. Puis j'ai mon diplôme et je suis embauché par le club l’Ovalie parce qu'on répond aussi à une subvention dans le socio-sport et c'est utiliser le sport comme outil d'insertion sociale ou d'insertion socio-pro aussi. Le socio-sport pour un enfant entre guillemets du quartier, j'ai grandi dans ce quartier-là, c'était vraiment un poste, je pense, adapté. Lila : Donc là en fait le poste c'est vous qui l'avez créé en quelque sorte. Cyril : Donc il fallait répondre quand même effectivement aux attentes de ce poste-là, même si au début bon ce n'était pas forcément bien défini mais en fait avec la DRAJES, Lila : je me permets, la DRAJES, c'est la délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et au sport. Cyril : On a beaucoup réfléchi, beaucoup travaillé. Alors au début, j'ai passé de chantiers à avoir des réflexions sur des métiers, construire des choses. J'ai trouvé ça hyper intéressant et ça m'a plu et je me suis vite retrouvé dans mon élément même si au début c'était un peu compliqué. Intermède musical Lila : Et qu'est-ce qui vous amène à changer d'activité aujourd'hui ? Cyril : Surtout la vie de famille en fait, parce qu’alors je suis, on va dire quand même épanoui dans ce que je fais. Je suis à ma place, il n’y a pas de souci. Mais le problème c'est que ça prend beaucoup de temps, beaucoup d'énergie. Ça me prend des samedis, certains dimanches, le soir dans la semaine. Donc du coup je suis plus trop à la maison ou si je suis à la maison, je ne suis pas dans les mêmes temps que tout le monde. Et puis il y a aussi l'équilibre financier qui au début ça allait, on fait avec. Quand on fait une reconversion ou quand on change, on ne pense pas en priorité forcément à l'argent. Si on pense à ça, je ne pense pas qu'on fera le saut ou de se dire faut changer. Donc c'est du sacrifice et le problème qu'on peut se poser, c'est quel sacrifice on fait sur combien de temps. Donc après c'est pareil le changement. On se dit, je me suis dit bon, je vais changer de métier, ça va être super, je vais pouvoir faire un truc qui me plaît. En plus je l'ai choisi, le sport, j'adore ça. Ça va être cool comme on dit. Au final, pas du tout, parce que je voulais tellement réaliser les projets que je me suis un petit peu remis dans le même schéma à exiger que de la réussite et du coup je me suis encore remis une pression. On a réussi plein de choses mais je pense qu'on a quand même bossé beaucoup. Je me suis remis dans une charge, je me suis remis dans un système qui était un petit peu identique à ce que je faisais avant. C'est ça aussi. C'est-à-dire vouloir atteindre un niveau ou des exigences qui me mettaient à mal en fait parce qu’on ne venait pas me voir en me disant il faut que ce soit comme si, comme ça. Je le faisais tout seul en fait. Et le fait de repartir sur une autre activité, c'est là où j'ai compris que le regard que j'avais sur le travail et la façon dont j'appréciais le travail, elle n’était pas bonne en fait. Donc on peut changer de métier, mais si on ne change pas sa façon de faire et sa façon de voir, on répètera les mêmes schémas en fait. Et là, j'ai compris avoir l'autre regard, c'est de se dire « qu'est-ce qu'on peut faire pour changer ça ». Donc changer de regard, c'est faire un bilan comme j'ai pu l'apprendre pendant ma formation, se dire « les plus » et « les moins » et quelle solution j'apporte pour me sentir mieux et cetera. Dans le sport, quand on fait des matchs, des fois, ça ne marche pas en fait. On a travaillé des choses à l'entraînement puis en fait on n'y arrive pas quoi. Donc ça veut dire se remettre en question et puis, on n’a pas réussi là et bien on va se poser, on va réfléchir, on va faire autrement. Et du coup c'est réussir à dédramatiser le travail en fait tout simplement c'est qu’il faut arrêter de vouloir tout réussir tout le temps. En fait dans le milieu de l'entreprise souvent c'est aussi ça. Alors il y a une façon de faire et il y a des méthodes pour réussir à expliquer les choses qui ne vont pas. Et surtout quand on dit que ça ne va pas, c’est amener une solution derrière. Lila : Et avant, vous n'osiez pas dire tout ça en fait ? Cyril : Non. Bah non, je n'avais pas confiance en moi. Je me cachais derrière la technique et le travail et tout le temps vouloir faire. Donc manque de communication peut-être parce qu’il ne fallait pas montrer peut-être sa faiblesse, montrer que ça n’allait pas. Il y avait ce côté pas le droit à l'erreur. Mais on peut dire que ça ne va pas aussi. Mais aujourd'hui, je le sais. C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on dit que ça ne va pas, qu'on va être mal vu. Après, il y a des manières de faire. En fait, c'est toujours la même chose. C'est les plus, les moins, savoir faire un bilan et amener une solution. Intermède musical Lila : Quelle est votre activité aujourd'hui, Cyril ? Cyril : Donc là, pour l'instant, je suis intérimaire, donc dans le domaine de l'électricité. Quand je suis parti du club, ça fait presque 6 mois maintenant. Donc j'ai terminé la saison au club quand même. J'ai terminé mon projet. Je les ai prévenus bien avant pour que justement on puisse avoir quelqu'un pour me remplacer pour qu'on continue les projets qu'on avait commencé et démarré avec les collègues au club. J'ai eu des sollicitations, quelques-unes. Donc là, c'est plus par connaissance et cetera. J'ai même refusé une sollicitation ou une embauche parce que j'estimais que ça ne me correspondait pas forcément. J'ai le choix en fait et le fait d'avoir un petit peu ce libre arbitre et de se dire qu'on n’est plus obligé de subir, c'est vraiment une forme d'apaisement. Ça aurait été avant, j'aurais accepté en fait comme j'ai toujours fait depuis tout le temps. Là, j'ai un projet, je cherche vraiment un poste chef de chantier agent de maîtrise pour repartir sur ce que je faisais avant. J'ai encore envie de piloter des chantiers, ça m'intéresse. J'ai été agent de maîtrise quand je suis parti. Je trouverais ça un petit peu dommage quoi, d'avoir eu un recul sur plein de choses et puis de pas pouvoir essayer de valoriser mon expérience et apporter des choses et toute l'expertise que j'ai depuis des années. Lila : L'expertise est importante pour vous. Cyril : L’expertise, ça donne toute la légitimité en fait. Ça va donner une vue d'ensemble et à partir du moment où on a l'expertise, ça veut dire que l’on peut essayer d'organiser les choses autrement. C'est à dire, on va réussir à anticiper des choses et pour que tout le travail se fasse sereinement en fait. Lila : Qu'est-ce qui vous fait penser que demain ce sera différent ? Cyril : Tout le parcours que j'ai eu avec le sport, mais le fait d'avoir fait un saut dans le vide quand même aussi parce que quitter le travail que j'ai parce que j'avais quand même une bonne place dans une belle entreprise et le fait d'avoir fait ce saut dans le vide, ça m'a fait changer complètement ma vision des choses. Ça m'a fait avancer et progresser par rapport à la confiance. Moi je pense que je n'en ai pas fini et puis que je peux continuer à progresser puis ramener des choses quoi. Casser des codes. Lila : C'est quoi casser des codes ? Cyril : J'ai envie d'amener d'autres visions que de voir des collègues courir tout le temps, que de voir des collègues tout le temps stresser par leur charge. Ne pas se sentir à l'aise. C'est ça aussi. Changer le regard du travail, casser des codes en fait. C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé de passer sa vie tout le temps au travail. Ce n'est pas parce qu'on ne le fait pas que le travail n’est pas fait en fait. C'est peut-être changer la manière de faire. Et je n'ai pas dit que ça va marcher hein, mais je vais essayer d'amener ça quoi. Lila : Est-ce que ça veut dire que vous vous investirez moins dans le travail ? Cyril : Pas du tout. Bien au contraire. Ça veut dire qu’avec toute cette formation et la vision des projets que j'ai aujourd'hui, avec ce que j'ai pu faire et puis toute la réflexion que j'ai eue sur tout ce que j'ai fait avant, on a encore de l'énergie, on peut encore faire les choses mais on va essayer de faire les choses bien, on va essayer de faire les choses sans pression, ce n'est pas courir, c'est-à-dire que si on essaie de s'organiser, on ne va pas se retrouver à la fin des délais à devoir faire tant d’heures et cetera. En fait, utiliser ma journée la plus productive possible en préparant son projet, en réfléchissant aux tâches et ce n'est pas celui qui va finir le plus tard en fait, faut changer ça quoi. Lila : Et avec le club, vous avez toujours un lien ? Cyril : J'ai gardé un pied dans le sport, je continue à être éducateur. Alors, je fais moins de choses. J'ai gardé quand même une activité au club en tant que bénévole avec les plus jeunes surtout. Intermède musical Lila : Que retenez-vous de votre parcours ? Cyril : Le fait d'avoir changé quand même, ça m'a permis de faire un travail sur moi-même déjà, plus de confiance en soi, avoir une réflexion sur tout ce que j'avais fait avant. Je trouve que ça m'a apaisé en fait. Ça m'a beaucoup apporté le fait de changer. Il y a ça qu'il faut retenir parce que les reconversions, au-delà de changer de travail et de faire peut-être quelque chose qui nous plaît, mais on réfléchit vraiment sur soi-même, sur tout ce que tu as fait avant, que tu ne te posais pas forcément la question. Quand on subit un peu les choses souvent sur un projet, on ne se rend pas compte que le projet, il est génial. En fait, si je n’avais pas pris de recul, j'aurais toujours pensé que c'était galère pour moi ou penser toujours au négatif en fait. Et franchement, j'ai trouvé ça hyper intéressant. Moi, je trouve que ça m'a apporté aussi de la méthode. Le fait d'avoir refait un diplôme aussi par rapport à des projets, ça m'a rapporté une méthode de travail que je n'avais pas forcément avant en fait, même si j'essayais de mettre en place des choses, c'était un peu sur des acquis terrains quoi, mais ce n'était pas vraiment formalisé en fait. Et ça, j'ai trouvé ça hyper intéressant. Lila : Et qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne ? Cyril : On peut vraiment réaliser ce qu'on veut, je pense, pour des gens qui ne se sentent pas bien dans leur travail ou qui ont envie de changement, on peut. C'est-à-dire qu’il y a énormément d'accompagnement. Non, mais tu as des gens, c'est le métier la reconversion et ils ont vraiment un bon regard sur les choses. Faut que ça vienne de soi, ça c'est sûr. C'est toi qui amènes les idées et ce que tu as envie de faire et après pour réussir à le formaliser, il y a quand même des gens qui sont là pour ça en fait. Donc on peut tout faire mais par contre ça ne se fait pas tout seul. C'est beaucoup de travail, beaucoup de remise en question parce que de passer de « sachant » à « apprenant », forcément quand on a un métier qu'on maîtrise plus ou moins, on est dans une forme de routine et là il faut repartir dans l'apprentissage et cetera et ça ce n'est vraiment pas simple. Il y a des sacrifices à faire, ça c'est sûr. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Des sacrifices familiaux peut-être, financiers quasi sûr au début. Donc ce n'est pas aussi simple mais franchement si on ne se sent pas bien dans son travail, je pense qu’on peut vraiment faire autre chose. Faut arrêter de subir. Lila : On peut changer à n'importe quel âge. Cyril : Oui, pour moi. Oui. Alors moi je le fais, je l'ai fait à 43, 45 ans. Alors, après pour certaines raisons, je suis revenu dans ce que je faisais mais il n’y a pas d'âge en fait pour se sentir bien et faire ce qu'on a envie, en fait. Lila : Si vous aviez à refaire quelque chose, est-ce que vous referiez de façon identique ou différente ? Cyril : Ce qui est fait est fait et si j'avais fait autrement, je n’aurais pas la réflexion que j'ai aujourd'hui et je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui. Donc non, ce qui est fait est fait. Lila : Merci beaucoup Cyril pour votre confiance et votre rapidité de réaction. Après avoir suivi une voie professionnelle intense sans prendre le temps d’oser exprimer vos doutes, vous vous tournez vers ce qui vous plait mais qui, finalement, remet trop en question votre équilibre familial. Grâce à ce pas de côté, vous considérez aujourd’hui qu’il est possible de s’investir professionnellement et dans le même temps de se sentir apaisé. L’expérience d’un accompagnement via la formation, via l’acquisition de méthodes de travail transférables vous met aujourd’hui en confiance pour vous affirmer, communiquer et trouver les moyens nécessaires aux situations rencontrées. Ce sont vos clés ! Elles pourront peut-être ouvrir d'autres chemins, qui sait ! Je vous souhaite Cyril de continuer cette évolution professionnelle comme vous l’espérez, en veillant, quel que soit le secteur, à vous ménager des temps de bilan pour souffler et récupérer ! Cyril : Merci. Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de « Vie et Voix, les Interviews de Lila ». Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !