Latest / Cap sur Ikigai / Quitter les barreaux du zoo pour fonder un centre de soins
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- Violaine: Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui j'ai le grand plaisir d'accueillir Alice, d'une part parce que c'est Alice et qu'il est toujours agréable de cheminer avec une femme battante qui a des convictions et qui a un grand coeur et parce qu'elle incarne une autre manière de vivre et de penser, je dirais même de penser avec un A, voilà le petit jeu de mots, le de l'homme l'animal et la nature. C'est vraiment ce type de challenge que j'aime bien, que je trouve assez passionnant quand on travaille sur un Icky Guy. Alors quand j'ai rencontré Alice pour la première fois, j'ai été assez frappée par cet étonnant grand écart entre son amour profond pour les animaux sauvages et sa présence quotidienne dans un zoo. J'avoue que ça a été dit dans la même phrase et que là mon cerveau a fait « pouf » et qu'il se passe quelque chose. Et c'est ce paradoxe qui nous a permis de cheminer, qui a commencé à faire naître une première conversation ensemble. Nous avons exploré une autre manière de penser le lien au et de comprendre comment Alice, là-dedans, pouvait prendre sa place. Petit à petit, on a réalisé que là où tu excellais, c'était dans cette façon de penser le vivant de manière globale, justement. au-delà des murs d'un zoo ou le simple cadre d'un cabinet vétérinaire. De semaine en semaine et de mois en mois, nous avons cheminé pour que le rêve d'Alice, son ikigai, nous permette d'envisager de plus en plus concrètement sa place au pays des merveilles. On a dû le faire 10 000 fois ce coup du pays d'Alice au pays des merveilles, mais c'était trop tentant ! Bonjour Alice ! Alice Brunet: Oui. Non, non, jamais. Bonjour. Violaine: Peut-être peux-tu commencer par te présenter et revenir sur ce moment où on a discuté la première fois et puis après on prendra le temps d'avancer dans les questions. Alice Brunet: Oui, ben bonjour, merci de Violaine: Oui. Alice Brunet: m'accueillir aujourd'hui. Comme tu l'as dit, je suis vétérinaire de formation. C'est important, vétérinaire de formation. Parce que je ne suis pas que vétérinaire, on va dire. Aujourd'hui, en tout cas, c'est plus ce qui me représente de manière générale, en tout cas, du point de vue de ma profession. Mais moi, j'ai travaillé une très grande partie de ma carrière jusque-là en zoos, en parc zoologique. Et donc quand on s'est rencontré, j'étais sur le de mon long parcours en parc zoologique effectivement. Comme tu l'as dit, moi ma passion, enfin dans tous les cas du plus loin que je m'en souvienne vraiment ma passion principale et tout mon monde, ma maison quand je la regarde tourne autour des animaux, ça c'est sûr, c'est peut-être un peu bateau mais c'est vrai, j'ai vraiment... Oui, toujours été entourée d'animaux, en plus pas que d'animaux, voilà, pas que de chien, chat et de vache ou tout ce qu'on veut comme assez classiquement des vétérinaires en devenir. Mais c'est vrai que moi, j'ai toujours été intéressée par tous les animaux, tout le vivant et notamment les animaux sauvages. Et c'est vrai que c'est vraiment ma passion depuis toujours, ce qui m'a amenée de par mon parcours. professionnelle et surtout scolaire vers le métier de vétérinaire puis le parc zoologique puisque je pouvais soigner des animaux sauvages. Ce qui n'a jamais été pour moi une évidence dans sens où je savais très bien que je ne ferais pas ça toute ma vie parce que moi j'avais surtout envie d'aller observer les animaux dans la nature et soigner des animaux sauvages, vraiment sauvages. mais qui était à l'époque vraiment une porte d'entrée justement à ce monde-là et qui était à mon sens nécessaire, qui me semblait nécessaire, de passer par là. C'était ça le but. Et sauf que je suis arrivé à un moment où effectivement j'étais dans le confort de ce travail en Zoho, sachant que c'était quelque chose de difficile à atteindre, c'était un milieu très fermé, donc j'avais quand même réussi à arriver jusque là. j'étais fière évidemment, mais je savais très bien aussi que c'était pas ma place et plus ça allait, moins je me sentais à ma place. Mais j'avais du mal à sortir de cette situation qui était quand même assez confortable, mine de rien. Et tout ce que j'envisageais d'autres, ce dont je pouvais avoir rêvé depuis toute petite de vraiment plus concret, me semblait pour le coup pas atteignable. J'ai toujours réfléchi dans ma vie en termes de j'ai les capacités, en tout cas au niveau scolaire. Et finalement c'est ça la facilité, c'est d'aller faire des études difficiles, d'avoir un boulot. Et le reste c'était sauter dans l'inconnu, des métiers où il y avait peu de débouchés. C'est le côté insécurité au niveau du travail qui, ça me semblait beaucoup plus inatteignable que faire une prépa et rentrer en école veto et travailler dans un zoo alors qu'il y a peu de place. Violaine: Tout à fait. On a vraiment d'un côté un tunnel qui est assez facile quand on est scolaire c'est je peux donc je peux je vais le plus loin possible. Plus compliqué c'est ce que je veux et il n'y a pas de chemin tout tracé pour y aller et ça veut dire que je prends un risque. Alice Brunet: C'est ça. Violaine: Voilà, vous verrez à côté. Dans la sécurité d'un parcours, on peut prendre le risque de passer à côté de soi. Alice Brunet: fait. Violaine: on est dans ce qu'on sait faire, mais est-ce que c'est juste pour soi ? Ce n'est pas toujours une évidence. En tout cas, on n'est pas forcément dans ce qu'on veut faire. Et c'est vrai que quand on se pose la question de ce qu'on veut faire, très souvent vient le « OK, mais ça n'existe pas », ou à quoi ça correspond en tout cas, effectivement, est-ce que je vais pouvoir en vivre toujours cette même question ? On est beaucoup trop utopique, on est beaucoup trop idéaliste, Alice Brunet: Est-ce que je vais pouvoir en vivre ? Violaine: où ça va prendre une vie pour tout construire, effectivement il n'y a pas de chemin obligé et on peut être super bon et se démener et Dieu sait que tu en as sous la pédale et que d'autres peuvent en avoir mais voilà c'est pas forcément récompensé, ça qui est difficile, voilà ça reste un risque de vie. Alice Brunet: Tout à fait. oui, sacré risque oui. Violaine: petit à tu t'es apaisé avec cette pensée qu'aller vers ce qui te vraiment beaucoup plus envie était vraiment plus risqué. Comment ça s'est fait pour toi, alignement au cours de nos séances et un moment où il y a eu vraiment l'idée que j'y suis, Et puis je veux vraiment tenter d'aller là parce que je sais pas encore si c'est possible, mais en tout cas, ça va être compliqué de faire maintenant l'économie de ce que je ressens tellement fort en moi qui correspond à ce que j'ai envie de faire. Alice Brunet: Alors il faut le dire quand même, c'est quand même important, on m'a quand même mis un coup de pied aux fesses pour ça, c'est à dire que j'ai pas réussi, mais finalement j'ai pas de regret mais c'est le plus important, mais j'ai pas réussi à le faire de moi-même, à passer ce cap de moi-même et effectivement il a fallu que ça se finisse pas très bien au niveau de mon contrat et que voilà, y ait des choses qui font que mon contrat s'arrête. mais c'est là où justement quand je dis bon bah voilà mon contrat s'arrête c'est une... je vais peut-être enfin pouvoir passer le cap. C'est là où effectivement je t'ai rencontré et je me suis dit mais du coup j'ai besoin effectivement Violaine: Oui. Alice Brunet: d'être accompagnée pour me dire maintenant que je suis à un carrefour est-ce que je continue dans cette voie là, ça sera pas ce boulot là mais un autre et je continue dans cette voie là ou est-ce que j'essaie de trouver quelque chose qui est effectivement plus aligné avec ce que je... je ressens depuis longtemps. C'est à ce moment-là qu'on s'est rencontrés. Et en fait, assez naturellement, que je pensais être quelqu'un qui allait très mal vivre la situation et avoir beaucoup de regrets de quitter. Je savais que c'était un milieu que si je le quittais, je n'y retournerais pas. Tellement il y avait de monde sur la liste d'attentes. Et donc je pensais que ça allait être beaucoup plus difficile que ça de ne pas y aller et d'être en paix avec ce choix-là. puis finalement, ça a été assez naturel. Effectivement, j'ai vraiment un ressenti... Je l'ai effectivement assez bien vécu, ce qui m'a aussi confortée dans le fait que même si ça va être difficile, même si c'est très incertain ce qui m'attend, je ne sais comment dire, mais oui, j'étais assez en paix avec ça et je le suis toujours. Je pense que j'ai réussi quand même avec ce temps-là et le travail qu'on avait ensemble à sortir de ce schéma, à me dire qu'est-ce que je vais faire, de cette peur de perdre quelque chose de très sécure pour quelque chose de très insécure. Il y avait aussi quand même vraiment le fait que, ce qui était compliqué, c'est que quand on est vétérinaire, ces métiers-là, même, on est vite enfermé quand même dans un métier. C'est-à-dire qu'on a vraiment l'impression, ça je crois que je te l'ai souvent dit, en fait j'avais l'impression qu'à part soigner des animaux je ne savais rien faire. Violaine: Mmh Alice Brunet: Donc c'est compliqué de se reconvertir quand on a des métiers comme ça parce qu'on est très spécialisé effectivement dans quelque chose qui est très pointu. Violaine: Nn. Alice Brunet: Pour la plupart des métiers aujourd'hui ça ne sert à rien de savoir soigner des animaux. Et en fait on a cette sensation, et je l'avais, je l'ai moins aujourd'hui heureusement, parce que j'ai travaillé dessus, mais j'avais vraiment cette sensation que je ne savais rien faire d'autre, que je n'avais pas d'autres compétences. Et ça, dans le travail avec toi, c'était aussi très compliqué de réussir à se dire, c'est pas parce que j'ai pas de formation de diplôme, pour moi, compétence égale diplôme. Et du coup, j'avais beaucoup de mal à me dire, en fait, si, qu'est-ce que je sais faire d'autre ? Est-ce qu'il quelque chose que je vais pouvoir apprendre aussi, même sans parler de diplôme ? Et du coup, ça m'a pris aussi beaucoup de temps. Ça a été un long cheminement. Mais vraiment, je dirais que c'est vraiment, fur et mesure du temps, sentir que... en fait je ne ressentais pas de stress, ni d'angoisse dans le corps à l'idée d'avoir pris cette décision et de ne pas retourner travailler en zoo, bien en fait que je voyais que je le vivais bien, très concrètement quoi, et bien finalement ça m'a aidé, ça m'a apaisé, ça m'a bien sûr conforté, c'est tout simple mais c'est vraiment la réalité. Violaine: Est-ce que tu peux du coup pour ceux qui sont dans le suspense de qu'est-ce que... où tu as atterri Alice Brunet: Hop Violaine: Qu'est-ce que Alice Brunet: ! C'est un gale suspens ! Violaine: tu as construit Est-ce qu'on peut rentrer dedans puis après on reprendra le fil ? Alice Brunet: Oui, du coup, projet est de monter un centre de soins ou de sauvegarde pour la faune sauvage en France. C'est-à-dire que des structures que les gens ne connaissent pas trop, ce sont des structures spécialisées pour accueillir les seuls qui ont le droit d'accueillir des animaux sauvages que vous trouvez blessés. Mais vraiment des animaux sauvages de France, c'est-à-dire des rissons, des écureuils, des chouettes. Ce des animaux qui n'appartiennent à personne, des lièves. Violaine: des lièvres. On en parlait tout à l'heure. Alice Brunet: Je fais un lien entre... Et du coup, sont des structures qui ont à la fois des seules structures habilité à soigner ces animaux, des milliers d'animaux qui passent tous les ans dans ces structures, mais à la fois, c'est des structures très précaires, ce qui fait que ça a été compliqué pour moi de monter un projet, puisque ce sont des structures associatives, uniquement. Il a d'autres pays où c'est l'État qui prend en charge ces missions, ce qui est bien logique, étant donné que ces animaux n'appartiennent à personne, en France, ce n'est pas cas, donc ce sont des associations qui gèrent ces structures. Et donc le côté vraiment précaire du milieu associatif pour un projet qui est quand même ambitieux parce que c'est pas juste un salarié dans un bureau, enfin là on parle d'une clinique vétérinaire qui soigne des milliers d'animaux par an quoi. Donc c'est un budget qui est conséquent, donc ça me semblait effectivement quelque chose d'assez insurmontable et d'ailleurs toujours aujourd'hui très insécure parce que c'est tous les ans aller chercher de l'argent pour un projet qui certes me parle et me tient vraiment à cœur. mais qui va être difficile à faire vivre Violaine: c'est ça qui est intéressant, c'est qu'il d'une part des fonds publics, mais il a aussi des fonds privés, enfin il a... Alice Brunet: Oui bah aujourd'hui ça va être essentiellement d'ailleurs parce que ça pour le coup ce qui réel c'est que les fonds publics sont de plus en plus réduits donc les subventions même si on se bat quand même pour essayer d'aller en chercher parce que c'est quand même encore une fois une mission de quand même qui devrait être portée par les collectivités. bah oui oui c'est une association d'intérêt général notre assistant exactement. Violaine: Oui, peut le dire, d'intérêt général. Si on comprend l'intérêt général comme étant beaucoup plus grand que juste des simples citoyens, mais aussi leur rapport aux vivants et donc à toute la chaîne qui nous définit. Alice Brunet: Exactement, c'est ça. Mais du coup, effectivement, aujourd'hui, ça va être surtout le mécénat, donc les fonds privés qui vont faire vivre ce genre de projet, c'est évident. Et la part du privé va être de plus en plus importante compte tenu de la situation de la France, oui. Ça, c'est Violaine: Oui. Alice Brunet: sûr. Violaine: Est-ce que peux nous exposer là en quoi ça répond à ton il yaï Du coup, ça permet de comprendre ce qu'il y a derrière le centre de soins. fait, la philosophie du centre de soins est la manière d'envisager la manière de penser et penser le monde dont je parlais en introduction. Alice Brunet: Je crois que ce qui est beaucoup plus aligné avec mes valeurs, c'est justement le fait de... D'ailleurs on appelle ça 62 soins, ce que je disais 62 sauvegardes. c'est vrai que là on est pile dans... Moi j'ai pas fait vétérinaire pour soigner mais plus pour... protéger ou sauvegarder comme je te disais. Violaine: Oui. Oui. Alice Brunet: crois même qu'il y avait un autre mot que j'arrivais pas à retrouver, que j'avais sorti, qui était plus pertinent. Mais en tout cas c'est vraiment l'idée, c'est-à-dire que moi j'ai toujours vu mon métier effectivement pas juste dans le soin comme un médecin frère, enfin voilà, technique, mais plus justement à plus grande échelle sur protéger les animaux plus que les soigner. Ma mission, et le centre de soins il allie un peu finalement tout ça puisque l'idée c'est de protéger le vivant autour de nous soit en soignant entre autres en soignant des milliers d'animaux par an blessés dont les causes sont à 80, plus de 80 % des causes d'origine humaine évidemment sinon c'est pas cohérent Violaine: Mmh. Alice Brunet: alors ça reste la nature mais à la fois voilà on répond à une demande aussi des gens de vouloir soigner ces animaux mais c'est aussi il a l'aspect sauvegarde parce que Parmi ces animaux, y a aussi des animaux en danger fortement, donc on va quand Violaine: Mmh. Alice Brunet: même aider les populations. Il y a le côté sensibilisation parce que le fait d'aider même des animaux qui ne pas forcément en grand danger, des espèces pas en grand danger, on va sensibiliser les gens à la protection de l'environnement de manière générale. C'est-à-dire pourquoi aujourd'hui vous avez retrouvé un risson pas bien dans votre jardin parce qu'il a mangé du tulimas que vous mettez et donc ça vous montre à quel point... En utilisant ça, tuez pas mal de biodiversité chez vous. Il y a un gros aspect en jeu de sensibilisation. y a un gros aspect aussi qui... Tous ces aspects-là s'alignent avec moi. Mon éthique, c'est aussi l'aspect recherche. C'est-à-dire que sur les centres de soins, on est en plein dans le Wannels. sais, le côté... n'y a qu'une seule santé, la fois animale, sauvage, animale, domestique et humaine. Et en fait, sur cette activité-là, on est en plein là-dedans. Parce que les animaux qu'on soigne, c'est des animaux qui vivent autour de nous. fait, si tu veux, que cette activité elle est quand même liée à l'activité humaine, parce que pour trouver des animaux blessés, il faut des gens. Donc pour avoir des gens, il faut des bassins de population. Donc au final, là où il a le plus d'animaux trouvés, c'est clairement autour des villes et en tout cas des agglomérations. Et en fait, du coup, on est sur des animaux qui vont vivre à proximité de nous, à proximité des animaux domestiques. et donc apprendre à mieux les connaître et faire des analyses justement avec tout ce qui est zoonose aujourd'hui, développement de maladies, et bien c'est un vivier d'information qui est hyper précieux quoi. À la fois du point de vue de la recherche, du point de vue de la sensibilisation, enfin on est vraiment au cœur de tout ça quoi. Donc en fait ces centres ils ont vraiment un pouvoir, il y aurait beaucoup d'argent, ils ont un pouvoir vraiment immense en termes de protection de la biodiversité. Malheureusement, ça se construit petit à petit parce que tout ça, ça a un coût. Et évidemment qu'aujourd'hui, on ne pas la fois soigner des milliers d'animaux par an, faire de la recherche pour vérifier quelles maladies circulent, pourquoi, comment, à la fois aller faire des grosses animations de sensibilisation. Enfin, tout ça, a évidemment un coût. Mais dans l'idéal, sur le papier, si on avait un millionnaire qui nous donnait beaucoup d'argent, ce serait vraiment très, très puissant comme projet. Violaine: Merci pour ce développement parce que ça permet vraiment à nos auditeuristes de comprendre, quand on est vétérinaire, en tout cas toi quand tu me parlais du vétérinaire, on va dire le vétérinaire lambda, parce qu'il en a aussi, mais c'est, voilà, on soigne, on répare, on répare, on répare, on répare, l'animal Alice Brunet: C'est ça, c'est réparé, oui. Violaine: vient par l'homme, repart par l'homme, c'est beaucoup d'animaux domestiques. Alice Brunet: Ouais. Oui. Violaine: et voilà on enchaîne mais il a pas de réflexion globale finalement sur l'animal, le lien à l'homme, le lien à la nature, le vivant en général et c'est vrai que quand tu parles Alice Brunet: Le vétérinaire, il soigne des animaux pour les hommes. C'est ça, oui. Pour la nature. Violaine: Voilà c'est ça, exactement ça c'était ton expression, c'est pour les hommes, c'est pas pour les animaux eux-mêmes, c'est parce qu'il un lien qui a été, voilà, qui est né lors de la domestication Mais là c'est vrai qu'on est sur quelque chose effectivement beaucoup plus large parce que quand tu parles de la protection de la biodiversité ça fait aussi penser à... le métier d'environnementaliste, de biologiste, quand on parle du soin, effectivement, il a l'idée du vétérinaire. Quand tu parles de la recherche aussi, parce qu'il a tout un peu en recherche pour travailler sur le pôle Alice Brunet: Oui, ça c'est mon côté scientifique. Violaine: santé, avec tous les nouveaux virus, etc., on voit que c'est un projet, j'ai envie de mettre le mot politique, mais parce que je l'emploie au sens vraiment noble du terme, pas en termes politicien, mais vraiment la politique comme une manière de... penser avec un E nos différents liens entre nous pour en faire quelque chose de cohérent. Et effectivement, quand on Alice Brunet: T'as fait. Violaine: est enfermé dans un cabinet et qu'on soigne un animal l'un après l'autre, aucun jugement par rapport à ça, c'est très bien, pas de problème, mais Alice Brunet: Non, non, baisse-toi, baisse-toi. Violaine: toi tu prends beaucoup de hauteur par rapport à ça quoi. Vraiment tu... Voilà, Alice Brunet: C'est ça, c'est ça, c'est un peu plus de recul. Violaine: c'est l'histoire de penser le soin dans le sens... Pourquoi, quel but... Voilà, Alice Brunet: plus global, oui. Violaine: ça me semble logique quand on l'écoute, mais je pense que tout le monde ne pense pas son métier de vétérinaire comme ça. c'est souvent la problématique, c'est qu'on est un peu enfermé dans des métiers et l'idée c'est de penser ça de manière beaucoup plus globale Alice Brunet: plus global ouais vraiment Violaine: et donc du coup stratégique. avec plus de sens et de manière plus efficace aussi, parce que c'est vraiment ça qu'on va chercher derrière. Alice Brunet: Après encore une fois c'est sûr que la relation que peut avoir, enfin moi encore une fois je critique pas le métier de mes collègues et amis, c'est sûr qu'il y a quelque chose de puissant d'effectuement soigner l'animal pour les gens et le bien, enfin encore une fois moi la première j'ai des animaux domestiques, je m'en cache pas et parce que comme je te disais en fait moi c'est justement j'aime, c'est pas le fait de critiquer le métier, j'en ai besoin moi la première, Violaine: Non. Alice Brunet: moi j'ai besoin d'être entouré d'animaux mais justement de tous les animaux. Et il y avait un point, c'est sûr, à l'école, je pense, sur lequel je n'étais pas trop en phase avec tout monde, c'est que moi j'ai vraiment fait ce métier parce que j'aimais tous les animaux. En tout cas, j'étais intéressée par tous les animaux. Violaine: Mmh. Alice Brunet: Je n'arrive pas trop à envisager une façon de penser, une mentalité de je fais védérinaire parce que j'aime que les chats, ou parce que j'aime que les... Et au-delà d'aimer sur ces animaux, on a le droit de préférer une espèce, mais de n'avoir rien à faire, de ne pas s'intéresser du tout au reste. Et c'est là où j'ai le plus de mal des fois à discuter avec des confrères, c'est quand ils ont vraiment un rejet complet de d'autres espèces et qui sont vraiment très enfermées dans... Et c'est là où je trouve qu'il effectivement un manque d'ouverture d'esprit. Mais moi j'aime beaucoup les chats, j'aime beaucoup les chiens, je... voilà, je suis pas sectaire. Violaine: Et c'est quelque chose qui se fait justement, entre étudiants en véto ou collègues, de se demander c'est quoi son animal préféré, c'est ce qu'il préfère, il y a toujours une... Ça se demande ça, c'est quelque chose qui semble... Alice Brunet: Alors, sais pas que ça se demande mais en fait c'est naturel puisqu'on nous demande de nous spécialiser et ce est logique, après Violaine: Mmh. Alice Brunet: il y a encore des gens qui sont sont qui sont mixtes et qui font un peu un peu de tout mais mais ça se fait naturellement mais par contre je te dis ça parce que justement moi j'ai notamment eu des étudiants pourtant des stagiaires en zoos, pourtant en zoos justement ça veut dire qu'on est intéressé par un panel d'espèces qui est très... et ben j'avais quand même des fois des stagiaires qui disaient non mais moi de toute façon j'aime que les reptiles et les oiseaux j'aime pas du tout je m'en fous enfin ils vraiment ils étaient... Peut-être que c'est l'hyper spécialisation aussi et encore une fois pourquoi pas. C'est juste que moi j'arrive pas à à réfléchir comme ça. J'ai du mal à me dire qu'on puisse être enfermé comme ça dans... Et ça surtout moi je le vis au quotidien maintenant de vétérinaires qui au-delà de se dire je suis pas compétent pour accueillir un oiseau que tu m'envoies qui a été blessé à côté de chez moi. Ils peuvent très bien dire ça moi j'ai pas de souci avec les autres par contre je suis pas compétent. La plupart du temps c'est pas la réponse la plupart du temps c'est... c'est qu'ils ont même pas envie de voir ça, ils ont même pas envie de toucher. En fait, ça leur paraît, j'ai l'impression de parler à des gens, c'est comme si moi tu me parlais de voiture. Violaine: Mmh. Alice Brunet: Des fois je leur parle d'oiseaux, je leur demande s'ils peuvent accueillir un oiseau à soigner, j'ai l'impression que c'est comme s'ils me parlaient à moi de devoir réparer une voiture, comme si c'était même pas la même... Tu vois, c'est pas un animal quoi, genre les Violaine: Hmm... Hmm... Alice Brunet: oiseaux, non j'aime pas ça, je... Alors que... Et donc ça, moi, ça me dépasse comme attends. Mais même avec des fois des propres amis à moi de promo, Violaine: Hmm hmm Alice Brunet: qui ne comprennent pas du tout ce que je fais. que... Et ça, j'ai vraiment du mal à comprendre ce truc très enfermé dans une espèce, quand t'es veto. Après, c'est peut-être moi qui... Violaine: Il y a une forme de... oui, alors la spécialisation effectivement peut mener à ça, mais est-ce qu'au delà il n'y a pas consciemment ou inconsciemment une hiérarchisation Est-ce que... je ne pas... est-ce que... toutes nos conversations qu'on a eues aussi autour du loup que je trouvais très très intéressante parce que Alice Brunet: Ouais ! Violaine: là pour le coup ça renvoie à quand même beaucoup beaucoup de choses tant Alice Brunet: Oui. Violaine: au mal, à la perfidie voire la personnalisation d'un violeur même ça va quand même très loin et je me souviens de Alice Brunet: Hum... bah le loup oui. Violaine: ta manière de réagir fortement quoi sur le fait que attention à tout ce qu'on colle comme image, comme intention, comme sur différents animaux, alors que toi tu vraiment, tu portes vraiment le message hyper fort de tout le vivant à une raison d'être, une place un légitime besoin d'être secouru ou d'exister. Alice Brunet: Ouais, le droit d'être là. Violaine: d'une part dans la chaîne alimentaire mais parce que le vivant s'il est aussi complexe et aussi diversifié c'est bien qu'il a une raison d'être je sais pas si tout le monde est en capacité de pouvoir réfléchir et penser ça je me souviens quand on avait discuté je me disais mais pour moi ça rentrait dans les études de veto de penser le vivant et en fait tu m'as appris que non Alice Brunet: Et oui, et bah non. Pas du tout, mais c'est pour ça, c'est ce que tu dis. Je pense quand même, le loup, c'est un bon exemple, c'est que vraiment, il y a quand même vraiment une déconnexion. à 12 000 niveaux, on pourrait en parler pendant des heures, mais il y a quand même une très grosse déconnexion à la nature. Et ça, c'est une des... C'est un exemple flagrant, le loup et le fait de plus savoir vivre et de même pas se dire pourquoi il aurait pas autant sa place que nous. C'est pas une question de hiérarchiser, il a le droit autant que nous d'être là. On a tellement pris d'habitude de déconnexion à la nature que dès qu'on remet une composante naturelle qui est... pas forcément qui peut avoir des inconvénients ou tout cas qui nous met un peu des obstacles à certains niveaux, on n'arrive même plus à l'envisager. Mais très clairement, en tout cas ma profession n'est pas épargnée par ça, donc c'est que clairement, effectivement, ce n'est pas quelque chose qui nous a été inculqué. Ça c'est évident, Violaine: Mmh. Alice Brunet: c'est toujours assez compliqué à entendre. Non, non, ça c'est sûr. Violaine: quand je t'entends je me dis vraiment qu'il manque et tu incarnes ce maillon là peut-être et c'est peut-être une idée pour la suite ou pas du tout, je me dis juste ça mais... Alice Brunet: Si donne-moi des idées j'en ai besoin ! Violaine: Ben le fait qu'il manque justement... Alors est-ce que c'est une formation, un mouvement de pensée, je sais pas, ou... Parce qu'on a l'impression qu'on a des spécialistes, on vit beaucoup en experts et donc on est en silos quoi, donc ça fait des supers experts mais qui ont du mal du coup à appréhender facilement le monde de l'autre et en fait voilà un espèce de consortium, un think tank, je sais pas moi, où on pense le vivant en général, pas couper les uns les autres, hiérarchiser, mais le vivant en général parce que j'ai du mal à imaginer que c'est pas une clé pour demain et qu'on a déjà fait énormément de dégâts en Alice Brunet: Mmh. Violaine: ne comprenant pas que... on est obligé de faire tous ensemble et c'est une immense richesse de faire tous ensemble. Je comprends qu'il y ait de la complexité, je comprends qu'il ait plein de choses mais j'ai l'impression que c'est ça qui court un peu à notre perte finalement. C'est pour ça que j'envisage Alice Brunet: Chut... chut... Violaine: ton projet comme très politique comme je le disais tout à l'heure. Alice Brunet: Oui après je suis pas de novatrice sur le sujet, j'ai plein d'autres... quand même heureusement et à la fois, enfin tu à la fois c'est pas moi qui ai inventé ça et je suis loin d'être la seule et heureusement et à la fois je reste quand même toujours tu vois même auprès de mes amis, auprès de ma promo alors attention ça fait quand même déjà 12, 13 ans que je suis sortie de l'école j'espère que les choses ont un peu changé mais mine de rien je reste quand même un peu la bizarre quoi tu vois soit des oiseaux et qu'on regarde un peu bizarrement et je le ressens toujours un peu dans le regard même de proches ou d'amis d'école. Et pour autant comme tu dis c'est pourtant quelque chose d'aujourd'hui d'assez évident Violaine: ... Alice Brunet: auquel on peut pas se passer. Il y a plein d'exemples de gens qui essaient de le... Donc c'est un peu une ambivalence à la fois on le sait c'est évident c'est un peu comme pour le réchauffement climatique quoi et à la fois il se pas grand chose quoi tu vois c'est Violaine: Oui, oui. Alice Brunet: les habitudes ont quand même du mal à être être changé, on a du mal à changer nos habitudes et autant on le sait, autant ça reste difficile. si tu veux, je pense vraiment quand même le plus compliqué est justement le fait de se dire que des gens qui ont fait l'école avec moi, encore une fois, même des amis, ont ce regard que je sens un peu ne pas comprendre, enfin ne pas comprendre si bien sûr ils se disent que c'est beau, c'est génial, mais en tout cas que eux ça ne leur parle pas, c'est peut-être le plus, effectivement, plus difficile quoi. Après c'est pas pour ça que ça m'arrive pas. Violaine: Oui, c'est la question que j'allais poser après mais c'est très bien du coup que tu en parles et Alice Brunet: ... Violaine: forcément en t'entendant j'avais ce petit sourire parce je reconnais Alice Brunet: ... Violaine: tellement quand moi j'étais dans ce cheminement de parler de sens au travail, de créer de la valeur et que créer de la valeur pour moi ça ne pas passer par des choses qui pour moi détruisent la planète quoi, en tout cas ne créer pas Alice Brunet: Hum. Violaine: de la valeur ça c'est certain. mais de sentir que je les emmenais dans un truc. Wow, il y avait du brouillard quoi ! Alice Brunet: C'est ça. Violaine: Et voilà, voilà mon petit sourire. Et il n'empêche que maintenant on en parle énormément. très souvent peut-être, parfois quand on est un petit peu en avance, les choses ne pas émerger de manière encore trop grande. Mais je pense que tu as pris encore une fois le train à temps et je pense que dans quelques années, enfin je m'imagine pas que ces pensées ne puissent pas... et te porter plus profondément, en Alice Brunet: ... Violaine: tout cas je l'espère, tu ne pas t'imaginer. Qu'est-ce que tu as fait du coup Alice Brunet: bah moi aussi sinon je... Sinon on perd espoir, Violaine: pour essayer de les contourner, toutes ces personnes qui disaient « ouh là Alice, ça fume beaucoup dans son cerveau, là, elle va vraiment se poser des questions, ce n'est pas la peine, voilà, tu te mets en cabinet, tu... Alice Brunet: Non mais en vrai, pense que j'ai pris quand même confiance en moi avec les années. C'est pour ça, je reviens sur ce que tu disais que c'était à temps. Très clairement, je n'étais pas prête avant bien sûr parce que je manquais énormément de confiance en moi. J'ai mis des années à réussir à avoir confiance dans ce que je faisais, ne serait-ce que mon métier. Donc dans tous les cas, je n'aurais pas été prête plus tôt. Ça aurait été trop difficile justement de gérer tout ça. Le temps a fait, je pense vraiment, le temps que j'arrive à effectivement plus... En tout cas, ça ne me touche pas, je sois justement bien alignée avec mes valeurs et que du coup, autant j'entends et je... Mais ça ne me fait plus de... Ça ne fait pas de mal, quoi. Ça me triste pas. Non. C'est ça. Violaine: Oui, ça te remet plus en cause, tu l'écoutes mais c'est une information, c'est pas une exhortation ou un jugement de valeur qui t'oblige à changer ton point de vue, on est bien d'accord. Ok, c'est vachement important Alice Brunet: C'est ça, exactement. Violaine: et finalement on se rend compte que ça fait beaucoup de choses ça. Alice Brunet: Oui, franchement encore une fois il a quelques années encore j'aurais pas cru ça parce que je viens vraiment Violaine: Mmh. Alice Brunet: d'un milieu vraiment où il faut être sur le droit chemin, très scolaire, après très bienveillant pour autant, donc j'avais pas de stress non plus, mais en tout cas c'est pas quelque chose qu'on m'a inculquée, donc c'est sûr que c'était un peu plus difficile de sortir de ce cadre qu'on nous impose très clairement. Violaine: Et je me souviens que c'est allé jusqu'à un moment où tu m'as dit en fait je sais même pas si j'aime soigner tu peux le faire, tu le fais très bien mais c'est pas... je me souviens tu m'avais Alice Brunet: Oui. Non ! Violaine: dit c'est pas mon super kiff quoi et je me souviens je dis Alice Brunet: Non. non, j'aurais pu faire autre chose effectivement. En tout cas, j'ai pas... Tu sais, c'était effectivement tout le cheminement, c'est-à-dire que je pourrais très bien, et je le fais ces dernières années, passer du soin. Donc je peux faire autre chose. En fait, ce que j'aime, c'est justement le fait de faire plein de choses différentes. Et c'est ça qui était compliqué. Encore une fois, on revient au fait, on est vétos, on ne que soigner. Je me suis effectivement enfermée dans un métier Alors même que, effectivement, c'est pas mon... c'est pas ce que je préfère. En revanche, je pense que j'ai encore besoin du contact quand même avec les animaux et le soin me le permet. Alors contact, je vais pas caresser des petits zécurains, mais je dire, j'ai quand même besoin d'avoir ce lien. que je te disais, c'est que je n'aurais pas pu pour autant faire... En tout cas, je suis toujours pas prête à faire juste un métier dans un bureau ou sur le terrain, loin de... Voilà, j'avais quand même... J'ai encore besoin. Voilà. Violaine: Non, mais ça c'est pas toi. Il faut que tu sois dehors, faut que tu sois au contact, il faut que... Alice Brunet: Et donc c'est pour ça que le centre de soins, quand on a fait le bilan, finalement était assez évident parce que ça permettait justement de garder ce contact et de faire quand même du soin. Peut-être qu'un jour j'arrêterai. te dis, ça ne me privera pas. Mais par contre, le centre de soins permet d'allier encore tout ça et de continuer quand même mon métier de vétérinaire que, mine de rien, le côté soins, j'ai toujours du mal quand même à vraiment abandonner. Alors est-ce que c'est juste parce que la société... Enfin tu vois, je le vois aujourd'hui, ça fait deux ans que je ne pas vraiment mon métier de vétérinaire de soins et quand vous dites que vétérinaire, ils me demandent dans quelle clinique je travaille. Et quand je disais avant que ne travaillais pas en clinique, je travaillais en zoo, c'était encore mieux. Mais ils n'imaginent rien d'autre pour un vétérinaire. Violaine: Oui. Alice Brunet: Et ça, aussi difficile quand même de dire que je suis vétérinaire mais je travaille pas dans une clinique. Actuellement, je travaille pas non plus en zoo. Ils comprennent pas. Ce n'est pas facile. Vraiment pas. Violaine: Oui, ben on n'arrive pas à te mettre dans une case. Alice Brunet: Oui ! Violaine: Tu verras ça aussi de très bon côté. Tu gardes ta liberté et de te définir Alice Brunet: C'est ça. bon ? Oui. Violaine: toi-même par rapport à ton objectif en fait. C'est ton but, en fait ton métier, ton... Oui, c'est le but que tu t'es donné, enfin c'est ce qui correspond à... que tu penses devoir faire pour en tout cas réussir une certaine forme de vie, en tout cas une certaine vie professionnelle, te dire que si tu as réussi ça, c'est au fond de toi, t'es au bon endroit quoi. Donc bon, voilà, pour ceux qui ne réfléchissent pas... Alice Brunet: Oui. Mais pour l'instant j'ai du mal à vraiment abandonner le soin. Alors encore une fois, est-ce que c'est parce que j'ai pas encore assez cheminé et que je... voilà, la société veut que je sois vétérinaire et que je soigne, je sais pas. Pour l'instant je suis pas prête à complètement abandonner ce métier-là, ça c'est sûr. Oui oui, tout à fait. Oui oui oui, non mais bien sûr, il y a plein de... Oui oui, il en faut. Violaine: Oui, pourquoi l'abandonner d'ailleurs ? Parce que c'est quand même génial de pouvoir soigner, franchement. On manque de soignants, des personnes qui prennent soin. Qu'est-ce que tu Alice Brunet: ... Violaine: as appris dans cette histoire ? Qu'est-ce que tu as envie de partager ici par rapport à ça ? Ouais, pourquoi ? Pour la vie ? Alice Brunet: Qu'est-ce que j'ai appris ? Alors, très clairement, oui. Violaine: sur plein de choses. Alice Brunet: Alors, sur moi, très clairement, y a quelque chose de vraiment, c'est la patience. Vraiment, vraiment, vraiment. Parce que moi, j'étais quelqu'un de profondément impatient. je savais que ça allait être compliqué parce que le projet étant très ambitieux avec plein d'étapes avec je savais qui aurait des hauts, des bas, enfin ça je ne le serais pas par rapport à ça. Je savais que je mettrais à l'arbre des preuves ma patience et très clairement ça m'a fait un bien fou là-dessus, c'est-à-dire que vraiment j'ai appris et c'est peut-être des choses maîtres mais pareil le fait que vraiment ça m'a appris aussi le fait que... J'étais quelqu'un de très anxieuse et donc notamment un truc un peu banal mais le fait que j'avais de l'anxiété pour tout et vraiment le fait de se dire bah voilà il a des choses qui dépendent pas de moi je vais pas pouvoir être anxieuse pendant trois quatre cinq ans le temps que le projet se fasse ça va pas être possible vu les hauts et les bas qui va y avoir et qui a eu et qu'il a encore et donc il a un moment juste mon corps a dit non mais c'est pas possible tu peux pas être au tout début c'était très anxiogène Il y a eu des phases compliquées et en fait juste, je pense que vraiment mon cerveau s'est habitué et s'est dit voilà tu vas pas survivre si tu es comme ça Violaine: Mhmm, mhmm. Alice Brunet: anxieuse 5 ans non-stop donc juste voilà les choses qui dépendent pas de toi, c'est pas grave, tu te peut rien donc arrête de stresser pour ça. Toi, t'as fait tout ce qu'il fallait, partir du moment où moi j'étais sûre d'avoir fait tout ce que j'étais au bout de ce je pouvais. Quand après c'est plus dans mes mains, je dors la nuit et j'arrête de ruminer sur des trucs qui... Ça vraiment aussi à fond. Violaine: Oui, ça c'est pour ceux qui nous écoutent et qui sont extrêmement impatients, c'est intéressant de savoir que si c'est possible et effectivement et aussi pour les hyperanxieux, à un moment de se mettre complètement dans quelque chose d'hyper angoissant, Alice Brunet: ! Violaine: ça peut aussi développer des capacités à pouvoir survivre parce que sinon, voilà. Il faut dire Alice Brunet: de résistance, oui c'est ça. mais très clairement. Violaine: pour ceux qui nous écoutent que quand même tu as changé complètement de lieu. Ton conjoint aussi, enfin bref, quand même il y eu des changements de vie et très très peu de stabilité, non pas seulement d'un point de vue professionnel mais t'as engagé tout dedans quoi, un nouvel environnement professionnel, enfin il fallait tout être nouveau quoi, tu es partie Alice Brunet: Mmh. Violaine: complètement à la recherche de... Alice Brunet: Tout à fait. Après il dire aussi que ma collègue sur le projet est quelqu'un à l'inverse de absolument zen et anxieuse pour rien. Donc en fait ça aussi quand même c'est important, c'est à dire ne pas s'associer à des gens qui ont les mêmes défauts, en tout cas c'est très angoisse que nous parce que sinon on se monte le bourrichon là-dessus. C'est vrai que là-dessus elle arrive à m'équilibrer, ça fait pas tout, mais il a aussi de ça quand même. Violaine: Oui, la complémentarité et puis choisir les personnes avec qui on a vraiment envie de raisonner et de raisonner. Souvent je trouve que c'est deux mots qui vont vraiment ensemble, même s'ils s'écrivent Alice Brunet: Bien sûr. Violaine: différemment, bon, voilà, ça marche quand on a quand même un minimum de diapason. Alice Brunet: clairement, pardon je repensais à ce que tu disais mais il aussi d'autres choses. y a évidemment ce qu'on disait tout à l'heure, c'est à dire le fait de voir que, bah oui en fait je sais faire autre chose que soigner des animaux. Sur les compétences effectivement, c'est aussi quelque chose qui m'a, voilà, où j'ai pu faire plein de choses et vraiment aussi ce que je disais, c'est aussi très bateau mais faire confiance à la vie. C'est à dire quand on est comme moi dans un système très scolaire avec des boulots, voilà, c'est... en vieillesse, c'est compliqué de se dire que ça va être précaire et qu'on sait pas ce qu'on va faire demain et c'est ultra stressant et ça c'est un truc bateau mais j'ai plein d'amis à qui ça arrive d'effectivement d'avoir du peur de sortir de sa situation tu le sais bien aussi par rapport à l'instabilité, l'insécurité très clairement c'est bateau de dire à chaque fois fais confiance en la vie mais très clairement c'est le cas c'est à dire qu'à partir du moment où tu es aligné avec toi même et que les choses elles se présentent à toi, c'est bête mais après ça peut prendre trois mois comme ça prendra deux ans mais justement ça t'ouvre à des éventualités que tu n'aurais jamais envisagées et ça je pense que même si ça peut prendre du temps c'est pense assez systématique c'est à dire que vraiment ça sortira de ta zone de confort ça va vraiment t'ouvrir des possibilités et ce sera des expériences qui sont impossibles à regretter parce que c'était tellement justement pas envisagé par ton cerveau que Violaine: Oui, oui, oui. Alice Brunet: du coup tu sors vraiment de ta zone et tu prends toutes les expériences comme quelque chose de nouveau et qui va justement amplifier tes compétences. Donc ça c'est sûr. Violaine: Oui, plus on vit des expériences, plus on se met en situation de comprendre qu'on a effectivement d'autres sources, Alice Brunet: C'est ça. Violaine: d'autres travers. Oui aussi, évidemment ça va te Alice Brunet: bah bien sûr. Violaine: faire, mais du coup ça me fait vraiment rebondir. Tu vois, quand tu disais que tu n'avais pas de patience, parce qu'il a la patience d'un point vue administratif qui est hyper, hyper lourde, et celle-là, Alice Brunet: ... Violaine: Dieu sait que tu as dû la travailler. Il n'empêche que, il me semble qu'on était en encore en train de travailler ensemble quand tu es parti en Roumanie pour voir les loups de nuit en Alice Brunet: En Pologne, oui ! Violaine: Pologne et tu m'expliquais quand même que par des températures, Alice Brunet: C'est important. Oui. Violaine: bien tu étais capable d'attendre dans la nuit, d'imaginer derrière une feuille Alice Brunet: Oui, sur les affûts, oui. Violaine: qui se... bouge doucement, il y a peut-être un pas de... pas de loup qui arrive. Donc tu vois, cette patience, autant tu l'avais pas dans certains domaines, mais tu pouvais l'avoir dans d'autres. Et quand on parle du coup d'expérience, c'est de ça dont on parle, C'est en s'obligeant à faire un certain nombre d'expériences. Alice Brunet: Oui, oui tu as raison, dire que je l'avais pour... j'étais capable effectivement de rester en afflux quatre heures en attendant de voir si peut-être j'aperçais au vrai une pote de loup ou même rien du tout ce besoin d'aller se reconnecter et se dire que justement on fait rien pendant quatre heures parce qu'on espère peut-être voir quelque chose. Ça c'est assez puissant. Pour moi qui aime la nature et qui a besoin de connexion à la nature, c'est sûr que... Violaine: Mmh. Mmh. Alice Brunet: Ça c'est pareil, ça parle pas à tout le monde. Ça Violaine: Dis-moi pour nos auditeuristes, voilà ils ont un peu compris, cheminement. Après tu exerces vraiment sur le terrain, donc est-ce qu'on peut passer un petit message à ceux qui habitent dans le Var et qui peuvent se trouver dans l'hypothèse qu'on évoquait avant d'enregistrer ou un... un ancien chasseur panty vient te voir en te disant qu'il a secouru un lièvre et que voilà aujourd'hui il vient à leur secours alors qu'avant il allait les chasser et aucun jugement de valeur derrière voilà c'est son chemin c'est comme voilà il n'y a rien Alice Brunet: Bonne soirée, Violaine: du tout mais c'est quand même intéressant d'entendre cela est-ce que tu peux nous en parler un petit peu plus nous dire voilà où vous êtes éventuellement passer le numéro de téléphone renvoyer sur ton site, sur tes infos sur Instagram. Alice Brunet: Oui parce que du coup ce qu'on a pas dit c'est que le projet du coup n'est quand même pas encore complètement d'actualité voilà Violaine: encore tout à fait abouti. Alice Brunet: ça va être très long c'est très long je le toujours mais encore une fois c'était très très ambitieux 8000 étapes. Mais effectivement, a créé du coup l'association il y a plus de deux ans maintenant et on a déjà une action effectivement, c'est-à-dire qu'on a une ligne téléphonique où effectivement les gens peuvent nous appeler quand ils découvrent des animaux blessés ou qui pensent blessés ou en détresse pour qu'on puisse les aiguiller comme il faut avec ce qu'on peut aujourd'hui et les rapatrier vers les différents points relais, ce qu'on appelle points relais. les vétérinaires qui sont partenaires, etc. Donc ils peuvent appeler le numéro, après je peux le donner, mais c'est vrai que tout est sur le site, notre association s'appelle Totem. Violaine: Oui, on le mettra en lien. Alice Brunet: Et on est donc Violaine: Ahahahah Alice Brunet: dans le VAR et on a des actions, on fait déjà des actions de sensibilisation, on des événements, de la sensibilisation au scolaire, on fait donc ces actions de rapatriement des animaux. Et on est en création du futur centre, sur une commune du littoral dans le Var. J'espère l'année prochaine enfin, qu'on ouvrir ses portes, mais c'est le parcours du combattant. Après Violaine: Oui. Alice Brunet: cet été, a pu avoir une première action de sauvetage, qu'il y a eu la canicule en juin. Violaine: Oui. Oui. Alice Brunet: C'est un très bon exemple d'action qui peut être... Parce que c'est assez représentatif, c'est-à-dire que nous dans le Sud, a beaucoup de martinets, souvent les gens confondent avec les hirondelles. C'est encore différent, c'est une espèce qui fascinante parce que c'est des oiseaux qui ne se posent jamais au sol de leur vie quasiment. Ils se posent au sol uniquement pour aller nicher, pour nicher ou nourrir les petits mais sinon ils font tout en vol. Ils Violaine: ... Alice Brunet: mangent, ils boivent, ils se reproduisent, ils font tout en vol. Donc c'est assez fascinant et ils migrent tous les ans et donc ils nichent essentiellement dans le sud mais pas que. Et justement dans les colonies, nichent dans les bâtis en ville. C'est vraiment des oiseaux qui à la fois vivent dans le ciel et à la fois sont très proches de nous parce qu'ils nichent chez nous dans les villes. en fait, cet été, en juin, y a eu une canicule et du coup, comme ils nichent sous les toits, quand il fait 40 un canicule, sous les toits, il fait 60 degrés, quoi limite. Et donc ils se jettent des nids, petits. Et donc on retrouve plein plein de petits au sol. Et les gens les trouvent puisqu'ils sont en ville. donc c'était littéralement des centaines d'oiseaux. et dû ouvrir un point relais d'urgence pour eux cet été. a eu quasiment 380 martinets pour finir de les élever et ensuite parce qu'on peut bien sûr pas du tout aller les remettre au nid vu où ils nichent donc on est obligé de les récupérer, les élever jusqu'au bout et puis de les faire partir ensuite. Donc ça nous a permis d'avoir une première action, on a eu des bénévoles donc voilà pareil il a des actions comme ça qu'on peut faire et si les gens veulent être bénévoles pour nous que ce soit pour rapatrier les animaux ou bientôt je l'espère pour soigner des animaux, ils peuvent rejoindre notre association. Violaine: Super, c'était vraiment le message à passer. Donc totem, si vous êtes dans le VAR, si Alice Brunet: ... Violaine: l'interview d'Alice vous parle, allez-y Alice Brunet: ... Violaine: en fermant les yeux. Ça va être une super expérience à vivre. Alice Brunet: Faut être facile en fermant les yeux. Violaine: Et bien là-dessus parce qu'on a largement dépassé l'heure. Je propose qu'on arrête, je reparle encore une fois de totem, de voilà, si vous voulez en savoir plus surtout n'hésitez pas et à très bientôt pour une nouvelle aventure. Alice Brunet: Merci ! Violaine: Merci Alice.