Latest / LE SAVIEZ-VOUS ? / QUE NOUS APPREND L'ODONYMIE SUR NOTRE HISTOIRE ?
Transcript
- 0:00Vous écoutez
- 0:03Le saviez-vous ?
- 0:05Un podcast produit par l'indépendant et proposé par Diane Laloum.
- 0:09Nous les écrivons sur nos colis,
- 0:11les confions à nos GPS
- 0:13et les prononçons sans y penser.
- 0:15Pourtant, les noms des rues
- 0:16composent un récit politique à ciel ouvert.
- 0:19À Perpignan,
- 0:19Narbonne ou Carcassonne,
- 0:21les plaques racontent
- 0:22autant ceux que la ville a choisi d'honorer que ceux qu'elle a laissés dans l'ombre.
- 0:26Rue du Maréchal Foch,
- 0:27boulevard Jean Jaurès,
- 0:29avenue du Général De Gaulle,
- 0:30les mêmes
- 0:31hommes traversent les villes
- 0:32de plaque en plaque,
- 0:33avec une familiarité telle que nous ne finissons plus par les voir.
- 0:37Le nom d'une rue est devenu une donnée pratique,
- 0:39avalée par le GPS.
- 0:41Pourtant, derrière ces quelques noms émaillés,
- 0:44une ville exposé sa mémoire.
- 0:46Cette mémoire n'est pas neutre.
- 0:48Les disciplines
- 0:48qui étudient les noms de voix portent un nom:
- 0:51l audonymie.
- 0:52Longtemps, les rues ont été désignées par leurs usagés.
- 0:55Leurs formes ou les métiers qu elles
- 0:57abritaient, rue des Tanneurs,
- 0:59rue du Four,
- 0:59place du Marché.
- 1:00Le nom aidait à lire la ville,
- 1:02puis les pouvoirs successifs
- 1:04ont couvert les murs de saints,
- 1:06de militaires,
- 1:06d'hommes d'État et de victoires nationales.
- 1:09La rue a cessé de décrire seulement un lieu.
- 1:11Elle s'est mise
- 1:12à distribuer les honneurs.
- 1:14En France,
- 1:15il n'existe pas de grande autorité nationale
- 1:17chargée de baptiser les rues.
- 1:19La décision appartient au Conseil municipal qui vote la dénomination par délibération.
- 1:24Les habitants peuvent être consultés,
- 1:26mais cette participation n'est pas systématique.
- 1:29Quelques élus peuvent
- 1:30ainsi décider du nom que des milliers de personnes
- 1:33inscriront pendant plusieurs décennies sur leurs papiers officiels.
- 1:36Mais dans ce choix,
- 1:37il y a un déséquilibre tenace.
- 1:392 parlementaires estimaient à seulement 6% la place accordée
- 1:43aux femmes illustré dans les noms des rues françaises.
- 1:46Les femmes
- 1:47sont minoritaires dans cette mémoire officielle
- 1:50et lorsqu elles apparaissent,
- 1:51leur identité est parfois diluée derrière un prénom,
- 1:54un titre
- 1:54ou la mention de leur époux.
- 1:56Alors, faut-il rebaptiser les rues?
- 1:58? La question devient brûlante
- 2:00lorsqu une personnalité autrefois célébrée se trouve rattrapée
- 2:03par une part plus sombre de son histoire.
- 2:06Les débats récents autour des voix portant le nom de l'Abbé Pierre
- 2:09l'ont bien montré.
- 2:10Retirer une plaque
- 2:11ne revient pas nécessairement à effacer le passé.
- 2:14Donner un nom
- 2:14constitue un
- 2:15hommage public,
- 2:16maintenu chaque jour par la collectivité.
- 2:18Le remplacer peut donc signifier que la ville ne souhaite plus honorer cette personne
- 2:23de la même manière.
- 2:24Une autre solution consiste à conserver le nom,
- 2:27tout en enrichissant la plaque,
- 2:28d'une explication qui expose
- 2:30aussi les zones d'ombre.
- 2:32Nous pensions que les plaques nous indiquaient seulement où nous étions.
- 2:35En fait,
- 2:36Elle révèle surtout qui,
- 2:37avant nous,
- 2:38a décidé de mériter une place dans la mémoire
- 2:41et qui devrait rester hors du cadre.
- 2:45C'était Le saviez-vous,
- 2:47un podcast
- 2:48produit par l'indépendant et proposé par Diane Laloum.