Latest / Québécois et Canadien / Christopher Skeete : Le Québec dans un monde incertain
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:01Canadien, on disque des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Christopher Skeet, ministre
- 0:06des Relations Internationales et de la Francophonie.
- 0:08On a discuté de comment le Québec pouvait s 'ajuster
- 0:10à la réalité américaine. Je suis Alexandre Tremblay
- 0:13-Michaux. Bon épisode. Alors, M. Menes, merci
- 0:30de prendre le temps aujourd 'hui de nous rencontrer.
- 0:32Ça me fait plaisir, merci. J 'aimerais prendre
- 0:34ma première question pour discuter de la situation
- 0:37actuelle qui se passe. On sait qu 'il y a beaucoup
- 0:39de tensions avec les Américains. On pensait peut
- 0:43-être avoir une entente commerciale. Finalement,
- 0:45on n 'a plus d 'entente commerciale. On ne sait
- 0:46pas trop où ça s 'en va là -dedans. Est -ce que
- 0:49le Québec et le Canada sont un peu condamnés
- 0:52à arriver à une entente avec les États -Unis
- 0:55ou est -ce qu 'on peut vivre avec cette situation
- 0:56d 'incertitude -là? Je vous dirais que la géographie
- 1:00nous a un peu condamnés. On est voisins que les
- 1:02Américains, donc on est condamnés à travailler
- 1:04avec eux, à trouver une façon de travailler avec
- 1:06eux. Là, ce que les Américains nous disent, c
- 1:09'est qu 'ils souhaitent redéfinir le contexte
- 1:12avec lequel on fait affaire. Nous, on avait un
- 1:16entente qu 'on a déjà signé avec l 'administration
- 1:19antérieure du président américain. Là, ça semble
- 1:22plus... plaire. Et donc, on veut savoir c 'est
- 1:25quoi les idées qu 'ils ont. C 'est une chose
- 1:27qui est claire, ils veulent se défaire du libre
- 1:30-échange, ils veulent rapatrier le secteur industriel
- 1:34chez eux, même si ça fait mal à les amis historiques
- 1:38qu 'ils ont. Et là, nous, notre travail dans
- 1:40ce contexte -là, c 'est de protéger notre économie,
- 1:42nos travailleurs, puis notre façon d 'être, nos
- 1:46valeurs aussi. Parce que je sais qu 'il y a beaucoup
- 1:48de pression dans certains secteurs au Canada
- 1:50pour dire qu 'il faut absolument une entente.
- 1:53Il y a certaines informations qui ont coulé sur
- 1:55les genres de concessions qui pourraient notamment
- 1:57demander, notamment en lien avec la culture puis
- 2:00la langue. J 'imagine que la position du gouvernement,
- 2:04c 'est mieux une pas d 'entente qu 'une mauvaise
- 2:06entente. Mais nous, on avait certaines lignes
- 2:08rouges. La gestion de l 'offre, c 'en est une.
- 2:11La culture, la langue, c 'en est une autre. Moi,
- 2:15une chose que je n 'arrive pas à comprendre...
- 2:18que les Américains ne comprennent pas, c 'est
- 2:20que la culture, c 'est pas une commodité comme
- 2:23une autre. C 'est pas quelque chose qu 'on consomme
- 2:26comme on consomme un véhicule ou on consomme
- 2:29de la nourriture. C 'est quelque chose qui fait
- 2:32vivre une nation. Et même la culture américaine,
- 2:35elle a le droit d 'être différente des autres
- 2:37cultures. Moi, ce que je dirais, c 'est que pour
- 2:40nous, le fait français, le réellement de la culture
- 2:45ou la souveraineté culturelle québécoise, c 'est
- 2:48primordial pour défendre qui on est, quoi on
- 2:50est dans un monde... très différents de nous.
- 2:54Alors, pour nous, c 'est une ligne rouge. Puis
- 2:55je ne pense pas que toujours les Américains comprennent
- 2:58ça, surtout quand on comprend la légimonde de
- 3:02leur capacité culturelle aux États -Unis. Est
- 3:04-ce que vous percevez, parce que je mène vous
- 3:05parler quand même aux partenaires des différents
- 3:07secteurs de façon périodique, même quotidienne
- 3:10probablement, est -ce que vous percevez que ceux
- 3:13qui sont le plus touchés par les tarifs en ce
- 3:15moment... ont une certaine compréhension qu 'on
- 3:18ne peut pas juste tout abandonner au nom des
- 3:20tarifs. Est -ce qu 'il y a une sympathie, même
- 3:22pour les secteurs qui sont présentement touchés
- 3:23par des tarifs? Tout le monde reconnaît que ce
- 3:25n 'est pas simple, mais si tu es une des entreprises
- 3:27qui frappe avec 50%, tu as beau être solidaire,
- 3:31mais ça fait mal. Il y a des vraies personnes,
- 3:33des vrais entrepreneurs et des vrais travailleurs
- 3:35derrière ces chiffres -là. Il ne faut jamais
- 3:37l 'oublier. Par contre, nous, on pense plus long
- 3:43que ça, à plus long terme que ça. Oui, on pourrait
- 3:45donner un répit avec un deal qui est mauvais
- 3:47aujourd 'hui, mais qu 'est -ce que ça veut dire
- 3:49pour l 'état de l 'économie québécoise en général?
- 3:53Si on concède certains points qui ne sont pas
- 3:56concédables et sur lesquels on va miner notre
- 3:59prospérité future, mais ça donne quoi de régler
- 4:02le problème aujourd 'hui? Ça fait que c 'est
- 4:04des enjeux qui sont ultra complexes. dans un
- 4:07monde qui se complexifie davantage. Et ça, c
- 4:09'est une chose que je veux vraiment communiquer
- 4:11à votre auditoire, c 'est qu 'on n 'est plus
- 4:14dans le monde, puis tu sais, c 'est un vieux
- 4:16pieux, on le dit tout le temps, mais on n 'est
- 4:18plus dans le monde d 'avant. Le monde a profondément
- 4:21changé et on s 'en va vers plus d 'inconnus,
- 4:25plus de risques. plus de régionalisme et aussi
- 4:30plus de rivalité stratégique. Et ça, il va falloir
- 4:32qu 'on s 'habitue avec l 'inconfort de l 'incertitude.
- 4:37Parce que je pense que certaines personnes qui
- 4:39sont d 'avis que le problème actuel est vraiment
- 4:42lié à l 'administration telle qu 'elle est maintenant.
- 4:45Je pense qu 'il y a quand même une thèse à mettre
- 4:47de l 'avant que peut -être que les États -Unis
- 4:49sont changés pour de bon, qu 'il y a des chances
- 4:51qu 'il y ait des successeurs de l 'administration
- 4:53actuelle. soit en continuité, non pas en opposition
- 4:56à ce qui se passe. Bien, moi, ça fait longtemps
- 4:59que j 'étudie les États -Unis. J 'ai un bac en
- 5:02Sciences Po et en tant que politologue, il faut
- 5:04se rappeler une chose. Un, les États -Unis ont
- 5:08été créés pour éviter les conflits du monde.
- 5:11C 'est récent depuis la première et après la
- 5:13deuxième guerre mondiale que les États -Unis
- 5:15s 'intéressent à ce qui se passe au -delà de
- 5:18leurs frontières. Donc, en partant, c 'est un
- 5:20peuple qui est très pro -isolement. Ça, ce n
- 5:24'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c 'est
- 5:26vraiment le contraire qu 'on vit depuis les 80
- 5:27dernières années. Et donc, oui, on ferait fausse
- 5:31route pour penser que c 'est le président américain
- 5:34actuel le problème. Si on recule avant son administration,
- 5:39il y avait... le Buy America Act, qui a été proposé
- 5:43par un démocrate, supposément ami du Canada,
- 5:46qui, eux, faisaient encore du protectionnisme
- 5:49lors de vis. Et donc, ça serait, je pense, d
- 5:52'être profondément naïf de penser qu 'une fois
- 5:54que cette administration -là est terminée, qu
- 5:57'on va se retrouver avec un répit. Ça risque
- 6:02d 'être un peu mieux, je ne peux pas imaginer
- 6:03que ça pourrait être bien pire, mais ça ne sera
- 6:06pas comme on a connu. Cette ère de mondialisation,
- 6:10de libre -échange où on approvisionne nos pièces
- 6:14un peu partout dans le monde, je pense que ça,
- 6:16c 'est révolu. Ce qui est particulier, puis je
- 6:18vais vous entendre un peu là -dessus, c 'est
- 6:20que ma perception, le libre -échange, la raison
- 6:24pourquoi ça fonctionne, c 'est que c 'est basé
- 6:26sur un lien de confiance. C 'est essentiellement,
- 6:30mutuellement, on décide qu 'on baisse nos barrières
- 6:33parce qu 'on se dit que collectivement, on va
- 6:35être mieux en ayant plus de compétition, en ayant
- 6:37une économie qui est plus productive, essentiellement
- 6:40parce que chacun va pouvoir se concentrer sur
- 6:43ce sur quoi il est bon, puis il va pouvoir laisser
- 6:44d 'autres compagnies, même si ces compagnies
- 6:46-là sont peut -être américaines ou étrangères,
- 6:48faire des travaux à meilleur coût pour les consommateurs,
- 6:51puis ultimement, tout le monde est supposé être
- 6:53gagnant là -dedans. Est -ce que dans les faits,
- 6:56si on a une administration qui a un peu une attitude
- 6:58prédateur, est -ce que cette ligne de confiance
- 7:01-là est là? Est -ce qu 'on n 'a vraiment, peu
- 7:03importe le texte de l 'ALENA ou de Kuzma, j 'ai
- 7:07oublié le dernier reconnais en français, est
- 7:10-ce que dans les faits, le débréchage nord -américain
- 7:12existe encore? La question se pose, mais je pense
- 7:20que votre définition du libre -échange est une
- 7:21bonne définition. La contrepartie, si on veut
- 7:25avoir un peu d 'empathie pour le mouvement qui
- 7:28a créé l 'actuelle administration américaine,
- 7:31c 'est de bien comprendre que pendant qu 'on
- 7:33faisait ça dans le libre -échange, on a exporté
- 7:36beaucoup de travail col bleu du secteur manufacturier
- 7:40en échange d 'une économie du savoir qui est
- 7:44revenue. Mais ce n 'est pas revenu pour tout
- 7:46le monde. Et ça, je pense qu 'il faut vraiment
- 7:48le réaliser parce qu 'une des raisons qu 'on
- 7:52vit un moment magas aux États -Unis, c 'est qu
- 7:55'il y a plein de gens qui sont sous -scolarisés
- 7:57ou qui n 'ont pas accès à des diplômes universitaires,
- 8:00pour qui l 'économie du savoir, ça ne fonctionne
- 8:02pas pour eux. Et aujourd 'hui, au lieu d 'avoir
- 8:04un travail col bleu, potentiellement syndiqué,
- 8:08ou ce qui peuvent aspirer à une meilleure vie,
- 8:10ils n 'ont plus cette option -là. Et ça, il faut
- 8:12avoir de l 'empathie pour ces gens -là. Et donc,
- 8:14une partie de ce que les États -Unis tentent
- 8:16de régler, c 'est ce problème -là. Ou ce qu 'ils
- 8:18font fausse route, selon moi, c 'est qu 'ils
- 8:21ne considèrent pas les amis traditionnels, les
- 8:24alliés et les partenaires continentaux comme
- 8:27faisant partie de la solution, même si on est
- 8:29condamné un peu, comme je disais tantôt, par
- 8:30la géographie. Alors, en quoi ça vous aide d
- 8:33'avoir deux voisins Nord -Sud qui n 'ont pas
- 8:36de bonne humeur? Stratégiquement, je ne la comprends
- 8:38pas. Oui, puis c 'est intéressant que vous mentionnez
- 8:40ça parce que moi je suis avocat, j 'ai une compagnie
- 8:42en consultation à ressources humaines, j 'ai
- 8:44beaucoup de clients américains. J 'ai bénéficié
- 8:47du débréchage. Je suis capable d 'aller trouver
- 8:49des clients qui sont prêts à payer plus cher
- 8:51pour mes services, qui me payent en dollars américains.
- 8:53C 'est extrêmement lucratif. Mais la personne
- 8:56qui travaille dans une usine qui ferme, cette
- 8:58personne -là, pas cette qualité -là, est -ce
- 8:59que... Aux États -Unis, il y a eu beaucoup de
- 9:01problèmes avec ça. Est -ce qu 'au Canada aussi,
- 9:02on l 'a peut -être un petit peu échappé pour
- 9:05les travailleurs colle bleue? Bien sûr. Je pense
- 9:07que l 'Occident en général a ce problème -là.
- 9:10Puis là, maintenant, on a réalisé avec la COVID,
- 9:12avec la pandémie puis les chaînes de provisionnement,
- 9:14on a réalisé que ces chaînes de provisionnement
- 9:15sont très loin, pas toujours sûrs, pas toujours
- 9:18certains. Et là, non seulement on est vulnérables
- 9:20parce qu 'on a... perdu cette capacité manufacturière
- 9:23-là, mais on a aussi réalisé que, oups, ce n
- 9:27'est pas une bonne idée de ne pas être capable
- 9:28de faire ça. Donc, c 'est normal que ça revient,
- 9:30puis on a tous le même enjeu. Mais encore une
- 9:32fois, pour nous, c 'est une question de faire
- 9:35affaire avec des gens qui partagent nos valeurs.
- 9:37nos amis démocratiques, nos amis qui pensent
- 9:40aux droits de la personne, des gens qui veulent
- 9:42faire du libre -échange éthique, qui pensent
- 9:45aux changements climatiques, qui veulent bien
- 9:47faire les choses. On a des partenaires traditionnels.
- 9:50Ironiquement, ça a été fédéré par les Américains
- 9:53par le passé, ce groupe -là. Et là, tout à coup,
- 9:57ce soft power -là qui a été construit à coups
- 10:00de trésor et de sang et que le Canada a contribué
- 10:03à construire... Mais là, tout à coup, on le met
- 10:06dans les poubelles. Puis non seulement, c 'est
- 10:08du grand gaspillage, mais je pense à terme, ça
- 10:12va isoler les Américains. Puis, je sais que ça
- 10:16revient à la mode, disons, l 'industrialisation.
- 10:20À peu près tous les pays de l 'Occident disent
- 10:21qu 'ils veulent rebâtir leur base industrielle
- 10:23parce qu 'on... probablement constater qu 'il
- 10:25y avait, surtout avec la COVID, j 'imagine, certaines
- 10:28vulnérabilités dans nos chaînes d 'approvisionnement
- 10:30quand soudainement ça n 'arrivait pas, plus en
- 10:32plus il y a plus d 'incertitudes au niveau géopolitique,
- 10:35mais que certains de tes équipements militaires
- 10:37soient faits ou des partis soient faits dans
- 10:39des pays qui ne sont pas nécessairement toujours
- 10:40alliés, c 'est toujours un peu particulier. Mais
- 10:43c 'est sûr qu 'il y a un contrepoids où il y
- 10:46a un autre côté de cette médaille -là, c 'est
- 10:47que si on décide que, par exemple, on revient
- 10:49dans des secteurs qui, historiquement, on était
- 10:50moins productifs, c 'est pour ça que... qu 'on
- 10:52ne les fait plus, il faut prendre des ressources
- 10:54peut -être dans des secteurs plus productifs,
- 10:56puis les réattribuer aux secteurs manufacturiers,
- 11:00par exemple. Est -ce qu 'on va en souffrir économiquement
- 11:05de prendre des ressources plus productives, disons,
- 11:07dans deux semaines des services, puis les envoyer
- 11:08dans des usines? Là, on fait de la macroéconomie.
- 11:11Oui, c 'est ça. La réponse courte, c 'est peut
- 11:17-être. parce qu 'il y avait une raison que ces
- 11:19chaînes d 'approvisionnement... Il n 'y a personne
- 11:22qui a le goût d 'aller acheter sa pièce en Chine
- 11:26ou au Vietnam. On le fait pourquoi? Parce que
- 11:30malgré le fait qu 'il faut le transporter 5000
- 11:32kilomètres par bateau puis ça prend trois semaines,
- 11:35c 'était moins cher puis ça valait la peine.
- 11:38Une fois qu 'on a dit ça, si on le rapatrie...
- 11:42Oui, on a des nouvelles technologies. Oui, on
- 11:44peut le faire avec une plus grosse productivité,
- 11:46chose qui doit se faire. Est -ce que ça va être
- 11:49aussi bon marché? Permets -moi d 'en douter.
- 11:54Par contre, lorsqu 'on fait le calcul, les chefs
- 11:57d 'État puis les gouvernements, si on se dit,
- 11:59oui, mais je ne peux plus me permettre d 'être
- 12:01vulnérable sur ça. C 'est une des raisons pourquoi
- 12:03on a fait la filière batterie. 99 % des aimants
- 12:07du monde sont faits en Asie, notamment en Chine.
- 12:11un aimant, c 'est dans tout. Est -ce qu 'on peut
- 12:13se permettre d 'être si dépendant sur un partenaire?
- 12:17Est -ce qu 'on peut se permettre de ne pas avoir
- 12:19la capacité de créer nos propres batteries? Si
- 12:22jamais on veut stocker l 'électricité, on veut
- 12:23stocker les éoliennes, on veut stocker le solaire,
- 12:26ça va prendre nos propres batteries. Mais qu
- 12:29'est -ce qui arrive si notre voisin qui est moins
- 12:31notre ami décide de ne plus nous en vendre? Puis
- 12:33on a oublié comment le faire. Fait qu 'on doit
- 12:35balancer les avantages du libre -échange, puis
- 12:39on doit aussi balancer les éléments stratégiques
- 12:41qui font en sorte qu 'il y a une certaine capacité
- 12:43qu 'il faut absolument pas que tu perdes. Puis
- 12:45juste faire un petit crush, vous parlez de la
- 12:47filière batterie. Dans les derniers mois, il
- 12:49y a eu certains dossiers qui ont moins bien été.
- 12:52Est -ce que cette filière -là a encore sa pertinence
- 12:56ou est -ce que c 'est mort? On en est où avec
- 12:58ça? Puis c 'est quoi l 'avenir de cette filière
- 13:00-là? On a perdu la bataille communicationnelle
- 13:04sur ça. mais on a gagné un secteur vraiment important
- 13:09pour le Québec. Rapidement, la filière batterie,
- 13:12c 'est à peu près 16 milliards d 'investissements,
- 13:15dont 2 milliards, c 'est le dossier dont vous
- 13:18me parlez, qui est le fameux dossier Northvolt.
- 13:21Moi, j 'ai moi -même chapeauté un projet de loi
- 13:22pour élargir le parc à Bécancour tellement que
- 13:26les projets avancent. Donc, oui. Il y a eu un
- 13:29ralentissement dans le secteur de la batterie.
- 13:32Pour toutes sortes de raisons, l 'économie, la
- 13:34macro, géopolitique aussi, a ralenti les ardeurs
- 13:37pour tout ce qui était les batteries, mais… Il
- 13:40y a -t -il quelqu 'un ici qui ne pense pas qu
- 13:41'il va y avoir plus de batteries dans les voitures
- 13:44ou dans le stockage éolien, dans le stockage
- 13:46solaire dans les prochaines années? La réponse
- 13:48est non. Même maintenant, dans les centres de
- 13:50données, il y a des compagnies qui regardent
- 13:52pour mettre des batteries dans les centres de
- 13:54données pour assurer la redondance. Et donc,
- 13:57je pense qu 'on a bien fait de miser là -dessus.
- 13:59Mais ça, c 'est comme la Bay James. On va être
- 14:01contents qu 'on le fasse dans 20 ans. Certains
- 14:04partis politiques proposent qu 'on fasse un référendum
- 14:08pour l 'indépendance sur le Québec. Puis un des
- 14:12arguments qui est mis de l 'avant, puis je pense
- 14:14que c 'est quand même pertinent dans le contexte
- 14:15actuel, c 'est de dire, essentiellement, on n
- 14:19'est pas vraiment représenté dans la fédération
- 14:20canadienne. Le gouvernement fédéral a tout intérêt
- 14:25à favoriser l 'Ontario puis l 'Alberta plutôt
- 14:27que le Québec. Et donc, la seule façon de défendre
- 14:31nos intérêts commerciaux à l 'international,
- 14:34c 'est d 'être souverain. C 'est quoi que vous
- 14:35pensez de cette affirmation -là? Premièrement,
- 14:38je dirais que la souveraineté, c 'est un idéal
- 14:41louable. Je comprends que certains Québécois
- 14:44disent, moi, je voudrais être souverain. Je comprends
- 14:48ce qu 'il essaie de protéger. La question, c
- 14:50'est est -ce qu 'on devrait le faire? Puis, moi,
- 14:53ce qui me turn off en bon québécois par rapport
- 14:56au débat ambiant, c 'est qu 'on utilise les mêmes
- 14:59arguments qu 'on utilisait en 1980 puis en 1995
- 15:02pour nous faire avaler la pilule référendaire
- 15:06dans un contexte où ce que le monde a profondément
- 15:07changé. Je vais vous donner un exemple. En 1995,
- 15:12On venait juste d 'être témoins de la fin du
- 15:14communisme. Le mur de Berlin tombe. Il y a un
- 15:17pays à toutes les semaines qui naît dans l 'Europe
- 15:20de l 'Est. Il y a une ferveur pour la souveraineté
- 15:23des nouveaux pays. Puis en plus, on est à l 'apogie
- 15:27du libre -échange international avec les Américains
- 15:31qui chapeautent ça pour libéraliser la planète
- 15:34entière. Bon. Fait que s 'il y a un moment pour
- 15:38le faire, c 'était en 95, puis on s 'est dit
- 15:40collectivement non. Là aujourd 'hui, de nous
- 15:44faire croire que le Québec ferait mieux que le
- 15:50Canada dans une négo, pas sûr. Fait que je vais
- 15:54vous donner quelques données parce qu 'on a un
- 15:56exemple récent d 'une rupture économique qui
- 15:58est le Brexit. Le Brexit, c 'est 6 à 8 % de moins
- 16:02de PIB depuis que les Anglais ont décidé de quitter
- 16:05l 'Europe. C 'est aussi moins 27 et moins 32
- 16:09% d 'échanges pour aller vers l 'Europe puis
- 16:11de revenir. Ça, c 'est 60 milliards de PIB perdus.
- 16:16Ça, c 'est correct parce que, comme j 'ai dit,
- 16:18on ne fait pas la souveraineté pour des raisons
- 16:19économiques. On le fait parce qu 'on a le goût
- 16:21de le faire, mais on est -tu prêt à payer ce
- 16:23prix -là? Puis l 'argument qu 'on va être mieux
- 16:26peut -être à terme. mais définitivement pour
- 16:28les premières années. Même l 'Angleterre en ce
- 16:31moment, ça a pris 20 ans, excusez -moi, ça a
- 16:33pris presque 10 ans, négocier un Entente avec
- 16:36le Canada. Ça a pris trois, quatre ans de négocier
- 16:39avec l 'Europe. Ça veut dire, imagine demain
- 16:41matin, on se donne le oui. bien, c 'est trois,
- 16:45quatre ans à négocier avec le Canada pour à quoi
- 16:47ressemble le libre -échange. Combien d 'années
- 16:50pour négocier avec l 'administration américaine
- 16:52actuelle? Pas sûr que ça se règle si facilement
- 16:55que ça. Combien de temps avec qu 'on négocie
- 16:57avec l 'Europe? Fait que même si on prend pour
- 16:59acquis qu 'on va avoir accès, ça ressemble à
- 17:02quoi les accès? Puis qu 'est -ce qu 'il va falloir
- 17:04qu 'on donne en échange? Ça, c 'est sans parler
- 17:06de secteur de la défense. Combien ça va nous
- 17:09coûter pour défendre nos frontières? Je vous
- 17:11rappelle que le Nord devient un théâtre d 'action
- 17:14de plus en plus important, alors il va falloir
- 17:17le défendre. Alors, combien qu 'on va mettre
- 17:18dans le secteur de la défense? Pour être membre
- 17:20de l 'OTAN, c 'est 2 % du PIB minimum, puis ça
- 17:24va représenter à peu près 40 milliards, ça, si
- 17:26on fait ça. Alors... Moi, je pose des questions,
- 17:30puis quand on pose des questions précises comme
- 17:32ça, on me répond pas. Puis la dernière chose,
- 17:34c 'est que je suis allé en Angleterre, puis j
- 17:35'ai rencontré un chercheur du Brexit là -bas.
- 17:37Puis il m 'a dit, tu sais, on a fait le Brexit
- 17:39pour être souverain. Puis c 'est vrai, on est
- 17:41souverain. Mais il dit, moi, je veux avoir accès
- 17:43au marché européen. Fait que là, il dit, ben
- 17:46là, je dois conformer aux règles européennes
- 17:48sans plus avoir une voie au chapitre. Fait que
- 17:52cette souveraineté -là que t 'as voulue, tu l
- 17:54'as -tu vraiment si t 'es obligé de te conformer?
- 17:57Le Québec... va ressembler à quoi comme concession
- 18:00qu 'on va vouloir ou devoir faire pour accéder
- 18:02au marché canadien et au marché américain. Alors
- 18:05oui, on va être souverain de décider si oui ou
- 18:07non, on veut faire le compromis, mais est -ce
- 18:09qu 'on va vraiment avoir le choix? Et donc, ça,
- 18:12c 'est des genres de choses qu 'on ne nous dit
- 18:14pas quand on essaie de nous vendre le rêve légitime
- 18:18de la souveraineté. Moi, je souhaiterais que
- 18:20ce débat -là parlerait plus de chiffres que de
- 18:23l 'émotion, parce que l 'émotion, je le comprends.
- 18:24Moi aussi, je suis un fier Québécois. Je comprends
- 18:26cette émotion -là. Mais sur la rationalité, du
- 18:29timing, plus difficile à faire accepter, surtout
- 18:32dans le monde dans lequel on s 'en va. Ce qui
- 18:34est intéressant, c 'est que... Ce qui est particulier,
- 18:37je dirais, c 'est que quand on parle de souveraineté,
- 18:39on prend pour acquis qu 'un pays souverain n
- 18:41'a aucune contrainte extérieure. Et à chaque
- 18:45fois qu 'on signe une entente internationale,
- 18:48on donne, on cède une partie de notre souveraineté.
- 18:50Quand on accepte d 'accepter des réfugiés, par
- 18:53exemple, ça veut dire qu 'on n 'a pas le choix
- 18:54de ne pas les accepter. Quand on fait partie
- 18:56de l 'Organisation mondiale du commerce, on soumet
- 18:58à des règles extérieures parce qu 'on a décidé
- 19:01de le faire ou des ententes sur les gaz à effet
- 19:02de serre. Un pays dans les faits. n 'est pas
- 19:06100 % souverain de faire ce qu 'il veut, comme
- 19:08n 'importe quelle personne en société n 'est
- 19:09pas 100 % libre de faire ce qu 'elle veut, on
- 19:12accepte par contrat social international un paquet
- 19:16d 'obligations. Après ça, quand tu fais un traité
- 19:19libre -échange, mais tu acceptes des obligations.
- 19:21Qu 'est -ce qui va nous imposer? Demain matin,
- 19:24ça va ressembler à quoi le deal qu 'on a négocié
- 19:25avec le Canada? Premièrement, penses -tu 30 secondes,
- 19:29ça va leur tenter de nous parler? Mettons que
- 19:32la conversation va être corsée. Ils vont maintenir
- 19:36un droit de veto pour nous admettre à l 'OTAN.
- 19:38Moi, je pense qu 'ils vont nous admettre un jour.
- 19:40De suite, pas sûr. Je pense qu 'ils vont nous
- 19:42faire suer un peu le temps que la poussière retombe.
- 19:46Mais donc, mettons le Comprends pour acquis que
- 19:47tout va comme on nous dit. Mais c 'est pas fait,
- 19:51ça. C 'est au moins cinq, dix ans d 'incertitude
- 19:55économique, de signature de contrats à vitesse
- 19:58V, grand G, grand V plutôt, puis de dire que
- 20:03quelles concessions qu 'on va faire entre temps
- 20:04pour que ça aille plus vite. Tout ça, c 'est
- 20:06inconnu. Puis c 'est de ça, on ne nous parle
- 20:08pas de ça. On nous parle de la poésie, la beauté
- 20:14d 'être un pays. Puis ça, c 'est le côté le fun
- 20:16d 'être un pays. Mais vous avez raison. Le pragmatisme
- 20:20derrière ça fait en sorte que les pays ont toujours
- 20:22des contraintes par leur capacité, leur économie
- 20:25et leur pouvoir réel. Puis, je pluge un livre
- 20:28qui est quand même intéressant, qui s 'appelle
- 20:30The Future of Canada. Québec's A Session and
- 20:32the Future of Canada, qui est un livre de Bob
- 20:34Young, qui est un politologue canadien anglais
- 20:38qui a fait une analyse des années 90 sur à quoi
- 20:40ressemblerait le Canada sans le Québec. Puis,
- 20:43il se pose justement toutes ces questions -là
- 20:44pour savoir, bon, une union économique, quelle
- 20:46sorte d 'union est -ce qu 'on est intégrée, c
- 20:48'est une union douanière, il y a des frontières,
- 20:50il n 'y a pas de frontières, puis il descend
- 20:51avec les avantages et les inconvénients à chaque
- 20:52niveau parce que... plus que tu mets des contraintes,
- 20:55plus que tu as de contrôle, plus que tu as de
- 20:58friction. Tu sais, on parlait de la monnaie,
- 20:59par exemple, mais là, il y a des frais de transaction
- 21:02quand tu fais des devises. Fait que là, tu vends
- 21:03en Ontario ou dans une autre monnaie. Bon, en
- 21:05tout cas, c 'est intéressant comme analyse. Mais
- 21:08pour revenir à l 'argument principal comme quoi
- 21:10qu 'on n 'est pas bien représenté, est -ce que
- 21:11vous sentez que le gouvernement fédéral écoute
- 21:14le Québec dans les négociations actuelles avec
- 21:16les États -Unis? Mais là, je suis quand même
- 21:17aussi un nationaliste parce que le Canada est
- 21:21supposé être une fédération. Une fédération,
- 21:25c 'est que chaque juridiction, elle est souveraine
- 21:28dans ses champs de compétences. Ça, des fois,
- 21:31le gouvernement fédéral l 'oublie. Il ne faut
- 21:33pas oublier aussi qu 'ils nous ont fait avaler
- 21:37une charte qui est mal adaptée pour une fédération.
- 21:40Ils ont pris une genre de charte qui ressemble
- 21:42plus à une charte américaine, puis ils ont superposé
- 21:45ça sur une jurisprudence britannique Westminster.
- 21:50C 'est difficile, ce bout -là. Et je comprends
- 21:53aussi les frustrations des Québécois par rapport
- 21:55à certaines conséquences de cette charte -là
- 21:57qu 'on n 'a pas signées. Et donc, j 'ai toujours
- 22:00été moi -même un partisan de la troisième voie
- 22:02parce que j 'y vois une opportunité de réformer
- 22:05cette fédération -là pour que chacun puisse y
- 22:08trouver son compte. Ça commence à porter fruit.
- 22:11La présence du Québec dans le Canada commence
- 22:12à porter fruit. Regardez les discours de l 'Alberta.
- 22:16L 'Alberta commence à jouer les mêmes tonnes
- 22:18que le Québec, puis commence à comprendre comment
- 22:19ça devrait marcher dans une fédération. Et si
- 22:22aujourd 'hui, dans les échanges, les discussions
- 22:26de libre -échange qu 'on a avec les États -Unis,
- 22:28on parle de, oui, les provinces, est -ce qu 'ils
- 22:29vont remettre l 'alcool? Mais c 'est parce que
- 22:31c 'est à nous, ça. En partant, il y a comme une
- 22:33acceptation que les provinces sont responsables
- 22:36de certaines choses et le fédéral de d 'autres.
- 22:38Donc, je pense que c 'est simple à une fédération.
- 22:41Donc, pour répondre à la question, c 'est frustrant
- 22:46des fois. Et donc, certaines personnes concluent
- 22:48qu 'il vaut mieux quitter. Oui, c 'est facile,
- 22:50ce bout -là. Moi, j 'ai plus d 'opinion qu 'allons
- 22:53arracher les pouvoirs qu 'on peut, un peu comme
- 22:55on l 'a déjà fait, insérer des clauses du français
- 22:58dans la Constitution. pousser l 'audace en matière
- 23:01de notre souveraineté parlementaire par rapport
- 23:05à la cause dérogatoire. Alors, tous ces notions
- 23:07-là où convieux vraiment pousser notre réflexion
- 23:10dans la confédération, je pense qu 'il faut le
- 23:12faire. C 'est là qu 'idéologiquement on est un
- 23:14peu différent parce que moi je suis un participant
- 23:16profond des libertés individuelles, puis la classe
- 23:18d 'irrégatoire je ne suis pas un fan, mais je
- 23:20comprends pourquoi le gouvernement l 'a faite.
- 23:23C 'est en lien avec votre idéologie et votre
- 23:25fameuse vision de la troisième voie. Mais comme
- 23:27on dit en anglais, let's agree to disagree là
- 23:30-dessus. Si on parle de diversification des marchés...
- 23:34Là, disons, bon, il y a les États -Unis qui est
- 23:36quand même un joueur important. On a quand même
- 23:38une bonne partie de notre commerce qui est avec
- 23:40le Canada. Même, je pense, plus de commerce qui
- 23:42est avec le Canada que avec les États -Unis.
- 23:44Mais demeure que les exportations aux États -Unis
- 23:46sont quand même une bonne partie de notre PIB.
- 23:51Comment est -ce qu 'on fait pour diversifier
- 23:52notre économie quand on a des problèmes avec
- 23:54notre voisin? Oui. 73 % des exportations québécoises
- 23:59vont vers les États -Unis. C 'est énorme. Ce
- 24:01que j 'aime dire, c 'est que j 'adore le montant
- 24:03en dollars, j 'aime pas le montant en pourcentage.
- 24:07Fait qu 'idéalement, ce montant -là, il faudrait
- 24:08qu 'il augmente, mais il faudrait réduire le
- 24:10pourcentage que ça représente pour notre économie.
- 24:13Moi, j 'ai présenté un projet de loi qui, par
- 24:16la suite, a été terminé par mon collègue Samuel
- 24:18Poulin pour enlever les barrières commerciales
- 24:20entre les provinces. C 'est la chose à faire.
- 24:22On a quand même un marché de 40 millions de personnes
- 24:25qu 'on doit profiter pleinement. Ça a toujours
- 24:27été plus facile d 'aller nord -sud parce que
- 24:30c 'est des dollars américains, comme vous avez
- 24:31très bien dit, puis la proximité aussi de cette
- 24:34population. Mais on doit tout faire pour élargir
- 24:36dans le Canada. Mais la bonne nouvelle, c 'est
- 24:38que les exportations dans les autres juridictions
- 24:40hors États -Unis ont augmenté de 10 %. au Québec,
- 24:43c 'est plus de 40 % d 'augmentation avec l 'Europe,
- 24:46donc la diversification va de bon train. Mais
- 24:49ce n 'est pas du tout ce que ça devrait être,
- 24:51puis on ne sera jamais complètement libre de
- 24:55cette dépendance -là des États -Unis. Dans le
- 24:57meilleur des cas, on descend en 70 à 65, on est
- 25:00quand même la majorité de nos exportations qui
- 25:02doivent aller vers les États -Unis. Et dans les
- 25:04moments les plus périlus de notre relation avec
- 25:06les Américains, on a fait des échanges avec eux,
- 25:09donc je suis persuadé que ça va continuer. Mais
- 25:11de quelle manière et sous quelle forme, c 'est
- 25:13ça qui reste à déterminer. On est un peu entre
- 25:15où ce qu 'on était, puis où ce qu 'on va aboutir,
- 25:17puis on ne sait pas encore comment ça va ressembler.
- 25:20Oui, parce que c 'est particulier, même les pays
- 25:23qui sont en conflit, on parlait exemple de la
- 25:26Russie qui avait encore un certain niveau de
- 25:28commerce avec l 'Europe ou... nous, malgré les
- 25:33différences, je pense qu 'on va toujours en avoir
- 25:34avec les États -Unis, mais avec la Chine, par
- 25:36exemple, on a eu des grandes différences idéologiques,
- 25:38mais on fait quand même encore du commerce avec
- 25:39la Chine. On dirait que peu importe l 'orientation
- 25:44idéologique ou même les conflits géopolitiques,
- 25:48s 'il y a vraiment un marché, puis il y a vrai,
- 25:50on dirait que l 'argent parle plus que ça. C
- 25:53'est un bon point ce que vous dites, parce que
- 25:55par le passé, on avait le luxe, parce que l 'Occident
- 25:59était... bien, on était les seuls qui avaient
- 26:03vraiment du pouvoir. Là, c 'est plus vrai. Il
- 26:06y a des pays qui n 'ont pas nos valeurs, qui
- 26:08sont en ascendance. Et comment on fait pour transiger
- 26:12avec ces personnes -là? La bonne nouvelle, c
- 26:14'est que ce n 'est pas nouveau dans l 'histoire
- 26:14humaine. c 'est quelque chose qui s 'est déjà
- 26:17vu par le passé et donc on doit réapprendre ça.
- 26:20Puis il va falloir qu 'on ait un certain pragmatisme
- 26:23par rapport à notre façon de faire. Ça, ça veut
- 26:25dire mais arrêtez de faire la morale à certaines
- 26:27personnes puis de vivre avec ces différents -là
- 26:29et trouver des points en commun versus de dicter
- 26:32nos valeurs sur les autres et de s 'affirmer
- 26:35aussi dans nos valeurs. Je pense que la solution,
- 26:38c 'est d 'être très clair sur nous, c 'est quoi
- 26:40nos valeurs. Même si ça marche ici, puis vous,
- 26:43on comprend que ça marche comme ça chez vous.
- 26:45puis on va pas essayer de vous dire quoi faire,
- 26:47puis en quelque part, entre les deux, d 'essayer
- 26:48d 'influencer via le soft power pour essayer
- 26:50de les amener à penser comme nous, parce qu 'on
- 26:52pense qu 'on a raison, sans faire des jugements
- 26:56qui nous permettent pas de travailler ensemble,
- 26:59va faire qu 'on s 'habitue à ça. Puis ça, c 'est
- 27:02mal adapté à l 'époque où tout est blanc et noir,
- 27:06puis tout était pas au compte, puis soit que
- 27:08t 'étais un bon ou t 'étais un méchant, là, t'sais,
- 27:10là, on s 'avance dans un air où il faut être
- 27:11beaucoup plus nuancé. et on va être confronté
- 27:15à nos contradictions même chez nous. On doit
- 27:19mieux vivre avec ça puis se préparer à ça. J
- 27:22'aimerais qu 'on parle du chemin des différentes
- 27:24régions pour voir quel rôle ça pourrait avoir
- 27:25dans une éventuelle diversification du commerce
- 27:29avec le Québec. Si on commence par l 'Europe,
- 27:32instinctivement, je pense que la majorité des
- 27:33Québécois, même des Canadiens, se dira qu 'on
- 27:35veut faire plus de commerce avec l 'Europe. L
- 27:37'Europe a des problèmes chroniques de croissance.
- 27:40Ils ont des problèmes institutionnels aussi au
- 27:41niveau de l 'Union européenne. Je pense que le
- 27:45traité de débréchage Canada -Union européenne
- 27:46n 'est toujours pas... mais il est en vigueur,
- 27:48mais il n 'est pas officiellement ratifié pour...
- 27:50Tout est là pour que ça fonctionne. C 'est ça,
- 27:52exact. Fait que là, ça marche, en tout cas...
- 27:54Ça marche. C 'est ça. Est -ce que... Est -ce
- 27:57qu 'il y a une place pour l 'Europe pour diversifier
- 28:00l 'économie québécoise? Je dirais que les Européens
- 28:04sont très motivés de travailler avec nous, puis
- 28:06ils font des concessions importantes pour nous
- 28:08permettre de mieux travailler avec eux. Je vous
- 28:10donne un exemple. Le Québec récemment a signé
- 28:12un entente de partenariat avec le comité des
- 28:14régions de l 'Europe. C 'est plus de 700 régions
- 28:16en Europe, puis on est la seule juridiction non
- 28:19européenne à participer là parce qu 'ils veulent
- 28:21nous avoir autour de la table. Ça prouve la force
- 28:24de la diplomatie québécoise à l 'étranger. Mais
- 28:27ça démonte aussi qu 'ils sont ouverts à changer.
- 28:29Le Canada maintenant est partenaire dans SAFE,
- 28:32donc c 'est un programme de réarmement pour l
- 28:34'Europe. Donc le Canada est le seul État non
- 28:36européen à pouvoir contribuer pour réarmer l
- 28:39'Europe. Il y a 800 milliards de dollars sur
- 28:42la table dans ce programme. Oui, l 'Allemagne
- 28:43a sorti le choc. Ça fait que c 'est quand même
- 28:45beaucoup d 'argent, puis le Canada peut participer
- 28:48dans ces appels d 'offres -là. Aussi Horizon
- 28:50Europe, qui est un programme plus de recherche
- 28:52et de développement, et surtout avec les universités,
- 28:55donc on est aussi partenaires là -dedans. L 'Europe
- 28:58nous rouvre la porte. C 'est à nous de la franchir,
- 29:00puis à trouver une façon de travailler ensemble.
- 29:03Puis on a des leviers pour le faire, entre autres
- 29:04les accords de libre -échange. Mais encore là,
- 29:08ça fait longtemps que les gens veulent mieux
- 29:10travailler que l 'Europe, mais ça se fait pas.
- 29:13Parce que le réflexe US, c 'était toujours plus
- 29:16facile. C 'était bien plus facile d 'aller à
- 29:18100 kilomètres vers le sud, t 'es rendu à grande
- 29:20devise américaine, puis il y a comme une certaine
- 29:24habitude de proximité qui s 'est installée, parce
- 29:28que c 'est proche. Il va falloir qu 'on... qu
- 29:30'on change un peu notre façon de faire, puis
- 29:33qu 'on commence à réfléchir plus au -delà de
- 29:36nos frontières, puis au -delà de qu 'est -ce
- 29:37qui est proche, si on veut vraiment maximiser
- 29:39cette opportunité -là. C 'est un défi. Puis ça
- 29:42fait des années qu 'on parle de diversifier l
- 29:43'air vers l 'Europe, puis on le fait pas. Mais
- 29:45je pense que plus que jamais, je pense que M.
- 29:47Carney parlait des puissances moyennes doivent
- 29:49s 'unir, là. Je pense qu 'il y a cette réflexion
- 29:51-là qui est... qui s 'entendent puis que je pense
- 29:55que les gens ont le goût de le faire. La question,
- 29:57c 'est est -ce que nos entrepreneurs vont agir?
- 29:59Le gouvernement peut mener le chemin, mais c
- 30:00'est, ultimement, c 'est pas nous qui créons
- 30:02la richesse. Bien, c 'est un peu ça parce que
- 30:04moi -même, étant entrepreneur, je sais qu 'il
- 30:07y a un paquet de programmes qui aident pour la
- 30:09diversification, mais ultimement, comme il y
- 30:10a quelqu 'un qu 'il faut qu 'il embarque dans
- 30:11l 'avion ou qu 'il aille là -bas puis qu 'il
- 30:12vende des contrats, là, ou qu 'il vende peu importe.
- 30:15Comment on fait pour inciter nos entrepreneurs
- 30:18à aller vendre ailleurs quand ça fait des années
- 30:21qu 'ils travaillent avec les Américains? Le Québec
- 30:22est la place en Amérique du Nord où on accompagne
- 30:24le plus financièrement les entreprises. On fait
- 30:27beaucoup. Moi, j 'ai la chance d 'être responsable
- 30:30d 'un réseau de 34 bureaux dans 19 pays. Puis
- 30:35ça, depuis 2019, ils ont une vocation économique,
- 30:38ces bureaux -là. Et donc, on l 'accompagne tous
- 30:41les jours. Donc, je vais donner un exemple. L
- 30:42'entreprise XYZ veut ouvrir en France une entreprise.
- 30:49Là, on embauche quelqu 'un, il va découvrir qu
- 30:52'est -ce qui se passe, il fait des liens, il
- 30:54fait du déchiffrage pour nous, puis on essaie
- 30:55de trouver les... Le Bureau du Québec, à Paris,
- 30:59connaît tous les intervenants. On se pointe là,
- 31:01on parle avec Henri -Paul Rousseau, qui est notre
- 31:03délégué, on est du garde. J 'ai besoin de rencontrer
- 31:06un fournisseur dans ce domaine -là, ce domaine
- 31:07-là, un distributeur. Puis on les connaît, ces
- 31:10gens -là. Donc quelque chose qui prendrait un
- 31:11an peut se régler en quelques mois avec l 'aide
- 31:15de nos bureaux de délégation pour accompagner
- 31:17ce genre d 'affaires -là. Puis pour nous, c 'est
- 31:19gagnant parce que c 'est une entreprise québécoise
- 31:20qui exporte à l 'étranger. Et donc, les gens,
- 31:24je pense qu 'ils ne réalisent pas à quel point
- 31:25on est présent à l 'international et à quel point
- 31:27on accompagne à l 'international. Puis les outils
- 31:29qui sont disponibles pour le faire. Puis je pense
- 31:33que nos entrepreneurs, ils gagneraient à être
- 31:36plus audacieux. Tu sais, on a des problèmes de
- 31:38productivité, on a des enjeux de relève aussi.
- 31:42L 'âge moyen de nos entrepreneurs, c 'est plus
- 31:44de 55 ans. Il faut relever ces défis -là si on
- 31:47veut être prête pour ce qui s 'en vient. Et il
- 31:49faut aussi redonner un petit peu de positivisme
- 31:54par rapport à l 'entrepreneurship. C 'est pas
- 31:57juste des gens qui se promènent avec des chapeaux
- 31:59de Monopoly, puis des méchants avec des cannes
- 32:01qui veulent... capitaliser la planète au monde,
- 32:04au complet. C 'est des entrepreneurs, c 'est
- 32:06des personnes qui ont une bonne idée et qui mettent
- 32:09tout sur la ligne pour essayer d 'avoir un rêve
- 32:12qu 'ils ont, pour essayer d 'aider les choses.
- 32:14Je pense qu 'il faut changer aussi notre attitude
- 32:16par rapport aux entrepreneurs en général. Tout
- 32:19ça est un lot qui fait en sorte qu 'historiquement,
- 32:22on est moins bien présent à l 'international.
- 32:2560 % des entreprises québécoises n 'exportent
- 32:27pas. C 'est pas normal. Puis, pour l 'avoir vécu...
- 32:31C 'est quand même intimidant. Moi, j 'ai commencé
- 32:32à vendre des services aux États -Unis, puis j
- 32:36'ai réalisé un peu par hasard que j 'avais une
- 32:38obligation fiscale dans un des États là -bas.
- 32:40Fait que là, en panique, je me suis trouvé un
- 32:41comptable américain pour pouvoir payer mes taxes
- 32:44là -bas. Puis après ça, moi, j 'ai eu un contrat
- 32:46en Angleterre. Puis en Angleterre, j 'avais aucune
- 32:48idée comment ça fonctionnait. Puis le monde ne
- 32:51pense pas à ça, mais est -ce que t 'as besoin
- 32:52d 'intercorporer ou pas besoin d 'intercorporer?
- 32:53T 'as -tu besoin de numéros de taxes, pas de
- 32:54numéros de taxes? Faut que tu paies de l 'impôt
- 32:56là -bas où t 'es correct, tu es visé par quelque
- 32:59chose qui est exempté d 'impôt. Toutes ces questions
- 33:01-là, c 'est des questions que l 'entrepreneur
- 33:02doit se poser, puis c 'est encore plus vrai quand
- 33:04c 'est des biens. Parce que moi, des services,
- 33:05c 'est plus facile. J 'ai fait tout à partir
- 33:06d 'ici. Mais quand le bien y arrive, il y a des
- 33:08obligations doignières, comment t 'interagis
- 33:10avec ça? Puis c 'est là que des services locaux
- 33:12peuvent être utiles. Là -dessus, si vous avez
- 33:15des visées, on a neuf bureaux aux États -Unis.
- 33:18On connaît très bien les États -Unis. On connaît
- 33:20très bien l 'Europe. On connaît très bien ces
- 33:23différents pays où ce que le Québec est, où ce
- 33:25que les opportunités économiques. Et je pense
- 33:27que... il y a moyen d 'avoir ces conversations
- 33:30-là, soit avec Investissement Québec, soit avec
- 33:31votre MRC. Les MRC aussi, le ministère de l 'Économie
- 33:35finance les MRC pour accompagner les entreprises
- 33:37à exporter. Donc cette aide -là est disponible,
- 33:40mais le réflexe à avoir, c 'est allez voir, si
- 33:42vous êtes une PME, votre MRC local. Dans mon
- 33:45cas, à Laval, c 'est Laval Économique, à Montréal,
- 33:48c 'est PME Montréal. Allez les voir puis ils
- 33:50peuvent vous accompagner là -dedans. Puis de
- 33:52l 'autre côté, pour les plus grandes entreprises,
- 33:54c 'est l 'investissement à Québec régionale.
- 33:55Il y a des bureaux dans toutes les régions du
- 33:56Québec. Puis eux, ils peuvent vous aider, vous
- 33:58aiguiller à savoir exactement comment faire pour
- 34:01éviter les erreurs et les mauvaises surprises,
- 34:02parce qu 'effectivement, c 'est pas simple. Puis
- 34:04disons, là, on a parlé de bureaux. J 'aimerais
- 34:05qu 'on parle un peu des... Je sais plus c 'est
- 34:07quoi rendu le terme officiel. Les pays en voie
- 34:09de développement. Je ne pense plus le terme,
- 34:11mais la croissance rapide. Puis là, on l 'est
- 34:12comme ça. Les pays émergents. C 'est quoi le
- 34:16rôle que les pays émergents... On parle d 'Afrique,
- 34:18Asie du Sud -Est. pourrait avoir dans la diversification
- 34:21de l 'économie québécoise? Premièrement, moi,
- 34:24j 'ai fait deux missions dans les 10 mois que
- 34:26je suis ministre des Relations internationales
- 34:27dans l 'Afrique. Je peux vous dire que l 'Afrique
- 34:29est un terrain fertile à l 'investissement. Et
- 34:33eux autres, ils sont tannés du « aid », ils veulent
- 34:36du « trade ». Parce qu 'eux autres, ce qui leur
- 34:38manque en ce moment, c 'est des investissements
- 34:40parce qu 'ils ont le talent. C 'est le continent
- 34:41le plus jeune sur Terre. C 'est le continent
- 34:44le plus francophone sur Terre. Et donc, je pense
- 34:47qu 'on rate une occasion si on ne voit pas en
- 34:50quelque part le rôle que l 'Afrique peut jouer
- 34:52pour nous aider à diversifier notre économie.
- 34:55J 'ai fait une mission en Afrique du Sud, juste
- 34:58les projets d 'infrastructure, de génie, de...
- 35:02Le réseau électrique est tout à refaire et à
- 35:05reconstruire. C 'est vraiment des belles occasions,
- 35:08mais il faut s 'y intéresser, il faut prendre
- 35:09le risque. Est -ce que, réalistement, il y a
- 35:13une partie de notre économie qui est présentement
- 35:15exportée aux États -Unis qui pourrait l 'être
- 35:17dans des pays comme l 'Afrique? Dans le pas des
- 35:19pays des continents comme l 'Afrique, mais des
- 35:20pays en l 'Afrique. C 'est pas un ou l 'autre,
- 35:22on peut faire les deux. Parce que nous aussi,
- 35:23vis -à -vis des États -Unis, il ne faut pas être
- 35:24dogmatique. Si l 'argent est là, allez la faire.
- 35:27Je vous ai dit, jamais ça le dollar. C 'est le
- 35:29pourcentage qu 'il faudrait dire. Et donc, l
- 35:31'autre côté, oui, il y a des choses qu 'on fait.
- 35:33Le Québec est une des choses qu 'on met beaucoup
- 35:35de l 'avant quand on se promène à l 'international,
- 35:37c 'est le secteur du génie. Per capita, le Québec
- 35:40a plus d 'ingénieurs que partout au Canada. On
- 35:46a des chiffres de génie qui ont une empreinte
- 35:49monstrueuse partout. Le nucléaire, on est fort.
- 35:51L 'énergie, on est fort. Tout ce qui est l 'éducation,
- 35:56puis en plus une compétence québécoise. La proximité
- 35:59que les universités, la R &D, la recherche, ont
- 36:02de la place au Canada qui dépense le plus en
- 36:03recherche. Il y a plein de choses qu 'on peut
- 36:06faire pour travailler ensemble avec d 'autres
- 36:07juridictions. Il faut juste sortir de nos pantoufles.
- 36:10On a l 'habitude de dire « on va aller à Stanford,
- 36:12on va aller à MIT ». Il y en a d 'autres, les
- 36:15universités dans le monde, qui sont bien cotées,
- 36:17qui peuvent nous aider, puis peut -être avec
- 36:19qui on peut développer. les nouvelles technologies,
- 36:20les nouvelles façons de le faire, puis nourrir
- 36:22un réseau entrepreneurial aussi. Fait que tout
- 36:24ça est intimement connecté. Dans la politique
- 36:27internationale que j 'ai déposée avec Mme Fréchette
- 36:29récemment, on parle de la diplomatie scientifique.
- 36:32On parle d 'un monde en changement et le rôle
- 36:36de stabilité que le Québec peut jouer. Parce
- 36:38que partout dans le monde où on va, on est reconnus
- 36:40comme étant un partenaire fiable. Puis je pense
- 36:43qu 'il faut capitaliser là -dessus. Alors la
- 36:45réponse, c 'est... Absolument. Il y a des occasions
- 36:48à avoir, puis il y a aussi des réseaux qui sont
- 36:50là pour nous aider à le faire. Est -ce qu 'on
- 36:54peut tirer profit du fait qu 'on est membre de
- 36:57la francophonie? Je vous dirais que c 'est vraiment
- 36:59un outil important parce qu 'une des choses que
- 37:02le Québec tente de mettre de l 'avant, il y a
- 37:04des élections en ce moment pour un ou une nouvelle
- 37:07secrétaire général. Puis la position que j 'ai
- 37:10défendue lors des audiences que j 'ai eues avec
- 37:12les différents candidats, c 'était de dire, moi,
- 37:14ma vision, c 'est d 'avoir une francophonie économique.
- 37:17Francophonie économique, c 'est quoi? Mais je
- 37:19vois ça un peu comme le Commonwealth. Il y a
- 37:21moyen d 'avoir une francophonie qui encourage
- 37:24les membres à faire affaire en français. Puis
- 37:28l 'exemple que je donne tout le temps, c 'est
- 37:29de dire... Là, en ce moment, ce qui se passe,
- 37:32c 'est qu 'on est neuf francophones dans une
- 37:33salle, il y a un anglophone, puis on va parler
- 37:36en anglais, le contrat va se diriger en anglais,
- 37:39on va faire affaire dans toutes nos transactions
- 37:41en anglais, il va y avoir des logiciels en anglais.
- 37:44Imagine une seconde si on décide d 'avoir une
- 37:46francophonie économique où la rencontre a lieu
- 37:48en français, on embauche des avocats... puis
- 37:52des juristes qui vont travailler et rédiger des
- 37:54contrats en français. S 'il y a un litige, mais
- 37:56on va avoir un arbitre qui va être francophone,
- 38:00on va avoir... Puis tout ça découle pour nourrir
- 38:02une économie francophone. On a même discuté d
- 38:05'avoir peut -être une... une chaîne ou un lien
- 38:09maritime francophone. Pourquoi pas connecter
- 38:11les régions francophones du monde par une ligne
- 38:13maritime pour encourager le commerce entre nous?
- 38:15Donc, il y a plein de bonnes idées qui circulent.
- 38:18Le Québec défend ardemment cette vision -là d
- 38:20'une francophonie économique. Si on ne le fait
- 38:22pas maintenant, comme levier de développement
- 38:24économique, on aura une occasion en or. Puis,
- 38:27ça adonne bien. On peut aussi faire la promotion
- 38:29de nos valeurs par ces échanges -là. La valeur
- 38:31de respecter son contrôle, libre -échange et
- 38:34tout ça. Et donc, c 'est vraiment une occasion
- 38:36importante. On parle de relations canadiennes.
- 38:40Je sais qu 'il y a eu beaucoup de discussions
- 38:41sur l 'abolition des barrières interprovinciales,
- 38:45mais ça me semble que c 'est quelque chose qui
- 38:46revient tout le temps chaque quelques années.
- 38:47Ça ne tombait pas d 'allure. C 'est sûr que tu
- 38:50es au Québec, on parle français, puis après ça,
- 38:52à telle place, il y a telle norme sur telle affaire.
- 38:55Est -ce qu 'il en reste des barrières interprovinciales
- 38:58à abolir? Si oui, pourquoi on les abolit pas?
- 39:00Il y a eu énormément de travail qui a été fait
- 39:02sur les barrières. Je vais vous donner un exemple.
- 39:04Les gens vont dire comment ça se fait que ça
- 39:06existe. Mais je vous disais tantôt qu 'on est
- 39:07une fédération. Dans une fédération, on est responsable
- 39:10dans nos champs de compétence pour ce qui nous
- 39:13appartient à la constitution. Bon. Je vais donner
- 39:17un exemple que j 'utilise, et c 'est un exemple
- 39:18fictif. Je l 'ai bien dit, Léa, faites -vous
- 39:20-en pas. Léa, c 'est ma chef responsable des
- 39:23COM. C 'est de dire, mettons que je fabrique
- 39:25un casque à vélo. Puis nous, on décide au Québec
- 39:28parce que le jeune Mathieu, lui, il est mort.
- 39:34Puis nous, on a décidé que les casques, c 'est
- 39:36obligatoire. Les casques vont être faits dans
- 39:38un plastique ultra -épais, trois pouces de gros,
- 39:41parce que nous, il y a une raison pour laquelle
- 39:42on a décidé ça au Québec, puis on passe une loi.
- 39:45Là, l 'Ontario n 'a pas la même loi. Elle a une
- 39:48loi, mais le casque peut être fait en caoutchouc,
- 39:50il peut être fait whatever. Puis là, imagine,
- 39:52on est 13 juridictions au Canada, chacun avec
- 39:55la compétence pour légiférer là -dedans. Puis
- 39:58là, ce qui arrive, c 'est qu 'on a 13 lois qui
- 39:59sont différentes. La multiplication de ces lois
- 40:03-là, qui divergent, c 'est ça la barrière. Ce
- 40:06n 'est pas que tout le monde dit, je ne veux
- 40:07pas faire affaire avec l 'Ontario. C 'est que,
- 40:09sans le vouloir, bien, on a créé une barrière
- 40:12parce que ça ne se ressemble pas. Nous, on a
- 40:15décidé que le transport camion, mais c 'est un
- 40:17triangle rouge en arrière quand c 'est plus que
- 40:18deux tonnes. L 'Ontario, c 'est jaune. Là, tu
- 40:20traverses la frontière et t 'es pas conforme.
- 40:22C 'est des conneries de même qui fait qu 'on
- 40:24n 'est pas compatibles. Il y a deux façons de
- 40:27régler ça. C 'est technique un peu, mais il y
- 40:29a deux façons. Soit que je dis, peu importe,
- 40:32je te reconnais. Fait que ton casque, il est
- 40:36peut -être fait comme ça, mais si il est fait
- 40:37au Québec, je le reconnais chez nous. Puis vice
- 40:38versa, si il est fait en Ontario, je le reconnais.
- 40:41Mais un peu comme les voitures. Quand tu conduis,
- 40:42tu vas aux États -Unis, ta voiture est faite
- 40:44au Québec, mais les autres vont reconnaître que
- 40:45ta voiture québécoise est conforme. Est conforme.
- 40:47Fait que ça, c 'est de reconnaître. Fait qu 'on
- 40:49appelle ça la reconnaissance mutuelle. OK? Puis
- 40:52l 'autre côté, c 'est l 'harmonisation. On travaille
- 40:55à dire, mais on va -tu écrire la même loi de
- 40:57tout le monde? Ça, c 'est les deux façons de
- 40:59travailler. Mais les deux sont difficiles parce
- 41:03que si j 'harmonise, je perds un peu ma souveraineté
- 41:06parce que j 'ai fait des concessions, c 'est
- 41:08des choses qui sont importantes pour moi. Puis
- 41:10dans le cas du casque, nous autres, on a une
- 41:12histoire, le pauvre Mathieu, tout le monde s
- 41:14'en souvient de lui. Puis là, si je baisse la
- 41:15norme, j 'étais un sans -cœur, moi, comme politicien.
- 41:18Ça fait que c 'est très sensible au Québec, ce
- 41:20casque -là, puis on peut pas jouer là -dedans.
- 41:22Puis toute l 'émotion qui vient avec fait en
- 41:24sorte que c 'est difficile d 'arriver avec un
- 41:25consensus pour l 'harmonisation. Donc... La bonne
- 41:28nouvelle, c 'est que dans les dernières années,
- 41:30on a réduit énormément les barrières, on travaille
- 41:33à faire plus de reconnaissance mutuelle puis
- 41:35d 'harmonisation lorsque c 'est possible, notamment
- 41:37dans le transport. Je pense que dans le transport,
- 41:39on devrait harmoniser justement parce que les
- 41:41voitures, c 'est important, puis les camions
- 41:43aussi, puis le travail continue. Puis nous, on
- 41:46a gardé certaines exceptions, des choses où ce
- 41:48qu 'on dit non obstant de tout ça, ça, on va
- 41:51pas céder, puis notamment en matière de langue,
- 41:54c 'est important, on touchera jamais à ça. Si
- 41:57on parle, je sais que l 'industrie de la construction,
- 42:00c 'est quelque chose qui est réglementé. On parle
- 42:02des coûts de la construction qui augmentent beaucoup
- 42:04à travers le Canada, je pense. Est -ce que c
- 42:08'est dans les pistes qui sont étudiées ou c 'est
- 42:11trop compliqué de réglementer? Ce qui arrive,
- 42:14c 'est que là, oui, on l 'a regardé. C 'était
- 42:18pas facile. C 'était pas facile. Mais on a réussi
- 42:23à réduire la barrière. Mais on n 'a pas changé
- 42:26notre norme. C 'est que tu peux venir de l 'Ontario,
- 42:29mais va chercher tes cartes. Tu sais, on s 'attend
- 42:32pas à ce que... On va pas reconnaître ton permis,
- 42:36parce qu 'on a notre façon de faire ici, qui
- 42:38est à nous, puis qu 'on veut pas bouleverser
- 42:40un secteur qui, lui, est très particulier au
- 42:43Québec. On va dire comme ça. Fait qu 'on a dit,
- 42:46mais regarde... T 'as le droit, mais il va falloir
- 42:48que tu vas aller chercher tes cartes comme tout
- 42:50le monde. Fait que nous, ce qu 'on prétend, puis
- 42:53je pense que c 'est très vrai, c 'est de dire
- 42:55que c 'est égal. Fait que tout le monde a le
- 42:56droit. Fait qu 'applique comme tout le monde,
- 42:58viens le chercher. Un autre exemple, c 'est un
- 43:01médecin. Un médecin qui veut pratiquer au Québec
- 43:03ou un infirmière qui veut pratiquer au Québec.
- 43:05On va le reconnaître, on dit plan, mais on a
- 43:07le droit de t 'imposer un test en français. Parce
- 43:10que tu peux pas être un médecin ici. Je pense
- 43:12que les autres professionnels exigent une connaissance
- 43:14du français. Ben, ici oui, mais le Canada, l
- 43:17'Anglais, c 'est pas la même chose. Fait que
- 43:19nous, on l 'exige parce que c 'est pas acceptable
- 43:21pour nous de se faire soigner par quelqu 'un
- 43:23qui parle pas la langue. Fait qu 'il va toujours
- 43:26avoir certaines différences, puis des nuances
- 43:28intéressantes par notre code civil, puis des
- 43:30façons de faire qu 'on fait qui est différent
- 43:32de les autres. Mais même là -dessus, on a réussi
- 43:35à réduire la barrière. Ça ne veut pas dire que
- 43:37tout le monde peut rentrer. Ce n 'est pas de
- 43:39la reconnaissance mutuelle. C 'est de dire, tu
- 43:43as le droit de venir maintenant si tu satisfais
- 43:45les critères. C 'est plus compliqué que l 'universalité,
- 43:49mais on a réussi à faire un petit bout de chemin
- 43:51là -dessus aussi. Est -ce qu 'il y a possibilité
- 43:54d 'augmenter le commerce avec les autres provinces
- 43:56canadiennes? L 'exemple que je donne toujours,
- 43:59c 'est que ce n 'est pas une panacée. Parce que
- 44:01je vais vous donner un exemple. Moi, je suis
- 44:03un entreprise québécoise. Je travaille en bosse.
- 44:06Moi, j 'ai mon entreprise, puis j 'échange avec
- 44:08les États -Unis. À 600 kilomètres, j 'ai accès
- 44:13à 14 millions de personnes. 14 millions. Puis
- 44:17ils me payent en dollars US. puis c 'est une
- 44:19économie vaste, puis ça c 'est juste le nord
- 44:21-est. Bon. Si je fais du commerce en temps provincial,
- 44:26je m 'en vais au Canada. À 600 km, j 'ai accès
- 44:28à un marché de 3 millions, 4 millions. Et en
- 44:31dollars canadiens. Fait que oui, il faut le faire,
- 44:35puis oui, c 'est une option, mais ça ne remplace
- 44:37pas les États -Unis, puis ce n 'est pas la même
- 44:40chose. Fait que c 'est pour ça que les gens,
- 44:42traditionnellement au Canada entier, c 'est du
- 44:44commerce nord -sud qui ne se fait pas est -ouest,
- 44:47parce que les distances sont grandes, puis les
- 44:48nombres de personnes disponibles, de clients
- 44:50potentiels, vaut moins la peine parce que c 'est
- 44:54un jeu de nombre. Fait que c 'est pour ça que
- 44:56nous, on leur dit, oui, mais l 'Europe, c 'est
- 44:58500 millions de personnes. Fait que ratez pas
- 45:00ce bateau -là. Même si c 'est un peu loin puis
- 45:02un peu plus compliqué puis les normes sont un
- 45:04peu différentes, je pense que ça vaut la peine,
- 45:06si vous êtes trop dépendant des États -Unis,
- 45:07d 'aller voir. Ou en Asie aussi, il y a une personne
- 45:11sur trois sur la planète qui vit en Asie. Fait
- 45:13que c 'est un marché. Il va pas me parler qu
- 45:15'il y a pas assez de monde. Fait qu 'il y a moyen
- 45:17aussi de faire affaire là -bas aussi. C 'est
- 45:18pour ça que ça a toujours été traditionnellement
- 45:21très difficile de se défaire des États -Unis
- 45:23avec cette... cette logique simpliste -là de
- 45:25dire, écoute, c 'est tellement facile puis proche
- 45:28faire affaire avec des gens qui ont le goût de
- 45:30faire des affaires, tu sais, avant. Je pense
- 45:33que les communautés d 'affaires américaines sont
- 45:34encore très... sont un peu vocales, je trouve.
- 45:37J 'aimerais ça les entendre un peu plus. Ils
- 45:38disent en privé qu 'ils ne sont pas contents,
- 45:41mais ça serait le fun de les entendre. Mais je
- 45:42pense que la volonté de faire du commerce, le
- 45:44moins... avec le moins d 'impact possible est
- 45:47là, c 'est qu 'après ça se mette l 'administration
- 45:52américaine à dos, c 'est d 'autres choses. Est
- 45:55-ce qu 'on a toutes les infrastructures nécessaires
- 46:00pour l 'économie du Québec en termes d 'exportation,
- 46:03que ce soit au Canada et à l 'extérieur du Canada,
- 46:05ou il en manque? La question est très bonne.
- 46:10Ce que je dirais, c 'est que depuis 2018, Notre
- 46:14gouvernement a investi, on est rendu maintenant
- 46:17à 170 à peu près milliards de dollars en infrastructures.
- 46:20On appelle ça le PQI. C 'est une augmentation
- 46:23de 70 % du PQI depuis 2018. Le PQI, c 'est l
- 46:27'argent qu 'on met pour le maintien d 'actifs,
- 46:30les routes, les hôpitaux, les écoles, puis les
- 46:32ports qui appartiennent au Québec et tout ça,
- 46:34et donc les aéroports qui appartiennent au Québec
- 46:36et tout ça. Malgré le fait qu 'on a augmenté
- 46:39de 70 %, le niveau de virtuosité des infrastructures
- 46:44québécoises n 'a pas bougé d 'un lit au temps.
- 46:46C 'est une combinaison du fait que les prix ont
- 46:48augmenté, mais aussi parce que le déficit d 'investissement,
- 46:52on le traîne depuis 60 ans. Ça fait 60 ans qu
- 46:55'au Québec, qu 'on pèle vers de l 'avant sur
- 46:58les décisions d 'infrastructures, sur les décisions
- 47:00de maintien d 'actifs qui font en sorte qu 'aujourd
- 47:02'hui, tous nos avoirs, tout notre parc, il y
- 47:07a à peu près 60 ans. Ça fait que le toit est
- 47:10à refaire, le béton est à refaire, la côte est
- 47:11à refaire. Ça, c 'est partout, partout. Ça fait
- 47:14que la réponse rapide à votre question, c 'est
- 47:17on a des infrastructures, il faudrait les agrandir.
- 47:20Je pense au parc de Sept -Îles. Le parc de Sept
- 47:23-Îles exporte du fer. Puis c 'est comme le meilleur
- 47:27fer de qualité sur terre. Puis le Japon en veut
- 47:30plus, mais on n 'est pas capable de recevoir
- 47:32tous les bateaux. On est vraiment freinés par
- 47:36cette infrastructure -là. Puis nous, on a joué
- 47:38un peu avec le feu. On a agrandi le PQI jusqu
- 47:41'à le bout de l 'élastique. Puis on a eu une
- 47:45décote de Standard & Poor's, pas parce qu 'on
- 47:47a fait un déficit. En fait, le déficit québécois,
- 47:50c 'est le deuxième plus petit au Canada. On a
- 47:53eu une décote parce qu 'on était très agressif
- 47:55pour le financement de nos infrastructures et
- 47:57parce que c 'est là que le bât blesse le plus.
- 48:00Et je pense qu 'on est allé à la limite de qu
- 48:01'est -ce qu 'on peut faire dans les temps qu
- 48:02'on a. À un moment donné, il y a une certaine
- 48:05limite à ce que tu peux faire pour rattraper
- 48:06le passé. Je pense qu 'on est rendu là. On met
- 48:09chaque dollar qu 'on peut pour essayer de nous
- 48:11aider à bâtir cette infrastructure -là, mais
- 48:14il y a eu tellement de négligence par le passé
- 48:16qu 'on est poigné avec le temps que ça va prendre
- 48:17pour le faire. Est -ce qu 'on a les moyens financiers
- 48:21de remédier à ça? Bien, la réponse, c 'est oui
- 48:25puis non. C 'est pour ça qu 'on parle toujours
- 48:27de création de richesses. Il faut créer de la
- 48:29richesse. Il faut arrêter de dire à nos entrepreneurs
- 48:31que ce n 'est pas bon et qu 'ils ont crâté parce
- 48:33qu 'on a besoin de la richesse qu 'ils créent.
- 48:34On a besoin de la productivité pour être sûr
- 48:36qu 'on en amène plus. C 'est pour ça qu 'on s
- 48:38'obsède de parler de ces sujets -là parce que
- 48:40c 'est important, parce qu 'il y a la dépense,
- 48:42mais si tu n 'as pas de revenus, tu ne peux pas
- 48:43faire de dépenses. Puis là, on est rendu au maximum
- 48:46de notre capacité de dépenser. en termes d 'infrastructure
- 48:49puis en termes de budget. Et à un moment où le
- 48:53gouvernement va être appelé à faire des actions
- 48:55importantes pour protéger l 'économie, protéger
- 48:57le portefeuille des Québécois. Fait qu 'à un
- 48:59moment donné, on ne peut pas tout faire. C 'est
- 49:01pour ça qu 'on a besoin d 'avoir un secteur entrepreneurial
- 49:05qui nous aide. Il faut créer de la richesse,
- 49:08il faut échanger, il faut être plus agressif,
- 49:10plus agile. Je nous invite à collectivement réfléchir
- 49:14à ces grandes questions -là parce qu 'on a atteint
- 49:18la limite de ce que le gouvernement peut faire.
- 49:21C 'est vraiment à nous tous, je pense, de s 'activer
- 49:24pour faire notre part. Il n 'y a personne qui
- 49:28compte l 'idée d 'être plus productif ou d 'avoir
- 49:30plus de revenus, mais concrètement, on… Ah bien,
- 49:33il faut que tu adresses des vaches sacrées. On
- 49:35fait quoi? Ben, les vaches sacrées, il faut que
- 49:37tu en regardes dans ta cour, tu sais. Si on continue…
- 49:41Je vais vous donner un exemple. On a déployé
- 49:42récemment le dossier santé numérique, puis un
- 49:46nouveau logiciel qui permet de faire les choses
- 49:48rapidement. Mais qu 'est -ce qu 'on a entendu
- 49:50des nouvelles puis les oppositions? Ah! Là, il
- 49:53y a eu des chirurgies qui ont été annulées. Il
- 49:55y a eu quelques chirurgies annulées, mais généralement,
- 49:57ça s 'est bien passé. Mais nous, on a encaissé
- 49:59une semaine de mauvaise nouvelle. Fait que l
- 50:02'incitatif politique de prendre ce genre de risque
- 50:05-là, de risquer l 'audace et de risquer l 'avenir
- 50:08pour pouvoir améliorer notre sort, très difficile.
- 50:12Ça prend courage politique faire ça, parce que
- 50:14tu le sais que ça va pas aller. N 'importe qui
- 50:16qui a déployé un système informatique peut vous
- 50:18le dire. On le sait que ça va pas bien tout le
- 50:20temps, surtout au début. Puis on le sait qu 'il
- 50:22va y avoir des bonnes journées de mauvaises journées.
- 50:23Puis quand que c 'est là, après six mois, t 'es
- 50:25super content que tu l 'aies fait, mais après
- 50:26ces premiers mois, tu veux t 'arracher les cheveux,
- 50:29là. Mais ça, c 'est un risque politique. Puis
- 50:32là, est -ce qu 'on a l 'expertise de le faire?
- 50:34Fait que moi, ce que je vous dis, c 'est que
- 50:36oui. On est capable. Il n 'y a aucune raison
- 50:39qu 'on n 'est pas capable. Mais des fois, je
- 50:41pense qu 'on l 'oublie qu 'on est capable. Puis
- 50:43des fois, je me trouve un peu dur envers nous
- 50:44-mêmes. Puis là, je m 'excuse, la question est
- 50:47trop facile. On parle de courage politique puis
- 50:49d 'implanter des réformes importantes. Quelqu
- 50:52'un pourrait dire, bien, tu sais, ça fait un
- 50:53certain temps que vous êtes au gouvernement.
- 50:56Pourquoi maintenant et pas il y a trois, quatre,
- 50:58cinq, six ans? Bien, on le fait. On l 'a fait.
- 51:01On a transformé beaucoup de choses puis on a
- 51:03pris des risques importants pour essayer de transformer
- 51:05ça. C 'est la première fois, mettons, avec les
- 51:07médecins qu 'on va, avec les infirmières puis
- 51:10avec les médecins, on va calculer les rendez
- 51:12-vous qu 'ils font. Puis on a introduit le principe
- 51:15que, bien non, si tu veux te faire payer, il
- 51:16faut que tu vois un certain nombre de patients.
- 51:18Il faut que vous vous pensez. que les médecins
- 51:20étaient les seuls, ou ce qu 'on leur demandait
- 51:23poliment d 'en voir plus, puis on donnait des
- 51:26incitatives pour en donner plus, mais il n 'y
- 51:27avait pas d 'objectif. On a introduit ça. C 'est
- 51:30nous qui avons fait ça. Et donc, je vous dirais
- 51:33que le bateau du Québec est un grand navire qui
- 51:36n 'est pas facile à tourner. Il y a de la jurisprudence,
- 51:40des lois où on n 'a même pas le droit de congédié
- 51:43des personnes qui ne sont pas aptes à bien faire
- 51:44leur travail, qui nous lient un peu les mains.
- 51:47Mais je dirais que, somme toute, Madame Durenceau,
- 51:51Madame Lebel, on a réussi des virages importants
- 51:55dans le Conseil du Trésor qui nous permettent,
- 51:56je pense, d 'avancer. Mais je pense qu 'on est
- 51:59sur la bonne voie, mais... Ça serait mentir de
- 52:02dire qu 'on peut tourner ce bateau -là rapidement.
- 52:04Puis la personne qui vous le dit, elle comprend
- 52:06pas. Est -ce que... Est -ce que vous pensez qu
- 52:10'actuellement, les priorités gouvernementales
- 52:12y sont axées vers plus d 'efficacité dans la
- 52:15machine? Mais la bonne nouvelle, c 'est que Mme
- 52:16Duranço a annoncé cette semaine qu 'on a atteint
- 52:18notre 5 000 fonctionnaires de moins. Je pense
- 52:22qu 'il faut continuer dans cette veine -là. Je
- 52:24ne vois pas pourquoi dans l 'ère de l 'intelligence
- 52:25artificielle, on n 'est pas capable de réduire
- 52:27davantage la fonction publique par attrition.
- 52:30Pas obligé d 'être cruel. Il y a moyen de le
- 52:32faire. Puis, il faut continuer à cette voie -là.
- 52:35Il ne faut pas avoir peur de risquer les nouvelles
- 52:38technologies. il va falloir qu 'on se donne le
- 52:41courage et aussi le mandat collectif de faire
- 52:44ça. Mais moi, je vous dirais, nos priorités,
- 52:48c 'est protéger notre culture, notre langue,
- 52:51protéger le portefeuille des Québécois, protéger
- 52:54les emplois des Québécois dans ces moments incertains,
- 52:57puis de livrer des services pour lesquels les
- 52:59Québécois payent très cher. Je pense que ça ne
- 53:03s 'arrime pas mal avec ce que les Québécois nous
- 53:04demandent de faire. Si c 'était facile, on l
- 53:06'aurait fait plus vite, effectivement. Est -ce
- 53:08qu 'on est prêt à dédier le cordon de la bourse
- 53:10pour euh... pour aider les entreprises et les
- 53:13travailleurs qui ont peut -être des problèmes
- 53:14avec ce qui se passe avec les États -Unis actuellement?
- 53:17Je vous disais tantôt qu 'on est déjà la rue
- 53:19Rédiction qui donne le plus per capita pour les
- 53:22entreprises, mais la bonne nouvelle, c 'est que
- 53:24mon collègue et Mme Fréchette ont annoncé cette
- 53:27semaine un programme d 'aide. On avait déjà lancé
- 53:30Grand V par investissement Québec l 'année passée.
- 53:33On avait lancé aussi lorsque Donald Trump a mis
- 53:35ses premiers 232 tarifs il y a 18 mois. On avait
- 53:39créé un programme qui s 'appelle Panorama. pour
- 53:40vous aider à diversifier vos clients à l 'étranger.
- 53:46Il y avait aussi le programme Frontière qui était
- 53:47créé pour injecter de la liquidité dans l 'entreprise.
- 53:50On a rajouté récemment dans les derniers jours
- 53:52et ça va être disponible dès lundi. C 'est ça,
- 53:56aujourd 'hui. Donc dès aujourd 'hui, le programme
- 53:59FORCE rentre en vigueur et donc les gens qui
- 54:02ont un chiffre d 'affaires entre 1 et 2 millions
- 54:04vont avoir accès au programme Paraiso. Non, pardon.
- 54:09Et les entreprises de plus de 2 millions vont
- 54:11avoir accès au programme FOS qui injecte la liquidité
- 54:14dans ces moments incertains avec un congé de
- 54:16remboursement sur 24 mois. Donc c 'est assez
- 54:18agressif. Puis le gouvernement fédéral aussi
- 54:20va ajouter un programme qui va être annoncé dans
- 54:23les prochains jours aussi. Puis les deux programmes
- 54:25vont se complémenter. Et si on parle de la relation
- 54:28entre la première ministre et le premier ministre
- 54:30canadien, mon impression comme personne de l
- 54:33'extérieur, c 'était qu 'il y avait... beaucoup
- 54:35de friction entre l 'ancien premier ministre
- 54:38et l 'ancien premier ministre fédéral. Et on
- 54:42dirait que là, soudainement, le premier ministre
- 54:45Fréchette et son homologue au fédéral, ils sont
- 54:48souvent ensemble, des gros sourires, des grosses
- 54:50poignées de mains. Est -ce qu 'il y a une certaine
- 54:52affinité entre les deux? Une des grosses différences,
- 54:56je dirais, deux choses. Ce n 'est pas le même
- 54:58casting. Il y a une différence entre François
- 55:00Legault et Justin Trudeau. Je pense que le contraste
- 55:02était très grand. Il y avait peu de similarité
- 55:06entre les deux personnages. et style de gestion.
- 55:10Mais l 'autre affaire, c 'est que Mme Fréchette
- 55:11avait promis aussi cette collaboration avec le
- 55:15gouvernement fédéral. Puis une des actions qu
- 55:17'elle a prises, c 'est qu 'elle a débloqué certains
- 55:19fonds. qui était disponible par le gouvernement
- 55:23fédéral. C 'est une des raisons pourquoi on voit
- 55:25des choses avancer récemment. Ça, c 'est grâce
- 55:27carrément à son leadership, à l 'annonce d 'aujourd
- 55:29'hui qu 'on voit à la dévi pour grandir les commandes
- 55:35des brise -glaces. C 'est vraiment une bonne
- 55:36nouvelle pour le Québec. Les montants qu 'on
- 55:39a débloqués en habitations aussi. concédés dans
- 55:43nos champs de compétence. Ça prend deux, comme
- 55:46les Anglais disent, « to the tango ». Là, on
- 55:49a un partenaire fédéral qui est prêt lui aussi
- 55:51à reconnaître nos champs de compétence davantage.
- 55:53Puis on a un partenaire maintenant dans Madame
- 55:55Frechette qui, elle, est prêt aussi à regarder
- 55:58qu 'est -ce qu 'elle peut faire pour faire avancer
- 56:00les choses. Donc, je pense qu 'on a changé de
- 56:02casting, mais aussi le monde a changé. On n 'a
- 56:05plus le luxe de se pogner pour se pogner. Et
- 56:08donc, je pense que tout le monde a le goût de
- 56:10collaborer, puis ça donne bien, on a besoin de
- 56:11cette collaboration -là. En termes de temps,
- 56:13j 'aimerais vous poser une question un petit
- 56:14peu plus personnelle. Je pense que les gens qui
- 56:16m 'écoutent savent que je suis un fédéraliste.
- 56:19J 'ai milité longtemps au Parti libéral du Québec.
- 56:23Et je parle à d 'autres fédéralistes également
- 56:25qui regardent un peu la situation puis la campagne
- 56:27qui s 'en vient. Et je vous dirais, juste au
- 56:29niveau personnellement, je ne veux pas prendre
- 56:31position parce que ce n 'est pas l 'objectif,
- 56:32mais... Je suis quelqu 'un qui veut pas de référendum.
- 56:36C 'est quelque chose qui est primordial. Je pense
- 56:37que ça serait, je veux pas dire catastrophique,
- 56:39c 'est pas le bon terme, mais ça serait vraiment
- 56:40pas une bonne chose, ni pour l 'économie, ni
- 56:41pour le Québec, d 'avoir un référendum dans le
- 56:43contexte actuel. Bon, je dirais, je suis fédéraliste,
- 56:46c 'est jamais le bon moment d 'avoir un référendum,
- 56:48mais je pense que c 'est particulièrement un
- 56:49mauvais moment pour le faire en ce moment. Je
- 56:51veux pas de référendum. Je suis idéologiquement
- 56:54probablement plus à droite que les trois partis
- 56:56qui veulent être là. T'sais, tant qu 'à moi,
- 57:00un parti ou l 'autre, ça revient pas mal au même
- 57:01au niveau économique à ce niveau -là, même si
- 57:04certains reprochent à faire sur le bilan de la
- 57:05CAQ, mais ce qui est fait est fait, c 'est une
- 57:08nouvelle administration. Ma préoccupation à moi
- 57:11comme fédéraliste, c 'est que j 'ai eu certains
- 57:13problèmes avec l 'usage de la clause de regatoire,
- 57:15notamment au niveau de 21, même à rigueur au
- 57:17niveau de 96 à 94. Fait que si vous aviez à parler
- 57:22à un fédéraliste qui, comme moi, Et préoccupé
- 57:24par la situation économique, elle me ressemble
- 57:26à une administration qui est compétente pour
- 57:28gérer la situation économique, ne veut pas de
- 57:29référendum, mais n 'a pas particulièrement aimé
- 57:32l 'agenda nationaliste identitaire de la CAQ.
- 57:35Qu 'est -ce que vous lui direz? On a juste une
- 57:38couple de minutes, fait que on va essayer de
- 57:40rester bref, mais en quoi? Tantôt vous avez reconnu,
- 57:44quand on jasait, on jasait de les différents
- 57:47traités qui minent la souveraineté. pendant des
- 57:51années et des années et des années, l 'Occident
- 57:55a signé des ententes, signé des traités. Là,
- 57:58aujourd 'hui, les Québécois nous demandent au
- 57:59gouvernement du Québec, pourquoi vous ne faites
- 58:00pas plus d 'achat local? Je n 'ai pas le droit
- 58:02d 'en faire plus parce qu 'on est lié par des
- 58:05traités. Puis moi, j 'ai comme une théorie où
- 58:08ce que je me dis, ce qui est le fun avec la démocratie,
- 58:11c 'est que c 'est une soupape. Donc là, il y
- 58:14a une pression qui... griller la population,
- 58:17puis là, tout à coup, on est annexe de gars là
- 58:19-haut, cette femme -là, puis il y a une élection,
- 58:22on rase, ça stime, puis on redescend, puis on
- 58:24choisit quelqu 'un d 'autre. Cette réduction
- 58:27de tension -là, elle est très bonne pour les
- 58:29démocraties. Ce qu 'on constate, par exemple,
- 58:32maintenant, c 'est qu 'on s 'est tellement liés...
- 58:35par des différents traités, la jurisprudence,
- 58:39certaines lois, certaines constitutions qu 'on
- 58:42n 'a pas signées. Et là, tout à coup, notre capacité
- 58:45à réduire la pression en tant que politicien,
- 58:48elle est réduite, parfois non -existante. Et
- 58:52donc, moi, j 'entends une population qui demande
- 58:55quelque chose, puis ma capacité de lui donner
- 58:58est restreinte. Et donc, que vaut une démocratie
- 59:02si un politicien ne peut pas... écouter sa population
- 59:06et agir pour sa population. La cause dérogatoire,
- 59:10c 'est une clause qui a été introduite pour introduire
- 59:13la notion très Westminster, très britannique,
- 59:17de la supramétie parlementaire. Il n 'y en a
- 59:19pas de constitution en Angleterre, parce que
- 59:21le Parlement a toujours le dernier mot, justement
- 59:24pour écouter et entendre et réagir à ce que sa
- 59:27population a besoin, avec certaines balises juridiques,
- 59:29bien sûr. on se doit de respecter cette tradition
- 59:34-là typiquement britannique qu 'on a héritée.
- 59:37Et là, ce qu 'on a fait, c 'est qu 'on a greffé
- 59:39une notion du droit individuel qui est très américaine
- 59:44par -dessus notre droit très Westminster anglais,
- 59:48qui vient superposer une tradition civilisiste
- 59:51en plus, qui est mal adaptée à notre réalité,
- 59:55mais surtout empêche les politiciens comme moi.
- 59:59d 'exaucer le vœu de beaucoup de Québécois, notamment
- 1:00:02en lien avec la religion dans l 'espace public,
- 1:00:09notamment en lien avec la protection de notre
- 1:00:12langue. Et donc, ce que je dirais, c 'est que
- 1:00:17je pense que c 'est légitime de le faire. Puis,
- 1:00:20à ceux qui ont cette crainte -là par rapport
- 1:00:22à la clause des réparatoires, je leur rappelle
- 1:00:25qu 'on n 'aurait jamais eu... la Constitution
- 1:00:281982, si ce n 'était pas prévu d 'introduire
- 1:00:31la notion de la clause dérogatoire dans la Charte,
- 1:00:34parce qu 'il n 'y avait jamais personne qui était
- 1:00:36prêt à concéder cette suprématie parlementaire.
- 1:00:39Donc, la seule raison qu 'on a de la conversation,
- 1:00:42c 'est qu 'on nous a permis d 'introduire cette
- 1:00:44notion -là. Pour toutes ces raisons, je pense
- 1:00:48que c 'est un outil justifiable, louable et important.
- 1:00:53pour réduire la température pour que les politiciens
- 1:00:56puissent gouverner. Et aux quatre ans, si vous
- 1:00:58n 'êtes pas contents, mettez -nous à porte. Mais
- 1:01:02donnez -nous les leviers et la chance de faire
- 1:01:05ce que les gens tentent de nous demander de faire.
- 1:01:07Puis en ce moment, j 'ai comme l 'impression
- 1:01:08qu 'on n 'a tellement pas d 'outils pour répondre
- 1:01:12présent à ce que les populations nous demandent.
- 1:01:14que ça en est très frustrant et je m 'inquiète
- 1:01:16à long terme que c 'est tellement lié un peu
- 1:01:19partout que notre capacité justement de faire
- 1:01:21ces changements -là est drastiquement réduite.
- 1:01:25Je pense que je vous rencherche un petit peu
- 1:01:26là -dessus. Je parle d 'un juriste, c 'est sûr,
- 1:01:28j 'ai bien le talent de réponse. Non mais petite
- 1:01:29question, disons qu 'il y a un fédéraliste qui
- 1:01:31dit, moi regardez, le 21 -96, c 'est fait, c
- 1:01:34'est fait, on passe à autre chose. J 'entends
- 1:01:38la préoccupation de certains fédéralistes, surtout
- 1:01:40des gens qui sont plus proches du Parti libéral
- 1:01:42idéologiquement normalement. qui se disent, est
- 1:01:46-ce que voter pour la CAQ en 2026, c 'est se
- 1:01:49rembarquer dans une discussion sur les prières
- 1:01:51de rue, c 'est se rembarquer ou est -ce qu 'on
- 1:01:53va juste se concentrer sur l 'économie et sur
- 1:01:55la situation économique? Parce qu 'il y en a
- 1:01:57qui seraient peut -être tentés d 'aller chez
- 1:01:58vous pour qu 'on parle d 'économie parce que
- 1:02:01vous avez une certaine expérience au pouvoir,
- 1:02:02bon, en tout cas, à voir là -dessus. C 'est pas
- 1:02:05moi qui décide si on va faire une loi pour empêcher
- 1:02:10la prière dans les rues, mais... Je suis heurté
- 1:02:14quand je le vois. Fait que là, mon choix, c 'est,
- 1:02:17puis comme beaucoup de Québécois d 'ailleurs,
- 1:02:18fait que mon choix, c 'est, bien là, je fais
- 1:02:21l 'assemblant que ce n 'est pas là, puis je ne
- 1:02:22gouverne pas, ou j 'écoute la population et j
- 1:02:25'agis. On ne s 'est pas réveillé le matin, puis
- 1:02:28on n 'a pas décidé de dire, regarde, out of nowhere,
- 1:02:31on banni ça. Non, c 'est parce qu 'il y avait
- 1:02:33du monde qui bloquait la rue pour prier. Puis
- 1:02:36au Québec, on a fait le choix, dans les années
- 1:02:3860, de sortir de la religion de notre vie. On
- 1:02:42a dit c 'est pas vrai que la religion va élever
- 1:02:45nos enfants, punir nos enfants et s 'imposer
- 1:02:49dans notre quotidien. On l 'a décidé ça dans
- 1:02:52les années 60 avec la religion catholique. Je
- 1:02:54vois pas pourquoi qu 'on devrait l 'accepter
- 1:02:57encore à nouveau aujourd 'hui au nom du multiculturalisme,
- 1:03:00au nom d 'une notion de vivre ensemble qui inclut,
- 1:03:05permet tout et est son contraire sur notre territoire.
- 1:03:09Moi, je vis très bien avec notre utilisation
- 1:03:11de la clause évogatoire pour ces aspects -là.
- 1:03:15Et moi, ce que je peux dire à ces gens -là, je
- 1:03:17leur dirais, un, voter pour la CAQ, c 'est de
- 1:03:22voter pour la stabilité. C 'est de voter contre
- 1:03:25un référendum. Puis oui, on va se lever debout
- 1:03:29quand les gens essaient de nous imposer leur
- 1:03:31valeur contre les nôtres. On va défendre ça.
- 1:03:34Puis je pense que la vaste majorité des Québécois,
- 1:03:36même certains fédéralistes... sont nationalistes
- 1:03:38aussi. Il y en a une bonne batch, oui. En tout
- 1:03:42cas, il n 'y en reste plus gros, Parti libéral.
- 1:03:45Je ne sais pas si ça a des commentaires là -dessus.
- 1:03:46Il n 'y en reste plus beaucoup. Il n 'y en reste
- 1:03:47plus beaucoup. On va mettre ça dans des commentaires
- 1:03:53là -dessus sur ce que ça veut même dire, le nationalisme.
- 1:03:56Mais merci beaucoup pour l 'entrevue. C 'était
- 1:03:58vraiment apprécié. Merci à vous. Au plaisir.
- 1:04:00Au plaisir. Merci d 'avoir été avec nous. Si
- 1:04:03vous avez aimé l 'épisode, abonnez -vous et laissez
- 1:04:05-nous vos commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 1:04:07Également, vous pouvez vous joindre à notre chaîne
- 1:04:08YouTube pour avoir les épisodes deux semaines
- 1:04:10d 'avance. À la semaine prochaine!