Latest / Archives / Un ANESTHÉSISTE au cœur d’une série de décès (Affaire Frédéric Pêchier)
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- 0:05Besançon, dans l'est de la France, pendant plusieurs
- 0:09années, des patients entrent dans une clinique réputée pour
- 0:13des opérations banales. Ils font confiance aux médecins.
- 0:16Ils s'endorment sur une table d'opération, mais certains ne se
- 0:20réveillent jamais. Au départ, personne ne comprend.
- 0:25Les dossiers évoquent des complications rares.
- 0:29Des arrêts cardiaques inexpliqués puis, peu à peu, un
- 0:33détail revient, un nom, toujours le même.
- 0:37Frédéric Péchier est anesthésiste.
- 0:43Son rôle, c'est de maintenir les patients en vie pendant
- 0:46l'opération. Et pourtant, partout où ils
- 0:49travaillent, les arrêts cardiaques se multiplient.
- 0:53Puis ça recommence, encore et encore.
- 0:57Sur des patients sans problèmes particuliers, des arrêts
- 1:00brutaux, toujours pendant l'anesthésie, toujours au pire
- 1:04moment. Les dossiers se referment.
- 1:09Les familles doutent, mais personne n'ose dire ce que tout
- 1:13le monde redoute. Certains meurent, d'autres
- 1:16survivent, parfois lourdement handicapés.
- 1:19Ici, la mort ne s'est pas introduite dans la clinique.
- 1:23Elle y travaille quand les enquêteurs relient enfin les
- 1:26dossiers, c'est plus une suite d'accidents, c'est un schéma.
- 1:30Ce que l'on a longtemps pris pour de simples coïncidences
- 1:33devient une affaire judiciaire d'une ampleur inédite.
- 1:37Dans cette vidéo, je vais vous raconter l'histoire de Frédéric
- 1:41Péchier, au cœur de l'une des plus grandes affaires
- 1:44criminelles de la médecine française.
- 1:46On a pris ma vie sociale et. Là, depuis maintenant quelques
- 1:51mois, on m'a pris aussi ma vie familiale, c'est à dire que je
- 1:55peux plus voir mes enfants, je peux plus voir ma femme parce
- 1:58que je n'ai pas le droit de rentrer chez moi à mon domicile.
- 2:02Tous les jours, je pense à ça. Tous les jours ?
- 2:04On dort avec la télé parce qu'il a peur de pas se réveiller.
- 2:23Avant d'aller plus loin, je fais une courte pause.
- 2:25Après on déroule toute l'enquête dans l'ordre.
- 2:28Je voulais vous parler d'un outil que j'utilise vraiment au
- 2:31quotidien et depuis plusieurs années et pas juste parce que
- 2:34j'en fais la Promo Nord VPN. Quand je passe certaines
- 2:37journées à faire des recherches sur les différents sujets de
- 2:40vidéos, à ouvrir plein de sources différentes et parfois
- 2:42sur des sites pas toujours très clean, bah je préfère avoir une
- 2:45connexion un minimum sécurisé. Et Nord VPN va vous permettre de
- 2:49chiffrer vos données et ça masque votre adresse IP.
- 2:52Donc ça évite pas mal de mauvaises surprises, surtout
- 2:55quand on bosse beaucoup en ligne.
- 2:57Il y a aussi le côté pratique quand je suis en déplacement ou
- 2:59à l'étranger pour des tournages. Bah ça m'est déjà arrivé plein
- 3:04de fois de pas pouvoir accéder à des services français avec Nord
- 3:07VPN tu changes juste ta localisation virtuelle et tu
- 3:10peux accéder à my TF1, France télé, my canal et tous les
- 3:14catalogues français de Disney plus ou encore Netflix.
- 3:17Je pense notamment au cas de ma vidéo sur Natacha Kampouche
- 3:20quand j'ai préparé cette vidéo. Donc avant de la de la de la
- 3:23tourner quoi. J'étais en tournage au Canada
- 3:25pour une autre vidéo et les soirs, pour la préparer un petit
- 3:28peu, regarder un petit peu le sujet.
- 3:29J'ai voulu regarder le film sur Natasha Kampouche, qui est
- 3:32uniquement disponible en Autriche.
- 3:34Je m'étais connecté avec la localisation virtuelle en
- 3:36Autriche et j'ai directement pu regarder le film.
- 3:39Autre truc pratique, tu peux l'utiliser sur plusieurs
- 3:41appareils en même temps. Et bah personnellement moi je
- 3:44l'ai globalement sur mon ordinateur parce que c'est là où
- 3:46je fais toutes mes recherches. Mais aussi bah sur mon téléphone
- 3:49au moins ça me permet d'être d'avoir une connexion déjà qui
- 3:52est sécurisée même si je me trouve dans un aéroport ou quoi
- 3:55que ce soit et je me connecte au Wifi public.
- 3:57Mais je peux aussi utiliser une fonctionnalité qui est trop
- 4:00cool, c'est la protection anti menace.
- 4:02En gros ça va bloquer plein de sites frauduleux, de pub relou
- 4:05de tracker même quand le VPN n'est pas activé et quand tu
- 4:09passes ta vie sur Internet. On va pas se mentir, c'est
- 4:12vraiment pas du luxe. Avec mon lien qui est en
- 4:13description, nord VPN vous propose 4 mois offerts pour tout
- 4:16abonnement de 2 ans. Vous avez en +30 jours satisfait
- 4:18ou remboursé donc vous pouvez tester tranquillement pour
- 4:22savoir si ça vous intéresse vraiment.
- 4:24Si ça vous est utile, le lien est en description.
- 4:27Chapitre un, l'illusion d'un équilibre.
- 4:41Frédéric Péchier, né le 22 janvier 1972 à Angoulême, dans
- 4:45une famille déjà ancrée dans le monde médical.
- 4:48Son père est anesthésiste, sa mère cadre infirmier.
- 4:51Très tôt, il grandit dans un environnement où l'hôpital, les
- 4:56soins et la médecine font partie du quotidien.
- 4:59La famille s'installe ensuite à Poitiers, où Frédéric grandit
- 5:03entouré de ses frères et de sa sœur.
- 5:08Extérieurement, son enfance est décrite comme calme, sans
- 5:12histoire. Un garçon discret, facile à
- 5:15vivre, apprécié de son entourage.
- 5:18Mais plus tard, Frédéric dira s'être souvent senti à part
- 5:22comme le vilain petit canard de la famille, évoquant notamment
- 5:27une relation distante avec son père.
- 5:29Après le bac, il suit naturellement des études de
- 5:32médecine à Poitiers. Puis effectue son internat au
- 5:36CHU de Besançon. Il choisit l'anesthésie
- 5:39réanimation, l'une des spécialités les plus techniques
- 5:42et les plus exigeantes, celle où chaque décision peut engager la
- 5:47vie d'un patient. Ses études se déroulent sans
- 5:49accroc. Il est jugé sérieux, compétent,
- 5:52investi, un interne fiable, presque indispensable dans son
- 5:56service. C'est également à cette période
- 5:59qu'il rencontre Nathalie, interne en cardiologie.
- 6:02Il se Marie, fonde une famille et s'installe près de Besançon.
- 6:11En 2005, Frédéric Péchier devient anesthésiste diplômé et
- 6:15rejoint la Clinique Saint Vincent.
- 6:18Un établissement privé réputé, spécialisé dans des
- 6:21interventions programmées et maîtrisé.
- 6:24Un environnement où, statistiquement, l'anesthésie
- 6:27est considérée comme extrêmement sûre.
- 6:30Au fil des années, il se forge une solide réputation.
- 6:34Très présent, très investi à nouveau, souvent le premier à
- 6:37arriver le matin, il n'hésite pas à aider ses confrères et à
- 6:41prendre en charge leurs patients.
- 6:43Sur le papier, tout est là. Une carrière médicale classique.
- 6:47Stable, respecté. Un parcours sans accroc.
- 6:51Un portrait de réussite qui contraste violemment avec ce qui
- 6:56va suivre. Chapitre 2, la dose létale.
- 7:09On est le 10 octobre 2008 à Besançon.
- 7:11C'est une matinée comme les autres en apparence.
- 7:17Un homme, Damien le laine, 53 ans, entre serein au bloc
- 7:21opératoire pour une ablation du rein dans la Clinique Saint
- 7:25Vincent. Une opération dite de routine,
- 7:28une intervention que tout le monde considère comme bénigne.
- 7:31Damien n'a aucun antécédent médical sérieux, il est
- 7:35considéré comme un patient sans risque.
- 7:37La salle est calme, le matériel est prêt, tout est normal.
- 7:42Mais avant même que l'opération commence réellement.
- 7:46Le cœur du patient cesse soudainement de battre les
- 7:50moniteurs bip. Des alarmes se déclenchent,
- 7:53c'est un arrêt cardiaque. L'équipe médicale tente de le
- 7:57réanimer, mais malgré tous leurs efforts, le décès est déclaré à
- 8:0108h15. La scène est brutale, le silence
- 8:06est pesant et. On nous a dit, votre papa, il
- 8:08est mort comme un joueur sur un terrain de foot.
- 8:11La mort d'un patient pour un médecin est décrite comme un
- 8:14échec professionnel. Quand l'un d'entre eux décède,
- 8:17le médecin peut ressentir une profonde responsabilité
- 8:19personnelle. Est ce ma faute ?
- 8:22ai-je loupé quelque chose ? Me suis-je trompé dans la dose
- 8:26d'un médicament ? Dans les jours qui suivent, une
- 8:28autopsie est réalisée et ce qu'elle révèle va choquer.
- 8:33Damien avait un taux de lidocaïne, un anesthésique
- 8:36local, 5 fois supérieur à la dose normale.
- 8:40À grande dose, la lidocaïne devient un puissant poison.
- 8:44Capable de provoquer un arrêt cardiaque, cette anesthésie
- 8:47locale se met sous la peau pour que le cœur s'arrête de battre.
- 8:51C'est qu'en effet la dose était bien plus forte que prévu ou
- 8:54même pire, elle a été administrée directement dans les
- 8:58veines. Damien a reçu 10 fois la dose
- 9:01létale. Est ce un malheureux concours de
- 9:03circonstances ? Les premières pistes explorées
- 9:07sont donc une erreur médicale. Une allergie grave, voire même
- 9:11un syndrome de tako de Subo. C'est une crampe cardiaque rare,
- 9:15liée au stress. Tous ces scénarios étaient
- 9:17envisagés parce que personne ne pouvait imaginer, en 2008, qu'un
- 9:20anesthésiste puisse volontairement provoquer ce
- 9:23genre d'accidents. Frédéric Péchier était présent
- 9:26quelque part dans la clinique lors de cet incident, même si il
- 9:30n'était pas le médecin chargé de l'anesthésie de Damien.
- 9:34La fille du patient, Amandine le laine, raconte des années plus
- 9:37tard combien cette histoire a été un choc. 2009 à 2017 j'ai
- 9:41vécu dans la colère chaque jour qui passait.
- 9:44Mais ça a fait des histoires de famille, ça, moi, ça m'a abîmé
- 9:47dans ma vie, ça a abîmé mon histoire de l'époque.
- 9:51C'est c'est vraiment quelque chose qui a transformé ma vie.
- 9:55La famille, inconsolable et endeuillée se demande comment
- 9:59une intervention anodine a pu tourner au drame.
- 10:02Elle fait appel à la justice, se doute de quelque chose
- 10:05d'anormal, mais aucune enquête judiciaire n'est ouverte.
- 10:10Chapitre 3, les décès inexpliqués après le décès de
- 10:16Damien le laine en 2008, beaucoup auraient pu croire à
- 10:19une tragique coïncidence. Mais dans les années qui
- 10:23suivent, d'autres patients meurent ou font des arrêts
- 10:26cardiaques de manière inexpliquée dans des
- 10:29circonstances troublantes. Les patients ont entre 4 et 89
- 10:34ans. Ils n'ont aucun point commun
- 10:37apparent. À chaque fois, les faits sont
- 10:38traités comme des événements isolés, impossible à relier
- 10:42entre eux. Entre 2008 et 2017, ces
- 10:46événements se succèdent au sein de la Clinique Saint Vincent.
- 10:49En 2009, une jeune patiente venue pour une simple opération
- 10:52du genou est victime d'un arrêt cardiaque pendant l'anesthésie.
- 10:55La réanimation fonctionne, elle survit.
- 10:59Aucune explication claire n'est trouvée.
- 11:01L'équipe parle d'un accident rare.
- 11:04La même année, un homme de 48 ans subit à son tour une
- 11:08complication cardiaque brutale. Cette fois, les analyses
- 11:11révèlent un taux de lydocaïne légèrement supérieur à la
- 11:14normale. Pour les médecins, il s'agit
- 11:15encore d'une anomalie isolée. Le patient survit, mais le choc
- 11:21est réel. À ce stade, personne ne parle de
- 11:24série. Personne n'imagine un acte
- 11:27volontaire. En 2013, une personne âgée,
- 11:30pourtant en bonne santé, meurt en salle de réveil.
- 11:33La réanimation échoue, la famille est anéantie.
- 11:37Au sein de l'équipe médicale, le doute s'installe. 3 ans plus
- 11:48tard, c'est un enfant de 4 ans, Teddy, une opération des
- 11:58amygdales, tourne mal. Il doit être réanimé à 2
- 12:02reprises. Ce ne sont là que des exemples
- 12:05parmi d'autres. Certains patients ont survécu,
- 12:08d'autres sont morts. Mais peu à peu, un détail
- 12:12commence à revenir. Dans la majorité des cas, le
- 12:15taux de lydocaïne est anormalement élevé.
- 12:18Dans le sang des patients, certains médecins commencent à
- 12:21s'interroger, pourquoi toujours la même substance ?
- 12:24Comment expliquer des dosages aussi élevés chez des patients
- 12:28qui ne présentaient aucun risque particulier ?
- 12:31À ce moment-là, l'ombre qui plane sur la clinique commence à
- 12:34prendre forme. Sans nom, sans visage, les
- 12:38familles déposent des plaintes, parfois pour négligence
- 12:41médicale, mais ces démarches n'aboutissent pas
- 12:45officiellement. Il n'y a toujours pas de lien,
- 12:48seulement des événements espacés dans le temps avec des causes
- 12:51supposées différentes. Dans les couloirs de la
- 12:54clinique, l'atmosphère change. Chaque nouvelle intervention
- 12:58devient une source d'angoisse. Chaque Bible de moniteur, chaque
- 13:01silence en salle de réveil est vécu comme une menace.
- 13:05La clinique de Besançon n'est plus seulement un lieu de soins,
- 13:09elle est devenue un lieu de tension permanente.
- 13:18Chapitre 4, la miraculée pendant près d'une décennie, les
- 13:26événements survenus dans les blocs opératoires sont restés
- 13:29inexpliqués. Des cas graves, parfois mortels,
- 13:33sans lien officiel, sans responsables désignés.
- 13:36Mais peu à peu, un fil rouge commence à apparaître.
- 13:40Et en 2000171 événement va tout faire basculer.
- 13:43Le 11 janvier 2017, Sandra Simard, 36 ans, se rend à la
- 13:47clinique de Besançon. Elle est en bonne santé, sans
- 13:50antécédent médical notable, sans facteur de risque particulier.
- 13:52Elle doit subir une opération du dos, une intervention
- 13:57programmée. Pour éviter la douleur, une
- 13:59anesthésie générale est nécessaire.
- 14:02Elle est pratiquée par Anne Sophie ballon.
- 14:07Une jeune anesthésiste arrivée dans la clinique depuis moins
- 14:10d'un an. Rien, absolument rien dans le
- 14:14dossier médical de Sandra ne laisse présager une complication
- 14:18grave. L'opération débute normalement,
- 14:22puis à 08h56, tout bascule. Le cœur de Sandra s'arrête
- 14:26brutalement. Les alarmes retentissent, les
- 14:29moniteurs s'affolent, la tension monte instantanément dans le
- 14:33bloc opératoire. Les équipes médicales engagent
- 14:38immédiatement les manœuvres de réanimation.
- 14:40Contre toute attente, Sandra survit.
- 14:44Elle est transférée d'urgence à l'hôpital où elle restera 3
- 14:47jours dans le coma avant de s'en sortir.
- 14:49Elle est en vie mais pour Anne Sophie ballon, quelque chose ne
- 14:53colle pas. Encore sous le choc, la jeune
- 14:56anesthésiste décide de ne pas s'arrêter là.
- 14:58Elle imprime le tracé cardiaque de Sandra et va demander l'avis
- 15:02d'un professeur du CHU de Besançon, Sébastien Pili Floury.
- 15:06En regardant les courbes, le professeur est perplexe, il sait
- 15:10qu'il YA1 problème. Il lui donne alors un conseil
- 15:12simple mais décisif, récupérer les poches de perfusion
- 15:16utilisées pendant l'intervention.
- 15:18Si Sandra était en parfaite santé avant d'entrer au bloc,
- 15:22alors quelque chose s'est produit juste avant ou pendant
- 15:26l'opération. Les poches de perfusion et le
- 15:28matériel sont immédiatement saisis et analysés.
- 15:31Les résultats sont sans appel. Dans l'une des poches de
- 15:35réhydratation, les experts découvrent une concentration
- 15:38potentiellement létale de chlorure de potassium, une dose
- 15:43100 fois supérieure à la normale.
- 15:46À forte concentration, le potassium provoque un arrêt
- 15:49cardiaque immédiat. En perturbant l'activité
- 15:52électrique du cœur, Sandra a reçu entre 12 et 15 g de
- 15:57potassium. De quoi tuer une personne
- 15:59plusieurs fois. Si elle est en vie aujourd'hui,
- 16:02c'est un miracle. L'expert toxicologue est formel,
- 16:06une concentration aussi élevée ne peut pas être accidentelle.
- 16:11Pour injecter une telle quantité, il faut volontairement
- 16:13manipuler la poche. C'est pas une erreur médicale,
- 16:16c'est une tentative d'empoisonnement.
- 16:19Quelqu'un a essayé de tuer Sandra simard, mais un détail va
- 16:24définitivement alerter les enquêteurs au moment précis où
- 16:27Sandra fait son arrêt cardiaque. Frédéric Péchier, anesthésiste
- 16:31de la clinique, entre dans le bloc opératoire.
- 16:35Il n'est pas le médecin en charge de l'anesthésie et
- 16:38pourtant, il intervient immédiatement.
- 16:40Il injecte à Sandra du Gluconate de calcium, un antidote capable
- 16:44de contrer un excès de potassium.
- 16:46Puis il repart sans explication, comme si de rien n'était.
- 16:52Anne Sophie Balon témoignera plus tard, j'ai été choqué par
- 16:55le timing, par l'administration précoce du gluconate de calcium
- 16:59et par le fait qu'une hypercalémie ait été envisagée
- 17:02si rapidement. Une question devient alors
- 17:05impossible à ignorer, comment Frédéric Péchier pouvait il
- 17:10savoir ? Pourquoi était il si proche du
- 17:13bloc ? Pourquoi est-il intervenu avant
- 17:15même que le diagnostic ne soit posé ?
- 17:18Il est. Systématiquement appelé par ses
- 17:20collègues en cas de difficulté. Parce que dès qu'il YA1
- 17:22problème, il est d'usage d'appeler le meilleur, et on
- 17:27appelle Frédéric Péchier. Cette fois, la direction de la
- 17:29Clinique Saint Vincent n'attend plus.
- 17:31Elle alerte l'a RS, l'agence régionale de santé.
- 17:35Le 19 janvier 2017. Le parquet de Besançon est
- 17:38saisi. Le procureur Étienne Mantot
- 17:41ordonne immédiatement l'ouverture d'une enquête.
- 17:43Pour la première fois, l'hypothèse d'un acte volontaire
- 17:46est officiellement envisagée. Une information judiciaire a été
- 17:49ouverte au pôle de l'instruction de Besançon.
- 17:52Pour des empoisonnements aggravés susceptibles d'avoir
- 17:55été commis sur personne vulnérable.
- 17:58Chapitre 5, l'ouverture de l'enquête criminelle chaque
- 18:06dossier médical des patients ayant eu des complications
- 18:09graves ou un décès inexplicable est rassemblé.
- 18:12Chaque document, chaque fiole, chaque rapport anesthésique,
- 18:16sont une pièce d'un potentiel gigantesque puzzle.
- 18:19Mais ce jour-là, alors que la police est sur les lieux, un
- 18:21nouvel accident. Bien Jean-Claude Gandon, 70 ans,
- 18:25fait un arrêt cardiaque pendant son opération d'un cancer de la
- 18:29prostate. Les médecins sont vite
- 18:31contraints d'abandonner l'intervention et de refermer
- 18:34les incisions. Le patient survit, mais les
- 18:37enquêteurs ne trouvent pas que ce soit un hasard.
- 18:39L'anesthésie avait été confiée à Frédéric Péchier.
- 18:43J'ai fait l'arrêt cardiaque au bout de 20 Min quoi Hein tu
- 18:46vois ? J'ai eu Monsieur Péchier qui est
- 18:49venu me voir, il m'a tapé sur la cuisse.
- 18:53Avec sa main. Puis il m'a dit, Vous faites pas
- 18:55de souci Madame Gandon il boit pas, il fume pas, il a pas de
- 18:59mauvaises graisses et va s'en sortir.
- 19:01J'arrive pas à comprendre ce qu'il a pu se passer dans sa
- 19:05tête pour s'amuser avec les gens comme ça.
- 19:06En arrivant dans la salle du bloc opératoire, les enquêteurs
- 19:09retrouvent les poches de perfusion du patient, percé
- 19:12comme un acte volontaire. Malheureusement, Jean-Claude
- 19:16Gandon a maintenant un cancer de la prostate qu'on ne peut plus
- 19:20opérer. Tous les jours je pense à ça.
- 19:22Tous les jours on dort avec la télé parce qu'il a peur de pas
- 19:27se réveiller les. Analyses ultérieures révèlent
- 19:31une intoxication à la mpivacaïne, un anesthésique
- 19:35local. Il a désormais une épée de
- 19:38Damoclès sur la tête à cause de cet empoisonnement. 2 cas en à
- 19:43peine 2 semaines, ça commence à poser des questions.
- 19:47C'est plus un accident isolé retrouvé dans les archives.
- 19:50C'est un événement suspect qui se produit sous les yeux des
- 19:53enquêteurs, impliquant directement un anesthésiste.
- 19:56Ce jour-là, le comportement de Frédéric Péchier va être un peu
- 20:00étrange. Lui qui est habituellement
- 20:02toujours dans le contrôle semble un peu paniqué.
- 20:06Il fait des allers-retours entre une salle et une autre, on a
- 20:09l'impression qu'il court partout et nulle part.
- 20:12Il demande à une infirmière de mettre une poche alors que c'est
- 20:15pas le moment. Ce changement de comportement
- 20:17inexplicable se fera remarquer. Et les forces de l'ordre vont
- 20:21s'intéresser à lui. La police se focalise donc sur
- 20:24Frédéric, elle va interroger témoins et collègues.
- 20:29Péchier est décrit comme un médecin respecté et apprécié.
- 20:32Ils refusent tous de croire qu'ils pourraient être le tueur
- 20:36ou qu'il y en a un Parmi eux. L'assassinat médical est un
- 20:39tabou absolu, penser qu'un des leurs peut vouloir tuer un
- 20:43patient est inenvisageable. En médecine, il YA1 devoir de
- 20:46confraternité. Quand vous êtes médecin, vous
- 20:49n'avez pas le droit de dire du mal de vos confrères, sous peine
- 20:51d'avoir des problèmes avec l'ordre des médecins et d'être
- 20:54radié. Frédéric est convoqué pour
- 20:56expliquer sa présence et ses gestes dans le bloc opératoire.
- 21:00Il laisse entendre qu'il a été victime d'une malveillance,
- 21:03qu'il aurait été piégé. Cette attitude déclenche une
- 21:06suspicion à son égard. Par la suite, les laboratoires
- 21:10analysent toutes les substances administrées aux patients qui
- 21:13ont eu des complications inexplicables pendant ces
- 21:17dernières années. C'est alors qu'un constat
- 21:19glaçant apparaît, la plupart d'entre eux présentaient des
- 21:22doses anormalement élevées de lidocaïne, de mpivacaïne, de
- 21:26potassium, d'adrénaline ou encore d'héparine qui est un
- 21:30anti coagulant. Pour la première fois, l'idée
- 21:32d'un acte volontaire prend forme dans l'esprit de certains
- 21:35spécialistes. Les enquêteurs relient ces
- 21:38nouvelles preuves à des accidents similaires survenus
- 21:42dans les années précédents, notamment des cas similaires à
- 21:45la Poly clinique de Franche Comté en 2009, où 3 patients ont
- 21:48également eu des arrêts cardiaques inexplicables en
- 21:51moins de 3 mois d'intervalle. Ils avaient heureusement
- 21:55survécu. Faute d'avoir des témoignages
- 21:57suffisants, ils vont mettre sur écoute plusieurs médecins de la
- 22:00clinique. La plupart se lâchent en donnant
- 22:03des petites anecdotes qu'ils racontent à leurs proches.
- 22:06Qu'il suppose qu'il y a bien un tueur parmi les médecins.
- 22:10Quant à Frédéric, qui a été bien évidemment mis sur écoute, il
- 22:13déclare ceci, il y a quelqu'un qui nous veut du mal.
- 22:17Il va admettre au téléphone qu'il y a bel et bien un
- 22:20empoisonneur. Lors d'une réunion d'État major
- 22:23avec les policiers, l'un des agents va se souvenir d'un cas
- 22:26similaire sur lequel il a travaillé à l'époque, le décès
- 22:29de Damien le laine en 2008. Une crise cardiaque
- 22:32inexplicable. Ce patient est ajouté au dossier
- 22:37un mois plus tard, en février 2017, Frédéric se prépare à
- 22:40partir en vacances à la réunion avec sa famille.
- 22:43Ça laisse donc 2 semaines supplémentaires aux enquêteurs
- 22:46pour pouvoir continuer à analyser chaque dossier.
- 22:49La clinique va à ce moment-là donner aux enquêteurs une
- 22:54nouvelle liste de 43 personnes dont les crises cardiaques sont
- 22:57questionnables. Des patients eux-mêmes vont
- 22:59venir témoigner sur ce qu'ils ont vécu.
- 23:03Ainsi que des familles de victimes.
- 23:05Et le petit détail qui fait toute la différence, c'est que
- 23:07Frédéric pêcher est quasiment omniprésent dans toutes les
- 23:10réanimations, de près ou de loin.
- 23:13Soit c'est l'anesthésiste ou soit c'est celui qui va venir
- 23:17aider à réanimer un patient qui fait un arrêt cardiaque.
- 23:20Selon les médecins qui se sont fait interroger, il arrivait
- 23:23très vite pour tenter une réanimation au bloc opératoire.
- 23:27Parfois au moins une minute et parfois avant même que les
- 23:30moniteurs ne détectent quelque chose.
- 23:32Il a su en 4 Min ce qu'il fallait faire quoi.
- 23:35Alors elle se demandait s'il attendait pas derrière la porte
- 23:37qu'on l'appelle quoi ? C'est c'est là qu'on se pose
- 23:39toute la question. En général, il pose le bon
- 23:42diagnostic avec souvent le bon antidote, bien qu'il soit
- 23:46considéré comme un sauveur pour les enquêteurs.
- 23:49Frédéric, c'est des choses. Son nom est sur tous les comptes
- 23:53rendus opératoires. Frédéric Péchier ressort à
- 23:56chaque fois. C'est l'élément qui va aider à
- 23:58rassembler les dossiers pour n'en faire qu'un régulièrement,
- 24:02selon les témoignages encore, l'anesthésiste vient avec sa
- 24:05propre sacoche au bloc opératoire, alors que c'est
- 24:09interdit pour des règles d'hygiène.
- 24:11Les enquêteurs vont alors le soupçonner de préparer à
- 24:14l'avance des poches polluées qui seraient déposées dans les blocs
- 24:17opératoires ou cachés dans les salles.
- 24:20Ensuite, l'histoire de Sandra vue plutôt.
- 24:23Est l'un des points clés qui va faire basculer toute l'affaire.
- 24:26Comment se fait il qu'il savait que Sandra faisait un excès de
- 24:30potassium alors que des analyses n'avaient même pas encore été
- 24:33faites ? Enfin, son comportement le jour
- 24:37où les enquêteurs sont à la clinique va questionner, peut
- 24:39être que le pire a été évité ? Le 4 mars 2017, Frédéric Péchier
- 24:44est mis en examen pour 7 faits connus d'empoisonnement à son
- 24:48encontre. Je suis innocent de tout ce qui
- 24:51est. De tout ce qui est, de toutes
- 24:55les accusations qui sont à mon encontre, j'ai foi en la justice
- 25:00et j'espère que l'affaire va vite avancer et que aboutira
- 25:06rapidement. Chapitre 6, l'enquête
- 25:10s'approfondit alors. Pour rappel, la mise en examen,
- 25:17c'est pas une condamnation. Ça signifie juste que les juges
- 25:20estiment qu'il existe des indices suffisants laissant
- 25:23présumer qu'une personne a pu participer à une infraction.
- 25:26Elle permet au magistrat d'ordonner des mesures
- 25:29d'enquête, donc des saisies, des auditions, des expertises, des
- 25:33gardes à vue. Pendant sa mise en examen,
- 25:35Frédéric n'a pas arrêté de clamer son innocence.
- 25:38Il se présentait comme un médecin victime d'accusations
- 25:41infondées, expliquant que les accidents graves étaient des
- 25:45coïncidences ou des complications médicales
- 25:48classiques et non des actes volontaires.
- 25:50Il collabore pendant l'enquête, donne des explications et
- 25:53documents, tout en maintenant qu'il est innocent de toute
- 25:56intention criminelle. Il va être laissé en liberté
- 25:59mais placé sous contrôle judiciaire.
- 26:02Pendant ce temps, Frédéric péchier n'a plus le droit
- 26:04d'exercer en tant qu'anesthésiste.
- 26:06Mais également de prendre contact avec ses patients.
- 26:09Il perd donc son travail. Le procureur va se demander si
- 26:13toutes ses affaires dans les 2 cliniques entre 2008 et 2017
- 26:16n'ont pas un lien entre elles. On observe un schéma répétitif,
- 26:20même type de patients, hein, donc intervention chirurgicale
- 26:23bénigne, même type de complications, des crises
- 26:26cardiaques et souvent le même anesthésiste présent, Frédéric
- 26:30pêcher. Mais à l'époque, personne ne
- 26:32sait comment l'empoisonneur s'y est pris.
- 26:35Personne ne l'a vu faire. Moi, il YA1 élément qui fait que
- 26:39cette affaire est intéressante et qu'elle est très difficile,
- 26:42c'est l'absence de scène de crime.
- 26:44Cette convergence de preuves a permis de relier les décès dans
- 26:47une même zone géographique. 2 ans.
- 26:50Il faudra 2 années supplémentaires pour que les
- 26:54enquêteurs rassemblent le nouveau incident suspect.
- 26:56De nouveaux patients ayant failli mourir ou décédés sont
- 26:59intégrés à l'instruction. L'étau judiciaire se resserre et
- 27:05le dossier, déjà lourd, devient désormais massif.
- 27:08L'histoire ne fait que commencer à révéler sa véritable ampleur.
- 27:12Le 16 mai 2019, Péchier est de nouveau mis en examen pour 17
- 27:16cas supplémentaires, portant le total à 24 homicides suspectés,
- 27:21dont 9 décès. Il maintient son innocence,
- 27:24affirmant que tous ces incidents sont des complications
- 27:27médicales. Et non des actes volontaires.
- 27:30L'ancien anesthésiste est amené devant le juge des libertés et
- 27:34de la détention dans le cadre de cette nouvelle mise en examen.
- 27:37Le juge examine alors la possibilité de placement en
- 27:40détention provisoire, ce qui aurait signifié une
- 27:43incarcération en attente du procès.
- 27:46Il décide finalement de le laisser libre sous contrôle
- 27:48judiciaire, comme cela avait été le cas après sa première mise en
- 27:52examen. Frédéric peut rentrer
- 27:53tranquillement chez lui mais cette fois-ci, il sera bloqué à
- 27:57résidence chez ses parents près de Poitiers.
- 27:59On. A pris ma vie sociale et là,
- 28:04depuis maintenant quelques mois, on m'a pris aussi ma vie
- 28:06familiale. C'est à dire que je peux plus
- 28:09voir mes enfants, je peux plus voir ma femme parce que je n'ai
- 28:11pas le droit de rentrer chez moi à mon domicile.
- 28:12Le dossier est extrêmement complexe.
- 28:15Il faudra près de 6 ans d'enquête par la police
- 28:17judiciaire et le parquet. Les expertises s'enchaînent, les
- 28:21témoignages s'accumulent, les analyses toxicologiques sont
- 28:24faites et refaites, les juges vérifient où étaient péchés pour
- 28:28chaque cas. C'est 6 années durant lesquelles
- 28:30Frédéric Péchier, lui, vit libre chez ses parents.
- 28:34Sans métier, sans certitude, sans vie sociale.
- 28:37Répétant inlassablement qu'il est innocent.
- 28:40Quant au procès, il se prépare doucement mais sûrement.
- 28:43On assiste à une guerre silencieuse entre l'accusation
- 28:46et la défense. L'accusation monte un dossier en
- 28:49s'appuyant sur les faits toxicologiques.
- 28:52Les doses incompatibles avec une erreur médicale et le schéma
- 28:55répétitif. Ils cherchent à démontrer
- 28:58l'impossibilité du hasard. De l'autre côté, la défense
- 29:01conteste les expertises et les interprétations scientifiques et
- 29:05avance des causes médicales naturelles, des complications
- 29:08rares mais possibles et l'absence de preuves directes.
- 29:12C'est une période de silence, de lenteur, presque étouffante.
- 29:16Les familles, elles, se constituent partie civile et
- 29:19sont enfin entendues. Nous, aujourd'hui, on vit avec
- 29:22pour certains des séquelles, avec des des des familles qui
- 29:26ont perdu un proche, qui ont des difficultés à faire un deuil
- 29:30parfois. Et on vit tous les jours avec
- 29:32ça. La personne que que nous pensons
- 29:33coupable est libre. Et ça, ça nous pose un réel
- 29:36problème. Oui.
- 29:37Chapitre 7, le procès, 30 victimes dont 12 morts.
- 29:46Voilà ce à quoi Frédéric Péchier va devoir répondre devant la
- 29:50justice. Le procès ouvre le 8 septembre
- 29:532025 à Besançon, devant la Cour d'assises du Doubs.
- 29:56Plus de 17 ans après le premier fait, la salle dite du Parlement
- 30:00est pleine et réaménagée pour l'occasion.
- 30:02Sonorisation, captation d'image, retransmission du procès.
- 30:06Dans une salle annexe, l'accusée apparaît vieux, les cheveux
- 30:10grisonnants. Mais en homme libre seulement
- 30:14placé sous contrôle judiciaire, comme depuis le début de
- 30:16l'affaire, Frédéric Péchier est dans la salle.
- 30:20Non comme l'anesthésiste, non pas comme médecin, mais comme
- 30:24accusé coupable ou non. Il a tout perdu, son travail, sa
- 30:29maison, sa femme, ses enfants. Il vit du RSA dans sa chambre
- 30:33d'adolescent, chez ses parents. Sur les bancs, les familles des
- 30:36victimes, des proches de patients qui ont survécu, des
- 30:39confrères médecins, des journalistes.
- 30:41Et au centre, un homme devenu le symbole d'un des dossiers
- 30:44médicaux les plus troublants de ces dernières décennies.
- 30:48La Présidente de la Cour, Delphine thivierge, rappelle
- 30:51tout d'abord les faits, la voix est neutre, presque froide.
- 30:55Les décès, les arrêts cardiaques, les complications
- 30:59gravissimes survenus chez les patients qui n'étaient pas
- 31:02censés mourir. Tout sera expliqué.
- 31:06Le procès va tenter de répondre à une question simple mais
- 31:09vertigineuse. Ces événements sont-ils le fruit
- 31:12du hasard médical ou résultat d'actes volontaires d'un seul
- 31:17homme ? L'avocate générale Christine de
- 31:20Currez prend à son tour la parole.
- 31:23Elle va montrer à la Cour des substances retrouvées dans les
- 31:26corps, des dosages anormaux, des produits qui n'avaient rien à
- 31:30faire là, des incidents qui se répètent toujours dans les mêmes
- 31:33circonstances. Tout ceci avec un point
- 31:36récurrent, Frédéric péchier. Un événement peut être un
- 31:40accident, 2 peut être une coïncidence mais une série de 30
- 31:44cas. Bah c'est pas forcément du
- 31:45hasard. Le procès va durer 3 mois. 3
- 31:48mois durant lesquels Frédéric pêcher ne cessera de nier les
- 31:50faits. Au 6e jour du procès, l'un des
- 31:52avocats de Frédéric se retire, créant un moment de tension et
- 31:57obligeant la défense à se réorganiser.
- 31:59Mais il peut toujours compter sur Monsieur Randal
- 32:02Schwerdorffer, l'avocat principal, qui était d'ailleurs
- 32:05l'avocat de Jonathan Daval. Et Julie pécher, sa sœur.
- 32:09C'est rare qu'un proche assume à la fois un rôle professionnel et
- 32:13familial dans une affaire d'une telle ampleur.
- 32:22En octobre 2025, c'est au tour des patients et des familles des
- 32:25victimes de prendre la parole. Un moment rempli d'émotions.
- 32:27Bénédicte boussard, 56 ans, fait partie des victimes qui ont
- 32:31trouvé la force de parler. En arrivant à la barre, elle a
- 32:35dit avec émotion qu'elle est une rescapée de la faire pêcher.
- 32:39En avril 2009, elle a dû être opérée de la vésicule biliaire à
- 32:42la clinique de Besançon. Mais avant l'intervention, elle
- 32:45a été victime d'un arrêt cardiaque.
- 32:48Sa mémoire a été gravement atteinte.
- 32:50Lorsqu'un cœur s'arrête, le cerveau est extrêmement sensible
- 32:53au manque d'oxygène. Quelques minutes sans
- 32:57circulation sanguine suffisent pour provoquer des lésions dans
- 33:00l'hippocampe, la zone du cerveau responsable de la mémoire et de
- 33:04l'apprentissage, ainsi que les troubles cognitifs durables,
- 33:08allant de la perte des souvenirs récents à la difficulté
- 33:12d'attention. Elle n'a donc plus le souvenir
- 33:14de la naissance de ses enfants, de son mariage et même de sa
- 33:18propre enfance. En racontant cette histoire,
- 33:21Bénédicte cache ses larmes. Heureusement que j'ai des albums
- 33:24photos, sinon je me souviendrai de rien.
- 33:26Lorsqu'elle a été contactée par la police judiciaire en 2017,
- 33:29elle a compris que son arrêt cardiaque n'était pas qu'une
- 33:32simple complication médicale aléatoire.
- 33:34Amandine le laine, la fille de Damien décédée en 2008, est à
- 33:37son tour montée à la barre pour parler de son père, de l'absence
- 33:41de réponse et de l'impact de cette tragédie sur sa vie.
- 33:46Au moment des faits, elle était inquiète que son père se fasse
- 33:49opérer et le dernier message qu'elle a reçu de lui, c'était.
- 33:52Ne t'inquiète pas, on se voit demain.
- 33:55Malheureusement, le lendemain, il meurt.
- 33:59Elle a toujours pensé qu'il y avait eu un problème.
- 34:02Elle s'est battue pendant des années contre la justice.
- 34:05Elle a aussi décrit ce qu'elle ressentait en voyant l'accusé
- 34:07dans le box des condamnés. Une douleur mêlée de colère.
- 34:11Pour elle comme pour les autres familles, il ne s'agissait plus
- 34:14d'une simple anomalie médicale, mais bien d'un crime.
- 34:18Sa voix a tremblé à plusieurs reprises, comme pour refléter
- 34:22les années de souffrance. Un à un, les familles des
- 34:24victimes vont prendre la parole. Elles vont toutes raconter
- 34:27comment une hospitalisation banale va se transformer en KO
- 34:31total. Les médecins, infirmiers et
- 34:34confrères de Frédéric Péchier dans les cliniques, vont
- 34:36également être invités à s'exprimer.
- 34:37Un d'entre eux raconte qu'il a perdu une patiente le jour de
- 34:41l'anniversaire de son fils. Et que depuis, à chaque
- 34:44anniversaire, il pense à cette femme qu'il n'a pas pu sauver.
- 34:47La famille de Frédéric essaye ensuite de le secourir.
- 34:50Son frère, Marc Péchier, est convaincu qu'il n'est pas
- 34:53coupable des crimes dont il est accusé.
- 34:56Sa mère, Marie Josée, prend aussi la parole pour défendre
- 34:59son fils et s'adresser aux jurés, insistant sur le fait
- 35:02qu'elle ne voyait pas comment il aurait pu changer radicalement
- 35:06pour devenir un tueur en série. Le père Jean Michel Péchier
- 35:10s'est lui dit fier de son fils. Devenue anesthésiste, comme lui,
- 35:15son ex femme Nathalie a même témoigné en son honneur en
- 35:18déclarant, il a juré sur la tête de ses enfants que ce n'était
- 35:22pas lui. C'est au tour d'une jeune fille
- 35:24de 25 ans de s'exprimer, Juliette Péchier, la fille aînée
- 35:29de l'accusée. Elle est émue.
- 35:31Ses yeux se tournent régulièrement vers son père pour
- 35:33le regarder, lui faire comprendre que ce dont elle
- 35:36témoigne s'adresse autant à lui qu'à la Cour.
- 35:40La jeune femme crie ensuite de colère lorsqu'elle évoque les
- 35:43journalistes qui ont campé devant sa maison, les drones qui
- 35:46survolaient son village, le nom de sa famille qui faisait la une
- 35:49des journaux sans arrêt dans son fauteuil.
- 35:52Son père l'écoute et ne se retient pas.
- 35:55Dès les premiers mots de sa fille, les larmes se sont mises
- 35:58à couler sans s'arrêter à son tour.
- 36:00Quand Frédéric Péchier se lève, il est calme.
- 36:04Il nie et répète qu'il n'a jamais voulu tuer, jamais voulu
- 36:08empoisonner, qu'il est victime d'une construction judiciaire.
- 36:13Ce procès n'est pas seulement celui d'un homme, c'est celui du
- 36:16doute, de la confiance dans la médecine et de la frontière
- 36:19fragile entre l'erreur et le crime.
- 36:23Jour après jour, le procès tourne autour de la même
- 36:25question, peut-on croire au hasard ?
- 36:28Péché permet. Effectivement, à la clinique de
- 36:30s'exonérer de tout et permet. Aussi à certains praticiens de
- 36:36s'exonérer de leur propre incompétence et de leurs propres
- 36:39accidents. Chapitre 8, ce que personne ne
- 36:42voit. Malgré une carrière médicale
- 36:54reconnue et une famille en apparence stable, quelque chose
- 36:58semblait s'être fissuré chez Frédéric Péchier.
- 37:01Aux yeux de ses collègues, il reste un médecin sérieux,
- 37:03méthodique, apprécié, sans antécédent judiciaire.
- 37:07Un professionnel discret, réservé, parfois distant, peu
- 37:11démonstratif émotionnellement. Un décalage s'installe alors
- 37:15entre l'homme qui le montre et les faits qui lui sont
- 37:18reprochés. Au cours du procès, certains
- 37:21éléments de son passé sont évoqués.
- 37:24Son père, Jean Michel Péchier, travaillait à l'hôpital de
- 37:26Poitiers. Lorsqu'une affaire
- 37:27d'empoisonnement éclate dans son service en 1984, une patiente
- 37:31meurt mystérieusement lors d'une opération. 2 anesthésistes sont
- 37:36accusés puis finalement acquittés, faute de preuves.
- 37:43L'affaire marque durablement les esprits.
- 37:45Elle devient l'un des premiers dossiers français où des
- 37:47médecins sont soupçonnés d'homicides en milieu
- 37:50opératoire. Les experts évoquent la
- 37:52possibilité que Frédéric, alors adolescent, aient entendu parler
- 37:56de cette affaire au sein de sa famille, sans affirmer de lien
- 38:00direct, mais sans l'écarter non plus.
- 38:03Autre élément évoqué, durant son internat à Besançon, Frédéric
- 38:07travaille dans un service où des euthanasies clandestines
- 38:10auraient été pratiquées. À cette époque, il n'existe
- 38:13aucun cadre légal clair. Ces pratiques concernent des
- 38:17patients en fin de vie, sans espoir de survie.
- 38:20Les substances utilisées, notamment du potassium.
- 38:24Sur le plan personnel, son couple se fragilise avec le
- 38:28temps. Les tensions s'accumulent.
- 38:30Sa femme lui reproche son absence, son investissement
- 38:33excessif dans le travail. En 2014, lors d'un repas
- 38:36familial, une remarque déclenche une réaction brutale.
- 38:38Frédéric quitte la maison en lançant, je sais ce que j'ai à
- 38:43faire. Il tente alors de se suicider
- 38:44par ingestion massive de médicaments.
- 38:46Le Samu intervient. Ils minimisent ensuite les faits
- 38:51pendant l'enquête. Le carnet personnel de son
- 38:53psychologue a été saisi. Durant ces séances, Frédéric
- 38:57Péchier y détaille son ennui, son sentiment d'être bloqué, des
- 39:01relations familiales difficiles, notamment avec son père, le
- 39:05sentiment d'être moins reconnu que son frère cadet.
- 39:08Rien d'illégal, rien de criminel, mais un mal-être
- 39:12profond. Les experts rappellent un point
- 39:15essentiel, la souffrance psychologique.
- 39:18La dépression ou l'épuisement professionnel n'expliquent pas,
- 39:22ne justifient pas et ne conduisent pas mécaniquement au
- 39:25crime. Au procès, certains évoquent une
- 39:27personnalité clivée, une dissociation possible, une
- 39:31hypothèse, pas une certitude. Aucun diagnostic définitif n'est
- 39:35posé et c'est peut être là que réside le cœur du trouble.
- 39:39Ce dossier ne permet pas de comprendre pourquoi.
- 39:42Il permet seulement de constater ce qui s'est produit et laisse
- 39:46une question ouverte, inconfortable, comment un homme
- 39:50apparemment ordinaire peut-il se retrouver au centre d'une
- 39:54affaire aussi hors norme ? Chapitre 9, le verdict lors du
- 40:02procès, il s'énerve peu, il se montre impertinent.
- 40:07Il exigeait que les analyses soient refaites.
- 40:09Mais il reconnaît les 12 empoisonnements en disant, Bien
- 40:12sûr que ce n'était pas lui. Les réquisitoires des 2 avocates
- 40:15générale se sont montrés particulièrement sévères contre
- 40:18Frédéric pêcher. Selon elle, tous désignent le
- 40:21médecin anesthésiste comme étant le coupable d'avoir empoisonné
- 40:2430 patients, dont 12 ont trouvé la mort le 11 décembre.
- 40:29L'avocate générale Thérèse Brunissot a été gagné par
- 40:33l'émotion. En récitant chacun des 30 cas.
- 40:37L'une des magistrates, et ça c'est très rare pour avoir fait
- 40:39beaucoup de procès d'assises, a même craqué tout à l'heure.
- 40:42Elle a versé une larme quand elle a dit qu'elle en avait fini
- 40:44avec cette liste de l'horreur. Parce qu'elle a détaillé chaque
- 40:47cas pour lesquels Frédéric Péchier comparait.
- 40:50La salle d'audience s'est figée à l'évocation du cas de Teddy, 4
- 40:53ans, lorsque son cœur s'est arrêté en 2016.
- 40:57Dans ce cas, on touche au tabou suprême.
- 41:00S'en prendre à un enfant déclare t elle, c'est une affaire
- 41:03effrayante parce qu'elle fait tomber le mythe du médecin
- 41:06bienveillant. Ce procès est une traversée dans
- 41:09la noirceur humaine. C'est aussi la quintessence du
- 41:12crime parfait par des poisons cardio toxiques qui en même
- 41:16temps sont des médicaments. Ce n'est pas un médecin que vous
- 41:19jugez, c'est un criminel qui a utilisé la médecine pour tuer.
- 41:23Le lendemain, le 12 décembre 2025, l'avocate générale
- 41:25Christine de Currez requis et la réclusion criminelle à
- 41:29perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans et
- 41:33l'interdiction définitive d'exercer la profession de
- 41:36médecin. Selon elle, l'accusé a commis
- 41:39les empoisonnements par pure irrationalité.
- 41:41Une simple contrariété pouvait servir d'élément déclencheur
- 41:45pour l'accusation. Péché était en conflit avec des
- 41:49médecins. Et a commis les empoisonnements
- 41:52pour leur porter préjudice. Le 18 décembre 2025, Frédéric
- 41:55aura le droit à une dernière déclaration avant que la Cour se
- 41:59retire pour délibérer. Ça fait 8 ans que je me bats
- 42:02contre le fait qu'on me présente comme un empoisonneur.
- 42:03Je ne suis pas un empoisonneur. Et le serment que j'ai passé en
- 42:081999, je l'ai toujours respecté et c'est le serment
- 42:09d'Hippocrate. Dans les couloirs, les familles
- 42:12de victimes se regroupent. Certains se tiennent la main,
- 42:19d'autres s'isolent comme pour se préparer à entendre
- 42:22l'irréversible. Personne ne parle fort, les
- 42:26journalistes chuchotent, les heures passent.
- 42:28Chaque minute semble trop longue et trop courte à la fois.
- 42:32Quand la Cour revient, tout le monde se lève.
- 42:35Le silence est total. La Cour d'assises du Doubs
- 42:38déclare Frédéric pêcher coupable de 30 faits d'empoisonnement
- 42:42dont 12 mortels. Soit la totalité des cas évoqués
- 42:47lors des débats et le condamne à la réclusion criminelle à
- 42:50perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans et d'une
- 42:54interdiction définitive d'exercer la médecine.
- 42:58Frédéric Péchier est reconnu. Coupable de l'intégralité des
- 43:01faits qui lui étaient reprochés. 12.
- 43:05Mortels. Le verdict vient de tomber,
- 43:07Frédéric Péchier est reconnu coupable de la totalité des
- 43:09faits pour lesquels il il comparaissait devant cette Cour
- 43:12d'assises. Chez les familles, certaines
- 43:14pleurent de soulagement, de colère ou d'épuisement.
- 43:18Chez les proches de l'accusé, les visages sont fermés, parfois
- 43:22effondrés. Dans le box, Frédéric Péchier
- 43:24reste immobile, lui qui avait jusqu'alors toujours été libre
- 43:28sous contrôle judiciaire pendant toute l'instruction et le
- 43:31procès. Va être incarcéré immédiatement
- 43:34après le verdict. Moi ça m'apporte pas grand chose
- 43:37hein. La vie a été un.
- 43:38Peu massacrée par cet. Accident ?
- 43:41C'est pas marrant de de mettre quelqu'un la perpétuité, mais
- 43:43notre perpétuité, elle est aussi dans notre souffrance, dans nos
- 43:45larmes. On a tous compris qu'on.
- 43:47Avait gagné le premier SET mais que il y avait encore des la
- 43:52partie n'était pas finie. Ce procès est qualifié de l'un
- 43:55des plus importants et marquants de l'histoire judiciaire
- 43:57française récente. En raison du nombre de victimes
- 44:00et du rôle très particulier d'un médecin accusé d'utiliser sa
- 44:05position pour nuire. Selon les procureurs, il aurait
- 44:08agi non seulement pour nuire aux patients, mais également pour
- 44:12mettre en difficulté ses collègues pouvant expliquer
- 44:15certaines interventions sauveteuses après l'apparition
- 44:18des complications. C'est ce qui aurait servi à
- 44:21renforcer son image de médecin compétent en réanimation.
- 44:24Cependant, Frédéric Péchier a fait appel de sa condamnation.
- 44:28L'appel ouvre une 2e étape judiciaire qui peut durer des
- 44:32mois, voire des années selon la complexité du dossier.
- 44:35Cela peut conduire à un nouveau procès devant une autre cour
- 44:39d'assises qui examinera les faits et les preuves.
- 44:43Frédéric Péchier a également déposé une demande de mise en
- 44:46liberté. Cette demande doit être examinée
- 44:49par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Besançon
- 44:52dans les semaines qui suivent le dépôt.
- 44:54Alors, petit ajout de dernière minute dans la vidéo ?
- 44:56Le 11 février, la justice a rejeté cette demande de remise
- 45:00en liberté. Il est bien en prison à purger
- 45:03sa peine. L'audience consacrée aux
- 45:05intérêts civils est quant à elle fixée au 22 juin 2026.
- 45:14Pendant près de 10 ans, entre 2008 et 2017, des patients admis
- 45:19pour des interventions médicales jugées banales ont été victimes
- 45:23de malaises inexpliqués d'arrêts cardiaques.
- 45:27Parfois mortel dans 2 cliniques de Besançon.
- 45:30Au fil de l'enquête, les autorités judiciaires ont retenu
- 45:33une trentaine de cas suspects, dont plusieurs décès, tous
- 45:36marqués par des anomalies médicales graves, incompatibles
- 45:40avec de simples complications opératoires.
- 45:43Au centre de ce dossier, Frédéric Péchier, Anesthésiste
- 45:48Réanimateur mis en examen pour empoisonnement volontaire, est
- 45:52accusé d'avoir injecté ou introduit des substances
- 45:55dangereuses. Dans des perfusions de patients.
- 45:58Après des années d'instruction, des expertises médicales
- 46:01complexes et des dizaines de témoignages, la justice a estimé
- 46:05que le dossier était suffisamment solide pour être
- 46:08jugé devant une cour d'assises. Aujourd'hui, Frédéric Péchier
- 46:12clame toujours son innocence. Il nie toute intention
- 46:14criminelle, il conteste l'interprétation des faits.
- 46:18Mais au-delà du verdict, cette affaire pose des questions
- 46:21profondes sur la confiance accordée au monde médical, sur
- 46:24la frontière entre l'erreur. Et le crime ?
- 46:27Et sur la difficulté de juger des actes commis dans l'ombre,
- 46:31sans témoin direct. Quelle que soit l'issue
- 46:33judiciaire, cette affaire a déjà laissé une trace durable, celle
- 46:37d'un doute qui s'est installé là où l'on pensait être en
- 46:41sécurité. Alors avec tout ce que vous
- 46:48venez de voir dans cette affaire, est ce que pour vous
- 46:50Frédéric Péchier est-il coupable ?
- 46:53Ou est ce qu'il reste malgré tout une part de doute ?
- 46:56Je suis curieux de voir vos avis en commentaire.
- 46:59Évidemment restez respectueux entre vous et merci à Nord VPN
- 47:03d'avoir sponsorisé cette vidéo. Je vous rappelle que vous avez 4
- 47:05mois d'abonnement offert sur les abonnements de 2 ans.
- 47:08Le lien se trouve en description pour pouvoir en profiter,
- 47:11c'était neoxy et son équipe. Au revoir tout le monde.