Latest / True Crime : L'Heure du Crime / L'Affaire Oba Chandler : Une Mère et ses Filles Assassinées de Sang-Froid
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- 0:15Speaker 2: Une petite ville touristique est le théâtre du meurtre de
- 0:18Speaker 2: trois vacancières. Les détectives doivent établir un lien entre le
- 0:22Speaker 2: suspect et la scène du crime. L'enlèvement d'une femme est
- 0:31Speaker 2: filmé sur vidéocassette. Les images un peu floues pourront-elles être
- 0:35Speaker 2: utiles aux enquêteurs? L'enquête d'un homicide repose sur deux disquettes
- 0:44Speaker 2: découpées en mille morceaux. Les experts doivent faire preuve d'ingéniosité
- 0:49Speaker 2: pour les recoller et y prélever les informations qu'elles contiennent.
- 0:55Speaker 2: Tout appel téléphonique peut être retracé. Toute transaction laisse des traces.
- 1:01Speaker 2: La plupart d'entre nous n'y prétend pas attention. Mais si
- 1:04Speaker 2: un crime se produit, la technologie devient alors un témoin électronique.
- 1:39Speaker 2: Le 4 juin 1989, des détectives de Tampa aux États-Unis nagent en
- 1:43Speaker 2: plein mystère. À 9h30 le matin, des plaisanciers avaient découvert
- 1:53Speaker 2: un corps dérivant dans la baie de Tampa. Le nez
- 1:57Speaker 2: et la bouche de la victime étaient recouverts de rubans adhésifs.
- 2:04Speaker 2: On lui avait attaché les mains derrière le dos, et
- 2:07Speaker 2: elle était nue de la taille jusqu'aux pieds. La garde
- 2:13Speaker 2: côtière repêcha le corps. On le dégagea ensuite du poids
- 2:18Speaker 2: qui lui était attaché. La victime était une femme. Alors
- 2:32Speaker 2: que les gardes côtiers retournaient vers la rive, ils reçurent
- 2:34Speaker 2: un nouvel appel. On avait découvert un autre corps 11 kilomètres
- 2:39Speaker 2: plus loin. Tout comme la première victime, elle avait été
- 2:42Speaker 2: ligotée et semblait avoir été violée. Elle aussi avait été
- 2:46Speaker 2: abandonnée en mer alors qu'elle était encore en vie. Il
- 2:49Speaker 2: était évident qu'il s'agissait du même meurtrier. C'est le détective
- 2:54Speaker 2: Cyndra Cummings qui menait cette enquête
- 2:57Speaker 3: On avait mis une corde de nylon jaune autour du
- 3:00Speaker 3: cou de la deuxième victime. C'était une femme. Elle était
- 3:03Speaker 3: nue de la taille jusqu'aux pieds. Au bout de cette corde,
- 3:07Speaker 3: on avait attaché un bloc de ciment
- 3:15Speaker 3: Ses pieds et ses mains avaient été liés, mais elle
- 3:17Speaker 3: a dû se débattre parce qu'elle avait les mains libres
- 3:19Speaker 3: quand nous l'avons trouvée
- 3:22Speaker 2: Mais le meurtrier n'en était pas resté là. Pendant qu'on
- 3:25Speaker 2: recueillait le corps de la seconde victime, une troisième femme
- 3:28Speaker 2: était découverte seulement 200 mètres plus loin. Elle avait été tuée
- 3:32Speaker 2: de la même façon. Ce triple homicide suscita une activité
- 3:37Speaker 2: policière accrue. Les patrouilles effectuaient des fouilles dans la baie
- 3:44Speaker 2: de Tampa à la recherche de nouvelles victimes. On envoya
- 3:49Speaker 2: également des plongeurs fouiller le fond de la baie, mais
- 3:52Speaker 2: on ne découvrit pas d'autres corps. Malheureusement, le meurtrier n'avait
- 4:00Speaker 2: pas laissé d'indice. Il était en liberté et pouvait recommencer
- 4:05Speaker 2: à tout moment. Il fallait être
- 4:06Speaker 4: un monstre
- 4:07Speaker 3: pour tuer ces trois femmes
- 4:14Speaker 2: L'autopsie révéla que les trois femmes étaient mortes depuis deux
- 4:17Speaker 2: à trois jours. Le meurtrier avait eu assez de temps
- 4:21Speaker 2: pour prendre la fuite. Elles étaient mortes par asphyxie, soit
- 4:25Speaker 2: à cause du ruban adhésif sur le nez et la bouche,
- 4:28Speaker 2: soit de la corde autour du cou ou de la noyade.
- 4:34Speaker 2: On ignorait absolument tout des victimes. Tampa est une ville touristique.
- 4:41Speaker 2: Elle pouvait être des touristes en vacances. Les médias s'emparèrent
- 4:49Speaker 2: de l'affaire. Peut-être quelqu'un connaissait-il les victimes et pourrait donner
- 4:53Speaker 2: des informations à la police. On reçut des centaines d'appels.
- 0:00Speaker 2: 60 détectives furent assignés à cette enquête. Malheureusement, aucun d'entre
- 5:01Speaker 2: eux ne parvint à découvrir de pistes. Pendant ce temps,
- 5:09Speaker 2: dans un hôtel de Tampa, une femme de ménage s'interrogeait
- 5:12Speaker 2: à propos de certaines de ses clientes. Cela faisait sept
- 5:21Speaker 2: jours que les occupantes d'une des chambres dont elle faisait
- 5:23Speaker 2: l'entretien ne dormaient pas dans leur lit. Elle n'avait pas
- 5:27Speaker 2: non plus utilisé les savonnettes qu'elle avait mis dans la
- 5:29Speaker 2: salle de bain. Elle avait entendu parler des trois femmes
- 5:33Speaker 2: découvertes dans la baie et se demandait s'il pouvait s'agir
- 5:36Speaker 2: de ses clientes. Elle fit part de son inquiétude au
- 5:38Speaker 2: gérant de l'hôtel, qui décida de contacter la police. La
- 5:45Speaker 2: chambre avait été louée par une femme du nom de
- 5:47Speaker 2: Jo Rogers. Cette dernière voyageait avec ses deux filles. L'équipe
- 5:51Speaker 2: d'experts légistes fit la collecte d'empreintes digitales dans la chambre.
- 5:55Speaker 2: Certaines d'entre elles appartenaient bien à une des victimes. L'identification
- 6:00Speaker 2: était difficile à cause de l'état de décomposition des corps,
- 6:03Speaker 2: mais au moins les enquêteurs avaient quelque chose. John Rogers
- 6:12Speaker 2: avait écrit son numéro de plaque d'immatriculation sur le registre
- 6:15Speaker 2: de l'hôtel. Les patrouilleurs de Tampa se mirent à la
- 6:21Speaker 2: recherche de sa voiture. Ils la retrouvèrent près d'un quai
- 6:24Speaker 2: à 3 km de l'hôtel. L'équipe d'experts légistes fouilla minutieusement le véhicule.
- 6:34Speaker 2: Il y avait une brochure touristique. Allant d'eau, quelqu'un avait
- 6:37Speaker 2: noté le chemin pour se rendre à l'hôtel. Une analyse
- 6:41Speaker 2: graphologique révéla que ce n'était pas l'écriture de Joe ni
- 6:44Speaker 2: celle de Christy ou Michel. L'écriture appartenait vraisemblablement à quelqu'un
- 6:49Speaker 2: qu'elles avaient rencontré sur la route. Cela signifiait peut-être qu'elles
- 6:54Speaker 2: s'étaient égarées et qu'elles avaient demandé leur chemin à quelqu'un.
- 6:58Speaker 2: La piste était mince car les touristes ont fréquemment ce
- 7:00Speaker 2: genre de contact avec des inconnus. Les enquêteurs étaient troublés
- 7:08Speaker 2: par cette affaire. De toute évidence, le meurtrier ne connaissait
- 7:12Speaker 2: pas ses victimes. Les crimes commis par des inconnus sont
- 7:15Speaker 2: parmi les plus difficiles à résoudre parce que rien ne
- 7:18Speaker 2: relie la victime à son meurtrier.
- 7:23Speaker 3: Cela pouvait être n'importe qui dans la population de la
- 7:26Speaker 3: baie de
- 7:26Speaker 4: Tampa.
- 7:31Speaker 3: Dans la région, tout le monde était inquiet parce que
- 7:33Speaker 3: les victimes étaient des touristes. Elles n'appartenaient pas au milieu
- 7:37Speaker 3: de la drogue Elles n'avaient rien fait de mal ou
- 7:41Speaker 3: d'illégal et pourtant, elles avaient été la proie d'un inconnu.
- 7:46Speaker 3: Nous n'avions aucune idée de l'identité du suspect. Nous n'avions
- 7:51Speaker 4: rien
- 7:53Speaker 2: Les enquêteurs découvrirent du papier à lettres de l'hôtel sur
- 7:56Speaker 2: lequel quelqu'un avait noté le chemin pour se rendre à
- 7:59Speaker 2: un quai de mise à l'eau. Il y avait les
- 8:00Speaker 2: mots« bleu» et« blanc». Comme on y faisait mention d'un
- 8:07Speaker 2: quai à bateau et que les corps des trois victimes
- 8:09Speaker 2: avaient été retrouvés dans l'eau, les détectives supposèrent que ces
- 8:12Speaker 2: deux couleurs décrivaient le bateau du meurtrier. Malheureusement, des centaines
- 8:17Speaker 2: de bateaux de la baie de Tampa correspondent à cette description.
- 8:23Speaker 2: L'écriture était celle de Joe Rogers. Le meurtrier lui avait
- 8:27Speaker 2: peut-être rendu visite ou lui avait téléphoné à l'hôtel pour
- 8:30Speaker 2: lui indiquer le chemin. Personne ne l'avait vu. De plus,
- 8:33Speaker 2: l'hôtel ne disposait pas d'un système téléphonique qui identifiait les
- 8:37Speaker 2: appels reçus. En octobre, soit quatre mois plus tard, les
- 8:48Speaker 2: enquêteurs apprirent qu'une femme avait été violée sur un bateau
- 8:51Speaker 2: à Madira Beach, deux semaines avant le meurtre de la
- 8:54Speaker 2: famille Rogers. La victime était aussi une touriste. Madira Beach
- 9:00Speaker 2: est située à seulement 16 kilomètres de la Seine-du-Krin. Selon le
- 9:05Speaker 2: détective Glenmore, les ressemblances entre cette affaire et le meurtre
- 9:09Speaker 2: des Rogers ne
- 9:10Speaker 6: s'arrêtaient pas là.
- 9:17Speaker 7: Le suspect de Madeira Beach avait menacé de mettre du
- 9:20Speaker 7: ruban adhésif sur la bouche de l'une des
- 9:22Speaker 6: victimes. Il lui
- 9:27Speaker 7: avait également fait des menaces de mort, en lui demandant,
- 9:30Speaker 7: entre autres, si ça valait la peine de mourir pour ça.
- 9:33Speaker 6: En
- 9:36Speaker 7: plus, il possédait un bateau bleu et blanc
- 9:46Speaker 2: La victime fournit à la police une description du violeur.
- 9:49Speaker 2: En plus du bateau bleu et blanc, elle se souvenait
- 9:52Speaker 2: du véhicule que conduisait son assaillant, un quatre-roues motrice dont
- 9:56Speaker 2: les vitres étaient teintées. Grâce à ces renseignements, on dressa
- 10:02Speaker 2: un portrait robot et on le publia dans les journaux locaux.
- 10:09Speaker 2: La police reçut quantité d'informations de la part du public.
- 10:13Speaker 2: Les mois passèrent et les détectives suivirent toutes les pistes
- 10:16Speaker 2: qui pouvaient les mener au meurtrier. Mais on n'obtint aucun résultat.
- 10:23Speaker 2: Une année s'était écoulée et tout ce dont la police
- 10:26Speaker 2: disposait était le portrait robot d'un violeur qui n'était peut-être
- 10:30Speaker 2: même pas le meurtrier. le détective Glenn Moore examina les
- 10:40Speaker 2: éléments de preuve dont il disposait dans l'affaire du triple
- 10:43Speaker 2: homicide de la baie de Tampa. Il disposait du portrait
- 10:50Speaker 2: robot d'un violeur et d'un dépliant où quelqu'un avait noté
- 10:52Speaker 2: le chemin pour se rendre à un hôtel. Il envoya
- 10:59Speaker 2: le dépliant au laboratoire du service de police de Floride
- 11:02Speaker 2: à Tampa afin qu'on y détecte des empreintes digitales. Il
- 11:12Speaker 2: y avait bien des empreintes, elles n'appartenaient à aucune des victimes.
- 11:16Speaker 2: C'est l'expert Sam McMullen qui procéda à cette analyse.
- 11:21Speaker 9: Il y avait ce qu'on appelle une empreinte de paume
- 11:22Speaker 9: de main. On retrouve ce genre d'empreinte lorsque quelqu'un écrit,
- 11:26Speaker 9: à cause de la façon dont la paume de la
- 11:28Speaker 9: main est appuyée sur le document
- 11:32Speaker 2: Une telle empreinte est tout aussi caractéristique et fiable qu'une
- 11:35Speaker 2: empreinte digitale pour identifier quelqu'un. La personne qui avait laissé
- 11:41Speaker 2: cette marque sur le dépliant était-elle celle qui avait commis
- 11:45Speaker 2: les meurtres? Si l'auteur des notes était le meurtrier, ses
- 11:51Speaker 2: empreintes digitales étaient vraisemblablement déjà archivées compte tenu de la
- 11:55Speaker 2: feuille de route probable de cette personne. Même si les
- 11:58Speaker 2: empreintes de la paume sont intégrées au dossier d'un récidiviste,
- 12:02Speaker 2: elles ne sont toutefois pas téléchargées dans les systèmes informatisés.
- 12:06Speaker 2: Il était donc impossible d'effectuer une recherche par ordinateur. Tout
- 12:10Speaker 2: ce qu'on pouvait faire, c'était comparer manuellement l'empreinte avec celle
- 12:13Speaker 2: de tout nouveau suspect potentiel. Mais le temps passait et
- 12:17Speaker 2: on n'était pas encore parvenu à en identifier. L'empreinte et
- 12:21Speaker 2: l'échantillon d'écriture semblaient inutiles. Moore refusait d'abandonner l'enquête. L'homme qui
- 12:30Speaker 2: avait tué les Rogers était encore en liberté et il
- 12:33Speaker 2: fallait à tout prix le retrouver. La police organisa des
- 12:36Speaker 2: conférences de presse et utilisa même des panneaux d'affichage.
- 12:40Speaker 6: En
- 12:43Speaker 7: général, nous affichons des photos de victimes et nous demandons
- 12:46Speaker 7: aux gens de nous contacter s'ils les
- 12:47Speaker 6: reconnaissent. Mais
- 12:51Speaker 7: nous avons agi un peu différemment cette
- 12:52Speaker 6: fois-ci. Nous
- 12:55Speaker 7: avons affiché une photo de l'écriture de l'homme sur le
- 12:58Speaker 7: panneau d'affichage en espérant que quelqu'un la reconnaîtrait peut-être
- 13:04Speaker 2: Les enquêteurs reçurent plusieurs appels. L'un d'eux était intéressant. John
- 13:08Speaker 2: Steffi déclara à la police que l'écriture ressemblait à celle
- 13:11Speaker 2: d'un de ses anciens voisins. C'était un entrepreneur du nom
- 13:14Speaker 2: de Oba Chandler. Elle avait vu le portrait robot et
- 13:19Speaker 2: trouvait qu'il ressemblait à Chandler, mais elle n'en était pas certaine.
- 13:23Speaker 2: L'échantillon d'écriture avait à nouveau éveillé ses
- 13:26Speaker 6: soupçons.
- 13:30Speaker 7: Nous avons donc mis l'écriture sur le panneau d'affichage et
- 13:33Speaker 7: elle l'a aperçue
- 13:36Speaker 7: Elle a consulté certains de ses voisins et a retrouvé
- 13:39Speaker 7: des contrats qu'il avait remplis en tant qu'entrepreneur. Elle les
- 13:43Speaker 7: a comparés et a trouvé qu'il y avait une grande ressemblance.
- 13:47Speaker 7: C'est à ce moment-là qu'elle a décidé de nous appeler
- 13:52Speaker 2: On envoya les contrats au service des forces policières de
- 13:55Speaker 2: Floride où ils furent examinés par l'analyste Teresa Stabbs.
- 14:05Speaker 3: L'examen de l'écriture consiste en fait à étudier le mouvement.
- 14:11Speaker 3: On examine tous les aspects de l'écriture, les hampes et
- 14:15Speaker 3: les jambages, la hauteur des lettres les unes par rapport
- 14:18Speaker 3: aux
- 14:18Speaker 10: autres.
- 14:21Speaker 3: J'ai examiné toutes ces caractéristiques de l'écriture sur le dépliant
- 14:25Speaker 3: et les ai comparées à celles de l'échantillon d'écriture de M. Chandler.
- 14:32Speaker 3: Elles se ressemblaient énormément et sous plusieurs aspects
- 14:42Speaker 2: Cette analyse permettait enfin aux détectives de poursuivre leur enquête.
- 14:46Speaker 2: Ils fouillèrent le passé de Chandler et découvrirent qu'il était
- 14:49Speaker 2: un criminel notoire. Il avait déjà été accusé pour vol,
- 14:53Speaker 2: fraude et enlèvement. Son dossier de prison contenait une copie
- 15:00Speaker 2: de l'empreinte de ses paumes. L'empreinte du dépliant correspondait à
- 15:07Speaker 2: la main droite de Oba Chandler. La police avait enfin
- 15:12Speaker 2: un suspect. Il fallait maintenant bâtir l'argumentation de l'affaire. La
- 15:18Speaker 2: victime de Madeira Beach fut convoquée pour identifier son violeur
- 15:21Speaker 2: à partir de
- 15:22Speaker 3: photos.
- 15:29Speaker 2: Elle reconnut tout de suite Oba Chandler. Le détective Moore
- 15:36Speaker 2: était de plus en plus convaincu que Chandler était bien
- 15:39Speaker 2: le meurtrier. Il le fit mettre sous surveillance car il
- 15:43Speaker 2: ne pouvait pas encore le faire arrêter. Pour prouver qu'il
- 15:46Speaker 2: avait tué les Rogers, il faudrait démontrer qu'il se trouvait
- 15:49Speaker 2: bien sur la scène du crime. Les détectives fouillèrent les
- 15:56Speaker 2: relevés téléphoniques de Chandler. La nuit des meurtres, soit le
- 16:03Speaker 2: 1er juin 1989, Il avait fait cinq appels entre 1h30 et
- 16:08Speaker 2: 5h du matin. Les communications avaient été établies à partir
- 16:14Speaker 2: de son bateau. Il avait mis les frais sur sa
- 16:17Speaker 2: ligne résidentielle
- 16:19Speaker 3: C'était très important. Cela démontrait que Oba Chandler était bien
- 16:23Speaker 3: sur son bateau la nuit où les trois femmes avaient
- 16:25Speaker 3: été tuées et jetées dans les eaux de la baie.
- 16:32Speaker 2: Lors du procès, Chandler déclara qu'il était parti à la
- 16:35Speaker 2: pêche cette nuit-là lorsque son bateau était tombé en panne.
- 16:39Speaker 2: Selon lui, le système d'alimentation de son moteur s'était brisé.
- 16:42Speaker 2: Il avait bien tenté de le réparer avec du ruban adhésif,
- 16:45Speaker 2: mais il avait perdu toute son essence. Il avait dérivé
- 16:48Speaker 2: toute la nuit jusqu'à ce qu'un bateau vienne le secourir
- 16:51Speaker 2: le lendemain matin. Le jury ne crut pas à son
- 16:54Speaker 2: histoire de pêche. Lors du contre-interrogatoire, Chandler ne put justifier
- 16:58Speaker 2: pourquoi il n'avait pas téléphoné à un service de remorquage.
- 17:02Speaker 2: Il ne pouvait indiquer par où le moteur reçoit l'essence.
- 17:05Speaker 2: Il ne s'était pas rendu compte non plus qu'il est
- 17:07Speaker 2: impossible de faire adhérer du ruban sur une pièce pleine d'essence.
- 17:12Speaker 2: Et il ignorait que son moteur était muni d'un dispositif
- 17:15Speaker 2: qui rendait les fuites impossibles. Le scénario présenté par la
- 17:19Speaker 2: poursuite était plus crédible. Joe Rogers et ses deux filles
- 17:30Speaker 2: s'étaient égarés dans Tampa et avaient demandé leur chemin à
- 17:33Speaker 2: un passant. Cet inconnu sympathique était Oba Chandler. Ils connaissaient
- 17:41Speaker 2: maintenant l'hôtel où elles avaient réservé une chambre. Peut-être les
- 17:51Speaker 2: a-t-il appelés peu après leur arrivée et les a-t-il invités
- 17:54Speaker 2: à venir admirer le coucher de soleil à bord de
- 17:57Speaker 2: son bateau. Joe avait griffonné le chemin sur un bout
- 18:00Speaker 2: de papier Et elles étaient parties. Elles n'avaient même pas
- 18:03Speaker 2: eu le temps de défaire leur bagage. Elles arrivèrent au
- 18:09Speaker 2: quai où les attendait Chandler. Il les fit monter à
- 18:17Speaker 2: bord de son bateau. Elles ignoraient qu'elles voyaient leur dernier
- 18:20Speaker 2: coucher de soleil. Oba Chandler fut jugé coupable et condamné
- 18:27Speaker 2: à la peine de mort. Peu lui importait de savoir
- 18:32Speaker 2: qui ils tuaient. En général, les meurtriers sont plus sélectifs
- 18:37Speaker 2: et ils ont un mobile. Dans le comté de Northumberland,
- 18:43Speaker 2: en Pennsylvanie, une jeune fille revenait chez elle après avoir
- 18:47Speaker 2: passé l'après-midi chez ses grands-parents. Elle avait emprunté le même
- 18:51Speaker 2: sentier des dizaines de fois, ce qui lui permettait de
- 18:53Speaker 2: rêvasser à son aise. Mais le 12 juin 1989, une odeur nauséabonde
- 18:56Speaker 2: attira son attention. Elle regarda autour d'elle pour en trouver
- 19:04Speaker 2: la source, espérant qu'il ne s'agissait pas d'un chien happé
- 19:07Speaker 2: par une voiture. Ce qu'elle découvrit était encore plus horrible.
- 19:14Speaker 2: Il s'agissait d'un cadavre humain. On dépêcha des policiers sur
- 19:21Speaker 2: la scène du crime. Le corps fut ensuite envoyé à
- 19:25Speaker 2: la morgue pour une autopsie. L'enquête d'un homicide repose toujours
- 19:34Speaker 2: sur trois questions. Qui est la victime? À quel moment
- 19:38Speaker 2: le crime a-t-il eu lieu? Et qui l'a commis? C'est
- 19:43Speaker 2: le représentant du ministère public, Robert Sakevich, qui devait tenter
- 19:48Speaker 2: de répondre à ces questions.
- 19:52Speaker 11: Nous n'avons pas pu l'identifier tout de suite. Nous avons
- 19:56Speaker 11: dû faire appel à la science. Nous avons eu recours
- 20:00Speaker 11: à un odontologiste pour faire un examen de la dentition.
- 20:03Speaker 11: Nous voulions également découvrir à quel moment la mort s'est
- 20:05Speaker 11: produite
- 20:09Speaker 2: La chaleur avait accéléré le processus des décompositions. Il n'y
- 20:13Speaker 2: avait plus beaucoup d'indices. Mais on savait cependant que la
- 20:19Speaker 2: victime était une femme. Les vêtements fournirent quelques informations. C'est
- 20:29Speaker 2: le coroner du comté, Richard Ulrich, qui analysa la dépouille
- 20:36Speaker 12: Nous
- 20:36Speaker 9: avons enlevé les vêtements pour les faire analyser
- 20:40Speaker 12: Nous
- 20:40Speaker 9: avons remarqué qu'elle avait reçu des coups dans le dos
- 20:42Speaker 9: à travers ses
- 20:43Speaker 12: vêtements. Les
- 20:48Speaker 9: blessures avaient été faites avec une arme tranchante.
- 20:55Speaker 2: Les experts analysaient ensuite les insectes qui se trouvaient sur
- 20:58Speaker 2: son corps. Le cycle de vie des mouches et des
- 21:02Speaker 2: coléoptères permet de savoir à quel moment une victime est décédée.
- 21:08Speaker 2: Plus le cadavre est vieux, plus il y aura de
- 21:10Speaker 2: générations d'insectes qui s'en seront nourries. La victime était morte
- 21:17Speaker 2: de 19 à 25 jours plus tôt. Elle fut identifiée grâce à
- 21:28Speaker 2: son dossier dentaire. Il s'agissait de Laurie Ocker, disparue 19 jours auparavant,
- 21:34Speaker 2: soit le 24 mai. Laurie Ocker était retournée vivre chez ses
- 21:41Speaker 2: parents avec son fils après s'être séparée de son mari.
- 21:45Speaker 2: On l'avait aperçue la dernière fois le 24 mai à 15h30.
- 21:48Speaker 2: Elle quittait la maison pour se rendre à son travail
- 21:52Speaker 2: dans un centre commercial. Mais à 16 heures, elle n'était toujours
- 21:57Speaker 2: pas arrivée. Son patron téléphona chez elle afin de vérifier
- 22:00Speaker 2: si elle était bien partie. Sa mère était inquiète. Elle
- 22:05Speaker 2: aurait déjà dû être au travail. Ses parents refirent le
- 22:12Speaker 2: trajet en voiture. Peut-être était-elle tombée en panne. Ils retrouvèrent
- 22:18Speaker 2: son véhicule au centre commercial. Elle l'avait garée près de
- 22:24Speaker 2: l'entrée principale. 19 jours plus tard, on retrouva son corps.
- 22:37Speaker 2: Laurie Hawker avait été sur la liste des personnes disparues
- 22:41Speaker 2: pendant près de trois semaines. Maintenant que son corps avait
- 22:45Speaker 2: été identifié, le département des homicides pouvait ouvrir une enquête
- 22:49Speaker 2: afin de retrouver le meurtrier. Sa mère déclara à la
- 22:56Speaker 2: police que Laurie avait déjà reçu des menaces de son ex-mari,
- 22:59Speaker 2: Robert Hawker. Le couple ne s'entendait pas à propos de
- 23:04Speaker 2: la garde de leur fils. Laurie avait si peur de
- 23:09Speaker 2: Robert qu'elle avait caché un fusil de chasse sous son lit.
- 23:14Speaker 2: Robert Hawker devint le suspect numéro un. Peu après la
- 23:20Speaker 2: disparition de Laurie, la police l'interrogea. Hawker déclara qu'il faisait
- 23:26Speaker 2: des courses ce jour-là à bord d'une Plymouth Caravelle. Il
- 23:29Speaker 2: n'avait pas vu Laurie. Ses parents, interrogés à leur tour,
- 23:34Speaker 2: déclarèrent qu'il était bien sorti mais qu'il avait emprunté la
- 23:36Speaker 2: voiture de sa mère, une Chevrolet Celebrity 1984. À ce moment-là,
- 23:42Speaker 2: cette contradiction n'avait pas paru très importante. Peut-être Robert Hawker
- 23:47Speaker 2: avait-il menti parce que la Chevrolet n'était pas assurée à
- 23:50Speaker 2: son nom. La seule façon de découvrir s'il était impliqué
- 23:55Speaker 2: dans cette affaire serait de déterminer s'il s'était trouvé sur
- 23:58Speaker 2: la scène de l'enlèvement. Quelques jours après la disparition de Laurie,
- 24:04Speaker 2: les détectives s'étaient rendus au centre commercial pour y interroger
- 24:07Speaker 2: des commerçants. Ils s'étaient adressés à la caissière d'une banque
- 24:12Speaker 2: située à côté de l'entrée principale. Cette dernière croyait que
- 24:19Speaker 2: la caméra du guichet automatique détenait peut-être la clé du
- 24:22Speaker 2: mystère puisqu'elle photographiait la partie du parking où la victime
- 24:25Speaker 2: avait garé
- 24:26Speaker 7: son véhicule
- 24:31Speaker 2: Ce type de caméra prend des photos à des intervalles prédéterminés.
- 24:37Speaker 2: Celle du guichet automatique prenait un cliché toutes les 10 secondes.
- 24:42Speaker 2: Laurie Ocker avait disparu depuis 5 jours lorsque les détectives purent
- 24:47Speaker 2: mettre la main sur la bande magnétoscopique du guichet. L'image
- 24:52Speaker 2: était trouble, mais il était indéniable qu'il s'agissait de la
- 24:55Speaker 2: voiture de la jeune femme. Juste à côté se trouvait
- 24:58Speaker 2: une silhouette qui était vraisemblablement celle de Laurie Ocker elle-même.
- 25:03Speaker 2: La photo suivante, prise dix secondes plus tard, attira l'attention
- 25:07Speaker 2: des enquêteurs
- 25:10Speaker 11: L'image n'était pas claire. La caméra avait fait le point
- 25:13Speaker 11: sur une personne qui utilisait le guichet automatique. Mais juste
- 25:17Speaker 11: au-dessus de son épaule, loin derrière, nous pouvions voir ce
- 25:20Speaker 11: qui ressemblait à un
- 25:21Speaker 5: enlèvement
- 25:25Speaker 2: Une voiture traversait le chemin emprunté par la victime. Celle-ci
- 25:29Speaker 2: se penchait vers l'auto. Sur l'image suivante, la voiture quittait
- 25:34Speaker 2: le parking et Laurie n'était plus là. La photo n'était
- 25:40Speaker 2: pas claire, mais on pouvait tout de même y voir
- 25:42Speaker 2: une voiture semblable à la Chevrolet de la mère de
- 25:45Speaker 2: Robert Hawker. les enquêteurs étaient confrontés à deux obstacles. D'abord,
- 25:57Speaker 2: l'image dont ils disposaient était trop floue pour déterminer si
- 26:00Speaker 2: la voiture qu'ils distinguaient était vraiment une Chevrolet. De plus,
- 26:05Speaker 2: le père de Robert Hawker avait vendu la voiture trois
- 26:08Speaker 2: jours après la disparition de Laurie. Elle avait changé de
- 26:11Speaker 2: propriétaire quatre fois dans le mois suivant la vente. On
- 26:15Speaker 2: la retrouva finalement chez son nouveau propriétaire à environ 150 kilomètres
- 26:19Speaker 2: de là. Bien que la voiture ait été soigneusement nettoyée
- 26:30Speaker 2: avant d'être vendue, l'équipe d'experts légistes y découvrit quelques indices.
- 26:37Speaker 2: Il y avait des cheveux qui ressemblaient à ceux de
- 26:39Speaker 2: la victime dans le joint d'étanchéité de la porte. La
- 26:42Speaker 2: présence du bulbe au bout des cheveux indiquait qu'ils avaient
- 26:46Speaker 2: été arrachés
- 26:50Speaker 2: Petit à petit, on découvrait des indices qui impliquaient Robert Hawker.
- 26:57Speaker 2: Mais la résolution de l'enquête dépendait d'abord de l'identification de
- 27:01Speaker 2: la voiture photographiée.
- 27:03Speaker 5: Le
- 27:03Speaker 11: seul témoin dont nous disposions était la caméra
- 27:06Speaker 5: elle-même.
- 27:08Speaker 11: Un meurtre n'est pas un spectacle. Il est très rare
- 27:11Speaker 11: qu'il y ait des témoins lors d'un homicide
- 27:16Speaker 2: La seule option était de tenter une reconstitution de l'enlèvement
- 27:20Speaker 2: à l'aide de la chevrolet des Hawkers. Ils placèrent la
- 27:23Speaker 2: voiture dans la même position que celle de la photo
- 27:26Speaker 2: et ils la photographièrent avec la même caméra et le
- 27:30Speaker 2: même foyer. Ils comparèrent ensuite la photo obtenue à celle
- 27:36Speaker 2: du guichet automatique. Les résultats étaient encourageants, mais pas encore
- 27:46Speaker 2: assez précis pour être présentés en cours. Il n'y avait
- 27:51Speaker 2: qu'une solution, améliorer la définition de la photo prise par
- 27:54Speaker 2: le guichet automatique. Malheureusement, cette technologie n'en était qu'à ses
- 28:00Speaker 2: débuts en 1989. Sakavage contacta la compagnie Kodak, qui le référa
- 28:07Speaker 2: à la NASA. Si quelqu'un sur la planète avait la
- 28:17Speaker 2: compétence requise pour transformer des images troubles en des preuves solides,
- 28:21Speaker 2: c'était bien les experts en missiles balistiques du Centre spatial Kennedy.
- 28:27Speaker 2: Alan Titchen analyse les images des lancements de navettes spatiales
- 28:31Speaker 2: afin d'en faire l'évaluation. Quand la police de Pennsylvanie entra
- 28:36Speaker 2: en contact avec lui, Titchen savait que ce travail n'était
- 28:39Speaker 2: pas très éloigné de sa spécialité
- 28:44Speaker 7: Le procédé était semblable à ce que je fais d'habitude
- 28:48Speaker 7: La source du produit à analyser cependant était différente puisque
- 28:51Speaker 7: la machine qui avait pris l'image était de qualité inférieure
- 28:54Speaker 7: à ce à quoi je suis habitué.
- 28:59Speaker 2: Il y travailla pendant trois semaines. Une fois l'image de
- 29:02Speaker 2: la caméra du guichet redéfinie, il refit le même travail
- 29:05Speaker 2: avec celle de la scène reconstituée par la police. Il
- 29:08Speaker 2: utilisa les mêmes paramètres afin de démontrer qu'il rehaussait les
- 29:12Speaker 2: images sans les altérer. Afin de consolider leurs preuves, les
- 29:19Speaker 2: enquêteurs firent appel à un expert de la General Motors.
- 29:23Speaker 2: Ce dernier identifia la marque et l'année du véhicule. Il
- 29:26Speaker 2: s'agissait d'une Chevrolet Célébrité 1983 ou 1984. Or, la mère de
- 29:30Speaker 2: Robert Hawker avait un modèle 1984. Sackavage était enfin parvenu à
- 29:39Speaker 2: démontrer que la voiture des Hawker et leur fils Robert
- 29:43Speaker 2: étaient sur la scène du crime. L'image en faisait foi.
- 29:49Speaker 2: Grâce aux preuves fournies par la criminalistique et aux images
- 29:52Speaker 2: manipulées par ordinateur, Robert Tucker fut condamné à mort pour
- 29:56Speaker 2: l'enlèvement et le meurtre de son ex-femme, Lori. La justice
- 30:02Speaker 2: disposait maintenant d'un nouvel outil, celui de l'amélioration numérique d'une image.
- 30:10Speaker 2: L'enquête d'un meurtre ressemble en tout point à un puzzle.
- 30:14Speaker 2: Il faut assembler les pièces de la bonne façon. Mais
- 30:17Speaker 2: dans un cas aux Philippines, Les enquêteurs disposaient de toutes
- 30:20Speaker 2: les pièces, mais ne savaient pas comment les assembler. Peu
- 30:26Speaker 2: avant l'aube, le 25 février 1991, un chauffeur de taxi aperçut un
- 30:31Speaker 2: pick-up en panne sur une route déserte de la ville d'Angeles,
- 30:34Speaker 2: aux Philippines. Il s'arrêta pour offrir son aide au conducteur. Malheureusement,
- 30:45Speaker 2: il n'y avait plus rien à faire. La femme derrière
- 30:49Speaker 2: le volant était morte. Lorsque la police arriva, la clé
- 30:58Speaker 2: était toujours sur le contact et la conductrice attachée au
- 31:02Speaker 2: siège par sa ceinture de sécurité. Elle était de nationalité américaine.
- 31:10Speaker 2: On avisa les agents de la base aérienne de Clark
- 31:13Speaker 2: qui se trouvaient dans le même secteur. Les employés de
- 31:23Speaker 2: la base se connaissaient tous. Le premier enquêteur sur les
- 31:27Speaker 2: lieux reconnut tout de suite le véhicule et sa conductrice.
- 31:31Speaker 2: Il s'agissait de l'épouse d'un sergent-chef. Elle s'appelait Julie Snodgrass
- 31:41Speaker 2: Le lieutenant-colonel Tim Davis, expert légiste pour le bureau d'enquête régional,
- 31:45Speaker 2: travaillait à cette enquête.
- 31:48Speaker 7: Nous nous approchions du véhicule lorsqu'un des agents nous a
- 31:50Speaker 7: rejoint et nous a dit qu'il croyait que c'était Julie
- 32:00Speaker 7: Je me suis rendu jusqu'au pick-up, j'ai regardé et j'ai dit,
- 32:03Speaker 7: oh mon Dieu
- 32:09Speaker 7: On n'oublie pas ce genre de choses
- 32:11Speaker 2: On ne peut pas oublier ça. Julie Snodgrass était l'épouse
- 32:16Speaker 2: d'un gradé de l'Air Force. Elle faisait partie de toutes
- 32:19Speaker 2: les fêtes. Elle y allait avec son mari, Joe, et
- 32:21Speaker 2: ils emmenaient parfois leurs deux enfants. Le meurtrier avait fouillé
- 32:29Speaker 2: le coffre à gants et jeté son contenu sur le siège.
- 32:33Speaker 2: À première vue, on aurait pu croire que le mobile
- 32:35Speaker 2: du crime était le vol, mais le meurtre était trop
- 32:37Speaker 2: violent pour qu'il ne s'agisse que de cela. La victime
- 32:40Speaker 2: avait été poignardée à plus de 40 reprises. Le pick-up fut
- 32:48Speaker 2: remorqué au garage de la base où des experts recueillirent
- 32:51Speaker 2: le sang. Peut-être le tueur s'était-il coupé lors du meurtre.
- 33:02Speaker 2: On recueillit également des cheveux et des fibres. Les échantillons
- 33:10Speaker 2: furent ensuite envoyés au laboratoire judiciaire de l'armée au camp
- 33:13Speaker 2: Zama au Japon. Les résultats étaient décevants. Le sang, les
- 33:19Speaker 2: fibres et les cheveux recueillis appartenaient tous à la victime.
- 33:29Speaker 2: Les enquêteurs espéraient trouver d'autres indices. Le véhicule fut placé
- 33:40Speaker 2: dans une tente Et on y vaporisa de la supercolle
- 33:44Speaker 2: afin de faire ressortir les empreintes digitales. On parvint à
- 33:54Speaker 2: relever des empreintes partielles sur le tableau de bord. Elles
- 33:57Speaker 2: n'appartenaient ni à Julie ni à Joe Snodgrass. Malheureusement, il
- 34:01Speaker 2: n'y avait pas de système d'empreintes digitales informatisé aux Philippines
- 34:05Speaker 2: et on ne parvint pas à retracer leurs propriétaires. L'aspect
- 34:11Speaker 2: violent n'était pas le seul élément bizarre dans cette enquête.
- 34:15Speaker 2: Qu'est-ce que la victime faisait dans ce quartier de la
- 34:17Speaker 2: ville et surtout à cette heure-là
- 34:20Speaker 8: En
- 34:20Speaker 7: général, lorsque Julie allait quelque part, c'était toujours à l'intérieur
- 34:23Speaker 7: de la base. Elle n'en sortait que
- 34:25Speaker 8: très rarement
- 34:30Speaker 2: Le mari de la victime, Joe Snodgrass, fut interrogé à
- 34:33Speaker 2: propos de ses activités la nuit du meurtre. Snodgrass déclara
- 34:39Speaker 2: aux enquêteurs qu'il s'était disputé avec sa femme. Elle était
- 34:43Speaker 2: sortie en claquant la porte
- 34:44Speaker 2: Il avait ensuite téléphoné à des amis afin d'avoir de
- 34:47Speaker 2: ses nouvelles. Il avait même noté tous les téléphones qu'il
- 34:50Speaker 2: avait fait ce soir-là. Ce souci du détail éveilla les
- 34:54Speaker 2: soupçons de l'enquêteur
- 34:58Speaker 7: Une des choses qu'on voit souvent à la télévision quand
- 35:00Speaker 7: on est amateur de séries policières, c'est l'auteur d'un crime
- 35:03Speaker 7: qui note chacun de ses appels. Alors on se dit,
- 35:08Speaker 7: allons donc, c'est trop évident quand même. Pourtant, c'est bien
- 35:11Speaker 7: ce qu'il a
- 35:11Speaker 8: fait
- 35:19Speaker 2: Joe et Julie Snodgrass avaient des problèmes de couple depuis
- 35:22Speaker 2: un bon moment. Un an plus tôt, Julie avait divorcé
- 35:26Speaker 2: et était retournée aux États-Unis avec les enfants. Joe était
- 35:32Speaker 2: parvenu à la convaincre de revenir un mois avant sa mort.
- 35:39Speaker 2: Les enquêteurs questionnèrent leur femme de ménage afin de vérifier
- 35:43Speaker 2: si leur union était stable. Cette dernière était très nerveuse
- 35:47Speaker 2: et fut incapable de donner des informations sur la relation
- 35:50Speaker 2: des Snodgrass. C'était étrange, compte tenu du fait qu'elle était
- 35:55Speaker 2: très près d'eux. Il n'y avait pas assez d'indices pour
- 36:04Speaker 2: faire de Joe Snodgrass un suspect. Puis, un jour, la
- 36:11Speaker 2: femme de ménage décida de passer aux aveux
- 36:19Speaker 2: Alors que l'enquête sur l'homicide de Julie Snodgrass se heurtait
- 36:22Speaker 2: à un mur, la timide femme de ménage fournit de
- 36:25Speaker 2: nouvelles informations. Elle avoua non seulement entretenir une relation amoureuse
- 36:32Speaker 2: avec Joss Snodgrass, mais aussi qu'il lui avait écrit une
- 36:35Speaker 2: lettre lui demandant d'engager des membres de sa famille pour
- 36:38Speaker 2: tuer sa
- 36:39Speaker 3: femme.
- 36:43Speaker 2: Elle avait détruit la lettre. Sa déclaration permit aux enquêteurs
- 36:48Speaker 2: d'obtenir un mandat de perquisition du bureau de Joe. Les
- 36:55Speaker 2: enquêteurs y saisirent des lettres manuscrites et des disquettes. Snodgrass
- 37:06Speaker 2: fut ensuite convoqué pour identifier les éléments saisis dans son
- 37:09Speaker 2: bureau et attester qu'ils lui appartenaient bien
- 37:17Speaker 2: Dès qu'il aperçut les disquettes, Snodgrass fouilla dans sa poche
- 37:21Speaker 2: et en sortit quelque chose
- 37:24Speaker 7: Nous avons entendu un agent crier qu'il avait une arme.
- 37:28Speaker 7: Et à ce moment-là, plusieurs agents armés ont couru vers
- 37:30Speaker 7: la salle d'interrogatoire. Nous avons alors découvert que Joe avait
- 37:38Speaker 7: une paire de
- 37:38Speaker 8: ciseaux.
- 37:39Speaker 7: Snodgrass l'avait caché dans
- 37:43Speaker 8: sa poche.
- 37:47Speaker 7: Il a saisi une des disquettes et il a commencé
- 37:49Speaker 7: à la découper en morceaux
- 37:54Speaker 7: Ça s'est produit en un
- 37:55Speaker 8: éclair.
- 37:57Speaker 7: Il s'agissait d'éléments de
- 37:58Speaker 8: preuve.
- 38:01Speaker 7: Il est clair que cela n'aurait pas dû arriver, mais
- 38:03Speaker 7: c'est bien ce qui s'est produit.
- 38:08Speaker 2: Visiblement, les disquettes contenaient des informations incriminantes. Serait-il possible de
- 38:14Speaker 2: récupérer les données qu'elles contenaient? Il fallait trouver une solution.
- 38:20Speaker 2: Personne n'avait été confronté à ce genre de problème auparavant.
- 38:24Speaker 2: Davis s'était découragé. Il envoya tout de même les fragments
- 38:28Speaker 2: au laboratoire judiciaire informatique du ministère de la Défense à Washington.
- 38:39Speaker 2: C'est l'agent Jim Christie du bureau d'enquête spécial de la
- 38:42Speaker 2: Air Force qui fut assigné à leur analyse.
- 38:48Speaker 11: Dès que nous avons reçu l'appel des Philippines, nous avons
- 38:50Speaker 11: demandé à nos enquêteurs du service informatique de trouver quelqu'un
- 38:53Speaker 11: qui serait capable de récupérer les données
- 38:57Speaker 11: Personne n'avait jamais tenté de le faire
- 38:58Speaker 8: auparavant.
- 39:04Speaker 2: Non seulement les disquettes avaient-elles été découpées, mais Snodgrass les
- 39:07Speaker 2: avait également froissées. Christie entra en contact avec divers fabricants,
- 39:12Speaker 2: d'autres agences policières et certains services du FBI. Tous déclinèrent
- 39:17Speaker 2: poliment le travail demandé, sous prétexte que la tâche était
- 39:20Speaker 2: impossible ou qu'elle serait extrêmement onéreuse
- 39:26Speaker 11: Mon assistant Ed Couchins et moi étions en voiture. Nous
- 39:29Speaker 11: revenions à nos bureaux quand Ed m'a dit« Tu as
- 39:32Speaker 11: demandé à tout le monde de tenter de sauver les données. Maintenant,
- 39:35Speaker 11: voudrais-tu me donner ma chance à moi?»
- 39:37Speaker 5: Et
- 39:37Speaker 11: je lui ai demandé« Que vas-tu faire?» Il m'a répondu«
- 39:41Speaker 11: Eh bien, je vais les recoller avec du ruban adhésif».
- 39:43Speaker 11: Je ne vous dis pas ce que j'ai pu lui
- 39:45Speaker 11: répondre à ce
- 39:45Speaker 5: moment-là.
- 39:50Speaker 2: L'équipe tenta d'abord l'expérience avec des disquettes vierges. On les coupa,
- 39:54Speaker 2: les recolla, puis on les inséra dans un ordinateur afin
- 39:58Speaker 2: de vérifier s'il était toujours possible d'en lire le contenu.
- 40:03Speaker 2: La première tentative fut décevante.
- 40:06Speaker 11: Nous avons allumé le lecteur de disquettes et l'avons vu
- 40:09Speaker 11: faire des bons sur la table pendant 10 à 15 secondes, jusqu'à
- 40:11Speaker 11: ce que la tête de lecture s'arrache d'elle-même
- 40:17Speaker 2: Les experts recommencèrent la même expérience, mais cette fois en
- 40:21Speaker 2: plaçant une autre disquette sous la première, afin de recouvrir
- 40:24Speaker 2: les coupures. Cette fois-ci, le lecteur de disquettes survécut. C'était
- 40:30Speaker 2: déjà un progrès. Avant d'appliquer la même technique aux fragments originaux,
- 40:35Speaker 2: il faudrait les aplatir. Une fois encore, après mains essais
- 40:40Speaker 2: et erreurs, on obtint enfin des résultats. On plaça un
- 40:46Speaker 2: fer à souder dans un tube d'aluminium. La température et
- 40:49Speaker 2: le poids de cet appareil de fortune étaient idéaux pour
- 40:52Speaker 2: rendre leur forme originale aux fragments de disquettes. Une fois
- 40:56Speaker 2: les fragments ainsi repassés, les experts devraient tenter de lire
- 40:59Speaker 2: les informations qu'ils contenaient. Ils savaient qu'ils n'avaient peut-être qu'une chance.
- 41:03Speaker 2: La prudence était donc de mise.
- 41:06Speaker 11: Nous craignons qu'une fois assemblées, la tête de lecture accrocherait
- 41:09Speaker 11: et déchirerait certains des morceaux
- 41:12Speaker 11: Nous avons donc décidé de les placer individuellement sur une
- 41:15Speaker 11: disquette haute.
- 41:18Speaker 2: L'ordinateur fit la lecture de chaque fragment, un par un.
- 41:25Speaker 2: Les 23 fragments avaient été collés sur des disquettes différentes. On
- 41:29Speaker 2: n'avait qu'une chance pour faire arrêter ce meurtrier. les experts
- 41:39Speaker 2: en informatique du laboratoire judiciaire de Washington essayaient d'assembler les
- 41:43Speaker 2: pièces d'une disquette afin de résoudre un meurtre. Certains des
- 41:50Speaker 2: fragments étaient si petits que les experts ne savaient même
- 41:52Speaker 2: pas où les placer sur la disquette haute. On les
- 41:56Speaker 2: vaporisa avec une solution spéciale. Cette vaporisation magnétique devient comme
- 42:01Speaker 2: une poudre en séchant et fait apparaître les sillons magnétiques
- 42:05Speaker 2: sur le fragment. Ce procédé permit aux experts de placer
- 42:13Speaker 2: les fragments au bon endroit avant d'enlever la poudre. Puis
- 42:19Speaker 2: vint enfin le moment de lire les divers morceaux. On
- 42:24Speaker 2: utilisa un logiciel appelé Anadisk afin d'analyser et d'afficher chaque
- 42:28Speaker 2: fragment d'information. Ce logiciel a été développé spécialement pour les
- 42:32Speaker 2: forces policières. Le logiciel mémorisa l'information contenue dans chaque morceau
- 42:38Speaker 2: de disquette puis l'afficha à l'écran. Chaque morceau tombait enfin
- 42:44Speaker 2: en place. Malheureusement, les points de raccord entre les fragments
- 42:50Speaker 2: posaient encore des problèmes. Lorsque la tête de lecture passait
- 42:53Speaker 2: sur le joint, elle perdait contact avec la disquette et
- 42:56Speaker 2: ne lisait pas toutes les données. Pour ce problème de
- 43:00Speaker 2: haute technologie, l'assistant avait en réserve une autre solution maison.
- 43:07Speaker 11: Il plaçait son doigt sur la tête exactement comme lorsqu'on
- 43:10Speaker 11: place une pièce de monnaie sur le bras de lecture
- 43:11Speaker 11: d'un vieux phonographe lorsqu'il est pris dans un sillon égratigné.
- 43:15Speaker 11: En mettant son doigt, la tête ne rebondissait plus et
- 43:18Speaker 11: nous sommes parvenus à obtenir plus
- 43:20Speaker 8: d'informations
- 43:24Speaker 2: Les experts retrouvèrent des lettres d'amour que Snodgrass avait écrites
- 43:28Speaker 2: à sa femme et à sa maîtresse. Il y avait
- 43:31Speaker 2: aussi des lettres à sa compagnie d'assurance dans lesquels il
- 43:34Speaker 2: demandait une hausse de primes d'assurance pour sa femme Julie.
- 43:38Speaker 2: Ils retrouvèrent également des informations qui liaient Joe à tout
- 43:41Speaker 2: un réseau de marchés noirs. Ce qu'ils découvrirent ensuite valait
- 43:46Speaker 2: presque
- 43:46Speaker 11: une
- 43:47Speaker 8: confession.
- 43:49Speaker 11: Nous avons retrouvé le dernier paragraphe d'une lettre où il
- 43:53Speaker 11: demandait à sa petite amie d'engager un tueur à
- 43:55Speaker 8: gage,
- 43:57Speaker 11: ce qu'elle a fait.
- 44:01Speaker 2: L'expertise avait pris cinq semaines, mais le laboratoire était parvenu
- 44:04Speaker 2: à faire l'impossible. Les informations obtenues avaient permis d'arrêter un
- 44:09Speaker 2: homme dangereux. De plus, on avait développé une technique qui
- 44:15Speaker 2: allait certainement se révéler utile par la suite. Les experts
- 44:19Speaker 2: consultés avaient déclaré qu'il en coûterait des millions pour procéder
- 44:23Speaker 2: à cette analyse. Pourtant, l'équipe du laboratoire ne déboursa que 131 dollars.
- 44:31Speaker 2: L'information obtenue fut envoyée au lieutenant-colonel Davis aux
- 44:35Speaker 8: Philippines.
- 44:41Speaker 7: Sans ces disquettes, la tâche aurait été beaucoup plus difficile.
- 44:46Speaker 7: Mais avec les données récupérées à partir d'elles, on ne
- 44:48Speaker 7: pouvait pas faire d'erreur. Joe était notre homme
- 44:56Speaker 2: Les enquêteurs reconstituèrent les événements qui avaient conduit au meurtre.
- 45:03Speaker 2: Joe Snodgrass était dominateur. Il avait convaincu sa femme d'apporter
- 45:07Speaker 2: une somme d'argent à sa place à l'un de ses
- 45:09Speaker 2: associés du marché noir. Il lui avait demandé de conduire
- 45:12Speaker 2: deux de ses complices à un point de rendez-vous. Elle
- 45:16Speaker 2: lui avait obéi. Elle ignorait que les deux hommes avaient
- 45:23Speaker 2: été engagés pour la tuer. Ils étaient parents avec sa
- 45:28Speaker 2: femme de ménage. Sans se méfier, elle les conduisit dans
- 45:33Speaker 2: un endroit isolé où ils la tuèrent
- 45:43Speaker 2: Ils avouèrent leur crime et furent condamnés à 20 ans d'emprisonnement.
- 45:46Speaker 2: La femme de ménage, elle, fut condamnée avec sursis. Quant
- 45:56Speaker 2: à Joe Snodgrass, il est copain de la prison à
- 45:59Speaker 2: vie pour avoir planifié le meurtre
- 46:01Speaker 7: de sa femme
- 46:03Speaker 7: On ne croit jamais qu'on va enquêter sur un de
- 46:05Speaker 7: ses propres amis pour meurtre ou pour complot de meurtre.
- 46:10Speaker 7: Cela ne m'était jamais venu à l'esprit. Pas
- 46:12Speaker 8: une fois
- 46:16Speaker 2: La technologie qui nous simplifie l'existence nous rend aussi plus
- 46:20Speaker 2: difficile la tâche de passer inaperçue. Presque toutes nos actions
- 46:26Speaker 2: laissent des traces électroniques aussi réelles que des empreintes ou
- 46:30Speaker 2: que notre propre visage. Si un crime se produit sans
- 46:37Speaker 2: témoin oculaire, les spécialistes peuvent maintenant faire appel aux témoins électroniques.