Latest / Africa Fashion Tour / Roselynd Laubhouet, fondatrice de Nahyel Concept Store
Transcript
- 0:00Il y a quelques années,
- 0:01j'étais allée voir
- 0:02Youssou N'dour pour lui dire,
- 0:03le prochain verset,
- 0:04je veux travailler avec toi.
- 0:06Je sais que tu es dans les industries créatives et que tu as un travail remarquable dans les industries créatives.
- 0:11Et l'idée,
- 0:11c'était de dire,
- 0:12bon,
- 0:13comment venir à Paris,
- 0:14mais qu'est-ce que je dois faire pour bien venir à Paris ?
- 0:18Et donc,
- 0:18j'ai choisi cette période juste autour du grand bal de Youssoumdour,
- 0:22tu vois.
- 0:23Et pour moi,
- 0:23c'était important de créer cette synergie autour de son événement.
- 0:27Donc le 15 octobre,
- 0:29oui,
- 0:30je commence par un panel.
- 0:32On aura un panel autour des industries créatives.
- 0:35Et le thème,
- 0:36c'est de la créativité au soft power.
- 0:40Donc comment l'Afrique peut justement transformer ses talents en des marques fortes,
- 0:45en des marques durables,
- 0:46exportables à l'international.
- 0:51Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:54Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 1:02Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:04Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:08responsables et ambitieux.
- 1:10Au fil des interviews,
- 1:11je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:19Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax
- 1:22pour promouvoir un éventail de tissus,
- 1:25de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:29C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:34éthiques et performants.
- 1:36Je suis Amata Dialo,
- 1:37je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes.
- 1:40Je suis également consultante en marketing et communication.
- 1:43J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 1:47En 2017,
- 1:48j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:51Et depuis,
- 1:52je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:58Au-delà de la mode,
- 1:59je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 2:03Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 2:12Aujourd'hui,
- 2:12je suis en compagnie de Roselyne Goudiaby,
- 2:15la fondatrice de la marque de maroquinerie
- 2:17Nayel et du concept store du même nom.
- 2:20Roselyne est basée à Dakar et a organisé plusieurs pop-up au Sénégal et dans différents pays d'Afrique.
- 2:25Elle organise pour la première fois à Paris,
- 2:27au mois d'octobre,
- 2:28l'événement Afrique en scène.
- 2:30Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes initiatives de promotion des industries culturelles et créatives africaines.
- 2:39Bienvenue Roselyne,
- 2:40comment vas-tu ?
- 2:41Bonjour Anne-Matha,
- 2:42je vais très bien,
- 2:43merci.
- 2:44Écoute,
- 2:44je suis ravie de te retrouver pour l'enregistrement de cet épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 2:49On va commencer cette interview comme je le fais toujours.
- 2:52Je vais te demander de te présenter.
- 2:54Déjà,
- 2:54merci à toi Ramata.
- 2:56Alors moi,
- 2:56je suis Roselyne Goudiaby,
- 2:58épouse de l'oboué.
- 3:00Je suis une entrepreneur à un moment,
- 3:02moment de deux filles.
- 3:04Je suis basée à Dakar.
- 3:07Alors moi,
- 3:07je vais te dire,
- 3:07je n'ai pas commencé Ramata dans la mode du tout.
- 3:10Moi,
- 3:10je ne viens pas de la mode,
- 3:11je viens d'un monde des finances.
- 3:14J'ai étudié dans la finance,
- 3:16j'ai eu des expériences dans des institutions internationales,
- 3:19tu vois.
- 3:20Et c'est après mon retour à Dakar,
- 3:22parce que j'ai vécu aux États-Unis,
- 3:23à Washington,
- 3:24où j'ai étudié,
- 3:25que j'ai créé mes propres entreprises.
- 3:28Alors,
- 3:28j'ai commencé par Yelena en 2013,
- 3:31une agence événementielle.
- 3:34J'ai ensuite créé la première conciergerie du Sénégal,
- 3:37une conciergerie privée.
- 3:39signare conciergerie,
- 3:41et vient le bébé Nael en 2019.
- 3:44Donc,
- 3:45ça fait à peu près huit ans que j'ai Nael.
- 3:47Et donc,
- 3:48je pense que finalement,
- 3:49c'est pas un fil conducteur à tout ceci,
- 3:51parce qu'à la fin,
- 3:52j'aime créer des projets,
- 3:53mais j'aime surtout,
- 3:55je veux pas dire,
- 3:56faire vivre ces idées en véritable,
- 3:58tu vois,
- 3:58en une entreprise.
- 4:00Donc,
- 4:00voilà un peu de façon ramassée mon parcours.
- 4:04Très bien,
- 4:04c'est très intéressant que tu démarres tout de suite en nous expliquant que tu n'étais pas du tout dans le secteur de la mode et des industries culturelles au départ et qu'en fait,
- 4:12c'est vraiment un parcours de vie qui t'a amené vers la mode.
- 4:16Alors,
- 4:17j'imagine que,
- 4:18est-ce qu'à travers ton expérience au sein d'une agence de communication,
- 4:23est-ce que tu avais déjà des clients dans le secteur des industries culturelles et créatives ou pas du tout ?
- 4:29Alors là,
- 4:29pas du tout,
- 4:30non.
- 4:31J'ai dit dans tout sort de clients dans l'industrie créative.
- 4:34J'ai affaire à des banques,
- 4:35j'ai affaire à des institutions internationales,
- 4:39des avocats,
- 4:41mais tout sauf la mode.
- 4:42Très bien,
- 4:43donc là ce qu'on comprend,
- 4:44c'est vraiment une passion peut-être personnelle pour le secteur de la mode qui a fait que tu as souhaité développer à la fois une marque,
- 4:51un concept store et des événements réguliers dans le secteur de la mode.
- 4:57Oui,
- 4:58je pense que c'est peut-être ça.
- 5:00Je pense que je suis peut-être née dans une...
- 5:03Déjà,
- 5:04j'ai un père qui est architecte,
- 5:05qui est un artiste,
- 5:06tu vois.
- 5:07Et je pense que le goût de l'art m'est venu,
- 5:10je ne dirais pas de mon père,
- 5:11ça pourrait étonner beaucoup de personnes,
- 5:13mais de ma mère.
- 5:14Parce que je me rappelle que la première fois que j'ai été chez la Biennale,
- 5:18que j'ai eu un contact avec la Biennale,
- 5:22c'est avec ma mère.
- 5:23Donc,
- 5:23beaucoup plus jeune avant d'avoir mon bac,
- 5:25tu vois,
- 5:26j'avais ma mère qui m'amenait souvent.
- 5:28voir les artistes,
- 5:29on passait des journées entières à regarder les tableaux,
- 5:33discuter,
- 5:34acheter.
- 5:35Je me demandais souvent,
- 5:36mais elle va en acheter combien des tableaux ?
- 5:38Et donc,
- 5:39le goût de l'art m'est venu,
- 5:41je pense,
- 5:41par là.
- 5:43Et c'est ensuite que j'ai voulu créer Nael en 2019,
- 5:47parce qu'également,
- 5:48j'avais fait,
- 5:49je pense,
- 5:49un constat que nos créateurs avaient beaucoup de talent,
- 5:53mais que malheureusement,
- 5:54on ne vivait pas de notre passion.
- 5:57Donc c'est vraiment comme ça que moi j'ai approché tout ce qui était art.
- 6:01Et ce qui est intéressant,
- 6:02c'est que toi comme tu avais un bagage à la fois finance au départ et ensuite le côté agence de communication,
- 6:08tu avais un intérêt pour l'art,
- 6:09mais le fait de ces trois dimensions,
- 6:11la dimension artistique,
- 6:12créative,
- 6:13la dimension finance et la dimension communication,
- 6:16ce sont trois éléments piliers pour créer une marque.
- 6:20Donc,
- 6:20j'imagine que c'est l'ensemble de tes compétences que tu as intégrées quand tu as décidé de créer.
- 6:27ta propre marque ?
- 6:28Oui,
- 6:28alors moi,
- 6:29j'ai eu un MBA,
- 6:31j'ai fait mon bachelor en finance,
- 6:32j'ai un MBA en finance.
- 6:34Et moi,
- 6:34je crois que la finance m'a beaucoup appris déjà en termes de rigueur,
- 6:38de gestion,
- 6:39de stratégie surtout,
- 6:41tu vois.
- 6:42Mais ensuite,
- 6:44à travers l'entrepreneuriat,
- 6:48l'entrepreneuriat,
- 6:49je dirais,
- 6:49m'a donné du cardio.
- 6:52Et c'est vraiment...
- 6:55Du jour au lendemain,
- 6:56tu vois,
- 6:56tu te réveilles,
- 6:57tu te dis,
- 6:58mais attends,
- 6:58tout va bien.
- 6:59Pourquoi le lendemain,
- 7:00je me suis réveillée et rien ne se passe comme prévu ?
- 7:03Et c'est peut-être ça également.
- 7:04Je pense que je suis quelqu'un qui aime prendre des risques.
- 7:07Je suis quelqu'un qui aime toucher à différentes choses et qui ne m'arrête pas facilement,
- 7:11tu vois.
- 7:13Et je pense que pour à la fin de toutes ces expériences,
- 7:15mon construit,
- 7:16je continue de me construire.
- 7:17Je continue à apprendre tous les jours,
- 7:18à faire des erreurs et à me relever.
- 7:20Effectivement,
- 7:21l'entrepreneuriat,
- 7:22ça nécessite énormément de résilience.
- 7:24Et le concept même de l'entrepreneuriat,
- 7:27c'est de se dire qu'on a une feuille de route bien établie.
- 7:30Et puis après,
- 7:31la vie de l'entrepreneur fait qu'il n'y a rien qui se passe comme prévu.
- 7:34Et le boulot de l'entrepreneur,
- 7:35c'est d'arriver à gérer les imprévus.
- 7:38Donc toi,
- 7:39la marque Nael,
- 7:40quand tu l'as créée,
- 7:41c'est une marque de maroquinerie.
- 7:43Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi est-ce que tu t'es orientée vers ce segment-là particulier de la mode ?
- 7:49Alors d'abord,
- 7:50je pense que c'est peut-être le contraire.
- 7:52Moi,
- 7:53avant de créer la marque de ma routinerie,
- 7:55j'ai créé le Concept Store.
- 7:57Mais je suis dans le cuir depuis 2013,
- 7:59parce que quand j'ai ouvert mon agence événementielle,
- 8:04il y avait une partie cadeau d'entreprise.
- 8:07Et l'idée pour moi,
- 8:07c'était effectivement d'offrir des cadeaux à nos clients,
- 8:11aux banques,
- 8:12etc.,
- 8:13à nos différents clients,
- 8:15mais de faire travailler nos artisans et de pouvoir offrir des produits de...
- 8:18qualité,
- 8:19tu vois.
- 8:20Et donc,
- 8:20j'ai commencé avec le cuir depuis,
- 8:22ça fait plus d'une dizaine d'années.
- 8:25Ensuite,
- 8:25je crée le concept store et je me rends compte que,
- 8:28bon,
- 8:28je suis dans le cuir,
- 8:30mais que je vais créer une marque,
- 8:32pourquoi pas ?
- 8:33Et c'est là que je me suis orientée sur des produits un peu plus féminins parce que quand on fait des cadeaux d'entreprise,
- 8:38on va sur des produits unisexes,
- 8:40plus des produits d'hommes.
- 8:42Et j'ai commencé à créer des produits de femmes,
- 8:44à dessiner des sacs.
- 8:46Et c'est comme ça qu'est née la marque Nael,
- 8:48après le concept store.
- 8:50C'est intéressant que tu précises que tu as d'abord commencé par un concept store.
- 8:53Est-ce que tu peux nous expliquer,
- 8:55effectivement,
- 8:56qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné,
- 8:57tu te dis,
- 8:59j'ai envie de réunir des marques de mode,
- 9:02j'imagine,
- 9:03peut-être de beauté.
- 9:04C'était quoi l'idée derrière ce concept store que tu as créé ?
- 9:08Après,
- 9:09je pense que,
- 9:09comme j'ai dit,
- 9:10plutôt,
- 9:10c'est partie d'un constat.
- 9:12Et je disais avant,
- 9:13nous,
- 9:13on a énormément de créateurs en détailant.
- 9:15Ça crée tous les jours,
- 9:17mais avoir du talent,
- 9:18pour moi,
- 9:19ne suffit pas.
- 9:20Une créatrice peut avoir chez nous un produit extraordinaire et on se demande pourquoi elle ne vend pas.
- 9:26Elle a des difficultés de produire,
- 9:28elle a des problèmes de financement,
- 9:30le nœud de la guerre,
- 9:31les finances tous les jours.
- 9:32Elle a un problème à accéder à des marchés,
- 9:35nos marchés sont très petits,
- 9:36tu vois.
- 9:37Et c'est là où j'ai voulu m'intéresser à tous ces problèmes et me dire,
- 9:40mais comment on transforme,
- 9:41tu vois,
- 9:42une structure...
- 9:43de la créativité en vraie entreprise.
- 9:46C'est vraiment la question aujourd'hui qui m'accompagne.
- 9:49Je ne dis pas que j'ai trouvé la solution,
- 9:51parce que c'est un vrai challenge.
- 9:53Et tous les jours,
- 9:53en tout cas,
- 9:54c'est vers ça que je vais,
- 9:55c'est vers ça que je travaille.
- 9:57Donc toi,
- 9:57l'idée,
- 9:57tu avais vraiment cette idée de...
- 10:00Finalement,
- 10:01qu'est-ce qui peut manquer pour permettre,
- 10:03assurer,
- 10:04contribuer au développement de marques qui sont à Dakar,
- 10:08qui ont des produits et des marques qui sont...
- 10:12intéressantes,
- 10:13mais qui ne rencontrent pas forcément leur public.
- 10:15L'idée du concept store,
- 10:16quelque part,
- 10:17c'est d'apporter une réponse concrète à les problématiques d'entrepreneurs qui sont dans le secteur de la mode.
- 10:22Mais c'était ça exactement.
- 10:24Donc,
- 10:24l'idée,
- 10:24c'était de dire comment valoriser tout ça,
- 10:27comment mettre en avant nos créateurs.
- 10:30Et d'abord,
- 10:31à Dakar,
- 10:31je suis assez bien située,
- 10:34en plein cœur du plateau,
- 10:36au rond-point de l'Université de l'Intérieur.
- 10:37Et donc,
- 10:38déjà,
- 10:38la situation géographique aidait énormément.
- 10:41Merci.
- 10:41c'était de dire comment donner plus de visibilité à nos créateurs,
- 10:45les réunir dans un même concept.
- 10:46Je ne suis pas la première à avoir fait un concept store,
- 10:48bien sûr.
- 10:50Et à travers ça,
- 10:51je pense qu'en tout cas,
- 10:53j'ai contribué à pousser beaucoup de marques parce qu'elles étaient beaucoup plus visibles.
- 10:58Et peut-être on parlera des pop-ups qu'on organise et aller sortir de leur zone de confort,
- 11:04à voyager avec eux.
- 11:06Donc,
- 11:06tu dirais que toi,
- 11:07dans ton approche,
- 11:08en fait,
- 11:09des...
- 11:11des sélections des marques que tu intégrais dans ton concept store.
- 11:13Déjà,
- 11:14effectivement,
- 11:15l'enjeu numéro un du concept store,
- 11:18c'est sa localisation,
- 11:19c'est d'être dans un espace,
- 11:23dans une localisation qui soit un lieu de trafic,
- 11:25qui soit bien situé.
- 11:26Donc ça,
- 11:27c'est l'engagement numéro un du concept store.
- 11:30Et ensuite,
- 11:30c'est la sélection des marques,
- 11:31de faire en sorte qu'il y ait une rencontre entre un consommateur potentiel et des marques.
- 11:36Comment est-ce que tu procédais pour faire la sélection des marques
- 11:39que tu intégrais dans ton webstore ?
- 11:41Alors,
- 11:42si je me base que sur la beauté des pièces,
- 11:45comme je dis,
- 11:46on a de très,
- 11:46très belles pièces.
- 11:47Les créateurs savent créer.
- 11:49Donc,
- 11:49pour moi,
- 11:49ce n'est pas seulement parce que le créateur fait de belles choses que j'ai peut-être forcément envie de travailler avec lui.
- 11:56Je cherche souvent une personne qui a envie de développer sa marque,
- 12:00de s'améliorer,
- 12:01même si la marque est petite,
- 12:03même si la marque n'est pas connue.
- 12:05C'est un peu la volonté.
- 12:06C'est qui l'entrepreneur qui est en face ?
- 12:08Est-ce qu'il a une vision ou est-ce qu'il veut simplement avoir un autre point de vente ?
- 12:13Tu vois ce que je veux dire ?
- 12:15Donc,
- 12:15un peu,
- 12:16c'est de dire où je veux amener ma marque et qu'on puisse travailler ensemble.
- 12:20Donc,
- 12:21c'est vraiment ça pour moi,
- 12:22tu vois.
- 12:23Je comprends,
- 12:23c'est intéressant que tu aies une vision de long terme dans ce que tu veux apporter aux marques et ce que le concept store va leur apporter aussi.
- 12:31Ce n'est pas un simple dépôt-vente.
- 12:34ou une adresse supplémentaire,
- 12:36il y a vraiment une possibilité d'aller construire véritablement quelque chose qui peut être l'équivalent de grands magasins qu'on peut connaître dans les capitales de la mode occidentale où ce sont vraiment des références et il y a vraiment des partenariats solides entre les marques et le concept store.
- 12:56Du coup,
- 12:56pendant combien de temps est-ce que tu as géré le concept store et à partir de quel moment est-ce que tu t'es dit
- 13:01Je vais créer ma propre marque que je vais intégrer au sein de mon concept store.
- 13:05Après moi,
- 13:05souvent ça va très vite avec moi.
- 13:07J'ai créé Naël en mai 2019 et comme j'étais déjà dans le cuir,
- 13:12donc j'avais déjà des artisans,
- 13:14donc ce contact avec le cuir,
- 13:16j'ai tout de suite,
- 13:17je pense qu'après six mois,
- 13:19ma marque est née.
- 13:20Le temps de commander des accessoires,
- 13:22de travailler sur la charte,
- 13:24etc.
- 13:25J'ai créé Naël
- 13:26Marutinerie. Donc c'est venu très vite.
- 13:30Jusqu'à présent,
- 13:31aujourd'hui à Dakar,
- 13:32beaucoup de gens ne savent pas que j'ai ma marque.
- 13:34Ils découvrent à travers justement le concept store quand ils arrivent dans les boutiques.
- 13:40Et donc beaucoup de gens ne savent pas que Nael a sa marque.
- 13:43Je pense que je dois faire beaucoup plus de travail sur ce volet-là.
- 13:46Et donc toi,
- 13:47ce que tu expliques,
- 13:48c'est que vraiment,
- 13:49tu travaillais déjà avec des artisans,
- 13:50tu connaissais déjà le cuir,
- 13:51c'est ce qui a fait que tu es allé vers la maroquinerie.
- 13:55et donc tu as
- 13:55Tu n'avais pas forcément une envie d'aller vers le prêt-à-porter ou d'aller vers d'autres familles de produits ?
- 14:01Non,
- 14:02après tu me diras pourquoi.
- 14:03Parce que j'ai toujours envie de dessiner des sacs.
- 14:07Donc je suis beaucoup plus à l'aise avec les sacs.
- 14:10Mais tu sais,
- 14:11je dessine souvent des modèles pour des créatrices qui sont dans mon concept store.
- 14:15Donc je peux m'amuser à faire un croquis et que j'envoie à une de mes créatrices.
- 14:19Et c'est pour ça que j'ai beaucoup de modèles rosiers à travers les créatrices.
- 14:24Mais j'avoue que j'ai un penchant pour le cuir et pour tout ce qui est maroquinerie.
- 14:30Et les dessins vont beaucoup plus vite quand c'est du cuir avec moi.
- 14:34J'aime la matière,
- 14:35j'aime le cuir.
- 14:36Alors,
- 14:36tu dis que tu dessines.
- 14:39Est-ce que tu as eu une formation en design ou est-ce que c'est vraiment une facilité que tu as et donc tu as toujours dessiné ?
- 14:48Est-ce que sur ce volet-là,
- 14:49quand tu as décrit un petit peu ton parcours académique,
- 14:52tu as plutôt parlé de finance,
- 14:53mais est-ce qu'il y a eu un moment où tu t'es formée au design ?
- 14:59Non,
- 14:59du tout.
- 15:00J'aime dessiner,
- 15:01certes,
- 15:01mais je pense que ce côté vient de mon père,
- 15:04mon père architecte.
- 15:05Et j'aime tout ce qui est plan,
- 15:07j'aime lire les plans,
- 15:08j'aime corriger.
- 15:09Je corrige même des fois ses plans et il n'aime pas l'avouer.
- 15:12Et donc,
- 15:13du coup,
- 15:13c'est juste venu comme ça.
- 15:15Alors,
- 15:15je ne dessine pas bien,
- 15:17mais j'ai un infographe avec qui je travaille,
- 15:19un sénateur depuis plusieurs années,
- 15:21ça fait au moins plus de dix ans,
- 15:23qui comprend tous mes croquis et c'est l'essentiel.
- 15:27Donc,
- 15:27voilà.
- 15:27Oui,
- 15:28et puis c'est très bien de pouvoir formuler une idée par le dessin qui va ensuite être traduite finalement par un infographiste.
- 15:37C'est ça,
- 15:37j'ai des croquis dans tous mes carnets,
- 15:38donc je passe mon temps à dessiner tous les jours.
- 15:41Et souvent,
- 15:41on me dit,
- 15:42c'est bon,
- 15:42tu as créé assez de sacs,
- 15:43tu en as dessiné assez,
- 15:45on ne peut pas tous les produire,
- 15:46il faut que tu ralentisses un peu.
- 15:48J'en viens à la question qui me venait là,
- 15:50pour pouvoir construire ma collection et pour définir le positionnement de ta marque de maroquinerie,
- 15:56Quelles étaient les premières idées que tu as eues ?
- 15:59Est-ce que tu étais tout de suite dans ça va être du haut de gamme,
- 16:01ça va être du sac de luxe,
- 16:03on va utiliser du cuir ?
- 16:05Comment est-ce que tu as défini l'identité de ta marque et les différents produits que tu as proposés ?
- 16:12Après moi je suis quelqu'un,
- 16:14j'aime les belles choses et tout de suite je me suis dit ok,
- 16:17je veux une marque,
- 16:20pas bien de luxe en tout cas,
- 16:21mais avec un produit de qualité.
- 16:25Avec du bon cuir,
- 16:26avec de bonnes génétions et de bons accessoires.
- 16:30Donc,
- 16:30une fois que tu as cette réflexion et que tu vas dans tout ça,
- 16:33tu es obligé,
- 16:34même en termes de positionnement et de prix,
- 16:37d'aller un peu sur un marché de niche et de luxe.
- 16:40Et donc,
- 16:40je pense que c'est venu seul.
- 16:42Mais je t'avoue que jusqu'à aujourd'hui,
- 16:44j'ai cette réflexion en me disant comment arriver à produire des sacs moins chers,
- 16:50plus accessibles,
- 16:51Mais c'est...
- 16:52très compliqué chez nous.
- 16:53On a des ateliers,
- 16:55on n'est pas encore au niveau de l'industrialisation.
- 16:59Donc,
- 16:59c'est assez compliqué de maîtriser des coûts et d'avoir des coûts très bas.
- 17:03Donc,
- 17:04malheureusement,
- 17:05quand on calcule tout ce qui est coûts d'importation,
- 17:08d'abord,
- 17:08il faut savoir que en termes de cuir,
- 17:11nous,
- 17:11on importe.
- 17:13On a souvent des marchands qui produisent,
- 17:19des gens qui nous ramènent du cuir d'Italie.
- 17:20Je viens d'Italie il y a
- 17:22peut-être un mois où je suis allée à la foire de Milan,
- 17:25le l'inné appelé le Mipey,
- 17:27pour justement rencontrer des fournisseurs et acheter du cuir.
- 17:32Mais ça nous revient excessivement cher quand on l'importe.
- 17:35Malheureusement,
- 17:36si je veux me situer dans cette gamme de luxe,
- 17:39je suis obligée de le faire,
- 17:40d'importer des cuirs,
- 17:42d'avoir de belles matières,
- 17:43de prendre de bons accessoires.
- 17:45Et donc tout de suite,
- 17:46après,
- 17:47on se positionne comme ça,
- 17:48comme du luxe.
- 17:49pourtant le vouloir.
- 17:50Je voulais quelque chose de beau,
- 17:52mais je voulais aussi quelque chose d'accessible.
- 17:54Et j'avoue que souvent,
- 17:55mes sacs ne sont pas très accessibles,
- 17:57mais j'y travaille.
- 17:58En fait,
- 17:59ce sont les contraintes de sourcing qui vont faire le prix du sac au final,
- 18:02donc c'est difficile d'avoir un sac de belles factures de qualité,
- 18:08avec tout ce qu'on sait pour faire un beau sac en cuir de qualité qui dure dans le temps.
- 18:14Il y a un prix en face qui est...
- 18:16C'est un peu difficile de faire du...
- 18:19Beau sac en cuir,
- 18:20pas cher.
- 18:20Pour moi,
- 18:21c'est une équation qui est très difficile à résoudre et je ne sais même pas s'il faut.
- 18:25Voilà,
- 18:26c'est...
- 18:26C'est exactement ça.
- 18:28C'est le coût de tout ce qui est importation,
- 18:31tu vois,
- 18:31des matières premières,
- 18:32mais également de la main-d'œuvre,
- 18:34la main-d'œuvre qualifiée.
- 18:36Les maroquiniers sont très chers et c'est difficile de trouver de bons maroquiniers chez nous.
- 18:40Il y en a beaucoup,
- 18:41mais ceux qui savent vraiment couper un sac,
- 18:44le chinière,
- 18:45il n'y en a pas beaucoup.
- 18:46Et quand tu les trouves,
- 18:47ils coûtent cher.
- 18:48Mais voilà,
- 18:49c'est ce qui fait un sac de luxe aussi.
- 18:51Ben voilà.
- 18:53Donc,
- 18:54c'est ce qui fait,
- 18:55c'est la rareté qui fait que...
- 18:56La rareté des produits également,
- 18:58parce qu'on peut souvent me dire,
- 18:59ah,
- 18:59tu peux me reproduire ce sac.
- 19:01Je dis malheureusement non,
- 19:02j'ai plus le cuir,
- 19:03c'est une collection limitée.
- 19:04Je peins sur beaucoup de cuir,
- 19:07surtout des cuirs d'exception comme le piton,
- 19:09mais souvent,
- 19:10c'est une pièce.
- 19:11Donc,
- 19:12je peux travailler sur toute la peau de piton,
- 19:15METRE
- 19:16sortir peut-être que 5 sacs sur ce morceau de piton,
- 19:20mais les 5 sacs seront tous différents parce qu'ils ont été peints à la main.
- 19:23Et du coup aussi,
- 19:24je pense que c'est ça également qui fait la différence.
- 19:27Travailler sur des pièces punies est différent.
- 19:31Effectivement,
- 19:31à ce niveau-là,
- 19:32on est vraiment sur des pièces d'exception puisqu'on a un nombre très limité,
- 19:36presque des collections numérotées.
- 19:37Donc ça justifie encore plus potentiellement un positionnement très haut de gamme et un prix qui peut être élevé.
- 19:45C'est ça.
- 19:46Donc,
- 19:46tu as ta marque,
- 19:47tu as ton concept store à Dakar et puis tu développes cette initiative en décidant d'aller ouvrir une boutique à Abidjan et aussi de faire en sorte que d'embarquer tes marques avec toi pour aller dans différentes,
- 20:06je dirais,
- 20:07capitales de la mode africaine.
- 20:08Est-ce que tu peux nous expliquer à partir de quel moment tu te dis bon,
- 20:12le concept store à Dakar,
- 20:13c'est bien.
- 20:14j'ai...
- 20:15Ma propre remarque,
- 20:17il faut qu'on dépasse les frontières du Sénégal,
- 20:19il faut qu'on aille plus loin.
- 20:20Comment est-ce que ça vient cette idée-là de sortir du Sénégal ?
- 20:27D'abord,
- 20:28je dois dire pourquoi Abidjan ?
- 20:30Moi déjà,
- 20:30je suis mariée à un Ivoirien,
- 20:32donc le choix d'Abidjan s'imposait un peu à moi.
- 20:35Mais comment j'ai commencé tous ces voyages avec mes créateurs ?
- 20:38C'était,
- 20:38je pense,
- 20:39juste après le Covid,
- 20:40si ma mémoire est bonne.
- 20:42Et notre premier voyage,
- 20:44on l'a fait à...
- 20:45Kinshasa.
- 20:46Pourquoi Kinshasa ?
- 20:47J'ai une amie qui organisait un événement,
- 20:49je pense,
- 20:50Makutano,
- 20:51très connu,
- 20:52à Kinshasa,
- 20:52et qui m'a invité à venir,
- 20:54et je me suis dit,
- 20:55mais pourquoi pas venir avec mes créateurs ?
- 20:57On sortait du Covid,
- 20:58c'était une période assez difficile,
- 21:01où les ventes se faisaient très rares.
- 21:03Et donc,
- 21:04à partir de ce moment,
- 21:05je me suis dit,
- 21:06il faut qu'on sorte de notre zone de confort.
- 21:07Aucun de mes créateurs ne connaissait le Congo,
- 21:10et ça leur permettait,
- 21:12pour moi également,
- 21:13de leur faire découvrir Merci.
- 21:14d'autres cultures,
- 21:16d'autres façons de nous consommer et aussi de faire exploser un peu leur créativité.
- 21:23Le fait,
- 21:23pour moi,
- 21:24je me dis toujours que quand on est sur Instagram,
- 21:27on voit ces beaux shootings qu'on fait,
- 21:29toutes ces belles vidéos,
- 21:30c'est très beau et c'est très important pour développer la marque.
- 21:34Mais je pense que c'est encore plus important d'être au contact de nos clients,
- 21:39de leur permettre de découvrir ce qu'on fait,
- 21:41de leur permettre de toucher,
- 21:42de poser des questions.
- 21:44de comprendre l'histoire même de ce créateur.
- 21:47Et c'était vraiment ça l'idée derrière de faire tous ces voyages,
- 21:50tu vois.
- 21:52Et ils se disent,
- 21:53OK,
- 21:53la prochaine fois,
- 21:54la première fois qu'ils sont venus au Congo,
- 21:55je me rappelle,
- 21:56on ne connaissait pas le Congo.
- 21:59Et on s'est dit,
- 22:00mais OK,
- 22:00on a découvert de nouvelles clientes,
- 22:02maintenant on sait ce qu'on veut.
- 22:03Aujourd'hui,
- 22:04Ramata,
- 22:04ça fait cinq ans qu'on va au Congo.
- 22:06On y va chaque année,
- 22:08on a les mêmes clientes,
- 22:09les créateurs.
- 22:10Alors dès qu'elles arrivent,
- 22:11elles savent chez qui aller.
- 22:12Et c'est très beau pour moi.
- 22:13Et c'est vraiment ça,
- 22:14sortir de notre zone de confort et aller vers de nouveaux marchés.
- 22:18Le Sénégal est petit et le monde ne s'arrête pas au Sénégal.
- 22:21Voilà.
- 22:22Alors,
- 22:22c'est très intéressant,
- 22:23cette démarche-là,
- 22:24d'effectivement se dire qu'il faut aller à l'extérieur.
- 22:27Et ce que je trouve intéressant,
- 22:28c'est que dans ta démarche,
- 22:30aller à l'extérieur,
- 22:32ça a été d'abord rester en Afrique.
- 22:34Alors que pour beaucoup,
- 22:35aller à l'extérieur,
- 22:36se développer,
- 22:37L'un des premiers réflexes,
- 22:38ça va être de se dire,
- 22:39c'est les États-Unis,
- 22:41c'est la France,
- 22:42avec Paris,
- 22:42capitale de la mode.
- 22:44Toi,
- 22:45comment tu expliques que tout de suite,
- 22:48tu as envisagé,
- 22:50tu l'as évoqué,
- 22:51tu as dit d'un point de vue personnel,
- 22:52tu connais bien Abidjan,
- 22:54mais qu'est-ce qui fait que tu ne t'es pas dit tout de suite,
- 22:57on va aller potentiellement à l'extérieur du continent ?
- 23:01Alors,
- 23:02je dis souvent,
- 23:03chaque chose en son temps.
- 23:04Et que déjà,
- 23:05pour moi,
- 23:05l'Afrique est un vrai marché.
- 23:07Quand on a le Nigeria en face avec plus de 200 millions d'habitants,
- 23:11quand on a le Congo avec plus de 120 millions d'habitants,
- 23:16je pense que déjà,
- 23:17commençons à travailler entre nous,
- 23:19Africains.
- 23:20Commençons à développer nos marques en Afrique,
- 23:22à faire connaître nos marques en Afrique parce qu'il y a un réel marché.
- 23:25Les Africains consomment énormément.
- 23:28L'extérieur,
- 23:29c'est bien.
- 23:30Paris,
- 23:30on le fait après huit ans qu'on arrive à Paris parce que d'abord,
- 23:33il faut comprendre les codes du luxe.
- 23:35Il faut être préparé à...
- 23:37Accéder à ces marchés,
- 23:38ce n'est pas aussi simple que ça.
- 23:40On n'a pas d'industrie,
- 23:41on ne sait pas faire du volume.
- 23:43Et donc,
- 23:44s'empresser à faire des choses,
- 23:45pour moi,
- 23:45ça ne sert absolument à rien.
- 23:47On a un marché,
- 23:47nos voisins consomment.
- 23:49Donc,
- 23:49commençons par là,
- 23:51mais également,
- 23:52allons de l'autre côté pour voir comment ça se passe,
- 23:55comment on se prépare.
- 23:56Donc,
- 23:57c'est vraiment dans cette logique que j'ai toujours été.
- 23:59C'est intéressant parce qu'on sent le stratège dans ta manière d'expliquer les choses.
- 24:03C'est vrai que ce qui est recommandé en stratégie marketing,
- 24:06c'est...
- 24:06d'aller vers le local,
- 24:08le régional,
- 24:09en identifiant effectivement des marchés porteurs à proximité,
- 24:13parce que c'est plus simple d'aller travailler avec son voisin du Sénégal à Abidjan que de chercher à aller en France.
- 24:21Et puis,
- 24:21une fois qu'on maîtrise un marché régional,
- 24:24on va pouvoir aller à l'international.
- 24:27Mais c'est vrai que ce sont des choses qui se font de manière progressive et c'est assez logique d'aller dans ce sens-là.
- 24:33Je trouvais intéressant de t'interroger là-dessus parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de marques pour qui,
- 24:38quand elles se développent,
- 24:39l'idée d'aller à Paris,
- 24:41c'est prioritaire pour elles.
- 24:43Parfois,
- 24:43elles sont confrontées à des difficultés qui font que leur première expérience n'est pas forcément bonne.
- 24:47Mais parce que,
- 24:48comme tu dis,
- 24:49elles ne sont pas forcément prêtes parce qu'il y a des exigences de l'international.
- 24:56Marché.
- 24:57Qui ne sont pas les mêmes que les exigences qu'on peut avoir localement ou d'un point de vue régional.
- 25:05Donc,
- 25:05c'est intéressant d'avoir ton retour d'expérience là-dessus.
- 25:09Exactement.
- 25:10Il ne suffit pas de se lever.
- 25:12Et d'aller ouvrir dans un pays,
- 25:13on doit la douane,
- 25:15il y a des problèmes de douane,
- 25:16il y a des problèmes de logistique,
- 25:18il y a des problèmes à fiscalité qu'il faut comprendre,
- 25:21tout ce qui est marketing,
- 25:23la consommation.
- 25:24Donc c'est vraiment pour moi prendre le temps d'étudier un marché avant d'y aller.
- 25:30C'est complètement ça effectivement,
- 25:32c'est la fameuse étude de marché pour identifier le potentiel de chiffre d'affaires et le potentiel de clients qui peuvent être intéressés par nos produits avant de...
- 25:42Avant d'y aller,
- 25:44aujourd'hui,
- 25:45tu prépares un événement à Paris qui s'appelle Afrique en Seine.
- 25:49Est-ce que tu peux nous parler justement de comment a germé cette idée de créer cet événement et nous expliquer un petit peu qu'est-ce qu'il y a derrière ?
- 25:58Puisque là,
- 25:59on parle d'événement parce que ce n'est pas un simple pop-up.
- 26:01Tu as voulu lui donner une dimension qui va au-delà de la vente.
- 26:07Donc,
- 26:07est-ce que tu peux nous expliquer déjà un petit peu la genèse de cette idée d'Afrique en Seine ?
- 26:12Alors,
- 26:12c'est vrai qu'il y a,
- 26:14depuis,
- 26:14on a beaucoup de clientes qui sont basées à Paris et souvent on me disait,
- 26:18mais vous arrivez quand à Paris ?
- 26:20Et je me disais,
- 26:21oh là là,
- 26:21Paris,
- 26:21c'est pas Dakar,
- 26:22Paris,
- 26:22ça se prépare.
- 26:24Et il y a quelques années,
- 26:26j'étais allée voir
- 26:27Youssou N'Dour pour lui dire,
- 26:28le prochain versi,
- 26:30je veux travailler avec toi.
- 26:31Je sais que tu es dans les industries créatives et tu fais un travail remarquable dans les industries créatives.
- 26:36Et l'idée,
- 26:37c'était de dire,
- 26:37bon,
- 26:38comment venir à Paris,
- 26:39mais...
- 26:40Qu'est-ce que je dois faire pour bien venir à Paris ?
- 26:43Et donc,
- 26:43j'ai choisi cette période juste autour du grand bal de Youssoumdour.
- 26:48Et pour moi,
- 26:48c'était important de créer cette synergie autour de son événement.
- 26:52Donc,
- 26:53le 15 octobre,
- 26:54oui,
- 26:55je commence par un panel.
- 26:57On aura un panel autour des industries créatives.
- 27:00Et le thème,
- 27:01c'est de la créativité au soft power.
- 27:05Donc,
- 27:05comment l'Afrique peut justement transformer ses talents en des marques fortes ?
- 27:10en des marques durables et exportables à l'international.
- 27:13C'est vraiment ça aujourd'hui l'idée.
- 27:15Et donc on a Youssou Ndour sur ce panel.
- 27:18On a également le directeur de Lagardère.
- 27:22Pourquoi Lagardère ?
- 27:23Lagardère travaille avec nous depuis quelques mois à Dakar à travers la mise en avant de nos créateurs à l'aéroport.
- 27:31Et c'est une très belle expérience.
- 27:33On a regroupé différents de nos différents créateurs.
- 27:36On a carrément changé la boutique qu'ils avaient avant.
- 27:39Et c'est vraiment une satisfaction pour nous.
- 27:42Et ça nous permet de mettre nos créateurs en avant.
- 27:45On a également un représentant de la
- 27:47SFI. Pourquoi ?
- 27:48Parce qu'il s'intéresse énormément à tout ce qui est financement des ICC.
- 27:53Donc,
- 27:53on commence par ce panel avec
- 27:55Youssou Nour,
- 27:55comme je disais.
- 27:57Et on ouvre le pop-up juste après.
- 27:59On est à Paris jusqu'au 18.
- 28:03On ferme le pop-up le 18.
- 28:05Lundi et mardi,
- 28:07je pense le 19 et le 20,
- 28:09j'ai décidé d'organiser des visites d'atelier.
- 28:12Pourquoi ?
- 28:12Parce que c'était important pour moi,
- 28:14si on veut aller à l'international,
- 28:16de comprendre les codes du luxe,
- 28:18de se dire qu'est-ce qu'on doit faire pour travailler sur nos marques.
- 28:21Pour que dans quelques années,
- 28:23quand je décide d'ouvrir ma boutique à Paris,
- 28:25ou qu'un créateur décide de le faire,
- 28:27qu'on le fasse bien.
- 28:28Aussi bien que les boutiques qui sont présentement à Paris.
- 28:31Et donc,
- 28:32on va faire pendant deux jours des visites d'atelier.
- 28:35On a l'ambassade de France,
- 28:36que je remercie,
- 28:37qui d'ailleurs nous accompagne sur ce projet et qui nous a permis,
- 28:42en tout cas,
- 28:42qui nous a ouvert les portes pour des rendez-vous.
- 28:45On a à peu près quatre ateliers qu'on visite ainsi que l'Institut de la mode pour pouvoir demain,
- 28:51j'espère dans le long terme,
- 28:52créer des partenariats avec eux dans tout ce qui est formation de nos créateurs.
- 28:59Parce qu'on ne peut rien faire sans la formation et moi j'y crois.
- 29:02on ne se lève pas comme ça pour dire ok
- 29:04Je suis designer de sac,
- 29:05d'accord,
- 29:06mais comment on se forme dans ce qu'on fait pour être les meilleurs dedans ?
- 29:09Voilà un peu le programme de Paris.
- 29:11On termine le 20 et on rentre le 21 sur Dakar.
- 29:16C'est un programme intense à la fois pour les créateurs et pour potentiellement le public qui sera intéressé puisqu'on a un panel où on va vraiment pouvoir aller décrypter l'écosystème des industries culturelles et créatives et comprendre comment on peut aller en faire un vrai business model qui
- 29:35fonctionne.
- 29:35On a de belles réussites.
- 29:37Moi,
- 29:38j'aime bien...
- 29:40mettre en avant le fait que quand on regarde les plus grandes fortunes mondiales,
- 29:45on n'a pas que des gens de la tech ou on n'a pas que des gens qui sont dans l'univers du pétrole.
- 29:53On a des gens qui vendent des sacs,
- 29:55on a LVMH,
- 29:58on a le groupe Inditex et donc ce sont des gens qui aujourd'hui,
- 30:03ils ne vendent pas que du sac,
- 30:04mais en tout cas,
- 30:05ils vendent du prêt-à-porter,
- 30:06de la maroquinerie,
- 30:07du luxe.
- 30:08Donc,
- 30:09il n'y a pas de raison que l'Afrique,
- 30:11avec ses 54 pays,
- 30:13elle n'est pas aussi ses champions,
- 30:15ses leaders qui vont aller construire des véritables puissances économiques et en même temps qui permettent de promouvoir un patrimoine africain.
- 30:24Parce que faire du made in Africa ou le vendre à l'international,
- 30:28c'est aussi un moyen de valoriser à travers le monde une expertise,
- 30:32un savoir-faire,
- 30:33comme tu le disais,
- 30:34un soft power.
- 30:35donc l'idée c'est vraiment de commencer par
- 30:38cette conférence.
- 30:39Et puis,
- 30:41l'idée du pop-up,
- 30:43c'est une vingtaine de marques qui vont être présentes et ce sont du coup les créateurs de ces marques qui vont faire les visites d'ateliers dont tu parlais.
- 30:50Exactement.
- 30:51On a fait venir plus d'une vingtaine de marques et justement,
- 30:55ce sont ces créateurs qui feront les visites des ateliers.
- 30:59Et Ramatha,
- 30:59je reviens sur ce que tu disais parce que ça me faisait sourire.
- 31:03En parlant de « c'est pas seulement parce qu'on n'est pas de la mode qu'on ne peut pas réussir » ,
- 31:07j'ai mon petit-neuveu Liwan qui veut devenir astronaute.
- 31:11Et chaque fois,
- 31:11je lui dis « mais Liwan,
- 31:12comment toi tu vas booster ma marque de sacs ?
- 31:14Je serai la première à avoir un shooting de sacs dans l'espace. »
- 31:18Et il me dit « mais Tatarouzi,
- 31:20au fait,
- 31:20les sacs,
- 31:20ça sert à quoi ? »
- 31:21J'ai dit « ça sert à être comme Bernard Arnault. »
- 31:24Et c'est qui Bernard Arnault ?
- 31:25Je lui dis « tu vas sur Internet,
- 31:26tu verras,
- 31:26c'est qui Bernard Arnault. »
- 31:28Et donc,
- 31:28il est revenu vers moi en rigolant.
- 31:30Et je lui dis,
- 31:30alors,
- 31:31tu feras mon shooting ?
- 31:32Il dit,
- 31:32oui,
- 31:32je vais faire ton shooting dans l'espace.
- 31:35Donc,
- 31:35juste pour te dire,
- 31:36pour revenir à ce que tu disais,
- 31:38c'est exactement ça.
- 31:39Qu'on rêve grand.
- 31:40Qu'on puisse savoir que rien ne peut nous arrêter et que si on veut construire de vraies marques,
- 31:44on peut devenir demain,
- 31:46justement,
- 31:46Bernard Arnault et nous également.
- 31:50C'est donner à tout le monde si on fait le travail qu'il faut faire.
- 31:54On est complètement alignés sur ces sujets-là.
- 31:55C'est vrai qu'on...
- 31:57On a tendance,
- 31:58quand on parle de grande fortune,
- 31:59à penser à l'agriculture,
- 32:02à l'industrie,
- 32:06à tout ce qui peut faire.
- 32:10Finalement,
- 32:10on ne met pas forcément le monde culturel et créatif dans l'idée de créer des entreprises solides,
- 32:22durables,
- 32:22qui créent des emplois.
- 32:24Or,
- 32:26il y a un exemple récent que j'ai pu étudier,
- 32:28c'est la création de la Fashion Week de Copenhagen.
- 32:33La fondatrice de cette Fashion Week,
- 32:37en fait,
- 32:38elle a identifié qu'il y avait un potentiel énorme d'emplois et de chiffres d'affaires à ce qu'une ville ait sa propre Fashion Week.
- 32:46Et donc,
- 32:46ça fait plusieurs années qu'elle travaille.
- 32:49a développé cette Fashion Week,
- 32:50a en fait véritablement un événement d'envergure et qu'elle la différencie des autres Fashion Week que l'on connaît de New York,
- 32:57de Paris,
- 32:57de Londres ou de Milan parce qu'elle s'est vraiment axée sur tout ce qui touche à l'éthique.
- 33:02Et il y a de plus en plus de créateurs africains en plus qui vont participer à cette Fashion Week.
- 33:06Et c'est intéressant de voir comment elle a eu une approche business.
- 33:09Voilà,
- 33:09elle s'est dit,
- 33:09mais si je veux embarquer les autorités,
- 33:12ma ville,
- 33:14les parties prenantes économiques,
- 33:17il faut que je leur parle du pire
- 33:18potentiel économique qu'il y a derrière la mode et qu'on n'ait pas l'impression que c'est juste une affaire de chiffon,
- 33:24en fait,
- 33:24une affaire de fashion addict qui veulent toujours avoir des nouvelles tenues.
- 33:28Derrière,
- 33:29il y a un potentiel énorme de chiffre d'affaires et ça,
- 33:32c'est important de le souligner.
- 33:33C'est tout à fait vrai et d'ailleurs,
- 33:36je vais m'intéresser à ce qu'elle fait et voir comment peut-être dans le futur pouvoir y inscrire certains créateurs.
- 33:41Pourquoi pas ?
- 33:42Ah oui,
- 33:42clairement,
- 33:43il y a des opportunités qui sont très intéressantes.
- 33:45Et je trouve que c'est intéressant aussi de sortir un peu des quatre fashion week que l'on connaît bien.
- 33:50Il y a la fashion week du Portugal aussi,
- 33:52qui accueille de plus en plus des créateurs africains.
- 33:56En Italie,
- 33:57comment ça se passe,
- 33:57c'est des choses aussi.
- 33:58Donc,
- 33:59je pense qu'il y a vraiment aujourd'hui des ponts qui se créent.
- 34:03entre l'Europe et l'Afrique.
- 34:04Oui,
- 34:04exactement.
- 34:06De très belles Fashion Week africaines,
- 34:07de la Dakar Fashion Week à la Lagos Fashion Week.
- 34:10Il y a des événements en Afrique.
- 34:12Il y a la Fashion Week d'Eliquam aussi,
- 34:14il y a
- 34:15Abidjan.
- 34:16Abidjan, exactement.
- 34:17Et Adama Paris à Dakar.
- 34:19Il y a de très beaux événements,
- 34:20de toute façon,
- 34:22en Afrique.
- 34:23Ça,
- 34:23c'est clair.
- 34:24Donc,
- 34:25là,
- 34:25tu nous as parlé du programme de cet événement.
- 34:27Et en termes de promotion,
- 34:30en termes de développement,
- 34:31à ce que...
- 34:33et de communication,
- 34:34comment est-ce que tu travailles pour en faire un succès ?
- 34:37Parce que du coup,
- 34:38là,
- 34:38c'est différent de ce que tu faisais jusqu'ici.
- 34:40Là,
- 34:40ce que tu évoquais tout à l'heure,
- 34:41par exemple,
- 34:41c'est que le Congo,
- 34:43ça fait plus de cinq ans que vous y allez régulièrement.
- 34:46Donc,
- 34:46vous avez vos clients,
- 34:48vos habitudes.
- 34:50Là,
- 34:50Paris,
- 34:50c'est nouveau.
- 34:52Donc,
- 34:52comment est-ce que tu as appréhendé cette nouvelle initiative,
- 34:55ce nouveau pays en fait ?
- 34:57Après,
- 34:57tu sais,
- 34:58moi,
- 34:58déjà,
- 34:59quand j'organise un pop-up ou un événement,
- 35:02je dis toujours à mes créateurs,
- 35:05la vente,
- 35:05c'est bien,
- 35:07mais la relation qu'on tisse,
- 35:09les relations qu'on tisse avec les gens,
- 35:11c'est encore mieux.
- 35:12Et je pense que ça,
- 35:13ça n'a pas de valeur.
- 35:14Donc,
- 35:15on ne va pas dans un esprit pour dire oui,
- 35:17on veut vendre,
- 35:18c'est clair.
- 35:19Mais à la fin de la journée,
- 35:20la finalité,
- 35:20ce n'est pas la vente.
- 35:22Et je pense que tous les créateurs ont ce même mindset.
- 35:25Ils arrivent pour dire,
- 35:26on veut faire des rencontres,
- 35:27on veut rencontrer de belles personnes,
- 35:28on veut parler de nos marques,
- 35:29on veut partager.
- 35:30Et à la fin de la journée,
- 35:32on aura des retombées tôt ou tard.
- 35:34Ça peut ne pas être aujourd'hui,
- 35:36mais demain.
- 35:37Donc Paris,
- 35:37pour moi d'abord,
- 35:38c'est une expérience.
- 35:39Et c'est pour ça que je ne me suis pas limitée à la vente.
- 35:42C'est de dire comment faire ce partenariat avec Yusundur.
- 35:45Parce qu'on a vu,
- 35:47il suffit qu'une Beyoncé porte une tenue qui puisse en tout cas propulser un créateur.
- 35:53J'amène avec moi Calista.
- 35:54Je ne sais pas si tu l'as codée.
- 35:56Calista est la scénariste de Maîtresse d'un homme marié.
- 35:59Et pourquoi c'est important ?
- 36:00Parce que nous,
- 36:01c'est à travers Maîtresse de l'homme marié qu'on a commencé à exporter pour la première fois à l'étranger.
- 36:08Je me rappelle que par hasard,
- 36:09la première fois,
- 36:10le premier export a été à Washington.
- 36:12Et du coup,
- 36:13et depuis lors,
- 36:14DHL n'a pas arrêté de venir dans notre boutique.
- 36:18Donc juste pour dire que tout ça est lié et qu'à travers le cinéma,
- 36:22on arrive à mettre en lumière nos belles créations.
- 36:26à travers la musique également.
- 36:28Un artiste peut mettre en lumière nos créateurs.
- 36:31Et donc,
- 36:31quand on a tout ça,
- 36:33à la fin de la journée,
- 36:34on se dit,
- 36:34on aura essayé.
- 36:36On attend les Parisiens.
- 36:37Oui,
- 36:37ça demande beaucoup de com,
- 36:39ça demande beaucoup de partage,
- 36:42mais on compte sur tout le monde pour relayer l'information.
- 36:46On a une agence de presse également qui fait le travail autour des journalistes parce que j'ai voulu faire venir des journalistes,
- 36:52des médias,
- 36:54pour leur montrer ce qu'on fait.
- 36:55que quand on parle d'Afrique...
- 36:56C'est de dire qu'on sait faire de belles choses et de venir découvrir et toucher par eux-mêmes.
- 37:01Donc oui,
- 37:04certes,
- 37:04mais à la fin de la journée,
- 37:05c'est une expérience et je sais qu'elle sera belle.
- 37:08En tout cas,
- 37:08c'est important de souligner que l'organisation de ce type d'événement,
- 37:12il y a effectivement toute la partie faire venir les marques et effectivement,
- 37:18il y a le côté vente.
- 37:20Mais derrière,
- 37:20il y a aussi tout le relationnel que l'on va créer.
- 37:23Et l'idée,
- 37:24c'est que la réussite d'un événement,
- 37:26c'est bien souvent parfois la deuxième,
- 37:28la troisième année que l'on voit le retour sur investissement parce que c'est des relations qui se créent sur le long terme et ce n'est pas le premier événement.
- 37:38On va plutôt installer en fait et faire connaître,
- 37:42installer une marque,
- 37:43faire connaître un concept.
- 37:46Et puis,
- 37:47c'est à force d'aller-retour que l'on installe l'événement comme...
- 37:53une plateforme incontournable et reconnue,
- 37:56une référence.
- 37:57Et du coup,
- 37:57là,
- 37:57en fait,
- 37:58ce sont les gens qui sont en demande,
- 37:59qui disent « Qu'est-ce qu'elle est,
- 38:00la prochaine édition ? »
- 38:01Exactement.
- 38:03C'est vraiment comme ça qu'il faut apprendre à dire les choses et effectivement s'appuyer sur des médias et des,
- 38:09j'imagine,
- 38:10des créateurs de contenu qui vont venir mettre en avant ce qu'ils vont découvrir à travers ce pop-up.
- 38:19Au niveau des marques,
- 38:20Ce sont des marques sénégalaises.
- 38:22Est-ce qu'il y a des marques qui viennent également d'autres pays ?
- 38:25Non,
- 38:25ce n'est pas que des marques sénégalaises.
- 38:26Et tu vois,
- 38:27en parlant,
- 38:28notre dernier pop-up s'est fait à Nairobi,
- 38:32pendant le Sommet France-Afrique.
- 38:35Moi,
- 38:35je connaissais Nairobi,
- 38:36mais pour tous mes créateurs,
- 38:37c'était la première fois,
- 38:39encore une fois.
- 38:40Mais ça a été une expérience vraiment extraordinaire.
- 38:42C'était un monde qu'on ne connaissait pas.
- 38:46On ne connaissait pas le Kenya.
- 38:49les habitudes des Kenyans.
- 38:50elles ont adoré nos tenues,
- 38:52elles ont acheté en masse.
- 38:53On a eu peur le premier jour.
- 38:56J'ai une créatrice ivoirienne,
- 38:57après deux jours,
- 38:58elle n'avait plus de tenue.
- 38:59Et c'est vraiment ça.
- 39:00Donc aujourd'hui...
- 39:02Ce n'est pas que des créateurs sénégalais.
- 39:05On a justement une créatrice kenyane qui vient.
- 39:08Et c'est ça la beauté de faire tous ces événements,
- 39:10parce qu'on rencontre de nouveaux créateurs également.
- 39:13On a le
- 39:15Togo qui sera représenté,
- 39:17le Nigeria,
- 39:18la Côte d'Ivoire,
- 39:20le Cameroun.
- 39:21Donc,
- 39:21on a en tout six pays qu'on regroupe.
- 39:24Donc,
- 39:24six belles marques.
- 39:25Très bien.
- 39:26En tout cas,
- 39:26ce qui est intéressant là,
- 39:27c'est que toi,
- 39:27tu as vraiment l'expérience du pop-up.
- 39:30Puisque tu l'as fait dans différents pays et donc tu sais vraiment comment ça peut se passer.
- 39:35Donc on peut être surpris quand on arrive et qu'avoir des créateurs qui vont complètement se retrouver sans stock assez rapidement.
- 39:43On peut avoir cet effet où les gens n'arrivent pas forcément le premier jour et c'est le dernier jour où les gens se précipitent et du coup tout se passe dans les dernières heures.
- 39:50Donc c'est un vrai rollercoaster émotionnel que de gérer un pop-up parce que...
- 39:56Même si on essaie de tout anticiper,
- 39:58il y a toujours énormément de surprises.
- 40:01Mais toujours.
- 40:01Mais après,
- 40:01je te disais que moi,
- 40:02je suis dans l'événementiel,
- 40:03mais plus institutionnel.
- 40:05Je ne fais que du corporate depuis 2013.
- 40:07Gérer un événement,
- 40:08c'est pas simple.
- 40:10Peu importe la taille de l'événement,
- 40:11c'est toujours compliqué.
- 40:13Et encore beaucoup plus compliqué quand on le gère à distance.
- 40:16Donc,
- 40:17ce n'est pas évident du tout.
- 40:18Il y a toujours des surprises.
- 40:20Mais je dis le plus souvent,
- 40:21nous,
- 40:21on sait ce qui est prévu.
- 40:23S'il y a des couacs,
- 40:24le plus important,
- 40:25c'est que le client ne sache pas.
- 40:28Et on a un plan B,
- 40:29un plan C,
- 40:30un plan D.
- 40:31Et c'est ça l'événementiel.
- 40:32Et c'est aussi la beauté de l'événementiel,
- 40:34que tout ne soit pas carré.
- 40:35Et que sur le coup,
- 40:36on arrive à se rebondir,
- 40:38à faire autre chose à la place qu'on n'avait pas prévu.
- 40:41Et à la fin de la journée,
- 40:42c'est d'offrir une belle expérience aux gens.
- 40:44Et on y met en tout cas tous nos moyens,
- 40:47toute notre énergie pour le faire.
- 40:48Oui,
- 40:48tu as bien résumé.
- 40:51Je pense que dans l'entrepreneuriat,
- 40:52il faut du cardio,
- 40:53mais dans l'événementiel,
- 40:55il faut encore plus de cardio.
- 40:56C'est-à-dire que c'est vraiment la partie du métier qui implique le plus de challenges.
- 41:04Donc,
- 41:04tu évoquais un partenariat avec
- 41:06Shusundur, notamment au niveau du Grand Bal,
- 41:08le fait de profiter de cet événement pour mettre en avant des marques.
- 41:14Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette expérience-là que tu organises ?
- 41:20Avec le grand bal,
- 41:21je dirais juste de laisser les gens venir.
- 41:24C'est un grand rendez-vous.
- 41:25On vous attend à Bercy pour de belles choses.
- 41:28Je n'en dirai pas plus.
- 41:31De toute façon,
- 41:32c'est toujours un événement qui est très attendu et qui réunit énormément de personnes de la diaspora et pas que,
- 41:38énormément de fans de Youssou N'Dour.
- 41:40C'est une excellente opportunité pour les marques que d'allier,
- 41:44que dans tout cas de...
- 41:45participer à cet événement-là et l'idée c'est que ce soit quelque chose de récurrent en fait.
- 41:50Exactement et je le remercie au passage.
- 41:54Effectivement,
- 41:55c'est une belle tête d'affiche pour lancer en fait cette initiative-là,
- 42:00Afrique en Seine.
- 42:02Tu peux nous préciser dans quel quartier parisien vous avez choisi de positionner l'événement ?
- 42:08Alors,
- 42:08on sera aux 18 rues de Turène,
- 42:11dans le Marais,
- 42:13un quartier de la mode.
- 42:14Moi,
- 42:14j'adore le Marais.
- 42:15À chaque fois que je vais à Paris,
- 42:17très souvent,
- 42:18j'aime aller au Marais prendre des brunchs.
- 42:20Et je trouve qu'on y trouve plein de petites boutiques différentes.
- 42:26On prend le temps de se promener.
- 42:27Souvent,
- 42:27on est toujours pressé à Paris.
- 42:29Mais au moins,
- 42:30dans le Marais,
- 42:30on prend le temps de se promener.
- 42:32Et c'était important de se dire,
- 42:35les gens vont passer,
- 42:37visiter,
- 42:38regarder et découvrir de nouvelles choses.
- 42:41OK,
- 42:42donc effectivement,
- 42:43Le Marais,
- 42:43à cette période de l'année,
- 42:44c'est vraiment un quartier qui est reconnu pour être très lié au secteur de la mode,
- 42:53du design.
- 42:54Et puis,
- 42:54c'est un quartier aussi qui est touristique.
- 42:56Donc,
- 42:56l'idée,
- 42:56c'est qu'il va y avoir les gens qui connaissent qui vont venir.
- 42:59Et puis,
- 42:59il va y avoir aussi des gens qui seront venus,
- 43:04des touristes qui se baladent tout simplement dans le Marais,
- 43:06qui vont pouvoir découvrir.
- 43:08C'est ça,
- 43:08des curieux.
- 43:09Exactement.
- 43:11Toi,
- 43:11dans la sélection du lieu,
- 43:13est-ce que tu avais des impératifs ?
- 43:14Parce que c'est vrai que quand on cherche un lieu pour un concept store,
- 43:19on va définir une taille d'espace,
- 43:22on va se dire est-ce qu'on a une vitrine ou pas,
- 43:23est-ce qu'il y a un étage ou pas.
- 43:24Toi,
- 43:25est-ce que tu avais des impératifs ?
- 43:28Tu avais en tête un peu l'idée d'un lieu idéal ?
- 43:31Est-ce que ce lieu-là,
- 43:32il correspond en fait en termes de,
- 43:35on va dire,
- 43:37de bêtes carrées,
- 43:38d'espace et d'agencement ?
- 43:40À ce qui correspond vraiment à ce que toi,
- 43:41tu recherchais.
- 43:43Après,
- 43:43je veux dire,
- 43:44j'ai eu beaucoup de mal à parier sur de grands espaces parce qu'on amène quand même un grand nombre.
- 43:49Et c'était soit l'espace était grand,
- 43:52mais dans l'architecture,
- 43:54l'espace ne me convenait pas en tant que tel dans la disposition des espaces.
- 43:59Et soit c'était peut-être des fois hors budget.
- 44:03Et ensuite,
- 44:03on m'a parlé justement des Gilets jaunes qui reviennent.
- 44:08le samedi et donc je me suis dit qu'il faut trouver un espace où on peut se promener facilement,
- 44:15où on n'a pas de grandes avenues et le Marais pour moi c'était le lieu.
- 44:20Il fallait une belle vitrine,
- 44:21une grande vitrine assez aérée et je suis assez contente du choix.
- 44:25J'aurais préféré avoir un espace plus grand mais pour une première édition on fera avec ce qu'on a et je pense que c'est déjà un bon début.
- 44:32C'est ça tout l'enjeu,
- 44:32c'est pour ça que je trouvais ça intéressant de te poser cette question.
- 44:35Il faut trouver la bonne localisation,
- 44:37il faut trouver la bonne taille d'espace et puis il faut aussi prendre en compte des contraintes qui peuvent être les gilets jaunes.
- 44:44En ce moment,
- 44:45il y a le blocus des lycéens.
- 44:47Donc,
- 44:48il faut prendre tout ça en compte pour réussir à,
- 44:51comment dire,
- 44:52et parfois,
- 44:52il y a des événements qui sont complètement indépendants de ta volonté,
- 44:56qui sont à prendre en compte.
- 44:57Donc,
- 44:58c'est important et c'est bien ton choix de dire,
- 45:01on commence comme ça et puis à
- 45:04la prochaine édition on fera différemment et on aura appris de cette première expérience pour pouvoir identifier des axes d'amélioration
- 45:16C'est exactement ça.
- 45:18Au niveau de la conférence,
- 45:19est-ce qu'elle est ouverte au public ?
- 45:21Alors,
- 45:22on a mis en ligne les inscriptions.
- 45:25Malheureusement,
- 45:25c'est sous invitation.
- 45:27On a un nombre limité parce que l'espace,
- 45:30malheureusement,
- 45:31a un nombre limité de personnes qu'elle peut accueillir.
- 45:34Mais on a reçu aujourd'hui,
- 45:36je pense qu'on est à 150 inscrits et on va devoir sélectionner quelques inscrits.
- 45:42Et on a nous-mêmes nos partenaires qui invitent.
- 45:45Donc,
- 45:45On est sous invitation,
- 45:47malheureusement,
- 45:48mais tout de suite après,
- 45:49on ouvre le pop-up.
- 45:51Très bien.
- 45:51Je trouvais que c'était important de le préciser,
- 45:53effectivement.
- 45:53Et c'est vrai que ce genre de conférence-là,
- 45:55c'est assez habituel quand on n'a pas forcément l'espace d'avoir un côté un peu sur invitation.
- 46:02Et puis ensuite,
- 46:03effectivement,
- 46:04le côté pop-up,
- 46:05il est ouvert à tous.
- 46:07Et en termes de défilé,
- 46:09l'idée,
- 46:10c'est que découvrir les créations,
- 46:11ce sera plutôt au niveau du grand bal.
- 46:13Mais est-ce que dans le cadre de...
- 46:15de l'événement rue Turenne,
- 46:16de l'espace,
- 46:17est-ce qu'il y aura une présentation de collection ou un côté un peu défilé qui est prévu ?
- 46:21Alors,
- 46:21il y aura une présentation de collection,
- 46:23on aura des modèles sur place qui présenteront les tenues et aussi on fera un live pour aussi permettre à tous ceux qui ne sont pas là de pouvoir suivre à partir de notre page Instagram.
- 46:35Et je pense que ça pourra aider également.
- 46:39Oui,
- 46:39complètement.
- 46:40C'est vraiment des choses qui se développent de plus en plus,
- 46:43notamment sur TikTok,
- 46:43le côté live où on présente le portant,
- 46:48les produits,
- 46:49les prix.
- 46:50Soit il y a des commandes qui se font en ligne,
- 46:52soit ça invite des personnes,
- 46:54ça incite des personnes à se déplacer pour pouvoir découvrir la collection.
- 47:00Donc là,
- 47:01on est en plein,
- 47:02on est
- 47:0310 jours,
- 47:04non même pas,
- 47:0512 jours avant l'événement.
- 47:07que c'est le...
- 47:09Comment dire ?
- 47:10un petit peu le stress,
- 47:11les préparatifs de l'événement.
- 47:16Toi,
- 47:16aujourd'hui,
- 47:17si on se projette après l'événement,
- 47:20quelles sont les perspectives pour cet événement parisien et aussi pour,
- 47:25de manière générale,
- 47:27Nayel,
- 47:28ta marque et tes différentes initiatives sur les années à venir ?
- 47:32Toi,
- 47:32c'est quoi tes prochains « next steps »
- 47:34en fait ?
- 47:36déjà en mai 2027,
- 47:38j'organise à Dakar
- 47:40un forum sur les ICC que j'ai appelé AT,
- 47:43AT en anglais,
- 47:44Agir.
- 47:45Parce que l'idée est venue qu'il faut qu'on commence à agir et qu'on puisse vraiment créer des champions des industries créatives.
- 47:53Et donc,
- 47:53j'aimerais réunir en tout cas tout l'écosystème.
- 47:56On nous dit souvent il y a de l'argent dans les ICC et je me dis mais cet argent,
- 48:01il est ouf.
- 48:01On va le prendre comme on travaille.
- 48:04Et donc,
- 48:04l'idée,
- 48:04c'est de réunir toutes les institutions,
- 48:06les pays exactement et de nous dire
- 48:09Qu'est-ce qu'on doit faire ?
- 48:10Comment on doit travailler ?
- 48:12Combien d'années ça va nous prendre ?
- 48:14Et qu'est-ce qu'on fait concrètement pour que demain,
- 48:17on puisse voir des champions des industries créatives ?
- 48:21Et c'est vraiment ça le but de ce forum l'année prochaine.
- 48:24Et toutes ces initiatives qu'on met en place justement à la fin de la journée,
- 48:28c'est pour juste un seul but,
- 48:30transformer nos créateurs,
- 48:33transformer le talent en vraie entreprise,
- 48:35générateur de revenus conséquents.
- 48:38Très bien,
- 48:38il y a vraiment en tout cas ce focus.
- 48:40On sent que toi,
- 48:40tu as un profil où tu as démarré dans la finance.
- 48:43On sent qu'il y a vraiment ce focus de...
- 48:46Certes,
- 48:47c'est bien de parler de créativité,
- 48:48mais il faut l'associer à un développement économique,
- 48:51à des créateurs qui,
- 48:52en fait,
- 48:53vivent de leur marque,
- 48:56vivent de leur création.
- 48:57Il ne s'agit pas juste d'être dans cette logique de je crée,
- 49:01je fais des collections,
- 49:02je produis,
- 49:02mais je peine à finir mes fins de mois parce que...
- 49:07Le secteur de la mode,
- 49:08c'est souvent un secteur passion.
- 49:10Et c'est un secteur qui implique énormément d'investissement au départ.
- 49:14Exactement.
- 49:15Tu as tout compris.
- 49:16C'est vraiment ça.
- 49:17C'est bien beau.
- 49:18Les artistes,
- 49:19souvent,
- 49:19parce que quand on parle de mode,
- 49:20on a souvent affaire à des artistes et qu'il faut canaliser.
- 49:24Et ils n'aiment pas les chiffres.
- 49:26Donc souvent,
- 49:27dès que tu commences à parler chiffres,
- 49:29ils se disent,
- 49:29oh là là,
- 49:30de quoi on parle ?
- 49:31Même un calcul de seuil de rentabilité,
- 49:33OK.
- 49:34Combien tu vends ce produit ?
- 49:35Il te revient à combien ?
- 49:36Quel est ta marge ?
- 49:37Ils ont du mal.
- 49:38Et donc l'idée,
- 49:39c'est vraiment de les accompagner dans tout ce processus.
- 49:42Parce que dire à un artiste de commencer à faire des calculs à la fin du mois,
- 49:46c'est le perdre même dans sa créativité.
- 49:48Donc comment on accompagne nos créateurs ?
- 49:51Comment on les forme ?
- 49:51Comment on les structure de façon à s'utiliser de vraies entreprises ?
- 49:55C'est vraiment ça,
- 49:56je pense,
- 49:57la vieille de Naël.
- 49:58Et c'est clairement ce dont on a besoin aujourd'hui.
- 50:02Comme tu le disais,
- 50:02des créateurs,
- 50:03il y en a plein,
- 50:04des personnes talentueuses qui proposent des concepts de marques avec un storytelling,
- 50:10une identité forte.
- 50:12Ça ne manque pas sur le continent africain,
- 50:14vraiment,
- 50:14ce n'est pas ça qui manque.
- 50:15Maintenant,
- 50:16c'est des business models solides et pérennes qui parviennent à se développer à la fois sur le continent et à l'extérieur.
- 50:23c'est là où le bas blesse et c'est là où il y a vraiment besoin de structurer,
- 50:28de former d'accompagner pour
- 50:30que toute cette créativité,
- 50:35elle soit en fait accompagnée d'un développement économique.
- 50:41C'est exactement ça,
- 50:42oui.
- 50:43Très bien,
- 50:44on arrive à la fin de cette interview.
- 50:47L'idée,
- 50:47c'était vraiment de pouvoir partager avec toi tes différentes initiatives en faveur de la promotion des industries culturelles et créatives africaines et de parler de l'événement Afrique en Seine qui aura lieu à la mi-octobre à Paris,
- 51:02rue de Turène.
- 51:03Donc moi,
- 51:03de toute façon,
- 51:04je partagerai...
- 51:05les liens d'événements et la présentation des marques dans les notes de l'épisode.
- 51:12Merci à toi.
- 51:13Écoute,
- 51:13avec plaisir.
- 51:14Merci pour ta disponibilité et pour tout ce que tu nous as partagé en termes de développement et d'idées entrepreneuriales pour la mode africaine.
- 51:26Merci Ramatha.
- 51:27Avec plaisir.
- 51:28Je te dis à très vite.
- 51:29Et pour le coup,
- 51:30en général,
- 51:31la formule consacrée,
- 51:32je dis toujours à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 51:33Mais là,
- 51:34on sait que c'est à très vite à Paris qu'on se retrouve.
- 51:38À très vite à Paris et juste dire à tout le monde,
- 51:40la mode africaine,
- 51:42elle n'est pas seulement destinée aux Africains.
- 51:46Donc,
- 51:46nous attendons tout le monde,
- 51:48des gens de nationalités différentes,
- 51:49des Européens,
- 51:50des Américains,
- 51:51des gens qui veulent découvrir ce qu'on a vraiment de beau en Afrique,
- 51:56de belles marques.
- 51:57Et donc aujourd'hui,
- 51:58c'est ce que je veux montrer à Paris,
- 51:59que ces marques peuvent être portées par tout le monde.
- 52:03Donc,
- 52:04on attend les Parisiens,
- 52:06on t'attend toi également et ça a été un plaisir de partager et d'échanger avec toi.
- 52:10Plaisir partagé,
- 52:11à très bientôt.
- 52:12À très bientôt Ramada.
- 52:16Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 52:18Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 52:24Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 52:31Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 52:35Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.