Latest / À propos / Manifestation nationale : « ce qu’on a obtenu, on a été l’arracher » - « À propos », le podcast du Soir
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- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre quotidien.
- 0:09Bonjour, vous écoutez à propos le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:14Tous les jours,
- 0:14c'est l'expertise de notre rédaction dans vos oreilles.
- 0:24Ce jeudi,
- 0:25une manifestation nationale est organisée en front commun pour
- 0:27protester contre les mesures portées par le gouvernement fédéral.
- 0:30En prélude
- 0:31à ce
- 0:31mouvement, on a
- 0:32eu l'occasion de s'entretenir avec les 2 patronnes de la CSC et de la FGTB.
- 0:37Je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:39À propos,
- 0:40voici l'actualité,
- 0:41comme vous l'entendez,
- 0:43grand angle,
- 0:45elles sont 2,
- 0:462 femmes à la tête des 2 syndicats les plus importants du pays,
- 0:49Marie Hélène Ska,
- 0:50secrétaire générale de la CSC.
- 0:52Et Selena Carbonero Fernandez,
- 0:54secrétaire générale de la FGTB.
- 0:56Elles se connaissent,
- 0:57terminent presque les phrases l'une de l'autre
- 0:59et toutes 2,
- 1:00elles font front commun contre les mesures du gouvernement Arizona.
- 1:04Dans l'interview,
- 1:04vous entendrez
- 1:05les 2 syndicalistes,
- 1:07Selena Carbonero Fernandez,
- 1:08secrétaire générale de la FGTB,
- 1:10et Marie Lenska,
- 1:11secrétaire générale de la CSC,
- 1:13mais aussi Pascal Laurent
- 1:14du pôle Économie.
- 1:15Je propose qu'on commence et s'il
- 1:16faut interrompre,
- 1:16on interrompra.
- 1:18Et tous ensemble,
- 1:18on revient sur la mobilisation attendue ce jeudi.
- 1:21sur pourquoi elle.
- 1:22est importante.
- 1:23Quels sont l'état des discussions entre d'un côté les syndicats et d'autre part le gouvernement ?
- 1:28Le gouvernement vient de valider
- 1:30en fin de semaine dernière la réforme des pensions.
- 1:34Qu'est-ce que
- 1:35cette nouvelle réforme qui arrive
- 1:38sur la table
- 1:39vous inspire ?
- 1:40Elle est sur la table depuis un moment.
- 1:42Cette réforme,
- 1:44elle ne
- 1:44nous inspire rien
- 1:45de bon.
- 1:46Je pense que on est dans
- 1:48une logique
- 1:49d'économie pure et dure où en fait
- 1:51les travailleurs et les travailleuses actuels et les futurs pensionnés et même les pensionnés actuels,
- 1:55parce qu'il y a déjà des effets à très court terme.
- 1:57En fait,
- 1:58avec déjà le report d'indexation,
- 2:01la suppression de l'enveloppe bien-être
- 2:04pour les personnes concernées,
- 2:05on est
- 2:06déjà aux
- 2:07alentours de 155€ par mois de perte
- 2:09et la suite de la réforme va renforcer à nouveau.
- 2:12Le fait
- 2:12que ces personnes en fait sont vues comme des variables d'ajustement budgétaire
- 2:16et donc
- 2:17c'est pas comme ça qu'on va résoudre la problématique du coût du
- 2:20vieillissement de la population et c'est des recettes qu'il faudra aller
- 2:24aller aller rechercher.
- 2:25Je rappelle quand même que
- 2:26l'âge moyen de vie en bonne santé,
- 2:29d'espérance de vie en bonne santé,
- 2:30elle est aujourd'hui de
- 2:3163,7 ans
- 2:34et donc.
- 2:35C'est un peu comme si
- 2:37devenir vieux aujourd'hui,
- 2:39c'était une période qu'il fallait tenir la plus courte possible
- 2:42et qui coûte le moins possible.
- 2:44Or, aujourd'hui,
- 2:45on a des réformes de pension qui à la fois ne tiennent pas compte
- 2:48du tout des différences d'espérance de vie en bonne santé,
- 2:51donc qui ne prennent pas en compte la pénibilité,
- 2:52qui est un débat que nous
- 2:54aimerions avoir depuis très longtemps.
- 2:56Et d'autre part,
- 2:57le fait que
- 2:58lorsqu'on part à la retraite à 64,
- 3:0065, 66 ans,
- 3:02on peut encore vivre
- 3:0420 à 30 ans.
- 3:05Et donc pour nous,
- 3:06il est important que cette période
- 3:08après la vie
- 3:10professionnellement active,
- 3:12elle reste une période où on peut vivre dignement avec des revenus qui le permettent,
- 3:17et pas simplement de devoir faire l'aumône
- 3:19à ses
- 3:20enfants, aux générations qui suivent
- 3:22ou aux pouvoirs publics,
- 3:23parce qu'on n'arrive pas
- 3:25à se maintenir
- 3:26avec un niveau de vie qui est un niveau de vie suffisant.
- 3:28Et donc c'est à la fois un manque d'anticipation.
- 3:31Tout le monde savait
- 3:32que la période du vieillissement,
- 3:34elle était là.
- 3:35Et c'est aussi
- 3:37une difficulté
- 3:39à avoir prévu un financement suffisant.
- 3:41Je voudrais quand même juste donner un chiffre,
- 3:44les diminutions de cotisations de sécurité sociale qui n'ont pas été compensées depuis maintenant
- 3:49des années,
- 3:49c'est à peu près 13 milliards
- 3:52de diminution de recettes par an
- 3:54pour la sécurité sociale.
- 3:56Je peux vous dire,
- 3:56avec 13 milliards de recettes
- 3:58en plus
- 3:59par rapport à ce que l'on a maintenant,
- 4:01la question des pensions elle se poserait de manière nettement
- 4:04plus positive qu'elle ne se pose aujourd'hui.
- 4:06Mais ces 13 milliards n'ont pas permis de créer des emplois qui eux-mêmes ont
- 4:11alimenté la Caisse des pensions.
- 4:14Alors aujourd'hui,
- 4:15le problème,
- 4:15c'est qu'on ne sait pas le dire
- 4:17puisque il
- 4:17n'y a
- 4:18aucune comparaison possible entre la situation avant et la situation
- 4:21maintenant. Donc on n'a pas de point de comparaison
- 4:25et jamais il n'a été demandé
- 4:28aux employeurs qui ont bénéficié de ces diminutions de cotisations
- 4:31de sécurité sociale de le justifier en augmentation d'emploi.
- 4:33Aujourd'hui, en Belgique,
- 4:34il n'existe pas de prise en compte de la pénibilité pour l'accès à la pension,
- 4:38sauf pour certains
- 4:40régimes des fonctionnaires qui sont
- 4:43ce qui reste en fait de prise en compte de la pénibilité.
- 4:45Et avant ça,
- 4:46on avait le système des pré-pensions RCC métiers lourds qui ont été supprimés.
- 4:51Or, ce gouvernement part du principe du coup qu'on est tous égaux face au travail,
- 4:55alors que
- 4:55les conditions de
- 4:56travail sont lourdes
- 4:58dans certains
- 4:59métiers, dans certaines fonctions.
- 5:00On peut penser aux aides-managers,
- 5:02aux travailleuses du commerce,
- 5:04aux infirmières
- 5:05et autres,
- 5:05aux cheminots,
- 5:06aux conducteurs de train qui ont des responsabilités,
- 5:09une charge importante,
- 5:10aux accompagnateurs de train qui ont des
- 5:11horaires très lourds et très pénibles.
- 5:14Et en fait,
- 5:15la logique de ce gouvernement,
- 5:17c'est de dire.
- 5:18En appliquant le malus,
- 5:19ce fameux malus pension,
- 5:20c'est bah peu importe
- 5:23que vous soyez en bonne santé
- 5:25physique ou psychologique,
- 5:26que ce soit à cause de votre travail ou pas,
- 5:28vous devrez travailler jusqu'à 67 ans.
- 5:30Et si vous n'êtes pas capable de travailler jusqu'à 67 ans,
- 5:33on vous punit.
- 5:34On vous retire une partie de votre pension
- 5:36en fonction du nombre d'années que vous allez anticiper sur votre départ.
- 5:40Le 2e élément,
- 5:41c'est l'élément
- 5:42du financement.
- 5:44Donc ce sont 16 milliards d'aides
- 5:45de manière récurrente sous forme de déductions de cotisations de sécurité sociale ou fiscale
- 5:50qui sont octroyées
- 5:52sans qu'aucune condition
- 5:54ne soit
- 5:54fixée. Donc
- 5:55là, il y a aussi un 2 poids,
- 5:562 mesures par rapport à d'autres discussions.
- 5:58Quand on parle d'équilibre budgétaire,
- 6:01là c'est une facture qui n'est pas contrôlée
- 6:04et donc
- 6:04on n'impose pas de conditions,
- 6:06même pas la condition de pérenniser l'emploi existant ni de créer de nouveaux emplois.
- 6:10Et ce que l'on dit d'ailleurs ensemble
- 6:12avec la CC,
- 6:14c'est qu'à un moment donné,
- 6:14ces aides,
- 6:15elles doivent être monitorées,
- 6:16elles doivent être questionnées et
- 6:17il faut qu'elles aient des objectifs parce que il
- 6:20n'est pas normal que
- 6:21quelque part,
- 6:22la sécurité sociale serve de bon contact à certaines
- 6:24entreprises. Vous avez le sentiment que c'est un gouvernement qui est
- 6:28dur avec les plus faibles alors dans ces réformes ?
- 6:30Alors il est dur avec les plus faibles,
- 6:32ça c'est certain.
- 6:33Il est
- 6:33aussi complètement aveugle.
- 6:35Sur la situation
- 6:36d'une moitié de la population,
- 6:38c'est vrai que
- 6:39le fait que
- 6:40ce gouvernement soit
- 6:41aussi masculin qu'il ne l'est
- 6:44est aussi sans doute
- 6:46une des difficultés que l'on a
- 6:49à prendre en compte
- 6:50les réalités d'une moitié de l'humanité.
- 6:52C'est comme si cette moitié de l'humanité elle n'existait pas où elle devait
- 6:55se conformer aux mêmes.
- 6:56Aux mêmes règles
- 6:57que celles de ceux qui sont les dominantes aujourd'hui.
- 6:59Vous voulez dire par règles,
- 7:00les femmes sont les victimes des réformes.
- 7:02Les femmes sont victimes des réformes.
- 7:03C'est vrai que
- 7:0449% des femmes vont être victimes des réformes des pensions.
- 7:07Elles sont aussi très nombreuses dans l'assurance chômage à être victimes.
- 7:11La flexibilité et la multiplication des contrats à temps partiel,
- 7:14c'est aussi
- 7:16une réalité des secteurs féminins.
- 7:17Selena à évoqué le secteur de la distribution,
- 7:20tout le secteur du non marchand.
- 7:22Le secteur de l'enseignement et d'autres,
- 7:24ce sont des secteurs majoritairement féminins,
- 7:27ce sont des secteurs où les salaires ne sont pas très élevés
- 7:30et ce
- 7:31sont des personnes qui vont,
- 7:33à la fin de leur carrière,
- 7:34encore payer.
- 7:36et donc.
- 7:37Comme femme,
- 7:38c'est vraiment très compliqué,
- 7:39je pense,
- 7:39pour l'une comme pour l'autre,
- 7:41de pouvoir trouver quelque chose de positif
- 7:43dans ces réformes.
- 7:44C'est une vue de l'esprit.
- 7:45Mais vous dites,
- 7:46le gouvernement majoritairement masculin ne
- 7:48comprend pas une partie de la moitié de l'humanité.
- 7:51Il ne comprend pas ou il ne veut pas comprendre.
- 7:52Il ne veut
- 7:53pas, il ne
- 7:53veut pas.
- 7:54Les réalités,
- 7:54ils les connaissent parce qu'on leur a suffisamment rappelé.
- 7:58Dès le départ,
- 8:00dès qu'on a vu
- 8:01l'accord de gouvernement,
- 8:02on a tout de suite
- 8:04pointé que
- 8:05les femmes allaient être principalement victimes de toute
- 8:08une série de mesures prises par ce gouvernement.
- 8:10Nous n'avons pas été les seules puisque
- 8:11ça a été confirmé
- 8:13encore par le Conseil d'État pour ce qui concerne les pensions.
- 8:16Ce qui est
- 8:17absolument affolant,
- 8:17c'est qu'ils ont connaissance de
- 8:19cette réalité-là.
- 8:19Ils n'ont pas l'air d'être bêtes à priori vu les fonctions qu'ils occupent
- 8:22et donc
- 8:23ils ne veulent pas en tenir compte.
- 8:25L'exemple le plus frappant,
- 8:26me semble-t-il,
- 8:28C'est l'exemple du congé de maternité,
- 8:30parce que là,
- 8:31franchement, il fallait oser.
- 8:33S'il y a bien quelque chose
- 8:35qui est connu,
- 8:36c'est que,
- 8:37eh bien,
- 8:37quand on accouche,
- 8:38on ne recommence pas le travail le lendemain
- 8:40de son accouchement.
- 8:42Il y a
- 8:43et que ce sont les femmes,
- 8:44par définition,
- 8:44jusqu'à aujourd'hui en tout cas,
- 8:46qui accouchent.
- 8:48Eh bien,
- 8:48avoir osé mettre sur pied une réforme des pensions
- 8:51dans lesquelles dans sa première version.
- 8:54Le repos d'accouchement,
- 8:55le congé de maternité
- 8:56n'était pas du tout pris en compte.
- 8:59Je vais dire,
- 8:59il faut oser
- 9:01et je dois dire que
- 9:02les employeurs ont une responsabilité en la matière puisqu'il y a quelques années,
- 9:06lorsque nous avons démarré une discussion avec les syndicats d'employeurs
- 9:09sur les congés thématiques,
- 9:12une de leurs revendications était déjà
- 9:14de ne
- 9:14pas assimiler en tant que tel
- 9:16le repos d'accouchement.
- 9:18Et donc
- 9:19là, c'est vraiment.
- 9:21grossier comme manœuvre.
- 9:23Et aujourd'hui,
- 9:24dire que on a pris en compte un certain
- 9:26nombre de critiques et que l'on est revenu
- 9:29sur le fait de
- 9:30d'assimiler ce repos d'accouchement,
- 9:32c'est vraiment dire vous savez,
- 9:33on a poussé le bouchon très loin et puis on fait semblant
- 9:37que l'on ne savait pas.
- 9:39Or, comme le dit Selena,
- 9:40s'il y a bien des choses qui sont
- 9:41sues, qui sont connues et qui devraient être connues,
- 9:44y compris par ces messieurs,
- 9:46C'est ce genre de réalité.
- 9:47Et plus largement,
- 9:47si on doit sortir de
- 9:49du focus,
- 9:50du focus
- 9:51femme, parce que on est quand même face à un gouvernement qui va
- 9:54graver des inégalités.
- 9:56Donc c'est
- 9:59quand on regarde le leur manière de gérer le budget,
- 10:03c'est quand même
- 10:04nonante-cinq pour 100 de l'effort qui repose sur les travailleurs,
- 10:08les travailleuses et les allocataires sociaux.
- 10:11La contribution des épaules les plus larges,
- 10:13on cherche encore en
- 10:15fait. Et donc c'est bien la preuve qu'ils sont
- 10:17forts avec les faibles et faibles avec les forts.
- 10:20Donc c'est aussi un
- 10:21élément très illustratif de cette manière
- 10:24de procéder et de compter.
- 10:26Compte tenu de ce tableau d'ensemble,
- 10:27alors la mobilisation,
- 10:28jeudi, va être massive.
- 10:30Oui, leurs tours de terrain sont bons.
- 10:33Évidemment, c'est toujours
- 10:34les derniers jours qu'il y a un phénomène d'accélération.
- 10:37Mais dans plusieurs de nos régionales,
- 10:39on nous dit qu'on est au-dessus des
- 10:40chiffres du 14 octobre,
- 10:42donc ça
- 10:42se présente,
- 10:43ça se présente bien.
- 10:46Je pense qu'on sera au minimum 100000 personnes et
- 10:49ce sera déjà très.
- 10:50Très bonne,
- 10:51un très bon résultat.
- 10:52Il y a quand même 2 éléments qui sont importants dans les mobilisations,
- 10:56c'est de se rendre compte
- 10:58que l'on soit
- 10:59sans emploi,
- 11:00que l'on soit malade,
- 11:01que l'on soit au travail,
- 11:02que l'on soit retraité.
- 11:03Personne n'échappe
- 11:05aux mesures de régression
- 11:07qui sont prévues par le gouvernement.
- 11:09Et donc le fait de ne
- 11:10pas l'accepter et de se retrouver pour pouvoir dire que l'on n'est pas d'accord,
- 11:15c'est vraiment un un fait important et un fait majeur.
- 11:18L'autre chose,
- 11:19c'est que
- 11:20nous n'avons jamais demandé
- 11:22des mesures qui soient
- 11:24irréalisables. Notre seul mot d'ordre,
- 11:29c'est de dire nous voulons pouvoir travailler dans de bonnes conditions
- 11:32et ça,
- 11:33c'est quand même pas demander la Lune.
- 11:35Or, aujourd'hui,
- 11:36les conditions de travail elles se dégradent absolument
- 11:38partout. Chez
- 11:40H et M à Glin,
- 11:40on peut pas dire que les travailleurs ne faisaient pas leur travail.
- 11:44400 emplois perdus
- 11:46sans beaucoup
- 11:47de discussions.
- 11:48C'est le cas
- 11:49dans l'enseignement où les conditions de travail sont
- 11:52difficiles aujourd'hui.
- 11:53Et la seule réponse du gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles,
- 11:56c'est d'augmenter
- 11:57le nombre d'heures prestées
- 11:59par les
- 11:59enseignants. C'est le cas aux chemins de fer,
- 12:01on l'a évoqué,
- 12:03où l'agressivité elle est importante et donc où il
- 12:06faut pouvoir tenir le coup en travaillant aussi là
- 12:09365 jours
- 12:11sur l'année pour faire rouler les trains.
- 12:13Et donc.
- 12:14Vraiment, il y a
- 12:15ce refus
- 12:16de considérer que l'on peut être traité comme une marchandise
- 12:20alors que l'on travaille.
- 12:21Travailler, c'est gagner correctement sa vie,
- 12:24c'est pouvoir rentrer chez soi en faisant des perspectives pour soi-même et pour ses proches.
- 12:30Et ça,
- 12:30c'est quand même quelque chose d'important.
- 12:32Et c'est
- 12:34de la part du gouvernement,
- 12:35perçu comme si c'était quasi un privilège.
- 12:38Donc ça,
- 12:38c'est vraiment quelque chose de difficile.
- 12:40Donc oui,
- 12:40la mobilisation,
- 12:41elle est importante.
- 12:42Elle a pris des formes très différentes
- 12:44tout au cours de cette année-ci.
- 12:46Nous l'avions dit
- 12:47ensemble depuis le début,
- 12:48ce sera un marathon
- 12:50parce que
- 12:50il y a des choses qui ne s'achètent pas,
- 12:53comme la dignité au travail.
- 12:54Il y a des choses qui ne se marchandent pas,
- 12:56comme les fins de mois.
- 12:58Et donc
- 12:59c'est assez sidérant
- 13:01de voir que
- 13:02malgré toutes ces mesures et l'empilement de ces mesures.
- 13:05Le gouvernement et aucun de ses vice-premiers ministres
- 13:08ou du Premier ministre
- 13:10n'a répondu,
- 13:10y compris au courrier
- 13:12que nous avions
- 13:13envoyé pour pouvoir les rencontrer.
- 13:15Il y a donc
- 13:16aucun dialogue.
- 13:18Ça veut dire que vous n'avez rien obtenu malgré les Ça veut dire
- 13:21que nous avons obtenu,
- 13:22mais ce que nous avons obtenu,
- 13:23nous sommes
- 13:23allés l'arracher chaque fois.
- 13:25Nous évoquions
- 13:26le repos d'accouchement.
- 13:27On peut évoquer l'assimilation des périodes de maladie.
- 13:31Le fait que le gouvernement ait oublié que la première année de travail,
- 13:35eh bien,
- 13:35elle ne pouvait pas faire 156 jours.
- 13:37Parce que mécaniquement,
- 13:38on arrête généralement ses études en juin ou en septembre et donc
- 13:41il a fallu aller la rechercher.
- 13:43Même chose sur les périodes de chômage temporaire.
- 13:46Et donc c'est
- 13:47ça témoigne d'une méconnaissance,
- 13:49voire d'un mépris pour les conditions réelles de travail.
- 13:51Selena l'a évoqué,
- 13:54la réalité du terrain,
- 13:55elle a aussi ses droits.
- 13:56Et une réforme,
- 13:58aussi volontariste qu'elle soit,
- 14:00elle ne peut pas faire fi
- 14:02des conditions réelles
- 14:04de travail,
- 14:05elle ne peut pas être hors sol.
- 14:07Et donc ce que nous avons fait pendant un an,
- 14:09c'est ramener systématiquement
- 14:13ces réalités de terrain,
- 14:14ces conditions réelles de travail et quotidiennes de travail.
- 14:17Et faire en sorte que
- 14:18elles soient à minima
- 14:20prises en compte.
- 14:21Il reste encore beaucoup de travail à faire,
- 14:23mais nos mobilisations,
- 14:24elles ont au moins permis
- 14:25d'aller chercher
- 14:26tout ceci.
- 14:27Et ce n'est pas
- 14:29minimaliste ou ce n'est pas à négliger dans une carrière professionnelle,
- 14:32parce que ça fait un paquet d'années
- 14:34de différence
- 14:35à la fin de la carrière.
- 14:36C'est clair que pour les personnes concernées,
- 14:39voilà, il y
- 14:40a si il
- 14:40y a eu des exceptions à un moment donné.
- 14:44Et que certaines personnes,
- 14:45malgré les exclusions prévues
- 14:47de la du droit aux allocations de chômage,
- 14:49peuvent encore remplir leur frigo.
- 14:50C'est parce qu'on est allé arracher les exceptions.
- 14:52Il y
- 14:53a ce Je voulais revenir sur 3 points,
- 14:55je vais essayer d'être
- 14:56très synthétique,
- 14:56même si
- 14:57j'ai toujours un peu du mal.
- 14:59C'est que,
- 14:59un, c'est important ce
- 15:00que vient
- 15:00de dire
- 15:01Marie-Hélène, on a,
- 15:02on a fait bouger des lignes et on les a fait
- 15:05bouger. Pourquoi ?
- 15:06Parce qu'on est allé les arracher.
- 15:08Je reprends
- 15:08volontiers ces termes.
- 15:10En mettant le rapport de force,
- 15:11en fait,
- 15:12parce que
- 15:12la vision de la concertation sociale qu'a ce gouvernement,
- 15:15c'est on les écoute,
- 15:17mais comme on sait qu'il suffit de les écouter,
- 15:19le la vie,
- 15:21après, je le mets,
- 15:22je le mets à la poubelle.
- 15:23Et donc
- 15:24toute une série de choses que
- 15:26qui ont été reprises et qui ont été corrigées.
- 15:28Certes, c'est parce que nous l'avons dit,
- 15:30c'est parce que nous avons haussé le ton,
- 15:31mais aussi parce qu'on a mis le rapport de force derrière qu'à un moment donné,
- 15:34le gouvernement
- 15:35a amené un certain nombre de corrections.
- 15:382, ce qui est important encore en vue de la mobilisation du 12,
- 15:42et probablement pour la suite,
- 15:43puisque nos
- 15:43instances décideront de la suite,
- 15:45c'est de bien avoir en tête que tout n'est pas perdu.
- 15:49En fait,
- 15:50beaucoup de choses ont été décidées,
- 15:52mais d'accord d'été en accord de novembre,
- 15:55il y a aussi beaucoup de choses qui ne sont toujours pas appliquées.
- 15:58Ça veut dire qu'on peut encore peser
- 16:00sur ces prises de décisions,
- 16:02qu'on peut encore faire bouger les lignes,
- 16:03voire même les faire reculer sur certaines mesures.
- 16:06Et donc
- 16:07la mobilisation,
- 16:08elle sert à ça.
- 16:08C'est leur montrer à un moment donné que
- 16:10des lignes
- 16:11rouges sont crochies,
- 16:12que ce soit l'index,
- 16:13le maluspension ou d'autres,
- 16:14et qu'il faut
- 16:15rétablir un équilibre,
- 16:17par exemple aussi en amenant des mesures positives qui
- 16:19font qu'on ramène des recettes et qu'on fait contribuer
- 16:22ce que
- 16:23l'on appelle
- 16:23les épaules
- 16:24le plus larges.
- 16:25On se contenterait même de faire contribuer les 1% les plus riches.
- 16:29Ça permettrait déjà
- 16:30de ramener un peu de recettes et de changer cette logique d'économie.
- 16:34Pur et dur.
- 16:35Et puis le 3e élément,
- 16:37que ce soit le 14 octobre ou ici le 12 mars,
- 16:41c'est que
- 16:42ce gouvernement
- 16:44n'épargne personne,
- 16:45sauf les plus riches au final.
- 16:46Et ces personnes s'en rendent compte en fait,
- 16:49parce que nous avons sensibilisé,
- 16:50nous avons informé et que nous avons créé des liens avec l'associatif
- 16:54depuis un an,
- 16:55mais déjà avant,
- 16:56parce que
- 16:56le travail avec l'associatif,
- 16:57il existe depuis un certain
- 16:58temps. Mais c'est vrai qu'ici.
- 17:01On a une plateforme d'une trentaine de
- 17:03d'organisations de la société civile qui s'est mise en place,
- 17:06que nous
- 17:07avec lesquelles nous travaillons.
- 17:09Et le 14 octobre,
- 17:10ils et elles étaient présentes et ils confirment
- 17:13encore qu'ils mobilisent ici pour le 12 mars.
- 17:15Et donc on peut notamment citer Oxfam,
- 17:18les réseaux de lutte contre la pauvreté,
- 17:19la Ligue des familles,
- 17:20et cetera.
- 17:20Et donc on travaille ensemble
- 17:22pour proposer des alternatives et dire à ce gouvernement,
- 17:25stop, là,
- 17:27vous êtes en train de
- 17:27dépasser un certain nombre de lignes rouges et donc nous mobilisons face.
- 17:31un gouvernement qui divise.
- 17:33Nous, notre credo,
- 17:33c'est de rassembler,
- 17:34de resserrer et de grossir les rangs.
- 17:36Il y a des possibilités d'alternatives,
- 17:38il y a des choses qu'on a obtenues
- 17:39et donc il faut se rasseoir
- 17:41avec le gouvernement.
- 17:42Et dans le même temps,
- 17:43vous dites leur vision de la concertation sociale,
- 17:45c'est on écoute mais on
- 17:47n'applique pas.
- 17:48Alors vous y croyez vraiment aux alternatives si l'interlocuteur
- 17:51en face il a pas envie de vous parler.
- 17:52D'abord, on peut pas se rasseoir avec le gouvernement puisqu'on ne s'est encore jamais assis
- 17:55avec le gouvernement.
- 17:57Je rappelle quand même,
- 17:59Selena l'a évoqué,
- 18:00que au soir du 14 octobre,
- 18:02nous avons écrit au Premier ministre et au vice-Premier ministre.
- 18:05Ils nous ont dit qu'ils n'avaient même pas vu passer
- 18:08une mobilisation qui était pourtant sans précédent.
- 18:11Donc je ne sais pas s'ils sont sourds,
- 18:12aveugles ou si le mépris
- 18:14est à ce
- 18:15point important.
- 18:15Mais pour nous,
- 18:16c'est vraiment
- 18:17quelque chose de jamais vu.
- 18:20Mais c'est aussi la responsabilité
- 18:23des syndicats d'employeurs.
- 18:25Je le pense vraiment parce que aujourd'hui,
- 18:28nous avons conclu
- 18:30un certain nombre d'accords avec des organisations syndicales d'employeurs
- 18:34qui ont été complètement
- 18:36démolis par le gouvernement.
- 18:38Je pense
- 18:39notamment aux premiers signes de rapprochement entre ouvriers et employés.
- 18:43Par exemple,
- 18:44je pense à la question
- 18:46des congés thématiques.
- 18:47Je pense
- 18:48à tout le débat sur les sur les pensions.
- 18:50Et donc c'est aussi une responsabilité extrêmement importante
- 18:54des syndicats d'employeurs de courir comme cela après le court terme,
- 18:58même si je comprends que,
- 19:00au niveau
- 19:01des entreprises individuelles,
- 19:03la situation ne
- 19:03soit pas facile.
- 19:05Mais de la même manière qu'il nous est demandé de penser à demain et après-demain
- 19:09et à la manière de
- 19:10d'avancer, nous pensons que c'est la responsabilité de ces syndicats d'employeurs.
- 19:15Tout comme
- 19:15des partis du gouvernement,
- 19:17de ne pas fracturer la société encore un peu plus qu'elle ne l'est aujourd'hui.
- 19:21Le truc,
- 19:21c'est comme
- 19:23notre job,
- 19:23c'est de négocier à la base.
- 19:25Ouais, mais
- 19:25s'il y a personne en face de
- 19:26vous pour négocier,
- 19:27c'est le
- 19:28job est compliqué à ce moment.
- 19:29Après, le gouvernement ne doit pas se plaindre
- 19:31qu'il y a des grèves et qu'il y a
- 19:33de l'opposition qui se manifeste dans la rue.
- 19:35Parce que
- 19:36c'est ça le jeu,
- 19:36c'est l'étape d'après.
- 19:37Si on discute pas,
- 19:38on va dans la rue.
- 19:39Si négociation et
- 19:41exercice du droit de grève ou du droit de protester,
- 19:44ils sont
- 19:44intimement liés.
- 19:46C'est pas 9
- 19:46si on si on.
- 19:48Si faire grève se résumait à porter un brassard noir,
- 19:50ça faisait,
- 19:51ça ferait longtemps que beaucoup
- 19:53de droits conquis auraient déjà été remis en question aussi.
- 19:56Mais au-delà de ça,
- 19:58c'est clair que le gouvernement
- 20:01a mis.
- 20:02Et en particulier
- 20:04la FEB dans
- 20:04un fauteuil,
- 20:05puisque quand on regarde le mémorandum de la FEB et qu'on regarde l'accord de gouvernement,
- 20:10il y a un copier-coller sur énormément de points:
- 20:12l'annualisation du temps de travail,
- 20:13la limitation des
- 20:14allocations de chômage à 2
- 20:16ans, l'augmentation du quota d'heures
- 20:18des étudiants jobbistes,
- 20:20les heures supplémentaires qui passent les volontaires entre guillemets.
- 20:25Parce que quand le travailleur est seul face à son patron,
- 20:27je me réjouis de voir ce qu'il y a de volontaire.
- 20:29Enfin, je sais bien que ce ne sera pas volontaire,
- 20:31ce sera.
- 20:32qui passe à 600 50 heures,
- 20:34etc. Tout ça,
- 20:35c'est dans la feuille de
- 20:35route de l'AFEB.
- 20:37Donc nous,
- 20:38évidemment, notre job,
- 20:39c'est de négocier,
- 20:39mais pas pour appliquer la feuille de route de l'AFEB.
- 20:42Notre rôle,
- 20:43c'est d'aller négocier dans des circonstances qui nous permettent
- 20:46d'avoir du contenu à négocier
- 20:47aussi pour à l'avantage des travailleurs et des travailleuses.
- 20:55À propos,
- 20:56c'est fini pour aujourd'hui,
- 20:57mais on revient demain matin.
- 20:58Merci de votre écoute.
- 20:59Si vous
- 21:00en voulez encore,
- 21:01tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 21:04Rendez-vous dans le store
- 21:05de votre smartphone
- 21:06ou de votre tablette pour la télécharger.
- 21:09À demain.
- 21:14Nous, agricultrices Faire Belle,
- 21:16on aime prendre les choses en main
- 21:18pour travailler,
- 21:18mais encore plus pour faire bouger les choses.
- 21:20Notre lait équitable rémunère décemment les 550
- 21:23agriculteurs de notre coopérative et respect nos valeurs de qualité,
- 21:27de goût
- 21:27et de proximité.
- 21:28Alors vous aussi,
- 21:29en magasin,
- 21:30prenez les choses en main,
- 21:31choisissez Faire Belle.