Latest / Cap sur Ikigai / Sortir de la mécanique du droit pour entrer dans la décision stratégique
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- Violaine: Dans ce nouvel épisode, je reçois Audrey Gatfe. Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, Audrey était juriste. Elle en est déjà à son quatrième poste en cinq ans. Alors sur le papier, tout est cohérent. Un beau parcours, des environnements exigeants, des compétences solides. Mais là-dessus, elle s'ennuie. Elle n'est pas assez stimulée intégralement et surtout, elle se sent peu du tout utile. Pas parce qu'elle manque de compétences, Et bonjour Audrey, merci d'être là en ce week-end de cabane en fait. on entend les bandasses, on entend... c'est très très bruyant en fait dans le studio aujourd'hui, Est-ce que tu peux nous raconter, question qui n'est pas du tout surprise, tu en étais quand on s'est rencontré pour la première fois C'était à peu près il y a deux ans, un peu plus de deux ans. J'en étais où ? J'étais juriste. J'en étais à mon quatrième poste en cinq ans et je m'ennuyais. J'étais pas assez stimulée intellectuellement et surtout, par-dessus tout, je me sentais pas utile. Et c'est vraiment ça sur lequel je bloquais à ce moment-là et je cherchais à changer d'environnement professionnel. J'en étais là. juste parce qu'elle n'est pas au bon endroit. Très vite quelque chose se dessine en elle, une capacité à comprendre vite, très vite, à faire des liens, à voir large, à se méfier des cases toutes faites qu'on lui propose. Une forme de préconcité longtemps difficile à assumer revient également dans nos échanges, parce qu'elle questionne, parce qu'elle dérange parfois et surtout parce qu'elle donne le sentiment d'être toujours trop dans un environnement dans lequel on attend qu'on resterait à sa place. et j'écoutais un de tes podcasts. Mais c'était marrant, c'était toi qui étais interviewée. Et tu décrivais ton parcours, ce que tu pensais, ce que tu ressentais. Je me suis beaucoup reconnue. Et c'est comme ça que je t'ai contactée. Comme ça qu'on a commencé. Voilà. Après un travail ensemble et une confiance en soi retrouvée, Audrey travaille aujourd'hui au jardin d'Effel. Et là, tout change. Officiellement, elle est responsable juridique et financier. En réalité, son rôle déborde largement cet intitulé. Elle accompagne le dirigeant. On peut dire qu'elle en est vraiment le bras droit. Elle fait le lien entre les équipes. Elle passe du juridique aux ressources humaines, de l'analyse de terrain à la stratégie au financier, au bottes dans les champs. Je me souviens bien. Est-ce que tu peux donner pour nos auditeuristes quelques... Alors voilà, on n'est pas là pour parler ou dénoncer quoi que ce soit, on est bien d'accord, mais pour parler de ton ennui, parce qu'en fait, certains s'ennuient parce qu'ils n'ont pas grand-chose à faire ou parce qu'ils ont des choses barbantes à faire, des tâches répétitives, des tâches sur lesquelles on ne sent pas qu'il y a une véritable valeur ajoutée. Toi, aux yeux des autres. Son patron a fini par lui trouver une formule assez juste dont on parlera dans cet épisode, celui du 4 cet épisode donc, nous parlons d'ennui professionnel invisible, de besoin d'utilité, de légitimité quand on est jeune et qu'on voit déjà loin. On parle de ces profils qui ont besoin d'un grand terrain de jeu pour penser, proposer, relier, créer. On parle aussi de confiance, d'assertivité, de place. un poste, t'avais une mission, se passait des choses. Comment est-ce que tu peux essayer de dire que ça, ça n'était qu'une forme de couverture finalement ? Et comment est-ce que tu vivais les choses ? Et pourquoi tu étais aussi à la fois dans l'ennui, mais aussi coincé ta possibilité devenir utile, d'apporter ton savoir ? Parce que Dieu sait que tu l'avais cette énergie-là et que tu étais empêché là-dedans. Est-ce que tu peux en parler un tout petit peu Et de ce moment très particulier où l'on comprend que le problème, il n'était évidemment pas en soi, mais dans l'endroit, à l'endroit dans lequel on essayait de se faire une place, de s'épanouir, de se rendre utile. C'est un épisode sur le travail, mais surtout sur ce que ça change intérieurement quand on respire enfin à la bonne place. d'une manière plus précise pour qu'on comprenne ce qui était en œuvre, parce que c'est assez intéressant pour la suite. il y eu un poste où vraiment je me suis vraiment ennuyée, c'est je n'avais pas assez de charges de travail, c'était pas suffisant. Ça c'est une chose. Et après, plusieurs postes, j'étais en force, j'essayais de proposer des évolutions. Alors ça a augmenté la charge de travail pour moi, mais je m'en fichais, c'était plus de développer des... ⁓ des idées qui pouvaient être intéressantes pour les personnes qu'on accompagnait dans les cabinets. Et en fait, je pense que c'était des structures déjà bien ficelées, peut-être un peu rigides et qui n'avaient pas forcément à cœur de rentrer dans ce genre d'évolution. j'étais pas à ma place dans sens où c'était pas forcément... Il recherchait pas ça. J'étais pas au bon endroit pour proposer ce que j'avais envie d'apporter Oui, j'étais jurie, je rédigeais des actes, mais fait, ce qui me manquait, c'était le côté relations humaines. On rédigeait un acte, on rédigeait un bout de papier, mais c'est derrière la stratégie pour une entreprise, le côté humain finalement qui se cache derrière le papier. C'était peut-être ça qui me manquait et que je n'arrivais pas forcément à proposer dans mes anciens postes. J'ajoute que, parce que ça, tu ne le diras peut-être pas parce que tu es assez humble, mais... pense que ta force de travail et ton envie de faire les choses pouvaient faire peur aussi, malgré le fait que tu n'es pas du tout quelqu'un de... Voilà, qui extrapole, voilà. Mais je pense que ça devait se sentir que tu en avais sous le pied. Et c'est vrai que dans certaines structures extrêmement... Je dirais cadenacées, ou en tout cas, la personnes et des tâches sont clairement établies, c'est de trouver sa place, voire impossible. Donc on était vraiment dans un endroit où il n'y avait aucune issue, pas de possibilité, parce que de toute façon, tu les avais toutes déjà essayées et on était arrivés au même endroit. Est-ce que tu peux dire, ⁓ aujourd'hui... ⁓ où tu renais, chemin tu as parcouru et qu'est-ce que tu fais ? Je vais dire la même chose que je dis d'habitude. Sur le papier, je suis responsable juridique et financier, mais quand je me décris, je fais un peu de tout. Mon poste, ça n'arrête pas vraiment à cet intitulé là et c'est ce qui me plaît. C'est que je suis dans un poste d'accompagnement du dirigeant sur plein de points de vue et c'est ça qui me correspond. Le juridique, ne suffisait pas. et c'était une autre dimension qui me fallait. Aujourd'hui, c'est un poste transversal. Je fais de tout. Du juridique, du financier, de l'administratif, du RH, de l'analyse plutôt commerciale. Et c'est ça qui me plaît, c'est que j'apprends en permanence, c'est ce qu'il me fallait, première chose. Et je suis en interaction aussi avec tous les membres de l'entreprise. Et... qui me permet d'avoir le point de vue, la connaissance de chacun, son interprétation des choses. Et des fois, le simple problème, c'est que les interactions entre différentes personnes ne fonctionnent pas. Et que moi, je suis un peu là pour faire le lien, imbriquer les choses, reconnecter, créer la bonne interaction, parce que des fois, c'est juste une incompréhension entre les gens, alors qu'ils ont tous les deux raisons, mais ils ne se comprennent pas. Et donc, j'essaye de jouer ça, de recoller les pièces du puzzle, on va dire. C'est ça qui me plaît. Et dans la deuxième dimension, c'est la partie accompagnement purement du dirigeant avec la prise de décision. Ça, c'est hyper intéressant. Et il a ce côté du dirigeant qui est souvent solitaire, une grosse charge mentale, mais personne avec qui la partager. Et c'est aussi ça qui peut créer des incompréhensions dans une entreprise, parce qu'à certains stades niveau dans l'entreprise, on n'a pas les mêmes points de vue. et donc d'être le lien un peu entre différents membres d'entreprise, c'est assez intéressant. Est-ce que tu te rappelles le moment où petit à petit ça s'est aligné en toi ou petit à petit à force de travailler ensemble, d'imaginer des endroits où tu serais beaucoup plus à ta place ? Il y a quelque chose qui s'est emparé de toi et on s'est dit, ah, on y est peut-être. N'est un truc. On a commencé en septembre ensemble et a fait déjà bien deux mois. On a bien décortiqué les missions qui me correspondaient, ce qu'il me fallait pour que je me sente vraiment en phase dans mon travail. Et ce moment-là, j'ai un recruteur qui m'a contactée pour un poste, le poste actuel, qui correspondait pas du tout à ce que je faisais avant et qui cochait beaucoup. de tout ce qu'on s'était dit avec Violaine. Et on s'est dit, tiens, peut-être un truc. Et je me rappelle, toi, m'as dit, vas-y, fonce. En plus, tu le fais déjà avec ton père. Du coup, mon papa est une entreprise et j'essaye d'aider tant bien que mal, autant que je peux. Et donc ça, c'est là, ce moment-là, que je me suis dit, je me suis permis d'y croire. Je me suis dit, OK, allez, on va se lancer et on va essayer cette nouvelle voie. Dans mon souvenir, la meilleure chose que je trouvais pour te qualifier, c'était le mot chef d'orchestre. Alors, comme tu es une artiste, comme tu es une grande musicienne, ça allait bien. Parce qu'effectivement, ce dont tu as besoin, c'est vraiment de cette valeur ajoutée au niveau de la pensée, au niveau de l'intelligence, c'est-à-dire vraiment de faire des liens entre différents domaines pour amener le décideur à prendre la bonne décision. Et Dieu sait que... Voilà. il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte et que moi je connais peu de personnes qui sont capables de tous les mettre en œuvre, les faire raisonner les uns les autres pour arriver quelque part. Et c'est vrai qu'on, pour moi, on en était à peu près arrivé là sur le fait que tu pouvais être vraiment la personne qui apporte une stratégie aux décideurs et une forme de sécurité dans les décisions qu'ils pouvaient prendre. Et là, on est arrivé vraiment avec effectivement une proposition de poste où c'était clairement un attendu. Il paraît que tu es un magnifique quatre quart, ou un quatre quart très performant. Est-ce que tu peux éclairer nos auditeurs sur cette fonction ? Alors, l'histoire du quatre quart Mon poste, il n'est pas forcément facile à définir. Et des fois, on en rigole avec mon patron sur le fait que je ne sais pas me présenter. Et donc lui, il a réfléchi et il me dit, mais je pense qu'en tu es un quatre quart. dis, oui, d'accord. tu fais un quart juridique, un quart financier, un quart administratif et RH et un quart opérationnel. Ça te va ? Ben oui, dit comme ça, c'est sympa le quatre quart. what else ? Et ce qui est très intéressant, c'est qu'on en revient toujours à cette histoire d'identité et de place et de ronds qu'on essaye de faire entrer dans des carrés ou des carrés qu'on essaye de faire entrer dans des ronds, etc. Finalement, c'est resté assez mouvant cette place, mais... Tu l'habites complètement différemment par rapport à tes expériences différentes. Là, quelque part, ne pas être complètement identifiable, ça peut être quelque chose d'assez stimulant et agréable pour toi. C'est un atout dans le sens où je n'ai pas de limites, je n'ai pas de restrictions et j'avance là où finalement je suis le mieux, le plus adapté, où je peux apporter mon aide. Voilà, ça c'est une vraie chance pour le coup, oui. de ne pas rentrer dans un cadre, ne pas avoir besoin de se dire, ben oui, là, mes limites, là, mes fonctions s'arrêtent, stop. Ça, c'est pour moi, c'est un confort. Et tu as pu me dire que tu avais réalisé une extraordinaire prouesse parce que nous avons attendu de faire le podcast deux ans après le poste que tu as donc pris à la suite de l'accompagnement que nous avons fait ensemble. Et la super nouvelle, c'est que tu ne t'ennuies pas. et que tu as un terrain de jeu suffisamment grand enfin pour t'épanouir. correspond quand même vraiment. Alors, Audrey est très très humble et très modeste, mais voilà, pour les personnes que j'accompagne qui ont un profil un peu atypique, HP, voilà, peut mettre plein de choses derrière Asperger. Et bien, la dynamique avec son environnement de travail, possibilité d'avoir la confiance de quelqu'un, ça c'est super important, la nécessité d'avoir un grand terrain de jeu et la possibilité d'innover ou de proposer et une certaine forme d'autonomie, c'est les ingrédients qu'il faut absolument avoir et il me semble que là-dessus, tu coches les cases. Oui, Et c'est sûr que c'était en effet ma crainte, ma difficulté au départ de remplir ces cases et d'avoir confiance en moi, prouver que j'en suis capable de par mon âge. pense que c'était ma principale difficulté. Il a deux ans, j'avais 27 ans. En quoi à 27 ans, je vais apprendre à un dirigeant ou à l'appuyer, l'épauler. Il fallait que moi, je me sente crédible et qu'en même temps, les gens me... que je sois légitime vis-à-vis d'eux. C'est quand des postes où a une certaine confiance. Il faut avoir confiance en la personne et ça, c'était un vrai enjeu pour que puisse m'épanouir. Si je sais lire entre les lignes, on n'est pas à l'abri, ce serait une excellente nouvelle, mais que tu puisses proposer tes services un jour en dehors d'une structure puisque cette légitimité petit à petit tu l'as acquise, ta crédibilité tu vois que tu l'as puisque il faut plutôt que tu essayes de stopper les choses cette fois-ci. pouvoir accompagner d'autres dans la stratégie de leur boîte ? Oui, c'était un peu ce qu'on en est arrivé à cette conclusion-là au moment où j'ai eu le recruteur qui m'avait contactée. C'était les ingrédients. Alors au final, cette expérience-là que je vis, elle est super, j'apprends énormément et je m'éclate. Mais oui, c'était un peu l'idée de rester sur de la PME et d'accompagner des dirigeants qui peuvent pas avoir quelqu'un à plein temps. ⁓ chez eux pour les aider sur diverses problématiques. Ça, c'était... Oui, ça reste dans un coin de ma tête. Ça peut être une projection, un jour, on va en venir aux difficultés, parce qu'il en a quand même eu quelques-unes, même si dans l'ensemble, les choses se sont bien alignées, on peut dire ça comme ça. Dans ces difficultés, il y avait, du coup, cette problématique de légitimité et de crédibilité. qu'on va revenir dessus parce que c'est essentiel. Quand on sent très tôt qu'on a les capacités, c'est très compliqué d'oser le dire et de sentir qu'on une colonne vertébrale suffisamment solide pour assumer ce qu'on dit. ⁓ mine de rien, on a souvent besoin de vivre les choses pour avoir la démonstration qu'on est bon dans ce qu'on fait. Est-ce que tu peux revenir là-dessus, sur ta jeunesse ? Parce que ça, revient aussi pas mal dans ton histoire, souvent, sur le fait que... Voilà, on parle de préconcité dans ces cas-là. Comment tu fais pour vivre avec ? J'ai l'impression qu'aujourd'hui, la question n'est peut-être pas réglée, mais en tout cas, c'est plus facile de vivre avec. C'est plus facile parce que je commence à avoir le même âge dans ma... Peut-être que dans mon corps. C'est bon, là, j'ai à peu près régliber les choses, on est bon. Non, c'est vrai que ça n'a pas été facile. du coup, pour compenser mon âge et qu'on me prenne au sérieux, j'ai redoublé d'efforts. Je me suis investie à 100 % dans ce nouveau poste. J'ai travaillé sur l'affirmation de soi aussi. Je suis quelqu'un d'adaptable, mais je l'ai appuyé encore plus aussi, mon adaptabilité, pour prouver que n'importe quel sujet qu'on peut... vais l'assimiler, le traiter, le restituer correctement et je vais essayer de maximiser tout. Donc ça, j'ai pas mal travaillé dessus. Et surtout, ce qui m'a beaucoup aidée, je pense, c'est les relations humaines que j'ai créées dans mon poste. Ça, ça m'a fortement aidée. Donc d'avoir des soutiens, des personnes clés dans l'entreprise avec qui je sais que c'était très fluide, on travaillait très bien ensemble. ⁓ Et ça, m'a permis aussi d'avancer, d'avoir encore plus confiance en moi et de me prouver que j'avais ma place. Est-ce que tu peux nous parler de tes mots ? Il y a effectivement la problématique du décalage intellectuel. Il y a aussi effectivement la dynamique humaine et la possibilité d'avoir peut-être un peu plus les codes pour comprendre Comment ça fonctionne ? Quand le lien de confiance est établi, c'est super. Mais dans d'autres cas où peut-être l'assertivité est un peu plus forte et du coup, on ne tombe pas dans les pièges. que souvent, le HP, il est aussi un peu naïf ou un petit peu candid sur certaines choses. Et ça, me semble que c'est par la maturité qu'on l'acquiert. Et il me semble que c'est au bon endroit maintenant. C'est pas facile. Mais non, je pense qu'aujourd'hui, je suis moins naïve. Je sais ce que je veux déjà. Je sais ce que je veux et ce que je ne plus par les expériences que j'ai eues avant et il fallait que je passe par là. Je ne regrette rien. mon poste où je me suis énormément ennuyée, j'ai rebondi. J'ai fait une formation parallèle. Je m'étais acheté des bouquins, je lisais des nouvelles matières. J'essayais de rebondir. au moment où j'y étais, mais c'était le pire moment de ma vie, avec le recul, il fallait que je passe par là pour ensuite en arriver ici. Du coup, c'est une bonne chose. Il faut prendre son temps. on le répète souvent ici. Effectivement, le temps fait beaucoup. moderne. Donc sur ta manière d'avoir grandi sur un plan humain, une colonne vertébrale plus... ⁓ plus vertébré, plus là, une manière de savoir décoder, de savoir dire non, de savoir t'affirmer, savoir se situer sans se faire envahir par... Parce que c'est ça aussi, l'éponge émotionnelle qu'on est souvent. Ça peut intéresser nos auditeurs, si je veux bien t'entendre Alors oui, savoir dire non, c'était un de mes plus gros problèmes. Je disais oui, alors c'était pour engranger du travail à l'époque. disais jamais non. Là, c'est plus dans la partie affirmation. J'ai beaucoup travaillé sur ça. Au début, j'étais la gentille petite fille quand je suis arrivée, toute calme. Maintenant, il faut que je montre aussi qu'il a des limites, qu'on peut me demander des choses, mais il a une certaine... On pas me pousser à bout. Donc j'essaye d'avoir cette posture-là. Je suis aidée quand par le dirigeant qui est moderne dans sa façon de penser parce que me laisser cette largesse à mon âge et en tant que femme, c'est quand même, je pense pas dans toutes les entreprises. Donc pour le coup, c'est un vrai atout. Voilà. C'est déjà beaucoup, Effectivement, n'est pas un petit sujet que le fait d'avoir un poste où on peut tout voir, on va l'appeler comme ça, dans une entreprise et comment on a envie de, à la fois d'exister parce que c'est une nécessité, mais de ne pas forcément prendre... Voilà, les vieux travers masculins pour pouvoir faire autorité quand il a besoin développer une coopération entre les personnes. C'est vrai que c'est quand même un sujet que je connais un peu parce que j'étais aussi dans cette posture-là après d'homme politique, mais aussi de personnes au placé dans l'entreprise. ⁓ pas évident et je trouve que de ce point de vue là, j'espère qu'on vit une époque où petit à petit, il s'est évolué dans le bon sens, même si il y a aussi le backlash qui arrive des états-unis, est toujours éclat, on est obligé d'avoir un œil. Mais oui, quand c'est là, ⁓ chouette de pouvoir le reconnaître aussi quand ça avance dans le bon que tu... Tu aurais envie de laisser un petit conseil à ceux qui nous écoutent, peut-être ? à des personnes qui ont quelques caractéristiques qui sont les tiennes ou plus largement, ces personnes qui nous écoutent là peut-être et qui se disent, c'est bien, elle y arrive, mais pourquoi moi ? Est-ce que j'ai les aides ou qu'elle a ? Qu'est-ce qui a fait qu'au moment où on se posait la bonne question il y a eu cette possibilité d'expérimenter, comme dans un laboratoire, ce que tu étais vraiment capable de faire pour te dire, mais si, en fait, c'est là. pas facile. ⁓ Il a eu, je ⁓ pense, étoiles alignées à ce moment-là, et ça, ça pas. Peut-être que parce que ⁓ j'étais en aussi de l'accepter. Ça arrive au bon moment, mais il a peut-être un peu de ça. Après, un conseil, je présente pas, donner des conseils... Encore une fois du haut de mes 20, 9 ans maintenant, je donnerais pas de conseils, quelque chose moi qui me permet de... Qui me reboost et qui me redonne confiance en moi ou qui me permet d'aller plus loin quand on a envie d'être démoralisée, c'est... Je pense qu'il faut avoir des moteurs dans la vie. On peut en avoir un à un certain moment, ce sera peut-être pas le même plus tard, on peut en avoir plusieurs et je pense que c'est sur ça qu'il faut se reposer. Moi, comme tu disais, un de mes moteurs, c'est la musique. peux écouter un morceau et ça va me requinquer ou jouer un morceau et pareil une sonorité et ça va me rebooster. Ou alors ça peut être toujours dans le lien humain. Une personne vous l'appelez vous permet de vous rebooster. Vous allez déplacer des montagnes. C'est bon, êtes à fond et je pense que c'est ça qu'il faut. Il ne faut pas être tout seul déjà première chose. Et il avoir des... des envies, des choses en dehors du travail qui nous nourrissent. Donc ça peut être l'art, ça peut être... Moi je donne un exemple de la musique, mais il a plein d'autres choses. voilà, c'est d'avoir des moteurs pour avancer plus loin et peut-être un peu plus vite aussi. Merci. Je pense que c'est intéressant de se dire qu'il a des moments dans la vie où effectivement avancer seul, c'est compliqué. Et il a l'accompagnement que je propose, mais y a plein d'autres accompagnements qui existent. Et puis, a effectivement les amis qui sont là aussi, avec lesquels on peut en partie cheminer, cheminer avec plusieurs personnes en même temps aussi. oui, je ne peux qu'aller dans ton sens. bien, Audrey, que tu puisses nous parler de ta vision de l'entreprise, sachant que moi, j'accueille ici beaucoup de personnes qui sont déçues de leur expérience dans une entreprise en tant que salariée. et parce qu'ils n'ont pas su saisir les codes, parce qu'ils se sont perdus dans des règlements de pouvoir. Quand je dis pouvoir, des fois, ça va pas très loin. Des problèmes de reconnaissance, de management, des problèmes de harcèlement. Évidemment, on est dans l'humain, tout se passe. Mais j'accueille beaucoup de personnes qui peuvent me dire... qu'elles sont, d'une certaine manière, déçues de l'entreprise. Elles sont peut-être aussi déçues du genre humain quand il est organisé. Mais c'est quand même très important, parce que quand on écoute les travaux ou quand on lit les travaux d'Anniele Linnart, elle parle bien du fait qu'il y a une compétition de plus en plus forte dans l'entreprise. Les contrats de travail sont individuels. On ne sait pas forcément qui fait quoi. qui est payé combien, etc. Et donc ça dresse pas mal les salariés les uns contre les autres. Alors cette compétition, est feutrée, évidemment, on ne la ressent pas toujours très fortement, mais disons que ceux qui ont été blessés par l'entreprise la ressentent vraiment profondément. on avait imaginé, et encore une fois, c'est encore à l'œuvre, c'est encore un projet que tu... ⁓ pouvait créer une structure pour accompagner différents chefs d'entreprise à prendre les bonnes décisions de manière stratégique. Et tu as fait le choix, et je pourrais presque dire on a fait le choix de se dire, voilà, on va expérimenter ce qui peut se passer dans une autre entreprise pour voir si finalement tu acquires cette légitimité-là. Mais il fallait aussi accepter le fait de re-rentrer dans un mode de fonctionnement dans lequel tu avais déjà essayé de te trouver une place. qui avait failli. est-ce que tu peux nous dire, évidemment, ce n'était pas du tout les mêmes entreprises, comment tu l'as vécu, comment est-ce que tu as envisagé la chose ? Alors, c'est vrai que ça n'avait rien à voir. Oui, on est dans des entreprises, mais totalement différentes, avec des schémas différents. ne pas partir, il faut pas faire de généralité en se disant que je retrouverais toujours le même schéma dans une entreprise. Il y a des entreprises où les choses sont très clairement définies, le poste de l'un... ⁓ et le début de l'autre, y a une jonction entre les postes, il ne pas sortir de son cadre. Il y a des choses très arrêtées, mais ce pas dans toutes les entreprises. Dans la mienne actuellement, non, il y a une grande largesse qui est donnée, une innovation n'est pas tabou. Quelqu'un qui a envie de proposer tel tel changement, on va essayer d'aller dans ce sens-là, si c'est pertinent pour l'ensemble d'entreprises. Peut-être que lui le voit comme intéressant pour... sa position, mais finalement, ce ne pas une position stratégique pour toute l'entreprise. Mais les questions sont ouvertes. On laisse les gens s'exprimer et il a pas de limite à la mission. Donc, il pas se dire, parce que j'ai déjà fait 5, 10 entreprises, la 11ème, ce sera pareil. Non, peut-être que ce sera différent et il trouver la bonne, par contre. faut pas s'arrêter aux expériences passées. Ça peut freiner, je peux comprendre, mais il laisser sa chance. On a quand même un tissu entrepreneurial en France qui est assez impressionnant et assez énorme. Faut pas se dire qu'on trouvera le même schéma ailleurs. si tu devais les classer pour un peu ton avis, par exemple, des structures très anglo-saxonnes ou des sociétés plus familiales, c'est des arguments pour toi qui sont importants tant que tels ou on en revient toujours la même chose à l'humain et aux personnes qui sont ⁓ charge ⁓ de diriger l'entreprise. Les entreprises à taille humaine seront toujours plus... et pas émissantes de mon point de vue, dans sens où on ne mettra pas une étiquette à la personne plutôt que des entreprises déjà avec une certaine taille où forcément c'est nécessaire pour passer ce gap d'augmentation du nombre de salariés de conditionner les gens. C'est évident, sinon ça devient en effet l'anarchie. Mais à une taille assez intermédiaire... les entreprises peuvent se permettre de laisser une attitude à leurs collaborateurs. Ça fonctionne sur la confiance, on ne pas se mentir, mais c'est aussi en cercle restreint qu'on peut avoir cette confiance et laisser cette possibilité-là aux gens de dessiner leur poste. J'ajouterais peut-être un petit truc aussi, les entreprises de l'économie sociale et solidaire, peut penser quand même qu'il y a une certaine forme d'ouverture. d'ouverture en tout cas, de conscience de l'humain, là où des entreprises qui sont gouvernées par un conseil d'administration qui complètement en dehors de la problématique concrète des productions... est dans quelque chose qui est plus dangereux parce que directement déconnecté, déconnecté la production, déconnecté du terrain. Est-ce que... pour donner une idée du quatre-quarts géants que tu es, peux essayer de nous parler d'une journée type où tu vas faire plein de choses différentes et apporter ton aide à des endroits qui sont quand même bien stratégiques. Alors te prends un peu au dépourvu, je le dis. C'est quelque chose qui pourrait se réfléchir un peu, ⁓ voilà, envie de t'entendre là-dessus. Journée type. Alors déjà, je vais... Je avoir des journées type... Nous, c'est une entreprise agricole dans laquelle je suis et donc on a la saisonnalité qui joue beaucoup. Donc je ne pas avoir une même journée type en mars qu'une même journée type en août. Déjà, il a un peu de ça, donc ça dynamise, c'est sympa. journée type en ce moment, je commence par faire un tour à la station, dans l'usine de conditionnement. Je vais voir les différents ateliers, je vais voir chaque chef d'équipe. J'ai toujours un petit mot, je vais discuter une minute ou deux avec eux, faire le point, voir si tout va bien, s'il y a des problématiques de personnel ou de technique. Voilà, je fais le tour. Je récupère en même temps les informations, les données de production que je vais ensuite analyser. Donc il a cette partie derrière analyse. Ensuite, je vais avoir des problématiques pour gérer nos saisonniers, par exemple. Donc je vais travailler avec ma collègue sur ça. Ça, c'est un sujet ou on ne s'ennuie jamais, fait de rebondissements d'une heure à l'autre, ça c'est formidable aussi. Je vais faire... Qu'est-ce que je vais faire d'autre ? Je vais déposer des permis de construire pour préparer des nouvelles cultures. Je vais mettre mes bottes et aller dans le champ parce qu'il y a un élément à aller... Une désaudite à préparer ou des choses comme ça par exemple. vais faire des réunions plus officielles, au niveau bancaire, ou des choses un peu plus... Il n'y a rien qui se ressemble. C'est ça qui me plaît, ⁓ ça qui me faut. Je passe d'un sujet à l'autre, je jongle. Ça, j'adore. Ça, vraiment, j'adore. Donc voilà, je ne sais pas si c'est une journée type, mais ça montre un petit peu comment je peux passer du coq à l'âne. C'est super intéressant, merci d'avoir répondu parce que quand tu dis je mets mes bottes pour aller faire un audit, pense que beaucoup de gens qui ont fait un audit ne comprennent pas forcément le lien entre les bottes et l'audit. D'ailleurs est-ce que tu peux aller un peu plus loin là-dessus ? Du coup on a des audits qualités, donc je travaille avec une de mes collègues sur ça et en effet on peut être amené à aller faire des audits qualité champ vraiment sur le produit, sur le fruit, il y a des réglementations à respecter. Donc voilà, je vais passer voir par exemple mes collègues pour préparer les affichages réglementaires, vérifier qu'on est bon. Il faut faire attention au stock de produits, des choses comme ça. Donc il y a tout un travail en amont des fois aussi. faut les accompagner. C'est pas la partie paperasse, c'est nous. Eux, sont dans le champ, ils gèrent déjà toute la production. On ne pas leur en rajouter. Donc il y a cette partie terrain, oui. Et durant l'été, du coup, c'est plus intense ? Comment ça se passe ? Tu as des horaires beaucoup plus élargis ou c'est une période qu'on sait plus fatigante parce qu'il tous les saisonniers dont il faut s'occuper ? Oui, c'est le gros rush de l'année. Plage horaire, il n'y en a pas vraiment. On s'arrête quand il s'arrêter. Après moi, c'est quelque chose qui me dérange pas. Tant que je suis en action... ⁓ Il n'y a pas de souci. Et puis on sait aussi que c'est le coup de rush. accueille 250, 300 saisonniers. Ça ne fait pas d'un claquement de doigts. C'est du travail, c'est des imprévus. ⁓ beaucoup d'imprévus et il faut savoir réagir, rebondir, être actif. Donc oui, c'est le cœur de la saison. On a aussi un gros cœur de saison, c'est qu'on fait aussi des fruits d'hiver, des marrons en fait. Donc sur octobre, c'est pareil, c'est une grosse période de rush ou pas pareil, mes journées pas type, je fais l'achat auprès des producteurs de marrons. Le soir, arrivent, ils viennent nous vendre leur palox de et donc je les accueille, on fait les achats ensemble. Donc oui, n'y a pas vraiment, par contre, c'est un poste où il être à 100 % et il a pas d'heure de départ. C'est intéressant de le dire et là, je pense à tous ceux que j'accompagne, qui sont plutôt dans une démarche de reconversion, d'aller plus dans les campagnes, d'aller plus dans de réhabilité des fermes, parce que finalement... toi tu es dans cet environnement là et ça te plaît en fait vraiment le fait que ce soit agricole, ce soit concret, que... et la problématique météo est très très importante tu t'en rends ça c'est sûr. Après on essaie de l'être moins puisqu'on a notamment pas mal de cultures sous serre donc on se protège, on a des armes mais pour autant oui c'est pas... on peut avoir une chute de récolte parce qu'en effet il y a eu de la grêle ou des choses comme ça. Après, ça s'anticipe aussi. a des qu'on peut mettre en avant et mes collègues vont être hyper vigilants sur la météo pour pouvoir réagir. C'est vraiment important de t'avoir entendu parce qu'effectivement, voit le côté juridique, comptable, etc., mais il a quand une partie opérationnelle très importante et peu un stress, comme les paysans. ⁓ Alors, il n'y a plus de paysans, on parler d'agriculteurs, mais le risque météo, vivre avec cette donnée-là qui doit être quand même assez stressante. Et au niveau des saisonniers, vous avez le nombre suffisant chaque année où c'est très compliqué là aussi. Vous les hébergez jusqu'où vous allez. Oui, ça aussi, c'est un challenge. Ce n'est pas évident de trouver autant de monde, mais on y arrive. Après, oui, on les loge forcément pour que tout le monde puisse... rester et trouver un logement dans notre région, n'est pas forcément tout temps facile. oui, on s'assure de pouvoir les loger aussi. un grand merci Audrey ⁓ pour avoir accepté de parler de ton cheminement, de ton parcours. Vraiment heureuse que tu en sois là aujourd'hui. dès que tu en capacité de proposer tes services à d'autres personnes qui pourraient en avoir besoin, même si c'est dans 5 à 10 ans, surtout, j'espère que tu nous tiendras informé. Avec plaisir. Merci, Hylène, en tout cas, pour l'invitation. En plus, avec la cabane en fait à côté, c'est super. C'est le bon timing. On va tout de suite s'y rendre parce qu'on va aller faire un petit coucou à une autre Audrey dont le podcast est déjà passé, une fresquiste qui peint sur des toiles. Elle qui était avant place Vendôme dans un service qualité pour s'occuper des bijoux. Maintenant, elle... Elle peint des fresques sur tout le bassin et encore ailleurs si on l'appelle. Voilà, donc on va lui faire un petit coucou de ce pas.