Latest / Parlons PMA / 48. Intelligence artificielle et PMA
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- 0:00Bonjour et bienvenue sur Parlons PMA,
- 0:03votre ressource autour du parcours de procréation médicalement assistée.
- 0:07Je suis Lisa Journiac et j'accompagne les femmes pendant leur parcours de PMA.
- 0:11Grâce à mon expérience dans ce domaine et mes compétences en coaching,
- 0:15j'ai pour mission de vous aider à mieux vivre vos essais bébés.
- 0:19Dans ce podcast,
- 0:20je vous propose des informations et des conseils à travers des témoignages de personnes ayant vécu ce parcours,
- 0:26d'interviews d'experts en fertilité et enfin d'outils et réflexions que j'utilise durant mes accompagnements.
- 0:33Si tout cela vous intéresse,
- 0:34alors bienvenue et n'hésitez pas à vous abonner à ce podcast pour ne manquer aucun épisode.
- 0:40Et maintenant,
- 0:41c'est parti pour l'épisode du jour.
- 0:44Bonjour Dr Saïs,
- 0:45merci d'avoir accepté mon invitation d'en parler en PMA.
- 0:48Aujourd'hui,
- 0:49on va parler d'intelligence artificielle et de PMA.
- 0:52Bonjour Elisa,
- 0:53merci pour l'invitation.
- 0:55C'est avec grand plaisir qu'on va aborder ces sujets.
- 0:58Ça va intéresser beaucoup de nos auditeurs et auditrices,
- 1:00parce que c'est vrai que c'est un sujet où on parle de plus en plus de l'IA,
- 1:03mais c'est vrai qu'on n'a pas tant d'informations finalement,
- 1:05en tout cas en tant que patient sur ce sujet,
- 1:09donc merci beaucoup.
- 1:10Pour commencer,
- 1:11est-ce que vous pouvez vous présenter,
- 1:12parce que vous avez un parcours super intéressant.
- 1:14C'est gentil.
- 1:15Oui,
- 1:15j'ai un parcours...
- 1:17atypique,
- 1:18voire on pourrait dire que c'est hybride comme parcours.
- 1:21Double formation,
- 1:22j'ai fait une école d'ingénieur avant de faire des études de médecine.
- 1:26Et pendant mes études de médecine et notamment pendant mon clinica,
- 1:31j'ai fait une double formation,
- 1:32donc les deux facettes de la PMA,
- 1:36la biologie de la reproduction et la gynécologie médicale,
- 1:38donc la partie laboratoire et la partie clinique.
- 1:41J'appelle ça les deux facettes d'une même pièce.
- 1:45et ce qui fait que j'ai peut-être une vision un peu différente de soit mes consœurs et confrères biologistes ou consœurs et confrères cliniciens,
- 1:54vu que j'ai entre guillemets habité dans les deux mondes.
- 1:58Oui,
- 1:58je crois que c'est un parcours assez unique en France.
- 2:01Je pense que vous êtes le seul d'ailleurs à faire ça.
- 2:04et c'est vrai que
- 2:05Les gynécologues ont une vision de la prise en charge,
- 2:09les biologistes une autre vision.
- 2:10Donc c'est vrai que d'avoir ces deux versants,
- 2:14pour vous,
- 2:15c'est un atout considérable dans la prise en charge des patients.
- 2:21Je pense que ça l'est.
- 2:23C'est-à-dire que ce que j'ai vu qui a changé dans ma pratique,
- 2:26c'est la relation avec mes consoeurs et mes confrères.
- 2:31C'est-à-dire que quand on...
- 2:34On parle aux biologistes de la reproduction quand on est clinicien.
- 2:38Parfois,
- 2:40de manière bilatérale,
- 2:41l'information peut être un peu diluée.
- 2:43C'est-à-dire qu'on ne peut pas trop rentrer dans les détails.
- 2:47Alors que,
- 2:48personnellement,
- 2:49quand j'ai mes collègues de l'hôpital biologiste avec qui je parle,
- 2:54que ce soit dans un staff transfert ou pendant les ponctions,
- 2:56il n'y a zéro dilution de l'information parce qu'ils savent que j'ai été aussi formé comme eux.
- 3:01Et ça,
- 3:02c'est hyper intéressant.
- 3:03d'un point de vue professionnel.
- 3:04Et avec les patientes,
- 3:07pendant la consultation,
- 3:08on peut rentrer plus en détail dans la partie culture embryonnaire,
- 3:14qu'est-ce qui se passe au laboratoire,
- 3:15qui est une partie qui est très mystérieuse pour les patientes,
- 3:18parce que ça arrive très souvent qu'on n'ait pas beaucoup d'informations sur ce qui se passe au laboratoire.
- 3:24Et oui,
- 3:25effectivement,
- 3:25les patientes sont très demandeuses d'informations.
- 3:29C'est toujours très enrichissant de pouvoir leur apporter cette information en parallèle des informations cliniques et médicales sur tout leur parcours en PMA plus visible,
- 3:42c'est-à-dire celui qu'on connaît plus,
- 3:43le parcours un peu clinique.
- 3:45Et vous,
- 3:46vous vous intéressez beaucoup au sujet de l'intelligence artificielle.
- 3:51Comment vous en êtes venu là à devenir un peu expert,
- 3:55si on peut dire,
- 3:56sur ce sujet ?
- 3:58Expert,
- 3:58c'est peut-être un grand mot,
- 4:00mais l'histoire est peut-être intime.
- 4:04En fait,
- 4:04je suis arrivé là parce que j'étais privé de jeux vidéo quand j'étais petit.
- 4:08Et en fait,
- 4:09je n'ai jamais vraiment pu jouer à des jeux vidéo.
- 4:12Et je voulais,
- 4:13en fait,
- 4:13quand j'étais petit,
- 4:13je voulais jouer.
- 4:15Et tous mes amis avaient des consoles et moi,
- 4:16je n'en avais pas.
- 4:17Donc,
- 4:19je pense que j'ai grandi un peu avec cette frustration.
- 4:21Et quand j'ai eu mon premier salaire d'interne,
- 4:23j'ai consumé un ordinateur.
- 4:25J'ai construit un ordinateur pour jouer.
- 4:27J'ai acheté plein de jeux et j'ai vite réalisé que je n'avais pas le temps de jouer au milieu de mes études et de mon travail.
- 4:33Cet ordinateur a pris la poussière pendant des années jusqu'au jour où j'ai dû faire ma thèse de médecine.
- 4:39Un jour,
- 4:41un de mes collègues qui était assistant en biologie de la reproduction à l'époque m'avait dit « Regarde,
- 4:47il y a cet article,
- 4:48ils font de l'intelligence artificielle avec des images d'embryons.
- 4:53Tu penses que tu peux essayer de reproduire un peu cette étude ? »
- 4:56mais avec nos données à nous.
- 4:58Et effectivement,
- 4:59j'ai réalisé que j'avais le matériel pour le faire.
- 5:01Donc en fait,
- 5:02le parallèle des jeux vidéo,
- 5:04c'est que le matériel pour jouer à des jeux vidéo nécessite une carte graphique.
- 5:08Et en fait,
- 5:08ces cartes graphiques sont ultra efficaces pour faire des calculs d'intelligence artificielle,
- 5:12notamment avec de l'imagerie par exemple.
- 5:14Et en fait,
- 5:15à partir du moment où je réalise qu'on a des données et j'ai du matériel,
- 5:19je deviens un peu indépendant.
- 5:22Et c'est là,
- 5:23c'est la première fois où je commence à faire...
- 5:25des calculs de la prédiction de qualité embryonnaire avec des images d'embryons.
- 5:30Et en fait,
- 5:31c'était le premier engrenage qui a commencé à faire en sorte que j'ai mis les mains dans le cambouis.
- 5:37Et donc,
- 5:37je suis arrivé à l'intelligence artificielle via ma thèse de médecine avec cette histoire d'arrivation de cheveux vidéo.
- 5:45Donc,
- 5:45c'est un peu comme ça que j'ai mis les mains dedans.
- 5:47Donc c'était un peu,
- 5:48voilà,
- 5:48la morale de l'histoire,
- 5:49c'est il faut priver vos enfants de jouer à des jeux vidéo.
- 5:51Oui,
- 5:51c'est ce que j'allais dire.
- 5:52J'étais en train de me dire,
- 5:53mon fils,
- 5:54on est actuellement dans cette problématique de savoir console vidéo,
- 5:58pas console vidéo.
- 5:59Finalement,
- 6:00je vais peut-être me positionner après avoir écouté cette histoire.
- 6:06Je ne recommande pas la privation.
- 6:08Tout doit se faire avec modération.
- 6:10Mais voilà,
- 6:10c'est un peu comme ça.
- 6:12Et de fil en aiguille,
- 6:14il y a eu l'explosion de...
- 6:17des modèles de langage,
- 6:19des LLM,
- 6:20des Large Language Models,
- 6:22des grands modèles de langage,
- 6:23donc ChatGPT pour le commande des mortels.
- 6:26Et en fait,
- 6:26c'est vers 2022 que tout a explosé.
- 6:30Et après,
- 6:30c'est une autre technologie d'algorithme.
- 6:32Et donc après,
- 6:33on s'y intéresse de plus en plus et on essaie de voir ce que cette technologie peut apporter à notre spécialité.
- 6:39Mais je pense que ça,
- 6:39on va en parler très probablement après.
- 6:41Oui,
- 6:41parce que finalement,
- 6:42avant peut-être d'aller plus loin,
- 6:44comment est-ce que...
- 6:45Vous définiriez d'une manière assez simple,
- 6:47pour les personnes qui nous écoutent,
- 6:48ce que c'est l'intelligence artificielle ?
- 6:50Parce qu'on en parle beaucoup,
- 6:51mais finalement,
- 6:52ce n'est pas toujours très clair.
- 6:56Moi,
- 6:56c'est une question 1 qui me fascine,
- 6:58parce que la réponse est très compliquée à simplifier,
- 7:04mais je pense qu'on peut toujours partir de ce que c'est que l'intelligence.
- 7:10En fait,
- 7:10il faut imaginer que l'intelligence,
- 7:13Merci.
- 7:14L'intelligence humaine,
- 7:15si on veut simplifier la définition de l'intelligence humaine,
- 7:17c'est l'efficacité avec laquelle on est capable de transformer ses connaissances,
- 7:23a priori,
- 7:24son expérience,
- 7:26en compétences,
- 7:27en ce qui concerne un ensemble de tâches qui ne sont pas connues à l'avance.
- 7:31Je vous donne un exemple,
- 7:32vous prenez deux êtres humains,
- 7:34ils ont un problème à résoudre qu'ils n'ont jamais vu dans leur expérience ou dans leur connaissance,
- 7:41et donc eux ils vont utiliser ce qu'ils ont appris dans leur vie.
- 7:45que ce soit dans des livres à l'école,
- 7:47leur expérience de vie,
- 7:49des choses qu'on n'apprend pas à l'école,
- 7:51et comment est-ce qu'ils vont résoudre ce problème de la manière la plus efficace possible,
- 7:56c'est-à-dire soit de la manière la plus vite possible,
- 7:59soit en réussissant à résoudre ce problème.
- 8:02Et donc on a deux personnes différentes avec un même problème qui arrive au résultat en premier,
- 8:07et en fait on va définir l'intelligence comme ça.
- 8:09Et donc si on ajoute le mot artificiel à intelligence,
- 8:13Du coup,
- 8:13ce ne sont plus des êtres humains,
- 8:16ce sont des machines,
- 8:17ce sont des algorithmes,
- 8:19des réseaux de neurones,
- 8:20entre guillemets,
- 8:22qui font ces tâches.
- 8:23Voilà,
- 8:23c'est comme ça que je définirais l'intelligence artificielle.
- 8:26C'est plutôt clair.
- 8:27En tout cas,
- 8:28j'ai compris.
- 8:29Si jamais,
- 8:30je vous renverrai des petites questions,
- 8:31si j'ai des retours.
- 8:33Mais en tout cas,
- 8:35pour moi,
- 8:35c'est super clair.
- 8:36Et évidemment,
- 8:38ici,
- 8:38la grande question,
- 8:39en parlant PMA,
- 8:39c'est finalement,
- 8:40quels sont les usages de l'IA qui sont les plus concrets actuellement en matière de PMA ?
- 8:46Et peut-être aussi,
- 8:47quelles en sont les limites actuelles ?
- 8:49Oui,
- 8:50les usages les plus concrets,
- 8:52notamment,
- 8:52il y a un usage qui vient tout de suite à l'esprit,
- 8:54parce que c'est celui qu'on va...
- 8:56qu'on peut voir concrètement,
- 8:59qu'on peut voir directement quand on rentre dans un laboratoire qui est équipé d'un timelapse.
- 9:03Donc juste pour rappel,
- 9:05le timelapse c'est un incubateur,
- 9:07c'est l'endroit,
- 9:07c'est la machine dans laquelle on met les embryons pendant la culture embryonnaire,
- 9:13avec une caméra qui va venir prendre des photos à intervalles réguliers de l'embryon,
- 9:20dans tous les plans de l'embryon.
- 9:21Et à la fin de cette culture embryonnaire,
- 9:23vous allez pouvoir reconstituer le film.
- 9:26du développement de cet embryon.
- 9:28On appelle ça un timelapse,
- 9:29un peu comme ce qu'on peut faire avec notre appareil photo.
- 9:33Quand on prend des timelapses,
- 9:34vous allez avoir un genre de vidéo en accéléré,
- 9:37parce qu'il y a plein de photos qui sont prises en intervalles réguliers,
- 9:39et après vous reconstituez le film.
- 9:41Donc les timelapses,
- 9:45ça générait beaucoup de données.
- 9:48Vous avez des disques durs sur lesquels les vidéos sont enregistrées,
- 9:52et au bout d'un moment,
- 9:54C'était surtout au milieu des années 2000.
- 9:58fin des années 2010,
- 10:00vous avez les gros algorithmes de reconnaissance d'images qui se sont développés.
- 10:04Il y a eu une explosion du développement de ces algorithmes et la première utilisation,
- 10:09ça a été de prendre ces images d'embryons,
- 10:11ces vidéos d'embryons.
- 10:12Pour rappel,
- 10:13une vidéo,
- 10:13c'est une succession d'images et en fait,
- 10:17ils ont commencé à entraîner des algorithmes pour reconnaître des embryons qui avaient un fort potentiel d'implantation.
- 10:22Et donc,
- 10:23les constructeurs ont développé des algorithmes et Merci.
- 10:27et ils les ont commercialisés.
- 10:29Et donc maintenant,
- 10:29quand vous avez un incubateur timelapse avec intelligence artificielle,
- 10:34l'algorithme va vous dire cet embryon,
- 10:37il a un fort potentiel d'implantation,
- 10:39il faut le transférer.
- 10:40Cet embryon,
- 10:41il a un fort potentiel d'implantation,
- 10:43il faut le congeler.
- 10:44Si vous avez plusieurs embryons,
- 10:46si vous avez la chance d'avoir plusieurs embryons qui se sont développés,
- 10:49et à contrario,
- 10:50il peut vous dire aussi cet embryon n'a pas de chance d'implantation,
- 10:53il faut le détruire.
- 10:55Il faut s'en débarrasser,
- 10:55entre guillemets,
- 10:56parce qu'il ne donnera pas de grossesse.
- 10:57Ou il ne s'implantera pas.
- 10:58Et donc,
- 10:59ça,
- 11:01c'est une utilisation de l'intelligence artificielle qu'on retrouve au laboratoire,
- 11:05par exemple.
- 11:07Par contre,
- 11:07ce qu'il faut dire,
- 11:08et ça c'est très important,
- 11:09c'est que ça ne fera pas tomber les patientes plus enceintes.
- 11:13C'est-à-dire que c'est un confort pour le biologiste de la reproduction qui va avoir cette technologie,
- 11:18qui va lui permettre de gagner du temps.
- 11:21Il faut vous imaginer un centre qui a...
- 11:23qui fait 10 000 ponctions par an,
- 11:256 000 ponctions par an,
- 11:265 000 ponctions par an,
- 11:27il y a beaucoup,
- 11:28beaucoup,
- 11:28beaucoup,
- 11:29beaucoup d'embryons à lire.
- 11:30Une technologie comme ça,
- 11:31ça permet de gagner beaucoup de temps.
- 11:34Mais ça ne va pas forcément faire en sorte que les patientes derrière aient plus de grossesse.
- 11:41Le but de cette sélection embryonnaire,
- 11:43c'est de gagner en ce qu'on appelle en time to pregnancy,
- 11:46le temps que ça prend pour que la patiente tombe enceinte.
- 11:49Donc si vous arrivez à faire gagner du temps à la patiente,
- 11:51c'est toujours ça de gagner.
- 11:53Mais si vous enlevez cette technologie du laboratoire,
- 11:56les patients ne vont pas plus tomber enceinte.
- 11:58Le biologiste est capable de faire ce classement tout seul de manière très efficace.
- 12:05Mais par contre,
- 12:07si on demande à un biologiste de lire 10 000 embryons et on demande à un algorithme de lire 10 000 embryons dans un temps restreint,
- 12:14c'est sûr que l'algorithme va gagner.
- 12:16Parce qu'en fait,
- 12:17c'est des machines.
- 12:19C'est comme si on me demande de faire un 100 mètres contre une moto,
- 12:22par exemple,
- 12:23je vais perdre.
- 12:24Mais je vais réussir à le faire,
- 12:25ce 100 mètres.
- 12:26Si je peux me permettre,
- 12:27en fait,
- 12:27ce que vous dites,
- 12:29c'est que finalement,
- 12:31ce qui est utilisé en termes de DIA au niveau du laboratoire des timelapses,
- 12:35en tant que biologiste,
- 12:38on est capable de faire exactement la même chose que la machine,
- 12:41mais en fait,
- 12:42on va gagner du temps,
- 12:43c'est ça ?
- 12:44C'est ça.
- 12:45C'est beaucoup plus rapidement les informations,
- 12:47en fait.
- 12:48Mais dans l'absolu,
- 12:49on en reparlera après,
- 12:50mais c'est vrai que c'est toujours intéressant,
- 12:51finalement,
- 12:52de se dire,
- 12:53oui,
- 12:53la machine peut faire ce que l'humain fait,
- 12:57elle va permettre de faire gagner du temps,
- 12:59mais elle est capable de faire la même chose.
- 13:01Pour l'instant,
- 13:02on n'est pas sur de l'amélioration en termes de résultats.
- 13:08On est sur de l'amélioration en termes de productivité.
- 13:11Exactement,
- 13:11c'est exactement ça.
- 13:12Il n'y a pas de supériorité.
- 13:15C'est-à-dire que la technologie de timelapse en soi n'est pas supérieure à la culture classique,
- 13:23et l'intelligence artificielle sur ce timelapse n'est pas supérieure aussi en chances de grossesse.
- 13:27Il y a toujours ce plafond de verre,
- 13:29entre guillemets,
- 13:30on n'arrive pas encore à améliorer complètement les chances de grossesse,
- 13:34le taux de grossesse avec ces technologies.
- 13:36Exactement.
- 13:38Et on n'arrive pas,
- 13:40puisque finalement l'analyse du biologiste et de la machine est finalement la même,
- 13:45du coup on ne gagne pas de temps de grossesse pour la patiente ?
- 13:52Alors,
- 13:53soit on ne gagne pas de temps de grossesse pour la patiente,
- 13:56tout à fait,
- 13:56parce que le biologiste va classer à peu près de la même manière.
- 14:00Par contre,
- 14:01il faut se dire que c'est du temps gagné pour faire autre chose.
- 14:06C'est-à-dire que si la machine est très rapide et équivalente à l'équipe médicale,
- 14:12vous allez gagner plus de temps pour faire autre chose.
- 14:13Par contre,
- 14:15je mets un bémol à tout ça,
- 14:16c'est qu'en fait,
- 14:18on ne ferme pas les yeux devant une décision entre guillemets algorithmique,
- 14:21c'est-à-dire qu'on ne va pas accepter la décision comme vérité absolue.
- 14:25Le biologiste va forcément regarder la décision de l'algorithme et il peut ne pas être d'accord,
- 14:29et c'est lui qui a la main à la fin.
- 14:31un algorithme qui va classer trois embryons en disant il faut transférer celui-là en premier,
- 14:35celui-là en deuxième,
- 14:35celui-là en troisième,
- 14:36le biologiste peut très bien se dire je ne suis pas d'accord,
- 14:39cet embryon me paraît transférable en première position,
- 14:43cet embryon me paraît congelable alors que l'algorithme voulait le détruire,
- 14:46etc.
- 14:47Donc il y a aussi une expérience biologique que le biologiste peut avoir et qui lui aura vu.
- 14:57probablement moins d'embryons que l'algorithme,
- 14:59mais a toujours ce souci de pouvoir expliquer son choix.
- 15:03Parfois l'algorithme vous donne un choix et prend une décision,
- 15:08mais ne vous expliquera pas pourquoi il a pris cette décision,
- 15:10donc ça c'est très particulier.
- 15:13Et ça c'est hyper important,
- 15:14de pouvoir expliquer ses décisions.
- 15:16Et autre chose,
- 15:18et ça je pense qu'on y reviendra aussi après,
- 15:20l'algorithme ne vous dit jamais je ne sais pas.
- 15:23Il ne vous dit jamais je ne sais pas.
- 15:26Alors que
- 15:27il faut avoir l'humilité de dire parfois,
- 15:30on n'a pas toutes les informations,
- 15:32on n'a pas toutes les réponses,
- 15:33on va prendre une décision avec des informations partielles,
- 15:37et ça,
- 15:37l'algorithme,
- 15:38il n'est pas encore très humble,
- 15:41en fait,
- 15:42dans ses décisions.
- 15:43Donc ça,
- 15:44c'est un premier...
- 15:45un premier usage concret,
- 15:47en tout cas d'IA en matière de PMA,
- 15:49qui est utilisé actuellement.
- 15:51J'imagine que maintenant,
- 15:51il y a beaucoup de centres en France qui sont équipés de timelapse,
- 15:57et peut-être pas tous encore,
- 15:58qui utilisent l'intelligence artificielle.
- 16:00Je ne sais pas,
- 16:01je ne me rends pas compte.
- 16:02Oui,
- 16:02vous en avez.
- 16:03Vous avez beaucoup d'autres centres en Europe,
- 16:07que ce soit en Belgique ou en Espagne,
- 16:08vous avez des centres qui font beaucoup de ponctions Bon.
- 16:13dans l'année,
- 16:14eux aussi ont des timelapses avec la fonction intelligence artificielle.
- 16:18Et en France,
- 16:19on s'équipe de plus en plus,
- 16:21donc il y a de plus en plus de centres qui l'ont.
- 16:23Donc il faut vraiment distinguer le timelapse de le timelapse plus l'algorithme d'intelligence artificielle.
- 16:29Il y a une brique qui se rajoute à la technologie.
- 16:32Il y a beaucoup d'autres choses qui se développent en termes d'IA,
- 16:36mais celle-là,
- 16:37c'est vraiment la technologie qu'on peut voir directement quand on rentre dans un laboratoire,
- 16:41par exemple.
- 16:43Quand on parle d'imagerie,
- 16:44il y a aussi les spermatozoïdes,
- 16:46par exemple.
- 16:48Là aussi,
- 16:48il y a un apport qui serait indéniable,
- 16:51et ça,
- 16:52c'est en train de se développer.
- 16:53Pour le coup,
- 16:54il n'y a pas encore vraiment d'application aussi poussée et aussi adoptée que le timelapse avec l'IA,
- 17:02mais les spermatozoïdes,
- 17:04c'est des cellules qui bougent,
- 17:07qui sont nombreuses en général.
- 17:09Il faut arriver à les voir,
- 17:11à les attraper,
- 17:12entre guillemets.
- 17:13et à les sélectionner,
- 17:15plutôt voir,
- 17:16sélectionner,
- 17:16attraper.
- 17:18Et ça,
- 17:18l'IA a une énorme place parce que l'IA va pouvoir détecter très vite les spermatozoïdes,
- 17:24va pouvoir les traquer,
- 17:25et ensuite il y a encore une opération humaine,
- 17:28mécanique,
- 17:29pour venir attraper ces spermatozoïdes,
- 17:33pour ensuite faire une ICSI,
- 17:35donc une intracytoplasmique spermoinjection,
- 17:38c'est une fécondation in vitro avec microinjection de spermatozoïdes.
- 17:43Là aussi,
- 17:45c'est vraiment quelque chose qui est chronophage,
- 17:48qui est très technique au laboratoire.
- 17:50Et là,
- 17:51il y a clairement une place à prendre.
- 17:57Et pour le coup,
- 17:58là,
- 17:58ce n'est pas encore répondu,
- 17:59mais c'est en train de se développer.
- 18:01Ça,
- 18:01c'est vraiment coté au laboratoire,
- 18:04toujours pour gagner du temps.
- 18:07C'est encore ça.
- 18:08Ça fait toujours gagner du temps aux professionnels de santé.
- 18:12sans forcément faire tomber les patientes plus enceintes que si on n'utilisait pas ces technologies.
- 18:22Côté clinique,
- 18:23c'est toujours la même chose.
- 18:25Vous avez des technologies qui vous permettraient d'être plus efficace,
- 18:29de gagner du temps,
- 18:30de personnaliser le parcours,
- 18:32mais c'est plus dans une logique,
- 18:34et ça,
- 18:34ça va être un peu difficile à accepter,
- 18:36même pour le professionnel,
- 18:38c'est plus pour une gestion de l'échec.
- 18:40C'est-à-dire que...
- 18:42On va avoir les technologies qui ne vont toujours pas nous permettre de faire tomber la patiente plus enceinte,
- 18:47mais on va plus l'orienter dans un parcours ou dans un autre.
- 18:50C'est-à-dire qu'on a beaucoup de données sur la patiente,
- 18:54tous ses examens,
- 18:56toute son histoire.
- 18:57On a des données de la littérature scientifique.
- 19:01On peut prendre plein d'articles qui se réfèrent à la pathologie de la patiente,
- 19:05à l'éthiologie,
- 19:05donc la cause de l'infertilité de la patiente.
- 19:07On peut faire des synthèses,
- 19:09des comptes rendus très rapidement.
- 19:11Et on peut avoir un pronostic,
- 19:13c'est-à-dire que si j'ai une patiente qui vient et que j'ai une base de données où j'ai 10 000 patientes qui sont dans le même cas que la patiente qui est en face de moi et que j'ai mon algorithme qui repère dans toutes ces données les motifs communs à toutes ces patientes et qui me dit par exemple,
- 19:29je prédis que cette patiente a 3%
- 19:31de chance de tomber enceinte dans votre centre par exemple.
- 19:333%
- 19:33de chance,
- 19:34je préfère l'annoncer à la patiente,
- 19:37toujours avec des réserves.
- 19:39Est-ce que dans mes 10 000 patientes...
- 19:40qui ont servi à entraîner mon algorithme.
- 19:43Est-ce que c'est 10 000 patientes qui habitent dans tel continent,
- 19:48tel pays,
- 19:48telle région,
- 19:49exposées à tel type de pollution,
- 19:52tel type de perturbateurs endocriniens ?
- 19:56tel type de toxique environnemental,
- 19:58tel type de nourriture.
- 20:00En fait,
- 20:02est-ce que je peux généraliser mes résultats à ma patiente ?
- 20:05Ça,
- 20:05c'est des questions qui sont primordiales.
- 20:09Et est-ce que j'informe correctement ma patiente avec ces données ?
- 20:12Ce sont des questions qui sont en suspens que je pose.
- 20:15Et est-ce que la patiente acceptera ce résultat en sachant que ça peut l'orienter vers un don d'ovocytes,
- 20:23par exemple ?
- 20:25Ça peut l'orienter vers d'autres protocoles,
- 20:28ça peut redéfinir son projet de grossesse.
- 20:33Au lieu de perdre du temps à faire plusieurs protocoles avec des chances qui sont infimes,
- 20:38d'informer la patiente en lui disant que les chances sont de temps et je vous conseille plutôt d'aller vers tel ou tel parcours.
- 20:46En fait,
- 20:46c'est une gestion du temps.
- 20:47Encore une fois,
- 20:49je n'utilise pas cette technologie pour dire grâce à l'intelligence artificielle,
- 20:53vos chances de grossesse sont de...
- 20:55Vous allez tomber enceinte,
- 20:56madame,
- 20:56c'est sûr.
- 20:57Ça,
- 20:57c'est du charlatanisme.
- 21:00En tout cas,
- 21:00en 2026,
- 21:02ce n'est pas encore le cas.
- 21:07On parlera peut-être aussi après sur les perspectives futures,
- 21:10ou les limites,
- 21:11ou les avancées potentielles.
- 21:13L'IA,
- 21:15c'est pour le moment une promesse,
- 21:18mais qui a encore beaucoup de preuves à faire.
- 21:23Et donc là,
- 21:24ça serait les choses concrètes.
- 21:26Et effectivement,
- 21:27ce qui est intéressant aussi,
- 21:28c'est de se projeter et de se dire finalement quelles sont les évolutions au jour d'aujourd'hui qu'on peut ressentir en tout cas,
- 21:37parce qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire sur ce sujet.
- 21:40Mais est-ce qu'il y a d'autres choses sur lesquelles d'autres pistes ?
- 21:44Tout à l'heure,
- 21:44on parlait par exemple de la sélection spermatique,
- 21:47parce qu'a priori,
- 21:48ça,
- 21:48ce n'est pas encore complètement en marche.
- 21:51Mais est-ce qu'il y a d'autres choses plus futuristes,
- 21:56en tout cas,
- 21:58qu'on a en tête en ce moment et sur lesquelles il y a peut-être des équipes qui sont en train de travailler ?
- 22:03Il y a d'autres choses plus futuristes,
- 22:04c'est sûr.
- 22:06En fait,
- 22:07la masse de données qu'on a,
- 22:10elle est éparpillée un peu partout.
- 22:11Elle est très hétérogène.
- 22:14Et en fait,
- 22:15on ne l'utilise pas complètement.
- 22:17Donc,
- 22:18ça peut nous aider justement à...
- 22:20organiser toutes ces données.
- 22:21Ça peut être des données aussi génétiques.
- 22:23Donc la génétique,
- 22:24c'est un peu,
- 22:25je pense,
- 22:25le futur.
- 22:27C'est le futur de par sa nature,
- 22:29en fait,
- 22:31de pouvoir avoir des données cliniques,
- 22:33biologiques,
- 22:33génétiques,
- 22:35historiques de la patiente,
- 22:37de qualité,
- 22:38pour pouvoir faire de la...
- 22:40Toujours encore,
- 22:40c'est faire de la prédiction et d'être de plus en plus précis.
- 22:45Ça permet,
- 22:45en fait,
- 22:46de proposer à la patiente une prise en charge plus personnelle.
- 22:50Je mets beaucoup de guillemets dans tout ce que je dis parce qu'on entend beaucoup les mots médecine personnalisée,
- 22:57prise en charge personnelle,
- 22:59adaptée à la patiente,
- 22:59etc.
- 23:00Mais la finalité,
- 23:05c'est de tomber enceinte et d'avoir une naissance vivante.
- 23:07Et si on fait tout ça juste pour ne pas changer les chances de grossesse de la patiente,
- 23:13à la fin,
- 23:14à quoi ça sert ?
- 23:15C'est pour ça que j'ai parlé de cette gestion du temps.
- 23:19qui est important.
- 23:21À la fin de la journée,
- 23:22l'important,
- 23:23c'est que la patiente ait le couple ou la femme célibataire et son projet de grossesse qui soit mené à bien et dans un temps minimal.
- 23:37Donc,
- 23:38le futur,
- 23:39je pense que c'est ça,
- 23:40c'est accumuler des données de qualité de plusieurs domaines différents,
- 23:46imagerie,
- 23:46clinique,
- 23:47biologique,
- 23:47génétique.
- 23:48Donc ça,
- 23:48ça demande une organisation,
- 23:50je dirais,
- 23:50presque étatique,
- 23:52presque continentale.
- 23:55Mais il y a l'EIA Act qui est sorti en Europe,
- 24:01qui veut réguler tout ça.
- 24:02Il ne faut pas oublier que l'intelligence artificielle en médecine,
- 24:05c'est considéré comme un système à haut risque.
- 24:11L'intelligence artificielle,
- 24:11ça a vraiment des logiques décisionnelles.
- 24:13C'est-à-dire qu'on utilise l'intelligence artificielle pour prendre des décisions très souvent.
- 24:17Et la décision en médecine,
- 24:19ce n'est pas décider quelle couleur de chaussette je vais mettre ce matin pour mon entretien.
- 24:26Je n'ai aucun risque sur ma vie en prenant des chaussettes rouges ou des chaussettes blanches.
- 24:31Par contre,
- 24:32tel ou tel médicament à prendre,
- 24:34ça peut avoir des effets secondaires très néfastes sur mon cœur,
- 24:37sur mes poumons,
- 24:37sur mes reins,
- 24:39sur mon cerveau.
- 24:39Et du coup,
- 24:41la décision médicale est très impactante.
- 24:45tout développement de la technologie.
- 24:47En médecine,
- 24:47elle est soumise à des règles beaucoup plus strictes que dans d'autres industries.
- 24:54C'est peut-être pour ça aussi que c'est un peu plus lent.
- 24:57le développement de cette techno en médecine en général,
- 25:00pas qu'en PMA.
- 25:01Mais je pense que c'est pour le mieux,
- 25:06parce que le but,
- 25:07c'est de ne pas faire n'importe quoi avec ces données médicales et avec les décisions médicales qu'on va prendre.
- 25:12Et pour répondre aussi à comment ça évolue,
- 25:17en fait,
- 25:17la relation médecin-patient est en train de changer.
- 25:20Avant,
- 25:20on avait une genre de dyade,
- 25:22c'est-à-dire qu'on avait le médecin,
- 25:24le malade,
- 25:25et c'était tout.
- 25:26Maintenant,
- 25:27on a une triade,
- 25:28on a ces LLM,
- 25:32ces modèles de langage qui ne se mettent pas forcément au milieu,
- 25:36mais ça crée un triangle.
- 25:37On a cette triade et je pense que c'est positif.
- 25:42Par contre,
- 25:43il faut qu'on apprenne tous,
- 25:44c'est-à-dire les professionnels de santé et les patients,
- 25:47à utiliser cet outil de la meilleure manière possible.
- 25:52C'est très positif d'avoir une patiente ou un patient qui arrive en consultation et qui s'est informé avec cet outil qui,
- 25:59moi,
- 26:00ça c'est mon avis personnel,
- 26:01s'améliore de mois en mois,
- 26:03de mise à jour en mise à jour.
- 26:05Je pose toujours les mêmes questions aux intelligences artificielles juste pour voir comment elles s'améliorent et c'est indéniable,
- 26:10ces IA s'améliorent de plus en plus d'itération en itération.
- 26:14Et donc,
- 26:15ça fait que les patients sont proactifs.
- 26:17Mais si vous posez la question aux patients,
- 26:19ils vous diront toujours,
- 26:20je ne veux pas remplacer mon médecin.
- 26:22Je préfère utiliser l'intelligence artificielle,
- 26:25poser mes questions aux médecins,
- 26:27mais l'IA,
- 26:27ça rassure.
- 26:28C'est une présence,
- 26:29je mets des grosses guillemets à ce que je dis,
- 26:31médicale,
- 26:33permanente,
- 26:3424 heures sur 24,
- 26:357 jours sur 7.
- 26:36Vous rêvez à 3 heures du matin,
- 26:38lui demander c'est quoi les effets secondaires de tel ou tel médicament.
- 26:42Vous pouvez tout lui demander à l'IA,
- 26:43il vous répondra tout.
- 26:45Donc ça,
- 26:45c'est assez rassurant pour les patients et il faut apprendre à gérer 7.
- 26:52IAD,
- 26:52médecin,
- 26:53malade,
- 26:54intelligence artificielle.
- 26:56Donc je pense que ça,
- 26:57c'est un peu le futur de l'IA et de la médecine,
- 27:01mais en soi,
- 27:03de la PMA aussi.
- 27:05C'est vrai que c'est intéressant et aussi,
- 27:09c'est vrai que j'avais envie d'aborder ce sujet avec vous aujourd'hui,
- 27:11c'est que moi,
- 27:13dans les patients que j'accompagne,
- 27:14déjà,
- 27:15enfin les femmes que j'accompagne,
- 27:17Je pense qu'à 90%
- 27:20elles vont sortir à TPT pour dire exactement ce que vous venez de dire,
- 27:24c'est d'avoir plus d'informations parce que finalement au jour d'aujourd'hui c'est sûr qu'on ne peut pas être en contact et continuer avec son médecin.
- 27:33et puis on a toujours des doutes et puis les consultations ça va vite,
- 27:37il y a déjà beaucoup d'informations à donner etc.
- 27:40Ou alors elles ont parfois au plein de la nuit un doute sur quelque chose qu'elles ont fait etc.
- 27:46C'est vrai que l'IA accompagne en tout cas là-dedans.
- 27:51Et comme vous disiez,
- 27:53les patientes viennent de plus en plus,
- 27:54je pense,
- 27:54voir en consultation avec leurs recherches sur Tchad GPT,
- 27:59Claude,
- 28:01et elles challengent leurs médecins aussi.
- 28:04Et moi,
- 28:04je veux savoir un peu,
- 28:05qu'est-ce que vous en pensez en tant que médecin ?
- 28:08Parce que c'est vrai que c'est toujours un peu délicat aussi cette approche.
- 28:11C'est nouveau aussi pour les médecins à gérer.
- 28:15Et aussi,
- 28:16peut-être,
- 28:17ça serait intéressant de savoir quelles sont,
- 28:18vous,
- 28:19les erreurs aussi que vous pouvez être amenés à corriger quand les patientes viennent vous présenter ces données qu'elles ont trouvées sur Tchad GPT.
- 28:26Ça m'arrive souvent.
- 28:28Et il faut être honnête.
- 28:29Il n'y a pas que les patientes qui utilisent ces grands modèles de langage,
- 28:34que ce soit Tchad GPT,
- 28:35Claude Gemini,
- 28:36Perplexity,
- 28:36etc.
- 28:37Les médecins aussi.
- 28:38Ça,
- 28:38il faut avoir l'honnêteté de le dire.
- 28:40On est utilisateur de l'intelligence artificielle.
- 28:48La différence,
- 28:48c'est que la patiente va utiliser l'IA souvent pour répondre à des questions parce qu'elle n'est pas experte du sujet.
- 28:57Et donc,
- 28:59le point de vue critique,
- 29:00il est très compliqué à avoir.
- 29:02Moi,
- 29:02je ne suis pas expert.
- 29:02Il y a beaucoup de sujets sur lesquels je ne suis pas expert,
- 29:04je vous rassure.
- 29:05D'ailleurs,
- 29:06la majorité des sujets sur cette planète.
- 29:08Et si je pose une question à l'IA,
- 29:10je n'ai pas le même esprit critique que si je pose une question médicale à l'IA.
- 29:15Le socle de connaissances des médecins,
- 29:17il est assez simple.
- 29:18C'est-à-dire que si on prend l'exemple de la France,
- 29:20par exemple,
- 29:21vous prenez les médecins,
- 29:22vous savez qu'il y a un corpus de textes sur lequel les études de médecine se reposent.
- 29:28Ensuite,
- 29:28il y a différentes spécialités.
- 29:30Du coup,
- 29:30on améliore ces connaissances,
- 29:32on les affine,
- 29:32on les précise.
- 29:33Donc,
- 29:34on connaît notre corpus de connaissances.
- 29:36Par contre,
- 29:37quand vous avez une intelligence artificielle,
- 29:38mais est-ce que vous savez
- 29:40comment l'IA vous a répondu,
- 29:42qu'est-ce qu'elle a utilisé pour vous répondre comme corpus de texte,
- 29:45vous ne le savez pas,
- 29:46parce que c'est des industries derrière.
- 29:49Et quand vous n'êtes pas expert dans ce domaine,
- 29:50c'est compliqué pour vous de critiquer.
- 29:52Donc,
- 29:54ce que je disais tout à l'heure,
- 29:55c'est que l'IA est très performante,
- 29:57et ça je le vois moi,
- 29:58parce que je lui pose des questions pour savoir comment elle répond,
- 30:02parce que je me dis que les patients vont poser exactement ces questions en post-consultation ou avant la consultation.
- 30:08Et donc...
- 30:09Dans la majorité des cas,
- 30:11et je vous dirais dans 98%
- 30:13des cas,
- 30:13les patientes ont une utilisation
- 30:19« raisonnée » de cette intelligence artificielle.
- 30:20C'est-à-dire que ça leur permet de préciser des informations qu'elles n'avaient pas comprises en consultation,
- 30:30d'arriver à la consultation avec des questions.
- 30:32C'est-à-dire que soit j'ai une patiente qui va me dire « j'ai regardé sur des forums » .
- 30:38soit j'ai des patients qui vont dire j'ai demandé à chatGPT soit je vais recevoir des mails et donc pour le coup les mails c'est un peu différent parce que du coup il y a cette distance entre la patiente et le praticien et le mail souvent a été rédigé avec chatGPT donc
- 30:55ça ça se voit tout de suite et donc parfois c'est là où je vois le plus d'erreur moi personnellement,
- 31:02parfois on voit que l'IA qui a été utilisée pour
- 31:05pour répondre à la question de la patiente qui l'a transférée au médecin,
- 31:09déjà ça fait des textes qui sont à rallonge,
- 31:11qui sont très très longs,
- 31:13et qui parfois se basent sur des recommandations américaines.
- 31:18Et donc c'est là où on voit qu'il y a deux mondes un peu différents.
- 31:22Donc c'est là où je me dis,
- 31:23comment la patiente a trouvé cette information qui est une information un peu de niche,
- 31:27très précise,
- 31:29très spécifique,
- 31:31qui n'est pas une recommandation ni française ni européenne.
- 31:34Et c'est là où on sait tout de suite qu'il y a un usage de l'IA qui a informé la patiente parce que la patiente a posé une question très orientée.
- 31:43Si je vous prends l'exemple de la France,
- 31:44c'était un examen qui n'était pas remboursé par la Sécu,
- 31:48qui n'était pas recommandé.
- 31:50Et c'est là où on répond comme on peut en disant qu'on se base sur la science et sur des faits qui sont établis.
- 32:01Donc oui,
- 32:01ça c'est des exemples où on doit parfois corriger.
- 32:05les patientes et les patients.
- 32:07Mais dans la majorité des cas,
- 32:09je pense qu'il y a une vraie éducation à l'usage de ces outils.
- 32:13Dans la majorité des cas,
- 32:14ça apporte une information complémentaire aux patientes et aux patients.
- 32:19Tant que cette relation de confiance existe,
- 32:23cette triade médecin-IA,
- 32:25patiente-médecin,
- 32:27patiente-IA,
- 32:28patiente-IA,
- 32:29médecin-patiente,
- 32:30médecin-IA,
- 32:31elle va Aaaaaah !
- 32:33elle va évoluer dans le bon sens.
- 32:34À partir du moment où vous avez une rupture de confiance entre l'un de ces trois éléments,
- 32:39là,
- 32:39on arrive sur des gros problèmes.
- 32:41C'est-à-dire que si une patiente ne fait plus confiance à son médecin et ne fait confiance qu'à l'intelligence artificielle,
- 32:46elle a complètement remplacé son médecin par son intelligence artificielle.
- 32:51Et là,
- 32:51on a un problème.
- 32:53Idem dans les autres sens.
- 32:56Donc oui,
- 32:56l'IA fait encore des erreurs.
- 32:58L'IA,
- 32:59elle l'hallucine.
- 33:01peut vous dire n'importe quoi avec un aplomb incroyable.
- 33:05Et quand on n'est pas expert dans le domaine de la question,
- 33:10on peut difficilement critiquer cette décision.
- 33:14Et même quand on est expert,
- 33:16même quand on est expert,
- 33:17il faut vraiment avoir l'œil,
- 33:19il faut avoir l'esprit critique pour critiquer cette intelligence artificielle.
- 33:23Donc c'est,
- 33:25pour le moment,
- 33:26moi,
- 33:26en tout cas dans ma pratique,
- 33:28cette technologie,
- 33:29elle est utilisée de manière bilatérale que ce soit par les professionnels de santé par les patients parfois je pense qu'il y a plus d'honnêteté chez les patientes et les patients qui disent j'ai utilisé l'intelligence artificielle pour poser telle ou telle question pour me renseigner là-dessus ou là-dessus l'IA
- 33:45m'a dit ça,
- 33:46qu'est-ce que vous en pensez j'ai encore beaucoup de questions sur les forums sur les sites internet mais l'IA va souvent puiser sur ces forums et ces sites internet et
- 33:57Et nous,
- 33:57et la communauté médicale,
- 33:59on avoue peu qu'on utilise beaucoup l'IA,
- 34:03mais les études ont montré qu'il y a une très,
- 34:05très grande utilisation de ces technos.
- 34:07Donc oui,
- 34:08je dirais que je vois de plus en plus de patientes et de couples,
- 34:13de patients qui sont responsables avec cette techno,
- 34:15et qui comprennent qu'en fait,
- 34:17ça a un impact qui est non négligeable sur la santé,
- 34:19et qu'on n'utilise pas l'IA en santé de la même manière qu'on va l'utiliser pour faire ses courses,
- 34:23organiser ses vacances.
- 34:25C'est intéressant ce que vous dites aussi,
- 34:27parce que j'allais vous poser la question,
- 34:29en tant que médecin,
- 34:30finalement,
- 34:31pour les personnes qui nous écoutent,
- 34:32qui sont en parcours de PMA,
- 34:34parce que c'est toujours...
- 34:36Un peu délicat aussi d'être patient,
- 34:39d'avoir regardé sur du appétit,
- 34:41et je sais que certaines personnes parfois n'osent pas justement parler à leur médecin,
- 34:45et de le dire concrètement en fait,
- 34:47voilà j'ai vu,
- 34:48et du coup reste un peu dans leur doute de se dire,
- 34:50au lieu d'en parler directement finalement avec le médecin,
- 34:53et d'après ce que j'ai compris,
- 34:56d'après ce que vous avez dit,
- 34:57pour vous le mieux c'est que les patients vous disent directement qu'ils ont vu ça sur
- 35:02ChatGPT, close the ranks,
- 35:03etc.
- 35:05Et de pouvoir avoir une discussion.
- 35:07sur ce sujet,
- 35:08dans cette fameuse triade,
- 35:09que de rester dans son coin et puis d'avoir un peu ce doute et de ne pas en parler et du coup de la peau se créer justement au contraire la rupture de confiance alors que le fait de vous aborder,
- 35:21enfin je sais pas après vous êtes un peu biaisé parce que vous vous intéressez à ce sujet,
- 35:24après je sais pas si un peu dans la tendance des médecins actuellement,
- 35:30j'imagine que ça évolue aussi parce que je crois qu'il y a encore deux trois années.
- 35:34Quand les patients apprennent,
- 35:35il faut parler d'intelligence artificielle.
- 35:37Alors que là,
- 35:39j'ai l'impression que c'est complètement biaisé.
- 35:42Mais ça fait vraiment deux ans,
- 35:44en tant que patiente,
- 35:45ou pour tout type d'usage,
- 35:49on l'utilise beaucoup.
- 35:50En tout cas,
- 35:51plutôt en France,
- 35:53en Europe.
- 35:54Ça a clairement explosé.
- 35:56On est passé de l'outil qui était...
- 35:58En fait,
- 35:59quand c'est sorti,
- 35:59Tchad GPT,
- 36:00tout le monde pensait que c'était de la magie.
- 36:02Si on avait parlé de cette technologie il y a 15 ans,
- 36:0420 ans,
- 36:05personne ne saurait,
- 36:06c'est de la science-fiction.
- 36:07En fait,
- 36:08l'aspect fascinant de cette technologie,
- 36:09c'est que c'est la première fois que c'est des êtres humains qui...
- 36:11La parole n'est plus réservée aux êtres humains.
- 36:13C'est-à-dire qu'on a un élément qui nous parle.
- 36:17Et ça,
- 36:17ça change radicalement notre relation avec cette technologie.
- 36:22Et donc,
- 36:23au début,
- 36:23cette technologie parlait et pouvait dire un peu n'importe quoi.
- 36:26Elle peut continuer en 2026 à dire parfois n'importe quoi,
- 36:30mais de moins en moins.
- 36:31C'est ce qu'on appelle les hallucinations.
- 36:33Elles hallucinent de moins en moins et les bases d'entraînement sont de plus en plus organisées,
- 36:38de moins en moins anarchiques,
- 36:40etc.
- 36:40Donc,
- 36:42le risque,
- 36:42c'est si toutes mes patientes viennent en consultation en me disant « j'ai vu ça sur ChatGPT,
- 36:47j'ai vu ça,
- 36:48est-ce que c'est… »
- 36:49En fait,
- 36:49je deviens le docteur de ChatGPT,
- 36:50je ne deviens plus le docteur de mes patientes.
- 36:52Et ça,
- 36:53ça ne devient plus les mêmes consultations.
- 36:56le TGPT
- 36:59je parle de chat GPT parce qu'il est très populaire,
- 37:01mais on pourrait dire la même chose de Gemini,
- 37:02Claude,
- 37:03etc.,
- 37:04les LLM pour faire simple,
- 37:06vont souvent vous dire ce que vous voulez entendre.
- 37:08Ils vont souvent vous dire ce que vous voulez entendre et vous diront très rarement « je ne sais pas » .
- 37:12Moi,
- 37:13ça m'est souvent arrivé en consultation de dire à la patiente
- 37:16« je n'ai pas la réponse à cette question » .
- 37:19Si je vous réponds,
- 37:21je vais vous dire un peu n'importe quoi parce qu'on n'a pas de données dans la littérature sur tel ou tel paramètre.
- 37:27Ça,
- 37:28l'intelligence scientifique n'est pas adaptée à ce genre de réponse,
- 37:34en tout cas pas encore.
- 37:38Et c'est pour ça qu'il n'y a qu'en consultation,
- 37:40entre guillemets,
- 37:41pour le moment,
- 37:42qu'on a un discours de vérité,
- 37:44qu'on a une information claire,
- 37:47précise,
- 37:49loyale.
- 37:50Moi,
- 37:50si ma patiente ne sort pas de ma consultation en se disant
- 37:53« j'ai des informations qui sont claires,
- 37:55je peux prendre ma décision moi-même de manière… »
- 37:57éclairé,
- 38:01j'ai mal fait mon travail.
- 38:02Le
- 38:03JGPT n'a pas fait un...
- 38:05Les LLM n'ont pas fait un serment d'hypocrate.
- 38:09Il y a toujours aussi derrière des logiques qui sont industrielles,
- 38:12donc ça,
- 38:13c'est pas négligeable.
- 38:13Donc oui,
- 38:15je pense que c'est pas du tout...
- 38:18Enfin,
- 38:18je veux dire,
- 38:18c'est pas grave du tout d'utiliser des LLM.
- 38:20Au contraire,
- 38:21tout le monde va les utiliser.
- 38:22Il n'y a pas...
- 38:24Enfin,
- 38:25vous pouvez pas...
- 38:26empêcher les gens d'utiliser cet outil qui reste un outil formidable,
- 38:29qui nous fait gagner du temps.
- 38:31Mais,
- 38:32si on n'est pas critique de cette techno,
- 38:35on va peut-être gagner du temps,
- 38:37mais on peut en perdre beaucoup derrière.
- 38:40Et le rôle de la médecine,
- 38:42c'est toujours d'améliorer nos pratiques en utilisant les meilleurs outils possibles.
- 38:48Et c'est toute la « guerre »
- 38:49qui va être autour de l'IA en santé,
- 38:51c'est comment rester souverain,
- 38:53comment ne pas dépendre d'un
- 38:55d'autres continents,
- 38:56d'autres pays.
- 38:58À l'échelle européenne,
- 38:59on s'organise,
- 39:01en tout cas,
- 39:03parfois on est en retard,
- 39:04mais quand on accélère,
- 39:06on va plus vite que tout le monde.
- 39:07Et on est bien en train d'organiser tout ce qui a trait à la santé et à l'intelligence artificielle.
- 39:14Au niveau institutionnel aussi,
- 39:15il n'y a pas un seul hôpital,
- 39:17un seul CHU en France.
- 39:21Je parle de l'exemple de la France,
- 39:23parce que je suis français et c'est là que j'habite.
- 39:27qui ne prend pas la mesure de l'importance d'organiser ces données,
- 39:29de les protéger,
- 39:31de protéger les patients en numéro 1,
- 39:33et les patients en numéro 1.
- 39:34C'est-à-dire que de savoir ce qu'on fait avec vos données,
- 39:37de savoir comment elles sont utilisées,
- 39:38c'est hyper important.
- 39:40Et la santé,
- 39:40ça reste un élément primordial à l'échelle de l'humanité.
- 39:45Donc,
- 39:45c'est des questions qui sont primordiales.
- 39:47On ne pourra jamais empêcher ni les patients ni les professionnels d'utiliser ces technos.
- 39:51Et en fait,
- 39:52quand on sera vraiment transparent et qu'on arrivera en consultation en disant
- 39:57« cette décision a été utilisée,
- 40:01on a pris cette décision en utilisant un peu d'IA par exemple » ,
- 40:04ce serait génial.
- 40:05Et les patientes,
- 40:07dans les études en tout cas qui sont en train de sortir sur l'utilisation de l'IA en santé,
- 40:12Les patients sont...
- 40:15sont criants,
- 40:16en tout cas ils sont demandeurs d'informations claires,
- 40:19lisibles sur l'utilisation de l'IA,
- 40:21mais par contre ils font plus confiance aux médecins,
- 40:23c'est toujours le cas.
- 40:24Il y a toujours plus de confiance envers le médecin,
- 40:26et même si le médecin utilise de l'IA,
- 40:28ça les rassurera toujours qu'il y ait un être humain derrière.
- 40:34En tout cas,
- 40:35suite un peu à ce sujet,
- 40:39moi ce que je voulais voir aussi c'était ça,
- 40:40c'était finalement l'impact de...
- 40:44De l'utilisation de l'IA aussi,
- 40:46finalement,
- 40:47au niveau des consultations et des rapports médecin-patient aussi.
- 40:51C'est vrai que je pense qu'on a pas mal développé de ce côté-là.
- 40:54Et je pense qu'en conclusion,
- 40:56c'est de dire aux patientes que c'est intéressant d'utiliser l'IA,
- 41:05que ça peut les aider à mieux comprendre aussi certaines choses.
- 41:07Parce que c'est vrai qu'aussi,
- 41:08pendant la consultation,
- 41:09vous,
- 41:10en tant que médecin,
- 41:10vous donnez beaucoup d'informations.
- 41:13Et ça c'est quand on est hyper spécialiste,
- 41:15on ne se rend pas compte qu'on donne beaucoup d'informations,
- 41:17etc.
- 41:17C'est des choses qui sont plus que maîtrisées du côté médecin,
- 41:21mais il y a des patients qui se retrouvent dans un parcours PMA,
- 41:25qui ne savent pas des choses basiques parce que ce n'est pas leur domaine de compétence.
- 41:32Ça reste des patients.
- 41:33Et quand on arrive sur un début de parcours de PMA,
- 41:36c'est de passer par exemple de l'IA pour mieux comprendre les étapes,
- 41:39qu'est-ce qui va se passer,
- 41:40etc.
- 41:41en complément par exemple de la consultation de médecin,
- 41:43c'est quelque chose qui est très utile.
- 41:45C'est vrai qu'on parle toujours un peu du côté challenge aussi,
- 41:50en consultation avec les patients qui viennent voir et dire
- 41:52« docteur, pourquoi on n'a pas fait ça dans mon cas ou autre ? »
- 41:55Mais déjà,
- 41:56partons du basique,
- 41:57c'est de dire « comprendre tout ce parcours aussi,
- 42:01dans quoi on se lance,
- 42:02qu'est-ce que ça implique,
- 42:03etc. »
- 42:04Et ça permet,
- 42:05je pense aussi,
- 42:08d'améliorer.
- 42:09ce parcours patient aussi,
- 42:10donc c'est pas négatif,
- 42:12parce que souvent on a un peu tendance à penser au côté négatif des choses,
- 42:15mais il y a tout ce côté-là,
- 42:16je pense qu'il y a un vrai plus.
- 42:20Et aussi on comprend bien dans ce que vous dites que le médecin il est toujours là et j'aurais pour ça vous challenger aussi est-ce qu'on a encore besoin des médecins finalement et je crois que voilà avec toutes ces informations on comprend bien que oui le médecin est toujours important,
- 42:34que l'IA même si elle s'améliore de jour en jour elle ne va pas remplacer le médecin mais par contre c'est un bon outil d'accompagnement complémentaire en tout cas à la prise en charge.
- 42:48Je ne sais pas si j'ai bien résumé.
- 42:50Je suis très aligné sur ce que vous venez de dire,
- 42:54Lisa.
- 42:55C'est exactement ça.
- 42:56C'est un outil formidable.
- 42:58C'est comme les premières encyclopédies qui sont sorties,
- 43:02comme
- 43:03Wikipédia avec Internet.
- 43:06En fait,
- 43:06on a une information à disposition.
- 43:13Comme tout outil,
- 43:14il faut savoir le maîtriser,
- 43:16il faut savoir un peu le dompter.
- 43:18Plus cet outil sera fermé,
- 43:20plus ce sera compliqué de lui faire confiance.
- 43:22Et la confiance,
- 43:23c'est la base de la relation médecin-malade.
- 43:28Vous l'avez dit en PMA,
- 43:30c'est des parcours qui sont compliqués.
- 43:31C'est des parcours qui nécessitent beaucoup d'informations.
- 43:34C'est des parcours qui nécessitent et des connaissances cliniques et des connaissances biologiques.
- 43:41Il y a une temporalité très particulière.
- 43:44Et en fait,
- 43:46oui,
- 43:46c'est...
- 43:49c'est ça une médecine qui serait plus précise qui donne plus d'informations aux couples et aux patientes et aux patients si on arrive à utiliser cet outil pour arriver à ça,
- 44:01on a gagné et ce que je voulais dire aussi qui je pense est très important parce qu'on a beaucoup parlé de c'est une techno qui ne nous permet pas de tomber plus enceinte et c'est là où l'être humain il est primordial c'est à dire que
- 44:18L'IA,
- 44:18ça utilise des données qui ont été générées par des êtres humains.
- 44:22Ces données,
- 44:22elles fixent,
- 44:23entre guillemets,
- 44:24le corpus de connaissances qu'on a sur telle ou telle spécialité.
- 44:28Et les chercheurs,
- 44:30les scientifiques,
- 44:31pas que les scientifiques,
- 44:32ça peut être les sociologues,
- 44:33les philosophes,
- 44:35mais pour le coup,
- 44:36je vais plus parler des scientifiques,
- 44:37il n'y a que les chercheurs qui vont ramener des nouvelles données scientifiques,
- 44:42qui vont chercher des nouveaux marqueurs.
- 44:44qui vont se poser des nouvelles questions qu'on ne s'était jamais posées auparavant,
- 44:49et ça peut prendre un peu de temps de faire de la recherche.
- 44:51En général,
- 44:52ça prend du temps.
- 44:53Il y a la démarche scientifique derrière.
- 44:55L'IA,
- 44:55ça peut aider à gagner un peu de temps là-dessus.
- 44:58Mais pour le moment,
- 44:58l'imagination de l'IA est incomparablement plus faible à celle de l'imagination humaine.
- 45:08Et une fois que les êtres humains auront apporté des réponses à ces nouvelles questions,
- 45:14on pourra réentraîner ces algorithmes pour prendre en compte ces nouvelles données.
- 45:19Et donc,
- 45:20il y aura toujours ce côté où l'IA sera toujours en retard par rapport à l'être humain.
- 45:23Tant que nous,
- 45:24on ne lui a pas donné des nouvelles données pour améliorer notre spécialité,
- 45:27pour améliorer les chances de grossesse,
- 45:28l'IA sera toujours derrière.
- 45:31Le jour où vous avez une intelligence artificielle qui fait de la recherche,
- 45:33tout seul,
- 45:33qui se pose des questions,
- 45:34tout seul,
- 45:34etc.,
- 45:35oui,
- 45:35là,
- 45:35on va commencer à être dans une précarité d'intelligence qui sera très dangereuse pour l'humanité,
- 45:41mais là,
- 45:41ce n'est pas pour faire peur à tout le monde,
- 45:42c'est de la science-fiction.
- 45:43C'est juste pour dire que l'être humain,
- 45:46c'est des milliards d'années d'évolution.
- 45:51L'IA,
- 45:52c'est moins de 100 ans d'évolution.
- 45:54C'est toujours impressionnant comme outil,
- 45:56mais l'outil le plus fascinant de notre univers,
- 46:02jusqu'à preuve du contraire,
- 46:04c'est notre cerveau.
- 46:05Je pense que ça fait une belle conclusion pour terminer tous ces sujets.
- 46:12Et d'ailleurs,
- 46:12je pense que j'allais vous demander qu'est-ce que vous souhaitez que les personnes qui nous écoutent,
- 46:18enfin,
- 46:18qui nous ont écoutés aujourd'hui,
- 46:20retiennent finalement de cet épisode.
- 46:23Alors,
- 46:23je ne sais pas si on peut dire effectivement que...
- 46:26Rester sur cette conclusion que le cerveau est le plus fort,
- 46:28je crois que c'est parfait.
- 46:30Mais peut-être que vous avez d'autres choses en tête aussi.
- 46:36Oui,
- 46:37je reste aussi un passionné de technologie,
- 46:39mais la technologie est au service de la médecine et pas l'inverse.
- 46:45On a des outils que je n'aurais jamais osé imaginer il y a 15 ans.
- 46:48Et l'assistance médicale à procréation,
- 46:51fondamentalement,
- 46:51ce n'est pas une affaire de technologie,
- 46:53c'est une affaire d'humains qui désirent un enfant ou des enfants,
- 46:56et d'autres humains qui essaient de les aider avec toute leur science et toute leur attention.
- 47:01Et c'est ce que je disais,
- 47:02l'IA c'est un outil formidable.
- 47:04Vous avez un microscope ultra puissant,
- 47:05une mémoire plus vaste,
- 47:06un œil plus aiguisé,
- 47:08mais c'est qu'un outil.
- 47:09Le cœur du soin,
- 47:10ça reste et ça restera profondément un cœur humain.
- 47:16Donc si vous êtes en parcours,
- 47:17si vous êtes en doute,
- 47:19en attente,
- 47:20il faut bien s'entourer,
- 47:21il faut poser vos questions.
- 47:23Même celles qui semblent bêtes,
- 47:25les questions ne le sont jamais.
- 47:27Vous,
- 47:27entre guillemets,
- 47:28gardez confiance.
- 47:29La médecine de demain,
- 47:29elle sera plus précise,
- 47:30plus personnalisée,
- 47:31plus juste.
- 47:32et je laisse.
- 47:33perd surtout grâce à ces outils plus à l'écoute des patientes et des patients et des couples.
- 47:39Merci beaucoup pour toutes ces informations,
- 47:42je pense qu'on n'a pas beaucoup d'accès.
- 47:45justement à ce sujet de l'IA,
- 47:47de la PMA.
- 47:48Donc vraiment,
- 47:49merci d'avoir pris le temps de nous expliquer tout ça.
- 47:52Et puis,
- 47:53si jamais vous avez des petites questions,
- 47:54n'hésitez pas à me les transmettre.
- 47:56Et peut-être que le docteur Saïs pourra nous y répondre dans un second temps.
- 48:01Mais en tout cas,
- 48:02merci à tous de nous avoir écoutés.
- 48:05Merci,
- 48:05docteur Saïs.
- 48:06Et je vous dis à très bientôt sur Parlons PMA.
- 48:10Merci beaucoup,
- 48:10Lisa.
- 48:11À très bientôt.
- 48:14J'espère que cet épisode vous a plu.
- 48:16Si c'est le cas,
- 48:17n'hésitez pas à le partager autour de vous et à laisser une note ou un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée.
- 48:24Et si vous avez des questions,
- 48:25ou bien si vous souhaitez échanger avec moi,
- 48:27n'hésitez pas à m'écrire à info.lisajonia.coaching.com
- 48:32Vous retrouverez mon adresse mail dans la description de l'épisode.
- 48:35A bientôt !