Latest / Le Café du Sport Business / La stratégie du "second club" : la réponse du PSG à la puissance financière anglaise
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06week-end hein ? Non on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:10Euh toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:20Bonjour et bienvenue au café du sport business.
- 0:23Aujourd'hui, on se plonge dans une analyse vraiment fascinante
- 0:27de la stratégie d'un géant du football européen, le Paris
- 0:31Saint Germain. Une stratégie qui va bien
- 0:33au-delà des terrains pour s'aventurer.
- 0:34Vous allez voir dans le monde de la mode, du luxe, de la culture.
- 0:38L'objectif n'est pas seulement de gagner sur le terrain, mais
- 0:42de conquérir un marché bien précis, le cœur des supporters
- 0:45au Royaume-Uni. Bonjour.
- 0:47Oui, c'est tout à fait ça. Face à la puissance financière,
- 0:50on peut le dire écrasante, de la première Ligue anglaise, le PSGA
- 0:54compris qu'il ne pouvait pas lutter uniquement sur ce
- 0:57plan-là. Il a donc décidé de Ben de
- 0:59changer de terrain de jeu, de contourner l'obstacle en misant
- 1:02sur ce qu'on appelle le soft Power.
- 1:04L'ambition allait clairement afficher devenir, et je cite
- 1:08leurs propres termes, le club le plus cool du monde.
- 1:11Et pour concrétiser ça ? Ils ont mené une opération assez
- 1:14spectaculaire récemment en plein cœur de Londres.
- 1:17Absolument. Ils ont ouvert un espace
- 1:19éphémère de 3 semaines, baptisées ici c'est Paris la
- 1:23maison. Et il faut tout de suite évacuer
- 1:26l'image de la boutique de club classique, hein ?
- 1:28On est à des années-lumière de ça.
- 1:30C'est ce qu'ils appellent un hub expérientiel, un vrai lieu de
- 1:33vie. Un hub expérientiel ?
- 1:35J'ai lu des choses assez folles là-dessus.
- 1:37On ne parle pas que de maillot et d'écharpe, mais d'expérience
- 1:41de neurorélaxation. Racontez nous un peu, ça semble
- 1:44complètement décalé. C'est totalement décalé et c'est
- 1:47voulu. imaginez-vous vous entrez et on vous propose une sieste de
- 1:5112 Min pour vous régénérer. Ou alors une séance sur une
- 1:54machine de neuro relaxation que les joueurs eux-mêmes utilisent
- 1:57après les matchs pour la récupération mentale.
- 1:59Ah oui, d'accord. C'est déjà un premier signal
- 2:02fort. On ne vous vend pas juste un
- 2:03produit, on vous offre une expérience, une expérience liée
- 2:07à la haute performance mais qui devient excessive.
- 2:10C'est un positionnement très très premium et au-delà de ce
- 2:13côté bien être y avait aussi une dimension technologique non ?
- 2:16Ce fameux mouvement lab ? Exactement.
- 2:19Grâce à des capteurs et à l'intelligence artificielle, les
- 2:21visiteurs pouvaient essayer de recréer des gestes techniques
- 2:24iconiques, une volée parfaite, le rythme d'un dribble.
- 2:28Encore une fois, l'idée c'est de créer une connexion qui n'est
- 2:31pas passive. On ne regarde plus seulement le
- 2:33foot, on vit une petite partie de l'expérience, du joie.
- 2:36On est donc très très loin de la simple vente de maillots.
- 2:39D'ailleurs, même le merchandising sur place était
- 2:42très particulier j'ai l'impression.
- 2:43Ah oui ? Alors là, on était dans le très
- 2:45haut de gamme. On trouvait par exemple des
- 2:47raquettes de Padel Siglées PSG à 350,00£.
- 2:51Le clou du spectacle, c'était un skateboard en édition ultra
- 2:55limitée, avec un poème d'un artiste londonien gravé dessus,
- 2:59vendu 800£. 800£, pour un skateboard, on est clairement
- 3:03dans l'objet de collection, là, l'objet d'art.
- 3:05C'est exactement le but. La citation qui résume tout
- 3:09vient de la direction du Club, créer un pont entre la couture
- 3:12et le football. Et pour faire vivre ce pont,
- 3:15l'espace a accueilli des soirées de poésie, des stand up, des
- 3:18concerts et même des ateliers pour customiser ses baskets.
- 3:22L'idée, c'est bien de faire du PSG une marque culturelle, un
- 3:25label avant même d'être un club. Cette opération à Londres, c'est
- 3:30donc clairement une opération de séduction qui ne vise pas le
- 3:32supporter de foot traditionnel. Et ça nous amène directement à
- 3:36la cible réelle de cette stratégie.
- 3:38Oui, en effet, l'objectif final, tel qu expliqué par le directeur
- 3:42général du Club, victoriano Melero, est de faire du PSG le
- 3:462e club de la nouvelle génération de supporters,
- 3:49notamment en Grande-Bretagne. Le 2e club, c'est malin sur le
- 3:54papier, mais est ce que ce n'est pas un peu un vœu pieux ?
- 3:57La culture foot en Angleterre, elle est tellement exclusive,
- 4:00tellement tribale. La loyauté à un club, c'est
- 4:03quasi religieux. C'est une objection très juste
- 4:06et le club en est parfaitement conscient.
- 4:08Mais l'Hérault le dit lui même, nous savons que vous êtes lié à
- 4:11votre équipe dès la naissance. Ils ne sont pas naïfs.
- 4:15L'idée n'est pas de prendre un supporter de Fulham de 40 ans et
- 4:17de le convertir. Non, bien sûr.
- 4:19La stratégie est beaucoup plus subtile, il s'agit de faire en
- 4:23sorte que son enfant, tout en continuant de soutenir Fulham
- 4:26avec son père. Choisissent le PSG comme son
- 4:29autre équipe. L'équipe qu'il choisit pour ce
- 4:31qu'elle représente en dehors du terrain peut être son
- 4:33esthétique, ses collabs avec des marques de mode.
- 4:36C'est exactement ça. On voit ce phénomène chez les
- 4:38plus jeunes, la génération Z, qui a une consommation du foot
- 4:42beaucoup plus mondialisée, plus décomplexée.
- 4:44Ils suivent des joueurs autant que des clubs.
- 4:47Ils peuvent très bien aimer leur club local pour la tradition et
- 4:50le PSG pour le style, pour le COOL.
- 4:51C'est cette dualité que le club cherche à exploiter.
- 4:55Et pour ancrer ça dans le réel, ils ne sont contentent pas
- 4:57d'événements éphémères, ils ont une présence bien plus durable
- 5:01sur le territoire. Oui, et c'est la partie la plus
- 5:03concrète de leur plan, le PSGA déjà ouvert 14 académies de
- 5:06football en Angleterre et au Pays de Galles.
- 5:08Chaque semaine, ce sont 1500 enfants qui s'entraînent.
- 5:11En portant le maillot du PSG, on crée un lien affectif, une
- 5:13familiarité avec la marque dès le plus jeune âge.
- 5:17L'ambition, c'est de passer d'une marque qu'on aime à une
- 5:20marque pour la vie. On.
- 5:23Comprend mieux là cohérence globale.
- 5:25Mais tout cet effort marketing, toute cette créativité, c'est
- 5:29finalement une réponse contrainte à une réalité
- 5:32économique brutale. C'est la raison fondamentale,
- 5:34oui, le point de départ de toute la stratégie. le PSG est
- 5:39structurellement désavantagé sur 2 points majeurs par rapport à
- 5:42ses concurrents anglais. Le premier, c'est le stade, je
- 5:45crois. Oui, le Parc des Princes, aussi
- 5:47iconique soit il a une capacité de 48000 places.
- 5:51C'est assez modeste comparé au grand stade anglais, ça limite
- 5:54mécaniquement les revenus de billetterie d hospitalité.
- 5:57On atteint vite un plafond. Mais le vrai gouffre.
- 6:00Le camion financier, il se situe au niveau des droits
- 6:03médiatiques. Là, les chiffres deviennent
- 6:05vertigineux. Absolument prenons les chiffres
- 6:08de la saison dernière. Southampton a terminé bon
- 6:11dernier de la Première League. Ils ont été relégués.
- 6:14Voilà Eh bien, le revenu de droits TV se sont élevés à
- 6:18109000000 de livres sterling. 109000000 de livres pour le
- 6:23dernier et le PSG champion de France.
- 6:26Le PSG, pour son titre, espère atteindre cette année 25000000
- 6:30d'euros de droits TV. L'écart est colossal, le dernier
- 6:33du championnat anglais gagne 4 à 5 fois plus que le champion de
- 6:36France. C'est un déséquilibre total.
- 6:39Mais comment c'est possible ? D'ailleurs, qu'est ce qui
- 6:41explique un tel écart ? C'est une combinaison de
- 6:43facteurs. D'abord, l'attractivité
- 6:45internationale de la Première League, leurs droits de
- 6:48diffusion à l'étranger sont énormes.
- 6:50Et puis il y a la compétitivité perçue du championnat.
- 6:53La Première League vend une histoire où plusieurs clubs
- 6:56peuvent gagner le titre. Ça rend le produit plus
- 6:58attractif. Face à un tel mur, on comprend
- 7:00mieux la citation de Meslerot, si nous voulons continuer à
- 7:03augmenter nos revenus, nous n'avons pas d'autre alternative.
- 7:06C'est une question de survie au plus haut niveau.
- 7:08C'est exactement ça, ils ne peuvent pas gagner cette
- 7:11bataille là, alors ils doivent en créer une autre sur le
- 7:14terrain de la valeur de Marc. Mais en adoptant cette image
- 7:17très heap très luxueuse, le PSG ne risque-t-il pas de se couper
- 7:21de sa base historique des supporters du parc vif qui sont
- 7:23peut être moins sensibles au skate à 800 £.
- 7:26C'est la critique principale et le risque le plus évident.
- 7:29Le club y répond avec 2 arguments.
- 7:31Le premier est historique. Il rappelle que le PSGA été
- 7:34cofondé en 1970 par Daniel Arter, un créateur de mode, et
- 7:37Jean-Paul Belmondo, une icône du cinéma.
- 7:39Ils essaient de dire, nous ne faisons que renouer avec nos
- 7:43racines, avec ce qui nous a rendu unique dès le départ.
- 7:46C'est une façon de légitimer la démarche.
- 7:50D'accord pour l'argument historique, mais j'imagine que
- 7:52l'argument principal aujourd'hui est surtout commercial, non ?
- 7:55Oui, et il est très ambitieux. le PSG à redéfini son champ de
- 7:59concurrents. Il ne se compare plus seulement
- 8:01à Manchester United ou au Bayern.
- 8:03Sur le marché de la marque, leurs concurrents, ce sont les
- 8:06Hell et les curves ou les New York Yankees.
- 8:08Des marques globales qui dépassent leur sport mais
- 8:11l'inspiration ultime qu'ils citent vient d'un autre univers.
- 8:13Oui, l'exemple qu'ils mettent en avant, c'est Ferrari.
- 8:16Ferrari alors là faut nous expliquer, le lien entre un club
- 8:20de foot populaire et une marque de voitures de luxe pour ultra
- 8:23riches n'est pas si évident. C'est là que leur raisonnement
- 8:26est intéressant, l'analogie ne porte pas sur le produit, mais
- 8:30sur le modèle de marque. Très peu de gens peuvent
- 8:32s'acheter une Ferrari et pourtant la marque vend une
- 8:34quantité phénoménale de produits dérivés.
- 8:37Ferrari, c'est une écurie de F un, mais c'est surtout une
- 8:40marque mondiale qui incarné le luxe, la performance, L
- 8:43italianité. Donc l'idée, c'est que
- 8:45l'attachement à la marque doit transcender le prix du produit
- 8:48principal. Exactement comme le dit Méleros,
- 8:50on ne cesse pas d'être fan parce que la voiture coûte 1000000
- 8:53d'euros. le PSG veut devenir cet objet de désir.
- 8:56Même si on ne va jamais au parc, on veut faire partie de
- 8:59l'univers PSG. Porter la collaboration avec
- 9:02Jordan parce que ça représente quelque chose de cool et
- 9:05d'exclusif. Et ce qui est fascinant, c'est
- 9:06que cette stratégie de marque se répercute maintenant sur la
- 9:09stratégie sportive, il y a une vraie cohérence.
- 9:12Oui, c'est le signe que la stratégie est mature, le club
- 9:15s'éloigne consciemment de l'ère des superstars un peu bling
- 9:18bling comme Messi ou Neymar. Pour aller vers une narration
- 9:21plus jeune, plus jeune et plus française et plus parisienne.
- 9:25Précisément, ils mettent en avant des talents français comme
- 9:29Ousmane Dembélé. Et surtout, ils construisent
- 9:31leur com autour des jeunes issus de leur académie comme waren zai
- 9:35emery. C'est une approche qui projette
- 9:37une image plus authentique, plus jeune.
- 9:39Ça correspond parfaitement à l'image de marque qu'ils veulent
- 9:42construire. Et pour diffuser cette image à
- 9:44l'échelle mondiale, le mot magique, c'est les collab.
- 9:47C'est le moteur du réacteur la plus emblématique, c'est bien
- 9:51sûr celle avec la marque Jordan de Nike.
- 9:54Et ce qui est crucial, c'est qu'il la présente comme la
- 9:56branche Life style du PSG. La nuance est importante.
- 10:00Jordan, c'est une porte d'entrée vers une autre culture, la
- 10:03stricte culture, la musique. Ça leur a ouvert des marchés qui
- 10:06étaient traditionnellement fermés au soccer.
- 10:09Énormément la collaboration avec Jordan leur a donné une
- 10:12crédibilité incroyable aux États-Unis, ils ont aussi
- 10:15collaboré avec the weekend. Le principe est toujours le
- 10:18même, créer des produits en édition limitée pour susciter le
- 10:21désir et la demande. On est à l'opposé du modèle
- 10:24traditionnel bière sandwich. Programme de match.
- 10:27En conclusion ? On assiste vraiment à une
- 10:29tentative audacieuse de redéfinir ce qu'est un club de
- 10:32foot au 21e siècle. Puisqu'ils ne peuvent pas
- 10:34rivaliser avec la puissance de feu financière de l'Angleterre,
- 10:37le PSG parie sur le pouvoir de la marque, de la culture, du
- 10:40luxe. C'est une synthèse parfaite.
- 10:44Ils ne peuvent pas gagner la bataille des droits TV, alors
- 10:46ils tentent de gagner la bataille du COOL.
- 10:49C'est un pari fascinant à observer et ça soulève une
- 10:51question vraiment profonde pour l'avenir.
- 10:53Laquelle ? Si un club de foot devient avant
- 10:56tout une marque de luxe mondiale ?
- 10:58Un Ferrari du foot est ce que la loyauté de ses supporters peut
- 11:01rester aussi forte que celle qui se forge dans les tribunes de
- 11:04génération en génération ? En d'autres termes, est ce qu'on
- 11:08peut être supporter d'une marque comme on est supporter d'un.
- 11:10Club, c'est une excellente question pour conclure, qui
- 11:13interroge l'âme même du Supporterisme.
- 11:16Merci beaucoup pour cet éclairage passionnant.
- 11:19Merci à vous. À très vite pour un nouveau
- 11:21podcast du café du sport business.