Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / Inspiration - 5 leçons apprises au BIG, vues du terrain industriel
Transcript
- 0:00On ne parle plus de vision contre rentabilité,
- 0:03mais plutôt de maturité technologique,
- 0:05de jalons concrets et de cash étape par étape.
- 0:08Mais la vraie efficacité,
- 0:09il faut souvent la penser long terme.
- 0:12Le premier proto valide souvent la techno,
- 0:14mais se trompe de cas d'usage.
- 0:15Le deuxième valide les bons cas d'usage.
- 0:17Parce que la transformation numérique,
- 0:18ce n'est pas un projet d'ingénierie,
- 0:20c'est une expérience collective.
- 0:22Parce que c'est là que tout se joue.
- 0:23Quand l'idée devient produit,
- 0:25quand le prototype devient ligne de production,
- 0:27si on pose mal les briques à ce moment-là,
- 0:29On sème les galères qu'on retrouvera plus tard dans les PMI que j'accompagne aujourd'hui.
- 0:33C'est quand ça va mal que j'investis parce que c'est là que j'ai le temps.
- 0:36C'est quand le carnet de commandes n'est pas au beau fixe qu'on a le temps de revoir les bases.
- 0:41Il a cité son adage préféré,
- 0:43prends soin de tes salariés et ils prendront soin de ton entreprise.
- 0:46Il a mis la techno entre les mains des gens,
- 0:48sans mode d'emploi,
- 0:49et il voit ce qu'il se passe.
- 0:51Il a laissé le terrain inventer les usages.
- 0:54Être industriel,
- 0:56c'est oser voir grand,
- 0:57sans complexe,
- 0:58mais toujours.
- 0:59avec humilité.
- 1:00Robotisation,
- 1:01digitalisation,
- 1:02IA,
- 1:03industrie 4.0 ou 5.0,
- 1:05ça donne le vertige,
- 1:06l'offre déborde,
- 1:07tu ne sais plus où regarder.
- 1:09La vérité,
- 1:10ton besoin n'est pas clarifié.
- 1:11Je suis Perrine Thiébaut,
- 1:12fondatrice de Digetik.
- 1:13Avec mes audits de processus,
- 1:15on cartographie l'existant,
- 1:16on définit la cible et on lance un plan d'action pour digitaliser efficacement,
- 1:20sans copier le voisin,
- 1:21en partant de tes vrais besoins.
- 1:23Ici,
- 1:23je partage méthode,
- 1:24outils et retour terrain pour te faire passer au niveau supérieur.
- 1:28Alors,
- 1:28Prêt à oser l'efficacité ?
- 1:30J'avais très envie de tourner un épisode sur mon retour sur le BIG,
- 1:35cet énorme rendez-vous entrepreneurial organisé par BPI France.
- 1:40Pourquoi ?
- 1:40Parce que le BIG,
- 1:41ça a vraiment été un moment fort pour moi.
- 1:43C'était mon premier.
- 1:44J'ai trouvé ça intense,
- 1:46inspirant,
- 1:46parfois un peu déroutant.
- 1:48Et j'avais très envie de partager tout ça parce qu'il y a vraiment quelques leçons que je vais réappliquer très vite en fait.
- 1:55Et je me suis dit que c'était dommage de ne pas le partager avec toi.
- 1:58J'ai quand même mis un peu de temps avant de savoir quel angle donner à cet épisode parce que j'y ai vécu des choses très très différentes les unes des autres et je voulais pouvoir en parler librement et sans filtre.
- 2:07Bon,
- 2:08j'ai fini par trouver un angle à structurer tout ça autour de 5 trucs qui m'ont particulièrement marqué.
- 2:13Donc dans cet épisode,
- 2:14tu vas trouver le truc que j'ai appris,
- 2:16le truc qui m'a émue,
- 2:17le truc qui m'a inspirée,
- 2:19le truc qui m'a fait changer de regard et le truc qui m'a énergisé.
- 2:22Je me suis beaucoup inspirée des conférences auxquelles j'ai assisté pendant le Big et si tu veux les voir...
- 2:27et les revoir,
- 2:28je te mets tous les liens en description.
- 2:30Il y a vraiment des pépites là-dedans qui valent le détour,
- 2:33donc je t'encourage à aller y jeter un oeil.
- 2:36Allez,
- 2:36maintenant,
- 2:36place à l'épisode.
- 2:37Je commence tout de suite par le truc que j'ai appris.
- 2:39Comme tu le sais sûrement déjà,
- 2:41j'ai fait toute ma carrière dans l'industrie,
- 2:43auprès des grands groupes,
- 2:44de TI et aujourd'hui de PME.
- 2:46Mais il y a un prisme que je connais assez mal,
- 2:48c'est celui des startups industrielles.
- 2:50Et crois-moi,
- 2:51ce que j'en ai découvert me fait avoir un énorme respect pour ces porteurs de projets.
- 2:57On parle beaucoup de réindustrialisation,
- 2:58de souveraineté industrielle,
- 3:00tout ça,
- 3:00tout ça.
- 3:01Mais on oublie souvent de parler de ceux qui sont en train de construire cette souveraineté de demain.
- 3:07Ces jeunes boîtes qui conçoivent des matériaux,
- 3:09des procédés,
- 3:10des robots,
- 3:10des technologies propres et qui galèrent grandement à trouver des financements pour passer de l'idée à la production.
- 3:19Pendant qu'on a construit des ponts d'or aux start-up tech,
- 3:21sûrement jugés moins risqués,
- 3:23plus rapides à rentabiliser,
- 3:25les startups industrielles,
- 3:26elles peinent à embarquer les investisseurs.
- 3:28Surtout au moment où leurs besoins en fonds de roulement explosent.
- 3:33Et c'est là que Start Industries et France Invest ont eu une idée brillante,
- 3:37créer un référentiel commun entre startups industrielles et investisseurs.
- 3:41Et quelle meilleure idée que de l'annoncer lors d'une table ronde dans la bulle French Fab au Big,
- 3:46justement.
- 3:48L'objectif de ce référentiel,
- 3:49c'est que tout le monde parle la même langue.
- 3:51Parce qu'entre un industriel...
- 3:53qui doit acheter des machines à plusieurs millions et un investisseur habitué à financer des applis SaaS,
- 4:00on ne parle pas des mêmes horizons ni des mêmes risques.
- 4:04Si tu veux creuser le référentiel,
- 4:05je t'ai mis le lien du document dans la description,
- 4:08mais comme je sais que des fois t'es un peu pressé,
- 4:09voilà la version express.
- 4:11Ce référentiel,
- 4:12c'est une cartographie partagée.
- 4:14Il découpe le développement d'une startup industrielle en six phases,
- 4:17chacune observée sous trois angles,
- 4:19technologique,
- 4:20industriel et commercial.
- 4:22L'idée,
- 4:22c'est de réduire la symétrie d'informations.
- 4:24Côté startup,
- 4:25on sait mieux quoi livrer pour rassurer un investisseur.
- 4:27Et côté investisseur,
- 4:28on comprend beaucoup mieux pourquoi une montée en cadence prend trois ans avant de générer du cash,
- 4:33par exemple.
- 4:34Et les ateliers de co-construction ont révélé quelque chose d'assez fou.
- 4:37Les visions étaient totalement décalées,
- 4:39ce qui confirme grandement la nécessité de ce type de référentiel.
- 4:44D'ailleurs,
- 4:44ça a été très bien rappelé pendant la table ronde par Florence Robin,
- 4:48la dirigeante de Limatech,
- 4:50et aussi impliqués
- 4:51dans le collectif Start Industrie et donc dans ses ateliers de travail pour la création de ce référentiel.
- 4:56Ce référentiel,
- 4:57il a permis de remettre de la clarté là où il y avait souvent de la méfiance.
- 5:02On ne parle plus de vision contre rentabilité,
- 5:04mais plutôt de maturité technologique,
- 5:06de jalons concrets et de cash étape par étape.
- 5:10Côté startup,
- 5:10ça aide aussi à mieux anticiper son parcours.
- 5:12Prévoir par exemple le financement d'un deuxième prototype qui,
- 5:16selon Vincent Prêtet d'Aster Capital,
- 5:18est un peu oublié.
- 5:19Comme il l'a rappelé pendant la table ronde,
- 5:21le premier proto valide souvent la techno,
- 5:23mais se trompe de cas d'usage.
- 5:24Le deuxième valide les bons cas d'usage.
- 5:26Voilà,
- 5:27effectivement,
- 5:27si personne ne te le dit ou si tu ne t'es pas encore planté toi-même,
- 5:30tu ne peux pas forcément le deviner.
- 5:32Est-ce que ça change quelque chose fondamentalement pour moi ?
- 5:35Clairement,
- 5:35ce n'est pas mon écosystème actuel.
- 5:37Moi,
- 5:37j'accompagne des PME,
- 5:38pas des startups en phase de proto.
- 5:40Mais cette conférence m'a fait réfléchir.
- 5:42Si on veut une industrie française forte demain,
- 5:44il faudra faire cohabiter les deux mondes et apporter de l'aide à cette nouvelle génération d'industriels qui émergent.
- 5:51Et peut-être que dans mon rôle,
- 5:52j'ai une carte à jouer aussi.
- 5:54Aider ces jeunes boîtes à se structurer plus tôt,
- 5:56à poser les bons process,
- 5:57à choisir les bons outils dès qu'elles basculent vers l'industrialisation.
- 6:02Parce que c'est là que tout se joue.
- 6:03Quand l'idée devient produit,
- 6:04quand le prototype devient ligne de production,
- 6:07si on pose mal les briques à ce moment-là,
- 6:09on sème les galères qu'on retrouvera plus tard dans les PMI que j'accompagne aujourd'hui.
- 6:13Et quand on voit certains traîner le poids du « on a toujours fait comme ça » ,
- 6:17on peut espérer que les futurs acteurs,
- 6:19eux,
- 6:19profitent de l'opportunité de faire bien du premier coup.
- 6:23D'ailleurs,
- 6:23en parlant de galères justement,
- 6:25ça m'amène au deuxième point dont je voulais te parler,
- 6:27le truc qui m'a émue.
- 6:28Là,
- 6:29on laisse de côté les levées de fonds et les plans stratégiques,
- 6:31on va parler courage et on va parler résilience.
- 6:33Et pour être honnête,
- 6:34d'entendre des industriels dire que c'est dans les défis qu'on apprend le plus,
- 6:39ça m'a bousculé plus que je ne l'aurais imaginé.
- 6:42Dans cette autre table ronde de la French Fab,
- 6:44oui,
- 6:44je t'avoue,
- 6:45j'ai passé énormément de ma journée dans la bulle French Fab.
- 6:48Donc,
- 6:48sur cette table ronde,
- 6:49on avait deux industriels.
- 6:50Sylvie Guinard,
- 6:51présidente de Thimonnier,
- 6:52une entreprise familiale de 200 ans,
- 6:54et Alexandre Lacour,
- 6:55dirigeant de Someflu.
- 6:57Deux parcours très différents,
- 6:58mais un point commun,
- 6:59la résilience.
- 7:00Sylvie a raconté comment son entreprise a traversé les guerres,
- 7:03les crises,
- 7:04les changements de marché,
- 7:05comment à chaque génération,
- 7:07il a fallu tout réinventer.
- 7:09Elle a raconté qu'à l'époque de la guerre,
- 7:10quand tous les hommes sont partis au front,
- 7:12c'est sa grand-mère et son arrière-grand-mère qui ont repris les rênes de l'entreprise.
- 7:17Plus d'ouvriers,
- 7:17plus de clients,
- 7:18plus de fournisseurs.
- 7:19Et malgré tout,
- 7:20elles ont trouvé le moyen de continuer,
- 7:22d'inventer un nouveau métier pour faire vivre la famille.
- 7:26Et Sylvie a eu cette phrase qui m'a particulièrement marquée.
- 7:29« Si elles ont réussi à faire ça par temps de guerre,
- 7:32alors nos défis d'aujourd'hui,
- 7:33aussi grands soient-ils,
- 7:34ne sont pas insurmontables.
- 7:36Relevons nos manches. »
- 7:38Fin de citation.
- 7:39Bien sûr qu'on a le droit de se plaindre.
- 7:40La souffrance des uns n'éteint pas celle des autres.
- 7:42Il n'y a pas de gradation.
- 7:44Mais on peut choisir de regarder ces femmes en modèle,
- 7:47en inspiration,
- 7:48pour surmonter nos propres tracas aujourd'hui.
- 7:51En les écoutant,
- 7:51j'ai repensé à tous les dirigeants que j'accompagnais.
- 7:53Ceux qui traversent des périodes.
- 7:55tendu,
- 7:55qui doute,
- 7:56qui hésite à investir,
- 7:57à embaucher,
- 7:58à se transformer.
- 7:59Et je me suis dit,
- 8:00le rebond,
- 8:01ce n'est pas qu'une histoire de courage.
- 8:03C'est surtout une histoire de vision long terme,
- 8:05de conviction et parfois simplement de patience.
- 8:09C'est d'ailleurs ce que me glissait Manon Cuillerat,
- 8:10la dirigeante de Cintrametaux,
- 8:12lors de notre première rencontre.
- 8:13C'est quand ça va mal que j'investis parce que c'est là que j'ai le temps.
- 8:17C'est quand le carnet de commandes n'est pas au beau fixe qu'on a le temps de revoir les bases.
- 8:22Et Alexandre,
- 8:23sur la table ronde,
- 8:24raconte
- 8:24un choix un peu similaire qui a des airs de Paris fou dans son cas.
- 8:28Construire une usine bas carbone avec de l'acier réemployé et des contraintes énergétiques fortes,
- 8:34alors que l'environnement économique actuel ne l'y oblige pas.
- 8:37Mais selon lui,
- 8:38c'est qu'une question de temps.
- 8:39Donc il a préféré prendre des décisions fortes maintenant plutôt que d'avoir le couteau sous la gorge dans 10 ans.
- 8:45Et je crois que ça résume tout de l'approche vision des capitaines d'industrie.
- 8:49On parle souvent d'efficacité à court terme,
- 8:51moi la première j'avoue.
- 8:53Quand il faut convaincre une équipe de l'utilité de ce qu'on fait,
- 8:55on va d'abord chercher les low-hanging fruits,
- 8:57les quick wins,
- 8:58quel que soit le nom qu'on leur donne,
- 8:59mais en tout cas,
- 9:00les gains rapides.
- 9:01Mais la vraie efficacité,
- 9:03il faut souvent la penser long terme.
- 9:05Cette table ronde,
- 9:06elle m'a rappelé pourquoi j'aime l'industrie.
- 9:07Parce que chaque crise révèle une créativité incroyable.
- 9:11Et surtout,
- 9:12elle m'a fait prendre conscience d'une chose.
- 9:14Mes clients ne m'appellent pas seulement pour gagner du temps ou fiabiliser un process,
- 9:18ils m'appellent pour retrouver la sérénité d'un dirigeant qui sera prêt à rebondir.
- 9:23Et c'est dans ces moments-là que mon rôle prend tout son sens.
- 9:27Leur donner les outils,
- 9:28les repères et la clarté pour traverser la tempête avant même que la météo ne l'annonce.
- 9:34Au milieu de ces échanges en table ronde,
- 9:35je suis allée glisser une oreille auprès du bang.
- 9:38Le bang,
- 9:39c'est la grande scène du big où toute la journée s'enchaînent des mini-conférences de 7 minutes.
- 9:45Alors assez timé,
- 9:46ça ne déborde pas,
- 9:48c'est quand même très très précis.
- 9:50J'ai pas tout vu en direct,
- 9:51mais...
- 9:51j'ai quand même revu pas mal de replays depuis et le truc qui m'a inspirée,
- 9:55c'est la mixité des profils présentés.
- 9:57La scène du bang,
- 9:58c'est un vrai mélange de profils,
- 9:59d'âge,
- 10:00de métier,
- 10:00d'histoire,
- 10:01et ça m'a fait franchement du bien.
- 10:03J'ai vu passer depuis certains qui ont décrié cette scène,
- 10:05blâmé des discours trop empoulés,
- 10:07trop peu concrets,
- 10:08et je trouve ça dur.
- 10:09Parce qu'on parle de format court,
- 10:11impactant,
- 10:11nous faisant voyager dans tous nos univers en un claquement de doigts.
- 10:16La tech,
- 10:16la culture,
- 10:17les médias,
- 10:17l'industrie,
- 10:18tout le monde est là pour livrer sa vérité.
- 10:20Et c'est le troisième truc dont je voulais te parler.
- 10:23Pour l'épisode,
- 10:23j'ai décidé de me concentrer sur les conférences plutôt industrielles pour ne pas se dissiper,
- 10:30mais franchement,
- 10:31il y avait des choses...
- 10:32très intéressantes dans tous les domaines.
- 10:34D'abord,
- 10:34j'avais envie de te parler de l'intervention de Philippe Mario,
- 10:37qui est membre des Influstriels et qui dirige la société Votat,
- 10:40qui a raconté son parcours de reprise de cette entreprise industrielle,
- 10:43justement.
- 10:44Il a cité son adage préféré,
- 10:46« Prends soin de tes salariés et ils prendront soin de ton entreprise » .
- 10:49Il a parlé sans fard de son passé dans un grand groupe industriel triste,
- 10:52désincarné,
- 10:53où plus personne ne croyait à rien.
- 10:55Et en conséquence,
- 10:56de la promesse qu'il s'est faite en reprenant cette boîte,
- 10:59remettre l'humain au cœur de tout.
- 11:01Pour moi,
- 11:01Philippe,
- 11:02c'est l'incarnation parfaite de l'industrie qui se renouvelle,
- 11:04celle qu'on aime défendre avec les industriels.
- 11:07Une industrie qui se relève,
- 11:08qui redonne du sens,
- 11:09et où on peut à nouveau prendre plaisir à travailler.
- 11:12Ensuite,
- 11:13je voulais te parler de Bernard Rébier,
- 11:14président de Fermob.
- 11:15Qui a osé dire ?
- 11:17Alors ça,
- 11:17par contre,
- 11:17ça m'a particulièrement piqué au départ,
- 11:19même si je me doutais de là où il allait après.
- 11:22Être industriel,
- 11:23ce n'est pas gratifiant.
- 11:24Ça m'a fait un petit pincement,
- 11:26forcément,
- 11:26parce que quand on l'entend,
- 11:27même si c'est un peu pour rire,
- 11:28c'est toujours dur.
- 11:29Mais effectivement,
- 11:30il l'a dit avec malice.
- 11:31Pour mieux rappeler qu'au contraire,
- 11:33être industriel,
- 11:34c'est oser voir grand,
- 11:35sans complexe,
- 11:36mais toujours avec humilité.
- 11:38Et que c'est comme ça qu'on transforme un atelier artisanal d'une dizaine de personnes en entreprise internationale.
- 11:44Il a aussi parlé bonheur au travail,
- 11:45fierté retrouvée,
- 11:47et ça résonnait parfaitement avec l'intervention de Philippe Mario.
- 11:50À croire que l'industrie,
- 11:51finalement,
- 11:51c'est un vrai médicament contre la perte de sens et le ennui.
- 11:54Enfin,
- 11:55je voulais te parler de Léa Marie,
- 11:56du slip français.
- 11:58Son histoire,
- 11:58c'est celle d'une jeune fille passionnée de couture à qui on dit non.
- 12:00Tu vas réussir tes études,
- 12:02pas de BEP pour toi.
- 12:03Mais elle n'a écouté personne.
- 12:05Elle a désobéi à toutes les règles et elle est allée dans le BEP qu'elle voulait.
- 12:08Derrière,
- 12:09elle est devenue ingénieure textile et elle a monté sa boîte.
- 12:12Aujourd'hui,
- 12:12elle co-dirige le slip français,
- 12:14la boîte qui produit ses slips en France.
- 12:16C'est pas juste inspirant,
- 12:17c'est un pied de nez magistral à tout un système.
- 12:20Elle nous rappelle que les métiers manuels,
- 12:22techniques,
- 12:22productifs ne sont pas la voie de garage qu'on nous a vendue trop longtemps.
- 12:27Même si les discours changent peu à peu,
- 12:28on est encore loin de la place.
- 12:30que ces métiers méritent.
- 12:32Ce sont des métiers de création,
- 12:34de précision et de fierté.
- 12:35Et puis,
- 12:36ce n'est pas les seuls codes que Léa Marie a cassés.
- 12:38Parce que même si en début de carrière,
- 12:40elle a cru quand on lui a dit qu'il était impossible de monter une usine textile rentable en France,
- 12:46elle a fini par y revenir et a prouvé que quand on voulait,
- 12:49on pouvait.
- 12:50Et franchement,
- 12:50ça fait du bien à entendre que l'industrie a encore sa place sur notre territoire.
- 12:56Très clairement,
- 12:56j'ai adoré voir l'industrie représentée sur la scène du Bang.
- 12:59Et encore une fois,
- 13:00il n'y avait pas...
- 13:00plein de choses hyper inspirantes,
- 13:02mais je ne pouvais pas non plus partir dans tous les sens dans cet épisode.
- 13:05Ces témoignages m'ont rappelé pourquoi je fais ce métier,
- 13:07montrer qu'on peut aimer ce qu'on fait,
- 13:08créer,
- 13:09produire,
- 13:09transmettre et être fière d'enfiler sa blouse le matin.
- 13:13Bon,
- 13:13maintenant on redescend un petit peu des nuages d'inspiration et on va passer à un truc beaucoup plus pratico-pratique,
- 13:18le truc qui m'a fait changer de regard.
- 13:22Alors le truc qui m'a fait changer de regard,
- 13:23c'est l'intervention de Mickael Coronado,
- 13:25le CEO d'InoDesign Group,
- 13:27sur la table ronde IA et PME industrielle.
- 13:29opportunités et défis.
- 13:31Toujours dans la bulle French Fab,
- 13:33on a quitté la grande scène,
- 13:34on est revenu dans ma bulle favorite pour la journée.
- 13:36Moi,
- 13:37j'ai tendance à le répéter souvent,
- 13:38la technologie n'est pas une solution en soi,
- 13:41elle doit venir répondre à un besoin,
- 13:43pas l'inverse.
- 13:43Et en général,
- 13:44je fais tout pour partir du terrain,
- 13:47désirer dans des points de blocage avant de parler outils.
- 13:50Mais ce que Mickaël a montré sur scène m'a franchement fait réfléchir.
- 13:53Lui,
- 13:54il a choisi l'approche inverse.
- 13:56Implémenter d'abord la technologie pour que les cas d'usage émergent ensuite.
- 13:59Et quand je dis « implémenter la technologie »
- 14:01et ici on parle d'IA,
- 14:03on ne parle pas de mettre ChatGPT dans un coin de bureau vite fait.
- 14:05Non,
- 14:06chez lui,
- 14:06l'IA,
- 14:06elle est maison,
- 14:07elle est souveraine,
- 14:08elle est développée en interne.
- 14:09Et surtout,
- 14:10elle est visible.
- 14:11D'ailleurs,
- 14:11elle a un nom,
- 14:11elle s'appelle Jean-Marc.
- 14:13Jean-Marc,
- 14:13au départ,
- 14:14c'était un hologramme posé à l'accueil,
- 14:16relié à un poste local.
- 14:17Voilà,
- 14:17il a une existence presque physique finalement,
- 14:20on sait qu'il est là.
- 14:21Au début,
- 14:22il ne faisait qu'une chose,
- 14:22c'était dire bonjour.
- 14:24Autant dire,
- 14:25pas grand-chose d'utile.
- 14:26Mais ça,
- 14:27c'était justement le génie de l'idée.
- 14:29Petit à petit,
- 14:30les salariés se sont habitués à sa présence.
- 14:33Ils n'étaient pas perçus comme une menace,
- 14:34mais comme une curiosité.
- 14:36Et puis un jour,
- 14:36les questions ont commencé à arriver.
- 14:38Est-ce qu'il pourrait faire ça ?
- 14:39Est-ce qu'il pourrait gérer ce truc-là ?
- 14:41Et c'est là que les cas d'usage sont nés du terrain.
- 14:43Sans atelier d'idéation,
- 14:45sans PowerPoint,
- 14:46juste en laissant la technologie exister.
- 14:48D'ailleurs,
- 14:48il a fait la même chose avec un robot chien.
- 14:50Au début,
- 14:51le robot se baladait simplement dans l'usine,
- 14:52rien de plus,
- 14:53et les réactions ont été assez intéressantes.
- 14:56Certains employés ont eu peur,
- 14:57d'autres ont éclaté de rire.
- 14:59Et puis au bout d'un moment,
- 15:00il y en a un qui a demandé si ce chien ne pouvait pas aider à déplacer les cartons.
- 15:04Et voilà,
- 15:04un cas d'usage concret était né.
- 15:06En fait,
- 15:07Mickaël a trouvé le moyen de débloquer la créativité du terrain en rendant la technologie tangible.
- 15:12Et ça,
- 15:12c'est une leçon de conduite du changement à elle toute seule.
- 15:15Au final,
- 15:16on n'est pas si éloigné lui et moi.
- 15:17Moi,
- 15:17je commence toujours par un audit de terrain,
- 15:19comprendre les flux,
- 15:20les points de friction,
- 15:21avant de proposer la moindre solution.
- 15:23Mais quand je propose une première brique,
- 15:25c'est toujours un MVP,
- 15:26Minimal Viable Product,
- 15:27la version minimale,
- 15:28celle qui suffira à faire tourner la boutique en attendant de la faire évoluer.
- 15:32Juste assez concrète pour que les gens puissent la manipuler,
- 15:35l'adapter.
- 15:36se l'approprier.
- 15:37Et lui,
- 15:37il fait la même chose,
- 15:38mais dans l'autre sens.
- 15:39Il a mis la techno entre les mains des gens,
- 15:41sans mode d'emploi,
- 15:42et il voit ce qu'il se passe.
- 15:44Il a laissé le terrain inventer les usages.
- 15:47Deux chemins différents,
- 15:48mais un même but.
- 15:49Briser la barrière entre la technologie et ceux qui l'utilisent.
- 15:52Détruire les freins à exprimer ses idées pour améliorer ses conditions de travail.
- 15:57Ce que j'en retiens,
- 15:58c'est que parfois,
- 15:58il faut laisser une part de jeu dans nos approches.
- 16:01Laisser les équipes explorer,
- 16:03manipuler,
- 16:03se tromper,
- 16:04et surtout
- 16:05arrêter de penser qu'on doit tout cadrer avant de démarrer.
- 16:08Parce que la transformation numérique,
- 16:09ce n'est pas un projet d'ingénierie,
- 16:10c'est une expérience collective.
- 16:12Et je ne pense pas que ce soit Jean-Marc qui va me contredire.
- 16:14Attends,
- 16:15il dit que bonjour.
- 16:15Enfin,
- 16:16ça a peut-être évolué depuis.
- 16:18Tu sais quoi ?
- 16:19Après cette conférence,
- 16:20j'étais vraiment partagée entre la curiosité et l'admiration.
- 16:23Et comme s'ouvrir aux idées des autres,
- 16:24ça rend toujours plus intelligent,
- 16:26ça m'amène au dernier point,
- 16:27celui qui m'a énergisée.
- 16:29Alors j'étais venue au Big
- 16:30pour me plonger dans une ambiance entrepreneuriale.
- 16:32C'était mon premier big,
- 16:33ce ne sera pas le dernier,
- 16:34c'est sûr.
- 16:35Mais j'y allais avec une double casquette.
- 16:37Celle d'entrepreneur,
- 16:38bien sûr,
- 16:39mais aussi celle de secrétaire du collectif Les Influstriels.
- 16:42Si tu ne connais pas encore,
- 16:43Les Influstriels,
- 16:44c'est un collectif qui vise à recréer un imaginaire positif autour de l'industrie,
- 16:48à montrer qu'elle est vivante,
- 16:49innovante,
- 16:50humaine et franchement passionnante.
- 16:52Et je savais qu'au BIG,
- 16:53j'allais rencontrer pas mal de membres du collectif.
- 16:57On était effectivement très nombreux à y être.
- 16:59parfois pour la première fois ensemble.
- 17:00Ça a été vu en visio ou parfois juste par message.
- 17:03Là,
- 17:04on se voyait en vrai.
- 17:05Et ça a été un vrai bonheur de les découvrir dans ce contexte.
- 17:08J'ai pu comprendre leur champ d'action,
- 17:09leur métier,
- 17:10leur lien intime avec l'industrie,
- 17:12comprendre comment chacun vit,
- 17:13respire,
- 17:14communique l'industrie à sa manière et surtout ressentir cette même énergie,
- 17:18ce même feu intérieur qui nous anime tous.
- 17:21Franchement,
- 17:21les échanges qu'on a eus tout au long de la journée étaient d'une richesse incroyable.
- 17:25Ce genre de discussion où tu ressors la tête pleine d'idées Merci.
- 17:28et le cœur un peu plus léger.
- 17:29Et dans mon cas,
- 17:30vraiment,
- 17:30la tête qui bouillonne,
- 17:31franchement,
- 17:32vous ne savez pas encore ce qui vous attend pour la suite.
- 17:34Et puis,
- 17:35il y a l'ambiance big.
- 17:36Oui,
- 17:36c'est le salon de l'entrepreneuriat par excellence.
- 17:38Mais moi,
- 17:38ce que j'en retiens,
- 17:39c'est vraiment la présence inévitable de l'industrie.
- 17:43Le coq bleu de la French Fab était absolument partout.
- 17:47Sur les vestes,
- 17:48sur les stands,
- 17:49dans les allées,
- 17:50le BIG respirait industrie.
- 17:52Des coqs,
- 17:52il y en a de toutes les couleurs.
- 17:54Soit la French Touch,
- 17:55le coq vert,
- 17:56la French Tech.
- 17:57tout ça,
- 17:58mais celui qu'on pouvait prendre sur le stand de la French Fab et afficher sur sa propre veste,
- 18:03c'était le coq bleu.
- 18:04Donc oui,
- 18:05le BIG respirait industrie.
- 18:07Et ça,
- 18:07quand tu fais partie des industriels,
- 18:09tu le ressens comme une petite victoire.
- 18:11Voir autant de gens,
- 18:13que ce soit le grand public ou les industriels,
- 18:15fiers d'arborer ce coq bleu,
- 18:18autant de jeunes curieux,
- 18:19autant d'échanges entre ceux qui fabriquent et ceux qui innovent,
- 18:23franchement,
- 18:24c'était un bonheur.
- 18:25C'est le genre d'événement qui te recharge les batteries.
- 18:27pour au moins six mois.
- 18:28Je suis ressortie de là en me disant oui,
- 18:31c'est pour ça que je le fais.
- 18:32C'est pour ça que je passe du temps à m'impliquer dans ce collectif,
- 18:35à créer des ponts,
- 18:35à raconter des histoires industrielles,
- 18:37à parler d'efficacité,
- 18:38de numérique,
- 18:39de transformation.
- 18:40Parce que derrière,
- 18:41il y a des hommes et des femmes qui s'investissent au quotidien pour leurs usines,
- 18:44pour leur territoire,
- 18:45pour notre souveraineté.
- 18:46Et j'ai envie de vivre cette aventure à leur côté,
- 18:49tout simplement.
- 18:50Alors forcément,
- 18:50après tout ça,
- 18:51impossible de ne pas ressortir gonflée à bloc.
- 18:54ce big il m'a appris,
- 18:55il m'a ému
- 18:56il m'a inspiré,
- 18:57il m'a fait réfléchir et surtout,
- 18:59il m'a redonné de l'énergie.
- 19:01Et c'est justement tout ça que je voulais partager avec toi dans cet épisode.
- 19:05Voilà pour ce petit tour sur le Big et les 5 trucs qui m'ont marqué pendant cette édition 2025.
- 19:10Si t'as aimé cet épisode,
- 19:11pense à t'abonner,
- 19:12à laisser un commentaire ou liker le podcast ou mettre 5 étoiles en fonction de ta plateforme d'écoute,
- 19:17c'est vraiment ça qui m'aide à produire plus d'épisodes et à le faire découvrir tout simplement.
- 19:23Donc voilà,
- 19:24c'est vraiment le coup de...
- 19:25pouces que tu peux me donner.
- 19:26Ça ne prend que quelques secondes,
- 19:28mais pour moi,
- 19:29ça change vraiment la donne et ça me permet de savoir que tu es là,
- 19:31derrière tes écouteurs.
- 19:32Moi,
- 19:32je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode et d'ici là,
- 19:35n'oublie pas d'oser l'efficacité.
- 19:37Merci pour ton écoute.
- 19:38Tu veux du concret dans ta boîte mail ?
- 19:40Abonne-toi à Oser l'efficacité,
- 19:42la news.
- 19:42Chaque semaine,
- 19:43tu reçois la synthèse des épisodes,
- 19:45les outils essentiels et un mini plan d'action pour te mettre en mouvement.
- 19:48Rendez-vous sur digetik.fr slash news,
- 19:51N-E-W-S.
- 19:53Le lien est dans la description.
- 19:54À très vite.