Latest / Cap sur Ikigai / Les Pépites de l'été - Les profils atypiques
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- Pierre: Mais nous, quand on s'est rencontrés, j'ai découvert ton travail au travers d'un podcast sur psychologues.net, où tu adressais la thématique l'hikigai et surtout des profils multipotentiels. ⁓ Violaine: ⁓ oui, tout à fait. Oui. Pierre: Je m'étais beaucoup reconnu là-dedans et comme tu le disais en 2024, à l'issue d'un parcours de remise en question, de recherche de sens, Je me questionnais sur la possibilité de faire un bilan de compétences et de réfléchir à tout ça. donc je me suis beaucoup reconnu dans ta description des multipotentiels puisque oui, me verrais aussi bien être père de famille, papa au foyer, comme guitariste professionnel, comme cuisinier ou serveur, comme ingénieur. Vraiment, le champ des possibles était ouvert et je me voyais capable de faire beaucoup de choses pour satisfaire, on va dire. voilà, je me suis bien reconnu et on a commencé le travail ⁓ séances avec cette dynamique-là, de envie de retrouver du sens. Avant ça, j'avais fait une formation sur le leadership éclairé. C'est peu comme si je ne vers le mais clairement je ne savais pas comment en fait, ne savais pas par où ça passait. Et donc j'étais un peu dans cette dynamique de j'ai envie d'aller quelque part, mais bon voilà. Violaine: ... Pierre: une belle situation, dans une belle entreprise, un statut social, tout ce qui allait bien, mais je me sentais pas à ma place dans cette fonction-là, dans cette entreprise-là. Comment je quittais ça pour aller vers un endroit qui était plus désirable, il y aussi un peu d'inquiétude sur comment y aller, comment ça fonctionne. ⁓ Violaine: Oui, très incertain finalement. Est-ce que tu peux nous raconter comment petit à petit ton projet a commencé à prendre forme, à s'incarner doucement. C'est vrai que le fait que tu sois guitariste, que tu sois un père plus qu'actif chez toi, vrai qu'il y avait plusieurs terrains de jeu et que c'est assez vite quand même celui de la problématique du dérèglement climatique, de la finitude des ressources, de notre monde. Comment petit à petit tout ça est venu s'aligner, est-ce que tu t'en rappelles ? Pierre: Mh. Comme tu l'as dit ton présentation, je suis tombé dans cette problématique-là en découvrant la fresque du climat. Et à ce moment-là, je venais d'avoir mon deuxième fils. vraiment, j'ai eu prise de conscience à ce moment-là de... ⁓ mais merde, fait, ce qu'on fait... mais ça va, va, quel monde on va laisser, je vais laisser à mes enfants. Et il y a eu cette question là de de l'héritage en fait que j'ai laissé d'un côté et aussi, je pense, une forme de prise de conscience ou en tout cas de questionnement de. Quand mes enfants, mes fils dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans seront capables de me regarder, de comprendre voilà, papa t'as fait quoi pendant 20 ans au travail ? de... J'avais envie de... Je me suis posé la question, est-ce que j'ai envie qu'ils me prennent pour un gros ringard, nullos, qui a fait n'importe quoi, ou est-ce j'ai envie qu'ils soient fiers de moi en fait finalement ? Violaine: que quelque chose que j'ai vraiment pu remarquer chez les personnes qui ont un peu l'étiquette HP que tu as aussi, on ⁓ peut le dire ici, où les... ⁓ on ressent sa différence, forme d'atypie, et on a été encouragés, et tu le disais, à s'adapter énormément aux choses. le sentiment de solitude est peut-être encore plus fort, et la remise en cause personnelle est peut-être plus, encore plus loin, encore plus chez les femmes atypiques. Mathilde: Oui, en fait, il a un grand sentiment de syndrome de l'imposteur, qu'on a plein d'idées dans tous les sens, ça touche à plein de domaines, ça rassemble en matriciale plein d'idées et du coup on n'est jamais ce que les gens aiment, c'est-à-dire à un expert de son domaine dans un compartiment. Et du coup on a l'impression d'être touché à tout et ce côté touché à tout, culturellement, fait, il n'est pas valorisé. Violaine: ... Mathilde: Donc en fait, le fait qu'on soit des rassembleurs, qu'on puisse faire des liens entre les choses, qu'on puisse faire gagner du temps, qu'on puisse se gagner en impact, ben ça se perd, c'est vu éventuellement, ponctuellement, mais ça se perd en fait sur le fait qu'on n'est pas dans une boîte rangée et compréhensible. Donc du coup, encore une fois, à cause de la fatigue, on ne voit plus du tout ça et on ne voit que la partie échec. Mais en tout cas, donc cet alignement, clairement, c'était pendant cette période où en plus les pépins de santé alimentant le tout. Je savais qu'il avait un problème, donc je cherchais comment le résoudre, et effectivement la notion d'hikigai est venue à moi. Et puis mon projet s'est installé vraiment à la fin de notre travail, mais le message que je voulais passer aussi, c'est qu'il se trouve que moi j'avais déjà mis des choses en place qui m'ont permis de conclure pendant notre exercice à nous sur plein de choses, et qu'il ne pas s'attendre avec un hikigai à forcément comme une pochette surprise. à voir la suite du parcours, ça peut cheminer parfois pendant des années, ça peut passer par plein d'étapes et par exemple, quand mes amis ou des connaissances viennent me voir en me demandant de témoigner sur mon parcours, ce que j'explique toujours c'est que si j'avais justement pas accumulé autant de fatigue et d'incapacité à voir les choses clairement à un moment donné, j'aurais certainement peut-être... mais ça ne pas à tous les caractères, fait ce qu'on cette troisième jambe où on a vraiment, en plus de sa famille, de ses proches et du travail, une passion qui permet d'alimenter justement tout ce qui est rempli d'énergie, tout ce qui est vraiment le vent de l'éolienne. Et moi, je n'avais plus ça avec cette fatigue et ce côté binaire de vie famille et travail famille travail. J'étais dans un tunnel, j'avais vraiment des œillères et je ne laissais plus rentrer des choses qui me faisaient vraiment plaisir. Violaine: Allez, allez. Mathilde: et qui générait ma créativité et tout ça. Mon projet, il se trouve que moi, j'ai pu à la fin de notre parcours effectivement avec des moments très déclics. Je ne pense pas qu'il faille se dire, mince, moi je n'ai pas de moment déclic. Je pense que ça correspond pas forcément à tout le monde. Peut-être qu'il a des gens, sont diesel dans leur émotion, d'autres ça va être des grandes révélations. On est tous différents. Et donc moi en l'occurrence il y eu des déclics pareils qui sont passés par le corps, c'était une de nos derniers séances. Je suis donc descendue dans le sud de voir, on a regardé ensemble quelque chose qui m'a énormément touchée, qui il se trouve était très en lien avec tout ce que j'avais développé, donc pareil, n'est pas tout le monde. Voilà donc encore une fois c'était un concours de circonstances. Beaucoup de choses qui se passaient dans mon corps. Je venais de faire un mois de... J'avais une saille cervicale, j'ai eu une contracture extrêmement forte des cervicales qui sont liées au fait que je pensais devoir faire quelque chose professionnellement et c'était pas une bonne idée. Mon corps, bim, me l'a dit. Donc j'arrivais chez toi dans un état vraiment physiquement lamentable. Ce film est venu du coup avec toute ma... Comment dire, le fait que j'étais à découvert me toucher en plein fouet. Et dans le train retour, en versant toutes les larmes de mon corps, j'ai abouti sur ce qui est encore aujourd'hui complètement mon projet, ouvrir une école de la forêt dans le béton, en plein quartier ultra-urbain, parce que les enfants ont besoin encore plus à cet endroit, et les enfants et tous ceux qui les entourent. Voilà. Voilà les deux temporalités entre le besoin d'alignement puisque tout simplement physiquement je n'allais pas bien et j'étais au bout, et deuxièmement à la suite de notre travail mais encore une fois il se trouve que ça s'est passé comme ça mais ça peut se passer par plein d'étapes après la fin du travail. Violaine: Il paraît que tu es un magnifique quatre quart, ou un quatre quart très performant. Est-ce que tu peux éclairer nos auditeurs sur cette fonction ? Alors, l'histoire du quatre quart Mon poste, il n'est pas forcément facile à définir. Et des fois, on en rigole avec mon patron sur le fait que je ne sais pas me présenter. Et donc lui, il a réfléchi et il me dit, mais je pense qu'en tu es un quatre quart. dis, oui, d'accord. Merci tu fais un quart juridique, un quart financier, un quart administratif et RH et un quart opérationnel. Ça te va ? Ben oui, dit comme ça, c'est sympa le quatre quart. what else ? Et ce qui est très intéressant, c'est qu'on en revient toujours à cette histoire d'identité et de place et de ronds qu'on essaye de faire entrer dans des carrés ou des carrés qu'on essaye de faire entrer dans des ronds, etc. Finalement, c'est resté assez mouvant cette place, mais... Tu l'habites complètement différemment par rapport à tes expériences différentes. Là, quelque part, ne pas être complètement identifiable, ça peut être quelque chose d'assez stimulant et agréable pour toi. C'est un atout dans le sens où je n'ai pas de limites, je n'ai pas de restrictions et j'avance là où finalement je suis le mieux, le plus adapté, où je peux apporter mon aide. Voilà, ça c'est une vraie chance pour le coup, oui. de ne pas rentrer dans un cadre, ne pas avoir besoin de se dire, ben oui, là, mes limites, là, mes fonctions s'arrêtent, stop. Ça, c'est pour moi, c'est un confort. Et tu as pu me dire que tu avais réalisé une extraordinaire prouesse parce que nous avons attendu de faire le podcast deux ans après le poste que tu as donc pris à la suite de l'accompagnement que nous avons fait ensemble. Et la super nouvelle, c'est que tu ne t'ennuies pas. et que tu as un terrain de jeu suffisamment grand enfin pour t'épanouir. correspond quand même vraiment. Alors, Audrey est très très humble et très modeste, mais voilà, pour les personnes que j'accompagne qui ont un profil un peu atypique, HP, voilà, peut mettre plein de choses derrière Asperger. Et bien, la dynamique avec son environnement de travail, possibilité d'avoir la confiance de quelqu'un, ça c'est super important, la nécessité d'avoir un grand terrain de jeu et la possibilité d'innover ou de proposer et une certaine forme d'autonomie, c'est les ingrédients qu'il faut absolument avoir et il me semble que là-dessus, tu coches les cases. Oui, Et c'est sûr que c'était en effet ma crainte, ma difficulté au départ de remplir ces cases et d'avoir confiance en moi, prouver que j'en suis capable de par mon âge. pense que c'était ma principale difficulté. Il a deux ans, j'avais 27 ans. En quoi à 27 ans, je vais apprendre à un dirigeant ou à l'appuyer, l'épauler. Il fallait que moi, je me sente crédible et qu'en même temps, les gens me... que je sois légitime vis-à-vis d'eux. C'est quand des postes où a une certaine confiance. Il faut avoir confiance en la personne et ça, c'était un vrai enjeu pour que puisse m'épanouir. on va en venir aux difficultés, parce qu'il en a quand même eu quelques-unes, même si dans l'ensemble, les choses se sont bien alignées, on peut dire ça comme ça. Dans ces difficultés, il y avait, du coup, cette problématique de légitimité et de crédibilité. qu'on va revenir dessus parce que c'est essentiel. Quand on sent très tôt qu'on a les capacités, c'est très compliqué d'oser le dire et de sentir qu'on une colonne vertébrale suffisamment solide pour assumer ce qu'on dit. ⁓ mine de rien, on a souvent besoin de vivre les choses pour... pour avoir la démonstration qu'on est bon dans ce qu'on fait. Est-ce que tu peux revenir là-dessus, sur ta jeunesse ? Parce que ça, revient aussi pas mal dans ton histoire, souvent, sur le fait que... Voilà, on parle de préconcité dans ces cas-là. Comment tu fais pour vivre avec ? J'ai l'impression qu'aujourd'hui, la question n'est peut-être pas réglée, mais en tout cas, c'est plus facile de vivre avec. C'est plus facile parce que je commence à avoir le même âge dans ma... Peut-être que dans mon corps. C'est bon, là, j'ai à peu près régliber les choses, on est bon. Non, c'est vrai que ça n'a pas été facile. du coup, pour compenser mon âge et qu'on me prenne au sérieux, j'ai redoublé d'efforts. Je me suis investie à 100 % dans ce nouveau poste. J'ai travaillé sur l'affirmation de soi aussi. Je suis quelqu'un d'adaptable, mais je l'ai appuyé encore plus aussi, mon adaptabilité, pour prouver que n'importe quel sujet qu'on peut... vais l'assimiler, le traiter, le restituer correctement et je vais essayer de maximiser tout. Donc ça, j'ai pas mal travaillé dessus. Et surtout, ce qui m'a beaucoup aidée, je pense, c'est les relations humaines que j'ai créées dans mon poste. Ça, ça m'a fortement aidée. Donc d'avoir des soutiens, des personnes clés dans l'entreprise avec qui je sais que c'était très fluide, on travaillait très bien ensemble. ⁓ Et ça, m'a permis aussi d'avancer, d'avoir encore plus confiance en moi et de me prouver que j'avais ma place. Est-ce que tu peux nous parler de tes mots ? Il y a effectivement la problématique du décalage intellectuel. Il y a aussi effectivement la dynamique humaine et la possibilité d'avoir peut-être un peu plus les codes pour comprendre Comment ça fonctionne ? Quand le lien de confiance est établi, c'est super. Mais dans d'autres cas où peut-être l'assertivité est un peu plus forte et du coup, on ne tombe pas dans les pièges. que souvent, le HP, il est aussi un peu naïf ou un petit peu candid sur certaines choses. Et ça, me semble que c'est par la maturité qu'on l'acquiert. Et il me semble que c'est au bon endroit maintenant. C'est pas facile. Mais non, je pense qu'aujourd'hui, je suis moins naïve. Je sais ce que je veux déjà. Je sais ce que je veux et ce que je ne plus par les expériences que j'ai eues avant et il fallait que je passe par là. Je ne regrette rien. mon poste où je me suis énormément ennuyée, j'ai rebondi. J'ai fait une formation parallèle. Je m'étais acheté des bouquins, je lisais des nouvelles matières. J'essayais de rebondir. au moment où j'y étais, mais c'était le pire moment de ma vie, avec le recul, il fallait que je passe par là pour ensuite en arriver ici. Du coup, c'est une bonne chose. Il faut prendre son temps. on le répète souvent ici. Effectivement, le temps fait beaucoup. moderne. Donc sur ta manière d'avoir grandi sur un plan humain, une colonne vertébrale plus... ⁓ plus vertébré, plus là, une manière de savoir décoder, de savoir dire non, de savoir t'affirmer, savoir se situer sans se faire envahir par... Parce que c'est ça aussi, l'éponge émotionnelle qu'on est souvent. Ça peut intéresser nos auditeurs, si je veux bien t'entendre Alors oui, savoir dire non, c'était un de mes plus gros problèmes. Je disais oui, alors c'était pour engranger du travail à l'époque. disais jamais non. Là, c'est plus dans la partie affirmation. J'ai beaucoup travaillé sur ça. Au début, j'étais la gentille petite fille quand je suis arrivée, toute calme. Maintenant, il faut que je montre aussi qu'il a des limites, qu'on peut me demander des choses, mais il a une certaine... On pas me pousser à bout. Donc j'essaye d'avoir cette posture-là. Je suis aidée quand par le dirigeant qui est moderne dans sa façon de penser parce que me laisser cette largesse à mon âge et en tant que femme, c'est quand même, je pense pas dans toutes les entreprises. Donc pour le coup, c'est un vrai atout.