Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E59 Adolfo Mandato - Safilin- Le dynamisme et l'innovation de la filière lin, support de la couleur végétale ?
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Alors bonjour à tous,
- 0:45je suis ravie d'accueillir sur le podcast Adolfo
- 0:49Mandato. Bonjour Adolfo !
- 0:51Bonjour !
- 0:52Alors Adolfo,
- 0:53première question,
- 0:54est-ce que vous pouvez vous présenter pour les auditeurs et nous raconter comment vous êtes arrivé à travailler le lin ?
- 1:00Bien sûr,
- 1:01je m'appelle Adolfo Mandato,
- 1:03j'ai 43 ans,
- 1:04je suis le directeur de l'innovation et de la relation avec les marques chez Safila.
- 1:10Je m'occupe vraiment de créer des nouveaux produits ou des nouveaux process et de stimuler les marques,
- 1:19pas forcément du luxe,
- 1:20mais surtout du luxe en France et à l'international,
- 1:24à travailler des projets plus verteux et responsables et locaux.
- 1:29Moi,
- 1:30je suis arrivé à travailler,
- 1:31les lins,
- 1:31c'était un peu un hasard,
- 1:33mais c'est un hasard qu'après,
- 1:35j'ai fait les schémas,
- 1:37le parcours des personnes qui travaillent dans les lins est toujours le même.
- 1:41On y arrive,
- 1:41on s'y passionne et même si on les quitte,
- 1:44après,
- 1:44on revient en mode boomerang.
- 1:46C'est un peu comme Obélix qui tombe dans les chaudrons de la potion.
- 1:51Moi,
- 1:51je suis un vrai produit Erasmus.
- 1:54J'ai connu mon épouse française quand j'étais petit.
- 1:56En Espagne,
- 1:57et après avoir fait une expérience chez Giorgio Armani en Italie au bureau produit,
- 2:04quand je suis arrivé en France,
- 2:05en fait,
- 2:06très naturellement,
- 2:07après avoir travaillé au Cirque du Soleil ou dans les bars des TGV,
- 2:12je me suis retrouvé avec une offre d'emploi à Saïd-sur-la-Lys,
- 2:16donc dans les Nords.
- 2:19bon milieu des champs des lins.
- 2:22Et en fait,
- 2:22le directeur général de l'époque,
- 2:24il m'a proposé un deal.
- 2:25Je t'apprends à parler les Français,
- 2:27je t'apprends les lins,
- 2:28et toi,
- 2:28tu vas les vendre en Italie.
- 2:31Donc,
- 2:32rapidement,
- 2:34tout jeune,
- 2:35à 24 ans,
- 2:3625 ans,
- 2:36je me suis retrouvé à gérer 50% du chiffre d'affaires des Safinins.
- 2:42Et après,
- 2:43pour des questions,
- 2:44bon,
- 2:44donc,
- 2:45naturellement,
- 2:46la bonne école,
- 2:46l'Italie,
- 2:47il y a quand même 50% du lin mondial qui passe sous toutes les formes,
- 2:51matière,
- 2:51fil,
- 2:54tissu,
- 2:56pièce,
- 2:56ça passe quand même,
- 2:57au moins 50% passe par l'Italie tous les années.
- 3:00Et du coup,
- 3:01j'ai eu l'opportunité d'échanger avec,
- 3:04au départ,
- 3:04des pisseurs,
- 3:05parce que les tricoteurs,
- 3:06il y a 20 ans,
- 3:07vous ne tricotiez pas les lingues.
- 3:09c'était techniquement pas possible.
- 3:12Et voilà,
- 3:13après,
- 3:14j'ai,
- 3:14comment dire,
- 3:15après quelques années,
- 3:16j'ai quitté la société parce que j'ai manié un peu,
- 3:18chaîne et tram,
- 3:20blanchi,
- 3:20décivé,
- 3:21c'était pas très,
- 3:22comment dire,
- 3:22excitant.
- 3:24Et
- 3:2518 ans plus tard,
- 3:26j'étais rappelé par mon ancien collègue et maintenant directeur général Olivier Guillaume qui m'a proposé un poste plus transversal entre la production,
- 3:35la vente,
- 3:36les produits.
- 3:38du coup ça effectivement c'est devenu très excitant parce que mon métier c'est vraiment d'aller mettre les nains où il n'y en a pas ou de faire des choses émuler des produits qui ne sont pas un nain et les transformer en produit un nain donc les co-responsables et donc voilà pour
- 3:57accompagner l'évangélisation autour du produit naturel mais aussi les chambres depuis qu'il y a très peu du chambre et
- 4:05voilà,
- 4:06j'utilise plein d'astuces qui font que je prends des idées du monde de l'automobile de l'automotive ou de l'aérospatiale et je les mets dans la mode et vice versa la mode aussi apporte souvent des idées qui font que on
- 4:20arrive à mettre à point des produits qui peuvent aller dans les satellites et donc la nuit ne passe pas sur ma tête
- 4:26Ah génial !
- 4:28Alors est-ce qu'avant qu'on rentre dans le détail est-ce que vous pouvez présenter pour les auditeurs Safilin
- 4:33sa genèse,
- 4:34où ça a été créé,
- 4:35ce que vous faites depuis l'entreprise,
- 4:38le nombre de salariés,
- 4:38un petit peu pour poser le contexte et après on rentrera dans l'innovation et le lin en détail.
- 4:43Sa fila,
- 4:44c'est une très belle aventure qui a bientôt 250 ans.
- 4:47On est la plus ancienne filature du monde du lin,
- 4:50du timbre.
- 4:52Elle a été fondée en 1778 par autorisation du roi Louis XVI.
- 4:58quelques années avant faire une mauvaise fin.
- 5:00Mais voilà,
- 5:03il a autorisé la famille Salmont,
- 5:04parce que Safilin,
- 5:05ça veut dire
- 5:06Salmont Filature des Lins.
- 5:09Et du coup,
- 5:10ils ont autorisé les faits pour construire des tissages et des filatures dans les bassins d'Armentière,
- 5:18donc à l'entrée de l'île et d'Inca.
- 5:20Et du coup,
- 5:22Safilin,
- 5:23depuis tous ces temps,
- 5:25il a une belle histoire.
- 5:28C'est un corps de société qui est détenu par la famille
- 5:31Salmon. Je crois que c'est la huitième génération qui gère,
- 5:36au niveau d'actionnariat,
- 5:38la société.
- 5:39Aujourd'hui,
- 5:39Safilin,
- 5:40c'est 500 personnes.
- 5:42C'est 35 millions d'euros de chiffre d'affaires.
- 5:47L'année dernière,
- 5:49on exporte d'un monde entier,
- 5:51mais pour une question de philosophie,
- 5:54on exporte le minimum possible,
- 5:56d'ailleurs de l'Europe.
- 5:58On a des beaux partenariats avec les Japon,
- 6:00qui sont très friands,
- 6:02de la fibre naturelle et surtout de la très haute qualité.
- 6:05Et en fait,
- 6:06nous,
- 6:06on travaille d'une manière un peu à l'ancienne,
- 6:09avec des vieilles machines qui...
- 6:11qui sont bichonnés par nos différentes générations de mécaniciens.
- 6:17Parce que c'est vrai qu'on a cette mauvaise habitude de capitaliser sur l'humain.
- 6:21On sait quelle est l'importance de l'être humain sur notre travail.
- 6:25Il y a très peu d'écrans tactiles dans nos usines.
- 6:28Il y a très peu d'écrans…
- 6:31Je veux dire,
- 6:31c'est les mains des personnes qui travaillent avec nous,
- 6:34surtout des femmes qui travaillent avec nous,
- 6:36parce qu'il y a la précision,
- 6:37l'attention,
- 6:38la…
- 6:39Vraiment,
- 6:40l'application des femmes,
- 6:41elle est quand même incroyable.
- 6:44Et du coup,
- 6:45grâce à cette expérience,
- 6:46parce que nous,
- 6:47il y a 30 ans,
- 6:47on a dû,
- 6:48pour des raisons économiques...
- 6:51délocaliser en Pologne donc on ne peut pas aller très loin mais c'est quand même une délocalisation donc c'était un passage qui a fait mal et qui était triste pour
- 7:00M. Lion Salmon c'est lui qui a fait ça il y a 30 ans et après non plus il a risqué ce qu'il faut il a hypothéqué sa maison c'était quand même un moment difficile mais il a fait vraiment la
- 7:16bonne opération qui nous a permis il y a
- 7:18un an et demi,
- 7:19de réouvrir une filature à Béthune.
- 7:22Et cette filature qui,
- 7:24aujourd'hui,
- 7:25va produire
- 7:26400 tonnes de fils par an,
- 7:29destinées vraiment aux marchés les plus vertueux.
- 7:31Donc,
- 7:32on parle de toutes les maisons de mode,
- 7:37toutes les maisons,
- 7:39les éditeurs,
- 7:40etc.,
- 7:40qui veulent faire du très local.
- 7:44Disons qu'ils n'ont pas d'alternative.
- 7:47Déjà,
- 7:47à niveau de la qualité,
- 7:48on est la seule alternative.
- 7:50Parce qu'on n'a rien inventé.
- 7:52C'est juste qu'on a décidé de travailler dans une certaine manière,
- 7:55et dans une certaine sélection de matières premières.
- 7:59On ne va pas vite.
- 8:00Je veux dire,
- 8:01les lins,
- 8:01on dit qu'il y a un dîner,
- 8:02quand vous lui posez une question,
- 8:04il a 100 jours pour vous répondre.
- 8:06Parce que c'est les temps qu'il prend les lins,
- 8:09dès la sème jusqu'à la floraison.
- 8:11vraiment on travaille une matière qui doit être respectée parce que de toute façon si vous ne la respectez pas ça ne marche pas c'est ça qui est incroyable et alors du coup comment on repère un bon lin et est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu du
- 8:30champ jusqu'au fil qu'est-ce qui vous fait dire que c'est un bon lin,
- 8:34les critères de qualité je suppose que comme dans tout il y a différents niveaux de qualité et vous triez comment ça marche
- 8:41Nous,
- 8:41alors déjà,
- 8:43il faut comprendre que la qualité est énormément liée à la quantité.
- 8:47Je vous explique pourquoi.
- 8:52Les lins,
- 8:52c'est 0,4% du textile mondial.
- 8:55Et pour vous dire à quel point c'est petit.
- 8:59Donc aujourd'hui,
- 8:59quand vous les voyez partout,
- 9:01chez H&M,
- 9:02Shane,
- 9:02Primark,
- 9:03etc.,
- 9:03je veux dire,
- 9:04on ne comprend pas,
- 9:04ça n'a pas vraiment de sens.
- 9:06Mais tout ça,
- 9:08pour les contextualiser.
- 9:09Donc du coup,
- 9:10si vous voulez,
- 9:11chaque année,
- 9:12vous avez un nombre de kilos qui est limité et de toute façon,
- 9:15tout va se vendre.
- 9:16Ça veut dire que tous les filateurs au monde vont tout acheter.
- 9:20Maintenant,
- 9:21bien évidemment,
- 9:21il y a les facteurs météo qui jouent.
- 9:23Je veux dire,
- 9:24nous,
- 9:24on sait déjà,
- 9:25là,
- 9:25en ces moments,
- 9:26comment elle va être la récolte.
- 9:28Et cette année,
- 9:28par exemple,
- 9:29elle ne va pas être bonne.
- 9:30À part 2022,
- 9:32sur les derniers quatre ans,
- 9:33la récolte n'a pas été bonne.
- 9:35Pour des raisons différentes,
- 9:37surtout liées au changement climatique.
- 9:40Et donc,
- 9:40du coup,
- 9:41là,
- 9:42par exemple,
- 9:42cette année,
- 9:43il y a eu beaucoup de sécheresse.
- 9:46D'accord ?
- 9:46Au mauvais moment.
- 9:48Oui,
- 9:48au mauvais moment.
- 9:49C'était parfait.
- 9:51L'hygrométrie était bonne cette année.
- 9:53C'est juste que le soleil et la pluie auraient dû s'inverser.
- 10:00Du coup,
- 10:01vous reconnaissez.
- 10:02Déjà,
- 10:02sous les champs,
- 10:03on reconnaît la couleur et la taille de la plante.
- 10:06Aujourd'hui une plante d'élan,
- 10:08au moment de la floraison,
- 10:09elle doit être aux alentours des 80 cm à 1 m.
- 10:14Cette année,
- 10:14elle est à 40-50.
- 10:17Donc,
- 10:17je veux dire,
- 10:18il y aura très peu de matières premières qui peuvent être destinées au fil pour la chemise,
- 10:24par exemple.
- 10:25Pour faire du fil pour un chinon,
- 10:27un fil pour faire un pantalon,
- 10:29pas de problème.
- 10:30Pour l'ameublement,
- 10:31il n'y aura pas de problème.
- 10:33Mais pour du tissu fin,
- 10:35du tissu de voilage,
- 10:38du linge des lits et du linge de table très haut de gamme,
- 10:43Il faudra se baser sur une production qui fait travailler les stocks anciens.
- 10:49Je me demande qu'aujourd'hui personne n'a du stock ancien sauf Safilin.
- 10:53Ça veut dire qu'aujourd'hui la particularité de Safilin c'est que nous on achète,
- 10:57nous on a un stock,
- 10:58en fait on fait les lains comme on fait les vins.
- 11:00On a différentes années de récolte et différentes régions de récolte.
- 11:04Pour avoir les fils parfaits par rapport à une utilisation,
- 11:07on va écrire notre récepte,
- 11:10on va dans notre stock matière,
- 11:11on va regarder les couleurs,
- 11:13la longueur,
- 11:14la ténacité,
- 11:15quand on va les casser avec les doigts.
- 11:17pour voir si la fibre quand elle est cassée reste droite ou s'éplie,
- 11:21quelle est sa souplesse,
- 11:23du coup quelle torsion va donner au fil pour l'adapter à un travail de tricotage plutôt qu'un travail de tissage.
- 11:30Et voilà,
- 11:31donc aujourd'hui vous pouvez le faire avec un microscope électronique.
- 11:35Mais je vais dire,
- 11:39en fait la mesure absolue d'un élan ça sert à rien,
- 11:42parce que si vous pouvez pas l'acheter la matière derrière,
- 11:46ça sert à rien d'avoir un microscope électronique.
- 11:48Donc il faut plutôt aller discuter avec les tailleurs et devant lui,
- 11:53vous tester et à chaque fois,
- 11:55vos doigts ils vont vous dire si vous allez acheter ou pas les camions,
- 11:58les fibres qui vont vous parvenir,
- 12:02qui vont vous arriver.
- 12:03Et alors du coup aujourd'hui vous avez combien de théieurs qui travaillent pour vous ?
- 12:07Aujourd'hui nous on achète un peu partout,
- 12:11ça veut dire que c'est hyper important de garder des bonnes relations nous on n'a pas bien sûr on a des partenaires il y a
- 12:19Van Robbe qui est tout près à Quilhem,
- 12:22près d'ici on travaille avec Terre des Lins on travaille avec Opalin on travaille un peu avec tout le monde avec quelques négociants belges aussi
- 12:30Mais souvent,
- 12:31les négociants belges,
- 12:32ils achètent en France.
- 12:33Donc,
- 12:33en fin de compte,
- 12:34nous,
- 12:34notre approvisionnement,
- 12:36il est presque à
- 12:3890% en France et à 10% entre la Belgique et la Hollande.
- 12:43Ça dépend,
- 12:43parce que ça dépend aussi.
- 12:45Vous savez,
- 12:46l'élan,
- 12:46c'est tous les 7 ans sur un champ.
- 12:48Donc,
- 12:48ça fait un peu comme un cœur qui bat.
- 12:50Une année,
- 12:50vous pouvez en avoir plus.
- 12:52Une année,
- 12:52vous pouvez en avoir moins.
- 12:53Et ça,
- 12:54ça va jouer aussi au niveau des frontières.
- 12:57Et donc du coup on travaille vraiment avec tout le monde.
- 13:00Après,
- 13:02nous on a l'avantage,
- 13:03comme on est client depuis 250 ans,
- 13:07ça aide à pouvoir avoir une certaine priorité sur des choix qualitatifs.
- 13:15Quand j'utilise certaines,
- 13:16c'est là aussi,
- 13:17quand une fois c'est réactif,
- 13:19ça veut dire qu'il y a une manière de caractériser l'élan.
- 13:26qui n'est pas absolu.
- 13:28Nous,
- 13:29on a un fournisseur,
- 13:31notre président,
- 13:31parce que c'est notre président qui se charge de l'achat,
- 13:34on n'a pas un responsable d'achat,
- 13:35c'est notre président qui achète les fibres.
- 13:37C'est la tradition des Safiens qu'il y ait le président et le directeur général soit l'acheteur de la fibre.
- 13:44Donc,
- 13:45M.
- 13:45Guillaume a passé par ses mains au moins 500 lots de fibres différentes par an.
- 13:51Et voilà.
- 13:53on l'achète et on ne s'oblige pas à l'utiliser en fait.
- 13:57On la stocke et on sait que comme on mélange entre 24 et 34 lots de fibres différentes pour faire un seul fil,
- 14:04du coup,
- 14:05on va faire du picking d'un non-stock,
- 14:07on va regarder tiens,
- 14:08cette couleur est plus argentée,
- 14:10cette couleur est un peu plus jaunâtre.
- 14:12Pour faire tel type des produits,
- 14:13pour tel type des clients,
- 14:14on va mettre un peu plus de ça et voilà.
- 14:17Donc,
- 14:17c'est vraiment...
- 14:18Comme un assemblage dans le vin,
- 14:19c'est vraiment,
- 14:20on choisit.
- 14:21Oui,
- 14:21d'accord,
- 14:21ok.
- 14:23On fait un brut comme dans les champagnes.
- 14:25Ok.
- 14:27Alors,
- 14:27du coup,
- 14:28il y a,
- 14:30comme vous disiez,
- 14:30ce contrôle qualité que vous faites vous-même à la main sans forcément avoir d'outil.
- 14:35Vous avez aussi parlé de 100 jours entre la graine et le fil,
- 14:38si j'ai bien compris.
- 14:39C'est ça,
- 14:40c'est à peu près la… La graine et la floraison.
- 14:42La graine et la floraison,
- 14:43ok.
- 14:44Et alors,
- 14:44il y a une étape dont on m'a souvent parlé…
- 14:47Dans la filière lin,
- 14:48c'est le ruissage ?
- 14:51Oui,
- 14:51alors en fait,
- 14:52au moment de la récolte,
- 14:56les lins ne se coupent pas,
- 14:57ça s'arrache,
- 14:58donc on amène la fibre.
- 14:59C'est pour ça qu'après,
- 15:00il y a,
- 15:00dans les phases des transformations,
- 15:03vous pouvez avoir des pénuses de tête et des pénuses de pied.
- 15:06Mais avant ça,
- 15:07il y a effectivement la phase d'arrouissage et la phase d'étayage.
- 15:10L'arrouissage,
- 15:11ça veut dire qu'on arrache la plante,
- 15:13on la met au sol et on attend que la chimie naturelle fasse son travail.
- 15:18Donc la pluie,
- 15:20les soleils et les vents vont dissoudre les pectines qui vont tomber et vont séparer la partie cellulosique de la fibre.
- 15:28Et donc du coup,
- 15:30on enlève la colle qui tient ces deux parties ensemble.
- 15:34Et du coup,
- 15:35au bon moment,
- 15:36quand ce processus est terminé,
- 15:38alors…
- 15:39pendant des années,
- 15:40j'aurais pu vous dire,
- 15:41ces procès,
- 15:42ça se passe entre fin août et septembre.
- 15:44Là,
- 15:44depuis les dernières années,
- 15:46là,
- 15:47c'est un peu catastrophique,
- 15:48mais vous savez,
- 15:49quand on est paysan,
- 15:51on veut sauver sa récolte.
- 15:53Donc,
- 15:54plutôt que de gagner zéro,
- 15:55on gagne ce qu'on peut et on fait la fibre qu'on peut faire.
- 15:59Donc,
- 15:59voilà.
- 16:00Mais sinon,
- 16:00normalement,
- 16:01c'est entre fin août et septembre.
- 16:03Une quinzaine de jours,
- 16:04trois semaines,
- 16:04là aussi,
- 16:05ça dépend des précipitations,
- 16:07ça dépend de la température.
- 16:09et à ce moment là on fait des balles comme pour les foins et on envoie tout ça chez les tailleurs puis ils vont tailler donc mécaniquement ils vont séparer la fibre des anins et du coup
- 16:24nous on achète la fibre qui reste mais on achète aussi les toupes des taillages donc c'est de la fibre très courte qui tombe suite à ces passages là et là on va faire les gros fils par exemple pour la ficellerie alimentaire ou
- 16:38Je veux dire,
- 16:38comment dire,
- 16:39des tissus très,
- 16:40très rustiques.
- 16:40Ça ressemble énormément au sac des poids militaires.
- 16:43Oui,
- 16:43d'accord.
- 16:44Un jute,
- 16:44comme un peu de la jute.
- 16:45Comme de la jute,
- 16:46mais disons que c'est de la jute haut de gamme.
- 16:49D'accord.
- 16:49Et donc,
- 16:50du coup,
- 16:50dans le lin,
- 16:51il n'y a rien qui se perd,
- 16:52en fait,
- 16:52vu que vous arrachez tout et vous récupérez quasiment tout.
- 16:56Ah non,
- 16:56non.
- 16:56Alors là,
- 16:57plus les années passent et moins on perd.
- 17:00Déjà,
- 17:00à la base,
- 17:00c'était hyper vertueux parce que,
- 17:03je veux dire,
- 17:03comment aujourd'hui,
- 17:06nous comptons.
- 17:07Quand on transforme,
- 17:08on fait encore des coproduits,
- 17:09et les coproduits on y fait du fil.
- 17:11C'est ce qu'on appelle des peignages.
- 17:13En fait,
- 17:14on ne garde pas que les longs brins qui font 80 cm,
- 17:17mais quand on peigne,
- 17:17on va récupérer une fibre qui fait plus ou moins 25 cm.
- 17:20On peut faire un fil qui est très correct et qui aujourd'hui est très répandu.
- 17:26Les peignages représentent quand même une grosse partie du marché des lameaux bléments.
- 17:32parce que pour faire des rideaux souvent les sofas c'est des filaments,
- 17:37des peignages par exemple les rideaux c'est souvent sauf les rideaux très très fins ça dépend du marché mais voilà du coup
- 17:48Plus on avance dans les process,
- 17:49plus les coproduits sont inutilisables.
- 17:52Ça veut dire que,
- 17:53je veux dire,
- 17:53déjà vous pouvez cotoniser la fibre,
- 17:55et à la cotonison,
- 17:56vous faites du fillering,
- 17:57des lopinels,
- 17:59des techniques,
- 17:59donc ça ramène la fibre.
- 18:01à 3 cm maxi,
- 18:03et donc vous pouvez les combiner par force centrifuge ou d'autres techniques.
- 18:09Ça change que nous,
- 18:10on n'aime pas trop les autres techniques,
- 18:11parce qu'on est vraiment dans la mécanique.
- 18:14La seule chimie qu'on utilise,
- 18:16c'est l'eau,
- 18:17parce que l'eau active et réactive les pectines tout au long du process.
- 18:22Donc quand on a besoin que les films s'écollent,
- 18:24on met de l'eau,
- 18:25et quand on n'a plus besoin,
- 18:26on sèche.
- 18:28Et sinon,
- 18:28au moment du blanchiment,
- 18:30on met de l'oxygéné.
- 18:32Donc,
- 18:33c'est la stimule de Dessafilien,
- 18:36c'est l'oxygéné.
- 18:37Donc,
- 18:37on se retient quand même assez vertueux par rapport à d'autres pratiques.
- 18:42Et après,
- 18:43à la fin,
- 18:43si vous voulez,
- 18:44tout ce qui reste à la fin,
- 18:45chez nous,
- 18:46il n'y a presque plus rien,
- 18:47c'est de la poussière.
- 18:48Cette poussière-là,
- 18:50dans nos filatures en Pologne,
- 18:51en fait,
- 18:52on a une machine très manuelle qui va compacter tout ça.
- 18:55On fait du pellet,
- 18:56on les donne à nos ouvriers pour qu'ils puissent chauffer leur maison.
- 18:59Ah d'accord,
- 19:01des granulés de pelée là,
- 19:02enfin d'accord je vois.
- 19:04C'est vraiment tout,
- 19:04je veux dire,
- 19:05c'est tout fin quoi,
- 19:06donc je veux dire,
- 19:08pour ne pas les jeter,
- 19:10vraiment on fait ça,
- 19:12c'est un de nos ouvriers qui a eu l'idée,
- 19:14et effectivement,
- 19:15je veux dire,
- 19:17pourquoi pas,
- 19:17plutôt que les jeter ça fait rien,
- 19:20voilà,
- 19:20après je veux dire,
- 19:21même là,
- 19:22moi avec l'innovation,
- 19:24j'essaye de,
- 19:25là j'ai travaillé sur un projet...
- 19:28Très récent,
- 19:29avec des sociétés françaises,
- 19:33j'ai réussi à mettre du lin.
- 19:35Les anas des lins,
- 19:36la partie cellulosique que l'on utilisait,
- 19:38j'ai réussi à le mettre dans une semelle pour faire des chaussures avec un polymère qui est réutilisable à l'infini.
- 19:45Vous les chauffez,
- 19:46vous pouvez continuer à l'utiliser.
- 19:48C'est un projet sur les chaussures très verteuses dans lesquelles la tige est biodégradable,
- 19:52est compostable et la semelle est réutilisable à l'infini.
- 19:55Puis le temps passe,
- 19:56puis on pousse et on essaie de valoriser la réutilisation du résultat de chaque étape de transformation.
- 20:05c'est génial et j'avais juste une petite question pour rester encore un petit peu dans les champs sur le lin il y a beaucoup de lins bio dans les régions et c'est quoi essentiellement la différence entre une culture de lin conventionnel et une culture de lin bio bonne
- 20:23certification
- 20:25Oui,
- 20:25mais je...
- 20:27Non,
- 20:27non,
- 20:27c'est à moitié une blague,
- 20:30je vous explique pourquoi.
- 20:31En fait,
- 20:32les lins,
- 20:32comme je vous ai dit,
- 20:35il faut les laisser tranquilles.
- 20:37D'accord ?
- 20:37Aujourd'hui,
- 20:38il n'y a aucune mesure préventive,
- 20:41chimique,
- 20:43pour protéger les lins des parasites qui est faite.
- 20:45Il n'y en a aucune.
- 20:46Je veux dire,
- 20:47on ne met rien avant.
- 20:48Je veux dire,
- 20:49là,
- 20:49par exemple,
- 20:50nos bureaux sont de la campagne,
- 20:54des fois je passe et je me sens presque intoxiqué pour voir les tracteurs qui passent à traiter les terrains quand il n'y a rien.
- 21:01Je ne sais pas,
- 21:02ce n'est pas mon métier.
- 21:04Mais
- 21:04Aujourd'hui, il y a un seul moment dans lequel il y a une fragilité.
- 21:10C'est quand il sort de terre et qu'il n'a pas encore développé la fille.
- 21:16Là,
- 21:17c'est le moment dans lequel,
- 21:20si un parasite arrive,
- 21:22là on va traiter.
- 21:24d'accord et on s'arrête là je veux dire à niveau des traitements je veux dire c'était les seuls moments dans lesquels on peut déjà on peut intervenir on sait doit mais on peut intervenir plus tard ça sert à rien de mettre quoi que ce soit du coup voilà et là
- 21:39au lieu d'un des bio les bio aujourd'hui je veux dire moi je travaille énormément des lins bio parce qu'ils ont eu zéro traitement je ne veux pas dire que c'est organique parce que je n'ai pas les certifications GOTS d'accord après nous on travaille beaucoup des lins aussi GOTS et GOTS in transition donc ça veut dire que si les
- 22:00lins sont plantés sur des champs dans lesquels on a commencé la dépollution entre guillemets du sol
- 22:08Donc,
- 22:09il faut 4 ans pour que ce somme soit déclaré GOTS.
- 22:12Et à partir de ces 4 ans,
- 22:14on a vraiment du fil GOTS.
- 22:16Donc nous,
- 22:16sur nos productions organiques,
- 22:20on est obligé de mettre si c'est du GOTS ou du GOTS in transition.
- 22:25Et c'est pour ça que,
- 22:26bon,
- 22:26après pour nous,
- 22:27comme je vous ai dit tout à l'heure,
- 22:28on mélange énormément de l'eau.
- 22:31Il faut faire attention parce que...
- 22:32Je veux dire,
- 22:32on est beaucoup plus limité.
- 22:34Donc,
- 22:34beaucoup plus limité,
- 22:35ça veut dire que l'équilibre est prévenu,
- 22:36qu'il y a la qualité finale du fil.
- 22:39Et après,
- 22:40on peut discuter pendant trois jours sur ce que ça veut dire qualité d'amélin,
- 22:43parce qu'il y en a un qui,
- 22:45s'il n'y a pas de flammes,
- 22:46c'est du coton,
- 22:47c'est moche,
- 22:48c'est nul.
- 22:49Et s'il y a trop de flammes,
- 22:50il est régulier,
- 22:51la fibre n'est pas belle.
- 22:52Donc,
- 22:53on reste encore sur une matière qui est tellement politique qu'il y a de la subjectivité pour les biétudes.
- 22:58Et vous dites flamme,
- 22:59c'est quoi ?
- 23:00C'est les petites...
- 23:00Les flammes,
- 23:01c'est les changements des numérométriques,
- 23:05donc c'est les changements des grosseurs au long de tous les films.
- 23:08Vous voyez les lains,
- 23:10c'est la flamme,
- 23:11c'est la chose grâce à laquelle vous allez...
- 23:14Il faudrait qu'on aide les cellulins.
- 23:16D'accord,
- 23:16oui,
- 23:16je vois.
- 23:17Ces propriétés intrinsèques,
- 23:19vous les découvrirez après,
- 23:21c'est bien fait après les avoir mis,
- 23:23mais quand à vue,
- 23:25les nains,
- 23:26c'est flammé.
- 23:27La particularité du lin par rapport à un polyester flammé,
- 23:30c'est que cette flamme,
- 23:33elle est random,
- 23:34ça veut dire qu'elle peut avoir la taille,
- 23:35la distance entre l'une et l'autre,
- 23:37ce n'est pas mesurable,
- 23:38ça vient grâce à la caractéristique de la matière.
- 23:41dans les polyester ou dans les filabaves continue vous programmez une machine qui va faire une flamme de
- 23:4610 cm ou les 27 cm donc chose qui fait un effet un effet comme on appelle en Italie un effet télévisionné donc ça fait que c'est moche un moche
- 23:57d'accord ok ah bah je savais pas alors pour se rapprocher un petit peu de notre sujet sur le podcast je voulais savoir si vous en tant que voilà sur le lin sur le fil est-ce que vous avez expérimenté la
- 24:11teinture végétale et est-ce que vous pouvez nous raconter un peu vos retours
- 24:16Alors nous,
- 24:17SafiLin,
- 24:19on n'est pas un teinturier,
- 24:21on utilise la teinture seulement pour la ficellerie alimentaire,
- 24:25parce que nos clients ont des cahiers des charges alimentaires qui sont assez précis.
- 24:28Donc on ne considère pas ça notre métier,
- 24:31c'est un service additionnel qu'on donne à nos clients.
- 24:34Par contre,
- 24:34moi en tant que directeur de l'innovation,
- 24:38bien évidemment vous comprendrez que c'est une bonne partie des sujets de la mode,
- 24:43ça se porte autour aussi des services.
- 24:46Moi je travaille sur des sujets qui peuvent être très poussés,
- 24:50par exemple faire un lin noir ou anthracite sans utiliser de colorant du tout.
- 24:55Moi j'ai un sac à impossibilités toujours à côté de moi et c'est de faire du lin transparent.
- 25:01donc faire comme un fil de pêche mais du coup la couleur,
- 25:05l'aspect,
- 25:06vous comprendrez que c'est quand même un sujet chouette l'idée,
- 25:09donc moi j'ai testé dans les derniers deux ans et demi j'ai testé pas mal de teinture digitale et en fait à part la technique c'est tellement génial mais c'est génial
- 25:22C'est d'allemande et la fast fashion c'est quelque chose qui ne peut pas coexister si vous voulez.
- 25:28C'est vraiment plutôt d'allemande effectivement du luxe non ostentatoire qui peut trouver sa place la teinture naturelle.
- 25:41C'est vraiment...
- 25:41Alors moi j'ai testé surtout en Italie et ici en France un peu moins sur la naturelle donc par process d'infusion.
- 25:50avec des fleurs,
- 25:52la camomille pour faire du jaune,
- 25:55il y a un verre avec lequel on fait un rouge,
- 25:58c'est assez exceptionnel,
- 26:01ça m'a impressionné,
- 26:01je trouvais ça un peu dégoûtant,
- 26:03mais en fait,
- 26:03les rues de fer sont vraiment jolies,
- 26:04c'est un joli rouge,
- 26:06et la chemise que je porte,
- 26:08c'est un indigo naturel fait avec l'écorce d'un arbre.
- 26:12Donc voilà,
- 26:13si vous voulez,
- 26:13là...
- 26:15Les expériences sont différentes et sont très intéressantes.
- 26:20On peut faire ça à la maison,
- 26:21c'est génial.
- 26:24Mais si on parle d'industrialisation,
- 26:26j'ai vu que pour teindre une bobine des fils avec une teinture normale,
- 26:32ça prend quelques heures.
- 26:34Avec la teinture naturelle,
- 26:35j'envoie les fils et mon client reçoit les fils
- 26:3840, 50 jours plus tard.
- 26:40si on met l'épée sous l'accélérateur.
- 26:42Donc,
- 26:43on est en train de respecter tout.
- 26:45On respecte l'environnement,
- 26:46on respecte la fibre,
- 26:48on respecte tout.
- 26:49Et du coup,
- 26:51les résultats sont excellents.
- 26:53Maintenant,
- 26:54dans les dernières années et demie,
- 26:56je dirais qu'avec les fûts furieux,
- 26:57je ne sais pas pourquoi,
- 27:00il y a une grosse concentration en Italie de ces gens,
- 27:03des fûts furieux,
- 27:04mais qui font quand même avancer les choses.
- 27:06Donc là,
- 27:07à ce moment-là,
- 27:08je travaille à soin.
- 27:10un process des fixations de la teinture naturelle sur la fibre libérienne avec des pectines de chambre.
- 27:18Ça veut dire qu'on va utiliser les sucres du chambre comme colle.
- 27:22Et les résultats sont assez prometteurs.
- 27:26Naturellement,
- 27:27il y a une usure,
- 27:29une sensibilité.
- 27:31L'objectif,
- 27:31c'est vraiment de réduire la...
- 27:34la lumière,
- 27:35la couleur la peinture en fait c'est toujours le même on va traiter les frottements,
- 27:43on va traiter les UV
- 27:45Donc,
- 27:45la protection des UV.
- 27:47Parce que,
- 27:47je veux dire,
- 27:48toute pigmentation,
- 27:49comme les lins naturels,
- 27:50en fait,
- 27:50c'est un pigment,
- 27:51ce n'est pas une couleur.
- 27:53Donc,
- 27:53je veux dire,
- 27:54on les connaît,
- 27:55les problèmes de la teinture naturelle,
- 27:57parce qu'on n'a même pas besoin de teindre les lins pour les vivre.
- 28:00Les lins changent de couleur à chaque lavage d'un tissu naturel.
- 28:04Je veux dire,
- 28:04les tissus de votre grand-mère qui,
- 28:06maintenant,
- 28:06sont blancs cassés,
- 28:09un peu patinés,
- 28:10ils étaient...
- 28:11bris quand tu les as fait voilà et au bout des 100 ans et au bout de je sais pas combien de lavages ça c'est parti
- 28:19donc du coup je me suis penché aussi sur les côtés un peu l'approche commerciale et entre guillemets philosophique de la question et je suis arrivé avec une grande marque de luxe italienne à afficher
- 28:35sur une chemise bah cher client vous êtes en train d'acheter un produit naturel il évoluera à chaque lavage d'accord et c'est comme ça qu'il faut présenter la chose je veux dire pour moi il faut pas aller chercher alors
- 28:49je pense que d'ici quelques mois vous auriez des bonnes nouvelles j'ai discuté hier avec un teinturier qui a trouvé la solution pour fixer d'une manière bien bien comment dire solide donner énormément de la solidité à la teinture naturelle je
- 29:05Je vous passerai les contacts officiels,
- 29:08mais là pour l'instant,
- 29:09je ne peux pas en parler.
- 29:10Mais apparemment,
- 29:11ça marche.
- 29:12Et il est venu me le dire,
- 29:14me confirmer que c'est bon.
- 29:16Mais je veux dire,
- 29:17ça c'est bien,
- 29:18techniquement,
- 29:19il faut toujours avoir de l'avant.
- 29:21Mais pour moi,
- 29:22la partie la plus importante,
- 29:23c'est la sensibilisation du client.
- 29:25C'est,
- 29:25je veux dire,
- 29:26vous voulez du rouge,
- 29:27mais s'il est rouge,
- 29:28d'un
- 29:2930-40 lavages,
- 29:32je deviens un sérise.
- 29:33Ce n'est pas si mal que ça,
- 29:34c'est joli le sérise.
- 29:35ça fait frais voilà je veux dire l'évolution avoir une pièce qui évolue pourquoi pas quoi c'est franchement je ne vois pas je veux dire ça a toujours été identifié comme un défaut et du coup c'était considéré dans l'industrie comme has been la la
- 29:50la teinture naturelle et en fait c'est un problème des paradigmes pour moi personnellement c'est un problème des paradigmes
- 29:56d'accord donc pour vous là vous vous y intéressez depuis deux ans et demi vous voyez que ça bouge et que les gens s'y essayent par contre vous pensez que c'est aussi le consommateur qu'il faut avertir et puis un peu pas éduquer mais avertir
- 30:12que la couleur végétale dans le temps ça se patine et encore quand on choisit bien et qu'on a le bon procédé la couleur peut être solide c'est ça en fait votre message c'est plutôt
- 30:23Tout à fait.
- 30:24En fait,
- 30:25c'est encore une fois,
- 30:25c'est la perception d'un bon produit.
- 30:27Ce n'est pas parce que les produits ne bougent pas pendant 25 ans qu'il est un bon produit.
- 30:32Je veux dire,
- 30:33après,
- 30:33on entend tous les discours des circularités,
- 30:36des cycles de vie des produits,
- 30:38mais aujourd'hui,
- 30:39quand vous faites du naturel,
- 30:41c'est ce qu'on dit,
- 30:42vous faites du naturel,
- 30:43c'est de la nature.
- 30:44Ça veut dire que ça sort de la terre,
- 30:46ça va retourner de la terre.
- 30:48et voilà après je vais dire encore une fois moi je n'écrache pas sur tout ce qui n'est pas filo-libérienne mais un sac un polyester qui était fait en 1980 et
- 31:03avec lesquels moi j'allais à l'école primaire et qui aujourd'hui qui est encore là-haut,
- 31:06ça reste quand même un produit un produit qui est éco-responsable mais pas forcément naturel donc je veux dire
- 31:15on ne peut pas mettre tout dans le même panier en fait oui non c'est ça est-ce que vous avez des demandes de vos clients sur le lin en je ne sais pas est-ce que vous sentez je vais y arriver à faire ma question qu'il y a une évolution de la demande sur de
- 31:31la couleur et de la teinture végétale en tout cas sur le lin
- 31:34De toute façon,
- 31:36en général,
- 31:37après la Covid,
- 31:39toute demande particulière a pris de la force.
- 31:42Avant,
- 31:42c'était une demande particulière.
- 31:43Aujourd'hui,
- 31:44il y a clairement des marques qui ont une…
- 31:47un leitmotiv qui font que la teinture naturelle ou quand même les process vertueux doivent forcément rentrer dans leur process.
- 31:55Je veux dire,
- 31:56même les marques qui sont les moins,
- 32:00disons les plus polluantes et les moins éco-responsables aujourd'hui disent de le faire.
- 32:07Mais c'est vrai qu'il y a quand même une tendance naturelle.
- 32:10Moi,
- 32:10aujourd'hui,
- 32:11J'envoie de plus en plus des livraisons,
- 32:15l'adresse des livraisons,
- 32:17c'est de plus en plus de teintureries qui font de la teinture naturelle plutôt que des teintureries classiques.
- 32:25Le seul problème,
- 32:26c'est la capacité.
- 32:27Aujourd'hui,
- 32:27moi,
- 32:28même si je suis un tout petit industriel,
- 32:31parce que je représente 10% du marché,
- 32:34de linge mondiale,
- 32:35donc 0,04% du textile mondial,
- 32:39mais je reste quand même un industriel.
- 32:42Du coup,
- 32:43quand je livre,
- 32:45je ne peux pas livrer
- 32:4750 tonnes dans une année à une teinturerie naturelle.
- 32:49Je peux livrer peut-être
- 32:513 tonnes et ça va lui prendre un an pour le faire.
- 32:54D'accord.
- 32:56C'est vraiment du slow fashion.
- 32:59D'accord,
- 32:59ok.
- 33:00Et justement,
- 33:00dans les freins,
- 33:04les verrous,
- 33:04qu'est-ce qu'il faudrait lever selon vous pour qu'on accélère en gros la transition vers la couleur végétale ?
- 33:11Vous avez dit que maintenant les industriels,
- 33:14même les marques moins vertueuses,
- 33:15s'y penchaient.
- 33:16Est-ce que c'est juste du fait de la loi,
- 33:18la nouvelle loi ?
- 33:20Ou est-ce qu'il y a autre chose ?
- 33:22Ou c'est vraiment la loi qui a boosté un peu les gens ?
- 33:25Ce n'est pas du tout la loi.
- 33:27Ce n'est pas la loi ?
- 33:27Génial.
- 33:28Je veux dire,
- 33:29depuis nos amis américains,
- 33:32il y a quelques centaines d'années,
- 33:34ils ont inventé le néolibéralisme et on vit dans le néolibéralisme.
- 33:37Donc,
- 33:37à un moment donné,
- 33:39les clients font la loi.
- 33:40Moi,
- 33:41je crois dans l'effet qu'il faut éduquer les clients finales.
- 33:44Et quand les clients finales seront éduqués,
- 33:46ils vont dire je veux ça et si ce n'est pas comme ça,
- 33:49je ne l'achète pas
- 33:51Là, je pense qu'on pourra sauver la planète.
- 33:53D'accord,
- 33:53donc ça vient,
- 33:55encore une fois,
- 33:55on y revient à la sensibilisation du client et s'il le demande,
- 33:58les entreprises vont s'adapter.
- 34:00D'accord,
- 34:00ça c'est super clair.
- 34:02Je voulais avoir avec vous,
- 34:03donc vous êtes directeur de l'innovation,
- 34:05je voulais voir un petit peu avec vous ce point-là.
- 34:08J'ai vu sur votre site qu'il y avait plein de trucs hyper intéressants que j'aimerais qu'on creuse.
- 34:12J'ai vu que vous parliez de la fabrication de biocomposites.
- 34:15Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est et vos challenges sur…
- 34:20sur la partie innovation,
- 34:21ce que vous voyez,
- 34:22ce que vous envisagez,
- 34:23sans révéler de secret,
- 34:24bien sûr,
- 34:24mais pour nous aiguiser un peu les méninges.
- 34:28Alors,
- 34:29là,
- 34:29c'est qu'il y a tout un monde qui est récent,
- 34:34d'accord ?
- 34:34Et c'est un monde,
- 34:35justement,
- 34:36qui est comme,
- 34:37comment dire,
- 34:37un des marchés porteurs,
- 34:39c'est l'automotive.
- 34:40Du coup,
- 34:41qui dit automotive,
- 34:42dit NDA.
- 34:43Donc,
- 34:44je veux dire,
- 34:44c'est compliqué d'en parler librement,
- 34:46mais on peut quand même en parler.
- 34:48Aujourd'hui,
- 34:49alors,
- 34:51des fois...
- 34:53On parle du textile traditionnel,
- 34:55la clé du composite,
- 34:59c'est l'infusion,
- 35:02c'est vraiment la création,
- 35:04l'interaction entre une résine et la fibre.
- 35:07Donc il y a énormément de manières de les faire,
- 35:09on peut les faire avec les noms tissés.
- 35:11Nous,
- 35:11ce n'est pas notre intérêt parce que nous,
- 35:13on est des filateurs,
- 35:14donc qui diffusent les tissus après.
- 35:18Et donc,
- 35:20brièvement,
- 35:21par exemple,
- 35:22Safilin travaille sur plusieurs projets,
- 35:24sur des parties intérieures des voitures,
- 35:27des parties visibles,
- 35:28des parties invisibles,
- 35:30de la déco intérieure.
- 35:31Vous voyez,
- 35:33aujourd'hui,
- 35:33depuis quelques années,
- 35:34c'est très à la mode,
- 35:35les tuiles.
- 35:37ou les natter de deux à l'intérieur des voitures en fibre des carbones.
- 35:41Nous,
- 35:41on va émuler ça.
- 35:42On va enlever la fibre des carbones et on va mettre exactement au même endroit,
- 35:47exactement de la même manière,
- 35:49avec une technique qui est totalement différente,
- 35:50bien évidemment,
- 35:51la fibre des lins.
- 35:52C'est juste que ce n'est pas parce que...
- 35:54Alors,
- 35:54à la base,
- 35:54ce n'était pas juste Ouah,
- 35:56c'est génial,
- 35:56on va faire du naturel C'est quand même des industries les plus polluantes.
- 36:00Donc,
- 36:01si vous voulez,
- 36:03avant l'intérêt du public final,
- 36:05faire du green...
- 36:07s'en ficher un peu mais la question c'est que techniquement c'est canon si on est très fort et si on a les bonnes techniques un produit,
- 36:18un fibre bélin par rapport à un produit un fibre à décarbon sera plus léger,
- 36:24sera plus performant donc au bout du coup vive les bateaux vive les voitures de sport vive tout ce qui est performance à un niveau composite Merci
- 36:34Si en plus de ça,
- 36:36on rajoute que vous pouvez,
- 36:37dans l'air du temps,
- 36:38donner un aspect naturel,
- 36:39parce que ça ne sera pas noir,
- 36:41ça sera plutôt marron.
- 36:42D'accord.
- 36:43Voilà,
- 36:43ça va avoir des tons pastels,
- 36:45des tons belges.
- 36:46Quand vous regardez les cahiers des charges,
- 36:48les différentes groupes automobiles qui sont sortis cette année,
- 36:53début d'année,
- 36:54eh ben...
- 36:55je veux dire,
- 36:56les chromés,
- 36:57les brillants,
- 36:59c'est de l'actualité.
- 37:00Du coup,
- 37:02pourquoi pas utiliser des fibres qui déjà ont ça intrinsèquement,
- 37:06plutôt qu'aller faire du pot de cerf et donner une couleur naturelle.
- 37:10D'accord.
- 37:12C'est un vol.
- 37:15Donc,
- 37:15c'était quand même dans une phase expérimentale pendant au moins une dizaine d'années.
- 37:18Moi,
- 37:18je suis arrivé,
- 37:19j'ai pris quand même l'héritage de...
- 37:22une prédécesseur qui échangeait avec mes actuels clients depuis des années j'ai pas pris les mérites parce que j'en ai pas autant que ça mais bon depuis que je suis arrivé à la société on vend plusieurs tonnes par an donc
- 37:37plusieurs dizaines des tonnes par an de roving donc les roving c'est un film low twist c'est un film avec moins d'étorsion
- 37:44Donc,
- 37:45c'est un produit hyper difficile à faire.
- 37:48Parce que,
- 37:48je veux dire,
- 37:49on fait exactement ce qu'on fait avec un film.
- 37:51À un moment donné,
- 37:51on s'arrête,
- 37:52on fixe la tension,
- 37:54pas trop faible,
- 37:55parce qu'il ne faut pas que ça casse,
- 37:56mais pas trop,
- 37:56parce que sinon,
- 37:58la résine ne va pas bien s'imprégner au milieu des fibres.
- 38:02Et on y fait un tissu qui,
- 38:04après,
- 38:04va être infusé avec des résines qui,
- 38:07aujourd'hui,
- 38:07ne sont pas du tout écoresponsables.
- 38:10Je veux dire,
- 38:11une époxy,
- 38:12ça reste une époxy.
- 38:13Oui,
- 38:13oui.
- 38:15Chaque mois,
- 38:16il y a une nouveauté.
- 38:17La cité de Marseille est en train de travailler sur une bioresine à base de sève de pin.
- 38:22Il y a des résines qui sont développées avec 60% moins d'énergie,
- 38:27etc.
- 38:29Nous,
- 38:29aujourd'hui,
- 38:29on se porte quand même ambassadeur de tout ça et on essaye avec les prestataires des grandes maisons,
- 38:35des productions d'automobiles,
- 38:38pour faire ça.
- 38:39Tout ça,
- 38:40ça ne se limite pas à l'automobile.
- 38:41Je veux dire,
- 38:42l'aérospatiale est liée,
- 38:45l'horlogerie,
- 38:46c'est lié,
- 38:49les mondes du packaging s'y intéressent.
- 38:51Il y a déjà pas mal d'immobiliers qui sont faits comme ça.
- 38:54Donc,
- 38:55je veux dire,
- 38:55aujourd'hui,
- 38:56il faut juste penser qu'on peut justement,
- 38:58le plastique est remplacé par un composite d'élargisse.
- 39:01D'accord,
- 39:01et on a reçu sur le podcast Pinkcroft,
- 39:05qui est un ennoblisseur anglais,
- 39:06qui nous parle justement de la recherche de résine plus naturelle,
- 39:09et il nous cite plein d'exemples qu'ils ont essayés,
- 39:11donc oui,
- 39:12c'est hyper intéressant,
- 39:13et donc du coup aujourd'hui,
- 39:15ces histoires de biocomposites et donc vous l'avez dit,
- 39:17résine et fibre de lin,
- 39:18les résines,
- 39:19elles pourraient encore être améliorées,
- 39:20mais déjà il y a un gros plus et donc c'est surtout l'aspect naturel,
- 39:24le fait que ce soit plus léger et moins polluant qui fait que c'est quelque chose qui
- 39:30qui a le vent en poupe,
- 39:31c'est ça ?
- 39:32Oui,
- 39:32c'est vraiment le mix entre l'effet que ce soit éco-responsable et ses prestations techniques qui sont exceptionnelles.
- 39:42Donc voilà,
- 39:42on ne pourra pas…
- 39:44remplacer totalement la fibre des carbones et la fibre des verts.
- 39:47La fibre des verts,
- 39:48alors,
- 39:48c'est vraiment incité parce que cancérigène,
- 39:51etc.,
- 39:51etc.
- 39:52Je ne sais pas si vous l'avez déjà touchée,
- 39:54la fibre des verts.
- 39:55Vous la touchez et vous avez des échappes des fibres de verts dans les doigts pendant des semaines.
- 40:01La fibre de verts,
- 40:02c'est parce qu'on sert pour faire les isolations ?
- 40:04les isolants les isolations mais aussi tout ce qui est des composites pour faire tous les bateaux on a un peu un porte-bateau graphique de verre d'accord ok normalement je ne connais pas non non c'est une saleté c'est une saleté moi je préfère qu'on le dise j'ai
- 40:19vu aussi sur votre site le fil Gaïa sur lequel vous avez mis en place beaucoup de traçabilité etc est-ce que vous pouvez me raconter ça et après on passera à la recyclabilité parce que c'est un sujet aussi qu'on a abordé sur le podcast ah oui
- 40:32Le style Gaïa,
- 40:32c'est un concept qui permet de valoriser notre travail,
- 40:40le travail dont je vous parlais tout à l'heure.
- 40:41C'était l'effet que nous,
- 40:43on fait les vins comme le vin.
- 40:46Et donc,
- 40:47si vous voulez,
- 40:47l'idée,
- 40:48c'était d'aller remonter jusqu'au champ.
- 40:50C'est vraiment de la…
- 40:54donner l'origine de la fibre.
- 40:56On veut donner,
- 40:57en fait,
- 40:57c'est un travail qui est né avec,
- 41:01qui a démarré il y a quelques temps,
- 41:02mais qui en fait a pris énormément d'importance quand on a commencé à travailler avec la marque Chloé.
- 41:08On a travaillé sur un projet qui s'appelle
- 41:11Vertical, vous pouvez aller sur les réseaux et vous trouverez.
- 41:14Donc,
- 41:14les projets à la base,
- 41:15c'était de faire du farm to closet,
- 41:17donc d'aller vraiment du champ jusqu'au produit fini.
- 41:22et donc nous on a une relation très forte avec cette marque et on est ravis de collaborer avec eux parce qu'ils ont été quand même une impulsion pour aller plus loin dans ce projet qu'on avait déjà commencé sans eux
- 41:36quand vous avez un partenaire fort qui vous démontre l'intérêt là et qu'on peut le faire et qu'on peut le mainstreamer c'est hyper intéressant donc on va si vous voulez humainement parce que on est comme je vous l'ai dit nous les écrans tactiles c'est pas trop notre truc voilà mais on va quand
- 41:56on a un lot produit on va rechercher tous les lots de matières qu'on a mis dedans
- 42:03Et on va dire,
- 42:04celui-ci,
- 42:05il vient des Kulheim,
- 42:06celui-ci,
- 42:07il vient des Rouen,
- 42:11et c'était la récolte 2015,
- 42:13et c'était la récolte 2017,
- 42:14etc.
- 42:15Donc,
- 42:16on donne une certification,
- 42:18mais ce n'est pas une certification,
- 42:19c'est plutôt une déclaration qui est signée par notre président,
- 42:22à laquelle on donne la recette de notre fille,
- 42:24tout simplement.
- 42:25et du coup il n'y a même plus des questions à poser je veux dire si on veut aller plus loin c'est
- 42:32Jean-Michel Pézan qui a les cheveux rouges qui l'a planté mais aujourd'hui il y a des marques qui adorent ça
- 42:40c'est comme en alimentaire on faisait le système de blockchain on avait le nom de l'agriculteur la taille de la parcelle,
- 42:47énormément de détails c'est une blockchain en fait c'est ça,
- 42:50c'est totalement ça seulement que nous,
- 42:52elle n'est pas informatisée,
- 42:54ça reste des humains nous avec un paysan un paysan vous ne lui envoyez pas un mail vous pouvez pour formaliser et avec un filateur vous ne lui envoyez pas un mail vous discutez
- 43:07vous prenez les téléphones,
- 43:09vous allez les voir on a un métier dans lequel on touche tout on touche la fibre,
- 43:14on touche les fils,
- 43:14on touche l'eau on touche les machines donc voilà je veux dire je suis désolé je suis peut-être pas du tout je suis vraiment en mode boomer mais c'est une autre manière de faire des travails
- 43:30d'accord donc ça sur le fil Gaïa donc c'est l'histoire de la traçabilité et donc comme vous le dites c'est hyper important pour certaines marques et qui voudraient vraiment ben voilà en fait c'est afficher de la transparence je voulais avoir votre avis sur la recyclabilité parce que cette fameuse nouvelle loi il parle beaucoup de produits recyclés recyclables etc.
- 43:48sur les fibres alors j'ai eu des gens sur le podcast pour nous parler de la recyclabilité des fibres synthétiques donc
- 43:58avec les avis.
- 44:00Je voulais savoir,
- 44:01vous,
- 44:02est-ce que vous trouvez qu'il y a un intérêt à recycler une fibre naturelle,
- 44:06sachant que,
- 44:08si je comprends bien le phénomène,
- 44:09recycler une fibre,
- 44:10c'est en gros la casser,
- 44:12la réagencer et en refaire un tissu.
- 44:15Est-ce que dans le lin,
- 44:17dans les fibres naturelles,
- 44:18ça a du sens ?
- 44:21alors encore une fois vous voulez mon avis je dois être politiquement correct ou je ne fais pas mon expérience non non justement le but c'est de voir pour moi dans les lins ça n'a vraiment pas de sens parce que dans les fibres libériennes en général ça n'a pas de sens parce
- 44:38qu'aujourd'hui quand vous avez une plante qui elle-même vous n'arrosez pas vous avez une plante qui capte énormément de CO2
- 44:45vous avez une plante que,
- 44:47comment dire,
- 44:48on y fiche la paix et on la laisse tranquille,
- 44:50on met le minimum de phytosanitaires possibles,
- 44:54comment dire,
- 44:55pour la mettre en place logistique,
- 44:57pour la récupérer,
- 45:00la,
- 45:00comment dire,
- 45:01la rétransformer,
- 45:04couper la fibre,
- 45:05etc.
- 45:06Vous imaginez l'énergie et l'eau,
- 45:09surtout à part l'énergie,
- 45:10l'eau qu'il faut pour faire ces process là,
- 45:13c'est juste aberrant.
- 45:14Donc pour moi,
- 45:15ça n'a pas de sens la recyclabilité textile-textile après récupérer des vieux vêtements peu importe leur fibre pour en faire autre chose plutôt que réacheter des fibres synthétiques issues du pétrole ça franchement il faut y aller avec
- 45:33les yeux fermés voir des déserts au fin fond de l'Amérique centrale ou l'Amérique du Sud plein des vêtements ça n'a pas de sens on mérite la mort si on continue comme ça voilà
- 45:44du coup je veux dire si on parle des recyclages d'une fibre spécifique la fibre libérienne en général l'ortie,
- 45:51les lins,
- 45:53les chambres je vous dis absolument non si on parle de réutiliser des choses qui sont produits en trop je vous dis oui par contre vous comprendrez bien que pour moi les problèmes ne viennent vraiment pas du fait que recyclabilité ou pas recyclabilité parce que si on ne produisait pas trop on n'aurait pas besoin de recycler
- 46:14Donc ça passe déjà par une prise de conscience qu'on y va trop fort,
- 46:18de ralentir cette surconsommation et ensuite adapter la recyclabilité sur des fibres qui sont plutôt synthétiques et pour lesquelles ça a du sens plutôt que sur des fibres,
- 46:28donc on va dire les fibres libériennes,
- 46:30elles n'ont pas de,
- 46:32enfin il n'y a pas d'intérêt et je voulais savoir votre avis sur le coton parce que,
- 46:35est-ce que le coton c'est une fibre libérienne ?
- 46:37Alors les cotons justement,
- 46:38en fait la question c'est que la fibre libérienne par exemple la myriacaline dans la mer
- 46:44vous la laissez et au bout de 2 ans,
- 46:46il n'y a plus rien.
- 46:47Je veux dire,
- 46:47les poissons,
- 46:47ils ne vont pas se trouver avec du linde à l'estomac.
- 46:50Peut-être qu'il y en a eu,
- 46:51mais bon,
- 46:52ça ne va pas les tuer.
- 46:53C'est du végétal.
- 46:54Les cotons,
- 46:55les polymères du coton,
- 46:56c'est naturel.
- 46:57C'est un polymère,
- 46:58c'est quelque chose qui résiste.
- 46:59C'est très résistant,
- 47:00c'est une plante incroyable,
- 47:01les cotons.
- 47:01C'est une fibre qui est incroyable.
- 47:03Il y a une résistance qui est courte,
- 47:06mais une résistance qui est phénoménale.
- 47:08Donc,
- 47:08les cotons,
- 47:09il faut plutôt s'intéresser parce que les cotons,
- 47:11ils ne doivent pas aller dans la mer.
- 47:13on sait bien que tout va à la mer à un moment donné tout et donc du coup il faut vraiment se poser la question c'est pas une question de recyclabilité comme je vous ai dit c'est une question de retenir les fibres contrôler
- 47:29leur site de vie on ne les laisse pas faire ce qu'elles veulent parce que c'est pas bien on les a libérées dès là qu'elles devaient être et maintenant c'est à nous être humains être responsables de ce qu'elles deviennent
- 47:41Ok,
- 47:41donc ça c'est plus clair pour moi sur la partie recyclabilité.
- 47:45J'avais quelques questions avant de vous demander à qui vous souhaitez passer le micro,
- 47:49mais le lien entre le lin et le chanvre,
- 47:53j'ai reçu sur le podcast
- 47:55VirgoCop.
- 47:57qui est sur le chanvre en Occitanie.
- 48:00J'aimerais donc avoir aussi d'autres personnes sur le chanvre.
- 48:03Mais il me parlait quand même des forts liens entre le chanvre et le lin.
- 48:08J'ai vu aussi Marie Marquet qui expliquait dans l'histoire que là où il y avait du lin,
- 48:13il n'y avait pas de chanvre.
- 48:14Et là où il y avait du chanvre,
- 48:14il n'y avait pas de lin.
- 48:15Et qu'il y avait vraiment une complémentarité de ces deux.
- 48:18ces deux cultures.
- 48:19Est-ce que vous pouvez m'en dire plus ?
- 48:21Est-ce que vous avez des liens,
- 48:22justement,
- 48:23avec des chambriers ?
- 48:26Est-ce que vous avez des contacts ?
- 48:27Est-ce qu'il y a des choses que vous mutualisez ?
- 48:29Je ne sais pas,
- 48:30les outils,
- 48:30les débouchés ?
- 48:31Est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu votre lien avec les chambres ?
- 48:34Si vous voulez,
- 48:36la réponse est oui,
- 48:37on a des liens.
- 48:39Pour aller plus en détail,
- 48:42cette année,
- 48:42on a acheté 70% de la fibre des chambres produites en France.
- 48:48Et c'était une grande première parce qu'avant c'était presque rien.
- 48:51Là on a un nombre d'hectares qui devient intéressant.
- 48:54Et grâce à des structures comme l'un et chambre bio,
- 48:57ou comme l'alliance du l'un et du chambre,
- 48:59on met vraiment ça en avant.
- 49:01Donc nous,
- 49:02l'IrgoCop c'est un client.
- 49:04On les connaît très bien et on interagit justement avec ces...
- 49:09ces industriels qui sont sensibles comme nous à un produit local et un produit verteux.
- 49:15Nous,
- 49:15on a bien évidemment un état.
- 49:17Si vous voulez,
- 49:17quand vous allez développer une nouvelle fibre,
- 49:19les bottlenecks,
- 49:20c'est toujours la filature.
- 49:21Il y a énormément de gens qui vont processer des fibres et après,
- 49:25quand c'est le moment de les tester,
- 49:26il n'y a pas de filateur qui va le faire.
- 49:28D'accord ?
- 49:30Et nous,
- 49:30on est différents.
- 49:32Nous,
- 49:32quand il y a quelque chose de nouveau à faire,
- 49:34attention sur ce qu'on sait faire techniquement,
- 49:36voilà,
- 49:37on les fait.
- 49:37Donc,
- 49:38c'est grâce à cette interaction avec les tailleurs,
- 49:41les paysans.
- 49:42et les industriels plus en aval les tisseurs et les confectionnaires comme Vialocop les tissages d'automne,
- 49:49Atelier Toufferie etc mais aussi d'autres,
- 49:53je ne vais pas tous les citer presque tous les français ils sont très à cheval avec tout ça d'accord,
- 50:01mais ce qui se passe c'est qu'à un moment donné on a dit la fibre de l'air,
- 50:05la chambre c'est des fibres très similaires
- 50:08Après,
- 50:09à cause de leur taille,
- 50:11de la taille de la molécule,
- 50:13à cause de leur taille surtout,
- 50:16parce que la fibre est très similaire,
- 50:17il peut y avoir plus des silices,
- 50:19moins des silices,
- 50:19donc des composants chimiques dedans qui sont très différents.
- 50:22Ça va faire que,
- 50:24si on se compare à la laine,
- 50:29les lains ça va être les cachemires,
- 50:31les champs ça va être la grosse laine 25-29 microns qui est en...
- 50:36On s'en fout,
- 50:37les moutons,
- 50:38etc.
- 50:38Il est sur la montagne,
- 50:39etc.
- 50:40Donc,
- 50:41on est sur une fibre qui est très similaire,
- 50:42mais on est sur une fibre qui a des caractéristiques différentes.
- 50:46Donc moi j'ai dit souvent que les lins c'est une fibre nerveuse et que les champs c'est une fibre énervée.
- 50:52Parce qu'on a quand même cette résistance qui est incroyable.
- 51:00Les champs c'est incroyable comme il est résistant.
- 51:03Je veux dire,
- 51:04ça fait des millénaires qu'on y fait des cordes.
- 51:06Donc voilà,
- 51:10sa caractéristique c'est que quand vous commencez à les processer,
- 51:13ça bouge.
- 51:13des tritons ça abîme même les métailles l'abrasion des chambres incroyables donc du coup on a dû clairement adapter la manière déjà de la transformer de la rendre affilable les chambres parce que moi
- 51:28je dirais soit je crois
- 51:31entre 5 et 10 échantillons par mois de partout dans le monde tout le monde m'envoie sur la planète Afrique du Sud
- 51:38Pennsylvanie, Mexique
- 51:41Amérique du Sud,
- 51:41Chili,
- 51:42Pérou la Finlande etc on m'envoie des fibres qui sont rouillées sous la neige des fibres qui sont rouillées à 7000 mètres dans un bidon d'huile de rhum des trucs des fous et bon
- 52:00J'ai test quand même parce que je suis quelqu'un de curieux.
- 52:04Mais la réalité,
- 52:05donc des fibres écorchées,
- 52:06voilà.
- 52:07Mais la réalité,
- 52:07c'est que moi,
- 52:08j'ai des machines qui ont 150 ans,
- 52:09d'accord ?
- 52:10Et que depuis 60 ans,
- 52:12il n'y a plus rien qui est fait d'innovation à niveau machine parce que qui va s'intéresser à produire une machine pour 0,4% du textile mondial ?
- 52:22Personne,
- 52:22apparemment personne.
- 52:24Voilà,
- 52:24et donc du coup,
- 52:26on a des machines qui…
- 52:27Bien évidemment,
- 52:28comme je capitalise sur l'humain,
- 52:30je dois aussi capitaliser sur la mécanique qu'on a depuis des années.
- 52:35Et donc,
- 52:35du coup,
- 52:36on a eu vraiment ce besoin de transformer,
- 52:39de faire des possibles pour que la fibre des champs soit présentée comme la fibre des nains.
- 52:44Donc,
- 52:44c'est pour ça qu'il y a des machines qui ont été inventées pour couper à double hauteur la plante quand elle est sur les champs,
- 52:50parce qu'il n'y a pas des machines qui peuvent processer une fibre à 2 ou à 4 mètres.
- 52:55Ça laisse filer,
- 52:55il faut que ça soit...
- 52:57aller autour d'un mètre pour être processable et donc du coup on a interagi pendant des années pour arriver à l'aboutissement cette année c'était presque 800 hectares de chambres plantées en France et de ces 800 hectares on a réussi quand même à avoir 70% donc on est vraiment ravis et je veux dire encore bravo à
- 53:16notre responsable des achats qui a réussi avec des années de travail de la route,
- 53:23des placements du nord à...
- 53:25normandie etc c'est pour ça que je vous dis les travails politiques qui rentrent en jeu,
- 53:32les travails de relationnel de faire comprendre aux agriculteurs qu'il y a un futur et qu'ils vont gagner de l'argent et que c'est parce qu'ils sont en train de faire quelque chose qui ressemble à une drogue légère qu'après ils vont avoir des problèmes donc vraiment il y a plein d'éléments à insérer mais je veux dire moi cette semaine et la semaine dernière à Londres et cette semaine à Paris
- 53:53j'étais assez fier de montrer les premières bobines des nains filés au mouillé avec de la matière première française et alors vous avez dit il y a
- 54:01800 hectares de chanvre qui ont été plantés en France vous savez combien il y a d'hectares de nains en France ?
- 54:08oui cette année c'était 146 000
- 54:13D'accord,
- 54:14ok.
- 54:14Donc,
- 54:14il y a une sacrée différence.
- 54:17Ah oui,
- 54:17mais c'est rien à voir.
- 54:18Non,
- 54:19c'est pour savoir,
- 54:19parce que je n'avais pas d'ordre d'idée.
- 54:21Je voulais vous poser une dernière question.
- 54:24Pour vous,
- 54:25Adolfo,
- 54:26c'est quoi les défis demain pour vous ?
- 54:29C'est de mailler avec,
- 54:31par exemple,
- 54:31le chanvre,
- 54:32c'est de faire des rapprochements,
- 54:34défendre les fibres libériennes,
- 54:36c'est d'investir dans des machines,
- 54:37mais comme vous dites,
- 54:38il n'y a pas grand monde qui va faire des machines pour une fibre qui est encore…
- 54:43Déjà,
- 54:44si le lin,
- 54:44c'est discret,
- 54:45imaginons le chambre.
- 54:46Parce que si vous m'avez dit le lin,
- 54:47c'est 0,4 le chambre,
- 54:49du coup,
- 54:49ce n'est vraiment pas grand-chose.
- 54:52Après,
- 54:52ça dépend quand vous allez les processer.
- 54:54Si vous allez les cotoniser,
- 54:57les chambres et les lins,
- 54:58ils peuvent,
- 54:58je veux dire,
- 54:59pas les lins,
- 55:00parce que les lins,
- 55:00c'est compliqué à planter et à faire lever,
- 55:05etc.
- 55:06Mais les chambres,
- 55:07c'est une herbe folle.
- 55:09C'est beaucoup plus facile.
- 55:11Et du coup,
- 55:11par contre,
- 55:12avec les process de dé cotonisation,
- 55:14je pense que d'ici 50 ans,
- 55:17les chambres n'ont pas totalement à placer les cotons.
- 55:20de toute façon,
- 55:20on ne sera plus capable de respirer.
- 55:23D'accord.
- 55:25Pour moi,
- 55:26il peut y avoir une accélération assez puissante,
- 55:28mais encore une fois,
- 55:29c'est mon avis,
- 55:30mais il peut y avoir potentiellement une accélération assez remarquable dans les prochains dix ans.
- 55:36Après,
- 55:36nous,
- 55:36à un niveau de challenge qu'on s'impose à un niveau de Safilin,
- 55:41c'est,
- 55:41je veux dire,
- 55:42qu'est-ce qu'on va faire pour devenir de plus en plus green ?
- 55:47On a déjà enlevé toute la chimie qu'on pouvait enlever en général.
- 55:54On travaille normalement sur le recyclage de notre eau,
- 55:56on chauffe nos locaux avec l'eau de la production du lin.
- 56:01Dès qu'on est en dessous des puces,
- 56:02on met un nouveau panneau solaire.
- 56:06L'énergie reste quand même un challenge qu'on oublie.
- 56:10Tous les matins quand on se réveille,
- 56:11on pense à ça.
- 56:12Après,
- 56:13je veux dire,
- 56:13à niveau de la promotion,
- 56:15on est quand même hyper bien accompagné justement par l'Alliance du lin et du chanvre et par les lins et champs bio pour ces associations qui font ce que moi je ne sais pas trop faire.
- 56:27Et du coup,
- 56:28nous,
- 56:29la seule chose qu'on doit vraiment faire,
- 56:32c'est continuer à rester,
- 56:34faire la Rolls-Royce du fil.
- 56:36J'ai dit un an,
- 56:37aujourd'hui,
- 56:37c'est en assurant cette qualité.
- 56:40qui n'est pas évident,
- 56:41je veux dire,
- 56:42on ne fait pas des baves continues,
- 56:43on ne fait pas du coton,
- 56:44quand on la récolte...
- 56:45est pas bonne,
- 56:47il faut trouver des stratagèmes qui ne soient pas chimiques.
- 56:52Nos amis chinois,
- 56:53dès qu'il y a un petit souci,
- 56:55on fout un peu d'ammoniaque,
- 56:56on fout un peu d'échlorite,
- 56:57on fout un peu de substances poraves.
- 57:00Après,
- 57:00quand vous achetez une bobine de fil chinois et que ça ne ressemble pas à du lin et ça ne ressemble pas à du chanvre,
- 57:05mais que c'est très fin,
- 57:06vous êtes en train de faire du marketing.
- 57:08Vous vouliez sur l'étiquette du chanvre,
- 57:11le chanvre est sur l'étiquette.
- 57:12Parce qu'après,
- 57:13sur les produits,
- 57:15Quelle raison de l'avoir si ça ressemble à du coton ?
- 57:17Quelle raison d'avoir si vous avez pollué beaucoup plus qu'avec ?
- 57:23Les greenwashing qu'il y avait eu cette année sur Première Vision,
- 57:28ils venaient tout d'Asie.
- 57:29Je suis désolé,
- 57:30je ne suis pas du tout quelqu'un de raciste,
- 57:32mais je suis quelqu'un qui essaie de protéger la santé de mes enfants.
- 57:36Et quand je vois ça,
- 57:37ça me rend dingue.
- 57:39Et c'est pourquoi ?
- 57:40C'est parce que là-bas en Chine,
- 57:41il n'y a pas de réglementation ?
- 57:42Il n'y a pas de conscience environnementale ?
- 57:44Ou c'est parce que nous,
- 57:47les tissus qui sont importés,
- 57:49ils ne sont pas contrôlés ?
- 57:50Tout ce que vous avez dit.
- 57:51D'accord,
- 57:52ok.
- 57:52Et alors,
- 57:53c'est quoi la piste ?
- 57:56En fait,
- 57:56ça passe au niveau mondial de responsabiliser les fabricants.
- 58:01Oui,
- 58:01d'accord.
- 58:02Dans un magasin ou que vous achetez sur Internet,
- 58:05regardez l'étiquette,
- 58:06vous savez,
- 58:07qui s'est fait.
- 58:09c'est pas compliqué ah il est joli cette robe je l'ai acheté bah non elle est faite à un chien qui vient du chien qui vient qui l'achète pas quoi à part les faits qu'il ne saura pas qu'il vient du chien mais moi aujourd'hui pourquoi j'ai vendu beaucoup plus des fils GOTS pourquoi j'ai vendu beaucoup de fils tracés c'est parce que j'ai des clients des clients des médecins américains qui ont mis en place des analyses chimiques qui arrivent à dire que tel produit tel fil libérien était planté dans une certaine zone géographique de la planète
- 58:38D'accord ?
- 58:38D'accord.
- 58:40Mais si la conscience,
- 58:41si les tisseurs,
- 58:42quand ils doivent aller négocier des prix avec une marque,
- 58:45et que la marque,
- 58:46on sait bien,
- 58:47qui vend les marges dans les ventes,
- 58:49ils arrivent à dire Non,
- 58:50non,
- 58:50mais déjà,
- 58:50je ne vais pas baisser les 40 centimes du mètre,
- 58:52parce que je vais acheter du fil européen,
- 58:54parce que je vais acheter de la matière en première locale.
- 58:57C'est-à-dire,
- 58:57si à un moment donné,
- 58:58on pense qu'il y a à vendre,
- 58:59à faire des volumes,
- 59:00mais les problèmes,
- 59:01c'est faire du volume qui est en train de dépourrir la planète.
- 59:03C'est pas…
- 59:04Je veux dire,
- 59:05c'est juste ça.
- 59:05Et à un moment donné,
- 59:06vu que les industriels,
- 59:08de toute façon,
- 59:08ils sont fichus.
- 59:09Les industriels ne pensent pas à ça.
- 59:11À un moment donné,
- 59:12il faut…
- 59:14comment dire,
- 59:14s'appuyer sur qui est capable de prendre la décision.
- 59:17Et ce qui est capable de prendre la décision,
- 59:18c'est les clients finales.
- 59:19C'est les seuls qui vont pouvoir imposer ça.
- 59:22Mais comme,
- 59:23je veux dire,
- 59:24c'est presque un discours utopique,
- 59:28anarchique,
- 59:29ou je ne sais pas,
- 59:30totalement communiste,
- 59:31mais les peuples,
- 59:33dans ça,
- 59:33ont les pouvoirs.
- 59:34Je veux dire,
- 59:35les consommateurs finales ont tous les pouvoirs du monde pour changer les choses.
- 59:39Si on n'arrive pas à comprendre ça,
- 59:41on n'y arrivera pas.
- 59:43ce qu'il faut réussir à les atteindre avec le message et vu toutes les sollicitations qu'ils ont aujourd'hui sur plein de trucs,
- 59:51de loisirs,
- 59:52de machins,
- 59:52il y a plein de gens qui n'ont plus envie de se prendre la tête à écouter des sujets un peu complexes où il faut creuser,
- 59:59où il y a des...
- 1:00:00Donc voilà,
- 1:00:01l'idée c'est… Non mais Pauline,
- 1:00:02la question ce n'est pas d'écouter.
- 1:00:04Je veux dire,
- 1:00:05aujourd'hui,
- 1:00:05on est en 2023,
- 1:00:07on a tous un… Je veux dire,
- 1:00:08avec notre portable,
- 1:00:09on peut faire ce qu'une équipe de scientifiques faisait il y a 20 ans.
- 1:00:13Nous,
- 1:00:13avec notre portable.
- 1:00:15Je veux dire,
- 1:00:15on est capable de faire des choses extraordinaires.
- 1:00:18Je veux dire,
- 1:00:19ok,
- 1:00:19il y a aussi Snapchat,
- 1:00:21mais on peut aussi faire des choses extraordinaires avec un téléphone.
- 1:00:25on a des bibliothèques on a la bibliothèque d'Alessandrie multipliée par 50 millions d'un objet qui fait quelques centimètres donc voilà,
- 1:00:33si maintenant on a juste la conscience,
- 1:00:35c'est une question des consciences et de l'éducation on peut avoir un but,
- 1:00:39on peut être beau en respectant les autres en respectant des ouvriers qui sont à l'autre bout du monde et qu'il faut les respecter il ne faut juste pas acheter des produits que ces ouvriers qui sont exploités à l'autre bout du monde produisent
- 1:00:53Adolfo,
- 1:00:54est-ce qu'il y a une question que je ne vous ai pas posée que vous auriez aimé que je vous pose ?
- 1:00:57Non,
- 1:00:58franchement,
- 1:00:58je suis ravi des questions que vous m'avez posées.
- 1:01:01j'ai une dernière question pour vous est-ce que vous auriez quelqu'un à me recommander pour continuer cette chaîne donc nous le podcast comme je vous l'ai dit c'est la couleur végétale mais c'est aussi les fibres naturelles parce que ça fait partie on va dire de l'écosystème est-ce que vous auriez quelqu'un à me recommander pour continuer l'exploration soit sur la couleur végétale soit sur des étapes du
- 1:01:22lin du chanvre,
- 1:01:23à qui vous pensez ?
- 1:01:25Alors moi je vous conseille de contacter l'association L'Ain et Chambre Bio qui vont vous diriger vers les bonnes personnes pour effectivement parler de la culture.
- 1:01:38du chanvre et du linge bio.
- 1:01:42Et sinon,
- 1:01:43j'aimerais bien...
- 1:01:44Alors,
- 1:01:44c'est quelqu'un avec qui je collabore beaucoup,
- 1:01:47j'ai fait beaucoup d'expériences sur mes produits,
- 1:01:50etc.
- 1:01:51C'est un fin connaisseur,
- 1:01:52c'est une personne jeune,
- 1:01:53dynamique,
- 1:01:53qui est un fin connaisseur de la peinture en général.
- 1:01:57Donc,
- 1:01:57il aura un avis qui est probablement,
- 1:01:59il sera totalement différent du mien,
- 1:02:00je ne sais pas.
- 1:02:02C'est quelque chose...
- 1:02:04Je vais mettre un changement avec lui sur ces questions,
- 1:02:06on était plutôt sur la résistance des colères,
- 1:02:08etc.
- 1:02:10Mais c'est Frédéric Vernet qui est le directeur général,
- 1:02:14les patrons des teinturies de la justice à Roubaix.
- 1:02:18C'est une teinturier qui est en plein centre-ville,
- 1:02:20donc c'est quand même quelque chose d'assez inouï,
- 1:02:24et qui quand même,
- 1:02:25malgré son jeune âge,
- 1:02:27il a quand même des idées assez claires,
- 1:02:29et c'est un grand professionnel de la teinture des films libériens.
- 1:02:32Ok,
- 1:02:33génial !
- 1:02:33Écoutez,
- 1:02:34top !
- 1:02:34Je vais contacter Frédéric Vernet.
- 1:02:35Avec plaisir.
- 1:02:36En plus,
- 1:02:36vous êtes tous dans mon coin puisque vous êtes des gens du Nord et pareil pour moi.
- 1:02:40Donc enfin,
- 1:02:40ce n'est pas quelque chose à l'autre bout de la France.
- 1:02:41Donc avec grand plaisir.
- 1:02:43Je voulais vous remercier Adolfo pour votre partage,
- 1:02:46votre non-langue de bois qui nous a fait du bien parce qu'on a posé les vraies questions.
- 1:02:51Je vous remercie.
- 1:02:51Merci beaucoup Pauline.
- 1:02:53Merci à vous et merci pour cette initiative.
- 1:02:55C'est très intéressant.
- 1:02:56C'est bien que les gens sachent ce qui se passe.
- 1:02:58Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcoVert,
- 1:03:03A-R-T-E-C-O-V-E-R-T,
- 1:03:05pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:03:09Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:03:17C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:03:22Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale nuances indigo