Latest / La Bulle Rhétorique 🎙️ Par Jean-Corentin Poisson / “Votre voix révèle qui vous êtes en une demi-seconde” - Jean Sommer, coach vocal - LBR
Transcript
- 0:00J'ai pas été courageux,
- 0:01j'avais pas le choix.
- 0:03À l'intérieur de moi,
- 0:03il n'y avait que ça.
- 0:04Il n'y avait rien d'autre.
- 0:069 conférenciers sur 10 sont mauvais.
- 0:08Pourquoi ?
- 0:09Parce qu'ils n'ont pas l'outil.
- 0:11C'est comme de parler d'hygiène dentaire au Moyen-Âge.
- 0:14Est-ce que c'est un sujet de discussion ?
- 0:16Non.
- 0:17Pourtant,
- 0:17est-ce que ça aurait été intéressant de le bosser ?
- 0:19Sans doute.
- 0:20Il y a une agression permanente de la parole féminine.
- 0:26C'est un coup de foudre amoureux.
- 0:27Tu ne te dis pas,
- 0:28elle est à 300 kilomètres ou à 500,
- 0:30quoi qu'il arrive,
- 0:31tu seras au rendez-vous parce que c'est ta folie.
- 0:34Bon,
- 0:34c'est ça la passion.
- 0:37Bonjour à tous et bienvenue dans La Bulle Rhetorique,
- 0:40le podcast où on parle de la parole sous toutes ses formes.
- 0:44Aujourd'hui,
- 0:45je suis ravi de t'accueillir,
- 0:47Jean.
- 0:47Bienvenue dans cet épisode.
- 0:49Merci.
- 0:50Je t'en prie.
- 0:51Jean,
- 0:51tu es coach vocal.
- 0:53Tu as accompagné des clients dans de très nombreuses...
- 0:57dans de très nombreuses sociétés,
- 0:59Disney,
- 0:59Free,
- 1:00je ne vais même pas toutes les citer parce que je pense que ça tiendrait le podcast entier.
- 1:05Tu es aussi créateur de contenu,
- 1:06on peut te retrouver sur TikTok,
- 1:08sur Instagram,
- 1:09sur LinkedIn,
- 1:10un peu partout,
- 1:11on en reparlera peut-être au cours du podcast.
- 1:14Tu es aussi auteur d'un livre,
- 1:16La Voix,
- 1:16cet outil du pouvoir,
- 1:18et c'est justement de ça dont on va parler aujourd'hui,
- 1:20c'est de la voix.
- 1:22Et je précise aussi qu'avant cette carrière en tant que coach vocal,
- 1:25tu es avant tout
- 1:26un artiste,
- 1:27et notamment un artiste chanteur,
- 1:29et ce qui est assez exceptionnel,
- 1:32et j'avoue que je t'envis,
- 1:34ou en tout cas que j'aurais adoré assister à ça,
- 1:38c'est que tu as fait les premières d'artistes dont je suis absolument fan,
- 1:43comme
- 1:43Jean Ferrat,
- 1:44Léo Ferré,
- 1:45ou encore Georges Brassens,
- 1:47dont je chantais toutes les musiques.
- 1:48Et actuellement,
- 1:48il y a un artiste que j'aime beaucoup,
- 1:50qui s'appelle Vincent Delerme,
- 1:52qui me rend hommage dans son spectacle.
- 1:54Donc,
- 1:54je suis encore vivant.
- 1:55Voilà,
- 1:56formidable.
- 1:56En pareil,
- 1:57là aussi,
- 1:58je ne savais pas que tu travaillais avec lui.
- 1:59Je ne travaillais pas avec lui.
- 2:00Moi,
- 2:01je me suis éloigné du spectacle.
- 2:03Mais à titre de référence du passé,
- 2:07de gens qu'il aime,
- 2:09il m'accorde une séquence dans son spectacle.
- 2:12Et justement,
- 2:13est-ce que tu peux nous,
- 2:14avant qu'on aille un peu plus loin,
- 2:15nous raconter déjà un peu,
- 2:17en bref,
- 2:17en tout cas,
- 2:17les grandes lignes de ton parcours ?
- 2:20Alors,
- 2:21moi,
- 2:21je viens d'un monde qui n'était pas du tout,
- 2:24du tout...
- 2:24tout brancher là-dessus.
- 2:26Je viens d'un monde,
- 2:27à l'époque,
- 2:27on disait ouvrier.
- 2:29Et dans ce monde-là,
- 2:33l'idéal pour un enfant,
- 2:36pour les parents,
- 2:37pour son enfant,
- 2:38c'était qu'il ait un bon métier.
- 2:40Pour mon père,
- 2:40un bon métier,
- 2:41c'était d'être dessinateur industriel.
- 2:43C'était le top du top.
- 2:46Et la vie fait que,
- 2:49sans entrer dans le détail,
- 2:50par le hasard des choses,
- 2:53Un de mes cousins m'a emmené un jour au spectacle.
- 2:55Moi,
- 2:55j'allais jamais au spectacle.
- 2:57Au spectacle dans un petit musical,
- 2:58je me souviens,
- 2:59qui était le théâtre Mouffetard.
- 3:01D'accord.
- 3:02Et là,
- 3:02j'ai vu des jeunes d'un petit peu plus que mon âge.
- 3:06Moi,
- 3:06je devais avoir 16 ans,
- 3:0716 ans et demi.
- 3:08Ils devaient en avoir 20.
- 3:10Et j'ai vu des jeunes dans la lumière qui chantaient avec les yeux braqués sur eux,
- 3:15qui étaient sur scène,
- 3:16c'est-à-dire un truc magique pour moi.
- 3:19Et comme ça arrive dans la vie sur différents points,
- 3:23j'ai eu le coup de foudre.
- 3:25Jusque-là,
- 3:27ma vie était un certain nombre de choses.
- 3:30Et à partir de là,
- 3:32j'ai voulu faire ça.
- 3:33Tu avais quel âge à ce moment-là ?
- 3:34J'avais 16 ans et demi à peu près.
- 3:35Et tu n'avais jamais été voir de spectacle ?
- 3:37Jamais,
- 3:38jamais.
- 3:39Il n'y avait pas de musique chez moi,
- 3:40il n'y avait pas spécialement de livres.
- 3:42Il n'y avait rien avec ça.
- 3:44Alors j'étais sensible.
- 3:46À la radio,
- 3:47j'écoutais,
- 3:48bah oui,
- 3:48il y avait des chanteurs.
- 3:50Donc,
- 3:50j'avais une sensibilité latente.
- 3:55Mais rien,
- 3:56rien qui me prédestinait,
- 3:57ni d'exemples autour de moi,
- 3:58ni de frères.
- 3:59Je suis fils unique.
- 4:01Et c'est vraiment le flash,
- 4:03quoi.
- 4:04Incroyable.
- 4:05Et à partir de là,
- 4:07pour faire court,
- 4:07je n'ai eu qu'un désir,
- 4:09parce que je n'avais aucune idée de talent,
- 4:12de création,
- 4:13de rien.
- 4:14Je me suis dit,
- 4:14ils ont une guitare.
- 4:16Il me faut une guitare.
- 4:17Donc,
- 4:17à partir de là,
- 4:18j'ai écourté tout pour gagner juste ce qu'il fallait d'argent pour m'acheter une guitare.
- 4:24Donc là,
- 4:24tu as 16 ans et demi,
- 4:25tu as 17 ans,
- 4:26on va dire.
- 4:26On va dire que tu as 17 ans,
- 4:27ouais,
- 4:27ouais.
- 4:29Tu achètes cette guitare.
- 4:30Et comment est-ce que tu te mets à l'utiliser,
- 4:33à jouer de la guitare et sans doute à chanter,
- 4:35puisque c'est aussi ce que tu as fait après ?
- 4:36Alors,
- 4:36tu sais,
- 4:37finalement,
- 4:38quand les choses sont,
- 4:40entre guillemets,
- 4:41révélées,
- 4:42c'est très simple.
- 4:43C'est-à-dire que j'ai acheté,
- 4:44en même temps que j'ai acheté la guitare,
- 4:46j'ai acheté un petit livret.
- 4:47Je ne me souviens plus du nom,
- 4:49mais c'est une méthode toute simple.
- 4:52Donc tu poses,
- 4:53tu poses,
- 4:54tu poses,
- 4:56tu te fais mal pour poser les trois premiers accords,
- 4:58mais...
- 5:00Je peux résumer en disant que dès que j'ai posé mes doigts sur les cordes,
- 5:05j'ai tout de suite eu des musiques.
- 5:07C'est un peu comme une baguette magique.
- 5:11En fait,
- 5:12j'étais inspiré.
- 5:13C'est pour ça d'ailleurs qu'ensuite les choses se sont facilitées pour moi,
- 5:17parce que j'étais ce qu'on appelle un mélodiste,
- 5:23quelqu'un qui vient.
- 5:25J'ai d'ailleurs encore là aussi un autre plan.
- 5:28J'ai encore une mélodie qui tourne au Portugal,
- 5:31qui a été reprise par une trentaine de groupes.
- 5:34OK.
- 5:36Voilà,
- 5:36pour faire court.
- 5:37Donc,
- 5:38je dirais que tu as d'abord le flash et tu commences à vouloir apprendre après.
- 5:43C'est-à-dire,
- 5:44d'abord,
- 5:44tu fais,
- 5:44tu patauges dans ce qui t'est donné.
- 5:47Et bien sûr,
- 5:48tu comprends qu'à un moment donné,
- 5:50si tu veux faire quelque chose,
- 5:51il faut travailler la question.
- 5:53Oui,
- 5:53ce que j'allais dire,
- 5:54parce que moi,
- 5:55j'étais un peu plus tôt que toi.
- 5:57je pense 14-15 ans,
- 5:58je voulais faire de la musique aussi.
- 6:00Pas de mon métier,
- 6:01mais juste vraiment pur plaisir.
- 6:03Alors je voulais faire de la batterie et bien évidemment,
- 6:05comme tous parents,
- 6:06mes parents n'ont pas voulu que je fasse de batterie parce que ça fait beaucoup de bruit,
- 6:09ils ont bien voulu que je me mette à la guitare.
- 6:11Et donc j'ai pris une guitare et pour te dire justement,
- 6:13le premier...
- 6:14Alors c'était des...
- 6:15C'est même pas des partitions,
- 6:16c'était des tablatures.
- 6:18J'avais pris le premier livre de tablatures,
- 6:20c'était des musiques de Georges Brassens.
- 6:22Parce que c'est moi qui voulais prendre ça,
- 6:23j'adorais Brassens.
- 6:24T'as dû faire du picking avec la méthode Daddy,
- 6:26non ?
- 6:27Alors je vais te dire,
- 6:28justement,
- 6:28c'est là que ça arrive,
- 6:29c'est que j'ai pas du tout été travailleur là-dessus.
- 6:34Donc j'ai bossé un peu,
- 6:36mais vraiment pas assez.
- 6:38Et ce qui fait que j'ai assez vite arrêté.
- 6:39Donc il y a vraiment ce besoin du travail.
- 6:42Toi,
- 6:43c'est parce que t'avais un truc en tête que t'as travaillé ?
- 6:45Alors,
- 6:45j'ai même pas en tête.
- 6:47Je vais te donner un équivalent,
- 6:48t'as un coup de foudre amoureux.
- 6:50Tu ne te dis pas,
- 6:51elle est à 300 km ou à 500,
- 6:55ou elle n'est pas libre avant 10h du soir ou à 3h du matin.
- 7:00Quoi qu'il arrive,
- 7:00tu seras au rendez-vous parce que c'est ta folie.
- 7:03Au fond,
- 7:04c'est ça,
- 7:04la passion.
- 7:05D'autres veulent grimper en haut de l'Everest,
- 7:08d'autres veulent faire de la danse.
- 7:10Et au fond,
- 7:11je dirais,
- 7:11pour faire court,
- 7:12tu n'as pas le choix.
- 7:13Tu n'as pas le choix.
- 7:16Et je dis souvent,
- 7:17au fond,
- 7:18quand j'ai des amis qui ont...
- 7:20qui ont souvent rêvé de faire de la musique.
- 7:24On va me dire,
- 7:26tu as été courageux.
- 7:27Je dis,
- 7:27mais non,
- 7:27je n'ai pas été courageux.
- 7:30Je n'avais pas le choix.
- 7:31C'est-à-dire qu'à l'intérieur de moi,
- 7:33il n'y avait que ça.
- 7:34Il n'y avait rien d'autre.
- 7:36Donc,
- 7:37tu fais ce qu'il faut.
- 7:38Comme dit
- 7:40Goldman dans une de ses chansons,
- 7:42saigner sur les guitares.
- 7:43C'est-à-dire que tu as les doigts qui sont quasiment sains.
- 7:46Je me souviens que j'avais des cloques au bout des doigts.
- 7:50Ça me fait penser à une scène d'un film,
- 7:51c'est Bienvenue à Gataca,
- 7:53où ces deux frères,
- 7:54en gros,
- 7:54pour simplifier une des petites histoires du film,
- 7:56c'est deux frères qui sont en rivalité,
- 7:58qui de temps en temps se challengent.
- 7:59Il y en a un qui a une nature qui a été génétiquement améliorée,
- 8:02en tout cas sélectionnée,
- 8:02et l'autre non,
- 8:04et donc qui est naturellement plus faible que l'autre.
- 8:06Et malgré tout,
- 8:07il le bat sur une course pour aller le plus loin possible dans la mer.
- 8:11Et il lui dit,
- 8:12mais comment tu fais pour gagner ?
- 8:13Il dit,
- 8:13je ne me suis jamais économisé pour le retour.
- 8:16Et je pense que c'est un peu ça,
- 8:17en fait.
- 8:17Oui,
- 8:17oui,
- 8:17je l'ai fait.
- 8:18Tu ne penses pas à ce qui se passe si tu échoues ?
- 8:19Non,
- 8:20et puis tu as 16,
- 8:2117,
- 8:2218 ans,
- 8:2220 ans,
- 8:23tu as l'âge de l'énergie,
- 8:24de la folie,
- 8:25de la passion.
- 8:28Et ensuite,
- 8:29je dirais que ma chance,
- 8:31mais je pense que ça arrive à d'autres,
- 8:33ma chance,
- 8:34c'est que j'avais vraiment,
- 8:35et je le dis sans vanité,
- 8:36j'avais vraiment le talent.
- 8:37J'étais vraiment inspiré.
- 8:39D'ailleurs,
- 8:40encore une fois,
- 8:41disons que j'étais inspiré,
- 8:45mais...
- 8:45psychologiquement,
- 8:46ça c'est une autre histoire,
- 8:47je n'étais pas prêt du tout.
- 8:50Au fond,
- 8:51t'as l'inspiration,
- 8:52et l'inspiration c'est mystérieux.
- 8:54Moi je ne sais toujours pas comment une musique te vient.
- 8:57Je ne sais pas.
- 8:58Je sais comment éventuellement,
- 9:01si on revient à la réalité actuelle,
- 9:03je sais comment éventuellement améliorer un texte pour LinkedIn,
- 9:06pour machin,
- 9:07il y a de là où on entre dans le raisonnable,
- 9:09dans le structurel.
- 9:10Mais une mélodie,
- 9:12c'est magique.
- 9:13Et t'es toi-même.
- 9:14Tu es toi-même,
- 9:17comment dire,
- 9:18fasciné par ta propre création.
- 9:20Elle te vient.
- 9:21Moi,
- 9:21je me souviens de mélodies que je tournais,
- 9:23je tournais,
- 9:23j'étais en boucle sur la guitare ou dans ma tête.
- 9:27Mais en plus,
- 9:29c'est des langues qui,
- 9:30avec un crayon,
- 9:31te dessinent.
- 9:32Oui,
- 9:32bien sûr.
- 9:33Mais je trouve que cet élan inspirationnel,
- 9:35on va dire,
- 9:35cet élan créatif,
- 9:37finalement,
- 9:38en tout cas,
- 9:38l'impression que j'en ai moi,
- 9:39c'est qu'on l'a finalement tous au cœur de nous.
- 9:42En tout cas,
- 9:42moi,
- 9:42c'est l'impression que j'ai sur la musique,
- 9:44parce que c'est aussi pour ça que je voulais faire de la musique.
- 9:46Des musiques en tête,
- 9:47j'en avais plein,
- 9:47des airs qui venaient.
- 9:49Et pourquoi j'ai voulu faire de la guitare ?
- 9:50C'est pour apprendre à les retranscrire,
- 9:52à se dire,
- 9:53cet air,
- 9:53il faut bien que je le note.
- 9:54Sauf qu'un air,
- 9:55ce n'est pas comme une idée.
- 9:56Je ne peux pas l'écrire avec des mots.
- 9:58Il y a une mélodie,
- 9:59il faut savoir l'écrire,
- 9:59il faut savoir la retranscrire,
- 10:01éventuellement la travailler.
- 10:02Ça,
- 10:02c'est secondaire.
- 10:03Moi,
- 10:03je ne savais pas écrire.
- 10:05Je dirais qu'on a tous des talents,
- 10:09mais certains ont une urgence ou pas.
- 10:13On a tous des talents,
- 10:14d'autant que le monde aujourd'hui fait qu'à peu près tout un chacun peut créer,
- 10:21même en numérique,
- 10:22des mélodies,
- 10:22des machins,
- 10:23peut se donner l'impression.
- 10:26Entre guillemets,
- 10:27moi,
- 10:27c'était à la dure.
- 10:27T'as rien.
- 10:29T'as ta guitare,
- 10:30tes doigts.
- 10:33Et je ne savais même pas noter les notes.
- 10:34Je ne savais pas noter.
- 10:35Donc,
- 10:37j'ai vu récemment,
- 10:38il me restait un cahier ou deux,
- 10:41des trucs décolliers.
- 10:42Tu vois,
- 10:43je...
- 10:45Bref.
- 10:46Disons que l'élan vient avant la structure.
- 10:52Alors,
- 10:52pour reprendre le fil de ton parcours,
- 10:53donc là,
- 10:54tu te lances dans la musique.
- 10:57J'imagine que ça ne marche pas directement,
- 10:58ou peut-être que si,
- 10:59d'ailleurs.
- 10:59Non,
- 11:00alors,
- 11:01disons que j'ai tout de suite été dans le milieu des artistes très,
- 11:05très aimés.
- 11:06Je me souviens,
- 11:07j'ai débuté dans un petit cabaret,
- 11:09j'étais un peu la mascotte,
- 11:10parce que j'avais quelque chose d'assez magique.
- 11:15Alors,
- 11:15j'étais très timide,
- 11:17et en même temps,
- 11:18je pense que j'avais une certaine grâce,
- 11:21j'avais un petit côté certainement...
- 11:24un peu petit prince,
- 11:25un truc qui étonnait tout le monde.
- 11:27Donc j'ai tout de suite,
- 11:28on va dire,
- 11:29séduit le milieu de la musique.
- 11:32Un petit milieu,
- 11:33ce qu'on appelait les cabarets à l'époque.
- 11:36Mais petit à petit,
- 11:37ça a commencé à faire écho.
- 11:40Et effectivement,
- 11:41le producteur de Jean Ferrat est venu,
- 11:43puis ensuite,
- 11:46ça a été Phonogramme,
- 11:48Brassens,
- 11:48etc.
- 11:51Mais au fond,
- 11:52je...
- 11:53Je dirais que c'était la continuation de mon talent naturel sans que j'aie su,
- 12:01j'ai jamais eu de stratégie.
- 12:04Au fond,
- 12:06le problème global que j'ai eu,
- 12:09c'est que le bonhomme,
- 12:12pour faire court,
- 12:13je le résume comme ça,
- 12:14était en dessous de son talent.
- 12:16Quand je dis le bonhomme,
- 12:17c'est-à-dire dans ma relation avec les gens,
- 12:20avec les...
- 12:22les producteurs,
- 12:23parce qu'à un moment donné,
- 12:23j'avais le directeur artistique de
- 12:28Serge Gainsbourg.
- 12:28Moi,
- 12:29j'étais chef de l'Ogramme,
- 12:30je faisais partie des jeunes pousses.
- 12:32Mais quand tu n'as pas le comportement,
- 12:35les mots,
- 12:36la stabilité,
- 12:37qu'il y a une usine derrière qui a besoin de stabilité,
- 12:42qui sont à peu près cohérents,
- 12:43et que tu as un type qui fait comme ça,
- 12:45au bout d'un moment,
- 12:46tout le monde se fatigue.
- 12:49Mais malgré ça,
- 12:50tu fais tous ces concerts ?
- 12:51Oui,
- 12:52j'ai beaucoup tourné,
- 12:53j'ai beaucoup tourné,
- 12:53j'ai beaucoup tourné en France,
- 12:55dans le monde entier.
- 12:58Le parcours que faisaient beaucoup de chanteurs dans les années 70,
- 13:05et puis bien sûr,
- 13:06j'ai beaucoup tourné avec Jean Ferrat,
- 13:08je suis passé un mois avec Brassens à Bobineau.
- 13:11Non,
- 13:11c'est des moments extraordinaires,
- 13:13c'est vraiment...
- 13:14Oui,
- 13:15c'est des moments super.
- 13:16On reviendra sans doute là-dessus.
- 13:18un peu plus tard,
- 13:19mais après ça,
- 13:20il y a un moment donné où tu vas devenir coach vocal.
- 13:23Comment est-ce que t'es passé de l'un à l'autre ?
- 13:24Ou est-ce qu'il y a eu des étapes entre les deux ?
- 13:26Alors,
- 13:27ça rejoint ce que je te disais tout à l'heure.
- 13:29Tu as l'élan,
- 13:30mais tu n'as pas la construction.
- 13:31Donc,
- 13:31dans ma manière de chanter,
- 13:33pour être technique,
- 13:36dans ma manière de chanter,
- 13:37c'était n'importe quoi.
- 13:38C'est-à-dire,
- 13:38je poussais de tous les côtés et je me fatiguais.
- 13:41Je n'avais pas de structure.
- 13:43À l'époque,
- 13:43il n'y avait pas de coach.
- 13:45professeur de chant,
- 13:46mais je ne connaissais pas.
- 13:48Donc,
- 13:48je me suis vraiment fatigué et irrité.
- 13:51À un moment donné,
- 13:52j'ai dû,
- 13:53un phognatre m'a envoyé subir une petite opération des cordes vocales.
- 13:58Pourquoi ?
- 13:59Parce que j'avais comme une ampoule,
- 14:00ce qu'on appelle un œdème.
- 14:02Logiquement,
- 14:03ça aurait pu être résolu avec un peu de médecine douce.
- 14:09Bon,
- 14:11l'opération,
- 14:11c'était brutal.
- 14:14Tu te réveilles dans une salle,
- 14:19dans une chambre de clinique,
- 14:22et là,
- 14:22c'est silence absolu pendant 15 jours.
- 14:26Se taire,
- 14:27se taire,
- 14:28se taire.
- 14:29Pour un chanteur,
- 14:31imagine,
- 14:31ce n'est pas que la voix,
- 14:33c'est tout ce qui se passe dans la tête.
- 14:36Donc vraiment,
- 14:39à partir de là,
- 14:41moi,
- 14:41je ne m'intéressais pas à la voix.
- 14:43Mon job en tant qu'auteur-compositeur,
- 14:46c'était d'écrire des chansons,
- 14:49de les répéter avec les musiciens,
- 14:50de les enregistrer,
- 14:52ensuite de me produire en spectacle,
- 14:55d'avoir de la presse,
- 14:56et puis de recommencer chaque année.
- 14:58La voix,
- 14:58j'avais une voix naturelle.
- 15:01Mais naturel,
- 15:01mais que j'ai quand même trop sollicité.
- 15:05Et donc,
- 15:05à la suite de cette opération,
- 15:07ça a été comme un effondrement,
- 15:09une révolution.
- 15:12Et à partir de là,
- 15:14dans ma tête,
- 15:14je me disais,
- 15:15mais pourvu qu'elle revienne,
- 15:16et si elle revient,
- 15:17je vais m'en occuper,
- 15:18je vais m'occuper de ça.
- 15:20Et c'est vrai qu'à partir de là,
- 15:21à partir du réveil,
- 15:22tout s'est normalement passé.
- 15:25J'ai ensuite enchaîné pendant 2,
- 15:273,
- 15:274 ans.
- 15:28Des formations,
- 15:29des formations,
- 15:30des formations,
- 15:31des formations à la voix,
- 15:33au souffle,
- 15:33au théâtre,
- 15:35à la danse primitive,
- 15:36à tout,
- 15:39Parce que j'avais le sentiment que c'était effectivement une construction globale,
- 15:44j'avais cette intuition.
- 15:45Et en faisant ça,
- 15:46petit à petit,
- 15:48j'ai commencé à donner des conseils aux uns,
- 15:50aux autres,
- 15:51parce que je devenais bon techniquement,
- 15:54je savais de quoi on parlait.
- 15:56Et j'ai développé une petite méthode tout en continuant à chanter.
- 16:00Et ce que je faisais,
- 16:02ma méthode,
- 16:02est arrivée jusqu'aux oreilles de Radio France.
- 16:06Il y avait un journaliste qui me connaissait,
- 16:10qui a dit,
- 16:10mais il faut vraiment que tu rencontres la direction artistique,
- 16:14enfin la direction
- 16:17RH à l'époque.
- 16:18Et j'aurais proposé mes services et ils m'ont dit,
- 16:20bon,
- 16:21écoutez,
- 16:21on va...
- 16:22On va voir avec une équipe comment ça fait.
- 16:26Donc,
- 16:26au départ,
- 16:27on a programmé une session de trois jours avec huit journalistes de Radio France,
- 16:34c'est-à-dire toutes les régions et tout.
- 16:36Et puis,
- 16:37comme ça a tellement bien marché,
- 16:40je les ai enchaînés.
- 16:41C'est-à-dire que pendant cinq ans,
- 16:42je suis un peu devenu le coach de Radio France.
- 16:45Trop bien.
- 16:46Et je dis souvent dans mes formations,
- 16:50c'est là que j'ai mal tourné.
- 16:52que petit à petit,
- 16:53j'ai quitté la scène artistique,
- 16:56où je sentais que je n'avais pas fait ce qu'il fallait pour la scène,
- 17:01on va dire,
- 17:01sociale,
- 17:02le coaching.
- 17:04Et quand ça s'est arrêté avec Radio France,
- 17:06je pensais dans ma tête,
- 17:08bon,
- 17:08je vais pouvoir offrir mon service à l'éducation nationale,
- 17:12où je pensais aux jeunes profs,
- 17:13etc.,
- 17:14qui arrivent,
- 17:14qui n'ont pas de bagage,
- 17:15qui se retrouvent avec des classes.
- 17:17Et puis,
- 17:17quand j'ai compris que l'éducation nationale était une forteresse...
- 17:21imprenable.
- 17:22Je valide.
- 17:23J'ai gagné du temps et j'ai commencé à chercher vers les entreprises,
- 17:28vers les cadres,
- 17:29vers les managers.
- 17:30Au fond,
- 17:31j'ai commencé à découvrir.
- 17:33Et c'est vrai que j'ai fait le choix,
- 17:36comme j'ai fait un choix récemment,
- 17:39là j'ai fait le choix de m'occuper de la voix parlée.
- 17:42Parce qu'il y avait déjà beaucoup de gens sur la voix chantée,
- 17:46il y en a toujours beaucoup et très bons.
- 17:48Et je pense...
- 17:49avoir été l'un des premiers,
- 17:51sinon le premier à décliner en petits exercices,
- 17:59à entrer dans la matière elle-même.
- 18:02Je pense d'autant plus que ce sujet du coaching vocal,
- 18:06du travail de la voix parlée,
- 18:08il s'est développé d'abord aux États-Unis,
- 18:10mais il a mis très longtemps avant d'arriver en France.
- 18:13Et je pense qu'effectivement,
- 18:15au minimum sur la voix,
- 18:16je pense que tu as été effectivement...
- 18:18si ce n'est le,
- 18:19en tout cas,
- 18:19au minimum,
- 18:20l'un des premiers,
- 18:21c'est-à-dire une multitude,
- 18:22à travailler ça.
- 18:23Et je reviens sur quelque chose que tu disais juste avant,
- 18:25parce que en fait,
- 18:27je trouve ça assez amusant,
- 18:28la façon dont tu parles de la voix.
- 18:29Je trouve que tu as un rapport très charnel à la voix,
- 18:31parce que tu nous dis que ça a été un coup de foudre pour le chant.
- 18:34Et ensuite,
- 18:35j'ai presque l'impression d'une relation de couple quand tu dis,
- 18:37elle est partie,
- 18:38je voulais qu'elle revienne,
- 18:39j'avais peur qu'elle ne revienne pas.
- 18:40Comme un couple qui se sépare et qui a besoin de se retrouver,
- 18:43et qui en plus après évolue.
- 18:46presque se mettre au bien du couple et qui change de carrière.
- 18:48Un peu l'artiste qui trouve un boulot pour sa femme,
- 18:50que sa femme reste.
- 18:51Oui,
- 18:51oui.
- 18:52Non,
- 18:52mais pour moi,
- 18:53c'est quelque chose de charnel.
- 18:56Et bon,
- 18:57je t'en dirai plus ensuite sur les positions que je prends maintenant.
- 19:01Mais c'est clair que pour moi,
- 19:06je le résume un peu comme ça,
- 19:07la voix,
- 19:08c'est la vibration de la personne.
- 19:10C'est la vibration animale.
- 19:13C'est-à-dire qu'avant même de savoir qui est qui,
- 19:19d'où il vient,
- 19:19etc.,
- 19:20tu as quasiment un diagnostic sensible de l'humeur de la personne,
- 19:28de sa forme,
- 19:30de son autorité,
- 19:31de son inquiétude,
- 19:34en une demi-seconde.
- 19:36Donc c'est quelque chose que je trouve passionnant.
- 19:40Même si...
- 19:40Et effectivement,
- 19:41en France,
- 19:42on a fait beaucoup de progrès.
- 19:45Mais parce que longtemps,
- 19:49j'ai essayé d'approcher les centres d'appel,
- 19:51etc.
- 19:52À chaque fois,
- 19:52on me disait parce que venant de Radio France,
- 19:55je me disais que ça les intéresserait.
- 19:56Donc oui,
- 19:57à chaque fois,
- 19:57il me dit oui,
- 19:58la voix,
- 19:58c'était.
- 19:59Mais on n'a pas de problème.
- 20:01À chaque fois,
- 20:01on n'a pas de problème.
- 20:03Et au fond,
- 20:04je suis arrivé à la conclusion que c'était un non sujet.
- 20:08C'est un non sujet.
- 20:09C'est-à-dire que les gens ne se réveillent pas en disant « je n'ai pas de voix » ,
- 20:14etc.
- 20:14Ils se réveillent éventuellement en disant « j'ai raté mon entretien,
- 20:19je n'ai pas été convaincant » .
- 20:21Mais la source n'y est pas.
- 20:25Ça a bien avancé depuis,
- 20:27mais il y a encore des choses à faire.
- 20:28En fait,
- 20:29la différence que je mets,
- 20:30ce n'est pas que c'est un non-sujet.
- 20:32C'est que c'est un sujet sans conscience.
- 20:35Il n'y a pas de conscience de l'enjeu.
- 20:38Alors je dirais,
- 20:39oui,
- 20:39tu as raison.
- 20:41Quand je dis un non-sujet,
- 20:43c'est que c'était,
- 20:45dans l'opinion,
- 20:46dans le ressenti des gens,
- 20:47c'était soit le sujet de la performance,
- 20:51le chant.
- 20:51Oui,
- 20:52c'est ça.
- 20:53Soit le sujet,
- 20:53à chaque fois on me disait,
- 20:54ah oui,
- 20:55il y a une voix de radio extraordinaire.
- 20:57Soit le sujet de l'extraordinaire.
- 21:01Mais jamais le rapportant à soi-même.
- 21:05Toi,
- 21:05tu en parles maintenant à un niveau...
- 21:07tout petit peu plus conscientisé.
- 21:10Mais pour beaucoup de gens,
- 21:12comme il y a peut-être un siècle,
- 21:14la santé...
- 21:15C'est exactement ce que je vais dire.
- 21:17Pour moi,
- 21:17c'est comme de parler d'hygiène dentaire au Moyen-Âge.
- 21:19Exactement.
- 21:20Est-ce que c'est un sujet de discussion ?
- 21:22Non.
- 21:22Pourtant,
- 21:23est-ce que ça aurait été intéressant de le bosser ?
- 21:25Sans doute.
- 21:26Quand tu vois les visiteurs...
- 21:28Dans ce que j'avais en tête.
- 21:30Donc,
- 21:31il y a un sujet réel,
- 21:33mais dont il n'y a pas de prise de conscience par ceux qui devraient l'avoir.
- 21:36Mais effectivement,
- 21:37il y a une évolution qui n'est pas encore aboutie.
- 21:39Je pense qu'il y a beaucoup...
- 21:40Non,
- 21:40non,
- 21:40il y a du boulot.
- 21:43Alors justement,
- 21:44donc là,
- 21:44tu as passé ce cap,
- 21:46tu as formé beaucoup de personnes.
- 21:47Et tu me dis que récemment,
- 21:48tu as acté une décision ou en tout cas pris une orientation un peu différente.
- 21:52Alors,
- 21:52j'ai pris une orientation qui aurait pu venir plus tôt.
- 21:58Bon,
- 21:58c'est vrai que j'étais dans...
- 22:00Je suis toujours dans la prise de parole,
- 22:02la voix à la prise de parole.
- 22:03Mais depuis quelque temps...
- 22:05comme c'est quelque chose que je vérifie dans les formations que je reçois,
- 22:09je reçois beaucoup de femmes.
- 22:11Et en fait,
- 22:13ça m'est apparu pourtant,
- 22:15ça m'est apparu clairement alors que j'aurais pu le voir avant,
- 22:19c'est qu'en fait,
- 22:19la voix féminine en grande partie est en souffrance.
- 22:25C'est que c'était Simone de Beauvoir qui disait on ne naît pas femme,
- 22:32on le devient.
- 22:34C'est un peu pareil pour la voix.
- 22:35Bon,
- 22:36l'homme étant la référence,
- 22:37ne se pose pas trop de questions,
- 22:39même si les hommes ont besoin d'évoluer sur la question.
- 22:42Mais l'histoire de la voix féminine est marquée.
- 22:47Au fond,
- 22:47c'est un sujet politique.
- 22:50Je m'explique,
- 22:51c'est que la voix de la femme est marquée par les premiers âges de la religion.
- 22:59Je m'étais noté ça,
- 23:00par exemple,
- 23:01je m'étais noté des phrases qui sont fortes.
- 23:06c'est dans Saint-Paul par exemple,
- 23:09que les femmes se taisent dans les assemblées et encore plus fort ça je trouve ça merveilleux,
- 23:16la femme doit se taire dans l'église car c'est Ève la première qui a parlé au serpent,
- 23:26c'est Ève la première qui a parlé au serpent si tu vois une petite fille qui grandit tu dis toi tu es une petite fille
- 23:33Mais c'est les filles qui,
- 23:34les premières,
- 23:34ont parlé au serpent.
- 23:37Alors,
- 23:37on s'est dit oui,
- 23:38mais c'est vieux,
- 23:39etc.
- 23:39Mais non,
- 23:40parce que...
- 23:42Je me parlais là-dessus.
- 23:43En fait,
- 23:44ce n'est pas une question que ce soit vieux,
- 23:45ni une question même de mise en contexte.
- 23:47C'est plutôt une question d'interprétation en réalité.
- 23:51Souvent,
- 23:51la parole des apôtres,
- 23:52etc.
- 23:53n'est pas prendre d'interprétation.
- 23:54Ah non,
- 23:55Il y a quelque chose quand même de très fort.
- 23:57C'est que la féminité,
- 23:59d'ailleurs...
- 24:00D'ailleurs,
- 24:00ce qui s'est passé aussi,
- 24:02c'est derrière,
- 24:03ensuite,
- 24:06en fait,
- 24:07la voix de femme est associée à la séduction,
- 24:10dans les premiers cœurs,
- 24:12à la séduction et donc au désordre.
- 24:15Donc,
- 24:15qu'est-ce qui va se passer jusqu'au,
- 24:17en gros,
- 24:17jusqu'au XVIe siècle ?
- 24:20Sachant que l'idéal de la voix étant d'atteindre le ciel,
- 24:26c'est-à-dire d'être pur,
- 24:27la voix des anges,
- 24:29que les femmes ne peuvent pas l'intégrer,
- 24:32donc l'idéal,
- 24:33c'est la voix enfantine.
- 24:37Mais comme les enfants grandissent et maturent,
- 24:42donc on ne peut pas faire chanter les femmes,
- 24:45les enfants grandissent,
- 24:47d'où viennent ensuite les castras.
- 24:49Les femmes sont réintroduites comme la musique.
- 24:52Alors on peut se dire,
- 24:53oui,
- 24:53c'est historique.
- 24:54Non,
- 24:54parce que...
- 24:55longtemps,
- 24:56longtemps,
- 24:57longtemps,
- 24:57dans notre culture,
- 24:58même il y a 20 ou 30 ans en arrière,
- 25:02l'idéal féminin de la bonne conduite,
- 25:04du bon ton,
- 25:05de la justesse,
- 25:05c'était d'avoir une voix un petit peu légère,
- 25:07un peu juste,
- 25:08un peu amicale,
- 25:12souriante.
- 25:15qui ne prend pas de place et qui reste dans ce retrait.
- 25:23Ce qui se passe,
- 25:24c'est que,
- 25:26quand tu dis que je parle de façon charnelle des choses,
- 25:30c'est que ça s'inscrit dans le corps.
- 25:33Ça s'inscrit dans le corps.
- 25:34Ça s'inscrit comment ?
- 25:35Quand dans l'enfance,
- 25:36on te dit « Toi,
- 25:37tais-toi »
- 25:38ou « Laisse parler les grands »
- 25:39ou qu'il y ait des informations spécifiques.
- 25:42spécialement sur les femmes,
- 25:46c'est quelque chose qui s'inscrit dans la restriction.
- 25:49Tu respires moins,
- 25:50tu ouvres moins.
- 25:51Et en plus,
- 25:52comme pour les femmes,
- 25:54c'est quelque chose qui vient à jour maintenant,
- 25:58les agressions sexuelles et tout ça,
- 26:01toutes ces agressions jouent,
- 26:02alors là,
- 26:03plus sur la morphologie,
- 26:07jouent sur la gorge,
- 26:09sur les soins internes,
- 26:10la gorge,
- 26:10etc.
- 26:12C'est-à-dire que depuis environ 2000 ans,
- 26:14dans notre civilisation,
- 26:17il y a une agression permanente de la parole féminine.
- 26:23Une agression qui se joue dans les deux sens,
- 26:25parce qu'il y a le regard,
- 26:27bien sûr,
- 26:28sous le regard des hommes,
- 26:29c'est-à-dire le jugement dans l'entreprise ou ailleurs,
- 26:31mais il y a aussi l'autodénigrement,
- 26:34parce que beaucoup de femmes n'aiment pas leur voix.
- 26:36Alors,
- 26:36des hommes aussi,
- 26:37mais beaucoup de fois n'aiment pas leur voix.
- 26:38pas leur voix,
- 26:39quand elles ont une petite voix un petit peu bloquée ou qu'elles ne peuvent pas parler fort.
- 26:42Il y a un double,
- 26:44tu vois,
- 26:44une double régressivité,
- 26:45un double conflit qui fait que c'est douloureux.
- 26:49Et je me dis qu'il y a quelque chose à faire là,
- 26:51il est temps,
- 26:53parce que ça n'est pas qu'une question d'égalité,
- 26:56c'est une question de dignité,
- 26:58de justesse,
- 26:59quoi,
- 26:59voilà.
- 27:00Oui,
- 27:00et je pense que,
- 27:01en fait,
- 27:01c'est même pas un sujet d'égalité,
- 27:03comme tu le dis,
- 27:03entre les sexes ou quoi,
- 27:04c'est un sujet d'individus.
- 27:07qui doivent se saisir de leur voix.
- 27:08Tout à fait.
- 27:09Quand tu parles de ça,
- 27:10moi,
- 27:10la première personne à laquelle je pense,
- 27:13et je pense que tu l'as aussi en tête,
- 27:14c'est Valérie Pécresse,
- 27:16qui,
- 27:17pendant sa campagne de 2022,
- 27:19alors elle a de base une voix qui est relativement grave,
- 27:23mais a essayé de la rendre encore plus grave,
- 27:25comme s'il fallait qu'elle parle absolument comme un homme pour conquérir le pouvoir.
- 27:29Il y a une petite note.
- 27:33Il me revient sur
- 27:35Valérie Pécresse,
- 27:35c'est-à-dire avant qu'elle fasse son meeting,
- 27:38j'avais lu le journal du matin où le journaliste lui demande est-ce que vous êtes préparé ?
- 27:44Et elle dit oui,
- 27:44bien sûr,
- 27:45avec mon équipe,
- 27:46on s'est préparé,
- 27:46etc.
- 27:47Mais elle dit texto,
- 27:50sans coach vocal.
- 27:52Sous-entendu,
- 27:53moi,
- 27:53je ne suis pas comme Hollande ou comme Sarkozy.
- 27:55Sous-entendu aussi,
- 27:56parce que ça,
- 27:57c'est très français.
- 27:58Moi,
- 27:59je suis sincère.
- 27:59Moi,
- 28:00je suis spontané.
- 28:01Moi,
- 28:01je ne calcule pas.
- 28:03qu'en France,
- 28:04travailler sur cette question,
- 28:06sous-entendu,
- 28:08c'est fabriqué.
- 28:10Et voilà.
- 28:11Mais je peux te dire une chose,
- 28:13c'est que quand je dis que c'est un non-sujet,
- 28:16bon,
- 28:16là,
- 28:16je laisse le côté des femmes,
- 28:18mais je le dis pour mes amis conférenciers,
- 28:21mais sans être méchant,
- 28:24bon,
- 28:24ça,
- 28:25c'est mon truc,
- 28:25mais neuf conférenciers sur dix sont mauvais.
- 28:28Pourquoi ?
- 28:28Parce qu'ils n'ont pas l'outil.
- 28:33Ils n'ont pas l'outil.
- 28:35Ils ont l'intelligence,
- 28:36ils ont le sujet,
- 28:36ils ont la compréhension,
- 28:37la structure,
- 28:38voire la dialectique,
- 28:39la rhétorique.
- 28:41Mais tu t'emmerdes,
- 28:42tu comprends ?
- 28:42Tu t'emmerdes,
- 28:43tu les écoutes.
- 28:46J'exagère un peu,
- 28:46il y a de tout.
- 28:48Mais il y a vraiment un outil.
- 28:50Moi,
- 28:50je reviens à la guitare.
- 28:52Si tu poses tes doigts à peu près sur les cordes,
- 28:55ça ne sonne pas.
- 28:57Oui,
- 28:57il faut les appuyer complètement.
- 28:58Et pareil à la trompette ou à la batterie.
- 29:00Oui,
- 29:00bien sûr.
- 29:01C'est de la précision.
- 29:02C'est pour ça que je dis que c'est un non-sujet.
- 29:04Parce que,
- 29:05oui,
- 29:06moi,
- 29:06je parle,
- 29:06je n'ai pas de problème.
- 29:07Oui,
- 29:08non,
- 29:08non,
- 29:09on me comprend.
- 29:11C'est-à-dire qu'on ne fait pas la différence entre la voie d'usage qui est tout à fait conversationnelle et ça va bien et la voie en situation.
- 29:21Alors,
- 29:21je ne dis pas qu'il faut fabriquer quelque chose,
- 29:24mais il faut.
- 29:25C'est un instrument,
- 29:26c'est un outil.
- 29:27Oui,
- 29:27c'est ça qu'on va accorder,
- 29:28qu'on va peut-être brancher un peu différemment.
- 29:31Typiquement,
- 29:32un guitariste,
- 29:32quand il va sur scène,
- 29:34il va mettre son micro de guitare,
- 29:35je ne sais pas comment ça s'appelle,
- 29:36mais il va brancher sa guitare pour qu'on l'entende mieux.
- 29:38Le but n'est pas de travestir le son,
- 29:40c'est simplement de l'adapter au contexte.
- 29:42C'est simplement travailler la question,
- 29:43savoir que quand tu as un instrument,
- 29:45il faut qu'il sonne.
- 29:46Oui,
- 29:46c'est ça.
- 29:47Point barre.
- 29:48Et c'est ce qui fait la différence entre un amateur et un professionnel.
- 29:53Et quand tu écoutes les Américains,
- 29:54parce qu'ils grandissent dans cette culture.
- 29:57Ils grandissent dans cette culture de la tchatche,
- 29:59de l'impact.
- 30:02Tu prends n'importe quel jeune sur YouTube qui vend une application,
- 30:05tu as l'impression qu'il parle de sa mère.
- 30:07C'est la plus belle,
- 30:07la plus grande,
- 30:08la plus magnifique pour un petit truc que tu as branché.
- 30:13D'ailleurs,
- 30:14c'est pour ça qu'on me demande souvent pourquoi je ne fais pas de conférence.
- 30:17Je ne fais pas de conférence parce que j'estime que la différence entre une conférence et une formation ou un atelier ou quelque chose comme ça,
- 30:26c'est que la conférence,
- 30:27il y a cette notion de spectacle qui n'est pas forcément dans la formation.
- 30:31Et j'estime que je ne maîtrise pas assez cette notion de spectacle pour faire de la conférence.
- 30:36Je fais de la formation de groupe,
- 30:37mais pas de la conférence.
- 30:38Tu vois,
- 30:39mon cher Corentin,
- 30:40c'est un petit peu pour ça aussi que moi,
- 30:42je ne fais pas de conférence parce que j'ai fait beaucoup de scènes.
- 30:48J'en ai vraiment été très heureux,
- 30:49mais ça m'a également beaucoup coûté.
- 30:52J'ai pris beaucoup sur moi.
- 30:53J'avais le trac,
- 30:54etc.
- 30:55Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 30:56je pense que je peux décemment conseiller des gens parce que je connais le sujet,
- 31:01mais je ne veux plus me mettre la rate au courbouillon.
- 31:05Mais voilà,
- 31:05c'est pareil,
- 31:07pas de conférence.
- 31:08Donc on est au même point.
- 31:09Oui,
- 31:11sauf que toi,
- 31:11tu es un peu plus jeune.
- 31:13D'ailleurs,
- 31:13je pense bientôt me faire accompagner pour travailler cette question-là.
- 31:18Moi,
- 31:18j'ai fait du chant,
- 31:19mais j'ai fait un peu de chant choral quelques années.
- 31:21Ce n'est pas la même chose.
- 31:23On ne travaille pas de la même façon.
- 31:24C'est très fort.
- 31:25On peut être tout seul sur la chaîne.
- 31:28C'est dire sous-entendu à des gens,
- 31:32vous arrêtez de vivre pendant 10 minutes,
- 31:35une demi-heure ou une heure pour m'écouter,
- 31:37moi.
- 31:38Exactement.
- 31:39Est-ce que je vaux le coup ?
- 31:43C'est,
- 31:44comment dire,
- 31:45très orgueilleux.
- 31:46Alors,
- 31:46j'exagère un petit peu,
- 31:47mais il y a un petit peu de ça.
- 31:48Si,
- 31:49il y a de ça.
- 31:50Alors,
- 31:50en même temps...
- 31:51vu de l'autre côté,
- 31:53on se dit « Ah ouais,
- 31:53c'est un défi,
- 31:55monte sur scène,
- 31:56etc. »
- 31:56Il y a tous les trucs.
- 31:58Mais c'est vrai,
- 31:59et là tu l'as dit tout à l'heure,
- 32:01se mettre seul sur scène,
- 32:03c'est,
- 32:05entre guillemets,
- 32:05même si on n'aime pas le dire pour les conférenciers,
- 32:08c'est un spectacle.
- 32:10Mais ça ne veut pas se dire parce qu'on est censé être,
- 32:15entre guillemets,
- 32:17naturel.
- 32:18Alors moi,
- 32:18je dis souvent,
- 32:19mais on peut comme authentique,
- 32:21on peut être authentiquement chiant.
- 32:23On peut être sincèrement chiant.
- 32:25Toi,
- 32:27dire qu'il faut être naturel,
- 32:28si c'est naturel,
- 32:29on ne parle pas devant 100 personnes.
- 32:30C'est rien de naturel dans le fait de parler devant 100 personnes.
- 32:32Exactement.
- 32:34Je suis entièrement d'accord.
- 32:35Je n'aime pas parler de paroles naturelles,
- 32:37paroles authentiques.
- 32:38Ça ne veut pas dire grand chose.
- 32:38Il y a plein de concepts dont on se gargarise.
- 32:41Alors,
- 32:42en même temps,
- 32:42il y a des conférenciers qui,
- 32:44tout à fait modestement.
- 32:46savent ce qu'ils font pour un public.
- 32:48Par exemple,
- 32:48si tu donnes une conférence technique pour des gens qui sont venus écouter de la technique ou tu prends la parole à un anniversaire,
- 32:59à un mariage,
- 33:00dans des contextes où c'est bien,
- 33:01c'est juste,
- 33:02très bien.
- 33:03Mais dès qu'il y a la notion d'argent,
- 33:07plus ou moins,
- 33:07parce qu'inconsciemment...
- 33:09Oui,
- 33:09bien sûr.
- 33:11Si je lui ai rémunéré,
- 33:12il faut que...
- 33:13dès qu'il y a un euro même symbolique tu entres sur le marché et qu'est-ce que tu me présentes c'est exactement ça encore une fois des ateliers oui mais c'est pas la même chose il n'y a pas le même enjeu,
- 33:27je sais pourquoi on me paye et c'est pas pour faire un spectacle,
- 33:31c'est pour transmettre une information,
- 33:34une technique une méthode etc parmi mes qualités tu as parlé de la musique etc mais c'est vrai que depuis
- 33:41justement on parle de conférences,
- 33:42j'ai écrit pour quelqu'un,
- 33:45j'ai écrit une conférence,
- 33:46un spectacle pour
- 33:47Josette Khalifa,
- 33:49comment je suis devenu une géante,
- 33:51et bon je suis mal placé pour le dire,
- 33:52mais c'est très très bien reçu.
- 33:54Oui,
- 33:55j'en ai beaucoup entendu parler,
- 33:56je n'ai pas eu l'occasion d'y assister,
- 33:58mais je connais un peu,
- 34:00pas personnellement,
- 34:00mais je suis un peu ce que fait Josette,
- 34:03et j'ai vu effectivement que tu avais participé à la préparation et à la création de cette conférence,
- 34:08c'est moi qui lui ai écrit.
- 34:10Ah oui,
- 34:13j'en ai entendu beaucoup de bien,
- 34:13donc allez le voir.
- 34:19Je vois que le temps file un peu,
- 34:20et je voudrais quand même qu'on parle aussi un peu de technique.
- 34:24Est-ce que tu peux nous dire comment on peut améliorer sa voix ?
- 34:28Je sais que tu ne vas pas en quelques minutes nous donner le grand truc qui va changer radicalement nos voix,
- 34:34mais déjà,
- 34:35quelques petites choses qu'on peut travailler assez efficacement ou facilement.
- 34:41On revient aux fondamentaux.
- 34:42Mais actuellement,
- 34:44c'est vrai,
- 34:44je suis tellement dans cette dimension politique que j'ai envie de dire...
- 34:52Avant de penser à la voix,
- 34:54aux nuances,
- 34:55à la modulation,
- 34:56etc.
- 34:58Comment faire qu'un être humain,
- 35:00qu'une femme en l'occurrence,
- 35:01puisque c'est aujourd'hui pour moi le sujet le plus blessé,
- 35:06comment faire qu'une personne intègre déjà sa dimension,
- 35:12sa légitimité de femme,
- 35:13c'est-à-dire déjà comprendre que ta voix n'est peut-être pas ta voix.
- 35:21C'est-à-dire que ta voix...
- 35:22C'est la somme culturelle.
- 35:24Tu as peut-être,
- 35:25au fond,
- 35:25la voix de ta grand-mère ou de ta mère qui t'ont élevé dans un monde qui n'a pas du tout les mêmes critères qu'aujourd'hui et tu en souffres déjà.
- 35:33Donc,
- 35:34se réconcilier avec soi-même en essayant de comprendre que la première chose à faire,
- 35:41ça va être quitter l'adversité.
- 35:43J'aime pas ma voix,
- 35:44j'aime pas ceci,
- 35:45pour commencer à dialoguer avec soi-même.
- 35:49Ensuite,
- 35:50bien sûr,
- 35:50alors comment...
- 35:54On va passer par les fondamentaux qui sont la respiration,
- 35:59qui sont l'ouverture,
- 36:01qui sont la diction.
- 36:03C'est-à-dire que dans la notion de diction,
- 36:05il y a la notion de morsure.
- 36:08C'est-à-dire qu'à travers les dents,
- 36:11tu prends le pouvoir sur les mots.
- 36:13La parole,
- 36:13c'est du corps articulé.
- 36:21Je dirais que c'est à la fois la liberté totale intérieure qui descend jusqu'au niveau des sphincters,
- 36:29jusqu'au niveau du bas-ventre,
- 36:30etc.
- 36:30Le lâcher complet.
- 36:32Et en même temps,
- 36:33quelque chose de très tonique,
- 36:35de très tenu.
- 36:36C'est cet équilibre entre le lâcher prise complet,
- 36:41c'est un peu le côté félin,
- 36:43et le côté mordant.
- 36:45Tu prends un chat,
- 36:46il est tranquille,
- 36:46et puis d'un coup,
- 36:48il y a une espèce de...
- 36:49Une tonicité qui t'éveillera.
- 36:51Tonicité,
- 36:51ajustée,
- 36:52affinée.
- 36:53Mais c'est vrai d'ailleurs pour toutes les voix.
- 36:55Mais c'est un peu plus vrai,
- 36:57je dirais,
- 36:57pour beaucoup de femmes,
- 36:59parce que quand tu es en conflit,
- 37:02quand tu es en conflit avec quelque chose que tu n'aimes pas,
- 37:06tu es en restriction avec toi-même.
- 37:08C'est-à-dire que tout...
- 37:10C'est pareil avec le stress,
- 37:11d'ailleurs.
- 37:12Tout ce qui est...
- 37:14Tout ce qui est,
- 37:15comment dire,
- 37:16facia,
- 37:16c'est-à-dire tout ce qui est...
- 37:18organique,
- 37:20viscère,
- 37:20etc.,
- 37:21est sous tension,
- 37:22plus ou moins sous tension.
- 37:25Donc,
- 37:25même si tu fais des efforts,
- 37:27ça t'enferme.
- 37:30Beaucoup de personnes,
- 37:31hommes ou femmes,
- 37:32vivent sous stress.
- 37:33Donc,
- 37:34ils vont faire des efforts pour la voix,
- 37:35mais il y a quelque chose qui ne lâche pas.
- 37:40Donc,
- 37:40tu es toujours en train de lutter.
- 37:43D'ailleurs,
- 37:44je dirais que c'est un vrai chemin.
- 37:46C'est un chemin passionnant.
- 37:48Mais c'est un chemin,
- 37:49justement,
- 37:51de liberté aussi.
- 37:52C'est un peu,
- 37:56comment dire,
- 37:57il y a deux phases.
- 37:58Je dirais,
- 37:59c'est retourner à soi et être aidé,
- 38:01bien sûr,
- 38:02retourner à soi pour d'autant mieux rebondir.
- 38:05Et rebondir,
- 38:06ça va être effectivement le souffle,
- 38:08ça va être l'ouverture,
- 38:10surtout le lâcher,
- 38:11lâcher la gorge qui est le lieu de...
- 38:15de coupures chez beaucoup de femmes qui sont en voie de tête,
- 38:17comme ça,
- 38:18beaucoup.
- 38:19C'est un lieu blessé parce qu'effectivement,
- 38:23quand le corps a été agressé,
- 38:26blessé ou menacé,
- 38:27c'est comme s'il y avait une porte qui se fermait là.
- 38:29Donc,
- 38:29tout se passe au-dessus.
- 38:32Et comment faire que cette petite porte qui mesure 2,5 cm,
- 38:36les cordes vocales,
- 38:37comment faire qu'elle se lâche,
- 38:39elle se réouvre ?
- 38:41Donc,
- 38:43c'est un apprivoisement à la fois simple,
- 38:47il faut que ça s'ouvre,
- 38:49et à la fois complexe,
- 38:50parce que comment,
- 38:51de l'intérieur,
- 38:52faire que des choses se lâchent ?
- 38:54Donc,
- 38:54respiration basse,
- 38:56je dirais,
- 38:56respiration basse,
- 38:57c'est-à-dire sentir que tu te laisses le temps de respirer.
- 39:03Et c'est un peu ce temps de la respiration basse,
- 39:05c'est le temps où...
- 39:07l'espace respiratoire s'élargit pour d'autant mieux ensuite porter la voix,
- 39:14donner de l'élan,
- 39:15etc.
- 39:16Et ensuite,
- 39:17au fond,
- 39:17il y a l'élan de la voix par de la structure et ensuite il y a la précision.
- 39:24Je le traduirais comme ça,
- 39:25en bas,
- 39:26il y a tout ce qui est physique,
- 39:28animal,
- 39:28en haut,
- 39:29il y a tout ce qui est culturel,
- 39:31social.
- 39:34Et tu l'entends dans la diction des gens qui ne parlent pas tout à fait précisément,
- 39:39qui parlent avec une voix un petit peu retenue.
- 39:41Tu entends quelque chose n'est pas tout à fait affirmé,
- 39:43souvent avec les ados,
- 39:45souvent d'une autre manière.
- 39:46Donc là,
- 39:47on entre ensuite dans les symptômes des gens qui parlent très,
- 39:49très vite et qui mangent les mots,
- 39:50par exemple.
- 39:52Donc,
- 39:52c'est au fond,
- 39:53inconsciemment.
- 39:54Il y a un autre mot qui résume bien ce qui se passe dans le corps,
- 39:57un mot tellement simple,
- 39:58c'est le mot expression.
- 40:00Expression.
- 40:03Gérer la pression.
- 40:04C'est la pression de l'air,
- 40:06puisque tu as de l'air qui pulse sur des cordes vocales qui se mettent en vibration,
- 40:12et la pression émotionnelle.
- 40:14Oui,
- 40:15c'est ça.
- 40:15Et la pression émotionnelle qui,
- 40:17elle aussi,
- 40:18agit donc sur les viscères,
- 40:20sur le corps,
- 40:20quand tu le sais,
- 40:21quand tu as le stress,
- 40:22quand il y a quelque chose qui se noue.
- 40:25Donc le mot expression,
- 40:26l'étymologie est formidable pour ça.
- 40:28Et quand tu es sous pression,
- 40:30qu'est-ce qui se passe ?
- 40:30Soit la voix monte de plus en plus,
- 40:33soit elle va de plus en plus vite,
- 40:34parce que ça pousse,
- 40:37Et puis on a le souffle qui ment.
- 40:38Ah bah oui !
- 40:39Tu as de la pression,
- 40:40au moins tu adhères,
- 40:41parce que tu ne laisses pas l'air,
- 40:42donc tu es dans un compartiment de plus en plus resserré,
- 40:46donc un air d'air bon.
- 40:48Et en plus,
- 40:48en faisant ça,
- 40:49en général,
- 40:49on va chercher à prendre de plus en plus d'air,
- 40:51de plus en plus vite,
- 40:52ce qui fait qu'on va finalement en prendre de moins en moins.
- 40:54de plus en plus souvent.
- 40:56Et la pression ne va faire que se renforcer pour finalement desservir la voix.
- 41:01Alors,
- 41:02à l'intérieur de ça,
- 41:03c'est pour ça que quand tu connais la structure,
- 41:06tu comprends comment fonctionne également le silence,
- 41:10tu comprends comment fonctionne le phrasé,
- 41:13tu comprends comment va se structurer le discours.
- 41:16Non pas simplement par l'intention des mots,
- 41:19mais par l'intention du corps.
- 41:22Les gens qui...
- 41:24Il y a des gens qui sont vraiment très très bons,
- 41:25je pense à des noms,
- 41:27quelqu'un comme Thierry Vatley,
- 41:29quelqu'un comme Michael Aguilar,
- 41:30il y en a d'autres certainement.
- 41:31Ce sont des gens,
- 41:33soit qu'ils l'aient appris,
- 41:34mais je sais que
- 41:35Thierry Vatley l'a appris,
- 41:37soit qu'ils l'ont exercé.
- 41:39Mais tu entends qu'il y a quelque chose qui pulse parce qu'en dessous,
- 41:43tout est OK.
- 41:47Mais si tu ne te laisses pas reprendre de l'air,
- 41:50si tu ne te donnes pas le temps...
- 41:52Tu es sous pression.
- 41:53Et puis voilà.
- 41:54Oui,
- 41:54et puis en plus,
- 41:55chez les deux que tu as cités,
- 41:57il y a effectivement ce silence qui est très bien maîtrisé.
- 42:00Et tu vois,
- 42:01j'écoute parfois des orateurs.
- 42:04Je citais le premier qui me vient en tête.
- 42:05Ce n'est pas une opinion politique ou peut-être que c'est le cas.
- 42:08Peu importe si c'était le cas.
- 42:09Philippe Devilliers,
- 42:11qui passe,
- 42:12je crois que c'est le vendredi,
- 42:14sur CNews.
- 42:15J'adore l'écouter parler,
- 42:15ne serait-ce que pour entendre la voix.
- 42:18Parce qu'il a une façon de raconter les histoires.
- 42:21qui est très lente,
- 42:23très posée,
- 42:24où des petits détails,
- 42:26des petites phrases viennent s'ajouter.
- 42:28Et je trouve que c'est un compteur hors pair,
- 42:31quoi qu'on pense de ses idées.
- 42:33Ce qui est remarquable,
- 42:34c'est le silence,
- 42:35je trouve,
- 42:36qui donne cette petite danse à son récit.
- 42:38Ensuite,
- 42:38effectivement,
- 42:38tu as le talent de chacun,
- 42:39le talent de la personnalité.
- 42:42Disons,
- 42:43on parle des bases,
- 42:44mais à partir de là...
- 42:46D'ailleurs,
- 42:47même...
- 42:48C'est ça qui est fort,
- 42:49c'est qu'on parle des bases pour ensuite les oublier.
- 42:53Tu prends quelqu'un comme Gainsbourg,
- 42:55par exemple,
- 42:56qui était un timide viscéral.
- 43:00Il en a fait son truc,
- 43:02son art.
- 43:04D'autres femmes,
- 43:05justement,
- 43:05je parlais des femmes à la voix un peu blessée ou à la voix un peu enfantine,
- 43:09etc.
- 43:09Mais certaines ont fait leur art parce qu'elles ont décidé.
- 43:13Jeanne
- 43:14Birkin, par exemple,
- 43:15ou Brigitte Bardot avec sa voix qui traîne un peu.
- 43:18certaines en ont fait leur truc.
- 43:19Bon,
- 43:20ensuite,
- 43:21il y a le talent de chacun.
- 43:22Bien sûr,
- 43:22oui.
- 43:23Jean,
- 43:24on va arriver à la fin de ce podcast.
- 43:26Avant qu'on termine,
- 43:27est-ce qu'il y a un dernier sujet sur lequel tu voudrais revenir ou quelque chose sur lequel tu voudrais insister ?
- 43:33Non,
- 43:33vraiment dire aux femmes que le sujet de la voix,
- 43:41même si ça paraît loin,
- 43:43c'est le sujet aussi de leur liberté.
- 43:46Parce que quand tu n'aimes pas quelque chose en toi,
- 43:50tu le gardes.
- 43:52Donc inconsciemment,
- 43:53comme quelqu'un qui n'aimerait pas son visage,
- 43:56il va éviter les rencontres en société,
- 43:59il va s'effacer.
- 44:01Quelqu'un qui n'aime pas quelque chose de sa voix,
- 44:04et sa voix,
- 44:05ce n'est pas que la voix sonore,
- 44:07c'est la voix intime qui te parle.
- 44:10Et que tu n'aimes pas,
- 44:14c'est tellement intégré que tu l'as oublié.
- 44:17Je vais donner un exemple très court.
- 44:18Je me souviens d'une femme que j'avais accompagnée qui faisait du téléphone et qui me disait que quand elle avait 13 ans,
- 44:29elle devait en avoir 35 à l'époque,
- 44:32quand elle avait 13 ans,
- 44:33sa femme qui s'était mise avec un autre homme en montant dans la voiture lui dit « Toi,
- 44:36tu te mets au fond avec ta petite voix de Cressel. »
- 44:40Et
- 44:4222 ans après,
- 44:44elle s'en souvenait encore.
- 44:46C'était une marque.
- 44:48C'était stigmatisé.
- 44:50Et il y a des millions de femmes qui n'y pensent pas.
- 44:55C'est pas obsédant,
- 44:55bien sûr.
- 44:56Mais il y a 10 millions de femmes qui vont plutôt se taire que de dire parce que c'est une seconde nature,
- 45:05c'est devenu une seconde nature.
- 45:07Et pour résumer,
- 45:09je dis souvent aux gens,
- 45:10au fond,
- 45:11comme de la même manière qu'on devient femme,
- 45:13notre voix,
- 45:15toutes les voix de bébé sont égales.
- 45:20qu'est-ce qui fait,
- 45:21alors bien sûr ensuite il y a des physiologies,
- 45:23des anatomies avec moi j'ai pas les cordes vocales de Johnny Hallyday bon bah je peux faire des efforts,
- 45:28je les aurais pas quoi,
- 45:29mais à part les exceptions,
- 45:32on a tous le même patrimoine en gros et qu'est-ce qui fait que certains l'évoluent,
- 45:37comment dire,
- 45:37évoluent en le développant et d'autres l'enferment c'est l'histoire de chacun,
- 45:42chacune d'ailleurs sur ce sujet des phrases qu'on peut nous dire quand on est enfant
- 45:47Toujours faire attention à ce qu'on dit.
- 45:49J'ai écouté l'autre jour un podcast qui s'appelle Les Lueurs et qui recevait,
- 45:53je crois que c'est François
- 45:55Berléand, qui explique que quand il était enfant,
- 45:57son père lui a dit un jour,
- 46:00sans plus de raison que ça,
- 46:01je crois,
- 46:02toi,
- 46:02t'es vraiment le fils de l'homme invisible.
- 46:04Le fils de l'homme invisible.
- 46:06Et qui y a cru.
- 46:08Et en fait,
- 46:08ça a eu des grandes conséquences après sur ta vie.
- 46:12Et je vous invite vraiment à l'écouter,
- 46:13ça c'est passionnant parce qu'il explique que...
- 46:15tout ce que ça a entraîné pour lui après.
- 46:17Absolument,
- 46:17absolument.
- 46:19Écoute Jean,
- 46:19on va arriver à la fin de cet épisode.
- 46:22Je pense qu'on aurait pu parler encore des heures parce que le sujet est passionnant et je pense que tu as encore beaucoup de choses à nous partager.
- 46:28Mais d'ailleurs,
- 46:28tu les partages beaucoup sur les réseaux sociaux.
- 46:31Est-ce que tu peux nous redire où on peut te retrouver ?
- 46:34Alors,
- 46:35là,
- 46:35je suis,
- 46:37disons que je suis dans une phase intermédiaire.
- 46:40Donc,
- 46:40j'essaye d'exister sur LinkedIn.
- 46:44Ça,
- 46:44c'est une chose.
- 46:45Tu parles de me retrouver en ligne ou me retrouver physiquement ?
- 46:49D'abord en ligne,
- 46:49disons.
- 46:50En ligne.
- 46:50Alors,
- 46:50en ligne,
- 46:51c'est pas mal sur LinkedIn,
- 46:52mais je suis en train de revenir sur YouTube,
- 46:54etc.
- 46:54Parce qu'effectivement,
- 46:56on est en train de préparer un programme en direction des femmes,
- 47:00justement,
- 47:02qui d'ailleurs devrait s'intituler
- 47:05Femmes d'action,
- 47:06en finir avec la petite voix.
- 47:08OK,
- 47:08très bien.
- 47:10Femmes d'action,
- 47:11en finir avec la petite voix.
- 47:13Et donc,
- 47:13je vais être pas mal sur YouTube,
- 47:15un petit peu sur Instagram,
- 47:17etc.
- 47:17Alors,
- 47:17j'ai des aides.
- 47:19C'est drôle parce que je suis devenu une multinationale.
- 47:21J'ai un assistant technique qui est à Québec.
- 47:24J'ai un monteur qui est à Bandol.
- 47:26J'ai un programmeur qui est à Cotonou.
- 47:30Et une assistante marketing qui est à Ouagadougou.
- 47:35Le monde comme il va.
- 47:36Voilà,
- 47:36la multinationale sommaire.
- 47:40Magnifique.
- 47:41Parfait.
- 47:41De toute façon,
- 47:42je mettrai tous les liens,
- 47:43bien sûr,
- 47:43dans la description.
- 47:45Et tu disais en physique,
- 47:45on peut te retrouver aussi quelque part en physique.
- 47:47Alors,
- 47:48je donne des stages,
- 47:49des séminaires à raison d'un séminaire par mois,
- 47:53à peu près un week-end de deux jours.
- 47:56Je donne depuis quasiment 15 ans.
- 47:59Ça se passe à Paris et c'est pour un petit groupe de huit personnes.
- 48:03Ce qui fait qu'on peut à la fois utiliser le groupe comme élément de public.
- 48:11vraiment interactif.
- 48:12Et en même temps,
- 48:13il y a du temps pour chacun pour vraiment faire du bon travail.
- 48:17En deux jours,
- 48:18je dis souvent,
- 48:19c'est faire le tour du propriétaire,
- 48:21que chacun reparte avec la connaissance de qui il est.
- 48:26Ensuite,
- 48:26il développe plus ou moins.
- 48:29Parfait.
- 48:30Écoute,
- 48:30là aussi,
- 48:30je vous mets le lien dans la description.
- 48:33Un grand merci,
- 48:33Jean,
- 48:33pour tout ce que tu nous as partagé.
- 48:35Avec plaisir.
- 48:36Et puis,
- 48:36pour vous qui nous suivez,
- 48:37je vous invite,
- 48:38si ce n'est pas le cas,
- 48:39à vous abonner.
- 48:40Ou surtout ne pas le faire si vous voulez être certain de louper les prochains contenus.
- 48:44Donc,
- 48:45vous l'aurez compris,
- 48:46abonnez-vous.
- 48:47Et j'en profite d'ailleurs parce que je fais le moins souvent ces contenus vidéo.
- 48:50Vous pouvez aussi me retrouver en podcast,
- 48:53là où vous écoutez tous vos podcasts,
- 48:55Apple Podcasts,
- 48:55Spotify,
- 48:56Deezer,
- 48:56peu importe.
- 48:57On se retrouve là et je publie sur ce contenu toutes les semaines.
- 49:01Alors à très bientôt.
- 49:02Allez,
- 49:03ciao !