Latest / Le Café du Sport Business / Le Stade Rennais et Lucas Defayet, quand le football devient le hub du sport territorial
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:18Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:21Bonjour. Aujourd'hui, nous vous proposons
- 0:23un décryptage très direct sur une convergence inattendue.
- 0:26Une analyse fascinante sur la rencontre entre les sports
- 0:29d'hiver de niche et le monde très puissant de la Ligue un de
- 0:32football suite aux Jeux olympiques de Milan cortina
- 0:342026. C'est une mécanique de
- 0:36partenariat totalement inédite. Exactement.
- 0:39Et je vais vous interviewer aujourd'hui pour comprendre
- 0:41toute cette mécanique sportive et financière.
- 0:43Avec plaisir. Notre objectif pour ce plongeon
- 0:45en profondeur est de voir comment une simple passion de
- 0:48supporters a pu se transformer en un véritable modèle de
- 0:50financement olympique alternatif.
- 0:52Un modèle qui défie d'ailleurs les normes habituelles du
- 0:55sponsoring sportif. Tout à fait.
- 0:57Commençons par poser le cadre sportif, présentez nous le
- 1:00profil de Lucas de Fayet. Lucas de Fayet, c'est un athlète
- 1:03Breton de 28 ans. Il est né à Rennes.
- 1:05Il a marqué l'histoire. Récente du Skellton français,
- 1:08n'est ce pas ? Absolument.
- 1:10Il est le premier représentant français dans cette discipline
- 1:13depuis les jeux de Vancouver en 2010.
- 1:16Et lors ? De ses récents jeux de 1000
- 1:17encore Tina 2026, il a terminé à la 19e place.
- 1:21Voilà, c'est un fait très important pour notre analyse.
- 1:25Cette 19e place, il ne faut surtout pas là lire comme un
- 1:28simple indicateur de son niveau athlétique pur.
- 1:30C'est plutôt le reflet. Direct des.
- 1:32Conditions matérielles dans lesquelles il évolue.
- 1:34C'est ça, le squeletton est un sport où la technologie et les
- 1:37capitaux investis jouent un rôle disproportionné.
- 1:40On parle d'un gouffre matériel entre les grandes nations et les
- 1:43autres. Un gouffre colossal pour toutes
- 1:46les nations classées au-delà de la 16e place.
- 1:48C'est une autre réalité. De Fayet à d'ailleurs utilisé un
- 1:51terme très fort pour décrire sa propre semaine de compétition.
- 1:54Quel était ce terme ? Il a parlé de bricolage.
- 1:57Bricolage, le mot est lâché. Oui.
- 2:00Et ce choix lexical montre bien le manque de professionnalisme
- 2:03en terme de moyens. En face, les délégations du
- 2:06peloton de tête ont des équipes techniques entières, des
- 2:09ingénieurs, du matériel de pointe.
- 2:12Alors que lui doit gérer lui même la préparation de son
- 2:15matériel. Exactement, et avec une
- 2:17structure logistique minimaliste.
- 2:19C'est une discipline de haute précision.
- 2:21Les luges aérodynamiques, les heures de test en soufflerie,
- 2:24tout cela coûte des fortunes. Et sans parler des frais de
- 2:28déplacements internationaux sur les quelques pistes réfrigérées
- 2:31qui existent dans le monde. Donc on a un athlète dans une
- 2:34situation financière précaire face à de véritables machines de
- 2:37guerre olympiques. C'est le contexte de départ, une
- 2:40tension compétitive extrême. Et c'est là que le football S
- 2:43immisce dans cette compétition de ce qu'elleyton.
- 2:45Comment s'est opérée cette bascule psychologique ?
- 2:48Le moment clé survient juste avant le départ de la 4e Manche
- 2:51de Lucas Défaillait. Sa toute dernière descente
- 2:54olympique. Voilà, il est au micro de France
- 2:56télévisions. En pleine zone mixte.
- 2:58C'est ça ? Et lors de cette interview, il
- 3:00apprend une nouvelle concernant son club de cœur.
- 3:03Le stade rennais ? Oui, le Stade Rennais vient de
- 3:05remporter une victoire 3 buts à un contre le Paris Saint Germain
- 3:08un. Résultat majeur pour un
- 3:10supporter rennais. Totalement et cette joie s'est
- 3:12traduite par une performance sportive immédiate.
- 3:15Il s'est déclaré super heureux au micro, c'est bien ça ?
- 3:18Il a même qualifié ce moment de soirée parfaite.
- 3:20La force mentale que cela a généré est fascinante.
- 3:23C'est le point central. Ce relâchement émotionnel lui a
- 3:26permis de battre son propre record de poussée dans la
- 3:29foulée. Il faut préciser l'importance de
- 3:31ce record de poussée. Bien sûr.
- 3:33La phase de poussée, c'est le sprint initial avant de se
- 3:36coucher sur la luge. C'est la seule partie de la
- 3:38course qui dépend purement de la puissance physique de l'athlète.
- 3:41Et pour être performant sur cette phase, il faut un
- 3:43recrutement neuromusculaire optimal.
- 3:46Le stress est souvent un frein énorme.
- 3:48Donc la joie d'apprendre la victoire de son club à
- 3:50neutralisé la pression olympique.
- 3:52Exactement. Cela a libéré son potentiel
- 3:54physique. Ce lien profond entre son
- 3:57identité régionale et sa performance a créé une séquence
- 4:00médiatique très forte. Une séquence qui n'est pas
- 4:02passée inaperçue dans les hautes sphères du sport business.
- 4:05Non, pas du tout. Comment cette déclaration
- 4:07d'amour télévisuelle s'est elle transformée en un contrat
- 4:09tangible ? En coulisse, la famille Pinault,
- 4:12propriétaire du Stade Rennais, suivait les épreuves des Jeux
- 4:15olympiques. Il découvre le skelleton et
- 4:17s'est interviewé en direct. C'est ça, ils ont été très
- 4:20sensibles à l'histoire de cet. Athlète Breton et en se penchant
- 4:23sur son cas, ils découvrent la réalité du bricolage dont nous
- 4:25parlions. Ils ont pris conscience de sa
- 4:27situation financière précaire. Le contraste est saisissant
- 4:30quand on y pense, le budget d'un club de Ligue un, c'est des
- 4:33dizaines de 1000000 d'euros. Contre quelques dizaines de
- 4:35milliers d'euros pour un skeletoner indépendant.
- 4:38La décision s'est donc prise très vite.
- 4:39Avec une rapidité remarquable, ils ont décidé d'agir
- 4:42concrètement pour le soutenir. L'officialisation s'est fait
- 4:45d'une manière assez peu commune. Par un appel téléphonique
- 4:47direct, le président du Stade Rennais, Arnaud Pouyet, a pris
- 4:51son téléphone pour appeler de fayettes.
- 4:53Depuis le stab. Oui, juste avant le coup d'envoi
- 4:55du match de football contre Auxerre.
- 4:57L'athlète a dû être surpris. Il a avoué être très stressé
- 5:01avant de décrocher. Imaginez, il sort de ces
- 5:03épreuves en Italie et il reçoit un appel de la présidence d'un
- 5:05club de Ligue un. Le résultat de cet appel, c'est
- 5:08une proposition de soutien concret.
- 5:10Un partenariat financier assuré pour une durée d'au moins un an.
- 5:13Une intervention rarissime. Un club de football qui finance
- 5:16un athlète d'une autre fédération.
- 5:18C'est du jamais vu à ce niveau de rapidité et d'engagement
- 5:21bilatéral. Ce qui nous amène aux
- 5:22conséquences de cet acte. Qu'est ce que ce partenariat
- 5:25changer concrètement pour l'avenir de ce squelette
- 5:27honneur ? Ça change littéralement tout.
- 5:29Pour lui, la sécurité financière était le critère décisif sans.
- 5:31Cela, il arrêtait sa carrière. Et il a expliqué que sa décision
- 5:34de poursuivre ou non jusqu en 2030 dépendait uniquement de cet
- 5:38aspect financier. Ce.
- 5:39Soutien est donc une véritable aubaine.
- 5:41Une aubaine qui lui offre une stabilité opérationnelle totale.
- 5:45Il peut enfin s'extraire de la logique de survie.
- 5:48Et ré allouer toute son énergie à la performance.
- 5:50Fini la recherche constante de sponsors et les tracas
- 5:53administratifs. Il y a aussi une dimension
- 5:55émotionnelle forte, j'imagine. Très forte, il a déclaré que
- 5:58représenter son club de cœur, c'était pour lui le plus bel
- 6:01honneur possible. Ce.
- 6:02Qui doit le placer dans des dispositions psychologiques
- 6:04optimales. C'est un moteur de motivation
- 6:06exceptionnel et grâce à l'intervention de son club, il
- 6:10peut désormais se projeter très sérieusement vers l'objectif
- 6:12ultime, les. Prochains Jeux ?
- 6:14Olympiques d'hiver. Les Alpes 2030, c'est la ligne
- 6:18de mire. L'ambition est d'utiliser ce
- 6:20budget. Pour combler le retard matériel.
- 6:22La stratégie est très claire. Utiliser cet apport financier
- 6:26pour abandonner le bricolage, investir dans de la technologie
- 6:29de pointe et intégrer des spécialistes techniques.
- 6:32Progresser dans les hiérarchies mondiales avec des standards
- 6:35enfin professionnels. Voilà l'objectif.
- 6:37C'est un cas d'étude fascinant sur le transfert de capitaux
- 6:40d'un sport de masse vers une discipline de niche.
- 6:42Ce qui M amène d'ailleurs à une réflexion plus globale pour
- 6:45notre audience, laquelle ? Et si nous étions en train
- 6:48d'observer un nouveau modèle économique ?
- 6:50C'est à. Dire ?
- 6:51Et si l'avenir du financement des sports olympiques de niche
- 6:54ne reposait plus uniquement sur les fédérations nationales ou.
- 6:57Les sponsors classiques. Exactement et si cet avenir
- 7:00reposait sur le mécénat local des grandes franchises sportives
- 7:04ultra lucratives ? Comme les clubs de football de
- 7:06Ligue un. Des structures capables
- 7:08d'investir par pure solidarité régionale et passion sportive
- 7:11partagée. C'est une perspective qui
- 7:13redéfinirait totalement le paysage de la préparation
- 7:16olympique territoriale. Une réflexion très sérieuse sur
- 7:19le rôle social des grands clubs sportifs.
- 7:21À très vite pour un nouveau podcast du café du sport
- 7:24business.