Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / PME et transformation numérique : Structurer sans freiner
Transcript
- 0:00Le monde des petites entreprises est fascinant.
- 0:02C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité.
- 0:05Mais parfois,
- 0:06on manque de compétences clés pour aller plus loin.
- 0:08Tu le ressens aussi ?
- 0:09Alors ce podcast est fait pour toi.
- 0:11Je suis Perrine Thiébaut,
- 0:12consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils,
- 0:16méthodes et technologies pour gagner en efficacité.
- 0:19Seule ou avec mes invités,
- 0:20je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité.
- 0:24Alors,
- 0:25prêt à oser l'efficacité ?
- 0:28On est toujours au cœur de notre série sur les erreurs qui font qu'un projet numérique échoue en industrie.
- 0:34Dans l'épisode précédent,
- 0:36on a vu que mal carrer son projet,
- 0:38ne pas savoir exactement ce dont on a besoin,
- 0:41résultait souvent à soit l'échec d'un projet,
- 0:44soit le fait qu'il n'atteigne pas ses objectifs,
- 0:46puisque les objectifs n'étaient pas clairs dès le départ.
- 0:49Aujourd'hui,
- 0:49on va s'intéresser à une problématique beaucoup plus terre-à-terre,
- 0:52qui est que la priorité va toujours à la production et qu'on va négliger.
- 0:58un petit peu la structuration.
- 1:00On est toujours sur le même sondage
- 1:02Pulse of the Profession par le Project Management Institute de 2018 où 25%
- 1:08des interviewés estimaient que l'estimation inexacte de la durée des tâches était un facteur déterminant dans le fait que le projet n'atteigne pas ses objectifs ou échoue.
- 1:19En fait,
- 1:19l'estimation inexacte de la durée des tâches,
- 1:21bon,
- 1:21effectivement il y a une partie où on a pu sous-estimer la durée d'une tâche,
- 1:25mais aussi
- 1:25on sous-estime souvent le temps que va prendre le reste des tâches.
- 1:30On alloue théoriquement un temps pour le nouveau projet,
- 1:34mais très souvent,
- 1:35on ne baisse pas la charge de travail que les gens ont au quotidien.
- 1:38Donc une personne qui faisait un 100%
- 1:40avant,
- 1:40il n'y a pas vraiment de raison qu'elle puisse libérer du temps sans que cela entache son travail sur ses tâches habituelles.
- 1:47Et 22%
- 1:48des personnes interrogées estiment que le gestionnaire de projet était inexpérimenté.
- 1:54Et là encore,
- 1:55c'est très souvent parce qu'on prend la personne qui est la plus apte à avoir du temps,
- 2:01qui n'est pas forcément la personne qui est la plus apte à gérer un projet.
- 2:04Alors déjà,
- 2:05de manière générale,
- 2:06quand on parle d'un projet numérique dans une PMI,
- 2:09il n'est pas du tout sûr que de base,
- 2:11dans les ressources en interne,
- 2:13on ait une personne qui soit apte à mener un projet de digitalisation pour cette entreprise.
- 2:19Elle a beau connaître très bien les process en place,
- 2:23C'est vraiment pas sûr qu'elle ait ce qu'il faut pour pouvoir être coordinatrice à la fois des besoins du métier,
- 2:31des retours de la DSI,
- 2:32d'aller chercher les bons partenaires,
- 2:35d'aller collecter les informations,
- 2:37tout ça en menant son autre job,
- 2:39sa fonction principale en parallèle.
- 2:41Et surtout,
- 2:42qu'il est rarement prévu en début de projet.
- 2:45qu'il y ait une formation pour aider cette personne à effectivement faire ce qui lui est demandé.
- 2:51Donc,
- 2:52pourquoi est-ce qu'on privilégie toujours l'urgence et que finalement on fait un petit peu comme on peut par rapport au reste de l'activité ?
- 3:02La peur la plus grosse,
- 3:03c'est de ralentir la production pour structurer l'organisation.
- 3:06Très souvent,
- 3:07et ça c'est ce qui est un petit peu dommage,
- 3:09quand on entreprend un projet de digitalisation,
- 3:12c'est parce qu'on est obligé.
- 3:13Parce qu'on sait que ça va nous aider,
- 3:15mais on est déjà en difficulté à ce moment-là.
- 3:18Donc c'est urgent.
- 3:19Mais d'un autre côté,
- 3:21si on ralentit notre rythme actuel,
- 3:23on se met encore plus en difficulté,
- 3:24parce que si l'urgence elle est là,
- 3:26c'est que souvent,
- 3:28le chiffre d'affaires n'est plus suffisant par rapport aux objectifs qu'on avait.
- 3:32Donc ralentir à ce moment-là n'est pas entendable.
- 3:35Il y a plusieurs types de changements et c'est vrai que quand ce n'est pas une priorité,
- 3:41on ne va pas forcément être dans les changements qui sont favorables à l'entreprise,
- 3:45on va être plutôt dans les changements qui sont subis.
- 3:48Donc les différents types de changements,
- 3:50on va
- 3:50avoir donc du plus favorable au moins favorable à l'entreprise d'abord on a le changement construit lui il est progressif il est volontaire c'est l'entreprise qui décide finalement peu importe ce qui se passe à l'extérieur ça lui permet d'être toujours en avance sur son temps donc là finalement le changement à partir du moment où il fait partie de la culture d'entreprise c'est quand même assez facile de l'intégrer finalement dans sa vie de tous les jours ensuite on a le changement adaptatif là il se passe quelque chose à l'extérieur et on va s'adapter au changement du monde extérieur on est toujours
- 4:19en quelque sorte en avance de phase,
- 4:21mais on commence à avoir une réaction à ce qui se passe autour.
- 4:24Ces deux changements-là,
- 4:25ils sont assez favorables à l'entreprise.
- 4:27Et c'est ces deux-là qu'il faudrait vraiment embrasser au quotidien pour que ça se passe bien et qu'on n'ait pas justement ce côté,
- 4:35il y a le feu à la prod,
- 4:36je ne peux pas me permettre de ralentir parce que s'il se passe quoi que ce soit,
- 4:42je vais me mettre en difficulté.
- 4:43Parce que quand on sort de ces deux changements-là,
- 4:47on arrive sur deux types de changements qui sont beaucoup plus complexes à appréhender,
- 4:51qui sont le changement prescrit.
- 4:53Donc là,
- 4:53il est assez proche du changement adaptatif,
- 4:55mais changement prescrit,
- 4:56c'est le monde a tellement changé autour que je n'ai plus le choix.
- 4:58Il faut que je me bouge,
- 4:59sinon je vais être en réelle difficulté parce que mes concurrents ont pris l'ascendant sur moi,
- 5:05parce que certaines technologies qui ont été déployées font qu'on peut produire bien moins cher ce que je fais moi sans cette technologie,
- 5:14donc je ne suis plus compétitif.
- 5:15Ce genre de choses.
- 5:16Donc je peux encore m'adapter,
- 5:19mais je suis en retard.
- 5:20Et donc là,
- 5:21on est typiquement dans le moment où les concurrents,
- 5:24par exemple,
- 5:24ont déjà pris des parts de marché chez moi.
- 5:26Je ne peux pas me mettre encore plus en difficulté,
- 5:29mais d'un autre côté,
- 5:29je n'ai pas le choix,
- 5:30il faut que je change.
- 5:31C'est là où on a ce conflit,
- 5:32un petit peu production-changement,
- 5:34parce qu'on n'a plus vraiment de place pour prioriser ce qu'il faut.
- 5:37Et le dernier,
- 5:37c'est le changement de crise.
- 5:39Là,
- 5:39effectivement,
- 5:40c'est radical,
- 5:41on n'a plus le choix,
- 5:41c'est brutal.
- 5:43Et clairement,
- 5:43on n'est plus du tout dans un environnement favorable pour le faire parce qu'il y a un véritable péril pour l'entreprise.
- 5:51Donc là aussi,
- 5:52on essaye d'être sur tous les fronts,
- 5:54d'essayer de maintenir à flot l'entreprise dans ce qu'elle sait faire et dans ce qu'elle doit faire.
- 5:58Et également d'essayer de mettre en place de nouveaux projets,
- 6:01de nouvelles améliorations pour qu'on sorte justement de cette crise.
- 6:05Ce qu'on constate très souvent quand on est dans ces cas de priorisation de la production,
- 6:10ce n'est pas qu'on ne va rien faire,
- 6:12ce n'est pas qu'on ne va pas mettre de solutions en place,
- 6:14parce que les solutions sont toujours nécessaires,
- 6:17mais on va utiliser des solutions qui vont être un petit peu bricolées et qui ne sont pas pérennisables.
- 6:22Par exemple,
- 6:23l'utilisation de fichiers Excel en masse.
- 6:26Je ne parle pas de beaux Excel bien propres que tout le monde peut utiliser,
- 6:29sur lesquels on peut collaborer,
- 6:30je parle vraiment de celui qui a été fait dans un coin.
- 6:33qui sert à un besoin très précis et que globalement,
- 6:36si la personne qui l'utilise au quotidien n'est pas là,
- 6:39personne ne peut s'en servir.
- 6:41On va avoir l'usage de flux papier,
- 6:42évidemment,
- 6:43ou l'usage de fichiers locaux.
- 6:45En tout cas,
- 6:46on fait ce qui va vite à un instant T et puis on verra plus tard pour avoir des solutions plus pérennes.
- 6:51Donc tout ça va remplacer une vraie stratégie numérique.
- 6:53Et tout ça prend énormément de temps mis bout à bout,
- 6:56sauf que vu que c'est un petit peu dilué,
- 6:58on ne s'en rend pas compte.
- 6:59Et c'est là-dessus qu'il faudrait capitaliser pour avoir justement...
- 7:03Cette ambition de prioriser la structuration,
- 7:05pas pour déprioriser la production,
- 7:07mais pour justement aller dans le même sens que la production,
- 7:10et ne pas se dire que la structuration se fait au détriment de la production.
- 7:15Dans les solutions pour ça,
- 7:17il y a un petit peu le même conseil que je donnais à l'épisode précédent,
- 7:20de dédier un créneau fixe hebdomadaire pour prendre du recul sur ses besoins.
- 7:26Au lieu d'aller immédiatement me jeter dans mon fichier Excel,
- 7:30quel est mon réel besoin ?
- 7:31est-ce que j'ai des collègues qui partagent ce besoin ?
- 7:35Est-ce qu'on peut mettre en place quelque chose,
- 7:36une solution commune là-dessus ?
- 7:38Si vous êtes manager ou dirigeant d'entreprise sur le sujet et que vous souhaitez faire passer ce message-là à vos équipes,
- 7:46montrez-leur des cas concrets où la structuration d'entreprise a eu des bénéfices sur l'amélioration de la rentabilité.
- 7:54Basez-vous sur ce qui a déjà fonctionné par le passé pour montrer que prendre du temps,
- 7:58ça a des bénéfices.
- 8:00Savoir.
- 8:01perdre du temps maintenant pour en gagner dix fois plus après.
- 8:05C'est un mantra que mon papa m'a inculqué depuis que je suis toute petite et que je continue de m'appliquer au quotidien parce qu'effectivement,
- 8:12ça fait une grosse différence que d'être toujours dans le rush permanent.
- 8:16Et puis le dernier point,
- 8:17c'est d'adopter des solutions adaptées et progressives sans révolution brutale.
- 8:22Là encore,
- 8:22ça rejoint un conseil qu'on a déjà eu,
- 8:24qui était sur les solutions petites qui ne vont pas forcément tout révolutionner.
- 8:29qui ne vont pas forcément prendre des temps fous à mettre en place,
- 8:32mais des solutions adaptées,
- 8:34progressives,
- 8:35vont faire que,
- 8:36finalement,
- 8:36la production ne sera pas énormément impactée par ce qui se passe,
- 8:41va être impactée progressivement,
- 8:43et le changement va s'inclure dans la production.
- 8:45De toute façon,
- 8:46ça je pense que vous commencez à le savoir si vous m'écoutez depuis le début,
- 8:49je suis profondément convaincue que le numérique n'est pas une fin en soi,
- 8:53que ça doit servir au métier,
- 8:54donc de toute façon,
- 8:55les solutions qu'on va mettre en place,
- 8:57elles doivent être utiles à la production en permanence et ne pas desservir les personnes qui vont les utiliser.
- 9:04Ça clôt ce que je voulais vous apporter sur la petite rixe,
- 9:08on va dire,
- 9:09entre prioriser la production et prioriser la structuration,
- 9:12ou prioriser la production et négliger la structuration.
- 9:16Il nous restera un épisode sur le sujet qui sera l'erreur qui les regroupe toutes finalement,
- 9:21c'est de ne pas se faire accompagner.
- 9:23Et on verra que ce n'est pas un aveu de faiblesse.
- 9:24que de se faire accompagner sur ce sujet-là.