Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / Prise de risque dans l’industrie : décider sans toutes les réponses
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- 0:00Un grand penseur disait,
- 0:01on choisit pas ses parents,
- 0:02on choisit pas sa famille.
- 0:03Mais quand sa famille a créé un groupe industriel qui se bat au quotidien pour la souveraineté de son territoire,
- 0:09est-ce qu'on a vraiment le choix que de reprendre ce groupe ?
- 0:12La Réunion,
- 0:13c'est un département français comme les autres,
- 0:14sauf qu'il est à 9400 km de Paris,
- 0:17ou presque.
- 0:17Là où certains voient un enfer logistique,
- 0:20d'autres tirent parti de cette spécificité pour justement trouver des clés de souveraineté.
- 0:25C'est le cas du groupe industriel Océinde.
- 0:27qui œuvrent dans les télécommunications,
- 0:29dans l'agroalimentaire et dans d'autres secteurs qu'on aura le loisir d'aborder dans cet épisode.
- 0:33Comment est-ce qu'on rafle le déploiement du très haut débit à Mayotte,
- 0:36au nez et à la barbe d'Orange ?
- 0:38Comment est-ce qu'on reprend une société de fibres en faillite pour en faire le point de départ d'un des départements les mieux fibrés de France ?
- 0:44Tout ça,
- 0:45nous allons l'explorer avec le PDG du groupe industriel Océinde,
- 0:48Nassir Goulamaly.
- 0:49Bienvenue dans Oser l'efficacité.
- 0:51Bienvenue Nassir !
- 0:52Bonjour Perrine,
- 0:53merci.
- 0:54Je suis ravie de te recevoir dans cet épisode.
- 0:56Alors avant de rentrer dans la réalité du groupe Océinde,
- 1:01qui est vraiment le sujet de l'épisode,
- 1:03dans Oser l'efficacité,
- 1:04j'aime bien voir les parcours qui ont mené mes invités à l'industrie,
- 1:08puisqu'aujourd'hui on parle d'attractivité de l'industrie,
- 1:10c'est important de redonner envie.
- 1:12Donc je veux savoir ce qui,
- 1:12toi,
- 1:13t'as emmené là,
- 1:13et ça se passe tout de suite dans I Need a Hero.
- 1:18C'est ton père qui a fondé le groupe Océinde.
- 1:20Tout à fait.
- 1:22Et toi,
- 1:22tu n'y as pas travaillé immédiatement.
- 1:24Est-ce que...
- 1:25Tu n'as pas voulu ou tu avais des choses à faire avant ?
- 1:28Comment ça s'est passé ?
- 1:29Non,
- 1:30alors du coup,
- 1:30effectivement,
- 1:30moi,
- 1:31je n'ai pas travaillé directement dans le groupe.
- 1:32Mais peut-être,
- 1:34pour répondre à ta question,
- 1:35je reviendrai peut-être un petit peu en arrière.
- 1:37Parce que c'est vrai qu'industriel,
- 1:39c'est familial,
- 1:39en fait.
- 1:39Et ça dure depuis très,
- 1:40très longtemps,
- 1:41en fait.
- 1:41Moi,
- 1:41je suis d'origine indienne,
- 1:42qui est passée par Madagascar,
- 1:44l'île de Madagascar,
- 1:45département français.
- 1:46Et c'est vrai qu'en fait,
- 1:47on a toujours été industriel.
- 1:48On a toujours été convaincu que l'industrie crée de la richesse,
- 1:51crée de l'emploi,
- 1:52développe les territoires dans lesquels nous avons investi.
- 1:54Donc c'était le cas à Madagascar.
- 1:56Puis l'indépendance du pays s'est très mal passée pour la famille puisque le groupe a été nationalisé.
- 2:01Et c'est en reprenant de zéro que notre père est arrivé à La Réunion et a bâti un groupe à nouveau industriel.
- 2:08Donc l'industrie,
- 2:08ça fait vraiment partie de nos gènes et ça a toujours été un savoir-faire que l'on développe avec beaucoup de passion et beaucoup de plaisir.
- 2:17Et puis donc pour répondre à ta question,
- 2:18j'ai commencé effectivement mon parcours professionnel en partant d'abord à l'étranger et travailler pour les autres.
- 2:23Mon père avait l'habitude de dire,
- 2:25va dépenser l'argent des autres avant de travailler pour toi-même.
- 2:27Et puis,
- 2:28du coup,
- 2:28je suis parti chez les meilleurs à l'époque.
- 2:30C'était dans les télécoms déjà.
- 2:32C'était chez Alcatel.
- 2:32Je suis parti en Indonésie.
- 2:35Très jeune,
- 2:36directeur financier d'Alcatel Indonésie.
- 2:38C'est pas mal cette phrase d'aller dépenser l'argent des autres.
- 2:42Ça permet de se former.
- 2:44Mais du coup,
- 2:44tu as toujours su que tu serais dans l'industrie.
- 2:46C'était pas...
- 2:47Oui,
- 2:47alors cette partie-là,
- 2:48oui.
- 2:49Après,
- 2:49est-ce que j'allais reprendre le groupe familial ?
- 2:50C'est peut-être un autre sujet.
- 2:51Mais être industriel,
- 2:53ça a toujours été quelque chose qui nous a passionnés.
- 2:56Vraiment,
- 2:57en fait,
- 2:58on sait qu'on peut accompagner.
- 3:00Alors effectivement,
- 3:01aujourd'hui,
- 3:01c'est un peu tarte à la crème de dire l'industrie en France,
- 3:03etc.
- 3:04Mais c'est vrai que c'est un sujet important de dire ça crée de la richesse,
- 3:08ça crée de l'emploi,
- 3:09ça développe des économies,
- 3:10ça recultive des territoires.
- 3:12Et moi,
- 3:12je suis très,
- 3:13très fan de ça,
- 3:14en fait.
- 3:14Donc c'est vrai qu'on a toujours été passionnés par l'industrie.
- 3:17Pourquoi l'Indonésie ?
- 3:18C'était une opportunité ?
- 3:19Là,
- 3:19c'était vraiment une opportunité.
- 3:21C'était vraiment,
- 3:22à l'époque,
- 3:23tu pouvais partir à l'étranger en tant que VIE,
- 3:25ça s'appelait comme ça.
- 3:26Donc je suis parti,
- 3:29c'était une opportunité.
- 3:30Donc l'Indonésie,
- 3:30je ne connaissais pas du tout et j'étais très très très content d'y être allé.
- 3:33C'est un pays exceptionnel.
- 3:3517 000 îles,
- 3:36c'est assez particulier,
- 3:37c'était sympa.
- 3:38Et le fait de reprendre
- 3:40Océinde, c'est arrivé quand dans le parcours ?
- 3:42Il y a un moment où tu t'es dit...
- 3:44Je travaillerais là.
- 3:46Oui,
- 3:46alors ce n'était pas toujours évident.
- 3:47Effectivement,
- 3:48j'aurais très bien pu continuer ma carrière dans un grand groupe,
- 3:51continuer ma carrière.
- 3:53Après la formation que j'ai eue,
- 3:54poursuivre comme tout le monde,
- 3:55peut-être ailleurs.
- 3:57Mais non,
- 3:58c'était plus une décision rationnelle qu'émotionnelle.
- 4:01C'est qu'à un moment donné,
- 4:03je me suis très vite aperçu que soit tu pouvais impacter,
- 4:07tes décisions pouvaient avoir un impact,
- 4:09tu pouvais faire quelque chose de ta vie en ayant une vraie réalité de ce que tu faisais.
- 4:13ou travailler dans un grand groupe et être un pion parmi des centaines ou des milliers de collaborateurs.
- 4:18Là,
- 4:19c'est une chance,
- 4:20c'est une opportunité unique.
- 4:21Et donc,
- 4:22assez vite,
- 4:22tu te dis oui,
- 4:23ça vaut le coup,
- 4:24même si ce n'est pas évident,
- 4:25de revenir.
- 4:26Est-ce qu'il y a un moment où tu t'as imaginé dans une autre voie que l'industrie ?
- 4:29Très,
- 4:29très souvent.
- 4:31Oui,
- 4:31quand même.
- 4:33Non,
- 4:33très souvent,
- 4:34tu as quand même envie de te dire non,
- 4:36tu vas te réaliser ailleurs,
- 4:38tu vas démontrer à ton père,
- 4:39justement,
- 4:39que tu peux faire mieux,
- 4:40différent.
- 4:42partir,
- 4:43voilà.
- 4:44Bah oui,
- 4:44rester en Indonésie,
- 4:45l'Asie.
- 4:45L'Asie,
- 4:46à l'époque,
- 4:46c'était quand même quelque chose qui se développait énormément.
- 4:49Donc tu sentais qu'il se passait beaucoup de choses en Asie.
- 4:51Donc j'aurais pu tout à fait réussir à me dire,
- 4:55non,
- 4:55ne reviens pas.
- 4:56Oui.
- 4:57Mais j'ai eu envie de revenir.
- 4:58J'ai eu envie de revenir.
- 5:00Vers la trentaine.
- 5:02L'âge de raison,
- 5:03du coup ?
- 5:03L'âge de raison,
- 5:04c'était un petit peu avant,
- 5:05mais c'est ça.
- 5:06C'est la raison qui est émotionnelle.
- 5:08Et du coup,
- 5:10au-delà de la trentaine,
- 5:11tu parlais de vraiment,
- 5:13c'est plus la raison.
- 5:14Il y a un événement qui fait qu'un déclic où tu dis c'est maintenant ou c'est vraiment progressif ?
- 5:19Pour moi,
- 5:19ça a été progressif.
- 5:20Pour moi,
- 5:21ça a été doucement,
- 5:22doucement.
- 5:22Et puis après,
- 5:23à un moment donné,
- 5:23je me suis dit,
- 5:24tiens,
- 5:26mon père était encore...
- 5:28très actif et je me suis dit c'est le moment aussi où je vais apprendre de lui alors qu'après tu sais bien qu'on vieillit tous c'est peut-être le moment aussi de rentrer de l'accompagner lui-même me faisait des appels du pied de temps en temps quand même c'était pas...
- 5:44ça vient pas de nulle part il a fait quelques appels du pied puis le hasard a fait que je suis rentré
- 5:50Aujourd'hui tu diriges le groupe avec ta soeur vous êtes organisé comment ?
- 5:54Vous avez vos spécificités ?
- 5:56Oui,
- 5:56alors c'est intéressant parce que ça peut...
- 5:57ça parle aussi de gouvernance cette question et effectivement on a beaucoup de chance tous les deux parce que d'abord on n'a pas beaucoup d'écart d'âge,
- 6:06on a que deux ans d'écart d'âge on a tous les deux des bonnes formations et on s'entend extrêmement bien donc ça ça a toujours été une chance que notre père a beaucoup cultivé,
- 6:15c'est important de le dire aussi parce que c'est vrai que dans les groupes familiaux tu peux avoir des sujets de transmission,
- 6:21d'héritage etc qui peuvent compliquer la gestion d'un groupe entre nous ça s'est toujours bien passé parce qu'il a
- 6:27toujours été absolument égalitaire entre nous deux,
- 6:31dans tout ce qu'il a fait.
- 6:31Alors c'est assez moderne,
- 6:32je trouve,
- 6:36parce qu'on est quand même issus de familles où on favorise d'abord le garçon plutôt que la fille.
- 6:40Et chez nous,
- 6:41ça n'a pas été le cas.
- 6:42Ça a toujours été exactement pareil.
- 6:43Donc on a toujours grandi pareil,
- 6:45etc.,
- 6:46avec les mêmes avantages l'un et l'autre.
- 6:48Et donc du coup,
- 6:48dans la gestion du groupe,
- 6:49ça s'est très bien passé.
- 6:50On a tous les deux aussi mis,
- 6:53je pense,
- 6:53nos égos de côté.
- 6:55et qui ont permis au groupe de grandir.
- 6:57Et je pense que les collaborateurs voient bien qu'il n'y a aucun stress entre nous deux et que tout est parfaitement fluide.
- 7:03D'ailleurs,
- 7:03on partage des bureaux côte à côte.
- 7:06Voilà,
- 7:07donc il n'y a pas de sujet.
- 7:08C'est vrai que le jour où on s'est rencontrés,
- 7:10c'est au lancement du livre de Nicolas Dujardin que j'avais déjà reçu dans ce podcast.
- 7:13Vous pouvez aller voir l'épisode d'ailleurs qui est sorti.
- 7:16Je vous le mettrai en description.
- 7:17Et je trouvais que c'est quelque chose qui qu'on sentait entre vous deux.
- 7:19D'accord.
- 7:20Cette connivence.
- 7:21Ça fait plaisir.
- 7:21C'est vrai qu'on s'entend très,
- 7:22très bien.
- 7:24Oui,
- 7:25on a un parcours qui est intéressant.
- 7:26Alors oui,
- 7:26après,
- 7:27on s'est répartis un peu les rôles.
- 7:29Bien sûr,
- 7:29chacun a ses prérogatives ou son savoir-faire qu'il essaye de valoriser au mieux dans le cadre de l'entreprise.
- 7:37Donc,
- 7:37on est un peu différents quand même.
- 7:39C'est quoi vos spécialités,
- 7:40du coup ?
- 7:41Moi,
- 7:41je pense que je suis plus un bâtisseur qu'un gestionnaire.
- 7:43Je me qualifie beaucoup de bête comme ça.
- 7:46J'aime bien les projets.
- 7:47J'aime bien m'engager dans des idées,
- 7:49embarquer les équipes dans des projets,
- 7:50etc.
- 7:51là où Azimna va être plus...
- 7:55politique,
- 7:56plus dans la partie accompagner les équipes,
- 7:59les faire grandir,
- 8:00gérer peut-être aussi mieux que moi les activités,
- 8:03etc.
- 8:03Donc voilà,
- 8:04on est assez différents et complémentaires finalement,
- 8:06très complémentaires.
- 8:07Il y a une entreprise que j'avais visitée qui s'appelle Nicomatic,
- 8:11qui est dans ma région en Haute-Savoie,
- 8:13qui eux ont un peu ce genre de double profil pour deux frères,
- 8:15mais eux ils sont en alternance de gestion.
- 8:18Tous les trois ans,
- 8:19ils changent.
- 8:20C'est une façon de faire aussi.
- 8:21On y a pensé avec Azmina.
- 8:22On a souvent essayé de se dire,
- 8:24pourquoi pas,
- 8:25il y a aussi le groupe Decaux,
- 8:26qui est très connu pour ça,
- 8:27où les frères s'alternent.
- 8:30C'est une bonne idée.
- 8:31On y pense de temps en temps avec Azmina.
- 8:34Après,
- 8:34il y a aussi la nouvelle génération qui arrive,
- 8:36nos enfants aussi.
- 8:36On travaille beaucoup sur ces sujets en ce moment.
- 8:40Qui sont attirés aussi ?
- 8:42Qui feront de l'industrie ?
- 8:43Pour l'instant,
- 8:44les miennes sont plus âgées que ceux de ma sœur,
- 8:46mais pour l'instant,
- 8:47aucun n'a fait un appel du pied comme moi je l'ai fait à l'époque.
- 8:50Mais en tout cas,
- 8:51en fait,
- 8:51oui,
- 8:51ça transparaît dans la famille.
- 8:53On parle beaucoup de business malgré tout.
- 8:54On parle beaucoup d'affaires,
- 8:55on a beaucoup de projets,
- 8:56etc.
- 8:57On partage les projets.
- 9:00Ça me fait penser souvent à une idée que moi je critique souvent,
- 9:03c'est-à-dire qu'on dit souvent...
- 9:07Tes problèmes,
- 9:07tu les laisses au bureau quand tu arrives à la maison.
- 9:09Je trouve ça un peu faux parce qu'en fait,
- 9:11nous,
- 9:12on parle tout le temps d'affaires.
- 9:13Moi,
- 9:14je ne compte pas mes heures.
- 9:16Les week-ends,
- 9:17c'est pareil.
- 9:17Donc,
- 9:18penser que tu as un cerveau qui peut être séparé avec tes enfants qu'
- 9:20ils ne voient pas qu'en fait,
- 9:21tu as un stress ou pas.
- 9:23C'est illusoire.
- 9:24Donc,
- 9:24ils voient bien ce qu'on vit.
- 9:25Et des fois,
- 9:26ils en ont envie ou pas envie.
- 9:27On verra.
- 9:27Et puis,
- 9:28dans ton cas,
- 9:29le bureau,
- 9:29c'est un peu la famille aussi.
- 9:30Enfin,
- 9:30ce n'est pas un peu la famille,
- 9:31c'est la famille.
- 9:31Exactement,
- 9:32c'est la famille.
- 9:32C'est plus compliqué.
- 9:35L'identité du podcast Oser l'efficacité,
- 9:37c'est un peu les références culture pop.
- 9:39Donc,
- 9:40je demande toujours à mes invités si leur boîte était un film,
- 9:44une série ou un super-héros,
- 9:45ce serait quoi ?
- 9:46En fait,
- 9:46je n'ai pas beaucoup hésité.
- 9:47Moi,
- 9:47j'ai pensé à un super-héros.
- 9:50En fait,
- 9:50parce que c'est la génération de super-héros aussi.
- 9:53Mon préféré,
- 9:53c'était Spiderman.
- 9:54Mais bon,
- 9:54ça,
- 9:54c'est quand j'étais gamin.
- 9:56Et non,
- 9:56j'ai pensé à Iron Man.
- 9:58C'est peut-être un peu,
- 9:58là aussi,
- 9:59tarte à la crème.
- 10:00Mais je trouve que ça nous correspond bien,
- 10:01en fait,
- 10:01chez Océinde,
- 10:02parce que et
- 10:03parce qu'il n'a pas de super pouvoir.
- 10:05Et qu'en fait,
- 10:06c'est l'innovation,
- 10:08l'intelligence,
- 10:11les projets,
- 10:12la réflexion qui lui a permis de devenir ce qu'il est.
- 10:14Donc,
- 10:15voilà,
- 10:16çarépond à ta question.
- 10:17Ça me va bien,
- 10:18c'est mon préféré en plus,
- 10:18donc je ne vais pas dire le contraire.
- 10:21C'est le plus beau.
- 10:22Oui,
- 10:23aussi,
- 10:23le plus drôle.
- 10:24J'aime beaucoup son humour.
- 10:24Il est drôle,
- 10:25oui.
- 10:26Mais c'est vrai que c'est un exemple qui revient souvent.
- 10:29Alors,
- 10:29je ne sais pas si c'est tarte à la crème,
- 10:30mais il y a vraiment ce côté ingéniosité.
- 10:32et je crois que...
- 10:33Ce qui est commun à mes invités dans le monde industriel,
- 10:36c'est le refus des super pouvoirs.
- 10:39On est des héros qui se construisent et qui faisons qu'on devient des héros,
- 10:43mais ce n'est pas tomber du ciel.
- 10:45C'est vrai.
- 10:46C'est vrai que si je me permets,
- 10:49le mantra du groupe,
- 10:51c'est les trois I chez nous.
- 10:52Le premier I,
- 10:53c'est industriel.
- 10:53Comme tu l'as compris,
- 10:54on est vraiment industriel.
- 10:55Et le deuxième,
- 10:56c'est innovation.
- 10:57Et c'est vrai qu'on ne s'interdit pas.
- 10:59Et ce n'est pas de l'innovation pour dire on va sortir un nouveau produit,
- 11:02etc.
- 11:02C'est de ne rien s'interdire dans sa capacité à déployer des idées,
- 11:05des projets.
- 11:07Il va y avoir neuf échecs pour une réussite,
- 11:09mais au moins on laisse les équipes et les collaborateurs monter des projets.
- 11:13Et le troisième I,
- 11:14du coup ?
- 11:15C'est international,
- 11:16parce que c'est vrai que nous,
- 11:18on vient de la Réunion.
- 11:19C'est 2800 kilomètres carrés.
- 11:21Donc,
- 11:21tu as vite fait le tour.
- 11:22Ça reste quand même une petite île.
- 11:24Et donc,
- 11:24si on ne s'obligeait pas depuis 30 ans à partir...
- 11:27A dire,
- 11:28nos projets,
- 11:28on les investit ailleurs aussi et on accompagne d'autres territoires.
- 11:32Notre territoire de jeu,
- 11:33il était quand même assez petit.
- 11:35Oui,
- 11:35on va en reparler de ça,
- 11:37justement,
- 11:37de l'essence du groupe qui se base à La Réunion.
- 11:40Ok,
- 11:41super,
- 11:42je suis ravie d'en savoir plus sur ton parcours.
- 11:45Dans la deuxième partie de cet épisode,
- 11:47on va revenir sur des événements de la vie du groupe,
- 11:52de choses qui se sont passées,
- 11:53duquel tu as pu tirer des leçons.
- 11:56L'idée de cette section,
- 11:57c'est vraiment que nos auditeurs puissent se servir de l'apprentissage sans avoir forcément eu à vivre l'expérience parfois douloureuse qui a mené à l'enseignement.
- 12:06Ça se passe tout de suite dans la partie cheat code.
- 12:10Le premier événement sur lequel je voulais revenir,
- 12:14c'est quand vous avez décidé de racheter une société de fibre qui est à ce moment-là en cessation de paiement.
- 12:22Vous décidiez d'y aller quand même et derrière,
- 12:24l'histoire est belle.
- 12:25On parle d'une activité dans les télécoms où on a décidé de racheter une entreprise en cessation de paiement qui était à l'arrêt.
- 12:36Donc on a racheté pour un euro symbolique.
- 12:41La leçon,
- 12:41c'est de voir plus loin,
- 12:42c'est de voir à long terme.
- 12:43C'est vrai que je dis souvent,
- 12:46il faut exécuter vite,
- 12:47mais il faut être patient.
- 12:48Et en fait,
- 12:49avoir quand même cette capacité à se projeter dans ce qui va devenir dans 10 ans,
- 12:53dans 5 ans,
- 12:54etc.
- 12:55Alors,
- 12:55c'est sûr que ce n'était pas évident.
- 12:56Personne n'y croyait.
- 12:57Et après,
- 12:58c'est aussi un peu dans la vie.
- 12:59Il faut anticiper les choses en ayant un peu d'envie sur voir plus loin.
- 13:05Et puis,
- 13:05il faut avoir la chance aussi,
- 13:06malgré tout,
- 13:08dans les affaires.
- 13:08Il faut aussi avoir un peu de la chance.
- 13:09Il faut de la provoquer,
- 13:10mais il faut avoir un peu de chance.
- 13:11Donc,
- 13:11c'est ce qui nous a réussi dans ce projet.
- 13:13qui nous a permis du coup de transformer cet opérateur pour en faire le premier opérateur de fibre du département de La Réunion,
- 13:20mais aussi de transformer le territoire de La Réunion.
- 13:22La Réunion est devenue le premier,
- 13:23et encore aujourd'hui,
- 13:24le premier département fibré de France et de Navarre,
- 13:27donc devant Paris,
- 13:28Marseille,
- 13:28etc.,
- 13:29qui sont quand même des territoires très développés.
- 13:31Et là,
- 13:31vous avez 97%
- 13:33de la population de La Réunion qui a accès à la fibre optique.
- 13:35Et ce sont des véritables outils,
- 13:38la fibre est un véritable outil de développement économique pour un territoire.
- 13:42On sait qu'un euro déployé dans la FIB,
- 13:43c'est 6 euros de PIB pour le territoire.
- 13:45Donc c'est vrai qu'il fallait anticiper ça.
- 13:49Et puis ne pas écouter aussi tout le monde.
- 13:51C'est-à-dire qu'on a eu beaucoup de freins de nos concurrents et amis qui nous disaient « mais ça ne marchera pas,
- 13:59la Réunion n'a pas les moyens,
- 14:01les Réunionnais n'ont pas d'argent,
- 14:02la fibre ça coûte trop cher,
- 14:04le territoire n'est pas assez dense,
- 14:05etc. »
- 14:07Donc c'est de l'ambition,
- 14:08du courage et quand même une vision un peu moyenne à long terme.
- 14:11Et comment tu mesures le risque à ce moment-là ?
- 14:13Parce que tu l'as dit,
- 14:13il y a un peu tout le monde qui est contre vous.
- 14:16Tu sais que ça peut marcher ou ne pas marcher,
- 14:18même si tu mets tous les efforts.
- 14:20Qu'est-ce qui te fait y aller ?
- 14:21C'est les tripes ?
- 14:24Oui,
- 14:24c'est un peu là.
- 14:25Il y a une de tes questions qui est importante,
- 14:27je trouve,
- 14:28c'est Oser l'efficacité.
- 14:31Donc,
- 14:31qu'est-ce qui fait ?
- 14:32C'est qu'à un moment donné,
- 14:33tu n'as pas toutes les réponses.
- 14:34Tu ne peux pas attendre toutes les réponses.
- 14:36Si tu attends toutes les réponses,
- 14:37tu n'avanceras jamais.
- 14:38Donc oui,
- 14:39à un moment donné,
- 14:39tu prends
- 14:40le risque,
- 14:40tu y vas,
- 14:41tu le mesures,
- 14:42tu sais,
- 14:42tu vas sur tes moyens,
- 14:45tu ne vas pas non plus au-delà de mettre tout ton groupe par exemple à risque,
- 14:49tu juges au moins ça,
- 14:50tu dis,
- 14:51est-ce que ça met un risque cette activité-là,
- 14:53de l'argent,
- 14:54des collaborateurs qui ont pris des risques avec toi,
- 14:58mais que ça,
- 14:58tu limites ce risque quand même à pas tout ton groupe,
- 15:02bon bah tu dis,
- 15:03j'y vais.
- 15:04Parce que de toute façon,
- 15:05les autres réponses,
- 15:05tu ne les auras jamais.
- 15:07Et qu'est-ce qui fait que ça marche entre une boîte qui dépose le bilan,
- 15:10qui a une cessation de paiement,
- 15:12et après rachat ?
- 15:13Tu as dit que ce n'était pas facile,
- 15:14mais qu'est-ce qui fait que ça a changé ?
- 15:17Dans ces cas-là,
- 15:17ce qui change beaucoup,
- 15:18c'est malgré tout les équipes que tu embarques avec toi.
- 15:22Il faut changer malheureusement toute l'équipe,
- 15:24parce que celle qui a souffert,
- 15:25elle est toujours en difficulté,
- 15:26elle vit toujours le passé,
- 15:27elle a toujours du mal à se reprojeter dans un nouvel avenir,
- 15:29et ce n'est pas évident.
- 15:31Et cette espèce de reset...
- 15:32permet quand même de repartir à zéro avec une nouvelle équipe et une nouvelle histoire à raconter.
- 15:38Mais alors pourquoi on rachète si c'est pour tout refaire ?
- 15:40Il n'y avait pas moyen de recréer tout simplement une boîte de zéro ?
- 15:43Non,
- 15:43parce que tu avais une belle marque,
- 15:46des projets qui avaient déjà été construits,
- 15:48initiés,
- 15:48des combats qui avaient déjà été commencés.
- 15:52Les combats sont importants dans les affaires.
- 15:54Ces combats avaient déjà été commencés par une équipe,
- 15:56il fallait lui redonner un nouveau souffle.
- 15:58Ça marche.
- 15:59Du coup,
- 15:59qu'est-ce que tu retiens de ça ?
- 16:03de cette histoire ?
- 16:03Qu'est-ce que tu réutilises aujourd'hui ?
- 16:05Qu'il faut vraiment s'écouter,
- 16:07se faire confiance à cette petite musique qui dit tu peux y aller,
- 16:11il faut l'écouter.
- 16:12Et ça,
- 16:13ça nous a beaucoup aidé.
- 16:14Savoir bien s'entourer.
- 16:17Le nerf de la guerre,
- 16:17c'est d'avoir des belles équipes autour de toi parce que tu ne fais jamais rien tout seul,
- 16:20de toute façon,
- 16:20ça c'est certain.
- 16:22Donc vraiment,
- 16:23avoir de la chance dans la vie pour recruter les bonnes personnes.
- 16:25Et j'ai eu beaucoup de chance.
- 16:27C'est marrant.
- 16:27Le sujet de la chance,
- 16:28ça revient énormément chez...
- 16:30Chez mes invités.
- 16:31C'est vrai ?
- 16:33Toi,
- 16:33tu l'as dit,
- 16:33pour le coup,
- 16:34ça se provoque.
- 16:35Et je trouve qu'effectivement,
- 16:37quand on me dit « Ah,
- 16:38j'ai eu la chance de remporter ce concours,
- 16:41il y a quand même du travail derrière,
- 16:43mine de rien,
- 16:43il n'y a pas que de la chance. »
- 16:44Oui,
- 16:45si tu prends cet exemple de déploiement de la fibre,
- 16:47effectivement,
- 16:48la chance,
- 16:48c'est quand même d'avoir été au tribunal à racheter cette entreprise,
- 16:51de faire une offre,
- 16:52etc.
- 16:52Donc,
- 16:53on provoque quand même le sujet.
- 16:55Et puis après,
- 16:56les gens autour de toi voient que tu fais envie aussi.
- 16:59donc du coup
- 17:00ils t'accompagnent.
- 17:01La chance,
- 17:01c'est ça.
- 17:02Ça se provoque.
- 17:03La deuxième histoire que,
- 17:04en préparant cet épisode,
- 17:05j'ai trouvé absolument incroyable,
- 17:07c'est la fibre à très haut débit,
- 17:09à Mayotte.
- 17:10Peut-être pas la fibre,
- 17:11du coup.
- 17:11Très haut débit.
- 17:16Vous raflez le sujet avec le groupe à Orange,
- 17:20dans un contexte qui est particulier.
- 17:22Vous gagnez le projet trois jours après un cyclone.
- 17:25C'est assez incroyable comme histoire de par le contexte et de par le fait que...
- 17:30peut-être le plus petit joueur,
- 17:33sans mauvais mot de ma part,
- 17:34mais en face,
- 17:34il y a Orange.
- 17:36C'est assez fou,
- 17:37tu veux nous raconter ?
- 17:37C'est une histoire qui mérite un podcast,
- 17:39je pense,
- 17:40à elle toute seule.
- 17:41En elle-même ?
- 17:42Tellement ça a été des bagarres et des combats et des histoires.
- 17:48Je faillis rater l'avion pour aller faire cette soutenance,
- 17:50mais l'avion était en retard,
- 17:51donc j'ai réussi à y aller.
- 17:53Et puis finalement,
- 17:54j'étais à l'heure,
- 17:54etc.
- 17:56Et puis,
- 17:56voilà,
- 17:57c'est...
- 17:57Blague à part,
- 17:58j'ai un format pour raconter des histoires de réussite ou d'échec industriel.
- 18:03Je peux le faire,
- 18:03sans problème.
- 18:04Je le ferai avec plaisir.
- 18:05C'est vraiment incroyable,
- 18:06cette histoire de Mayotte.
- 18:08Déjà,
- 18:09peut-être commencer là-dessus.
- 18:10Le combat pour la fibre pour tous à Mayotte,
- 18:12c'est un combat que moi,
- 18:13je mène depuis 10 ans.
- 18:14C'est-à-dire que ce qu'on a fait à La Réunion,
- 18:16Mayotte le mérite.
- 18:17Mayotte,
- 18:17c'est un petit territoire perdu au milieu de l'océan Indien.
- 18:20Et la fibre optique,
- 18:21encore une fois,
- 18:22permet de reconnecter ce petit territoire au monde.
- 18:24et je suis
- 18:25convaincu que la Réunion,
- 18:28ce qu'elle est devenue,
- 18:29ou ce qu'elle est en train de devenir,
- 18:30c'est grâce au déploiement de la fibre optique,
- 18:31des câbles sous-marins.
- 18:32Mayotte mérite la même chose.
- 18:34Donc c'est vrai que ça fait des années que je me bats là-dessus.
- 18:36Et puis bon,
- 18:36il y a eu un appel d'offres qui a été lancé par le département,
- 18:39accompagné par le plan France très haut débit,
- 18:41qui avait été initié par le président François Hollande.
- 18:43Et on a candidaté avec tout plein de sujets rocambolesques,
- 18:46ce qu'on racontera dans un autre podcast,
- 18:48si tu veux bien.
- 18:49Le rendez-vous est pris.
- 18:51Mais voilà,
- 18:51et puis après,
- 18:53ben...
- 18:54Je vais peut-être redire la même chose,
- 18:56il faut de la chance.
- 18:57Mais c'est vrai qu'avec mon collaborateur Emmanuel André,
- 19:01on s'est bagarré pour ce dossier.
- 19:03Notre dossier était meilleur malgré tout.
- 19:07Il était meilleur parce qu'on s'engage à fibrer tout le département,
- 19:10partout,
- 19:11dans toutes les petites communes et les petits territoires.
- 19:14On fibre,
- 19:14on ne fait pas que les zones denses et les zones riches,
- 19:16ce qui est le projet de notre confrère.
- 19:19On s'engageait aussi à aller vite,
- 19:21à déployer très vite.
- 19:24Et on est vraiment,
- 19:26comment dire,
- 19:27ancré sur ce territoire.
- 19:28Moi,
- 19:28je le connais.
- 19:29On a une usine sur place,
- 19:30etc.
- 19:31Donc,
- 19:31on sait où aller,
- 19:33comment aller et faire correctement.
- 19:34Notre dossier était en plus moins 10 ans en termes financiers.
- 19:37Moins d'investissement pour l'État et moins de subventions pour l'État.
- 19:40Donc,
- 19:40en termes d'offres,
- 19:41c'était intéressant.
- 19:43Sauf qu'il y a eu un cyclone d'une violence extrême.
- 19:46Je ne souhaite à personne ça.
- 19:48Mayotte a été rasée.
- 19:50Rasée.
- 19:50J'y suis allé une semaine après,
- 19:51j'avais jamais vu ça.
- 19:52Et pourtant des cyclones,
- 19:53j'en ai vécu dans ma vie.
- 19:54Et bien là,
- 19:55malgré tout,
- 19:56le président du département,
- 19:57parce qu'il a eu un courage incroyable.
- 20:00de remettre ses équipes au travail alors que le département était rasé,
- 20:03il n'y avait plus de toit,
- 20:04il y avait de l'eau qui tombait encore,
- 20:06ils n'avaient plus d'Internet,
- 20:07plus de machin.
- 20:08C'était quand même la guerre quand ils ont repris le travail.
- 20:12Et malgré ça,
- 20:13il a initié le vote et il nous a attribué le lot et on a été vainqueurs à un moment où personne ne pensait qu'on allait encore pouvoir voter.
- 20:25Et bien lui,
- 20:26il a eu le courage.
- 20:27Parce que là aussi,
- 20:27c'est un courage politique important de dire mon territoire mérite la fibre et malgré le cyclone,
- 20:32on va.
- 20:33Et c'est aussi intéressant parce que le cyclone a permis aussi peut-être de dire on va accélérer et on va pouvoir déployer plus vite.
- 20:38C'est trop fascinant cette histoire et je serais vraiment ravie de la raconter dans les détails.
- 20:43C'est intéressant.
- 20:44Qu'est-ce qu'on en tire de ça ?
- 20:47Qu'est-ce qui te reste de cette histoire ?
- 20:48C'est le combat avec le gros,
- 20:51c'est d'être très ancré sur le territoire.
- 20:54C'est le courage politique.
- 20:56Le combat,
- 20:57ce n'est pas fini encore une fois.
- 20:59Le combat,
- 20:59il n'est pas fini parce que finalement,
- 21:02malheureusement pour Mayotte,
- 21:04Orange fait tout pour bloquer le déploiement.
- 21:08ce que moi je retiens,
- 21:09c'est ce que nos parents nous disent souvent,
- 21:13de jamais lâcher.
- 21:14De jamais,
- 21:15toujours croire en soi.
- 21:16Croire en son projet,
- 21:17etc.
- 21:19Tant que ce n'est pas définitivement mort,
- 21:20il y a toujours une lumière et cette lumière,
- 21:22nous,
- 21:22on la saisit à chaque fois.
- 21:24Et voilà,
- 21:24donc maintenant,
- 21:26on est très fiers de ce qu'on a fait.
- 21:27En tout cas,
- 21:27les équipes ont fait un super travail.
- 21:29On peut être très,
- 21:30très fiers déjà d'avoir gagné et puis de permettre au département de Mayotte,
- 21:35peut-être un jour,
- 21:36d'avoir de la fibre pour tous.
- 21:37Le troisième sujet que je voulais aborder avec toi,
- 21:39c'était,
- 21:40vous agissez aussi dans l'agroalimentaire.
- 21:43Vous avez une ferme de crevettes au Mozambique qui a été décimée par un virus.
- 21:51Toute une production qui,
- 21:52j'allais dire qui part à la benne,
- 21:53mais c'est différent,
- 21:54il faut tout brûler dans ces cas-là.
- 21:56C'est un impact sur
- 21:581300 familles.
- 21:59Comment on gère ce genre d'événement ?
- 22:01Comment on s'en relève ?
- 22:02Est-ce que c'est une goutte d'eau à l'échelle du groupe ou comment on le gère ?
- 22:06Non,
- 22:06non,
- 22:07non.
- 22:07Alors en fait,
- 22:08c'est peut-être ma sœur pour le coup qui gère cette activité-là,
- 22:11qui serait plus à même d'en parler.
- 22:12Mais c'est 30 ans d'investissement.
- 22:14On a été pendant très longtemps le premier investisseur français au Mozambique.
- 22:18avant Total et ses gros projets.
- 22:21C'est effectivement énormément de familles,
- 22:23parce que c'est de l'agro-business,
- 22:25donc c'est des familles qu'on fait travailler.
- 22:27C'était un produit bio,
- 22:30on n'avait pas détruit de mangroves,
- 22:31on avait fait des efforts qui,
- 22:33il y a 30 ans,
- 22:34paraissaient complètement idiots.
- 22:36Mais aujourd'hui,
- 22:37quand on voit le réchauffement climatique,
- 22:38on se dit qu'on était quand même en avance sur pas mal de sujets.
- 22:40On faisait travailler des femmes,
- 22:42250 femmes,
- 22:43dans une région où les femmes n'avaient pas le droit de travailler.
- 22:45Donc il a fallu convaincre.
- 22:48Non,
- 22:48non,
- 22:48ça a été
- 22:4930 ans d'investissement mis à mal par un virus qui n'existait pas dans cette région.
- 22:54Alors écoute,
- 22:55qu'est-ce qu'on peut dire ?
- 22:57Alors on n'a pas eu de chance,
- 22:59parce que finalement il n'y avait pas de virus,
- 23:02il a été importé par...
- 23:04malheureusement,
- 23:05et cet impact a été majeur et massif.
- 23:10On a mis dix ans à essayer de se redresser,
- 23:13à trouver des nouvelles technologies qu'on a réussies.
- 23:15Azmina a réussi à trouver des nouvelles technologies accompagnées par des startups européennes.
- 23:21On a réussi à relancer l'activité.
- 23:23Et puis,
- 23:24à un moment donné,
- 23:27une fois qu'on a réussi à repartir,
- 23:29la leçon,
- 23:30c'est que la nature,
- 23:30d'abord,
- 23:31est quand même beaucoup plus forte que toi.
- 23:33Donc quand même...
- 23:34il faut être humble par rapport à tout ça et malgré tout à un moment donné plutôt que de laisser ces familles disparaître,
- 23:41on a réussi à vendre l'activité à un industriel
- 23:45Sur place.
- 23:45Et donc on est sortis de cette activité-là.
- 23:47D'accord.
- 23:48Et par contre,
- 23:49l'activité tourne toujours aujourd'hui ?
- 23:51Écoute,
- 23:51je pense que oui.
- 23:52Ok.
- 23:53Ça marche.
- 23:53Ce que j'en retiens quand même,
- 23:54c'est que la première décision,
- 23:56ça n'a pas été de dire « Bon ben,
- 23:57tant pis,
- 23:58il y a quand même eu de l'investissement,
- 23:59de la relance,
- 24:00ça a été votre choix. »
- 24:01Alors,
- 24:01effectivement,
- 24:02on ne baisse pas les bras facilement.
- 24:06On se donne les moyens sur le temps long.
- 24:09Et des fois,
- 24:09on nous a reproché d'être déraisonnables.
- 24:12Parce que ça coûte de l'argent.
- 24:14Parce que tous les ans,
- 24:15tu payes des pertes,
- 24:17en fait.
- 24:17Tu finances des pertes.
- 24:18Donc,
- 24:20des fois,
- 24:20on nous a dit,
- 24:21mais non,
- 24:21mais vous tenez trop longtemps.
- 24:25C'est notre style.
- 24:26On aime bien ça parce qu'on n'abandonne pas très vite.
- 24:29Donc effectivement,
- 24:30on a mis 8 ans après.
- 24:32Parce qu'en fait,
- 24:33on a été impacté par le virus il y a déjà 10 ans.
- 24:36Donc les 3-4 premières années,
- 24:38ça ne va pas du tout.
- 24:39On réessaye,
- 24:40ça ne fonctionne pas.
- 24:41Donc on a quand même eu 4-5 ans de beaucoup de pertes.
- 24:44Et après,
- 24:44Azmina a trouvé cette technologie qui lui a permis de se relancer l'activité.
- 24:47Mais bon,
- 24:48avec des années de pertes derrière,
- 24:49ça fait quand même...
- 24:51lourd.
- 24:52Et oui,
- 24:52on n'abandonne pas facilement.
- 24:53C'est un des gros sujets qui revient régulièrement sur l'entrepreneuriat,
- 24:57c'est quand est-ce qu'on s'arrête ?
- 24:58Quel est le message qui doit dire que là,
- 25:00c'est trop ?
- 25:00Oui,
- 25:01c'est très difficile.
- 25:03Quand il y a autant de monde derrière qui dépend de ça,
- 25:05c'est compliqué de se dire que...
- 25:07C'est très difficile et je ne pourrais pas dire qu'on soit mauvais là-dessus parce que je ne sais pas si c'est mauvais ou pas,
- 25:14mais nous,
- 25:15on décide là-dessus.
- 25:19Tard.
- 25:20Pas,
- 25:20oui.
- 25:21Mais est-ce qu'il y a des cas où ça vous a donné...
- 25:23Parce que là,
- 25:24finalement,
- 25:24au bout de dix ans,
- 25:25vous en êtes sortis.
- 25:28Et finalement,
- 25:29il y a des années de pertes que le groupe encaisse,
- 25:32du coup,
- 25:32parce que ce n'est pas une activité isolée.
- 25:35Donc,
- 25:35ça permet d'être maintenu.
- 25:36Est-ce qu'il y a des cas où,
- 25:37vraiment,
- 25:39avec le recul,
- 25:39tu dis,
- 25:39là,
- 25:39on a eu tort ?
- 25:40Oui,
- 25:40ça arrive.
- 25:41Et puis,
- 25:41il y a des cas où on s'est dit,
- 25:42on a bien fait de continuer.
- 25:44Mais du coup,
- 25:45c'est quoi finalement l'équilibre ?
- 25:46C'est qu'il y a plus de cas où vous avez tort ou plus de cas où vous avez raison ?
- 25:49Il y a plus de cas où on a eu tort.
- 25:50Ah mince,
- 25:50ok.
- 25:51J'aurais voulu l'autre.
- 25:52Oui,
- 25:53mais bon,
- 25:54ça n'empêche pas de continuer.
- 25:55Oui,
- 25:55ok.
- 25:55Ça n'empêche pas de continuer.
- 25:56En même temps,
- 25:57si on ne persévère pas,
- 25:57il n'y a jamais de cas où on a raison.
- 26:00Oui,
- 26:00mais on continuera.
- 26:01On est des grands combatifs.
- 26:03Dans la prochaine catégorie,
- 26:06j'aborde des sujets un petit peu plus légers.
- 26:08Océinde a une activité aussi dans les télécommunications,
- 26:11médias.
- 26:11Et je me disais,
- 26:12peut-être qu'il vous manque un média.
- 26:14Et donc,
- 26:15je vais te proposer des médias que pourrait animer Océinde.
- 26:17Et tu me dis si c'est classe.
- 26:20Ok,
- 26:20on lance ça demain.
- 26:22On travaille ensemble.
- 26:23D'accord.
- 26:23Ça casse.
- 26:25On va se concentrer sur nos activités.
- 26:26Je veux bien,
- 26:26je suis combatif,
- 26:27mais quand même,
- 26:28on ne va pas faire n'importe quoi.
- 26:29Ça te va ?
- 26:29Ok.
- 26:30Ça se passe tout de suite dans le C'est classe ou ça casse.
- 26:36Ma première proposition,
- 26:37c'est souveraineté insulaire.
- 26:39Une plongée au cœur de la réalité des industriels isolés.
- 26:42Et ce que l'on peut en tirer de leur expérience pour la souveraineté en général et sur des territoires plus grands ?
- 26:46Alors,
- 26:47classe.
- 26:48Oui,
- 26:48c'est classe.
- 26:48Tu te sentirais d'animer ça avec des co-industriels ?
- 26:52Oui,
- 26:52il y a beaucoup de choses à dire.
- 26:53Mais c'est un petit peu ce que tu fais là.
- 26:55Moi,
- 26:55je traite de différents sujets.
- 26:57Mais oui,
- 26:58la souveraineté revient souvent.
- 26:59On ne va pas se le cacher.
- 27:00C'est classe.
- 27:01Prochaine idée,
- 27:02brique par brique.
- 27:03Tu revisites la construction du groupe Océinde et tu invites également d'autres dirigeants de groupe pour mettre en avant comment les choix se font dans les rachats d'entreprises,
- 27:10la diversification des activités et comment chaque choix s'inscrit dans la stratégie globale.
- 27:15Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris la question,
- 27:17mais je dirais classe.
- 27:19C'est-à-dire que tu fais rentrer quelqu'un ?
- 27:21Non.
- 27:21En fait,
- 27:22l'idée,
- 27:22ce serait de revenir sur ce qui a fait les différents choix du groupe,
- 27:26pourquoi vous avez décidé histoire par histoire.
- 27:29Et finalement aussi d'inviter d'autres industriels qui ont aussi construit des groupes.
- 27:34Comment ils ont fait leur choix ?
- 27:35On est plus sur de l'inspirationnel là.
- 27:37D'inspirer les autres sur...
- 27:39Oui,
- 27:39oui,
- 27:39moi je crois beaucoup à ça.
- 27:40Moi je m'inspire beaucoup des autres,
- 27:42donc j'aimerais bien inspirer des gens si c'est possible.
- 27:43Mais oui,
- 27:44je crois beaucoup à ça.
- 27:45Donc oui,
- 27:45c'est classe.
- 27:46Troisième idée.
- 27:48Là,
- 27:48vous avez dans votre groupe un studio d'animation.
- 27:50Donc je me suis dit,
- 27:51on peut leur confier un projet.
- 27:53Alors je ne suis pas sûre de la proposition.
- 27:54C'est Pipangaï ?
- 27:56Oui,
- 27:56Pipangaï.
- 27:57Je te propose une série à destination des enfants qui parle d'industrie.
- 28:01Quelque chose pour vulgariser,
- 28:02montrer l'industrie telle qu'elle est vraiment aux plus jeunes,
- 28:05pour contribuer à relancer son attractivité.
- 28:07Je ne sais pas si les jeunes regardent encore,
- 28:10ça dépend de quel âge.
- 28:12Parce que nous,
- 28:12on s'arrête à 10-12 ans.
- 28:14Mais oui,
- 28:14ça peut être 10-12 ans peut-être,
- 28:15mais avant non.
- 28:16Avec le collectif des industriels,
- 28:17le sujet de relancer l'attractivité de l'industrie au plus bas âge et d'éviter que justement on arrive au collège-lycée à pas du tout vouloir faire ses stages dans l'industrie,
- 28:26c'est quand même un sujet.
- 28:26c'est vrai que c'est un sujet après trouver le bon moyen de leur parler le vecteur est important et donc dernière proposition un talk show industriel vraiment les pieds dans le sable à La Réunion je ne suis pas trop sûre du thème actuellement mais si ça peut me permettre de partir en vacances moi ça me va tu es la bienvenue on fera ça à
- 28:44la plage je ne suis pas sûre que le son soit aussi bon sur la plage mais le décor sera parfait on trouvera une solution ok super merci de t'être prêté au jeu. Dans la prochaine section, je vais te poser des questions qui sont un peu plus inconfortables. Tu verras, ça va bien se passer quand même, je pense. Ça devrait le faire. En général, mes invités ne sont pas malheureux après ça. Ça se passe tout de suite dans le grill. Reprendre une boîte familiale, est-ce que c'est un parcours tout tracé, presque la facilité, ou une grosse pression assurée ?
- 29:17C'est une immense chance et une immense responsabilité.
- 29:22C'est extrêmement dur.
- 29:23malgré tout.
- 29:24Et puis le regard des autres,
- 29:25c'est pas évident,
- 29:26il faut s'habituer à ça.
- 29:27T'es toujours le fils de ou la fille de,
- 29:29donc c'est pas toujours facile.
- 29:31Mais c'est une chance incroyable,
- 29:32c'est ce que je disais tout à l'heure,
- 29:33c'est que tu peux impacter des décisions,
- 29:35tu peux vraiment faire des choses intéressantes.
- 29:37Oui,
- 29:37c'est ça,
- 29:38là on peut pas complètement enlever le facteur chance qui est que tu es le fils de,
- 29:41bon,
- 29:41ma foi c'est comme ça,
- 29:43mais il y a tous les côtés où,
- 29:44c'est pas aussi simple que ça.
- 29:45Non,
- 29:45c'est pas aussi simple,
- 29:46ça dépend de ce que t'en fais après.
- 29:47T'as eu une partie un peu rebelle où jamais je reprends le groupe,
- 29:51jamais je vais faire mon truc à moi ?
- 29:54Ah oui,
- 29:56quand même.
- 29:56Il faut être honnête.
- 29:59Non,
- 29:59c'est pas ça.
- 30:00C'est-à-dire qu'il y a eu des moments où,
- 30:02une fois dans le groupe,
- 30:04t'as envie de partir.
- 30:06Ok.
- 30:08T'es revenu,
- 30:10tu fais des projets,
- 30:11puis tu te fâches avec ton père,
- 30:13avec ta sœur.
- 30:14Parce qu'il y a des moments quand même pas toujours faciles.
- 30:17Et là,
- 30:17tu te dis,
- 30:17je m'en vais,
- 30:18je vous claque la porte,
- 30:19je vais faire autre chose.
- 30:19Oui,
- 30:20mais j'ai eu des moments rebelles.
- 30:21Donc,
- 30:21c'était plutôt après ?
- 30:22Après,
- 30:22oui.
- 30:22Après avoir décidé de revenir.
- 30:24OK.
- 30:25Et finalement,
- 30:25tu remontes.
- 30:26Sale gosse,
- 30:26quoi.
- 30:27Tu te considères comme un sale gosse ?
- 30:28Oui,
- 30:29parce qu'à un moment donné,
- 30:30tu ne te rends pas compte que...
- 30:32Malgré tout,
- 30:33à un moment donné,
- 30:33tu oublies que tu as des responsabilités,
- 30:34que tu as des familles qui comptent sur toi et que toi,
- 30:37tu fais le gamin parce qu'à un moment donné,
- 30:40on ne t'a pas suivi sur une décision.
- 30:42Oui.
- 30:43Tu vois ?
- 30:43C'est un peu ça.
- 30:44Est-ce que tu pourrais me donner une vérité sur l'outre-mer dont personne ne parle en métropole ?
- 30:48Ce n'est pas un handicap,
- 30:50c'est une chance unique pour la France.
- 30:52Et on oublie ça.
- 30:54On oublie parce qu'on reste sur la partie négative de l'handicap,
- 30:56ça coûte trop cher,
- 30:57etc.
- 30:58C'est une chance unique d'avoir accès à un potentiel de multiterritoires,
- 31:04d'océans.
- 31:06La France est la deuxième puissance maritime mondiale grâce à ses outre-mer.
- 31:10Et elle est réveillée 24 heures sur 24.
- 31:12C'est un des rares pays encore à avoir cette chance-là.
- 31:16Du coup,
- 31:16c'est peut-être un petit peu la même réponse,
- 31:18mais est-ce qu'il y a quelque chose dont
- 31:22on a conscience en métropole,
- 31:24à l'inverse,
- 31:24et qu'on cache sur l'Outre-mer ?
- 31:26D'abord,
- 31:26on parle des Outre-mer.
- 31:27Moi,
- 31:27je ne connais pas bien les Outre-mer.
- 31:29Moi,
- 31:29je connais bien
- 31:31Réunion, Mayotte.
- 31:34La Nouvelle-Calédonie,
- 31:34je ne connais pas du tout les Antilles,
- 31:36par exemple.
- 31:36Je ne connais pas Saint-Pierre-et-Miquelon,
- 31:38qui fait partie des Outre-mer,
- 31:40Tahiti,
- 31:40etc.
- 31:41Donc je dirais,
- 31:43il y a une chose qu'on nous...
- 31:45C'est pas qu'on cache,
- 31:45mais on ne se rend pas compte à quel point nos territoires sont inclusifs.
- 31:53C'est-à-dire qu'en fait,
- 31:54moi je dis souvent,
- 31:55la Réunion ne s'appelle pas la Réunion pour rien.
- 31:57C'est une réunion de races,
- 31:58de religions,
- 31:58de personnes.
- 31:59de couleurs de peau,
- 32:00etc.,
- 32:01qui se passe très,
- 32:02très bien.
- 32:02Le bien vivre ensemble à La Réunion,
- 32:03il est unique,
- 32:04en fait.
- 32:05Et on devrait s'en inspirer.
- 32:07Or,
- 32:08on ne l'utilise pas assez.
- 32:10On ne s'en inspire pas assez au niveau national,
- 32:12où on crée plus de tensions entre les gens,
- 32:14entre les religions,
- 32:15etc.
- 32:16Alors que je trouve que ce qui se passe à La Réunion est unique et une belle réussite.
- 32:19Oui,
- 32:19on fait comme si on ne savait pas vivre ensemble,
- 32:22alors qu'on a des territoires où ça se passe très bien.
- 32:23Où ça se passe très bien et où ça fonctionne.
- 32:25Et après,
- 32:26il faut s'en inspirer.
- 32:27C'est quoi ta plus grosse erreur stratégique depuis que tu diriges le groupe ?
- 32:30Des erreurs,
- 32:30j'en ai commises beaucoup.
- 32:33D'investissement,
- 32:34on parlait tout à l'heure de Zéop.
- 32:35Voilà,
- 32:36tout n'est pas un succès.
- 32:37Donc,
- 32:39ce qu'on dit souvent aussi,
- 32:39c'est que c'est les échecs qui te bâtissent et qui font que tu réussis plus tard.
- 32:44Donc après,
- 32:44je ne dirais pas ça,
- 32:45mais les erreurs que je commets souvent ou que j'ai commises souvent,
- 32:49c'est de vouloir aller trop vite ou de projeter des idées ou des projets sans avoir vérifié que tes équipes avaient bien compris.
- 32:56avaient bien intégré et avaient les capacités à t'accompagner sur tel ou tel projet.
- 33:01Et puis du coup,
- 33:02c'est des projets qui n'ont pas fonctionné.
- 33:03Et puis cinq ans plus tard,
- 33:04on te dit,
- 33:04Nassir,
- 33:05tu avais raison,
- 33:06c'était bien ce truc-là.
- 33:06Ben ouais,
- 33:07mais moi,
- 33:08j'ai voulu aller trop vite sans que les équipes soient prêtes.
- 33:10Aller trop vite,
- 33:12c'est un truc que tu revois souvent dans tes...
- 33:16Ouais,
- 33:17trop vite sans être préparé,
- 33:18sans avoir préparé.
- 33:20On entend souvent qu'entreprendre en France,
- 33:21ce n'est pas facile.
- 33:23Est-ce que c'est encore pire ?
- 33:24en territoire isolé comme la Réunion ?
- 33:27Pire,
- 33:27non,
- 33:28mais plus difficile,
- 33:28oui.
- 33:29Plus petit,
- 33:30donc plus difficile.
- 33:31Marché plus étroit.
- 33:33Les coûts sont plus élevés.
- 33:35Voilà,
- 33:35il faut être plus créatif,
- 33:38plus malin et réussir à faire mieux malgré les difficultés.
- 33:41Après,
- 33:41c'est pareil dans tous les territoires.
- 33:42Il y a des difficultés partout.
- 33:43Tu es chevalier de la Légion d'honneur.
- 33:46Tu étais même premier officier cette année,
- 33:48si je ne dis pas de bêtises.
- 33:4914 juillet c'est tout récent je pensais que tu étais le premier officier,
- 33:55enfin officier oui chevalier de la Légion d'honneur,
- 33:58non tu es le deuxième de mon podcast donc je vais pouvoir commencer une collection mais je me demandais comment on devient chevalier et comment on est premier officier ça se passe comment ?
- 34:07alors je ne sais pas du tout parce qu'en fait c'est quelqu'un qui demande pour toi tu ne sais pasqui c'est moi je ne l'ai pas su et après comment ça se passe il y a une enquête sur ton pédigré et...
- 34:18si tu n'as pas un casier judiciaire,
- 34:19si tu n'as pas été rebelle,
- 34:21mais fait des bêtises,
- 34:23etc.
- 34:23Donc,
- 34:23il y a un peu de ça.
- 34:25Et puis après,
- 34:26tu le découvres un matin dans le journal officiel.
- 34:29C'est une magnifique reconnaissance,
- 34:30une belle surprise.
- 34:32Et voilà.
- 34:33Après,
- 34:33moi,
- 34:33je le dis souvent,
- 34:34je le dois à mes équipes.
- 34:37C'est les équipes qui ont fait un énorme travail.
- 34:38Et puis,
- 34:39ma famille,
- 34:41ma femme, mes enfants qui me font confiance,
- 34:43ma sœur qui me fait confiance aussi.
- 34:44Donc,
- 34:44c'est vrai que c'est un travail d'équipe,
- 34:46en fait.
- 34:47Et voilà.
- 34:49Ça change quelque chose dans ta vie ?
- 34:50Non.
- 34:51C'est un peu comme ta première question,
- 34:52je trouve.
- 34:52C'est-à-dire que quand tu hérites d'une entreprise familiale,
- 34:55il y a beaucoup de responsabilités.
- 34:56Et je trouve que la première fois où,
- 34:59en fait,
- 35:00c'était il y a dix ans,
- 35:02on m'a fait cet honneur,
- 35:04la première des réflexions,
- 35:05c'était les équipes,
- 35:08le merci,
- 35:08etc.
- 35:09Mais en même temps,
- 35:10ça t'engage encore plus,
- 35:10en fait.
- 35:11Donc,
- 35:11ça te met encore plus de pression,
- 35:13je trouve.
- 35:14Donc,
- 35:14c'est une bonne carotte qu'on te donne pour dire encore,
- 35:18vas-y.
- 35:18C'est bien ce que tu fais,
- 35:19continue.
- 35:21Moi,
- 35:22ce que je dis souvent,
- 35:22c'est que le groupe que je dirige,
- 35:24je ne cherche pas à bâtir un grand groupe,
- 35:28je cherche à investir dans des territoires pour les faire grandir.
- 35:34En fait,
- 35:34ce n'est pas un groupe avec un gros chiffre d'affaires,
- 35:36c'est un groupe qui s'engage dans les territoires dans lesquels il investit pour les faire grandir.
- 35:41C'est peut-être ça la reconnaissance de cette nomination,
- 35:44cette élevation.
- 35:46grade d'officier.
- 35:48On n'est pas obligé de se réaliser que par le chiffre d'affaires et par l'engagement.
- 35:52Ça me va très bien,
- 35:53merci beaucoup.
- 35:55Dans la prochaine section,
- 35:56je voudrais qu'on s'intéresse au futur à la fois de ta boîte et du monde aussi qui nous entoure.
- 36:04Et ça se passe tout de suite dans Retour vers le futur.
- 36:11La première question que je voulais te poser,
- 36:13elle est assez actuelle parce que vous avez créé un énorme data center à La Réunion qui a ambition d'être au confluent des territoires entre l'Europe,
- 36:22l'Asie,
- 36:23l'Afrique.
- 36:25C'est un début,
- 36:28c'est ton ambition,
- 36:30quel chemin ça prend pour les dix prochaines années ?
- 36:31Ce n'est pas un data center pour être un data center pour La Réunion.
- 36:34Pour l'instant,
- 36:34il est...
- 36:35C'est le plus gros de l'île,
- 36:36c'est le premier,
- 36:38c'est le plus important,
- 36:39mais ça reste un petit à l'échelle mondiale.
- 36:42Mon rêve absolu,
- 36:44c'est de transformer la Réunion en un hub de datas,
- 36:47de diffusion de datas vers l'Afrique subsaharienne.
- 36:50Parce que c'est d'utiliser en fait une faiblesse.
- 36:52La faiblesse,
- 36:52c'est qu'on est quand même une île perdue au milieu de l'océan Indien,
- 36:55mais qu'on est en France et qu'on est en Europe.
- 36:58Donc on a cette sécurité de la donnée,
- 37:00la sécurité et la souveraineté de la donnée.
- 37:03qui peut être utile pour des opérateurs qui ont besoin d'une zone sécurisée proche de l'Afrique subsaharienne.
- 37:09Donc mon ambition et mon rêve,
- 37:10c'est de transformer la Réunion en un hub de diffusion de data.
- 37:14Et donc là,
- 37:14si ça marche,
- 37:15il faut plus de data centers,
- 37:17plus de capacités sous-marines.
- 37:19Et donc ça,
- 37:19tu deviens vraiment un hub majeur en fait.
- 37:23Il y en a cinq dans le monde.
- 37:25On a deux aux Etats-Unis,
- 37:26deux en Asie et un en Europe,
- 37:28qui est Marseille,
- 37:28qui est en train de devenir un des plus gros d'Europe.
- 37:31qui adresse en fait 2 milliards d'habitants en Europe et 2 milliards d'habitants en Afrique,
- 37:35la Réunion peut être celui,
- 37:36le sixième ou septième,
- 37:38qui diffuserait vers l'Afrique subsaharienne.
- 37:40Le chemin est encore très long,
- 37:41mais voilà,
- 37:42c'est ça un peu l'ambition que j'ai sur ce sujet-là.
- 37:46Après,
- 37:46il y a toutes les questions de souveraineté,
- 37:48d'IA,
- 37:49de développement aussi économique pour le territoire de la Réunion,
- 37:52avec la possibilité de donner à...
- 37:54à des startups de monter leurs activités sur la Réunion,
- 37:57avec de l'IA,
- 37:58etc.
- 37:58Donc il y a aussi plein de potentialités derrière que tu accompagnes.
- 38:03Donc on est au-delà de la diffusion de données,
- 38:05sur aussi une ambition pour le territoire.
- 38:08Oui,
- 38:09plus que de la donnée.
- 38:10C'est vraiment une ambition pour le territoire.
- 38:13Du coup,
- 38:13tu as déjà un peu abordé le sujet,
- 38:15mais tu disais d'utiliser cette force de territoire isolé.
- 38:20Est-ce que c'est quelque chose,
- 38:22justement,
- 38:22cette...
- 38:23On est isolé,
- 38:24c'est un fait que tu as l'impression qu'avec le groupe,
- 38:27vous avez surmonté et vraiment transformé en force.
- 38:30Ou est-ce qu'il y a encore des fois aujourd'hui,
- 38:31vous battez contre cet isolement dans certaines activités ?
- 38:35Oui,
- 38:35c'est un combat permanent.
- 38:37C'est un combat permanent sur ce que j'appelle moi éviter l'isolation.
- 38:43Et tu as trois outils pour ça.
- 38:44Tu as les télécoms,
- 38:46les infrastructures,
- 38:47les câbles sous-marins,
- 38:49la fibre optique dont on parle longuement,
- 38:50etc.
- 38:51L'aérien et le maritime.
- 38:53Ces trois sujets-là nous permettent d'être souverains.
- 38:56Parce que le maritime,
- 38:56c'est l'accès à la marchandise,
- 38:58etc.
- 38:58Et c'est des sujets sur lesquels le groupe aussi travaille pour donner à ces îles leur indépendance stratégique.
- 39:06Parce que sinon,
- 39:07on est perdu au milieu de ça.
- 39:08On est tout petit.
- 39:09Mais malgré tout,
- 39:09c'est un combat de tous les jours.
- 39:10On a un peu abordé l'agroalimentaire,
- 39:12les télécoms.
- 39:13On n'a pas parlé de toute la partie chimie du bâtiment sur laquelle vous êtes très actifs.
- 39:16Parce que de l'extérieur,
- 39:18ça fait un peu quatre sujets complètement différents.
- 39:21Comment tu choisis ?
- 39:23peut-être ton père avant toi aussi,
- 39:26sur les différentes activités que vous mettez en place.
- 39:29Comment vous choisissez vers où vous allez ?
- 39:31Qu'est-ce qui fait l'unité finalement du groupe
- 39:33Océinde ? L'unité,
- 39:35c'est vraiment l'ambition des projets qu'on déploie sur la capacité à faire des projets qui sont pérennes et qui construisent de la richesse,
- 39:44encore une fois,
- 39:44dans les territoires dans lesquels on investit.
- 39:46Donc c'est vrai que c'est des marchés,
- 39:47après c'est des métiers qui sont malgré tout intéressants.
- 39:52On dit souvent le bâtiment,
- 39:54le bâti,
- 39:55on va toujours vivre malgré le développement des robots,
- 39:58de l'IA,
- 39:58etc.
- 39:58On va quand même tous vivre dans des bâtiments.
- 40:01Aujourd'hui,
- 40:01on voit les problématiques de réchauffement climatique.
- 40:04Les produits du bâtiment apportent des solutions très intéressantes pour pouvoir réduire la chaleur dans les bâtiments.
- 40:11Et donc il y a des sujets majeurs sur lesquels nous on travaille et sur lesquels on investit.
- 40:16Les télécoms,
- 40:17on voit bien un développement de ce...
- 40:20Tout le monde a toujours un smartphone maintenant,
- 40:22en permanence,
- 40:22etc.
- 40:23Donc on voit bien que la consommation de données est un sujet stratégique majeur.
- 40:27Donc on continue à investir là-dedans.
- 40:29Et puis l'alimentaire,
- 40:30on est 7 milliards,
- 40:318 milliards,
- 40:31bientôt 10 milliards d'habitants sur Terre.
- 40:33Faire des produits de qualité,
- 40:35des produits naturels,
- 40:35des produits bio,
- 40:36c'est un peu ce qu'on aime faire.
- 40:37Donc on continue à investir sur ces trois verticales-là,
- 40:41comme on dit.
- 40:43Les besoins.
- 40:43Les besoins de l'humain,
- 40:44finalement.
- 40:44On essaye de travailler là-dessus.
- 40:47Sur la chimie du bâtiment,
- 40:48par exemple,
- 40:50je dis souvent ça,
- 40:52on a beaucoup investi dans la recherche,
- 40:55dans notre laboratoire à La Réunion,
- 40:58tout petit territoire,
- 40:59mais 11 microclimats.
- 41:01Ces 11 microclimats déclarés par Météo France officiellement nous ont permis de travailler des produits dont les spectres d'utilisation sont extrêmement larges et qui aujourd'hui nous permettent d'avoir 12 usines dans le monde.
- 41:12avec des formules et des formules de laboratoire faites depuis l'île de la Réunion.
- 41:16Donc on a trois usines ici en France,
- 41:18on a six ou sept usines en Afrique,
- 41:21et on arrive avec des produits et des technologies adaptées au climat maintenant que l'on subit ici.
- 41:27qui sont parfaitement adaptés à nos climats de la Réunion qu'on exporte maintenant partout en Afrique en France métropolitaine,
- 41:34en Europe Et mine de rien avec le réchauffement climatique et la perturbation des climats et des produits qui n'étaient pas adaptés à des climats avant qui sont en train de se transformer
- 41:43Et là aussi on a eu de la chance C'est vrai qu'on a c'est un métier où on a 55 ans d'expertise et ce que je dis souvent c'est que c'est des métiers où l'âge comment dire le le
- 41:57Le savoir-faire,
- 41:57c'est le temps.
- 41:59Et le temps,
- 41:59ça ne s'achète pas dans le commerce.
- 42:01Le temps,
- 42:01il faut voir du temps.
- 42:05Vous investissez aussi,
- 42:07je pense,
- 42:07aux peintures sur les sourcées différemment.
- 42:10C'est comme ça que j'ai entendu parler pour la première fois du groupe Océinde.
- 42:14C'est des peintures qui vont être à base de coquilles d'huître et de poudre de pare-brise.
- 42:20J'ai vu ça.
- 42:21De produits recyclés.
- 42:22Moi,
- 42:22je crois beaucoup à ça plus que dans les produits bio,
- 42:25en fait,
- 42:26dans les peintures.
- 42:27je crois beaucoup au recyclé en fait à la réutilisation,
- 42:29au réusage des produits c'est le cycle sur lequel on investit beaucoup
- 42:34Et c'est quelque chose qu'on retrouve dans vos autres activités aussi ?
- 42:37Oui,
- 42:38par exemple sur les téléphones portables on travaille beaucoup sur les produits recyclés les téléphones recyclés c'est un sujet sur lequel on travaille énormément les box recyclés
- 42:48Ça fait partie de l'ADN du groupe.
- 42:49Oui.
- 42:50Est-ce que le modèle que tu défends pour La Réunion sur une autonomie numérique,
- 42:56logistique,
- 42:57énergétique,
- 42:57de parler de l'isolement,
- 42:58finalement,
- 42:59on n'a pas le choix,
- 43:00ça pourrait inspirer la métropole et plus globalement l'Europe sur sa propre souveraineté ?
- 43:04Est-ce qu'il y a des choses qu'on pourrait appliquer directement ?
- 43:07Alors,
- 43:07ça serait d'abord extrêmement prétentieux de dire qu'on peut inspirer l'Europe.
- 43:12Mais ceci dit,
- 43:12oui.
- 43:13On voit bien aujourd'hui qu'on a une vraie problématique de souveraineté et qu'on doit se réapproprier,
- 43:18en fait,
- 43:18ces outils.
- 43:19Et la désindustrialisation qu'on a subie depuis toutes ces années en Europe nous coûte aujourd'hui extrêmement cher.
- 43:27Et on voit bien qu'on a abandonné des pans entiers d'industrie dans ce pays ou en Europe qui nous coûtent aujourd'hui extrêmement cher.
- 43:33Tu dis que c'est prétentieux de dire qu'on peut inspirer l'Europe,
- 43:36mais finalement ce qui est en train de se passer,
- 43:38au-delà de la désindustrialisation,
- 43:39on a quand même deux voisins un peu éloignés,
- 43:44mais avec qui les relations se tendent.
- 43:46Donc mine de rien,
- 43:47apprendre à vivre avec l'isolement,
- 43:48c'est quand même quelque chose qu'on va devoir faire à un moment.
- 43:51Oui,
- 43:52exactement.
- 43:55Moi,
- 43:55j'aime bien dire,
- 43:57par exemple,
- 43:57dans le monde de l'entreprise,
- 44:02c'est facile de parler de ses faiblesses.
- 44:04C'est facile de dire,
- 44:04ça ne va pas être de se plaindre,
- 44:06etc.
- 44:07Mais des fois,
- 44:07de ses faiblesses,
- 44:08on peut en faire des forces.
- 44:09Donc,
- 44:09si on retient ton idée là,
- 44:11c'est vrai qu'on était perdu sur une île au milieu de l'Océan Indien.
- 44:13On en a fait une force en développant des industries,
- 44:15de cette souveraineté,
- 44:16cette problématique.
- 44:17L'Europe,
- 44:17c'est ça maintenant.
- 44:19On reste maintenant des petits territoires,
- 44:21mais peut-être qu'il est nécessaire maintenant de se réapproprier cette souveraineté et
- 44:24d'investir et d'accepter que le modèle doit maintenant évoluer vers plus d'investissements,
- 44:29plus de croissance liée à l'industrie et au développement économique de nos territoires et d'en faire des forces en fait.
- 44:34Il n'est pas trop tard.
- 44:36J'espère.
- 44:36Non,
- 44:36non,
- 44:37non,
- 44:37il n'est pas trop tard.
- 44:37Non,
- 44:37non,
- 44:38mais c'est vrai,
- 44:38il n'est pas trop tard.
- 44:39Mais on a tendance à baisser les bras.
- 44:40Mais c'est vrai que c'est loin d'être le cas.
- 44:43Et puis en fait,
- 44:44il y a tellement de choses qui peuvent se passer encore.
- 44:47dans le monde que rien n'est perdu.
- 44:49On pourrait presque finir là-dessus,
- 44:50pour finir sur une bonne note.
- 44:53C'est quoi ta prochaine aventure,
- 44:54le prochain secteur dans lequel tu as envie de t'aventurer ?
- 44:57C'est une question difficile,
- 44:58il y a tellement de choses qu'on aimerait faire.
- 45:01Non,
- 45:02je ne saurais pas te dire.
- 45:03Non,
- 45:03mais continuer,
- 45:04j'aime bien ce qu'on fait.
- 45:05Moi,
- 45:05j'adore ce qu'on fait.
- 45:06J'aime beaucoup ce qu'on fait.
- 45:07Je suis passionné par ce qu'on fait.
- 45:09J'ai des gens avec qui je travaille avec beaucoup de plaisir.
- 45:13Non,
- 45:13mais être encore...
- 45:15Encore une fois,
- 45:15ce que je disais,
- 45:16être encore plus performant dans ce qu'on fait.
- 45:19Continuer à faire grandir les territoires dans lesquels on investit.
- 45:24Là,
- 45:24en ce moment,
- 45:24on travaille beaucoup sur l'Afrique.
- 45:25On a beaucoup d'usines,
- 45:26on a beaucoup de projets.
- 45:27Donc non,
- 45:28non,
- 45:28ça se passe bien.
- 45:29Ça se passe bien.
- 45:31Ne pas rater certains,
- 45:32malgré tout,
- 45:33certains sujets.
- 45:35L'IA étant un sujet majeur dans les télécoms.
- 45:38Ne pas passer à côté.
- 45:39Être capable de réagir vite.
- 45:41Le monde bouge très vite.
- 45:42T'es en mode veille,
- 45:43du coup.
- 45:43Oui,
- 45:43oui.
- 45:44Il faut quand même être très actif,
- 45:47très sensible à ça.
- 45:48et voilà,
- 45:49on fait attention du coup ça va être le moment de conclure l'épisode il ne nous reste plus qu'une section ça se passe dans les questions signatures si demain on te nomme ministre de l'industrie ce serait quoi ta première mesure ?
- 46:01je ne veux pas t'étonner simplifier et accélérer la création d'entreprises et d'industries dans ce pays simplifier et accélérer en fait aujourd'hui tu parlais des deux monstres entre guillemets monstres la Chine et les Etats-Unis.
- 46:18nous en France aujourd'hui notre ennemi c'est pas les Etats-Unis c'est pas la Chine c'est nous-mêmes en fait on se met tellement de barrières tous les jours dans les pattes qu'on nous empêche de travailler donc moi je dis déjà ça ça permettrait d'accélérer beaucoup beaucoup de choses je pense je peux que plussoyer je
- 46:33vais pas dire le contraire c'est quoi ton pire souvenir média ?
- 46:36j'espère que c'est pas aujourd'hui non c'est pas aujourd'hui parce que c'est mon premier vrai média c'est aujourd'hui avec toi donc j'ai pas de pire souvenir
- 46:43Ok.
- 46:44Donc du coup,
- 46:44c'est aujourd'hui,
- 46:44finalement.
- 46:45Non,
- 46:46non,
- 46:47c'est pas le cas.
- 46:48C'est très bien aujourd'hui.
- 46:49Pour l'instant,
- 46:49c'est très bien.
- 46:50T'as jamais eu d'expérience journalistique ?
- 46:52Non,
- 46:54je n'ai pas.
- 46:55Ou alors,
- 46:55je l'ai effacée.
- 46:57Mais non,
- 46:57ça ne me dit rien.
- 46:58Je ne suis pas très média.
- 47:01J'ai de la chance.
- 47:02On a de la chance de t'avoir.
- 47:03On a de la chance de l'avoir.
- 47:08Quel conseil tu te donnerais ?
- 47:10D'habitude,
- 47:11avant la vie active,
- 47:12mais peut-être avant de décider de rejoindre le groupe,
- 47:15qui va être finalement la grosse décision structurante de ta carrière,
- 47:18qu'est-ce que tu te glisserais à l'oreille avec le recul d'aujourd'hui ?
- 47:20N'attends pas toutes les réponses.
- 47:22Et c'est valable pour plein de choses,
- 47:23en fait.
- 47:25Et je trouve que souvent,
- 47:27j'essaye d'avoir tout screené comme optionnalité,
- 47:31comme risque,
- 47:32comme machin,
- 47:32comme truc.
- 47:33Et en fait,
- 47:33du coup,
- 47:34tu ne décides pas.
- 47:35Et en revanche,
- 47:36je pense qu'il faut décider vite,
- 47:38être patient dans les résultats,
- 47:39mais décider vite.
- 47:41Puis après,
- 47:41si je peux me permettre,
- 47:42j'ai une formule que mon père me disait beaucoup,
- 47:47que je ne comprenais pas du tout.
- 47:50Je ne comprenais pas ce qu'il me disait.
- 47:51Sa phrase,
- 47:52je ne sais pas d'où il la sort d'ailleurs,
- 47:53mais il disait,
- 47:54il faut donner du temps au temps.
- 47:56Ok.
- 47:57Et là,
- 47:58maintenant,
- 47:59avec le recul,
- 47:59je comprends ce que ça veut dire.
- 48:01Moi,
- 48:01je pensais qu'il me disait ne faire rien.
- 48:04En fait,
- 48:05non,
- 48:05c'est faire vite,
- 48:06faire les choses,
- 48:07ne pas s'interdire,
- 48:08ne pas penser que tu auras toutes les réponses à tes questions,
- 48:11bouger,
- 48:13mais après être patient dans les résultats.
- 48:15C'est patient dans le fait que ça arrive et qu'il ne faut pas être tout de suite dans l'urgence.
- 48:19Et c'est vrai que la génération dans laquelle toi tu es,
- 48:21mes enfants,
- 48:23ils veulent tout faire vite,
- 48:24tout doit être vite fait,
- 48:25tout doit marcher tout de suite,
- 48:26tout doit réussir tout de suite.
- 48:28Non,
- 48:28il faut faire les choses.
- 48:30En revanche,
- 48:31il faut bouger,
- 48:31mais pas penser que ça va arriver tout de suite.
- 48:33Et je trouvais que cette formule,
- 48:34donner du temps au temps,
- 48:35maintenant je la comprends.
- 48:37C'est pas mal,
- 48:38oui.
- 48:39Mais avant,
- 48:40je ne comprenais pas.
- 48:41J'avais déjà entendu,
- 48:42c'est la première fois que...
- 48:43Tu me fais m'interroger,
- 48:44effectivement,
- 48:44sur ce que j'en aurais compris si on me l'avait seriné plus,
- 48:47parce que ce n'est pas non plus le cas.
- 48:49Mais effectivement,
- 48:50cette idée de faire pour que le temps ait la place de faire les choses,
- 48:55ce qui n'arrive pas si on ne décide rien,
- 48:58c'est pas mal.
- 48:59Et ça rejoint un peu ce qu'on disait aussi tout à l'heure,
- 49:01c'est-à-dire la chance,
- 49:02ça se provoque.
- 49:03Mais c'est ça,
- 49:03c'est fait.
- 49:04Oui.
- 49:05Ne reste pas dans ton coin,
- 49:06ne pense pas que tout le monde va te donner la réponse parfaite,
- 49:09ça n'existe pas en fait.
- 49:11Je garde.
- 49:12C'est quoi pour toi,
- 49:13Oser l'efficacité ?
- 49:14C'est le courage de faire et de décider alors que tu n'as pas toutes les réponses.
- 49:17C'est ça.
- 49:19De faire les choses alors que tu ne sais pas que tu vas avoir toutes les réponses.
- 49:22J'insiste là-dessus parce qu'en fait,
- 49:23je trouve que moi,
- 49:24je vois mes enfants,
- 49:25c'est un peu souvent ce que j'essaie de changer,
- 49:28mais même avec tes collaborateurs.
- 49:31Ils vont revenir avec des slides,
- 49:32des tableaux.
- 49:34Et puis maintenant,
- 49:34avec l'IA,
- 49:35les slides sont de plus en plus longues.
- 49:3720 slides,
- 49:3830 slides pour t'expliquer un truc.
- 49:39Et finalement,
- 49:41à chercher,
- 49:42chercher,
- 49:42chercher,
- 49:43tu n'avances pas.
- 49:44Des fois,
- 49:45tu fais deux slides,
- 49:45tu fais,
- 49:46et puis après,
- 49:46on voit,
- 49:47tu corriges.
- 49:48quand ça n'a pas.
- 49:49Mais voilà,
- 49:49je dirais ça.
- 49:51Donc,
- 49:51l'urgence,
- 49:52c'est dans la décision et puis la patience dans les résultats.
- 49:55L'urgence,
- 49:56c'est dans la décision.
- 49:56Ça pourrait être la miniature du podcast.
- 49:58Je crois que j'aime beaucoup cette phrase.
- 50:00C'est pas mal.
- 50:01Et puis,
- 50:01ça résume bien un petit peu ce qu'on s'est dit.
- 50:04Donc,
- 50:04très chouette.
- 50:06Comment est-ce qu'on rentre en contact avec toi ?
- 50:08Comment est-ce qu'on...
- 50:09Travaille avec toi,
- 50:10comment on se renseigne sur Océinde,
- 50:11c'est quoi le meilleur moyen ?
- 50:12Je ne suis pas très réseau social,
- 50:14malheureusement je n'ai pas de compte,
- 50:15mais je suis sur LinkedIn.
- 50:16C'est assez facile,
- 50:18j'en réponds à tout le monde dans la mesure du possible,
- 50:21avec un peu de retard des fois.
- 50:23J'essaie de répondre à tout le monde sur LinkedIn,
- 50:26c'est la meilleure option je pense.
- 50:26On mettra ton
- 50:28LinkedIn dans la description de cet épisode.
- 50:31Je vais te laisser le mot de la fin.
- 50:33S'il y a une chose à retenir de cet échange,
- 50:35ce serait quoi pour toi ?
- 50:37D'abord,
- 50:37j'ai passé un super moment.
- 50:39C'était une expérience pour moi nouvelle.
- 50:42J'apprécie le format.
- 50:45J'espère que les gens auront envie d'écouter ce qui se passe.
- 50:49Et merci aussi d'avoir invité quelqu'un des Outre-mer.
- 50:51Je ne sais pas si ça t'arrive souvent,
- 50:53mais en fait,
- 50:53c'est vrai qu'on a beaucoup de choses à apporter,
- 50:55comme tu l'as dit.
- 50:58On a une richesse culturelle,
- 50:59une richesse économique,
- 51:00on a des options,
- 51:02plein de choses à réaliser.
- 51:03Et c'est vrai qu'on ne le voit pas toujours.
- 51:05Comme tu l'as dit,
- 51:06ta question était juste.
- 51:06juste,
- 51:07la France,
- 51:07des fois,
- 51:08métropole,
- 51:08cache un peu les choses.
- 51:10Oui,
- 51:10il y a plein de choses qui se passent et on a beaucoup de choses aussi à dire et je trouve qu'en fait,
- 51:15nos projets fonctionnent bien aussi quand on a l'écho de tout le monde.
- 51:19Encore une fois,
- 51:20c'est la thématique aussi.
- 51:21mais l'industrie.
- 51:23L'industrie,
- 51:24moi,
- 51:24je crois beaucoup à ça,
- 51:25sur la capacité à créer de l'emploi,
- 51:28à développer des territoires.
- 51:29En France métropolitaine et ailleurs,
- 51:30on développe des territoires.
- 51:32Ce n'est pas un groupe qui est là pour,
- 51:34encore une fois,
- 51:35grandir,
- 51:35mais pour bâtir des sujets qui fassent grandir les territoires dans lesquels on investit.
- 51:41Et ça,
- 51:41j'aime beaucoup ces idées-là.
- 51:45Je trouve que c'est un peu malheureux que depuis pas mal d'années en France,
- 51:50on est plutôt sur le combat du pouvoir d'achat,
- 51:53du prix bas.
- 51:53Je trouve que ça détruit de l'emploi,
- 51:56ça détruit de la richesse.
- 51:58Faire des produits de qualité,
- 52:00investir dans des produits de qualité,
- 52:01ça crée des LVMH qui sont capables aussi d'exporter dans le monde entier ou des Kering,
- 52:06d'exporter dans le monde entier le savoir-faire français.
- 52:08très haut de gamme,
- 52:09je trouve que même en France,
- 52:10on devrait aussi,
- 52:11métropole en tout cas,
- 52:13être plus convaincus que c'est des beaux combats,
- 52:15l'industrie.
- 52:15C'est la fin de cet épisode.
- 52:17Je vous retrouve dans deux semaines pour une nouvelle vidéo.
- 52:19Et d'ici là,
- 52:20n'oubliez pas d'Oser l'efficacité et surtout de vous abonner pour ne pas rater la suivante parce que c'est vraiment le meilleur moyen pour ne pas rater les prochaines vidéos.
- 52:27À bientôt !