Latest / SAFE PACE - Le podcast des sports d'endurance, présenté par Hugo Clément / LE RUNNING : UN REMÈDE ANTI-CANCER ? Avec Alice Detollenaere et Antoine TESSIER
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- 0:13Aujourd'hui,
- 0:13on va aborder un sujet un peu lourd,
- 0:15mais un sujet tellement important,
- 0:17un sujet qui pourrait concerner plus d'un Français sur trois au cours de sa vie,
- 0:21le cancer.
- 0:21Et bien,
- 0:22figurez-vous que la pratique de la course à pied et plus généralement du sport pendant les traitements et pendant la phase de rémission augmente considérablement la tolérance aux soins.
- 0:30et même les chances de survie.
- 0:32C'est peu connu,
- 0:33mais c'est porteur d'espoir.
- 0:34Alors je vous promets un épisode absolument pas déprimant,
- 0:37bien au contraire,
- 0:38un épisode passionnant,
- 0:39inspirant,
- 0:39où on va apprendre plein de choses et où on va donner la parole à des sportives et des sportifs qu'on entend trop peu.
- 0:45Safe Pace,
- 0:45c'est parti !
- 0:46Je voudrais commencer par remercier notre partenaire Oka,
- 0:51qui rend possible cet épisode de Safe Pace.
- 0:54Oka,
- 0:54ce n'est pas simplement une marque de running,
- 0:56ce n'est pas seulement le partenaire majeur du semi-marathon de Paris,
- 0:59où on se trouve pour enregistrer cet épisode.
- 1:01Oka,
- 1:01c'est aussi une entreprise engagée,
- 1:03notamment sur la question du cancer,
- 1:04puisque la marque a accompagné l'Institut Gustave Roussy,
- 1:07qui est le premier centre de lutte contre le cancer en Europe,
- 1:10dans un projet inspirant,
- 1:11porté par l'un de nos invités aujourd'hui,
- 1:13dont on va parler.
- 1:14Ce projet,
- 1:14c'était d'accompagner 10 patients touchés par le cancer en rémission,
- 1:18dans leur préparation pour courir le semi-marathon de Paris.
- 1:21On va évidemment...
- 1:22décrypter tout ça longuement,
- 1:23mais c'est grâce au soutien de Oka qu'on peut faire cet épisode un peu particulier aujourd'hui sur un sujet si important.
- 1:29Donc merci à eux.
- 1:32Et comme d'habitude,
- 1:33je retrouve mes experts préférés de SafePace,
- 1:36Fred Belauvre,
- 1:37Charlotte Morel,
- 1:38Hugo Tormento.
- 1:38Ça va les amis ?
- 1:39Salut,
- 1:40vous êtes en forme ?
- 1:43On accueille aussi Alice de Tolénaère.
- 1:45Bienvenue dans SafePace,
- 1:45Alice.
- 1:46Merci.
- 1:46Tu es mannequin,
- 1:47présentatrice télé,
- 1:48coureuse et triathlète amateur.
- 1:50et tu as été touché par un cancer du sein il y a quelques années.
- 1:54Tu vas nous partager ton combat et tu vas nous expliquer aussi ce que le sport t'a apporté dans cette épreuve.
- 1:59On est aussi très heureux de recevoir Antoine Tessier.
- 2:02Salut Antoine.
- 2:02Salut.
- 2:03Tu animes le projet Rémission au centre Gustave Roussy,
- 2:06le premier centre de traitement du cancer en France.
- 2:09Antoine,
- 2:09tu as lancé une boîte de coaching qui s'appelle Le Footing et tu accompagnes 10 athlètes atteints de cancer dans leur préparation au semi-marathon de Paris.
- 2:18Tu vas nous raconter cette initiative.
- 2:19on a
- 2:19plein de questions à te poser.
- 2:21C'est un sujet qui malheureusement concerne beaucoup de monde en France et dans le monde entier,
- 2:25donc on est très heureux de te recevoir.
- 2:26Alors on a bien conscience,
- 2:28chers auditeurs qui nous écoutez,
- 2:29que le sujet n'est peut-être pas aussi fun que vous en avez l'habitude sur SafePace,
- 2:34mais on a tenu à faire cet épisode parce qu'on pense que le sport et la course à pied,
- 2:37ce n'est pas que de la performance,
- 2:38ce n'est pas que des chronos,
- 2:40c'est aussi et surtout une question de santé,
- 2:42une question de confiance en soi,
- 2:43de dépassement.
- 2:44Et pour ça,
- 2:45les athlètes dont on va parler aujourd'hui ont toutes leurs...
- 2:47place dans SafePace et dans notre
- 2:49SafePlace.
- 2:52J'aimerais commencer par un petit tour de table.
- 2:53Qui a déjà été confronté au cancer,
- 2:56que ce soit personnellement ou dans son entourage proche ?
- 2:59Fred ?
- 3:00J'ai beaucoup de chance,
- 3:02mais je n'ai pas eu de cas.
- 3:05Pas dans la famille ?
- 3:06Pas dans les amis.
- 3:08C'est rare.
- 3:10C'est rare aujourd'hui.
- 3:14Parce qu'ils sont pas trop mûrs hein !
- 3:15Mais des amis !
- 3:15Des amis très proches,
- 3:16les amis très proches...
- 3:17Touchés par d'autres maladies mais...
- 3:19Charlotte ?
- 3:21Oui,
- 3:21moi j'ai mes grands-pères,
- 3:23donc oui.
- 3:24Les deux grands-pères qui ont eu le cancer ?
- 3:26Et qui en sont décédés ?
- 3:28Un oui,
- 3:28l'autre non.
- 3:29Ok.
- 3:29Hugo ?
- 3:31Moi,
- 3:32un grand-père,
- 3:32mon oncle et l'année dernière,
- 3:34mon beau-père.
- 3:35Alice,
- 3:36je ne te pose pas la question,
- 3:37puisque je sais que tu as été évidemment touchée personnellement,
- 3:39mais est-ce qu'autour de toi,
- 3:40tu as eu d'autres cas ?
- 3:41Oui,
- 3:41parce qu'en plus,
- 3:43il y a une origine génétique chez moi.
- 3:45On l'a découvert justement à l'occasion de mon cancer à moi.
- 3:48Donc je ne dénombrerai pas le nombre de personnes autour de moi et dans ma famille qui ont eu le cancer.
- 3:53Mais beaucoup,
- 3:54quoi.
- 3:54Oui.
- 3:54Antoine ?
- 3:55Oui,
- 3:56dans ma famille aussi,
- 3:57un peu classique,
- 3:57les tantes qui ont été confrontées.
- 3:59Et puis là,
- 3:59de par la nature du projet,
- 4:01j'ai été confronté à dix personnes.
- 4:03qui,
- 4:04comme tu le disais au début,
- 4:05positivement sont en rémission,
- 4:06donc on va pouvoir en parler de manière plutôt cool,
- 4:08mais oui,
- 4:09ça a permis d'apprendre pas mal de choses sur le sujet.
- 4:13Moi aussi,
- 4:13évidemment,
- 4:14dans la famille élargie,
- 4:15on a eu des cas et des amis,
- 4:18pour certains très proches,
- 4:19qui malheureusement ne sont plus là,
- 4:20notamment Claude Semper,
- 4:21qui je pense très fort,
- 4:22qui était un journaliste qui est mort d'un cancer,
- 4:24et Thierry Ardisson,
- 4:25avec qui j'ai beaucoup travaillé,
- 4:26qui est aussi parti récemment.
- 4:27On pense à eux et à toutes les personnes qui ne sont plus là.
- 4:30Je voudrais remercier Clara de Beaujon qui a beaucoup travaillé pour préparer cet épisode,
- 4:33qui a trouvé beaucoup d'infos très marquantes dont on va parler,
- 4:36et je voudrais commencer par partager quelques chiffres pour bien comprendre de quoi on parle.
- 4:41En 30 ans,
- 4:42le nombre de cancers a progressé de 98%
- 4:45chez les hommes et de 104%
- 4:47chez les femmes en 30 ans.
- 4:49C'est vertigineux.
- 4:50En 2023,
- 4:51selon les derniers chiffres,
- 4:52plus de 400 000 nouveaux cas de cancer ont été détectés en France.
- 4:56Le risque global de développer un cancer au cours d'une vie est d'environ...
- 5:0025%,
- 5:01ça fait une personne sur quatre,
- 5:03si on inclut tous les pays du monde,
- 5:04toutes causes confondues.
- 5:06Donc ce sont vraiment des maladies,
- 5:08les cancers,
- 5:08qui touchent un nombre croissant de personnes.
- 5:10Alors il y a plein de facteurs qui expliquent ça.
- 5:12Il y a les modes de vie,
- 5:13évidemment l'alcool,
- 5:14la cigarette,
- 5:16l'alimentation transformée,
- 5:18les pesticides.
- 5:20Voilà,
- 5:20tout un tas de facteurs environnementaux et génétiques qui expliquent aussi l'explosion du nombre de cancers.
- 5:26Je ne donne pas ces chiffres pour déprimer ceux qui nous écoutent,
- 5:29mais pour montrer que ça n'arrive pas qu'aux autres,
- 5:31qu'une grande partie de la population est touchée,
- 5:33et c'est pour ça que c'est important de faire cet épisode aujourd'hui.
- 5:35Alice,
- 5:35quand tu entends ces chiffres,
- 5:36qu'est-ce que ça te fait ?
- 5:38Déjà,
- 5:38moi,
- 5:38c'est sûr que j'ai eu un cancer à l'âge de 32 ans.
- 5:41Cancer du sein.
- 5:42Cancer du sein,
- 5:43exactement.
- 5:44Au début,
- 5:45c'est vrai qu'on s'interroge,
- 5:46qu'est-ce qu'on a fait de mal ?
- 5:48Parce qu'effectivement,
- 5:49comme tu le disais...
- 5:50On te parle beaucoup de l'alimentation,
- 5:54du tabac,
- 5:54de l'alcool.
- 5:55Moi,
- 5:55je n'ai pas eu l'impression d'avoir une vie si déplorable.
- 5:58Tu ne fumais pas ?
- 6:00J'ai fumé un petit peu des clopes quand j'étais jeune.
- 6:02Mais quand je vois autour de moi,
- 6:04je pense que je dois être carrément la plus saine de tous mes proches.
- 6:09Et en fait,
- 6:11je pense qu'effectivement,
- 6:12l'impact des pesticides,
- 6:15des hormones qu'on nous a bourrés pendant des...
- 6:19des années,
- 6:20nous les femmes,
- 6:21j'ai pris une pilule pendant des années qui a été retirée du marché,
- 6:24maintenant elle est interdite et je l'ai prise pendant 5 ans.
- 6:26Elle s'appelait comment cette pilule ?
- 6:27C'était la Diane.
- 6:29Diane 35.
- 6:30Avec des millions de femmes ont paysé.
- 6:32Exactement,
- 6:32et puis sans recul,
- 6:33allez hop,
- 6:34prenez la pilule,
- 6:34madame,
- 6:35vous avez 13 ans,
- 6:36enfin...
- 6:36Et donc,
- 6:37moi,
- 6:37en tout cas,
- 6:38j'essaye,
- 6:39quand je fais des prises de parole,
- 6:41de ne pas culpabiliser les gens,
- 6:42parce qu'ils savent que le tabac et tout ça,
- 6:44l'alcool,
- 6:45c'est pas bien,
- 6:46mais par contre,
- 6:46quand même,
- 6:47le gouvernement...
- 6:48énorme responsabilité vis-à-vis de tout ce qu'on nous envoie et c'est pas pour rien qu'il y a une telle augmentation des cancers.
- 6:56Comment ça s'est passé pour toi quand t'as appris ta maladie ?
- 6:58Comment tu l'as appris et comment t'as réagi ?
- 7:02Alors moi je l'ai appris déjà parce que j'ai senti un jour que j'avais une boule dans mon sein je faisais attention justement enfin je faisais de la palpation puisque dans ma famille,
- 7:11comme je vous l'ai dit,
- 7:11il y avait des cancers j'ai été voir un gynécologue Merci.
- 7:16Lui ne sentait pas ma boule donc j'ai vraiment pris son doigt pour faire toucher parce que c'est vraiment important de s'écouter.
- 7:24Il y a plein de professionnels de santé qui ne vont pas proposer d'emblée de faire une palpation et ça il faut pas avoir peur de le demander même si je comprends que parfois c'est un peu délicat.
- 7:35Et voilà et donc on a investigué un petit peu plus et puis finalement on a reçu les résultats et c'est vrai que je m'y attendais pas jusqu'à la fin,
- 7:42je m'y attendais pas du tout.
- 7:43Et c'était quoi ?
- 7:44C'était quand t'as appris la nouvelle,
- 7:47évidemment t'as pris un gros coup sur la tête ?
- 7:49Ah ouais,
- 7:50en plus je l'ai appris au téléphone,
- 7:53le médecin pouvait pas me donner toutes les informations sur le coup,
- 7:56il m'a juste dit venez demain à 9h,
- 7:58je peux pas vous le dire au téléphone,
- 7:59j'ai pas le droit.
- 8:00Bon là t'as compris quoi.
- 8:01Ouais,
- 8:02je me suis complètement effondrée,
- 8:04ça faisait...
- 8:04Enfin on avait passé notre première nuit dans notre appartement ensemble,
- 8:08qu'on venait d'aménager ensemble avec mon conjoint,
- 8:11du coup Camille Lacour que vous devez...
- 8:13connaître ici puisque vous êtes tous des sportifs.
- 8:14On embrasse.
- 8:16Et c'est vrai que moi,
- 8:17j'étais sur un nuage.
- 8:19À ce moment-là,
- 8:19tout allait très,
- 8:20très,
- 8:20très bien dans ma vie.
- 8:22Je me remettais seulement du deuil de mon papa qui était mort un an auparavant d'un cancer.
- 8:26Et là,
- 8:27du coup,
- 8:27c'était compliqué,
- 8:29très,
- 8:29très compliqué psychologiquement.
- 8:31Quand tu es allée au rendez-vous le lendemain,
- 8:33que tu as entendu le mot cancer,
- 8:36Madame,
- 8:36vous avez un cancer,
- 8:38la première chose qui se passe par la tête,
- 8:40c'est quoi ?
- 8:41Alors...
- 8:42En plus,
- 8:42jusqu'à présent,
- 8:43dans ma famille,
- 8:44ça ne s'était pas très bien passé avec le cancer.
- 8:48Ma maman y avait survécu,
- 8:50mais sinon,
- 8:52ma tante était décédée d'un cancer du sein,
- 8:54mon père aussi d'un autre cancer.
- 8:55C'est vrai que c'était le seul schéma que je connaissais,
- 9:00auquel je m'identifiais.
- 9:00Donc je me disais,
- 9:01ça va être mon tour.
- 9:03Je n'ai même pas eu le temps d'avoir des enfants,
- 9:04même pas eu le temps de faire quoi que ce soit.
- 9:07En fait,
- 9:07on a l'impression...
- 9:10Quand on va vous annoncer ça,
- 9:11que ça va être comme dans un film,
- 9:13alors on va vous dire exactement tout ce que vous avez,
- 9:15quel va être le protocole de soins et quand est-ce que vous allez ou non vous en sortir.
- 9:19Et en fait,
- 9:19ce n'est pas ça.
- 9:21Au début,
- 9:21on vous dit simplement,
- 9:22bon ben voilà,
- 9:23on a trouvé des cellules comme ça,
- 9:24il va falloir encore beaucoup investiguer,
- 9:26il va falloir passer des IRM,
- 9:28refaire des prélèvements.
- 9:29Et en fait,
- 9:29ça,
- 9:30c'est très long.
- 9:30Moi,
- 9:30ça a duré plusieurs mois,
- 9:32en fait,
- 9:33avant de vraiment savoir,
- 9:34bon,
- 9:34qu'est-ce qu'on fait,
- 9:35quel protocole on choisit.
- 9:37Quel protocole tu as suivi ?
- 9:39Du coup,
- 9:39je crois savoir que tu n'as pas fait de chimio.
- 9:41Non,
- 9:41j'ai eu cette chance,
- 9:42mais c'est vraiment quelque chose que je dis avec des pincettes,
- 9:45parce que c'est une chance aussi de recevoir une chimiothérapie,
- 9:49parce qu'aujourd'hui,
- 9:49il y a des cancers qui n'ont pas de thérapie adaptée.
- 9:54Le cancer du sein fait partie des cancers qui se soignent,
- 9:57entre guillemets,
- 9:58plus tôt.
- 9:59bien par rapport à d'autres cancers qui ont un taux de mortalité bien plus élevé,
- 10:04notamment le pancréas ?
- 10:05Oui et non,
- 10:06parce qu'en fait,
- 10:07tu viens de dire le cancer du sein,
- 10:08il n'y a que des cancers du sein.
- 10:10Il y a différents types de cancers.
- 10:10Oui,
- 10:10il y en a différents types et notamment,
- 10:13je sais que tu es main dans la main avec Gustave Roussy,
- 10:17et moi je le suis depuis plusieurs années,
- 10:19ils ont un essai clinique autour du cancer du sein triple négatif qui est celui qui donne le plus de fil à retordre aujourd'hui à la recherche et à la médecine.
- 10:27C'est celui-là que tu as eu ?
- 10:28Alors non,
- 10:28moi,
- 10:28justement,
- 10:29ce n'est pas celui-là,
- 10:29mais j'oeuvre à leur côté,
- 10:30parce que ce n'est pas de chance d'avoir celui-ci.
- 10:32Il est quand même le pire.
- 10:36Et donc,
- 10:36non,
- 10:36moi,
- 10:37j'avais deux types de cancers dans le même sein.
- 10:39Donc,
- 10:40c'est pour ça que c'était un petit peu compliqué d'évaluer ce qu'il était nécessaire de faire.
- 10:44En fait,
- 10:45j'ai eu la chance de finalement me retrouver à l'Institut
- 10:48Curie.
- 10:50Et j'ai eu une médecin qui m'a aussi un peu laissé le choix.
- 10:53Et ça,
- 10:53c'est bien de construire son parcours de santé quand c'est possible avec un professionnel de santé.
- 10:59Et en fait,
- 10:59c'était soit je gardais une partie de mon sein,
- 11:01mais j'avais des traitements,
- 11:02ou soit je retirais tout.
- 11:04Et je n'avais pas de traitement.
- 11:06Et mon choix s'est porté sur le fait de tout retirer.
- 11:09On a pu reconstruire et me laisser libre après.
- 11:13Tout retirer,
- 11:13c'est les deux seins du coup ?
- 11:15Alors,
- 11:15j'ai fait retirer le deuxième dans un second temps,
- 11:18parce que
- 11:19Il a fallu faire justement l'analyse génétique qui a permis de mettre en évidence que,
- 11:23effectivement,
- 11:25j'avais une prédisposition.
- 11:27Comme beaucoup de femmes aujourd'hui qui le savent ou qui ne le savent pas encore.
- 11:31Ça,
- 11:31c'est vrai que c'est bien aussi d'observer un petit peu les schémas autour de soi.
- 11:34Et donc,
- 11:35on m'a proposé de faire retirer mon deuxième sein de façon préventive,
- 11:39comme Angelina Jolie.
- 11:40Et ça,
- 11:40c'est une avancée majeure en France,
- 11:45de pouvoir faire ça.
- 11:46et en plus...
- 11:47c'est pris en charge par la Sécurité Sociale,
- 11:48c'est énorme.
- 11:50Ça permet d'anticiper une éventuelle maladie,
- 11:53une récidive ou un retour de la vie.
- 11:55Donc,
- 11:55tu as pris cette option pour être,
- 11:57entre guillemets,
- 11:57tranquille.
- 11:58Voilà.
- 11:59Aujourd'hui,
- 12:00tu es considérée comme guérie.
- 12:01Oui.
- 12:02Donc,
- 12:02ça,
- 12:02c'est derrière toi.
- 12:04Tu touches du bois,
- 12:04mais tu n'es plus en rémission.
- 12:06Tu es guérie aujourd'hui.
- 12:08Et on est très heureux pour toi.
- 12:12On va le voir,
- 12:12le sport,
- 12:13et c'est pour ça qu'on en parle dans SafePace,
- 12:14c'est essentiel.
- 12:16en tout cas ça joue un rôle important non seulement dans l'accompagnement des malades mais aussi dans la prévention des cancers avant la maladie
- 12:24Antoine, toi tu encadres avec ta boîte de coaching,
- 12:29le footing avec OCA et avec l'institut
- 12:32Gustave Roussy,
- 12:32tu encadres 10 athlètes amateurs de tous niveaux et tous âges,
- 12:37entre 23 ans et 62 ans je crois qui ont un point commun c'est d'être atteint d'un cancer d'être en rémission
- 12:46et de préparer le semi-marathon de Paris.
- 12:49Comment tu as eu cette idée et pourquoi ?
- 12:52Déjà,
- 12:52pour peut-être redonner deux ou trois éléments de contexte,
- 12:55je suis un ancien sportif de haut niveau,
- 12:57je faisais du 100 hauteur.
- 12:59Et à mes 13 ans,
- 13:00j'ai rencontré le cofondateur du footing qui s'appelle Pierrick et qui est aussi un ancien athlète de haut niveau,
- 13:04coureur de 800 mètres.
- 13:05Pierrick est devenu kiné par la suite.
- 13:07Moi,
- 13:07j'ai fait des études en STAPS et après,
- 13:09j'ai bossé dans le monde de l'impact social par le sport.
- 13:11Et globalement,
- 13:12ce qui nous fait lever le matin avec Pierrick,
- 13:13c'est de mettre un peu plus de sport dans notre société.
- 13:16On croit assez fermement qu'une société qui bouge,
- 13:18c'est une société qui va mieux.
- 13:19Et nous,
- 13:20le moyen qu'on a trouvé à notre échelle de pouvoir agir là-dessus,
- 13:22c'est d'essayer d'amener la course à pied dans le monde de l'entreprise.
- 13:24Donc c'est ça la mission du footing,
- 13:26c'est de permettre à des gens de tous les niveaux d'inclure le sport dans leur journée de travail.
- 13:29Parce qu'on est assez persuadés que si c'est fait,
- 13:31quand on rentre le soir,
- 13:34on inclut le sport dans le quotidien professionnel et c'est plus un problème de ressortir du canapé à 19h tout seul en février quand il fait nuit et qu'il fait froid.
- 13:40Et comment t'en es venu à la question du cancer ?
- 13:42On a croisé la route de l'Institut Gustave Roussy de par les activités du footing via quelque chose que vous connaissez peut-être,
- 13:49qui est le principe des dossards solidaires.
- 13:51Aujourd'hui,
- 13:51on peut courir le SMIT Paris pour nous.
- 13:53On peut aussi collecter de l'argent pour le reverser à une association de notre choix.
- 13:57Gustave Roussy est le plus gros collecteur de dons de cette formule des dossards solidaires.
- 14:01Et jusqu'alors,
- 14:02c'était possible de le faire en tant qu'individu.
- 14:05Vous et moi,
- 14:05on était en capacité de le faire et en s'associant à Gustave Roussy,
- 14:08avec le footing,
- 14:09on a permis aux entreprises de le faire.
- 14:10Donc de prendre un volume de dossards plus conséquent,
- 14:12de faire un don à Gustave Roussy.
- 14:13Et nous,
- 14:13le footing,
- 14:14on est en charge de s'occuper de la préparation des collaborateurs quand ils prennent des dossards pour une course.
- 14:19Et on s'est dit,
- 14:20ça c'est génial,
- 14:21mais les principaux concernés par le sujet,
- 14:23c'est quand même les gens qui sont soignés à Gustave Roussy.
- 14:26Et on s'est dit que pour boucler la boucle et pour porter le message jusqu'au bout,
- 14:29ce serait pertinent de se dire qu'on allait...
- 14:31accompagner ceux qui sont touchés et on trouvait que c'était aussi un beau moyen de faire résonner ce message dont tu parlais avant qui est de dire le sport c'est un super allié à tous les moments de la vie,
- 14:40à la fois avant la maladie quand on est en bonne santé pour éviter d'être malade,
- 14:45pendant la maladie pour mieux vivre les traitements et après pour éviter de rejeter.
- 14:50Alors c'est vrai que c'est un peu contre-intuitif parce que quand on pense au cancer,
- 14:54on pense à des gens allongés,
- 14:56alités,
- 14:56qui reçoivent des traitements très lourds,
- 14:58qui ne peuvent plus forcément se déplacer comme ils veulent.
- 15:01On ne pense pas à des gens qui mettent des baskets et qui vont courir.
- 15:04Et c'est aussi cette image du cancer que tu as voulu un peu casser avec ce projet.
- 15:10C'est de montrer qu'on peut être malade,
- 15:11on peut avoir traversé des épreuves très difficiles et quand même faire du sport.
- 15:17Comment tu as sélectionné les dix personnes ?
- 15:19Comment elles ont réagi quand tu leur as proposé le truc de préparer le semi-marathon de Paris ?
- 15:24Alors,
- 15:25il y avait deux critères indispensables pour pouvoir participer.
- 15:29Le premier,
- 15:30c'était d'être en capacité de courir 20 minutes sans douleur.
- 15:33Parce que la préparation a commencé en décembre,
- 15:35on est aujourd'hui en mars.
- 15:36On trouvait que si on voulait être cohérent avec notre message de santé,
- 15:39quelqu'un qui n'est pas capable de courir 20 minutes sans douleur à 4 mois de l'échéance d'un semi-marathon,
- 15:42ce n'est pas une bonne idée que de l'emmener jusqu'à l'échéance.
- 15:44Ça,
- 15:44c'était le premier critère.
- 15:46Et le deuxième,
- 15:46c'était l'engagement.
- 15:47On leur a demandé d'être là tous les samedis matins en séance encadrée avec nous et de suivre un plan d'entraînement avec minimum 3 séances par semaine.
- 15:55Ce plan d'entraînement a été fait de toutes pièces par Pierrick,
- 15:57qui est donc kiné et professionnel de santé.
- 15:59Il a été adapté
- 16:01100% sur mesure pour chacun des participants.
- 16:02Il faut savoir qu'il y a des gens qui ne couraient jamais avant.
- 16:05Il y en a d'autres qui vont viser un gros chrono demain.
- 16:07Et tout ce monde-là s'est entraîné ensemble,
- 16:10mais avec chacun leurs objectifs et leurs plans.
- 16:12Les deux critères de sélection,
- 16:13c'était...
- 16:15Être capable de courir 20 minutes,
- 16:16avoir envie de s'engager et de vivre une aventure collective.
- 16:18Et à partir de là,
- 16:19on leur a dit,
- 16:19nous,
- 16:19on s'occupe du reste,
- 16:20on vous emmène jusqu'au SMI dans de bonnes conditions.
- 16:22J'aimerais qu'on écoute un membre de ton projet qui s'appelle Olivier.
- 16:25Il a 23 ans et il y a un an,
- 16:28on lui a diagnostiqué un cancer qu'on appelle un lymphome.
- 16:31Il a suivi une chimiothérapie pendant laquelle il n'a pas pu pratiquer de sport.
- 16:35Mais depuis,
- 16:35il s'y est bien remis et il nous raconte ce que ça lui a apporté,
- 16:39le fait de se remettre au sport avec des personnes justement atteintes aussi de cancer.
- 16:44On l'écoute.
- 16:45C'est compliqué de parler de ce genre de sujet avec des personnes qui ne l'ont pas forcément vécu.
- 16:50Parce que les gens ne savent pas où se mettre,
- 16:52il y a tout un sujet aussi,
- 16:55il y a des côtés qui ne sont pas marrants,
- 16:56qu'on n'a pas envie de partager.
- 16:57Et du coup,
- 16:58pouvoir partager librement les moments faciles,
- 17:01les moments difficiles,
- 17:02ce qu'on a vécu,
- 17:03et vraiment un ressenti purement émotionnel,
- 17:06que toutes les autres personnes qui ne l'ont pas vécu,
- 17:08et bien évidemment,
- 17:09on ne leur souhaite pas,
- 17:10mais ne peuvent pas comprendre,
- 17:12ça nous a permis de...
- 17:13je dirais presque de nous connaître avant de se connaître.
- 17:16On avait déjà quelque chose qui nous reliait entre nous.
- 17:18On n'a pas forcément besoin de dire quelque chose,
- 17:19mais quand on voit une autre personne,
- 17:21quand tu croises quelqu'un qui a fait la même chose que toi,
- 17:23en train de courir un 7 kills autour d'un circuit et qui a un peu du mal,
- 17:27ça va aussi te booster,
- 17:28aller booster et te booster toi-même.
- 17:30Alice,
- 17:30à l'époque où tu étais malade,
- 17:32ça existait ce type de dispositif,
- 17:34de groupe de patients touchés par un cancer qui font du sport ensemble ?
- 17:40Déjà le fait de se réunir entre personnes qui ont vécu les mêmes choses Déjà même si c'est pas autour du sport Je pense que c'est hyper important Après ça fait quand même quelques années Tu parlais justement du stéréotype
- 17:52Du patient malade Et alité
- 17:54Là ça fait vraiment quelques années que ça y est On en est sorti parce qu'avant le cancer
- 17:58Il tuait ou tu guérissait Mais je veux dire il n'y avait pas trop d'entre deux Donc on mettait toutes les chances de son côté Il fallait se reposer
- 18:04Aujourd'hui on se rend compte que sans parler forcément de sport ou...
- 18:09Mais il faut avoir de l'activité physique,
- 18:11il ne faut pas se démobiliser parce que sinon,
- 18:13tu as une perte de muscles et donc la réadaptation derrière,
- 18:16elle est terrible.
- 18:16Et puis juste,
- 18:17il ne faut pas sortir de la société,
- 18:19il faut quand même rester actif.
- 18:20Et ça,
- 18:20c'est les nouvelles directives qui sont données depuis plusieurs années.
- 18:23On va en parler,
- 18:24on va donner des chiffres.
- 18:25Il y a une certaine Mila,
- 18:27qui fait partie aussi du projet
- 18:28En Rémission,
- 18:30que tu accompagnes Antoine,
- 18:32qui a raconté sur RMC Running que son médecin lui a dit,
- 18:35en lui annonçant le traitement qu'elle allait devoir suivre,
- 18:37à savoir...
- 18:38l'hormonothérapie pour lutter contre son cancer,
- 18:41qu'elle n'allait bien vivre cette hormonothérapie que si elle faisait du sport.
- 18:46C'est une réalité,
- 18:47ça,
- 18:47Antoine,
- 18:47aujourd'hui ?
- 18:48Oui,
- 18:48totalement.
- 18:49Et d'ailleurs,
- 18:49c'est hyper positif de voir que le discours côté médical change aussi.
- 18:53Il y a même,
- 18:54on va peut-être en parler après,
- 18:55mais des études qui démontrent concrètement que l'activité physique a un impact.
- 18:59pendant et après le traitement.
- 19:00On va en parler,
- 19:00on va donner des chiffres.
- 19:03C'est très bien que le corps médical s'empare de ce discours-là.
- 19:05Et là,
- 19:06l'exemple de Mila,
- 19:07il est très parlant.
- 19:08Elle nous raconte déjà physiquement que la course à pied lui a permis de vivre son traitement beaucoup mieux.
- 19:13Et moralement aussi,
- 19:14parce qu'on sous-estime l'impact,
- 19:16vous en parlez souvent ici,
- 19:17mais l'impact de l'activité physique,
- 19:19du sport.
- 19:20Sur le mental,
- 19:21là c'est une manière aussi de s'évader un peu,
- 19:24de faire le point avec soi-même.
- 19:25Il y en a même qui nous témoignent que c'est un peu leur séance de psy d'aller courir pendant cette phase-là.
- 19:29Ça devient presque un médicament,
- 19:31le sport,
- 19:32pendant la phase de traitement pour les personnes atteintes de cancer.
- 19:34Absolument.
- 19:35Et pour la rémission aussi,
- 19:37parce que la rémission c'est un mot qui a l'air positif,
- 19:40mais c'est un mot qui fait très peur aussi.
- 19:42Pourquoi il fait peur ?
- 19:43Parce qu'en fait on attend de savoir si on est guéri.
- 19:46avant la guérison.
- 19:47C'est l'incertitude.
- 19:48C'est l'incertitude.
- 19:49Et souvent,
- 19:50on a tendance,
- 19:51nous,
- 19:52les autres,
- 19:52les proches,
- 19:53à sortir le champagne.
- 19:54Je ne fais plus perdre ta rémission.
- 19:55C'est une période qui est très,
- 19:56très difficile pour les personnes qui sortent de maladie.
- 19:59Oui,
- 19:59c'est-à-dire que quand on nous annonce qu'on a un cancer,
- 20:01on sait qu'on est malade.
- 20:02Donc,
- 20:02on sait qu'on a un combat à mener.
- 20:04Quand on nous annonce qu'on est guéri,
- 20:05on sait que c'est fini,
- 20:06que le combat est gagné.
- 20:07Et la rémission,
- 20:07c'est entre les deux.
- 20:08C'est la période où on ne sait pas ce qui va nous arriver.
- 20:10Voilà.
- 20:10Et puis,
- 20:11en plus,
- 20:11on fait le constat de sa vie à ce moment-là.
- 20:13C'est-à-dire qu'on a...
- 20:15On s'est battu pour arriver à ce moment-là,
- 20:18et en fait il y a une espèce de désillusion qui est psychologiquement difficile,
- 20:23parce qu'on ne revient pas à sa vie d'avant.
- 20:26Toi tu n'es pas revenue à ta vie d'avant ?
- 20:27Ah bah non !
- 20:28Non,
- 20:28on ne revient pas à ça.
- 20:29Physiquement,
- 20:29tu veux dire ?
- 20:30Tout.
- 20:31La manière d'aborder la vie ?
- 20:32Tout,
- 20:32tout.
- 20:33Mon corps,
- 20:33forcément,
- 20:34même si aujourd'hui je suis reconstruite,
- 20:36j'ai un volume,
- 20:37c'est une partie de mon corps que je n'ai plus,
- 20:39que je ne sens plus.
- 20:40C'est-à-dire que moi,
- 20:40quand je vais courir et que je me mets en brassière,
- 20:42j'ai l'impression d'être nue.
- 20:44Parce que je ne sens plus la peau,
- 20:46je ne sens plus...
- 20:47Dès que je mets mes chaussures,
- 20:48j'ai toutes les prothèses qui se retournent.
- 20:50Enfin,
- 20:50franchement,
- 20:51c'est quand même...
- 20:53assez handicapant.
- 20:54Parce que tu as eu une reconstruction,
- 20:55pour expliquer aux gens qui nous écoutent,
- 20:57tu as eu une reconstruction des seins,
- 20:59de manière esthétique,
- 21:00pour avoir une poitrine toujours.
- 21:02J'ai de la chance d'avoir eu cette reconstruction.
- 21:04C'est pas tout le monde...
- 21:06Mais c'est quand même...
- 21:09C'est pas évident.
- 21:10C'est pas comme avant.
- 21:12C'est pas comme avant,
- 21:13exactement.
- 21:13Et puis le sport,
- 21:15c'est vraiment,
- 21:16comme tu disais,
- 21:17une espèce de méditation en pleine conscience.
- 21:18Ça te permet quand même de faire le bilan sur les choses.
- 21:23Dans une interview au Parisien,
- 21:24il y a un médecin du centre Gustave Roussy,
- 21:26donc le centre avec lequel vous travaillez spécialisé sur le cancer,
- 21:29qui explique,
- 21:30je le cite,
- 21:31« Il ne faut pas avoir peur de bouger lorsqu'on est en traitement,
- 21:34il faut éviter de se mettre au repos total,
- 21:37de rester dans son canapé,
- 21:38il faut se bouger de manière adaptée. »
- 21:41Ça veut dire quoi,
- 21:41se bouger de manière adaptée quand on a un cancer ?
- 21:44Antoine ?
- 21:44C'est très individuel mais je partage totalement le fait qu'il ne faut pas avoir peur de bouger,
- 21:49on nous pose souvent la question ah mais du coup vous leur avez fait un plan d'entraînement hyper spécifique pour le semi,
- 21:53bah le semi c'est le semi il ne va pas bouger que ce soit des patients qui sont en rémission ou pas,
- 21:56donc nous on les prépare normalement et ils courent normalement Il ressemble à quoi le programme d'entraînement par exemple pour un des patients que tu accompagnes ?
- 22:04Bah c'est trois séances par semaine une séance de fractionnel samedi,
- 22:07on est tous ensemble sur la piste pour se motiver parce que c'est plus facile que de le faire tout seul,
- 22:11une sortie longue Merci.
- 22:12Et puis un travail au seuil comme n'importe qui.
- 22:14En fait,
- 22:14une prépa classique pour celui-là.
- 22:16Il n'y a pas d'adaptation par rapport à la maladie ?
- 22:18Il y a de l'écoute plus attentive.
- 22:20Déjà,
- 22:20en fait,
- 22:20ce qui est chouette,
- 22:21c'est que de par la nature de ce qu'ils traversent,
- 22:23ils sont beaucoup plus suivis médicalement que quelqu'un comme nous qui se prépare un SMIC et qui ne va pas voir des médecins tous les 15 jours.
- 22:29Et après,
- 22:30il y a de l'adaptation parce que typiquement,
- 22:31nous,
- 22:31dans le plan,
- 22:32on leur fait faire un peu de renfaux.
- 22:34Les femmes qui ont été opérées autour de la poitrine pour faire des pompes ou certains exercices,
- 22:38ça crée des douleurs.
- 22:39Donc là,
- 22:39on adapte et on apporte un peu de nuance.
- 22:42Mais dans le cadre global,
- 22:43c'est la même chose.
- 22:44Mais après,
- 22:44sur la notion d'activité physique adaptée,
- 22:48là,
- 22:48comme le disait Olivier dans son témoignage,
- 22:50lui,
- 22:50pendant sa chimio,
- 22:50c'était impossible pour lui de faire de l'activité physique.
- 22:53Par contre,
- 22:53juste ne serait-ce qu'il descendait de chez lui,
- 22:54il allait marcher,
- 22:56il revenait,
- 22:57mais par contre,
- 22:57il ne pouvait pas courir.
- 22:58Oui,
- 22:58c'est ça,
- 22:58parce que même là,
- 23:00dans les critères,
- 23:00il y avait quand même des personnes qui étaient capables de courir déjà 20 minutes.
- 23:03Si on parle de quelqu'un qui n'a pas encore cette aptitude-là,
- 23:05il y a une certaine progressivité à respecter quand même au début.
- 23:09Exactement,
- 23:09oui.
- 23:09C'est vraiment repartir de choses très basiques,
- 23:12descendre ses escaliers,
- 23:13remonter ses escaliers,
- 23:15sortir de son lit,
- 23:15marcher,
- 23:16porter des choses,
- 23:17des bouteilles,
- 23:18des packs d'eau,
- 23:18des choses simples,
- 23:20avant même de basculer sur l'activité plus course à pied.
- 23:24Les amis coachs,
- 23:25Fred,
- 23:25Charlotte et Hugo,
- 23:27est-ce que vous avez déjà eu à accompagner des athlètes qui ont été touchés par un cancer ou pas ?
- 23:34Alors guéris,
- 23:35oui,
- 23:36mais pas en face de maladies ou réémissions.
- 23:40donc il y a eu d'autres maladies mais cancer,
- 23:44non pas pour ma part en plus sur un programme de réathlétisation c'est pour ça que je précisais sur la partie progressivité,
- 23:50c'était plus sur comment un peu relancer la machine parce que pour le coup il a été complètement alité et ça ne bougeait plus et donc derrière c'était un peu plus compliqué je pense que quelle que soit la maladie bon là on parle de cancer mais bien évidemment l'activité physique c'est un médicament mais
- 24:05il faut vraiment adapter en fonction des besoins de chacun
- 24:09Antoine,
- 24:09toi t'es pas spécialiste du cancer,
- 24:10t'étais pas spécialiste du cancer avant,
- 24:12t'as pas de formation là-dessus,
- 24:14mais qu'est-ce qui t'a le plus surpris en entraînant des malades de cancer ?
- 24:18C'est la normalité de l'entraînement ?
- 24:20C'est le fait qu'on voit pas la différence avec un athlète qui est pas malade ?
- 24:25Il y avait ça,
- 24:26il y avait aussi la force d'engagement.
- 24:28Nous on leur a apporté un cadre et il y en a qui sont allés bien plus loin,
- 24:31je pense notamment à Sandy qui a d'ailleurs été diagnostiqué d'un cancer.
- 24:37triple négative,
- 24:39une forme très agressive,
- 24:40c'est ça ?
- 24:41Exactement,
- 24:41et qui était très éloignée de la pratique sportive avant de rentrer dans le dispositif,
- 24:45et au-delà de suivre le plan,
- 24:47elle allait voir un nutritionniste,
- 24:49elle a changé toute son hygiène de vie par l'alibi de la course à pied,
- 24:53entre guillemets,
- 24:55elle a investi dans un tapis de course pour s'entraider chez elle,
- 24:56c'est devenu un mode de vie,
- 24:58et c'est ça qui m'a frappé,
- 25:00c'est le point commun entre tous les coureurs,
- 25:01c'est qu'ils ont une capacité à aller plus loin que ce qu'on leur demande.
- 25:05qui est vraiment impressionnante.
- 25:06Alice,
- 25:06toi,
- 25:06aujourd'hui,
- 25:08tu fais davantage de sport qu'avant ta maladie ?
- 25:12Ou tu as retrouvé le même niveau à peu près ?
- 25:14Je pense que je le fais différemment.
- 25:16Déjà parce que je vais bientôt avoir 40 ans donc j'essaie de perdre...
- 25:19Ça,
- 25:19ça n'a rien à voir avec le cancer.
- 25:21C'est inéluctable et nous sommes tous couchés.
- 25:24C'est pas Fred.
- 25:28Ça va.
- 25:29Non mais c'est vrai que tu prends conscience que tu n'as qu'une santé et tu n'as qu'une vie.
- 25:32que
- 25:33Maintenant,
- 25:33non,
- 25:33je le fais d'une façon différente.
- 25:35Mais par contre,
- 25:36c'est vrai que j'ai eu cette période où j'ai eu besoin de me dépasser,
- 25:39d'aller hyper loin.
- 25:41Et c'est vrai que moi,
- 25:42je fais...
- 25:42Après ton opération ?
- 25:43Oui.
- 25:44Et après mes deux opérations,
- 25:47c'est vrai que j'ai eu quand même plusieurs mois où il ne fallait pas que je bouge,
- 25:50il fallait que je fasse...
- 25:50Oui,
- 25:50pendant trois mois,
- 25:51je crois.
- 25:51Trois ou quatre mois,
- 25:52tu n'as pas pu du tout pratiquer de sport ?
- 25:53Oui,
- 25:53à chaque fois,
- 25:54oui.
- 25:54Et là,
- 25:54c'était quoi ?
- 25:56C'était dur,
- 25:57surtout psychologiquement,
- 25:58en vrai.
- 25:59Et c'est vrai que je me retrouve souvent à faire des défidèles,
- 26:02des raids sportifs,
- 26:04où il y a beaucoup de femmes qui viennent et qui sont en rémission de cancer du sein.
- 26:09Et ça te donne une force supplémentaire,
- 26:12tu ne peux pas te plaindre en fait.
- 26:13Tu te dis,
- 26:14elle est en chimio,
- 26:15elle est en train de courir comme moi,
- 26:17et en fait,
- 26:19moi j'ai de la chance d'être guérie,
- 26:21et ça te donne vraiment une force supplémentaire.
- 26:23Je vais vous citer deux études scientifiques qui montrent que la vision de l'effort sportif pendant les traitements est en train d'évoluer.
- 26:30La première,
- 26:30c'est l'étude OptiTrain de l'Institut Karolinska qui a été publiée en 2024,
- 26:34et qui a montré que l'entraînement fractionné de haute intensité,
- 26:37lorsqu'il est encadré,
- 26:38ne présente pas...
- 26:39pas de risque pendant la chimiothérapie chez les patientes atteintes de cancer du sein.
- 26:44Les résultats qui ont été observés,
- 26:45c'est une amélioration de la tolérance au traitement.
- 26:47Donc non seulement il n'y a pas de risque,
- 26:48mais en plus il y a des bénéfices.
- 26:49Amélioration de la tolérance au traitement,
- 26:51réduction significative de la fatigue liée à la chimiothérapie,
- 26:55bénéfices observés sur la survie lors des suivis à long terme.
- 26:59Donc il y a aussi,
- 27:00selon cette étude,
- 27:01des bénéfices sur les chances de survie,
- 27:03tout simplement.
- 27:03Ce n'est pas simplement sur le bien-être,
- 27:04c'est sur la capacité à survivre à un cancer qui serait augmentée avec l'entraînement de la réaction.
- 27:09à haute intensité.
- 27:10Autre nouveauté,
- 27:12l'American Cancer Society recommande désormais l'activité physique comme un élément standard du parcours de soins avec 75 à 150 minutes d'activité physique vigoureuse.
- 27:23Il précise bien vigoureuse par semaine.
- 27:24Donc on ne parle pas simplement de petit effort ou de marche.
- 27:28Là,
- 27:28on parle vraiment d'entraînement à relativement haute intensité.
- 27:32Tu faisais de l'intensité pendant ta maladie ?
- 27:35Alors moi,
- 27:35comme en fait,
- 27:36non,
- 27:36c'est vraiment...
- 27:37porté sur les opérations.
- 27:40Non,
- 27:40ce n'était pas du tout recommencé.
- 27:41Et autour de toi,
- 27:43parmi les gens que tu as rencontrés ?
- 27:45Ce qui m'a beaucoup été rapporté,
- 27:47c'est même des femmes qui sortaient de l'hôpital,
- 27:51qui venaient de terminer leur chimiothérapie.
- 27:53Déjà,
- 27:54juste,
- 27:54elles rentraient à pied.
- 27:55Il y avait 7 kilomètres à faire pour rentrer chez elles.
- 27:58Elles me disent,
- 27:59je rentre à pied,
- 28:00parce que juste le fait de se remettre tout de suite en mouvement,
- 28:02déjà,
- 28:03ça permet d'évacuer les toxicités des produits.
- 28:06Ça permet de reprendre possession sur son corps.
- 28:09Et en fait,
- 28:10moi,
- 28:13finalement,
- 28:13j'ai appris à connaître des personnes qui ont commencé le sport à partir du moment où elles sont tombées malades.
- 28:18Ça,
- 28:18c'est quand même incroyable.
- 28:19Oui,
- 28:19c'est clair.
- 28:20C'est au moins quelque chose de positif dans la maladie,
- 28:22si je peux dire ça comme ça.
- 28:23Exactement,
- 28:24c'est très positif.
- 28:25Antoine,
- 28:26l'entraînement à haute intensité fractionnée,
- 28:28du coup,
- 28:28tu valides ce qui vient d'être dit.
- 28:30Toi,
- 28:30tu l'as mis en pratique avec les patients que tu as accompagnés.
- 28:33Totalement.
- 28:33et il n'y a pas eu d'effet négatif sur eux,
- 28:35au contraire.
- 28:35Non,
- 28:35au contraire,
- 28:36il faut juste...
- 28:37Je reprends le terme très précis de tout à l'heure sur la progressivité.
- 28:40Tu as totalement raison,
- 28:40en fait,
- 28:41c'est ça,
- 28:41mettre de la progressivité.
- 28:42Après,
- 28:42on peut mettre de l'intensité sans aucun problème.
- 28:44Et non...
- 28:45Mais ça,
- 28:46c'est vachement important,
- 28:47parce que pour le coup,
- 28:47ça casse vraiment les idées reçues.
- 28:49On n'a pas l'idée qu'un malade du cancer peut aller faire du fractionné pendant sa maladie.
- 28:53On se dit,
- 28:53oulala,
- 28:53mais il prend des risques,
- 28:54alors qu'apparemment,
- 28:55c'est plutôt l'inverse.
- 28:56Oui,
- 28:56mais au final,
- 28:57c'est presque un peu du bon sens,
- 28:59on dirait.
- 29:00Plus on mène l'intensité,
- 29:02plus on a le corps qui est en bonne forme et en bonne santé.
- 29:04Donc il est plus prêt à se battre et prêt à conquérir ce cancer et à surpasser la difficulté.
- 29:11Et même à côté de ça,
- 29:13c'est ce qui va dans la continuité,
- 29:14ce que tu disais Alice,
- 29:15toutes les hormones que le sport dégage,
- 29:17cette sensation quand on va bien et quand on finit.
- 29:20Les endorphines,
- 29:21ça fait du bien et donc ça fait du bien au moral.
- 29:22Et dans ces périodes qui sont plutôt compliquées pour le moral,
- 29:25je ne l'ai pas vécu mais de ce que me dit mon entourage,
- 29:28effectivement ce n'est pas simple.
- 29:29Le sport aide beaucoup à surpasser ça.
- 29:31Alors si vous qui nous écoutez,
- 29:33vous êtes passé par là,
- 29:34si vous avez eu un cancer,
- 29:35que vous avez continué à vous entraîner,
- 29:38voire même que vous vous êtes mis au sport pendant votre maladie,
- 29:41ou à l'inverse,
- 29:42si vous avez dû arrêter de vous entraîner,
- 29:43n'hésitez pas à nous partager votre parcours,
- 29:45votre témoignage en commentaire sur les réseaux sociaux et sur les plateformes d'écoute.
- 29:49On lira ça avec attention.
- 29:52Antoine,
- 29:52en coachant ton groupe de patients,
- 29:54est-ce que tu avais une appréhension à certains moments de leur faire faire des séances trop dures ?
- 29:57Est-ce qu'à certains moments tu te disais,
- 29:59ah là quand même,
- 30:00les 14 x 800,
- 30:01ça doit être quand même,
- 30:03je sais pas là.
- 30:04On leur a fait un Yasso,
- 30:05on leur a fait un 15 x 400 pour voir où ils en étaient.
- 30:08Oui,
- 30:08oui,
- 30:08au début,
- 30:09il y avait deux enjeux.
- 30:10Le premier,
- 30:10c'est celui-là,
- 30:11c'est de se dire,
- 30:11ok,
- 30:11est-ce qu'on va pas trop loin dans l'intensité ?
- 30:13Et le deuxième,
- 30:14il y avait aussi...
- 30:15Tu demandais aux médecins à chaque fois,
- 30:16leur avis ?
- 30:17Alors déjà,
- 30:17donc il y a Pierrick,
- 30:18lui en tant que kiné,
- 30:19il a bossé dans des centres de soins,
- 30:20il avait déjà...
- 30:21côtoyer ce type de public,
- 30:22donc il avait déjà un avis sur la question.
- 30:23Et après,
- 30:24quand on avait besoin de validation,
- 30:26il y a un chercheur à Gustave Roussy qui est vraiment focus sur la question de l'activité physique et à qui on pouvait poser nos questions au besoin.
- 30:33Mais donc,
- 30:34oui,
- 30:34il y avait cette petite crainte sur l'intensité.
- 30:37Il y avait surtout au début un peu un tabou,
- 30:40mais c'est difficile d'aborder ces sujets de gens qui viennent de traverser ça.
- 30:44Et au bout d'une ou deux séances,
- 30:45il n'y avait plus aucun problème.
- 30:46Et vraiment,
- 30:47on les considérait comme des sportifs tout à fait classiques.
- 30:51On va entendre à nouveau Olivier,
- 30:53le jeune homme de 23 ans qui fait partie de ton groupe et qui a dû se battre contre un lymphome,
- 30:58qui nous parle de sa reprise du sport,
- 31:00justement.
- 31:00On l'écoute.
- 31:01Fin août,
- 31:02j'ai fait mes premiers
- 31:04900 mètres en courant.
- 31:06C'est un très grand moment pour moi.
- 31:08J'ai commencé les premiers
- 31:091 km,
- 31:102 km,
- 31:113 km.
- 31:11Au début,
- 31:12c'était incroyable de voir la performance de mon corps s'améliorer avec chaque séance.
- 31:16Maintenant,
- 31:16aujourd'hui,
- 31:16je pense que j'ai un niveau de santé physique sportif qui est quand même supérieur à ce que j'avais avant.
- 31:24Donc ça,
- 31:25c'est cool.
- 31:26Ça,
- 31:26c'est très,
- 31:26très cool.
- 31:26J'ai battu mon record d'ICAR.
- 31:29Il y a 2-3 semaines,
- 31:30je ne sais plus ce que j'ai fait,
- 31:31mais c'est Strava qui m'a dit que je n'avais pas de chute.
- 31:32Donc j'ai fait mon premier semi-marathon en 2 heures il y a 2 semaines.
- 31:36Et voilà,
- 31:37j'ai réussi à faire des sorties longues,
- 31:38donc sorties de plus de 20 kilos que je n'avais jamais fait avant.
- 31:41Ce que je vois maintenant,
- 31:43c'est mon Strava qui me met à jour sur les perfs que je faisais il y a 2 ans.
- 31:47Et je suis en train de toutes les battre là,
- 31:49donc c'est cool.
- 31:49C'est un bon feeling.
- 31:50Ouais,
- 31:51c'est un bon feeling.
- 31:52Ça,
- 31:52ça donne le smile quand même ce témoignage.
- 31:54C'est-à-dire qu'il fait des meilleurs perfs aujourd'hui.
- 31:56Il se sent mieux en tant que sportif aujourd'hui qu'avant.
- 32:00son cancer,
- 32:01ça donne de l'espoir.
- 32:02Oui,
- 32:02carrément.
- 32:03Et même,
- 32:03il nous disait qu'au-delà de l'aspect physique,
- 32:05même mentalement,
- 32:05de se dire qu'il a reconstruit un corps qui est encore plus puissant que ce qu'il n'était avant la maladie,
- 32:10c'était une de ses craintes.
- 32:11Il nous en parle souvent de dire,
- 32:12voilà,
- 32:12je me sentais affaibli,
- 32:14je ne savais pas si j'allais retrouver,
- 32:15comme tu le témoignes avant,
- 32:16mes capacités d'avant.
- 32:17Et là,
- 32:18d'avoir ce message qui dit je me sens encore plus fort,
- 32:21c'est vraiment chouette et ça a vraiment un impact.
- 32:23Alice,
- 32:23tu...
- 32:24Partage un peu ce que dit Olivier dans le ressenti.
- 32:27Oui,
- 32:28complètement.
- 32:28Et puis de toute façon,
- 32:30de vivre des expériences comme ça,
- 32:31ça te permet physiquement et psychologiquement de dépasser tes limites.
- 32:34Et finalement,
- 32:35tu es obligé après d'en trouver des nouvelles.
- 32:37Donc tu peux être meilleur sportif après un cancer car c'est possible.
- 32:42Tu dois,
- 32:43tu dois,
- 32:43je vais reprendre tes paroles.
- 32:46Non,
- 32:46c'est vraiment un sacré message d'espoir.
- 32:48Et encore une fois,
- 32:48ça casse un peu les idées reçues.
- 32:50Des gens qui survivent à un cancer et qui seraient affaiblis ou qui seraient perpétuellement plus faibles qu'avant,
- 32:56ce n'est pas du tout le cas.
- 32:58On a parlé des avantages physiques pendant les traitements,
- 33:01qui ont l'air d'être de plus en plus démontrés par la science,
- 33:03mais il y a aussi un gros aspect évidemment psychologique.
- 33:06Le sport,
- 33:07ça aide psychologiquement à surmonter cette période difficile,
- 33:11et ça tu l'as constaté Antoine avec tes patients.
- 33:14Oui totalement,
- 33:15déjà ils le disent individuellement,
- 33:16le fait de pouvoir aller courir,
- 33:18mais toute autre activité physique est bonne.
- 33:20on parle de course à pied,
- 33:21mais c'est valable aussi pour d'autres pratiques.
- 33:23Le fait d'aller courir individuellement,
- 33:25c'est un vrai refuge pour eux,
- 33:26un moyen de faire un peu le point et de se retrouver avec eux-mêmes.
- 33:29Et après,
- 33:29le combo avec la dimension de groupe,
- 33:32qu'on se retrouve une fois par semaine tous ensemble,
- 33:35ça a aussi beaucoup de vertu psychologiquement,
- 33:37parce que ça permet de partager,
- 33:38ça permet d'avoir un objectif en commun vers lequel on se prépare tous.
- 33:42Et c'est une thérapie à la fois individuelle et aussi collective.
- 33:45Et ça,
- 33:46je pense que c'est assez fort.
- 33:47Et le sport permet ça.
- 33:49peu d'endroits dans notre société dans lesquels on peut créer du collectif malgré une hétérogénéité de niveau,
- 33:54de profil,
- 33:55et se retrouver et partager des choses,
- 33:56donc c'est hyper bénéfique.
- 33:59Je vous redonne un chiffre parce que moi franchement j'ai été vachement surpris par tous les chiffres que Clara de Beaujon a trouvés.
- 34:04Une étude de 2026 menée sur des patients atteints de cancer colorectaux.
- 34:09En suivant un programme d'exercice structuré,
- 34:12il réduisait de 28%
- 34:13le risque de récidive et de 37%
- 34:16le risque de mortalité toutes causes confondues.
- 34:18C'est vraiment bluffant et je ne m'attendais pas à des chiffres comme ça.
- 34:23Antoine,
- 34:23un conseil à une personne en rémission qui veut se remettre au sport ?
- 34:29Trouver un levier de motivation pour le faire.
- 34:31Ça peut être de retrouver son corps d'avant,
- 34:34ça peut être un défi avec sa famille,
- 34:36ça peut être courir pour une cause,
- 34:38pour aller chercher de l'argent,
- 34:40peu importe.
- 34:41Mais trouver ce levier motivationnel,
- 34:42le truc qui fera qu'on a un objectif qui nous dépasse et on a envie de créer les conditions pour aller l'atteindre.
- 34:48Encore une fois,
- 34:48c'est cette notion de progressivité,
- 34:50mais vraiment,
- 34:51je pense que la clé,
- 34:51c'est la motivation.
- 34:53Alice,
- 34:56un conseil pour quelqu'un qui traverse actuellement un cancer et qui a besoin de motivation ou d'inspiration pour se mettre au sport ?
- 35:05Oui,
- 35:05je dirais se réunir autour d'un objectif commun.
- 35:08C'est vrai que,
- 35:09comme on le disait,
- 35:10il n'y a personne qui peut autant ressentir ce que toi tu as vécu que la personne qui a vécu pareil.
- 35:16Et puis,
- 35:17comme tu dis,
- 35:17de toute façon,
- 35:18trouver des causes qui font sens et qui font du bien.
- 35:22Puis tu vois,
- 35:22là,
- 35:22ce que vous faites,
- 35:24je vous promets que ça va changer la vie de ces personnes.
- 35:26On ne se rend pas compte.
- 35:28Mais en fait,
- 35:29vous les aidez à reprendre possession de leur corps.
- 35:31Et en plus,
- 35:31vous les considérez à travers ce qu'ils ont vécu.
- 35:34C'est comme si,
- 35:34en fait,
- 35:35tu as eu un cancer,
- 35:35tiens,
- 35:35on te donne une médaille.
- 35:37En fait,
- 35:37je trouve que c'est inverser l'histoire.
- 35:40Et donc,
- 35:41bien sûr,
- 35:42je ne peux qu'encourager toutes ces...
- 35:46On sent que ça te touche quand même.
- 35:47Oui,
- 35:47ça me touche beaucoup.
- 35:48Ce projet.
- 35:48Ouais,
- 35:49ouais.
- 35:50Vraiment,
- 35:51ça change des vies.
- 35:53Antoine,
- 35:53t'es pas venu pour rien.
- 35:54Non,
- 35:54non,
- 35:54mais c'est hyper précieux d'avoir ce retour-là.
- 35:59Ce qui est hyper chouette,
- 35:59c'est qu'on partait d'une intuition.
- 36:01Maintenant,
- 36:01effectivement,
- 36:02humblement,
- 36:03j'ose espérer que ça peut un peu changer la vie des participants.
- 36:05Mais c'est génial et surtout l'aventure humaine,
- 36:08elle est incroyable.
- 36:09Il y a presque quatre mois,
- 36:11personne ne se connaissait.
- 36:12Là,
- 36:13il y a l'excitation avant la course de demain.
- 36:15Je pense que ça va être fort en émotions au moment où on va passer la ligne d'arrivée avec eux.
- 36:18Parce que je précise qu'on enregistre ce podcast la veille du Semi de Paris
- 36:22OCA. C'est demain et donc c'est demain qu'on aura l'aboutissement de toute cette aventure.
- 36:27On suivra ça évidemment avec attention et on remercie encore une fois
- 36:30OCA de soutenir cette initiative et ce projet.
- 36:33C'est important que des marques s'engagent sur le sujet.
- 36:37On a parlé du sport comme médicament un peu des personnes qui traversent un cancer,
- 36:41mais c'est aussi un instrument merveilleux de prévention des cancers,
- 36:45le sport.
- 36:46Je vais vous donner encore une fois un chiffre,
- 36:49plusieurs chiffres.
- 36:50Une grande étude en 2016 qui a suivi
- 36:521 400 000 participants quand même pendant 11 ans,
- 36:56elle a montré que l'activité physique réduit significativement le risque observé pour plusieurs cancers.
- 37:02Cancer de l'osophage,
- 37:03moins 42%,
- 37:04cancer du foie,
- 37:05moins 27%,
- 37:06cancer du poumon,
- 37:07moins 26%,
- 37:08cancer du rein,
- 37:10moins 23%.
- 37:11Donc,
- 37:12c'est quand même des chiffres vraiment importants qui montrent que...
- 37:16L'activité physique est aussi une manière de prévenir certains types de cancers.
- 37:22Antoine,
- 37:22parmi les personnes que tu as accompagnées,
- 37:24est-ce qu'il y avait des sportifs déjà avant ?
- 37:27Est-ce que la majorité n'était pas sportif avant de déclarer leur maladie ?
- 37:31Il y avait les deux cas de figure,
- 37:32mais il y avait plus de non-sportifs que de sportifs.
- 37:34Et il y avait aussi un combo des deux.
- 37:38Il y a
- 37:38Joël qui a fait un semi-marathon à ses 30 ans,
- 37:41donc il y a un peu plus de 30 ans maintenant.
- 37:43et qui n'était plus du tout sportif,
- 37:45fumait deux paquets de clopes par jour,
- 37:46avait une hygiène de vie pas du tout stable.
- 37:50Et là,
- 37:51il a totalement arrêté de fumer,
- 37:52il s'est remis à la course à pied de par ce projet,
- 37:55malheureusement aussi parce qu'il a été touché par le cancer.
- 37:58Mais donc on avait un peu tous les cas de figure.
- 38:00Et quoi qu'il arrive,
- 38:01que ce soit des déjà coureurs qui ont continué de courir et nous ont témoigné de tous les bienfaits,
- 38:06ou que ce soit des gens qui étaient éloignés de la pratique et qui s'y sont mis,
- 38:10pareil,
- 38:10ils nous ont témoigné de tous les bienfaits que ça avait.
- 38:12Dans le protocole où il n'y a eu aucun abandon ou écart ?
- 38:16Il y avait 10 personnes au départ,
- 38:18il y en a 9 qui prendront le départ demain.
- 38:20Il y a une patiente qui a eu une petite alerte qui a dû être suivie au niveau cardio et qui ne pourra pas prendre le départ demain,
- 38:31mais sinon les
- 38:329 autres seront sur la ligne.
- 38:34Pour rebondir sur ce que tu disais,
- 38:36évidemment c'est important de préciser qu'il y a une
- 38:39part de malchance dans le cancer et qu'on peut avoir une hygiène de vie parfaite,
- 38:44qu'on peut ne pas fumer,
- 38:45ne pas boire d'alcool,
- 38:46faire du sport et quand même être touché par un cancer même si,
- 38:51évidemment,
- 38:52les facteurs de risque sont connus et moins on fume,
- 38:54moins on boit,
- 38:55plus on fait de sport,
- 38:56plus on mange sainement,
- 38:57moins on a de chance,
- 38:58entre guillemets,
- 38:58moins on a de risque de développer un cancer.
- 39:00Mais c'est pas une science exacte et il y a une forme d'injustice dans tout ça.
- 39:07Quelle différence tu as observé
- 39:09Antoine entre ceux qui étaient plutôt sédentaires avant la maladie et les gens qui pratiquaient déjà le sport ?
- 39:14Est-ce que dans l'approche du programme,
- 39:16la manière dont ils ont eu de s'investir dans l'entraînement,
- 39:17il y avait une différence ou pas du tout ?
- 39:20Déjà ce qui a été super vertueux c'est que ceux qui étaient déjà coureurs ont pris sous leur aile ceux qui l'étaient moins.
- 39:24Du coup il y avait vraiment une transmission et même ils étaient fiers de pouvoir aider ceux qui étaient un peu plus éloignés de la pratique.
- 39:30Après la différence peut-être sur la connaissance de leur corps justement,
- 39:34ceux qui étaient déjà sportifs et coureurs avaient une meilleure...
- 39:36connaissance de leurs sensations,
- 39:37de leur corps,
- 39:38pourquoi ils réagissaient de la sorte,
- 39:39versus ceux qui ne le faisaient pas.
- 39:42Et je pense que c'est aussi aidant dans le parcours de soins de se connaître,
- 39:45parce que c'est rassurant de savoir pourquoi mon corps réagit de telle ou telle manière au traitement,
- 39:50à l'activité,
- 39:50à tout ça.
- 39:52Mais non,
- 39:53sinon,
- 39:53il n'y avait pas de différence vraiment notable.
- 39:57On va écouter à nouveau Olivier qui fait partie de ton projet,
- 40:00qui est en rémission aujourd'hui d'un lymphome,
- 40:03et qui nous explique à quoi lui sert aujourd'hui la course.
- 40:05dans sa vie,
- 40:06vous allez voir,
- 40:07c'est très touchant.
- 40:08Aujourd'hui,
- 40:11la vie du malade est compliquée,
- 40:13mais très facile parce qu'on a qu'un seul problème.
- 40:15Et ça,
- 40:15du coup,
- 40:16la reprise à la vie normale peut être assez compliquée parce que tous les petits problèmes de notre vie qu'on a mis derrière nous et qu'on a mis en pause,
- 40:24ils commencent à revenir.
- 40:25C'est des problèmes qu'on doit faire,
- 40:28qu'on doit résoudre.
- 40:30Et le sport pour moi,
- 40:31ça a été,
- 40:31et encore une fois,
- 40:32je pense que chaque personne trouve sa propre façon de le faire,
- 40:34mais le sport pour moi,
- 40:35c'est une façon de me retrouver tout seul dans ma tête,
- 40:36comme je l'étais quand j'étais malade.
- 40:38Donc je cours sans musique,
- 40:41et c'est juste mon moment de moi.
- 40:43Et quand on est malade,
- 40:44on a souvent ces moments,
- 40:45il y en a,
- 40:45on a le cerveau en eau brouillée et il ne se passe pas grand-chose dans notre tête,
- 40:48mais c'était vraiment des moments où aujourd'hui,
- 40:52on n'a plus trop l'occasion,
- 40:53je trouve,
- 40:54de se retrouver tout seul dans notre propre tête.
- 40:56Et du coup,
- 40:56le sport,
- 40:57moi,
- 40:57j'adore ce moment.
- 40:58Alice,
- 40:59ce que dit Olivier,
- 41:00c'est-à-dire quand on est malade,
- 41:01on a un seul problème,
- 41:02c'est la maladie,
- 41:02tous les autres problèmes disparaissent et quand on commence à aller vers la guérison,
- 41:06tous les petits problèmes reviennent.
- 41:07Tu partages ça ?
- 41:08Oui.
- 41:09Oui,
- 41:09oui,
- 41:09tout à fait.
- 41:10Et c'est vrai que quand on est immobilisé à la maison,
- 41:14quand on est malade,
- 41:15l'immobilité,
- 41:16ça fait extrêmement peur.
- 41:18L'immobilité,
- 41:19c'est la mort.
- 41:20Et donc,
- 41:20en fait,
- 41:21quand tu ne peux pas bouger ton corps,
- 41:22c'est ton esprit qui bouge.
- 41:24Et là,
- 41:24c'est de l'agitation psychologique flippante.
- 41:27Et donc,
- 41:27c'est pour ça que de se remettre en mouvement,
- 41:29en fait,
- 41:29ça permet de remettre en ordre ses idées.
- 41:34Et là,
- 41:35tu vis aujourd'hui un peu ce qu'il vit,
- 41:36c'est-à-dire que...
- 41:38Tous les problèmes de la vie quotidienne qui étaient écrasés,
- 41:41on va dire,
- 41:41par le cancer quand tu étais en plein dedans,
- 41:43là maintenant que tu es guérie,
- 41:44ça revient quoi ?
- 41:46Alors non,
- 41:46parce que...
- 41:46Non ?
- 41:47Oui et non.
- 41:47Mais tu as quand même changé ta manière de vivre ?
- 41:49Bah oui,
- 41:49et puis en plus,
- 41:50moi je m'investis tellement auprès des malades que,
- 41:53en fait,
- 41:54les problèmes de vie,
- 41:57tu relativises beaucoup.
- 41:58Qu'est-ce que ça t'a appris,
- 41:59ton cancer ?
- 42:00Ah bah ça m'a appris qu'il n'y a rien de grave dans la vie à part la santé.
- 42:04À part la santé.
- 42:04Franchement,
- 42:05oui exactement.
- 42:06que justement,
- 42:07la santé,
- 42:08il faut faire extrêmement attention.
- 42:10On n'a que ça à préserver pour voir nos enfants grandir,
- 42:12pour pouvoir faire encore plein de choses et plein de sports.
- 42:16Donc tu ne te laisses plus aujourd'hui abattre par des petits soucis du quotidien.
- 42:20Tu vois ça avec plus de recul qu'avant de tomber malade ?
- 42:23Carrément.
- 42:24Ce n'est pas que le fait d'être tombée malade.
- 42:27C'est vraiment aussi le fait d'accompagner toutes ces personnes qui n'ont pas la chance que j'ai eue.
- 42:32Et donc tu ne te prends plus la tête pour des trucs...
- 42:35Genre 10 secondes de chrono sur une course.
- 42:37Je te dis de toi.
- 42:39Je suis jamais pris la défaite.
- 42:42T'entends Fred ?
- 42:43T'entends ?
- 42:44Ouais mais quand même 10 secondes.
- 42:49Tu nous as dit en préparant l'émission
- 42:52Antoine que le co-fondateur de ton entreprise Le Footing,
- 42:56Pierrick donc tu le disais,
- 42:57est kiné.
- 42:58Et il se retrouvait dans 90%
- 43:00de ses consultations à prescrire du sport plutôt que des séances de kiné.
- 43:04Ça va faire plaisir aux kinés qui nous écoutent,
- 43:06on vous embrasse !
- 43:09Oui,
- 43:09il y a une grande partie de son travail qui n'était pas dédié à faire des techniques très compliquées,
- 43:13qui était plutôt de redonner des bonnes habitudes de mouvement aux gens.
- 43:17La deuxième frustration qu'il subissait,
- 43:19c'est que lui,
- 43:20dans son idéologie du soin,
- 43:22il aime bien que le patient soit l'acteur du parcours de soin.
- 43:26Il me disait que je n'arrivais pas à trouver cette étincelle qui fait qu'il reste motivé et qu'en sortant de mon cabinet,
- 43:30il continue de faire les exercices chez eux.
- 43:33Alors que là,
- 43:34avec la dimension de groupe et l'objectif,
- 43:36ça permet de préserver cette motivation et de faire en sorte que les gens bougent dans le temps.
- 43:40C'est vrai que c'est un vrai enjeu ça,
- 43:42parce qu'on entend souvent aussi,
- 43:43« Oh,
- 43:44moi je vais chez le kiné,
- 43:44bon,
- 43:45il peut faire des exercices,
- 43:46là j'en ai marre,
- 43:46moi je vais là-bas pour qu'il s'occupe de moi. »
- 43:48En fait,
- 43:49le kiné,
- 43:49il va juste se fainéant,
- 43:50le kiné quand il fait ça,
- 43:51c'est justement pour vous transmettre le savoir au final,
- 43:54et pour vous aider,
- 43:54vous accompagner à pouvoir vous prendre en main tout seul.
- 43:57quand ils nous massent.
- 44:00Message au kiné,
- 44:01si on pouvait continuer à nous masser un peu,
- 44:02quand on peut nous faire faire des squats,
- 44:04ça serait sympa.
- 44:06Clairement,
- 44:06c'est un message de santé publique,
- 44:09globalement.
- 44:10En plus,
- 44:10on a la chance en France d'avoir justement la kiné qui est remboursée.
- 44:15Il faut le faire fructifier et quand on va chez le kiné,
- 44:17il faut s'en servir pour se remettre sur les rails.
- 44:20Alice,
- 44:21si tu avais une chose à dire aux personnes qui nous écoutent et qui sont en train de traverser...
- 44:26un cancer,
- 44:26qu'est-ce que tu leur dirais ?
- 44:27Je leur dirais que...
- 44:30Peut-être qu'en ce moment,
- 44:30oui,
- 44:31c'est très difficile,
- 44:32mais ne vous inquiétez pas parce qu'on repousse plus loin ses limites et on est capable de tellement de choses.
- 44:37On a des ressources insoupçonnées et ce qui ne tue pas rend plus fort,
- 44:42même si j'ai l'impression de dire que l'eau s'amouille,
- 44:44mais c'est tellement vrai.
- 44:45Antoine,
- 44:45tu tenais quand même à remercier aussi tous ceux qui t'ont accompagné dans ce projet.
- 44:50Absolument,
- 44:50c'est une aventure collective.
- 44:52Donc,
- 44:53merci à Vincent,
- 44:54le troisième coach qui était là.
- 44:56bénévolement sur tout le dispositif pour accompagner les patients au mieux.
- 45:00Merci à Oka évidemment de son soutien.
- 45:03Et puis merci à Pierrick qui est à mes côtés depuis le début et à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette aventure.
- 45:09Et nous franchement on te dit bravo à toi parce que c'est vraiment un projet qui a du sens.
- 45:12Bravo d'avoir monté ça.
- 45:14Bravo Alice d'avoir la voix qui porte aujourd'hui sur ce sujet-là.
- 45:20Et puis on embrasse et on pense très fort à toutes les personnes qui nous écoutent.
- 45:24les auditeurs de SyphiPace et qui sont touchés de près ou de loin par cette maladie.
- 45:28Alice,
- 45:28tu vas pouvoir nous montrer en pratique ce qui ne tue pas,
- 45:31rend plus fort avec l'interview tapis.
- 45:33T'es prête ?
- 45:34C'est parti.
- 45:38Ça va Alice,
- 45:39t'es prête ?
- 45:39Ouais,
- 45:40nickel.
- 45:40Tu connais le concept de l'interview tapis,
- 45:42pas besoin de te le rappeler.
- 45:43Chaque mauvaise réponse,
- 45:44la vitesse augmente.
- 45:45On voit jusqu'à quelle vitesse tu tiens.
- 45:47On part à 10 km heure.
- 45:49Tu m'as dit que c'était à peu près ton allure footing.
- 45:50Ouais,
- 45:52mais j'ai un peu mito.
- 45:52T'as un peu mito ?
- 45:54C'est toi qui vas en payer les conséquences,
- 45:56c'est pas en subir les conséquences,
- 45:57c'est pas moi.
- 45:58Dans l'interview tapis,
- 45:59quand on ment,
- 46:00ça se retourne contre vous en général.
- 46:02Allez,
- 46:02c'est parti,
- 46:02première question.
- 46:03Tu as vécu à New York quand tu étais mannequin.
- 46:06Quelle femme détient le record du marathon de New York ?
- 46:10C'est pas facile.
- 46:11Je te l'accorde.
- 46:15C'est Hélène Aubiry,
- 46:16la Kenyanne,
- 46:17qui est aussi médaillée de bronze au JO de Paris et elle a battu le record du marathon de New York en...
- 46:232025,
- 46:24elle a couru en 2h19min51s.
- 46:27On passe à 11 km heure.
- 46:29Tu es en couple avec le nageur Camille Lacour,
- 46:32qui a été 5 fois champion du monde dans sa carrière.
- 46:34Peux-tu nous dire dans quelles épreuves il a décroché ses 5 titres mondiaux ?
- 46:39Tous ?
- 46:39Alors c'est bon,
- 46:41c'était du dos en 50 mètres.
- 46:4450 mètres,
- 46:45combien de fois titré en 50 mètres ?
- 46:475 fois.
- 46:473 fois ?
- 46:483 fois.
- 46:48Bon,
- 46:48ce n'est pas grave.
- 46:49Ensuite ?
- 46:50Il ne va pas être content.
- 46:54En relais ?
- 46:56Relais mixte ?
- 46:58Non.
- 46:58Non,
- 46:58pas du tout.
- 47:01Non,
- 47:01il a été aussi champion du monde en 100 mètres d'eau.
- 47:04Voilà.
- 47:05Une fois.
- 47:05Ouais,
- 47:05voilà.
- 47:07100 mètres d'eau.
- 47:08Et il a été champion du monde,
- 47:10effectivement,
- 47:10tu as raison,
- 47:11en relais en 4 x 100,
- 47:134 nages.
- 47:14Mais pas mixte.
- 47:15Mais pas mixte.
- 47:15Et deux fois à Budapest.
- 47:17Ouais,
- 47:17mais ça,
- 47:17ce n'était pas dans la question.
- 47:18Donc là,
- 47:19tu essayes de gruger,
- 47:21mais tu vas quand même prendre 12 km par.
- 47:23Le dernier titre mondial de Camille,
- 47:25c'était le 50 mètres d'eau en 2017.
- 47:28Quel était son temps à la seconde près ?
- 47:31Je ne sais rien du tout.
- 47:32Je ne sais pas.
- 47:32Attends,
- 47:33je vais dire.
- 47:33Ce n'est pas beaucoup de secondes.
- 47:3550 mètres d'eau,
- 47:36ça va vite.
- 47:3811 secondes.
- 47:4011 secondes ?
- 47:41Le 50 mètres d'eau ?
- 47:43Alors là,
- 47:43il ne serait pas que champion du monde.
- 47:48Tu ne vas pas souvent nager avec lui.
- 47:49Non.
- 47:5024 secondes.
- 47:51Moi,
- 47:51je suis 25 centièmes.
- 47:52D'accord.
- 47:53Tu passes à 13 km heure.
- 47:54Camille,
- 47:54on t'embrasse.
- 47:56Si tu pouvais accélérer un peu sur les prochains 50 mètres.
- 47:59Parce que visiblement,
- 48:00pour Alice,
- 48:00tu es en dessous des critères.
- 48:04Combien de femmes sont diagnostiquées d'un cancer du sein chaque année en France ?
- 48:0760 000.
- 48:08Bonne réponse.
- 48:0961 000.
- 48:111000 cas de cancer du sein en France en 2023.
- 48:14Entre 1990 et 2018,
- 48:16le nombre annuel de nouveaux cas de cancer du sein chez la femme a presque doublé,
- 48:20passant de 29 970 à
- 48:2358 400 cas annuels.
- 48:26C'est plus 1%.
- 48:2758 400 cas,
- 48:29c'était en 2018,
- 48:30et donc aujourd'hui,
- 48:30par raison,
- 48:30on est à à peu près 60 000.
- 48:33Quel est l'âge médian du diagnostic pour le cancer du sein ?
- 48:37Je crois que c'est 50 ans.
- 48:38Non,
- 48:38c'est un peu plus,
- 48:3964 ans.
- 48:40Sachant que quand il est dépisté tôt...
- 48:43le taux de survie reste stable autour de 88%
- 48:46des femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015.
- 48:50On passe à 14 km heure et on en profite pour rappeler l'importance de se faire dépister pour le cancer du sein.
- 48:58Palpez-vous !
- 49:00Antoine Tessier,
- 49:01ici présent,
- 49:02a pratiqué une discipline d'athlétisme à haut niveau quand il était adolescent.
- 49:06Quelle discipline ?
- 49:07Le saut !
- 49:08Le saut en quoi ?
- 49:09En hauteur,
- 49:09je crois.
- 49:10Oui,
- 49:10en hauteur,
- 49:10la saut en hauteur,
- 49:11bonne réponse.
- 49:13Quel est le record du monde de saut en hauteur ?
- 49:164,18 mètres.
- 49:19Non,
- 49:192,45 mètres.
- 49:21Décidément,
- 49:21tu vois les nageurs beaucoup plus rapides qu'ils ne sont et les sauteurs très très sur ressort.
- 49:25C'est le cubain,
- 49:26le cubain Javier Sotomayor qui détient ce record depuis 1951.
- 49:3013,
- 49:30on passe à
- 49:3215 km heure.
- 49:35Quelle marathonienne très connue en France a été atteinte d'un cancer à 24 ans ?
- 49:41Là,
- 49:41elle commence à être en galère pour répondre.
- 49:44Anaïs Kemener,
- 49:45qu'on embrasse,
- 49:46qui est déjà venue dans SafePace.
- 49:47On passe à 16 km heure,
- 49:48tu peux t'arrêter à tout moment.
- 49:51Combien de personnes ?
- 49:52Stop,
- 49:53bravo !
- 49:54Bravo,
- 49:56bravo Alice.
- 49:58Franchement,
- 49:59tu as été solide.
- 49:59Tu as été solide.
- 50:01Félicitations.
- 50:02Merci pour la petite question.
- 50:04Merci pour la question à laquelle je pouvais répondre.
- 50:08Oui,
- 50:08quand même.
- 50:08Qui était la plus importante.
- 50:09Non,
- 50:10mais c'est en vrai très important de rappeler à celles et ceux qui nous écoutent de se faire dépister le plus tôt possible,
- 50:16régulièrement,
- 50:17pour vérifier la présence de brûle dans le sein,
- 50:21si on est une femme,
- 50:21évidemment.
- 50:22Pour la prostate,
- 50:23pour certains hommes,
- 50:24à partir d'un certain âge,
- 50:25c'est conseillé.
- 50:25Donc vraiment,
- 50:26faites-vous dépister,
- 50:27c'est très important.
- 50:28En tout cas,
- 50:28merci d'être venu dans SafePace,
- 50:29Alice.
- 50:30Merci pour ton témoignage super inspirant.
- 50:33Merci Antoine et bravo pour ce projet en rémission d'accompagner les patients dans leur retour à la vie sportive.
- 50:40Merci de porter ce beau message.
- 50:42Faites du sport.
- 50:43Faites du sport,
- 50:44exactement.
- 50:44Faites du sport,
- 50:45c'est important.
- 50:45On l'a dit dans cet épisode,
- 50:46pour la prévention des cancers et de plein d'autres maladies,
- 50:49on remercie une dernière fois notre partenaire.
- 50:51Oka qui accompagne le projet en rémission qui a permis la réalisation de cet épisode.
- 50:55On remercie notre partenaire Care Fitness qui nous fournit ce beau tapis qui a torturé
- 50:58Alice aujourd'hui.
- 51:00Merci l'équipe et moi je vous dis à bientôt pour un prochain épisode de Safe Pace.
- 51:05Bye bye !
- 51:12Safe Pace le podcast des sports d'endurance présenté par Hugo Klim