Latest / Archives / Ce CHAUFFEUR savait que PERSONNE ne les chercherait (Affaire des Disparues de l'Yonne)
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- 1:32adolescent depuis le sien. Le lien est en description.
- 1:35Encore une fois, merci à revolut.
- 1:44Faire son deuil, c'est déjà une épreuve en soi, accepter
- 1:47l'absence, apprendre à vivre avec le manque, c'est un
- 1:50processus qui est long, souvent douloureux.
- 1:53Mais dans certaines histoires, ce processus n'existe pas parce
- 1:56qu'il y a ni réponse, ni certitude, juste une attente,
- 2:00une attente qui s'installe, qui s'étire et qui finit par faire
- 2:04partie du quotidien. Et une douleur qui, elle, ne
- 2:07s'arrête jamais vraiment. Comment continuer à avancer
- 2:10quand on ne sait pas comment faire son deuil ?
- 2:13Quand rien ne permet de le commencer en 1981, dans l'Yonne,
- 2:15cette attente existe déjà. Mais personne n'imagine encore
- 2:18ce qu'elle cache aux alentours d'Auxerre.
- 2:20Le quotidien s'écoule paisiblement et rien ne semble
- 2:23troubler la tranquillité des paysages et des petites routes
- 2:27de campagne. Le 5 juillet de cette année-là,
- 2:29une odeur inhabituelle attire l'attention de 2 agriculteurs
- 2:32qui marchent dans un champ. Rapidement, ils alertent la
- 2:34gendarmerie. Quelques heures plus tard, une
- 2:39découverte vient rompre le silence.
- 2:40Il tombe sur le cadavre de Sylviane durant les âges, 22
- 2:44ans, assassiné. Ce jour-là ne marque pas
- 2:47seulement la découverte d'un corps, il marque le début d'une
- 2:50affaire qui, pendant des années, va se perdre dans les silences,
- 2:53les erreurs et les zones d'ombre.
- 2:55Une affaire qui fera couler beaucoup d'encre, tant par son
- 2:59caractère sordide que par les défaillances du système
- 3:01judiciaire. L'affaire des disparus de
- 3:05Lyonne. Une histoire qui, plus de 50 ans
- 3:07plus tard, continue de soulever des questions.
- 3:09Mais derrière cette apparente sérénité, de 1977 à 1979, ce ne
- 3:12sont pas moins de 7 jeunes femmes qui disparaissent sans
- 3:14laisser de traces. Leur point commun ?
- 3:15Elles fréquentent un établissement scolaire
- 3:17spécialisé, car elles sont toutes atteintes de légère
- 3:21déficience intellectuelle. Ce sont des jeunes filles
- 3:24vulnérables, capables d'accorder leur confiance à n'importe qui.
- 3:31Une confiance qui, dans cette histoire, ne restera
- 3:34malheureusement pas sans conséquence.
- 3:37Si, si, je me retenais pas, je parle de mon fils.
- 3:41Si je vous en foutrais un coup. Mais si sa mère savait tout ça,
- 3:44ce qu'elle a fait. Chapitre un, la découverte de
- 4:04Sylviane Durant le sage en 1981, la France vit un sacré tournant
- 4:11de son histoire. François Mitterrand est élu
- 4:12président de la République, les Français se voient accorder une
- 4:165e semaine de congés payés et la peine de mort est sur le point
- 4:20d'être abolis. Le 5 juillet de cette année-là,
- 4:22une dramatique découverte est sur le point de mettre en
- 4:24lumière les nombreux dysfonctionnements.
- 4:28Du système judiciaire français, la négligence des personnes qui
- 4:30le composent va faire basculer l'affaire dans une autre
- 4:33dimension. Lors de cette matinée d'été, non
- 4:35loin de la ville d'Auxerre, dans l'Yonne, 2 frères agriculteurs
- 4:38longent le serein et signalent à la gendarmerie une odeur
- 4:42inhabituelle émanant d'un abri pour le bétail.
- 4:44Au milieu d'un champ, le gendarme Patrice urbain se rend
- 4:47sur place et découvre, sous une trentaine de centimètres de
- 4:50fumier, un corps en état de décomposition avancée.
- 4:54La victime ? Bâillonnée ?
- 4:56A les pieds et les mains liés, pas de doute, il s'agit d'un
- 4:59meurtre. Une jupe et un corsage sont
- 5:02retrouvés sur la scène de crime, ce qui porte à croire qu'il
- 5:04s'agit d'une femme. Sauf qu'elle semble être ici
- 5:07depuis plusieurs mois et cela rend impossible toute
- 5:09identification. Pour rappel, on est en 1981.
- 5:12Les premiers tests ADN qui sont réalisés par la police en France
- 5:13ne sont faits qu'à partir de 1984.
- 5:16Devant la gravité de la situation, l'enquête est confiée
- 5:17au chef de la brigade de la gendarmerie.
- 5:23Plus précisément à l'enquêteur nommé Christian Jambert.
- 5:27Sa première mission est d'identifier la victime.
- 5:30Il demande donc au dentiste de la région si la mâchoire
- 5:33correspond à celle d'une de leurs patientes.
- 5:34Ces efforts payent. L'un d'eux lui confirme qu'il
- 5:37s'agit d'une femme du nom de Sylviane Durand Lesage.
- 5:40Sylviane Durand Lesage est une jeune femme de 22 ans.
- 5:43Elle mène une vie relativement autonome, mais reste encadrée au
- 5:47quotidien. Atteinte d'une légère déficience
- 5:54mentale, elle avait été prise en charge par la DAS qui est la
- 5:57direction départementale des affaires sanitaires et sociales,
- 6:00puis accueillie et suivie par l'i ME, l'Institut médico
- 6:05éducatif d'Auxerre. Comme de nombreuses autres
- 6:08jeunes femmes suivies par ces structures, ces journées sont
- 6:11rythmées par des habitudes simples, des trajets réguliers
- 6:14et un cercle de relations assez restreint.
- 6:16Certains ont peu de contact avec leur famille et leur interaction
- 6:19se limite souvent à quelques visages familiers.
- 6:21Éducateur nourricier ou chauffeur, tous les jours, elles
- 6:26effectuent le même trajet en car pour se rendre à l'i ME.
- 6:29Dans les dossiers consultés par l'enquêteur, ce mode de
- 6:32transport revient régulièrement. Un détail qui, pris isolément,
- 6:35n'a rien d'inhabituel, mais qui commence à faire écho à d'autres
- 6:39affaires. À ce stade de ses recherches,
- 6:41Christian Jambert ne dispose d'aucune preuve formelle, mais
- 6:44il YA1 élément qui attire particulièrement son attention.
- 6:46Il a déjà croisé ce nom quelques années plus tôt dans une autre
- 6:50enquête. Celui de Émile Louis, chauffeur
- 6:54de quart dans la région, connu des familles et des structures
- 6:57spécialisés. Rien ne permet encore de
- 7:00l'impliquer, mais pour la première fois, un lien commence
- 7:03à se dessiner. Mais qui est donc ce chauffeur
- 7:05de quart qui intéresse Christian Jambert ?
- 7:10Chapitre 2, qui est Émile Louis ?
- 7:18Émile Louis est né le 26 janvier 1934 à Auxerre dans l'Yonne.
- 7:20Il est abandonné par sa mère à sa naissance et est placé en
- 7:23famille d'accueil. Sa mère adoptive est froide et
- 7:26autoritaire. Son père est artisan et c'est
- 7:28qu'à l'âge de 15 ans qu'il apprend que ce ne sont pas ses
- 7:32parents biologiques. À 16 ans, il incendie une
- 7:34grange, ce qui lui vaut un séjour en hôpital psychiatrique.
- 7:37Durant son adolescence, il subit des violences sexuelles lors
- 7:40d'une colonie de vacances et enchaîne les rendez-vous avec
- 7:43des psychiatres. Tous ont le même constat, il
- 7:48éprouve une haine profonde envers lui même et la gente
- 7:52féminine. En 1952, à l'âge de 18 ans, il
- 7:54s'engage dans la Légion étrangère et part pour la guerre
- 7:57d'Indochine pendant 2 ans. À 20 ans, il rencontre Chantal
- 8:00de l'agneau avec qui il se Marie et a 4 enfants, 2 filles et 2
- 8:05fils. Il devient par la suite
- 8:07chauffeur de quart, se sépare de son épouse pour vivre avec sa
- 8:11nouvelle compagne, Gilberte Binoche.
- 8:15Gilbert Binoche, élève, en plus de ses propres enfants, des
- 8:19enfants pupilles de la dass. Selon ses amis, Émile Louis est
- 8:22quelqu'un de serviable, gentil, toujours prêt à rendre service,
- 8:27parfaitement intégré socialement.
- 8:29Mais en privé, les personnes qu'il côtoie tiennent un tout
- 8:32autre discours. C'est le cas d'Alain et
- 8:34Jean-Pierre Weiss, abandonnés par leurs parents à la
- 8:37naissance. Ils vivent chez leurs
- 8:38grands-parents avec leur sœur Jacqueline jusqu'à leur 10 ans.
- 8:41Lorsque leurs grands-parents décèdent, ils sont placés par la
- 8:44dass chez Gilberte Binoche et Émile Louis.
- 8:47Ils décrivent une jeune femme douce, calme et attentionnée.
- 8:51À l'opposé, Émile Louis est connu pour son tempérament
- 8:54colérique et parfois violent. Pourtant, avec Jacqueline, son
- 8:57comportement semble différent. Ses frères racontent qu'elle est
- 9:00sa préférée. Il se montre proche d'elle.
- 9:03Tactile, presque affectueux, sans jamais éveiller les
- 9:07soupçons. Mais derrière cet apparent de
- 9:09proximité, un malaise existe. Jacqueline confie à son frère la
- 9:13peur qu'elle ressent lorsqu'elle se retrouve seule avec lui,
- 9:16notamment en voiture. Elle ne peut pas l'expliquer.
- 9:19Elle est terrorisée à l'idée de se retrouver en tête à tête avec
- 9:22son nourricier. À tel point qu'un jour, elle
- 9:24refuse de monter avec lui dans la voiture.
- 9:26C'est là qu'il se montre violent, il lui agrippe le bras
- 9:29et l'a fait monter de force. Jacqueline, toute frêle, est
- 9:32apeurée et ne peut que se plier aux directives d'Émile Louis.
- 9:36Jacqueline présente une déficience intellectuelle alors
- 9:40qu'elle a 16 ans. Ses capacités cognitives sont
- 9:42comparables à celles d'un enfant d'environ 8 ans.
- 9:44Elle est facilement influençable et manipulable.
- 9:47Son frère la décrit comme une fille fragile, très gentille
- 9:51mais un peu simplette. Le 4 avril 1977, à 18 ans,
- 9:55Jacqueline décide de prendre son envol.
- 9:56Elle rêve d'autonomie et d'indépendance.
- 9:57Elle vient de trouver un travail en tant que serveuse à 50 km de
- 10:02chez elle. C'est Émile Louis qui se charge
- 10:05de la déposer à la gare. Les mois passent et personne n'a
- 10:08de nouvelles de la jeune Jacqueline.
- 10:10Ses frères, très proches d'elle, sont inquiets.
- 10:20Sa nourricière, Gilberte décide de contacter le restaurant où
- 10:24elle était censée travailler. Au téléphone, on lui dit que la
- 10:27petite protégée ne s'est jamais présentée.
- 10:30Quelques semaines plus tard, une étrange carte postale arrive
- 10:33dans la boîte aux lettres de la famille Louis.
- 10:35Une carte postale signée par Jacqueline, affirmant qu'elle
- 10:39est bien arrivée et qu'elle commence bientôt son travail.
- 10:42Mais un détail met la puce à l'oreille de ses frères, la
- 10:45carte a été postée depuis la gare d'Auxerre et nom de la
- 10:48ville où elle est censée se trouver.
- 10:51Lorsqu'il questionne Émile Louis sur la disparition de
- 10:53Jacqueline, celui-ci s'énerve rapidement et coupe court à la
- 10:57discussion. L'inquiétude grandit.
- 10:59Gilberte décide de se présenter à la gendarmerie pour signaler
- 11:02la disparition de Jacqueline. Les gendarmes lancent un avis de
- 11:06recherche mais ne prennent pas réellement la situation au
- 11:08sérieux. Pour eux, c'est un classique.
- 11:10À cette époque, il s'agit probablement d'une fugue, elle
- 11:14A108 ans, elle est libre de faire ce qu'elle veut pour ses
- 11:17proches, cet argument n'est pas entendable.
- 11:19On le rappelle, ses capacités intellectuelles sont proches de
- 11:22celles d'un enfant, elles donnent facilement sa confiance,
- 11:25il suffit simplement d'être gentil avec elle pour qu'elle
- 11:27vous considère presque comme un ami.
- 11:29Malgré ça, la gendarmerie n'engage pas d'enquête et
- 11:32Jacqueline tombe dans l'oubli jusqu'en 1981, soit 4 ans plus
- 11:37tard. Chapitre 3, l'enquête de
- 11:46Christian Jambert en 1981, l'enquêteur jambert s'obstine
- 11:55jour et nuit pour tenter de résoudre cette affaire.
- 11:58Un jour, il décide d'étendre ses recherches afin de retrouver
- 12:01d'autres disparitions pouvant s'inscrire dans la même logique
- 12:04que celles déjà identifiées dans son travail.
- 12:06Une jeune fille de 16 ans disparue en 1979.
- 12:11Martine Renault avait déjà permis un premier rapprochement
- 12:15dans ses investigations. Martine était une adolescente
- 12:19gentille, naïve et surtout mal dans sa peau.
- 12:22À plusieurs reprises, elle fait timidement remarquer au
- 12:24chauffeur de car qui l'emmène à l'i ME que son comportement la
- 12:27dérange. Il soulève sa jupe et se permet
- 12:29de lui toucher la poitrine. Les autres jeunes filles
- 12:32présentes dans le car en sont témoins mais ne saisissent pas
- 12:35la gravité de la situation. Le 26 septembre 1979, elle
- 12:38quitte son foyer où elle est hébergée pour se rendre chez le
- 12:41dentiste. Elle ne reviendra jamais.
- 12:42Jean Bert découvre que d'autres jeunes femmes ont disparu, dont
- 12:46Jacqueline Weiss et une dénommée Chantal gras en 1977, Chantal
- 12:50gras A108 ans. Elle est la fille de Gisèle
- 12:52gras, une mère victime de violences conjugales de la part
- 12:55de son compagnon de l'époque. Cette instabilité dans son foyer
- 12:58lui coûte la garde de ses 2 enfants, dont Chantal.
- 13:05Les enfants sont confiés à la DAS et Chantal est scolarisé à
- 13:08l'i ME. Elle prend donc le car tous les
- 13:10matins afin de se rendre à l'établissement et tous les
- 13:13soirs pour rentrer chez sa nourrice.
- 13:15Selon une ancienne pensionnaire du Centre, Chantal était une
- 13:19très jolie jeune fille. Solaire est l'une des
- 13:22chouchouttes du chauffeur. Il adopte parfois un
- 13:24comportement étrange, voire malsain, allant de gestes
- 13:27insistants à une proximité troublante.
- 13:29Durant les trajets, il pose la main sur sa cuisse ou encore
- 13:33réajuste son rétroviseur. Pour mieux la regarder en
- 13:37conduisant ? Ce 22 avril 1977, Chantal rentre
- 13:43de l'école et informe sa nourrice qu'elle part se
- 13:46promener dans le quartier. On ne la reverra jamais.
- 13:48À ce stade de l'enquête, Christian Jambert ne cherche
- 13:55plus des cas isolés mais un schéma d'ensemble.
- 13:56Et plus les dossiers s'accumulent, plus un point
- 14:00commun revient avec insistance. Le chauffeur de quart, Émile
- 14:06Louis mais surtout, il est pas inconnu pour l'enquêteur.
- 14:10Jean Bert l'avait déjà interrogé quelques années auparavant, dans
- 14:13le cadre de la disparition de Martine Renaud.
- 14:16Dès lors, les coïncidences prennent une autre dimension.
- 14:18Pour le chef de brigade, les éléments ne relèvent plus du
- 14:21hasard, l'ensemble converge vers une même piste.
- 14:24Il décide alors d'interroger d'autres nourriciers.
- 14:27Il découvre pas moins de 3 disparitions supplémentaires,
- 14:30les sœurs Bernadette et Françoise Lemoine.
- 14:33Elles ont grandi dans un parcours similaire à celui des
- 14:36autres victimes, fait de placements, de structures, de
- 14:39repères qui changent au fil du temps, dans des trajectoires
- 14:42souvent instables. Leur lien prend une place
- 14:44particulière quand tout évolue autour d'elles, les lieux, les
- 14:48adultes, les habitudes. Il reste au moins un point
- 14:51d'ancrage, l'autre, ainsi que Madeleine de juste disparue à
- 14:55l'âge de 21 ans en juillet 1977. Le constat est lourd, 6 filles
- 14:58ont disparu, une autre est retrouvée morte.
- 15:04Il se rend aussitôt à l'i ME d'Auxerre afin d'échanger avec
- 15:07un salarié et tenter de comprendre ce qu'elles sont
- 15:10devenues. Sur place, il consulte les
- 15:12dossiers et peut repartir avec certains éléments.
- 15:14Il évoque alors l'hypothèse d'un suspect principal, le chauffeur
- 15:18de quart. Pour le salarié, aucun doute
- 15:20possible, il fait référence à Émile Louis, d'autant plus qu'il
- 15:24s'agit de son voisin. Selon lui, il s'agit de
- 15:27quelqu'un de respecter dans le quartier.
- 15:29Poli et investi dans la vie locale, Émile Louis est
- 15:32conseiller municipal. Il aime déjà beaucoup s'occuper
- 15:35des enfants puisqu'il se charge chaque Noël de la distribution
- 15:38des chocolats. Sa vie en société, son
- 15:41comportement avec ses proches, tout le rend absolument
- 15:44insoupçonnable. Chapitre 4, première
- 15:57interpellation. En décembre 1981, Émile Louis
- 16:06est enfin interpellé une première fois pour attentat à la
- 16:09pudeur. L'objectif de Lambert est clair,
- 16:11en profiter pour lui faire avouer le meurtre de Sylviane.
- 16:14Grâce aux nombreux témoignages recueillis, il le questionne sur
- 16:18le sujet et apprend que l'endroit où elle est retrouvée
- 16:20morte est un endroit qu'émile. Louis connaît bien puisqu'il s'y
- 16:23rend régulièrement pour pêcher. Cependant, il nie tout.
- 16:29Puis Lambert lui demande s'il connaît les autres filles.
- 16:31Il affirme que oui, car il les conduit tous les jours jusqu'au
- 16:35centre. Mais il tient des propos
- 16:36choquants qui laissent bouche bée les enquêteurs.
- 16:39Il les dénigre toutes, dépeint des portraits peu reluisants qui
- 16:43pourraient justifier leur disparition.
- 16:46Pour lui, ce sont des pauvres filles seulement intéressées par
- 16:49les garçons, voire pour certaines par la prostitution,
- 16:53sentant que les gendarmes commencent à faire de sérieux
- 16:56liens entre les disparitions des filles et lui même.
- 16:58Émile Louis met en place une stratégie.
- 17:01Il détourne l'attention des gendarmes sur une autre piste
- 17:03afin que les disparus ne soient plus le sujet principal de
- 17:06l'interrogatoire. Il donne aux enquêteurs ce qu'on
- 17:08pourrait appeler du grain à moudre en avouant avoir des
- 17:11pulsions sexuelles incontrôlables qui l'ont poussé
- 17:14à toucher des enfants que sa femme et lui accueillaient.
- 17:18Il se met même à pleurer. Avec le recul, c'est évident, il
- 17:21sait qu'il risque une peine beaucoup moins lourde s'il est
- 17:24seulement accusé d'agression sexuelle que d'enlèvement et de
- 17:28meurtre. Et devinez quoi ?
- 17:29Eh Ben ça fonctionne. Les gendarmes, par manque de
- 17:32preuves solides, se concentrent sur ses aveux partiels.
- 17:35J'admets avoir des problèmes, mais je ne suis pas un tueur.
- 17:39Leur seul chef d'accusation est l'attentat à la pudeur, qui est
- 17:43l'ancien terme juridique pour définir les agressions sexuelles
- 17:45qui, à l'époque, était moins lourdement sanctionné.
- 17:48Mais le 28 décembre 1981, Émile Louis est tout de même inculpée
- 17:52pour le meurtre de Sylviane Durand Lesage.
- 17:56Les enquêteurs décident de perquisitionner le domicile
- 17:58d'Émile Louis. Après avoir fouillé la maison,
- 18:01ils trouvent des vêtements similaires à se retrouver proche
- 18:03du corps de Sylviane, dont un morceau de Jean.
- 18:06Ils envisagent de les comparer avec les pièces à conviction
- 18:09retrouvées sur la scène de crime.
- 18:11Mais les gendarmes font face à un problème de taille, les
- 18:14pièces à conviction ont complètement disparu.
- 18:16Il y a aucune explication qui est fournie, c'est
- 18:19l'incompréhension totale, les conséquences et Ben l'affaire se
- 18:23solde par un non lieu. Entre-temps, il est jugé dans
- 18:26l'affaire des agressions sexuelles avouées.
- 18:29Le 17 mars 1983, après 2 ans de procédure, il est condamné à 5
- 18:31ans de prison pour attentat à la pudeur.
- 18:34Peine réduite à 4 ans en appel, il est donc libéré dès 1984.
- 18:39Cette sortie rapide s'explique par le fait qu'une partie de sa
- 18:41peine a déjà été effectuée avant le jugement, à laquelle
- 18:44s'ajoutent des remises de peine. Évidemment, c'est logique.
- 18:52À sa libération, il s'installe dans le Var, à Draguignan, dans
- 18:55un logement HLM. Chapitre 5, les premiers
- 19:01manquements judiciaires mais jambert ne lâche rien.
- 19:08Il est convaincu d'être sur la bonne piste et qu'Émile Louis
- 19:11est coupable. Il rédige un rapport complet de
- 19:14plusieurs pages qui recense notamment des témoignages de
- 19:17personnes et ayant connu les jeunes disparus.
- 19:19Il le soupçonne également d'alimenter un réseau de
- 19:21proxénétisme dans la région. Et d'ailleurs, j'en profite
- 19:24puisque je suis actuellement en en ce moment en train de lire ce
- 19:27livre qui parle de l'affaire Dunan qui s'est passé à
- 19:30Appoigny. C'est vraiment c'est une ville.
- 19:33Qui est collé à Auxerre ? Et l'enquêteur jambert pense
- 19:35qu'il YA1 lien entre cette affaire et Émile Louis, je vous
- 19:39en ferai certainement une vidéo dédiée si vous avez envie où il
- 19:41y a tout simplement 2 jeunes femmes qui elles aussi
- 19:43proviennent de la dass, qui ont été séquestrées par cette
- 19:46famille et ça s'est passé en 84, donc c'est vraiment exactement
- 19:48au même moment, c'est pour ça que c'est assez fou.
- 19:50La requête de jambert à travers ce rapport est clair, il veut
- 19:53l'ouverture d'une enquête judiciaire.
- 19:54René Meyer, procureur de la République à l'époque, considère
- 19:58que les éléments présents dans le rapport.
- 20:02Sont insuffisants pour ouvrir une enquête judiciaire.
- 20:06Viviane Josselin, ancienne greffière au tribunal d'Auxerre
- 20:08et sous le choc. Selon elle, la non ouverture
- 20:10d'une enquête après la lecture de ce rapport est une faute très
- 20:13grave. Comment ?
- 20:14Un rapport faisant état de meurtre et d'enlèvement.
- 20:17N'est pas pris à ce point au sérieux.
- 20:19Pire, René Meyer affirme que la priorité doit être donnée au
- 20:22contentieux routier. Selon lui, les excès de vitesse
- 20:24et l'alcool au volant sont responsables d'un nombre trop
- 20:27important d'accidents et doivent être traités en urgence.
- 20:30Dans cette logique, d'importants moyens sont mobilisés pour la
- 20:33sécurité routière, avec une multiplication des contrôles sur
- 20:36cette période. Parallèlement, l'affaire des 6
- 20:38jeunes femmes disparues passe au 2nd plan.
- 20:40Elle est alors considérée comme une affaire secondaire, voire
- 20:43comme une forme de gesticulation médiatico judiciaire.
- 20:47Les gendarmes, saisis de l'enquête, encaissent le coup.
- 20:49Pour eux, ils font face à un mépris social abject.
- 20:52Ces jeunes filles de la dass, handicapées pour la plupart, ne
- 20:55sont d'aucun intérêt et ne méritent pas de considération de
- 20:58la part des hautes instances. Christian Jambert se sent seul,
- 21:01impuissant, mais se bat pour ses filles.
- 21:04Oui, parce que jambert, c'est un enfant de la dass lui aussi, et
- 21:07il finit par être dessaisi de l'enquête.
- 21:10Son acharnement semble déranger sa hiérarchie qui décide de le
- 21:13muter dans la ville de Nevers. 13 ans ont passé depuis la
- 21:17remise du rapport de jambert et rien n'a bougé.
- 21:21Chapitre 6, l'arrivée d'un homme qui va tout changer, Pierre
- 21:24monnoir, en 10091961 homme va relancer la machine et redonner
- 21:32vie à l'enquête d'une manière extraordinaire.
- 21:35Pierre monoir quelques années auparavant, Pierre monoir
- 21:38s'intéresse aux centres qui prennent en charge des personnes
- 21:40en situation de handicap parce que son frère est lui même
- 21:44lourdement handicapé, monoir admet ne pas être en mesure de
- 21:47s'occuper de lui et éprouve une grande admiration pour les
- 21:51personnes qui y travaillent. En 1992, il fonde l'association
- 21:53de défense des handicapés de l'Yonne, la DHY, afin de
- 21:56défendre les droits des personnes handicapées et de
- 21:59dénoncer certains dysfonctionnements dans les
- 22:01institutions locales. C'est à ce moment qu'il fait la
- 22:05rencontre de Pierre Charrier, directeur et fondateur de la
- 22:07page L'association pour l'aide aux jeunes handicapés.
- 22:10Charrier crée plusieurs structures éducatives dans le
- 22:14département, dont l'Institut médico éducatif d'Auxerre.
- 22:21Ce qui lui vaut une reconnaissance et un respect
- 22:24important dans toute la région. Mais des rumeurs inquiétantes
- 22:27concernant l'i ME d'Auxerre commencent à circuler.
- 22:29Certains salariés dénoncent une ambiance pesante, toxique,
- 22:33notamment à cause de son directeur, Pierre Charrier.
- 22:36Son comportement auprès des jeunes filles est problématique
- 22:39et malsain. Il les surveille sous la douche
- 22:42et ces dernières n'osent même plus venir en jupe à l'école par
- 22:46peur d'être victime de gestes déplacés de sa part.
- 22:49La brûler, je crois. La douche était un jour en
- 22:51semaine, mais je me rappelle plus quel jour et que le père
- 22:54Charrier il va se promener et puis aller les regarder dans les
- 22:56douches. Vous trouviez ça bizarre quand ?
- 22:58Même hein ? Oui là là là oui.
- 23:00Parce que c'est une chose que je ne serais jamais permis hein.
- 23:03Ces ignobles agissements sont dévoilés au grand jour.
- 23:05En 1989, la presse locale révèle que Pierre Charrier a été arrêté
- 23:08et inculpé de viol sur une pensionnaire handicapée du
- 23:12centre. Cet événement est un tournant
- 23:14dans la suite de l'histoire. Certaines personnes se confient
- 23:18auprès de Pierre monnoir qui, via son association, a récolté
- 23:22des témoignages sur les disparus.
- 23:24Sous le choc, il décide de se pencher sur ses dossiers afin de
- 23:28comprendre l'origine des disparitions.
- 23:30Il contacte donc des employés de l'i.
- 23:32ME dans le but de trouver des informations dans leur archive.
- 23:35Après de longues recherches, il prend connaissance d'absences
- 23:39relativement étranges. Des documents signés de la main
- 23:42de Charrier attestant que les jeunes filles en question ont
- 23:45quitté l'établissement. Et qu'elles sont donc rayées de
- 23:48la liste des élèves ? Le motif est le même pour toutes
- 23:51les filles disparues, la fugue selon mon noir, c'est évident,
- 23:54on ne voulait pas qu'elle soit recherchée.
- 23:57Révolté, il contacte la DAS, le Conseil général, le Conseil
- 24:00régional, mais ses appels restent sans réponse.
- 24:03Sauf qu'ils ne lâchent rien, la situation est bien trop grave
- 24:06pour abandonner, il parvient à décrocher en 10091931.
- 24:10rendez-vous avec le substitut du procureur.
- 24:12Bertrand Delly, il lui fait part des disparitions de 4 élèves à
- 24:17l'i. ME qui ne sont pas signalées aux
- 24:18autorités, Chantal gras, Bernadette Lemoine, Madeleine de
- 24:22juste et Christine Marlot. Monsieur dailly envoie
- 24:26immédiatement une demande de renseignement à la DAS.
- 24:29Réponse de l'Adas, nous n'avons pas d'informations à ce sujet.
- 24:34Monnoir est abasourdi, comment c'est possible que rien ne
- 24:37bouge ? Malgré toutes ces
- 24:38sollicitations, il décide d'utiliser sa dernière
- 24:41cartouche. Alerte télémédia chapitre 7 la
- 24:48médiatisation de l'affaire il contacte la célèbre émission de
- 24:54l'époque, perdue de vue. En 1995, perdue de vue, c'est
- 24:56l'émission télé qui est présentée par Jacques Pradel et
- 24:59et diffusée sur TF1 au début des années 90.
- 25:01L'émission cartonne. Elle rassemble en moyenne 7 à
- 25:038000000 de téléspectateurs chaque mois.
- 25:06La production reçoit plus de 3000 lettres. 1400 cas ont été
- 25:14résolus, dont 305 à l'antenne. Pour Pierre monnoir, cette
- 25:18émission pourrait mettre en lumière l'affaire des disparus
- 25:20de l'Yonne et lever le voile sur tous les mystères qui gravitent
- 25:23autour. Il parvient grâce à son
- 25:25acharnement à décrocher un entretien avec des journalistes
- 25:28phares de l'émission. Stéphane munca, 25 ans à
- 25:31l'époque, sous l'insistance de Monnoir munca, se lance à la
- 25:35recherche des 4 disparus. Rapidement, il se rend compte
- 25:38que l'affaire s'annonce plus compliquée que prévu.
- 25:40Son mode opératoire est simple, il commence par contacter les
- 25:43mairies et la sécurité sociale pour récolter des informations
- 25:47de base. Mais là, stupeur, rien.
- 25:50Comme si ces jeunes filles n'avaient jamais existé.
- 25:53D'ailleurs, petite parenthèse, il faut savoir que pour la
- 25:55construction de la vidéo, on a essayé de récolter le maximum
- 25:58d'informations sur les différentes victimes pour
- 26:00pouvoir comprendre qui elles étaient pour pouvoir leur rendre
- 26:02hommage. Mais c'est vrai que ça a été
- 26:03très complexe, il y a très peu d'informations sur elles.
- 26:06Pendant des jours, munka va passer des centaines de coups de
- 26:08téléphone auprès de personnes qui les auraient côtoyés,
- 26:11famille, amis, connaissances. Le travail est titanesque.
- 26:15Il finit par retrouver la trace de Gisèle gras, la maman de
- 26:19Chantal, qui habite désormais Dijon.
- 26:21Ça fait plus de 20 ans que Chantal a disparu.
- 26:24Il part à sa rencontre et au fil de la discussion, la mère de la
- 26:27jeune fille lui confie une phrase troublante, Je savais que
- 26:30ma fille allait disparaître. Le chauffeur de car m'avait dit
- 26:32que lorsqu'elle aurait 18 ans, elle partirait.
- 26:34C'est à ce moment que Stéphane Munka découvre pour la première
- 26:37fois l'existence de ce chauffeur de car Émile.
- 26:42Louis mais ce nom ne lui est pas totalement inconnu.
- 26:45Quelques temps auparavant, Pierre monnoir lui avait remis
- 26:48plusieurs coupures de presse datant de l'époque, dont l'une
- 26:51évoquait déjà la condamnation d'Émile Louis pour attentat à la
- 26:54pudeur. Ni une, ni 2, monca appelle la
- 26:57gendarmerie d'Auxerre pour récupérer des infos sur ce
- 26:59chauffeur de quart. Il échange avec un lieutenant
- 27:01colonel qui va lui lire au téléphone l'intégralité du
- 27:05rapport d'enquête de jambert sur Émile Louis.
- 27:07Lors de la lecture du rapport, il découvre qu'il n'y a donc pas
- 27:10seulement 4 disparitions. Mais 6 et un meurtre, Stéphane
- 27:15munca veut absolument rencontrer ce Christian Jambert pour en
- 27:18savoir plus. Il parvient tant bien que mal à
- 27:20retrouver la trace de l'enquêteur.
- 27:22Il découvre quelqu'un de très malade qui a fait face à une
- 27:25sévère dépression et se relève d'une tentative de suicide.
- 27:28Sa mémoire lui fait défaut, de vagues souvenirs concernant les
- 27:32disparus lui reviennent, mais aucun concernant Émile Louis.
- 27:35Ce nom ne lui dit tout simplement rien.
- 27:38La déception de munca est grande.
- 27:40Il comptait beaucoup sur Jean Bert pour avancer dans son
- 27:42enquête. Le 25 mars 1996, Pierre Monnoir
- 27:44participe enfin à l'émission perdue de vue.
- 27:46L'objectif est simple, évoquer les noms des disparus pour
- 27:50lancer un appel à témoins. Elles sont citées une par une,
- 27:53mais il est bon de rappeler que c'est pas simplement des noms
- 27:56sur une liste. Malgré leur fragilité, elles
- 27:57avaient chacune leur histoire. Leur habitude ?
- 28:02Leur vie, des proches qui les aiment et attendent des
- 28:04réponses. Devant sa télévision, Cathy
- 28:07reçoit un véritable électrochoc lorsqu'elle entend le nom de sa
- 28:10belle sœur, Christine Marleau. Comme si le temps s'était
- 28:14arrêté. Elle qui regarde régulièrement
- 28:16l'émission avec son mari dans l'espoir que Christine finisse
- 28:19par la solliciter pour renouer les liens avec sa famille.
- 28:23Reste abasourdie. Ce moment qu'ils attendaient
- 28:26depuis tant d'années, presque comme une délivrance.
- 28:29Finit par devenir le pire jour de leur vie, un véritable
- 28:32cauchemar. Une fois les noms dévoilés, le
- 28:34standard de l'émission recense rapidement les contacts de
- 28:37quasiment toutes les familles, c'est pour dire la puissance de
- 28:40ce programme à l'époque. Et pareil, je fais une petite
- 28:43aparté là-dessus, mais on sous estime complètement la puissance
- 28:46des médias pour essayer de remettre en lumière certaines
- 28:49affaires. C'est pour ça que de mon côté
- 28:51par exemple, je fais souvent des affaires qui sont très connues
- 28:54et qui ont été élucidé, mais j'aimerais faire un peu plus.
- 28:58Des affaires comme des cold case.
- 28:59J'ai moi même dans mes proches justement quelqu'un qui est
- 29:02impliqué justement dans une affaire où on ne connaît pas le
- 29:04tueur plus de 20 ans après. Tout ça pour dire que je trouve
- 29:07ça très important de mettre en lumière justement parce que on
- 29:10le voit bien avec les émissions de l'époque ou même à l'heure
- 29:13actuelle aux États-Unis, il y a beaucoup d'affaires qui ont été
- 29:16élucidées avec des Youtubeurs trocranes qui en ont parlé.
- 29:19C'est pour ça que de reparler d'une affaire, de remettre en
- 29:22lumière les victimes de ce qui s'est passé, ça peut.
- 29:25Par hasard des fois faire ressurgir des témoins, vraiment
- 29:28la la puissance qu'on peut avoir tous ensemble en commun est
- 29:30énorme et c'est pour ça que si jamais il y en a certains
- 29:32d'entre vous qui m'écoutent qui sont liés de près ou de loin
- 29:35dans une affaire, un de vos proches a été victime de quelque
- 29:38chose ou quoi que ce soit et que vous souhaitez qu'on en parle et
- 29:40que je fasse une vidéo dessus avec votre accord évidemment
- 29:44pour essayer justement voilà de remuer un peu tout ça.
- 29:46Et Ben n'hésitez pas à me contacter avec mon adresse mail
- 29:48que Bah je vous afficherai juste ici.
- 29:50On sait jamais des fois on peut certainement arriver à faire
- 29:53quelque chose. Chapitre 8, les familles
- 29:58s'unissent après l'émission, Pierre Monnoir décide de convier
- 30:06toutes les familles chez lui. Il dresse un état des lieux de
- 30:09la situation et parvient à les convaincre de tous venir
- 30:12participer à une 2e émission. Lors de cette dernière, le
- 30:15présentateur Pradel recommande à monnoir un avocat.
- 30:19Pierre Gonzalez de Gaspard. Il s'associe et Pierre monnoir
- 30:22se met à travailler en étroite collaboration avec la juriste du
- 30:25cabinet de Pierre Gonzalez de Gaspard, Corinne Herrmann.
- 30:29Elle se voit confier la lourde tâche de rédiger une plainte au
- 30:32nom du cabinet d'avocats pour les familles des disparus.
- 30:35Sa première mission, récupérer le dossier complet de l'affaire
- 30:38auprès du Parquet d'Auxerre. Mais elle se retrouve face à un
- 30:41problème de taille, le dossier est prétendument perdu.
- 30:46L'ampleur médiatique que prend l'affaire dérange les autorités
- 30:49et les hautes instances de la région.
- 30:51Les institutions judiciaires et sociales accusent les missions
- 30:54de monter une fausse affaire. Pour elles, l'explication est
- 30:58simple, les jeunes filles ont fugué, tout simplement.
- 31:01Au passage, c'est pas la première fois que le département
- 31:03de l'Yonne est concerné par des affaires de pédocriminalité.
- 31:07D'autres criminels en série ont également sévi comme Michel
- 31:10Fourniret, actif dans la région dès les années 80, ou encore
- 31:13Ulrich monsterman. Qui était accusé du meurtre de
- 31:17Sylvie Baton en 89. En parallèle, Stéphane Munka
- 31:19continue d'échanger avec Christian Jambert pour obtenir
- 31:23de plus en plus d'informations. Ces discussions vont porter
- 31:26leurs fruits car au fur et à mesure, jambert recolle les
- 31:29pièces du puzzle et retrouve petit à petit la mémoire.
- 31:32Il va même le convaincre de venir raconter toute l'histoire
- 31:34à la télévision le 2 septembre 1996.
- 31:37Le rapport d'enquête de Christian Jambert avait été
- 31:39classé sans suite en 1984. Il est retrouvé 13 ans après par
- 31:47le parquet d'Auxerre. Suite à son apparition dans
- 31:50l'émission de Pradel, en juillet 96, les avocats convoquent la
- 31:53presse et se rendent au tribunal d'Auxerre avec les familles pour
- 31:57y déposer plainte avec constitution de partie civile.
- 32:00Christian Jambert est présent également.
- 32:02Le 4 août 1000, 91971 nouvel événement vient bouleverser
- 32:06l'affaire. Christian Jambert s'est suicidé.
- 32:10Il est retrouvé mort à son domicile.
- 32:12La mort d'une personne centrale dans l'enquête suscite
- 32:14rapidement des interrogations, d'autant plus que les
- 32:16circonstances de ce suicide paraissent pour le moins
- 32:19étranges. Selon les premiers éléments, il
- 32:21se serait donné la mort avec une carabine en se tirant non pas
- 32:25une, mais 2 balles dans la tête. Or, d'après les experts
- 32:28balistiques, la position de la détente d'une carabine rend
- 32:31extrêmement difficile, voire même impossible, de se tirer
- 32:35soi-même une balle dans la tête et encore moins 2.
- 32:38Le sermon noir ne croit pas à la théorie du suicide.
- 32:41L'affaire était sur le point de se terminer pour lui, il a été
- 32:44exécuté en 2004. Son corps sera même exhumé pour
- 32:48éclaircir cette suspicion de meurtre.
- 32:50Mais le rapport se termine là aussi par un non lieu.
- 32:59Chapitre 9, ouverture d'une enquête par la section de
- 33:02recherche de Paris. Le procureur de l'époque ne suit
- 33:04pas. Mais quand on pense que le
- 33:07procureur de notre époque non seulement n'a pas suivi, mais a
- 33:13refusé de suivre et a et a prétendu que nous ne devions pas
- 33:17aller plus loin, il a fallu monter devant la chambre
- 33:20d'accusation pour obtenir la possibilité de faire enfin
- 33:25avancer cette affaire. Mais tous les efforts de jambert
- 33:27vont finir par payer à l'automne 97.
- 33:30Le parquet d'Auxerre refuse d'instruire suite à la plainte
- 33:33pour enlèvement et séquestration.
- 33:35De l'Association des disparus de l'Yonne.
- 33:37Ils font donc appel à Paris, où le juge Benoît Lewandowski lance
- 33:42une enquête avec la section de recherche de Paris.
- 33:44La personne chargée de mener cette enquête est l'adjugeant
- 33:46Éric Barroux, il se fonde évidemment sur le rapport
- 33:50d'enquête de jambert. Il décide d'interroger les
- 33:52personnes qui ont été très proches de lui.
- 33:54Il apprend qu'Émile Louis a eu 4 enfants avec son ex compagne et
- 33:58rentre en contact avec l'une de ses filles, Marilyn vinet.
- 34:02Elle décrit son père comme un monstre sans sentiment et lui
- 34:06voue une haine profonde. Et pour cause, elle aussi a subi
- 34:09des violences sexuelles de la part de son père et a été
- 34:12séquestré dans une cabane similaire à celle où le corps de
- 34:15Sylviane Durand avait été retrouvé.
- 34:17Elle est d'une grande aide pour la jugeant barroux.
- 34:20Elle leur apporte des informations cruciales pour
- 34:22l'avancée de l'enquête. Elle leur fait part de
- 34:25l'existence d'un étrange coffre dans le garage de la maison
- 34:28familiale. Dans lequel il y a des vêtements
- 34:30qui n'appartiennent ni à elle ni à ses frères et sœurs.
- 34:34Elle les apporte à Éric Barroux afin qu'il puisse les présenter
- 34:37aux familles des disparus et voir s'ils les reconnaissent.
- 34:40Pour ces familles, ces objets sont pas des simples vêtements,
- 34:43c'est des fragments de vie suspendus, chargés d'espoir et
- 34:47de peur à la fois, dans une attente qui s'étire depuis trop
- 34:51longtemps. Marie Julien, la sœur de la
- 34:53disparue, Madeleine de juste, se voit présenter différents
- 34:56vêtements. Des sous vêtements, des robes,
- 34:58des pantalons. Mais rien ne lui évoque sa sœur,
- 35:02jusqu'à ce manteau rouge et noir.
- 35:05Elle est persuadée qu'il s'agit du manteau de Madeleine.
- 35:08Elle s'attarde sur un détail qui vient confirmer sa pensée.
- 35:11Elle est submergée par l'émotion lorsqu'elle reconnaît ce bouton,
- 35:14il ne ressemble pas aux autres. Il est légèrement de travers,
- 35:17recousu maladroitement par sa sœur qui avait tenu à le faire
- 35:21malgré son handicap. La technologie ADN ayant évolué
- 35:24depuis le début de l'affaire, dans les années 70, les
- 35:27gendarmes décident d'aller à la rencontre d'Émile Louis pour lui
- 35:29faire un prélèvement ADN. Et oui, parce que depuis tout ce
- 35:32temps, Émile Louis, il est dehors.
- 35:34En liberté depuis 1984, il vit toujours dans son petit appart à
- 35:38Draguignan, dans le sud de la France.
- 35:39Vous pensiez qu'il avait fait le dos rond pour laisser passer la
- 35:43tempête au sujet des disparus de l'YONNE ?
- 35:48Eh Ben pas du tout. Le 23 novembre 1989, il est
- 35:51condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan à 5
- 35:52ans de prison, dont un an assorti d'un sursis avec mise à
- 35:57l'épreuve pendant 3 ans pour attentat à la pudeur commis avec
- 36:00violence sur mineur, les enfants de ses voisins de camping,
- 36:05l'affaire des disparus de l'Yonne ayant retenti dans tout
- 36:07le pays, des journalistes se présentent également chez lui
- 36:09dans le but de l'interviewer. Et devinez quoi ?
- 36:12Il accepte. Un tueur en série qui accorde
- 36:18des entretiens à des journalistes pour la télévision,
- 36:21c'est rarissime. Mais à ce moment-là une autre
- 36:24réalité joue peut être en sa faveur.
- 36:27Les faits remontent à plusieurs années déjà et en matière
- 36:30criminelle, le temps peut devenir un allié redoutable.
- 36:33Contrairement à ce qu'on peut penser, la prescription c'est
- 36:36pas une rumeur ni une faille obscure du système, c'est une
- 36:39vraie règle réelle. Du droit dans son esprit.
- 36:42Une question a peut être déjà trouvé, sa réponse est-il encore
- 36:46possible de le poursuivre ou est-il désormais hors
- 36:49d'atteinte ? Toutes ces apparitions vont
- 36:51aider la police. Ils vont faire appel à des
- 36:54professionnels du comportement, des psychologues afin d'analyser
- 36:57son attitude verbale et non verbale.
- 36:59Il clame son innocence aux yeux du monde et se dit même être un
- 37:03bouc émissaire. Dans toute cette histoire, vous
- 37:05avez l'impression d'être un bouc émissaire aujourd'hui ?
- 37:07Oui, oui, oui. Le centre s'acharne sur moi et
- 37:14que j'y suis absolument pour rien.
- 37:15J'ai toujours clamé mon mon innocence.
- 37:17Ils déclarent même dans l'une d'entre elles, si l'enquête
- 37:20avait été bien faite dès le début, peut être qu'ils auraient
- 37:23trouvé quelque chose. Mais alors qu'est ce que ça
- 37:26voulait dire ? Ben j'aimerais discuter avec
- 37:28vous si. Non non alors écoutez encore
- 37:30cette affaire là alors foutez moi la paix avec ça.
- 37:32Éric Barroux regarde encore et encore toutes les émissions dans
- 37:35lesquelles Émile Louis est interrogé par des journalistes.
- 37:39Ça lui permet de bien analyser son comportement, ses réactions
- 37:42face aux différentes questions dans le but de préparer au mieux
- 37:45sa future garde à vue. Pendant ce temps, les analyses
- 37:49ADN réalisées avec les vêtements retrouvés chez Émile Louis ne
- 37:53donnent rien. Après plus de 3 ans d'enquête,
- 37:55il est temps. Éric Barrau a récolté assez
- 37:58d'éléments pour convoquer Émile Louis en garde à vue.
- 38:00Il est confiant parce que le dossier est solide.
- 38:03Mais un élément peut anéantir tout son travail, la
- 38:06prescription. Les faits remontent à 25 ans et
- 38:09à l'époque, la prescription est de 10 ans.
- 38:11Il y a donc un risque qu'Émile Louis passe une nouvelle fois
- 38:14entre les mailles du filet. C'est un coup de massue pour les
- 38:18familles. Le procureur admet même que si
- 38:20Émile Louis venait dans son bureau pour avouer les faits, il
- 38:24serait contraint de le laisser sortir libre.
- 38:26Chapitre 10, le début de la garde à vue ?
- 38:44Le 12 décembre 2000, Émile Louis commence sa garde à vue dans la
- 38:47gendarmerie de Draguignan. Il est confiant puisque sa toute
- 38:50première phrase de la garde à vue, et j'ai bien eu une
- 38:52notification de mes droits. Il fait ainsi évidemment
- 38:55référence à la prescription prévue par l'article 7 du code
- 38:58de procédure pénale selon laquelle les crimes étaient à
- 39:01l'époque prescrits après 10 ans. Il demande même à ce qu'on lui
- 39:05présente l'article. Pendant sa garde à vue, il est
- 39:08persuadé qu'il ne peut rien lui arriver.
- 39:11Il est sûr de lui. À tel point que sa 2e phrase
- 39:14sera, je vais vous expliquer l'affaire des disparus de
- 39:17l'Yonne. Et il passe aux aveux.
- 39:20Pendant plusieurs heures, il va avouer de sang froid avoir tué
- 39:23les 7 disparus de l'Yonne et raconter chaque meurtre un par
- 39:27un. Lors de ses passages à l'acte,
- 39:29il dit être possédé par une force, habité par une bestiole
- 39:33qui le pousse à faire quelque chose de mal à tuer.
- 39:36À aucun moment, il n'éprouve de remords de ses actes.
- 39:39Il ne se souvient même pas de tous les noms des jeunes femmes
- 39:43qu'il a tué. En revanche, il donne des
- 39:45détails sur les meurtres de chacune d'entre elles.
- 39:47Ces détails, que seul le tueur pourrait connaître, vont
- 39:50permettre aux enquêteurs de mettre un nom sur chacun des
- 39:53meurtres. Éric Barroux demande ensuite à
- 39:54Émile Louis de désigner, sur une carte, les emplacements de
- 39:57chaque corps. Il désigne un point proche du
- 39:59serein, la rivière où il avait l'habitude d'aller pêcher.
- 40:02Suite à cela, les gendarmes conduisent Émile Louis sur les
- 40:05lieux qu'il vient de désigner. Il leur indique la position des
- 40:097 victimes. Les gendarmes prennent
- 40:11soigneusement des notes pour la mise en place des fouilles.
- 40:13Quelques temps plus tard, la garde à vue se termine.
- 40:15Émile Louis est mis en examen pour enlèvement et
- 40:18séquestration, pas encore pour meurtre, parce que les corps
- 40:21n'ont toujours pas été retrouvés et doit être conduit au Palais
- 40:24de justice d'Auxerre. C'est la douche froide, lui qui
- 40:27pensait rentrer tranquillement à Draguignan au bout de 48 h.
- 40:31Arrivé au tribunal, Émile Louis rencontre son avocat pour la
- 40:34première fois. Il lui annonce qu'il a très peu
- 40:36de chances pour qu'il reparte libre.
- 40:39Émile Louis panique. Pour lui, c'est impossible.
- 40:41Il décide subitement de se rétracter et déclare avoir
- 40:44raconté n'importe quoi aux gendarmes afin de leur dire ce
- 40:47qu'ils souhaitaient entendre. Et que de toute façon, il y a
- 40:51prescription. L'étau se resserre et la peur
- 40:53apparaît soudainement dans les yeux de l'homme qui n'éprouvait
- 40:56jusqu'alors aucune émotion. Les fouilles commencent le 15
- 40:59décembre 2000 dans la commune de Rouvray.
- 41:00Les recherches sont très compliquées et les chances de
- 41:03retrouver les corps sont minces. On rappelle, c'était y a 25 ans,
- 41:06mais les équipes mobilisées ne lâchent pas, elles savent
- 41:09qu'elles sont proches du but. Il suffit de retrouver au moins
- 41:12un corps pour pouvoir accuser Émile Louis de meurtre.
- 41:14Après 3 jours de recherche, un squelette est découvert à l'un
- 41:18des emplacements. Désignée par Émile Louis, la
- 41:21victime est bâillonnée et a les mains et les pieds liés.
- 41:24Les recherches se poursuivent jour et nuit.
- 41:26À certains endroits, les enquêteurs découvrent des
- 41:28vêtements de femmes, sans retrouver de corps.
- 41:31Quelques jours plus tard, un 2e corps est mis au jour.
- 41:34Sur les 7 disparus, seuls 2 corps seront retrouvés, ceux de
- 41:38Madeleine, de juste et Jacqueline Weiss.
- 41:41Pour leurs proches, c'est une forme de soulagement mêlée à une
- 41:44douleur intacte. Au moins, il YA1 lieu.
- 41:48Une réalité, quelque chose pour commencer à faire le deuil.
- 41:51Mais malgré tout, les Frères de Jacqueline continuent à vivre
- 41:54avec le sentiment de ne pas avoir su la protéger.
- 41:56Une culpabilité sourde qui ne les quitte plus depuis tant
- 41:59d'années. Il y a plus aucun doute pour
- 42:01personne, Émile Louis est responsable de la mort des
- 42:04disparus de l'Yonne. Même son avocat lui recommande
- 42:07d'arrêter de nier les faits, ça ne sert plus à rien.
- 42:10Mais Émile Louis n'en fait qu à sa tête.
- 42:12Un mois plus tard, il est convoqué devant le juge
- 42:14d'instruction et ni jusqu'au bout.
- 42:32Chapitre 11, l'heure des procès. À l'époque des faits, les crimes
- 42:38sont prescrits. Après 10 ans, ça peut paraître
- 42:41complètement fou, hein, ça je vous l'accorde, mais c'était
- 42:44c'était dans la loi. Cependant, ce délai ne commence
- 42:47pas forcément le jour de la disparition.
- 42:49Il repart à 0 à chaque acte d'enquête ou d'instruction dans
- 42:53cette affaire, certains actes judiciaires ont ainsi repoussé
- 42:57la prescription. Ce qui veut dire que, en 2001,
- 42:59une instruction récente de moins de 10 ans doit absolument être
- 43:01trouvée par les avocats des familles.
- 43:04Pour le maintenir en détention. Bingo, il retrouve une lettre du
- 43:08procureur adressée à la direction des affaires sociales
- 43:11et sanitaires, datée de 93. Les avocats consultent la Cour
- 43:14de cassation afin de s'assurer que la lettre suffit à rompre la
- 43:16prescription. La réponse est oui.
- 43:19Il s'en est fallu de peu, mais Émile Louis peut bel et bien
- 43:22être jugée devant la Cour d'assises.
- 43:23Au même moment, sa dernière épouse, Chantal paradis, elle
- 43:26aussi en situation de handicap mental, décide de prendre la
- 43:30parole. Jusqu'alors, elle ignorait tout
- 43:33du passé de son mari. Quelques jours plus tard, elle
- 43:36dépose plainte, l'accusant de viol et d'actes de torture
- 43:39commis sur elle même ainsi que sur sa fille, âgée de 14 ans au
- 43:43moment des faits. Émile Louis est de nouveau
- 43:45interrogé en garde à vue et, comme à son habitude, avoue tout
- 43:48avant de se rétracter. En mars 2004, à Draguignan, son
- 43:52premier procès s'ouvre enfin. Il doit répondre de ses actes
- 43:55concernant la plainte de son ex femme, Chantal paradis.
- 43:59Il continue bien évidemment de nier les faits.
- 44:01Des amis du couple sont appelés à la barre pour témoigner et
- 44:04affirment avoir été violentés par Émile Louis.
- 44:07Il conteste de manière très bancale en disant qu'il
- 44:10s'agissait de ses maîtresses. Le verdict tombe, 20 ans de
- 44:13prison incompressible. Il décide de faire appel. 8 mois
- 44:16plus tard, le procès tant attendu concernant les disparus
- 44:19de l'Yonne débute. Il ne suit toujours pas les
- 44:22conseils de son avocat et nie absolument tous les faits qui
- 44:25lui sont reprochés. Il déclare même dans le box des
- 44:28accusés, j'en ai marre qu'on m'emmerde avec ces histoires.
- 44:31Le Président de la Cour d'assises décide d'emmener de
- 44:33nouveau Émile Louis sur les lieux où les 2 cadavres ont été
- 44:36retrouvés. On lui demande de montrer de
- 44:39nouveau les emplacements qu'il a indiqués.
- 44:40Après son interpellation en décembre 2000, Émile Louis
- 44:44Redésigne exactement les mêmes zones.
- 44:47Alors qu'il dément toute implication dans cette affaire,
- 44:49le Président lui demande alors, comment est ce possible que 2
- 44:52corps se trouvent exactement là où il les a emmenés ?
- 44:56Il se justifie en certifiant avoir vu des gens enterrés des
- 44:59sacs au même endroit. C'est peu convaincant.
- 45:03Pendant le procès, les avocats des familles font passer des
- 45:06photos des corps retrouvés. Évidemment, un moment
- 45:09insoutenable pour elle. Alors qu'Émile Louis sourit et
- 45:12ne montre pas une once d'émotions ou de culpabilité.
- 45:15Il ne baisse même pas le regard face aux familles.
- 45:19Le verdict tombe, Émile Louis est condamné à la perpétuité
- 45:23avec une peine de sûreté de 22 ans.
- 45:25Le maximum possible. Il décide donc à nouveau de
- 45:29faire appel le premier appel concernant sa condamnation pour
- 45:33viol et torture auprès de son ex femme et de sa fille.
- 45:37Ne se passe pas comme prévu pour le boucher de l'Yonne, puisqu'il
- 45:39prend 10 ans supplémentaires en 2006.
- 45:42Le procès en appel de l'affaire des disparus de l'Yonne est
- 45:45conclu par un maintien de la peine de prison à perpétuité
- 45:49pour l'homme. Âgé maintenant de 72 ans.
- 45:51Il est incarcéré à la fameuse maison d'arrêt d'Ensisheim, en
- 45:54Alsace, où il sera aperçu en train de jouer à la pétanque.
- 45:57Avec qui ? Avec Guy Georges et Francis
- 46:00Hollande. Il meurt 7 ans plus tard, en
- 46:022013, à l'âge de 79 ans. Chapitre 12, les conséquences de
- 46:16l'affaire malgré sa mort, l'affaire des disparus de
- 46:22l'Yonne n'a jamais véritablement été une affaire classée.
- 46:25Les conséquences de cette histoire sont considérables.
- 46:28D'abord pour les victimes qui ont eu le malheur de croiser la
- 46:31route d'un homme comme Émile Louis.
- 46:33Ce sont des femmes qu'on a trop peu écoutées et de leur vivant
- 46:36comme après leur disparition, puis pour leur famille, rester
- 46:39plus de 20 ans sans réponse. Et encore aujourd'hui, 5 corps
- 46:43n'ont jamais été retrouvés. Il y a quand même une
- 46:45ressemblance, on peut pas voir si c'est un garçon ou une fille,
- 46:50là c'est pas facile étant donné qu'on voit pas.
- 46:55Mais aussi pour la justice française et son système
- 46:58judiciaire. Qui a permis à un tueur de vivre
- 47:01plus de 20 ans sans être inquiété.
- 47:03Le 1 mars 2001, Marylise Lebranchu, alors ministre de la
- 47:07justice, a rendu public le rapport de l'inspection générale
- 47:10des services judiciaires sur le traitement fait par la justice
- 47:14de l'affaire des disparus de l'Yonne.
- 47:15Elle déclare alors, le monde de la justice se sent aujourd'hui
- 47:19touché et responsable. Elle confirme que le parquet
- 47:22d'Auxerre n'a pas réussi à exploiter des éléments réunis de
- 47:25longue date à l'encontre d'Émile Louis.
- 47:28Le rapport de. Section détaille l'enchaînement
- 47:30des erreurs. À 5 reprises, entre 79 et 96, le
- 47:35parquet d'Auxerre a bloqué ou classé des procédures, malgré le
- 47:39travail des gendarmes. Habituellement, les rapports de
- 47:42l'inspection de ces services restent confidentiels.
- 47:45C'est la première fois que la justice fait preuve d'une telle
- 47:47transparence. En le rendant public,
- 47:50l'institution judiciaire reconnaît enfin ses erreurs.
- 47:53Elle parle d'inefficacité de la justice, d'échec patent.
- 47:57Ou encore de déficience institutionnelle.
- 47:59Marylise Lebranchu souligne un indéniable fonctionnement
- 48:02défectueux de l'institution judiciaire, susceptible
- 48:06d'entraîner d'éventuelles sanctions disciplinaires contre
- 48:09les magistrats mais aussi d'engager la responsabilité de
- 48:12l'État pour faute lourde. En 2001, la ministre de la
- 48:15Justice saisit le Conseil supérieur de la magistrature. 4
- 48:19magistrats sont reconnus coupables et sont sanctionnés.
- 48:22Ils déposent tous un recours et cela fonctionne.
- 48:26Les sanctions sont levées. Certains évoquent également
- 48:29l'hypothèse d'un complice dans l'entourage d'Émile Louis.
- 48:33En 1984, il reçoit en effet une lettre l'avertissant qu'il est
- 48:35suspect numéro un dans une affaire de disparition d'enfant,
- 48:38au moment même où le rapport de Jambert le concernant vient
- 48:41d'être transmis au tribunal d'Auxerre.
- 48:43Reste alors une question, qui a pu transmettre cette
- 48:46information ? 1/2 siècle plus tard, l'histoire
- 48:48continue de hanter, alors que l'on pensait ne plus jamais
- 48:52retrouver d'autres corps en 2018.
- 48:56Dans le bois de rouvray tristement appelé le cimetière
- 48:58d'Émile Louis, un chasseur tombe sur ce qui s'apparente à un
- 49:01crâne humain. En 2022, Les tests ADN
- 49:03permettent d'identifier ce crâne comme étant celui de Marie
- 49:05Jeanne Ambroisine coussin. Marie Jeanne était elle aussi
- 49:08une enfant de la dass. Elle disparaît en 1975 et comme
- 49:11pour tous les autres, son absence ne donne lieu à aucune
- 49:13véritable réaction à l'époque. Avec le temps, son nom s'efface
- 49:16des préoccupations comme celui d'autres jeunes femmes passées
- 49:18par les mêmes structures. Elle illustre cette réalité, des
- 49:25vies déjà peu visibles de leur vivant et qu'ils deviennent
- 49:28encore moins une fois disparus. Tout laisse à penser qu'elle
- 49:31serait la 8e victime d'Émile Louis.
- 49:33La justice décide de relancer des fouilles en 2025, plus de 50
- 49:36ans après le début de l'affaire, plus de 448 militaires sont
- 49:39mobilisés et retrouvent 2 chaussures et des vêtements
- 49:41appartenant à une femme, ainsi qu'un vélo.
- 49:44Lors des fouilles, l'adjuge en chef Stéphane Plougnant décède
- 49:46tragiquement d'un accident avec une pelleteuse.
- 49:52Les fouilles sont reportées une première fois pour l'automne
- 49:542025, avant d'être de nouveau reportées au printemps 2026.
- 49:57Injustement, on retient presque toujours le nom du coupable et
- 50:06beaucoup moins ceux des victimes.
- 50:08Et trop souvent, on oublie ceux qui ont refusé de détourner le
- 50:12regard. Des hommes comme Christian
- 50:14Jambert, Pierre Monnoir, Stéphane Munca ou encore Éric
- 50:16Barroux se sont battus pour que les disparus de l'Yonne ne
- 50:21soient jamais réduites au silence.
- 50:25Mais cette affaire dépasse largement le seul nom d'Émile
- 50:28Louis. Elle révèle le mépris dont
- 50:30peuvent être victimes les personnes les plus vulnérables.
- 50:32Elle met en lumière les failles d'une justice censée protéger
- 50:36mais qui ici a trop longtemps ignoré, douté et laissé faire.
- 50:41Pendant des années, ces jeunes femmes ont disparu dans
- 50:43l'indifférence, comme si leur absence comptait moins.
- 50:47Et au fond, c'est peut être là le véritable scandale.
- 50:51Merci d'avoir suivi cette vidéo jusqu'au bout.
- 50:53Merci de votre soutien sur Youtube sur les différentes
- 50:56plateformes de podcast. Merci à mon sponsor revolut avec
- 50:59le lien en description, vous avez 20€ offerts à la création
- 51:01de votre compte et vous pouvez faire partie d'un tirage au sort
- 51:04pour tenter de gagner 10000€. Merci à tous, c'était neoxy et
- 51:08son équipe.