Latest / L'état d'esprit / Plus de propos, moins de promo : comment créer vraiment de la confiance ? François Guillot, Agence Angie,
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- 0:01Bonjour et bienvenue dans l'état d'esprit.
- 0:04A travers chaque rencontre avec mon invité,
- 0:07nous explorons le pouvoir de la parole.
- 0:10Une parole qui éclaire,
- 0:12qui engage et qui parfois répare.
- 0:15Pourquoi certaines paroles de dirigeants donnent confiance quand d'autres sonnent immédiatement faux ?
- 0:21Dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit,
- 0:23je reçois François Guillot,
- 0:25expert de la communication,
- 0:27vice-président de l'agence Engie.
- 0:29Depuis de nombreuses années,
- 0:31vous accompagnez des organisations et des dirigeants sur leur prise de parole,
- 0:35leur influence et leur capacité à créer de la confiance.
- 0:40Bonjour François Guillaume.
- 0:41Bonjour Olivier Quiraud.
- 0:42Bonjour François.
- 0:43Donc qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la communication dans votre métier ?
- 0:48J'y suis tombé un peu par hasard,
- 0:50comme beaucoup de personnes.
- 0:51Je n'ai pas fait d'études de communication.
- 0:52Moi j'ai fait de l'économie.
- 0:53Je m'intéressais beaucoup au domaine des entreprises.
- 0:56Et j'ai fait un troisième cycle en affaires publiques.
- 0:58Alors les affaires publiques,
- 1:00c'est un peu de politique,
- 1:01un peu de diplomatie,
- 1:02un peu de juridique et un peu de communication.
- 1:05Et j'avais deux professeurs en troisième cycle,
- 1:07Anne-Marie Le Bévillon,
- 1:08qui à l'époque travaillait chez Informations et Entreprises,
- 1:11et Gilles Achache,
- 1:13qui m'ont tous les deux donné envie de faire de la communication.
- 1:15Et j'ai validé ce troisième cycle par un stage dans une agence de relations publiques qui,
- 1:20à l'époque,
- 1:20s'appelait Hillenolton.
- 1:23C'est ça qui m'a donné envie de faire de la communication.
- 1:25En fait,
- 1:25c'est d'abord deux enseignants qui étaient des intervenants professionnels,
- 1:29et ensuite une pratique...
- 1:33appliquée,
- 1:34opérationnelle,
- 1:35dans une agence où je trouvais qu'on faisait des choses concrètes,
- 1:38intéressantes,
- 1:39qui résonnaient beaucoup avec des réflexions personnelles que j'avais.
- 1:43Je me demandais toujours,
- 1:44quand je voyais des publicités,
- 1:46pourquoi on parle comme ça,
- 1:47quelle est l'intention derrière.
- 1:49Et en fait,
- 1:50d'être dans l'envers du décor de la communication m'a énormément plu.
- 1:54Ça a résonné en moi.
- 1:55Je me suis dit que c'était effectivement ce que j'avais envie.
- 1:58de faire,
- 1:58mais je n'y étais pas intéressé précédemment,
- 2:00sinon j'aurais visé quelque chose comme le Salsar,
- 2:02mais ce que je n'ai pas fait.
- 2:03Mais quelque part,
- 2:04quand on parle d'affaires publiques et d'influence,
- 2:07ça se rapproche ?
- 2:07Ah oui,
- 2:08ça se rapproche,
- 2:08et très vite été attiré par les mécaniques d'influence dans le débat public et dans la communication,
- 2:14en général,
- 2:14oui.
- 2:15Vous êtes donc quelque part dirigeant aussi,
- 2:18et vous conseillez des dirigeants.
- 2:20Est-ce que le fait d'avoir cette double casquette,
- 2:22si je puis dire,
- 2:23vous permet d'avoir un regard un peu différent ou une meilleure compréhension du dirigeant ?
- 2:29Alors la compréhension du dirigeant,
- 2:31je pense qu'elle s'acquiert quand même principalement avec de l'expérience.
- 2:35Quand on conseille un dirigeant sur sa présence sur LinkedIn par exemple,
- 2:39je pense qu'il est fondamental de bien comprendre sa relation personnelle voire intime avec l'idée d'être exposé dans le débat public ou d'avoir une forme d'exposition,
- 2:52d'être sous la lumière des spotlights.
- 2:55Dans la communication des entreprises,
- 2:56pendant très longtemps,
- 2:58C'est quand même,
- 2:58je pense qu'il faut qu'on se le dise,
- 3:00le vivant heureux,
- 3:00vivant caché qui a prédominé.
- 3:02C'est beaucoup moins vrai aujourd'hui,
- 3:04je m'en félicite.
- 3:05Et je pense qu'une des toutes premières questions qu'il faut poser à un dirigeant quand on aborde le sujet de sa communication,
- 3:11qui aujourd'hui va de plus en plus se faire sur LinkedIn pour des raisons très naturelles,
- 3:15je pense qu'on comprend bien,
- 3:17c'est en fait,
- 3:19ça vous met à l'aise tout ça ?
- 3:20Quel est votre rapport avec le fait d'être une personne exposée ?
- 3:26Et on peut se rendre compte que beaucoup de dirigeants,
- 3:29en réalité,
- 3:30ne sont pas du tout à l'aise avec ça,
- 3:32ne sont pas des communicants nés,
- 3:34ce qui ne veut pas dire qu'ils ne feront pas le job,
- 3:36mais il y a une dimension très intime et personnelle sur laquelle il faut travailler avec eux.
- 3:40Et comment fait-on pour conserver une certaine tonalité,
- 3:44une certaine sincérité du dirigeant ?
- 3:46Je pense que c'est en réalité la meilleure réponse,
- 3:50c'est d'avoir la relation avec le dirigeant.
- 3:53Si on ne l'a pas,
- 3:54le discours va très vite.
- 3:55être désincarné.
- 3:58Et si le discours est très désincarné,
- 3:59ça va très vite se voir.
- 4:01Ça ne veut pas dire que ça ne marchera pas,
- 4:03parce que en réalité,
- 4:04ça marche toujours assez bien,
- 4:05la communication des dirigeants sur les réseaux sociaux,
- 4:07mais c'est ça qui va faire la différence,
- 4:09et c'est ça qui va faire la singularité.
- 4:11C'est la capacité à incarner un propos qui est le sien,
- 4:18et peut-être pour reprendre un adage que j'aime bien,
- 4:21à avoir plus de propos.
- 4:23être plus dans le propos et moins dans la promo.
- 4:25Cette question se posait même avant l'arrivée de l'intelligence artificielle qui,
- 4:31effectivement,
- 4:32renforce encore cette question puisqu'on voit de plus en plus de postes de dirigeants dont de toute évidence,
- 4:41ils ont été écrits à l'aide d'une IA.
- 4:44A mon avis,
- 4:45ce type de contenu dégrade la prise de parole plus qu'il ne crée de la valeur.
- 4:52Je vous dis...
- 4:53que vous avez une sainte horreur de la langue de bois ou la novlangue corporate et pourquoi les...
- 5:00Des entreprises ou certaines entreprises ont encore du mal à parler simplement.
- 5:07C'est vrai qu'il peut y avoir des risques à la communication,
- 5:09il ne faut pas le nier non plus.
- 5:11Une prise de parole dans les médias où on livre des informations qu'on ne devrait pas livrer,
- 5:16ça peut être catastrophique.
- 5:18Donc la communication,
- 5:19il faut quand même...
- 5:21c'est bien de s'ouvrir,
- 5:22c'est bien de se connecter,
- 5:23c'est bien d'être dans la réalité des besoins des publics,
- 5:28mais ça se...
- 5:29le travail,
- 5:29ça s'encadre.
- 5:30Je ne sais pas si ça se contrôle,
- 5:32je n'aime pas trop ce mot-là,
- 5:37mais ça se manage.
- 5:40Une prise de parole qui a été,
- 5:43on va dire,
- 5:44un raté,
- 5:46un échec,
- 5:47une catastrophe,
- 5:48est-ce qu'il y a,
- 5:48j'irais dire,
- 5:50des points communs ?
- 5:52Et puis après,
- 5:52une prise de parole où tout a bien fonctionné.
- 5:55Voilà,
- 5:55c'est quoi les différences ?
- 5:57C'est quoi les...
- 5:59les bons usages ou les bonnes choses à mettre en place ?
- 6:02Alors,
- 6:03si on revient à la communication du dirigeant,
- 6:07je pense qu'il y a un très bon exercice à faire à eux,
- 6:11et ça rejoint aussi ta question sur l'incarnation,
- 6:15le style.
- 6:16Il y a un très bon exercice à faire qui est celui des postures de communication qu'on peut envisager avec eux.
- 6:25Moi,
- 6:25j'aime bien faire un exercice qui est de leur...
- 6:27Montrer six différentes postures de communication avec des exemples derrière parce qu'il ne faut pas que ce soit qu'un télo conceptuel mais vraiment très appliqué.
- 6:37On leur montre une posture ambassadeur.
- 6:39Qu'est-ce que c'est la posture ambassadeur ?
- 6:41C'est celui qui relaye,
- 6:44met en contexte,
- 6:45éclaire les grandes actualités,
- 6:47décisions et initiatives de son entreprise et qui va mettre un peu de son empreinte personnelle dedans.
- 6:52Pour moi,
- 6:53ce que mon entreprise vient de faire est important parce que...
- 6:56Donc qui donne un peu de sens avec un point de vue personnel,
- 7:00mais à partir de l'agenda de l'entreprise.
- 7:03Ça,
- 7:03c'est une posture.
- 7:04Il y a une autre posture,
- 7:05par exemple,
- 7:06je ne vais pas faire les six,
- 7:07mais une autre posture,
- 7:09c'est le patron en action sur le terrain.
- 7:12Notamment pour mobiliser les équipes internes,
- 7:14ce qui peut être un objectif important pour la communication sur les réseaux sociaux.
- 7:19On est sur le terrain,
- 7:20on montre qu'on est en dynamique,
- 7:21qu'on a fait un espèce de jeu de billard à trois bandes,
- 7:24ou en félicitant les équipes
- 7:26pour leur travail publiquement,
- 7:28on crée de l'énergie en interne.
- 7:31C'est très facile en communication.
- 7:32En réalité,
- 7:33ce n'est pas forcément là qu'on apporte le plus de valeur,
- 7:35mais on crée quand même de la valeur en interne en faisant ça.
- 7:39Il y a la posture d'expert,
- 7:41il y a la posture visionnaire,
- 7:43la posture du débatteur,
- 7:45la posture peut-être un peu plus intime ou personnelle.
- 7:48Et en fait,
- 7:49en faisant cet exercice des différentes postures,
- 7:52on peut cadrer avec le dirigeant quelle est sa bonne...
- 7:55sa bonne personnalité de communicant.
- 7:59Et une fois qu'on a trouvé la bonne personnalité du communicant,
- 8:02il y a toutes les raisons finalement d'avoir une bonne communication.
- 8:05Donc pour moi,
- 8:05la mauvaise communication,
- 8:07entre guillemets,
- 8:08c'est celle où la posture est mal définie,
- 8:11où le discours est relativement générique,
- 8:14pas différencié de la communication corporate,
- 8:18multi-sujets,
- 8:19alors qu'un dirigeant a priori doit se centrer sur un,
- 8:22deux ou trois sujets,
- 8:24messages,
- 8:25ou combat,
- 8:26donc ce serait une communication éparpillée,
- 8:29générique,
- 8:31pas incarnée,
- 8:32etc.
- 8:32Alors que ce qu'on cherche à faire,
- 8:36c'est tout l'inverse.
- 8:38Et puis après,
- 8:38il y a bien sûr l'enjeu de faire durer cette communication dans le temps.
- 8:44Quand on a une histoire qu'on raconte sur plusieurs années,
- 8:49comme ça arrive quand on accompagne certains dirigeants,
- 8:51elle n'en a que plus de force,
- 8:53d'illustration,
- 8:54de preuves.
- 8:55Et donc c'est aussi là qu'on va réussir la communication.
- 8:59C'est un mix entre des idées de communication,
- 9:03parce que sur LinkedIn,
- 9:04je pense que c'est très important d'avoir des bonnes idées pour la communication.
- 9:09Tiens,
- 9:09on va rebondir sur tel truc là,
- 9:11etc.
- 9:12Et là,
- 9:12les phénomènes de viralité sur les réseaux sociaux peuvent nous aider à avoir beaucoup d'impact à un moment T.
- 9:21Et donc l'impact,
- 9:21il peut être sur le moment,
- 9:22mais l'impact,
- 9:23il est aussi sur la durée.
- 9:24Et donc je pense que c'est dans un mix des deux qu'on crée de la valeur.
- 9:28C'est quoi une communication qui marche et qui a un impact ?
- 9:32Est-ce qu'on l'explique ou est-ce que c'est une question d'algorithme ?
- 9:36Ou bien il y a autre chose derrière ?
- 9:38Alors,
- 9:39j'allais dire excellente question pour faire une réponse,
- 9:43pour le coup,
- 9:44qui serait trop générique si je m'arrêtais là.
- 9:47Alors effectivement,
- 9:48sur les réseaux sociaux,
- 9:49on est très...
- 9:50très influencés par les données visibles,
- 9:57comme les likes,
- 9:59d'une manière générale...
- 10:00les engagements.
- 10:01Mais bon,
- 10:02dans la statistique,
- 10:0390%
- 10:03des engagements sont des likes.
- 10:09Et donc,
- 10:09on va avoir,
- 10:10bon,
- 10:11ça va dépendre de là où se situe le dirigeant,
- 10:14mais voilà,
- 10:14je ne sais pas,
- 10:14si on a
- 10:15500 likes,
- 10:16par exemple,
- 10:16c'est difficile de dire que ça n'a pas marché.
- 10:19Surtout que 500 likes,
- 10:20ça veut dire probablement
- 10:2250 ou 100 fois plus de personnes qui ont vu le message.
- 10:25donc c'est pas très difficile d'avoir
- 10:29Un grand nombre de personnes qui voient un message,
- 10:31maintenant,
- 10:31ce n'est pas parce qu'on vous a mis un like que le message est véritablement passé.
- 10:38Il a quand même plus de chances d'être passé si j'ai des milliers de likes que si j'en ai zéro.
- 10:43Donc ça ne veut pas non plus rien dire.
- 10:46Mais il faut quand même regarder les choses d'un point de vue qualitatif.
- 10:48Et bien là,
- 10:49tout va dépendre de l'entreprise,
- 10:51du dirigeant,
- 10:52etc.
- 10:53Si on analyse...
- 10:54Si on prend des échantillons des personnes qui ont interagi avec un poste,
- 10:57on va très souvent trouver qu'il y a beaucoup d'internes.
- 11:01Pourquoi pas ?
- 11:02Mais du coup l'enjeu c'est est-ce que c'est vraiment que l'interne que je veux toucher ?
- 11:07Ça peut être consécutif du fait que si le discours est auto-centré sur l'entreprise,
- 11:14finalement c'est assez normal que ce soit des collaborateurs qui réagissent.
- 11:19Donc il faut aussi être en capacité.
- 11:22de s'ouvrir sur le monde,
- 11:23c'est-à-dire de répondre à des besoins des publics,
- 11:26de partir du problème pour apporter des éléments de réponse ou de solution.
- 11:33Si le discours du dirigeant,
- 11:34c'est « chez » ,
- 11:35non de l'entreprise,
- 11:37on a toutes les chances de n'intéresser que l'interne.
- 11:41Donc pour répondre à ta question,
- 11:45il y a une valeur algorithmique,
- 11:46c'est sûr,
- 11:47et les chiffres ne veulent pas rien dire.
- 11:49Ce serait presque trop facile de dire « on s'en fiche du nombre de likes » ,
- 11:52ce n'est pas vrai.
- 11:54Néanmoins,
- 11:54il faut quand même gratter derrière pour voir qui on est en capacité de toucher.
- 11:58Le sujet,
- 11:58c'est très souvent,
- 12:00parce que ce n'est pas difficile encore une fois de toucher l'interne,
- 12:02le sujet c'est d'intéresser véritablement l'externe.
- 12:05Et c'est là où on retombe sur ce qu'on disait tout à l'heure,
- 12:07plus de propos,
- 12:08moins de promos,
- 12:10une ouverture sur le monde,
- 12:11un discours qui soit sincère,
- 12:13pas générique,
- 12:15etc.
- 12:15C'est en réunissant toutes ces conditions qu'on s'ouvre à l'externe et qu'on crée de la valeur.
- 12:19L'intelligence artificielle,
- 12:21bonne ou mauvaise chose ?
- 12:23La question est ultra simpliste et je l'avoue.
- 12:27Mais quand on est dans une agence de communication,
- 12:31on se dit quoi ?
- 12:31On se dit ça peut être un plus ou ça présente un risque ?
- 12:35Non,
- 12:36forcément ça doit représenter un plus,
- 12:39ne serait-ce que parce que l'intelligence artificielle,
- 12:42quand on le regarde en tant que management de l'agence,
- 12:47ça améliore la...
- 12:48productivité des équipes.
- 12:49Donc c'est forcément un plus dans la capacité à délivrer et dans la productivité économiquement parlant également.
- 13:00Maintenant,
- 13:00il faut regarder de très près comment elle est utilisée.
- 13:03Si on parle de rédaction par l'intelligence artificielle,
- 13:07c'est quelque chose dont,
- 13:08effectivement,
- 13:09moi,
- 13:09je vais plutôt naturellement me méfier parce que tout dépend de la manière dont on prompte et je trouve qu'on reconnaît très facilement...
- 13:17Merci.
- 13:18Il y a de l'IA bashing pour une raison.
- 13:22Si les gens commentent sur les réseaux en disant « ça c'est de l'IA » ,
- 13:27c'est parce que ça transpire quelque chose d'artificiel pour le coup.
- 13:32Ça enlève quoi de l'authenticité,
- 13:34ce qu'on se disait au départ ?
- 13:35Ouais,
- 13:35en fait ça crée des contenus.
- 13:37Le risque c'est que ça crée des contenus,
- 13:39si on parle vraiment de la rédaction par l'intelligence artificielle,
- 13:42le risque c'est des contenus ultra génériques,
- 13:44émojis diffusés.
- 13:46chez machin,
- 13:47fiers d'eux,
- 13:47et on a tous les poncifs de la communication.
- 13:50Et c'est presque même la checklist de tout ce qu'il faut éviter dans la communication.
- 13:56Cette checklist,
- 13:56on l'obtient en disant à n'importe quel intelligence artificielle,
- 14:00fais-moi un post LinkedIn sûr,
- 14:02sans autre forme de procès,
- 14:04sans dire à qui on parle,
- 14:06sans dire quelle est l'intention de la communication,
- 14:10sans lui dire voilà ce que doit retenir la personne qui va lire le post.
- 14:15Moi,
- 14:15à titre personnel,
- 14:16j'écris très peu avec l'intelligence artificielle.
- 14:20Je lui demande de
- 14:22« challenger » ce que je vais avoir écrit pour un dirigeant si je ne suis pas complètement à l'aise avec ce que je suis en train de produire.
- 14:32Donc l'intelligence artificielle comme « sparring partner » ,
- 14:36effectivement,
- 14:37évidemment,
- 14:38mais l'intelligence artificielle comme « rédacteur de confiance » .
- 14:43Absolument pas.
- 14:44Et du coup,
- 14:44ça renforce quoi l'idée de la notion de confiance,
- 14:48soit d'un dirigeant,
- 14:49soit d'une entreprise ?
- 14:51Il faut en particulier très bien former les populations juniors qui rejoignent le monde de l'entreprise.
- 15:00Il y a une expérience,
- 15:01un œil critique,
- 15:02une discipline intellectuelle,
- 15:05une structure de communication qu'il faut avoir bien acquis pour être en capacité de faire tourner intelligemment et avec de la valeur une intelligence artificielle.
- 15:17Donc ça c'est un gros sujet,
- 15:19une crainte que je peux avoir et que beaucoup ont,
- 15:22c'est de voir arriver dans le monde du travail des jeunes,
- 15:26entre guillemets,
- 15:27qui vont faire tourner.
- 15:29des IA parce que voilà,
- 15:30on a le résultat tout de suite,
- 15:31mais sans œil critique.
- 15:32Donc la confiance va venir de la capacité à critiquer.
- 15:39Donc ça,
- 15:39c'est un élément de réponse sur le volet faire confiance à l'IA ou à ceux qui manient les IA.
- 15:46Maintenant,
- 15:46comment l'IA peut nous aider à créer de la confiance avec les publics ?
- 15:53L'IA ou sans IA d'ailleurs,
- 15:54mais tout ce qu'on vient de se dire.
- 15:56est-ce que
- 15:57Comment justement on arrive à créer une confiance envers,
- 16:00encore une fois,
- 16:01les dirigeants de l'entreprise en utilisant ou pas l'intelligence artificielle ?
- 16:05Je pense qu'on crée de la confiance quand on montre une bonne compréhension des enjeux,
- 16:13des sujets,
- 16:13des problèmes,
- 16:15de ce qu'il y a dans la tête des personnes auxquelles on s'adresse.
- 16:21Mais ça c'est la base de la communication,
- 16:23être capable de porter les lunettes.
- 16:25avec lequel notre interlocuteur voit le monde.
- 16:29Une capacité bien évidemment à répondre à ces sujets,
- 16:33à apporter des réponses à des problèmes,
- 16:37des solutions à des enjeux,
- 16:40etc.
- 16:41Mais ce qui se fait aussi par la reconnaissance de ce qu'on est capable de faire et pas capable de faire.
- 16:48Donc c'est là aussi où la communication doit être sincère.
- 16:54Plutôt humble,
- 16:55mais je pense qu'il y a une bonne demande d'humilité dans les entreprises.
- 17:00Aujourd'hui,
- 17:01le monde est tellement incertain,
- 17:02volatile,
- 17:04que la communication trop ronflante,
- 17:07trop sûre d'elle-même,
- 17:09a beaucoup de mal à trouver sa résonance.
- 17:11Et c'est elle,
- 17:12je pense,
- 17:13qui ne crée pas de confiance.
- 17:15Donc la confiance vient aussi en disant « voilà ce que je sais et voilà ce que je ne sais pas » .
- 17:19Quel rôle peut jouer le collaborateur d'une entreprise dans tout ce...
- 17:24Cet univers,
- 17:26cet environnement,
- 17:26est-ce qu'il peut renforcer la crédibilité ?
- 17:29Oui,
- 17:30un collaborateur d'une entreprise a une capacité à créer de la confiance,
- 17:35en particulier sur une question qui est « est-ce que ma boîte est une bonne boîte ? » .
- 17:40Ça,
- 17:40n'importe quel collaborateur de n'importe quelle boîte est crédible.
- 17:46Quand il dit
- 17:47« oui, ma boîte,
- 17:48c'est vraiment une bonne boîte,
- 17:49parce que la culture se signe,
- 17:51le management,
- 17:52mon patron » .
- 17:55l'expérience,
- 17:56les perspectives de carrière.
- 17:58Sur la question de la carrière,
- 18:00sur la question de la marque employeur,
- 18:03tout le monde a une capacité à créer de la confiance.
- 18:06C'est pour ça que la discipline de l'employé advocacy s'est énormément développée depuis une dizaine d'années et qu'elle a très souvent un prisme marque employeur qui n'est pas le seul sujet de l'employé advocacy mais qui est un sujet important.
- 18:22pour la raison que je viens d'exposer.
- 18:25Après,
- 18:25on a différentes catégories de collaborateurs.
- 18:29Chacun va être plus ou moins crédible selon son domaine métier,
- 18:34selon son expertise.
- 18:37Certains vont être super crédibles pour parler de l'impact environnemental de leur entreprise,
- 18:42d'autres sur la cybersécurité ou les infrastructures IT.
- 18:49Chacun d'entre nous n'est pas un spécialiste de tout.
- 18:52On peut avoir un,
- 18:53deux ou trois domaines d'expertise à titre personnel ou à titre professionnel.
- 18:58Donc on va encourager les collaborateurs à se centrer sur les domaines sur lesquels ils sont en capacité de créer de la confiance,
- 19:06parce qu'ils en sont les experts.
- 19:08Et donc ce qu'on remarque dans cette grande discipline de l'employé ad hoc et s'y,
- 19:11c'est que de plus en plus,
- 19:13on va se concentrer sur l'encouragement d'une prise de parole.
- 19:18Bien évidemment sincère,
- 19:20authentique,
- 19:22spontanée mais accompagnée,
- 19:26qui vise davantage à faire créer du contenu par les collaborateurs qu'à faire amplifier un contenu prêt à l'emploi.
- 19:36En gros,
- 19:36le sujet,
- 19:37ce n'est pas tellement d'avoir une plateforme qui permet de republier un truc tout fait et de créer de l'effet perroquet,
- 19:44ce qui me semble aujourd'hui et fort heureusement très contesté.
- 19:48Dans les entreprises,
- 19:49le sujet c'est peut-être d'être moins dans l'amplification et davantage dans la création de contenu parce que c'est quand on fait créer du contenu à des collaborateurs,
- 19:57en particulier sur LinkedIn,
- 19:59que...
- 20:00On crée de la valeur et que ces collaborateurs créent de la confiance avec leur père,
- 20:04leur environnement,
- 20:06leur écosystème.
- 20:07Le sujet aujourd'hui,
- 20:09c'est d'identifier des personnes qui ont une expertise.
- 20:11Et peut-être que le sujet,
- 20:12c'est de passer de l'employé d'advocatie à l'experte d'advocatie,
- 20:16puisque les experts sont des créateurs de contenu qui parfois s'ignorent.
- 20:20Et notre boulot,
- 20:21peut-être,
- 20:21c'est de faire en sorte qu'ils le sachent.
- 20:24Ce podcast se termine.
- 20:26En général,
- 20:27la dernière question que je pose,
- 20:28c'est quel est l'état d'esprit qui vous ou qui t'anime au quotidien ?
- 20:35Et je vais en rajouter une petite.
- 20:37Est-ce que l'étudiant en affaires publiques se dit « Tiens,
- 20:41c'est dommage,
- 20:41j'aurais pu faire autre chose »
- 20:43ou finalement se dit « Tiens,
- 20:44j'ai bien fait de faire ce choix-là » ?
- 20:46Moi,
- 20:46je suis ravi des choix métiers que j'ai faits qui sont en l'occurrence très stables puisque je n'ai connu que deux employeurs.
- 20:54Dans ma vie professionnelle qui approche les
- 21:0029 ans,
- 21:04donc deux agences,
- 21:06je pense que mon profil est un profil de conseil en communication et les agences dans lesquelles je l'ai exercé,
- 21:13IE d'abord,
- 21:14ANJI ensuite,
- 21:14sont des agences indépendantes,
- 21:17ce qui est très important à mes yeux.
- 21:20Et en revanche,
- 21:21ce n'est pas parce que je n'ai eu que deux employeurs que j'ai toujours fait le même métier.
- 21:24On dit toujours qu'on change de métier plusieurs fois dans sa vie,
- 21:27ça va être encore plus vrai pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail aujourd'hui et encore encore plus vrai pour ceux qui naissent en 2026.
- 21:38J'ai eu l'occasion de faire évoluer mon métier en prenant en compte les enjeux du numérique et différentes,
- 21:46en accompagnant et en cherchant à renforcer certaines transformations de la communication.
- 21:51Et si je devais dire,
- 21:52voilà ce que j'ai fait dans ma carrière finalement,
- 21:55au-delà d'accompagner des dirigeants,
- 21:57gagner des contrats,
- 21:58créer de la valeur économique pour mes employeurs,
- 22:02etc.
- 22:03Ça a été de porter des convictions sur la transformation du métier de la communication vers une communication,
- 22:12j'espère,
- 22:13moins bullshit et plus sincère,
- 22:16plus incarnée avec les dirigeants,
- 22:18avec les collaborateurs,
- 22:19avec les...
- 22:21les experts au travers de l'advocatie,
- 22:25plus digital,
- 22:27même si on pense ce qu'on veut des réseaux sociaux et de comment ils auront transformé la civilisation.
- 22:33Voilà,
- 22:34si je dois être un peu moins positif sur un point,
- 22:36c'est pas tant vis-à-vis de l'étudiant en affaires publiques que j'étais,
- 22:41que du jeune professionnel qui a découvert les blogs en 2005 et qui s'est dit « c'est incroyable,
- 22:46c'est génial ce truc-là,
- 22:48ça va transformer tellement de choses positivement » .
- 22:50Bon.
- 22:51C'était les blogs,
- 22:51ensuite c'était le web 2.0,
- 22:53après c'était les réseaux sociaux,
- 22:55les médias sociaux,
- 22:56les plateformes,
- 22:57etc.
- 22:58Les grandes promesses civilisationnelles de ces grandes transformations numériques nous ramènent aujourd'hui à des débats sociaux et civilisationnels qui nous dépassent largement,
- 23:15mais qui nous interrogent aussi beaucoup la désinformation,
- 23:19la civilisation.
- 23:20Des fake news,
- 23:22l'abrutissement par la répétition de contenu dans des feeds de plus en plus addictifs,
- 23:27ce sont des sujets qui,
- 23:28à titre perso,
- 23:29tout à fait perso,
- 23:30me travaillent énormément.
- 23:34Mais ne m'empêche pas,
- 23:35ne remette pas en question cette conviction professionnelle,
- 23:38c'est-à-dire que je vais quand même avoir envie de défendre le bon usage des réseaux sociaux plutôt que de considérer que les réseaux sociaux,
- 23:46les médias sociaux,
- 23:46les plateformes...
- 23:47C'est le mal.
- 23:48Je ne pense pas que ce soit le mal avec un grand M.
- 23:50Tout dépend de ce qu'on en fait.
- 23:51Donc à chacun d'entre nous d'en avoir un usage positif.
- 23:55Et je pense que mon métier me permet de favoriser des usages positifs dans les entreprises.
- 24:03Et justement,
- 24:04une dernière question sur tout ce qui est des informations,
- 24:07deepfake avec l'intelligence artificielle,
- 24:11tous ces éléments-là qui se multiplient.
- 24:13Comment on conseille aux entreprises de...
- 24:18de maîtriser,
- 24:18de faire attention ?
- 24:19Je ne sais pas si on maîtrise,
- 24:21mais je pense que justement,
- 24:22les entreprises,
- 24:23en tant que tiers de confiance vis-à-vis des publics,
- 24:26ont un rôle d'autant plus important sur la proposition d'une information,
- 24:32bien sûr vérifiée,
- 24:36mais aussi stable,
- 24:39qui élève le niveau plutôt que d'essayer de copier les derniers modes.
- 24:44Je pense que les entreprises ont ce rôle-là.
- 24:49Elles doivent être des îlots de terre ferme dans un monde de plus en plus liquide.
- 24:54Alors,
- 24:54est-ce que ça change la pratique de la communication ?
- 24:57Je ne suis pas sûr que ça la change en tant que telle,
- 25:00mais ça redéfinit leur rôle.
- 25:02Elles ont un rôle qui est en réalité absolument fondamental.
- 25:07Quel est tes esprits,
- 25:07donc,
- 25:08t'animes au quotidien ?
- 25:10Un état d'esprit enthousiaste,
- 25:12positif,
- 25:13très heureux de faire le métier que je fais,
- 25:16qui est un métier qui suscite une grande stimulation intellectuelle,
- 25:21mais qui est aussi un métier où on fait des choses très concrètes.
- 25:26Pour moi,
- 25:26la meilleure des récompenses,
- 25:27c'est voir une publication ou un contenu qu'on a eu l'idée de faire à l'agence,
- 25:33qu'on a créé,
- 25:34c'est souvent très collectif.
- 25:38disait quand j'écris,
- 25:39mais ce n'est pas toujours moi qui écris,
- 25:41évidemment,
- 25:41la meilleure des récompenses,
- 25:42c'est de proposer un contenu à un client dont on voit qu'il va trouver son public,
- 25:48qu'il va marcher,
- 25:48qu'il va apporter de la valeur,
- 25:50et puis qu'il va modifier la façon de voir les choses d'un certain nombre de personnes,
- 25:57y compris d'ailleurs par le client lui-même,
- 26:00quand on l'aide à dire ce qu'il est,
- 26:02c'est la meilleure des récompenses.
- 26:04Merci beaucoup François pour cet échange.
- 26:05Merci Olivier pour cette interview.
- 26:08Merci d'avoir écouté l'état d'esprit.
- 26:10Retrouvez prochainement une nouvelle rencontre autour d'une parole qui est claire,
- 26:14qui engage ou qui répare.
- 26:16En attendant,
- 26:18réécoutez sur les bonnes plateformes de podcast d'autres épisodes de l'état d'esprit.