Latest / Les invités de Radio des Ballons / Exposition sur le "Lynx Boréal" à l'espace nature et culture du Haut du Them Château Lambert
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- Laurent Seguin, avec sa double casquette maintenant de président du conseil départemental de Haute-Saône, mais aussi toujours président du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Laurent, tu es là aujourd'hui, venu à Château-Lambert, parce qu'il y a une exposition un petit peu exceptionnelle qui s'adresse à quelqu'un. Effectivement, chaque année, on vient à cette époque inaugurer une exposition à Château-Lambert, à l'espace nature-culture, donc c'est un lieu du département dans lequel on trouve une équipe du parc, une équipe de la réserve des Ballons Comtois, une équipe de Natura 2000 et la maison de la nature des Vosges saunoises, à titre associatif. Et donc, chaque année, on inaugure une exposition. Elle va rester toute l'année autour d'un programme d'animation. Cette année, c'est une exposition assez exceptionnelle qui nous a été mise à disposition par l'association Lorin et qui parle du lynx, du lynx boréal, c'est-à-dire le lynx qui occupe une partie de notre territoire et, en tout cas, qui est présent dans les forêts du massif des Vosges. Le lynx qui a été réintroduit en quelle année ? Alors, le lynx, il y a eu des tentatives de réintroduction dans les années 80-90. Les individus relâchés à l'époque ont été victimes d'accidents routiers, ont été victimes aussi de braconnage parce que la communication sur ce qu'est l'espèce, sur ce qu'elle n'est pas aussi, ça véhiculait encore des peurs. Et donc, on peut le dire, il y a eu du braconnage. Donc, sur les individus relâchés à cette époque, aucun n'a survécu. Et de toute façon, aujourd'hui, ils seraient morts de vieillesse. Par contre, il y a des populations naturelles qui arrivent dans le massif des Vosges par deux biais. D'un côté, par le massif du Palatina, au nord des Vosges du Nord, donc d'Allemagne, qui arrivent jusqu'à nous. Parce qu'un lynx peut faire un long voyage pour trouver un territoire qui lui convient. Et aussi une population qui arrive de la Suisse et du Jura. Dans le Jura, on pense qu'il y a environ 200 lynx, alors que dans le massif des Vosges, il y en a une bonne dizaine. Voilà, donc des populations qui arrivent naturellement et qui ont trouvé des territoires à leur convenance. Parce que le lynx, effectivement, n'a pas toujours été le bienvenu. Le lynx, à une époque, a été persécuté, il a été piégé, on le chassait aussi pour sa fourrure. Et puis, il y avait des mythes et des légendes autour du lynx qui faisaient qu'il n'avait pas une bonne réputation. Aujourd'hui, les mentalités ont évolué et on sait que le lynx, c'est ce superprédateur qui peut participer à l'équilibre des populations. Alors des herbivores, certes, telles que le chevreuil, mais aussi des méso-carnivores, telles que le renard, telles que la martre. On sait par ailleurs qu'elles nous causent certains problèmes lorsqu'elles sont trop nombreuses dans un massif. Donc aujourd'hui, le lynx, finalement, n'en parle plus, d'ailleurs. Je crois qu'on peut encore en parler parce que le débat reste ouvert. Mais aujourd'hui, le lynx semble plus facilement accepté qu'il y a 30 ou 40 ans. Il y a un autre grand carnivore qui arrive sur le massif des Vosges et ailleurs en France, c'est le loup. Et c'est vrai que les débats qui sont aujourd'hui autour du loup font oublier le lynx, et tant mieux pour lui. Le loup, là, ça semble plus problématique. En tous les cas, les batailles, je dirais presque, sont plus fortes. Alors le loup, bien sûr, ce n'est pas le même prédateur. Le fait qu'il vive en meute alors que le lynx, lui, vit de façon très solitaire. Et le loup, parlons-en dans la mythologie, dans le conscient des gens, c'est le chaperon rouge. C'est encore une autre... Il y a vraiment de la communication à faire pour faire accepter cette espèce comme l'est le lynx aujourd'hui. Il y a aussi le fait que le loup, par rapport aux pratiques agricoles qui ont évolué dans le temps... Le pastoralisme, autrefois, c'était avec un gardien, un berger. Aujourd'hui, les moutons dans les pâtures, il n'y a plus forcément l'argent pour mettre un berger. Il y a d'autres solutions qui sont étudiées avec les patous, avec toute une série de mesures pour faire accepter aussi le loup. Mais on sait aussi que parfois, il faut prélever des individus qui ne se comportent plus comme des loups. Un loup doit rester sauvage et, par définition, éloigné des maisons et dans les massifs forestiers profonds. On sait que, quelquefois, les loups s'approchent des fermes, rentrent même. Quelquefois, ça a été vu dans une étable. On peut considérer qu'un loup qui agit comme ça n'est plus un loup et qu'il doit être prélevé. Et maintenant, un peu hors sujet, Laurent Seguin avec sa double responsabilité. Comment se passe la vie de Laurent Seguin ? Laurent Seguin n'a pas trop le temps d'y penser pour parler comme Alain Delon. Mais effectivement, ça se passe bien. J'ai des bonnes équipes autour de moi, que ce soit au département de la Haute-Saône, des excellents vice-présidents aussi à qui je peux déléguer des choses. Et au niveau du Parc des Ballons, pareil, on a une équipe de grande qualité, un directeur qui bosse énormément, des chargés de mission. Et puis, là aussi, des vice-présidents, on agit de façon très solidaire, en fait. Donc, je dirais que oui, tout se passe bien. On te reverra de temps en temps ici ou à Fauconnier ? À Fauconnier, c'est toujours mon domicile, contrairement à ce que pensent certains. Et donc, je suis falconien et je le reste, bien sûr. Mais oui, je suis bien sûr très souvent sur le Parc des Ballons des Vosges, dans la vallée de la Moselle, que tu connais bien, Raymond, mais aussi dans la vallée de Bruchens, dans la vallée d'Oignons et sur ce territoire qui est aussi ma bouffée d'oxygène des week-ends où je me promène chaque fois que je le peux. Merci, Laurent. Merci, Raymond. Marie-Claire Thomas, conseillère régionale, vous êtes aujourd'hui ici à Châteaulambert, donc pour la région à l'extrême nord de la région. On vous y voit quand même de temps en temps et notamment ici à Châteaulambert parce que c'est un site un petit peu particulier et tout de même assez extraordinaire. Oui, qu'il y ait une maison de la nature, un lieu pareil, un lieu d'éducation pour les enfants, pour ceux qui veulent découvrir la nature. Je pense que c'est déjà extraordinaire et important. Je l'ai dit, c'est essentiel. C'est comme ça qu'on arrivera à faire comprendre et à expliquer à quel point nous faisons partie du vivant et que c'est une chaîne qui doit continuer et qui doit tous nous lier. Une exposition sur le lynx pour l'été. Le lynx n'a pas toujours été trop bien accepté, d'ailleurs. Non, non, non, il était en concurrence avec les humains. C'est dommage, c'est dommage parce qu'on en voit pourtant tous les bienfaits. À chaque fois qu'il y a la réintroduction d'une espèce qui est prédatrice, on voit toute la chaîne derrière, toute la cascade trophique qui arrive et qui permet la renaturation des espaces, la renaturation des rivières et même le renouveau des sédiments et tout ça. Ça nous permet, après nous, de boire de l'eau claire, d'avoir une forêt qui est un espace de vie et non pas un musée.