Latest / Déclic / " Il n’y a que toi qui peux savoir si c’est bon pour toi " - Vanessa Seconde, le portrait Déclic.
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- Laure Hambenne: créer ou transmettre ? Créer. Couleur ou noir et blanc ? Couleur. Intuition ou réflexion ? Intuition. Un talent que tu as mis du temps à reconnaître chez toi J'en ai trop ! Une chose que tu n'oses pas encore Etre à 100 % artiste. La faillite. ta définition d'une vie sans Maintenant. Vanessa, bienvenue sur Déclic toi et moi, on s'est rencontrés il y a plusieurs années à l'école. Et puis, la vie nous a un peu éloignés. je t'ai retrouvée dans un centre de beauté il y a 15 ans. Et je te retrouve aujourd'hui dans cet atelier. est-ce qu'il y a un fil rouge derrière ces étapes de vie dans lesquelles j'ai eu la chance de te rencontrer ? Je pense que mon fil rouge, c'est les couleurs. Depuis toujours, depuis toute petite, mais sans que je m'en rende compte. Et c'est un peu plus tard que je me suis rendue compte qu'en fait, la couleur était mon fil conducteur. La couleur, OK. Et pour toi, si on reprend par exemple la Vanessa que j'ai rencontrée à l'école. Est-ce qu'elle se serait doutée du chemin qu'elle allait parcourir ? Non, pas du tout. Vraiment pas. Même si j'étais déjà au Beaux-Arts, je ne pensais pas que ça allait vraiment devenir mon métier, ma vraie vie. non. Et tu peux nous dire, adolescente, qui tu es si tu veux dire en trois mots, ton adolescence. Compliquée, rebelle, en colère. Ok, et donc c'est quoi cette période-là d'adolescence ? Comment toi tu la vis ? Comment tu te sens ? Je me sens pas à ma place. Je me sens beaucoup plus âgée que l'âge que j'ai et beaucoup moins insousciante que les copains et les copines autour de moi, pour la plupart. Et donc... À ce moment-là, avant de rentrer dans la vie si tu te replonges, qu'est-ce qui se passe dans ta vie ? Quelles sont les prises de conscience ? Qu'est-ce que tu fais concrètement ? Ado, je suis très vite responsabilisée, à 17 ans, je vis en kot je fais ma popote. C'est déjà des responsabilités qui sont différentes, évidemment, de... un ado classique. Je perds cette insouciance, mais quelque part j'ai envie de devenir quelqu'un, sans avoir entre guillemets les bons codes, les bonnes connaissances. Je me perds un peu dans ma vie parce que je veux l'expérimenter avec un objectif que je pense être le bon. Mais après, se rend compte à l'âge qu'on a que peut-être ce pas ce que je voulais qu'ils allaient mettre offert et quelque part, tant mieux. Tu peux nous en dire plus sur cet objectif que tu as à ce moment-là ? À ce moment-là, je veux être complètement indépendante, veux être complètement responsable, je veux un boulot. stable, je veux être avocate ou comptable ou voilà, des trucs dans les chiffres. Et puis à 20 ans, fait, je suis une formation en cours du soir en comptabilité et c'est là qu'on se rend compte que je suis dyscalculique. Donc, qu'on me conseille d'éviter ce genre de formation pour la suite. Mais donc là, ce sont des choix que toi tu fais ? Pour par exemple cette formation en comptabilité, c'est toi qui fait ce choix-là ? En fait, je suis ancrée dans un schéma qui est fort cadré et où tu ne peux recevoir que si tu mérites, que si tu travailles, que voilà. Et donc les objectifs que j'ai à ce moment-là sont des objectifs qu'on m'a inculqués toute mon enfance, toute mon adolescence. et pour lesquelles je suis déterminée à y arriver. Et ça, tu le dis aujourd'hui avec le recul, mais est-ce que tu en avais déjà conscience à ce moment-là ? Non, parce que je pense que je me formais et que je devenais qui je pensais vouloir être et que ma détermination a toujours été à rude épreuve, mais toujours vraiment très forte. Et donc, du coup, quand je voulais, je pouvais. Et donc là, t'as quel âge plus ou moins ? J'ai 16-17 ans, oui. Ok, donc t'as 16-17 ans. Et puis on t'annonce que tu peux pas faire cette formation en comptabilité. Qu'est-ce qui se passe ? Je me dis, bah maintenant je comprends un peu plus pourquoi je galèrerais pour certaines matières à l'école. C'était pas de la bêtise, c'était pas mon manque d'étude, c'était pas du manque de détermination, c'était juste un état qui n'a pas été pris en compte et avec lequel j'ai appris à vivre et à développer des compétences pour pouvoir arriver à la normale sans l'être. Et à ce moment-là, je me dis que je ne pas faire ça. Puis la vie m'offre, en fait, à chaque fois que je me retrouve dans une impasse, elle m'offre une porte de secours que j'aurais jamais imaginé. Donc je deviens un téléphoniste secrétaire dans une carrière de pierre. Et puis je deviens un bras droit de mon patron dans l'import-export. Et puis du jour au lendemain, il fait faillite et je reperds tout. Et donc là, j'ai 22 ans. et je ne suis pas payée parce que je n'ai pas de C4, il y a plein de trucs, je suis vraiment dans la galère. ça, c'est chez moi quelque chose d'assez récurrent, c'est perdre matériellement ce qu'on a pour pouvoir aller peut-être chercher ailleurs, peut-être à l'intérieur des ressources auxquelles on n'avait pas pensé, que j'avais pas pensé. Et la vie m'offre ça. Et pendant six mois, je galère vraiment. Et puis, je reçois l'indemnité de rupture de mon contrat. Et là, je me dis, OK, qu'est-ce que je veux faire là maintenant de ma vie ? Et je suis une formation en esthétique. Principalement dans le bien-être, parce que pour moi, donner est quelque chose de hyper important. Donner du bien-être, apporter des ressources, fait, comme moi, j'en ai eu besoin, pouvoir les donner aux autres, c'est quelque chose qui est important pour moi. Et donc, j'arrive à suivre cette formation assez intense de 8 mois. Et puis je passe mon jury central, et puis je trouve du boulot, et je lance mon activité en tant qu'indépendante complète. En fait ça me nourrissait très fort de pouvoir accueillir une femme qui a du mal à... se regarder dans un miroir et qui pense qu'en fait tout est figé, tout est perdu et aller lui montrer une autre perspective que celle qu'elle s'apporte. La voir ressortir avec le sourire et puis la voir revenir chaque mois, chaque trois semaines chez moi en me disant « Purée, t'es merveilleuse, j'ai pris confiance en moi, etc. » Ça c'est quelque chose. qui, oui, j'étais consciente que j'avais ce pouvoir-là et ça me nourrissait autant que ce que je donnais et donc ça devenait une passion. Tu étais dans un monde plutôt dans le secrétariat, dans l'administratif, tu passes dans quelque chose plutôt dans la beauté, dans le bien-être. Est-ce qu'à ce moment-là, je ne sais pas si tu te rappelles, mais est-ce qu'il a des peurs, des croyances, ? Quand j'ouvre mon institut, ma fille a sept mois, je n'ai pas de gardienne, j'ai zéro bal de côté, mais c'est dans mes tripes et je sens que c'est ça que je dois faire. Et vraiment, c'est à ce moment-là, je vais voir une conseillère qui me dit « restez au chômage en fait parce que vous n'allez pas vous lancer avec un enfant de sept mois, vous n'aurez de façon pas l'aide que vous attendez ». Et en fait plus elle me dit ça, plus je suis déterminée parce que je sais que c'est ça que je dois faire et que j'ai vraiment envie d'aller me surpasser en fait et surtout je crois en ce que je fais et je pense que cette détermination encore une fois de... Il a une phrase que j'ai lue tout à l'heure, le but, parfois, est plus important que les moyens. Et je pense que la façon dont tu perçois ta capacité à y arriver peut surmonter toutes les épreuves, en fait. Et ça, c'était quelque chose pour moi. À ce moment-là, je me dis, OK, c'est ça que je veux faire. Et je me fous de ce qui va arriver. Je vais y arriver. Et de fait, ça a duré plus de 14 ans. Et ce que j'entends aussi, c'est que tu vois, tu dis, je savais. Et moi, justement, je rencontre beaucoup de personnes, beaucoup de femmes aussi qui disent, je sais que je dois faire autre chose, mais je ne sais pas. Comment tu savais, c'est quoi cette certitude ? Comment tu la ressens à ce moment-là ? Alors moi, j'adore la vie. Pour moi, la vie, c'est une expérience en permanence. Et quand j'ai dans les tripes quelque chose, les encombre, etc. Je m'en fous et je sais que c'est ça. Donc il faut vraiment ça vienne pour moi, ça vienne de mes tripes. Quand je le sens dans les tripes, c'est comme pour ici, pour ici même. Je l'ai eu dans les tripes, j'ai dit ok, c'est une folie, ça va durer qu'un tout petit temps, je vais dépenser toutes mes économies, mais je l'ai dans les tripes, donc je le fais, je fonce. C'est comme ça, j'ose en fait. Donc c'est un ressenti dans ton corps. Clairement. Et tu as ce ressenti dans son corps, tu n'as pas cette voix, ton mental qui te dit mais arrête, ce pas possible. En fait, je l'écoute pas. C'est vraiment, je te dis, si c'est mon mental qui parle, je ne fais pas en fait. Parce que c'est comme si tu allais demander à quelqu'un qui te connaît un petit peu si c'était une bonne idée ce que tu allais lancer. Tu vois, on va te dire plein de trucs et du coup, il n'y a que toi à l'intérieur qui peut savoir si c'est bon pour toi ou pas. Et donc quand ça vient de mes tripes dans mon ventre, vraiment, quand j'ai la validation dans mon corps, il n'y a rien qui peut m'empêcher. Donc tu as appris à ne pas écouter ton mental, en tout cas ne pas prendre les décisions que par cette voie-là. C'est ça. donc tu nous parles de cet Comment il arrive dans ta vie ? Qu'est-ce qui se passe concrètement Je perds Encore une fois, pour la xième fois de ma vie, je perds tout. Je fais une faillite, voilà, c'est assez trash, Perte identitaire tout ce qui peut aller avec une faillite. et je me retrouve avec des pinceaux, une toile et je recommence à peindre comme j'étais petite, j'allais au Beaux-Arts jusqu'à mes 18 ans. Et en fait, je ne pas prendre de médicaments, je ne pas camoufler les émotions qui sont difficiles, je veux affronter pour comprendre et pour pouvoir avancer et évoluer. Donc je reprends mes pinceaux et je commence à peindre. Et rapidement, fait, les toiles que je peins, visiblement, dégagent l'émotion que je ressens et parlent à pas mal de monde autour de moi. forcément, je commence à vendre assez rapidement. Alors, encore une fois, si tu écoutes le mental, tu avais une galériste qui me dit si tu crois que en un an, tu vas vendre tes toiles, un artiste ça prend une vie, etc. Donc vraiment moi le mental et tout ce qu'on peut dire autour de moi, je m'en fiche complètement, c'est vrai. Et je suis, voilà, je sais que ça me fait du bien. Donc j'ai déjà tout gagné. Mais la cerise sur le gâteau, c'est que ce qui me fait du bien, ça fait aussi du bien aux autres. Et du coup, en fait, ça m'encourage à... continuer à transmettre en fait ou à montrer ce que je fais parce que ça c'est pas toujours évident de créer pour toi parce que c'est dans ton intimité, ta bulle créative et de le montrer au public c'est un peu comme si tu montrais une partie de toi qui est hyper intime mais du coup ça m'encourage etc et puis là ça fait 5 ans que j'ai commencé à maintenant je suis artiste cotée il me fallait un atelier et puis du coup l'atelier ici est arrivé par hasard, je faisais la com' de Pépitart qui est devant. Et elles m'ont dit, écoute, il y a encore un espace ici qui est libre, renseigne-toi. Et puis au début, je me dis non, non. puis pendant deux semaines, je suis pas bien d'avoir pris la décision de dire non. Donc, je sais que ça, vient dans mon corps. Donc, je rappelle la proprio en disant, bon, écoute, truc, il est encore dispo. Elle m'a dit oui. OK, je le prends. il y avait énormément de choses à mettre en place etc. Et je me suis dit ok c'est bon on y va et donc voilà comment ça a apparu. De nouveau donc une décision prise avec ressenti interne j'entends beaucoup enfin je sais pas si tu mets le mot échec dessus mais des faillites et puis... tu arrives à rebondir à chaque fois et tu parles de portes ouvertes. Comment t'expliques ça ? Pour moi, c'est vraiment des cadeaux mal emballés qui sont offerts dans une vie. Comme moi, j'ai une détermination qui est assez forte, parfois je peux être déterminée dans un mauvais sens. Et si la vie ne m'arrêtait pas, je pourrais vraiment laisser des plumes bien plus que celles que j'ai pu laisser dans des épreuves. Et donc, j'ai cette sensation d'être toujours bien accompagnée, d'être... d'avoir... maintenant quand quelque chose m'est refusé ou quand il a un truc un peu plus négatif qui arrive dans ma vie, je me dis, ouais, bon, OK, ça va, on va voir ce que la vie va m'offrir après parce que c'est sûr, ça va être quelque chose de mieux ou quoi. Donc voilà, après, cette résilience m'a appris vraiment à réfléchir comme ça, à philosopher comme ça et à me dire ok en fait oui c'est clair que si on prend mon parcours de vie c'est très sympa mais en même temps quelle richesse de pouvoir expérimenter tout ça de changer la perspective et de ne se positionner en « je suis malheureuse, c'est toujours à moi que ça arrive », mais plutôt à se dire « ok ça m'est arrivé, je m'en suis sortie, bah maintenant vous pouvez y aller parce qu'avant que quelque chose m'enfonce, il faudra déjà que ce soit méchamment du lourd quoi ». Alors après, les enfants vont bien, la santé va bien, donc ça, voilà, je dois dire que c'est... Pour moi, Tant qu'on a la santé, on peut tout. Je suis d'accord avec toi. Je sais que pour accompagner beaucoup de personnes qui sont dans cette transition de vie, y a toutes ces peurs qui sortent et se dire « si je fais faillite dans 6 mois, comment je vais sortir de là ? » Est-ce que toi, aurais un conseil de part de ton expérience ? En vrai, tu sais si ça doit arriver, ça arrive. Une faillite, c'est vraiment très chaud. Après moi, mon boulot était devenu mon identité. c'est quelque chose que je ne recommencerais plus, par exemple. Parce que j'ai mon identité et j'ai mon boulot. Et ça, ce des choses que j'aime scinder. parce que sinon la perte est beaucoup plus douloureuse. Et oui, c'est difficile, mais on sait se relever de tout en fait. Si tu vis avec ta peur, tu n'oseras plus jamais rien faire et du coup tu n'auras plus jamais rien de magique. Je n'ai pas peur d'affronter mes peurs. Moi, si il a une peur vois, allez, j'y vais alors parce que ça va me casser les pieds et traîner le truc. J'avais vu une psy en un moment donné, me dit tout est vraiment... caractère bulldozer quoi. Tu il a une toute petite porte, elle ne te convient pas, tu vas l'agrandir, comme ça, tu es sûre de passer. Mais donc oui, après, il faut... arriver à ne pas perdre trop de plumes dans l'aventure Et t'aurais envie de nous partager la dernière peur que tu as vécue Alors la dernière Ma plus grande peur dans la vie en général, tout cas celle pour laquelle j'ai le plus de mal à l'affronter parce qu'elle ne dépend pas que de moi, c'est qu'on puisse ne plus m'aimer. Et donc, par rapport à cette peur, quand je la ressens, comme ça ne dépend pas de moi, je me dis ok, ça ça dépend pas de moi, mais si j'ai peur qu'on ne m'aime pas suffisamment, c'est peut-être que moi je ne m'aime pas assez. Et du coup... Je ne vais pas aller chercher chez les autres l'amour que je devrais me donner moi. je me recentre et je me dis ok, arrête-toi. Là, c'est que tu as besoin de te poser un peu, de reprendre un peu confiance en toi. Regarde tout ce que tu as passé, tout ce que tu as accompli. Et puis, qu'est-ce qui te manque là? Et puis, pourquoi tu ne t'aimerais pas? Pourquoi est-ce qu'on t'aimerait pas finalement? Et donc, voilà, je ne sais pas si c'est vraiment bon, en tout cas, ce que j'aime reprendre entre guillemets le pouvoir sur ma peur la désagrégeant et en la déstructurant en donnant des perspectives différentes et en me disant ok pourquoi j'ai cette peur là parfois j'ai pas de réponse mais du coup comment est ce que je peux combler la peur pour pas la faire grossir et la contenir en fait simplement ok oui donc c'est pas veux dire faire taire la peur. Non. C'est plutôt aller l'affronter et voir ce qu'il derrière. Ok. Oui. Donc la peinture est entrée dans ta vie. pourquoi la peinture ? Alors la peinture, comme je te le disais en début d'interview, la couleur pour moi est vraiment un fil conducteur parce que même en esthétique, j'ai appris que la couleur... tu pouvais être lié à une émotion et que tu pouvais, par des huiles essentielles, des synergies, etc. apaiser ces émotions ou raviver des émotions. Et du coup, avec la peinture, j'ai cette possibilité d'aller comprendre les messages de la couleur. Donc je vais aller chercher une couleur à l'improviste. Elle me dérange. OK, qu'est-ce que je vais pouvoir ? Un peu comme pour mes peurs tu vois. qu'est-ce que je vais pouvoir apporter à cette couleur pour qu'elle soit plus confortable. donc, comme je sais les interpréter maintenant avec le temps ça c'est quelque chose qui me fait énormément de bien. Et pourquoi la peinture ? Tout simplement parce que c'est un moyen d'expression non-verbale. Et souvent c'est le moyen que je vais utiliser avant de pouvoir exprimer ce que je ressens. C'est ce qui va m'aider si tu veux à décrypter mon ressenti et pouvoir y mettre des mots et l'exprimer verbalement. Et donc quand tu as fini ta toile qu'est-ce qui se passe à ce moment Un apaisement. C'est toujours des toiles qui, même si elles partent de quelque chose d'une émotion négative, elles ont toujours une fin positive. Et c'est... Voilà, c'est comme ma personnalité. fait, même si je vis quelque chose de négatif, je vais toujours le transformer en positif parce que sinon, c'est pas viable. moi. Ok. Donc, ce que j'entends, c'est que tu fais énormément de liens entre ce que tu peins, les couleurs, ce que tu vis et vraiment ce que tu ressens à l'intérieur, tes émotions. Et t'as découvert ça vraiment par hasard Comment ça a été ce chemin ? J'ai envie de dire, c'était en moi et c'est les expériences de vie difficiles. ou justement tu n'as plus de moyens de compenser matériellement ou autre qui m'ont permis d'aller chercher à l'intérieur mes ressources et clairement ça c'est ma meilleure ressource. Et c'est vrai que dans le document que je t'ai demandé là de compléter avant l'interview tu parles tu me parles beaucoup d'expériences difficiles qu'est que tu mets derrière cette expérience difficile ? Je sais que j'ai une vie qui n'est pas linéaire, J'ai des gros chemins difficiles. En tout cas, des très gros cailloux, parfois des montagnes sur la route. Depuis toute petite, ce n'est pas quelque chose que j'ai choisi. C'est pas une situation dans laquelle je me suis mise, je suis tombée dedans et elle m'a suivie jusqu'à il n'y a pas si longtemps où j'ai dit mais en fait c'est pas parce que... j'ai eu une vie difficile que je n'ai pas choisie, que je suis obligée de continuer à avoir une vie difficile parce que tout est figé et que c'est comme ça. Et donc c'est un peu sortir de cette identité qui te colle à la peau par rapport à ton environnement, ton vécu et de dire, le jour... où ma vie a vraiment commencé, c'est le jour où je me suis rendue compte que ma vie m'appartenait et que j'avais toujours le choix de me dire ça c'est ok ou ça c'est pas ok et avoir entre guillemets l'énergie de me dire ça c'est pas ok et de modifier les choses pour que la vie que j'ai soit celle qui me ressemble en fait et pas celle qu'on m'impose. J'imagine dans ces expériences difficiles, y a eu ces périodes de down Comment tu traverses ces périodes-là ? Isolée. J'ai besoin d'être dans ma bulle et de dire tout est ok suis pas bien, j'ai pas envie de me lever, j'ai pas envie de manger, c'est ok. Et pas avoir une dynamique derrière qui me force à changer et à passer vite à autre chose, Prendre le temps d'accepter que parfois c'est pas si joyeux, c'est la vie et ça fait partie du truc de justement quand t'es plus dans ce down là, t'es dans le up mais tu sais que t'as survécu au down et donc c'est bon tu peux passer à la marche suivante et voilà et t'en tire aussi des expériences parce que rester seule pendant trois jours, quatre jours, une semaine sans voir personne, sans interaction, même sans réseau sociaux, sans vraiment limiter juste de la musique parce que ça c'est quelque chose qui est vraiment primordial. pleurer ou à regarder des films qui font encore plus pleurer tu vois, accepter que c'est comme ça, en fait une fois que tu en sors c'est nickel. Donc ça rejoint à ce que tu disais tout à l'heure, c'est vraiment traverser tes émotions, les accepter et pas les mettre sous le tapis. ça refouler, je l'ai fait pendant des années, c'est après mon corps qui a lâché. Donc maintenant je sais que mon corps peut lâcher, plus je vais refouler en fait. Mais par contre je dois avoir cette extraction du problème et cette hauteur par rapport au problème que je vais vivre par une introspection où rien ne va m'influencer dans ma façon de vivre le problème et me dire ok... Qu'est-ce qui peut arriver en fait ? Rien donc ok quoi. J'ai testé un atelier avec il y a quelques semaines, un atelier de peinture. Donc ça c'est quelque chose que tu proposes à l'extérieur. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Alors les ateliers, j'ai pris le mot atelier en premier lieu et puis maintenant en fait je l'ai changé en labo parce que pour moi c'est encore une fois comme la vie une expérience et donc j'ai décidé d'ouvrir mon labo autour de la couleur avec différentes expériences possibles tous les soirs de la semaine donc c'est mon atelier que je partage avec grand plaisir et qui me nourrit aussi très fort parce que c'est sympa d'avoir d'autres énergies dans son atelier, d'autres visions de la couleur que j'utilise moins, qui ressortent sur mes tables, tu vois, où je me dis « my gosh, ça c'est trop ! » Mais voilà, donc oui oui, j'ouvre mon atelier pour un labo autour de la couleur et il a plein d'expériences à vivre au niveau sensoriel, au niveau vraiment de la matière et de la collectivité aussi puisque... autant j'aime être en introspection, autant j'aime être entourée d'une énergie collective ou en tout cas d'une intelligence collective et d'un partage, pour moi c'est indissociable, c'est mon équilibre en fait. Oui c'est ce que j'ai vraiment adoré ça dans ton atelier, c'est le côté, on est avec soi mais on est aussi avec les autres, et je trouve ça hyper inspirant. C'est vrai que moi quand je suis arrivée, j'avais jamais touché à la peinture, je suis pas du tout artistique, vois. Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui arrive qui dit « bah moi je sais pas peindre ». Il n'y a pas besoin de savoir peindre pour pouvoir participer à un labo parce que tout simplement, fait, tout est ok. Donc, à partir du moment où on franchit cet atelier, ce labo, il a aucun jugement. Il y a juste à expérimenter. Si on veut peindre avec ses doigts, on peint avec ses doigts, en pinceau, un couteau, de la farine, du curcuma, où on ressort, on est toute jaune, n'est-ce pas ? voilà, il n'y a aucune demande précise pour pouvoir commencer avec la peinture. Juste être curieux et avoir envie de tester justement cette approche autour des couleurs. Et dans ton cœur, tu aimerais qu'elle reparte avec quoi les personnes quand elles ont terminé ce laboratoire ? Avec une légèreté d'avoir pu déposer ce qu'il avait à déposer et surtout... une envie de continuer à expérimenter la couleur peu importe le moyen, peu importe la personne avec qui, mais ça allait chercher justement à l'intérieur ses émotions et pouvoir un peu les expérimenter mais avec légèreté sans que ce soit trop douloureux non plus. Tu sais, tu es sur Déclic. C'est quoi le plus grand déclic que tu as eu dans ta vie jusqu'à aujourd'hui ? J'ai envie de dire juste après ma faillite où là ça a été vraiment compliqué. Je me suis dit ok. Je dois être moi-même, je dois écouter mon âme, vraiment, et pas juste mon mental, pour pouvoir me sentir sereine. et aligné et du coup ça, a été je pense mon plus gros déclic parce que maintenant même s'il y a encore parfois des difficultés à m'écouter à 100%, à me faire confiance à 100%, à douter voilà. Ce que j'entreprends aujourd'hui a toujours un sens profond avec qui je suis vraiment à l'intérieur et mon authenticité et ça, c'est précieux. Donc c'est un déclic qui aujourd'hui ça permis de te reconnecter vraiment à qui tu es ? clairement. Et je dirais pas qu'à repasser je le repasserai mais... Franchement, ça a été chaud, mais quel bonheur d'être à cette étape-ci. Et j'ai encore plein d'étapes, je sais bien que c'est le travail de toute une vie, mais rien que ça, de savoir s'écouter, se faire confiance et... Se dire que rien n'est grave, que tout est ok, que tout est possible, c'est quand même un peu confortable, j'avoue. Et si on retournait là aujourd'hui, toutes les deux dans la cour de récréation quand on s'est rencontrés, qu'est-ce que tu aurais envie de dire à la Vanessa de 16 ans, qu'elle ne savait pas à ce moment-là et qu'elle sait aujourd'hui ? Je lui soigne tes colères peut-être parce que ta rébellion ne vient pas de nulle part mais c'est pas ça qui va t'amener loin. Et qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui nous regarde et qui sent qu'il a quelque chose de plus grand, de plus juste, de plus inspirant pour lui ? va chercher à l'intérieur, mais vraiment avant que la vie te force à le faire. Vraiment. Clairement. Merci Vanessa pour cet échange. Merci Laure, quand tu veux tu sais où je suis quand je ne pas à la maison. voilà, puis soyez les bienvenus bien évidemment