Latest / Africa Fashion Tour / Akim Soul, fondateur du Forum de la Mode et du Design de Bamako
Transcript
- 0:00Et nous,
- 0:00le Malimaud Academy,
- 0:02c'est pour en fait créer du développement.
- 0:04Ce n'est pas de la charité.
- 0:06Les jeunes qu'on souhaite former,
- 0:08c'est des jeunes en fait qui ont de vrais projets d'entreprise.
- 0:11C'est des jeunes qui ont envie de créer de la valeur,
- 0:14de créer du chiffre,
- 0:15de lancer des entreprises.
- 0:17Et ce n'est pas du pur social.
- 0:20C'est-à-dire que ce n'est pas de la charité qu'on a envie d'apporter à ces jeunes-là.
- 0:26Et c'est là où souvent même en fait...
- 0:28Beaucoup d'événements ou beaucoup d'initiatives en
- 0:31Afrique se retrouvent en fait limite galvaudées parce qu'il fallait obligatoirement rentrer dans les cases un peu du bailleur qui va te dire en fait,
- 0:41moi,
- 0:42pour que je finance ton événement,
- 0:43par exemple au Mali,
- 0:44il faut que tu dédies ça à la culture de la paix ou de la réconciliation.
- 0:51Et ça,
- 0:51c'est quelque chose,
- 0:52par exemple,
- 0:53que j'ai toujours refusé.
- 0:57Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:01Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:05Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:07Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:12responsables et ambitieux.
- 1:14Au fil des interviews,
- 1:15je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:22Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax
- 1:26pour représenter un éventail de tissus,
- 1:28de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:33Je suis Ramata Diallo,
- 1:34je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:43En 2017,
- 1:44j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:46Et depuis,
- 1:47je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:54Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:02Aujourd'hui,
- 2:02je suis en compagnie d'Ibrahim Gindo,
- 2:04aussi connu sur le nom d'Akim Souli.
- 2:07Entrepreneur dans le secteur de la mode,
- 2:08il organise au Mali différents événements de promotion de la créativité.
- 2:13J'avais déjà invité Akim en 2020.
- 2:15Quatre ans plus tard,
- 2:16il était temps de faire le point sur l'évolution de ses activités.
- 2:19Je vous mettrai en note de cet épisode le lien vers la précédente interview.
- 2:24Hakim est à l'origine de la création de MaliModeShow,
- 2:28de la MaliModeAcademy et du Forum de la mode.
- 2:31Toutes ces initiatives ont pour ambition d'accompagner l'accélération des marques de mode maliennes.
- 2:37Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de ses différentes entreprises au service des industries culturelles et créatives africaines.
- 2:44Bonjour Hakim,
- 2:44comment vas-tu ?
- 2:46Bonjour Amata,
- 2:47je vais très bien et toi ?
- 2:48Ça va très bien,
- 2:49merci.
- 2:49Je suis ravie de te retrouver.
- 2:51Merci à toi aussi.
- 2:53Un épisode 2 en fait,
- 2:55donc ça c'est quelque chose que je prévois de refaire.
- 2:58Je disais tout à l'heure,
- 2:59ça fait 4 ans qu'on s'est parlé entre temps bien sûr,
- 3:02mais en tout cas ça fait 4 ans que la dernière interview est sortie.
- 3:04Ça passe vite.
- 3:05Ouais,
- 3:05c'est ça.
- 3:06Donc il est temps de faire le point sur tout ce que ta entreprise a mis en place depuis.
- 3:11Mais avant d'aller dans le détail de tout ce que tu fais,
- 3:13je vais te demander de te présenter.
- 3:16Alors,
- 3:16je suis
- 3:17Ibrahim Guindo,
- 3:18dit Hakim,
- 3:19je suis un jeune entrepreneur de 31 ans.
- 3:23Basé à Bamako et je suis manager d'une agence créative dénommée AS Agency et également fondateur de MaliMod Association qui est à l'origine effectivement des initiatives que tu as citées tout à l'heure,
- 3:38à savoir le MaliMod Show,
- 3:40la MaliMod Academy et également le tout nouveau Forum de la mode et du design de Bamako.
- 3:46Très bien.
- 3:47Je te remercie pour cette présentation pointue,
- 3:50précise,
- 3:51sharp.
- 3:51On va aller dans le détail de tout ce que tu fais.
- 3:54D'abord,
- 3:54je voudrais que tu nous parles de ton agence créative.
- 3:57Quand est-ce que tu l'as fondée et quelles sont les différentes missions que tu as avec cette agence ?
- 4:04Disons que AS Agency a été fondée exactement en 2017.
- 4:10Mais à cette époque-là,
- 4:11c'était vraiment du freelance pour moi.
- 4:14Donc,
- 4:15je participais à l'organisation et à la production.
- 4:19d'événements culturels à Bamako et notamment la Bamako Fashion Week à l'époque en partenariat avec une autre organisation et également le festival du Bazin.
- 4:31Mais disons que l'agence a vraiment véritablement été installée à partir de 2021 où une équipe a été mise en place,
- 4:41une équipe de cinq personnes maintenant.
- 4:44L'agence travaille à accompagner les marques dans leur stratégie de développement,
- 4:49dans leur stratégie de communication,
- 4:51et également de la création de contenus audiovisuels entre autres,
- 4:55et digital.
- 4:57Et nous faisons du coup de la production d'événements.
- 5:02Cœur même en fait de métier de l'agence.
- 5:05Très bien.
- 5:06Et cette agence,
- 5:06elle est vraiment spécialisée dans le domaine de la mode ou est-ce que tu interviens aussi pour d'autres entreprises qui seraient dans d'autres secteurs ?
- 5:14Disons que notre domaine d'intervention est vraiment large.
- 5:17C'est vrai que c'est la dimension mode que nous mettons beaucoup en avant parce que voilà,
- 5:22c'est quand même,
- 5:23ça a été ma première passion,
- 5:25on va dire.
- 5:26Mais l'agence traite vraiment un peu de tout,
- 5:29mais selon le positionnement un peu.
- 5:31que nous avons pour le futur.
- 5:32Nous ne mettons pas tout en avant,
- 5:36mais par exemple,
- 5:37nous participons à la production d'une émission de télé-réalité qui met en question,
- 5:42par exemple,
- 5:43qui met en concours les jeunes Maliens autour des questions de citoyenneté.
- 5:47Donc au-delà de ça,
- 5:48nous intervenons vraiment dans pratiquement tous les secteurs,
- 5:52parce que l'agence même,
- 5:53je la définis comme une agence d'idées en réalité,
- 5:56compte tenu un peu de notre polyvalence.
- 5:58et aussi de notre ambition surtout de pouvoir créer de la valeur avant de nous cantonner à tel ou tel secteur.
- 6:06Donc,
- 6:06on peut vraiment intervenir partout où il y a besoin d'idées,
- 6:10partout où il y a besoin d'innovation ou de création de valeur.
- 6:13Très bien,
- 6:14je te remercie de préciser ce point-là.
- 6:16Ce qui va être intéressant,
- 6:17c'est d'essayer de voir avec toi.
- 6:18Tu dis qu'aujourd'hui,
- 6:19l'agence,
- 6:20il y a cinq personnes.
- 6:22Quels sont les différents profils qu'il y a au sein de ton agence aujourd'hui ?
- 6:27Nous avons...
- 6:28Principalement des profils de gestionnaire de projet.
- 6:33C'est notre principale activité en vrai.
- 6:38Des profils qui sont à même,
- 6:40par exemple,
- 6:40de conduire un événement,
- 6:42de conduire tout type de projet.
- 6:44Il y a également un profil com,
- 6:47qui reste aussi un élément assez fondamental de notre activité.
- 6:53Et également un profil d'artiste et créatif.
- 6:57qui va justement apporter toute la petite magie dans tout ce qu'on fait comme projet.
- 7:04Donc on met le cœur vraiment,
- 7:06c'est l'opérationnel,
- 7:08c'est des profils de chef de projet.
- 7:10Très bien.
- 7:11Et est-ce que tu pourrais nous partager l'une des dernières campagnes,
- 7:16puisque tu parles d'une agence d'idées,
- 7:19sur laquelle tu as pu travailler et dont tu es particulièrement fière ?
- 7:23Je dirais du coup l'émission de télé-réalité que j'ai évoquée tout à l'heure.
- 7:28Le nom même de l'émission,
- 7:30c'est l'Instanté.
- 7:31Donc,
- 7:32c'est une émission de télé-réalité malienne qui met en compétition des grains de jeunes.
- 7:38Les grains,
- 7:39en fait,
- 7:39c'est propre au Mali et propre également à d'autres pays en Afrique de l'Ouest.
- 7:44Il s'agit en fait des groupes de jeunes qui se réunissent soit parce qu'ils viennent de la même rue,
- 7:50soit à la même école.
- 7:53soit du même quartier.
- 7:54Donc l'objectif en fait c'est que chaque grain puisse proposer un projet de développement communautaire pour son quartier et durant les deux mois de mission du coup ils doivent tout mettre en œuvre pour ficeller le projet,
- 8:08mobiliser des ressources financières,
- 8:11des ressources humaines également et pour qu'à la fin les meilleurs projets puissent avoir leurs projets financés par les missions.
- 8:20Donc cette année par exemple c'était un grand challenge parce que habituellement nous menons le projet sur la ville de Bamako,
- 8:29de Kati et également dans la région de Ségou.
- 8:32Mais cette année nous avons rajouté deux nouvelles régions donc l'émission s'est déployée pratiquement sur cinq villes.
- 8:39Donc c'était deux mois intenses avec une équipe de presque une centaine de personnes si on compte vraiment tout le monde,
- 8:48le jury,
- 8:49les...
- 8:49coachs,
- 8:50les techniciens et toute l'équipe.
- 8:53Et là,
- 8:54nous avons pu clôturer en beauté.
- 8:56C'était une réussite et nous sommes en train du coup de financer cinq projets.
- 9:02Et c'est des projets qui sont financés à hauteur de 2 millions jusqu'à 7 millions de francs CFA.
- 9:07Et ça va permettre du coup à ces jeunes-là de pouvoir réhabiliter une salle de classe,
- 9:13pouvoir créer un centre multimédia dans une école,
- 9:17pouvoir également eux.
- 9:19contribuer à un système d'addiction d'eau dans une autre ville.
- 9:23Il y a également des projets plus dans l'entrepreneuriat social,
- 9:27comme par exemple,
- 9:29nous avons eu la chance d'avoir un grain de noms et de malvoyants,
- 9:33par exemple,
- 9:33qui avait pour projet de mettre en place une unité de fabrication et de vente de savon produit par du coup les malvoyants et en tout cas des personnes qui souffrent de déficiences visuelles.
- 9:46Et il y a aussi
- 9:48un des projets qui consiste un peu à créer une marque un peu d'objets de découpe,
- 9:53mais produit à partir de déchets et de...
- 9:58et doivent être recyclés.
- 9:59Donc c'est vraiment des projets super intéressants et le fait de voir des jeunes qui habituellement n'ont pas vraiment été préparés à cela ou il y en a qui n'ont même pas poursuivi de longues études,
- 10:12mais de les voir pendant deux mois en train de monter des dossiers PowerPoint,
- 10:16de faire des présentations,
- 10:18parce qu'il y a également des primes devant un jury,
- 10:21d'aller mobiliser leur population locale,
- 10:25la mairie,
- 10:26les autorités.
- 10:27public,
- 10:27tout ça,
- 10:28pour mobiliser une partie du financement.
- 10:31Et vraiment,
- 10:31ça redonne confiance pour nous,
- 10:35ici,
- 10:35au Mali,
- 10:36compte tenu un peu de tout ce qu'on traverse.
- 10:38Donc,
- 10:38ça montre qu'il y a quand même des jeunes qui en veulent.
- 10:41Et du coup,
- 10:42cette émission a été en partie pilotée par l'agence.
- 10:46Et ça reste une grande fierté.
- 10:48Très bien.
- 10:48Et cette émission-là,
- 10:50en fait,
- 10:51qui est le client,
- 10:52en fait ?
- 10:52Qui est-ce qui t'a sollicité pour pouvoir améliorer
- 10:55créer cette émission de téléréalité ?
- 10:59Disons que l'émission a été fondée par une association dénommée Culturelle.
- 11:03C'est une association qui a été créée à la base par des opératrices culturelles qui ont amené beaucoup de projets.
- 11:11L'objectif de cette association,
- 11:12c'est de pouvoir participer au développement sur tous les plans,
- 11:16mais à travers la culture.
- 11:19La première saison de l'émission a été créée en 2017.
- 11:23Et à la base,
- 11:23en fait,
- 11:24j'étais du coup un simple community manager à l'époque en 2017,
- 11:30mais de fil en aiguë,
- 11:32du coup,
- 11:32la collaboration a grandi et l'association reste aujourd'hui un des clients importants pour l'agence compte tenu un peu de son cœur d'activité et des projets sociaux qu'on met en place et surtout de cette liberté que
- 11:48l'association nous permet d'avoir dans les campagnes.
- 11:51parce que ce n'est pas forcément évident.
- 11:54Nous,
- 11:55dans les projets qu'on choisit,
- 11:57on aime bien un peu tous ces projets-là avec un peu de grain de folie.
- 12:01C'est pour ça que j'ai toujours évité un peu l'accompagnement institutionnel.
- 12:07C'est comme là en fait qui est plus rigide.
- 12:17Très bien.
- 12:19Alors du coup,
- 12:19c'était très intéressant que tu prennes le temps de nous parler de cette émission de télé-réalité,
- 12:23l'Instant T.
- 12:24Est-ce que pour des gens qui sont à Paris,
- 12:28en région parisienne ou de la diaspora,
- 12:29est-ce qu'on peut voir des épisodes ?
- 12:32Est-ce qu'il y a un accès ?
- 12:33Tous les épisodes sont disponibles sur la chaîne YouTube de l'émission qui s'appelle l'Instant T.
- 12:39Je pense qu'il y a absolument tous les épisodes depuis
- 12:422017 jusqu'à maintenant.
- 12:45Très bien.
- 12:45Écoute,
- 12:45je mettrai le lien en note de l'épisode de la chaîne.
- 12:51Martin,
- 12:51ce que j'aurais aimé,
- 12:52c'est que tu nous partages un exemple qui soit plus en lien avec le secteur de la mode,
- 12:55en fait,
- 12:57de projets,
- 12:58de missions sur lesquelles tu aurais pu travailler et dont tu es particulièrement fier.
- 13:04Des projets externes,
- 13:05c'est ça ?
- 13:05Pas de production interne ?
- 13:07Comme tu veux,
- 13:08interne ou externe,
- 13:08mais en tout cas,
- 13:09des projets sur lesquels tu aurais pu travailler dans le secteur de la mode.
- 13:12Bon,
- 13:12je peux par exemple vous citer la semaine du Boubou,
- 13:16qui est un concept que nous avons initié lors de la dernière fête de
- 13:23Tabaski. Donc ça c'était par exemple un projet en partenariat avec la marque Itanouk,
- 13:28avec qui l'agence travaille beaucoup depuis je pense 2016.
- 13:34Donc il s'agit en fait d'une semaine de vente privée,
- 13:37mais dédiée vraiment à la culture du Boubou,
- 13:39à l'univers du Boubou.
- 13:41Donc l'événement a réuni environ une dizaine de créateurs,
- 13:46à savoir deux marques du Sénégal,
- 13:49qui étaient du coup les marques invitées.
- 13:52Donc ça pareil,
- 13:54l'idée de pouvoir bosser sur un événement avec un concept propre,
- 13:59on a pu faire de belles activités avec des dress codes,
- 14:04tout ça.
- 14:05Et la vente a permis quand même à donner un grand élan à la vente,
- 14:09puisque les chiffres étaient...
- 14:11assez intéressants au terme.
- 14:13Et par exemple,
- 14:14il s'agit d'une initiative qu'on envisagerait par exemple de déporter,
- 14:18même dans d'autres capitales africaines.
- 14:22Très bien.
- 14:22Donc intéressant de voir du coup,
- 14:24parce que là c'est un univers qui est totalement différent de l'émission de télé-réalité,
- 14:28l'Instanté,
- 14:28la Spanish Boo Boo,
- 14:29et de se dire que ton agence en fait,
- 14:31elle arrive à finalement travailler en collaboration avec différentes entreprises et associations ou marques pour pouvoir les accompagner dans leur...
- 14:40dans leur développement.
- 14:41Et l'idée,
- 14:41c'est qu'on puisse comprendre que ton agence,
- 14:43finalement,
- 14:43ce n'est pas que de l'événementiel,
- 14:45c'est vraiment,
- 14:47comme tu l'as dit,
- 14:47une agence d'idées qui va être au service des marques.
- 14:50Absolument.
- 14:52Moi,
- 14:52j'ai envie de revenir un peu,
- 14:53parce que comme tu l'as dit au départ,
- 14:54je te présente comme un jeune entrepreneur de 31 ans.
- 14:58Et ton agent tu l'as lancé en 2017,
- 15:01quel est ton background en fait ?
- 15:03Au niveau de tes études,
- 15:05au niveau de la formation que tu as pu avoir,
- 15:07de tes premières expériences,
- 15:09quelle est ton expertise en fait au départ ?
- 15:12Au départ,
- 15:13mon expertise initiale n'a absolument rien à voir avec ce que j'exerce aujourd'hui parce que j'ai eu un bac.
- 15:22Technique du coup,
- 15:23je suis ici dans le lycée technique en filière génie civil.
- 15:28Donc j'ai eu mon bac du coup totalement scientifique.
- 15:33Et ensuite après le fait,
- 15:36tout au long de mon lycée,
- 15:38j'ai commencé un peu à perdre goût un peu pour cette filière-là.
- 15:45Donc c'était vraiment à partir d'un peu de mon bac que je commençais un peu à découvrir la...
- 15:50comme le marketing,
- 15:51la mode et tout ça.
- 15:53Donc,
- 15:54le centre d'intérêt a commencé à changer un peu.
- 15:57Donc,
- 15:57moi,
- 15:57j'espérais qu'après le bac,
- 16:01que je pouvais à présent me lancer en commerce ou en communication.
- 16:06Mais je me suis ensuite retrouvé encore à faire le concours d'entrée à l'École nationale d'ingénieurs.
- 16:14Honnêtement,
- 16:14un concours que j'espérais rater.
- 16:17Mais malheureusement,
- 16:18j'ai...
- 16:19J'ai opté le concours d'entrée dans cette école-là,
- 16:22donc j'étais de moins en moins passionné par le génie civil.
- 16:27Donc après le BTS,
- 16:28j'ai raccroché avec cette filière-là et c'est là où je me suis inscrit dans une école de commerce,
- 16:34en filière commerce internationale,
- 16:36pour avoir une licence.
- 16:38Ensuite,
- 16:38je me suis spécialisé en com.
- 16:41Donc au final,
- 16:45les études que j'ai suivies,
- 16:46que j'ai poursuivies.
- 16:47ne me prédestinaient pas forcément à la com ou à la mode.
- 16:52Mais disons que ça restait quand même un domaine créatif,
- 16:56puisque l'ingénie civil,
- 16:57c'est également de la création,
- 16:59c'est du design.
- 17:00Mais disons que c'est peut-être le contexte pédagogique,
- 17:03je pense,
- 17:04qui ne m'a pas vraiment encouragé à au moins terminer ma formation d'ingénieur,
- 17:10parce que je suis quand même quelqu'un,
- 17:12j'aime les challenges.
- 17:12Je pense que j'aurais pu vraiment aller au bout,
- 17:15quitte à changer après.
- 17:17Mais le contexte pédagogique faisait que ça demandait beaucoup d'énergie.
- 17:22Je ne trouvais pas forcément le modèle pédagogique light ou efficient.
- 17:29J'ai comme l'impression que c'est encore le même système qu'il y a des années et des années.
- 17:35Et ça,
- 17:35ce n'était pas vraiment ce qui m'animait personnellement.
- 17:40Donc,
- 17:40il m'a fallu vraiment mener une longue bataille en famille pour pouvoir enfin me lancer.
- 17:48dans une filière qui me passionnait.
- 17:49Donc voilà,
- 17:50je suis issu,
- 17:52j'ai eu un bac technique,
- 17:53un passage à l'École nationale d'ingénieurs pour ensuite véritablement me consacrer à la communication.
- 18:00Très bien.
- 18:01Et donc tu as fait du coup ce parcours à la fois,
- 18:05on va dire scientifique,
- 18:06technique,
- 18:06et ensuite plus,
- 18:08comment dire,
- 18:08un profil commerce international.
- 18:11Une fois que tu as fait cette école de commerce,
- 18:14Quelles sont les premières expériences professionnelles que tu as eues ?
- 18:16Est-ce que tu as travaillé pour des entreprises ou est-ce que directement tu t'es mis à ton compte ?
- 18:21Disons que je n'avais pas trop le choix parce que les études de commerce,
- 18:25du coup,
- 18:25je devais les payer moi-même.
- 18:27Donc immédiatement,
- 18:29il me fallait trouver des petits jobs.
- 18:31Donc c'est à ce moment-là que j'ai commencé un peu à assister des opérateurs culturels,
- 18:37à travailler avec une agence.
- 18:40qui m'a vraiment permis de me lancer,
- 18:42on va dire,
- 18:43ou en tout cas d'appréhender le secteur de la mode.
- 18:48Il y a des années,
- 18:50mais disons que ça a toujours été des expériences par-ci et par-là en tant que freelance.
- 18:54Je n'ai jamais eu vraiment à intégrer une entreprise.
- 18:58Je pense que ma première et seule expérience vraiment en entreprise,
- 19:04c'était tout récent.
- 19:06C'était,
- 19:06on va dire,
- 19:09il y a...
- 19:09Il y a deux ans,
- 19:10ou en parallèle,
- 19:11j'ai dû accepter une mission au sein d'une institution diplomatique à Bamako pendant trois ans.
- 19:18Et là aussi,
- 19:19mon objectif,
- 19:20c'était surtout un peu de voir comment ça fonctionne en entreprise ou en organisation.
- 19:25Parce que je n'avais vraiment pas eu l'occasion de bosser justement dans un cadre bien lisse de
- 19:338h à
- 19:3417h. Donc quand j'ai eu cette opportunité,
- 19:36je me suis dit,
- 19:37tiens.
- 19:37Peut-être que ce serait intéressant de voir à quoi ça ressemble,
- 19:41mais durant tout mon parcours,
- 19:43j'ai toujours été à mon propre compte.
- 19:46en freelance avant que l'agence soit totalement mise en place.
- 19:51Très bien.
- 19:52Donc,
- 19:54par rapport à l'agence,
- 19:55je pense qu'on a bien exploré ce que tu fais et comment tu as pu développer ton activité.
- 20:02Maintenant,
- 20:02j'ai envie de passer à la partie association,
- 20:05que tu nous racontes un petit peu comment est venue l'idée de créer cette association et puis,
- 20:10quelles sont les différentes initiatives que tu as développées
- 20:16avec ton association ?
- 20:19Donc,
- 20:19Malimode,
- 20:20nous l'avons créé en 2011.
- 20:23Donc,
- 20:23j'étais avec mon meilleur ami et également ma petite sœur.
- 20:28Donc,
- 20:28on formait un peu la petite bande à l'époque.
- 20:30On regardait des déchets et tout ça.
- 20:32Donc,
- 20:33on était tous passionnés par la mode en 2011.
- 20:36Donc,
- 20:37on a commencé à faire des recherches un peu sur ce qui se passait à Bamako à l'époque.
- 20:41Mais on a été,
- 20:42en fait,
- 20:43c'était une désillusion totale parce que...
- 20:45Il n'y avait pratiquement rien.
- 20:48C'est-à-dire que les événements se comptaient un peu par an.
- 20:54Je pense qu'il y avait même,
- 20:55on peut même dire,
- 20:56pratiquement toute une année sans événements mode.
- 20:59Il y avait peu d'acteurs qui étaient réunis ou peu d'acteurs qui étaient visibles.
- 21:04Chacun était vraiment un peu dans son petit coin,
- 21:07mais en fait,
- 21:08il n'y avait aucune visibilité d'une scène mode.
- 21:12Bien qu'il y avait quand même des créateurs,
- 21:14il y avait des marques et tout ça,
- 21:16mais le terrain était quasiment vierge.
- 21:20Donc c'est là où nous nous sommes dit peut-être que ce serait bien de créer une association qui allait du coup avoir cette mission-là d'abord de fédérer des personnes,
- 21:31d'être une plateforme de rencontres qui nous aurait permis du coup un peu d'identifier les uns et les autres un peu par-ci et par-là.
- 21:39C'est comme ça que l'association a été créée en 2011.
- 21:43Notre première activité a été d'organiser une petite formation pour des jeunes mannequins.
- 21:50À l'époque,
- 21:50on faisait ça dans la cour du palais de la culture.
- 21:52On a organisé cette première petite formation en janvier 2012.
- 22:00Au terme de la formation,
- 22:01nous nous sommes dit que ce serait bien que ces jeunes mannequins puissent quand même défiler.
- 22:08Donc c'est là où on a vu qu'il se tenait un festival reggae qui continue toujours d'ailleurs.
- 22:15C'est le premier festival reggae de Bamako.
- 22:18Donc on a approché les organisateurs parce que nous on n'avait pas forcément les moyens pour mobiliser de la logistique ou produire un événement propre à nous.
- 22:27Donc on a proposé du coup à ce festival-là de pouvoir nous donner un petit temps pendant leur soirée de clôture pour qu'on présente.
- 22:36ces mannequins et qu'on organise ce défilé de mode.
- 22:39Donc nous avons réfléchi un peu à des créateurs qui avaient un lien un peu avec la culture reggae ou en tout cas qui travaillaient par exemple le bogolan parce que les reggae-men ont quand
- 22:56même cet intérêt pour le motif bogolan et ce textile-là.
- 23:00Donc il fallait du coup produire un défilé qui ne se...
- 23:04qui se retrouverait un peu en fait dans cet univers.
- 23:08Donc on a mobilisé quatre designers,
- 23:10je pense,
- 23:11qui ont proposé du coup des connexions avec des motifs bongolans.
- 23:17Donc ce qui nous a permis du coup de faire défiler nos jeunes mannequins.
- 23:21Et disons que tout est parti de là.
- 23:23C'était le premier événement à l'époque qu'on a organisé.
- 23:27Et après nous avons commencé à mener des petites formations par-ci et par-là.
- 23:32Et jusqu'en 2013 du coup,
- 23:36où on a créé le concept Pagne-Folie.
- 23:38Donc à l'époque,
- 23:40l'imprimer était hyper hyper tendance et tout le monde ne girait un peu que de ça.
- 23:45Donc nous nous sommes dit qu'on allait peut-être créer un concept autour de ça.
- 23:48Donc on a lancé l'événement Pagne-Folie à l'Institut français de Bamako,
- 23:53qui consistait un peu à créer un univers en fait en Pagne,
- 23:58le temps d'une soirée avec un défilé.
- 24:01Pagne Fouillé,
- 24:01on en a fait trois.
- 24:03On en a fait trois éditions.
- 24:05Et c'est un peu à ce moment qu'on a commencé un peu à se faire connaître.
- 24:09Donc à chaque fois qu'il y avait des défilés ou des événements mode,
- 24:13on me sollicitait.
- 24:14C'est comme ça qu'on a eu à bosser sur la production de Bamako Fashion Week en 2015,
- 24:19ensuite du Festival de Bazin.
- 24:21Et c'est en 2015 également que nous avons lancé notre premier programme de formation qui consistait un peu à identifier trois jeunes talents.
- 24:30donc deux couturiers et un styliste.
- 24:34Donc c'est justement cette formation qui a permis à la marque Jika Dressing,
- 24:40qui est assez connue maintenant,
- 24:41Jean Cassim,
- 24:42c'est ce premier programme de formation qui l'a permis du coup de réaliser sa première petite collection.
- 24:49Et disons que tout est parti de là et de fil en aiguille.
- 24:53On a commencé un peu à faire connaître l'association et à mener des projets de plus grande ampleur.
- 24:58Très bien,
- 24:59je te remercie.
- 25:00Donc,
- 25:01dévoquait
- 25:02Jean-Cassime Dembélé de Chica Dressing.
- 25:05Je mettrais en lien des notes de l'épisode à l'article où,
- 25:10en fait,
- 25:11je présente sa marque et je lui avais posé quelques questions.
- 25:15Donc je pourrais effectivement ajouter ces éléments-là.
- 25:18C'est intéressant de voir qu'à l'origine,
- 25:21les premiers éléments qui lui ont permis de se développer,
- 25:23c'est à travers les événements que toi,
- 25:25tu as pu organiser.
- 25:27Aujourd'hui,
- 25:27on peut dire que ton association,
- 25:29quand on arrive au Mali et quand on veut savoir qui sont les acteurs de la mode,
- 25:33quels sont les événements importants,
- 25:36tu es un peu une figure de référence.
- 25:38En tout cas,
- 25:38tu pourrais être la personne à contacter pour être sûre qu'on va savoir tout ce qui se passe au Mali en termes de mode.
- 25:44effectivement,
- 25:45on continue d'ailleurs dans la même lancée très bien,
- 25:49donc au départ ce que je comprends c'est que l'association elle accompagnait des événements qui existaient déjà et puis ensuite vous avez voulu créer vos propres structures mais ce que j'entends c'est que la formation ça a toujours été quelque chose dès le départ vous avez commencé par faire de la formation effectivement la dimension enseignement,
- 26:08pédagogie elle était importante elle était importante parce que euh
- 26:12Au Mali,
- 26:13disons que la mode,
- 26:16même si elle connaît un essor ces dernières années,
- 26:19ça reste quand même un secteur ou un domaine pas très familier du point de vue de l'éducation,
- 26:28de l'ouverture d'esprit et tout ça.
- 26:31Disons que la mode,
- 26:32même pour le Malien lambda,
- 26:35la mode est synonyme de défilé de mode tout simplement.
- 26:42des mannequins qui défilent sur un podium.
- 26:45Et ça,
- 26:46c'est par exemple un exemple qui nous a toujours...
- 26:49En fait,
- 26:50c'est comme ça que ça a toujours été évident pour nous de continuer à former les gens,
- 26:58à participer à cette sensibilisation-là ou à cette vulgarisation-là des métiers de la mode.
- 27:07L'autre dimension,
- 27:08c'est que...
- 27:11Pour nous,
- 27:12la formation,
- 27:12c'est la base de tout,
- 27:14c'est-à-dire que ce soit pour un jeune designer,
- 27:16un mannequin.
- 27:18Avant de vouloir embrasser un métier,
- 27:20en fait,
- 27:20il est indispensable de maîtriser son sujet.
- 27:25Et malheureusement,
- 27:26en fait,
- 27:26il n'y a pas vraiment d'école de mode au Mali ici.
- 27:30Donc,
- 27:30c'est pour ça que nous,
- 27:32nous nous efforçons vraiment à toujours animer cette dimension-là,
- 27:37de pouvoir former des gens,
- 27:40de pouvoir les outiller.
- 27:41et pouvoir les accompagner dans le cadre de leur carrière.
- 27:45Donc,
- 27:46par exemple,
- 27:46sur le plan...
- 27:48Si on prend les créateurs de mode,
- 27:50nous on va dire qu'au bout de deux éditions du Mali Mod Show à l'époque,
- 27:55on avait déjà fait le tour des marques ou des créateurs de mode qui pouvaient se présenter pendant le Mali Mod Show.
- 28:05Donc il fallait dénicher des talents,
- 28:07il fallait former ces talents-là pour qu'en fait...
- 28:10pour participer à rendre dynamique le secteur.
- 28:15Donc la formation est vraiment une partie intégrante de toutes nos activités,
- 28:19de tous nos projets,
- 28:21pour chaque événement,
- 28:22même en dehors des événements.
- 28:25On ne se fatigue jamais à créer des masterclass,
- 28:28ou ne serait-ce que des petites conversations de groupe,
- 28:32pour évoquer des sujets aussi divers,
- 28:35que ce soit la création,
- 28:38la gestion,
- 28:38le marketing.
- 28:39Merci.
- 28:40tous les autres métiers annexes qui restent quand même indispensables à l'entreprise e-mode ou à la carrière dans la mode.
- 28:49Très bien,
- 28:49très intéressant cet engagement sur cette notion de pédagogie parce que l'idée c'est qu'effectivement,
- 28:55à partir du moment où les personnes acquièrent des compétences,
- 28:58montent en compétences,
- 28:59on sait que c'est un savoir qui peut leur permettre de se développer par la suite.
- 29:04Donc c'est vraiment une dimension qui est extrêmement importante et qui m'est chère à moi également.
- 29:10Donc on va en venir aux différentes initiatives qui ont été développées par l'association.
- 29:16Là,
- 29:16vous n'avez plus le rôle de travailler avec des événements existants à la production,
- 29:22à la logistique,
- 29:22et on va accompagner la communication.
- 29:24Là,
- 29:24on crée nos propres événements.
- 29:26Donc est-ce que tu peux me parler de cette partie-là ?
- 29:30Oui,
- 29:30donc le premier événement,
- 29:34du coup,
- 29:35en tout cas,
- 29:37On va dire que le premier grand événement,
- 29:39ça a été le Mali Motion 2018.
- 29:43Là,
- 29:43pareil,
- 29:44toujours pour répondre à ce besoin-là de créer une plateforme de promotion et de valorisation au profit des professionnels de la mode,
- 29:54il fallait du coup avoir ce rendez-vous-là,
- 29:56ce rendez-vous qui allait du coup réunir des designers,
- 30:00des mannequins,
- 30:01un peu tous les corps de métier de la filière,
- 30:03le temps d'une soirée.
- 30:05Donc à l'époque,
- 30:06le Mali Motio se tenait vraiment sur une seule soirée,
- 30:11en 2018.
- 30:12Mais en parallèle quand même du Malimot Show,
- 30:14il y avait toujours des ateliers et des masterclass sur une semaine qui devaient passer par la formation des gens.
- 30:23Donc le premier grand projet,
- 30:25ça a été le Malimot Show.
- 30:27On en a fait en 2018,
- 30:30en 2019 également.
- 30:33En 2020,
- 30:36on n'en a pas fait pour des raisons de pandémie.
- 30:40Et c'est entre temps,
- 30:41du coup,
- 30:42vu qu'on ne pouvait pas organiser cet événement-là,
- 30:45vu qu'on ne pouvait pas totalement rassembler du monde,
- 30:49donc il fallait quand même maintenir un peu notre rythme d'activité.
- 30:54C'est ce qui nous a amené à penser à la création de la Malimode Académie.
- 31:00Donc la première session a été lancée en fin 2020-2021 et c'est l'année où il n'y a pas eu de Malimode Show à l'époque.
- 31:09Donc on a initié ce programme-là parce qu'au bout des deux Mali Mod Show également,
- 31:16nous avons constaté le fait qu'il n'y avait pas suffisamment d'offres ou de propositions sur le marché.
- 31:23C'est-à-dire la première édition c'était avec un groupe de designers,
- 31:26la deuxième c'était à peu près avec les mêmes têtes.
- 31:30Et moi personnellement,
- 31:31je trouvais ça dommage qu'il n'y ait pas cette variété-là,
- 31:36qu'il n'y ait pas cette richesse-là.
- 31:38dans les styles ou dans les designers.
- 31:40Et le fait de devoir toujours faire avec les mêmes,
- 31:42en fait,
- 31:44ne me convenait pas trop.
- 31:46Donc,
- 31:46nous avons dit,
- 31:47écoute,
- 31:47on va se taper le boulot.
- 31:49On va lancer des designers.
- 31:51Et c'est comme ça que la Malimor Academy a été créée à l'époque.
- 31:55Donc,
- 31:56le concept,
- 31:57c'est de lancer un appel à candidature,
- 32:00identifier dix jeunes et les former durant six mois.
- 32:05Et c'est vraiment...
- 32:06une formation assez intense où l'objectif c'est vraiment de les amener en fait à connaître un peu la base,
- 32:16à se dire que la mode c'est quoi déjà,
- 32:20qu'est-ce qui rentre en compte dans la mode,
- 32:23comment on devient designer,
- 32:25comment on apprend à couper,
- 32:27à couper,
- 32:27parce qu'il y a deux volets,
- 32:29il y a la dimension théorie et pratique.
- 32:31Donc il y a de la formation en courbe,
- 32:34couture,
- 32:34en broderie,
- 32:36en design textile,
- 32:37en bogolans,
- 32:38en tissage.
- 32:39Et on y associe aussi tous les autres métiers annexes ou toutes les autres matières comme la com,
- 32:49le marketing de la mode.
- 32:52On fait aussi des modules en développement personnel parce que ça reste quand même important pour nous le mindset un peu de ces jeunes-là.
- 33:00Et au bout de la formation,
- 33:02on organise un défilé de restitution qui leur permet du coup de présenter les travaux sur lesquels ils ont travaillé tout au long de six mois.
- 33:11Donc en 2021,
- 33:13on lance la première édition du MaliMod
- 33:17Academy. Et en 2022,
- 33:20du coup,
- 33:20le MaliMod
- 33:21Show revient.
- 33:25Et l'événement est passé d'une soirée à trois.
- 33:30à trois soirées et jusqu'en
- 33:342023 où du coup ça a vraiment pris toute cette dimension de festival pendant dix jours.
- 33:42Très bien.
- 33:43Alors j'aimerais qu'on revienne d'abord sur la partie Manimode Academy.
- 33:48Est-ce que tu peux nous citer du coup justement des talents,
- 33:52des techniques ?
- 33:52Et grâce à la Mali Mod Academy,
- 33:54qui voilà aujourd'hui,
- 33:57j'imagine sont reconnus au Mali et peut-être en dehors des frontières du Mali.
- 34:02Donc le Mali Mod Academy a permis par exemple de lancer la marque Laifi,
- 34:10qui est disponible sur les réseaux sociaux.
- 34:13Il y a également Sarah Design qui est une marque de création d'accessoires à base de perles.
- 34:19Il y a un...
- 34:20Il y a un label textile qui a été lancé également qui s'appelle Mandé Fini.
- 34:26Il y a également la marque Milogo qui est également sur le marché,
- 34:31comme la marque Paris.
- 34:33Disons qu'au bout des deux éditions du
- 34:37Malimora Academy,
- 34:38on peut compter une douzaine de jeunes marques.
- 34:42qui sont pleinement en activité aujourd'hui.
- 34:44Il y en a qui ont défilé à l'étranger,
- 34:49comme par exemple au FIMA,
- 34:50comme au MASA à Abidjan,
- 34:52comme au FIMO à Lomé.
- 34:55C'est vraiment 10 marques qu'on peut dire plus ou moins établies maintenant.
- 35:00Et on continue de les accompagner d'ailleurs,
- 35:02parce qu'on est en train de les réunir en collectif.
- 35:05Ils font souvent des ventes privées ensemble.
- 35:08Ils sont distribués par...
- 35:11par exemple la maison IKALUK.
- 35:12Donc ça nous a vraiment permis de créer un écosystème qui est de plus en plus dynamique,
- 35:19des jeunes talents qui créent et qui vendent surtout.
- 35:23Ça c'est très important pour nous,
- 35:24pour ne pas quand même qu'on se limite un peu à l'aspect festif,
- 35:29bling bling.
- 35:30Donc ça a toujours été en fait l'objectif de pouvoir lancer des créateurs qui avaient cette ambition-là d'être des entrepreneurs mode.
- 35:39et de fonder leurs marques et de pouvoir les distribuer.
- 35:46Très bien.
- 35:47Et maintenant,
- 35:49je voudrais revenir du coup sur la dimension liée à l'événement où tu dis aujourd'hui que ça a commencé par une soirée,
- 35:56puis on est passé à trois jours et aujourd'hui c'est un festival de dix jours.
- 36:00Donc comment est-ce que ce qui est aujourd'hui un festival,
- 36:05comment ça a grandi au fur et à mesure et qu'est-ce qui a fait qu'aujourd'hui ça a...
- 36:09a pu devenir un festival qui va s'étendre sur dix jours ?
- 36:15Disons que c'est parti de plusieurs constats.
- 36:19Déjà le premier,
- 36:20en tout cas l'ambition première,
- 36:23c'était de ramener la mode à la même dimension,
- 36:28par exemple,
- 36:29que la musique au Mali.
- 36:31Parce qu'au fil des deux ou trois premières éditions,
- 36:36on a remarqué que ça passait très vite.
- 36:39C'est-à-dire que le fait d'avoir un événement sur une soirée ou sur trois jours faisait que tu avais beaucoup de personnes qui découvraient l'événement qu'une fois que c'est passé,
- 36:51d'une part,
- 36:52et que la seule soirée ne permettait pas de promouvoir suffisamment de marques aussi.
- 36:59Parce qu'à un moment donné,
- 37:00nous nous sommes retrouvés contraints parce qu'il commençait à y avoir de plus en plus de demandes.
- 37:05Et vu qu'il n'y avait pas beaucoup d'événements,
- 37:07donc le Malimor Show,
- 37:09était quand même un peu la seule plateforme annuelle qui permettait aux designers de proposer leur collection.
- 37:17Donc en une soirée,
- 37:18ça ne devenait plus possible parce qu'on tient aussi au fait que la soirée ne soit pas trop longue,
- 37:26qu'il n'y ait pas plus de 10 marques et ça,
- 37:30ça frustrait des personnes parce qu'à un moment donné,
- 37:35il y avait...
- 37:36quand même des marques super intéressantes qui voulaient mais il n'y avait pas forcément de place donc il fallait du coup rajouter d'autres soirées et l'autre raison c'est que voilà il y a nous sommes dit que pour que la mode puisse vraiment avoir un impact pour
- 37:54qu'on puisse être pris au sérieux pour qu'on puisse vraiment en fait occuper la scène en fait culturelle ou la scène un peu créative il fallait
- 38:05vraiment marquer le coup et qu'une seule date ne permettait pas justement d'embarquer un plus grand nombre de personnes autour de l'événement.
- 38:15Donc c'est là où on a étalé l'événement sur pratiquement dix jours.
- 38:22Et la dernière raison,
- 38:23elle est économique,
- 38:24parce qu'il fallait développer des mécanismes pour avoir un modèle économique viable et pouvoir intéresser les partenaires et les sponsors.
- 38:34Parce que c'est un peu triste que la mode ne bénéficie pas de sponsoring ou quoi que ce soit,
- 38:44parce que c'est de la mode selon les partenaires à l'époque,
- 38:48ça ne pouvait pas drainer du monde.
- 38:50Donc il fallait développer d'autres concepts d'événements autour de la mode pour pouvoir accéder à ces potentiels sponsors-là,
- 39:00pour ensuite les faire découvrir tout ce que nous faisons.
- 39:05à travers la mode.
- 39:05Donc au final,
- 39:06la mode est restée en fait le sujet et le prétexte pour embarquer un plus grand nombre et aussi des personnes issues de différents milieux professionnels.
- 39:20Et c'est là où on a réfléchi à créer du coup un programme in et un programme off.
- 39:28Donc notre ambition aujourd'hui c'est de...
- 39:33c'est de nous servir un peu du Mali-Morshio pour aussi vendre la destination Bamako.
- 39:39C'est pour ça que dans la programmation,
- 39:41on peut y trouver une exposition d'art.
- 39:45contemporain,
- 39:46ça parce que voilà il fallait attirer cet autre public là vers la mort.
- 39:51Il y a des after work par exemple avec des entreprises totalement dédiées au cadre et aux professionnels mais pendant lequel du coup il y a aussi un défilé de mode où il y a par exemple le défilé Made in Mali qu'on a initié pour les labels et les marques qui ont cette ambition là.
- 40:10Donc il y a le grand show,
- 40:11il y a également un tea time qui a été développé.
- 40:14qui est beaucoup plus ouvert aux familles et tout ça.
- 40:20Mais il y a des événements que nous,
- 40:21nous produisons même en fait dans le cadre du programme INN.
- 40:26Mais il y a ce programme OFF là qu'on établit en partenariat avec des lieux,
- 40:32avec des boutiques qui veulent profiter du coup un peu de l'engouement durant la semaine du Mali Morshow pour proposer un concept original toujours dans le domaine de la mode.
- 40:43En tout cas,
- 40:43l'objectif,
- 40:43c'est de pouvoir embarquer le maximum de personnes et d'univers autour de cet événement mode.
- 40:50C'est comme ça qu'on en est arrivé là.
- 40:52Très bien.
- 40:53Du coup,
- 40:53c'est intéressant de voir l'évolution step by step des événements.
- 40:58Et ce qui est intéressant aussi,
- 40:59c'est la longévité.
- 41:02Puisque dans l'événementiel,
- 41:04il y a énormément de personnes qui se lancent.
- 41:07Mais après une édition,
- 41:09on n'entend plus parler de l'événement.
- 41:11Et ce qui est intéressant dans,
- 41:13toi,
- 41:13ta manière d'aborder les choses,
- 41:15c'est vraiment aussi cette dimension de,
- 41:17tu as d'abord travaillé pour d'autres événements,
- 41:19ce qui t'a permis d'acquérir de la compétence et de maîtriser l'objet,
- 41:22de développer un réseau.
- 41:23Et tu as eu d'abord aussi cette approche de,
- 41:26moi,
- 41:26j'ai envie d'apporter quelque chose de différent,
- 41:28de détecter des talents.
- 41:31Et ce que je trouve intéressant aussi,
- 41:32c'est comment tu réfléchis à,
- 41:35OK,
- 41:35j'ai un événement qui est récurrent,
- 41:37mais j'ai envie de le faire grandir.
- 41:40Et donc,
- 41:41je veux me donner les moyens.
- 41:43Je mets bien ton point sur la partie sponsoring et j'aimerais bien revenir dessus.
- 41:48Quels sont du coup aujourd'hui les sponsors qui soutiennent,
- 41:54ou en tout cas qui accompagnent,
- 41:55je ne vais pas dire soutenir,
- 41:57parce que j'ai eu un échange avec Jacques Logo du FIMO qui,
- 42:01sur ce point-là,
- 42:02disait mais nous,
- 42:02on ne cherche pas des soutiens,
- 42:03on cherche des partenaires business qui...
- 42:06vont trouver un avantage à collaborer avec nous,
- 42:08mais on n'est pas dans une forme de charité.
- 42:11Et depuis,
- 42:12je fais attention dans l'utilisation du terme soutien,
- 42:14parce que c'est vrai,
- 42:16ça laisse à penser que c'est une aide.
- 42:19Mais en fait,
- 42:20un sponsor,
- 42:21quand il vient,
- 42:21c'est qui sait qu'il y a un avantage pour lui en réalité.
- 42:24Absolument,
- 42:24je partage totalement la même logique.
- 42:30Parce qu'en fait,
- 42:31nous,
- 42:31on va dire que pour le Malimod Academy,
- 42:34on va chercher du coup...
- 42:36des subventions avec des services de coopération et tout ça.
- 42:41Parce que là,
- 42:41quand même,
- 42:42il y a aussi une dimension sociale et tout ça.
- 42:45Mais même en fait,
- 42:46le Malimaud Academy,
- 42:47nous sommes en train de réfléchir à créer en fait une version payante.
- 42:53Parce que justement,
- 42:55moi-même,
- 42:55je n'ai jamais été en fait à l'aise vraiment avec cette démarche-là en fait de toujours dépendre en fait du soutien.
- 43:06ou de subventions,
- 43:07parce que pour moi,
- 43:08en fait,
- 43:09ça met en risque la pérennisation des initiatives.
- 43:14C'est pour ça que,
- 43:15par exemple,
- 43:15pour le Malimode Show,
- 43:18on revendique totalement le fait que ce soit un événement commercial.
- 43:23On revendique que certaines soirées soient en fait limite élitistes,
- 43:28des fois,
- 43:29parce qu'il y a quand même des tickets qui peuvent coûter relativement cher.
- 43:33Parce que nous,
- 43:34derrière,
- 43:34il y a...
- 43:34énormément de charges.
- 43:37C'est pour ça aussi que,
- 43:38par exemple,
- 43:39pour le Mali Mod Show,
- 43:41on travaille toujours à faire de telle sorte que l'événement ne soit pas totalement dépendant même en fait,
- 43:47même du sponsoring.
- 43:48C'est-à-dire les subventions même en fait,
- 43:51on ne les sollicite pas ou en tout cas on garde la main sur en fait la particularité de notre production parce que souvent le risque avec les subventions c'est que tu vas en fait brader ton concept.
- 44:04où tu vas en fait créer un concept pour répondre à l'objectif,
- 44:07par exemple,
- 44:08du bailleur et t'éloigner de ton ambition et de ton objectif.
- 44:12Donc,
- 44:12par exemple,
- 44:13pour le Malimot Show,
- 44:14même pour l'aspect sponsoring même,
- 44:16c'est important pour nous,
- 44:18ça permet de couvrir les charges,
- 44:20mais on travaille toujours à faire de telle sorte que la vente de tickets ou la vente,
- 44:27par exemple,
- 44:28des produits du Malimot Show puissent couvrir l'événement jusqu'à 60 ou 70
- 44:34Parce qu'on se dit que c'est ce qui peut nous garantir que l'événement puisse continuer à exister et à grandir,
- 44:40parce qu'on n'est pas dépendant du coup de ce sponsoring-là.
- 44:45Et pareil aussi sur le sponsoring.
- 44:47Nous,
- 44:47par exemple,
- 44:49nous sommes accompagnés majoritairement aujourd'hui par une société de téléphonie.
- 44:55Ici,
- 44:56nous avons été,
- 44:56par exemple,
- 44:57le premier événement mode que cette entreprise a sponsorisé parce qu'au départ,
- 45:03il ne trouvait aucun intérêt à la mode à l'époque.
- 45:06Donc,
- 45:07il nous a fallu réfléchir à des événements co-brandés avec cette marque-là pour qu'ils puissent voir un peu que ce secteur...
- 45:14pouvait aussi drainer du monde.
- 45:18Mais en fait,
- 45:18ça reste encore assez modeste dans les finances même de l'événement.
- 45:25Et il est très important pour nous que l'événement ait un vrai modèle économique autonome.
- 45:32Que l'événement soit en fait financé par des gens qui y viennent,
- 45:37par des ventes privées qu'on reproduit en parallèle,
- 45:41par des soirées qu'on mène.
- 45:43ou par des sponsors qui ne viennent pas par pitié,
- 45:48mais qui viennent parce qu'il y a un marché,
- 45:51parce qu'il y a de potentiels acheteurs,
- 45:54parce qu'il y a un public cible en fait qui les intéresse sur le plan économique.
- 45:59C'est-à-dire qu'ils ne viennent pas pour nous soutenir,
- 46:01ils viennent aussi pour faire des affaires.
- 46:05C'est pour ça que nous avons pas mal de soirées pendant le Malimode Show.
- 46:09qui sont devenues en fait de belles occasions de networking pour les marques,
- 46:15pour les gens.
- 46:15On permet en tout cas de connecter du coup les marques à ce public cible-là qui a un certain pouvoir d'achat et qui peuvent être en fait des prospects pour eux.
- 46:27C'était important de préciser ce point du business model en fait de l'événementiel et de vraiment préciser le rapport qu'il peut y avoir avec ceux qui subventionnent et ceux qui sponsorisent.
- 46:39Et toi,
- 46:39ce que j'entends,
- 46:40c'est que tu dis à garder une forme de liberté et à garder une enquête d'entrepreneur.
- 46:44Un entrepreneur,
- 46:46ce n'est pas une œuvre de charité où on recherche des dons.
- 46:50C'est qu'on met en place un business model avec des rentrées d'argent d'un côté,
- 46:54des dépenses de l'autre et avec une volonté de faire du bénéfice.
- 46:58Et il n'y a pas de raison qu'on...
- 47:00À s'en cacher ou à ne pas être à l'aise avec ça,
- 47:03au final,
- 47:04parce que je me rappelle,
- 47:05même une fois pour le Malinois d'Académie,
- 47:08il y a...
- 47:09On a postulé pour une subvention et quand je présentais le dossier,
- 47:19on m'a limite réproché le fait que le Malimoda Academy n'était pas ouvert par exemple aux jeunes femmes vulnérables,
- 47:30aux jeunes hommes vulnérables,
- 47:33les cas sociaux un peu.
- 47:35Je me suis dit que ce n'était pas la vocation de ce programme-là.
- 47:38Nous,
- 47:39nous sommes certes sensibles à tous ces jeunes-là,
- 47:47à tout ce public-là,
- 47:48mais ce n'est pas notre cœur de métier.
- 47:51Nous estimons qu'il y a des personnes qui œuvrent dans ça.
- 47:56Et nous,
- 47:56le Malimaud Academy,
- 47:58c'est pour en fait créer du développement.
- 48:00Ce n'est pas de la charité.
- 48:02Les jeunes qu'on souhaite former...
- 48:04C'est des jeunes en fait qui ont de vrais projets d'entreprise,
- 48:07c'est des jeunes qui ont envie de créer de la valeur,
- 48:10de créer du chiffre,
- 48:11de lancer des entreprises et ce n'est pas du pur social,
- 48:16c'est-à-dire que ce n'est pas de la charité qu'on a envie d'apporter à ces jeunes-là.
- 48:22Et c'est là où souvent même en fait,
- 48:24beaucoup d'événements ou beaucoup d'initiatives en fait en Afrique se retrouvent en fait limite galvaudées parce qu'il fallait obligatoirement rentrer dans...
- 48:34Dans les cas un peu du bailleur,
- 48:36tu vas te dire en fait,
- 48:37moi,
- 48:38pour que je finance ton événement,
- 48:39par exemple au Mali,
- 48:40il faut que tu dédies ça à la culture de la paix ou de la réconciliation.
- 48:47Et ça,
- 48:47c'est quelque chose,
- 48:48par exemple,
- 48:49que j'ai toujours refusé.
- 48:51Si j'ai envie de produire un événement ou de participer à telle ou telle cause à travers nos initiatives,
- 48:58je sais comment les faire.
- 48:59Mais pour le moment,
- 49:00ce n'est pas notre créneau.
- 49:02Ce n'est pas la finalité des projets qu'on met en place parce que nous,
- 49:07nous nous intéressons au développement économique et ça ne nous gêne pas de le dire.
- 49:12Ce qui est intéressant là,
- 49:13c'est qu'il y a certains d'ailleurs qui effectivement vont mettre en avant leur ambition.
- 49:19On a des fonds pour accompagner des populations vulnérables en Afrique et donc on cherche effectivement des associations à accompagner pour pouvoir aller cibler ces populations vulnérables.
- 49:32Mais parfois,
- 49:33quand on fait le point des initiatives qui sont soutenues,
- 49:36il n'y a pas forcément de résultat.
- 49:38Non,
- 49:39non.
- 49:39Il va forcément dire derrière,
- 49:41ah,
- 49:41tel bailleur a accompagné telle initiative et ça fait cinq ans qu'ils font ça.
- 49:46Il n'y a pas d'impact.
- 49:47C'est ce que je dis.
- 49:48Je dis honnêtement à ces bailleurs-là,
- 49:50si vous souhaitez vraiment lutter contre la pauvreté,
- 49:56contre les crises et tout ça,
- 49:58en tout cas économique,
- 50:00si vous voulez participer au développement,
- 50:02vous savez vers quoi il faut aller injecter de l'argent pour avoir du développement.
- 50:08Honnêtement.
- 50:10Donc souvent,
- 50:11on a ce rapport-là où je n'hésite pas vraiment à dire ça,
- 50:17parce qu'en réalité,
- 50:23un jeune designer passionné qui a envie de créer une entreprise est accompagné.
- 50:28Après,
- 50:28c'est de la valeur qui est créée,
- 50:31c'est des emplois qui sont créés.
- 50:33Maintenant,
- 50:33on ne rejette pas non plus.
- 50:35Toute cette aide-là dirigée vers les populations vulnérables,
- 50:38c'est nécessaire,
- 50:39ça a sa place.
- 50:41Moi,
- 50:43ce qui me dérange,
- 50:44c'est cette pression un peu subtile qu'on essaie souvent de mettre sur les opérateurs culturels pour obligatoirement intégrer cette dimension dans leur production,
- 50:57qu'ils le veuillent ou pas,
- 50:58des fois.
- 50:59J'entends,
- 51:00je suis complètement alignée avec ton analyse et je trouve que parfois,
- 51:08et c'est souvent des programmes occidentaux qui arrivent en Afrique avec on sait comment on va vous aider et plutôt que des acteurs locaux qui vont vous dire mais en fait,
- 51:19nous voilà la proposition qu'on vous fait.
- 51:22En fait,
- 51:22ils arrivent avec non mais nous,
- 51:23en fait,
- 51:24on a déjà réfléchi.
- 51:25En fait,
- 51:25on a des consultants qui ont réfléchi,
- 51:27qui ont de l'expertise.
- 51:29Il y a des rapports,
- 51:30on sait quoi.
- 51:31Et en fait,
- 51:34il peut y avoir des difficultés de compréhension,
- 51:37parce qu'il y a des bonnes volontés de chaque côté,
- 51:40mais dans la manière de faire,
- 51:41je trouve qu'on ne donne pas assez la main aux acteurs locaux.
- 51:45Voilà quelle est mon expérience,
- 51:47voilà ce que je propose.
- 51:48Essayons,
- 51:49on n'est pas obligé de prendre toute la subvention disponible,
- 51:51on peut prendre une partie,
- 51:53et on va prouver que c'est aussi un bon moyen de faire en fait.
- 51:56Absolument.
- 51:57Donc ?
- 51:58Maintenant,
- 51:58on va venir à parler de la prochaine édition,
- 52:01en fait,
- 52:01de ton événement qui a lieu la semaine prochaine.
- 52:06Donc,
- 52:06au moment où on enregistre l'épisode,
- 52:08en fait,
- 52:08on est
- 52:0918 novembre,
- 52:1117 novembre.
- 52:12Donc,
- 52:12du coup,
- 52:13on est dix jours avant le démarrage de la prochaine édition.
- 52:17On a réussi à caler cette interview alors que j'étais très,
- 52:21très occupée.
- 52:21C'est vrai.
- 52:23Est-ce que tu peux nous dire un peu de ce qui se passe ?
- 52:25prépare,
- 52:25qu'est-ce qu'on va avoir pour cette prochaine édition ?
- 52:29Donc du coup,
- 52:30le prochain événement qui arrive du coup c'est le nouveau en fait forum de la mode et du design qu'on a produit,
- 52:38donc comme grosse information c'est que vu la taille du Mali Mod Show que j'ai présenté tout à l'heure,
- 52:45nous avons jugé nécessaire à en faire une biennale donc le Mali Mod Show se tiendra tous les deux ans dorénavant mais comme interbiennale entre
- 52:55Deux éditions du Mali Mod Show,
- 52:56nous avons quand même tenu à créer ce forum-là qui se définit un peu comme le laboratoire qui va nous permettre de penser le Mali Mod Show,
- 53:07mais de manière beaucoup plus globale,
- 53:09un laboratoire qui va nous permettre de traiter la mode sous l'angle économique,
- 53:15sous l'angle business.
- 53:17Parce qu'au bout de plusieurs éditions,
- 53:20d'organisations,
- 53:20de défilés de mode et tout ça,
- 53:23Il était important pour nous de créer aussi une plateforme à travers laquelle nous allons parler structuration,
- 53:31nous allons parler financement,
- 53:33nous allons parler politique de développement même liée à la mode.
- 53:38Mais trois jours d'activité à travers des ateliers de réflexion,
- 53:45des masterclass et des panels également pour justement parler de la mode autrement.
- 53:52Parce que nous,
- 53:53en fait,
- 53:53on en a besoin ici au Mali,
- 53:55parce qu'encore une fois,
- 53:57pour beaucoup de gens,
- 53:58la mode,
- 53:59en fait,
- 54:01c'est loin de nous.
- 54:02La mode,
- 54:03ce n'est pas forcément nous,
- 54:04ça ne nous concerne pas.
- 54:06Donc l'ambition de ce forum-là,
- 54:09c'est de pouvoir parler des business dans la mode,
- 54:12des métiers dans la mode,
- 54:14et de pouvoir commencer un peu à réfléchir sur des projets de politique un peu,
- 54:19de structuration,
- 54:20de développement.
- 54:22et également d'accompagnement de la filière mode.
- 54:29Ce forum est prévu du 28 au 30 et nous prévoyons de mener des ateliers sur trois jours qui ont pour objectif de réunir le maximum de corps possible et de métiers possibles pour par exemple travailler sur la question de classification,
- 54:47sur la question de nomenclature,
- 54:49sur en fait...
- 54:50établir en tout cas une analyse un peu
- 54:53de la filière et de la chaîne de valeur ici au Mali.
- 54:57Donc,
- 54:58cette première édition,
- 54:59nous avons vraiment tenu à ce que les ateliers qu'on va produire ne traitent que de ça,
- 55:04parce que pour nous,
- 55:05c'est la base qu'on puisse,
- 55:08entre acteurs et professionnels,
- 55:09ou même en fait partenaires un peu de la filière,
- 55:13qu'on puisse s'asseoir et définir,
- 55:17et parler des corps et des métiers,
- 55:19savoir qui fait quoi,
- 55:21qui commence où.
- 55:22comment les métiers sont interconnectés entre eux,
- 55:26pour qu'ensuite on puisse aboutir à un projet de cartographie un peu de la scène,
- 55:30parce que c'est des éléments qu'on estime qui vont nous permettre,
- 55:34sur du long terme,
- 55:35de démontrer le poids,
- 55:37l'apport et l'importance,
- 55:39en fait,
- 55:40de la filière mort ici au Mali.
- 55:42Il y a aussi la nécessité,
- 55:43par exemple,
- 55:44de création de données.
- 55:45Aujourd'hui,
- 55:46nous,
- 55:46pour nos initiatives,
- 55:48un peu,
- 55:48nous portons cette ambition-là de pouvoir...
- 55:52valoriser la mode,
- 55:53de pouvoir un peu changer les manières de penser ou des manières de perception sur la filière.
- 56:02Même en termes de métier,
- 56:03par exemple,
- 56:05malheureusement,
- 56:06les gens vont souvent dans des écoles de coupe et de couture parce qu'ils n'ont pas réussi à faire autre chose,
- 56:10parce qu'en fait,
- 56:12cette filière-là reste quand même victime de beaucoup de perceptions.
- 56:15Donc,
- 56:15nous essayons un peu de traiter la démotion économique.
- 56:20qui pourra être pour nous un instrument assez efficace pour démontrer toute la place de ce domaine-là sur l'économie même du pays.
- 56:32Et c'est à cela que le Forum s'ambitionne de travailler.
- 56:38Donc pendant trois jours,
- 56:39ça va être une succession d'ateliers avec différents professionnels du secteur des industries culturelles et créatives ?
- 56:46Absolument.
- 56:46Un élément qui est ouvert au public ou qui est plutôt restreint aux experts ?
- 56:52Disons que les ateliers sont restreints aux experts et aux professionnels quand même expérimentés.
- 57:00Mais par contre,
- 57:01il y a aussi des masterclass qui sont prévus,
- 57:04qui restent toujours pédagogiques pour des jeunes designers.
- 57:09Donc des masterclass qui vont parler de qualité dans la production.
- 57:13qui vont parler également de mode éco-responsable et qui vont parler aussi de modèle économique.
- 57:19Ensuite,
- 57:19il y a les panels qui sont ouverts à tout le monde,
- 57:23à tout le public.
- 57:24Et c'est exactement ce qu'on veut faire,
- 57:26c'est vraiment encore une fois de réunir des professionnels de la mode avec plusieurs métiers du secteur privé et également avec les décideurs un peu politiques pour que nous,
- 57:38nous puissions faire des plaidoyers.
- 57:41et montrer toute la pertinence en fait de ces sujets-là.
- 57:46Et quand tu évoquais la notion de données,
- 57:49effectivement je suis complètement encore une fois alignée avec toi sur le fait que la production de data,
- 57:54c'est l'essentiel pour pouvoir discuter avec les différents acteurs et les différentes parties prenantes,
- 58:01qu'il s'agisse des politiques,
- 58:03mais qu'il s'agisse aussi des entreprises et des potentiels sponsors.
- 58:08Quand la discussion commence,
- 58:09ce qu'ils veulent savoir c'est…
- 58:10Ils veulent avoir des datas.
- 58:12Du coup,
- 58:12toi,
- 58:12ton ambition à l'issue de ce forum,
- 58:14c'est de pouvoir produire un rapport ?
- 58:17Pour le forum,
- 58:18oui,
- 58:18l'ambition,
- 58:18c'est de produire un rapport.
- 58:20Mais en fait,
- 58:23on n'a pas forcément cette prétention-là,
- 58:27en fait,
- 58:27de pouvoir arriver à cette étape,
- 58:30en fait.
- 58:31Et maintenant,
- 58:32nous,
- 58:32pour cette première édition,
- 58:34on souhaite d'abord analyser un peu les métiers et les différences.
- 58:40encore,
- 58:41mais derrière,
- 58:42ce qu'on aimerait impulser à travers le forum,
- 58:44c'est effectivement la réalisation de cette,
- 58:49la production de ces données-là dans le futur.
- 58:52Porter un projet de cartographie ou un projet de production de données sur la filière,
- 58:58parce que les données qui existent,
- 59:00en fait,
- 59:01je pense,
- 59:01en tout cas concernant le Mali,
- 59:03c'est des données qui datent de plus de 10-15 ans.
- 59:05Aujourd'hui,
- 59:06par exemple,
- 59:06on ne peut pas dire,
- 59:07par exemple,
- 59:08dans telle rue ou dans
- 59:09telle ville,
- 59:10voilà tel nombre d'ateliers de couture qui existent,
- 59:14voilà combien de personnes ils emploient,
- 59:17voilà le chiffre qu'ils génèrent et de manière beaucoup plus large en fait,
- 59:20il n'y a vraiment aucun support qui peut permettre d'avoir cette lecture actuelle un peu de ces données-là.
- 59:27Et nous on sait que c'est également en fait un projet très ambitieux qui demandera quand même beaucoup de moyens,
- 59:35mais nous en faisons à travers ce forum-là
- 59:39l'une de nos priorités pour les prochaines années.
- 59:42Très bien.
- 59:44Ce que je comprends,
- 59:44en tout cas dans ta manière de présenter les choses,
- 59:47c'est qu'en fait,
- 59:47chaque année,
- 59:48tu te lances à un nouveau défi.
- 59:49Exactement.
- 59:51Tu as une volonté d'aller plus loin,
- 59:53de creuser les choses en profondeur,
- 59:55d'apporter une nouvelle dimension.
- 59:59Comment est-ce que tu peux l'expliquer,
- 1:00:00ça ?
- 1:00:06Bon,
- 1:00:06disons que c'est un mélange.
- 1:00:09Ça,
- 1:00:09tu vas nous dire à la fin.
- 1:00:10Bon,
- 1:00:11oui.
- 1:00:11D'abord...
- 1:00:12Mais c'est aussi un mélange un peu de beaucoup de passion,
- 1:00:16de beaucoup de conviction parce que j'y crois énormément et aussi parce que je considère ça comme une mission.
- 1:00:26Et moi,
- 1:00:26personnellement,
- 1:00:27quand je partirai à la retraite,
- 1:00:29j'aimerais bien regarder derrière moi et mesurer en fait l'impact que j'aurai laissé.
- 1:00:37Ou en tout cas,
- 1:00:39qu'on puisse dire que quand nous,
- 1:00:40on commençait à...
- 1:00:42à travailler dans le domaine de la mode,
- 1:00:44voilà ce qu'on a trouvé et voilà ce qu'on laisse.
- 1:00:48Et ça,
- 1:00:48il faut des activités signifiantes,
- 1:00:51il faut des activités à fort impact et pas forcément nous limiter un peu à la surface,
- 1:01:00mais également porter de vraies politiques de développement au profit de la filière.
- 1:01:06Et le reste,
- 1:01:06c'est parce qu'on est aussi réaliste,
- 1:01:09on essaie d'avancer vraiment petit à petit.
- 1:01:12parce que tout ce dont on a parlé aujourd'hui,
- 1:01:14c'est bien évidemment énormément de charge sur tous les plans.
- 1:01:19Donc on essaie vraiment d'aller petit à petit,
- 1:01:23de poser les bases,
- 1:01:24parce que c'est un peu le rôle qui nous revient.
- 1:01:27Moi personnellement,
- 1:01:28je ne suis pas forcément créateur ou mannequin ou photographe.
- 1:01:32Donc c'est cette mission en fait que j'essaie d'explorer,
- 1:01:36cette mission en fait de participer à la structuration de la chaîne.
- 1:01:41et aussi au soutien un peu à la chaîne,
- 1:01:47en mettant de la lumière sur tous ces besoins-là pour que chaque partie puisse aussi faire sa part,
- 1:01:55que ce soit les designers,
- 1:01:57que ce soit les autorités politiques,
- 1:01:59que ce soit également les acteurs du secteur privé.
- 1:02:02Donc c'est un mélange de beaucoup.
- 1:02:04Mais ce qui me porte,
- 1:02:05c'est le rêve,
- 1:02:07en vrai.
- 1:02:08Mais le rêve,
- 1:02:08c'est quoi le rêve ?
- 1:02:09Tu nous le dis ton rêve ou c'est un tarot ?
- 1:02:12En fait,
- 1:02:13je ne réfléchis pas trop à comment les choses vont se faire.
- 1:02:18Je me limite en fait qu'à les rêver et à y croire.
- 1:02:22C'est-à-dire que quand,
- 1:02:24si je me mets en fait à me poser beaucoup trop de questions,
- 1:02:27oui,
- 1:02:28tu veux par exemple produire des datas ou des données sur la mort,
- 1:02:32mais...
- 1:02:33Comment tu vas faire ?
- 1:02:34Il faut des chercheurs ?
- 1:02:36Qu'est-ce qu'il faut ?
- 1:02:36Il faut de l'argent ?
- 1:02:39Je ne pense pas immédiatement à tous ces aspects-là.
- 1:02:43Ce que je me dis d'abord,
- 1:02:44bon écoute,
- 1:02:44on va en parler.
- 1:02:45Là aujourd'hui,
- 1:02:46j'en parle avec Ramata.
- 1:02:47Dans une semaine,
- 1:02:48je vais en parler au forum.
- 1:02:50Je vais en parler par-ci et par-là.
- 1:02:52Et la force des choses fera que voilà,
- 1:02:55peut-être dans deux,
- 1:02:56trois ans,
- 1:02:57on aura cette belle cartographie-là.
- 1:03:01Plein de belles données sur la mode ici au Mali.
- 1:03:05Très bien.
- 1:03:06On souhaite que ton rêve se réalise et on souhaite chacun apporter sa part à la concrétisation de ce que tu parles.
- 1:03:15On arrive à la fin de cette interview.
- 1:03:18Moi,
- 1:03:18j'aime bien finir en posant la question de si tu devais définir la mode africaine ou la mode malienne,
- 1:03:26qu'est-ce que tu dirais ?
- 1:03:28La mode malienne déjà,
- 1:03:34comment je peux définir la mode ?
- 1:03:37Je dirais,
- 1:03:38concernant la mode malienne,
- 1:03:39je dirais renouveau.
- 1:03:41Je dirais renouveau parce que c'est à cela en fait je pense qu'on doit faire converger un peu nos projets et nos objectifs.
- 1:03:53On y travaille beaucoup sur la question en fait.
- 1:03:57l'actualisation un peu de la filière ici,
- 1:04:02des propositions des designers et Renouveau pour pouvoir aussi positionner en tout cas la création malienne un peu partout à l'international.
- 1:04:17Et voilà,
- 1:04:17donc je dirais Renouveau.
- 1:04:19Très bien.
- 1:04:20Écoute,
- 1:04:20merci beaucoup pour être avec toi.
- 1:04:24Ce fut un plaisir comme la dernière fois.
- 1:04:26Merci.
- 1:04:27De toute façon,
- 1:04:28au forum auquel j'aurais le plaisir de participer à distance,
- 1:04:32mais nous avons l'occasion de faire ça en présentiel.
- 1:04:34Très bien.
- 1:04:35Oui,
- 1:04:35oui,
- 1:04:36oui.
- 1:04:36Et puis,
- 1:04:37écoute,
- 1:04:37je te dis à très vite en Afrique.
- 1:04:39Merci beaucoup,
- 1:04:40Mata.
- 1:04:41Merci à toi.
- 1:04:44Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:04:46Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:04:53Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 1:04:59Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 1:05:04Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.