Latest / Les invités de Radio des Ballons / Plombières-les-Bains, les thermes et l'espace Berlioz
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- Lydie Barbeau, maire de Plombière, évoque l'avenir des termes. Alors la perspective sur les termes de Plombière, alors déjà elle n'est pas à très court terme, il ne faut pas se leurrer, il y a un énorme travail, d'autant plus que les bâtiments, pour l'instant, sont toujours propriétés du groupe AVEC, donc il va déjà falloir avoir les résultats des diagnostics sanitaires des bâtiments et ensuite racheter les bâtiments. Ce n'est pas la commune de Plombière qui le fera, on a un budget trop, c'est une charge financière beaucoup trop lourde pour la commune, donc il va falloir trouver quelle est la bonne entité pour racheter les bâtiments thermaux. Ensuite, bien sûr, on a envie d'utiliser notre eau, c'est la richesse de Plombière, c'est l'or bleu Plombière, mais il va falloir bien calibrer quel est le projet économique qui va faire revivre Plombière. Aujourd'hui, on se rend bien compte que le thermalisme médical n'est pas ce qui rapporte le plus dans les communes, d'autant plus qu'il appose des contraintes sanitaires sur l'eau très importantes, donc le choix a été fait pour l'instant que la première étape soit l'utilisation de l'eau pour le bien-être, c'est-à-dire que vous, moi, n'importe qui, on peut venir à Plombière, prendre les eaux, se faire du bien, profiter de cette ville et de son environnement naturel, tout en barbotant dans les thermes de Plombière. Donc la première partie, ça va être de se concentrer sur les bâtiments des thermes Napoléon et d'y implanter un centre thermal bien-être. L'eau thermale, elle arrive directement au therme Napoléon. Tous les derniers travaux qui ont été faits ont fait en sorte que ça se passe comme ça. Donc aujourd'hui, l'eau thermale, elle est au therme Napoléon et c'est le bâtiment le moins abîmé. C'est celui qui a été utilisé jusqu'à la fin 2024. Il y avait encore des cuirusses qui étaient à la fin 2024. Donc c'est celui qui va demander le moins de rénovation, le moins d'adaptation pour avoir un outil de travail performant. Alors les bâtiments de Calodaye, qui sont donc dans le centre historique, sont dans un état déplorable. Vous avez un taux d'humidité très important. Pas réutilisable ? Non, en l'état, ce n'est pas réutilisable, pas du tout. Il y a certains bâtiments qui présentent même des problèmes de sécurité à l'intérieur. Alors pour l'instant, pas à l'extérieur, on y veille. Mais vous ne mettez plus personne dans ces bâtiments-là, ça c'est clair. Donc aujourd'hui, on ne peut pas dire qu'il y ait d'avancée sur la partie repreneur. Un repreneur privé, vous voyez reprendre la main avec un repreneur privé ? Alors un repreneur privé, il viendra, mais pas tout seul, parce que le projet et l'investissement est considérable. Et donc c'est un partenariat privé-public qui verra sans doute le jour, ça c'est clair. Mais je pense que pour attirer un investisseur privé, il faut lui donner une vision. Il fallait passer par ces temps d'études, passer par ces temps de concertation, et se dire, voilà, plombe bien où on va demain. Et aujourd'hui, on sait que la première étape, ce sera le thermalisme de bien-être. L'État se désengage au fur et à mesure du remboursement des cures, qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait, tout le monde en est bien conscient, on ne va pas se voiler la face. Et que les cures de trois semaines ne sont plus ce qui attire le plus. Toutes les stations thermales aujourd'hui ont une activité autre que le thermalisme médical pour s'être rentabilisées. Plombière a toujours existé grâce à ses thermes, c'est certain, mais c'est loin d'être le seul de ses atouts. Plombière a une histoire vieille de plus de 2000 ans, elle a un patrimoine historique phénoménal, et on ne voit pas tout, parce que sous Plombière, vous avez un patrimoine romain qu'on ne voit que très rarement. Même moi, certains endroits où je n'ai jamais eu les pieds, il y a des choses encore magnifiques à découvrir. Donc il y a tout un travail sur la mise en tourisme de ce patrimoine qui est à réaliser. Il faut sortir de notre image de ville seulement thermale, mais devenir une destination touristique en mettant en avant tous nos atouts, le patrimoine, l'histoire, la culture et la nature. Mais Lydie, aujourd'hui, on rénove l'espace Berlioz. L'espace Berlioz, c'est un lieu historique ici à Plombière qui n'est pas rien. Mais il n'y a que des lieux historiques à Plombière. Voilà, il n'y a que ça. Et celui de l'espace Berlioz, oui. 1905, le bâtiment, il a vécu une très belle vie. Il a vu des dames en grande robe et des messieurs en frac. Ensuite, il a vu tous les yéyés qui sont venus en concert à Plombière. Et puis, depuis les années 80, il connaît une période de déclin. Et là, on remonte. Il va reconnaître une période de fast et d'activité et puis redevenir le poumon économique et le poumon du divertissement de la ville de Plombière et du territoire alentour. Des questions ont été posées au préfet des Vosges, Blaise Gourtet, à propos des thermes et de l'espace Berlioz. Quel a été l'impact de la fermeture des thermes de Plombière sur la région ? Plombière, c'était une destination qui rayonnait bien au-delà de la ville de Plombière. Et effectivement, j'allais dire le département des Vosges, mais un peu au-delà, en Haute-Marne, en Meurthe-et-Moselle, etc. C'est un point d'attractivité où les gens venaient volontiers. Mais venaient volontiers pour du thermalisme qui aujourd'hui n'existe plus. Il n'existe plus parce que ça a fermé, mais avant même que ça ferme, ça fait plusieurs dizaines d'années que progressivement, à Plombière comme dans d'autres villes thermales, le thermalisme est en perte de vitesse parce que ça ne répond plus aux besoins d'aujourd'hui, c'est plus au goût du jour. Donc du coup, il faut se réinventer. Et c'est bien l'objet de ce contrat de territoire, de réussir à définir une stratégie qui permette de maintenir, de retrouver une attractivité à Plombière sans thermalisme médical comme on l'a connu, mais malgré tout avec l'atout des sources thermales qui est assez unique ici et qui doit être exploité. Et justement, c'est quoi les leviers pour réinventer tout ça ? Vous avez parlé de faire évoluer le médical ou alors de l'enlever. Mais du coup, c'est quoi les autres leviers ? Le premier levier, Mme Le Maire l'a dit tout à l'heure, c'est le facteur culturel qui est un facteur d'attractivité. Ce projet de réhabilitation de l'espace Berlioz, d'en faire un centre culturel avec théâtre, cinéma, etc. Ça peut être l'un des facteurs qui feront venir du public, probablement même d'assez loin, si la programmation est réussie et ça devrait être le cas. Au-delà de cet espace Berlioz, de cette attractivité culturelle, il faut aussi qu'on arrive à inventer d'autres activités, d'autres activités qui ont une viabilité économique et qui permettent d'attirer également des touristes, des gens de passage, etc. Et comment l'État aide la ville de Plombière pour remettre en marche tout ça ? Il y a deux types d'aides. La première, c'est ce qu'on est en train de faire en travaillant sur ce futur contrat de développement territorial. C'est de l'aide en ingénierie, en réflexion. On a des équipes de l'État dans le département, au niveau régional, également au niveau national, qui apportent leur expertise pour essayer de bâtir ce projet, de bâtir cette stratégie. Et puis après, dans un deuxième temps, le Premier ministre aussi est engagé. Il y aura un soutien financier, qui a déjà commencé d'ailleurs, ne serait-ce que sur cet espace Berlioz, ces 4 millions d'euros que l'État a investis aux côtés de la commune pour conduire ce projet. Donc, il y aura du soutien financier. Il y en a déjà eu, on continuera. Mais vraiment, la priorité d'aujourd'hui, c'est de définir cette stratégie, d'y aller méthodiquement, avec, si possible, des partenariats privés, parce que la plupart des bâtiments de Plombière sont des bâtiments privés. Et donc, évidemment, la puissance publique, que ce soit la commune, l'État ou les autres collectivités, ne peuvent pas seules décider de ce qu'on va faire de tel ou tel bâtiment. Tout à l'heure, vous l'avez dit, Plombière, pardon, c'est un exemple de ville thermale qui va moins bien qu'avant. Est-ce que ça vous inquiète, du coup, que cette mise à mal thermale et donc économique se répercute un peu partout dans la région ? C'est effectivement un risque. D'autres collectivités y sont extrêmement attentives. Si je prends l'exemple dans les Vosges de Vitel, il y a déjà des investissements, il y a déjà cette réflexion pour essayer de compenser la diminution du thermalisme bédical, comme on a pu le connaître pendant très longtemps, compensé par d'autres activités, d'autres facteurs d'attractivité. Plombière, c'est l'un des sites dans les Vosges qui a le plus souffert ? C'est un site qui a souffert indéniablement, qui a souffert parce que ça reste toujours un site très unique dans le département des Vosges. Il n'y a pas d'équivalent. Il n'y a pas d'équivalent où on conjugue cette prédominance du thermalisme bédical pendant très longtemps avec un patrimoine historique, architectural qui est assez unique et qui reste, même s'il est un peu dégradé aujourd'hui, il reste et ça doit être un facteur d'espoir pour demain.