Latest / Les invités de Radio des Ballons / Paul Poulaillon, le célèbre entrepreneur , sur Radio des Ballons
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- Paul Poulaillon, un nom que l'on entend souvent, mais ça a commencé comment ? Après, avec un nom comme ça, on se dit mais ça doit être quelque chose dans la bouffe, non ? Eh bien oui, cher monsieur, la bouffe, c'est mon domaine depuis tout gamin, à 14 ans, ça a commencé dans le pétrin, apprentissage de boulangerie. Puis après, j'ai fait mon petit chemin et me voilà, au bout de 20 ans, je me suis retrouvé en Alsace. Pourquoi en Alsace ? Parce que j'ai trouvé une fille à marier qui venait de Belfort. Et moi, je viens de la vallée du Rhône, voilà. Je suis né à Condrieu. D'accord. Et là, après, partie du pétrin, vous avez beaucoup progressé parce qu'il s'est passé plein de choses. Eh bien, avec un pétrin, on pétrit, puis on fait plein de pains. On fait du pain, on fait des bretzels, on fait des morissettes. On a fait toutes ces choses-là en Alsace, des spécialités alsaciennes, dont la morissette que j'ai inventée dans les années 76 et que le nom nous appartient. Et 50 ans après, c'est toujours notre produit leader, la morissette. Voilà. Et aujourd'hui, c'est un bon nombre de magasins. Il y en a combien ? Alors aujourd'hui, il y a 70 magasins. On a trois usines de fabrication. Ils sont situés où ? Une à Vittelsheim, en face d'Arc-en-Ciel. Une à Saint-Vite, vers Belfort, là. Et Saint-Loup, en Haute-Saône, à côté de Luxeuil, quoi. En gros, quoi. Alors, ce qu'on voit notamment dans les hypermarchés, par exemple, on voit des magasins poulaillons. En général, il y a toujours plein de monde qui se précipite. C'est un vrai succès, ça. Mais alors, j'aimerais bien qu'il y ait encore plus de monde. Je veux dire, il y a du monde, oui, on travaille, c'est déjà bien. On essaye de faire les choses bien, on essaye de faire des bons produits. On y arrive quand même pas mal aujourd'hui, quoi. Aujourd'hui, poulaillon, c'est 1000 personnes. Voilà le groupe. 1200, j'ai appris ce matin. 1200. Je dis maintenant, il faut qu'on arrête un peu parce que ça commence à faire. Voilà. Et voilà, on ouvre des magasins toujours et il y a toujours à faire. Il y a toujours à faire de cette entreprise qu'elle soit encore plus belle, quoi. Mais qu'est ce qui fait le succès ? Le succès, c'est de faire un beau produit. Je veux dire, d'être placé où il faut pour vendre des produits. Notre Morissette a fait notre succès, elle le fait toujours. Aujourd'hui, la Morissette se vend dans la France entière. On vend beaucoup aussi à la grande distribution. Nos clients sont aussi en Grand Est, dans la grande distribution. On vend nos Morissettes de partout, comme l'eau aujourd'hui aussi. Ah oui, l'eau. Qu'est ce qui s'est passé ? Pourquoi un jour, après avoir fait des Morissettes, vous vous lancez dans l'eau ? L'eau, c'est aussi un bébé que j'ai fait moi-même. C'est aussi une histoire d'amour, comme j'ai fait la boulangerie. L'eau, ce lieu de Vellemain-Frois, que mon beau-père m'a fait connaître en 75. Je venais d'acheter ma première boulangerie en 73, donc je ne pouvais pas acheter une source. Je n'avais pas le temps de m'occuper de la source. J'avais bien d'autres choses à faire, mais j'ai toujours eu l'envie de revenir sur ce lieu. J'étais un peu tombé amoureux de ce lieu, qui est en bas, la source initiale. Et puis, dans les années 80, depuis 75 jusqu'à 2004, où j'ai racheté au tribunal de Lure, il y a eu encore 3 ou 4 nouveaux propriétaires qui n'ont pas fait avancer le schmilblick. La source était fermée pendant 40 ans. Et puis, elle est restée fermée jusqu'à quand ? Je la reprenne en 2004 et on a ouvert l'usine en 2016. Donc, ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps et de réflexion pour monter une usine. Ça se monte en deux jours. Oui, on dit d'ailleurs que c'est compliqué, l'eau. Je dirais que c'est comme tout. L'eau est compliquée, oui, c'est compliqué parce que le marché, aujourd'hui, est détenu par 4 grands groupes, on peut dire. Danone, Nestlé, et puis le tout puissant Crystalline, le groupe Alma, qui détient, je pense, 70% de l'eau en France. Et puis l'autre, je ne sais plus, Spa. Donc, il y a des gros faiseurs en eau. Mais bon, nous, on a trouvé notre place aussi. On a mis aussi beaucoup de temps à se faire connaître et on n'est pas encore bien connus. Mais on voit quand même de mieux en mieux. Puis là, on est très contents de ce qui se passe au début de cette année. Ça nous encourage. Alors, l'eau, qu'est-ce qu'elle a de spécial ? Alors, cette eau, elle est magnifique puisqu'elle vous soigne. Elle a beaucoup de minéraux, du calcium, de l'adnésium, des sulfates. Elle n'a pas de nitrate, elle n'a pas de sel ou très peu de sel. Juste ce qu'il faut, puisqu'elle va aussi au régime sans sel. Elle a 10 mg de sel au litre. Elle n'a pas de nitrate 0,0. Ce n'est pas comme les belles eaux que vous avez dans les Vosges, là, qui ont beaucoup de nitrate et autre chose dedans. Mais bon, ils ont un peu joué aux apprentis sorciers. Voilà, ils ont fait un peu n'importe quoi. Puis ça nous a aussi perturbés. Voilà, c'est toujours perturbant. Je veux dire, l'eau, déjà, l'eau, je pense, en général, se vend moins. Je pense qu'ils ont pris un petit coup quand même, tous ces grands-là, et que nous, on fait notre chemin. Voilà. Pourquoi ? Parce qu'on a une belle eau, parce qu'on n'a pas triché. Et puis, voilà, au bout de 8 ans, on commence à être connu aussi et reconnu. D'un beau produit, quoi. Alors, la maison Poulaillon, c'était quand même gros, 1200 personnes. Et l'avenir ? L'avenir, pour moi, il n'y a pas de problème. Je veux dire, il n'y a pas de problème dans l'avenir. Il suffit de regarder un peu l'autoroute, je dirais, qui est ouverte. Et il y a du travail. Il y a des consommateurs. Il suffit de bien servir le consommateur. C'est sûr qu'il a un peu moins d'argent aujourd'hui. Il va acheter un peu moins. Il achète déjà un peu moins, mais il achète mieux. Donc, nous, on est placés encore dans ce créneau-là, où on fait un bon produit, au juste prix. C'est comme l'eau, on fait une très belle eau, aujourd'hui, au juste prix. On n'est pas plus cher que nos collègues. Et ce sont les enfants poulaillons qui vont assurer l'avenir ? Ils sont déjà là. J'ai deux enfants. Je ne suis pas tout à fait jeune. Mes enfants, ils ont plus de 50 ans. Et puis, voilà, ils sont là. J'ai déjà transmis. Et puis, j'ai mes petits-enfants qui arrivent aussi. Voilà, c'est la troisième génération qui va se mettre en place. Et voilà, aujourd'hui, ma papi, il faut qu'ils soient encore là pour montrer le chemin. Parce que je joue aujourd'hui avec l'expérience. J'ai de l'expérience, donc je peux m'affirmer un peu. Mais eux, ils ont aussi de la jeunesse, donc c'est encore mieux. Lorsque vous avez débuté, vous auriez imaginé en arriver là, aujourd'hui, avec une telle réussite et un tel groupe ? Non, je n'ai jamais pensé qu'on allait faire. Je pensais toujours que j'allais avoir une boulangerie, ça, c'est sûr. J'ai fait ce métier pour avoir un jour une boulangerie. Mais aujourd'hui, j'en ai un peu plus, quoi. Et non, en fin de compte, ça s'est fait avec le temps. Voilà, le temps, voilà. Et puis, regarder un peu ce qui se passe autour de soi. Et aujourd'hui, vous avez fait la boulangerie, la morissette et l'eau. Vous n'auriez jamais 203, vous n'avez pas un autre projet comme ça ? Ah oui, il y en a plein. Non, mais je ne pense pas qu'on ira ailleurs. On restera dans l'agroalimentaire, ça, c'est sûr. Bon, on verra bien ce que nous dira l'avenir, mais on est capable de faire autre chose, c'est sûr. Mais bon, dans l'alimentaire, il y a tellement de choses à faire. C'est dans la farine, ça va de la pâte, ça va au dessert, ça va... Voilà, il y a beaucoup de choses à faire. Donc, demain, on sera peut-être dans un autre produit aussi, mais un produit alimentaire, oui. Eh bien, merci Paul et à bientôt. Eh bien, je vous remercie et puis bon vent dans les Vosges.