Latest / True Crime : L'Heure du Crime / L'Énigme Frank Black : Le Mystère entourant la Mort d'un Multi-Millionnaire
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- 0:06Speaker 2: Aux États-Unis, une mystérieuse femme attire un homme d'affaires dans
- 0:10Speaker 2: un autre état en lui promettant une transaction lucrative. L'homme disparaît.
- 0:14Speaker 2: Les autorités demandent alors au FBI de les aider. On
- 0:18Speaker 2: commence par soupçonner l'un de ses concurrents frustrés d'être impliqué,
- 0:21Speaker 2: mais ce dernier semble inatteignable
- 0:26Speaker 2: Les agents auront recours à tous les moyens pour trouver
- 0:28Speaker 2: un de ses anciens amis et le convaincre de révéler
- 0:31Speaker 2: toute la vérité. L'aéroport international de Newark au New Jersey.
- 1:10Speaker 2: Le samedi 24 février 1996, le vol 45 de la Kiwi Airlines décolla
- 1:16Speaker 2: en partance pour West Palm Beach en Floride. Frank Black, 58 ans,
- 1:23Speaker 2: comptait parmi les passagers. Black était à la tête d'une
- 1:28Speaker 2: fructueuse entreprise d'autobus scolaire à Andover au New Jersey. Ce
- 1:35Speaker 2: multimillionnaire s'en allait en Floride pour y rencontrer un nouveau
- 1:38Speaker 2: contact d'affaires. Black avait dit à sa famille et à
- 1:44Speaker 2: ses collègues qu'il serait de retour le lundi suivant, juste
- 1:47Speaker 2: à temps pour la réunion hebdomadaire. Il leur dit également
- 1:54Speaker 2: que la personne qu'il devait rencontrer en Floride s'appelait Mia Giordano.
- 1:59Speaker 2: Elle devait aller le chercher à l'aéroport. Ensuite, elle lui
- 2:03Speaker 2: avait promis de lui présenter ses partenaires éventuels. Black souhaitait
- 2:11Speaker 2: secrètement prendre sa retraite après avoir conclu cette affaire. En
- 2:20Speaker 2: voyant qu'il ne rentrait pas le lundi, les membres de
- 2:22Speaker 2: sa famille contactèrent la police d'état du New Jersey. Le
- 2:28Speaker 2: sergent-détective Lee Ledy fut l'un des enquêteurs assignés à ce
- 2:31Speaker 2: cas de disparition.
- 2:34Speaker 3: Il appelait fréquemment à la maison. Il voulait également toujours
- 2:38Speaker 3: savoir comment les choses allaient au bureau. C'était le genre
- 2:41Speaker 3: d'entrepreneur qui s'implique dans tout. Sans Frank, l'entreprise ne fonctionnait
- 2:46Speaker 3: pas vraiment. C'est la raison pour laquelle ses employés s'inquiétaient
- 2:49Speaker 3: de cette soudaine disparition. Frank n'avait jamais négligé ainsi ses
- 2:53Speaker 3: affaires
- 2:55Speaker 2: Les enquêteurs du New Jersey interrogeaient Liana, la fille de Black,
- 2:59Speaker 2: ainsi que Sally Roberts, sa conjointe et la gérante du bureau.
- 3:05Speaker 2: Liana déclara que son père avait manqué une importante réunion
- 3:08Speaker 2: où il devait discuter de la vente de son entreprise.
- 3:12Speaker 2: De plus, il n'avait pas pris les messages qu'elle avait
- 3:13Speaker 2: laissés sur son téléphone portable. Selon Sally Roberts, Mia Giordano,
- 3:21Speaker 2: la femme de Floride, avait appelé à l'entreprise, mais elle
- 3:23Speaker 2: n'avait jamais laissé son numéro de téléphone. Elle disait représenter
- 3:30Speaker 2: une société du nom de Valdez Exportation. Elle s'était décrite
- 3:36Speaker 2: à Black afin qu'il puisse la reconnaître à l'aéroport. Elle
- 3:39Speaker 2: était blonde et mesurait 1,52 m. Un détective rendit visite à
- 3:50Speaker 2: l'agent de voyage qui avait fait la réservation du billet
- 3:53Speaker 2: d'avion de Black. Ce dernier confirma que Black lui avait
- 3:58Speaker 2: acheté un aller simple pour la Floride. Il n'avait pas
- 4:04Speaker 2: loué de voiture puisque son contact en Floride devait aller
- 4:07Speaker 2: le chercher à l'aéroport. Les relevés de la compagnie d'aviation
- 4:12Speaker 2: indiquaient que Black s'était bien trouvé à bord de l'appareil.
- 4:18Speaker 2: Mais il ne s'était enregistré à aucun hôtel en arrivant
- 4:21Speaker 2: à West Palm Beach. En examinant les transactions portées sur
- 4:33Speaker 2: ces cartes de crédit, on constata cependant qu'il les avait
- 4:35Speaker 2: utilisées en Floride. Pour suivre cette piste, les détectives du
- 4:42Speaker 2: New Jersey contactèrent le bureau de Fort Pierce du service
- 4:45Speaker 2: de police de la Floride. On confia l'affaire à l'agent
- 4:50Speaker 2: Michael Driscoll.
- 4:56Speaker 4: Une des cartes de crédit de Frank Black a été
- 4:59Speaker 4: utilisée au Embassy Suites de Riviera Beach entre 1h et
- 5:02Speaker 4: 2h du matin. C'était dans la nuit du 24 au 25 février
- 5:07Speaker 4: Ensuite, vers 4h du matin, une autre de ces cartes
- 5:10Speaker 4: de crédit a été utilisée pour régler une note d'essence
- 5:13Speaker 4: dans une station service du nord de
- 5:14Speaker 5: Miami. C'était
- 5:20Speaker 2: plutôt étrange puisqu'il n'avait pas loué de voiture. L'agent interroge
- 5:26Speaker 2: à l'employé qui travaillait cette nuit-là. Il ne reconnut pas
- 5:34Speaker 2: Black sur la photo qu'on lui présenta. Les pompes à
- 5:40Speaker 2: essence étaient toutes équipées d'un système de paiement automatisé par
- 5:43Speaker 2: carte de crédit. Personne à la station n'avait donc eu
- 5:47Speaker 2: de contact avec Black ou avec la personne qui avait
- 5:49Speaker 2: utilisé sa carte de crédit. L'employé ne se rappelait pas
- 5:53Speaker 2: non plus avoir vu une femme dont la description correspondait
- 5:56Speaker 2: à celle de Mia Giordano. Driscoll contacta le secrétaire de
- 6:02Speaker 2: la division des corporations de la Floride pour obtenir l'adresse
- 6:05Speaker 2: de Valdez Exportation, l'entreprise que dirigeait Mia Giordano. Cette entreprise
- 6:13Speaker 2: n'était pas enregistrée dans le système de l'État. Il essayait
- 6:16Speaker 2: ensuite de retracer la mystérieuse femme. Nous avons fait...
- 6:22Speaker 4: Nous avons effectué des recherches exhaustives pour identifier quiconque dont
- 6:26Speaker 4: le nom serait Mia Giordano. Mais nous n'en avons trouvé
- 6:29Speaker 4: aucune en Floride, ni personne dont le nom aurait été ressemblant.
- 6:33Speaker 4: Nous avons ensuite fait des recherches au New Jersey, où
- 6:35Speaker 4: nous avons obtenu les mêmes résultats négatifs
- 6:39Speaker 2: Le 1er mars, un détective de la police d'état du
- 6:42Speaker 2: New Jersey se rendit en Floride, là où la piste
- 6:45Speaker 2: de Frank Black s'était soudain arrêtée. Personne n'avait eu de
- 6:48Speaker 2: ces nouvelles depuis plusieurs jours. Les détectives croyaient maintenant qu'il
- 6:52Speaker 2: avait été victime d'un meurtre. Leur principal suspect, une femme
- 7:00Speaker 2: qui se faisait appeler Mia Giordano, était impossible à retracer.
- 7:05Speaker 2: Les enquêteurs concentrèrent leurs efforts sur les appels qu'avait reçus
- 7:08Speaker 2: Black au cours des quelques jours précédant son départ pour
- 7:10Speaker 2: la Floride
- 7:15Speaker 4: Nous avons obtenu les relevés téléphoniques de Frank Black et
- 7:17Speaker 4: constaté qu'on l'avait appelé d'une résidence de Jupiter. Cette résidence
- 7:23Speaker 4: était louée par une certaine Lisa Costello
- 7:29Speaker 2: Elle n'était pas blonde comme Mia, mais elle mesurait aussi 1,52
- 7:32Speaker 2: m comme l'avait dit la suspecte. L'heure des appels de
- 7:39Speaker 2: Lisa Costello correspondait à celle de la prétendue Mia Giordano
- 7:43Speaker 2: quand elle avait convenu de rencontrer Black en Floride.
- 7:49Speaker 3: Mia Giordano était un personnage fictif. Elle n'a jamais existé.
- 7:54Speaker 3: Elle devait conclure un marché avec Frank Black, mais en réalité,
- 7:57Speaker 3: Mia Giordano était Lisa Costello
- 8:02Speaker 2: Les enquêteurs montrèrent la photo de Costello à l'hôtel où
- 8:05Speaker 2: la carte de crédit de Black avait été utilisée le 25 février.
- 8:08Speaker 2: L'établissement était directement situé sur le bord de mer à
- 8:11Speaker 2: Riviera Beach. L'agent de l'État demanda à parler au commis
- 8:18Speaker 2: en service lors de la nuit en question. Pendant qu'il l'attendait,
- 8:26Speaker 2: il vérifia l'appareil téléphonique utilisé à l'aide de la carte
- 8:28Speaker 2: de crédit de Black. Comme pour la pompe à essence,
- 8:32Speaker 2: le client ne signait pas. Il ne faisait qu'insérer sa
- 8:35Speaker 2: carte de crédit. N'importe qui pouvait avoir effectué l'appel. Karin
- 8:42Speaker 2: Voorhees travaillait à la réception au cours de la nuit.
- 8:49Speaker 2: Elle ne reconnut pas Frank Black sur la photo. Elle
- 8:54Speaker 2: se rappelait toutefois une cliente venue au cours de cette nuit.
- 9:00Speaker 2: Vers deux heures du matin, une femme aux cheveux foncés
- 9:02Speaker 2: avait demandé à louer une chambre. Quand elle avait appris
- 9:07Speaker 2: que l'hôtel était complet, elle s'était servie du téléphone public
- 9:11Speaker 2: pour trouver une chambre ailleurs. C'était à ce moment-là que
- 9:15Speaker 2: la carte de crédit de Frank Black avait été utilisée
- 9:18Speaker 2: sur le téléphone. Voorhees décrivit la femme. Elle était dans
- 9:26Speaker 2: la trentaine, elle avait les cheveux bruns et mesurait un
- 9:28Speaker 2: peu plus d'un mètre cinquante. Driscoll montra alors à Voorhees
- 9:33Speaker 2: la photo de six femmes différentes. Sans hésiter, elle choisit
- 9:37Speaker 2: celle de Lisa Costello. Les enquêteurs de Floride commencèrent dès
- 9:46Speaker 2: lors à surveiller étroitement la suspecte. Ils la prirent en
- 9:52Speaker 2: filature pendant quelques jours pour connaître sa routine et découvrir
- 9:55Speaker 2: ses contacts. Ils s'aperçurent bientôt que Costello avait une liaison
- 10:07Speaker 2: avec un certain Alan McCurley. Les enquêteurs vérifièrent ses antécédents.
- 10:17Speaker 2: Comme Frank Black, McCurley était propriétaire d'une entreprise de transport
- 10:21Speaker 2: au New Jersey, mais il s'était établi en Floride. Les
- 10:27Speaker 2: deux hommes se connaissaient depuis presque toujours.
- 10:33Speaker 3: Allen, McCurley et Frank Black sont devenus des rivaux avec
- 10:37Speaker 3: les années. Leurs deux entreprises de transport étaient situées à 15
- 10:40Speaker 3: kilomètres de distance l'une de l'autre. Bien qu'ils aient eu
- 10:44Speaker 3: chacun leur propre entreprise et des contrats différents, ils étaient
- 10:47Speaker 3: perpétuellement en concurrence
- 10:53Speaker 2: Des relevés téléphoniques indiquaient que Black avait reçu des appels
- 10:56Speaker 2: récemment depuis la résidence de Floride de McCurley. C'était étrange
- 11:00Speaker 2: compte tenu du fait qu'ils étaient des ennemis jurés. Les
- 11:04Speaker 2: détectives parlèrent à nouveau à la gérante de l'entreprise de Black.
- 11:10Speaker 2: Sally Roberts leur dit que Black et McCurley avaient déjà
- 11:13Speaker 2: été amis, mais que leur rivalité en affaires avait fini
- 11:15Speaker 2: par en faire les pires ennemis. Elle leur raconta la
- 11:20Speaker 2: dernière rencontre des deux hommes à laquelle elle avait assisté.
- 11:26Speaker 2: C'était lors d'un banquet organisé par l'industrie en janvier 1996. Frank
- 11:30Speaker 2: et elle discutaient avec des amis lorsque McCurley s'était approché d'eux.
- 11:45Speaker 2: Il en voulait à Black de lui avoir volé l'un
- 11:46Speaker 2: de ses plus importants clients. Il l'avait alors menacé
- 11:53Speaker 4: Il a dit qu'il allait finir par l'avoir. Ça pouvait
- 11:55Speaker 4: signifier qu'il voulait l'obliger à quitter les affaires, mais ça
- 11:58Speaker 4: pouvait aussi dire qu'il comptait le tuer un jour
- 12:01Speaker 2: Black ne prit pas cette menace à la légère. Par
- 12:06Speaker 2: la suite, il évitait d'aller à toute réunion où McCurley
- 12:08Speaker 2: pouvait être présent, à moins d'être accompagné d'un collègue. Les
- 12:13Speaker 2: enquêteurs contactèrent McCurley pour lui demander s'il avait vu ou
- 12:16Speaker 2: parlé à Frank Black depuis peu. McCurley nia l'avoir appelé
- 12:22Speaker 2: au cours des jours précédant le voyage de Black en
- 12:24Speaker 2: Floride
- 12:28Speaker 4: Il l'a appelé. Le fait qu'il ait nié avoir fait
- 12:30Speaker 4: ces appels à l'entreprise de Frank Black, alors que nous
- 12:33Speaker 4: savions pertinemment que c'était le cas, nous poussait à croire
- 12:35Speaker 4: que quelque chose ne tournait pas rond
- 12:40Speaker 2: Les enquêteurs croyaient que McCurley et Costello avaient tué Frank Black.
- 12:45Speaker 2: Mais ils devaient trouver des preuves solides. Ils firent appel
- 12:51Speaker 2: à l'assistant du procureur, Robert Belanger.
- 12:57Speaker 6: L'une des premières choses que le service de police de
- 12:59Speaker 6: la Floride a voulu utiliser, c'était les
- 13:02Speaker 5: micros.
- 13:05Speaker 6: On doit avoir une très bonne raison pour écouter les
- 13:07Speaker 6: conversations téléphoniques d'un
- 13:09Speaker 5: individu.
- 13:10Speaker 6: Nous avons donc rempli toutes les demandes requises et obtenu
- 13:13Speaker 6: l'autorisation d'écouter les conversations téléphoniques d'Alan McAuley.
- 13:20Speaker 2: Malheureusement, les enquêteurs n'eurent pas l'occasion d'entendre beaucoup de conversations
- 13:24Speaker 2: entre McCurley et Costello, puisqu'elle vivait désormais avec lui. S'il
- 13:30Speaker 2: parlait de la disparition de Black, ce n'était pas au téléphone.
- 13:36Speaker 2: Pour enregistrer une conversation incriminante, les enquêteurs devaient cacher les
- 13:40Speaker 2: micros dans la maison du suspect lui-même. Après maintes formalités,
- 13:47Speaker 2: Un juge signa le mandat autorisant les enquêteurs à dissimuler
- 13:51Speaker 2: des micros chez McCurley. Ils s'installèrent ensuite devant chez lui
- 13:55Speaker 2: pour surveiller et écouter. Avec un peu de chance, le
- 14:01Speaker 2: couple discuterait de ce qui était arrivé à Frank
- 14:03Speaker 7: Black.
- 14:07Speaker 2: Mais Alan McCurley et Lisa Costello étaient extrêmement prudents. Tellement
- 14:15Speaker 2: que les enquêteurs en vinrent à croire qu'ils se savaient épiés.
- 14:21Speaker 6: Chaque fois qu'il commençait à parler de ça,
- 14:23Speaker 5: il augmentait le volume de la radio.
- 14:27Speaker 6: Nous nous sommes bientôt retrouvés avec des centaines d'heures d'enregistrement
- 14:30Speaker 6: où l'on n'entendait que
- 14:31Speaker 5: de la musique
- 14:35Speaker 2: Le corps de Black n'avait pas été retrouvé. McCurley et
- 14:38Speaker 2: Costello pouvaient échapper aux autorités tant qu'ils garderaient le silence.
- 14:48Speaker 2: En juin 1996, des agents de la police d'état de Floride
- 14:51Speaker 2: croyaient qu'Alan McCurley et sa petite amie Lisa Costello avaient
- 14:54Speaker 2: assassiné le millionnaire de 58 ans Frank Black. Malheureusement, les indices
- 15:03Speaker 2: contre le couple étaient rares et le corps de Black
- 15:05Speaker 2: n'avait pas été retrouvé. Les enquêteurs vérifiaient auprès des morgues
- 15:16Speaker 2: décomptées de Palm Beach, de Broward et de Dade les
- 15:18Speaker 2: derniers endroits où Black était allé. Aucun des corps arrivés
- 15:27Speaker 2: récemment ne correspondait à la description de Frank Black. Si
- 15:35Speaker 2: McCurley et Costello l'avaient tué, ils avaient bien brouillé les pistes.
- 15:46Speaker 2: L'agent spécial Michael Driscoll, du service judiciaire de l'état de
- 15:49Speaker 2: la Floride, exprima sa frustration à son ami Jay Miller,
- 15:52Speaker 2: agent du FBI
- 15:55Speaker 4: Nous avions l'habitude de jouer au racquetball ensemble. Il me
- 15:59Speaker 4: demandait souvent comment l'affaire progressait. Je lui disais, nous avons
- 16:02Speaker 4: quelques petites choses, mais sans plus. Il me disait, si
- 16:05Speaker 4: tu as besoin d'aide, ça me fera plaisir de te
- 16:06Speaker 4: donner un coup de main
- 16:09Speaker 2: En juin 1996, l'agent spécial Jay Miller demanda à être assigné
- 16:13Speaker 2: à l'affaire par le biais de son bureau de Fort Pierce.
- 16:16Speaker 7: Même
- 16:18Speaker 3: si Driscoll et moi étions de proches amis, je ne
- 16:20Speaker 3: connaissais pas beaucoup les détails au sujet de la disparition
- 16:23Speaker 3: de Frank Black
- 16:25Speaker 3: Mais en voyant son degré de frustration, j'ai décidé d'obtenir
- 16:28Speaker 3: plus d'informations. Nous en sommes venus à une entente. La
- 16:32Speaker 3: meilleure solution, c'était d'examiner l'affaire depuis le
- 16:35Speaker 7: début
- 16:39Speaker 2: Les enquêteurs croyaient que McCurley avait tué Black à la
- 16:42Speaker 2: suite d'un contrat d'autobus qui avait échappé à McCurley. Malheureusement,
- 16:46Speaker 2: les micros n'avaient pas permis à la police d'obtenir des
- 16:48Speaker 2: preuves contre lui. La meilleure piste était d'examiner la rencontre
- 16:53Speaker 2: de Black et de Costello. Peut-être que confrontée aux preuves,
- 16:59Speaker 2: elle se retournerait contre McCurley. Ce coup risqué pouvait compromettre
- 17:06Speaker 2: toute l'enquête.
- 17:11Speaker 5: En
- 17:12Speaker 4: remettant à Lisa Costello une assignation à comparaître, on l'encouragait
- 17:16Speaker 4: ainsi à venir nous donner des informations en échange de
- 17:18Speaker 4: l'immunité
- 17:20Speaker 4: Hypothétiquement, cela signifiait que si elle avouait avoir tué Frank Black,
- 17:24Speaker 4: on ne pouvait utiliser cette déclaration
- 17:26Speaker 2: contre elle. Le 13 juin 1996, Lisa Costello fut assignée à comparaître
- 17:35Speaker 2: devant un grand jury de la Floride. Elle refusa de coopérer...
- 17:41Speaker 2: et eut une attitude hostile à l'égard des procureurs de
- 17:43Speaker 2: l'État qui l'interrogeaient. Le juge l'a mis en garde que
- 17:48Speaker 2: si elle refusait de répondre aux questions, il la ferait
- 17:50Speaker 2: incarcérer pour outrage au tribunal. Costello ignora la mise en garde.
- 17:59Speaker 2: Les enquêteurs croyaient que son refus de coopérer indiquait bien
- 18:03Speaker 2: qu'elle était impliquée dans la disparition de Black. Il faudrait
- 18:08Speaker 2: toutefois bien plus qu'une intuition pour résoudre cet affaire. le
- 18:15Speaker 2: plan d'assigner Costello à comparaître et de l'effrayer avait échoué.
- 18:19Speaker 2: Maintenant que la plus proche alliée de McCurley était derrière
- 18:21Speaker 2: les barreaux, les agents n'avaient aucun autre témoin à utiliser
- 18:24Speaker 2: contre le suspect. Sans nouvelles pistes ni preuves matérielles, l'enquête
- 18:29Speaker 2: entourant McCurley risquait de ne jamais aboutir devant les tribunaux.
- 18:34Speaker 2: L'agent spécial Michael Driscoll et son équipe étaient plus que
- 18:37Speaker 2: jamais déterminés à empêcher que ça se produise.
- 18:39Speaker 5: Nous avons entendu
- 18:43Speaker 4: Une de nos sources d'information nous a appris qu'un témoin
- 18:46Speaker 4: était prêt à
- 18:47Speaker 5: parler.
- 18:53Speaker 4: Mais ce témoin craignait pour sa sécurité en raison de
- 18:56Speaker 4: la violence d'Alan
- 18:57Speaker 5: McKerley.
- 19:03Speaker 4: Il croyait que le suspect était un homme violent et
- 19:05Speaker 4: qu'il allait se venger s'il nous parlait.
- 19:11Speaker 2: Ce témoin s'appelait Bill Anderson. Cet ancien pilote de la
- 19:15Speaker 2: marine était l'ami le plus proche de McCurley. Les agents
- 19:19Speaker 2: l'interrogèrent chez lui en Floride dans sa maison située sur
- 19:22Speaker 2: la même rue que celle de son ami. Comme McCurley
- 19:25Speaker 2: et Black, Anderson avait possédé une entreprise de transport au
- 19:28Speaker 2: New Jersey. Il avait aussi été pilote de ligne après 10
- 19:31Speaker 2: ans passé dans l'armée.
- 19:36Speaker 3: Tout comme Bill Anderson, Driscoll, Bélanger, l'assistant du procureur et
- 19:40Speaker 3: moi-même avions été des Marines. Cet homme avait le pouvoir
- 19:43Speaker 3: de nous permettre de résoudre l'enquête. Dès le départ, nous
- 19:47Speaker 3: avons eu un sentiment d'appartenance commune avec lui
- 19:51Speaker 2: Les enquêteurs croyaient que ce lien entre eux leur permettrait
- 19:53Speaker 2: de convaincre Anderson de témoigner contre son ami. Ils leur
- 19:56Speaker 2: avouaient que depuis peu, ils remettaient en question son amitié
- 19:58Speaker 2: avec McCurley. Mais ils hésitaient encore à divulguer des informations
- 20:02Speaker 2: sur la nature de la relation entre McCurley et Black.
- 20:05Speaker 2: Les agents étaient persuadés qu'Anderson savait quelque chose qui leur
- 20:08Speaker 2: permettrait de clore l'enquête en moins de deux.
- 20:12Speaker 3: On sentait une hésitation de sa part. Nous avons été
- 20:15Speaker 3: patients avec lui et nous lui avons donné le temps
- 20:17Speaker 3: de faire ce qu'il voulait faire, c'est-à-dire de chercher des
- 20:19Speaker 3: conseils juridiques, par exemple. Dans notre esprit, il n'y avait
- 20:23Speaker 3: pas de doute sur le fait que nous nous adressions
- 20:25Speaker 3: à l'individu qui détenait les réponses
- 20:28Speaker 2: Les agents rencontrèrent Anderson à plusieurs occasions et gagnèrent peu
- 20:31Speaker 2: à peu sa confiance. Il finit par déclarer qu'Allen McCurley
- 20:36Speaker 2: avait fait l'acquisition d'un avion plus tôt au cours de l'année.
- 20:41Speaker 2: Il lui avait alors demandé de devenir son pilote d'avion
- 20:44Speaker 2: privé en raison de son expérience. En échange, Anderson pouvait
- 20:52Speaker 2: utiliser l'appareil de McCurley à loisir. En mars 1996, au cours
- 21:02Speaker 2: d'un séjour à Leesburg en Floride, où Anderson supervisait les
- 21:05Speaker 2: réparations de l'appareil, McCurley entra en contact avec lui. Il
- 21:13Speaker 2: lui dit qu'il voulait survoler l'océan. Anderson lui répondit que
- 21:21Speaker 2: l'appareil ne pouvait décoller avant plusieurs jours. Il lui suggéra
- 21:27Speaker 2: ensuite de louer un autre avion, mais McCurley lui dit
- 21:30Speaker 2: que c'était impossible. Personne ne devait savoir qu'ils avaient pris l'avion.
- 21:34Speaker 2: Anderson lui demanda alors pourquoi.
- 21:41Speaker 3: Mackerley a confié à Bill qu'il avait tiré sur Frank
- 21:45Speaker 3: Black et qu'il avait enveloppé son corps dans du plastique. Ensuite,
- 21:50Speaker 3: il est parti en mer et il a jeté le
- 21:52Speaker 3: corps dans l'océan, mais le corps ne coulait pas. En
- 22:01Speaker 3: voyant ça, Mackerley a pris un couteau pour transpercer le
- 22:04Speaker 3: plastique et faire couler le corps dans l'eau.
- 22:11Speaker 2: Selon Anderson, il ajouta qu'il craignait que le corps n'ait
- 22:13Speaker 2: refait surface. Il voulait survoler le secteur pour s'assurer qu'il
- 22:17Speaker 2: n'en restait plus aucune trace. Anderson
- 22:24Speaker 7: s'y opposa
- 22:26Speaker 3: Je crois qu'Anderson était réellement en état de choc
- 22:29Speaker 3: Comme Mackerley et Black, il avait évolué dans l'industrie du transport.
- 22:34Speaker 3: Anderson et Black n'étaient pas amis. De
- 22:37Speaker 7: fait,
- 22:38Speaker 3: Anderson n'aimait pas Black non
- 22:39Speaker 7: plus.
- 22:45Speaker 3: Mais on ne tue pas quelqu'un parce
- 22:46Speaker 2: que c'est un
- 22:47Speaker 7: concurrent
- 22:51Speaker 2: Selon Anderson, McHurley avait tué Black dans sa maison. Cet
- 22:57Speaker 2: ancien pilote des Marines confirmait aux enquêteurs ce qu'il soupçonnait
- 23:01Speaker 2: depuis le début.
- 23:06Speaker 4: Cela a été le moment crucial de l'enquête. C'était ce
- 23:10Speaker 4: que nous attendions
- 23:10Speaker 5: tous.
- 23:14Speaker 4: Je me rappelle avoir expliqué ensuite à Bill qu'il devrait
- 23:17Speaker 4: le faire parler de l'affaire pendant que nous enregistrerions la
- 23:19Speaker 5: conversation.
- 23:23Speaker 2: Sans le corps ni l'arme du délit, la seule solution
- 23:29Speaker 2: était d'obtenir les aveux de Macaulay. Le témoignage d'Anderson avait
- 23:34Speaker 2: une certaine valeur, mais en cours, c'était sa parole contre
- 23:36Speaker 2: celle de l'accusé. Anderson avoua au procureur qu'il hésitait à
- 23:41Speaker 2: porter un micro
- 23:46Speaker 6: Il craignait McCurley parce que ce dernier venait de lui
- 23:48Speaker 6: avouer qu'il avait tué un homme, mais aussi parce qu'il
- 23:50Speaker 6: lui avait parlé d'une de ses connaissances au New Jersey,
- 23:53Speaker 6: qui s'était fait accuser d'un crime suite à une conversation enregistrée.
- 23:57Speaker 6: Il a dit à Bill Anderson, si quelqu'un m'enregistrait à
- 24:00Speaker 6: mon insu, je le tuerais. Les enquêteurs
- 24:04Speaker 2: promirent la protection de la police à Anderson. Le plan
- 24:13Speaker 2: consistait à attirer McCurley chez Anderson
- 24:27Speaker 2: Les techniciens du FBI cachèrent des micros et une caméra
- 24:30Speaker 2: dans la cuisine. Une fois l'équipement installé, Anderson appela son ami.
- 24:42Speaker 2: Il lui annonça qu'on l'avait assigné à comparaître et qu'il
- 24:44Speaker 2: voulait lui demander des conseils sur la marche à suivre.
- 24:48Speaker 2: McCurley lui dit qu'il arrivait immédiatement. L'agent Driscoll était déjà
- 24:55Speaker 2: dans la maison, prêt à intervenir en cas de danger.
- 25:05Speaker 2: Dès que l'équipe à l'extérieur verrait McCurley approcher, elle aviserait
- 25:08Speaker 2: Driscoll par radio de se cacher. En attendant le suspect,
- 25:13Speaker 2: les enquêteurs virent des réparateurs de lignes téléphoniques arrivés. Comme
- 25:19Speaker 2: McCurley craignait d'être enregistré, il pourrait croire que ces hommes
- 25:22Speaker 2: étaient des agents secrets.
- 25:30Speaker 7: Nous
- 25:30Speaker 3: lui sommes dit que s'il voyait ces camions de réparation
- 25:33Speaker 3: en arrivant à la maison, notre enquête était fichue
- 25:37Speaker 2: McCurley devait arriver d'une minute à l'autre. Les enquêteurs ordonnaient
- 25:41Speaker 2: rapidement au réparateur de quitter les lieux. Ils dissimulèrent ensuite
- 25:46Speaker 2: l'endroit où le sol avait été creusé. Ils retournèrent à
- 25:55Speaker 2: leur véhicule juste avant l'arrivée de McCurley. Ils tentèrent alors
- 26:05Speaker 2: d'alerter les hommes dans la maison, mais n'obtinrent aucune réponse.
- 26:13Speaker 2: Ils appelaient à nouveau. Toujours rien. Il était impossible de
- 26:23Speaker 2: savoir si Driscoll avait entendu la mise en garde. Ce
- 26:33Speaker 2: n'était pas le cas. L'agent ne disposait que de quelques
- 26:39Speaker 2: secondes pour se cacher. Anderson conduisit McCurley dans la cuisine
- 26:50Speaker 2: et s'assit à la table comme prévu. Il montra à
- 26:55Speaker 2: McCurley l'assignation qu'il avait reçue. McCurley hésitait à parler.
- 27:06Speaker 5: Il
- 27:07Speaker 4: ne voulait pas parler à haute voix. Il pointait du
- 27:10Speaker 4: doigt les murs en chuchotant, personne n'est au courant. Il
- 27:13Speaker 4: parlait si bas que personne d'autre dans la maison d'Anderson
- 27:16Speaker 4: n'aurait pu l'entendre. Non pas qu'il ait eu des soupçons
- 27:18Speaker 4: à l'égard d'Anderson, mais parce qu'il soupçonnait la police de
- 27:21Speaker 4: se cacher partout
- 27:24Speaker 2: Et il ne se trompait pas. Le détective Leedy et
- 27:28Speaker 2: ses collègues écoutaient la conversation entre McEarley et Anderson de
- 27:31Speaker 2: sa voiture.
- 27:32Speaker 5: Bill
- 27:34Speaker 3: Anderson a discuté de la possibilité qu'il soit obligé de
- 27:37Speaker 3: témoigner et de mentir pour Mackerley. Il a demandé à
- 27:42Speaker 3: Mackerley s'il accepterait de sortir de l'ombre et de tout
- 27:45Speaker 3: avouer advenant que lui soit incarcéré à cause de son silence.
- 27:50Speaker 3: Alan Mackerley lui a alors promis de le
- 27:51Speaker 5: faire
- 27:56Speaker 2: Mackerley ne voulait pas continuer la discussion dans la maison.
- 27:59Speaker 2: Il conduisit Anderson à l'extérieur
- 28:04Speaker 6: Toute la conversation devait avoir lieu à la table de
- 28:06Speaker 6: la cuisine de Bill Anderson, et pas ailleurs. Quand nous
- 28:09Speaker 6: avons entendu Alan McCurley dire« Allons prendre une marche», nous
- 28:13Speaker 6: avons eu peur qu'il tente d'entraîner Bill Anderson dans un
- 28:16Speaker 6: lieu où il pourrait le faire disparaître
- 28:23Speaker 2: La propriété était immense, il y avait beaucoup d'arbres, les
- 28:25Speaker 2: deux hommes pouvaient se trouver n'importe où sur le terrain.
- 28:28Speaker 2: Mais sans le savoir, McCurley entraîna Anderson près de l'équipe
- 28:31Speaker 2: de surveillance.
- 28:35Speaker 5: Le
- 28:36Speaker 2: seul témoin, et du même coup toute l'enquête, était en danger.
- 28:41Speaker 2: Si les agents étaient découverts, ils ne pourraient peut-être pas
- 28:44Speaker 2: protéger Anderson de la colère de McCurley. Les enquêteurs de
- 28:53Speaker 2: Floride surveillaient Bill Anderson, un de leurs témoins dans l'enquête
- 28:56Speaker 2: du suspect Alan McCurley. Anderson portait un micro. Il tentait
- 29:02Speaker 2: de faire parler son ami du meurtre de Frank Black.
- 29:06Speaker 2: Le détective Lee Leedy du New Jersey craignait les conséquences
- 29:09Speaker 2: si McCurley apercevait les enquêteurs qui étaient dissimulés à proximité.
- 29:16Speaker 3: Les deux hommes sont sortis à l'extérieur. La situation était
- 29:20Speaker 3: très tendue pour les enquêteurs impliqués parce qu'à ce moment-là,
- 29:23Speaker 3: nous n'avions plus aucun contrôle sur ce qui pouvait arriver.
- 29:27Speaker 3: Comme ils étaient en mouvement, le tissu des pantalons de
- 29:30Speaker 3: Bill Anderson faisait du bruit et il nous était très
- 29:33Speaker 3: difficile de suivre la conversation. Nous n'étions plus sûrs de
- 29:36Speaker 3: l'issue de l'affaire
- 29:41Speaker 2: Avant que McTurley n'ait eu le temps de remarquer l'équipe
- 29:43Speaker 2: de surveillance, Anderson l'entraîna dans la direction opposée. Les enquêteurs
- 29:49Speaker 2: disposaient maintenant de déclarations incriminantes, même s'ils n'avaient pas encore
- 29:52Speaker 2: eu d'aveu. Il ne fallait pas abandonner. L'accomplice de McCurley,
- 30:03Speaker 2: Lisa Costello, était en détention. Elle avait été accusée d'outrage
- 30:06Speaker 2: au tribunal trois mois plus tôt pour avoir refusé d'obtempérer
- 30:09Speaker 2: à une citation à comparaître. Les agents tentèrent d'obtenir des
- 30:14Speaker 2: informations de ses amis pour exercer encore davantage de pression
- 30:17Speaker 2: sur ce témoin hostile. Ils interrogèrent l'ancienne colocataire de Costello.
- 30:25Speaker 2: Celle dernière leur dit que Costello avait déjà vendu de
- 30:27Speaker 2: la cocaïne de même que du roufenol, un sédatif inodore
- 30:30Speaker 2: et insipide. Selon la dose administrée, le roufenol peut détendre
- 30:34Speaker 2: un individu ou lui faire perdre conscience. L'agent spécial Michael
- 30:42Speaker 2: Griscoll croyait que Costello en avait peut-être administré à Frank
- 30:44Speaker 2: Black
- 30:48Speaker 4: Dès le premier jour, nous avons soupçonné Lisa d'avoir invité
- 30:52Speaker 4: Frank Black à prendre un verre ou à manger au
- 30:54Speaker 5: restaurant.
- 30:58Speaker 4: Nous savions que Frank Black n'aurait jamais accepté de plein
- 31:00Speaker 4: gré d'entrer dans la résidence d'Alan
- 31:02Speaker 5: Mackerley. Le
- 31:08Speaker 2: procureur espérait que ces informations pousseraient Lisa Costello à parler.
- 31:12Speaker 2: Il la rencontrait en prison. Il la mit en garde.
- 31:18Speaker 2: Si elle refusait de coopérer, elle n'aurait pas l'immunité. On
- 31:23Speaker 2: l'accuserait de meurtre. Malgré les avertissements du procureur Robert Belanger,
- 31:28Speaker 2: Costello garda
- 31:32Speaker 5: le silence.
- 31:32Speaker 6: Lisa Costello aurait pu sortir de prison immédiatement si elle
- 31:35Speaker 6: avait obéi à son assignation et nous avait dit ce
- 31:37Speaker 6: qu'elle savait de
- 31:38Speaker 5: l'affaire. Mais
- 31:41Speaker 6: elle était si entêtée qu'elle a préféré être mise en
- 31:44Speaker 6: détention pour outrage au
- 31:45Speaker 5: tribunal.
- 31:47Speaker 2: Malgré l'obstination de Costello, les enquêteurs ne lâchèrent pas prise.
- 31:51Speaker 2: L'assistant du procureur Lawrence Merman avait l'intuition qu'il pourrait bientôt
- 31:54Speaker 2: procéder à des arrestations.
- 31:58Speaker 4: Nous disposions d'un témoin qui était un ami très proche
- 32:00Speaker 4: de l'accusé. Nous avions découvert le mobile du crime et
- 32:03Speaker 4: nous avions aussi des preuves indirectes. C'était un cas
- 32:06Speaker 2: très solide. Le 29 août, les agents commencèrent à surveiller Alan
- 32:11Speaker 2: McEarley du Haut-Désert. Simultanément, une équipe au sol encercla la
- 32:15Speaker 2: propriété du suspect après s'être d'abord assuré qu'il était seul.
- 32:25Speaker 2: L'équipe prit position près de la porte d'entrée. Les hommes
- 32:28Speaker 2: devaient attendre qu'il en sorte pour l'arrêter à l'extérieur. Quand
- 32:40Speaker 2: il sortit accompagné de son chien, l'équipe passa à l'action. Surpris,
- 32:48Speaker 2: le suspect ne présenta aucune résistance. Sept mois après la
- 32:54Speaker 2: disparition de Frank Black, Alan McCurley fut enfin arrêté pour
- 32:58Speaker 2: l'enlèvement et le meurtre de son ennemi. En l'absence de
- 33:04Speaker 2: preuves matérielles, les procureurs s'attendaient à un procès difficile. Mais
- 33:09Speaker 2: lorsque la nouvelle de l'arrestation de McCurley fut rapportée par
- 33:12Speaker 2: les médias, ils reçurent un appel d'un homme qui croyait
- 33:15Speaker 2: détenir des informations. Ce dernier accepta de faire une déposition.
- 33:21Speaker 2: Robertson et Dejan étaient le gendre du suspect. McCurley l'avait
- 33:26Speaker 2: appelé le 25 février, soit le lendemain de l'arrivée de Black
- 33:30Speaker 2: en Floride. Il lui avait demandé de l'aider à nettoyer
- 33:36Speaker 2: sa maison. Lorsque Senedegian arriva le lundi 26 février, il constata
- 33:47Speaker 2: que McCurley et Costello avaient déjà commencé des travaux de
- 33:50Speaker 2: rénovation majeurs dans le vestibule de la maison. La moquette
- 33:59Speaker 2: avait été arrachée et des parties du mur avaient également
- 34:01Speaker 2: été enlevées. Sanadijan déclara au procureur Robert Belanger que McEarley
- 34:12Speaker 2: lui avait fourni une explication.
- 34:18Speaker 6: Alan McEarley a dit à Robert Sanadijan que Frank Black
- 34:21Speaker 6: était venu chez lui le samedi précédent
- 34:25Speaker 6: Même Sanadijan connaissait la tension entre les deux hommes. Il
- 34:29Speaker 6: a exprimé sa surprise.« Pourquoi est-il venu chez vous?» lui
- 34:32Speaker 6: a-t-il demandé. Et Alan n'a refusé d'en dire plus. Il
- 34:36Speaker 6: a simplement ajouté« Lors du procès d'O.J. Simpson, les indigénétiques
- 34:40Speaker 6: ont joué un rôle. Nous devons nous assurer qu'on ne
- 34:42Speaker 6: trouvera pas même un cheveu de Frank Black dans cette maison.»
- 34:46Speaker 2: Sennett et Jen juraient de ne pas avoir vu une
- 34:48Speaker 2: goutte de sang. L'agent spécial Miller lui demanda ensuite s'il
- 34:53Speaker 2: avait posé d'autres questions à McCurley à propos des événements.
- 34:58Speaker 3: Il nous a dit qu'il n'avait pas eu besoin de
- 35:00Speaker 3: demander quoi que ce soit d'autre à son beau-père. Il
- 35:04Speaker 3: savait que quelque chose de très grave s'était produit dans
- 35:06Speaker 3: cette maison et qu'ils étaient tous là pour nettoyer les
- 35:09Speaker 3: dégâts
- 35:13Speaker 2: Les deux hommes utilisèrent un aspirateur industriel pour nettoyer l'entrée. Puis,
- 35:19Speaker 2: McCurley demanda à Senedijian de l'aider à emporter les débris
- 35:21Speaker 2: au site d'enfouissement le plus proche. Sanadejan raconta aux enquêteurs
- 35:31Speaker 2: que McCurley et lui avaient jeté des morceaux de gypse,
- 35:33Speaker 2: de la moquette, de même que l'aspirateur au site d'enfouissement
- 35:36Speaker 2: de Martin County. Ses déclarations corroboraient celles de Bill Anderson
- 35:45Speaker 3: McCurley a dit à Anderson qu'il avait tué Frank Black
- 35:48Speaker 3: dans le vestibule de sa maison. Ensuite, Sanadejan nous a
- 35:53Speaker 3: appris qu'immédiatement après la disparition de Black, Son beau-père lui
- 35:58Speaker 3: avait demandé de rénover l'entrée de la maison. Comme par hasard,
- 36:05Speaker 3: c'était exactement au même endroit
- 36:10Speaker 2: À la mi-août, une équipe d'experts en cueillette d'indices arriva
- 36:13Speaker 2: au site d'enfouissement. Grâce au relevé, les enquêteurs purent déterminer
- 36:20Speaker 2: à quel endroit les éléments avaient été jetés six mois
- 36:22Speaker 2: plus tôt, soit le 26 février précédent. L'équipe se mit à
- 36:28Speaker 2: la recherche de tout objet qui pouvait provenir de la
- 36:30Speaker 2: maison de McCurley. Au cours de trois longues et chaudes journées,
- 36:36Speaker 2: ils fouillèrent un endroit en particulier
- 36:44Speaker 4: Par la date, les superviseurs du lieu ont pu exactement
- 36:47Speaker 4: déterminer à quel endroit se trouvaient les déchets. C'était situé
- 36:51Speaker 4: dans un secteur où il était facile d'effectuer des recherches.
- 36:54Speaker 4: Nous avons obtenu l'équipement nécessaire par le biais du bureau
- 36:56Speaker 4: du shérif et l'équipe d'experts en scène de
- 36:58Speaker 5: crime.
- 37:02Speaker 4: Nous avons fouillé et trouvé la moquette qui provenait de
- 37:04Speaker 4: la résidence de
- 37:05Speaker 5: McEarley.
- 37:08Speaker 2: Les experts trouvèrent également des morceaux de gypse et un
- 37:10Speaker 2: aspirateur dont la description correspondait à celle de Senedegian. Ils
- 37:15Speaker 2: rapportèrent ces éléments au laboratoire judiciaire du service de police
- 37:18Speaker 2: de la Floride pour analyse. Malgré leur forte présomption, les
- 37:23Speaker 2: analystes du laboratoire ne purent pas formellement prouver que ces
- 37:26Speaker 2: éléments provenaient de la résidence de McCurley. Des techniciens examinèrent
- 37:33Speaker 2: également le vestibule de la maison de McCurley et ils
- 37:35Speaker 2: trouvèrent des tâches qui ressemblaient à du sang. Malheureusement, les
- 37:41Speaker 2: marqueurs génétiques de l'échantillon n'étaient pas les mêmes que ceux
- 37:43Speaker 2: de l'ADN de Frank Black. C'était une autre impasse. Les
- 37:52Speaker 2: enquêteurs n'avaient toujours pas de preuves solides. Ils continuèrent à
- 37:58Speaker 2: réunir tout ce qu'ils pouvaient pour offrir un cas solide
- 38:00Speaker 2: au procureur Robert Belanger en cherchant à corroborer les éléments
- 38:03Speaker 2: de la déposition de Sennedegian à propos du nettoyage
- 38:09Speaker 6: Le FBI a envoyé des agents aux magasins Walmart et
- 38:12Speaker 6: Keymart du secteur. Il a obtenu les reçus d'Alan McCurley
- 38:15Speaker 6: pour l'acquisition de produits de nettoyage, de sacs à ordures,
- 38:19Speaker 6: de rubans adhésifs, et de tous les outils nécessaires pour
- 38:21Speaker 6: nettoyer la scène du crime
- 38:25Speaker 2: Juste avant le procès, les enquêteurs apprirent une nouvelle troublante.
- 38:30Speaker 2: Des prisonniers de Martin County disaient que McCurley avait embauché
- 38:33Speaker 2: quelqu'un pour tuer Bill Anderson. McCurley savait sans doute que
- 38:39Speaker 2: s'il empêchait Anderson de témoigner, les procureurs devraient abandonner la cause.
- 38:49Speaker 2: Au début de 1997, le présumé meurtrier Alan McCurley était détenu
- 38:54Speaker 2: provisoirement pour le meurtre de Frank Black. Mais les enquêteurs
- 38:58Speaker 2: apprirent qu'il avait aussi commandé le meurtre du témoin Bill
- 39:01Speaker 2: Anderson
- 39:07Speaker 4: À partir de ce moment, nous avons accru l'effectif qui
- 39:10Speaker 4: assurait la sécurité de Bill Anderson et nous avons commencé
- 39:13Speaker 4: à faire les démarches nécessaires pour que sa femme et
- 39:15Speaker 4: lui soient intégrés au programme de protection des témoins du
- 39:18Speaker 4: gouvernement fédéral.
- 39:21Speaker 2: Comme le tueur à gage de McCurley ne ferait pas
- 39:22Speaker 2: un témoin crédible en cours, on ne prit pas la
- 39:24Speaker 2: peine de faire accuser McCurley de cette autre tentative de meurtre.
- 39:31Speaker 2: Le procès d'Alan McCurley commença le 20 janvier 1998. Même sans le
- 39:37Speaker 2: corps de la victime, le procureur de la Floride, Robert Belanger,
- 39:41Speaker 2: était confiant de l'issue de l'affaire. Certains
- 39:42Speaker 6: meurtriers ont été trouvés coupables en l'absence de corps. Ces
- 39:49Speaker 6: cas remontent même au début de l'Angleterre. En cours, on
- 39:54Speaker 6: ne croit pas qu'il faille récompenser les individus qui sont
- 39:56Speaker 6: parvenus à se débarrasser du cadavre
- 39:59Speaker 6: Le système juridique nous permet encore de prouver qu'un meurtre
- 40:01Speaker 6: a été commis sur la base de preuves indirectes, comme
- 40:04Speaker 6: les habitudes de la personne, ses occupations quotidiennes ou le
- 40:07Speaker 6: fait qu'elle n'ait pas fait ses bagages pour un long
- 40:09Speaker 6: voyage ou qu'elle ait manifesté son intention d'aller en Floride,
- 40:12Speaker 6: par exemple. Tous ces éléments mis ensemble démontraient de façon
- 40:16Speaker 6: assez convaincante que Frank Black était mort. Mais c'était quand
- 40:19Speaker 6: même une source de frustration que
- 40:22Speaker 2: de ne pas disposer du corps. Le principal témoin du procureur,
- 40:26Speaker 2: Bill Anderson, se rappela alors un détail à propos du
- 40:29Speaker 2: meurtre de Frank Black. Les procureurs comblèrent tous les trous
- 40:34Speaker 2: qui restaient pour reconstituer les événements du 24 février 1996, soit le
- 40:39Speaker 2: jour où Black avait été vu en vie pour la
- 40:41Speaker 2: dernière fois. La petite amie de McCurley, Lisa Costello, alla
- 40:46Speaker 2: chercher Frank Black à l'aéroport de West Palm Beach ce soir-là.
- 40:55Speaker 2: Elle le conduisit à la résidence de son petit ami
- 40:58Speaker 2: sous le prétexte de le présenter à de futurs partenaires.
- 41:02Speaker 2: Black ignorait qu'il entrait dans la maison de son ennemi juré.
- 41:16Speaker 2: Les procureurs croient que pendant que Costello et Black discutaient
- 41:18Speaker 2: à propos des détails d'une lucrative transaction, elle aurait mis
- 41:21Speaker 2: un comprimé de rouffénol dans son verre. Black ne s'en
- 41:29Speaker 2: serait pas rendu compte puisque ce puissant sédatif n'a aucun goût,
- 41:32Speaker 2: aucune odeur ni couleur. Ils continuèrent à discuter jusqu'à ce
- 41:44Speaker 2: que la drogue fasse son effet. Comme prévu, McCurley prit
- 42:00Speaker 2: alors la relève. Il demanda à Costello de prendre le
- 42:06Speaker 2: portefeuille de Black. Plus tard, Ils utiliseraient ses cartes de
- 42:11Speaker 2: crédit pour mettre la police sur une fausse piste. Black
- 42:15Speaker 2: était incapable de se défendre en raison du puissant sédatif.
- 42:22Speaker 2: McCurley avait finalement le contrôle sur son rival. Il put
- 42:25Speaker 2: décharger toute sa colère contre lui. Dans l'entrée de sa maison,
- 42:30Speaker 2: il lui braquait un pistolet contre la tente. Maintenant, McCurley
- 42:44Speaker 2: devait éliminer toutes les preuves. Il enveloppa le corps et
- 42:47Speaker 2: l'arme du crime dans un sac de plastique. Plus tard,
- 42:51Speaker 2: il se servit de son bateau pour jeter le corps
- 42:53Speaker 2: à 25 kilomètres de la rive
- 43:00Speaker 2: Lors de son témoignage, Anderson déclara que McCurley avait dû
- 43:03Speaker 2: transpercer la pellicule de plastique et le corps de Black
- 43:05Speaker 2: à maintes reprises pour qu'il coule. Il rentra ensuite chez
- 43:10Speaker 2: lui pour nettoyer la scène du crime. Il arracha tout
- 43:16Speaker 2: ce qui avait été taché de sang ou par des
- 43:18Speaker 2: tissus humains. Il frotta ensuite tout le vestibule avec de
- 43:25Speaker 2: l'eau de Javel. Le témoignage d'Anderson était étayé par des
- 43:39Speaker 2: preuves indirectes très convaincantes. Les appels téléphoniques de la maison
- 43:44Speaker 2: de McCurley au bureau de Black les déclarations de Senedijan
- 43:47Speaker 2: à propos du nettoyage et les enregistrements de la conversation
- 43:51Speaker 2: entre Anderson et
- 43:51Speaker 7: McCurley.
- 44:00Speaker 2: Cela suffit à convaincre le jury. Le 4 février 1998, on trouva
- 44:07Speaker 2: Alan McCurley coupable d'enlèvement et de meurtre. Après le procès
- 44:16Speaker 2: de McCurley, débuta celui de Lisa Costello. Devant les accusations
- 44:23Speaker 2: de meurtre qui pesaient contre elle, elle donna enfin un
- 44:25Speaker 2: compte-rendu détaillé des événements qui avaient conduit à la mort
- 44:28Speaker 2: de Frank Black.
- 44:31Speaker 6: Elle a décidé de plaider coupable de meurtre au troisième
- 44:34Speaker 6: degré et d'avoir retenu la victime sous un faux prétexte.
- 44:37Speaker 6: La sentence pour un tel crime était moins sévère. On
- 44:39Speaker 6: l'a condamnée à dix ans d'incarcération à la prison de
- 44:42Speaker 6: l'État de la Floride.
- 44:49Speaker 2: McCurley fit appel de sa condamnation pour enlèvement soutenant que
- 44:52Speaker 2: Frank Black s'était rendu en Floride de plein gré. Il
- 44:56Speaker 2: remporta sa cause. Mais l'inculpation de meurtre fut maintenue. Alan
- 45:00Speaker 2: McCurley a été condamné à la prison à vie sans
- 45:02Speaker 2: possibilité de libération conditionnelle. Même si le corps de Frank
- 45:08Speaker 2: Black n'a pas été retrouvé, son meurtrier ne recouvrera jamais
- 45:12Speaker 2: la liberté.