Latest / Chroniques étranges - Histoires d'Horreur & Mystères / Sang pour Sang | La légende de l'homme à la hache (2/2) [THRILLER]
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- 0:00Ceci est la 2e partie de l'épisode 100%.
- 0:02Je vous encourage à aller écouter le premier épisode pour
- 0:04comprendre celui-ci. Bonne écoute.
- 0:06Une ombre s'étend sur le trou et le corps de sa mère Elliott se
- 0:12retourne lentement. Son père est là, il tient la
- 0:16hache à la main, il ne sourit plus.
- 0:19Je t'avais dit de ne jamais toucher au potager.
- 0:22Elliott Elliott est tétanisée au bord du trou.
- 0:26Son père ne le menace pas tout de suite.
- 0:28Il a l'air presque soulagé. D'en parler, il caresse le
- 0:31Manche de sa hache avec le pouce.
- 0:33Elle boitait. Elliott, tu t'en souviens ?
- 0:36Sa voix est calme. Sa jambe traînait, elle ne
- 0:39pouvait plus porter de lourdes charges.
- 0:41Elle mangeait, mais elle ne rapportait rien.
- 0:43C'était une bouche inutile et l'hiver arrivait.
- 0:46Il crache par terre près du corps de sa femme.
- 0:49Et puis elle allait souvent là-bas, vers la forêt.
- 0:52Elle disait qu'elle cherchait des herbes, mais je sais qu'elle
- 0:55le voyait. Lui, le voleur, l'abomination.
- 0:59Il pointe la hache vers Elliott, ce monstre nous vole tout.
- 1:03Nos bêtes. Et il a volé la tête de ta mère
- 1:05bien avant que je ne lui la Coupe.
- 1:07Le garçon sent les larmes gelées sur ses joues et la rage
- 1:10commence à remplacer la peur. Le père s'avance d'un pas.
- 1:14La neige crisse. Tu es jeune, tu es sentimentale,
- 1:18mais tu vas. Comprendre on.
- 1:20Fait ce qu'on doit faire pour survivre.
- 1:21C'est elle ou nous, c'est les faibles ou les forts.
- 1:24Tu comprends ça elliott ? Elliott serre les poings.
- 1:27Non ? Le visage du père se durcit, la
- 1:30lueur de folie s'éteint pour laisser place à une froide
- 1:33résolution. Ah.
- 1:35C'est dommage. Il lève légèrement la hache dans
- 1:38ce cas. Tu ne diras rien, n'est ce pas ?
- 1:40Elliott ne répond pas. Il se lève aussi tôt et court
- 1:43sans réfléchir. Il fonce vers les arbres, là où
- 1:46se trouve le brouillard épais de l'hiver.
- 1:48Elliott reviens ici, c'est une véritable chasse.
- 1:52Elliott est plus léger, mais la neige est profonde.
- 1:55Il trébuche et se rattrape aux branches.
- 1:57Son père est derrière, il grogne comme une bête.
- 2:00Elliott sans le souffle de son père.
- 2:01Se rapprocher, le garçon court à perdre haleine.
- 2:04Il ne pense qu'à une seule chose, fuir celui qui le traque
- 2:08comme une proie. Il arrive dans une petite
- 2:10clairière, son pied accroche une racine et il trébuche.
- 2:14Encore une fois, il essaie de ramper, mais une botte s'écrase
- 2:18sur son mollet. Il hurle, son père est au-dessus
- 2:22de lui, immense, la hache levée vers le ciel noir.
- 2:26T'es aussi maladroit qu'elle. Je t'aimais bien gamin,
- 2:29vraiment. Mais tu me laisses pas le choix.
- 2:32La hache commence à descendre. Elliott ferme les yeux.
- 2:49Le père s'arrête aussitôt, hachant l'air, cherchant du
- 2:52regard l'origine de ce bruit autour de lui.
- 2:55Mais une main surgit de la brume, une main large comme une
- 2:58pelle, couverte de poils et de terre.
- 3:01Elle se referme sur le poignet du père.
- 3:08Le cri du père est strident, la hache tombe mollement dans la
- 3:11neige, le géant est là, il ne regarde même pas le père qui se
- 3:15tord de douleur à genoux, tenant son poignet en miettes.
- 3:19L'homme des bois se baisse, il ramasse la hache, le père recule
- 3:24en rampant, pleurnichant comme un enfant.
- 3:26Non, non, pitié, pitié, le géant ne frappe pas, il se tourne vers
- 3:32Elliott. Il le soulève de terre avec une
- 3:35douceur infinie, comme s'il ramassait un oisillon tombé du
- 3:38nid et il le plaque contre son torse immense qui sent la résine
- 3:42et la fumée. Il se détourne du père et il
- 3:45part. Il s'enfonce dans la forêt en
- 3:48portant le garçon avec lui. Derrière eux, dans la nuit, il
- 3:53ne reste que les gémissements du père, seul avec sa douleur et sa
- 3:58haine. L'hiver s'est abattu sur la
- 4:05montagne avec une violence que même les anciens du village
- 4:08n'avaient jamais connue, isolant le Chalet du reste du monde
- 4:11derrière un mur de neige infranchissable.
- 4:14Pour Elliott, ce n'était plus une prison, mais une forteresse.
- 4:18Ce n'était pas la grotte humide qui l'avait imaginée dans ses
- 4:21cauchemars, mais une véritable maison, une bâtisse faite de
- 4:25troncs entiers que le géant avait assemblés lui même, force
- 4:28de la nature, pliant la nature à sa volonté.
- 4:32Il a fallu du temps à Elliott pour apprivoiser cet espace et
- 4:35son hôte. Au début, il observait en
- 4:36silence cet immense corps couvert de cicatrices se
- 4:39déplacer avec une douceur déconcertante au milieu de ses
- 4:42bêtes. Ces fameux moutons volés
- 4:45n'étaient pas du bétail pour lui, mais des compagnons
- 4:47d'infortune, de vieilles bêtes aveugles ou boiteuses, que le
- 4:51village avait condamné et que lui avait sauvé à sa manière.
- 4:56Un soir, alors qu'une tempête secouait la charpente, eliott a
- 5:00brisé la glace. Cherchant à comprendre
- 5:02l'incompréhensible. Pourquoi tu ne les manges pas ?
- 5:05On a faim. Le géant épluchait une racine
- 5:08tordue avec un petit couteau, il a levé les yeux vers Elliott.
- 5:12Pas tuer, jamais. Mais comment tu survis ?
- 5:18Ça fait combien de temps ? Le géant a levé 2 fois ses 2
- 5:20mains. 20 ans, il a commencé à parler.
- 5:24C'était difficile. Les mots semblaient rouillés
- 5:27comme des outils trop peu utilisés. 8 ans ?
- 5:30J'avais 8 ans. Quand tu es parti.
- 5:33Quand je sais. Le géant a désigné son propre
- 5:37corps, ses bras trop longs, son dos voûté.
- 5:40Trop grand, trop fin, famille pauvre.
- 5:45Il a mimé une porte qu'on claque dehors.
- 5:49Eliott a senti une boule dans sa gorge.
- 5:51Il imaginait l'enfant de 8 ans, déjà immense, jeté dans la neige
- 5:55parce qu'il était une bouche de trop.
- 5:57Il faut croire que la survie passe avant toute chose.
- 5:59Dans ce village des montagnes. Seul froid pète ont chauffé moi
- 6:07alors moi promis pas tuer pète manger terre manger quand pète
- 6:14dort. Pour toujours.
- 6:16C'était donc le pacte que s'était fait à lui même cet
- 6:19enfant innocent qui vivait dans ce corps de géant.
- 6:21Il ne prenait que ce que la mort lui donnait.
- 6:24Il ne volait pas la vie. Il cultivait des racines sous la
- 6:27neige. Il connaissait les écorces, les
- 6:29champignons. Les secrets que les hommes du
- 6:31village ignoraient, trop occupés à chasser, Elliott ne voyait
- 6:35plus le monstre des bois en face de lui.
- 6:37Il voyait le gardien de la forêt, un être qui refusait
- 6:41qu'on fasse du mal à toute forme de vie.
- 6:50Le lien s'est véritablement tissé une nuit où le toit de
- 6:53l'étable a cédé sous le poids de la neige.
- 6:56Un craquement sinistre a réveillé Elliott.
- 6:59Le géant était déjà debout, se ruant dehors dans le bizarre
- 7:02torse nu. Elliott l'a suivi, luttant
- 7:05contre le vent qui voulait le mettre à terre.
- 7:08Une poutre avait coincé une des brebis.
- 7:10Le géant soutenait la charpente de ses propres épaules, hurlant
- 7:14sous l'effort ses muscles saillants comme des câbles
- 7:17d'acier pour empêcher le toit d'écraser l'animal.
- 7:20Prends la AT. Il rugit.
- 7:21Une phrase courte, mais complète et claire.
- 7:24Poussée par l'urgence, Elliott s'est glissée sous la structure
- 7:28instable, rampant dans la paille glacée pour tirer la brebis.
- 7:32Il avait peur, mais en levant les yeux, il a vu le visage du
- 7:35géant tordu par l'effort qui le protégeait de sa propre masse.
- 7:39Une fois l'animal en sécurité, le géant a lâché prise et la
- 7:43poutre s'est écrasée lourdement, le blessant à la jambe.
- 7:48C'est Elliott qui l'a aidé à rentrer.
- 7:50C'est Elliott qui, pour la première fois, a inversé les
- 7:53rôles en nettoyant la plaie de cet homme invulnérable,
- 7:56appliquant de la sève comme le géant le lui avait montré ce
- 8:00soir-là. Il n'y avait plus de monstre ni
- 8:02d'enfant. Il y avait 2 frères d'armes.
- 8:08Quelques jours plus tard, alors qu'il partageait une soupe de
- 8:10racine, le géant s'est levé et est allé chercher quelque chose
- 8:13de précieux, caché dans une peau de loup, un vieux livre abîmé et
- 8:17une petite figurine en bois. Il l'a tendu à Elliott.
- 8:21Elle, maman. Le géant a hoché la tête, un
- 8:25sourire triste à fendiller sa barbe mal taillée.
- 8:28Elle venait. Pourquoi ?
- 8:30Apprendre. Il a tapoté sa bouche parler.
- 8:34Mot, elle gentille, elle cassée aussi, jambe mal, moi con.
- 8:42Le garçon a caressé le livre et il a compris.
- 8:46Sa mère ne venait pas avoir un monstre.
- 8:47Elle venait voir un enfant qui avait grandi tout seul.
- 8:50Elle venait lui donner tout ce que le village lui avait refusé.
- 8:52Une voix, 1 compagnon. Elle lui apprenait à lire, à
- 8:56parler. Des choses simples qu'il avait
- 8:58oubliées en 20 années. Condamnés à vivre seuls, c'était
- 9:02leur secret, un refuge pour 2 âmes rejetées.
- 9:06Elliott écoutait, la gorge nouée, réalisant que la
- 9:09véritable monstruosité n'était pas ici dans ce corps déformé,
- 9:13mais en bas dans la vallée, là où on abandonne ses propres
- 9:17enfants. Les jours passèrent, les 2 êtres
- 9:20se liaient d'amitié. Elliott lui racontait la vie
- 9:23difficile à la maison. Le géant lui lui racontait
- 9:26comment il avait bâti seul cette cabane et survécu tout ce temps.
- 9:30Les jours de vinrent des semaines et les semaines des
- 9:32mois. Il y avait tant de bois dans
- 9:33cette cabane que l'hiver n'avait pas paru si rude au jeune
- 9:36garçon. Mais ce qu'il avait surtout
- 9:39réchauffé, c'était la chaleur d'un véritable foyer.
- 9:46Elliott a grandi, nourri par la viande des bêtes mortes
- 9:49naturellement et par l'amour maladroit de ce géant.
- 9:52Il a appris à lire la forêt, à écouter le vent et surtout à
- 9:56manier la hache. Ses bras étaient durcis.
- 9:59Son dos s'était redressé. La soupe de racine et la viande
- 10:02des bêtes l'avaient rendu fort robuste.
- 10:05Il n'avait jamais autant mangé de sa vie que durant les mois
- 10:07qui s'étaient écoulés. Il n'était plus le jeune garçon
- 10:10chétif qui tremblait devant son père.
- 10:12Le soir, il restait assis devant le feu sans parler.
- 10:17Le géant sculptait du bois Elliott lisait le livre de sa
- 10:20mère. C'était une paix qu'il n'avait
- 10:22jamais connu et à laquelle il ne voulait plus renoncer un soir.
- 10:26Le géant le regarda avec une tendresse.
- 10:28Qu'elliott n'avait connue que dans les yeux de sa mère.
- 10:31Le grand homme le pointa de son immense index et dit, comme.
- 10:35Frère. Elliott sourit, c'est vrai qu'il
- 10:37n'était pas si vieux. Il acquiesça d'un oui de la tête
- 10:40et rigola non pas pour se moquer, mais comme une joie trop
- 10:43immense qui n'arrivait pas à contenir.
- 10:46Puis le géant se mit à arriver à son tour.
- 10:55Un matin, l'air s'est radoucit. La neige a commencé à fondre sur
- 10:59le toit, libérant le chemin vers la vallée.
- 11:02Le géant est sorti sur le perron, lui ment l'air.
- 11:05Il ne souriait pas. Cette fois, il s'est tourné vers
- 11:08Elliott. Une tristesse infinie dans le
- 11:10regard, comme s'il savait que leur parenthèse enchantée
- 11:13touchait à sa fin. Il a posé sa main sur l'épaule
- 11:16d'elliot. Sauf.
- 11:18AT il simplement dit, Elliott comprit alors, l'air inquiet de
- 11:21l'homme en bas dans la vallée. La haine avait eu tout l'hiver
- 11:25pour faire monter et le chemin était désormais ouvert.
- 11:31Le printemps s'était installé, la neige a reculé, laissant
- 11:34apparaître l'herbe grasse. Pendant quelques semaines, le
- 11:37monde d'en bas a semblé oublier le monde d'en haut.
- 11:39Elliott et le géant vivaient une parenthèse hors du temps.
- 11:42Il réparait le toit, il s'occupait des nouveaux agneaux
- 11:44nés au chaud. Elliott riait, le géant
- 11:47souriait. Ce matin là, Elliott rangeait le
- 11:50bois près de la cheminée, le géant était près de la porte.
- 11:54Il regardait dehors. Soudain, il s'est figé, son dos
- 11:58immense s'est raidit et il a grogné comme une montagne qui
- 12:02sent le tremblement de terre arriver.
- 12:05Le géant n'a pas bougé, il n'a pas pris sa hache, il a
- 12:08simplement ouvert la porte. Sur le seuil, il y a son père,
- 12:13il est seul devant la porte, mais derrière lui, à la lisière
- 12:16des arbres, on distingue 2 ou 3 ombres les villageois.
- 12:19Ils sont restés en retrait, n'osant pas approcher la bête,
- 12:22laissant le. Père courage, faire le travail.
- 12:25Le père lève la tête, il doit lever les yeux très haut pour
- 12:28croiser le regard du géant. Eliott, cachée derrière une
- 12:31poutre, voit le profil de son père.
- 12:34Il ne semble pas effrayé, il semble dégoûté, mais il sent le
- 12:39danger. Alors le jeune homme s'approche,
- 12:41le père tient son fusil, le canon pointé vers le sol, à 2 ou
- 12:453 M du géant hors de sa portée, le géant ne bouge pas, ses
- 12:49mains, capables de broyer un ours, pendent le long de son
- 12:52corps. Il regarde le petit homme en
- 12:55face de lui et dans ses yeux. La lueur du gardien de la forêt
- 12:58s'éteint pour laisser place à celle de l'enfant de 8 ans qu'on
- 13:01a jeté dehors. Les premières paroles ont été
- 13:03celles du Père. Il crache au sol sur les bottes
- 13:06de fourrure du géant. T'as pas changé, toujours aussi
- 13:10laid. Le géant se recroqueville
- 13:11légèrement, comme un réflexe. Tu as volé mon fils ?
- 13:15Tu prends ? Tout ce qui est à moi.
- 13:17Le grand homme secoue la tête lentement, il tend une main
- 13:21ouverte. Boom vers le ciel.
- 13:23Un geste de paix. Le père lève brusquement le
- 13:25fusil. Elliott saute devant le géant.
- 13:33Le jeune homme hurle, le corps du géant s'écroule en arrière.
- 13:37Dans l'entrée du CHALET, il ne bouge plus.
- 13:40Le père enjambe le corps du gardien qui n'a désormais plus
- 13:43de tête. Il entre dans la maison, la
- 13:46fumée du canon flottant autour de lui.
- 13:49Le père regarde Elliott, qui est tombé à genoux près du corps du
- 13:51gardien. Il recharge son fusil calmement,
- 13:55lentement, il a l'air satisfait, comme s'il venait de réparer une
- 13:59vieille erreur. Allez, lève toi Elliott, on
- 14:02rentre. Il donne un petit coup de pied
- 14:03dans la main inerte du géant. Je t'avais dit qu'il ne fallait
- 14:06pas s'approcher des monstres. Elliott ne se lève pas tout de
- 14:09suite. Sa main touche la hache du
- 14:11géant. Elle est là, posée contre le
- 14:13mur, lourde, froide, tranchante. Le père tourne le dos pour faire
- 14:18signe aux villageois d'approcher pour piller.
- 14:20Venez, savez vous, il y a de la viande pour tout le monde.
- 14:24Elliott ne respire plus. Le monde s'est arrêté au moment
- 14:27où le corps du géant a touché le sol dans ses oreilles.
- 14:30Ce n'est pas le cri des villageois qu'il entend, c'est
- 14:33une voix grave, douce comme. Frère.
- 14:36Il regarde le corps sans vie et sans tête de celui qui lui a
- 14:39appris à vivre en paix et avec harmonie dans cette montagne
- 14:42hostile, celui qui lui a appris à se débrouiller seul, celui qui
- 14:46a retenu un toit pour le sauver, le plus humain des êtres
- 14:49humains. De cette montagne, et il regarde
- 14:53les hommes qui entrent. Il rit.
- 14:56Gardez la taille de la bête, on va se faire des manteaux pour
- 14:59l'hiver, coupe les pattes d'abord, on pourra pas le
- 15:03drainer entier. Son cœur se met à battre, à
- 15:07battre aussi fort qu'il n'entend bientôt plus que ses battements.
- 15:10Une chaleur blanche insupportable envahit le ventre
- 15:14d'elliot. Un sentiment qu'il n'a jamais
- 15:16connu auparavant le submerge de tout son être.
- 15:19Ce n'est pas juste de la colère, c'est de la haine pure, une
- 15:23haine contre ces hommes, contre leur avidité, contre leur
- 15:26lâcheté. Ils lui ont pris sa mère, ils
- 15:29lui ont pris son frère, ils ont pris la seule chose pure qui
- 15:32existait dans ce monde pourri jusqu'à l'os.
- 15:34Elliott pose la main sur la hache du géant, elle vibre
- 15:37encore du souvenir de son propriétaire.
- 15:39Elle est lourde de justice, jamais elle ne lui apparue aussi
- 15:43légère. Elliott se relève, il ne se sent
- 15:46plus petit. Il a l'impression que l'esprit
- 15:49du géant vient de couler dans ses veines.
- 15:51Il est immense. Le premier villageois s'approche
- 15:54avec son couteau. Pose toi gamin, l'espère les
- 15:57hommes. Elliott le regarde.
- 15:59Pas tuer, jamais. Avait dit le géant.
- 16:04Mais le géant est mort et son humanité est morte avec lui.
- 16:07Aujourd'hui, Elliott ne croit plus en la pitié.
- 16:10Il ne croit plus en l'homme. Ce n'est pas un coup de
- 16:14combattant qui tranche l'homme en 2.
- 16:16C'est un coup de bûcheron, un coup droit met le villageois
- 16:20n'est plus que du bois mort. Le rire des autres s'étrangle,
- 16:23le silence tombe, absolument seul le souffle d'elliot, celui
- 16:27d'une bête enragée, se fait entendre.
- 16:30Le 2e homme recule, terrifié. Qu'est ce que c'est ?
- 16:33C'est impossible. C'est un démon.
- 16:35Elliott avance, il pleure, mais son visage est de Pierre.
- 16:39Vous n'êtes. Que des parasites.
- 16:41L'homme sort un couteau mais Elliott a l'avantage, la hache
- 16:44est bien plus grande. Il revoit son frère soulever la
- 16:47poutre, il sent la force dans ses bras, il frappe un 2e corps,
- 16:52tombe en 2 parties, le 3e hurle et tente de fuir.
- 16:57Elliott le rattrape par le col. Il a la force d'un ours, il le
- 17:01projette contre le mur de bois et lui tranche la tête d'un seul
- 17:05coup. Il ne reste plus que le père
- 17:09dans cette cabane, il est au fond de la pièce.
- 17:12Acculés contre la table où ils ont partagé tant de repas
- 17:15silencieux, il tremble. Il essaie de recharger son
- 17:18fusil, mais ses doigts glissent. Elliott s'approche.
- 17:22Il est couvert de sang, mais celui qu'il veut faire couler
- 17:25est celui de l'homme qui a tué son frère.
- 17:27Le père lâche le fusil, il lève les mains.
- 17:30Il est pathétique, minuscule. Écoute moi.
- 17:34Je suis ton père. Elliott s'arrête.
- 17:38La hache ruisselle de sang sur le plancher.
- 17:40Non ? Tu n'es rien.
- 17:42Tu trembles comme une faille. J'avais.
- 17:44Pas le choix, tu comprends, on allait mourir de faim, c'était
- 17:49lui ou nous, je l'ai fait pour te sauver.
- 17:51Eliott lève la hache haut, très haut, il ne tremble pas, il ne
- 17:56doute plus. Il regarde cet homme qui partage
- 17:59son ADN, le père a versé le sang du premier fils, le 2nd fils
- 18:04versera le sang du père. La dette est mathématique, la
- 18:08certitude est totale, 100%. On a toujours le choix.
- 18:14Il marque une pause, ses yeux plantés dans ceux de son père,
- 18:17comme s'il hésitait, à l'espace d'une 2nde.
- 18:20Et tu as fait le mauvais, non ? Dehors, il reste un jeune
- 18:29villageois resté en retrait. Il est pétrifié.
- 18:32Elliott le regarde d'un regard plus blanc que neige vide.
- 18:36L'enfant du jeune fermier est devenu plus froid et impitoyable
- 18:40que l'hiver lui même. Il pointe la vallée du doigt.
- 18:44Dis leur dis leur que l'homme est mort ici et que le monstre
- 18:48est né. Quiconque dépassera la lisière
- 18:50en paiera le prix. Sa voix est brisée, mais elle
- 18:53porte comme le tonnerre. Le jeune homme s'enfuit en
- 18:58courant, trébuchant dans la neige fondue.
- 19:00Elliott reste seul. Il regarde le ciel, il regarde
- 19:04la maison que son frère a bâtie. Il ne redescendra jamais.
- 19:14Le lendemain, la tête de l'homme qui l'avait tranché fut retrouvé
- 19:17à la lisière de la forêt, comme un avertissement.
- 19:20On dit qu'il a enterré son frère et son père dans le jardin, l'un
- 19:24avec des larmes, l'autre sans un mot. là-haut, il est devenu
- 19:28l'ombre, la légende qui interdit à quiconque de franchir les
- 19:32bois. Il a pris la place qu'on lui
- 19:34avait préparée, il a rejeté les hommes pour protéger les bêtes.
- 19:38Il est devenu le démon de la forêt.
- 19:41On dit que depuis tous les jours raisonne le bruit de sa hache
- 19:45qui continue de fendre le bois jusqu'au jour où les bruits ont
- 19:49cessé. Jamais son corps n'a été
- 19:51retrouvé. Personne ne sait s'il est mort
- 19:54de solitude, de chagrin ou de faim.
- 20:02J'espère que cette histoire vous aura plu.
- 20:05Je voulais marquer le coup pour ce 50e épisode.
- 20:07Il a demandé beaucoup de temps pour être réalisé.
- 20:10Et pour cause, les 3 musiques faites à la guitare acoustique,
- 20:13dont celle que vous écoutez en ce moment, ont été réalisées
- 20:15pour cet épisode par l'artiste hyper talentueux nommé de
- 20:19mesure. Je vous mets tous ces réseaux en
- 20:21description ainsi que son soundcloud.
- 20:23Pour être franc, il a insisté lourdement pour ne recevoir
- 20:26aucune contrepartie monétaire. Alors allez lui donner un
- 20:29maximum de force s'il vous plaît, il le mérite.
- 20:32C'est un régal de pouvoir collaborer avec des artistes de
- 20:35milieux différents du mien, surtout quand ils sont aussi
- 20:37talentueux. Alors cet épisode se voulait un
- 20:40peu plus thriller horrifique et je sais que ça ne plaira pas à
- 20:43tout le monde. Mais sans cette liberté
- 20:45artistique, je me lasserai. C'était le 50e épisode de la
- 20:48chaîne. Je ne sais pas combien de temps
- 20:50chroniques étranges vivra. Peut être que nous sommes à la
- 20:52moitié du chemin hein, peut être plus, peut être moins.
- 20:55Mais ce qui est sûr c'est que je vois vos commentaires et ça me
- 20:57motive à un point que vous n'imaginez même pas pour être
- 21:01totalement transparent, selon les statistiques Spotify, la
- 21:04durée moyenne d'écoute par auditeur est d'une heure 45.
- 21:08Alors voilà, en vrai ça me prouve à quel point j'ai de la
- 21:10chance d'être écouté par des personnes passionnées qui
- 21:12poussent ce podcast vers le haut.
- 21:14Alors encore une fois 1000 mercis ça peut paraître super
- 21:17bateau mais sans vous il y a pas de crawling étrange.
- 21:20En échange, je vous promets de continuer à donner le meilleur
- 21:22de moi même le plus longtemps possible.
- 21:24Allez sur ce je vous dis à bientôt si vous osez revenir.
- 21:33Chaque épisode me demande des dizaines d'heures de travail en
- 21:35dehors de mon activité salariée. Et les revenus publicitaires
- 21:38couvrent à peine les frais. Structurels du Podcast.
- 21:41C'est pourquoi j'ai créé. Un petit abonnement qui vous
- 21:43permettrait de soutenir la chaîne pour moins de 3€ par
- 21:46mois, il vous permet d'avoir accès.
- 21:47À tous les. Épisodes sans pub, en haute
- 21:49définition et en avant première la veille de leurs.
- 21:51Sorties. C'est ce qui va permettre aux
- 21:53chroniques étranges d'exister. Alors merci infiniment pour
- 21:56votre soutien. Abonnez ou non.