Latest / Québécois et Canadien / John Parisella - Nationalisme au Parti libéral du Québec
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien, on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on a la chance de recevoir John
- 0:06Parizella, ancien chef de cabinet de Robert Bourassa.
- 0:09On a discuté notamment de l 'évolution du Parti
- 0:11libéral à travers les aires Bourassa, Ryan et
- 0:14Johnson, et de la place du nationalisme dans
- 0:16le parti. Bon épisode. Monsieur Parizola, merci
- 0:31de prendre le temps de nous rencontrer aujourd
- 0:32'hui. Ça fait plaisir de vous rencontrer moi
- 0:34aussi. Alors, considérant votre vaste expérience
- 0:37au Parti libéral, j 'aimerais poser certaines
- 0:39questions pour essayer de comprendre un peu l
- 0:41'essence ou l 'historique du parti. Et je commencerais
- 0:44par une question qui, à la fois, je pense, se
- 0:47pose depuis longtemps, puis en même temps une
- 0:49question d 'actualité. Est -ce que le Parti libéral
- 0:53se doit pour réussir d 'avoir une certaine aile
- 0:57nationaliste? Je pense que le Parti libéral du
- 1:01Québec, il faut mentionner que le Parti libéral
- 1:04du Québec faisait partie de la grande ensemble
- 1:06du Parti libéral canadien jusqu 'à les années
- 1:0960. Mais il y avait une personnalité typique
- 1:14au Québec, puis ils ont été au pouvoir évidemment
- 1:17pendant plusieurs années. Et donc il fallait
- 1:19avoir un côté où le Québec... que j 'appellerais
- 1:25le Québec autonomiste, le Québec qui défense
- 1:27ses juridictions, avait une présence qui était
- 1:30particulière, qui n 'était pas... Ce n 'était
- 1:32pas un parti qui prenait ses ordres d 'Ottawa
- 1:35ou du PLC. Mais il y avait quand même, il faisait
- 1:40partie, quand il y avait des congrès, le PLQ...
- 1:44participait avec ses délégués, tout ça. Mais
- 1:47il y a eu une espèce de, comment je dirais, j
- 1:51'appelle l 'impression d 'un divorce, mais une
- 1:53forme de scission qui s 'est faite dans le temps
- 1:55de l 'évolution tranquille entre M. Pearson.
- 1:58qui était le premier ministre du Canada et M.
- 2:01Lesage qui était le premier ministre du Québec.
- 2:03Ça s 'est fait de façon quand même cordiale,
- 2:06courtois, et le Parti libéral devenait essentiellement
- 2:09une entité autonome en soi. Donc, ça veut dire,
- 2:13quand il y a un leadership libéral, il va y avoir
- 2:16une délégation du Québec parce que c 'est le
- 2:18PLC, c 'est pas le membership du PLQ. Donc, on
- 2:21est vraiment autonome, mais c 'était un peu comme
- 2:24ça de toute façon avant. C 'est juste que c 'est...
- 2:28c 'était pas formel, c 'est devenu formel à partir
- 2:30de là. Et cette formalité, ce côté formel, c
- 2:34'est concrétisé dans les années qui ont suivi,
- 2:37surtout avec la montée du Parti québécois et
- 2:42le fait que le Parti libéral était un peu entre
- 2:46le Parti libéral canadien et qui souhaitait garder
- 2:50le Canada comme pays. Très centralisateur en
- 2:53général. Plus centralisateur de nature et le
- 2:56PQ... qui souhaitaient un Québec souverain. Donc,
- 2:59on est un peu entre les deux. Donc, ça prend,
- 3:01oui, un nationaliste, oui, ça prend un autonomiste,
- 3:04mais ça devient quand même un parti libéral avec
- 3:08le mot libéral, le libéralisme comme d 'ailleurs,
- 3:11qui parle d 'inclusion, qui parle de diversité,
- 3:15puis l 'important de trouver une façon de pouvoir...
- 3:20combiner le nationalisme, l 'autonomisme avec
- 3:24la diversité comme telle. Donc le Parti libéral
- 3:28est en train de se faire accuser de ne pas être
- 3:31assez nationaliste, assez québécois comme telle.
- 3:35Mais le Parti libéral a quand même développé
- 3:38une identité qui était typique au Québec, que
- 3:41ce soit sur le plan international, que ce soit
- 3:43sur le plan économique, que ce soit sur le plan
- 3:46de sa législation touchant le côté social. les
- 3:49culturels. Donc, le PLQ ne peut pas se faire
- 3:53accuser d 'être anti -nationaliste et d 'être
- 3:56anti... ou d 'être pro -nationaliste. Il l 'est.
- 3:59Par contre, quand on le compare au PQ, c 'est
- 4:01sûr qu 'on ne va pas... C 'est pas du nationalisme
- 4:04identitaire, disons. Oui, c 'est ça. Puis le
- 4:07mot nationaliste était peut -être moins populaire
- 4:09des années 60, des années, je dirais, 50 et 60,
- 4:13parce qu 'on... on l 'avait associé avec un nationalisme
- 4:16extrême en Allemagne, tout ça, comme ça. Oui,
- 4:19parce que là, c 'est ça, le mouvement nazi, puis
- 4:21tout ça, c 'était des mouvements qui se disaient
- 4:23nationalistes. Moi, j 'étais étudiant, puis j
- 4:25'avais des profs qui nous faisaient cette distinction
- 4:27-là. Mais le nationiste, c 'est pas un mauvais
- 4:31mot, là. Puis surtout que le Québec est reconnu
- 4:33maintenant comme une nation. C 'est pas un mauvais
- 4:37mot comme tel. C 'est notre côté identitaire
- 4:40et le PLQ se doit de l 'être et il l 'a été.
- 4:43à travers de l 'histoire. Le français, la langue
- 4:46officielle, c 'est le Parti libéral du Québec.
- 4:48La personnalité internationale, la doctrine chérine,
- 4:51la joie, c 'est le Parti libéral du Québec. Et
- 4:54les législations qui ont été typiques au Québec
- 4:58et qui n 'existent pas ailleurs dans le Canada,
- 5:01ça fait aussi un côté que j 'appelle nationaliste.
- 5:06Et j 'aimerais, puis c 'est intéressant que vous
- 5:08mentionnez ça, parce que j 'aimerais faire un
- 5:10peu la genèse de votre implication politique
- 5:12en parallèle avec le Parti, parce que vous êtes
- 5:13vraiment, vous avez vraiment évolué avec le Parti
- 5:16libéral depuis l 'époque Ryan. Fait qu 'on a
- 5:19eu la discussion avant, je sais qu 'en 1976,
- 5:22vous me corrigez, mais vous avez voté pour pour
- 5:24pourrenner les vagues parce que vous reprochiez
- 5:26à Robert Bourassa de ses pratiques peut -être
- 5:29un peu moins syndicales ou qui avait été plus
- 5:31difficile avec les syndicats. Qu 'est -ce qui...
- 5:34Expliquez -moi un peu pourquoi vous votez pour
- 5:35le Parti québécois en 1976. Bien, en réalité,
- 5:38c 'était un vote... J 'étais syndicaliste dans
- 5:42le domaine de l 'éducation. Puis évidemment,
- 5:44je faisais partie de ce qu 'on appelle le mouvement
- 5:47du Front commun. Donc, on n 'était pas satisfaits
- 5:49de les négociations qui avaient lieu avec le
- 5:51gouvernement Bourassa de l 'époque. J 'avais
- 5:54quand même voté comme citoyen pas porteur de
- 5:57carte de bande pour le PLQ en 1969. et j 'ai
- 6:03répété ça en 73, mais j 'étais mécontent de la
- 6:07performance. J 'ai eu l 'occasion de rencontrer
- 6:09M. Lévesque personnellement. Je l 'ai fait venir
- 6:11à mon école. Et M. Lévesque est arrivé un peu
- 6:13plus tôt avant sa conférence, puis on a passé
- 6:17du temps ensemble, puis il a resté après la conférence.
- 6:21Et je dirais que la personnalité, la personne
- 6:23de M. Lévesque m 'a attiré. J 'étais pas souverainiste.
- 6:31J 'ai jamais vraiment pensé de l 'être, mais
- 6:34j 'étais plus, que j 'appellerais en politique,
- 6:37centre -gauche, le rôle de l 'État. Puis, M.
- 6:40Lévesque était quand même un ministre très important
- 6:44dans le temps de l 'évolution d 'enquête avant
- 6:45qu 'il quitte pour former le mouvement souveraineté
- 6:48-association qui est devenu éventuellement le
- 6:50Parti québécois. Donc, c 'était plus un vote
- 6:53personnel. Et à même temps, étant prof, prof
- 6:58d 'histoire, puis j 'ai enseigné dans une école
- 7:00anglo -catallique, je disais à mes étudiants,
- 7:02écoutez, moi, je suis prêt à voter pour M. Lévesque,
- 7:06mais je ne suis pas prêt à voter pour la souveraineté.
- 7:09Donc, c 'est important de réaliser que notre
- 7:10démocratie québécoise, elle est tellement, comment
- 7:14je dirais, exemplaire, qu 'on est capable d 'avoir
- 7:17des débats. qui sont très profonds, qui peuvent
- 7:20être très dévisifs, mais en même temps, on trouve
- 7:22une solution de faire des choix par le vote et
- 7:25non pas par le... On disait à l 'époque, « by
- 7:29ballot, not bullet ». C 'est par un bulletin
- 7:34de vote. Par le vote, pas par les balles. C 'est
- 7:36ça. Donc, j 'ai voté pour M. Lévesque. Par contre,
- 7:40la personne qui m 'a un peu dédouané dans ce
- 7:43vote -là sur le plan intellectuel, c 'était Claude
- 7:45Ryan, que je ne connaissais pas, mais qui était...
- 7:47L 'éditeur du journal de bras, puis il avait
- 7:51endossé M. Ryan. J 'ai fait Claude Ryan, il avait
- 7:55endossé René Lévesque en 2016. Moi, je me sentais
- 7:58à l 'aise à le faire, tu sais. Par contre, quand
- 8:01M. Bourassa évidemment a quitté la politique,
- 8:04ça m 'a fait battre, etc., puis il y a eu un
- 8:06coup sur les riches, puis M. Ryan a décidé de
- 8:09devenir candidat. J 'ai pris ma quarte demande.
- 8:11La journée... avant qu 'ils deviennent candidat
- 8:14officiel, parce que quelqu 'un m 'avait dit,
- 8:16il s 'en vient comme candidat, il annonce ça
- 8:18demain. Donc, j 'ai pris ma carte de membre et
- 8:21je suis devenu militant, en gang passée à cause
- 8:23de Claude Ryan. Et Claude Ryan avait une vision
- 8:28de la réforme de la Constitution canadienne qui
- 8:33me plaisait. qui était conciliateur. Il était
- 8:38conciliateur en même temps, mais en même temps,
- 8:40c 'était vraiment l 'identité québécoise qui
- 8:42mettait de là -bas. Donc, moi, j 'ai devenu militant
- 8:46et je suis devenu engagé. Finalement, au référendum
- 8:50de 1980, ils m 'ont engagé comme... permanent,
- 8:56directeur régional, et j 'ai été donc en position
- 9:00de parler en faveur du Canada avec une vision
- 9:05du Canada par les yeux de Québécois et non pas
- 9:07par Ottawa qui regarde Québec. Donc c 'est clair
- 9:10qu 'on voulait une plus grande décentralisation,
- 9:13protection de nos juridictions. Donc c 'était
- 9:15ça qui motivait à l 'époque. J 'aimerais revenir
- 9:18sur le premier mandat de René Lévesque. Vous,
- 9:20vous l 'avez appuyé. Vous avez pensé quoi de
- 9:22son premier mandat comme... comme premier ministre
- 9:24du Québec? J 'ai pas trouvé qu 'il était un mauvais
- 9:27gouvernement. Au contraire, j 'ai trouvé qu 'il
- 9:31faisait des choses à laquelle je me sentais pas
- 9:33mal à l 'aise avec, parce qu 'en dehors de la
- 9:36souveraineté, je me sentais assez à l 'aise d
- 9:39'un autre coup. croissant de l 'État. Donc, il
- 9:45a protégé beaucoup des différentes réformes à
- 9:48laquelle je souscrivais avant l 'élection 2016.
- 9:53C 'était l 'assurance maladie, le rôle des femmes
- 9:57en société, donc le conseil du statut de la femme.
- 10:02Donc, je me sentais très à l 'aise avec ça. Puis,
- 10:04je ne pouvais pas reprocher le fait de la langue
- 10:07officielle. Ce n 'est pas lui qui l 'a faite.
- 10:10C 'est particulier. La loi 101, c 'est clair
- 10:12que la loi 101 allait plus loin que j 'aurais
- 10:16voulu. Étant professeur dans une école anglo
- 10:20-catallique, c 'est clair qu 'il y avait une
- 10:22réaction qui était négative par les gens qui
- 10:27étaient dans ce milieu -là. Et j 'avoue que c
- 10:30'est un peu... d 'aller plus loin que ça devait
- 10:34aller pour protéger le français, mais ça, c 'était
- 10:37mon opinion de l 'époque. Mais je dirais que
- 10:39M. Lévesque, si M. Lévesque n 'était pas souverainiste
- 10:42et qu 'il ne faisait pas un référendum sur la
- 10:45souveraineté, je ne l 'aurais pas exclu de le
- 10:50considérer pour sa réaction. Mais c 'est clair
- 10:53que, aussitôt que M. Lévesque était devenu premier
- 10:57ministre, il ne pouvait pas nier son attachement
- 11:01à faire du Québec. un pays indépendant. Et donc,
- 11:04on était dans un mode de très... que j 'étais
- 11:07très près des référendums. Donc, dans mon esprit
- 11:11à moi, j 'étais très à l 'aise avec l 'arrivée
- 11:14de M. Ryan. Ça, ça m 'a vraiment reconforté.
- 11:16Oui, c 'est ça. Parce que j 'imagine que le référendum
- 11:17prenait quand même une certaine place, là, dans
- 11:19l 'espace public. C 'était le gros débat. C 'était
- 11:21le gros débat. On ne vota plus, là, pour un changement
- 11:24de gouvernement. Sur les 16, c 'était vraiment...
- 11:28on votait pour un gouvernement. Mais en... En
- 11:311980, il y a eu un référendum, puis c 'est clair
- 11:34que là, c 'était très clair que c 'était pour
- 11:37le Parti québécois. Tu votais pour l 'indépendance
- 11:39et c 'était pour le Parti libéral, sous Claude
- 11:41Ryan. Tu votais pour un Parti libéral renouvelé
- 11:47qui refait sa situation tout en étant en faveur
- 11:51d 'une réforme de la Constitution canadienne.
- 11:54Et René Lévesque perd son référendum. Le nom
- 11:57gagne. Une autre élection, j 'imagine à cause
- 12:01de son agenda progressiste, René Lévesque obtient
- 12:04un autre mandat comme gouvernement malgré la
- 12:07défaite référendaire. Et là, Claude Ryan perd
- 12:13son poste de chef du Parti libéral suite à la
- 12:16défaite. Revient Robert Bourassa. Quelle sorte
- 12:21de vent de changement est -ce que le retour de
- 12:24Bourassa au parti apporte au niveau de la vision
- 12:28globale de ce qu 'est le parti libéral? Il n
- 12:30'y a pas de doute que M. Bourassa, après sa défaite,
- 12:34a fait une introspection de son passage dans
- 12:39le premier terme. Il a resté quand même engagé,
- 12:46mais moi je ne le connaissais pas. Je l 'ai rencontré
- 12:49pour la première fois après le référendum, en
- 12:531981, où il... il pensait à faire le tour après
- 12:58que M. Ryan avait quitté. Je l 'ai rencontré
- 13:00un type que je connaissais, un de mes étudiants,
- 13:02avait été un recherchiste pour un document universitaire,
- 13:09puis M. Bourassol, il avait donné une entrevue,
- 13:12puis ce sexe étudiant -là m 'a dit, écoute, il
- 13:15se répète à te rencontrer. Donc, on a lunché
- 13:18ensemble, c 'était fort agréable, j 'ai trouvé
- 13:20très charmant, ça. Mais c 'était clair que moi,
- 13:25j 'avais voté. contre lui en ce sens -d 'essai,
- 13:26je ne le voyais pas nécessairement revenir comme
- 13:29chef du parti. M. Ryan venait essentiellement
- 13:32de ne pas gagner son vote de confiance à l 'intérieur
- 13:35du parti. Donc, dans ma tête à moi, la succession,
- 13:40c 'était plus les gens qui ont entré sous Ryan,
- 13:42dont Daniel Johnson était une personne. Donc,
- 13:46je me dis si Daniel Johnson se présentait parlement,
- 13:48je serais avec lui. Mais M. Bourassa a été très
- 13:55conciliateur et très gentil. Donc, j 'ai sorti
- 13:59de là pas négatif. Je n 'étais pas un anti -Bourassa.
- 14:05Je me suis dit s 'il revient et qu 'il gagne,
- 14:07je suis devenu un membre du PLQ. Mais le départ
- 14:11de M. Ryan, c 'est sûr que M. Ryan a... pas eu
- 14:14la campagne électorale. qu 'on aurait souhaité.
- 14:19Puis je pense que sa popularité avait baissé
- 14:22le soir du référendum quand on a gagné. Puis
- 14:24essentiellement, il n 'a pas fait un discours
- 14:27conciliateur comme peut -être il aurait dû faire.
- 14:30Puis au bout de la ligne, on a senti que le geste
- 14:35de Pierre -Eliott Trudeau de repétrier la Constitution
- 14:39avant même qu 'il y ait une élection, ça a aidé
- 14:43M. Lévesque, ça a nuit au Parti libéral du Québec.
- 14:46Donc on gagne le référendum. C 'est parce que
- 14:47lui, il avait initié le processus de rapatriement
- 14:50avant l 'élection de 1980. L 'élection était
- 14:54en 1980. C 'est ça. Puis M. Ryan était contre
- 14:56le rapatriement unilatéral. Donc quand il y a
- 15:01eu un vote à l 'Assemblée nationale contre le
- 15:03rapatriement... par le gouvernement de M. Trudeau
- 15:06de l 'époque, M. Ryan a voté avec M. Lévaïque.
- 15:10Et j 'étais présent dans le PLQ quand M. Ryan
- 15:15était encore chef du parti. Il avait perdu l
- 15:17'élection, mais il était encore chef du parti.
- 15:20Je me suis rallié à cette position -là. Puis,
- 15:23au bout de la ligne, le Parlement québécois,
- 15:27l 'Assemblée nationale québécoise, a voté contre
- 15:29le geste posé par le gouvernement du Canada.
- 15:32Mais ça devait être quand même particulier parce
- 15:34que... La charte canadienne est largement inspirée
- 15:37de la charte québécoise qui a été adoptée par
- 15:39le Parti libéral au Québec. Ça vient donner un
- 15:43statut à cette charte -là. C 'est sûr, bon, on
- 15:45peut débattre de l 'aspect multiculturaliste
- 15:47qui est peut -être différent, puis qui a peut
- 15:49-être des implications qu 'on n 'a peut -être
- 15:50pas estimées à l 'époque, mais... La position
- 15:53globalement au sein des membres du Parti libéral
- 15:56du Québec par rapport au rapatriement en 1982,
- 16:00est -ce qu 'on est quand même favorable à l 'idée
- 16:02d 'avoir une charte? Oui, mais moi je dirais
- 16:04que sur le fond. la notion de charte n 'était
- 16:07pas vraiment un enjeu qui pouvait diviser ou
- 16:14amener les libéraux d 'être l 'un contre l 'autre.
- 16:17Je pense que la question de la charte, il y a
- 16:20eu quand même un compromis qui s 'est fait sur
- 16:23la charte canadienne avec la clause déragatoire,
- 16:26la clause d 'un obstacle qui n 'existait pas
- 16:27vraiment au Québec. comme tel, mais c 'est clair
- 16:31que le geste que le gouvernement Trudeau a posé
- 16:37suite à la victoire référendaire du candidat
- 16:41était conçu, était vu négativement, puis par
- 16:46la population et même par des libéraux, puis
- 16:49c 'est clair que quand est venu l 'élection,
- 16:51ça a donné un second souffle à Monsieur Lévesque.
- 16:54C 'est comme s 'il y a idée, René Lévesque à
- 16:56se faire réagir. Oui, puis au bout de la ligne,
- 16:59On se disait à l 'époque, je pense que M. Trudeau
- 17:03a mieux géré ça avec René Lévesque affaibli d
- 17:06'une défaite que de gérer ça avec Claude Ryan
- 17:09qui gagnait et qui avait le livre beige qui était
- 17:12une réforme beaucoup plus profonde et beaucoup
- 17:15plus large que le repétitement, les propos à
- 17:20l 'intérieur du repétitement de la Constitution.
- 17:22Parce que c 'est vrai que, montant un chef souverainiste
- 17:24affaibli, qui va avoir moins de crédibilité au
- 17:28niveau national à cause de cette défaite -là,
- 17:30puis parce qu 'il y a une option aussi dont extrême
- 17:32que la souveraineté. Puis l 'autre côté, t 'as
- 17:35un chef libéral qui vient de gagner un référendum,
- 17:37qui a un programme ambitieux de réforme de la
- 17:41Constitution canadienne, qui était visiblement
- 17:43en opposition avec la vision de M. Trudeau du
- 17:46Juge Canada. Ça aurait pu être délicat comme
- 17:49discussion de l 'avoir rentré dans des négociations
- 17:51constitutionnelles avec le Québec. Puis j 'ai
- 17:53l 'impression que les gens autour de M. Trudeau
- 17:55ont conclu que le vote était 60 -40. C 'était
- 17:58pas un vote de 1 %. C 'était très clair qu 'ils
- 18:02pouvaient poser des gestes et aller de l 'avant.
- 18:05Puis laisser la population décider que le gouvernement...
- 18:10ultimement va négocier. Bien, les Québécois ont
- 18:14jugé de rester avec M. Lévesque. Puis M. Lévesque
- 18:16a gagné l 'élection, je crois, avec 49 % de l
- 18:20'électorat. M. Ryan a perdu. Puis c 'est clair
- 18:23que M. Ryan a pris un petit peu le... bien, il
- 18:28a été vu comme le principal responsable des fêtes.
- 18:31Donc quand c 'est vu le temps, puis... Le vote
- 18:34de confiance en sa faveur, ce n 'est pas possible.
- 18:36Ce n 'est pas toujours facile pour les chefs
- 18:38libéraux qui perdent. Non, non. La respiration
- 18:40de vie n 'est pas très élevée. Non, non, c 'est
- 18:42sûr. Alors, Ryan Kitt, course à la chefferie,
- 18:48Daniel Johnson perd. Vous vous ralliez à Robert
- 18:51Bourassa qui est dans l 'opposition pendant à
- 18:53peu près deux ans. Élection de 1985. Sur quoi
- 18:58porte l 'élection de 1985? Ça se portait vraiment
- 19:01sur un changement de gouvernement. Je pense que
- 19:03M. Lévesque... était plus le chef du PQ. C 'est
- 19:09M. Johnson qui était là, donc il y avait la division
- 19:12à l 'intérieur du PQ. L 'arrivée de M. Mulgoney
- 19:16a provoqué évidemment un effort pour voir si
- 19:20on pouvait trouver une façon pour se reconcilier.
- 19:24En tout cas, le net net de l 'affaire, c 'est
- 19:26que M. Lévesque a quitté, a été remplacé par
- 19:30Pierre -Marc Johnson. Le Parti libéral du Québec
- 19:35le retour de M. Bourassa, c 'est fait. Puis je
- 19:39pense que les enjeux de cette période -là, c
- 19:41'était beaucoup économique. beaucoup plus bon
- 19:43gouvernement puis beaucoup plus économique que
- 19:46la Constitution comme telle. Donc l 'arrivée
- 19:48de M. Bourassa a été quand même assez importante
- 19:52et il a su comment la lier le monde. Autant qu
- 19:56'il y avait des libéraux qui étaient pour le
- 19:58retour de M. Bourassa, mais pas nécessairement
- 19:59la continuité de M. Ryan dans un poste important.
- 20:02M. Bourassa n 'était pas de cette vie -là. M.
- 20:04Bourassa croyait beaucoup à M. Ryan. C 'était
- 20:08pas un émissier social comme tel. Mais c 'est
- 20:14vraiment un domicile professionnel. Et donc,
- 20:18M. Bourassa t 'aimait beaucoup à garder M. Ryan.
- 20:22Moi, j 'ai eu l 'occasion de me présenter comme
- 20:23candidat durant la campagne. J 'ai été approché
- 20:27par les gens du comté d 'Anjou. Puis après ça,
- 20:31il y a eu la possibilité d 'être candidat dans
- 20:34le comté de Mercier. Gérald Gaudin était le candidat
- 20:37dans le comté de Mercier. Et j 'ai finalement
- 20:42décidé que si je dois pas faire le saut en politique,
- 20:46c 'est apparemment l 'endroit le plus intéressant
- 20:49pour moi. Et avec mon passé, j 'ai un nom italien
- 20:56évidemment, mon père est un immigrant italien,
- 20:58ma mère était en Daille, j 'étais à l 'école
- 21:00anglaise toute ma vie. J 'étais même un des fondateurs
- 21:03de l 'Alliance Québec qui était formé pas longtemps
- 21:06après l 'élection de M. Lévesque en 1981. Donc,
- 21:13je n 'étais vraiment pas le profil pour le comté
- 21:15de Mercier, mais je croyais beaucoup au Québec,
- 21:19je croyais beaucoup à l 'importance de la primauté
- 21:22du français, puis à même temps de l 'importance
- 21:24de la diversité du pays et du Québec. Donc, je
- 21:29me suis présenté, j 'ai perdu. C 'était quand
- 21:31même une défaite qui n 'était pas majeure. Même
- 21:35M. Bourassa, le soir même, m 'a dit, il dit,
- 21:41« T 'as eu un main Oscar comme moi, j 'ai eu
- 21:42quand Gérald m 'a baissu. » Donc, et Gérald et
- 21:46moi… – M. Bourassa avait perdu une lecture aussi
- 21:48dans… C 'était dans Mercier. – Oui, dans Mercier
- 21:50contre Gérald Gaudin. Puis Gérald Gaudin et moi,
- 21:52on s 'est connus lors de l 'Alliance Québec,
- 21:56puis c 'était une personne que j 'aimais beaucoup.
- 21:58que j 'estime beaucoup à ce jour encore. C 'est
- 22:00une personne... Donc, le soir même de ma défaite,
- 22:05on avait gagné le gouvernement, on avait gagné
- 22:07l 'élection, mais M. Bourassa avait perdu dans
- 22:09son comté, puis moi, j 'avais perdu dans Mercier.
- 22:12Puis, ce soir -là, j 'ai dit, le président canadien
- 22:15a déjà dit que si on avait plus de poètes en
- 22:19politique, la politique serait meilleure. Ce
- 22:21soir, j 'ai perdu contre un poète. Et, M ....
- 22:28Quand on était sur une tribune publique durant
- 22:30notre campagne, on se donnait des compliments.
- 22:34On ne se voyait pas comme des ennemis. On était
- 22:36les adversaires, mais on n 'était pas des ennemis.
- 22:38Donc, je me suis fait battre. Puis là, à ce moment
- 22:42-là, le gouvernement a pris le pouvoir. M. Bourassa
- 22:45était premier ministre, élu dans la comté de
- 22:49Saint -Laurent sans opposition. geste très magnénime
- 22:53de la part du chef d 'opposition, M. Pierre -Marc
- 22:56Johnson. Et là, M. Boisson m 'a demandé d 'être
- 22:59chef du Parti libéral du Québec. J 'ai été surpris
- 23:02puis j 'ai dit, écoutez, là, j 'ai dit... DG,
- 23:04ça, ouais. DG. Ouais, je suis le DG du Parti
- 23:07libéral du Québec. J 'ai été un peu surpris puis
- 23:09j 'ai dit, écoutez, mon passé étant ce qu 'il
- 23:12est, mes origines, ce qu 'ils sont, est -ce que
- 23:14je suis vraiment le meilleur candidat? Il dit,
- 23:16moi, je crois que oui. Puis il m 'a dit, j 'ai
- 23:21beaucoup confiance dans ton jugement puis il
- 23:24dit, j 'aimerais ça que tu acceptes. C 'est bien
- 23:26difficile de dire non, même si je savais qu 'il
- 23:28y avait d 'autres postes qui étaient prometteurs.
- 23:30comme le poste de chef de cabinet, dans des ministres.
- 23:33peut -être même pas sans fonction publique. Finalement,
- 23:36je ne peux pas dire non au chef du parti et au
- 23:39premier ministre en même temps. Donc, j 'ai accepté.
- 23:41Ça fait que Bourassa met un anglo d 'origine
- 23:44italienne directeur général du Parti libéral
- 23:46du Québec. Ça m 'a beaucoup aidé à comprendre
- 23:50davantage le Québec et de comprendre le PLQ,
- 23:53puis de comprendre l 'évolution du PLQ et l 'importance
- 23:57qu 'on doit associer à avoir une identité que
- 24:01les Québécois... francophones se sentent à l
- 24:04'aise avec. Puis, Bourassa était de ce nature
- 24:07-là. Ryan était encore dans le décor. Donc, je
- 24:10me sentais très à l 'aise. Puis, j 'ai beaucoup
- 24:12aimé. J 'ai été dégé du parti pendant près de
- 24:16deux ans. Et j 'ai été... À un moment donné,
- 24:21on a fini un congrès, ça a bien été, tout ça.
- 24:23Je me suis dit, peut -être qu 'on va prendre
- 24:24un nouveau défi. Puis, M. Bourassa et son chef
- 24:27de cabinet de l 'époque, Mario Bertrand, m 'ont
- 24:30demandé de devenir chef de cabinet à juin. ce
- 24:32n 'était pas ce qu 'il créait. Donc, ça aussi,
- 24:35j 'avais en fait réfléchi. Et finalement, j 'ai
- 24:37accepté. Puis là, j 'ai travaillé étoilement
- 24:39avec M. Bourassa, comme je le faisais comme chef
- 24:41de parti. Parce que M. Bourassa, quand j 'ai
- 24:43accepté comme chef de parti, il m 'a dit, et
- 24:45tu te rapportes à moi, tu ne passes pas par personne
- 24:47d 'autre, c 'est à moi. Et puis il dit, on va
- 24:49se parler une fois par semaine. Donc tous les
- 24:52samedis, j 'avais une conversation sur qu 'est
- 24:54-ce qui se passait au PLQ durant toute la semaine
- 24:56et qu 'est -ce qui s 'en venait. Donc au bout
- 24:58de la ligne, mon patron dès l 'élection de 1985,
- 25:03c 'était Robert Bourassa. Comme chef de cabinet
- 25:07joint, le chef de cabinet m 'a dit, écoute, tu
- 25:10parles direct à Robert. Il l 'appelait à Robert.
- 25:12Il dit, il parle direct. T 'as pas besoin de
- 25:14penser par moi, mais moi, évidemment, je respecte
- 25:16le chef de cabinet, puis je testais des affaires,
- 25:19puis il dit, pas le dire à Robert. Alors là,
- 25:22on a un gouvernement de l 'évêque qui, bon, comme
- 25:26vous l 'avez dit, est assez progressiste. Quand
- 25:29on fait la transition en 1995 vers le gouvernement
- 25:32de Bourassa, est -ce qu 'on est dans la... continuité
- 25:34de ce progressisme -là ou on est vraiment plus
- 25:36sur un gouvernement qui est axé sur l 'économie
- 25:38et le développement économique? C 'est une très
- 25:39bonne question, puis elle est très valable dans
- 25:42les circonstances. Oui, M. Brasset a axé sur
- 25:45l 'économie. Oui, l 'économie était la plus beauté.
- 25:49Mais on n 'était pas là pour le faire, l 'héritage
- 25:52du PQ. Le côté progressiste, même si on pouvait
- 25:55être en désaccord avec certaines politiques,
- 25:58avec certaines modalités dans une politique,
- 26:01on n 'était pas... on n 'avait pas pris l 'attitude
- 26:04de dire qu 'on revient à 1916 ou 1917, puis on
- 26:09continue comme s 'il n 'y avait pas eu une partie
- 26:11québécoise. Donc, on était très téléspectueux
- 26:14du fait que les gens ont voté pour ce parti -là,
- 26:16puis ce parti -là avait quand même un mandat
- 26:18assez clair, majoritairement. pour faire ce qu
- 26:20'il a fait. Donc, on a continué, mais c 'est
- 26:22clair que l 'économie était importante. M. Mulroney,
- 26:25qui était chef, qui était premier du Canada à
- 26:28l 'époque, lui, avait aussi la priorité sur la
- 26:31question du libre -échange avec les États -Unis.
- 26:34Donc, l 'économie était très importante. Puis,
- 26:36on commençait à parler de l 'environnement comme
- 26:37on n 'a peut -être pas parlé avant. Ça aussi,
- 26:41ça commençait à émerger comme un dossier important.
- 26:45Et il y avait toute la question de la course
- 26:47sociale qui, au bout de la ligne, avait... est
- 26:49terminé en échec. C 'est -à -dire le pétillement
- 26:52s 'est fait, mais sans le consentement du Québec.
- 26:54Donc, le Québec n 'était pas signataire. Donc,
- 26:57pour nous, c 'était un échec. M. Moroni le voyait
- 26:59aussi comme ça. Donc, lui a essayé de ramener
- 27:03le Québec dans l 'intérieur de la nouvelle construction,
- 27:06mais il fallait faire des concessions au Québec.
- 27:09Donc, finalement, ça a amené à des négociations
- 27:12pour l 'accord du Lac -Miche. Mais qui a initié
- 27:16ça? C 'est M. Moroni qui a décidé... M. Moroney
- 27:18a été à mon esprit parce que j 'étais au PLQ
- 27:23à l 'époque. Il était la personne qui voulait
- 27:27reconcilier le Québec dans le Canada. Puis M.
- 27:29Bourassa et M. Moroney s 'entendaient très bien
- 27:32sur le plan interpersonnel. Ils se connaissaient
- 27:34bien. Puis, M. Bourassa a été ouvert à cette
- 27:38idée -là et a commencé une négociation qui est
- 27:41terminée avec un consensus. Le seul problème,
- 27:44c 'est qu 'on avait jusqu 'à trois ans pour l
- 27:47'adopter comme un amendement à la Constitution.
- 27:50Puis, si on n 'avait pas eu les trois ans, on
- 27:52avait eu, mettons, trois mois ou même un an,
- 27:57Mitch aurait été adopté, Québec aurait signé
- 27:59la Constitution, puis on n 'aurait même pas la
- 28:00conversation qu 'on a aujourd 'hui. Mais ça a
- 28:04pris trois ans. puis il y a eu des changements
- 28:05de gouvernement. Il y a eu des changements au
- 28:07Nouveau -Brunswick où le premier ministre a remis
- 28:10en question l 'assignature de... Le Nouveau -Brunswick,
- 28:13je pensais, c 'était Frank Mekana qui disait
- 28:15que c 'était une de ses grandes erreurs de cette
- 28:17année. Puis il a remis en question l 'assignature
- 28:19de Richard Hadfield qui était son prédécesseur.
- 28:23Et il y a eu un nouveau premier ministre qui
- 28:25est arrivé en terre d 'oeuvre. Donc Brian Peckford
- 28:29qui était d 'accord a été remplacé par Clyde
- 28:32Wells. Et donc, t 'as deux premiers ministres
- 28:35qui étaient en désaccord. Donc, ça a amené à
- 28:39un effort de dernière minute, parce qu 'après
- 28:42que Mitch a été rejeté par ces premiers ministres
- 28:46-là, on a vu que Lucien Bouchard, qui était avec
- 28:50M. Mulvaney, a quitté. Le Bloc québécois, là.
- 28:53Ben, éventuellement, ça a écrit le Bloc québécois,
- 28:55ça. Donc, il a quitté. Et on était dans une situation
- 28:59où on a eu la dernière rencontre, les derniers
- 29:06jours avant l 'expiration des 300, d 'attente
- 29:12après Mitch de 1987, on était en juin 1990, et
- 29:19le vote était non. Puis c 'est là que M. Bourassa
- 29:21a fait son fameux discours qu 'on est libre de...
- 29:23C 'est ça, il a fait son discours que les gens
- 29:28jugent l 'historique et ça de... qui restera
- 29:32dans l 'histoire. Et donc Mitch, il y a eu l
- 29:38'échec de Mitch et après ça... J 'aimerais juste
- 29:40revenir rapidement sur Mitch, si vous permettez.
- 29:42Quand on s 'en va négocier Mitch avec le gouvernement
- 29:44fédéral, sur quoi est -ce qu 'on se base pour
- 29:48élaborer les... les demandes du Québec. Comment
- 29:52est -ce qu 'on a déterminé les fameux points
- 29:54de mission? C 'est sûr que le Parti libéral a
- 29:56eu un moisier dans ces affaires -là parce qu
- 29:59'à cause des différents congrès qu 'on avait
- 30:00puis des conseils généraux. Mais le gros du travail
- 30:05a été fait par le ministre responsable, qui était
- 30:07Gilles Remyard. Donc, il y a beaucoup de mérites
- 30:08qui doivent être donnés à l 'équipe gouvernementale
- 30:12qui était autour de M. Bourassa. Donc, c 'est
- 30:15clair que l 'identité du Québec était très importante.
- 30:20la protection de nos juridictions était très
- 30:22importante. Le consentement du Québec était essentiel.
- 30:28Puis donc, c 'est clair que Mitch n 'était pas
- 30:32prêt. On ne refaisait pas toute la condition,
- 30:37mais on avait des conditions, oui, je pense,
- 30:39cinq conditions, qu 'il fallait être rencontré
- 30:41pour qu 'on ait notre signature comme telle.
- 30:44Donc on était, ça avait fait de consensus. On
- 30:47semblait s 'en allier. définitivement. C 'est
- 30:50juste quand il y a eu les changements de gouvernement,
- 30:52puis M. Trudeau, Pierre Trudeau a été très influent.
- 30:56Il a milité contre, puis il y a eu de l 'influence
- 30:59autour de M. McKenna, puis il y a eu de l 'influence
- 31:02autour de M. Wells. Puis évidemment, il y a eu
- 31:06cet échec -là, que ça a duré. On était quand
- 31:08même quelques jours à Tawala. J 'étais dans mon
- 31:13rôle de... de chef de cabinet, puis j 'ai même
- 31:18interviewé dans certains dossiers pour avoir
- 31:20l 'accord de M. McKenna. McKenna s 'est rallié
- 31:24à la fin. Puis M. Wells s 'est pas rallié, mais
- 31:29s 'est pas dit qu 'il était à compte. Il s 'est
- 31:31dit, je vais laisser un vote libre. Au bout de
- 31:34la ligne, j 'ai parlé avec ces gens dans son
- 31:35entourage. J 'avais un espoir mince, mais j 'avais
- 31:39un espoir que ça pouvait passer, puis ça n 'a
- 31:41pas passé. Puis, qu 'est -ce qui est arrivé,
- 31:43c 'est que le minotaube n 'a pas voté aussi,
- 31:50à cause du fait que Elijah Harper, qui était
- 31:53un élu, de la Première Nation, est à compte.
- 31:56Donc, au bout de la ligne, on a eu l 'échec.
- 31:59Après ça, l 'emphase, c 'est verrer sur éventuellement
- 32:04qu 'est -ce qui était l 'accord de Charlottetown.
- 32:06Et là, j 'étais très... C 'est le Québec qui
- 32:07va décompte. Oui, pas juste le Québec. Charlottetown,
- 32:12la majorité du Québec en va décompte, mais il
- 32:16y a eu aussi la majorité du reste du Canada comme
- 32:18telle. Mais ça l 'a empêché essentiellement la
- 32:24briseur de la scission comme telle. Mais c 'est
- 32:27sûr que c 'était pas, on était loin d 'une réconciliation,
- 32:31puis on était loin de ce que Mitch nous a rapporté.
- 32:34Oui, parce que là, rapatriement unilatéral de
- 32:37la constitution en 1982. ouverture du gouvernement
- 32:41Moroni à son arrivée en poste pour négocier Meech
- 32:45et après ça, suite à l 'échec de Meech -Charlottetown,
- 32:48ça ne fonctionne pas. Ce qui est intéressant
- 32:52avec cette période -là, c 'est que du côté fédéraliste,
- 32:57on dit, regardez... Tu sais, à quel point il
- 33:00était un nationalisme profond, M. Bourassa, il
- 33:03a même menacé de faire un référendum. Puis du
- 33:05côté souverainiste, on dit, regardez comment
- 33:07il était malhonnête, il n 'a pas fait le référendum,
- 33:09on aurait gagné. Moi, je lis justement, Jean
- 33:12-François Lisier a fait le livre Le Tricheur
- 33:13où il reproche beaucoup à M. Bourassa de ne pas
- 33:16avoir fait de référendum. Est -ce qu 'à votre
- 33:20connaissance, à votre sens, M. Bourassa a réellement,
- 33:24à un moment donné, considéré faire la souveraineté
- 33:26qu 'il avait? À ma connaissance, non. Moi, je
- 33:29pense... Moi, j 'ai décrit M. Bourassa avec toutes
- 33:31mes conversations que j 'ai eu privées avec lui.
- 33:33J 'ai eu des très bonnes conversations. On est
- 33:36devenus amis, surtout avec la maladie. Ça, là,
- 33:39il y avait des cons... des... Comment je dis,
- 33:43là, des demandes de sa part. pour aider le gouvernement
- 33:49à rester intact, tout ça, puis on a eu des grosses
- 33:52conversations. Moi, je décris M. Bourassa pas
- 33:54comme un fédéraliste émotif, je le décris comme
- 33:57un fédéraliste logique. Pour lui, c 'est pas
- 34:00le drapeau, l 'unifolié, c 'est pas, comment
- 34:04je dirais, là... les montagnes rocheuses qui
- 34:08l 'emballassent, c 'était que pour lui, l 'union
- 34:11économique était essentielle et que le Québec
- 34:13ait son mot à dire, c 'était essentiel, et que
- 34:15le Québec puisse avoir le respect de ses juridictions,
- 34:19c 'est très important. Donc, il était vraiment
- 34:21un fédéraliste. Est -ce qu 'il avait un côté
- 34:24nationaliste? Je dirais que oui, mais c 'était
- 34:27pas un nationaliste enragé de symboles. C 'est
- 34:32une personne qui croyait beaucoup à l 'identité
- 34:34québécoise. ou à l 'importance français. Donc
- 34:39il y avait toutes les qualités d 'un nationalisme.
- 34:42dans son esprit à lui, il était beaucoup plus
- 34:45en faveur d 'une union économique et politique
- 34:48où le Québec aurait son mot à dire et essentiellement
- 34:54un veto dans le processus aussi. Donc, moi, je
- 34:58me sentais très à l 'aise avec sa défense, M.
- 35:00Ryan aussi, puis le PLQ l 'était aussi, puis
- 35:03c 'est malheureux qu 'on a raté cette occasion
- 35:06-là. Et évidemment, les choses ont changé. M.
- 35:10Brosset, évidemment... qui luttait contre une
- 35:12maladie, qui s 'est recédé essentiellement de
- 35:18la politique. Son successeur, Daniel Johnson,
- 35:22a quand même fait une bonne campagne, mais on
- 35:24avait quand même commencé le jeu du pouvoir,
- 35:27comme on dit, puis on s 'est fait battre par
- 35:30M. Parisot, qui lui était très clairement en
- 35:32faveur de la... de faire le référendum sur la
- 35:36souveraineté. Mais avant qu 'on aille vers M.
- 35:39Parizeau, je m 'assure de venir un peu sur Meech,
- 35:40si vous permettez. Bon, Bourassa, visiblement,
- 35:44c 'est son gouvernement qui l 'a négocié, fait
- 35:46que j 'imagine être en accord avec ça. Oui. C
- 35:48'est quoi la réceptivité du mouvement souverainiste
- 35:51par rapport à Meech? Parce que souvent, ce que
- 35:53les souverainistes mettent de l 'avant, c 'est
- 35:54le fait que, bon, on ne peut pas faire d 'entente
- 35:56avec le fédéral, c 'est impossible. Il y en avait
- 35:58une entente. Comment est -ce que les souverainistes
- 36:00ont réagi à Meech? C 'est une très bonne question.
- 36:07Je peux pas dire que des souverainistes m 'auraient
- 36:10confié que si ça passe, on peut vivre avec. Non,
- 36:14moi, je pense que pour les souverainistes, j
- 36:17'ai pu connaître, tout le fait que c 'était vraiment
- 36:19pas... C 'était passé. C 'était passé. Et ça...
- 36:23Ça consolidait le Québec dans le Canada et ce
- 36:28n 'était pas l 'objectif qu 'ils avaient. Donc
- 36:29moi, j 'ai beaucoup de respect pour... j 'ai
- 36:31beaucoup d 'amis qui sont dans le camp souverainiste
- 36:33puis j 'ai toujours eu du respect pour leur conviction.
- 36:37Je ne le partage pas, mais... J 'ai venu à connaître
- 36:43tous les chefs du Parti québécois, puis je n
- 36:47'avais pas en doute la sincérité de leur engagement,
- 36:50mais c 'était clair que Beach aurait fait du
- 36:54temps. Il n 'y a pas de doute. Il n 'y a aucun
- 36:56doute. On n 'aurait pas eu le référendum de 95
- 36:58qui est terminé quasiment à match nul, puis on
- 37:02n 'aurait pas eu... la continuité de la division,
- 37:05parce que l 'échec de Mitch a été vu comme un
- 37:09rejet du Québec. Ajoutons ça, le patrimoine était
- 37:14quelques années avant. C 'était clair que puis
- 37:17après ça, il y a eu Charlottetown qui, même si
- 37:20Charlottetown était non seulement rejeté par
- 37:22le Québec, mais dans l 'ensemble, il y a eu un
- 37:24rejet, même si sur le fond, Charlottetown était
- 37:27peut -être plus... généreux au Québec, mais c
- 37:31'était pas ça. Le monde voyait ça comme... Daniel
- 37:33Johnson appelait ça comme une pizza hors -dresse.
- 37:35C 'était pas juste le Québec, c 'était avec un
- 37:37peu l 'Alberta. Il y avait des affaires pour
- 37:39les Premières Nations, l 'Alberta, le Sénat,
- 37:42la réforme du Sénat, c 'était trop. Puis c 'était
- 37:44eux pour absorber tout ça. Comme ça, le reste
- 37:46du Canada a eu de la misère, puis nous, on a
- 37:48eu de la misère. Donc il y avait trois échecs.
- 37:51Le repétitement unilatéral, l 'échec de Mitch,
- 37:55l 'échec de Charlottetown. C 'était clair que...
- 37:58le 60 -40 qu 'on avait en 1980 n 'existait plus.
- 38:03Puis on s 'est réveillé avec une situation que
- 38:05le PQ a plus le pouvoir. Le référendum était
- 38:09quand même assez serré. peut -être plus sérieux
- 38:12que ce qui était privé à l 'époque, mais nous,
- 38:15on pense à qu 'on gagnait de toute façon. On
- 38:17est assez confiants. J 'ai pensé la soirée à
- 38:24la télévision, à Radio -Canada, pour faire des
- 38:25analyses, puis j 'avais parlé avec notre sondeur
- 38:28avant, puis j 'ai été sur l 'impression qu 'on
- 38:30gagnerait le référendum dans le 52 -53. M. Bourassa
- 38:34était dans la même optique. On s 'est parlé la
- 38:39veille, puis c 'était beaucoup plus célé que
- 38:41l 'on pensait. Alors, échec de Meech et de Charlottetown,
- 38:48puis tu sais, j 'imagine, c 'est un peu ça le
- 38:50problème avec des négociations constitutionnelles,
- 38:51c 'est que... Il y a toujours une frange de la
- 38:54population. Il y en a, je pense que la souveraineté,
- 38:56c 'est la seule option. La souveraineté en tant
- 38:58que telle est une fin. Un certain nombre de nationalistes,
- 39:01je pense, ça ne sera jamais assez. Peu importe
- 39:04ce qu 'on va aller chercher. Tant qu 'on reste
- 39:06dans le Canada, ça ne sera quasiment jamais assez.
- 39:08Mais il y a quand même une bonne portion de nationalistes
- 39:11et des fédéralistes qui auraient été satisfaits
- 39:13avec Meech. Malheureusement, ça ne fonctionne
- 39:15pas. Référendum de 95, très, très, très serré.
- 39:21Quel est l 'état d 'esprit des gens au Parti
- 39:24libéral du Québec suite au référendum de 95?
- 39:30Bien, je pense que nous autres, il y avait le
- 39:33rapport à l 'air qui était devenu la nouvelle
- 39:36position du parti. Puis les gens, même avec le
- 39:40rapport à l 'air, sont reliés quand même à Charlottetown,
- 39:43comme tel. Donc, il y avait sûrement des gens
- 39:45qui n 'avaient pas la confiance qu 'on pouvait
- 39:49trouver une solution. Et ceux qui n 'avaient
- 39:51pas confiance, soit qui allaient à l 'État de
- 39:54milité ou ils ont changé pour aller vers la souveraineté.
- 40:00restait quand même assez fidèle à l 'héritage
- 40:03qu 'on avait du parti. Puis moi, quand je parle
- 40:07de l 'héritage, je pense surtout à partir de
- 40:10la révolution tranquille, en passant par le livre
- 40:13beige de M. Ryan puis les efforts de M. Bourassa
- 40:16à faire la modification de la constitution. Il
- 40:19y a aussi la charte de Victoria qu 'on n 'a pas
- 40:21parlé parce que ça, c 'est dans Bourassa 1. Donc,
- 40:25on restait toujours en faveur de refaire la constitution.
- 40:29ou du moins de trouver une solution pour que
- 40:31le Québec puisse adhérer. Donc, je peux pas dire
- 40:34que le Parti libéral est en train de vivre une
- 40:37question de disparition comme telle. Puis on
- 40:43était... On voyait... Le discours de M. Parizeau
- 40:48était beaucoup moins souveraineté -association,
- 40:50il était beaucoup plus souveraineté. C 'est une
- 40:53rupture. Donc ça, ça nous a rallié, puis c 'est
- 40:55pour ça qu 'à un moment donné, M. Johnson a choisi
- 40:58de se retirer de la politique après sa défaite,
- 41:00même si c 'était pas une grosse défaite. Il y
- 41:03a eu une bonne campagne contre M. Parizeau. Et
- 41:06le parti s 'est allié envers une personne qui
- 41:08venait du fédéral. qui était Jean Charlet. Moi,
- 41:13je dis toujours qu 'il ne faut jamais oublier
- 41:15qu 'il venait du Parti conservateur, puis c 'était
- 41:17un héritier de Brian Mulroney, il venait pas
- 41:19du PLC, puis il venait pas avec... le bagage
- 41:23du PLC. Donc, il est rentré avec le parti, puis
- 41:27il a perdu l 'élection, mais il a gagné le vote
- 41:30populaire. Donc, il a eu, comme on dit, une deuxième
- 41:35chance. Puis éventuellement, il a gagné le pouvoir,
- 41:38puis le monde commence à regarder ailleurs pour...
- 41:43la gestion de l 'État québécois. On n 'était
- 41:45plus dans un beat référendaire. Puis même aujourd
- 41:49'hui, je ne pense pas qu 'on est dans un beat
- 41:50référendaire comme j 'ai connu dans le passé.
- 41:52Moi, j 'ai connu les années 60, des dix, excusez
- 41:56-moi, les années 60, j 'ai connu les années 80,
- 41:58puis évidemment, j 'ai connu les années 80 et
- 42:00dix. Mais je peux vous dire que en ce moment,
- 42:05on n 'a pas la même... des polarisations qu 'on
- 42:09avait, disons, dans ces années que je viens de
- 42:13mentionner. Oui, parce que ce qui est particulier,
- 42:14puis moi, j 'étais très jeune en 95, c 'est trop
- 42:17jeune pour suivre la politique, je n 'étais pas
- 42:19là en 1980, mais j 'ai l 'impression qu 'actuellement,
- 42:23le débat sur la souveraineté est comme un peu
- 42:25imposé à l 'électorat. Ce n 'est pas quelque
- 42:28chose qui émane du peuple, si je peux dire comme
- 42:30ça. C 'est vraiment, on est souverainiste, le
- 42:32Parti Québécois particulièrement, qui est comme,
- 42:33ben c 'est important, on veut un référendum.
- 42:35Je pense qu 'il y a une crainte qu 'à cause du
- 42:39portrait démographique, éventuellement, les chiffres
- 42:41de la souveraineté vont baisser. Fait que là,
- 42:44on dit qu 'il faut qu 'on le fasse tout de suite,
- 42:45même qu 'il soit trop tard. Mais j 'ai des gens
- 42:48qu 'on croise dans la rue au quotidien qui sont
- 42:51comme, oui, moi, ce qui est prioritaire pour
- 42:52moi, c 'est la souveraineté. Je pense pas qu
- 42:54'on est là. J 'imagine que suite à Mead puis
- 42:56à Charlottetown, il y avait une certaine effervescence
- 42:59souverainiste à l 'époque. Oui, parce que c 'était
- 43:03essentiellement très émotif parce qu 'il y a
- 43:05eu des efforts puis il y a eu des échecs. Puis
- 43:08les échecs étaient souvent interprétés comme
- 43:11des échecs contre le Québec en soi. Donc, c 'est
- 43:17sûr que ça s 'est ressenti. Puis le référendum
- 43:20de 95, qu 'on le veille ou qu 'on ne le veille
- 43:22pas, a refléter cette polarisation puis ce sentiment
- 43:27-là, qui est moins le cas en ce moment. Puis
- 43:29il faut dire qu 'on est dans une situation où...
- 43:33l 'économie a changé, la dynamique géopolitique
- 43:38a changé. L 'arrivée de Donald Trump a différé
- 43:42avec les référendums qu 'on a eu dans le passé.
- 43:46Ce qu 'il y a eu quand même dans le référendum
- 43:48de 1980, il y avait Jimmy Carter qui était premier
- 43:55ministre, président des États -Unis, puis il
- 43:59était en élection contre Reagan. Après ça, on
- 44:02a vu Clinton dans une autre période où lui a
- 44:06ouvertement dit qu 'il souhaitait que le Canada
- 44:08reste intact, comme d 'ailleurs Carter l 'avait
- 44:10souhaité. Mais là, on a une situation où on a
- 44:13un président qui veut nous vous avoir, peut -être
- 44:15comme 51e État, puis nous considère qu 'on existe
- 44:19à cause de lui, qu 'on n 'est pas... on n 'existera
- 44:23pas si c 'était pas les États -Unis. Donc, c
- 44:25'est clair que la situation a changé, comme tel.
- 44:29Puis, en même temps, bien, le Québec a eu du
- 44:31progrès. Le monde pense que les échecs, c 'est
- 44:34comme le Québec, il n 'a jamais fait des gains
- 44:36dans la fédération canadienne. Le Québec a quand
- 44:39même eu une entente sur l 'immigration qui s
- 44:41'est faite suite à l 'échec de Miche, qui nous
- 44:44donne plus de pouvoir que d 'autres provinces.
- 44:47On a quand même un profil à l 'international
- 44:49qu 'à personne d 'autre. On a 34... dans le monde.
- 44:54Il n 'y a pas un État qui a ça, puis on en a
- 44:5610 aux États -Unis. C 'est pas une petite affaire,
- 44:58là, t'sais. Puis on a réussi à poser des gestes
- 45:06sur des différents programmes qui nous donnent
- 45:08une certaine autonomie. Donc, c 'est pas comme
- 45:09si c 'était un échec complet. Est -ce qu 'on
- 45:13a réussi à corriger les trois situations que
- 45:18nous avons vécues, là, le patrimoine littéral,
- 45:21la cause... je pourrais essayer de le réconcilier.
- 45:24Et Charlotte Tank, qui était un autre élément...
- 45:26La réponse courte, c 'est ça? Non, on ne l 'a
- 45:28pas faite. Ça restera toujours des échecs. Mais
- 45:33idéalement, si j 'avais à refaire l 'histoire,
- 45:35c 'est que quand le référendum est terminé, on
- 45:37pense à d 'autres choses, puis on voit qui va
- 45:39donner le gouvernement du Québec. Et si ça avait
- 45:42été M. Ryan, est -ce qu 'on aurait été dans un
- 45:47remédiement, le repartiment de la construction...
- 45:50Je ne sais pas. Ça, ça, là, on rentre dans la
- 45:53politique fiction. Alors, gain du jusqu 'en du
- 45:59non en 95, gouvernement péquiste, on a M. Bouchard,
- 46:07M. Landry, élection où on élit un gouvernement
- 46:11libéral avec Jean Charest. Après avoir gagné
- 46:14le vote populaire à l 'élection d 'avant, là,
- 46:16on gagne également la majorité des sièges. Est
- 46:19-ce qu 'on peut dire que l 'ensemble des Québécois
- 46:21sont dans un mindset post -référendaire, on passe
- 46:25à autre chose, on commence à plus discuter de
- 46:29notre vie quotidienne, puis on laisse un peu
- 46:31les questions de constitutionnel de côté? Les
- 46:34questions constitutionnelles se paraîtront jamais.
- 46:36Il ne faut pas vivre dans une forme de politique
- 46:40fiction, comme vous avez employé le terme il
- 46:42y a quelques instants. Il reste toujours des
- 46:45gens qui vont sentir que le Canada doit démontrer
- 46:49une façon... pour sécuriser les Québécois à l
- 46:54'intérieur du Canada. Ça, ça ne se paraîtra jamais.
- 46:56Est -ce que c 'est en montée? On vit dans un
- 47:00autre monde en ce moment. On vit dans un monde
- 47:02qui est beaucoup plus compliqué qu 'il a été.
- 47:07Donc, c 'est clair que les Québécois, les problèmes
- 47:10d 'abordabilité sont aussi importants pour eux
- 47:13autres qu 'ils sont pour le... qu 'on élit avec
- 47:16les États -Unis, c 'est la grande question, c
- 47:18'est la portabilité, la affordabilité, comme
- 47:20ils disent en anglais. Le Québec n 'est pas exclu
- 47:24de ça, puis le Québec n 'est pas exclu de avoir
- 47:27l 'espoir pour faire avancer les choses. C 'est
- 47:30sûr qu 'on ne veut pas que le français disparaît,
- 47:32puis c 'est sûr qu 'on ne veut pas que le français...
- 47:35l 'importance soit réduite, puis il faut travailler
- 47:40en conséquence. Mais moi, je pense qu 'on peut
- 47:42vivre facilement. L 'Amérique du Nord, qu 'on
- 47:46le veuille ou qu 'on ne le veuille pas, géographiquement,
- 47:48puis c 'est le président canadien qui l 'a bien
- 47:49décrit, la géographie a fait de nous des voisins
- 47:53avec les États -Unis, l 'économie a fait de nous
- 47:56des partenaires, l 'histoire a fait de nous des
- 47:58amis, puis la nécessité a fait de nous des alliés.
- 48:01Donc, on le veuille ou on ne le veuille pas,
- 48:02le Québec a fait partie de cette dynamique -là
- 48:06nord -américaine. Donc, moi, je continue à penser
- 48:08que le Québec veille du changement à l 'intérieur
- 48:11de la Fédération canadienne, mais... le Québec
- 48:15a été un créateur du Canada d 'aujourd 'hui.
- 48:18Le Québec, c 'est pas... On a pas été forcés
- 48:21de faire des choses. On a influencé beaucoup
- 48:23le système au fil des années. Est -ce qu 'on
- 48:26a atteint, qu 'est -ce qu 'on aurait souhaité
- 48:27atteindre? La réponse courte, c 'est non. Est
- 48:30-ce qu 'on a fait des progrès? La réponse courte,
- 48:32c 'est oui. Est -ce qu 'on peut faire mieux?
- 48:34Moi, je suis ceux qui croient qu 'on peut faire
- 48:37mieux, mais on a quand même fait des progrès
- 48:41dans le passé. faire pour l 'avenir. Mais c 'est
- 48:45clair que la population va avoir le rendez -vous
- 48:47électoral à l 'automne de 2026, qui auront peut
- 48:52-être des choix à faire. Et plusieurs analystes,
- 48:56je pense qu 'un désaccord parmi les analystes
- 48:59politiques, il y en a qui vont regarder l 'ère
- 49:01Charest et la Couillard et dire que c 'est un
- 49:05peu une parenthèse dans l 'histoire du Parti
- 49:07libéral et que c 'était... C 'est une direction
- 49:10différente. Est -ce que vous, pour avoir connu
- 49:12M. Bourassa, pour avoir connu M. Ryan, pour avoir
- 49:15connu M. Johnson, est -ce que vous pensez que
- 49:17idéologiquement parlant les aires Charest et
- 49:21Couillard étaient en lien avec un peu la même
- 49:24idéologie pour le Parti libéral historique? Une
- 49:26très bonne question. Je dirais que dans le cas
- 49:29de M. Charest, le conseil de la fédération, c
- 49:32'est un pas dans la bonne direction. Ça, c 'est
- 49:34important. Puis le Québec a été l 'initiateur
- 49:37du conseil de la fédération. Donc moi, je pense
- 49:40que sur ce point -là, puis le profil... international
- 49:44du Québec, largement d 'arrière, a influencé
- 49:50M. Harper à faire une entente éventuelle avec
- 49:53l 'Europe. Je dirais que ça, c 'est dans la lignée
- 49:56que M. Borassa aurait endossé s 'il était parmi
- 49:59nous. M. Couillard a essentiellement... beaucoup
- 50:05d 'austérité, puis beaucoup de la gestion des
- 50:10finances publiques. Et là aussi, M. Bourassa,
- 50:13ça a ressenti à l 'aise avec ça. Donc, moi, je
- 50:17peux pas dire que les deux successeurs ont renié
- 50:21l 'héritage de M. Bourassa. Puis moi, je me permets
- 50:25de parler aussi de la part de M. Ryan, ça. C
- 50:30'est juste que la situation a évolué. Mais le
- 50:36PLQ a un défi devant lui. C 'est de rester fidèle
- 50:42à ses principes de base. Et ça, ça inclut un
- 50:47certain nationalisme, justice sociale, progrès
- 50:51économique et une affirmation de notre identité
- 50:56à travers du Canada. Ça, ça reste là. Puis moi,
- 51:00je dirais que... que la situation des années
- 51:0570, 80 et 90 ne sont plus les mêmes qu 'elles
- 51:09étaient. Ça, c 'est un fait qu 'on voit. Mais
- 51:13le PLQ a définitivement un défi de rester autonome.
- 51:19tout ce qui peut être le Parti libéral canadien
- 51:22est un défi de rester très collé sur les réalités
- 51:26de la population québécoise et d 'être à l 'écoute
- 51:29et de voir que le nationalisme, l 'autonomisme
- 51:34et l 'affirmation du Québec à l 'intérieur du
- 51:38Canada, c 'est pas incompétible. Oui, puis je
- 51:41pense qu 'un des défis que le Parti libéral a,
- 51:44puis aura toujours, c 'est... de, tu sais, les
- 51:48fameuses valeurs que M. Ryan a écrit, puis je
- 51:50pense qu 'ils sont encore très très d 'actualité.
- 51:55Mais oui, l 'appartenance canadienne, l 'allégeance
- 51:57au Québec. Mais la défense des libertés individuelles,
- 52:02je pense que c 'est central. Puis oui, des fois,
- 52:05c 'est plus difficile de vendre ça à un public
- 52:08conservateur très, très identitaire. Mais tu
- 52:12sais, ça fait fondamentalement partie de qui
- 52:14on est comme parti. En effet, puis tu sais, je
- 52:17reprends le symbole dans mes mains. Ça a changé
- 52:20beaucoup, ça. Quand tu parlais tantôt des années
- 52:2470, 80, on n 'avait pas ça. Il y a des niquettes
- 52:28à la base, ça commence à l 'internet. Personne
- 52:31ne parlait de X, personne n 'a utilisé le mot
- 52:35« tweet », ça n 'existait même pas ce mot -là.
- 52:37Les médias sociaux ont un rôle beaucoup à jouer.
- 52:43Les médias à l 'époque, c 'était surtout les
- 52:46médias d 'information avec la possibilité d 'avoir
- 52:49des discussions d 'opinion. Aujourd 'hui, on
- 52:52regarde la télévision, c 'est des panels, un
- 52:54après l 'autre, à l 'heure d 'actualité, régulièrement.
- 52:58Donc, on est dans le... On est dans l 'opinion.
- 53:01Au Québec en ce moment, moi, je ne peux pas passer
- 53:04une soirée que la première nouvelle en français,
- 53:08ça touche Donald Trump, la première ou la deuxième.
- 53:11On ne parlait pas de Clinton, on ne parlait pas
- 53:14de Reagan, on ne parlait pas de Carter ou de
- 53:18cette façon -là ou de Kennedy. Je veux dire à
- 53:20moi qu 'il y avait une tragédie comme un assassinat.
- 53:23Donc, on est dans une situation qui est différente
- 53:25comme telle. Donc, moi, je pense que les gens
- 53:29vont à l 'école, les gens sont exposés à prendre
- 53:34des cours de façon différente qu 'ils étaient
- 53:36dans le temps que moi, j 'étais étudiant. Donc,
- 53:39on est dans une situation où on ne peut pas prendre
- 53:43les événements des années 60 sans les dire, c
- 53:45'est 80, puis les projeter pour que ça va être
- 53:48dans 10 ans ou non. Mais une chose est certaine,
- 53:51le Québec peut être... très fier de sa démocratie,
- 53:54peut être très fier de ses efforts. Puis oui,
- 53:57il y a eu des échecs, mais il y a eu aussi du
- 53:59succès. Puis moi, personnellement, je suis très
- 54:02fier parce que j 'ai... J 'ai essentiellement
- 54:08fait une partie de ma carrière comme anglophone,
- 54:11puis j 'ai en grande partie, majoritairement,
- 54:14le fait comme un francophile. Et je suis très
- 54:18fier de dire que je peux collaborer avec des
- 54:21gens, comme je suis co -président de la Fondation
- 54:24de la langue française. Et la personne qui m
- 54:27'a recruté pour faire ça, c 'était Pauline Marois.
- 54:30Puis j 'ai gardé mes relations avec des personnes,
- 54:33même si politiquement on n 'est pas du même avis,
- 54:37qui sont de l 'autre côté de... la Chambre, comme
- 54:40on dit. Mais moi, je suis très fier du Québec.
- 54:43Je suis très fier d 'avoir eu l 'occasion, d
- 54:46'avoir l 'honneur de participer dans les grands
- 54:50débats qu 'on a eus. Et je me suis toujours senti
- 54:53comme part entière, pas comme une personne qui
- 54:57est différente des autres. Ça dit beaucoup sur
- 54:59le Québec. Donc, moi, je reste optimiste, sans
- 55:04être jovialiste. Merci beaucoup, M. Parizade,
- 55:07pour votre temps. Ça me fait plaisir. Merci.
- 55:09Merci d 'avoir été avec nous. Si vous avez aimé
- 55:11l 'épisode, abonnez -vous, laissez -nous vos
- 55:12commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 55:14À la semaine prochaine!