Latest / 7H40 Martin Buxant / Charlotte de Montpellier, économiste senior chez ING Belgique
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- 0:00Speaker 2: Bonjour Charlotte de Montpellier. Bonjour. Vous êtes l'économiste senior chez
- 0:03Speaker 2: ING Belgique qui est face à Buxan ce matin.
- 0:05Speaker 3: L'invité Bel RTL face à Buxan.
- 0:09Speaker 4: Vous voyez Charlotte de Montpellier, on nous alerte depuis des
- 0:11Speaker 4: années sur les finances publiques, mais les pensions elles sont versées,
- 0:14Speaker 4: les services en Belgique ils continuent de fonctionner. Alors qu'est-ce
- 0:17Speaker 4: qui doit nous faire prendre cette alerte au sérieux aujourd'hui
- 0:21Speaker 3: Simplement, les montants de la dette et du déficit du
- 0:25Speaker 3: trou budgétaire annuel ne font qu'augmenter. On est à 33
- 0:28Speaker 3: milliards cette année. Si ça continue comme ça, sans modification,
- 0:33Speaker 3: on arrive à 45-47 milliards en 2030. Donc en fait,
- 0:36Speaker 3: ça ne fait qu'augmenter. Pourquoi? parce que nous sommes dans
- 0:39Speaker 3: un pays où la population vieillit et donc il y
- 0:41Speaker 3: a effectivement de plus en plus de dépenses qui sont récurrentes,
- 0:44Speaker 3: incrustées et dont on ne peut pas se passer. Et
- 0:48Speaker 3: donc finalement, c'est un peu une boule de neige. Ça
- 0:50Speaker 3: se complique de jour en jour. On rajoute à ça
- 0:53Speaker 3: un contexte défavorable en termes de financement, de taux d'intérêt.
- 0:57Speaker 3: Quand on veut emprunter de l'argent, ça coûte beaucoup plus
- 0:59Speaker 3: cher qu'il y a un an. Eh bien, tout ça
- 1:00Speaker 3: mis ensemble, ça crée un trou budgétaire de plus en
- 1:03Speaker 3: plus important. Donc, c'est la catastrophe
- 1:05Speaker 4: qu'on ne peut plus attendre? Je
- 1:07Speaker 3: ne dirais pas que c'est la catastrophe. On n'est pas
- 1:09Speaker 3: au bord de la faillite, mais effectivement, on ne peut
- 1:11Speaker 3: plus attendre parce qu'on sait que ce trou budgétaire, il
- 1:14Speaker 3: devient un fardeau de plus en plus lourd. Et si
- 1:16Speaker 3: on ne fait rien maintenant, ça s'envenime et ça devient
- 1:19Speaker 3: encore plus compliqué dans le futur.
- 1:21Speaker 4: Hier soir, le président du mouvement réformateur, Georges-Louis Boucher, il
- 1:23Speaker 4: comparait notre État, l'État à un ménage, dit-il, qui accumule
- 1:26Speaker 4: les crédits. Jusqu'où cette comparaison était-elle exacte
- 1:29Speaker 3: Alors, il faut être clair, ce n'est pas tout à
- 1:31Speaker 3: fait la même chose dans la mesure où l'État, contrairement
- 1:34Speaker 3: à un ménage, ne doit jamais rembourser complètement la dette.
- 1:36Speaker 3: Tant qu'il y a quelqu'un qui veut bien continuer à prêter,
- 1:39Speaker 3: en fait, l'État fait rouler la dette. Donc, quand la
- 1:41Speaker 3: dette d'avant arrive à échéance, au lieu de rembourser,
- 1:44Speaker 2: on
- 1:44Speaker 3: réemprunte à nouveau. Et c'est ça qui est compliqué dans
- 1:46Speaker 3: le contexte actuel parce qu'on a de la dette ancienne
- 1:49Speaker 3: qui arrive à échéance et on a encore un trou. Donc,
- 1:51Speaker 3: on doit s'endetter de façon supplémentaire. Et ce trou, plus
- 1:55Speaker 3: la dette qui arrive à échéance, on l'emprunte plus cher.
- 1:58Speaker 3: Et donc, finalement, le poids...
- 2:00Speaker 4: On a un sac à dos de dette qui devient
- 2:01Speaker 4: de plus en plus lourd, si je vous résume. Alors, hier,
- 2:04Speaker 4: Georges Louis Boucher présentait ses 10 milliards d'économies budgétaires à
- 2:07Speaker 4: faire comme moins de 3%, dit-il, des dépenses publiques. Et finalement,
- 2:11Speaker 4: il dit, c'est pas si grave, finalement. C'est pas la...
- 2:14Speaker 4: Ce n'est pas dramatique. Vous êtes d'accord avec lui là-dessus
- 2:16Speaker 3: Alors, c'est vrai que c'est 3% les dépenses publiques. Il
- 2:18Speaker 3: faut être clair, quand on ne fait rien, les dépenses publiques,
- 2:21Speaker 3: chaque année, elles augmentent. Simplement en euros, mais aussi parce
- 2:24Speaker 3: qu'on a une population qui vieillit. Et donc, fatalement, on
- 2:26Speaker 3: a le poids des pensions, le poids des soins de
- 2:28Speaker 3: santé ne fait qu'augmenter. Donc, dire que... On réduit 3%,
- 2:32Speaker 3: c'est si facile, alors que tendanciellement, on est à la hausse,
- 2:35Speaker 3: ce n'est pas aussi clair. Ça ne veut pas dire
- 2:37Speaker 3: non plus que l'effort est gigantesque, mais on ne peut
- 2:40Speaker 3: pas dire que ça se fera sans conséquence. Il faut
- 2:43Speaker 3: être clair, on va ressentir cet effort budgétaire. Alors,
- 2:45Speaker 4: on dit moins de dépenses publiques, moins d'impôts sur le
- 2:47Speaker 4: travail aussi, dit-il, et des travailleurs épargnés. Ça, c'est une
- 2:50Speaker 4: équation qui tient, ça
- 2:51Speaker 3: Alors, évidemment, on peut toujours vouloir réduire les dépenses qui
- 2:58Speaker 3: font le moins souffrir. Mais il faut être bien clair,
- 3:00Speaker 3: à l'heure actuelle, on a une situation excessivement difficile qui
- 3:03Speaker 3: est causée par le fait qu'on n'a plus de croissance
- 3:04Speaker 3: depuis des années. Donc, on est dans une économie où
- 3:07Speaker 3: le moteur est en panne. Et donc, effectivement, dire, voilà,
- 3:10Speaker 3: on va savoir aujourd'hui relancer la croissance en baissant certains
- 3:14Speaker 3: impôts et en même temps faire les économies suffisantes Pour
- 3:18Speaker 3: combler le trou, ça ne va pas être possible. Ça coince.
- 3:20Speaker 3: Le problème, c'est que quand on veut relancer la croissance
- 3:22Speaker 3: via des réductions des dépenses publiques, eh bien, on engendre
- 3:26Speaker 3: un nouveau trou qu'on doit lui-même boucher. Et donc, finalement,
- 3:29Speaker 3: ce trou à combler, eh bien, vient s'indiciner aux autres trous.
- 3:33Speaker 3: Et finalement, on va quand même avoir un impact sur
- 3:36Speaker 3: la croissance parce qu'on est bien obligé de réduire d'autres dépenses.
- 3:38Speaker 3: On
- 3:38Speaker 4: handicap la croissance qu'on voudrait relancer, si j'essaie
- 3:40Speaker 3: de vous résumer. Voilà, alors, évidemment, si on avait... Voilà,
- 3:43Speaker 3: si on avait, il y a dix ans, pensé, on
- 3:45Speaker 3: veut relancer l'économie, on aurait pu. Mais maintenant, c'est un
- 3:47Speaker 3: peu tard.
- 3:48Speaker 4: Oui, alors justement, l'économiste Roland Gillet, hier, il nous parlait
- 3:50Speaker 4: de l'exemple espagnol. Certains disent que les Grecs ont remis
- 3:54Speaker 4: aussi leurs finances publiques en ordre. Vous citiez l'exemple des Pays-Bas.
- 3:58Speaker 4: Oui
- 3:59Speaker 4: effectivement.
- 4:01Speaker 3: On a un gros problème en Belgique, c'est que tendanciellement,
- 4:03Speaker 3: notre moteur économique va de moins en moins vite. Et donc,
- 4:06Speaker 3: on rend le problème budgétaire de plus en plus compliqué.
- 4:10Speaker 3: Si on regarde aux Pays-Bas, on voit là qu'ils ont
- 4:13Speaker 3: des technologies, des entreprises, un hub technologique qui permet d'avoir
- 4:17Speaker 3: une productivité, une croissance potentielle, une capacité à produire plus élevée.
- 4:23Speaker 3: Et donc, finalement, ils ont beaucoup moins de problèmes de
- 4:25Speaker 3: finances publiques simplement parce que leur moteur économique va mieux.
- 4:28Speaker 3: Et ça, je pense que c'est un élément intéressant. Ce
- 4:30Speaker 3: n'est pas comme en Espagne, où c'est juste une histoire
- 4:32Speaker 3: de population qui augmente. Il y a beaucoup de
- 4:33Speaker 4: migration.
- 4:34Speaker 3: Voilà, la population augmente. Non, ici, on est vraiment intrinsèquement,
- 4:37Speaker 3: l'économie est plus efficace. Et ça, à terme, ça permet
- 4:41Speaker 3: de résoudre le problème. Mais ça ne va pas résoudre
- 4:42Speaker 3: le problème de
- 4:43Speaker 4: cette année. Donc, l'exemple hollandais, peut-être. Et puis, la France
- 4:45Speaker 4: qui nous a battus en football hier soir. Mais leur
- 4:47Speaker 4: situation budgétaire, elle est encore pire que la nôtre, en fait.
- 4:50Speaker 3: Alors, la situation budgétaire française... Ils sont
- 4:52Speaker 4: attaqués par les marchés, les Français.
- 4:54Speaker 3: Effectivement, la situation budgétaire est pire, mais surtout, il n'y
- 4:56Speaker 3: a pas de perspective pour ceux qui prêtent l'argent à
- 5:00Speaker 3: la France. Ils ne voient pas comment ça va se solutionner.
- 5:02Speaker 3: Il n'y a pas de gouvernement majoritaire, il y a
- 5:04Speaker 3: des élections présidentielles avec potentiellement pas une volonté de réformer,
- 5:08Speaker 3: pas de gouvernement majoritaire. Et donc, qu'est-ce que ça veut
- 5:10Speaker 3: dire simplement? Ceux qui doivent prêter à la France, ils
- 5:13Speaker 3: ont peur, ils doutent. La Belgique, ce n'est pas le cas.
- 5:15Speaker 3: C'est assez intéressant, c'est pour ça que je vous posais
- 5:16Speaker 3: cette question. En Belgique
- 5:17Speaker 4: on a un gouvernement...
- 5:18Speaker 3: Voilà, et donc qui est vu comme étant majoritaire avec
- 5:21Speaker 3: la possibilité, le mandat, de faire des réformes. Et donc
- 5:24Speaker 3: ça veut dire que concrètement, on emprunte moins cher ici
- 5:27Speaker 3: en Belgique à l'heure actuelle
- 5:29Speaker 4: qu'en France. Ça peut vite changer. Mais si on commence
- 5:31Speaker 4: à dire ce gouvernement fédéral il va tomber, donc les
- 5:33Speaker 4: marchés vont nous attaquer, ça va nous coûter encore plus
- 5:35Speaker 4: cher alors
- 5:36Speaker 3: Attaquer, c'est un drôle de mot, mais simplement, le risque
- 5:40Speaker 3: attribué à la Belgique va augmenter parce que simplement, on
- 5:43Speaker 3: ne verra pas comment on peut se sortir de notre
- 5:45Speaker 3: trou budgétaire
- 5:46Speaker 4: actuel. Charlotte de Montpellier, hier, Georges Louis Bouchard a qualifié
- 5:49Speaker 4: les syndicats et les mutuelles de« vampires d'argent public». Il
- 5:51Speaker 4: y a des chiffres qui confirment qu'effectivement, leurs financements sont excessifs,
- 5:54Speaker 4: vous pensez? Alors
- 5:56Speaker 3: moi je n'en ai pas concrètement, moi je pense que
- 5:58Speaker 3: ce qui est important c'est qu'effectivement on est dans un
- 6:00Speaker 3: pays où on a une dépense publique qui est assez
- 6:02Speaker 3: inefficace et c'était encore dans un rapport de la Commission
- 6:05Speaker 3: européenne la semaine passée. Globalement, par rapport à la moyenne
- 6:08Speaker 3: de la zone euro, chaque euro dépensé d'un point de
- 6:11Speaker 3: vue public... ne génère pas beaucoup de services, ne génère
- 6:14Speaker 3: pas beaucoup d'activités. Et là, effectivement, on doit travailler. Alors,
- 6:17Speaker 3: est-ce que c'est sur l'un ou l'autre? C'est aux politiques
- 6:18Speaker 3: de choisir. Mais on doit travailler à que chaque euro
- 6:21Speaker 3: récolté des gens, des travailleurs, des entreprises, soit effectivement efficace
- 6:26Speaker 3: dans la mesure qu'il est. Donc,
- 6:27Speaker 4: l'efficacité de l'action publique. La taxation des grands patrimoines, vous
- 6:31Speaker 4: dites quoi là-dessus, vous
- 6:33Speaker 3: Le problème de tout ça, c'est que les patrimoines, par principe,
- 6:36Speaker 3: peuvent changer de pays, peuvent sortir de la Belgique. Ils
- 6:41Speaker 3: sont mobiles. Et là, ça peut très vite déraper parce
- 6:44Speaker 3: qu'on sait qu'on a besoin de capital pour relancer l'économie
- 6:47Speaker 3: pour investir dans le futur. Et donc, si on a
- 6:50Speaker 3: des capitaux qui s'en vont, globalement, on a perdu en
- 6:52Speaker 3: termes de recettes et on a perdu en termes de
- 6:54Speaker 3: potentiel de croissance. Ça dépend lesquelles, et certaines mesures peuvent
- 6:58Speaker 3: se justifier. Mais il faut être bien clair que ce
- 7:00Speaker 3: n'est pas la solution pour permettre de régler le problème.
- 7:04Speaker 3: La seule solution, compte tenu du fait qu'il y a
- 7:06Speaker 3: le risque que ça diminue effectivement le potentiel pour la
- 7:09Speaker 4: suite. Ce soir, on sera dans le bureau de Marie-Colline Leroy,
- 7:12Speaker 4: la coprésidente d'Ecolo. Quelles questions voudriez-vous qu'on lui pose? le
- 7:16Speaker 4: financement justement de ces priorités en matière de finances publiques
- 7:18Speaker 3: Je pense que la question principale, c'est comment faire pour
- 7:22Speaker 3: augmenter ce potentiel de croissance, cette possibilité d'avoir un appareil
- 7:26Speaker 3: économique qui fonctionne mieux. Quelles sont les mesures mises en
- 7:29Speaker 3: avant pour ça?
- 7:30Speaker 4: Merci Charlotte de Montpellier d'être passée dans le studio. Et
- 7:32Speaker 4: je rappelle que vous pouvez nous poser les questions que
- 7:34Speaker 4: je relayerai ce soir.
- 7:36Speaker 2: Et j'espère qu'à la fin de semaine, vous nous ferez
- 7:38Speaker 2: un top 5 des plus beaux bureaux de président de parti.
- 7:40Speaker 2: Il y a quand même une dimension immobilière dans le truc.
- 7:43Speaker 2: Donc c'était bien parti, je retiens qu'on n'est pas au
- 7:45Speaker 2: bord de la faillite, avez-vous dit Charlotte de Montpellier. Après
- 7:47Speaker 2: c'était plus sombre évidemment, puisque si on ne fait rien,
- 7:50Speaker 2: les dépenses publiques augmentent par nature. L'effort, on va le ressentir.
- 7:53Speaker 2: On aurait pu relancer l'économie il y a dix ans,
- 7:55Speaker 2: mais là c'est trop tard. C'était pourtant bien parti qu'on
- 7:57Speaker 2: n'est pas au bord de la faillite. Est-ce que vous
- 7:59Speaker 2: souhaitez vous détendre deux secondes en restant pour voter pour
- 8:01Speaker 2: moi ou le travail vous appelle? Le travail vous appelle?
- 8:05Speaker 2: Je comprends. Alors je vous laisse filer et gérer le monde.
- 8:08Speaker 2: Si vous trouvez Dimiard en cours de route, rappelez-moi que
- 8:10Speaker 2: je réponds assez rapidement.