Latest / Québécois et Canadien / Alejandra Zaga Mendez - Taxer les riches pour mieux redistribuer
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadiens. On discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Alejandra Zagamendez,
- 0:07députée sortante et candidate d 'Enverbin pour
- 0:09Québec solidaire. On a discuté notamment du filet
- 0:12social au Québec, de l 'importance d 'avoir une
- 0:15gauche forte et de l 'impôt des riches. Je suis
- 0:18Alexandre Tremblay -Michaud. Bon épisode. Alors
- 0:33Aléandra, merci de prendre le temps aujourd 'hui
- 0:35de nous rencontrer. Merci Alexandre de me recevoir.
- 0:39Je pensais que c 'était important de t 'inviter
- 0:41et d 'inviter surtout quelqu 'un de Québec solidaire
- 0:43parce que je pense qu 'en ce moment en général
- 0:47dans le paysage médiatique beaucoup d 'attention
- 0:50qui est portée à la droite. C 'est pas nécessairement
- 0:54une critique, mais c 'est juste un constat. On
- 0:56parle de l 'enlever de la réglementation. On
- 0:59parle de réduire la taille de l 'État. C 'est
- 1:02des choses qui sont beaucoup mises de l 'avant.
- 1:04Je trouve que ça manque un peu au débat d 'avoir
- 1:07des positions plus à gauche, disons, dans le
- 1:09paysage médiatique. Je trouvais ça intéressant
- 1:11de t 'inviter pour que tu puisses justement partager
- 1:13cette perspective -là. même si je ne serais probablement
- 1:17pas d 'accord à 95 pour ça de ce que tu dis,
- 1:19je pense que c 'est important que les auditeurs
- 1:21aient accès à cette information -là, puis il
- 1:22y a des visions qui sont différentes. J 'aimerais
- 1:25commencer par te demander pourquoi avoir une
- 1:29gauche au Québec? Pour moi, c 'est important
- 1:32d 'avoir de voix des gauches, pas seulement un
- 1:35parti, mais des politiques des gauches au Québec
- 1:36pour deux raisons. La première... pour sauvegarder
- 1:41puis défendre notre pouvoir collectif, nos acquis,
- 1:45notre filet social au Québec. Et la deuxième
- 1:48raison, parce que plus que jamais, on a besoin
- 1:51de mieux répartir la richesse. Puis je pense
- 1:53que ça, ça résume un peu les voies des gauches
- 1:56au Québec. Parce qu 'historiquement, le Québec
- 1:59a fait des choix collectifs très forts. On a
- 2:02choisi... de se donner un pouvoir comme État,
- 2:07de venir pas seulement à l 'aide, mais d 'offrir
- 2:11des services, que ce soit en éducation, en santé,
- 2:14au niveau des garderies, des soins... services
- 2:18publics et à la petite enfance qui ont permis
- 2:22à des millions et millions de personnes d 'avoir
- 2:25ce qu 'on appelle immobilité sociale, d 'avoir
- 2:28un filet social qui est là lorsque ça va moins
- 2:31bien quand ça va mal pour certains. Puis, de
- 2:35l 'autre côté, on voit les inégalités accroître
- 2:39jour après jour. Je pense qu 'on manque pas d
- 2:42'exemples pour parler en termes de logement,
- 2:44du coût de la vie, en termes de la crise de l
- 2:47'itinérance qu 'on voit dans nos quartiers. et
- 2:50des écarts de richesse qui se creusent année
- 2:54après année. Puis je pense que la gauche, au
- 2:56Québec, a ses doubles fardeaux et devoirs, c
- 3:00'est -à -dire défendre nos choix collectifs,
- 3:02nos services publics, que c 'est la façon qu
- 3:05'on a choisi collectivement au Québec de mieux
- 3:08répartir la richesse et venir réduire les inégalités
- 3:11qui sont en train d 'accroître un peu partout.
- 3:14malgré ce que certaines personnes vont dire,
- 3:16puis tu me corrigeras, parce que c 'est ton mouvement,
- 3:19c 'est toi qui le représente mieux. Je pense
- 3:21que tout le monde est contre le gaspillage, la
- 3:24mauvaise utilisation de fonds publics, que tu
- 3:25sois à droite ou à gauche. Souvent, c 'est un
- 3:29discours qui est pris par la droite, mais en
- 3:31général, je pense que tout le monde, tous les
- 3:33partis politiques sont fondamentalement contre
- 3:35le gaspillage et la mauvaise utilisation de fonds
- 3:37publics. Là où un parti de gauche va se distinguer
- 3:40d 'un parti de droite, selon ma compréhension,
- 3:43c 'est... le niveau de redistribution de la richesse.
- 3:46Un parti de droite va être plus davantage axé
- 3:48vers on va réduire les impôts, on va réduire
- 3:50la taille de l 'État et ça veut dire que l 'individu
- 3:53va avoir plus de flexibilité financière, disons,
- 3:56avec ses ressources. Mais ça veut dire aussi
- 3:57que ceux qui ont moins de ressources financières
- 4:00vont être... plus laissés à eux -mêmes également.
- 4:02Puis de l 'autre côté, on a le modèle plus à
- 4:04gauche où on augmente, par exemple, les impôts,
- 4:07on augmente juste le filet social global. Ça
- 4:09fait en sorte que certains individus qui sont
- 4:12plus nantis vont moins en avoir, vont moins de
- 4:14flexibilité à ce niveau -là. Mais... qu 'il y
- 4:17a une autre tranche de la population qui va avoir
- 4:19une meilleure redistribution de la richesse.
- 4:20Ça fait que c 'est cet équilibre -là, essentiellement,
- 4:22qui est en discussion quand on parle de droite
- 4:24puis de gauche. Oui, entre autres, c 'est de
- 4:26se dire qu 'on a deux choix devant nous. C 'est
- 4:28-à -dire, c 'est soit chacun pour soi, c 'est
- 4:32-à -dire que si on n 'est pas payé d 'impôt,
- 4:34si on n 'a pas un État qui est capable de redistribuer
- 4:36cette richesse -là de façon efficace, puis j
- 4:39'entends, je pense que personne n 'est pour le
- 4:41gaspillage des fonds publics qui ont été donnés
- 4:43dans les dernières années à des multinationales.
- 4:47dérouler les tapis rouges comme on l 'a vu avec
- 4:49Northwood et compagnie, je pense qu 'on n 'est
- 4:51pas pour ça. Il y a personne qui est pour perdre
- 4:53de l 'argent à Northwood. Personne. Peut -être
- 4:55la CAQ. Mais pas nous. Mais là, ce qu 'on doit
- 4:58s 'entendre, c 'est que soit on renforce puis
- 5:01on peut mettre au goût du jour notre filet social.
- 5:05En éducation, je vais pas en éducation comme
- 5:07exemple, c 'est qu 'on a fait un choix au Québec
- 5:10de dire que l 'éducation, c 'est le véhicule
- 5:12par lequel... tout le monde a accès pas seulement
- 5:17à une éducation des qualités, mais que ça nous
- 5:19permet d 'avoir une mobilité sociale. C 'est
- 5:22-à -dire que c 'est le principe de l 'égalité
- 5:25des chances. Si on ne fait pas ces choix -là
- 5:27collectifs, que moi je pense qu 'on est en train
- 5:29de le délaisser, que ce soit par un manque de
- 5:31financement en éducation, que ce soit par des
- 5:34frais, qu 'on va apparaître de plus en plus dans
- 5:36nos écoles publiques parce que l 'école... Ce
- 5:39qu 'on est en train de faire porter le fardeau
- 5:41du choix, c 'est à l 'individu, c 'est à la famille
- 5:43à devoir choisir. Les familles se trouvent toutes
- 5:47seules et ils doivent faire des choix et dire
- 5:49peut -être, je vais aller envoyer mon enfant
- 5:51au privé parce qu 'au public, il me manque des
- 5:53ressources. Et donc, on déplace un peu... la
- 5:58responsabilité vers l 'individu. Et là, ça vient
- 6:00un peu de chacun pour soi. Et ça, ça crée des
- 6:04inégalités parce que tout dépend où tu es né.
- 6:07Tout dépend de l 'argent que ta famille peut
- 6:10avoir. Ça va tracer un peu le chemin qu 'on a
- 6:14devant nous. Moi, par exemple, je me permets
- 6:17de parler de mon histoire. Moi, j 'ai grandi
- 6:20dans un quartier défavorisé. Ma mère a touché
- 6:23à l 'aide sociale quand j 'étais jeune. Et c
- 6:26'est grâce. au filet social québécois, c 'est
- 6:29grâce à ces systèmes publics dans lesquels on
- 6:30a choisi collectivement de donner des chances
- 6:33égales à tout le monde, qu 'une fille comme moi
- 6:35peut accéder au doctorat, j 'ai eu un doctorat
- 6:39en conservation et en développement durable,
- 6:41et peut même être à l 'Assemblée nationale. Donc
- 6:43vous voyez comment, quand on choisit collectivement
- 6:45de mieux répartir cette richesse, on donne des
- 6:48outils de mobilité sociale qui sont... Pour nous,
- 6:51c 'est là qu 'on crée de la richesse, parce que
- 6:53c 'est après des personnes qui vont être mieux
- 6:55formées, qui vont avoir accès à des meilleures
- 6:59conditions de travail par leur éducation, mais
- 7:01aussi par le fait même qu 'on a une main d 'oeuvre
- 7:04qui est plus formée qu 'ailleurs. Donc, je pense
- 7:07que la différence, c 'est de dire, est -ce que
- 7:10c 'est un choix collectif et social dans lequel
- 7:12tout le monde contribue, puis contribue selon
- 7:17ses moyens, ses capacités, puis je reviendrai.
- 7:19avec ça, c 'est -à -dire qu 'on a au Québec des
- 7:23inégalités qui sont plus grandes en termes pas
- 7:26de revenus, mais d 'accumulation de richesses
- 7:29lesquelles on... On ne contribue pas à des parts
- 7:31égales, là, ou ce qu 'on se trouve dans l 'échelle,
- 7:36versus ce qu 'on voit, par exemple, comme monter
- 7:38des droites aux États -Unis, dans lesquels on
- 7:40prône une privatisation encore plus forte du
- 7:42système de la santé, ou ce qu 'on prône le chacun
- 7:45pour soi. C 'est -à -dire, ça va dépendre de
- 7:47l 'auteur puis la grandeur de ton portefeuille,
- 7:49ton accès à des services publics. Puis, un des
- 7:52arguments probablement que, je sais pas moi,
- 7:54je vais m 'improviser Éric Duhem aujourd 'hui,
- 7:56mais un des arguments qu 'Éric Duhem sortirait
- 7:59probablement par rapport au modèle de redistribution
- 8:02de la richesse, puis de s 'assurer qu 'on a un
- 8:05filet social plus élevé, c 'est de dire, bien,
- 8:08si le filet social est trop gros, si on donne
- 8:11trop de... de redistribution, on donne trop d
- 8:14'argent à tout le monde, mais ça enlève un peu
- 8:16l 'esprit entrepreneurial, puis le fameux rêve
- 8:18américain, disons, ou la volonté de se dépasser
- 8:21parce qu 'il n 'y a pas cette nécessité -là.
- 8:23Vous répondez quoi à ce genre d 'argumentaire
- 8:26-là? Moi, je pense qu 'il faut regarder l 'histoire
- 8:27du Québec pour voir que c 'est dans les moments
- 8:30dans les années 70 qu 'on a fait des choix collectifs
- 8:33très importants. Puis je reviens à l 'éducation.
- 8:35C 'est là qu 'on a fondé les cégeps, le réseau
- 8:38de cégeps, qu 'on a donné, on a démocratisé l
- 8:41'accès... l 'université. On a vu une main -d
- 8:43'oeuvre qui s 'est éduquée. On a vu des gens
- 8:47qui n 'avaient pas avancé. Les parents n 'avaient
- 8:49même pas fini le secondaire. Ces enfants étaient
- 8:51capables d 'avoir un bac en gestion, en ingénierie,
- 8:55en infirmerie, même en devenir médecin. Et c
- 8:59'est en faisant des choix collectifs, des redistributions
- 9:02par nos impôts et nos taxes qu 'on a formé toute
- 9:06une génération. qui étaient capables, par la
- 9:08suite, de générer la richesse, d 'entreprendre.
- 9:12C 'est là qu 'on a vu aussi l 'émergence du fameux
- 9:15Québec Inc francophone qui s 'est établi. Je
- 9:17suis première génération d 'universitaire, je
- 9:19suis sorti de l 'université, pas de dette, grâce
- 9:21au modèle québécois. Exact. Alors, moi, je répondrai
- 9:24que le modèle québécois que tout le monde, pour
- 9:28lequel les générations antérieures ont travaillé,
- 9:31il a donné en fait des preuves que ces choix
- 9:34collectifs permettent en fait la création de
- 9:37la richesse et l 'entrepreneuriat. Moi, ma crainte
- 9:39en ce moment, c 'est que dans les dernières 10
- 9:41-20 ans, même plus, on voit ce système être démantelé
- 9:46par des coupures, mais on le voit aussi... avoir
- 9:50une pression et ne pas répondre aux besoins de
- 9:54la population en éducation, en santé, en services,
- 9:57fait que de l 'autre côté, quand on démantèle
- 10:00puis on ne donne pas les ressources nécessaires
- 10:02en santé, en éducation puis dans nos services
- 10:04publics, mais les citoyens normaux perdent confiance,
- 10:07perdent confiance envers le système. Et donc,
- 10:11ils commencent à se tourner puis dire, il y a
- 10:13-tu d 'autres options? Ils commencent à dire,
- 10:15ah peut -être je vais payer pour ma consultation
- 10:17au privé parce que ça va prendre trop longtemps
- 10:18pour avoir une consultation au public. Peut -être
- 10:21je vais envoyer mes enfants à l 'école privée
- 10:24puis je vais m 'endetter parce que c 'est ça.
- 10:26Les gens s 'endettent même de la classe moyenne
- 10:28pour envoyer les enfants à l 'école publique
- 10:30parce que dans l 'école privée, parce que dans
- 10:33le public... qu 'on regarde les classes régulières,
- 10:37malheureusement, à cause des différentes vitesses
- 10:39qu 'on a dans le système d 'éducation, on a une
- 10:42concentration des jeunes avec des difficultés
- 10:45d 'apprentissage ou des jeunes qui sont dans
- 10:48des situations de défavorisation, qui empêchent,
- 10:52en fait, qui créent une lourdeur pas seulement
- 10:54pour notre système, mais aussi pour nos éducateurs,
- 10:56nos éducatrices et professeurs. Donc, en ce moment,
- 11:00moi, puis pourquoi je pense qu 'il faut vraiment
- 11:02des voix des gauches? au Québec, c 'est qu 'il
- 11:06faut lutter pour nos services publics. Il faut
- 11:09être capable de mieux distribuer cette richesse
- 11:12-là pour que les gens aient confiance qu 'on
- 11:15est capable de faire grandes choses collectifement
- 11:17au Québec. J 'entends ce que tu me dis et je
- 11:21trouve ça intéressant comme perspective. Moi,
- 11:24ce qui me... c 'est que j 'ai comme l 'impression
- 11:27qu 'en ce moment, on a une crise des services
- 11:29publics. Ça, je pense que tout le monde s 'entend
- 11:31là -dessus. les gens à droite vont dire que c
- 11:34'est de la mauvaise gestion, les gens à gauche
- 11:36vont dire que c 'est un sous -financement, c
- 11:37'est probablement un mélange des deux. Mais l
- 11:41'idée que mettre plus d 'argent sur le problème
- 11:43va régler la situation, je pense qu 'il y a une
- 11:45bonne partie de la population qui est désabusée
- 11:48face à ça, parce qu 'on a souvent dit, oh, regarde,
- 11:50on va faire des investissements record, puis
- 11:51on l 'a fait dans certains cas, ça n 'a pas nécessairement
- 11:54amené des bons résultats. Comment est -ce qu
- 11:56'on fait pour trouver cet équilibre -là entre...
- 11:59En ne pas juste lancer plus d 'argent sur n 'importe
- 12:01quel problème, puis quand même s 'assurer que
- 12:03les infrastructures soient assez bien financées.
- 12:05D 'abord, nos services, il ne faut pas le voir
- 12:08comme seulement des dépenses et des investissements
- 12:10à long terme. Il faut que les budgets soient
- 12:12protégés, puis c 'est ça l 'enjeu en fait, c
- 12:14'est qu 'il y a eu des vagues d 'investissement,
- 12:19mais la plupart du temps, c 'est pour venir rattraper.
- 12:23On est tout le temps dans le rattrapage pour
- 12:25des choses qu 'on n 'a pas faites dans le passé.
- 12:27Et quand on est dans le rattrapage, on n 'a pas
- 12:29une vision pas seulement sur le long terme, c
- 12:31'est que les budgets ne sont pas protégés pour
- 12:32l 'éducation, pour la santé, pour les services
- 12:34sociaux. Et là, lorsqu 'on a des enjeux de finances
- 12:38publiques, puis on vient serrer la ceinture de
- 12:40tout le monde, et donc on ne vient pas financer
- 12:43les hausses dans nos services publics. Le financement
- 12:47ne suit pas ce qu 'on appelle les coûts du système,
- 12:49c 'est -à -dire qu 'est -ce que ça nous coûte
- 12:51maintenir, parce qu 'avec l 'inflation, tout
- 12:53augmente. Les coûts de cahier, les coûts de la
- 12:56construction, tout augmente. maintenir ça. La
- 12:59première chose, c 'est de le voir comme des investissements
- 13:02qui sont récurrents pour l 'État, puis de protéger
- 13:05ces budgets -là. Le budget de l 'éducation doit
- 13:07être protégé. C 'est la mission de l 'État. C
- 13:09'est ce qu 'on s 'est donné collectivement comme
- 13:10mission d 'offrir une éducation, je dirais même
- 13:14gratuite, dans l 'école primaire et secondaire
- 13:17pour nos enfants, des qualités accessibles à
- 13:19tout le monde et qui prendent l 'égalité des
- 13:21chances. Ça, on ne devrait pas y toucher. Et
- 13:24les finances publiques, ce n 'est pas seulement
- 13:26une question de dépenses. C 'est une question
- 13:28de revenus. Et c 'est là que, quand je parle
- 13:32de mieux distribuer la richesse, c 'est qu 'il
- 13:35faut se tourner vers qui contribue à l 'État
- 13:38québécois et qui ne contribue pas assez à l 'État
- 13:41québécois. À cet égard, c 'est au Québec qu 'on
- 13:45a le plus grand écart en termes de richesse.
- 13:51Quand on regarde l 'accumulation du patrimoine,
- 13:54l 'accumulation de fortune, on a le plus grand
- 13:57écart partout au Canada. Il y a des chercheurs...
- 14:01La disparition de la richesse est plus élevée
- 14:03au Québec qu 'ailleurs au Canada? Dans ce qu
- 14:05'on regarde le patrimoine puis les fortunes,
- 14:08les disparités en termes de fortunes au Québec,
- 14:11l 'indice de disparité est plus haut au Québec
- 14:13qu 'ailleurs au Canada. Fait que l 'alberta est
- 14:16plus égalitaire que le Québec en termes de disparités?
- 14:18En termes de patrimoine. Les indices, c 'est
- 14:20un indice qui regarde... combien les classes
- 14:24les plus riches possèdent, quand je dis possèdent,
- 14:26c 'est des actifs, c 'est comme des maisons,
- 14:29des actifs en termes de... des actions versus
- 14:34les 40 % des personnes plus nantis ou classes
- 14:37moyennes basses. Par exemple, dans les provinces
- 14:40maritimes, cette inégalité est un peu plus basse
- 14:44qu 'au Québec. Oui, les maritimes sont plus pauvres,
- 14:46par exemple, mais disons qu 'on compare à l 'Alberta,
- 14:48parce que ça me surprend comme statistique, parce
- 14:49que... L 'Alberta a, je pense, le taux le plus
- 14:53beau au Canada d 'imposition, puis sont plus
- 14:56égalitaires en termes de patrimoine. Mais en
- 14:56termes de patrimoine, en fait, des restributions
- 14:59de patrimoine. Je pourrais te revenir à la statistique
- 15:01de la richesse. Oui, non, non, c 'est ça. C 'est
- 15:02juste que je trouve... OK, mais, tu sais, je
- 15:04pense qu 'on peut convenir que le système de
- 15:06redistribution de richesse au Québec est parmi
- 15:09les plus égalitaires au Canada. Je comprends
- 15:11que dans certains indicateurs, tu sais, on a
- 15:13les taux d 'impôt le plus élevé. Ça, c 'est pour
- 15:15le revenu. Il faut faire une différence. C 'est
- 15:17pour ça qu 'il faut faire une référence entre
- 15:18le revenu et la fortune. Le revenu, c 'est ce
- 15:21qu 'on gagne comme salaire. C 'est -à -dire,
- 15:23moi, je reçois un salaire, le patrimoine, la
- 15:26fortune, c 'est ce qu 'on est capable d 'accumuler
- 15:28en dehors de notre salaire. C 'est -à -dire les
- 15:31nombres des biens immobiliers, c 'est aussi les
- 15:35nombres, par exemple, d 'actions que quelqu 'un
- 15:37peut posséder, des bonds, des investissements,
- 15:41des placements, des rares, des CELI, moins les
- 15:44dettes. on aura toujours l 'accumulation du patrimoine
- 15:47moins les dettes. Et au Québec, on a vu, par
- 15:49exemple, depuis la pandémie, que les personnes,
- 15:52les ultra -riches, les milliardaires ont augmenté
- 15:54leur fortune des 50 % en sept ans. Près des 50
- 15:59% d 'augmentation en sept ans. On n 'a pas beaucoup
- 16:02de milliardaires au Québec. On a une poignée.
- 16:06En effet, mais ces personnes -là, je parle juste
- 16:08en termes des corps. J 'ai dit pas en termes
- 16:11de nombre, je dis en termes d 'augmentation du
- 16:13patrimoine. Donc, quand j 'ai dit, c 'est qu
- 16:15'au Québec, on voit que les corps, en termes
- 16:18d 'accumulation du patrimoine, s 'accélèrent.
- 16:21C 'est que cette poignée de personnes va augmenter
- 16:25leur richesse plus vite que la personne moyenne.
- 16:30Puis je vous donne un exemple. Entrée 2025, dans
- 16:35l 'année 2025, moi j 'ai vu dans le catalogue
- 16:37Forbes des fortunes qui ont augmenté de 20%,
- 16:41des 60%, des 160 % des non -milliardaires. Ça,
- 16:46c 'est 160 taux sur 5 milliards. C 'est beaucoup
- 16:49d 'argent. Mais le problème est que je comprends
- 16:52le point. Et de l 'autre côté, juste pour faire
- 16:53une comparaison, c 'est que de l 'autre côté,
- 16:55les salaires moyens en un an au Québec, entre
- 16:572024 et 2025, augmentent en moyenne des 3 ,4
- 17:01%. Oui, puis c 'est sûr, puis je pense que, tu
- 17:05sais, il y a quand même un argument à faire que
- 17:07la disparité de richesse, puis je pense que c
- 17:09'est vrai dans une bonne partie du monde occidental,
- 17:10étant qu 'il y a surtout à cause... du nombre
- 17:14de personnes qui sont impliquées à la bourse,
- 17:15par exemple dans le marché immobilier. C 'est
- 17:17sûr que si t 'as des actifs immobiliers ou t
- 17:18'as des actifs boursiers, puis que la bourse
- 17:21et le marché immobilier performent particulièrement
- 17:23bien, il va y avoir une augmentation de la disparité
- 17:25de richesse. Quelqu 'un qui a investi dans le
- 17:27marché boursier en 2009, 2010, 2011, aujourd
- 17:30'hui, a eu des rendements extraordinaires que
- 17:32quelqu 'un qui est simplement salarié, puis aucun
- 17:34actif, n 'aurait pas eu l 'occasion d 'avoir.
- 17:36Ça, c 'est sûr. La seule chose... c 'est que
- 17:40quand on vise, par exemple, les milliardaires,
- 17:42puis je veux pas pitié pour les milliardaires,
- 17:44c 'est pas ça la question, c 'est que c 'est
- 17:46souvent la population la plus mobile. Puis de
- 17:48dire, par exemple, on va taxer les milliardaires,
- 17:52puis on va s 'assurer qu 'ils payent leur juste
- 17:55part, tu sais, c 'est des gens qui pourraient
- 17:57facilement, par exemple, établir leur résidence
- 17:59dans une autre province canadienne ou... Il y
- 18:02en a certains même, en tout cas, il y a des millionnaires
- 18:05et d 'ultra riches qui nous disent qu 'ils payent
- 18:07pas assez. Il y a un mouvement en ce moment partout
- 18:10dans la planète, des millionnaires qui disent
- 18:13taxez -moi. Ça, ça existe aussi. Il y a des milliardaires
- 18:16en Californie où on étudie une proposition d
- 18:20'impôt sur la fortune, c 'est -à -dire... Elle
- 18:24est minime, c 'est la fameuse taxe Zoukman qui
- 18:27a été étudiée en France puis étudiée en Californie,
- 18:29étudiée en Écosse. Elle est déjà en place en
- 18:32Espagne, en Colombie, elle est déjà en place
- 18:34dans certains pays nordiques. Il y a quand même
- 18:37une réflexion un peu partout dans le monde de
- 18:40comment on est capable d 'aller capter davantage
- 18:43cette accumulation de richesses. J 'entendais
- 18:46un milliardaire en Californie qui était pour
- 18:48ce type d 'imposition, qui disait, ma vie est
- 18:52ici. je vais continuer à faire de l 'argent ici,
- 18:55je vais payer puis je ne vais pas quitter. Il
- 18:57y a une certaine personne qui va nous dire bien
- 18:59sûr, il y a une certaine mobilité dans les actifs
- 19:01puis dans les capitaux, mais dès l 'autre, leurs
- 19:05avoirs sont ici, la façon de faire, de remonter
- 19:09leur richesse sont quand même assez situés. Puis
- 19:12il faut voir que, mettons... ce qui suggère,
- 19:15s 'augmente, puis c 'est un peu sur ce qu 'on
- 19:18se base pour notre proposition, c 'est -à -dire
- 19:20d 'aller, c 'est des taux d 'imposition derrière
- 19:23nos 2 % à partir d 'un seuil qui est assez élevé.
- 19:27Pour nous, dans notre proposition, c 'est de
- 19:29venir imposer les avoirs nets des personnes qui
- 19:34possèdent 25 millions et plus, c 'est -à -dire...
- 19:37c 'est 0 ,1 % des ménages au Québec qui possèdent
- 19:4125 millions et plus. Donc, je touche vraiment
- 19:43à une partie très fine, très petite de la population.
- 19:49c 'est d 'aller chercher 1 ou 2 % versus leur
- 19:54taux de croissance qui est en moyenne à 7 %.
- 19:58Certaines bonnets sont capables de augmenter
- 20:00leur fortune à 20 %. Ça fait qu 'ils vont continuer
- 20:02à avoir de l 'argent parce qu 'une fois qu 'on
- 20:03a des capitaux, on est capable d 'investir et
- 20:06continuer à croître. Donc, ça va pas les freiner
- 20:08dans leur capacité de faire de l 'argent à une
- 20:11dette milliardaire. Puis, il y a aussi un enjeu,
- 20:13je pense, plus grand quand je pense des disparités
- 20:16puis des inéquités, c 'est que pendant ce temps
- 20:18-là, Qu 'est -ce qu 'on a de l 'autre bord? Je
- 20:22pense que tout le monde, moi, en m 'emmenant
- 20:23ici, puis on prend la route, on voit la crise
- 20:26d 'itinérance, ça croit. On voit des gens qui
- 20:29travaillent, qui sont dans nos banques alimentaires.
- 20:31On voit une étudiante sur trois qui est en insécuté
- 20:33alimentaire dans nos cégeps. Moi, je le vois
- 20:36des familles qui ne sont pas capables de payer
- 20:38de loyer. C 'est que notre filet social est en
- 20:40train de se friter. On est en train de laisser
- 20:42passer entre les mains de ces filets -là plus
- 20:45de gens. Cette personne -là se retrouve... malheureusement,
- 20:49de plus en plus à la rue. Puis pendant ce temps
- 20:51-là, les tri -billionnaires, je sais plus comment
- 20:55le nommer, mettons, les ultra -riches continuent
- 20:58d 'accumuler leur richesse. Et c 'est, moi, je
- 21:01pense que c 'est cette réflexion -là qu 'il faut
- 21:03avoir. On parle très, très peu de ça au Québec.
- 21:06Et on a une façon d 'aller augmenter, je pense,
- 21:08les revenus de l 'État, en en cherchant une très,
- 21:11très petite partie, très, très petite. de cette
- 21:14richesse -là pour l 'investir dans nos services
- 21:16publics et tout le monde croître et protéger
- 21:19les plus de gens possible au Québec. OK, bien,
- 21:21tu sais, je comprends la philosophie derrière
- 21:23taxer les plus riches. Je trouve que, tu sais,
- 21:27c 'est peut -être sursimplifié, mais je comprends
- 21:31essentiellement l 'optique. Le problème avec
- 21:33ça, si on y va là -dessus, c 'est que là, évidemment,
- 21:35vous allez faire l 'adéquation entre taxer les
- 21:37riches et avoir des services publics, mais...
- 21:39Je pense que les études la démontrent. Le plus
- 21:41qu 'on va vers les ultra riches, moins il y a
- 21:43d 'argent. Je comprends qu 'eux autres, individuellement,
- 21:46ont plus d 'argent, mais taxer 0 ,25 % de la
- 21:48population de 1 % de plus. Il faudrait voir c
- 21:51'est quoi les chiffres. Je ne sais pas à quel
- 21:52point ça fait une différence. C 'est combien
- 21:55de milliards de plus qu 'on va aller chercher
- 21:56avec ça? Ça peut atteindre de 4 à 5 milliards.
- 21:58On pense que dans le meilleur des cas, si on
- 22:00va taxer ces gens -là et qu 'ils n 'ont aucune
- 22:02réaction fiscale, la situation reste les même.
- 22:05Ce qui suggère les experts comme la réflexion
- 22:08en France. c 'est que s 'ils choisissent partir,
- 22:11bien, il y a des pénalités. On ne peut pas changer
- 22:14des pénalités des gens qui changent de province,
- 22:16il y a une mobilité, mais si ils quittent le
- 22:18pays, il pourrait y en avoir. Exact, il peut
- 22:19y avoir des pénalités, mais c 'est des choses,
- 22:20c 'est des discussions fiscales à voir, mais
- 22:22je pense que là, on est dans un moment où il
- 22:26faut venir renforcer collectivement notre filet
- 22:31social. Il faut se demander qui va payer, parce
- 22:34que c 'est toujours ça qui paye. Est -ce qu 'on
- 22:36va augmenter les impôts et les taxes des travailleurs
- 22:39qui ne sont pas capables de se loger? Mais la
- 22:42majorité des Québécois ne paient pas d 'impôt.
- 22:44Je comprends ce que vous dites. Là, il faut se
- 22:47poser une question. C 'est qui va porter ce fardeau
- 22:49-là? Parce qu 'on a besoin de l 'argent pour
- 22:51créer des réfuges. On a besoin de l 'argent en
- 22:55ce moment dans notre système d 'éducation, dans
- 22:56la santé, des infrastructures qui n 'y tiennent
- 22:58pas. Je veux dire, on le voit. On a aussi une
- 23:01population qui est de plus en plus vieillissante
- 23:03et qu 'on va avoir besoin, collectivement, de
- 23:05prendre soin d 'eux. Donc les besoins sont devant
- 23:07nous. Soit on coupe, puis si on coupe... on va
- 23:11payer collectivement plus tard parce que la facture
- 23:13est sociale. Ça dépend en couple quoi. Je ne
- 23:16veux pas qu 'on passe trop de temps là -dessus
- 23:17parce que le but c 'est, je veux vraiment parler
- 23:19de votre vision, tout ça, mais c 'est juste que
- 23:21je trouve de dire, comme la seule façon qu 'on
- 23:24peut maintenir nos services publics, c 'est de
- 23:25taxer les ultra riches. tombe dans une logique,
- 23:28puis ça c 'est mon opinion là, ça tombe dans
- 23:30une logique populiste de le eux contre nous,
- 23:34l 'élite a toutes les ressources, nous on l 'a
- 23:36pas, donc taxons ça. Je comprends qu 'au niveau
- 23:37électoral c 'est payant d 'y aller avec ça, je
- 23:41trouve juste que c 'est... Comment je pourrais
- 23:44dire? Je trouve que c 'est un peu simpliste.
- 23:47Comme l 'autre côté de dire, ah, coupons les
- 23:49impôts parce que la seule chose qui empêche les
- 23:51gens de prospérer, c 'est l 'État québécois,
- 23:54comme si l 'État québécois était des menottes
- 23:57pour tous les entrepreneurs au Québec. Je pense
- 23:59que tant à gauche qu 'à droite, il y a un peu
- 24:01de simplification, mais de ce que je comprends...
- 24:03Non, mais je comprends qu 'on partage pas la
- 24:05même vision. Ceci étant dit, juste pour conclure
- 24:08là -dessus... Vous voulez taxer les riches pour
- 24:09qu 'ils paient plus. Bien, ça c 'est pour dire
- 24:11pourquoi... Pourquoi on a besoin d 'une gauche?
- 24:14C 'est une chose dont on parle très peu. On parle
- 24:17très peu et qu 'il faut le ramener parce que
- 24:21moi, ce qui vient me chercher aussi, c 'est prouvé,
- 24:24Oxfam a sorti ceci dans son dernier rapport,
- 24:27c 'est que plus on a une accumulation de richesses
- 24:29entre les mains des ultra -ultra -riches et des
- 24:33milliardaires, mais aussi un enjeu de démocratie.
- 24:36Et ils ont fait la preuve. Je pense qu 'on a
- 24:39certains personnages qu 'on connaît bien, qui
- 24:42possèdent la totalité des gaffes femmes et qui,
- 24:48quand une personne devient plus riche que même
- 24:51des États, ça crée une inéquité en termes de
- 24:54pouvoir puis démocratie qui est dangereuse. Et
- 24:58on le voit là, mettons, Elon Musk, c 'est l 'exemple
- 25:01en termes d 'influence publique. Et on parle
- 25:03très peu des inégalités, on parle très peu...
- 25:07des effets des inégalités, et ces personnes -là
- 25:10vont même financer des campagnes qui vont venir
- 25:14tourner l 'attention vers d 'autres enjeux, comme
- 25:17par exemple porter le fardeau envers les personnes
- 25:21émigrantes ou envers certaines minorités. Moi,
- 25:24je pense que c 'est à leur avantage, puis on
- 25:26l 'a vu comme Elon Musk et d 'autres ont financé
- 25:29ce type de campagnes, pas seulement politiques,
- 25:31mais dans les discours publics pour... créer
- 25:35des boucs émissaires ou, et on détourne l 'attention,
- 25:39que pour moi c 'est un enjeu critique, de comment
- 25:41la richesse est en train de s 'est accumulée
- 25:44de plus en plus entre les mains d 'une poignée
- 25:47des gens et qu 'on n 'a pas de mécanismes efficaces
- 25:49ou juste en termes de redistribution. Mais je
- 25:53pense, là où je jette l 'argument, c 'est de
- 25:55dire, je pense que ça l 'échappe le démonte,
- 25:57il y a une disparité à croire. qui grandit entre
- 26:01les plus riches et les plus pauvres. Je pense
- 26:03qu 'il y a un argument logique à faire que c
- 26:04'est dans l 'intérêt de la collectivité de ne
- 26:07pas avoir un écart trop large entre les plus
- 26:08pauvres et les plus riches parce que sinon, c
- 26:11'est bien beau avoir une maison au Westmount,
- 26:12mais c 'est un paquet d 'étinérants en avant
- 26:13de chez vous, tu n 'es pas plus heureux. Il faut
- 26:15que tout le monde soit bien dans sa société.
- 26:19Ça, je peux l 'acheter, je pense. parce que les
- 26:22ultrariches, tout ça, c 'est un narratif, je
- 26:23pense, qui est souvent utilisé. Il faut faire
- 26:25attention au système américain, qui est un système
- 26:26qui est totalement différent au niveau des contributions
- 26:28politiques et tout ça, mais je comprends le point
- 26:29là -dessus. Il ne faut pas lever les portes à
- 26:31ces rangs -là. C 'est sûr, mais on est limité
- 26:33au Québec à 100 piastres par contribution, puis
- 26:36il y a des règles extrêmement strictes sur les
- 26:38contributions politiques. Je comprends. Puis,
- 26:39pour moi -même avoir été un jeune étudiant, puis
- 26:41aujourd 'hui être un entrepreneur qui a un peu
- 26:43plus de moyens financiers, tu sais, à quel point
- 26:45j 'ai un podcast, c 'est peut -être une façon
- 26:46de m 'impliquer dans la discussion avec certains
- 26:49moyens financiers. Mais je veux dire, tu sais,
- 26:52je peux pas m 'acheter une campagne électorale
- 26:54avec une milliard, là. Là, je comprends. Je donnais
- 26:55plus ou moins l 'exemple ailleurs à la CSA, mais
- 26:57il faut un rempart pour ça. Il faut lutter. pour
- 27:01que ces choses -là n 'arrivent pas. Puis une
- 27:02des façons de lutter, c 'est de lutter contre
- 27:04les inégalités puis l 'accumulation de la richesse,
- 27:06parce que c 'est prouvé que ça vient déstabiliser
- 27:10nos démocraties. On le voit ailleurs, on ne souhaite
- 27:12pas ça au Québec. Fait que je pense, pour moi,
- 27:14c 'est un argument qui peut, même si on n 'est
- 27:16pas d 'accord, bien, je pense qu 'être capable
- 27:20d 'avoir une diversité de point de vue puis une
- 27:22démocratie qui s 'aime, là, je pense qu 'on doit
- 27:25se battre pour ça, définitivement. Puis ça, ça
- 27:27vient de main dans la main avec la lutte contre
- 27:29l 'accumulation. des richesses, des façons de
- 27:32mesurer. Puis je pense que c 'est important d
- 27:34'avoir une voie à rigueur pour l 'augmentation
- 27:37des impôts, l 'augmentation du fil social, parce
- 27:39que sinon que ça soit juste pour tempérer les
- 27:42gens qui veulent juste les baisser, parce que,
- 27:43tu sais, de juste dire il y a trop d 'étons,
- 27:45on va tout couper, c 'est pas non plus avantageux.
- 27:48Il faut qu 'il y ait une certaine balance qui
- 27:50soit faite. Puis s 'il y a juste un côté qui
- 27:52se rend cher, puis on le voit, disons, je vais
- 27:54prendre la question des changements climatiques
- 27:56en ce moment -là. En ce moment, il y a à peu
- 27:57près... Il n 'y a pas de parti, peut -être que
- 27:59vous avez une position sur les changements climatiques,
- 28:00mais l 'ensemble des autres partis n 'en a pas
- 28:02vraiment. Il n 'y a pas d 'incitatif pour aucun
- 28:04parti d 'avoir une position sur les changements
- 28:06climatiques parce qu 'ils font juste savoir qu
- 28:08'ils vont faire plus de gaz à effet de serre.
- 28:10Ce n 'est pas vraiment un débat qui est tempéré.
- 28:15Je pense que dans tous les enjeux, dont ceux
- 28:17de la redistribution à la richesse, il faut des
- 28:19voies de gauche pour tempérer ça. Parlons un
- 28:21peu des enjeux pour la prochaine campagne électorale.
- 28:25Parce que, tu sais, bon, moi, j 'écoute les médias
- 28:27pratiquement tous les jours, puis, mais ça m
- 28:29'en fait juste parler de laïcité puis de protection
- 28:31du français, là, j 'imagine. Sur quoi est -ce
- 28:35que le Québec solidaire aimerait qu 'on débate
- 28:39ou qu 'on discute dans les prochains mois et
- 28:42demi, là? Bien, de ce qu 'on parle, on doit parler
- 28:44tout le temps, moi, je pense, c 'est du coût
- 28:45de la vie. Le coût de la vie, c 'est la plus
- 28:48grande préoccupation des gens. Je le disais tout
- 28:51à l 'heure. Je le vois, des personnes qui travaillent
- 28:54et qui ne sont pas capables, des fois, de payer
- 28:56le loyer. Des personnes qui travaillent et qui
- 28:58ne sont pas capables de remplir le frigo. Pour
- 29:00moi, c 'est inacceptable au Québec. Puis c 'est
- 29:03à ça qu 'il faut s 'attaquer. Puis on a une crise
- 29:06du logement qui continue à s 'accentuer. On a
- 29:11été les premières parties à parler des crises
- 29:13du logement. Puis ça, je suis très fière de le
- 29:15dire à l 'Assemblée nationale. On a fait des
- 29:19gains puis on a fait certaines avancées, une
- 29:21des choses, entre autres, pour lutter contre
- 29:24les évictions des personnes aînées. On a un petit
- 29:26filet social qui s 'est tissé pour ne pas permettre
- 29:29des évictions des personnes aînées de 65 ans
- 29:33et plus qui sont à faible revenu. On est très
- 29:35fiers à un travail que j 'ai fait également avec
- 29:37des aînés de Verdun pour amener des cas à l 'Assemblée
- 29:39nationale. Mais là, ce qu 'on voit, c 'est une
- 29:43crise de la bordabilité. au lycée, je pense,
- 29:46pendant l 'été, des milliers d 'unités qui étaient
- 29:49encore disponibles un peu partout sur le territoire,
- 29:51et même en Montréal, et pendant ce temps -là,
- 29:54des gens qui ne sont pas capables de se trouver
- 29:56en logement, qui peuvent payer, et puis ça, c
- 29:58'est très important, qui peuvent payer. Et donc,
- 30:01sur quoi il faut, nous, on va continuer à martéler,
- 30:04c 'est comment on s 'attaque à ceci, comment
- 30:06on est capable de venir, puis oui, contrôler
- 30:10les hausses de loyer de façon réelle et juste.
- 30:14Parce que c 'est pas possible. Là, je veux dire,
- 30:18un quatre et demi sont rendus 1900, 2000 dollars.
- 30:22C 'est qu 'on fait ça comment? On fait ça comment,
- 30:24mais on renforce. On a un calcul autal qui donne,
- 30:31en fait, qui est suggestif plutôt qu 'il est
- 30:36renforcé, comme ça se fait ailleurs. Fait que
- 30:39comme on le fait, c 'est qu 'on dit que les hausses
- 30:42des loyers ne doivent pas dépasser l 'inflation,
- 30:45et ceci est une réglementé. Et par la suite,
- 30:50bien sûr. les propriétaires peuvent nous dire,
- 30:52parce qu 'il y a des petits propriétaires qui
- 30:53font, moi, je connais le mien, moi, je suis locataire
- 30:56à Verdun, ils vont faire des réparations, ils
- 30:58vont faire des travaux, puis OK, une fois qu
- 31:00'on dit la base, c 'est l 'inflation, bien, si
- 31:03le propriétaire justifie avec l 'État puis certains
- 31:05mécanismes, il peut y avoir une hausse au -delà,
- 31:08mais il faut mettre puis gêler, mettre un plafond
- 31:10à l 'inflation, parce que... Mais c 'est pas
- 31:11déjà le cas? Dans ça, je veux dire, il y a...
- 31:13Non, c 'est une suggestion. Bon, non, je sais,
- 31:15mais dans ce sens, si jamais t 'es pas d 'accord
- 31:16avec ton augmentation de loyer, tu peux aller
- 31:18devant le tribunal puis contester, puis là, il
- 31:20va y avoir une formule qui va être appliquée
- 31:22pour évaluer ça. Je comprends que... Oui, mais
- 31:23c 'est le fardeau sur le locataire. C 'est -à
- 31:26-dire, en ce moment, le fardeau est sur le locataire.
- 31:28Quand tu reçois ta hausse de loyer, moi, quand
- 31:30je reçois une puis je regarde, je demande mes
- 31:32preuves et tout, puis si je ne suis pas d 'accord,
- 31:34je peux la contester. Fait que c 'est à moi d
- 31:36'aller m 'outiller comme locataire puis aller
- 31:39devant l 'étal. Là, ce qu 'on veut, c 'est...
- 31:43retourner ça pis dire que la base c 'est l 'inflation,
- 31:46il faut le gêler à l 'inflation et après c 'est
- 31:49au propriétaire s 'il va venir chercher plus
- 31:51d 'argent, peut -être il y a les pièces justificatives
- 31:53pis peu importe, je dis pas qu 'il y a pas raison
- 31:55de le faire, mais aller devant le tal, aller
- 31:57chercher ceci et après le venir le négocier.
- 32:03Fait qu 'il y a des façons de faire je pense
- 32:04que pour mieux contrôler la hausse des loyers
- 32:06ça c 'est extrêmement important parce que Sans
- 32:11ça, les loyers continuent à augmenter et ça crée
- 32:15une disparité entre l 'augmentation et l 'augmentation
- 32:18des salaires. Quand ton loyer est frais de base,
- 32:22on va dire, il augmente plus vite que ce qui
- 32:24est ton revenu, là, tu n 'es plus capable de
- 32:27payer ton loyer, tu n 'es plus capable de payer
- 32:29une maison, tu n 'es plus capable de mettre des
- 32:30cotés de l 'argent pour peut -être acheter une
- 32:32maison plus tard ou un condo. Et ça, ça crée
- 32:34des... pas seulement des grandes inégalités,
- 32:36mais ça vient créer un fardeau, le loyer, le
- 32:39logement et la dépense la plus importante quand
- 32:43on vient voir ce qui stresse dans le coût de
- 32:44la vie. Après, il y a, si on regarde le coût
- 32:46de la vie, c 'est le prix de l 'épicerie, c 'est
- 32:48le frais, je parlais tout à l 'heure à l 'éducation,
- 32:51c 'est le frais que les parents doivent encore
- 32:53déverser. On est en plein rentrée scolaire, puis
- 32:55on le voit, le fardeau qui vient avec le frais
- 32:58d 'inscription aux écoles, le fardeau qui vient
- 33:01avec les lunchs dans nos écoles. les fardeaux
- 33:05qui viennent avec les transports scolaires, payer
- 33:08le midi, la surveillance, les services d 'égard.
- 33:13Tout ça, c 'est des trésors. Avant qu 'on aille
- 33:15sur l 'éducation, j 'imagine qu 'on revienne
- 33:16sur les loyers. Je comprends, je dis, les taux,
- 33:20les augmentations, mais ton 4 ,5 à 1900 $, tu
- 33:22le limites à 2%, il va rester à 1900 $. Il déposera
- 33:25pas. On fait quoi? Moi, le même matin, je me
- 33:28cherche un 4 ,5. Je comprends que la hausse de
- 33:31l 'année prochaine est bloquée, mais le 4 ,5
- 33:33est à 1900. Je comprends. Je fais quoi pour me
- 33:35loger aujourd 'hui si Québec solidaire veut m
- 33:38'aider? Après, il faut réalder l 'ensemble. C
- 33:42'est -à -dire, bien sûr, pour les personnes qui
- 33:44sont en plus faibles les revenus, ce qu 'on a
- 33:46toujours prôné, c 'est de hausser le salaire
- 33:48minimum par des personnes qui vivent avec le
- 33:50salaire minimum et qui payent des loyers avec
- 33:52le salaire minimum. C 'est extrêmement dur. Puis
- 33:56je le dis par expérience. Ma mère, après qu 'elle
- 33:58a quitté l 'aide sociale, elle a travaillé au
- 34:01salaire minimum. Puis je sais c 'est quoi. Je
- 34:03la voyais comme elle a deux jobs au salaire minimum
- 34:04pour être capable de payer les loyers pis l 'épicerie,
- 34:07là. Je veux dire, ça c 'était il y a une quinzaine,
- 34:11vingtaine d 'années où le prix de loyer était
- 34:13pas le même. Mais les loyers ont augmenté plus
- 34:15vite que les salaires. Fait qu 'il faut un rattrapage
- 34:17aussi au niveau du revenu. Fait que c 'est pour
- 34:19ça que nous on prône un revenu qui viable en
- 34:22salaire minimum. qui devraient commencer à 20
- 34:25$ de l 'heure pour venir donner un peu plus d
- 34:28'oxygène à ces familles -là. Ça, il y a celles
- 34:32qui gagnent en ce moment 17, 18 pièces de l 'art
- 34:34parce que ça existe en ce moment -là. Je les
- 34:36vois et ils sont à temps plein. On pense tout
- 34:38le temps que c 'est des temps partiels. Non,
- 34:39je les croise. Je croise les dames qui travaillent
- 34:42à nos épiceries de quartier, qui vivent avec
- 34:45ça. Puis je ne vous parle pas des personnes qui
- 34:47sont avec le dernier recours au lait social.
- 34:50Mais bref, il faut être capable d 'augmenter
- 34:52le salaire minimum pour ces personnes -là. Puis
- 34:54l 'enjeu aussi plus large, c 'est le manque d
- 34:57'élogement social. On ne manque rien de logement
- 34:59social parce qu 'il y a un désinvestissement
- 35:02historique dans la construction du logement social.
- 35:05Ce n 'est pas seulement sous la CAQ, ça date
- 35:07d 'avant. Après, la CAQ est venue mettre la hache
- 35:09sur des programmes qui venaient aider à la construction
- 35:12du logement social. Puis, on n 'est pas capable
- 35:16de le sortir de terre parce qu 'il manque du
- 35:18financement. pas seulement pour la construction,
- 35:20mais pour la planification. Moi, je suis de projet
- 35:23depuis mon élection à Verdun, ailleurs, et c
- 35:26'est que nos groupes qui ont l 'expertise puis
- 35:28la connaissance pour faire du logement social,
- 35:30ils sont pas capables d 'y arriver parce qu 'on
- 35:32finance pas toutes les étapes. comme il faut.
- 35:35Et ça, il faut se tourner vers ça. Encore une
- 35:37fois, c 'est renforcer le filet social quand
- 35:39on crée du logement social. Le gouvernement du
- 35:41Québec va essentiellement financer des logements
- 35:44sociaux. Est -ce qu 'il va le faire via les municipalités
- 35:46ou est -ce qu 'il va le faire directement? Il
- 35:48y avait un programme avant. Je ne vais pas m
- 35:51'avancer sur le nom qui prendrait un nouveau
- 35:52programme. Mais il y a des programmes qui venaient
- 35:56à l 'aide dès la planification jusqu 'à la construction
- 35:59du logement social pour les accélérer. Il faut
- 36:01mettre plus d 'argent là -dessus. L 'argent qui
- 36:04est là est insuffisant. Dans le dernier budget,
- 36:08je pense qu 'il y avait 1 000 unités promises
- 36:10pour l 'ensemble du Québec. C 'est rien. C 'est
- 36:14une joke comparée aux besoins. Si vous avez une
- 36:15idée de combien d 'unités vous voulez offrir...
- 36:17Là, en ce moment, nous, on suivrait les recommandations
- 36:21qui sont faites par les groupes qui sont en construction
- 36:25du logement social. C 'est une dizaine de milliers
- 36:27d 'unités. Je ne vais pas m 'avancer. Je n 'ai
- 36:28pas le chiffre. Non, c 'est correct. Une dizaine
- 36:30de milliers d 'unités. Puis, qu 'est -ce qui
- 36:33arrive avec le logement social? C 'est que c
- 36:34'est du logement qui est comme dit hors marché.
- 36:36C 'est -à -dire qu 'il n 'est pas... Les loyers
- 36:39sont mieux contrôlés. par des OBNL, des coopératives,
- 36:43et les personnes qui ont vraiment besoin de ce
- 36:45type de logements -là, ils vont aller avoir accès
- 36:48à ces logements et ça va libérer aussi d 'unités.
- 36:51Et en ce moment, on a quand même des unités de
- 36:54libre, mais ils sont très chers. C 'est ça notre
- 36:58projet. L 'objectif, si je comprends bien, c
- 37:00'est, je ne veux pas dire inonder, mais d 'envoyer
- 37:03significativement plus d 'unités sur le marché.
- 37:06pour que les gens à faible coût, à revenu modique
- 37:09puissent se déplacer là -dedans, libérer des
- 37:13logements ailleurs parce qu 'ils vont aller chercher
- 37:15des logements à revenu modique. Ça veut dire
- 37:18que globalement, le marché immobilier va baisser
- 37:21parce que les loyers vont être moins chers parce
- 37:23qu 'il y a moins de demandes. parce que les gens
- 37:25vont se relocuer là -dessus. Ça veut dire que...
- 37:26On en demande de l 'offre, mais on manque de
- 37:28l 'offre de logements sociaux et logements hors
- 37:31marché. Puis ça, ça vient aussi réguler à peu
- 37:33près. C 'est ça. Mais ça, ça veut dire... Puis
- 37:35ça, c 'est important de garder en tête. Ça veut
- 37:37dire que les propriétaires de bâtisse, par exemple,
- 37:39si leur loyer baisse, ça veut dire que la valeur
- 37:40de leur immobilier va baisser. Mais c 'est un...
- 37:43Vu que si on est dans les plus riches, on est
- 37:44corrects avec ça. parce qu 'on pense que l 'intérêt
- 37:47des locataires d 'avoir des logements abordables
- 37:50est plus important que l 'intérêt des propriétaires
- 37:53d 'avoir, disons, un immeuble plus cher, disons.
- 37:56En fait, ce n 'est pas une question de, comment
- 37:58je peux dire, de hiérarchie, de besoin, hiérarchie
- 38:00de... Les nécessités sont plus sur le niveau.
- 38:03... des intérêts, mais plutôt de regarder ce
- 38:05qu 'en ce moment, il y a une crise du logement.
- 38:06C 'est comme ça, personne peut le nier. C 'est
- 38:08sûr qu 'il y a des intérêts, là, je dirais. Oui,
- 38:10mais dans le sens qu 'ils sont les personnes
- 38:14qui sont perdantes en ce moment de la crise du
- 38:17logement. Il faut changer cette balance -là.
- 38:18Il faut changer cette balance -là, mais ça ne
- 38:19veut pas dire que les propriétaires vont arrêter
- 38:21de faire de l 'argent ou arrêter de construire.
- 38:22Ils vont en faire moins, c 'est ça, oui. Pas
- 38:24nécessairement, parce qu 'ils vont quand même
- 38:25recevoir leurs logements, comme les logements
- 38:29tels quelles pour la classe moyenne plus élevée.
- 38:32Ils vont avoir encore des condos à 3000 $ et
- 38:354000 $. les gens qui peuvent se payer. Mais l
- 38:38'enjeu en ce moment, c 'est que les plus en plus
- 38:41des gens qui sont dans la classe moyenne et qui
- 38:43travaillent, ils sont pas capables de se trouver
- 38:44un logement et ils sont pas capables de mettre
- 38:46l 'argent de côté pour acheter une maison. Fait
- 38:48que là, il faut regarder d 'un côté l 'offre
- 38:50en logement social, de l 'autre, être capable
- 38:53de plafonner les loyers, puis troisièmement,
- 38:55regarder, ça revient un peu à ce que je disais
- 38:57tout à l 'heure en train de l 'inégalité. Il
- 38:59faut renforcer notre filet social. pour que quand
- 39:01ça va mal, les personnes aillent différentes
- 39:04aides. C 'est -à -dire, je veux dire, si l 'école...
- 39:07C 'est une question de portefeuille, hein? Si
- 39:09l 'école commence à me coûter moins cher, puis
- 39:11je dépense moins pour les sorties scolaires qui
- 39:15coûtent de l 'argent, pour les lunchs dans les
- 39:18écoles, pour les services des gardes, une famille
- 39:21capable de mettre cet argent -là ailleurs, que
- 39:24ce soit dans le logement, mais aussi peut -être
- 39:27mettre des côtés pour être capable d 'acheter
- 39:28quelque chose. C 'est ça qu 'on vit. en ce moment.
- 39:32Moi, je crois que c 'est la majorité des Québécois.
- 39:34Quand je croise les gens dans la rue à Verdun,
- 39:36c 'est de ça qu 'ils me parlent. À Verdun, c
- 39:38'est 60 % et plus de personnes qui sont locataires.
- 39:41Les gens me parlent de ça. Puis les personnes
- 39:43qui sont propriétaires me disent, bien eux aussi,
- 39:45on a la misère à payer leur hypothèque. Puis
- 39:48quand on n 'est pas capable de payer l 'habitation,
- 39:52pas seulement le logement, bien où est -ce qu
- 39:53'on va couper? dans la nourriture. Et c 'est
- 39:56pour ça qu 'on voit de plus en plus des familles
- 39:59qui sont en insécurité alimentaire, parce que
- 40:01le poste des dépenses qui est plus flexible,
- 40:05malheureusement, c 'est l 'alimentation. Oui,
- 40:09mais ça je le comprends, c 'est juste que, puis
- 40:12juste clarifier peut -être ma précision là, c
- 40:16'est que si moi j 'ai un immeuble, j 'ai quatre
- 40:18logements, puis mes logements sont en 1900 dollars
- 40:20par logement. Puis que l 'objectif de Québec
- 40:23Soldats, qui est un objectif, je ne dis pas qu
- 40:25'il n 'est pas louable, juste que c 'est l 'objectif
- 40:26que je comprends, c 'est d 'offrir plus de logements
- 40:29pour que les loyers baissent. Ça veut dire que
- 40:31moi, mon immeuble, mes trois logements ne valent
- 40:33plus 1 900, ils valent 1 700, 1 600, 1 500. Ça
- 40:36veut dire que les revenus comme propriétaires
- 40:38que je vais potentiellement avoir vont baisser.
- 40:41Ça veut dire que ma bâtisse qui est évaluée en
- 40:43multiples du nombre de loyers va baisser. Ça
- 40:46fait que ce qu 'on fait à travers ça, puis je
- 40:48ne dis pas que ce n 'est pas normal. Je comprends.
- 40:49Je vais juste expliquer comment moi je le comprends.
- 40:52Je comprends. Ce qu 'on fait, c 'est qu 'on fait
- 40:53un transfert de richesses ou un transfert de
- 40:56moyens financiers entre les propriétaires qui
- 40:59actuellement sont favorisés par le système actuel,
- 41:01qui ont des loyers qui peuvent augmenter, qui
- 41:03sont plus élevés et qui ont une meilleure accumulation
- 41:05de richesses à travers leur immeuble, vers les
- 41:07gens qui sont moins antiques qu 'eux autres vont
- 41:09avoir. C 'est un transfert de richesses. La situation
- 41:13là -dedans, par exemple, c 'est que si jamais
- 41:15tu as acheté un immeuble à 1 million, puis tu
- 41:16as 25 000 de revenus à travers avec cet immeuble
- 41:19à 1 million -là, puis que tes loyers soudainement
- 41:22baissent de 10 ou 15 %, ça te fait 10 à 15 %
- 41:24de moins d 'argent dans tes poches pour payer
- 41:25ton hypothèque. Je comprends le raisonnement.
- 41:29Je ne pense pas que ce qu 'on fait en ce moment
- 41:31va aller jusqu 'à une baisse de 10 à 15 %. Je
- 41:34vais quand même faire attention. C 'est une petite
- 41:35baisse. Mais il faut regarder aussi que... quand
- 41:39on dit un contrôle de loyer, puis il n 'est pas
- 41:41augmenté au -delà de l 'inflation. Non, mais
- 41:43les contrôles, je comprends, mais c 'est la portion
- 41:44logement social, puis baisser les prix des loyers.
- 41:47La CAQ nous dit, puis tout le monde, même la
- 41:50CAQ le dit que c 'est une question d 'offre et
- 41:52demande. Même la CAQ nous le dit, je veux dire,
- 41:56je pense qu 'elle plus largement la réflexion
- 41:58à avoir, c 'est que le logement devrait être
- 42:01un droit. Oui, puis c 'est un objectif qui est
- 42:03totalement louable. Je pense qu 'on est en aide
- 42:05avec ça. Quand on le définit comme un droit,
- 42:10en ce moment, on repose seulement sur des entreprises
- 42:13privées pour offrir, en grande majorité par des
- 42:18entreprises privées, pour offrir du logement.
- 42:21Alors, il faut être capable d 'avoir une option
- 42:23qui n 'a pas seulement des intérêts privés. en
- 42:26tête, c 'est les OBNL, c 'est les cas en habitations,
- 42:29que c 'est des entreprises, certaines, mais qui
- 42:31n 'ont pas d 'objectif de faire du profit, mais
- 42:34juste avoir du logement hors marché. On en a
- 42:37besoin de plus pour venir équilibrer. il va toujours
- 42:40avoir du privé, les personnes vont continuer,
- 42:43les grandes groupes en immobilier. Mais c 'est
- 42:45toujours un trade -off. Il va peut -être avoir
- 42:47une baisse pour eux en termes de revenus, mais
- 42:49je pense que collectivement, on gagne plus. Mais
- 42:51c 'est correct. Je pense que c 'est totalement
- 42:53noble et légitime. Je vais donner un autre exemple,
- 42:56la taxe sur le gain en capital sur les résidences
- 42:58principales. Je pense que dans cette philosophie
- 43:02-là, puis je ne dis pas que c 'est ce que Québec
- 43:03solidaire promet, je vais juste dire au niveau
- 43:04de la philosophie. Au niveau de la philosophie
- 43:07de redistribution de la richesse, le fait que
- 43:09les maisons soient pas imposées, les résidences
- 43:12principales soient pas imposées, c 'est une incohérence
- 43:16systémique du fait que quelqu 'un qui a des actions
- 43:19à la bourse, ça va être imposé. Quelqu 'un qui
- 43:21a une maison, ça sera pas imposé. C 'est tous
- 43:23les deux un investissement. Le locataire a pas
- 43:25accès à cette protection -là, mais le propriétaire
- 43:27d 'une maison, lui, sa maison résidence principale
- 43:30qui a probablement pris 20, 30, 40, 50 % de valeur
- 43:33dans les dernières années. Lui, il n 'est pas
- 43:36imposé sur le gain en capital là -dessus. C 'est
- 43:38une incohérence. Mais au niveau politique, d
- 43:40'arriver puis taxer ça. Exact. Parce qu 'il y
- 43:42a des choses qu 'on peut réaliser une certaine
- 43:44logique, mais après, on fait des choix de société.
- 43:46On a fait des choix de société pour lesquels
- 43:47on est pour, c 'est -à -dire d 'exclure dans
- 43:50le gain en capital les... C 'est -à -dire quelqu
- 43:53'un de maison d 'un million, puis lui va faire
- 43:56700 000 de gain en capital, puis on va dire,
- 43:58toi, c 'est correct, mais la personne à côté
- 44:00qui a fait ce même argent -là à la bourse, ça,
- 44:02c 'est pas correct. puis le locataire à côté
- 44:04n 'aura pas accès à cette exemption en gain capital.
- 44:06Mais je comprends qu 'au niveau politique, comment
- 44:08ça taxer les maisons des gens quand je pense
- 44:10à deux tiers des gens ou des maisons. Pour moi,
- 44:12c 'est plus... Je comprends qu 'au niveau politique,
- 44:15mais au niveau social, encore une fois, c 'est
- 44:17les choix de société qu 'on fait. C 'est de dire
- 44:20qu 'on accepte ceci parce que ça permet de protéger
- 44:23des personnes à habiter chez eux. Et ça, c 'est
- 44:26un exemple. Mais bien sûr, il y a d 'autres exemples
- 44:29dans lesquels... C 'est comme la maison à 1 ,5
- 44:30million à Westminster, qu 'il n 'y aura pas de
- 44:31gain en capital sur la résidence principale.
- 44:35Si c 'est la résidence principale. Mais ailleurs,
- 44:37en fait, si on veut aller là sur les gains en
- 44:40capital, je pense qu 'on est capable d 'élargir
- 44:43cette notion, puis aller chercher plus en incluant
- 44:46les gains en capital. Puis ma collègue Rue Bagassal
- 44:49avait aussi parlé de ça, c 'est -à -dire d 'inclure
- 44:52à 100 % pour les grands spéculateurs. les grands
- 44:56propriétaires immobiliers qui n 'ont pas une
- 44:58maison, mais ont plusieurs. Je ne connais pas
- 45:02les modalités, mais pour les spéculateurs, c
- 45:05'est déjà... C 'est la déclaration, c 'est déclaré.
- 45:06En fait, ce qui arrive avec un gain en capital,
- 45:08c 'est que ce n 'est pas déclaré de la même façon
- 45:11qu 'un gain de revenus. C 'est -à -dire que quand
- 45:13une personne gagne 60 000 $, elle va mettre à
- 45:17la fin de l 'année 60 000 $. Si une personne
- 45:20fait un gain en capital qui dépasse 250 000 $,
- 45:24des 100 000 $, il va mettre dans sa déclaration.
- 45:2850 000 $. C 'est -à -dire, on déclare seulement
- 45:31la moitié du gain en capital. Et donc, il y a
- 45:34beaucoup de gains en capitaux, donc en gains
- 45:36des ventes d 'actifs, qui ne sont pas inclus.
- 45:38Oui, mais c 'est de l 'argent qui a déjà été
- 45:39imposé, par exemple. Parce que moi, quand j 'ajoute
- 45:41un immeuble, c 'est avec de l 'argent après impôt.
- 45:43Pas nécessairement, c 'est ce que... Oui. Pas
- 45:45nécessairement, c 'est des... En fait, ailleurs,
- 45:47on avait déjà des taux d 'imposition plus larges,
- 45:49en Québec. On a déjà, ailleurs dans le monde,
- 45:52il y en a des plans sur ce que c 'est. Non, non,
- 45:53mais dans ça, je veux dire, l 'argent qu 'on
- 45:56utilise pour acheter un... Disons, moi... le
- 45:58matin, je vais investir dans des actions ou dans
- 45:59un immeuble. C 'est de l 'argent sur lequel j
- 46:02'ai déjà payé de l 'impôt, que j 'utilise pour
- 46:04acheter. Si je m 'ajoute un immeuble, c 'est
- 46:07pas de l 'argent avant impôt, c 'est de l 'argent
- 46:08après impôt. Mon employeur me verse un salaire.
- 46:10Je comprends. Dans ces cas -là, si l 'argent
- 46:13vient directement de votre salaire, oui. Mais
- 46:16ce qu 'on voit de plus en plus, et là, ça remet
- 46:18dans ma discussion de... disparité en termes
- 46:22de patrimoine, c 'est qu 'il y a des personnes
- 46:24qui ne reçoivent plus de salaire et qui font
- 46:26que des gains en capitaux. Mais sur l 'argent
- 46:28sur lequel il y a déjà eu des impôts? Parce que
- 46:31pour avoir des gains en capitaux, il faut faire
- 46:33des investissements. Il y a des dizaines de cinquantaines
- 46:35d 'années. Je veux dire, je vais donner un exemple.
- 46:38Une personne qui est née avec une grande fortune
- 46:40de millions de dollars et qui décide de ne jamais
- 46:42travailler dans sa vie pour un salaire. Ces millions
- 46:46-là, elle les a hérités. avec droit, bien sûr.
- 46:48Mais si, mais c 'est imposable. Je veux dire,
- 46:50pour tes enfants, la succession est imposable.
- 46:52Bien sûr, la succession est imposable. Mais elle
- 46:54n 'est pas imposable. Encore une fois, les gains
- 46:56en capitaux ne sont pas imposés de la même façon
- 46:59que des revenus. Et ça, c 'est quelque chose
- 47:01qu 'il faut comprendre en Québec. La personne
- 47:03qui travaille déclare 100 % de son salaire. La
- 47:06personne qui est chez elle sur son ordinateur
- 47:09et qui fait des gains en bourse pendant deux
- 47:12heures de son temps pendant une semaine, je vais
- 47:13vous donner un exemple. on va juste l 'imposer
- 47:15sur 50 % de ces gains -là. Si c 'est pas du revenu
- 47:18d 'entreprise, c 'est du revenu d 'investissement
- 47:20en capital, à long terme, dans le perspectif
- 47:23de fraquoir. Exactement. Fait qu 'on parle de
- 47:25spéculateur, ça dépend, n 'importe qui qui a
- 47:27un fonds de pension. Puis là, je comprends que
- 47:29si c 'est dans le réel, il est protégé, mais
- 47:31si on a vu de l 'accumulation en réel, ça ne
- 47:32l 'est pas. Puis il n 'y a pas juste des spéculateurs
- 47:34boursiers qui ont des actions à la bourse. Non,
- 47:36non, non, parce que quand j 'ai donné l 'exemple,
- 47:39puis c 'était ça notre proposition, c 'est d
- 47:42'élargir. l 'inclusion du gain en capital pour
- 47:45les grandes spéculateurs immobiliers qui ont
- 47:48des dizaines, des centaines, des portes. Mais
- 47:51ce n 'est pas nécessairement des spéculateurs,
- 47:52c 'est des investisseurs immobiliers. Oui, mais
- 47:54qui aussi profitent en ce moment de la spéculation,
- 47:56c 'est -à -dire qu 'ils gardent des logements
- 47:58vacants. Non, mais de dire que quelqu 'un...
- 48:02J 'aimerais ça qu 'on parle un peu de souveraineté.
- 48:05Oui, bien sûr. Mais c 'est juste que... Je comprends
- 48:09le concept d 'élargir le gain en capital. Je
- 48:11pense que c 'est un débat qu 'on peut avoir.
- 48:13Est -ce que le 50 % c 'est le bon 50 %? Il a
- 48:16déjà été à 75, il a déjà été à 66, le fédéral
- 48:18l 'avait proposé. On peut avoir un débat là -dessus.
- 48:20Mais de dire que des gens qui investissent sont
- 48:22des spéculateurs parce qu 'ils investissent des
- 48:24dizaines ou des centaines de milliers de dollars,
- 48:26de millions de dollars, je pense que c 'est de
- 48:28caractériser des gens qui investissent dans notre
- 48:30économie et de la fonds développés. On peut être
- 48:32d 'accord ou pas avec la façon dont ils sont
- 48:33utilisés, mais de les appeler des spéculateurs
- 48:35juste parce qu 'ils ont de l 'argent. Je pense
- 48:38que c 'est une qualification. C 'est pas la généralisation
- 48:41que je fais. On va augmenter l 'impôt sur les
- 48:43grands spéculateurs. Parce qu 'il faut faire
- 48:45une différence. Il y a des personnes qui investissent,
- 48:47bien sûr, comme l 'argent qu 'ils ont mis de
- 48:49côté toute leur vie, puis ils vont en acheter
- 48:50un. Quelqu 'un qui investit 100 millions de dollars,
- 48:52c 'est pas nécessairement un spéculateur, ça
- 48:54peut être un investisseur. Quelqu 'un qui construit
- 48:55un centre d 'achat. Je comprends la définition.
- 48:58Il existe des investisseurs, mais il faut pas
- 49:01nier qu 'à ce moment, il y a de la spéculation
- 49:03qui se fait. Puis des spéculateurs immobiliers,
- 49:05ils existent. aussi. Puis on le voit, de plus
- 49:10en plus, des grandes compagnies d 'immobilier
- 49:13ont, captent et possèdent un plus grand parc.
- 49:18Donc, il y a quand même une accumulation. Deuxièmement,
- 49:21une spéculation, c 'est quoi? C 'est d 'être
- 49:23capable de voir selon le marché à leur propre
- 49:27profit. C 'est ça la spéculation. On voit des
- 49:29logements vacants qui sont vacants. pour dire
- 49:33qui va me payer plus. Puis pendant ce temps -là,
- 49:36le logement est tout le temps vacant. Puis on
- 49:37cherche quelqu 'un qui va payer peut -être 500
- 49:39$ de plus. C 'est de la spéculation. Ça existe.
- 49:41C 'est de gérer une entreprise, là. Je veux dire
- 49:43quand même. Mais ça existe. C 'est la spéculation,
- 49:45pareil. C 'est une stratégie de gestion d 'entreprise.
- 49:47C 'est peut -être une stratégie d 'investissement,
- 49:49mais on peut pas nier qu 'elle existe. Je suis
- 49:50pas en train de dire que tous les investisseurs
- 49:52sont des spéculateurs, mais la stratégie de spéculation,
- 49:54elle existe en ce moment. Elle crée des inégalités.
- 49:57Puis moi, je le vois, je donne un exemple le
- 50:00même qui affecte... d 'autres entreprises, puis
- 50:04je prends une petite parenthèse là -dessus, mais
- 50:06moi je le vois vers d 'un, des entreprises qui
- 50:09ne sont pas capables de rester sur des rues commerciales
- 50:12parce que des propriétaires qui font de la spéculation,
- 50:16pas tous les propriétaires, mais il y a des propriétaires
- 50:18qui font de la spéculation, vont ne pas renouveler
- 50:22des baux commerciaux. parce qu 'ils veulent attirer
- 50:25des gens qui vont payer plus. C 'est ça leur
- 50:27stratégie d 'investissement. Et ces stratégies
- 50:30-là viennent même nuire à l 'investissement d
- 50:34'un autre petit commerçant, d 'un autre côté
- 50:38d 'entreprises, pas seulement sociales, de proximité,
- 50:41à petite taille, qui sont au cœur de notre développement
- 50:44économique. Donc, la spéculation, elle existe,
- 50:46et puis en ce moment, elle favorise... C 'est,
- 50:50selon moi, une poignée de personnes qui, plus
- 50:52on a des actifs, plus on peut acquérir des actifs.
- 50:55Ça, c 'est la base en termes d 'économie. Mais
- 51:00là, il faut être capable de regarder ça en face
- 51:02puis de se dire qu 'est -ce qu 'on fait socialement
- 51:04pour freiner de cette stratégie et mieux répartir
- 51:07la richesse. Merci d 'avoir pris le temps d 'expliquer
- 51:10ça. Je pense que c 'est une discussion intéressante,
- 51:11puis c 'est pas une discussion qui est beaucoup,
- 51:13je trouve, présente dans l 'espace médiatique
- 51:15là -dessus. J 'aimerais ça qu 'on parle avant
- 51:18de terminer de souveraineté. Oui. J 'aimerais
- 51:21ça savoir c 'est quoi la différence entre le
- 51:23projet... de souveraineté telle qu 'il est mis
- 51:26de l 'avant, parce que je sais que vous avez
- 51:27fait un manifeste que j 'ai eu l 'occasion de
- 51:29lire. Mais c 'est quoi la différence entre la
- 51:31vision Québec -Solidaire de la souveraineté par
- 51:33rapport à la vision de celle du Parti québécois,
- 51:34par exemple? En fait, en Québec -Solidaire, on
- 51:38a toujours été dans nos racines, puis nous sommes
- 51:41encore indépendantistes. Et je pense que notre
- 51:45vision, là où ce qu 'elle dit faire peut -être,
- 51:47elle dit faire d 'autres, c 'est de voir l 'indépendance
- 51:50comme un projet de société. un projet de société
- 51:53qui est inclusif et qui vient bâtir un pays avec
- 51:58et pour toutes les personnes qui occupent le
- 52:00territoire québécois. D 'abord et avant tout,
- 52:03en étant en relation des nations à nations avec
- 52:05nos peuples autochtones, avec nos nations autochtones.
- 52:08C 'est extrêmement important parce que c 'est
- 52:10d 'abord, avant tout, les premiers peuples qui
- 52:11ont été ici et qu 'il faut être capable, quand
- 52:14on se penche vers un nouveau pays, de repenser
- 52:18puis de rétablir des nouvelles relations justes,
- 52:21équitables, décoloniales avec ces peuples -là.
- 52:24Pour moi, l 'indépendance du Québec, puis je
- 52:27pense que c 'est notre vision solidaire, c 'est
- 52:30que ça doit être un projet, un projet de société.
- 52:34C 'est -à -dire que si on doit, puis je pense
- 52:37que le Québec est capable d 'avoir tout... plus
- 52:40de moyens pour choisir par nous -mêmes, mais
- 52:42c 'est pas se faire imposer une vision, une vision
- 52:46qui n 'est pas la nôtre. On a parlé peu d 'environnement
- 52:48à date. Une des raisons pour laquelle je suis
- 52:51en politique, c 'est aussi pas seulement que
- 52:53c 'est une inégalité, mais avec les inégalités,
- 52:56l 'effet environnemental. Puis on le voit, on
- 53:01l 'a vu dans le passé, puis je pense qu 'on le
- 53:02voit tout récemment avec le projet MarineVest.
- 53:05Comment, pour moi, c 'est des étrangers qui ne
- 53:07sont pas les nôtres, des intérêts qui ne sont
- 53:09pas les nôtres, qui sont du Canada pétrolier,
- 53:13qui nous sont imposés, puis pour lesquels on
- 53:15n 'a pas tous les leviers puis le pouvoir de
- 53:18dire est -ce qu 'on veut ou pas, est -ce que
- 53:20c 'est notre projet national ou pas? En étant
- 53:23un pays, ça nous donne ces leviers -là de construire
- 53:26quelque chose, pas seulement défendre nos droits
- 53:29collectifs puis le pouvoir collectif, dont notre
- 53:31filet social, nos services publics, avoir un
- 53:33pays plus inclusif et aussi d 'être décidé par
- 53:37nous -mêmes ce qui se fait sur notre territoire.
- 53:39Les ressources naturelles, nos pêches, comment
- 53:43on veut profiter collectivement. Je pense qu
- 53:45'on a fait des grands pas comme nation déjà,
- 53:48mais je pense qu 'il y a une étape de plus à
- 53:49faire et le faire comme pays. Puis moi, j 'ai
- 53:52reçu Jocelyn Caron il y a quelques semaines.
- 53:54Son épisode est sorti il y a deux semaines. Puis
- 53:56je pense qu 'une des raisons essentielles, disons,
- 54:00pour la souveraineté pour le Parti québécois,
- 54:02c 'est vraiment une question identitaire. C 'est
- 54:04une question de survie de la nation canadienne
- 54:09française au Québec. Et un des outils qui est
- 54:13beaucoup critiqué par les souverainistes, c 'est
- 54:14la Charte canadienne des droits et libertés,
- 54:16qui est trop progressiste à leur sens. Est -ce
- 54:22que un Québec souverain aurait une charte équivalente
- 54:27à une charte canadienne des droits et libertés
- 54:29ou est -ce qu 'on, essentiellement, on laisserait
- 54:32au gouvernement en place les soins de décider,
- 54:36ce serait quoi les barèmes, disons, des protections
- 54:38pour les minorités? On a une charte au Québec,
- 54:42la charte québécoise, que je pense qu 'on comme
- 54:44Québécois, on devrait tous et toutes être très,
- 54:46très fiers, une charte aussi progressiste. et
- 54:49qu 'elle a inspiré même la Charte canadienne.
- 54:52Je pense que cette Charte -là, on l 'oublie,
- 54:53on ne lui donne pas assez de pouvoirs ni de valeurs.
- 54:56Je pense qu 'elle existe déjà et qu 'on doit
- 54:58s 'appuyer sur cette Charte -là pour se gouverner
- 55:01au Québec, pour défendre les droits de tout le
- 55:02monde, tant individuels que collectifs. Dans
- 55:06les débats constitutionnels qu 'on a eus au Québec,
- 55:09souvent, on... On a fait extraire, là, en tout
- 55:14cas, j 'ai le mot, les dites clauses d 'horatoire
- 55:18de la charte fédérale, mais automatiquement,
- 55:20on l 'a faite aussi de notre charte, de notre
- 55:23propre charte provinciale. C 'est une aberration.
- 55:27Je pense qu 'on a déjà cet outil -là au Québec
- 55:30qu 'on doit chérir et que ça, pour moi, c 'est
- 55:33la pierre angulaire d 'un Québec pays et un Québec
- 55:37indépendant qui est capable de donner et respecter
- 55:39les droits de tout le monde. Oui, le Québécois
- 55:42au Québec, je veux dire, moi, je ne suis pas
- 55:44née ici. Moi, je suis devenue Québécoise. Je
- 55:47n 'ai pas le même rapport au pays, peut -être
- 55:49des personnes qui sont ici depuis des générations
- 55:51des Canadiens français. Dans ma tête, tu es aussi
- 55:54Québécoise. Exactement. Mais quand j 'ai dit
- 55:56ça, c 'est que moi, j 'ai la raison pour laquelle
- 55:58je suis tombée en amour avec le Québec, puis
- 56:00j 'ai le goût de défendre, puis j 'ai le goût
- 56:02de défendre les gens qui habitent et vraiment
- 56:05me projeter avec eux vers un projet de pays.
- 56:08C 'est parce que je sais qu 'on a au Québec des
- 56:10valeurs qui sont fondamentales, puis c 'est nos
- 56:12valeurs collectives. J 'ai révié nos choix de
- 56:14société qu 'on a faites. Ça fait en sorte que
- 56:16des personnes comme moi se sont rendues beaucoup
- 56:19plus loin que j 'aurais cru en mettant un pied
- 56:21ici. Et je pense que, pour moi, un pays, c 'est
- 56:27celui qui défend ses droits collectifs, défend
- 56:29tout le monde ou tout le monde en sa place. On
- 56:31défend notre langue, oui, notre culture, mais
- 56:34aussi qui ouvre les bras à tout le monde. Donc
- 56:37n 'importe qui qui décide de devenir Québécois
- 56:39peut l 'être, qu 'on soit nés au Pérou, qu 'on
- 56:42soit nés en Matane, qu 'on soit nés un peu partout,
- 56:45qu 'on soit aussi anglophones historiques de
- 56:49la communauté anglophone ici. C 'est des personnes
- 56:51qui pour moi sont Québécoises d 'expression anglaise.
- 56:54Ils ont leur place dans le Québec pays. Est -ce
- 56:58que, puis là c 'est peut -être un peu trop sémantique
- 57:00comme débat, mais si t 'es à l 'aise de répondre,
- 57:02est -ce qu 'on y va avec une charte? un peu à
- 57:06la modèle canadienne, dans le sens imbriqué dans
- 57:09la Constitution, comme une super loi. Et si oui,
- 57:16est -ce qu 'on a une clause de regatoire ou est
- 57:19-ce que le dernier mot est au niveau des tribunaux?
- 57:21Peut -être, je n 'irai pas à ce détail -là parce
- 57:25que je pense que notre charte est une pierre
- 57:28angulaire, mais aussi le fait de... C 'est le
- 57:32Parlement qui devrait décider en dernier recours
- 57:34ou c 'est les tribunaux? Non, je pense qu 'il
- 57:35faut avoir un meilleur équilibre entre nos différents
- 57:38pouvoirs. Parce que si on devient un pays, on
- 57:40doit avoir une république. Pour moi, c 'est un
- 57:43projet de république dans lequel il y a une meilleure
- 57:45répartition et une meilleure équilibre entre
- 57:47les pouvoirs qui sont exécutifs et législatifs.
- 57:49Oui, parce que sinon, tu as une charte et le
- 57:50gouvernement peut juste passer des... Oui, et
- 57:52comme on le voit ailleurs dans les républiques,
- 57:54donc pouvoirs exécutifs, pouvoirs législatifs,
- 57:56pouvoirs judiciaires, les trois doivent être...
- 58:00des contre -pouvoirs là -dedans. Je pense que
- 58:04là -dessus, je pense qu 'on est d 'accord. Le
- 58:06projet de Québec solidaire, c 'est l 'écriture
- 58:09d 'une constitution par une assemblée constituante,
- 58:11c 'est -à -dire un... Avant le référendum? Avant.
- 58:13OK. Avant. Pour nous, c 'est une étape avant,
- 58:16pour être capable de rallier les gens à un projet
- 58:18pays, pour écouter tout le monde, pour prendre
- 58:20les considérations. Puis c 'est des exercices
- 58:22qui sont faits ailleurs. C 'est pas... On l 'a
- 58:24pas inventé, ça. Puis qu 'est -ce que ça... Il
- 58:27y a des constitutions qui ont été récrites comme
- 58:29ça et qui ont augmenté les droits. des gens,
- 58:34des droits collectifs sociaux, de la reconnaissance.
- 58:37Là, je parlais un peu de droit de logement, droit
- 58:40à l 'environnement, le droit des peuples autochtones,
- 58:43le droit de nos communautés dites minoritaires,
- 58:45que ce soit les Québécois à l 'expression anglaise.
- 58:47Je pense que là, ça nous ouvre la porte à venir
- 58:50construire puis ficeler l 'avenir d 'un pays.
- 58:55Puis par la suite, oui, avoir un référendum,
- 58:57si les gens l 'acceptent ou pas. Parce que moi,
- 58:59puis dernière petite question là -dessus, puis
- 59:00je sais pas si vous êtes déjà prononcé là -dessus.
- 59:03Je pense que le projet en 95, puis le projet
- 59:06du Parti québécois maintenant, c 'est vraiment
- 59:08référendum, puis après ça on s 'organisera. Ma
- 59:11compréhension du projet solidaire, c 'est de
- 59:13dire, faisons le travail avant pour s 'assurer
- 59:15qu 'on a établi le pays qu 'on veut avoir. Et
- 59:18après ça, votons là -dessus. Est -ce que c 'est
- 59:23des visions qui sont compatibles? ou comme le
- 59:25Paul -Saint -Pierre Plamondon dit, faites -vous
- 59:28en pas, faites -moi confiance. Faites juste,
- 59:30on va faire le référendum et après ça on s 'organisera.
- 59:33Est -ce que vous êtes à l 'aise avec ça? Vous
- 59:36amènez vers la souveraineté ou vous préférez
- 59:38vraiment avoir la construction d 'avant? Il y
- 59:39a une raison pour laquelle on existe, parce qu
- 59:41'on veut, on a notre vision qui est propre de
- 59:44l 'indépendance. En ce moment, ce que je trouve
- 59:48dommage quand j 'entends des discours d 'autres
- 59:51souverainistes, que ce soit dans le Parti québécois
- 59:53ou ailleurs, parce qu 'ils ne sont pas seulement
- 59:54en Parti québécois, c 'est justement de limiter...
- 59:59le projet de l 'indépendance, un projet... On
- 1:00:03veut partir de chez nos parents, c 'est juste
- 1:00:04ça, être autonome, c 'est tout. Seulement...
- 1:00:07L 'indépendance, elle ne fait pas juste pour
- 1:00:08faire l 'indépendance. Il faut qu 'elle soit
- 1:00:10jumelée avec... Pour moi, avec un projet de société,
- 1:00:13c 'est un levier. L 'indépendance, c 'est un
- 1:00:15levier. Puis c 'est pas mettre des conditions.
- 1:00:17Moi, je le dis tout le temps, c 'est avoir des
- 1:00:19attentes claires de pourquoi on est en train
- 1:00:21de faire ça. Oui, c 'est parce que l 'indépendance,
- 1:00:22c 'est un moyen pour vous, tandis que pour eux
- 1:00:24autres, c 'est une fin. C 'est pas la fin en
- 1:00:28soi, mais c 'est le moyen, c 'est notre tremplin.
- 1:00:31Je pense que c 'est comme ça qu 'il faut voir
- 1:00:32l 'indépendance, c 'est comme un tremplin pour
- 1:00:34aller plus loin. Puis là -dedans, dans ce tremplin
- 1:00:37-là, une des bases, ça doit être cette ouverture.
- 1:00:42Puis avoir un discours inclusif où tout le monde
- 1:00:44trouve sa place. Quand je vois des indépendantistes
- 1:00:46pointer du doigt les personnes émigrantes, quand
- 1:00:49on dit pourquoi la crise du logement existe parce
- 1:00:52qu 'il y a trop de personnes émigrantes, pour
- 1:00:54moi, ça vient en contre de se... de bâtir un
- 1:00:58nous qui est solide. pour créer un projet qui
- 1:01:01va plus loin. Moi, ça, ça me blesse et je trouve
- 1:01:04ça inacceptable parce que ça, ça veut dire qu
- 1:01:07'on n 'est pas en train de regarder non plus
- 1:01:08les causes qu 'on parlait tantôt, le logement
- 1:01:10et les inéquités, mais c 'est aussi de se dire
- 1:01:14qu 'on veut pas un pays qui exclut, mais un pays
- 1:01:16qui bâtit comme une république où tout le monde
- 1:01:18a le droit d 'y être déconnés sur le territoire
- 1:01:22québécois. Puis moi, je suis un fédéraliste quand
- 1:01:24même plus loin sur le spectre. Je pense pas qu
- 1:01:27'il y ait des circonstances dans lesquelles je
- 1:01:28va très oui pour un... référendum, mais pour
- 1:01:30connaître des fédéralistes plus ouverts d 'esprit,
- 1:01:34disons, je pense que votre approche aurait plus
- 1:01:39de chances de les convaincre avec voici où est
- 1:01:45-ce qu 'on s 'en va. dans un Québec souverain,
- 1:01:48parce qu 'il y a beaucoup de ces gens -là qui
- 1:01:49sont progressistes, il y a beaucoup de ces gens
- 1:01:50-là qui ont peur de perdre des outils de protection
- 1:01:53des droits des minorités qu 'on a actuellement.
- 1:01:55Fait que de dire, voici la charte d 'un Québec
- 1:01:57pays. Je pense que plus de fédéralistes... plus
- 1:02:01soft, disons, ou moins convaincu qu 'ils seraient
- 1:02:03plus ouverts à ça, puis dire, OK, bien, on va
- 1:02:04voter sa constitution, puis après ça, on va aller
- 1:02:06vers l 'indépendance, puis dire, bien, je fais
- 1:02:08un chèque en blanc, puis je vais, mais, tu sais,
- 1:02:10je comprends que, tu sais, de l 'autre bord,
- 1:02:12les souverainistes du PQ vont dire, bien là,
- 1:02:14tu sais, on se divise, puis là, s 'il y en a
- 1:02:16qui veulent les payer de droite, ils ne vont
- 1:02:18pas sur une charte de gauche, puis ça, tout ça.
- 1:02:19Oui, mais ça aussi, je pense que c 'est important
- 1:02:22en ce moment, plus que jamais, au Québec, de
- 1:02:25créer des ponts. Créer des ponts, peu importe
- 1:02:27ce qu 'on est dans l 'espect politique, mais
- 1:02:29même pour le moins souverainiste en soi, il faut
- 1:02:31qu 'on crée des ponts, qu 'il faut qu 'on soit
- 1:02:32à l 'écoute, puis qu 'on ne saura pas de se parler.
- 1:02:34Puis je pense que je le vois pas comme un aspect
- 1:02:36là, mais puis moi je le vois d 'autant dans ma
- 1:02:39circonscription ou partout où je suis, les gens
- 1:02:42savent que je suis indépendantiste, puis même
- 1:02:45avec les personnes qui ne les sont pas, on a
- 1:02:47ces dialogues, on crée des ponts. On s 'est reconnus
- 1:02:50et on est capables de défendre les droits des
- 1:02:53autres. Dès qu 'on voit un projet de société
- 1:02:57qui défend les droits de tout le monde, tout
- 1:03:01le monde, les gens vont se sentir inclus. C 'est
- 1:03:03pour ça qu 'il y a Québec solidaire. C 'est comme
- 1:03:05ça qu 'on va à l 'indépendance, parce que ça
- 1:03:06nous permet de rallier les gens plutôt que de
- 1:03:09délimiter qu 'ils sont avec nous ou contre nous.
- 1:03:11Bien, merci beaucoup pour le temps, puis je pense
- 1:03:13que les gens ont vu que je ne suis pas d 'accord
- 1:03:15à savoir ça avec la plateforme de Québec solidaire,
- 1:03:17mais j 'apprécie beaucoup que tu sois venu sur
- 1:03:19le podcast pour défendre les jeux, parce que
- 1:03:21je pense que c 'est important que des gens comme
- 1:03:23toi et des gens de Québec solidaire soient plus
- 1:03:25entendus sur la scène politique, parce que je
- 1:03:28pense que vous êtes essentiels à l 'équilibre
- 1:03:31des forces politiques qu 'on a au Québec. Merci
- 1:03:33beaucoup, c 'était un plaisir de débattre avec
- 1:03:34toi. Merci. Merci d 'avoir été avec nous. Si
- 1:03:38vous avez aimé l 'épisode, abonnez -vous, laissez
- 1:03:40-nous vos commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 1:03:42Également maintenant, vous pouvez vous joindre
- 1:03:43à notre chaîne YouTube pour avoir les épisodes
- 1:03:45en avance. À la semaine prochaine!