Latest / 7H40 Martin Buxant / Laurent Blondiau, directeur général de la Police Judiciaire
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- 0:01Speaker 2: Vous êtes le directeur général de la police judiciaire
- 0:03Speaker 3: face
- 0:04Speaker 2: à Buxan.
- 0:07Speaker 3: Oui, Laurent Blondio, ce matin, qu'est-ce que vous pouvez confirmer
- 0:12Speaker 3: sur la mort du petit Timéo et de son père
- 0:14Speaker 3: Brian
- 0:16Speaker 4: Eh bien, écoutez, tout d'abord, je peux confirmer les communiqués
- 0:19Speaker 4: qui ont été faits par le parquet de Namur. sur
- 0:22Speaker 4: le fait effectivement que les deux corps qui sont découverts
- 0:24Speaker 4: sur le talus, le long de la voie rapide, sont
- 0:28Speaker 4: fort probablement, comme le dit d'ailleurs le communiqué, le corps
- 0:32Speaker 4: de Brian Brigoud et du petit... Donc l'identification
- 0:35Speaker 3: elle est formelle, Laurent Blondiau?
- 0:37Speaker 4: L'identification est formelle, même si des résultats ADN sont encore
- 0:40Speaker 4: attendus de la justice.
- 0:42Speaker 3: Alors, les autopsies n'ont pas permis de déterminer les causes
- 0:45Speaker 3: du décès, accident, suicide, intervention dentière, toutes les hypothèses restent
- 0:50Speaker 3: ouvertes à ce stade,
- 0:51Speaker 4: Laurent
- 0:51Speaker 3: Blondiau
- 0:52Speaker 4: Oui, tout à fait, à ce stade, comme au début
- 0:53Speaker 4: de l'enquête d'ailleurs, à partir du moment où l'autopsie n'a
- 0:55Speaker 4: pas pu, à coup sûr, quelque part, déterminer les causes
- 0:59Speaker 4: de la mort, toutes les hypothèses, c'est-à-dire l'accident, l'intervention d'un tiers...
- 1:06Speaker 4: l'action personnelle, tout est envisageable encore dans le cadre de l'enquête.
- 1:09Speaker 3: Donc on travaille encore
- 1:10Speaker 4: sur toutes les pistes aujourd'hui? Toutes les pistes et tous
- 1:12Speaker 4: les enquêteurs sont toujours mobilisés pour explorer toutes les pistes.
- 1:15Speaker 3: Alors les corps ont été retrouvés près de deux mois
- 1:17Speaker 3: après leur disparition. Comment est-ce qu'on explique qu'ils aient échappé
- 1:20Speaker 3: aussi longtemps à la vigilance des enquêteurs et aux recherches?
- 1:25Speaker 3: Comment est-ce qu'on explique ça
- 1:27Speaker 4: Alors effectivement, quand l'enquête démarre et est confiée à la
- 1:28Speaker 4: police judiciaire fédérale, avec l'appui de la cellule disparition, toute
- 1:32Speaker 4: une série d'hypothèses sont envisagées. d'hypothèses qui sont liées aussi
- 1:36Speaker 4: un petit peu à la personnalité des personnes qui vont
- 1:39Speaker 4: disparaître et aux circonstances de la disparition. Et donc sur
- 1:42Speaker 4: cette base-là, et sur base également de la topographie des lieux,
- 1:45Speaker 4: on a la découverte d'un véhicule, on va tracer un
- 1:49Speaker 4: périmètre pour les recherches qui est basé sur les hypothèses d'enquête,
- 1:54Speaker 4: sur la personnalité et sur également l'emploi du temps des
- 1:58Speaker 4: personnes qui ont disparu et l'expérience de la cellule disparition
- 2:04Speaker 4: par rapport au dossier précédemment traité. Sur base de ça,
- 2:08Speaker 4: un périmètre de recherche a été déterminé. Mais dans un
- 2:12Speaker 4: premier temps, en effet, il n'a pas permis, malgré les
- 2:14Speaker 4: moyens investis, de découvrir les corps.
- 2:16Speaker 3: Parce que la zone où les corps ont été découverts
- 2:18Speaker 3: avait déjà été fouillée
- 2:20Speaker 4: Alors, il y a eu plusieurs interventions, vous savez, il
- 2:22Speaker 4: y a eu les chimpisteurs, il y a eu l'hélicoptère
- 2:25Speaker 4: de la police fédérale, il y a également à un
- 2:27Speaker 4: moment donné une association de personnes bénévoles qui sont venues
- 2:31Speaker 4: aider aux recherches, mais de par la topographie des lieux,
- 2:35Speaker 4: même si à un moment donné cette région a pu
- 2:37Speaker 4: être approchée, l'endroit précis où les corps étaient... Le talus quoi,
- 2:42Speaker 3: un talus qui fait 10
- 2:43Speaker 4: mètres. N'était en soi pas... immédiatement accessibles aux personnes qui
- 2:47Speaker 4: ont effectué les recherches. Et donc, en effet, en périphérie
- 2:52Speaker 4: du périmètre déterminé, il y a eu des passages dans
- 2:54Speaker 4: les environs, mais ils n'ont pas permis de découvrir les
- 2:57Speaker 4: codes
- 2:57Speaker 3: Et pour que les gens qui nous écoutent ce matin
- 2:58Speaker 3: comprennent bien, comment est-ce qu'on détermine exactement les endroits à fouiller?
- 3:02Speaker 3: Il y a des drones, hélicoptères, données téléphoniques, c'est la
- 3:05Speaker 3: cellule des personnes disparues qui entre en scène, là, quelque
- 3:09Speaker 3: part
- 3:09Speaker 4: Alors comme je disais, la cellule des personnes disparues est
- 3:11Speaker 4: un service d'appui. Donc elle va venir en appui des enquêteurs,
- 3:14Speaker 4: de services de la police locale ou de la police fédérale,
- 3:16Speaker 4: ici en l'occurrence la PJF, et grâce à son expérience
- 3:19Speaker 3: PJF, la
- 3:19Speaker 4: police judiciaire
- 3:20Speaker 4: La police judiciaire fédérale, excusez-moi. En effet, de Namur en
- 3:23Speaker 4: l'occurrence ici, elle va déterminer un certain nombre de lieux
- 3:28Speaker 4: à investiguer en priorité. Oui. Ils sont liés aussi aux
- 3:31Speaker 4: circonstances de la disparition. Donc, en l'occurrence, ici, un père
- 3:35Speaker 4: et son enfant de 5 ans. Donc, on va déterminer,
- 3:38Speaker 4: mais où auraient-ils pu se rendre par rapport à l'endroit
- 3:41Speaker 4: où le véhicule est découvert? Quels étaient les endroits qui
- 3:44Speaker 4: étaient accessibles, les sentiers carrossables, et les endroits, éventuellement, où, oui,
- 3:50Speaker 4: où des personnes vivantes, ou des pères, ou malheureusement décédés,
- 3:53Speaker 4: pourraient être retrouvés. Et sur base de ce périmètre-là, la
- 3:56Speaker 4: cellule va également proposer des moyens, c'est-à-dire des chiens pisteurs,
- 4:01Speaker 4: l'intervention de l'hélicoptère, débattu en fonction, encore une fois, du cas.
- 4:07Speaker 4: particuliers auxquels on est confronté.
- 4:08Speaker 3: Donc on part des hypothèses les plus probables, les plus plausibles,
- 4:11Speaker 3: et on va vers le moins probable, mais on ne
- 4:12Speaker 3: peut écarter aucune hypothèse. C'est ça dans l'enquête.
- 4:15Speaker 4: Tout à fait, on n'en écarte aucune.
- 4:16Speaker 3: Donc on considère toutes les possibilités.
- 4:19Speaker 4: Du plus probable au plus improbable.
- 4:22Speaker 3: Et parfois les enquêteurs sont trop dans une vision un
- 4:24Speaker 3: peu tunnel et ont besoin de l'appui d'un analyste qui
- 4:27Speaker 3: a une vision globale de l'enquête.
- 4:28Speaker 4: Voilà, dans de nombreuses enquêtes, et notamment ici une disparition
- 4:31Speaker 4: inquiétante d'un enfant au bas âge, on va directement engager
- 4:35Speaker 4: des moyens importants. de nombreux enquêteurs. La cellule disparition, qui
- 4:40Speaker 4: malgré sa charge de travail, met ce dossier-là en haut
- 4:43Speaker 4: de la pile pour intervenir immédiatement.
- 4:45Speaker 3: Donc ça c'est important, dans le cadre d'une disparition d'un enfant,
- 4:47Speaker 3: il y a des moyens supplémentaires qui sont alloués ou
- 4:50Speaker 3: une approche différente
- 4:52Speaker 4: En l'occurrence, c'est par rapport à la gravité des faits,
- 4:55Speaker 4: on va engager nos moyens plus ou moins rapidement, parce
- 4:58Speaker 4: qu'ici on est confronté effectivement à quelque chose qui est
- 5:01Speaker 4: immédiatement considéré comme inquiétant. Et donc la cellule disparition intervient,
- 5:06Speaker 4: Et on va engager aussi, en appui des enquêteurs, un analyste,
- 5:09Speaker 4: un analyste criminel opérationnel, comme on l'appelle, qui est donc
- 5:12Speaker 4: une personne qui est formée à garder une vue d'ensemble
- 5:15Speaker 4: du dossier d'enquête. C'est-à-dire de... garder ce qu'on va appeler
- 5:19Speaker 4: une vue hélicoptère, c'est-à-dire d'éviter justement l'engagement des enquêteurs
- 5:24Speaker 3: dans une vision tunnel
- 5:25Speaker 4: ou une seule hypothèse.
- 5:27Speaker 3: Il a fallu combien de temps, Laurent Blondio, entre le
- 5:29Speaker 3: signalement de la disparition du petit Timéo par la maman
- 5:32Speaker 3: et l'entrée en scène de la police judiciaire et de
- 5:35Speaker 3: la cellule des personnes disparues
- 5:37Speaker 4: Donc le signalement et l'enregistrement de la disparition à la
- 5:41Speaker 4: police a lieu officiellement le dimanche, le 28 juin. Et
- 5:46Speaker 4: dès le lendemain, donc le 29, le parquet et la
- 5:49Speaker 4: juge d'instruction désignent la police judiciaire
- 5:52Speaker 3: fédérale de
- 5:52Speaker 4: Namur comme
- 5:53Speaker 3: chef
- 5:53Speaker 4: d'enquête. C'est très rapide et se tient immédiatement une réunion
- 5:56Speaker 4: de coordination avec engagement en appui de la cellule disparition.
- 6:01Speaker 3: Vous avez déjà, monsieur le directeur, identifié des problèmes de
- 6:04Speaker 3: coordination dans le cadre de cette affaire, ou c'est trop
- 6:05Speaker 3: tôt pour tirer ce genre de...
- 6:07Speaker 4: Oui, j'ai eu l'occasion, en tout cas, de débriefer le
- 6:09Speaker 4: dossier avec les enquêteurs et la cellule disparition. Dans l'immédiat,
- 6:13Speaker 4: on ne tire pas de problèmes de coordination, certainement pas,
- 6:16Speaker 4: mais comme dans toute enquête, des leçons à tirer pour l'avenir. Donc,
- 6:19Speaker 4: à laquelle, par exemple? Par exemple, comme je vous disais
- 6:23Speaker 4: au début, toujours envisager aussi le plus improbable. Oui? Parce
- 6:27Speaker 4: qu'à un moment donné, on va toujours partir du principe
- 6:30Speaker 4: que les gens ont des réactions rationnelles. Mais dans certains cas,
- 6:35Speaker 4: qui peuvent être liés à l'enquête, au cas présent, on
- 6:39Speaker 4: peut se trouver face à des réactions qui vont nous sembler, nous, irrationnelles.
- 6:44Speaker 4: Et qu'il faut prendre en considération. Laurent
- 6:46Speaker 3: Blondio, dans un autre dossier, Bruxelles, la capitale de tout
- 6:50Speaker 3: le pays, vient de connaître six fusillades en quatre jours,
- 6:52Speaker 3: même des tirs contre un commissariat. Est-ce que les narcotrafiquants
- 6:55Speaker 3: ont franchi un cap
- 6:58Speaker 4: Écoutez, c'est clair que la violence, je vais revenir au
- 7:02Speaker 4: début de notre approche différenciée des stupéfiants avec le dossier
- 7:06Speaker 4: Sky ECC. Oui, c'est
- 7:08Speaker 3: le
- 7:09Speaker 4: téléphone capté. On constate de plus en plus de violences,
- 7:13Speaker 4: principalement liées à deux volets de la problématique. C'est l'occupation
- 7:18Speaker 4: des postes de deal et des rivalités entre gangs. L'image
- 7:22Speaker 4: qu'on fait de la criminalité violente à Bruxelles montre bien
- 7:24Speaker 4: que dans la majorité des cas, les fusillades sont liées.
- 7:27Speaker 4: soit à des points de deal, soit à des rivalités
- 7:30Speaker 4: entre bandes. Et donc, effectivement, la violence, on l'observe depuis 2021-2022, augmente.
- 7:34Speaker 4: Elle est inquiétante. Ça ne veut pas dire qu'on reste
- 7:40Speaker 4: évidemment sans réaction. Ça veut dire qu'il y a toute
- 7:42Speaker 4: une série d'actions policières au niveau de la police locale
- 7:44Speaker 4: et de la police fédérale qui sont prises, qui sont menées.
- 7:47Speaker 4: Il y a de nombreux dossiers qui sont traités actuellement,
- 7:50Speaker 4: notamment par la police judiciaire fédérale de Bruxelles. Je vais
- 7:53Speaker 4: vous parler de 877 dossiers en cours en lien avec
- 7:56Speaker 4: les violences, et notamment les violences liées aux drogues, et
- 7:59Speaker 4: l'engagement de nombreux moyens policiers
- 8:01Speaker 3: Le procureur du roi de Bruxelles, Julien Moigny, nous disait
- 8:03Speaker 3: il y a quelques jours que n'importe qui, n'importe quel
- 8:05Speaker 3: citoyen était susceptible de se prendre une balle à Bruxelles. Vous,
- 8:08Speaker 3: en tant que patron de la police judiciaire, vous dites
- 8:11Speaker 3: la même chose
- 8:12Speaker 4: Moi je dis qu'en tout cas le niveau de risque
- 8:14Speaker 4: est tout à fait inacceptable et qu'il faut le faire diminuer,
- 8:16Speaker 4: c'est évident. Quand on constate, comme par exemple ça s'est
- 8:19Speaker 4: passé au niveau du commissariat d'Anderlecht, des personnes qui manifestement
- 8:24Speaker 4: ne sont pas du tout routinées au maniement d'armes de guerre,
- 8:27Speaker 4: qui manient ce genre d'engin, ça fait évidemment courir un
- 8:30Speaker 4: risque qu'on doit faire diminuer au maximum. Occuper le terrain,
- 8:33Speaker 4: mener des enquêtes et gagner ce combat contre la criminalité organisée.
- 8:40Speaker 2: Alors je retiens ce matin sur la disparition du petit Timeo,
- 8:43Speaker 2: et c'est la vérité donc de ce 2 septembre, que
- 8:45Speaker 2: l'accident ou que l'intervention d'un tiers font toujours partie des pistes,
- 8:48Speaker 2: toutes les pistes sont encore ouvertes ce matin, et puis l'agenda,
- 8:51Speaker 2: le dimanche 28 juin, signalement, le 29, un juge d'instruction
- 8:55Speaker 2: désigne la police judiciaire et directement une réunion de coordination.
- 8:58Speaker 2: Certains s'interrogeant sur l'agenda, il y a là des réponses.
- 9:01Speaker 2: Laurent Blondio, c'est le mélange des genres et ainsi va
- 9:03Speaker 2: la vie. Est-ce que vous souhaitez rester pour voter pour moi,
- 9:06Speaker 2: en espérant qu'il ne se moque pas de la police?
- 9:07Speaker 2: Parce qu'il ne faut jamais se moquer de la police!
- 9:09Speaker 2: Vous souhaitez rester
- 9:10Speaker 4: On a énormément d'humour dans la police, donc je suis
- 9:12Speaker 4: tout à fait d'accord de rester, bien évidemment
- 9:14Speaker 2: Je vais vérifier d'abord, il n'a pas de matraque, il
- 9:15Speaker 2: n'a pas de menottes. Il est directeur de la police judiciaire.
- 9:18Speaker 2: Donc restez, vous êtes le bienvenu.