Latest / Les invités de Radio des Ballons / La troupe les fêlées du local en spectacle à la médiathèque du Thillot avec la pièce "Icônes".
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- Nous voici aujourd'hui avec madame Sylvia Ouenet, metteuse en scène de la troupe Les Fêlés du Local. Et vous venez d'interpréter une pièce à la médiathèque, mais Les Fêlés du Local, qu'est-ce que c'est ? Alors donc c'est Les Fêlés du Local, mais on fait vite, on a un peu fait exprès pour qu'il y ait cette confusion. C'est des gens qui sont fêlés de faire des choses en local, donc il y a une partie des gens de la compagnie qui sont des gens qui sont plutôt issus du monde paysan, qui donc sont des producteurs locaux, et une partie qui sont des gens qui viennent du monde de la culture, du spectacle vivant, et qui donc ont eu envie de développer l'idée qu'en local, on peut avoir des artistes issus du local, qui font des choses pour les gens du coin, et que c'est pas pour autant que c'est forcément des choses folkloriques ou voilà. Mais pourquoi fêlés ? Parce que c'est un petit peu notre ADN, on a envie de dépasser un petit peu les cadres, et on ne fait pas des choses forcément classiques, on ne montre pas des Molières ou des Fédos, on crée des spectacles avec un propos, mais qui sont des spectacles destinés au grand public, que tout le monde peut venir voir. Là par exemple, le spectacle c'est une comédie chantée, dans laquelle il y a des choses qui parlent un petit peu à tout le monde. Et cette association troupe théâtrale, elle est née comment ? C'est une bande d'amis, la bande d'amis un peu fêlées, et très branchée sur le fait de développer le local. On s'est dit un jour qu'on avait envie de développer ces choses-là sur le territoire, parce que ça n'existait pas forcément déjà. Donc c'était vraiment partie de l'envie de continuer à faire vivre aussi le spectacle vivant dans les campagnes, parce que ce n'est pas évident. Vous savez sûrement que la culture est quand même très très mise à mal depuis quelques années, et ça va s'aggraver. Donc on s'est dit voilà, nous il faut qu'on trouve une manière de pouvoir continuer à faire exister des spectacles dans les campagnes. Vous travaillez une bande toute seule, ou parfois vous prenez des artistes d'ailleurs, d'autres compagnies ? Alors ce n'est pas des artistes d'autres compagnies, nous on travaille avec des amatrices. Alors le spectacle qu'on fait là, c'est que des femmes, qui s'appellent icônes, ce sont des icônes du combat, des droits des femmes et du féminisme. Et on fait travailler avec ces amatrices des professionnels, qui sont toutes intermittentes du spectacle. Vous savez les artistes dans ce pays, ils travaillent pour plusieurs compagnies. Donc oui, il y a 3 voire 4 professionnels qui travaillent avec les amatrices tout au long de l'année, et qu'on retrouve dans le spectacle comme vous avez pu le voir. Et c'est une moyenne à peu près de combien de personnes ? Là les professionnels elles sont 4, et les amatrices sont une douzaine, on est sur une quinzaine de personnes en tout. Et dans les amatrices, c'est ce qu'on cherche aussi à montrer, c'est que dans les gens qui ne sont pas professionnels et qui vivent dans le coin, il y a des gens qui ont des talents incroyables, qui chantent comme des déesses, qui jouent super bien, et voilà. C'est un petit peu ça l'idée, c'est de sortir un petit peu des cadres habituels, où il y a d'un côté les pros, de l'autre côté les amateurs, d'un côté la grande culture et de l'autre côté la petite. Moi je ne crois pas à ça, je pense que la culture ça doit parler à tout le monde, et tout le monde est capable d'en produire et d'en consommer. Et là tu disais que le spectacle qui a eu lieu à la médiathèque c'est icônes, avec des icônes féminines, c'est-à-dire à peu près qui ? Là on en a plusieurs en fait, on a des icônes qui sont connues, on parle de Coco Chanel qui a libéré un peu le corps des femmes, on parle d'une artiste japonaise qui s'appelle Rokode Nachiko et qui sculpte des vulves de femmes, et qui à cause de ça est allée en prison au Japon. On parle de Rosa Parks, que je pense que beaucoup de gens connaissent, qui avait refusé de laisser sa place à une femme ou à un homme blanc, je ne me rappelle plus. Et puis on parle aussi du fait que, c'est un peu le sous-titre de ce spectacle, c'est parce qu'on est toutes des icônes et parce que les icônes sont toutes juste des femmes. C'est pour ça qu'on dit une icône. Oui c'est ça, absolument, et pas un icône. Un des rares mots qu'a réussi à avoir le genre féminin dans la langue française, et qui est valorisant. Oui, après c'est vrai qu'il y a des grands débats aujourd'hui sur l'écriture inclusive. Moi je continue à penser que si on donne les mots, c'est ce dont on parle aussi un peu dans le spectacle, c'est-à-dire que si on dit ce que les femmes ont fait, c'est pas qu'elles n'ont rien fait, c'est que juste elles se sont retrouvées cachées souvent derrière des hommes, soit parce qu'elles ont accepté n'ayant pas trop le choix, soit parce qu'elles les aimaient. Enfin là on parle aussi de Camille Claudel qui était derrière Rodin, et c'est vrai que j'aime bien cette petite phrase de dire aujourd'hui elle est reconnue mais lui il a un musée à lui au cœur de la capitale alors qu'elle a un petit musée à nos gens sur scène. C'est pas le même traitement. Et là la médiathèque, vous avez quand même eu un public de 120 personnes, c'est habituel, ça paraît petit, c'est bien pour vous ? Pour nous c'est bien, de toute façon on veut travailler vraiment au cœur des campagnes, des villes et des villages, donc on n'est pas en train de chercher à avoir des jouges de 500, de 1000, moi c'est pas mon propos en fait. L'idée c'est vraiment de dire on va voir les gens là où ils sont, on essaye à travers ce spectacle de faire comprendre aux femmes comme aux hommes que de redonner leur droit légitime aux femmes, ça ne met pas les hommes en danger et c'est pas parce qu'on ne demande pas à prendre la place des hommes en fait, on veut juste être respecté pour ce qu'on est et il y a un certain nombre de messages qu'on passe aussi avec de l'humour, il y a beaucoup de scènes vraiment drôles et avec des chansons que tout le monde connaît, ça permet aussi de rassembler. Et c'est vrai que moi je me dis si parmi toutes ces personnes, vous parliez de 120, moi s'il y en a 40 qui auront découvert quelque chose parce qu'ils ne le savaient pas, et puis sur les 40, il y a une vingtaine qui vont avoir changé un petit peu leur point de vue sur comment ça se passe à la maison entre les hommes et les femmes, et bien ça fait une vingtaine de familles qui vont bouger, évoluer. Vous savez les hommes, vous les avez vus, nos hommes ils se font à la buvette, ils font les gouffres et ils vendent la bière, mais tout le monde s'y retrouve, tout le monde y gagne, c'est pas un combat et c'est surtout, tout le monde y trouve un intérêt, et je pense que les hommes, la plupart des hommes, ont plus envie d'être avec des femmes libres qu'avec des femmes qu'on a contraintes quoi. Et là tu disais s'il y a 40 personnes c'est suffisant mais bon il y aura peut-être aussi des personnes aujourd'hui qui auraient bien voulu voir le spectacle mais qui n'ont pas pu venir. Est-ce que vous allez vous produire ailleurs ou y a-t-il un moyen de vous contacter pour que d'autres établissements culturels puissent être en relation avec vous ? D'accord, et bien en fait ce spectacle-là il se fait dans le cadre d'un festival qu'on a initié cette année qui s'appelle le Temps des Meufs, donc ce ne sont que des spectacles créés, produits et interprétés par des femmes. Ce programme, vous pouvez le trouver tout simplement en cherchant sur internet le temps des meufs.com, le temps des meufs avec un S, voilà, et ça permettra d'avoir toutes les infos sur ce festival. Il y a d'autres spectacles, pas seulement icônes, des spectacles faits par des femmes professionnelles. Et puis pour ceux ou celles qui veulent voir icônes, on rejoue le 7 juin à la salle Jacques Villerey de Corniman. Voilà, en après-midi à 15h. Mais vous pouvez nous trouver, c'est l'effet lait du local, réservé sur l'OASO. Mais voilà, si vous regardez sur le temps des meufs.com, vous allez tout trouver.